Qui peut recevoir les sacrements ?
La période des sacrements de confirmation, de premier communion et de mariage arrive. Thibaud Guespereau, prêtre du diocèse de Nanterre, Henri Vallançon, prêtre du diocèse de Coutances, et Thibaud Collin, professeur agrégé de philosophie, viennent de publier un ouvrage sur les sacrements, rassemblant différentes contributions. L’Eglise doit-elle agir comme un “distributeur automatique” de sacrements, ou, à l’inverse, réserver ces sacrements aux seuls “purs” ? Peut-on donner un sacrement à un pécheur public ? Quels en sont les fruits ? Le sacrement sauve-t-il l’homme malgré lui ?
Les prêtres constatent le peu de fruits de ces sacrements dans la croissance de la pratique et de la fréquentation des paroisses… Les sacrements sont, par excellence, la source de la grâce divine qui vivifie les âmes. Pourquoi donc ne portent-ils pas plus de fruits ? En eux-mêmes ils sont parfaits. N’est-ce pas dans leur usage qu’il faut chercher la cause du problème ? De fait, nombreux sont les prêtres et autres acteurs pastoraux qui souffrent de se sentir tiraillés entre volonté d’accueil et respect des sacrements. Comment sortir de ce dilemme ?
Au-delà du contexte social et culturel actuel, les intervenants de cet ouvrage exposent les articulations essentielles entre les notions de péché, état de grâce et sacrements. Ils cherchent à montrer les différentes ruptures historiques à l’origine de l’obscurcissement de la conscience commune et ses conséquences sur la dévitalisation des communautés chrétiennes. Ces prises de conscience ouvrent à des solutions évoquées par plusieurs exemples concrets. S’ajuster à la volonté de Dieu déploie la fécondité pastorale. Le salut de nos frères ! tel est le véritable enjeu.
Dans sa contribution, l’abbé Jean de Massia (FSSP) écrit :
[…] Il est intéressant de noter que saint Thomas, quand il s’agit d’affirmer qu’il ne fat pas donner le baptême à un pécheur, ne pense pas directement au respect à avoir au sacrement, mais a spontanément en tête la phrase de saint Augustin : “Celui qui t’a créé sans toi ne te justifiera pas sans toi” : c’est bien la liberté de l’homme dont il est question ici. Etre attentif aux dispositions du sujet, respecter le sacrement, c’est en fait prendre au sérieux la liberté humaine : car “Dieu ne force pas l’homme à la justice”, écrit saint Jean Damascène.
Dans cet équilibre entre “ex opere operato” et “les dispositions intérieures requises pour le sujet”, il y a comme deux cas extrêmes, qui témoignent de la gratuité du salut, et du fait que dans le sacrement, c’set le Christ qui agit :
- Le baptême du nourrisson : l’ex opere operato fonctionne “à plein”. L’enfant avant l’âge de raison est incapable d’un acte de volonté, il est donc incapable de poser un obstacle au sacrement ou aux fruits du sacrement. Ainsi reçoit-il la grâce sacramentelle du baptême, et de la confirmation également le cas échéant.
- L’onction des malades sur un agonisant sans connaissance : ex opere operato, le moribond ne pose aucun acte humain, il suffit qu’il ait une attrition habituelle et le sacrement opère.
Mais l’adulte, lui, qui a l’usage de sa liberté, peut poser un obstacle. De quelle nature est cet obstacle ? Ecoutons le développement de saint Thomas :
On peut être pécheur par la volonté de pécher et par le propos de demeurer dans le péché. A ceux qui sont pécheurs en ce sens il ne faut pas conférer le baptême. D’abord parce que le baptême nous incorpore au Christ (Ga 3, 27): “Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ.” Or, aussi longtemps qu’on a la volonté de pécher, on ne peut être uni au Christ […] Ensuite, parce qu’il ne doit y avoir rien d’inutile dans les oeuvres du Christ et de l’Église. Or est inutile ce qui n’atteint pas la fin à laquelle il est destiné. Et personne ne peut avoir la volonté de pécher et en même temps être purifié du péché, ce qui est le but du baptême: ce serait contradictoire. – Enfin, parce qu’il ne doit y avoir aucune fausseté dans les signes sacramentels. Or un signe est faux quand la chose signifiée n’y correspond pas. Mais quand un homme se présente à l’ablution baptismale, cela signifie qu’il se dispose à la purification intérieure. Or ce n’est pas le cas pour celui qui a le propos de demeurer dans son péché. Il est donc clair qu’à des pécheurs de cette sorte on ne doit pas administrer le baptême.
[…]
Domvs Christiani et la mise en œuvre concrète du règne social du Christ
Olivier et Anne Berne, actuel foyer président de Domvs Christiani, sont interrogés dans le numéro de mai de La Nef. Extraits :
Qu’est-ce que Domvs Christiani et quels sont ses buts ? Comment fonctionne votre mouvement ?
C’est une œuvre fondée en 1978 par un groupe de jeunes couples, souhaitant poursuivre dans la vie conjugale et familiale une œuvre de conversion et d’apostolat, ancrés dans la liturgie traditionnelle. Notre finalité est la sanctification du mariage par l’approfondissement de la vie intérieure, l’entraide mutuelle et la charité fraternelle, et enfin par le rayonnement et l’esprit missionnaire. Ce sont nos trois piliers.
En 2024, ce sont 150 groupes de 5 à 8 couples qui sont membres de Domvs Christiani, réunissant près de 1000 foyers, principalement en France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg, aux États-Unis, et même au Mexique !
Un groupe réunit plusieurs ménages assistés d’un prêtre, conseiller spirituel. Tous sont attachés à la liturgie traditionnelle, même si certains ne la pratiquent qu’occasionnellement, et les activités de groupe, de région ou au niveau national sont vécues au rythme de la liturgie traditionnelle.
Une équipe de coordination générale anime l’œuvre conseillée par un prêtre, actuellement le Père Dominique (prieur de l’abbaye de Lagrasse), un foyer président assurant un mandat de 4 ans. Elle est composée de 6 à 7 couples, choisit le thème de réflexion de l’année, prépare les lettres de liaison de l’œuvre, et organise chaque année un rassemblement des foyers et ponctuellement des rassemblements plus importants réunissant les familles.
Domvs Christiani ne se veut pas un « mouvement », mais une œuvre auxiliaire de la sanctification de la famille ; Domvs Christiani tient beaucoup à cela : vivre de cet esprit de famille au service de la famille !
Pourquoi une « règle de vie » ? En quoi consiste-t-elle ?
C’est le cœur de la vie des couples membres de Domvs Christiani, point essentiel de notre engagement ! Elle est le tuteur qui nous permet de progresser vers Dieu. Elle recommande notamment, chaque jour, un temps d’oraison personnelle, la prière en famille et le chapelet. Chaque semaine, la formation doctrinale et spirituelle, par des lectures et la pratique de sacrements. Chaque mois, la réunion du groupe Domvs permet de se retrouver et de se soutenir pour tous ces axes d’efforts, tel que « le point en ménage ». Et chaque année, nous encourageons nos foyers à vivre une retraite spirituelle. Cette règle vise à nous faire tendre vers la sainteté, en mettant chaque jour un peu plus Dieu au cœur de notre vie quotidienne. À chaque réunion mensuelle, nous fixons un point concret d’effort à mieux mettre en œuvre en nous aidant mutuellement. Cela peut paraître ambitieux et faire peur à certains, mais cela n’est pas un règlement dont nous devons rendre compte, c’est un moyen afin de mettre en place tout ce que nous voulons faire pour nous sanctifier individuellement, en famille et au sein du groupe Domvs. […]
Y a-t-il une spiritualité du mariage et des couples spécifique à Domvs Christiani ? En quoi Domvs Christiani nourrit-il une vie de couple, aussi bien sur le plan spirituel que sur d’autres plans (engagement dans la cité, social, éducation…) ?
L’objectif de Domvs Christiani est clair : comment faire vivre la grâce du sacrement de mariage ? La règle de vie nous aide à vivre de ce sacrement chaque jour, à y puiser au quotidien les grâces nécessaires à notre état d’époux. Par le mariage, l’époux chrétien ne va plus se sanctifier seul mais avec et par son conjoint. Le couple et la famille vont vivre petit à petit d’une nouvelle communion spirituelle qui leur sera propre, et que l’on peut qualifier de spiritualité conjugale et familiale.
Domvs Christiani s’est inspiré notamment de la méthode développée par l’abbé Caffarel, fondateur des Équipes Notre-Dame : se donner une règle de vie pour progresser, et pratiquer le « devoir de s’asseoir », point bilan mensuel du couple, que nous appelons « point en ménage » au sein de Domvs.
La spécificité de notre œuvre tient certainement dans la volonté de mettre l’accent à la fois sur la formation doctrinale, l’attachement à la doctrine et à la liturgie traditionnelles, ainsi que dans la mise en œuvre concrète du règne social du Christ. Le monde dans lequel nous vivons est à rechristianiser, nous voulons apporter notre pierre à l’œuvre du bien commun, sans dissocier le « naturel » du « surnaturel ».
Notre troisième pilier Domvs Christiani, qui est le rayonnement et l’esprit missionnaire, nous invite à être ces apôtres dont le monde a besoin pour recréer les conditions morales, intellectuelles et spirituelles qui favoriseront la croissance du Royaume de Dieu. […]
Les écoles libres, boucs émissaires de la contre-attaque de l’État face à l’offensive islamiste
Dans Valeurs Actuelles, Anne Coffinier appelle l’Etat à assumer la liberté scolaire :
Christian Estrosi critique l’annulation de la fermeture du collège musulman Avicenne pour opacité de ses financements. Selon le juge, les « erreurs et imprécisions » relevées ne justifiaient pas une telle fermeture. Excédé, le maire de Nice en appelle au courage et à la fermeté et dénonce le « séparatisme, cette cinquième colonne ». Mais dès qu’il s’agit de passer aux mesures concrètes, il se réfugie dans le déni et adopte la stratégie du bouc émissaire. Alors que le Premier ministre n’hésite pas à dénoncer l’ « entrisme islamiste » prônant « les préceptes de la charia, notamment dans les écoles », en faisant clairement allusion à l’Éducation nationale, le maire de Nice, quant à lui, pointe du doigt… les écoles privées hors contrat. Et encore, ce sont les écoles hors contrat dans leur ensemble, et non les seules écoles islamistes, sans doute par peur d’être taxé d’islamophobie.
Comment pourrait-on voir du courage dans cette tentative de diversion ? Pour placer les écoles privées hors contrat au cœur de la contre-attaque de l’État face à l’offensive islamiste, il ne faut pas avoir peur du ridicule. Ces écoles musulmanes représentent moins de 1 % des écoles privées hors contrat, lesquelles scolarisent à peine plus de 1 % des enfants de France de la maternelle au bac. Cette stratégie éculée du bouc émissaire est misérable. Il est malheureux que ceux qui prétendent incarner la droite de gouvernement s’y adonnent. Ne se souviennent-ils pas des grandes manifestations de 1984 contre la loi Savary, qui voulait priver les Français de la liberté scolaire ?
Les interdire reviendrait à interdire l’innovation en éducation
Que ceux qui prétendent relever notre pays soient fidèles à leur attachement historique aux libertés des familles, à la liberté religieuse et au pluralisme démocratique auquel concourt la diversité scolaire ! La peur de l’islam politique ne doit pas affoler et détourner les décideurs politiques de la liberté scolaire, qui à l’heure de l’économie de la connaissance et de la révolution introduite par l’intelligence artificielle, est particulièrement nécessaire pour permettre à la France d’innover et de retrouver sa réputation. Le retard pris est terrible, mais il est sans doute encore possible de se redresser, si tant est qu’on ne livre pas un combat anachronique aux laboratoires de l’innovation que sont les écoles indépendantes. Rappelons qu’avant de pouvoir passer sous contrat, toute école, qui se crée pour innover ou répondre à un besoin non satisfait, n’a d’autre choix que d’être hors contrat d’association. C’est le cadre légal obligatoire, non l’expression d’une volonté séparatiste. Les interdire reviendrait à interdire l’innovation en éducation.
L’Éducation nationale est de loin le champ de bataille principal de l’islamisme en matière éducative. Face à cette évidence, l’heure n’est plus au déni. Parler de “séparatisme” au lieu de “terrorisme islamiste” est déjà un piètre écran de fumée. C’était de mauvais augure d’entendre les porteurs de la loi du 23 août 2021 renforçant le respect des lois de la République chuchoter pour dire que derrière le caractère général de la loi, c’était l’islamisme qui était visé. Le rapport du Sénat du 6 mars dernier faisant le bilan de cette loi est sans appel : « Tout reste à faire. » L’entrisme frériste se nourrit de cette lâcheté collective qui poussait ce matin même le tout nouveau recteur de Paris à expliquer doctement sur Franceinfo que l’islamisme n’était pas fidèle à l’islam véritable. Mais depuis quand, dans un État laïc, Monsieur le recteur, un haut représentant de l’État donne-t-il des leçons d’interprétation de l’islam ? C’est pousser loin l’enthousiasme pour le “pas d’amalgame”. L’heure est à l’affirmation claire de ce qui est possible et ce qui ne l’est plus dans notre beau pays de France. Et c’est aux élus d’avoir le courage collectif de le faire, tant qu’il en est encore temps, sans se défausser sur les juges ou pratiquer le déni.
