Fiducia supplicans : des évêques interdisent la confusion
La conférence épiscopale du Malawi a affirmé que
« pour éviter de semer la confusion parmi les fidèles, nous demandons que, pour des raisons pastorales, les bénédictions de toute sorte et les unions homosexuelles de toute sorte ne soient pas autorisées au Malawi ».
Dans une déclaration du 19 décembre et envoyée à tous les prêtres et à toutes les paroisses de son archidiocèse, l’archevêque Tomash Peta de Sainte-Marie à Astana, au Kazakhstan, ainsi que l’évêque auxiliaire Athanasius Schneider, soutiennent fermement que la nouvelle déclaration, Fiducia supplicans, est une « grande tromperie » et que les bénédictions de couples de même sexe qu’elle propose « contredisent directement et gravement la Révélation divine ainsi que la doctrine et la pratique ininterrompues et bimillénaires de l’Église catholique ».
En tant que successeurs des Apôtres, et fidèles au serment solennel que nous avons fait à l’occasion de notre consécration épiscopale « de conserver le dépôt de la foi dans sa pureté et son intégrité, selon la tradition toujours et partout observée dans l’Église depuis le temps des Apôtres », nous exhortons et interdisons aux prêtres et aux fidèles de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana d’accepter ou de pratiquer toute forme de bénédiction de couples en situation irrégulière et de couples de même sexe.
Il va de soi que tout pécheur sincèrement repentant et ayant la ferme intention de ne plus pécher et de mettre fin à sa situation de péché public (comme, par exemple, la cohabitation en dehors d’un mariage canoniquement valide, l’union entre personnes du même sexe) peut recevoir une bénédiction.
Avec un amour fraternel sincère, et avec le respect qui lui est dû, nous nous adressons au Pape François qui – en permettant la bénédiction de couples en situation irrégulière et de couples de même sexe – « ne marche pas droit selon la vérité de l’Évangile » (voir Gal. 2:14), pour reprendre les mots avec lesquels l’Apôtre saint Paul a publiquement admonesté le premier Pape à Antioche. Par conséquent, dans l’esprit de la collégialité épiscopale, nous demandons au Pape François de révoquer la permission de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, afin que l’Église catholique puisse briller clairement en tant que « pilier et fondement de la vérité » (1 Tim 3:15) pour tous ceux qui cherchent sincèrement à connaître la volonté de Dieu et, en l’accomplissant, à atteindre la vie éternelle.
De son côté, l’évêque américain suspendu par le pape, Mgr Strickland a encouragé
« mes frères évêques à s’unir avec une voix de force et de joie dans le Seigneur en ces derniers jours de l’Avent et à dire ‘non’ à ce dernier document ».
« Nous devons tout simplement nous unir pour dire ‘non’, nous ne répondrons pas à cette demande ». « Nous ne l’intégrerons pas dans la vie de l’Église parce que nous devons tout simplement dire ‘non’. Et il faut que ce soit une voix unie ».
Bénédiction des « couples » homo…une porte entre-ouverte, vers quoi ?
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Décidément l’Église catholique est bien étrange.
Engluée dans la pédo criminalité par la faute de quelques-uns , la voilà maintenant entraînée dans l’homosexualité. Car, ne nous leurrons pas, la porte est entre ouverte vers on ne sait quelles dérives futures. S’agit-il seulement d’accueillir les brebis égarées et trompées par le monde, où ces bénédictions, ne sont qu’une première étape qui conduira fatalement à célébration de mariage… si l’on persiste dans l’erreur.
Il est plus qu’utile de rappeler quelques vérités.
Dans son livre des Œuvres divines, Sainte Hildegarde de Bingen (1098- 1179) dit très clairement :
« Dieu a lié la femme à l’homme par le serment de fidélité, qui jamais ne doit être rompu. Ainsi la femme et l’homme forment une harmonie qui ressemble exactement à celle du corps et de l’âme, que Dieu unit ».
Aussi, sainte Hildegarde prévient que
« Quiconque brise ce serment de fidélité et persiste dans son erreur encourt l’exil à Babylone, en une terre de chaos et de sécheresse, en une éternelle jachère qui ne connaît pas la beauté des campagnes verdoyantes et pleine de vie, ni la bénédiction de Dieu. »
La bénédiction de Dieu ne vient reposer que sur l’union conjugale de l’homme et de la femme.
Quel sens donner, alors, à cette bénédiction d’union homosexuelle privée et hors liturgie ? Peut-on « bénir » une union qui est condamnée par ailleurs ? Y-a-t-il besoin d’un prêtre pour cela ? Cette décision suscitera sans doute bon nombre d’autres questions.
Il convient donc de revenir aux sources sures telles que le montrait la sainte mystique. Jésus, Lui-même rappelle aux Pharisiens qui l’interrogeaient sur le droit de répudiation, inscrit, pourtant dans la loi de Moïse. Il répondit :
« N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Mais les Pharisiens répliquèrent :
« Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? »
Et Jésus d’expliquer :
« C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi. Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme – sauf en cas d’union illégitime – et qu’il en épouse une autre, il est adultère ».
Les lois humaines ne visent pas toujours au bien de l’homme : divorce, avortement, euthanasie, PMA et GPA ne concourent en rien au Bien commun.
Dieu a créé l’homme et la femme à Son Image et à Sa Ressemblance par Pur Amour de Sa Grâce. Cet amour est La légitimité du mariage unissant la masculinité (image du Père) et la féminité (la miséricorde de Dieu, littéralement les entrailles). Aucune autre union n’est possible pour Dieu. Car Dieu n’en a pas voulu d’autre.
Tout au long de l’Histoire Sainte, l’Amour de Dieu pour son Peuple et l’Amour de Jésus pour Son Église (le Nouveau Peuple de Dieu) ont été comparé à l’amour d’un homme et d’une femme, d’un fiancé pour sa fiancée, d’un époux pour son épouse, d’un père et d’une mère. Et de cet amour hétérosexuel naissent des enfants. La Bible est remplis de naissances, imprévues ou inespérées qui comblent de joie l’homme et la femme, jeune ou moins jeune, riche ou pauvre.
Il n’y a pas d’allusion même la plus infime, dans l’Écriture sainte, d’une autre union que celle d’un homme et d’une femme.
Face aux exigences posées par Jésus, ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. » Aussi, Jésus « leur répondit :
« Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »
Il existe donc divers cas qui empêche le mariage d’un homme et d’une femme. D’abord, ceux qui naissent atrophiés par diverses infirmités ou handicaps, que ceux-ci soient physiques, ou mentaux. Il y a ceux qui sont volontairement mutilés. Tels étaient le cas, naguère, des eunuques rendus incapable d’acte sexuel conforme à leur nature. Ou, aujourd’hui, ceux qui, par divers moyens, se mutilent pour « changer » de sexe. Il y a enfin, ceux qui par désir veulent rester vierge pour le Royaume de Dieu. C’est le cas des prêtre, des religieux et religieuses, moines et moniales et laïcs vierges consacrées. Dans ces diverses situations le mariage n’est pas possible. Il n’en demeure pas moins que, à titre personnel, toutes ces personnes sont bénies par Dieu, car aimées de Lui inconditionnellement, que l’on soit hétérosexuel ou homosexuel.
Telle est l’histoire de l’homme et de la femme depuis les origines.
Cette origine, révélée et enseignée aux Juifs ne vient pas seulement de la Bible. Les civilisations alentours pressentaient que les dieux avaient établis des lois et des décrets justifiant si non le mariage, du moins l’union de l’homme et de la femme. Comment ne pas évoquer le périple semé d’embûche qu’Ulysse engagera pour retrouver sa fidèle épouse Pénélope. Cette épopée amoureuse contée par Homère fut le socle de la Grèce. Comme elle, d’autres civilisations reçurent elles-aussi, en leur temps, des « révélations » selon lesquelles existait un Dieu, unique, créateur de toute chose. Telle, en Égypte au temps du Pharaon Aménophis IV Akénaton (1372-1354 av JC) qui, s’exprimait ainsi :
« C’est toi qui fais grossir le foetus dans le ventre des femmes et qui crées les fluides vitaux chez l’homme. C’est toi qui donnes la vie à l’enfant dans le sein de sa mère, qui le consoles pour qu’il n’y pleure pas… Qui donne le souffle pour animer tout ce qu’il a créé ? Quand le poussin dans l’oeuf gazouille en sa coquille, tu lui donnes le souffle qui lui maintient la vie ; et tu lui crées sa propre fin, de dedans l’œuf».
Suite à l’Enseignement de Jésus sur le mariage, saint Matthieu souligne qu’ensuite on présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartèrent vivement. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent. » La cause du mariage entre un homme et une femme a pour conséquence la naissance des enfants qui ne peut pas être entravée : ne les empêchez pas !
Le lien de cause à effet n’est plus à prouver ; il est évident. Aussi l’accueil inconditionnel de la vie des enfants est la conséquence inaliénable de l’union de l’homme et de la femme. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! Il ne peut y avoir ni séparation de sexe, ni séparation de génération. Tout est lié dixit pape François.
La Sainte Liturgie de l’Église, en particulier en ce temps de l’Avent de de Noël nous révèle l’Amour de Dieu au travers la vie de couple marié. Marie et Joseph, Zacharie et Élisabeth, Manoah et Soréa (Livre des Juges 13). Chacun d’eux reçoit la grâce d’accueillir des enfants, malgré l’âge avancé pour certain ou très jeune pour d’autres. Dieu ne suscite des enfants que dans des couples mariés. Il en a été toujours ainsi : Abraham et Sara furent comblé, dans leur vieillesse, par la venue d’Isaac. C’est une évidence universelle que l’on a perdu de vue. Car il s’agit d’une loi divine qu’avait découverte les anciens. Cicéron (106-43 av JC) disait à ce propos :
« La loi dans son essence n’est ni une invention issue du génie des hommes, ni une décision arbitraire des peuples, mais quelque chose d’éternel qui règne sur le monde entier par la sagesse de ses commandements et de ses défenses. Son origine n’est autre que la pensée de la divinité édictant selon la raison des obligations et des interdictions qui s’étendent à toute chose. Elle régit toutes les nations et tous les temps. »
Il est inconcevable pour Dieu, qu’un homme et qu’une femme qui s’aiment ne se marient pas pour vivre l’amour dont Il les comble. Il est inimaginable pour Dieu, qui est Père, qu’un enfant soit volontairement privé de père, tout comme que cet enfant soit privé de mère, Lui qui a un cœur de Mère.
