IVG dans la Constitution : Nicolas Bay déplore le comportement de l’immense majorité des parlementaires LR et RN
Extrait du très long et très intéressant interview accordé par Nicolas Bay, député européen sortant et n°2 de la liste Reconquête conduite par marion Maréchal, dns lequel il assume être conservateur :
Êtes-vous favorable à l’inscription du droit à l’avortement dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ?
J’y suis opposé, comme nous étions résolument opposés, avec Éric Zemmour et Marion Maréchal, à l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution française. En effet, la loi Veil posait un principe, une règle générale, le droit à la vie. Et elle ouvrait la voie à une exception, avec le recours possible à l’IVG dans un certain nombre de cas précis (en 1975, les conditions étaient assez restrictives même si elles laissaient déjà une large place à l’interprétation).
Ensuite, par des offensives successives de la gauche, l’IVG a été sanctuarisée comme un droit, puis remboursée, puis les délais ont été étendus, etc. En l’inscrivant dans la Constitution comme un grand principe intouchable, on fait de l’avortement quelque chose de positif, d’encouragé et de valorisé. C’est donc un changement total de philosophie par rapport au texte et même à l’esprit de la loi Veil. Et tout cela est un mensonge, qu’il soit autorisé ou non, remboursé ou non, l’avortement est toujours une tragédie, toujours un drame. C’est d’ailleurs le grand échec aussi de cette législation : le nombre annuel d’IVG (plus de 200 000) n’a pas diminué en 50 ans malgré les campagnes de prévention et un accès aisé et diversifié aux moyens contraceptifs (…)
En intégrant l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux, d’une part on imposerait au niveau européen l’avortement aux pays qui n’en veulent pas ou voudraient revenir dessus un jour – c’est donc une atteinte considérable à leur souveraineté, d’autant plus que les politiques de santé ne relèvent absolument pas des compétences de l’UE –, d’autre part l’avortement deviendrait un élément de la diplomatie européenne puisque celle-ci demande régulièrement aux pays tiers de respecter les « valeurs de l’UE ».
Sachant que le droit à l’avortement n’est, pour l’heure, pas menacé en Europe, trouvez-vous opportun d’ouvrir ce débat ?
(…) La gauche a profité de ce débat — légitime au demeurant — qui existe aux États-Unis actuellement pour revendiquer l’inscription de l’avortement dans la Constitution française. Et cette même gauche a d’ailleurs manifesté bruyamment que le vote du Congrès était pour elle une grande victoire politique et idéologique, ce qui est parfaitement exact ! Que Macron ait été le vecteur de cette initiative politique n’est bien sûr pas étonnant.
Ce qui est en revanche désolant, c’est le comportement de l’immense majorité des députés et sénateurs LR et RN qui ont soutenu activement en votant pour ou passivement en s’abstenant ce qui est un basculement grave. Ceux qui sont censés être de droite, même si beaucoup d’entre eux ne l’assument même pas, sont tellement soumis intellectuellement, culturellement et même psychologiquement à la gauche qu’ils sont incapables de s’en différencier.
Il y a là des causes multiples : l’effondrement du niveau de la classe politique y compris parlementaire, un conformisme confondant, l’angoisse de la joute idéologique et de son traitement médiatique, la peur panique de la « diabolisation » (…) Quand on voit que François Bayrou exprime ses réticences sur le fond et même son opposition à ce projet, car il a la finesse et sans doute aussi la conviction qu’il s’agirait d’un changement anthropologique, en plus de considérer qu’il ne faut pas jouer avec la Constitution, et que, dans le même temps, 75 députés RN sur 88 ne sont pas capables de s’y opposer, on se demande qui est dans la majorité et qui est dans l’opposition. Avec des ennemis comme ça, Macron n’a pas besoin d’amis ! Il peut aisément gouverner sans majorité absolue puisque les LR et RN jouent les forces d’appoint.
Pourquoi les débats sur l’avortement semblent toujours perdus d’avance ? Ne sont-ils pas devenus des débats d’arrière-gardes ?
D’une manière générale, les sujets dits « sociétaux », désignés ainsi pour en minimiser l’importance, sont souvent tabous dans notre pays. Parce qu’en amont des batailles politiques et électorales sur ces questions, le débat intellectuel est limité voire proscrit. La droite (mais aussi beaucoup d’acteurs associatifs, philosophiques, spirituels qui pourraient faire utilement entendre leur voix etc.) laisse la gauche et l’extrême gauche gagner du terrain, subvertir les consciences, dérouler leur propagande, sans mener le combat de manière assumée et pédagogique.
Il y a incontestablement une nécessité de se réapproprier tous les débats avec un exigence de vérité qui n’est pas incompatible avec la charité, au contraire, dans le respect des situations particulières et des choix de chacun.
Pour reprendre votre formulation, les combats perdus d’avance sont souvent ceux que l’on a d’emblée renoncé à mener (…)
Et on le voit sur des questions comme le mariage homosexuel et la PMA sans père hier, l’IVG dans la constitution aujourd’hui, la GPA et l’euthanasie demain, les progressistes sont très organisés, présents dans tous les groupes parlementaires (et en force là où les naïfs les pensaient moins nombreux) avec parfois des élus se comportant davantage en lobbyistes LGBT qu’en député de la nation.
Selon les informations de L’Incorrect, les élus du Rassemblement national s’abstiendront lors du vote, comprenez-vous leur décision ?
Au Parlement européen lundi dernier, en ouverture de la session plénière, le groupe parlementaire macroniste a demandé l’inscription d’un débat sur l’inscription de l’IVG dans la Charte des droits fondamentaux. Dans la foulée, les Verts, avec le soutien de la gauche et des macronistes, a demandé un vote sur un texte demander cette inscription. Il s’agissait donc pour la gauche d’une demande de dernière minute, opportuniste, alors que l’ordre du jour de la séance plénière de lundi à jeudi était déjà figé et dense. Par 143 voix pour, 135 contre et 26 abstentions, le sujet a ainsi été ajouté à l’ordre du jour. Parmi les abstentions, les 12 députés RN présents dans l’hémicycle ont donc été décisifs et je le déplore. (…) Si, comme vous me l’indiquez, le RN s’abstenait sur l’inscription de l’avortement dans la charte des droits fondamentaux, ce serait une preuve supplémentaire de leur alignement sur la gauche progressiste, et aussi une démonstration supplémentaire de leur inutilité.”
Ivan Rioufol dénonce le parti pris pro-ukrainien des experts et généraux de télévision
C’est tellement rare que cela vaut la peine de lire ce billet d’Ivan Rioufol dans lequel il décrit un réel que plus personne n’ose évoquer de peur de se faire traiter de pro-russe. Et Ivan Rioufol n’hésite pas à interroger Xavier Moreau, franco-russe ouvertement prorusse, mais dont les analyses moquées avec dédain s’avèrent finalement assez pertinentes :
Le récit officiel sur l’Ukraine victorieuse se heurte au réel. Les experts et généraux des plateaux de télévision, qui annoncent l’effondrement de la Russie depuis deux ans, se sont trompés. Vladimir Poutine est probablement en passe de gagner la guerre. L’économie de son pays connait une croissance qu’envierait Bruno Le Maire. Mais ces constatations n’empêchent pas les commentateurs de s’accrocher à leurs convictions. Il est difficile pour un téléspectateur de se faire une idée équilibrée des forces en présence, tant le parti pris pro-ukrainien est la règle.
Un semblable unanimisme s’était imposé lors de la « guerre » d’Emmanuel Macron contre le Covid : l’hystérie sanitaire avait pareillement déployé son armada de médecins pour annoncer l’apocalypse et récuser tout discours alternatif, présumé complotiste. Cette semaine, dans Marianne, une série de rapports « confidentiel défense » sont révélés. Ils alertent sur l’état de faiblesse de l’armée ukrainienne, qui rendrait sa victoire impensable. On peut y lire que « l’armée russe est aujourd’hui la référence tactique et technique pour penser et mettre en œuvre le modèle défensif ». Xavier Moreau, ancien Saint-Cyrien vivant désormais en Russie et ne cachant pas son soutien à Poutine, ne dit pas autre chose (1). Ses jugements, certes partiaux, se sont révélés néanmoins plus exacts que ceux des spécialistes dépêchés sur LCI. Rencontré hier à Paris, Moreau assure : « La défaite de l’Ukraine est acquise ». Il estime que les Russes pourraient même, à terme, s’emparer d’Odessa au sud et de Kharkiv à l’est. Mais lui n’est pas invité à s’expliquer.
Macron connaît mieux que personne cette situation favorable à la Russie. Son premier ministre a forcément ces éléments quand il déclare, hier devant les députés, avant de s’écrier « Slava Ukraini ! » (« Gloire à l’Ukraine ! ») : « Nous sommes à un moment de bascule (…) Si l’Ukraine perd, nous perdrons aussi ». Or, en confirmant le choix de la guerre plutôt que la diplomatie, Gabriel Attal sait qu’il force la France à s’impliquer dans la folle escalade d’un conflit généralisé et nucléarisé. « Nous ne nous fixons pas de limite face à la Russie, qui elle n’en fixe aucune », a-t-il déclaré en écho au chef de l’Etat. La raison n’est donc plus ce qui guide le président de la République. Il est obnubilé par son combat manichéen contre Poutine, assimilé au RN qui pourtant ne le soutient pas. L’attitude belliqueuse du gouvernement, attisée par l’échéance des Européennes, relève d’une même l’irresponsabilité. « Face aux Russes, on est une armée de majorettes », confie un haut gradé, dans le dossier de Marianne. C’est pourquoi Macron devient inquiétant, diabolique (diabolus : celui qui divise), dans son désir d’apparaître en résistant churchillien tandis que son pays se disloque. Non content de diviser l’Europe, il fracture davantage son pays (…)
On pourra aussi écouter cette interview intéressante de Xavier Moreau sur TV Liberté. Mais qu’attend donc LCI pour l’inviter ? Cela offrirait un peu de pluralisme :
Full #Stratpolisation de @LCI ! Ca n’arrête plus.