Donnez votre avis sur l’éducation sexuelle à l’école
L’Education nationale consulte les familles sur son projet de programme d’éducation sexuelle : une opportunité à ne pas manquer !
Vous avez jusqu’au 6 mai pour donner votre avis.
Le projet de programme comptant 65 pages, Le Syndicat de la Famille met son analyse à votre disposition : elle vous fera gagner en temps et en efficacité.
Après validation par la ministre de l’Education nationale fin mai, ce programme d’éducation sexuelle sera mis en œuvre à partir de septembre prochain DANS TOUTES LES CLASSES, dans le privé comme dans le public.
Ne perdez pas de temps à récuser le fait qu’une éducation sexuelle soit faite à l’école : c’est inscrit dans la loi depuis 2001 et le sujet de la consultation est le programme lui-même. Vous n’auriez aucune chance d’être entendu dans le cadre de cette consultation.
L’urgence et la priorité, aujourd’hui, est de protéger au maximum tous les enfants de tous contenus idéologiques et déplacés, de tout prosélytisme et sexualisation !
Pour être efficace : parcourez l’analyse du Syndicat de la Famille et reprenez ce qui est le plus important à vos yeux. Et bien sûr, soyez aimable et constructif. Sans cela, votre avis ne sera ni lu ni pris en compte.
Le 1er mai, ou même le “pont” pour certains, est l’occasion idéale de prendre le temps de répondre. Et si vous manquez de temps, donnez au moins un avis court !
Pour donner votre avis, participez à la consultation en cliquant ici.
Mgr Crepaldi : l’européisme est une idéologie à combattre
L’Europe est une idéologie à combattre : le Green Deal, les atteintes à la propriété privée, l’avortement parmi les principes fondamentaux, l’ingérence dans les affaires intérieures des Etats membres. Et maintenant, ils veulent aussi accélérer le processus de centralisation. C’est un projet, aujourd’hui incarné par Mario Draghi, incompatible avec la vision catholique. Monseigneur Giampaolo Crepaldi, évêque émérite de Trieste, qui a longtemps dirigé la commission Caritas in veritate du CCEE (Conseil des conférences épiscopales d’Europe), s’exprime.
Le 8 juin prochain se tiendront les élections pour le Parlement de l’Union européenne. Il y a de nombreuses raisons de penser qu’elles seront importantes cette fois-ci, êtes-vous d’accord ?
Il est certain que des doutes subsistent quant au taux de participation, qui n’a jamais été très élevé par le passé. Toutefois, si l’on évalue les questions en jeu, je pense que ces élections sont certainement plus importantes que celles qui ont eu lieu dans le passé. L’Union européenne n’a pas fait ses preuves récemment. Nombreux sont ceux qui ont souligné les graves lacunes du Green Deal européen, mais ils n’ont pas été écoutés. Les politiques climatiques et de transition énergétique ont été centralisatrices, coûteuses, inefficaces et illusoires, provoquant des réactions de rejet. Le récent vote parlementaire sur l’avortement en tant que droit de l’homme a mis en évidence le contrôle du parlement par une idéologie destructrice et sans espoir. L’ingérence des institutions européennes dans les élections parlementaires polonaises et l’adoption forcée de décisions par le gouvernement hongrois, une nation souvent considérée comme « étrangère » à l’Union, sont autant d’aspects d’une situation de crise évidente. À cela s’ajoute un échec considérable en matière de politique étrangère.
Prévoyez-vous des changements majeurs dans la composition du Parlement européen ou des ajustements mineurs ?
Récemment, des élections ont eu lieu dans certains pays européens qui s’opposent fermement à l’Union européenne. Je veux parler des élections dans certains Laender allemands et surtout aux Pays-Bas. Sur la base de cette tendance, certains observateurs estiment même qu’une centaine de sièges seront déplacés au sein du prochain Parlement européen. Cependant, il est difficile de faire des prédictions. Je me contenterai d’observer qu’il y aura probablement une polarisation de la composition du Parlement, signe que l’avenir de l’Union européenne ne sera pas une voie facile, mais plutôt une voie difficile. Cette polarisation portera principalement sur cet aspect : ralentir, voire réduire le transfert de souveraineté des États ou, au contraire, accélérer l’unification ?
Ces derniers jours, Mario Draghi a anticipé une partie du contenu du rapport qu’il a rédigé au nom de la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Comment les évaluez-vous ?
Je pense que Mario Draghi ne s’exprime pas seulement à titre personnel, mais aussi au nom de différents cercles de pouvoir, financiers, économiques et politiques, auxquels il est lié. Son discours doit donc être évalué avec soin. Il me semble qu’il s’inscrit dans la perspective d’un renforcement rapide et décisif de l’Union avec la perspective de la création d’un État central, la création d’une dette commune, un réarmement européen et la poursuite de la transition écologique et numérique. Il a parlé de la nécessité d’un « tournant », mais il me semble que sa proposition s’inscrit dans la continuité des tendances actuelles, qu’il voudrait radicaliser et accélérer en allant vers une nouvelle « souveraineté » européenne.
Qu’en dit la Doctrine sociale de l’Église ?
Ceux qui souhaitent se référer aux principes de la Doctrine sociale de l’Église devraient évaluer des objectifs similaires de manière très critique. Le projet annihilerait les communautés naturelles, de la famille aux communautés locales en passant par les nations, et créerait un super-État encore plus éloigné des citoyens et des communautés organiques que ne le sont aujourd’hui les institutions de l’Union. La poursuite des transitions actuelles entre les mains d’un tel Léviathan pourrait créer un système centralisé de contrôle de la population avec des dangers pour la liberté même que les démocraties européennes mettent tant, et même excessivement, en avant comme leur valeur principale. Sans compter que le financement des transitions verte et numérique nécessiterait d’immenses ressources et des interventions empiétant sur les droits de propriété privée. Des questions qui restent aujourd’hui – au moins formellement – du ressort des États deviendraient une compétence centrale et, pour donner un exemple, dans le domaine de l’éducation, nous pourrions assister à une « pédagogie des masses », comme l’appellent certains experts, gouvernée par le pouvoir central. Une sorte d’aplatissement et d’homologation de l’esprit des citoyens à l’européanisme en tant qu’idéologie.
Je comprends que vous soyez plus favorable à l’autre ligne, celle du refroidissement des processus unitaires.
Je pense qu’il serait plus approprié, à ce stade, de ralentir les processus d’unification, d’évaluer le chemin parcouru jusqu’à présent, de redécouvrir culturellement ce qui est essentiel pour l’Europe et ce que l’unification de l’Union européenne a perdu ou négligé jusqu’à présent. Il faut arrêter la course et réfléchir davantage.
Faites-vous également référence aux racines chrétiennes ?
Je fais référence à beaucoup de choses, aux racines chrétiennes, à la famille, à la préservation des cultures nationales, à la dislocation subsidiaire du pouvoir politique, à la gestion des migrations que l’Union n’a même pas réussi à mettre en place, à la valeur des traditions, aux libertés gérées par le bas, à l’auto-organisation des communautés locales, à la préservation de tant d’identités qui se sont perdues sans que l’on puisse dire pourquoi, jusqu’à une réflexion géostratégique plus calibrée. En ce qui concerne les racines chrétiennes, permettez-moi de faire quelques observations. La culture de l’Union européenne est essentiellement athée et antichrétienne, se cachant derrière le principe de la liberté religieuse. Il faut toutefois reconnaître que la revalorisation du christianisme ne peut se faire pour des raisons « historiques », c’est-à-dire simplement parce qu’il fait partie de notre passé. Ce n’est pas une raison suffisante, car n’importe qui pourra dire que ce passé appartient désormais au passé. Elle devra se fonder sur la « vérité » de la religion chrétienne, c’est-à-dire sur une nouvelle prise de conscience que la vie politique européenne a besoin qu’elle soit vraie à son tour.
Mais c’est là que réside la responsabilité de l’Église catholique…
Certainement, parce qu’il lui appartient avant tout de montrer la vérité de la religion chrétienne, vérité qui est la raison ultime de la validité de ses affirmations en public et pas seulement en privé. Je dois dire que sur ce point, il y a plus que quelques difficultés aujourd’hui. L’Église, encore récemment, a soutenu que la laïcité était le lieu idéal de la rencontre, du dialogue et de la paix. Mais s’il en est ainsi, la religion chrétienne devient une instance éthique parmi d’autres et l’Église une agence de formation civique parmi d’autres. Le principe de la liberté de religion ne doit pas entrer en conflit avec la prétention de l’Église catholique d’avoir quelque chose de propre et d’unique à dire et à faire. La raison du rôle historique, public, social et politique de l’Église catholique ne peut être uniquement le droit à la liberté religieuse. Benoît XVI avait exploré ce sujet en profondeur et ses remarques avaient suscité un grand intérêt, même dans la pensée séculière, mais j’ai l’impression qu’il n’a pas été poursuivi.
À votre avis, quelle est la principale lacune dans la vision de l’Église catholique sur l’Union européenne ?
Je dirais que c’est l’acceptation du projet européen comme un apriori incontestable, valable en soi, avec lequel il faut collaborer mais sans propositions fortes, sans en dénoncer les principales erreurs. N’oublions pas que l’européisme peut aussi être une idéologie lorsqu’il se place au-dessus de tout. Dans un récent document en vue des élections de juin, par exemple, les évêques de la Comece, la Commission des épiscopats européens des nations de l’Union, se sont limités à inviter à la participation et à dire que le projet pro-européen est valable et qu’il faut l’aider à se développer. Cela me semble insuffisant. Je note également une autre faiblesse en ce qui concerne les soi-disant pères fondateurs de la Communauté européenne qui est devenue plus tard l’Union européenne. La foi catholique des trois pères fondateurs est trop exaltée, au point que tout le processus qui a suivi, y compris la situation actuelle, est catholique. Il n’est pas correct d’inscrire les choses dans une ligne de continuité forcée avec un certain catholicisme primitif. En outre, cela peut faire oublier qu’aux origines de l’Union, il y a aussi le Manifeste de Ventotene, dont la teneur idéologique est très différente et qui semble s’imposer aujourd’hui.
Nouveaux manuels d’éducation civique, obsédés par le genre
Les nouveaux manuels d’éducation “morale” et civique, en mode, “non tu n’as pas changé”. Ils sont sans doute peu utilisés, mais …. toujours grandioses de propagande.
Voici une publicité des éditions Hachette, à destination des enseignants, qui sont prescripteurs de l’achat :

Mathis, martyr de l’immigration : ne jamais s’habituer
Edito d’Olivier Frèrejacques :
Samedi 27 avril, un jeune Français âgé de 15 ans a été poignardé à mort par un clandestin afghan. Un nouveau crime de l’immigration frappe l’un des nôtres sans que la classe politique ne s’en soucie.
Nouvelle victime de l’immigration, Mathis 15 ans a été tué à coups de couteau par un migrant afghan. La cause de cette attaque demeurait encore floue lundi. Dans un premier temps a été avancée une affaire de téléphone portable volé puis, comme pour l’affaire de Crépol, c’est rapidement la victime qui a été prise pour cible, accusée d’être « raciste » selon les mots de son assassin et ceux de sa mère également placée en garde-à-vue. Cette dernière aurait, selon Le Parisien, asséné une gifle à la victime après les coups de couteau.
Les gauches et le centre, complices d’homicides ?
A l’immondice habituelle qui entoure la mort d’un enfant s’ajoute ici le fait migratoire.
Une partie de la classe politique y a souscrit, persiste et signe. Ainsi, à droite les trois principales formations : RN, LR et Reconquête se sont émus du drame mais à gauche et au centre, pas un bruit.
En 2021, le député Sandrine Rousseau appelait même à accueillir plus de migrants afghans. La même année, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin exprimait la même chose et se félicitait même qu’une telle politique soit mise en place par le président Macron.
Aucun ministre n’a cru bon de réagir à ce terrible meurtre. A gauche, seule Ségolène Royale s’en est émue. La gauche Insoumise s’est terrée dans le silence, trop occupée à séduire une poignée de petits bourgeois parisien en mal de sensations fortes à Sciences Po. Le champion de la gauche « saucisson pinard » Fabien Roussel s’est aussi abstenu de commentaire, préférant défendre un obscur rappeur iranien condamné dans son pays…
Demain, la justice privée
En refusant d’admettre l’aspect criminel du système migratoire, les gauches et le centre nient aussi bien les souffrances des Français victimes de l’immigration que le désastre méditerranéen. Comme toujours le gouvernement aura fait pression sur la famille de la victime pour demander qu’il n’y ait pas de récupération. Le maire de Châteauroux a déjà fait des déclarations dans ce sens.
Ces pressions du pouvoir politique sont monnaie courante et les individus qui se livrent à de tels pressions méritent notre mépris.