L’homme et la femme ont été faits l’un pour l’autre par Dieu par Pur Amour de Grâce. Jésus, le Fils a été envoyé en ce monde pour restaurer l’harmonie humaine blessée par le pèché originel qui a entraîné la rupture entre Adam et Eve. Et l’Esprit-Saint est Cet Amour d’Unité qui engendre la Vie.
L’Église du XXIe siècle après Jésus-Christ ne peut pas changer cela, elle n’en a pas le pouvoir. Malgré les difficultés et les persécutions qu’elle subit, elle doit poursuivre sa route, la seule route, celle du Christ : La Voie, la Vérité et la Vie.
Le monde dans lequel nous vivons est une création de Dieu. Aussi il est rempli de beauté et de bienfaits. Cependant, la laideur, le mensonge et le mal s’y trouvent aussi mélés, comme traces de Satan. Toutes les réalités du monde ne sont donc pas bonnes. Toutes ne concourent pas au bien. Toute ne participent pas du Bien Commun. Saint Augustin nous prévient que :
« A force de tout voir on finit par tout supporter…
A force de tout supporter on finit par tout tolérer…
A force de tout tolérer on finit par tout accepter…
A force de tout accepter on finit par tout approuver ! »
La pédophilie est une réalité issue du péché ; est-elle supportable et, partant, tolérable et donc acceptable ? Bien sur que non. La pornographie qui est une réalité issue du péché est-elle supportable, et, en conséquence tolérable et donc acceptable ? Bien sur que non. L’homosexualité est une réalité contraire à la loi naturelle. Les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés (CEC 2357). Est-elle supportable et donc tolérable pour finir acceptable ?
Le rapport entre l’Église et le monde n’est pas simple. Aussi, Jésus prévenait ses disciples et Il nous prévient encore aujourd’hui :
« Voici, Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez prudent comme des serpents et simples comme des colombes. »
C’est cette vertu de prudence vis à vis du monde qui fait souvent défaut, car comme le dit encore Jésus : « Les fils de ce monde sont plus habiles que les fils de la lumière. »
Est-il donc bien prudent de « bénir » les « unions » homosexuelles, sans risque que, le jour d’après, ayant supporté cela et l’ayant tolèré ont finisse par l’accepter pour en faire un sacrement ?
Il s’agit là d’une question centrale. D’abord pour les homosexuels eux-même qui auront le sentiment que leur union est comparable à celle d’une union d’un homme et d’une femme. Il s’agirait alors d’un mensonge. Mais l’Église doit proclamer sans cesse la vérité. Ensuite n’y a-t-il pas erreur de jugement ? Si le Père, de la parabole de l’enfant prodigue, se jette à son cou et le couvre de baiser, c’est-qu’Il le voit revenir à Lui contrit et en cours de conversion. Si ce fils est rétabli dans sa situation originelle c’est qu’il a pris conscience de sa faute et de son pèché. La bénédiction vient relever un pécheur, jamais consentir à un état de désordre. Enfin, dans le sacrement de pénitence, l’Église a mission d’ordonner au pécheur pardonné de ne plus pécher, comme le fit le Christ en face de Marie-Madeleine : « Vas et désormais ne pèche plus ! ».
L’apostasie dans l’Église, annoncée dans l’Apocalypse, n’est peut-être pas si éloignée que cela. La grave crise que traverse l’Église, sans doute la plus grave qu’elle ait jamais connue, nécessite un surcroît de vigilance et de discernement. La pédo criminalité qui a pénétré l’Église devrait nous rendre méfiant à ce qui vient du dehors. Seul le filtre de la Vérité nous permettra d’écarter ce qui doit être rejeté pour recevoir ce qui est bon.
L’Évangile est la Parole de Vérité. Il ne peut y avoir aucune compromission. Il importe de clarifier : tous les hommes et toutes les femmes sont aimés de Dieu. Mais tous leurs actes ne sont pas conformes à ce que Dieu attends d’eux. L’Église, qui est la Peuple de Dieu, doit rester fidèle à La Tête qui est le Christ. Elle a reçu mission d’éclairer le monde et non pas d’être ébloui par le monde.
Avant-projet de loi sur la fin de vie : nous ne cèderons pas !
Communiqué de la Marche pour la vie :
Après la présentation de l’indécent projet de constitutionnalisation de l’avortement, voilà qu’un avant-projet de loi sur la fin de vie a été dévoilé le 13 décembre par Le Figaro. Est-ce pour préparer les esprits, provoquer le monde médical pour ensuite enlever les mesures les plus controversées, il est difficile de le dire, mais les deux sont possibles. Un projet de loi incluant les soins palliatifs, les droits des patients, et « l’aide active à mourir », avec des critères flous entre le suicide assisté et l’euthanasie. 19 organisations de soignants ont refusé de se rendre à l’invitation de la ministre pour discuter de ce projet le 18 décembre, et dénoncent « une parodie de consultation ». Le projet inclut le terme très controversé de « secourisme inversé ». Soigner n’est pas tuer.
Nous vous proposons une chose simple. Venez à Paris, ou aidez-nous financièrement pour que la Marche pour la vie soit une grande réussite. Nous tendons la main à tous ceux qui s’investissent dans ce combat. Ayons une démarche unitaire pour montrer notre opposition à ces projets mortifères.
On peut entendre certains dire de-ci de-là : « Ne mélangez pas les deux sujets, avortement et euthanasie. Un thème nuira à l’autre. » Faudrait-il, alors que l’actualité est brûlante sur ces deux sujets, négliger l’un des deux ? Chacun pressent que ce qui s’est passé avec l’avortement, du vote d’une loi dite d’exception en 1975 à une normalité banale en 2023, arrivera également si le projet intégrant l’euthanasie et le suicide assisté est voté. Tout volera en éclats, comme on peut le constater dans les pays qui ont franchi le pas il y 10 ou 25 ans en légalisant « l’aide à mourir ».
Soyons courageux, comme le président du Costa Rica, Rodrigo Chaves, qui vient de déclarer :
« une société civilisée protège la vie des plus vulnérables, comme les personnes âgées et, surtout les enfants à naître »
Nous n’avons pas peur de dire qu’il faut protéger la vie de la conception à la mort naturelle.
L’UE ordonne aux États membres d’entériner le trafic d’enfants et l’exploitation de femmes
Tribune de Mathilde Androuët, député européen, et Jean-Paul Garraud, président des eurodéputés du RN, dans L’Incorrect, à propos du certificat européen de parentalité :
Le 14 décembre 2023, le Parlement européen a adopté sa position sur la proposition de la Commission d’établir une reconnaissance automatique de la filiation entre les États membres et de créer un « certificat européen de parentalité ». La Commission cherche ainsi à étendre sa mainmise sur le droit de la famille, avec l’aval de la quasi-totalité des partis politiques, y compris d’une partie des Républicains (LR).
L’objectif est simple, assujettir par une mise au ban systématique les États membres comme la Pologne et la Hongrie qui ne reconnaissent pas l’adoption par des couples de même sexe, ou la PMA sans père. La Commission le justifie par le fait que l’existence de différentes législations en la matière introduirait des difficultés pour les couples transfrontaliers et que cela contreviendrait donc à leur liberté de circulation. Cet argument n’est en réalité qu’un prétexte et la Commission a été contrainte d’inventer de toutes pièces des exemples pour légitimer sa proposition, les parents n’étant en réalité pas privés de leurs droits parentaux en déménageant dans un autre État membre. Les prétendus experts qu’elle a consultés étaient d’ailleurs juge et partie, certains militant même pour la reconnaissance de la GPA.
Car c’est bien là que se situe l’un des enjeux du règlement : les soutiens au projet maintiennent que ce texte n’autorise pas la GPA. Textuellement c’est vrai. Seulement, de manière pernicieuse, la structure juridique est mise en branle pour permettre progressivement la reconnaissance de la GPA sur tout le territoire de l’Union européenne. Ainsi, le règlement couvre
« la reconnaissance de la parentalité d’un enfant indépendamment de la manière dont il a été conçu ou est né – y compris donc les enfants conçus à l’aide de techniques de procréation assistée – et indépendamment du type de famille de l’enfant ».
La surprenante conception de la synodalité du pape François
Le choix d’annoncer l’ouverture de la bénédiction des couples en situation irrégulière et homosexuels à quelques jours de Noël, qui est sans doute la fête chrétienne la plus familiale qui existe pourra choquer autant que la décision elle-même. Certains journalistes, peu enclins à être qualifiés de catholiques, sont même parfois surpris que le pape aille aussi loin…
Finalement, le pape a décidé seul contrairement à ce qui avait été sous-entendu suite au synode.