PS : on dit maskirovka pic.twitter.com/IEecRR5Rl3— Stratpol (@stratpol_site) March 11, 2024
Abstention en Iran : vers le renversement du régime des mollahs ?
Emmanuel Razavi est Grand reporter, spécialiste du Moyen-Orient. Il est auteur du livre enquête La Face cachée des Mollahs (Cerf), qui lève le voile sur les réseaux mafieux liés au régime islamiste iranien. Il est interrogé dans la revue Conflits à propos des dernières élections en Iran :
Quels étaient les enjeux de ces élections ?
Les chiffres officiels annoncent 41% de participation, mais dans les faits c’est beaucoup moins. Les estimations donnent des chiffres en dessous des 10%. Pour que l’État se permette d’annoncer seulement 41% alors que l’Iran est devenu une république bananière, c’est que la participation est catastrophiquement faible. Les élections devaient renouveler les 290 députés du Majliss, qui est une assemblée consultative chargée de voter la loi, et les 88 membres de l’Assemblée des experts, chargée de désigner le futur guide suprême. Ce conseil est calqué sur le conseil de la guidance des Frères musulmans.
Tous les candidats avaient été validés au préalable par le régime islamique. La plupart de ceux qui étaient considérés comme non conformes à la ligne dure ont été écartés.
Les Iraniens ne sont pas dupes, raison pour laquelle ils ne sont pas allés voter. Sur les réseaux sociaux, les messages déclarant un refus d’aller voter ont été plus nombreux que les bulletins dans les urnes. Toute la journée des élections, les vidéos devant des bureaux de vote vides se sont accumulées sur les réseaux.
Les élections ont donc été un échec complet pour le régime islamique ?
Ali Khamenei, guide de la République islamique, joue la survie du régime, c’est pourquoi il a écarté les plus « modérés » du pouvoir, qui sont en réalité peu fréquentables, et qui tiennent le réseau des trafics, notamment de drogue, alimentant le système. Il faut comprendre que Ali Khamenei est un pur produit de la révolution islamique de 1979, pur produit de l’idéologie frériste égyptienne, il est traducteur officiel de Sayyid Qutb, l’un des théoriciens les plus durs de l’organisation des frères musulmans. Mais le guide, 84 ans et très malade, et veut assurer sa continuité en nommant son fils au pouvoir. Ce dernier a 55 ans, il est lui-même contesté dans son propre camp, étant considéré comme un incapable. Les factions du régime ne sont même pas d’accord entre elles sur la suite. Les clercs de la République islamique s’inquiètent en privé de leur avenir. […]
Les élections ont eu lieu alors même que la contestation et des grèves se tiennent quotidiennement pour protester contre l’inflation, le gaspillage d’argent à l’extérieur, l’abandon d’une certaine partie de la population par l’État, etc. Le fait même de ne pas aller voter est contestataire, car en Iran le vote est obligatoire sous peine de sanction. On s’y attendait. Depuis 2022, il y a un vrai mouvement de révolution en Iran. En Occident la révolution se fait généralement de manière violente, en Iran elle est beaucoup plus culturelle et donc elle passe sous les radars occidentaux jusqu’à ce que survienne l’explosion.
Le pays traverse une période de crises multiples. Crise économique d’abord, car le pays est touché par une inflation terrible. On lit dans la presse qu’elle est de 40%, mais elle s’élève dans les faits à près de 70% sur les produits de consommation courante. La crise environnementale est aussi très préoccupante : 2/3 de l’Iran est en situation de stress hydrique. Un Iranien sur deux peine à se nourrir deux fois par jour, 30% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté selon les chiffres officiels, mais la réalité avoisine certainement de 50%. En effet, plus de la moitié des Iraniens peinent à se procurer de la viande ou à se nourrir convenablement deux fois par jour. […]
Les mouvements monarchistes, mais aussi de gauche, de droite et apolitiques convergent vers l’idée d’un gouvernement transitoire qui donnerait lieu à l’élection d’un dirigeant ou d’un vote constitutionnel. Globalement, toutes les oppositions sont d’accord là-dessus.
Fait notable, depuis une dizaine de mois, le nom du prince Reza Pahlavi est de plus en plus prononcé. Ce n’est pas que les Iraniens redeviennent forcément monarchistes, mais parce que c’est une figure qui rassemble. Même les Kurdes du Komala discutent avec lui. Il apparaît comme quelqu’un de compétent et cultivé, très au fait des problèmes de la jeunesse, en même temps qu’un lien entre l’Iran et l’Occident. Sur le plan intérieur comme sur le plan géopolitique, il est très visionnaire. Beaucoup d’Iraniens que j’ai interrogés, issus de différentes classes sociales, m’ont aussi dit qu’il incarnait la modernité et la liberté. Il porte aussi le nom le plus connu en Iran. Il incarne en fait une époque de modernité et d’égalité entre hommes et femmes, particulièrement pour de jeunes Iraniens nostalgiques d’une époque qu’ils n’ont pas connus. Il pourrait être, selon eux, celui qui incarne la transition le jour où le régime des Mollahs tombera, à condition bien sûr qu’il en ait envie. Car il le dit lui-même : « C’est aux Iraniens de choisir ». Quoiqu’il en soit, Reza Pahlavi est incontournable.
Vous parlez d’une révolution débutée en 2022 après la mort de Mahsa Amini. L’abstention record est-elle révélatrice d’une tendance de fond à renverser le régime ?
L’Occident ne comprend pas ce qu’il se passe en Iran. Les Iraniens sont très éduqués. Malgré la République islamique, les universités ont maintenu un excellent niveau. Et plus de 60% des personnes inscrites à l’université sont des femmes ! Elles auront des postes importants bien que les postes clés leur soient souvent fermés. Les Iraniens étant cultivés, jeunes, ils sont capables de gouverner le pays et ils le savent. En Iran, la moyenne d’âge est de 32 ans, donc le régime qui repose sur la génération de 1979 a compris que son temps était compté. Il se maintient par la force et les armes. Mais la révolution générationnelle est déjà faite, et d’ici 4 ou 5 ans, le pays pourrait basculer. […]
Bientôt la macronie va prendre ses conseillers au berceau
Un article de Contexte nous informe que les profils choisis dans les cabinets ministériels sont de plus en plus juniors. Il semble que ce n’est pas vraiment un choix mais un problème de ressources humaines. Avant il fallait un peu d’expérience pour entrer dans un cabinet, mais désormais à 23 ans, on peut être nommé au Journal Officiel. La dernière recrue du ministère des Relations avec le Parlement aura son diplôme en juillet 2024… Dans son CV, on trouve deux stages et un CDD au sein de la campagne présidentielle de 2022. Allez-vous étonner après ça que nous ayons un ministre qui confonde opprobre et eau propre !
Ainsi certains conseillers parlementaires ne connaissent pas la base de la procédure, ce qui agace un peu les élus, qui se plaignent de l’absence de réponse. Le parti Renaissance a même posé des offres sur Linkedin pour recruter. Le vivier est sec car ile n’ont pas d’élus dans les collectivités territoriales, où ils pourraient aller recruter. Hormis Bruno Le Maire et Gérald Darmanin qui sont entourées de personnes désormais expérimentées, en raison de leur longévité, les autres recrutent des jeunes qui leur seront redevables et n’oseront pas les contredire.
Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant
Hong Kong Goulag : la répression des dissidents s’intensifie
Le nouveau projet de loi sur la protection de la sécurité nationale du gouvernement fantoche de Hong Kong met en œuvre une répression sans précédent contre les dissidents et les opposants sous prétexte de collusion avec des forces étrangères. Le secret confessionnel des prêtres est également menacé.
Le chef de la sécurité de Hong Kong, Chris Tang, a présenté le projet de loi sur l’article 23 lors de la réunion du Conseil législatif du 8 mars. Cette mesure de “sauvegarde de la sécurité nationale” a toutes les chances d’être adoptée d’ici quelques semaines, malgré les 212 pages d’un texte rédigé sans tenir compte des commentaires des organisations internationales. Cette nouvelle réglementation est une étape supplémentaire dans la répression permanente de toute dissidence réelle ou supposée, qui a débuté au lendemain des manifestations pro-démocratiques de 2019 et qui transforme la ville-État de Hong Kong en antichambre d’un goulag soviétique, où la présomption de culpabilité s’applique à tous. Jusqu’à présent, les règlements de sécurité nationale de 2020 et les lois sur la sédition de l’ère coloniale britannique ont été utilisés pour poursuivre et emprisonner toute personne qui proteste ou participe simplement à des manifestations, ou les partis politiques dissidents contre le régime chinois.
Pour le gouvernement fantoche de Hong Kong, les nouvelles modifications législatives combleront les “lacunes” laissées par la loi sur la sécurité nationale de 2020 et seront essentielles pour lutter contre les activités clandestines des “forces étrangères” dans la ville. La loi de l’article 23 propose des peines allant jusqu’à la prison à vie pour les actes de “trahison”, d'”insurrection”, de “sabotage” et de “mutinerie”, 20 ans pour l’espionnage et 10 ans pour les crimes liés au “secret d’État” et à la “sédition”, mais aussi une nouvelle règle contre ceux qui ne traduisent pas en justice les opposants au gouvernement, un outil supplémentaire pour faire pression sur les communautés religieuses et le secret du confessionnal pour les prêtres.
La nouvelle réglementation permettra également aux autorités de révoquer les passeports de la région administrative spéciale de Hong Kong de toute personne fuyant à l’étranger et d’imposer des sanctions financières aux activistes étrangers. Le concept de “collusion avec des forces étrangères” est présent tout au long du projet de loi, et les sanctions prévues seront considérablement alourdies lorsque des “forces étrangères” sont soupçonnées d’être impliquées.
Il ne faut pas oublier qu’actuellement, le magnat des médias pro-démocratie, le catholique Jimmy Lai, est jugé pour un délit similaire en vertu de la loi sur la sécurité nationale de 2020. Dans son procès, une grande partie des “preuves” de l’accusation sont en fait des articles publiés par des chroniqueurs critiques à l’égard du régime communiste de Pékin et de Hong Kong, publiés dans le journal Apple Daily, aujourd’hui disparu, dont Lai était le propriétaire.