L’inversion accusatoire va déjà bon train, comme dans le drame de Crépol où le jeune Thomas avait été tué par un jeune issu du l’immigration. Se déroule comme toujours le refrain anti-pénal hérité d’Hugo et Badinter. Le coupable, victime de la société, de sa situation… Une inversion qui vaut pour certains seulement et qui risque de conduire demain à la résurgence de la justice privée.
Comment imaginer que demain, un père de famille, un frère, un ami, ne voudront pas se substituer à un appareil judiciaire compromis et à un pouvoir politique défaillant ?
Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
L’Œuvre d’Orient condamne fermement les actes de vandalisme à Saint-Chamond et la menace de mort à l’encontre d’une élue locale
L’Œuvre d’Orient exprime sa réprobation la plus absolue face aux inscriptions injurieuses et aux menaces de mort récemment découvertes ce lundi 29 avril sur les murs du lycée Sainte-Marie à Saint-Chamond. Des actes survenus en marge des commémorations du 109e anniversaire du génocide arménien.
Ces actions haineuses, et menaçant de mort une élue de la ville, sont des actes inacceptables dans une société qui se veut porteuse des valeurs de respect et de tolérance. Cette élue a exprimé son soutien à la communauté arménienne, ce qui lui a valu ces menaces d’égorgement.
La communauté arménienne en France, principalement constituée de descendants de survivants du génocide de 1915, dispose de manière indélébile le droit de vivre en paix et de voir ses enfants grandir dans un environnement sécurisé. Les écoles, qu’elles soient en Orient ou en France, doivent être des sanctuaires d’apprentissage et de liberté, à l’abri de toute forme d’intolérance et de violence.
L’Œuvre d’Orient, ancrée dans son engagement envers les communautés d’Orient et leurs héritages, insiste sur la nécessité pour les pouvoirs publics d’agir avec diligence pour traiter cette affaire avec la gravité qu’elle mérite.
Nous suivrons de près les avancées des enquêtes et les mesures prises pour garantir la sécurité et le respect des communautés touchées.
. @IsabelleSurply est menacée d’égorgement par les “Loups Gris” turcs dans sa ville de Saint-Chamond (42) et elle appelle à l’aide : “Je suis attaquée parce que je suis une femme, une élue et que je défends les valeurs républicaines.” pic.twitter.com/GYkBBRSmHa
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) April 30, 2024
En prison pour avoir refusé de commettre un avortement
C’est en Argentine :
Le médecin argentin Leandro Rodriguez a passé un an et deux mois en prison, une peine qui lui avait été infligée pour avoir refusé de pratiquer un avortement. Il est autorisé à pratiquer à nouveau la médecine, alors qu’il avait également fait l’objet d’une interdiction d’exercer de deux ans et quatre mois, période qui s’est achevée le 30 janvier.
Le Dr Rodriguez a été interrogé par EWTN News, et il a expliqué les origines de sa condamnation :
« En 2017, je travaillais à l’hôpital public de la ville de Cipolletti, en Patagonie ; j’ai reçu une patiente en mauvais état général en raison d’une grossesse avancée ; un processus de naissance prématurée était en cours, que j’ai décidé d’interrompre, et d’améliorer l’état de santé de la patiente.
« Cette décision a été interprétée par les tribunaux, ou par le pouvoir judiciaire de la province de Río Negro, comme une entrave à la volonté de la patiente d’interrompre sa grossesse, et j’ai donc été condamné en 2019, et cette peine vient d’être purgée », a-t-il expliqué.
Le médecin a fait part de cette expérience comme « très significative ». Il estime qu’il représente « une sorte d’échantillon de ce qui peut arriver si l’on ne se soumet pas aux décisions arbitraires des pouvoirs en place ».
Il explique encore que cela l’a amené à « une situation de plus grand engagement pour le soin de la vie, la protection de la vie de l’enfant à naître, la protection des femmes ». A cet égard, il a souligné la situation de la patiente qui a été considérée par le système judiciaire comme la personne lésée dans cette affaire.
Parce qu’elle avait été victime d’un viol, son histoire a été largement médiatisée dans la presse locale, où elle était présentée comme la principale victime dans cette situation. Cependant, une fois le procès terminé et la sentence prononcée, cette femme a été oubliée et personne ne s’est préoccupé de son bien-être. Et elle a été contrainte de chercher par elle-même de l’aide pour survivre.
De tels événements montrent clairement « que les arguments avancés à l’époque, selon lesquels il s’agissait de protéger les femmes, étaient absolument faux ».
« La seule chose qu’ils ont essayé de faire, continue le médecin, c’est de détruire la vie d’un enfant qui va bientôt avoir 7 ans, qui est heureux, qui a une famille adoptive qui s’occupe de lui et qui lui offre l’avenir que chacun d’entre nous mérite, et ils n’ont pas pu lutter contre cela », affirme-t-il.
« L’enfant est vivant, la femme qui a été victime de tout cela va bien, elle est en bonne santé, donc à cet égard je suis heureux parce que la vie a triomphé, la vérité a triomphé, au-delà des injustices subies. »
Quant à son avenir et à sa carrière, le Dr Rodriguez confirme qu’il continuera à travailler dans le secteur privé, car « il m’est difficile de retourner dans les hôpitaux publics ». Il a réaffirmé sa position pro-vie, assurant que s’il se retrouvait dans une situation comme celle qui l’a conduit au procès, il agirait à nouveau de la même manière.
« Lorsque j’ai été condamné, et même avant de l’être, les gens attendaient de moi une sorte de repentance ou un autre message », se souvient-il. « Mais le message est le même, et avec toujours plus de conviction : la vie doit être défendue, ce n’est pas à discuter », lançant aux médecins :
« C’est le moment d’affirmer nos convictions, nos convictions morales, ce n’est pas négociable. »
« l’objection de conscience est ce droit fondamental qui doit nous sauver, nous ne devons pas y renoncer et nous devons le défendre aujourd’hui plus que jamais ».
Le Parlement européen doit supprimer le congé spécial GPA
Suite à la condamnation de la GPA par le Parlement européen, le député RN à Bruxelles Jean-Paul Garraud a écrit à la présidente du Parlement pour obtenir des explications quant au congé spécial pour GPA, accordé aux membres du Parlement :

Qui ose croire que la justice de notre pays n’est pas efficace ?
Lisez plutôt bande d’incroyants :
Un « individu » de 20 ans a été arrêté en flagrant délit dans la nuit de samedi à dimanche en traine d’écrire « Violeurs étrangers dehors » sur la chaussée du parcours du marathon d’Albi.
Les gazettes se sont emparées de cette horrible affaire d’« inscriptions racistes », et le préfet du Tarn n’a pas manqué de demander « des sanctions judiciaires exemplaires ».
Mais ce qui a été exemplaire a été la célérité de la justice, qui n’a pas retenu le caractère raciste de la chose, et convoquera le prévenu à l’automne pour « dégradation par tag ».
Il est donc encore permis de demander l’expulsion des violeurs étrangers.
Assassinat de Matisse : La France a accueilli plus de 100 000 Afghans depuis 6 ans
Dans cette vidéo, publiée sur ses réseaux sociaux et antérieure au drame , le meurtrier présumé de Matisse se balade dans la rue, couteau en main déja en quête de violence contre quelqu'un #mathis #chateauroux pic.twitter.com/gV5pSqJSkg
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) April 29, 2024
🚨🇫🇷 FLASH | La mère de l’adolescent, qui a tué Matisse, aurait frappé la victime alors qu'il avait déjà été poignardé. pic.twitter.com/qeoJUsyEOL
— Cerfia (@CerfiaFR) April 29, 2024
Dans son communiqué, le parquet évoque des insultes réciproques mais pas de propos racistes de la part de Matisse contrairement à ce qu'avançait RMC cet après-midi.#Chateauroux pic.twitter.com/h9S8t48eku
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Mort de Matisse : colère de l’ex-magistrat Georges Fenech contre Nicole Belloubet et Éric Dupont-Moretti. Sans la réforme de 2021 le meurtre n'aurait à priori pas pu être commis pic.twitter.com/iR8malJKao
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) April 30, 2024
Je vous présente Rahman, l’Aghan qui a massacré #Matisse à #Chateauroux avec sa crapule de mère.
Vous savez, celui que les gaucho-« progressistes » présentent comme un « Français comme vous et moi »…
Il a vomit sa haine sur les RS avant de se filmer se baladant avec un couteau… pic.twitter.com/6ErRMuV8ea
— Jean MESSIHA (@JeanMessiha) April 29, 2024
La France a accueilli +100 000 afghans depuis 6 ans
L’Afghanistan est depuis 6 ans le 1er pays de provenance des demandeurs d’asile en France (17 500 au final en 2023) pic.twitter.com/e1M2OdnWM5— Destination Télé (@DestinationTele) April 29, 2024
La loi sur la fin de vie face aux fins dernières
De Thibaud Collin dans L’Appel de Chartres :
Il est providentiel que le thème du pèlerinage de cette année soit « les fins dernières », alors même que notre gouvernement projette d’inscrire dans la loi l’euthanasie et le suicide assisté. Il est plus que jamais manifeste que la société contemporaine s’organise sur un déni de la mort et de la souffrance. La loi sur « la fin de vie » est révélatrice d’un changement anthropologique majeur, changement consécutif à l’effondrement de la chrétienté.
Le principe de la modernité est l’affirmation d’une liberté qui ne veut dépendre de personne. À la question Qu’est-ce que les Lumières ? Kant répond que c’est l’état de l’esprit humain devenu « majeur », c’est-à-dire qui rejette toute tutelle religieuse et politique. L’autonomie, le fait pour la raison humaine de se donner sa propre loi, est ainsi ontologiquement un refus de dépendre du Principe premier. Le refus de la connaissance métaphysique et l’inscription de la « religion dans les limites de la simple raison » déterminent l’esprit moderne comme seule mesure de lui-même. Pas étonnant dès lors que cette dynamique spirituelle amène l’humanité à refuser de recevoir individuellement et collectivement son être et sa vie de Dieu.
Le projet de loi en débat est l’aboutissement de cette logique d’une substitution de la santé au salut, donc de la médecine à la religion, logique dont le principe est une atrophie des dimensions de l’existence humaine. Si l’homme n’est qu’un moment dans le grand fleuve de l’évolution, issu de l’animalité et destiné à l’hybridation avec la machine (transhumanisme), alors comment ne pas considérer la mort, et plus encore la souffrance, comme absurdes ? Ne sont-ce pas précisément les « lieux » où se dit avec force cette dépendance radicale ? La mort et la souffrance ne sont-elles pas des échecs à l’aune du projet d’auto-suffisance de l’homme ? Si la médecine est le moyen pour l’homme de se produire lui-même, si la vie biologique n’est qu’un matériau aux mains de sa liberté absolue, alors la mort et la souffrance n’ont rien à lui enseigner sur sa condition et sur sa destinée. Il faut de toute urgence les escamoter. Tel est le cœur du projet de loi actuel. Tel est donc, pour l’intelligence chrétienne, le défi à relever.
La doctrine des fins dernières projette une lumière profonde sur l’ensemble de la condition humaine et doit donc servir de critère pour évaluer les enjeux de la loi « fin de vie ». Elle est inscrite au cœur de la foi chrétienne. Oui ou non, l’homme est-il créé par Dieu pour Le contempler et L’aimer pour l’éternité ? Oui ou non, l’homme est-il doué de libre-arbitre lui permettant d’accueillir ou de refuser le salut éternel donné par le Christ ? Oui ou non, la mort et la souffrance ont-elles pour clef la Passion et la Mort de Jésus sur la Croix ? A ces questions que lui pose sa propre condition, aucun homme ne peut échapper car refuser de répondre est déjà répondre.
Il est urgent que les catholiques annoncent leur foi dans « les fins dernières ». La mort n’est pas la fin dernière de l’humanité. Elle n’est qu’un passage. Vers quoi ? Vers la Vie en et avec Dieu ou vers la damnation éternelle. La finalité est le principe premier dans l’ordre de l’action, enseigne Aristote. Perdre de vue la finalité dernière engendre donc le désordre dans la conduite de sa vie, individuelle et collective. Nous y sommes, plus que jamais !
La question que pose la loi « fin de vie » porte finalement sur ce que signifie survivre. Gustave Thibon distingue dans Notre regard qui manque à la lumière (Fayard, 1970, p. 71) deux sens à ce terme. Soit le sens habituel de « vivre après » ; soit dans le sens, plus profond, de « vivre au-dessus ». Une vision trop réductrice de l’immortalité la conçoit comme « une prolongation indéfinie de la vie temporelle, sans le moindre changement de niveau. » Mais la Vie à laquelle Dieu nous appelle, dès ici-bas, est une plénitude qualitative qui n’a rien à voir avec une grandeur quantitative toujours à repousser. Le désir réel de tout homme est de voir Dieu et non de poursuivre indéfiniment la quête de biens finis, quête que la mort et la souffrance rendent inéluctablement vaine.