Sur un autre sujet (condamnation du cardinal Angelo Becciu) mais en rapport avec sa méthode de gouvernance, Jean-Marie Guesnois souligne que le pape François “inquiète, il terrorise, il va créer un blocage de plus au niveau de son pontificat”
«Le pape aime les gestes forts mais le problème c’est que là, il y va trop fort. Pour arrêter le cardinal Angelo Becciu, il a fait changer les lois en cours de procès. Il inquiète, il terrorise, il va créer un blocage de plus au niveau de son pontificat», explique @jmguenois. pic.twitter.com/gRZUes869F
— Le Figaro TV (@LeFigaroTV) December 19, 2023
Aux catholiques désemparés par certains gestes et propos de l’actuel successeur de Pierre
Ce livre du père Paul Cocard, prêtre de la communauté des Frères de Saint-Jean, est symptomatique d’une tendance lourde. Consacré à La primauté de la foi sur l’obéissance au pape, il constitue une réaction à la façon plutôt perturbante du pape actuel à gouverner. Depuis Pie IX, l’ultramontanisme au sein de l’Eglise a eu tendance à absolutiser la personne du pape, dont l’infaillibilité a été définie au premier concile du Vatican. Au XXe siècle, la canonisation de la quasi-totalité des papes et la forte médiatisation de tous les actes et propos du Souverain Pontife ont encore accru cette tendance. Il semble que le pontificat du pape François permette de prendre conscience du caractère malsain de cette attitude. Et il est certain que la note publiée hier ne risque pas de l’inverser.
Le père Cocard estime que l’Église est aujourd’hui victime du développement du culte papal et de son corollaire, l’ultramontanisme, depuis le XVIIIe siècle. La proclamation de l’infaillibilité au concile Vatican I a servi à justifier un accroissement des interventions du successeur de Pierre dans la vie des églises locales et des fidèles. Ce dernier bénéficie en outre de la complicité des médias lorsqu’au nom de la pastorale, il délaisse la doctrine de l’Église et se soucie de plaire au monde. Le successeur de Pierre ne doit jamais être assimilé à son Maître, le Christ. Il est nécessaire de relativiser constamment son autorité à la foi des Apôtres et à la tradition de l’Église. Son infaillibilité est en fin de compte assez limitée. Sa faillibilité au contraire est grande. L’histoire de l’Église, rappelée dans ces pages, en témoigne suffisamment. Ainsi saint Irénée de Lyon s’est opposé à la décision du pape Victor (mort en 199), qui voulut imposer à toutes les Eglises, comme date de la fête de Pâques, celle de Rome, alors que les Eglises d’Orient gardaient la tradition de la célébrer le 14e jour du mois de Nisan. Saint Irénée a demandé au pape de respecter ces Eglises et leurs traditions et lui reprocha de procéder par voie disciplinaire, puisque le pape voulait les excommunier. L’auteur montre mes exemples de saint Bernard de Clairvaux face au pape Eugène III, sainte Hildegarde de Bingen face à Anastase IV, sainte Catherine de Sienne face à Grégoire XI… Il rappelle les propos du cardinal Newman sur la primauté de la conscience ainsi que ceux du cardinal Ratzinger, qui soulignait que l’Esprit-Saint n’est pas entièrement responsable de l’élection du pape, qui ne prend pas le contrôle du conclave, ne dicte pas aux cardinaux le candidat pour lequel voter, et souligne que dans l’histoire de l’Eglise, trop de papes n’ont pas été choisis par l’Esprit-Saint.
Aux catholiques désemparés par certains gestes et propos de l’actuel successeur de Pierre, ce petit livre est un rappel à fixer son regard sur les réalités d’En-Haut et à poursuivre le combat de la foi qui s’impose. Dieu seul par le Christ, son Fils, offre et donne la Vie éternelle et bienheureuse.
Relevons la tête !
De Ségolène d’Usuel, co-fondatrice du lycée Saint-Augustin (69) :
Force est de constater que l’uniforme est un vrai sujet d’actualité. A la fois chez nos contemporains, mais aussi au sein même des familles catholiques. Il est bon de rappeler que, à l’échelle mondiale, l’uniforme scolaire est majoritaire. De l’Asie, à l’Afrique en passant par l’Amérique du Sud, il est porté dans presque l’ensemble des écoles. L’Europe, à l’inverse, y est un peu plus réfractaire… Pour cause, l’uniforme est de mise seulement au Royaume-Uni, en Irlande, à Chypre et à Malte. Beaucoup de nos contemporains reviennent à ce principe éducatif pour des raisons pédagogiques mais aussi de mode.
Chez les catholiques ayant fait le choix des écoles hors contrat pour leurs enfants, l’uniforme fait partie intégrante du quotidien. Les enfants portent fièrement le blason de leur école et épousent naturellement l’uniforme demandé. Il n’y a pas de sujet, et cela est bon. En grandissant, ces mêmes enfants discutent un peu plus l’uniforme, dans certains détails demandés. C’est peut-être de leur âge, et c’est donc, sans nul doute, le rôle des parents de les aider à obéir malgré tout au règlement. Dépasser ce que je veux pour ce que je dois.

Au fil des âges, l’uniforme est de plus en plus perçu comme une entrave à la liberté, un frein à l’épanouissement de l’adolescent, un atout à 10 ans mais un boulet à 15 ans… l’uniforme ne serait donc pas bon en soi ? Il serait donc un accessoire touchant qui ravi le regard des mamans un temps, mais pas un outil pédagogique essentiel ? Analysons.
- L’uniforme est tout d’abord un outil pédagogique fondamental. Il crée une atmosphère de travail et offre un cadre rigoureux nécessaire pour bien travailler. En se vêtant de son uniforme le matin, l’élève oriente directement son esprit vers le travail, sa tenue vers le savoir-vivre et l’autorité et sa concentration vers la réussite
- L’uniforme crée un sentiment d’appartenance. Il développe chez l’élève la fierté d’appartenir à un groupe, et fait grandir en lui un sentiment d’unité, point de départ d’une soif d’absolu. Certains adolescents peuvent malgré tout refuser de faire grandir ce sentiment d’appartenance, privilégiant un développement personnel de leur identité… L’individualisme est une tentation légitime à cet âge, et c’est pour cela que les parents luttent. Et cela est bon et nécessaire ! Leurs enfants les remercieront dans quelques années…
- L’uniforme combat le règne de l’apparence. L’être plutôt que le paraître ! L’élève se libère du regard de l’autre, il se prédispose à recevoir l’enseignement de son professeur. Il expérimente qu’il est aimé pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il revêt. La peur du paraître « vieux-jeu », « coincé » ou « psycho-rigide » est forte chez les adolescents catholiques. Parfois même aussi chez les parents. L’objectif est donc d’avoir l’air comme les autres… Triste conformisme. Triste peur du « qu’en dira-t-on ». En cela, l’uniforme est une excellente opportunité éducative !
Relevons la tête de nos enfants ! Rendons-les fiers d’être ce qu’ils sont, d’avoir reçus ce qu’ils ont reçus ! Fiers d’être catholiques ! Les fruits pour eux sont grands, tant pour leur développement personnel (l’amitié) que pour leur réussite scolaire (la concentration). Le combat contre le matérialisme et contre le mondialisme commence dans nos familles ! Et c’est une grande joie de pouvoir y contribuer activement. C’est aussi l’opportunité de montrer à nos enfants que nos idées doivent être vécues avant d’être clamées.
Les petites tuiles font les grands toits
Du Chanoine Adrien Mesureur, aumônier de l’école Notre-Dame-de-Fatima (Lille) :
« Le bon Dieu ne se laisse pas vaincre en générosité ! » C’est la raison pour laquelle je partage à toute la France (et peut-être même à l’étranger, qui sait ?) ce projet essentiel pour notre école. Nous espérons que certains lecteurs seront touchés et pourront nous aider à rénover notre toiture qui n’a que trop attendu et prend l’eau de toutes parts. En effet, la tempête de février 2022 ne l’a pas épargnée mais nous avons pu combler les trous. Cependant, c’est quand je suis monté, l’an passé, pour y accrocher les décorations de Noël, que je me suis rendu compte que les tuiles s’effritaient et me restaient dans les mains. Aujourd’hui, comme don Bosco, nous lançons le chantier sans un sou de côté. Mais, tout comme lui aussi, nous avons confiance dans la Providence !
Par avance, un immense merci !
Pour nous aider : https://icrspfrance.fr/soutien-ecole-ndf (précisez bien que votre don est pour le toit de l’école Notre-Dame-de-Fatima)

Quand Louis Salleron répond à Mgr de Moulins-Beaufort
Texte proposé par Rémi Fontaine pour Le Salon beige :
Selon le président de la Conférence des évêques de France répondant à un séminariste, s’il y a un problème avec les « traditionalistes », ce serait donc surtout une question de théologie politique et de rapport au monde :
« Le décret de Vatican II sur la liberté religieuse est très clair. Le Christ n’est pas venu bâtir des nations catholiques mais il est venu fonder l’Eglise. Ce n’est pas la même chose. A force de traîner la nostalgie d’un Etat catholique, on perd notre énergie pour l’évangélisation. »
Et d’évoquer notamment le pèlerinage de Chartres…
Dans un opuscule intitulé Dix dialogues sur la crise de l’Eglise (DMM, 1983), d’une actualité et d’une (post)modernité étonnantes, Louis Salleron lui avait pour ainsi dire déjà répondu à la manière d’un Socrate chrétien. Il s’agit du sixième dialogue sur la politique de l’Eglise mais tous les autres dialogues mériteraient d’être (re)lus en ces nouveaux temps de crise (en particulier ceux sur la messe, la morale, l’avenir de l’Eglise, le pape…). Ils offrent cette richesse de donner à réfléchir pour son interlocuteur (ou son lecteur) catholique sans trancher, selon une maïeutique propre mettant en relief des paradoxes qui n’auraient certainement pas déplu à Chesterton.
Je ne peux ici qu’en tirer un seul (paradoxe) avec quelques bribes déjà éloquentes :
« Un poison permanent de l’Eglise, c’est la politique. Mais on n’y peut rien. Du fait que l’Eglise est société, elle est politique… A cet égard elle a des activités secondaires et subordonnées à sa mission propre. »
Jusque-là Mgr de Moulins-Beaufort pourrait sans doute adhérer au propos. Comme à celui cité du P. Bruckberger :
« Jour heureux où, par la force des choses, l’Eglise sera réduite à sa mission essentielle : gardienne infaillible de l’Evangile, du dépôt de la foi, de l’intégrité des sacrements, annonciatrice de Celui qui vient ! »
Sauf que Bruckberger, précise Salleron, évoquait prophétiquement le « choix tragique » auquel les papes, selon lui, seront bientôt aculés : ou bien adjurer le Christ et passer à l’ennemi pour garder les « défroques » du césaro-papisme ; ou bien rejeter définitivement tout rôle politique, pour assurer uniquement, fût-ce par le martyre, la fonction du Vicaire du Christ et de pasteur des âmes (Toute l’Eglise en clameurs, Flammarion, 1977, p. 68).