Les nouvelles réglementations donneront à la police le pouvoir de prolonger la détention des personnes arrêtées de 48 heures à 14 jours dans les affaires de sécurité nationale et introduiront un nouveau crime, celui de “l’utilisation illégale d’un ordinateur ou d’un système électronique pour mettre en danger la sécurité nationale”, punissable de 20 ans de prison. Confirmant l’intention persécutrice de la réglementation, celle-ci inclut également un délit défini comme “trahison par négligence”, qui frappera également d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison les personnes qui ont connaissance d’un comportement portant atteinte à la sécurité de l’État, mais qui ne le signalent pas.
Il est facile de voir qu’une infraction formulée de cette manière est une épée de Damoclès au-dessus de la tête de quiconque, en particulier des prêtres et des membres de la famille ou des amis d’un dissident. Dans l’une des soumissions faites au stade de la consultation populaire, selon le site d’information religieuse Asia News, la question avait également été soulevée, citant le cas des ministres du culte, mais les autorités de Hong Kong n’avaient pas offert de réponse globale sauvegardant le secret du confessionnal. Tout le monde est donc dans le collimateur, la dénonciation est de rigueur, la suspicion est déjà une sanction certaine : le vrai communisme à Hong Kong se renforce. Le chef de la sécurité Chris Tang avait déclaré ces derniers jours qu’il y avait un besoin réel et urgent de la nouvelle loi, citant les vagues de résistance populaire en 2019 et avertissant que même l’art “peut être un prétexte à la subversion“.
Pékin absorbe systématiquement Hong Kong dans son régime totalitaire, en violation de l’accord conclu en 1997 entre la Chine et la Grande-Bretagne, qui prévoit d’honorer l’autonomie du système politique, social et économique distinct de la ville jusqu’en 2047. Depuis que le parti communiste chinois a imposé une loi de sécurité nationale de grande envergure en juin 2020, Hong Kong a vu ses libertés d’expression, de presse, de religion et d’association réduites et l’État de droit mis à mal.
Avec la nouvelle loi de l’article 23, en plus de resserrer les chaînes aux poignets de chaque citoyen, le communisme chinois veut briser le secret du confessionnal, entraver l’Église et transformer les prêtres en agents. C’est trop, comme l’est aussi le silence intolérable du Royaume-Uni et du Vatican.
La communauté internationale souhaite-t-elle que le Liban disparaisse ?
Ministre des Affaires sociales de la République libanaise depuis le 12 septembre 2021, Hector Hajjar est actuellement en visite en France puis à Bruxelles, pour alerter la communauté internationale sur la crise libanaise. Il a contribué à la mise en œuvre de plusieurs projets de reconstruction dans le sud du Liban après 2006 et à la réponse humanitaire d’urgence aux victimes de l’explosion du port de Beyrouth en 2020. Il a joué un rôle essentiel dans l’élaboration et l’adoption de la première stratégie nationale de protection sociale au Liban. De plus, il a lancé un ensemble de programmes visant à garantir la protection sociale des catégories les plus vulnérables, en parfaite cohérence avec cette stratégie.
Il a publié mardi une tribune publiée dans Le Figaro, véritable cri d’alarme sur la disparition prochaine du Liban, pris en étau entre une communauté internationale qui lui impose la présence continue de deux millions de migrants syriens sur son sol et la menace de l’arrêt des aides internationales.
Il s’exprimait mercredi matin dans les locaux de SOS Chrétiens d’Orient sur l’urgence d’aider le Liban, où plus de 2 millions (soit plus de 30% de la population totale) de “réfugiés” syriens menacent la stabilité d’un pays en faillite.
Imaginez la France accueillant, dans la même proportion, 21 millions de réfugiés ; n’y résisteraient ni l’infrastructure nationale, ni l’édifice social.

Parmi ces Syriens, certains sont effectivement des réfugiés fuyant le régime de Bachar, d’autres sont en transit vers l’Europe, d’autres encore viennent profiter des aides fournies par les institutions internationales et les ONG permettant aux réfugiés, dont certains travaillent au noir, de financer leur santé, l’éducation de leurs enfants et de bénéficier de l’aide alimentaire. Les Libanais n’ont pas droit à autant d’égards, alors certains Libanais déchirent leurs pièces d’identité pour se faire passer pour des réfugiés et bénéficier de ces aides.
Les Syriens ne sont pas regroupés dans certaines régions mais dispersés façon puzzle, ce qui contribue à créer un état quasi-conflictuel. Et ce grand remplacement n’est pas prêt de s’interrompre puisque, avec les réfugiés palestiniens et syriens, sur 5 naissances, une seule est libanaise.
Le Liban ne veut ni ne peut continuer à prendre en charge ces réfugiés. Mais l’UE est contre le retour des Syriens en Syrie : alors quelle est la solution ? L’Europe peut-elle prendre en charge ces millions de réfugiés ?
Le Liban compte évaluer le nombre de Syriens pour savoir en quelle année ils sont venus. Sont-ils de vrais réfugiés ? Ensuite, le gouvernement libanais veut appliquer la loi : les non réfugiés doivent être refoulés, ceux qui ont un problème avec leur pays, que veulent-ils ? Or il y a aujourd’hui une pression internationale pour empêcher le Liban d’appliquer sa loi. La communauté internationale souhaite-t-elle que le Liban disparaisse ?
J’appelle tous les participants au prochain sommet «Bruxelles VIII» à se souvenir que les déplacés et les migrants présents sur le territoire libanais n’ont pas vocation à y rester pour des générations encore. Il faut donc que tout nouvel accord intègre concrètement la question du rapatriement des réfugiés syriens, à travers un plan de mise en œuvre détaillé. Et si tel n’était pas le cas, les Libanais comprendraient immanquablement que la disparition de leur pays est une hypothèse de travail de la communauté internationale.
La grande misère des soins palliatifs : 21 départements sont totalement dépourvus d’unités de soins palliatifs
De Marie d’Armagnac sur Boulevard Voltaire :
C’est une loi qui date du siècle dernier : le 9 juin 1999 était votée à l’unanimité la loi visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs. Elle stipule en son article 1er alinéas A et B que
« toute personne malade dont l’état le requiert a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement » et que « les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage. »
25 ans après, ce droit dont devraient bénéficier tous les malades en fin de vie est-il pleinement respecté en France ? Assurément non.
Interviewée ce mardi sur Europe 1, le docteur Ségolène Perruchio, chef du service de soins palliatifs du Centre hospitalier de Rives de Seine et vice-présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), rappelle la vraie urgence en matière de fin de vie et ancre dans la réalité les termes du débat :
« On sait accompagner correctement les malades pour peu qu’on nous en donne les moyens. Le premier scandale, c’est qu’un patient aujourd’hui en France qui devrait bénéficier de soins palliatifs ne peut pas en bénéficier. C’est un rapport de la Cour des comptes qui le dit. »
21 départements sans centre de soins palliatifs
En effet, ce projet de loi sur l’euthanasie et le suicide assisté est l’occasion de (re)découvrir la grande misère des soins palliatifs français. 21 départements sont totalement dépourvus d’unités de soins palliatifs, que ne peuvent remplacer les équipes mobiles qui interviennent à domicile, dans les hôpitaux ou les EHPAD, ou les services hospitaliers non spécialisés. Interrogé à l’antenne d’Europe 1, Olivier Polidori, médecin dans une unité mobile de soins palliatifs dans l’Indre, avertit :
« Certains soins ne pourront pas être forcément faits et l’expertise ne sera pas forcément bonne. Pour la douleur, nous utilisons des antalgiques, mais certains ne sont maîtrisés que dans les CHU. »
Concrètement, cela signifie, selon Europe 1, que la France dispose d’à peine 2,8 lits pour 100.000 habitants quand il en faudrait au moins 5 pour 100.000 habitants. Sans une révolution des soins palliatifs, la France s’enfoncera à coup sûr dans une culture euthanasique : comment peut-on le nier, quand on sait que selon les projections de l’INED, la France comptera plus de 125.000 centenaires en 2050 ? […]
Tandis que ça défouraille à Rennes, Darmanin arrête des militants politiques
14 anciens membres de Génération identitaire ont été interpellés mardi dans plusieurs régions, à Paris, à Lyon et en Savoie. Ils sont soupçonnés d’avoir « reconstitué » l’association sous le nom d’Argos. Le sinistre de l’Intérieur se félicite de cette action d’éclat en émettant deux calomnies sur Génération identitaire :
« En 2021, nous avions dissous ce groupuscule violent d’ultradroite à la demande d’Emmanuel Macron. Nous ne laisserons aucun groupe dissous se reconstituer. Merci à la justice pour son action forte suite au signalement que j’ai effectué. »
Sorti de 29h de GAV à l’instant 🚨
En rentrant du meeting de #Reconquête à Paris, j’ai eu la mauvaise surprise d’être arrêté, perquisitionné et interrogé à la demande de #Darmanin pour « reconstitution de ligue dissoute » car ancien GI. @Argos_france est visé : soutien à eux ! pic.twitter.com/HePN8Itdyq
— Jérémie Piano (@JeremiePiano_) March 13, 2024
⚠️ Des militants Argos ont été arrêtés sans raison dans toute la France sur ordre direct de Gérald Darmanin ce matin.
🔥 SOUTENEZ-NOUS, partagez et faites connaître la situation !#Argos pic.twitter.com/WA4wwSv0qC
— Argos (@Argos_france) March 12, 2024
Pour Darmanin, c’est effectivement plus simple que d’interrompre une fusillade à Rennes…
Mobilisation contre l’euthanasie et le suicide assisté
Soulager mais pas tuer lance une campagne :
L’annonce par le président de la République de la légalisation d’une « aide à mourir », paravent dissimulateur de l’euthanasie et du suicide assisté, menace gravement le droit de vivre des plus fragiles, en les poussant à l’auto-exclusion. D’un droit à l’euthanasie, on dérape vite à un devoir.