Le cardinal Müller dénonce la montée du « totalitarisme »
Le cardinal Gerhard Müller a mis en garde contre les idées idéologiques « absolument stupides » qui envahissent le système politique et conduisent à des guerres et à l’oppression, soulignant que « nous ne pouvons jamais accepter l’idéologie ».
Au contraire, les gens ont besoin de croire en la parole de Dieu, a déclaré l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Le cardinal Müller a fait ces commentaires lors de la conférence sur le conservatisme national (NatCon) qui s’est tenue la semaine dernière à Bruxelles. Le premier jour de l’événement a été perturbé après que le maire socialiste de la ville a ordonné un barrage de police qui a bloqué certains participants à l’intérieur tout en empêchant d’autres personnes, y compris le service de restauration, d’entrer. Une décision de justice a permis à la conférence de se dérouler normalement le lendemain. Eric Zemmour participait à cette conférence.
NatCon a publié en début de semaine l’entretien entre le cardinal Müller et James Orr, le président britannique de la Fondation Edmund Burke, qui organise l’événement.
Critiquant le communisme, le socialisme et l’impérialisme, le cardinal a déclaré que les « idéologies » conduisaient au péché et à la destruction.
« Ces idéologies sont très destructrices avec… les camps de concentration et l’extermination des soi-disant “ennemis du système”, tout ce racisme ».
Les « idées absolument stupides » des idéologies sont « contre le logos, la raison. Dieu est la raison”, ainsi que “l’intellect”, a déclaré le cardinal Müller. « Jésus est le logos, l’incarnation du logos.
Alors que les dirigeants politiques rêvent d’un paradis sur terre, les idéologies ont en fait conduit à l’enfer sur terre, a déclaré le prélat, critiquant le « meurtre » et la « subordination d’autres personnes » et le « manque de respect pour les personnes ».
Sur la base de l’histoire, « nous pouvons faire le pronostic qu’avec les idéologies, nous ne pouvons pas construire un bon avenir pour tout le monde ».
Nous avons plutôt besoin de croire en Dieu, a-t-il déclaré. Les gens « ont la liberté de l’accepter ou non », alors que les systèmes politiques sont imposés.
« Mais nous ne pouvons jamais accepter l’idéologie ».
« Nous ne sommes pas soumis à l’État, nous ne sommes pas esclaves de l’État.
L’État moderne et démocratique se développe « à partir de citoyens libres, c’est notre point de vue ».
« L’idéologie que nous avons aujourd’hui dans nos pays d’Europe occidentale, je pense qu’elle est de très bas niveau ». « Ainsi, les hommes politiques qui veulent nous dire ce que nous devons manger, ce que nous devons penser, comment nous devons utiliser notre langue, ne sont pas des professeurs de haut niveau.
« Ils n’ont aucune qualification académique et veulent nous enseigner ce que je dois penser, quels mots je dois utiliser ou ne pas utiliser. Je pense que ces hommes politiques devraient d’abord aller dans une bonne école et apprendre quelque chose”.
Le cardinal Müller a critiqué les « dictateurs du langage » qui veulent contrôler ce que les gens disent et ce qu’ils mangent.
« Nous sommes traités comme des enfants. Nous ne pouvons pas l’accepter. Et nous devons refuser cette aspiration à la toute-puissance du système idéologique totalitaire ».
« L’absolutisme est apparu dans de nombreux pays, notamment en Angleterre, avec la Glorieuse Révolution, ainsi qu’en France, avec la Révolution française, qui a conduit au totalitarisme.
Le cardinal Müller a également déclaré qu’il existe aujourd’hui une « grande tentation » pour un « nouvel absolutisme » dans le système universitaire, qui est devenu « idéologisé ». Alors qu’il y avait autrefois des débats ouverts, « aujourd’hui, nous entendons partout… des professeurs sont mis à la porte pour leurs opinions ».
« L’indépendance des universités par rapport aux influences politiques doit être rétablie.
La conversation a ensuite porté sur le conflit entre la « vérité scientifique » et les « idéologies séculières ». Son Éminence a critiqué les penseurs des « Lumières », notamment David Hume, John Locke et Voltaire, qui sont à l’origine du problème.
Le cardinal Müller a déclaré que les parlements « veulent changer » la nature. Par exemple, il a déclaré que les parlements voulaient punir les personnes qui adhéraient au modèle binaire homme-femme.
Ils veulent définir de nouveaux « droits de l’homme »”, a-t-il ajouté, critiquant les pressions en faveur de l’avortement.
« Le droit de vivre est le premier droit de chacun, et le bébé dans le ventre de sa mère est un véritable être humain… ontologiquement. [Cela est prouvé biologiquement car nous avons le même ADN en tant que bébé et en tant que vieil homme ou vieille femme”.
« L’État n’a pas la possibilité de définir la nature humaine. La nature humaine est au-dessus de toutes les possibilités de décisions politiques”.
À la question de savoir s’il y a quelqu’un ou un mouvement qui le rend optimiste, le cardinal Müller a raconté qu’il avait parlé à des étudiants qui avaient grandi sous une autorité « totalitaire ».
Ils ont compris les erreurs du système dans lequel ils ont grandi.
« Il existe une différence essentielle absolue entre les animaux et les humains et aucun système ne peut la nier. Ils peuvent Ils peuvent réprimer les gens, les tuer, mais ils ne peuvent pas détruire vos idées personnelles, votre conviction”.
Le cardinal Müller a appelé chacun à utiliser son « libre arbitre » et son « intelligence ».
Le cardinal allemand a commenté « l’hiver démographique qui s’annonce ».
« L’humanité n’est pas seulement un grand nombre de personnes, mais un lien entre toutes les générations et tous les êtres humains, dans le passé, le présent et l’avenir ».
C’est une « grande chance de contribuer à l’humanité » que de « donner la vie à un garçon ou à une fille ».
“Ethique”
Il paraît qu’il y aurait une mauvaise GPA, celle où la mère porteuse est forcée de louer son ventre, et la GPA dite éthique, avec une mère porteuse libre et heureuse de procurer un enfant à un couple. C’est nier notamment le phénomène du microchimérisme fœtal-maternel ou le fait que les femmes qui louent leur ventre sont souvent des femmes pauvres, désespérées… :
Durant la vie fœtale, il existe un échange de cellules entre la mère et le fœtus permettant le passage et la persistance à long terme de cellules fœtales pluripotentes dans le sang et dans différents tissus maternels. Ce phénomène est appelé microchimérisme fœtal.
Pendant les 41 semaines de la grossesse, des cellules du bébé migrent dans le sang de la mère, créant ainsi une connexion physique qui perdure bien après la naissance.
Ces cellules du bébé peuvent circuler dans le corps de la mère, se loger dans ses tissus, ses os, son cerveau et sa peau, et y rester pendant de nombreuses années, voire des décennies. Chaque grossesse laisse ainsi une empreinte unique dans le corps de la mère. Même en cas de fausse couche ou d’avortement, ces cellules fœtales continuent de migrer dans la circulation sanguine de la mère. Des études ont montré que ces cellules fœtales peuvent jouer un rôle bénéfique en cas de blessure ou de maladie chez la mère.
Elles ont la capacité de se diriger vers la zone affectée et de se spécialiser dans la réparation des tissus endommagés. Le bébé aide à réparer la mère, tandis que la mère construit le bébé.
C’est souvent pourquoi parfois certaines maladies disparaissent durant la grossesse. Cette interaction entre la mère et le bébé, même après la naissance, démontre à quel point le corps des mères est conçu pour protéger et soutenir leurs enfants.
L’idée que les cellules d’un bébé puissent résider dans le corps d’une mère des années après l’accouchement est véritablement étonnante et souligne la profonde connexion qui existe entre une mère et son enfant.
Cette découverte scientifique apporte une compréhension plus profonde de l’amour et de la symbiose qui caractérisent la relation mère-enfant. C’est un rappel de la manière extraordinaire dont la nature a conçu le lien entre une mère et son bébé, bien au-delà de la période de gestation.
Si vous êtes une mère vous savez sûrement comment vous êtes capables de sentir intuitivement votre enfant. Il y a une vraie connexion très particulière. Et bien maintenant il existe des preuves scientifiques que les mamans les portent encore en partie durant des années et des années même après qu’ils soient nés… […]
Ihor Pechonoha, de BioTexCom, société basée en Suisse, affirme que le modèle économique qui lui a permis de créer l’une des sociétés de maternité de substitution les plus rentables au monde est une simple exploitation :
« Nous recherchons des femmes dans les anciennes républiques soviétiques parce que, logiquement, [les femmes] doivent provenir d’endroits plus pauvres que nos clients.
Il n’est donc pas surprenant que la quête d’utérus rentables par BioTexCom l’ait conduite au bassin apparemment inépuisable de jeunes femmes désespérées dans une Ukraine déchirée par la guerre. Huit années de conflit civil, combinées à la guerre par procuration qui a suivi entre l’OTAN et la Russie, ont plongé l’Ukraine dans un désastre économique. Alors que les Ukrainiens sombraient dans la pauvreté, leur pays est rapidement devenu la capitale internationale de l’industrie de la maternité de substitution. Aujourd’hui, l’Ukraine contrôle au moins un quart du marché mondial, bien qu’elle abrite moins de 0,3 % de la population mondiale. Parallèlement à l’essor de l’industrie, un milieu médical minable, rempli de maltraitance des patients et de corruption, s’est emparé du pays.
Pourtant, l’industrie ukrainienne de la maternité de substitution est passée inaperçue, malgré l’injection de plus de 1,5 milliard de dollars dans l’économie du pays rien qu’en 2018. Depuis lors, le marché mondial des bébés de substitution a plus que doublé. L’industrie était évaluée à plus de 14 milliards de dollars en 2022 et devrait croître d’environ 25 % par an dans les années à venir, selon une analyse de Global Market Insights.
Alors que des pays comme l’Inde et le Népal ferment la porte aux sociétés de maternité de substitution, invoquant leurs inquiétudes selon lesquelles cette industrie est à l’origine du trafic d’êtres humains, les responsables occidentaux semblent fermer les yeux sur ce secteur florissant d’abus et d’abus dans une Ukraine déréglementée et politiquement instable.
Emma Lamberton est candidate à la maîtrise en développement international à l’Université de Pittsburgh. Récemment, elle a publié un article dans le Journal of Public and International Affairs de Princeton détaillant les risques auxquels les femmes ukrainiennes sont confrontées lorsqu’elles participent à l’industrie de la maternité de substitution du pays.
Le BioTexCom Center for Reproduction est de loin le plus grand acteur du marché international de la maternité de substitution. Le propriétaire du fournisseur de « services de technologies de reproduction » a affirmé qu’en 2018, l’entreprise contrôlait 70 % du marché national de la maternité de substitution et 25 % du marché mondial.
Alors que le site Web de BioTexCom se vante que l’entreprise a donné « la joie d’être parent » à des milliers de couples à travers le monde, sa véritable histoire et ses opérations révèlent un schéma déchirant d’abus, de secret, de faute professionnelle et même d’allégations de trafic d’êtres humains.
Dans une interview accordée à Al Jazeera en 2018 , une Ukrainienne nommée Alina a décrit les conditions qui l’ont amenée à conclure un accord contractuel de grossesse avec BioTexCom.
« Il est difficile de trouver un emploi bien payé en Ukraine… Je voulais mettre de l’argent de côté pour les frais universitaires de mon fils – ils sont très chers », a-t-elle déclaré.
Une mère porteuse ukrainienne de BioTexCom portant un enfant pour un couple américain a également déclaré à El Pais qu’elle avait décidé de vendre son ventre en raison de difficultés financières.
« J’ai grandi sans maison. C’est important pour moi d’avoir mon propre appartement. [La maternité de substitution] est le seul moyen pour moi d’y parvenir.
Le directeur médical de BioTexCom, Ihor Pechenoha, a ouvertement admis au magazine d’investigation espagnol La Marea que son entreprise cible les femmes des zones pauvres et que « toutes celles qui travaillent comme mères porteuses le font à cause de difficultés financières ».
« Nous recherchons des femmes dans les anciennes républiques soviétiques parce que, logiquement, [les femmes] doivent venir de régions plus pauvres que nos clients », a expliqué Pechenoha.
Finalement, a-t-il ajouté,
« je n’ai pas rencontré une seule femme ayant une bonne situation économique qui ait décidé de suivre cette démarche par gentillesse, parce qu’elle pense avoir assez d’enfants et veut aider quelqu’un d’autre qui le souhaite ».
« Ils le font parce qu’ils ont besoin de cet argent pour acheter une maison et pour l’éducation de leurs enfants », a poursuivi Pechenoh, concluant : « si vous avez une belle vie en Europe, vous n’allez pas le faire ».
Une troisième femme ukrainienne qui a vendu son ventre à des étrangers a confirmé les propos de Pechenoh dans une interview avec The Guardian , expliquant :
« la seule raison pour laquelle j’ai accepté de faire cela est uniquement pour les avantages financiers ».
« De plus, depuis que mon mari est parti au front, j’ai besoin d’un moyen de subvenir aux besoins de mes quatre autres enfants », a-t-elle ajouté.