Il semblerait qu’entre les deux termes de l’alternative, l’Eglise post-conciliaire n’ait pas encore vraiment choisi, étant plus dépendante de la politique qu’elle ne le croit, d’avantage en tout cas ou d’une autre manière plus « empoisonnée » ou sournoise que les « traditionalistes » qu’elle stigmatise caricaturalement. Les plus politisés (au sens d’une confusion du spirituel et du temporel) ne sont pas forcément ceux qu’on imagine ! « Entre une Eglise de chrétienté et une Eglise des catacombes, pensent aujourd’hui nos évêques libéraux, il doit bien y avoir place pour une Eglise libre dans une société qui l’admette sans la reconnaître pour autant comme seule et unique détentrice de la vérité. Dans une société de ce genre, l’Eglise ne peut s’abstenir de tout rôle politique. » Sans doute, mais « la question est alors de savoir ce que doit être ce rôle politique et l’importance à lui accorder ». Le résultat est loin d’être satisfaisant : n’y voit-on pas trop souvent s’exercer le reliquat (« les défroques ») d’un pouvoir clérical ancien qui, pour exister et se survivre, s’auto-sécularise, c’est-à-dire fait passer le social, l’écologie, la politique… avant sa mission surnaturelle devenue secondaire ? Nous retrouvons là un peu le mauvais « esprit de Vatican II ». Et ses prolongements. Mais aussi son « aporie » ainsi expliquée par le cardinal Ratzinger dans Eglise, œcuménisme et politique, que Louis Salleron ne cite pas et pour cause (Fayard, 1987, p. 288) :
De l’aporie du cardinal Ratzinger…
Il y a incompatibilité entre la prétention pluraliste de l’Etat démocratique moderne et la prétention de l’Eglise à en appeler à une vérité plus grande ou plus haute. Or, d’une part, le nouveau droit à la liberté religieuse (hérité de Vatican II) reconnaît la légitimité d’un Etat dit pluraliste, soi-disant « incompétent » en matière religieuse (1). D’autre part, l’Eglise est le « lieu d’une dimension publique absolue, qui dépasse l’Etat, par la prétention de Dieu qui la rend légitime » (Robert Spaemann). Sa prétention de vérité de la foi, comme telle, est une revendication publique à laquelle ne peut échapper l’Etat, qui doit aussi rendre à Dieu ce qui est à Dieu. D’où le paradoxe énoncé cette fois par le Cardinal :
« Si l’Eglise renonce à cette revendication, elle ne fait pas pour l’Etat ce dont celui-ci a justement le plus besoin. Mais si l’Etat assume cette prétention, il s’élimine lui-même en tant qu’Etat pluraliste, et l’Eglise et l’Etat se perdent eux-mêmes. »
Il faut donc sortir de ce mauvais dilemme. Mais comment ?
On saisit la double impasse de cette aporie qui pèche au niveau de sa majeure commune comme le raisonnement de l’archevêque de Reims lui-même (successeur de saint Rémi !) : non, il n’y a pas forcément incompatibilité entre les deux prétentions (temporelle et spirituelle). L’Eglise n’est pas réduite, comme on le voit maintenant en France, à devenir une simple partie de l’ensemble des « forces sociales », au risque de renoncer à sa mission divine d’enseigner avec autorité la vérité et les valeurs universelles dont elle est la gardienne. C’est-à-dire au risque d’aliéner ou de dissoudre sa Révélation et de se perdre également par une intégration « dans le panthéon de tous les systèmes de valeurs possibles » (dictature du relativisme). Et de perdre pour le coup son énergie pour l’évangélisation à force de traîner dans l’utopie d’un Etat neutre soi-disant a-confessionnel, alors même que celui-ci professe le plus souvent le culte de l’homme sans Dieu (2). L’Etat n’en est pas plus condamné à devenir théocratique (indistinct du religieux) dans l’hypothèse (pour l’instant improbable) où il reconnaîtrait le droit supérieur de l’Eglise en matière religieuse et morale, qui n’empêche pas une certaine tolérance et pluralité religieuses.
… à l’alternative du Père Bruckberger
L’histoire et la tradition, avec la chrétienté et les nations catholiques, offrent le principe d’une juste solution, qui, si elle n’est pas sans trébuchements et dérives (toujours le « poison » de la politique ou du « cléricalisme »), se résume dans la théorie classique de la double souveraineté des pouvoirs (temporel et spirituel). L’encyclique Quas primas précise : « Les hommes ne sont pas moins soumis à l’autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée. » Pas moins mais d’une manière autre évidemment (comme on feint de ne pas le comprendre), son Royaume n’étant pas de ce monde. Mais quand, par la force des choses, la sécularisation et l’apostasie galopantes, l’entrecroisement des cultures, tout cela n’est de fait plus possible ? La distinction, enseignée par l’Eglise pour unir, mérite assurément une nouvelle réflexion selon le principe de réalité qui ne retire rien au principe doctrinal, comme le proposait Benoît XVI en théologien politique et avec son herméneutique de la continuité.
Bien sûr la communauté surnaturelle de personnes qu’est l’Eglise fondée par le Christ n’est pas la même chose que la société temporelle de familles qu’est la nation (voulue par le Créateur) et que l’Eglise doit informer (au sens philosophique) quelque soit l’unité ou la division de croyances en place. Mais si elle ne peut plus y trouver une certaine correspondance culturelle, l’Eglise devra forcément agir en contre-culture, comme pour les premiers chrétiens, avec ce que le pape émérite appelait des « minorité créatrices » ou des « îlots de chrétienté ». L’énergie pour l’évangélisation, qui va des catacombes à la chrétienté en passant par la mission, ne doit pas s’étioler et se perdre en sens inverse dans le nouveau panthéon de l’Etat moderne. On en revient ainsi à l’exclamation du P. Bruckberger (« Jour heureux… »). Ou bien à Péguy, dont le pèlerinage de Chartres à la Pentecôte reprend justement l’énergie pour la nouvelle évangélisation avec la grâce des nouveaux commencements : « Il faut que France et chrétienté ressuscitent ! » Charles Péguy, dont Jean Madiran redonne aussi l’esprit en le paraphrasant :
– Car, voyez-vous Monseigneur, c’est un grand mystère, il ne suffit pas d’avoir la foi. Nous sommes faits pour vivre notre temporel en chrétienté. Ailleurs quand ce n’est pas le martyre physique, ce sont les âmes qui n’arrivent plus à respirer.
Rémi Fontaine
(1) Etrange nœud gordien que ce nouveau droit à la liberté religieuse que l’Eglise post-conciliaire, dans une sorte de contradiction interne, prétend reconnaître sinon imposer civilement à des Etats devenus en principe incompétents en matière religieuse ! L’Eglise enseigne à l’Etat que l’Eglise renonce à toute préséance religieuse vis-à-vis de l’Etat qui doit l’accepter religieusement comme un droit politique pour tous, dont l’affirmation repose sur la non-reconnaissance par l’Etat de l’enseignement de l’Eglise ! Mais à quel titre alors et de quel droit ?
(2) Cf. Ni laïque ni musulmans (2010), Sous le signe d’Antigone (2012) ou Après la Chrétienté (2023) aux éditions Contretemps.
Une mère et sa fille ont été tuées par un tireur d’élite israélien dans l’église de la Sainte-Famille à Gaza
Le Patriarcat latin de Jérusalem a annoncé qu’une mère et sa fille ont été tuées par un tireur d’élite israélien dans l’église de la Sainte-Famille à Gaza. Sept autres personnes ont été blessées par balles alors qu’elles tentaient de se protéger des tirs.
« Aujourd’hui, vers midi, le 16 décembre 2023, un tireur d’élite de l’IDF (Israel Defense Forces) a assassiné deux femmes chrétiennes à l’intérieur de la paroisse de la Sainte-Famille à Gaza, où la majorité des familles chrétiennes s’est réfugiée depuis le début de la guerre.
Nahida et sa fille Samar ont été abattues alors qu’elles se rendaient au couvent des Sœurs (de Mère Teresa). L’une a été tuée alors qu’elle tentait de mettre l’autre en sécurité. Sept autres personnes ont été blessées par balles alors qu’elles tentaient de protéger d’autres personnes à l’intérieur du complexe de l’église.
Aucun avertissement n’a été donné, aucune notification n’a été faites. Elles ont été abattues de sang-froid à l’intérieur de l’enceinte de la paroisse, où il n’y a pas de belligérants.
Plus tôt dans la matinée, une roquette tirée par un char de l’IDF a visé le couvent des Sœurs Missionnaires de la Charité (Soeurs de Mère Theresa de Calcutta). Le couvent abrite plus de 54 personnes handicapées et fait partie du complexe de l’église, signalé comme lieu de culte depuis le début de la guerre.
Le générateur du bâtiment (unique source d’électricité) et les réserves de carburant ont été détruits. La maison a été endommagée par l’explosion et l’incendie massif qui en a résulté.
Deux autres roquettes, tirées par un char de l’IDF, ont visé le même couvent et l’ont rendu inhabitable.
Les 54 personnes handicapées sont actuellement déplacées et n’ont pas accès aux respirateurs dont certains ont besoin pour survivre.
De plus, à la suite des bombardements intenses dans la région, trois personnes ont été blessées à l’intérieur du complexe de l’église la nuit dernière. Des panneaux solaires et des réservoirs d’eau, indispensables à la survie de la communauté, ont été détruits.