C’est le moment d’intensifier notre mobilisation pour protéger les personnes les plus vulnérables qui seront les premières victimes de ces pratiques alors que la priorité est à la solidarité !
Notre collectif se fait le porte-parole de son regretté parrain Philippe Pozzo di Borgo qui dénonçait déjà la
“pression – pour ne pas dire l’oppression qui monte quand une société rend éligibles à la mort les plus humiliés, les plus souffrants, les plus isolés, les plus défigurés, les moins résistants à la pitié des autres, et – certains le revendiquent déjà – les plus coûteux.”
Le Collectif invite toutes les personnes sensibles à la véritable fraternité à rejoindre l’appel.
Nous vous remercions de diffuser cet appel déjà signé par des dizaines de milliers d’entre vous. Si chacun trouve un nouveau signataire, nous doublerons le nombre de signatures.
Le temps est maintenant compté : ces signatures seront remises solennellement à l’Elysée au moment de la présentation du projet de loi en Conseil des ministres.
Témoignage de Vincent Bolloré sur l’avortement
Interrogé par la commission d’enquête parlementaire sur la polémique concernant l’émission En Quête d’esprit sur CNews, Vincent Bolloré déclare :
👉 Vincent #Bolloré revient sur la polémique de #CNews sur l’IVG :
« Je suis très attaché à la liberté des gens de disposer d’eux mêmes. Mais je suis aussi pour la liberté des enfants à vivre (…) Il y’a pas mal d’années mon ex femme a appris qu’elle était enceinte et j’ai été… pic.twitter.com/BJMGgQUyEq
— Livre Noir (@Livrenoirmedia) March 13, 2024
Autre témoignage sur sa famille :
Vincent Bolloré : "J'ai eu la chance de naître dans une famille catholique, bretonne, riche et célèbre. Sur 177 Français ayant débarqué en 1944, deux étaient de ma famille."pic.twitter.com/YnlrKUtgmO
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) March 13, 2024
Marion Maréchal : “Je suis l’archétype de l’enfant qui aurait dû être avortée”
Marion Maréchal répondait aux questions de Gabrielle Cluzel à l’occasion de la journée de la femme. Le sujet de l’avortement est abordé à partir de 25’05” :
Mgr Hervé Giraud, nommé archevêque-évêque du diocèse de Viviers
Le Pape François a nommé ce mercredi 13 mars Mgr Hervé Giraud évêque de diocèse de Viviers (Ardèche) en France. Âgé de 67 ans, il était jusqu’à présent archevêque du diocèse de Sens-Auxerre. Cette nomination représente un fait assez rare à deux titres : Mgr Hervé Giraud va redevenir simple évêque mais conservera son titre d’archevêque et il retrouvera ainsi sa terre natale, sa famille…et son diocèse d’origine :
“Un diocèse de Viviers que Monseigneur Hervé Giraud connaît bien pour y avoir été ordonné. Né à Tournon-sur-Rhône il y a 67 ans, il a grandi au bord du fleuve puis a été ordonné prêtre en 1985 à Viviers. Il a ensuite exercé quatre années à Privas en tant que membre de l’équipe pastorale. Nommé ensuite responsable de séminaire à Lyon, il était revenu quelque temps à Tournon-sur-Rhône. Un bref passage avant de retourner à Lyon en tant d’évêque auxiliaire. Il y reste de 2003 à 2007.
Monseigneur Hervé Giraud exerce aussi la mission de prélat de la mission de France, ce qui lui permet d’avoir des liens avec une cinquantaine de diocèses et une forte expérience des diverses réalités. Il conservera cette charge une fois installé à Viviers.
Monseigneur Giraud étant déjà évêque (et même archevêque, un titre qu’il gardera bien que le diocèse de Viviers ne soit qu’un évêché), il ne sera pas ordonné, mais “simplement” installé en tant qu’évêque. Cette messe d’installation aura lieu le dimanche 14 avril, à 15h, au Grand Séminaire à Viviers.”
Iran : chute spectaculaire de la fréquentation des mosquées
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
La chaine d’informations Iran International, basée à Londres depuis 2017 relayait les propos du ministre de la Culture, Mohammad Mehdi Esmaili pour qui la fréquentation des mosquées en Iran est désormais «très alarmante».
“Aujourd’hui, les chiffres et les statistiques circulant concernant les mosquées actives sont très alarmantes. Les mosquées actives ne sont pas simplement des lieux où les prières communes prennent place trois fois par jour jour. Il semble “qu’un nombre significatif de nos mosquées ne soient plus en mesure de faire perdurer cette activité minimale.”
Ses remarques intervenaient à un moment où les Iraniens critiquent l’alignement du régime sur l’islam rigoriste, avec les manifestations éclatant en septembre 2022 après la mort de Mahsa Amini en détention pour une infraction liée au hijab.
En février 2023, un clerc iranien de premier ordre, Mohammad Abolghassem Douabi, a révélé que 50 000 des 75 000 mosquées du pays avaient été fermées en raison d’une baisse importante de la présence. Douabi, de l’administration du président intermédiaire Ebrahim Raisi et des séminaires du pays, s’est alors déclaré préoccupé par la chute de la pratique et ses implications pour un État fondé sur les principes islamiques.
Également un membre de l’assemblée influente des experts, Douabi a suggéré que la façon dont les pratiques islamiques sont appliquées en Iran ont conduit les gens à s’éloigner de la religion. Il a souligné des facteurs, notamment «l’humiliation des personnes au nom de la religion», la falsification des concepts et enseignements religieux » et « priver les gens d’une vie décente et créant la pauvreté au nom de la religion » comme des raisons de déclin.
En août 2023, le ministre de la Culture avait appelé à plus d’événements basés sur les mosqués pour raviver la foi et y ramener les Iraniens. Esmaili a déclaré que “la majorité des activités culturelles et artistiques devraient avoir lieu dans les mosquées.”
Le général Coustou menacé de mort après ses déclarations à l’encontre d’Emmanuel Macron
Le 7 mars, le général André Coustou recevait le magazine Nexus à son domicile. Moins de huit jours après cet entretien et les déclarations qu’il a faites à l’encontre d’Emmanuel Macron, il confie avoir reçu des menaces de mort. Dans cet entretien de plus d’une heure, général Coustou aborde de nombreux sujets : le discrédit et le délitement de la France à l’étranger, son parcours militaire, son engagement pour le pays, sa mission de six mois en ex-Yougoslavie. Un entretien conduit par Armel Joubert des Ouches pour le magazine Nexus.
Le numéro 15 de Gloria, consacré à la Passion pour se préparer à la Semaine Sainte
Chaque mois, Gloria vous fait découvrir un article du magazine en fonction du calendrier liturgique et une citation. Ce week-end, les bars et les pubs de votre ville se pareront de vert pour fêter la saint Patrick. Gloria vous propose d’en savoir plus sur l’apôtre de l’Irlande avec la rubrique Qui suis-je ? à télécharger gratuitement sur le site. On vous en donne le début ci-dessous.
Saint Patrick (ou Patrice) est né au Pays de Galles vers 390. À l’âge de 16 ans, il est enlevé par des pirates irlandais qui l’emmènent en captivité dans leur île. Patrick passera six ans de servitude à garder le bétail. Dans cette épreuve, le jeune homme, né dans un famille chrétienne, renoue avec la foi de son enfance. Il s’enfuit et étudie en vue de devenir prêtre. Il semblerait qu’il soit déjà évêque quand le pape l’envoie évangéliser l’Irlande en 432. Sur la plupart des représentations du saint, l’apôtre de l’Irlande porte ses attributs épiscopaux : la mitre et la crosse.
Le mois de mars est aussi le mois de saint Joseph :
Le Très-Haut donne grâce, semble-t-il, aux autres saints pour nous secourir dans tel ou tel besoin ; mais le glorieux saint Joseph, je le sais par expérience, étend son pouvoir à tous. Notre-Seigneur veut nous faire entendre par là que, de même qu’il lui fut soumis sur cette terre, reconnaissant en lui l’autorité d’un père et d’un gouverneur, de même il se plaît encore à faire sa volonté dans le ciel, en exauçant toutes ses demandes.
Sainte Thérèse d’Avila, Le Livre de la vie, 6.
Au sommaire de la partie sur la Passion :
- Méditation
- Dossier sur La Passion
- Lectio divina : La prophétie du serviteur souffrant
- Qu’est-ce que le chemin de croix ?
- Sainte Véronique
- Ecce homo
Qui conseille le chef de guerre au sommet de l’État Français ?
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Depuis l’intervention de la Fédération de Russie en Ukraine le 24 février 2022, Emmanuel Macron se pose en chef de guerre incontesté en Europe. Ce doit être une idée fixe chez lui, car le 16 mars 2020, au début de la « crise sanitaire », ce dernier martelait au peuple français : « Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire certes. Nous ne luttons ni contre une armée ni contre une autre nation, mais l’ennemi est là, invisible, insaisissable, et qui progresse… » (1)
Je supposais à tort que son instinct guerrier allait s’amenuiser avec le temps. Or, ce « modus operandi intellectuel supposé temporaire » est devenu, malheureusement, permanent. Sa véritable nature perturbée s’étale de plus en plus et la question de sa légitimité à la tête de l’État se pose de plus en plus. Il n’est pas le seul dans ce cas. Joe Biden, 46e président des Etats-Unis, semble ne pas avoir tous ses neurones bien alignés. Le problème est qu’Emmanuel Macron et Joe Biden dirigent des pays possédant le feu nucléaire et qu’ils peuvent, d’un clic, transformer cette planète en une fournaise inhabitable.
Élevé et biberonné par les anges gardiens de la République, l’ENA et la banque Rothschild, notre chef de l’État et des armées semble être tout émoustillé à l’idée de faire pleuvoir des bombes sur la Fédération de Russie. Tel un Néron qui regardait avec exaltation Rome en flammes, jouirait il en secret de voir Paris dévasté ? Le problème, avec les irresponsables, réside dans leur imprévisibilité. Entouré d’une caste technocratique, arrogante et définitivement déconnectée, plus centrée à conserver leurs privilèges qu’à contrarier « Jupiter », le bénéfice collectif de la nation est quasiment réduit à zéro.