« Les mères porteuses, c’est un flux de couveuses », expliquait encore une autre mère porteuse de BioTexCom en 2019. « Elles ne vous traitent pas comme un être humain. »
Un rapport de 2020 publié dans le Journal of Public & International Affairs de Princeton a en outre souligné l’exploitation étrangère à l’origine du boom de la maternité de substitution en Ukraine, affirmant :
« Alors que les partisans affirment que les femmes choisissent librement de devenir mères porteuses, les femmes vulnérables sont souvent manipulées par la présentation de leur choix. Les mères porteuses potentielles sont obligées de choisir entre subvenir aux besoins de leur famille grâce à une pratique susceptible de violer leurs croyances morales ou renoncer à une opportunité financière de subvenir aux besoins de leur famille.
L’Institut Libre de Journalisme a adressé un recours à l’Arcom pour le respect effectif du pluralisme dans les médias
Edouard du Peloux, directeur opérationnel de l’Institut Libre de Journalisme (ILDJ), explique dans une tribune publiée dans le JDD :
[…] Pourquoi durant tant d’années les chaînes du service public n’ont-elles jamais été inquiétées par Reporters sans frontières, le Conseil d’État ou une commission d’enquête à l’Assemblée nationale ? Leurs « opinions » dérangeraient-elles moins ? Leurs « opinions » ne seraient-elles plus perçues ? « On a tellement l’habitude d’entendre certaines opinions qu’on a l’impression qu’elles n’en sont plus », disait Frédéric Taddéï. Nombreux journalistes prétendent ainsi être objectifs. Ils ont oublié que la hiérarchisation des faits, le choix de mots, le choix d’invités étaient déjà des choix subjectifs.
Ces chaînes, comme tout média, traitent l’actualité via une grille de lecture. Certains journalistes ne voient plus non plus que la manière dont ils représentent les différents courants de pensée et d’opinion et les personnalités politiques qui les portent demeure inégale. À l’image de l’émission Complément d’enquête (France 2) souvent soucieuse de rappeler l’idéologie « dangereuse » des responsables politiques « d’extrême droite » à qui elle s’attaque, mais se contentant d’analyser le parcours, la personnalité et le comportement des responsables « d’extrême gauche ».
Pour ces raisons, l’Institut Libre de Journalisme demande aussi dans son courrier à l’Arcom la publication annuelle d’un rapport sur la représentation des « courants de pensée et d’opinion » à la télévision et à la radio.
À l’Institut Libre de Journalisme, nous croyons que le pluralisme est « une des conditions de la démocratie » (Conseil constitutionnel, 1986), permettant aux citoyens « d’exercer leur liberté d’opinion et de choix » (Arcom). Cette ambition d’œuvrer au pluralisme en formant une nouvelle génération de journalistes est à l’origine de notre création en 2018.
L’absence de pluralisme et le conformisme médiatique alimentent depuis trop d’années la défiance des Français envers leurs médias. Il est temps que l’Arcom s’assure enfin que l’ensemble des Français soient représentés dans « la diversité des courants de pensée et d’opinions » exprimées sur les chaînes du service public financées par leurs impôts.
L’histoire du choeur Montjoie-Saint-Denis : chanter c’est aussi militer
Vendredi 3 mai à Lyon, une conférence sera donnée sur l’histoire du choeur Montjoie-Saint-Denis, 45 ans d’engagement et de service, 700 chants dans le répertoire dont 300 enregistrés.
La conférence sera suivie de chants.
Schisme vert en Ecosse
Treize mois après être devenu Premier ministre de l’Ecosse, Humza Yousaf annonce sa démission.
Il avait besoin des Verts pour avoir la majorité, et les Verts ne veulent plus de lui. Et réciproquement : il a mis fin à la coalition vendredi.
Dirigeant du « parti national écossais », ce Premier ministre a organisé immédiatement, dès le premier soir, un dîner de rupture du jeûne du ramadan et une prière spécifique du ramadan à Bute House, la résidence officielle du chef du gouvernement écossais à Edimbourg. Ce qui ne l’empêchait pas d’être un militant de la culture de mort, de la dictature LGBT, etc.
Nouvelle loi pro-vie dans le Tennessee
Lu sur le blog d’Yves Daoudal :
Le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, a signé la « loi Baby Olivia », qui oblige toutes les écoles publiques de l’Etat à diffuser la vidéo Baby Olivia qui décrit en trois minutes par images animées de synthèse la fécondation et le développement du fœtus, comprenant comme le spécifie le texte la représentation du « développement du cerveau, du cœur et d’autres organes vitaux au début du développement du fœtus ».
La preuve que c’est une excellente initiative est que les militants de la culture de mort sont furieux et tentent de tout faire pour discréditer la vidéo. Le problème est que les réalisateurs se sont entourés de toutes les garanties scientifiques, ce qui rend les abortionnistes encore plus furieux. L’une d’elles en vient ainsi à proférer : « Il est choquant de transformer les problèmes de santé personnels des femmes en vidéos de propagande destinées à endoctriner les enfants. »
Mais la vidéo, précisément, ne montre pas un « problème de santé des femmes ». Elle montre le développement normal d’un petit être humain…
J’avais déjà cité le propos des réalisateurs :
« Pourquoi les militants pro-avortement ont-ils si peur de Baby Olivia ? Parce que lorsque les élèves apprennent la réalité scientifique selon laquelle la vie commence dès la fécondation, ils se rendent compte qu’il est mal de tuer des bébés à naître. »
Une loi similaire est déjà appliquée dans le Dakota du Nord. Elle est en bonne voie dans le Kentucky, le Missouri et la Virginie. Il serait bon qu’elle se répande partout dans le monde encore libre (en Russie, notamment – chez nous c’est évidemment impossible) afin que les enfants comprennent qu’on leur ment quand on leur assène que l’avortement est une question de « santé reproductive » et que le fœtus est un « amas de cellules » dont la femme fait ce qu’elle veut puisque c’est « son corps ».
BREAKING: The Baby Olivia Act has been signed into law in Tennessee.
This law ensures that over 1 million TN public school students will be taught scientifically accurate information about when life begins using world-class educational materials like Live Action’s Baby Olivia.… pic.twitter.com/3nXRer4M0f
— Lila Rose (@LilaGraceRose) April 26, 2024
Le journaliste Jean-François Achilli licencié de Radio France pour avoir envisagé une collaboration avec le président du RN
Radio France a envoyé une lettre de licenciement pour faute grave au journaliste Jean-François Achilli.
La décision faisait suite à un article du Monde affirmant que le journaliste et Jordan Bardella avaient échangé autour d’un projet de livre du président du Rassemblement national. Après avoir donné quelques avis sur des passages écrits par Jordan Bardella, le journaliste avait pourtant refusé de participer au projet du responsable politique.
« Je n’ai enfreint aucune règle professionnelle ou déontologique. J’ai échangé avec Jordan Bardella comme je le fais avec tous les responsables politiques depuis vingt-cinq ans. Nous avons parlé, à sa demande, de ce que pourrait être son expression pour un livre d’entretiens. J’ai refusé le projet. Depuis quand les journalistes politiques ne peuvent-ils plus échanger avec l’ensemble des responsables politiques ? Je suis abasourdi par la brutalité de la mesure injustifiée prise par la direction de France Info à mon encontre, qui nuit gravement à ma réputation ».
“Nous refusons d’être des fidèles de seconde zone parce que nous sommes attachés à la liturgie traditionnelle”
Concernant la mobilisation du 5 mai à Quimper pour demander le maintien de la Fraternité Saint-Pierre dans le diocèse, nous avons interrogé Louis, qui fait partie des organisateurs de ce rassemblement :
Qui êtes-vous ?
Nous sommes les membres d’une communauté chrétienne de diocèse venus demander à notre évêque d’accepter le dialogue avec nous et de sortir du mépris par lequel il nous traite.
Nous représentons des fidèles de deux églises : l’une à Quimper (Saint Matthieu), l’autre proche de Morlaix (Sainte Sève), qui bénéficient de la liturgie traditionnelle et qui sont desservies par des prêtres de la Fraternité Saint Pierre en mission d’église dans le diocèse depuis 7 ans.
Quelle est la raison de votre manifestation ?
Nous sommes là pour demander à Mgr Dognin de s’expliquer sur les raisons d’un revirement brutal de sa part à notre égard : en juin 2023, il a visité notre communauté, salué son dynamisme et confirmé la mission des deux prêtres de la Fraternité Saint Pierre qui nous desservent. Six mois plus tard, en décembre 2023, il nous informe par un communiqué que les fidèles de Quimper devront quitter l’Eglise Saint Matthieu et qu’il chasse les deux prêtres du diocèse, tout en reconnaissant par écrit qu’il n’a aucun reproche à leur faire personnellement… quelle est la logique ?
Nous sommes aussi là pour demander à Mgr Dognin qu’il accepte un vrai dialogue avec les fidèles. Depuis décembre 2023, il a refusé tout contact, n’a reçu que trois d’entre nous pour leur dire qu’il n’y avait rien à négocier, a écarté les propositions que le Supérieur pour la France de la Fraternité Saint Pierre était venu lui faire début avril. Nous avons été très patients jusque-là, mais aujourd’hui, nous venons taper à sa porte et il faudra bien qu’il nous entende !
Que représentent les traditionalistes dans le diocèse de Quimper et Léon ?
Les deux communautés dans le nord du diocèse et à Quimper sont florissantes (c’est peut-être ce qui irrite certains ?). Elles attirent de plus en de plus de fidèles : 50 en 2016 à plus de 200 aujourd’hui à Quimper et plus de 300 pendant les vacances scolaires… A saint Sève, qui est une paroisse rurale, il y a chaque dimanche environ 60 fidèles, soit autant que les paroisses rurales voisines.
Et il n’y a pas que la messe dans le rite traditionnel qui attire, c’est aussi le catéchisme, les groupes de prière, les groupes pour les jeunes pro… L’évêque a reconnu par écrit le dynamisme des œuvres spirituelles de la communauté de Saint Matthieu, où il y a eu 11 adultes baptisés depuis 2018. Ce qui attire, ce sont les pédagogies traditionnelles de la foi : l’enseignement de la doctrine catholique, les dévotions traditionnelles comme l’adoration du Saint Sacrement ou la récitation du chapelet, la visite des prêtres aux personnes âgées pour leur porter la communion, l’accès à la confession et à la messe tous les jours de la semaine, etc.
C’est tout cela qui attire les fidèles : ils se sentent accueillis, accompagnés, nourris dans leur foi. C’est de tout cela que l’évêque veut nous priver par une décision injuste, totalement contraire à l’esprit du synode.
Quelle est la solution que vous demandez ?
Nous refusons d’être des fidèles de seconde zone parce que nous sommes attachés à la liturgie traditionnelle.
Nous demandons la liberté liturgique, nous voulons garder des prêtres pour la messe et activités traditionnelles, et notre place dans le diocèse.
Quand le Pape François dit que « tous, tous, tous » doivent être accueillis dans l’église, nous demandons à notre évêque de l’écouter, et de nous conserver les prêtres de la Fraternité Saint Pierre qu’il veut chasser sans motif valable.
Transfolie
Le 11 avril sortait Transmania, une enquête fouillée sur les dérives de l’idéologie transgenre réalisée par Dora Moutot et Marguerite Stern. Les deux subissent, depuis quelques années, des vagues de harcèlement de la part des idéologues du genre. La raison ? Elles répètent à qui veut bien l’entendre qu’une femme, c’est une femelle humaine adulte. Une réalité qui, jusque-là, était connue de tous dès la maternelle. Mais aujourd’hui, le lobby Trans s’est infiltré dans toutes les sphères de la société et on en vient à nier des réalités biologiques des plus basiques. VA+ a accueilli ces deux personnes :
Transmania: Enquête sur les dérives de l’idéologie transgenre
Francocide : les éléments de langage de la presse
Samedi soir à Châteauroux, Mathis, 15 ans, s’est fait voler son téléphone par un Afghan, déjà mis en examen la semaine dernière pour « vol aggravé avec violence ». Mathis s’est battu pour le récupérer, il a réussi, puis a fui en courant. L’Afghan l’a poursuivi et lui a mis 5 coups de couteaux dans le cœur.
Pour la presse, qui reprend les éléments de langage de l’AFP, il s’agirait d’une “rixe”. Et la nationalité afghane du tueur présumée n’apparait pas une seule fois.

Tant qu’un média ne se prendra pas des dommages et intérêts de quelques millions d’euros pour avoir accusé une victime innocente d’avoir participé à une “rixe”, ils continueront.
« Ma vie a commencé par un abandon. Je suis née, et avant même que ma mère ne me voie, j’ai été vendue. »
Olivia Maurel, née de GPA, est à la Une du JDD. Extraits :
C’est à l’âge de l’adolescence qu’elle commence à être submergée de questions.