Ensemble en prière avec toute la communauté chrétienne, nous exprimons notre proximité et nos condoléances aux familles touchées par cette tragédie insensée. En même temps, nous ne pouvons qu’exprimer notre incompréhension face à une telle attaque, d’autant plus que toute l’Église se prépare pour Noël.
Le Patriarcat latin de #Jérusalem suit cette situation avec une grande préoccupation et fournira des informations supplémentaires au besoin. »
L’armée israélienne a justifié l’attaque en évoquant la présence de lance-missiles dans le lieu de culte.
Pressions de la Cour interaméricaine des droits de l’homme en faveur de l’avortement : le Costa Rica envisage de quitter l’institution
Le président du Costa Rica, Rodrigo Chaves, a envisagé la possibilité de se retirer de la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) si celle-ci impose de modifier la législation nationale sur l’avortement.
Cette année, les Nations unies ont exhorté le Costa Rica à dépénaliser l’avortement. Pour Tlaleng Mofokeng, rapporteur spécial sur le droit à la santé physique et mentale, les restrictions légales existantes sont « incompatibles avec les normes internationales en matière de droits de l’homme et les protocoles cliniques ». Selon elle, il s’agit de « discrimination fondée sur le genre ».
La prise de position du président Chaves a eu lieu dans le cadre de l’affaire en cours contre le Salvador :
« Si la Cour interaméricaine des droits de l’homme rendait une ordonnance relative à l’avortement, le Costa Rica n’aurait d’autre choix que de se retirer du traité ».
« Une société civilisée protège la vie des personnes les plus vulnérables, comme les personnes âgées et, surtout, les enfants à naître ». « La seule exception est lorsque la vie de la mère est en danger ».
Le président du Costa Rica dénonce
« ceux qui pourraient exploiter ce principe directeur, en utilisant les définitions de l’Organisation mondiale de la santé, qui incluent des facteurs économiques, sociaux et émotionnels, dans le but de plaider en faveur de l’interruption de grossesse ».
Source : Gènéthique
Ouverture du procès du catholique Jimmy Lai en Chine
Jimmy Lai, militant catholique pour la liberté, critique du régime communiste chinois, comparaît devant un tribunal alors qu’il risque la prison à vie. Le gouvernement britannique a lancé un appel à sa libération.
À l’aube du 18 décembre, le magnat des médias a été emmené par le personnel de sécurité au palais de justice de West Kowloon, où s’est ouvert son procès, qui devrait durer environ 80 jours. Ses partisans, dont le cardinal émérite de Hong Kong Joseph Zen, étaient présents au tribunal.
Âgé de 76 ans, Lai a été condamné en décembre dernier à une peine de près de six ans de prison pour “fraude”, une accusation distincte de celle pour laquelle il est actuellement jugé.
Lai, qui a été amené à la foi catholique par le cardinal Zen, est un fervent critique du Parti communiste chinois (PCC) et de ses mesures contre la liberté. En 1995, il a fondé le tabloïd pro-démocratie Apple Daily, qui a publié des critiques du PCC qui lui ont valu l’ire des autorités communistes. Le journal est devenu l’un des principaux journaux de Hong Kong, mais il a fermé ses portes en juin 2021 lorsque les bureaux ont été perquisitionnés par le personnel de sécurité du PCC et que Lai a été arrêté.
Dans le procès en cours, Lai est accusé de “collusion avec des forces étrangères” en violation de la loi sur la sécurité nationale (NSL) que Pékin a imposée à l’île en juin 2020 afin de réprimer la dissidence contre le PCC, et il pourrait être condamné à une peine de prison à vie en vertu de cette loi.
Ce procès ne se déroule pas devant un jury, mais uniquement devant un trio de juges triés sur le volet.
Expulsion de la FSSP du diocèse de Quimper : message de l’évêque
Suite à mon article de dimanche, voici le message de Mgr Dognin aux fidèles des messes de l’ancien missel à Quimper et Sainte Sève :
Frères et Sœurs,
Lors de la visite pastorale que j’avais effectuée dans votre communauté au printemps 2022, j’avais constaté votre joie de participer à la messe célébrée avec le Missel de 1962 et la nourriture spirituelle que cela vous apportait. J’ai pu en mesurer l’importance dans les réponses au questionnaire que je vous avais adressé. À la suite de cette visite, j’avais pris la décision de permettre aux prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre de continuer à célébrer ces messes comme m’y autorise le Motu Proprio Traditionis Custodes promulgué par le Pape François le 16 juillet 2021. En ce sens, le 11 juin 2023, j’ai promulgué une ordonnance pour notre diocèse, afin d’en préciser les modalités de mise en œuvre.
Cependant, il y a deux semaines, un article très offensant paru sur un blog traditionaliste à propos de la paroisse Quimper – Saint-Corentin a suscité un grand émoi dans le diocèse, chez les prêtres et beaucoup de fidèles, et a exacerbé les tensions qui s’étaient développées depuis plusieurs années.
En effet, au fil des ans, j’ai constaté que cette messe dominicale s’est transformée de facto en la création de deux paroisses personnelles (non canoniques) avec toutes les activités afférentes, en parallèle des activités paroissiales. Je ne le souhaitais pas, car je savais que compte tenu de l’histoire de notre diocèse, cela aurait des conséquences sur la communion ecclésiale, autant pour le clergé diocésain que pour les fidèles. Nous en voyons les conséquences aujourd’hui. Ma décision n’est pas un blâme adressé aux abbés Courtois et Télisson, qui sont des pasteurs zélés, mais le constat de tensions irréversibles mettant à mal l’unité du diocèse.
Les tensions générées par la situation que je viens de décrire m’imposent de réagir pour préserver l’unité de l’Église catholique dans le Finistère ainsi que la communion du presbyterium autour de son évêque. Aussi, après avoir consulté mes Conseils, j’ai décidé de maintenir cette messe dominicale avec l’ancien Missel pour le bien des fidèles, mais en demandant à des prêtres diocésains de l’assurer. J’ai également décidé de mettre fin à la convention qui lie le diocèse avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre. Les activités pastorales (catéchisme, pastorale des jeunes, etc.) ainsi que la préparation et la célébration des sacrements (baptême, mariage, etc.) continueront d’être assurées par les paroisses Quimper – Saint-Corentin et Saint-Yves en Pays de Morlaix. Les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre poursuivront leur mission jusqu’à une échéance qui sera décidée prochainement. Ils nous ont assuré de leur collaboration pour assurer la transition.
J’ai conscience que cette décision suscitera des réactions, voire des interrogations et des inquiétudes pour l’avenir. Je m’en remets à votre discernement et votre volonté de construire ensemble notre Église.
À l’approche de la fête de Noël, soyons unis dans la prière et dans l’amour du Christ. Je suis confiant que, en tant que communauté diocésaine, nous pourrons permettre cette transition dans la paix, surmonter les défis qui s’annoncent et continuer à grandir dans la foi.
Je vous assure de ma prière, et que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.
X Laurent DOGNIN
Évêque de Quimper et Léon
Les parents ne devraient pas tolérer que leurs enfants ne savent rien de Renoir, de Ford ou d’Hitchcock
« Des parents qui ne toléreraient pas que leurs enfants ne sachent rien de Balzac ou de Dickens ne devraient pas s’accommoder davantage qu’ils ignorent tout de Renoir, de Ford ou d’Hitchcock, dans lesquels il y a tant de richesse esthétique et de trésors de sagesse à puiser ». C’est pour les aider que Laurent Dandrieu propose « Une cinémathèque idéale ». De passage à Angers pour dédicacer ce dernier ouvrage paru chez Critérion, le critique de cinéma et rédacteur en chef des pages culture de Valeurs actuelles, a accordé cet entretien à RCF :
L’abrogation de l’arrêt Roe v. Wade contribue à sauver des vies
Lu ici :
Les deux dernières années ont vu un déclin massif de plus de 130 centres d’avortement aux États-Unis, selon le rapport annuel d’Operation Rescue. En 2022, 88 cliniques d’avortement ont fermé leurs portes, suivies de 49 autres en 2023. Au total, 137 cliniques ont cessé leurs activités au cours des deux dernières années. Actuellement, 14 États interdisent l’avortement, grâce à des lois qui protègent d’innombrables bébés innocents du meurtre dans l’utérus, comme Rapports LifeSiteNews.
Ces États sans avortement sont l’Alabama, l’Arkansas, l’Idaho, l’Indiana*, le Kentucky, la Louisiane, le Mississippi, le Missouri, le Dakota du Nord, l’Oklahoma, le Dakota du Sud, le Tennessee, le Texas et la Virginie occidentale (*l’Indiana est devenue sans avortement en 2023, ce qui a entraîné la fermeture de 7 cliniques d’avortement) (…)
Cependant, 53 nouvelles cliniques ont ouvert ou repris leurs activités au cours de la même période. Parmi celles-ci, 42 (79 %) pratiquaient uniquement des avortements médicamenteux, tandis que 11 (21 %) proposaient des avortements chirurgicaux. La grande majorité des cliniques d’avortement chirurgical (99 %) pratiquaient également des avortements médicamenteux.
Après ajustement des données de certaines cliniques hospitalières et prestataires d’avortement en ligne, il y a eu une diminution totale de 13 centres d’avortement par rapport à 2022, passant de 683 à 670 en 2023.
Selon Troy Newman, président d’Operation Rescue, cela représente une baisse impressionnante de 69 % depuis 1991, alors qu’il y avait 2 176 cliniques d’avortement en activité. L’abrogation de l’arrêt Roe v. Wade contribue sans aucun doute à sauver des vies, et les efforts des Américains pro-vie s’avèrent fructueux.
Cependant, Newman met en garde contre une augmentation alarmante des avortements dangereux par courrier. Même si la communauté pro-vie a de nombreuses raisons de se réjouir, les partisans de l’avortement continuent de trouver des méthodes pour tuer autant de personnes que possible.