Un élan de folie collective a propulsé à la tête de l’État, en 2017, un jeune président ayant épousé une femme de la génération des « boomers ». Toutes les générations ont été séduites et l’ont porté au pinacle. J’étais loin de me douter, qu’avec un bilan aussi désastreux de son premier quinquennat, les Français allaient en redemander en 2022. Comme dit le proverbe : « L’erreur est humaine, mais persévérer est diabolique ». – Citation de Sénèque ou de Ménandre -.
Voici quelques dates clé de l’escalade de l’Attila français :
24 février 2022. Ukraine : “A cet acte de guerre, nous répondrons sans faiblesse”, déclare Emmanuel Macron (2)
29 août 2022. Extrait de son entretien avec Mateusz Morawiecki, Président du Conseil des ministres de Pologne. « Nos échanges de ce jour porteront bien évidemment sur la guerre en Ukraine et sur notre détermination commune à soutenir l’Ukraine pleinement, aussi longtemps que cela sera nécessaire. » (3)
31 décembre 2022. A l’occasion des vœux présentés aux Français, il avait envoyé un message aux ukrainiens : « Nous vous aiderons jusqu’à la victoire », « soutien sans failles ». En clair : Il venait de déclarer, de facto, la guerre à la Russie, mais il nous souhaitait une bonne année et une bonne santé. (4)
17 et 18 février 2023. Les leaders occidentaux étaient réunis à la conférence de Munich pour un « Davos de la sécurité internationale ». Emmanuel Macron y a accusé la Russie d’être une « puissance de déséquilibre et de désordre ». (5)
16 février 2024. Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de faire, devant le Parlement, une déclaration « relative à l’accord bilatéral conclu avec l’Ukraine » suivie d’un débat et d’un vote. Cet accord de sécurité « inscrit notre soutien à l’Ukraine dans la durée pour faire échec à la guerre d’agression de la Russie. » Dans ce texte, signé avec Volodymyr Zelensky à Paris, la France s’engage à fournir en 2024 « jusqu’à trois milliards d’euros d’aide militaire supplémentaire » à Kiev, après un soutien qu’elle chiffre à 1,7 milliard en 2022 et 2,1 milliards en 2023. Soit un soutien civil et militaire dans la durée… (6)
26 février 2024. Le chef de l’Etat avait affirmé que l’envoi en Ukraine de troupes au sol ne devait pas « être exclu », au nom d’une « ambiguïté stratégique ». La plupart des autres pays européens et même les Etats-Unis, se sont démarqués de cette position, tout comme les opposants en France. Quant au Kremlin, il a accusé et à juste titre, le président français « d’augmenter le niveau d’implication directe de la France » dans le conflit.
7 mars 2024. Ayant réuni les chefs de parti à l’Élysée, ses paroles ont été sans ambiguïtés. Extrait du magazine Le Point. « Guerre en Ukraine. Ce qu’a dit Emmanuel Macron aux chefs de parti : aucune limite, aucune ligne rouge… au soutien de la France à l’Ukraine ». Tous les responsables des partis politiques présent sont ressortis inquiets par les propos du président de la République. (7) Mais après, dans le salon des Ambassadeurs, tous les partis d’opposition sont tombés d’accord, pour dire qu’il faut « apporter un soutien indéfectible à l’Ukraine ». Il faudrait savoir ! D’un côté, les principaux responsables des partis politique sont inquiets, et de l’autre il faut soutenir Zelensky et ses bataillons aux relents néo-nazi. – Azov, Centre Droit, Aidar…- (8)
Depuis l’opération spéciale lancée en Ukraine le 24 février 2022 par la Russie, une partie du haut commandement militaire, s’exprime régulièrement dans les médias. Des généraux, tels que Yakovleff, Goya, Trinquand, Pellistrandi, Minguet, multiplient les interviews. Leurs analyses séduiront certainement les férus de l’art de la guerre et conforterons les soutiens inconditionnels de la « suprématie » de l’armée ukrainienne face à « l’infériorité » de l’armée de la Fédération de Russie. Présentées finement, leurs explications comportent immanquablement une plaidoirie en faveur d’un rehaussement constant du budget des armées. Plus de bombes, plus de chars, plus de balles, plus de destructions, donc plus de morts. (9)
Éminence grise de l’Élysée, Isabelle Dumont, est une experte de l’Ukraine qui a soufflé dans l’oreille de François Hollande et d’Emmanuel Macron. Inconnue du grand public, parlant quatre langues, elle fait partie du cercle restreint des conseillers de la présidence. Entre 2015 et 2019, elle a été ambassadrice à Kiev et a ensuite intégré le pôle diplomatique de l’Élysée. Elle connaît l’Ukraine sur le bout des doigts et considère que la guerre dure, en réalité, depuis 2014. – Date du coup d’Etat de l’Euromaïdan -. Elle a fait partie du groupe de travail de négociations sur les accords de Minsk, signé le 5 septembre 2014. Accords qui n’ont jamais été respectés par les gouvernements ukrainiens. Depuis le 14 décembre 2023, elle a été postée ambassadrice à Ankara en Turquie. Le problème est qu’Isabelle Dumont ne semble pas avoir dénoncé les bombardements incessants causés par les différents gouvernements ukrainiens dans la région du Donbass depuis 2014, alors qu’elle en a été un des témoins directs. – plus de 18 000 morts dont beaucoup de civils -. Pourquoi ? (10) et (11)
Son remplaçant en Ukraine s’appelait Etienne Poncins. En poste depuis 2019 à Kiev, il cède sa place le 18 août 2023 à Gaël Veyssière. Voici son message posté sur le site « La France en Ukraine » à cette date sur X : « Alors que je quitte mes fonctions, je veux redire le soutien indéfectible de la France à l’Ukraine et notre admiration pour sa courageuse résistance à l’agression russe. ». Totalement en phase avec l’OTAN et la politique de la France.
Le nouvel ambassadeur à Kiev s’appelle Gaël Veyssière. A peine arrivé, il montre qu’il soutiendra sans faille la politique jusqu’au boutisme d’Emmanuel Macron. Extrait de son discours du 24 janvier 2024 : « Il n’y a pas de paix durable sans justice et sans sanction. La France y contribuera » « Dans sa tribune pour Європейська правда, l’Ambassadeur de France en Ukraine Gaël Veyssière détaille la poursuite du soutien de la France à l’Ukraine en 2024… » (12)
Ces ambassadeurs doivent être atteints du « syndrome de Stockholm ». En effet, un décret a été publié le 17 avril 2022 annonçant la suppression du corps diplomatique dès 2023. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la réforme de la haute fonction publique d’Emmanuel Macron, envisageant la suppression des conseillers des affaires étrangères et des ministres plénipotentiaires. Les 800 hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères avaient jusqu’au 1er janvier 2023 pour choisir de rejoindre le pot commun des « administrateurs d’État ». Ceux qui refusaient cette transition risquaient de ne pas voir leur contrat renouvelé à l’échéance de 2023.
Abordons maintenant le nerf de la guerre. Qui finance le complexe militaro-industriel ? (13) Ce sont évidemment vos impôts. Grâce à l’émergence, depuis les années 1990, de fonds cotés en bourse (ETF 14), beaucoup de financements ont été possibles sans que cela n’attire l’attention du grand public.
Le 30 juin 2022, au cours d’une cérémonie de signature organisée par le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, les dirigeants et les ministres de 22 pays de l’Alliance ont lancé le fonds OTAN pour l’innovation, premier fonds de capital risque « multi souverain » au monde. Voici un extrait de sa déclaration : « Ce fonds est unique en son genre. Grâce à son horizon d’investissement à 15 ans, il va permettre de développer des technologies naissantes qui ont le potentiel d’induire des changements profonds pour notre sécurité dans les décennies à venir, en soutenant l’écosystème d’innovation de l’Alliance, ce qui renforcera la sécurité de la population de nos pays, soit un milliard de personnes. »
Le 1er août 2023, vingt-trois pays de l’Alliance (OTAN) sont officiellement devenus associés commanditaires du Fonds OTAN pour l’innovation (NIF). C’est le « premier fonds de capital-risque multi souverain au monde », qui va investir 1 milliard d’euros dans des start-ups technologiques du secteur de la défense. L’industrie de la défense a retrouvé des couleurs et de l’intérêt auprès des investisseurs depuis le début de la guerre en Ukraine. Les budgets militaires ont explosé pour le plus grand plaisir des marchands d’armes.
Actuellement en Europe, les engagements d’aide militaire pour l’Ukraine ont augmenté de manière spectaculaire pour atteindre la fabuleuse somme de 50 milliards d’euros. Le complexe militaro industriel européen n’a pas la capacité de produire aussi vite que celui de la Russie et pourtant, il continue de percevoir l’aide ukrainienne via le fonds spéculatif EFT de l’OTAN.
Pour produire plus d’obus, les lobbies militaires réclament plus d’aide des États pour générer encore plus de bénéfices. Emmanuel Macron a suivi cette tendance depuis 2022, en augmentant le budget du ministère des armées tout en déclarant sa volonté de créer une économie de guerre et un complexe militaro industriel français.
En 2024, la France est devenue le deuxième marchand d’armes du monde, et l’Ukraine le troisième importateur d’armes. (15) À ce propos, une question : je n’ai jamais entendu parler de mouvement de grèves dans les usines d’armement… Curieux, non ?
Et la paix dans tout ça ? Avec des va-t-en-guerre au sommet de beaucoup de pays de l’UE, des Etats-Unis et d’Israël, elle joue les abonnés absents. Ceci implique que la responsabilité de chacun de nous est engagée. Chaque personne peut influencer le cours de l’histoire. Le futur n’est pas écrit. Il sera ce que la population dans son ensemble en fera. Habiter un havre de paix ne dédouane en rien de ses responsabilités envers ses voisins et les peuples de la Terre. Continuer à faire l’autruche est le moyen le plus rapide pour que cette planète finisse un jour par exploser. Chaque personne a le pouvoir de dire non. Chaque personne peut s’élever contre des lois et des ordres liberticides. Chaque personne peut dire non à la guerre et à la misère. C’est juste une question de bon sens. Mais encore faut-il le vouloir.