« Beaucoup d’éléments me faisaient penser que je n’étais pas la fille de mes parents, confie-t-elle, à commencer par mon propre instinct. J’ai toujours eu ce décalage entre ce qu’ils me racontaient et ce que je vivais intérieurement. »
D’autant que le passé est flou : pas de photos de naissance ni de traces d’une mère enceinte, aucune échographie… Elle se lance dans une enquête dont elle donne déjà la conclusion :
« Ma vie a commencé par un abandon. Je suis née, et avant même que ma mère ne me voie, j’ai été vendue. »
Sa mère d’intention lui avait toujours caché son âge, mais Olivia découvre qu’elle avait en réalité 50 ans au moment de sa naissance, il y a trente-deux ans. Et d’ailleurs, pourquoi avoir accouché aux États-Unis alors qu’elle est française ? Olivia cherche, et découvre qu’il existe un centre de GPA dans le comté de sa naissance, dans l’État du Kentucky.
« Une révélation, une évidence : ça ne pouvait être que ça. »
Elle est persuadée de la chose, mais n’en a aucune preuve. Elle ne parvient pas à affronter ses parents qui font la sourde oreille à ses interrogations. Elle traverse alors une période de drames générés par les séquelles psychologiques de cet abandon à la naissance.
C’est celui qui est désormais son mari qui l’en sort :
« Il m’a appris ce qu’était l’amour gratuit et inconditionnel. »
Tout ce que ses interrogations avaient fait voler en éclats. Elle tombe enceinte, et les vieux démons se réveillent :
« Vais-je lui transmettre des maladies génétiques ? Qu’aurai-je à lui donner lorsqu’elle s’intéressera à sa généalogie ? J’ignorais 25 % de ma fille, et ça m’était insupportable. J’avais l’impression de la trahir ! »
Le jour de l’accouchement, on lui pose sa fille dans les bras, et l’apaisement se mêle à l’incompréhension :
« Jamais je ne pourrai vendre la chair de ma chair. »
Elle décèle un autre mensonge qu’elle comprendra plus tard :
« Affirmer qu’il n’y aura pas de lien avec la mère porteuse, c’est nier la psychologie de l’enfant… »
C’est finalement un test ADN offert par sa belle-mère qui met fin à trente-et-un ans de mensonges : 33 % d’origines lituaniennes, 33 % norvégiennes, mais elle n’a pas 1 % de sang français dans les veines alors que sa mère d’intention l’est. « J’avais raison, je n’étais pas folle ! » Olivia est libérée d’un poids. « J’ai gagné cette bataille intérieure. » Mais elle ne s’arrête pas là et réussit à rentrer en contact avec l’une de ses cousines germaines aux États-Unis, qui se résout à la conduire à sa mère biologique.
Elle n’ose pas l’appeler, mais cette dernière finit par le faire elle-même :
« Je ne voulais pas m’imposer à elle. Elle m’a appelée de son plein gré et ça a été un vrai cadeau. Pendant un long mois, nous avons échangé et j’ai posé toutes mes questions existentielles. »
« Pourquoi ? » est la plus tenace : les raisons sont multiples, mais cette femme avait surtout des besoins financiers pour élever ses quatre enfants.
Elle creuse encore et découvre peu à peu son histoire. En 1991, ses parents ont recours à la GPA, alors légalisée aux États-Unis : son père désire un enfant qui soit biologiquement le sien, mais sa femme est trop âgée, ils font donc appel à une mère porteuse. « Je suis le fruit d’une GPA dite traditionnelle », résume Olivia. À sa naissance, l’acte de naissance initial est scellé devant un juge ; un autre, qui ne fait pas mention d’adoption ou de GPA, est délivré à ses parents d’intention. « Un faux, précise Olivia. Avec l’adoption, on répare la perte des parents. Avec la GPA, on la crée délibérément. »
Depuis, elle se bat « pour qu’aucun enfant n’ait à subir cela ». Nombreux sont ceux auxquels on ne cache pas leur GPA, « mais cela n’enlève rien à la nature de cet acte qui relève de la vente d’enfants et de la location d’utérus ». Sa révolte est entière.
Elle commence alors à partager sa douleur sur un compte TikTok qu’elle définit comme le « journal d’une enfant née de la GPA qui lutte contre la GPA ». […]
« L’enfant né de GPA sait qu’il a un lourd prix sur sa tête. Ce conflit de loyauté envers ses parents ne lui permet pas de les affronter. Ça serait prendre le risque de les perdre… Je pouvais me le permettre parce que j’étais très encadrée par des psychologues et soutenue par mon mari, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. »
[…]
« Arracher volontairement un enfant à ses origines, ce n’est pas le rendre heureux. D’une manière ou d’une autre, chacun garde des séquelles psychologiques. C’est ce chèque qui nous différencie d’une naissance naturelle. Par ce contrat, nous sommes finalement la propriété de nos parents, leur bien. »
Certains vivent heureux et Olivia s’en réjouit,
« mais ce n’est pas parce qu’il y a des belles histoires que cela rend la pratique plus éthique. Certains esclaves étaient sans doute heureux dans leur famille, ils n’en étaient pas plus libres et nous avons d’ailleurs aboli l’esclavage ».
Son franc-parler engendre des critiques de militants ou lobbys pro-GPA, ce qui ne l’étonne pas :
« Nous sommes une mauvaise vitrine. D’autant plus qu’il y a beaucoup d’argent en jeu. Le marché de la GPA est estimé à plus de 100 milliards de dollars pour 2032… »
Mais elle ne veut plus s’arrêter : elle témoigne partout dans le monde pour promouvoir l’abolition de la pratique. L’Onu à New York, le Parlement européen à Strasbourg, le Vatican à Rome…
« Je ne condamne pas les personnes qui ont eu recours à la GPA, mais je combats ce système qui permet que la méthode puisse exister. » Comment résumer sa certitude ?
« Jamais le mot “éthique” ne pourra correspondre à la femme utilisée – ou louée – comme incubateur ou à l’enfant né d’un contrat. »
Des journalistes proches de l’Open Society réalisent des enquêtes à charge contre des fondations chrétiennes
Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), l’Alliance Defending Freedom International (ADFI) ou la World Youth Alliance (WYA) ; ces fondations, plus ou moins influentes au sein de l’Union européenne, se retrouvent sous le feu de critiques et « d’enquêtes » étrangement coordonnées. À l’origine de ces investigations, le piratage d’un ordinateur appartenant au militant catholique espagnol Ignacio Arsuaga et la divulgation de plusieurs messages échangés au sein d’un groupe Google entre personnalités de la mouvance conservatrice européenne.
Sur cette galaxie d’activistes et d’enquêteurs plane l’ombre de George Soros, opposant déclaré aux mouvements conservateurs européens et propriétaire des Open Society Foundations (OSF). Et au cœur de cette offensive, on trouve un homme : Neil Datta, lobbyiste hyperactif dans la promotion de l’avortement et fondateur du groupe de réflexion European Parliamentary Forum (EPF), un « réseau parlementaire », comme le décrit l’intéressé, principalement financé par les Nations unies. Pour ses détracteurs, Neil Datta veut faire taire les chrétiens conservateurs par tous les moyens.
Les journalistes chargés d’enquêter sur les fondations chrétiennes sont, pour beaucoup, affiliés à l’openDemocracy, un média britannique subventionné à hauteur de plusieurs millions de dollars, là encore par l’Open Society.
Si les enquêtes se concentrent principalement sur des groupes autrichiens, néerlandais, suédois ou finlandais, la France n’est pas en reste. L’entrepreneur Pierre-Édouard Stérin et son Fonds du Bien Commun sont dans le viseur de la militante Alice Barbe, cofondatrice de l’ONG Singa, qui a eu pour projet d’écrire un livre sur les ténors de « l’anti-genre » en France ; « Un projet abandonné », affirme-t-elle au JDD.
Dans la même veine, la journaliste à Mediapart et blogueuse Rozenn Le Carboulec, spécialisée dans les questions LGBT, s’intéresse de près aux activités du philanthrope catholique.
L’Egypte ou l’islamisme vaincu
D’Antoine de Lacoste dans la revue Fideliter :
Le voyageur qui désire aller en Egypte s’y rend le plus souvent pour admirer les somptueux vestiges de l’ère des pharaons. Il n’est généralement pas déçu. Beaucoup de ces monuments ont été parfaitement conservés. De plus, d’admirables fresques aux couleurs intactes ornent des tombes ou d’autres monuments à la gloire des pharaons et des multiples dieux de l’Egypte.
Mais si ce même voyageur compare ce patrimoine avec celui des civilisations grecques et romaines, il ne pourra s’empêcher d’établir une comparaison fatale : le monde des pharaons n’a rien engendré. Il s’est autodétruit et a manqué au premier devoir de toute civilisation et, au-delà, de tout être humain, la transmission. Le catholique français d’aujourd’hui sait ce qu’il doit au monde gréco-romain mais il n’a rien reçu de l’antique civilisation égyptienne. Un trait révèle bien l’état d’esprit de cette longue période, c’était le souci de bâtir en ne changeant rien aux principes architecturaux de la période précédente, pour ne pas insulter ses aînés. C’est très touchant mais les progrès ne sont alors guère rapides et il est heureux que nos bâtisseurs de cathédrales n’aient pas raisonné ainsi.
L’Egypte pour nous, commence donc avec Jules César qui s’éprit de Cléopâtre, la dernière reine d’Egypte. Tout un symbole. Ce pays qui fut si puissant mettra vingt siècles à recouvrer son indépendance.
Cette mise sous tutelle et l’expansion du christianisme qui l’accompagna, permit à l’évangéliste Saint Marc de prêcher et de convertir cette région qui persécuta tant Moïse et son peuple, mais accueillit la Sainte Famille dans sa fuite. Premier évêque d’Alexandrie, Saint Marc y mourut martyr. Ses reliques, dont Alexandrie était si fier, furent volées au IXe siècle par des marchands vénitiens. La basilique Saint Marc de Venise devint ainsi un important lieu de pèlerinage au grand dam des chrétiens égyptiens.
L’élan anachorète
Les nombreuses conversions engendrèrent un extraordinaire mouvement de piété qui se traduisit par l’installation dans le désert (il n’en manque pas en Egypte) de milliers d’ermites, qu’on appelle en Orient les anachorètes. Anatole France, assez peu catholique pourtant, eut cette très belle formule dans son roman Thaïs consacré à la conversion au christianisme de cette ancienne courtisane : « En ce temps-là, le désert était peuplé d’anachorètes ». Si le livre a bien vieilli, il commence tout de même par un des plus beaux incipit de la littérature française.
Au IVe siècle, deux figures laissèrent une place fondamentale dans cette histoire de l’anachorétisme qui a tant marqué les premiers siècles de l’Eglise : Saint Paul et Saint Antoine. Malgré leur isolement, leur renommée était grande. Un tableau célèbre, quoiqu’anonyme, les représente partageant le pain peu avant la mort de Saint Paul. Un corbeau, qui venait tous les jours apporter du pain à Saint Paul avait ce jour-là doublé la ration à l’occasion de la visite, unique, de Saint Antoine. Saint Paul y est représenté avec un beau vêtement ce qui n’est pas commun pour un anachorète. C’est tout simplement celui de Saint Athanase, autre grande figure du christianisme égyptien du IVe siècle.
Saint Athanase, Docteur et Père de l’Eglise, fut un adversaire courageux et résolu contre l’hérésie arienne. Bien oubliée aujourd’hui, cette hérésie faillit submerger le monde chrétien. On peut en lire un bon résumé dans l’excellent livre, enfin traduit, de l’Anglais Hilaire Belloc, Les grandes hérésies. Bien seul en Orient pour la combattre (à l’instar de Saint Hilaire en occident), exilé à cinq reprises, il finit par retrouver son siège d’évêque d’Alexandrie et triompher de l’hérésie.
Saint Cyrille d’Alexandrie fut un de ses glorieux successeurs au Ve siècle. Lui aussi est Père et Docteur de l’Eglise. Nous sommes alors à l’apogée du christianisme égyptien qui connut ensuite l’irruption de l’islam.
La conquête musulmane
Mahomet mourut en 632. L’armée arabe s’ébranla ensuite depuis les sables de l’Arabie pour conquérir le monde et imposer l’islam par les armes. L’Egypte fut une de ses premières conquêtes. Les Egyptiens se défendirent peu. Ils ne connaissaient pas l’islam et détestaient l’empire byzantin dont ils dépendaient. Les violentes querelles religieuses, issues du concile de Chalcédoine, avaient engendré de dures mesures contre les anti-chalcédoniens, nombreux en Egypte. La pression fiscale et l’arrogance des fonctionnaires byzantins ne firent qu’envenimer les choses.
En sept ans (639-646), les musulmans se rendirent maîtres de l’Egypte (signalons l’excellent livre de Louis Chagnon, La conquête musulmane de l’Egypte).
Ce sont ces Arabes égyptiens qui, quatre-cents ans plus tard firent raser le Saint Sépulcre car ils dominaient également toute la Terre Sainte. Un sultan à moitié fou, Hakim Ier, donna cet ordre en 1009. Cet acte fut à l’origine de l’appel à la croisade du pape Urbain II en 1095.