BFM a compris comment ne pas perdre pied face à CNews…
En grande difficulté depuis plusieurs semaines, BFM se retrouve dépassée en audience par CNews de plus en plus souvent mais semble avoir trouvé la parade :
Aujourd’hui, Thaïs d’Escufon, était invitée à débattre contre une féministe de gauche. Le même jour, alors que la commission mixte paritaire débattait de l’avenir de la loi immigration, BFM faisait témoigner Claire, une jeune femme victime d’un viol commis par un Africain sous OQTF, qui a demandé à rencontrer Eric Zemmour.
Dimanche soir, à la demande Marion Maréchal, BFM organisait un débat entre cette dernière et Mahilde Panot. Et, il y a quelques semaines, c’est Laurent Obertone qui était invité à débattre sur BFM pour évoquer Crépol.
La dictature du réel !
60 maires signent une tribune pour dénoncer le laxisme judiciaire
C’est sans doute une première qui montre l’exaspération des maires de communes plutôt rurale qui en ont assez du laxisme judiciaire. Il est notamment reproché au procureur son laxisme dans la gestion des activistes écolos qui bloquent un chantier majeur de champs photovoltaïque sur la commune de Cruis :
Le divorce est acté. Près de 60 maires des Alpes-de-Haute-Provence publient ce vendredi 15 décembre une tribune à l’attention du ministère de la Justice, et dans laquelle ils dénoncent ce qu’ils considèrent être un laxisme du parquet de Digne-les-Bains.
“Force est de constater que dans notre département, le parquet affiche d’importantes lacunes qui nuisent à son efficacité au point que nos concitoyens perdent confiance en la justice. Nous, maires et élus du département, constatons une insuffisance quotidienne de la réponse pénale au moment même où les infractions en tout genre se multiplient”, écrivent les maires dans leur tribune (…)
Les maires signataires estiment ainsi qu’il leur est “difficile d’exercer” leur mandat “dans des conditions optimales”. Ils dénoncent ainsi des poursuites judiciaires “trop rarement engagements” malgré leurs plaintes et signalements.
Ils dénoncent entre autres la gestion de la situation au parc photovoltaïque de Cruis, au cœur de plusieurs actions militantes. “À Cruis, des militants ont longtemps empêché la bonne marche d’un projet de parc photovoltaïque purgé de tout recours sans être inquiétés”, soulignent les élus, qui dénoncent des “constructions illégales” et ce “aux quatre coins du département.”
Les élus appellent ainsi le ministre de la Justice à “agir”, au risque de voir les Alpes-de-Haute-Provence devenir “un territoire où les principes de la justice sont dévoyés”, dans un contexte où les Français sont déjà “en colère” sur de nombreux sujets (…)
“L’État doit plus que jamais incarner la justice et l’autorité. Il en va de la préservation du vivre ensemble et des valeurs républicaines”, concluent les maires.
Casuistique du ‘en même temps’
Responsum de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à un dubium au sujet de la bénédiction des unions de personnes du même sexe du 22 février 2021 :
“il n’est pas licite de donner une bénédiction aux relations ou partenariats, même stables, qui impliquent une pratique sexuelle hors mariage (c’est-à-dire hors de l’union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverte en soi à la transmission de la vie), comme c’est le cas des unions entre personnes du même sexe”
Déclaration Fiducia supplicans sur la signification pastorale des bénédictions du 18 décembre 2023 :
il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage
Je souhaite bien du courage aux théologiens en perspective des nervous breakdown qu’occasionnera la recherche d’une herméneutique de la réforme, du renouveau dans la continuité…
La Saint-Cyrienne demande de l’aide pour un capitaine de gendarmerie condamné à 7 années de prison
L’histoire est dramatique. Ce jeune saint-cyrien est père de trois enfants âgés de 5, 3 et 1 an et sa femme se retrouve seule à gérer cette famille nombreuse. Cette affaire est passée inaperçue alors qu’il s’agit d’une affaire similaire à celle qui a entraîné la mort du voyou Nahel.
Condamné à 5 ans de prison dont seulement 2 fermes en mai 2023, il a été condamné en appel à 7 années de prison ferme en octobre 2023. Pourquoi une telle aggravation de la peine à votre avis ? Il s’agit de l’effet “émeutes” conjugué à l’hostilité d’une justice qui ne défend plus les forces de l’ordre.
Voici le message de la Saint-Cyrienne pour expliquer la situation :
Le 10 octobre l’un des nôtres a été condamné à sept ans de prison fermes pour meurtre. La cour d’appel de Lyon a considéré que le capitaine Dobritz avait intentionnellement donné la mort à un homme. Cette peine est-elle surprenante ? Non, même plutôt clémente pour un tel crime. Après tout un capitaine de gendarmerie n’est pas au-dessus des lois et se doit d’assumer ses fautes.
Alors votre premier réflexe va être de consulter internet pour en savoir un peu plus sur cette regrettable affaire qui vient ternir l’image iconique de notre noble institution auprès de nos concitoyens. Vous allez trouver une multitude d’articles de différents journaux (…) Y apparaissent toujours les mêmes éléments.
Après une course poursuite un binôme de gendarmes bloque un véhicule avec des plaques signalées volées, une vidéo montre alors un gendarme, à pied, tirer sept fois sur la voiture qui recule entrainant le décès du conducteur. Effectivement, c’est accablant d’incompétence. En fait ces articles sont un copié-collé d’une dépêche AFP du bureau de Lyon qui, sans avoir envoyé de journaliste lors du procès, a interrogé les avocats pour la rédiger. Celui des parties civiles va, lui, monopoliser la parole pour raconter une version erronée des évènements développée dans le prétoire.
La réalité des faits est quelque peu différente. Le 11 mars 2018 vers 20h45, de nuit, sur la commune de Baie Mahault en Guadeloupe les gendarmes sont appelés par une femme qui vient de reconnaître sur une voiture inconnue ses plaques minéralogiques, volées quelques jours auparavant. Dans l’urgence et en prévoyant la mise en place de son dispositif d’interception le capitaine Dobritz, commandant la brigade, décide de se rendre sur place avec un autre gendarme pour procéder à la certification du renseignement (…) Ils repèrent finalement le véhicule stationné tous feux éteints mais sans pouvoir formellement lire le numéro, ils décident d’aller l’inspecter le pensant inoccupé. C’est en arrivant à sa hauteur qu’ils constatent qu’un individu recherché se trouve à l’intérieur. La décision d’interpellation est aussitôt prise.
Le gendarme s’arrête devant la voiture et le capitaine, en tenue, descend, dégaine son arme, la pointe sur le conducteur en faisant les sommations « Halte gendarmerie » pour l’obliger à se soumettre à la force publique. Malheureusement ce dernier démarre brusquement et tente de passer une vitesse faisant rugir le moteur en même temps que les phares s’allument, le capitaine qui se trouve devant est persuadé qu’il va se faire écraser contre son propre véhicule. Il fait un pas de côté et ouvre le feu. Deux coups très rapprochés comme on le lui a enseigné. Le conducteur est mortellement touché mais réussi malgré tout à enclencher la marche arrière, la voiture recule alors vivement, le capitaine poursuit son intervention ignorant le résultat de son premier tir et avance vers l’objectif en essayant de le stopper en tirant dans la roue et le capot moteur, deux impacts y seront retrouvés sur les cinq coups tirés.
Il existe effectivement un enregistrement vidéo, sans le son, qui capture la scène non pas au tout début de l’action mais à partir du troisième coup lorsque le tireur avance pour tenter d’immobiliser le véhicule qui recule à vive allure. Seulement trois flashs sont visibles. Évidemment le poids de ces images est bien différent de ce qui est faussement présenté comme la preuve infaillible de la commission d’une nouvelle violence “policière“ en insinuant qu’elle montre un gendarme tirer 7 fois sur un conducteur en train de reculer.La fouille de la voiture démontrera, entre autres éléments, qu’un pistolet automatique de 9mm alimenté et chargé se trouvait positionné entre le siège et la console avant.
La personne décédée est un délinquant niçois, multirécidiviste, vivant sous un faux nom en Guadeloupe alors qu’il était l’objet de deux mandats de recherche, l’un de Grasse et l’autre de Nice. À la suite de son décès sa compagne a repris son trafic de stupéfiants entre l’ile et la métropole pour lequel elle sera d’ailleurs condamnée à 18 mois de détention.
Alors comment peut-on expliquer une telle interprétation des faits ? Qu’est ce qui fait que les jurés et les juges ont lourdement condamné un soldat de la loi censé œuvrer, comme eux, à la défense de la société ? Comment la détermination, l’abnégation ou le sens de l’engagement dans ce qu’il a de plus noble, inculqué tout au long de sa formation, ont pu être caricaturés voire moqués par des magistrats ? Dépeignant le capitaine Dobritz comme un prédateur froid, un chasseur, refusant de laisser échapper sa proie, son trophée. L’instant d’après lui reprochant, à l’inverse, d’être un chien fou se comportant en cow-boy irresponsable ?
Les récents évènements ayant conduits au déclenchement d’émeutes dans de nombreuses villes et a une hystérisation médiatique au sujet des violences dites “policières“ ont probablement créé un contexte délétère aux forces de l’ordre, en général et au traitement des affaires impliquant l’usage des armes à la suite d’un refus d’obtempérer, en particulier. Certains serviteurs de l’état se retrouvent broyés dans une véritable tectonique des plaques due à la polarisation des forces politiques qui se radicalisent autour de sujets censés être représentatifs de leur vision de la société.
Malheureusement, pour certains, un jeune officier Saint Cyrien de 33 ans, père de trois enfants, catholique pratiquant et excellemment noté par ses chefs, représentant les valeurs d’engagement absolu au service de l’état est terriblement réactionnaire. Il retarde l’éclosion d’un nouveau monde plus juste et plus libre. Leur discours outrancier fait de violence et de fureur mérite-t-il d’être entendu ? Oui et nous sommes en partie là pour le garantir.