Claude Janvier.
Écrivain, essayiste et chroniqueur de l’émission hebdomadaire « Libres Paroles » sur TV ADP. Intervenant régulier sur RT France et des médias libres et indépendants. Son dernier livre : « Les Démasqués, Qui dirige réellement le monde ? » KA Éditions https://kaeditions.com/product/les-demasques-qui-dirige-reellement-le-monde/
Notes :
(1) https://www.decideurs-magazine.com/politique-societe/37904-nous-sommes-en-guerre-le-discours-complet-du-president.html
(2) Ukraine : “A cet acte de guerre, nous répondrons sans faiblesse”, déclare Emmanuel Macron (lanouvellerepublique.fr)
(3) Prononcé le 29 août 2022 – Emmanuel Macron 29082022 Conflit en Ukraine | vie-publique.fr
(4) Prononcé le 31 décembre 2022 – emmanuel macron 31122022 voeux 2023 aux francais | vie-publique.fr
(5) Guerre en Ukraine. Réquisitoire de Macron, vers un soutien du FMI à l’Ukraine… Le point sur la nuit (ouest-france.fr)
(6) Guerre en Ukraine. Accord de sécurité : Macron lance un débat, avant un vote au Parlement (dna.fr)
(7) https://www.lepoint.fr/politique/guerre-en-ukraine-que-compte-faire-macron-en-reunissant-ce-jeudi-les-chefs-de-parti-07-03-2024-2554425_20.php
(8) Emmanuel Macron prône un soutien sans « aucune limite » à Kiev, au risque de s’isoler sur la scène politique française (lemonde.fr)
(9) Guerre en Ukraine : dans le cerveau des hauts gradés de l’armée française (rtl.fr) Jérôme Pellistrandi : “Faute de munitions, l’Ukraine peut perdre des batailles décisives mais pas la guerre” (marianne.net) https://www.lexpress.fr/societe/si-les-russes-nous-avaient-attaques-l-alerte-des-generaux-francais-sur-l-etat-de-l-armee_2178782.html
(10) https://www.emilemagazine.fr/article/2022/11/1/isabelle-dumont-lexperte-de-lukraine-qui-souffle-loreille-du-president
(11) https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/ukraine/video-diplomates-en-action-sur-tous-les-terrains-en-ukraine/
(12) https://ua.ambafrance.org/Il-n-y-a-pas-de-paix-durable-sans-justice-et-sans-sanction-La-France-y
(13) Paragraphe cité dans l’ouvrage de Claude Janvier et de François Lagarde. Date de parution : Mai 2024. Titre : l’Etat Profond Français. Qui, comment, pourquoi ? KA Editions
(14) Un ETF (Exchange-Traded Fund) est un produit financier, similaire aux actions ou aux obligations, émis par des sociétés de gestion agréées. Contrairement à d’autres fonds, les ETF sont cotés en continu et peuvent être achetés ou vendus tout au long de la journée comme des actions. L’innovation réside dans le fait que, grâce à un seul ordre, les investisseurs peuvent diversifier leurs placements dans toute une série d’entreprises, regroupées dans un « pot » commun avec d’autres investisseurs. Les ETF répliquent généralement un indice boursier, offrant ainsi une diversité d’investissements, allant des grandes entreprises mondiales à des secteurs spécifiques tels que l’énergie verte, la technologie, la sécurité, l’armement, la cybersécurité, etc
(15) https://www.rtl.fr/actu/economie-consommation/comment-la-france-est-devenue-le-deuxieme-plus-gros-vendeur-d-armes-au-monde-7900362
Des enfants devenus des cobayes aux mains des idéologues du genre
Des enfants, des adolescents et des patients souffrant de troubles psychiatriques ont été soumis à des traitements improvisés. Des sorciers inconscients des méfaits, pourtant connus, du “changement” de sexe. Tel est le scandale né de la publication de dossiers internes de l’Association professionnelle mondiale pour la santé des transgenres.
L’Association professionnelle mondiale pour la santé des transgenres (Wpath) est considérée comme la principale autorité scientifique en matière de médecine du genre, c’est-à-dire de transsexualité et de soi-disant “changement” de sexe. Au cours des dernières décennies, ses normes de soins ont inspiré des lignes directrices pour les gouvernements, les systèmes de santé nationaux, les associations médicales et les cliniques publiques et privées.
Le site web Environmental Progress a publié une série de fichiers internes très compromettants de Wpath. Il s’agit notamment de captures d’écran de messages provenant du forum de messagerie interne de Wpath et datant de 2021 à 2024, ainsi que d’une vidéo d’une discussion interne.
Ces dossiers nous apprennent, par exemple, que les médecins du Wpath improvisaient souvent consciemment des traitements médicaux sur des patients, sans savoir quels effets ils pourraient avoir à l’avenir. Ils étaient également conscients que les enfants et les adolescents sur lesquels ils intervenaient étaient incapables de donner un consentement éclairé véritablement valable, car les jeunes patients peuvent difficilement comprendre quels sont les effets réels de ces interventions sur leur vie ; il en va de même pour les parents en raison de l’analphabétisme médical, qui n’est pas rare. Toujours à propos du consentement éclairé, les dossiers prouvent que certains patients souffraient de schizophrénie et de troubles dissociatifs de l’identité et que d’autres étaient aussi désespérés que des sans-abri. Les préoccupations soulevées dans certaines discussions à propos de ces catégories de personnes ont été qualifiées de “superflues”.
Et encore, les médecins se sont montrés indifférents aux risques à long terme de leurs traitements, alors qu’ils connaissaient les effets parfois mortels (cancer par exemple) des traitements hormonaux croisés : infertilité, dysfonctionnement sexuel, incapacité à atteindre l’orgasme, pour n’en citer que quelques-uns.
De plus, les expériences ne sont ni randomisées, ni en double aveugle, ni contrôlées : une norme minimale pour toute expérience qui veut porter le titre de scientifique. Enfin, il ressort des dossiers que les chirurgiens discutent de la possibilité de créer des “sexes” qui n’existent pas dans la nature, préfigurant les tentations prométhéennes. En bref, à Wpath, l’illusion de créer un nouvel homme est expérimentée sur des cobayes humains.
Compte tenu de l’autorité de Wpath, la publication des dossiers a créé un séisme dans l’ensemble du milieu médical américain. Nous verrons comment Wpath réagira aux critiques. Il est très probable qu’ils feront tomber quelques têtes et qu’après un certain temps, ils continueront comme ils l’ont toujours fait.
Les mensonges, les risques cliniques, le mépris de la santé des patients sont le prix nécessaire que l’idéologie LGBT doit payer pour atteindre ses résultats. Il était évident depuis longtemps que les opérations de changement de sexe étaient nocives pour le corps et le psychisme (cliquez ici, ici et ici), et les travailleurs de la santé de Wpath le savaient : ils ont donc agi de manière malveillante. Mais la bataille idéologique doit se poursuivre, sachant que dans toute guerre il y a des victimes : dans ce cas-ci, des enfants, des malades mentaux et une dame appelée “vérité”.
La prudente stratégie iranienne
D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :
Depuis l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre dernier et l’incroyable violence de la riposte israélienne, le monde scrute le comportement de l’Iran, acteur essentiel de la poudrière orientale.
Le Hamas a dû être déçu : dans les jours qui ont suivi son offensive, l’Iran n’a pas bronché et n’envisage pas de le faire. Les spéculations selon lesquelles les mollahs de Téhéran étaient derrière le 7 octobre ont fait long feu. On le sait d’ailleurs maintenant avec certitude : personne n’était au courant et tout le monde a été stupéfait, l’Iran comme la Russie, le Qatar ou l’Arabie Saoudite.
Une fois ce point acquis, la question restait entière : qu’allait faire l’Iran ? Envoyer le Hezbollah libanais attaquer Israël au nord ? Organiser des bombardements sur l’Etat hébreux par milices irakiennes chiites interposées ? Rien de tout cela ne s’est produit.
En réalité, l’Iran est peut-être intervenu mais indirectement et jamais contre Israël. L’action la plus spectaculaire a consisté en l’attaque par drones d’une base américaine située dans le sud de la Syrie (et non dans le nord de la Jordanie comme cela a été souvent écrit). Trois militaires américains ont été tués. Ce sont les milices chiites irakiennes qui étaient à la manœuvre. L’Iran est peut-être derrière mais ce n’est pas une certitude. D’autres attaques ont été organisées contre d’autres bases avec moins de dommages. Rappelons au passage que les Américains occupent une partie importante de la Syrie sans aucun fondement légal et que cela ne semble déranger personne. Ces derniers, après avoir promis une terrible réaction, se sont contentés d’envoyer quelques missiles sur des miliciens chiites irakiens. Une sorte de service minimum.
LES HOUTIS, NOUVEAUX ACTEURS DE LA REGION
La prudence est donc réciproque car personne n’a intérêt à un embrasement généralisé. Les Houtis (chiites) qui contrôlent maintenant une bonne partie du Yemen, n’ont pas la même retenue. Ils ont pris une initiative originale qui a consisté à bombarder les bateaux de guerre américains, sans succès, mais aussi les navires de commerce passant au large de leurs côtes à destination du Canal de Suez. Cette fois la réussite fut au rendez-vous et plusieurs cibles ont été touchées semant une belle pagaille dans l’ensemble du transport maritime. Suez devient trop dangereux et la route passe maintenant par le Cap de Bonne espérance, soit un léger détour…
Les Iraniens auraient pu être soupçonnés de connivence car ils ont activement soutenu la rébellion houtiste contre le régime sunnite en place. Il n’en a rien été, les Houtis agissent de leur propre chef et personne, pas même l’Amérique, n’a pointé l’Iran du doigt.