Au XIIIe siècle, de nouveaux venus supplantèrent les arabes d’Egypte et s’installèrent au pouvoir. Il s’agit des Mamelouks, ces anciens enfants, souvent chrétiens, enlevés en Circassie dans le Caucase ou en Asie centrale. Eduqués ensuite dans l’islam ils devinrent, tout comme les janissaires de l’Empire ottoman, des soldats accomplis au service de l’Egypte. Ils devinrent si puissants qu’ils finirent par prendre le pouvoir et régnèrent pendant plus de trois siècles. Battus par les Ottomans à la bataille de Marj Dabiq en 1516, près d’Alep en Syrie, ils perdirent non seulement la Terre sainte mais également le pouvoir en Egypte. Les Ottomans poussèrent leur avantage et s’emparèrent du Caire. Mais ensuite, ils maintinrent les Mamelouks aux postes clés. L’Egypte était théoriquement ottomane mais pratiquement toujours mamelouk. Il fallut l’expédition de Bonaparte en Egypte pour les vaincre à la fameuse bataille des Pyramides et les chasser du pouvoir.
L’occupation française ne se passa pas très bien. Bonaparte rentra rapidement en France et confia l’armée à Kléber. Ce dernier fut assassiné et les Français quittèrent l’Egypte un peu honteusement, rapatriant une armée à bout de souffle. L’Histoire en a fait une immense épopée mais, hormis ses aspects scientifiques, le bilan de l’expédition d’Egypte n’est guère glorieux.
Mehemt Ali fondateur de l’Egypte moderne
Une période anarchique s’ensuivit et un homme réussit à tirer les marrons du feu à son profit. Il s’appelait Mehmet Ali. D’origine albanaise, il était au service de l’Empire ottoman qui l’envoya reprendre le contrôle de l’Egypte. Cet homme brillant joua habilement sa propre partition, sans tout à fait tourner le dos à l’Empire.
Il mit fin au désordre et fit impitoyablement assassiner les dirigeants mamelouks qui tentaient de reconquérir le pouvoir. Officiellement vassal de l’Empire ottoman, il mena, avec le titre de vice-roi, une politique indépendante. Il assista toutefois l’Empire dans deux expéditions extérieures, en Arabie, pour réprimer la révolte des wahhabites, et en Grèce lors de la guerre d’indépendance. Il y perdit sa flotte, détruite à la bataille navale de Navarin en 1823.
Malgré cet échec, Mehmet Ali obtint des Ottomans la faveur de voir ses fils lui succéder puis leurs propres descendants, une dynastie était née.
La France construit le Canal de Suez
Le nouveau souverain fut le grand modernisateur de l’Egypte. Il développa l’agriculture, le transport et commença même à envisager la construction du Canal de Suez. Il mourut en 1849 et ses descendants mirent son projet à exécution. Les Français furent à pied d’œuvre au grand dam des Anglais qui firent tout pour contrarier le projet. L’ingénieur Ferdinand de Lesseps, cousin de l’Impératrice Eugénie (épouse de Napoléon III) réalisa le canal avec brio. Son inauguration solennelle eut lieu en 1869, un an avant la chute de l’Empire. Eugénie, maîtresse des lieux, y invita les souverains européens qui vinrent en nombre. Le compositeur italien Verdi composa pour l’occasion son opéra Aïda. Ce fut une réussite éclatante pour la France malgré les multiples difficultés financières liées à l’exploitation du canal.
Les Anglais s’implantent
Mais l’euphorie ne dura guère. En 1882, une révolte nationaliste éclata et des Européens furent massacrés à Alexandrie. Les Anglais saisirent l’occasion pour débarquer, expédition à laquelle les Français refusèrent de participer ce qui était une faute stratégique. La voie était libre pour l’empire britannique. Formellement l’Egypte était toujours vassale des Ottomans mais dans les faits c’est bien la Grande-Bretagne qui dirige l’Egypte. Elle saisit bien sûr l’occasion pour prendre le contrôle du canal et évincer les Français.
Durant les décennies qui suivirent, les Anglais tentèrent de transformer l’Egypte en une colonie britannique, sans y parvenir. Le nationalisme arabe était très présent dans le peuple égyptien et, à l’issue de la première guerre mondiale, les Egyptiens parvinrent à imposer leurs vues après les émeutes de 1919. Les Anglais se résignèrent à accorder l’indépendance tout en gardant le contrôle du canal.
Enfin l’indépendance
L’Egypte se transforma alors en monarchie et Fouad en fut le premier roi en 1922. Il était l’arrière-petit-fils de Mehmet Ali, le fondateur de la dynastie. La même année, comme un symbole, le trésor de Toutankhamon fut découvert dans la vallée des Rois. Ce souverain ne fut pas le plus glorieux, loin s’en faut, et le trésor déposé dans sa tombe, pourtant fabuleux, n’est sans doute qu’une pâle figure par rapport à ceux des grands souverains de l’antiquité égyptienne. Mais tout cela fut pillé dès l’origine et l’on peut lire à ce sujet l’étonnant roman de Mika Waltari, Sinouhé l’Egyptien.
C’est un hasard qui a permis que cette tombe ne soit pas pillée et les projecteurs du monde entier se braquèrent sur l’Egypte, remplie de fierté.
Mais les démons islamistes commençaient à agiter le pays. Hassan el-Banna créa en 1928 la confrérie des Frères musulmans. Sous prétexte d’un retour à la prétendue pureté de l’islam originel, il développa une doctrine très agressive et très politique visant à la victoire universelle de l’islam par la force : « L’islam est dogme et culte, patrie et nationalité, religion et Etat, spiritualité et action, Coran et sabre. » Cette phrase emblématique des Frères devrait davantage interpeller nos gouvernants quand on sait que de nombreux musulmans installés en France sont adepte de cette doctrine.
Dans ce contexte, le rôle joué par l’université al-Azhar est important et mérite d’être signalé. Créée au Xe siècle, elle est un des plus anciens lieux d’enseignement de l’islam au monde. Elle jouit d’un immense prestige dans le monde musulman et est régulièrement travaillée par des courants islamistes, notamment celui des Frères. Un excellent film égyptien récent consacré à ce sujet mérite d’être vu, Conspiration au Caire.
Le coup d’Etat des officiers et la nationalisation du canal
Le roi Fouad mourut en 1936. Son fils Farouk lui succéda et c’est au cours de son règne que l’Egypte vit son destin basculer. Lassée de cette monarchie molle et peu ambitieuse, mais surtout désireuse de jouer un rôle politique, l’armée prend le pouvoir. Un groupe d’« officiers libres » organisa un coup d’Etat qui emporta un succès facile. Un nationaliste convaincu, le colonel Gamal Abdel Nasser s’imposa rapidement et après une période d’intérim, se fit élire président de la nouvelle république égyptienne.
En 1956, il décida de nationaliser le canal de Suez. Ce coup d’éclat lui valut un prestige immense dans le monde arabe. La France et l’Angleterre, qui se croyaient encore les maîtres du monde, organisèrent une expédition militaire, aidés par Israël, ravi de l’aubaine lui permettant d’attaquer l’Egypte et de conquérir la bande de Gaza.
L’armée égyptienne fut facilement vaincue mais les Américains et les Soviétiques intervinrent de concert pour intimer l’ordre aux Européens de rentrer chez eux, leur rappelant ainsi qui étaient maintenant les maîtres du monde.
L’Egypte récupéra son canal ainsi que la bande de Gaza. Pas pour longtemps puisqu’en 1967, devançant une probable attaque égyptienne, Israël attaqua l’Egypte et la Syrie par surprise. En six jours, d’où le nom de Guerre des Six-Jours qui lui est maintenant attribuée, les armées arabes furent vaincues. Israël récupéra la bande de Gaza et occupa le désert du Sinaï. L’humiliation fut grande pour l’Egypte qui se consola avec un grand projet de construction de barrage, le fameux barrage d’Assouan, destiné à réguler les eaux du Nil.
Curieusement, les Américains refusèrent d’aider l’Egypte à le construire. L’URSS fut ravie de l’aubaine et organisa sa construction qui s’acheva en 1970. Mais Nasser mourut prématurément cette même année d’une crise cardiaque. Il ne vit pas son œuvre s’achever et le monde arabe pleura son dirigeant le plus populaire.
Ce fut, bien évidemment, un officier qui lui succéda, Anouar el-Sadate. Il inaugura le barrage d’Assouan avec Nikita Khroutchev, alors dirigeant de l’Union soviétique et commença à préparer une prochaine guerre contre Israël. Elle fut déclenchée en 1973 avec l’allié Syrien. Cette fois, la surprise fut complète pour Israël qui frôla la catastrophe. L’Etat hébreu finit par inverser la tendance mais l’alerte fut chaude. Malgré cette nouvelle défaite, la satisfaction finit par l’emporter dans le monde arabe, car l’ennemi israélien avait failli être vaincu.
La réflexion de Sadate fut différente. Il acquit après cette défaite la certitude qu’Israël ne serait pas vaincu par les armes mais que des négociations devenaient possibles en raison du changement d’attitude de l’Amérique, alarmée par les difficultés militaires des Israéliens au cours de cette guerre. Il renvoya les conseillers soviétiques et se rendit en Israël au grand dam du monde arabe.
Sadate signe Camp David et se fait assassiner
De longues discussions eurent lieu et aboutirent en 1979 aux célèbres accords de Camp David. Signés laborieusement sous l’égide de Jimmy Carter par Sadate et Menahem Begin, le premier ministre israélien, ils permirent à l’Egypte de récupérer le Sinaï et elle dû reconnaître Israël qui n’avait pas fait un pas à propos de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de la reconnaissance d’un futur Etat palestinien.
Les pays arabes condamnèrent ces accords qui n’arrangeaient que l’Egypte. Une partie du gouvernement égyptien démissionna et les islamistes firent de Sadate une cible. Il fut en effet assassiné en 1981par des soldats lors d’une parade militaire au cours de laquelle le patriarche de l’Eglise copte mourut également. Les Frères musulmans étaient derrière cet attentat.
Un autre militaire, Hosni Moubarak, succéda à l’infortuné Sadate. Pendant trente ans il dirigea le pays médiocrement, tombant dans une corruption scandaleuse. Les Frères travaillaient dans l’ombre et les printemps arabes de 2011 (si mal nommés), leur permirent de déstabiliser le pouvoir.
Les Frères musulmans au pouvoir
D’immenses rassemblements islamistes ou tout simplement de protestation contre Moubarak, se déroulèrent au Caire sur la célèbre Place Tahrir. « Rendez-vous Place Tahrir » fut le mot d’ordre suivi par des foules compactes dont une partie resta camper plusieurs semaines. Personne ne croyait au succès de ces manifestants encore dépourvus de stratégie claire. En réalité, comme toujours en Egypte depuis Nasser, la situation dépendait de l’attitude de l’armée. Or Moubarak avait commis une erreur fatale à la fin de son règne. Il crut que son aura était plus grande que le pouvoir de l’armée et décida qu’après lui, ce serait son fils et non un autre officier qui lui succéderait. L’armée, dont on ignore trop souvent qu’elle est devenue un acteur économique majeur de l’Egypte, ne pouvait accepter de perdre ce rôle si lucratif.
Elle lâcha son président, les manifestations devinrent insurrectionnelles et Moubarak dut se résigner à abdiquer. La voie était libre pour les Frères qui remportèrent les élections en 2012, recueillant les fruits de leur investissement social dans tout le pays. Mohamed Morsi, un des leurs, devint président. L’expérience dura un an et se révéla calamiteuse. Uniquement préoccupés de l’islamisation du pays, les Frères ne gérèrent rien. L’économie s’effondra, la criminalité explosa, les attentats anti-chrétiens se multiplièrent.
L’exaspération monta avec l’inflation et le 30 juin 2013 d’immenses manifestations furent organisées dans tout le pays et, comme il se doit, sur l’inévitable Place Tahrir. Elles rassemblèrent sans doute vingt millions de personnes, chiffre inédit.
L’armée reprend la main
L’armée sortit alors du bois et exigea la démission de Morsi. Il refusa et le chef d’Etat major, le général Abdel Fatah al-Sissi, annonça la destitution du président. Ce dernier fut arrêté et mourut en prison quelques années plus tard.
Les manifestations organisées alors par les Frères furent réprimées sans pitié. Il y eut des milliers de morts et au moins autant d’arrestations. L’armée devint seule maître à bord, l’islamisme était vaincu. Sissi fut élu président l’année suivante et exerce depuis un pouvoir sans partage.
Il remit de l’ordre, rassura les chrétiens en leur assurant qu’ils faisaient partie intégrante de l’histoire de l’Egypte et repris des relations diplomatiques normales avec la Russie, son allié historique, les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, ses principaux bailleurs de fonds.
L’armée dut faire face à un deuxième ennemi islamiste, l’Etat islamique (Daech en acronyme arabe) qui avait organisé une guérilla dans le désert du Sinaï. Les combats furent durs et l’aviation permit finalement de faire la différence.