Mais aujourd’hui qui se souvient d’Arnaud Beltrame dans le vacarme Adama Traoré ? Demain qui se souviendra de Romain Dobritz ? Nous ! Nous ne l’abandonnerons pas !
Il est maintenant incarcéré au centre pénitentiaire de Villefranche dans un environnement extrêmement hostile pour un gendarme. Il fait face, il est debout, il mène un terrible combat dans des ténèbres inconnues. C’est un guerrier, il n’a pas le choix, il doit retrouver sa famille.
Nous nous devons de penser à lui, souvent, car il porte seul ce qui a fait la grandeur de notre institution. Ne jamais renoncer, quel qu’en soit le prix, à la mission confiée. La sienne maintenant est de rétablir son honneur et sa probité. Souvenez-vous de la phrase rituelle entendue un soir de triomphe, nous sommes debout, nous relèverons l’homme et nous l’aiderons dans sa mission, même si, parfois, nous devrons le porter !
Si la grande famille des Saint-Cyriens se mobilise parce qu’il est des leurs, alors la grande famille chrétienne devrait également se mobiliser pour soutenir ce père de famille catholique pratiquant !
Une cagnotte a été ou verte pour “aider Maëlle et ses trois enfants avec la discrétion qui convient mais dans tous les domaines où nous avons des leviers d’action, notamment sur le plan financier, sans oublier la question du logement puisque Maëlle devra se reloger à partir de l’été 2024 (…) En corollaire, nous nous proposons d’assister Romain Dobritz dans une perspective de repositionnement professionnel, une fois sa peine effectuée. Nous appelons ici plus particulièrement votre attention sur la question financière puisque Maëlle doit faire face à des charges croissantes alors qu’elle ne bénéficie plus de la solde de son époux et qu’elle doit se consacrer seule à ses jeunes enfants.”
La France, capitale mondiale de la franc maçonnerie
Lu sur Entreprendre :
Alors que le nombre de francs-maçons est en baisse partout dans le monde, le France s’impose comme la capitale mondiale de la franc maçonnerie avec au moins 160 000 adeptes.
La Grande Loge nationale française (GLNF) et la Grande Loge de France (GLDF) sont les principales obédiences, avec des membres estimés entre 15 000 et 20 000 chacune. De plus, il existe de nombreuses autres obédiences, chacune comptant entre 1 000 et 5 000 membres. La France détient également le record mondial du nombre de Grandes Loges sur un même territoire. Au cours des dernières décennies, la franc-maçonnerie en France a presque triplé en nombre, ce qui constitue une croissance unique au monde.
Cependant, malgré cette croissance impressionnante, la franc-maçonnerie en France doit relever de nombreux défis. Environ 30 % des membres quittent la franc-maçonnerie dans les cinq ans suivant leur admission, principalement par lassitude ou désir de découvrir autre chose. De plus, l’assiduité en loge n’atteint pas toujours les niveaux souhaités, avec un taux de participation parfois inférieur à 50 %.
Marion Maréchal : “Je suis contre la disparition de la France sous le poids de l’immigration et de l’islamisation”
Marion Maréchal était opposée à Mathilde Panot (LFI) dans un débat diffusé sur BFM dimanche soir. A l’instar du débat de la campagne présidentielle entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour, il ne s’agissait pas de convaincre leurs électeurs respectifs mais plutôt de convaincre les téléspectateurs de BFM. Et pour Marion Maréchal, il s’agit des électeurs de LR et de la frange droite des macronistes. Ses mots furent sans concession et authentiquement de droite ! Ces deux jeunes femmes sont nées en 1989 et pourraient peut être un jour se retrouver face à face lors d’une élection…Qui sait?
Le monde en 2024 : vers un ordre multipolaire ?
“Nous vivons des changements tels qu’il n’en arrive qu’une fois par siècle”. Cette déclaration du président chinois adressée à son homologue russe laisse libre cours à toutes les interprétations, pour le meilleur et pour le pire. Quel sort nous réservent les puissants ? A quoi ressemblera notre monde en 2024 ? Quelles sont les grandes tendances qui se dégagent ? Le bloc russo-chinois a en tout cas sonné la fin de la récréation : la dédollarisation déjà engagée va se poursuivre avec toujours plus de nouveaux partenaires. De son côté, l’empire américain et ses alliés ont pris du plomb dans l’aile n’agissent plus de manière rationelle. Si le Congrès américain, exsangue, a refusé l’aide financière à l’Ukraine de Zelensky pour continuer la guerre, il semble que la Chine soit la nouvelle cible : Taïwan concentre toutes les attentions.
Quoiqu’il en soit, l’année 2024 sera l’année d’une montée en puissance des monnaies numériques de banques centrales, dernière lubie des tenants de la société de surveillance. De Washington à Pékin, en passant par Moscou et Francfort, tous s’y mettent. Le clivage mondialistes/patriotes est-il toujours d’actualité ?
L’analyste économique, Stanislas Berton, analyse les forces en présence et dresse un panorama complet pour l’année 2024. La France saura-t-elle retrouver sa puissance d’équilibre ? Réponse dans ce numéro de “Politique & Eco” !
Propagande LGBT du CNED
Un lecteur nous fait suivre le devoir demandé par le CNED pour un collégien en classe de 3e :

La carte de notre patrimoine bachique doit beaucoup à la chrétienté
Extrait d’un article des Echos consacré au vin et notamment au vin de messe :
[…] Meursault, la Bourgogne et ses clos, celliers, granges, abbayes et hospices, terre bénie de la viticulture. L’histoire des climats est pleinement liée à celle de l’Eglise et des ordres religieux bénédictins et cisterciens. Partout en France, chaque monastère, chaque évêché, a planté des vignes pour satisfaire à ses besoins liturgiques, et produit bien au-delà. La carte de notre patrimoine bachique doit ainsi beaucoup à la chrétienté. Prenez et buvez-en tous… Bienheureuses sont les paroisses des régions viticoles, où la providence transfère parfois des bouteilles des chais aux sacristies sous forme de dons, comme c’est la tradition dans la paroisse de Sancerre. À l’abbaye du Barroux, en Provence, le paradoxe est que les vins des moines vignerons ne sont pas destinés à l’Eucharistie célébrée en son sein – un généreux donateur les leur fournit – mais sont commercialisés sur la boutique et en ligne.
Le plus souvent, les paroisses achètent selon leurs besoins et leurs moyens aux producteurs locaux, religieux ou pas, ou dans les catalogues des fournisseurs spécialisés en articles liturgiques (par exemple, Holyart, leader européen) qui affichent des vins nationaux ou internationaux, Bordeaux (pas les plus chers), Espagne, Italie…, entre 7 et 10 euros. Martinez, producteur de marsala en Sicile, est l’un des grands fabricants de vins de messe (issus de cépages locaux, certifiés par le diocèse) vendus partout dans le monde.
Spécialiste et leader sur le marché américain, le californien Cribari Altar Wines. Ironie de l’histoire, les vignobles de la Napa Valley ont survécu à la prohibition par la multiplication des vins de messe, les seuls alors autorisés. Leur consommation augmenta en flèche, pas seulement motivée par la piété… Que diable buvait-on dans les speakeasy ? Au Québec, un vilain trafic a abouti à ce que désormais les religieux se fournissent exclusivement auprès de la Société des alcools (SAQ) parmi onze vins approuvés par l’assemblée des évêques catholiques du pays. Quatre sont français : le Naturae Chardonnay de Gérard Bertrand, le muscadet Voyage Extraordinaire de Lieubeau, le Côtes du Roussillon Marie Gabrielle du Domaine Cazes, et les Premières Grives Côtes de Gascogne du domaine Tariquet. Loué soit le bon goût.
Quels que soient les chemins qui les mènent à la sacristie, tous les vins de messe sont régis par le canon 924 : « Le saint sacrifice eucharistique doit être célébré avec du vin naturel de raisins, pur et non corrompu, sans mélange de substances étrangères. […] Il faut prendre soin de [le] conserver en parfait état […] Il est absolument interdit d’utiliser du vin dont l’authenticité et la provenance seraient douteuses. » En 2017, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, au Saint-Siège, a rappelé aux évêques « qu’il leur appartient de pourvoir dignement à ce qui est nécessaire pour la célébration de la Cène du Seigneur […], et de veiller sur la qualité du pain et du vin destinés à l’Eucharistie ». Y aurait-il eu des tripatouillages peu catholiques des « matières » ? Si les communautés religieuses qui les confectionnent sont absoutes de tout soupçon, ce que l’on trouve dans les magasins ou en ligne est-il toujours bien valide ? Aux religieux de s’en assurer, CQFD. […]
Notre capacité d’émerveillement est la meilleure des réponses à la vacuité du monde
Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :
Nos anciens savaient, à l’école de Platon, que la meilleure manière de dompter la nature consiste à lui obéir. Ils avaient pour cela pris le temps de l’observer et d’en connaître les palpitations. Dans l’âme enracinée, il y a une connaissance qui devient quasi connaturelle de la saison des légumes, du cycle de la lune, d’où arrive le vent, de ce qu’il annonce, du chemin des étoiles, du bienfait de telle plante ou de l’atout d’un collet. Nous avons tous besoin d’un Bertrandou pour guider notre soif d’absolu comme il a su calmer, à l’invitation de Cyrano, la faim des cadets de Gascogne lors du siège d’Arras.