Mais c’est bien sûr le long de la frontière libanaise que le risque de voir la situation dégénérer était le plus important.
LA RETENUE DU HEZBOLLAH
Et là non plus, pour l’instant, l’explosion n’a pas eu lieu. Certes, les échanges d’artillerie sont importants et plusieurs dizaines de Libanais, dont plusieurs combattants du Hezbollah, ont été tués. Le pire ne s’est cependant pas produit : pas d’incursion du Hezbollah et pas d’invasion israélienne. La milice chiite libanaise étant totalement dépendante de l’Iran, tant financièrement que pour ses livraisons d’armes, il est évident que c’est sur ordre de Téhéran que le Hezbollah se montre très prudent. Les déclarations de Nasrallah, le chef de la milice, sont d’ailleurs constantes sur le sujet. L’Etat israélien, de son côté, n’a pas intérêt à ouvrir un deuxième front.
La seule initiative spectaculaire prise par Israël a été l’élimination par missile d’un chef du Hamas dans la banlieue chiite de Beyrouth. Les représailles promises par le Hezbollah ont été minimes et l’affaire est presque oubliée.
D’où vient cette prudence iranienne ? Elle est finalement assez simple à expliquer. L’Iran ne va pas bien. Sa population est mécontente, le niveau de vie a baissé et les sanctions occidentales (américaines surtout) l’affaiblissent vraiment. Autant la Russie a les capacités de résister aux sanctions et même de les transformer en atout, autant l’Iran n’en a pas les moyens.
PAS D’AVENTURE EXTERIEURE POUR L’IRAN
Les émeutes contre le port du foulard et la répression de la police des mœurs n’ont, comme prévu, pas fait vaciller le régime, mais l’inquiétude est réelle chez les mollahs. Après 45 ans de dictature islamiste, ils sentent bien que leur impopularité est croissante et qu’un échec économique peut être l’élément déclencheur d’une révolte plus grave que les émeutes du foulard.
C’est pour cette raison qu’un rapprochement s’est opéré avec l’Arabie Saoudite, ennemi encore juré il y a peu. Mohamed ben Salman, le prince héritier saoudien, était également favorable à un apaisement des relations, correspondant bien à sa volonté de moderniser son pays à marche forcée et de mettre fin aux conflits régionaux. De plus, son échec militaire au Yemen l’incite dorénavant à davantage de prudence.
Dans le même temps, de discrets signaux ont été envoyés aux occidentaux pour tester leur éventuelle volonté de reprendre les négociations sur le nucléaire afin d’envisager une levée des sanctions, seul moyen de relancer l’économie du pays. Cela n’a pas encore été couronné de succès, mais dans la conjoncture actuelle, ce n’est de toutes façons guère envisageable.
De plus, au-delà du conflit israélo-palestinien, il y a le calendrier électoral américain. Les élections ont lieu en novembre et jusque-là la situation restera sans doute figée. Si Biden (Anthony Blinken plus exactement compte tenu de l’état mental du président) donne son feu vert pour des négociations, Trump se précipitera dans la brèche pour accuser les démocrates de faiblesse envers le pouvoir iranien. D’ailleurs si Trump est élu, il est peu probable qu’il accepte les ouvertures iraniennes. C’est lui qui avait dénoncé le traité de Vienne et renvoyé l’Iran à ses sanctions et à ses recherches nucléaires. Il serait très surprenant qu’il envisage de changer de cap à ce sujet.
C’est donc au plus mauvais moment pour l’Iran que le conflit israélo-palestinien est relancé. Tout est maintenant gelé, en attendant une sortie de crise, ce qui peut prendre un certain temps.
Les Iraniens ne sont toutefois pas les seuls à être bien embarrassés. Les Américains sont ainsi dans une posture plus délicate encore. En effet, ils convainquaient petit à petit les pays du Golfe de normaliser leurs relations avec Israël. Comme souvent les Emirats Arabes Unis avaient montré la voie et déjà officialisé leur reconnaissance de l’Etat hébreu. Notons au passage que c’est à peu près au même moment que ces mêmes Emirats ont rouvert leur ambassade à Damas. Une sorte de troc avec l’Amérique n’est pas à exclure.
L’Arabie Saoudite à son tour examinaient la question et plusieurs réunions discrètes s’étaient déroulées entre responsables israéliens et saoudiens. Si l’affaire avait abouti, c’eût été une révolution géopolitique majeure : le pays de La Mecque reconnaissant l’Etat juif, sous arbitrage américain, quel triomphe pour Washington ! Aujourd’hui, la violence de la réaction militaire israélienne et les dizaines de milliers de morts civils qui l’accompagnent, ainsi que le soutien militaire américain massif, remettent tout en cause. Les opinions publiques arabes sont indignées du sort réservé à Gaza et il faudra sérieusement décaler le calendrier d’une reconnaissance d’Israël par l’Arabie Saoudite.
Il semble d’ailleurs évident que l’un des buts de l’opération du Hamas était précisément de saboter ces pourparlers. De ce point du vue, la réussite est complète. La question palestinienne, de plus en plus négligée par les pays arabes, est bien revenue sur le devant de la scène.
Cet enchaînement imprévisible va donc retarder les projets iraniens. Mais la modération militaire du régime des mollahs montre bien que la normalisation diplomatique et économique est toujours à l’agenda de l’Iran.
Légaliser le suicide assisté et l’euthanasie, l’urgence du Président de la République
De L’équipe Tout mais pas Ça ! de la fondation Jérôme Lejeune :
Le 11 mars, dans un entretien accordé aux journaux Libération et La Croix, Emmanuel Macron précise le contour du projet de loi et annonce son passage en Conseil des ministres en avril et à l’Assemblée nationale fin mai.
Ce texte traite des soins d’accompagnement, anciennement appelés soins palliatifs, et « en même temps » de l’aide à mourir. Les termes de “suicide assisté” ou “d’euthanasie” sont soigneusement omis. C’est pourtant bien de cela dont ’il s’agit :
Pour accéder à cette « aide à mourir » voulue par le gouvernement, une personne doit être majeure, capable d’un discernement plein et entier – excluant de ce fait les personnes atteintes de maladies psychiatriques ou neurodégénératives altérant le discernement -, souffrir d’une maladie incurable qui cause des souffrances physiques ou psychologiques réfractaires à tout traitement et avoir un pronostic vital engagé à court et moyen terme.
L’administration de la substance létale peut être réalisée par la personne elle-même, un proche ou un soignant. Faire entrer un proche est probablement une solution pour contourner le refus des soignants, mais cela risque de participer à diviser les familles.
Cette actualité supplémentaire manifeste combien la société perd tout repère. Il est urgent de se mobiliser pour reconstruire une société fraternelle, animée par la valeur de la vie humaine.
Aller à la rencontre de nos concitoyens est source d’espérance pour la société. Leur besoin de discussion et de sensibilisation est immense. L’association Faim2vie créée par des membres de la convention citoyenne sur la fin de vie lance une opération tractage les 22-23-24 mars. Tout Mais Pas Ça la soutient et vous invite à vous mobiliser à leur côté. Il est urgent de maintenir notre société ancrée dans l’interdit de tuer.
Un apport précieux dans la douloureuse querelle liturgique : les colloques du CIEL
De Cyril Farret d’Astiès :
La liturgie, depuis juin 2021 et le motu proprio Traditionis custodes, est de nouveau un champ de bataille. Ce n’est pas une image. On a ainsi appris que dans l’archidiocèse de Westminster était interdit cette année le Triduum pascal dans sa forme traditionnelle. Il s’agit même d’une guerre totale puisque le pape souhaite l’éradication de la liturgie traditionnelle :
« Les livres liturgiques promulgués par les Saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du Concile Vatican II, sont la seule expression de la lex orandi du Rite Romain » (motu proprio Traditionis custodes). Aussi le pape François prend « la ferme décision d’abroger toutes les normes, instructions, concessions et coutumes antérieures à ce Motu Proprio » (lettre explicative aux évêques).
Il ne s’agit cependant pas d’un Blitzkrieg. Force est de constater, Dieu aidant, que nombre de cardinaux, d’évêques, de prêtres, de religieux, de fidèles, sans toujours bien comprendre ni connaître le trésor dont nous vivons, en toute fraternité et charité, appliquent le conseil de Gamaliel :
« Et maintenant, je vous le dis, ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. » (Actes 5:38-39).
Mais à côté de ces batailles qu’il faut bien mener, et sans perdre de vue que tout est dans les mains de Dieu, un travail plus intellectuel se poursuit. Un travail de diffusion et de pédagogie en faveur de la liturgie traditionnelle. Que l’on songe par exemple aux deux colloques organisés à la maison de la Chimie en 2022 et 2023, mais aussi les rencontres Pax Liturgica organisées à Rome depuis plusieurs années dans le cadre du pèlerinage du Peuple Summorum Pontificum.
On pourrait à l’opposé évoquer les colloques portés par les tenants de la réforme, organisés ces dernières années à Paris : colloque « Desiderio desideravi » du Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle en 2023 et colloque « Formé à et par la liturgie » organisé en 2024 à L’Institut catholique de Paris dont Paix Liturgique a donné témoignage en son temps.
D’autres colloques, moins populaires, plus scientifiques, se poursuivent pour approfondir la connaissance de la liturgie traditionnelle. Ce sont les colloques du Centre international d’études liturgiques. Ces colloques ont vu le jour en 1994 pour « faciliter la piété par une meilleure connaissance de la liturgie de l’Église ». Des contributeurs variés et reconnus ont toujours participé à ces éditions ; y compris des acteurs importants de la réforme (on songe aux pères Bouyer, ou Gy), ou de hautes autorités de l’Église : les cardinaux Stickler, Oddi ou Medina Estevez.
L’édition 2024, qui cette année encore s’est tenue à Rome, abordait un sujet de grande importance : la concélébration et les messes privées dans l’histoire de la liturgie. Il est inenvisageable de dresser un panorama exhaustif des échanges et des contributions mais que l’on nous permette tout de même de livrer quelques miettes pour mettre en appétit et pousser les lecteurs à demander la publication des actes.