En ayant successivement expulsé les Frères musulmans du pouvoir puis Daech du Sinaï, l’Egypte peut se vanter d’être un des rares pays (après la Syrie) à avoir vaincu l’islamisme. Mais ce n’est qu’une victoire provisoire. Dans cet immense pays peuplé de plus de cent millions d’habitants et gangrené par la pauvreté, les prédicateurs islamistes parviennent régulièrement à remobiliser des jeunes tentés par le jihad et hélas par des attentats contre les chrétiens.
Des chrétiens nombreux et soudés
Ces derniers forment une communauté nombreuse (probablement quinze millions) et dynamique. Les visites dans les deux grands monastères situés le long de la Mer Rouge font partie des traditions respectées. L’enthousiasme y est visible et la chrétienté égyptienne est, à l’évidence, beaucoup moins menacée que celles de Syrie ou d’Irak.
Hormis ses problèmes financiers, le maréchal Sissi doit aujourd’hui affronter un redoutable problème : l’avenir des Palestiniens de la bande de Gaza, limitrophe de son territoire. Israël rêverait de déverser ces deux millions de malheureux vers l’Egypte ce dont Sissi ne veut à aucun prix pour de multiples raisons. Outre la gigantesque logistique que cela impliquerait, elle permettrait à des militants, proches des Frères musulmans, de s’implanter dans un pays qui les combat sans relâche.
L’Egypte est un pays d’Afrique mais il est, sur le plan géopolitique, tourné vers le Proche-Orient. Ce n’est pas un gage de stabilité et il faudra une armée puissante pour que les islamistes ne menacent pas à nouveau de plonger ce pays dans le sang et le chaos.
Antoine de Lacoste
Un adolescent de 15 ans poignardé à mort par un immigré afghan
Un adolescent de 15 ans est mort poignardé samedi 27 avril. Une enquête a été ouverte par le parquet de Châteauroux.
L’assassin est un jeune homme de nationalité afghane dont les parents sont en situation régulière. Il s’agit d’une affaire de guet apens tendu via les réseaux sociaux avec vol de portable à la clef. Le meurtrier était mis en examen depuis une semaine pour « vol aggravé avec violence » mais il gambadait libre dans les rues.
Rien ne transparaît dans les médias.
1er mai : le travail, bénédiction ou malédiction ?
Aymeric Pourbaix reçoit :
- Frère Jean-Thomas de BEAUREGARD, dominicain
- Joseph THOUVENEL, syndicaliste
- Amaury LEROUX de Lens, membre de l’OPUS DEI
Credo de Mgr Athanasius Schneider : une manne du Ciel pour notre temps
Présentation par Karen Darantière, traductrice :
Une réponse à un besoin urgent
Credo, Compendium de la foi catholique, de Mgr Athanasius Schneider répond à un besoin urgent de clarté dans la transmission de la foi catholique. Le Cardinal Sarah l’a déclaré avec force en octobre dernier, lors du lancement de ce livre à Rome :
« En cette période de grave crise dans l’Église, … [on entend] trop souvent des voix discordantes sortir de la bouche de beaucoup de prélats de haut rang sur des questions doctrinales et morales ; … une véritable cacophonie règne dans les enseignements des pasteurs, évêques et prêtres ; … il en résulte confusion, ambiguïté, apostasie ; … un profond désarroi et des incertitudes dévastatrices ont été inoculés dans l’âme de nombreux fidèles. »
Voilà le problème auquel le catéchisme de Mgr Schneider fournit la solution. Là où il y a confusion, il met la clarté. Au lieu de cacophonie, il fait entendre l’harmonie. On y retrouve la pureté de la foi, exempte de souillure, et l’unité de la foi, dans sa simplicité, l’unique garante de l’unité de l’Église en Dieu.
Une clarté qui dissipe les ténèbres actuelles
Cet ouvrage remarquable transmet l’enseignement traditionnel catholique en même temps qu’il répond clairement aux erreurs de notre temps, dissipant ainsi les ténèbres des dernières décennies. Voici quelques exemples de cette belle clarté :
o sur la messe traditionnelle : à la question : « Pourquoi ce lien avec l’antiquité est-il si essentiel à la sainteté du culte juste ? » il répond : « Dieu a révélé comment Il désire être adoré : par conséquent, cette sainteté ne peut être fabriquée ou décrétée ; elle ne peut qu’être reçue humblement, protégée diligemment et transmise révérencieusement. »
o sur l’authentique renouveau de l’Église : à la question : « Qu’ont prescrit les papes pour un authentique renouveau de l’Église ? » il répond en citant saint Pie X : « “Les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes.” »
o sur la communion à genoux et sur la langue (sujet qui lui tient à cœur), il écrit : «… nous croyons, adorons et nous soumettons à l’ineffable Majesté divine cachée dans la petite hostie, nous laissant nourrir par le bon Dieu comme de petits enfants, puisque c’est à Lui seul à nous donner cette nourriture surnaturelle, et nous ne pouvons ni la mériter ni nous élever à sa hauteur. »
La doctrine et la morale pérennes de l’Église, immuables en tout temps et lieu, s’accompagnent donc de réponses aux problèmes actuels, dont l’énumération complète serait fort longue, mais entre autres, on peut citer : le sacerdoce ou le diaconat féminin, l’œcuménisme, la peine de mort, l’idéologie du « genre », la diversité des religions, la liberté religieuse, la dignité humaine, l’infaillibilité pontificale, le mouvement charismatique, la Franc-maçonnerie, la pornographie et l’éducation sexuelle. Ce livre a le grand mérite de clarifier les affirmations ambiguës des documents conciliaires, comme aussi celles du Catéchisme de Jean-Paul II. Par exemple, à la question : « Le Saint-Esprit utilise-t-Il de fausses religions pour donner la grâce et le salut à l’homme ? » il répond :
« Non. Bien que Dieu puisse donner des grâces à un homme qui pratique une fausse religion compte tenu de son ignorance innocente et de sa bonne volonté sincère, de telles grâces ne seraient d’aucune façon dues à la fausse religion elle-même ou à sa médiation. Au contraire, la grâce peut être donnée à l’homme malgré son erreur, et afin de le conduire de cette erreur à la vérité de la juste foi. » (Cela clarifie Unitatis Redintegratio, 3 et le Catéchisme de l’Église catholique, 819.)
Ce que l’on trouve dans ce livre, c’est la pureté doctrinale, sans compromis avec l’esprit du monde. Nous souffrons tant de l’ambiguïté régnante, instrument diabolique pour subvertir l’Église ! La clarté que nous trouvons dans Credo est donc un don inestimable fait à notre Sainte Mère l’Église.
Comme une splendide cathédrale
Ce compendium contient un exposé clair, complet et concis de chaque article de la foi, de la morale, et du culte catholiques, sous la forme traditionnelle de questions et réponses, et compte plus de 600 citations du Magistère, des Pères et des Docteurs de l’Église. Il suit un plan classique en trois parties : la première expose ce que nous croyons, en suivant le Symbole des Apôtres (lex credendi) ; la deuxième explique les principes de l’agir moral, en suivant l’ordre des commandements (lex vivendi) ; la troisième traite de la grâce et des moyens de sanctification, surtout la prière et les sacrements (lex orandi).
L’ordre et l’harmonie de la structure font penser à une splendide cathédrale, soutenue par les piliers de la foi, de la morale, de la prière et des sacrements, et éclairée par la vérité divine qui, grâce aux questions et réponses limpides, comme la lumière traversant les rosaces, brille dans toute sa beauté.
Un catéchisme qui s’adresse à tous
Credo s’adresse à tous les catholiques universellement : à la jeunesse qui a soif de la vérité, aux parents et aux grands-parents qui veulent transmettre la foi à leurs enfants et petits-enfants, aux catéchistes qui préparent les catéchumènes à recevoir les sacrements, aux prêtres de paroisse qui veulent recommander un catéchisme solide à leurs ouailles. Ce livre est écrit dans une langue compréhensible pour ceux qui ne sont pas versés dans les questions théologiques, tout en étant précise et exacte. En effet, Mgr Schneider fait parler les Conciles, les Pères, les Docteurs, avec notamment beaucoup de citations de la Somme Théologique de saint Thomas d’Aquin, de façon que les simples fidèles puissent aisément comprendre. Les seuls prérequis sont l’amour de la saine doctrine, la volonté de mieux la connaître pour mieux l’aimer, et le désir de se prémunir, par un enseignement clair et concis, contre le déluge d’erreurs de notre temps.
Avec un cœur de pasteur qui aime ses brebis, Mgr Schneider transmet de manière simple et profonde les vérités de notre sainte foi. Lui-même, dans sa préface, dit pour qui il a composé cet ouvrage :
« Je suis obligé de répondre aux demandes de nombreux fils et filles de l’Église qui sont perplexes face à la confusion doctrinale régnant dans l’Église de notre époque. Je propose cet ouvrage, Credo: Compendium de la foi catholique, pour les fortifier dans leur foi et pour les guider vers l’enseignement immuable de l’Église. Conscient du devoir épiscopal d’être un “nourricier de la foi catholique et apostolique” … j’ai composé cet ouvrage … principalement [pour les] “petits” de Dieu … qui ont faim du pain de la droite doctrine. »
La marque de sollicitude maternelle
Ce qui me touche personnellement dans son livre, c’est qu’il l’a « dédié aux mères de tous les temps, et spécialement de notre époque, qui, même parmi les persécutions, ont transmis à leurs enfants la Foi catholique pure et immuable avec le lait et l’amour maternels. » Je pense que ces paroles s’appliquent aussi à Mgr Schneider en tant qu’évêque puisqu’il nous transmet la vérité avec amour paternel.
Touchante de même est sa dévotion envers Notre-Dame, que Mgr Schneider invoque ainsi dans sa préface : «que la Vierge Marie, Mère de Dieu et notre tendre Mère, dignement invoquée dans l’Église comme Destructrice de toutes les hérésies et Siège de la Sagesse, nous protège de son manteau maternel. » Il l’honore aussi par les titres traditionnels qui expriment ses soins maternels à notre égard :
« Marie est à la fois notre Corédemptrice, notre Médiatrice, notre Avocate et notre Mère, … parce qu’elle a coopéré à notre salut en acceptant d’être Mère du Rédempteur, en consentant à tous Ses actes rédempteurs et en offrant conjointement Sa vie à Dieu lorsqu’Il était sur la Croix, … [et] que Dieu, en nous donnant Jésus par elle, nous a donné toutes les grâces par elle. »
Clairement, la Pleine de Grâce a répondu à sa prière en l’accomplissement de cette œuvre si nécessaire.
La reconnaissance d’hommes d’Église et des fidèles
Cette œuvre accomplie pour le bien de l’Église bénéficie du soutien majeur du Cardinal Sarah, qui déclare : « la publication du livre Credo, Compendium de la foi catholique, est une initiative d’une grande importance, qui arrive à point nommé » ; et de Mgr Strickland, évêque valeureux du Texas, qui affirme : « ce m’est un honneur de m’unir aux fils et filles fidèles de l’Église qui ont déjà exprimé leur reconnaissance pour le Compendium de Mgr Schneider. » Il faut espérer que d’autres éminents prélats exprimeront également leur gratitude pour cette œuvre.
La reconnaissance la plus vive vient, cependant, de la part d’innombrables fidèles à travers le monde qui, comme des brebis bêlant, ont touché le cœur de ce bon pasteur qui par cet ouvrage répond à leur appel, en les conduisant vers les pâturages célestes. Cette reconnaissance est bien exprimée par le Dr Caterina Lorenzo-Molo, épouse et mère, qui dit :
« J’ai donné à mes enfants du lait et de l’amour, mais je n’ai pas toujours transmis tout ce qu’une mère catholique devrait transmettre. J’ai maintenant une meilleure chance pour mon dernier, ayant découvert la Tradition et ayant maintenant ce Compendium. La façon dont le livre est organisé (croire, vivre et prier) est un service rendu à nous, les “petits”, que l’auteur déclare être son public principal. On se retrouve avec un sentiment de paix (malgré la crise actuelle), et un grand désir d’être meilleur. »
En bref, Credo de Mgr Athanasius Schneider est une véritable manne du ciel pour notre temps.
Corée du Sud : sur les 300 nouveaux députés, 80 sont catholiques
C’est un chiffre sans précédent dans l’histoire politique du pays: sur les 300 députés qui constitueront le nouveau Parlement sud-coréen le 30 mai prochain, 80 d’entre eux sont catholiques. Une représentation politique qui dépasse largement les 11,3% de catholiques que compte la Corée du Sud.
Plus de la moitié de ces députés récemment élus appartiennent au Parti démocratique, 16 d’entre eux sont membres du parti conservateur Pouvoir au peuple (PPP), et les 11 restants représentent le Nouveau parti de la réforme, créé en 2024 par Lee Jun-Seok, ancien chef du PPP.
Parfois surnommée «le tigre asiatique de l’Église», l’Église catholique coréenne connait un renouveau ces dernières années. Selon un rapport de l’Institut pastoral catholique de Corée paru en 2020, le nombre de catholiques coréens a augmenté de 48,6% au cours des dernières années, passant de 3,9 millions en 1999 à 5,8 millions en 2018.
La capitale coréenne accueillera les prochaines Journées mondiales de la jeunesse en 2027.