La grandeur des bergers
Les bergers tels que les chante Jacques Brel nous manquent. Il n’y a plus guère que les santons pour nous rappeler leur importance. Leur capacité à s’émerveiller méritait sans doute aux yeux de Dieu, avant les scribes et les grands prêtres, qu’ils soient récompensés en étant les premiers invités à la grande adoration de l’Enfant-Dieu. Quelle leçon de constater que de grands saints furent eux-mêmes, enfants, gardiens de troupeau comme Vincent de Paul, Jean Bosco ou encore le jeune Giuseppe Sarto, le futur grand pape saint Pie X. De même, ce furent des petits pâtres qui bénéficièrent des grandes apparitions mariales, de Lourdes à la Salette, de Guadalupe à Fatima. A l’heure des grands déplacements et de l’accès au savoir, alors que trop souvent beaucoup peinent à expliquer en quoi consiste leur profession tant l’argent-roi a réussi à déshumaniser le travail, lui, le berger, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent. Plus encore, à l’image du marchand de quenouilles qui ouvre la captivante cinéscénie du Puy du Fou, les bergers peuvent écouter « les sentiers qui ne retiennent plus leurs vieilles confidences ». Parce qu’elle sait contempler, l’âme enracinée porte l’histoire à tous les enfants ; elle est la mémoire d’une civilisation.
A propos de mémoire, nous avons tous quelque part dans nos secrets intérieurs une bibliothèque de souvenirs qui contient dans ses rayons des séquences, des odeurs, des visages, des décors qui évoquent pour nous quelque chose de tangible, de saisissant et d’aimable. Et lorsqu’il arrive, au hasard d’une rencontre ou d’une situation, qu’un élément nous rappelle tel ou tel souvenir, c’est un frisson qui gagne tout notre être et nous voici transportés dans le passé.
Sylvain Tesson , théologien des arbres
A cet égard, à l’occasion d’un dimanche après-midi où, comme chacun sait, la promenade est un exercice qui s’intercale admirablement entre la fin du déjeuner et l’heure des vêpres, il m’a été donné d’en partager une avec un ami au cœur d’un petit bois. C’est alors qu’au détour du sentier que nous suivions, un platane incroyable d’amplitude et d’élégance ne pouvait que nous arrêter. Son volume noyé dans la végétation accentuait sa beauté, la lumière du ciel qui se déversait sur lui rajoutait à sa splendeur. Mais plus encore, il me rappelait les arbres du parc de mon enfance. Ce n’était qu’un arbre, bien sûr… Mais il était superbe de majesté et il m’offrait un bain de jeunesse tout en m’imposant le silence. Cette émotion secrète, irrépressiblement, enrobait mon cœur de majesté. Ce bain de jeunesse vécu intérieurement et silencieusement m’élevait parce que tous deux me rapprochaient de la Beauté par excellence qui réside en Dieu et qui se manifeste parfois tangiblement à travers sa création.
Au sortir de cette balade forestière et méditative, je repensais à ces très belles lignes de l’écrivain Sylvain Tesson qui disent bien mieux que je ne saurais le faire les impressions qui m’habitaient :
« Les arbres nous enseignent une forme de pudeur et de savoir-vivre. Ils poussent vers la lumière en prenant soin de s’éviter, de ne pas se toucher, et leurs frondaisons se découpent dans le ciel sans jamais pénétrer dans la frondaison voisine. Les arbres, en somme, sont très bien élevés, ils tiennent leurs distances. Ils sont généreux aussi. La forêt est un organisme total, composé de milliers d’individus. Chacun est appelé à naître, à vivre, à mourir, à se décomposer – à assurer aux générations suivantes un terreau de croissance supérieur à celui sur lequel il avait poussé. Chaque arbre reçoit et transmet. Entre les deux, il se maintient. La forêt ressemble à ce que devrait être une culture. »
Prendre le temps d’admirer les merveilles qui nous entourent, c’est placer son cœur dans une disposition de réception. C’est ouvrir les fenêtres de sa demeure intérieure pour la laisser se meubler du soleil du dehors. C’est habiller son cœur d’une beauté qui nous dépasse, se laisser saisir par une vérité qui nous domine, courir le risque de larejoindre et nous laisser guider par elle. Prendre le temps de contempler, c’est donner une chance à sa vie. Je croyais avoir vu un arbre. J’avais en fait touché du bois.
Le courage de la mesure
Extrait de l’hommage du père de Blignières (FSVF) à Jean Madiran, dans L’Homme Nouveau, à l’occasion de la parution de la biographie rédigée par Yves Chiron :
[…] En lisant la biographie si bien documentée de Chiron, une autre qualité m’a frappé chez Madiran. Je l’appellerai le courage de la mesure. Madiran a parfois excédé dans le mode de ses controverses, jusqu’à manier la dérision. Mais en relisant ses analyses, on est impressionné par deux choses : leur justesse, et la conscience aiguë que Madiran avait de leur type de certitude. Sur la modernité comme sur la crise dans l’Église, il affirmait ce que le laïc philosophe et théologien de grande culture qu’il était pouvait affirmer en sécurité intellectuelle : cela et rien de plus. Dans l’esprit de l’Antiquité grecque qu’il affectionnait, il fuyait cette démesure dont il est si difficile de se garder en période de crise. Il a soutenu toutes les actions en faveur des pédagogies traditionnelles de la foi, du catéchisme à la liturgie. Il n’a pas hésité à se trouver sur ces points en opposition avec la hiérarchie. Mais Madiran a pris un soin scrupuleux pour rester au plus près de ce qu’il pouvait avancer. Par exemple, il a manifesté clairement les déficiences de la nouvelle messe, mais il ne l’a jamais qualifiée de « messe de Luther ». Il n’a jamais pris occasion de ses positions pour rompre sa communion avec les autres catholiques. Il en a au contraire toujours appelé au jugement du magistère, et il a recherché un franc dialogue avec les catholiques, journalistes ou théologiens du bord opposé. Je pense notamment à ses échanges avec le père Congar. Que l’on relise, pour se convaincre de son souci des nuances pour coller au réel, la formulation équilibrée (que l’on retrouvait chez l’abbé Berto et chez Louis Salleron) de ce qu’il affirmait sur le Concile, sur la réforme liturgique ou sur la responsabilité personnelle du souverain pontife. C’est ainsi que Madiran n’a pas pu approuver, en juin 1988, les sacres contre la volonté du Pontife romain faits par Mgr Lefebvre. Cela, selon son propre jugement, lui a coûté l’existence de sa revue, l’œuvre principale de sa vie. Son courage de la mesure était en l’occurrence ici le vrai sens de l’Église. […]
Au sein même de l’Église, certains refusent l’idée du règne du Christ sur les réalités temporelles
De Philippe Maxence dans L’Homme Nouveau :
[…] Depuis des siècles, nous avons perdu la paix, par désillusion ou idéologie. Notre système politique lui-même est entièrement organisé sous « le signe du conflit civilisé », pour reprendre une expression de Mathieu Bock-Côté dans son dernier essai. Un livre courageux, dont le titre ne peut laisser indifférent – Le Totalitarisme sans le goulag –, et qui s’attaque de front aux mécanismes qui disqualifient l’adversaire en « l’anathémisant » comme extrémiste de droite. Bock-Côté démontre avec une certaine force que ce processus dialectique mène justement au totalitarisme.
Nous autres modernes
Reste que pour la pensée moderne la vie de la cité repose sur « le conflit civilisé », ce qui transforme le bien commun en une sorte de valeur relative, née de la collision de « principes contradictoires ». L’homme moderne a perdu la certitude d’une amitié politique possible et celle de la poursuite envisageable d’un bien réel. Il est emporté par un fort pessimisme sur la nature humaine et celle de la société. La paix, elle-même, du moins celle dont parle saint Augustin, ne lui semble pas possible.
Dans ce cadre, celle de Noël peut-elle avoir un sens ? Posons nous la question autrement : croyons-nous vraiment que l’Enfant de la crèche que nous allons célébrer dans quelques jours apporte réellement la vraie paix ? Certaines municipalités françaises ont répondu clairement à cette question. En refusant tout rapport à la Nativité dans leurs décorations de Noël ou par l’absence volontaire de crèche publique, elles estiment que l’Enfant de Bethléem représente un danger pour la concorde civile.
Le bras temporel
Au sein même de l’Église, certains hiérarques refusent l’idée du règne du Christ sur les réalités temporelles, en opposant États catholiques et évangélisation, comme si les premiers n’étaient pas des médiateurs possibles pour la seconde. Il n’y a pourtant pas de paix possible et durable sans les remparts de la cité. Jean Guitton, cité par dom Gérard dans Demain la chrétienté, le soulignait à sa manière :
« Sans Charles Martel, l’Islam se serait étendu jusqu’au Rhin. Sans Jeanne d’Arc, la France aurait été une Inde anglaise. Nous avons trop oublié ces dures réalités. Tout ce qui est précieux, tout ce qui est exquis est exposé à périr et doit périr en effet si l’homme de guerre qui doit le préserver et le défendre ne devenait qu’un homme de paix. »
Le Christ lui-même a bénéficié du rempart d’une mangeoire et d’une grotte pour le protéger et des bras protecteurs de sa mère et de la force tranquille de saint Joseph qui n’a pas été placé là uniquement pour la décoration. L’évangélisation elle- même nécessite la protection du bras temporel.
Devant la violence qui traverse notre monde, devant la lâcheté qui campe trop souvent parmi nous, et touche jusqu’à nos pasteurs et nos élites, il ne sert à rien de gémir sur les malheurs des temps.
« Toute chrétienté naissante, écrivait encore dom Gérard, nous relie à l’histoire de l’Église primitive et porte en elle la grâce des recommencements. Nous voilà à pied d’œuvre. Pour l’instant, ce n’est pas encore la montée de l’aurore, ce n’est peut-être que l’aube grise qui lentement se détache de la nuit. »
C’est bien au cœur d’une nuit, celle de Noël, qu’il faut revenir pour puiser non seulement le vrai sens de la paix mais aussi la certitude de sa possibilité. Tout s’effondre, nous sommes donc à l’époque des recommencements et d’une foi affermie au pied de la crèche.
En quête d’esprit : la crèche
Aymeric Pourbaix reçoit
– Don Bertrand LESOING, responsable des études à la Communauté Saint-Martin
– Luc ADRIAN, journaliste
– Mgr Bruno LEFÈVRE-PONTALIS, curé de la paroisse St-François-Xavier à Paris
Avec Véronique Jacquier