On sait combien l’exigence de concélébration est une pierre d’achoppement. Combien est exigée cette pratique comme manifestation de sincérité et de communion ; le colloque n’avait pas pour objectif premier de répondre à ces préoccupations actuelles mais d’éclairer le sujet de plus loin et de bien plus haut.
Le professeur Rubén Peretó Rivas de l’université de Cuyo en Argentine, spécialiste de la philosophie médiévale et président du CIEL, a introduit le thème de cette édition 2024 en rappelant opportunément que la connaissance de la liturgie, au-delà des approches pastorales ou militantes, mérite des approfondissements scientifiques et des discussions dans la sphère académique.
Le chanoine Guitard de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, s’appuyant sur ses travaux de mémoire de licence, démontrait que la célébration privée de la messe est très probable dès le VIe siècle et très vraisemblable aux premiers siècles de l’Église. Cette pratique, généralisée à l’époque carolingienne, est le résultat d’un développement organique qui est le propre de la liturgie : « croissance lente, progressive, contrôlée – quoique non imposée – par l’autorité ». Le chanoine rappelait le caractère ontologiquement public et social de la messe quand bien même est-elle célébrée privément. À son heure le chanoine Drillon insistera lui aussi sur ce point crucial. Il est d’ailleurs sidérant de constater que la nouvelle messe perd de vue cet aspect ; c’est ce qui apparaît par exemple dans le n° 254 de la Présentation générale du missel romain qui indique qu’en cas de célébration sans ministre ni fidèle (ce qui est déconseillé par l’Église depuis des siècles) « les salutations, les monitions et la bénédiction à la fin de la messe sont omises. »
Le chanoine Stéphane Drillon du diocèse de Nice, dans un exposé d’une très grande rigueur de démonstration (toute juridique), présentait un état des lieux du statut canonique de la concélébration. De sa communication qui n’intéresse pas uniquement la liturgie traditionnelle mais également (et ils sont probablement plus nombreux qu’on ne le pense) les praticiens de la liturgie de Paul VI, il ressort que le droit positif (canon 902) garantit la liberté de ne pas concélébrer qui est une simple possibilité. Le chanoine s’interrogeait sur les « pressions psychologiques subies » (particulièrement par les jeunes prêtres dans les diocèses ou les communautés religieuses) et constatait que le canon 1378 sur les abus de pouvoir n’est jamais évoqué pour faire respecter le droit à ne pas concélébrer. On trouvera de larges extraits de cette intervention sur le Salon Beige.
Le professeur Philippe Bernard de l’École pratique des hautes études, quant à lui, s’est intéressé aux partisans et adversaires de la multiplication des messes sur une vaste période allant des carolingiens au XVIIIe siècle. Une réflexion du professeur au détour de ce riche exposé me semble intéressante pour éviter les anachronismes mais aussi pour éclairer la liturgie dans sa profonde réalité :
« on ne cherche pas à répondre à une demande qui serait exprimée par des consommateurs de sacré, mais à glorifier Dieu, à bénéficier des suffrages des clercs (…). C’est cette mentalité qui explique la multiplication des églises votives, (…) qui explique cette multiplication des autels et des messes à la fin du VIe siècle (et certainement pas) un élan d’utilitarisme moderne qui nous est spontanément familier ».
Rappelons-nous, en effet, combien la liturgie est d’abord et avant tout un culte et non une pastorale (ceci n’excluant d’ailleurs pas cela).
Le professeur Manfred Hauke, prêtre, professeur de dogmatique à la Faculté de théologie de Lugano, prononçait une conférence très riche et probablement centrale pour entrer au cœur de la problématique liée à la concélébration : les fruits sacramentels de cette pratique à présent systématisée. Ne perdons en effet jamais de vue les quatre fins du sacrifice eucharistique : demande, action de grâces, pardon, et louange. Le conférencier échafaudait son évaluation à partir de trois courants différents : l’un, qu’il rattache aux travaux de Karl Rahner, repousse la concélébration estimant indifférent pour le prêtre de concélébrer ou de participer parmi les fidèles ; un deuxième courant affirmant la valeur sacramentelle distincte de chaque messe et qui conduit logiquement à multiplier les célébrations individuelles ; le troisième courant étant convaincu que les fruits sacramentels dépendent de l’acte sacramentel de chaque célébrant et qu’il n’y a donc pas de raison dogmatique de limiter la concélébration. Que l’on nous permette une remarque complémentaire : ces préoccupations théologiques sur les fruits sacramentels sont le cadet des soucis de l’immense majorité des zélateurs de la concélébration. Leur approche est, avant toute chose, pastorale et démonstrative. Elle se focalise sur la communion manifestée par l’unité autour de l’évêque (mais le plus souvent entre confrères) ce qui est extrêmement réducteur.
Le père Michael Shami, prêtre maronite de l’éparchie de Los Angeles est doctorant en études liturgiques. Introduisant sa contribution consacrée à la concélébration dans le rit syro-maronite, il rappelait cette question qu’il aime poser à ses étudiants : « Voulez-vous savoir comment est-ce pratiqué couramment ou pratiqué correctement ? ». Son étude démontre une influence latine certaine à partir du XVIIe siècle et permet de rappeler certains aspects de la concélébration cérémonielle qu’il faut distinguer de la célébration sacramentelle. Dans sa conclusion il invitait à réfléchir « sur l’utilisation monolithique du terme de concélébration » et posait une question fondamentale : « qu’est-ce que le concélébrant pense faire ? ».
L’abbé Claude Barthe que l’on ne présente plus, étudiait la majestueuse concélébration de la messe pontificale du jeudi saint en usage à Lyon jusqu’en 1965. Il montrait avec force détails que la rareté (quatre à huit fêtes seulement en fonction des siècles) et la disparition de la concélébration dans la liturgie romaine s’explique par son caractère très hiérarchique mais également par l’approfondissement doctrinal concernant les fruits du sacrifice qui conduisit d’ailleurs à la généralisation de la célébration privée de la messe.
On peut probablement apporter des arguments contraires et présenter des objections sur tel ou tel point à ces conférenciers qui ne sont pas des amateurs. Mais il nous semble bien difficile de les négliger.
Quel malheur donc de ne pouvoir parvenir à débattre posément entre catholiques de ces sujets si importants, si intimement liés à la foi que nous proclamons pourtant dans le Credo.
Je vois trois raisons différentes à ce refus :
- Le désintérêt total pour la contemplation des mystères révélés par Dieu à son Église au profit d’une religiosité sentimentale et plastique.
- Le refus du débat par posture d’autorité.
- La fuite du débat par carence d’argument.
Mais il n’est pas interdit d’espérer puisque tout est dans les mains du Bon Dieu.
Cyril Farret d’Astiès
Accord de sécurité franco-ukrainien : un seul député de droite a eu le courage de voter contre
Alors que Marine Le Pen a prononcé un bon discours laissant logiquement penser à un vote contre l’accord de sécurité franco-ukrainien, les 88 députés RN se sont abstenus. Une sorte de “en même temps” illusoirement subtil ayant pour seul objectif de ne pas tomber dans le piège politicien d’Emmanuel Macron. L’abstention semble devenir l’outil préféré du RN comme sur l’inscription du “droit” à l’IVG dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
Un seul député de droite, non soumis à la pression médiatique et politique, a eu le courage d’aller au bout de ses convictions et de voter contre. Il s’agit de Nicolas Dupont Aignan. Le plus incroyable dans cette véritable hypocrisie parlementaire, c’est que beaucoup de Français pensent comme lui.
“Comme pour l’avortement, les verrous initiaux sauteront petit à petit.”
D’Olivier Frèrejacques, Président de Liberté politique :
L’annonce faite par le président de la république de la légalisation de l’euthanasie qu’il renomme pudiquement « aide à mourir » dans les journaux Libération et La Croix n’est pas une surprise.
Le projet était en gestation depuis deux ans avec le « comité consultatif national d’éthique » puis avec la « Convention citoyenne ».
Le texte se veut restrictif avec une condition de majorité et de maladie, écartant les malades d’Alzheimer et les malades psychiatriques. Comme pour l’avortement, les verrous initiaux sauteront petit à petit.
Quant aux soins palliatifs, ils font l’objet d’une attention dans les éléments présentés par le président mais l’avènement de l’euthanasie les relèguera encore un peu plus. La stratégie des défenseurs de l’euthanasie a toujours été de défendre parallèlement le développement des soins palliatifs. En réalité, les soins palliatifs coûtent cher quand l’euthanasie rapporte de l’argent à certains et évite des coûts à l’État. Demain, nous aurons donc l’euthanasie mais pas plus de soins palliatifs ou alors une progression marginale de ces derniers.
Côté politique, le vote de la constitutionnalisation de l’avortement a montré la faiblesse des oppositions sur les sujets dits « de société ». Ceux qui hier ont soutenu la constitutionnalisation au nom d’une stratégie visant à « se respectabiliser » vont probablement pratiquer la même méthode pour l’euthanasie.
Reste le maillage associatif et religieux (essentiellement catholique) qui pourra mobiliser un peu. Sur ce sujet comme sur celui de l’avortement, les oppositions, essentiellement de droite, ont raté le coche en refusant d’admettre la nécessité de politiques sociales. En favorisant l’accueil de l’enfant et en incitant à la natalité notamment avec des allocations familiales sans condition de ressources et l’accès à la propriété privée, « l’IVG » peut reculer. En développant des unités de soins palliatifs et en donnant vraiment les moyens d’une refondation du secteur médical, l’euthanasie ne serait pas ainsi plébiscitée. En matière de santé et de soutien de la natalité, le « Marché » ne peut pas dicter sa loi.
De son côté, le président a opéré une nouvelle diversion : au moment où la situation économique, sécuritaire et sociale du pays est alarmante, il s’offre un nouveau texte de loi à moindre coût.
Avec un débat prévu à l’Assemblée à deux semaines des élections européennes, Emmanuel Macron affiche ici tout son cynisme.
Si une marche arrière semble peu probable, il conviendra, d’ici la promulgation qui devrait avoir lieu en 2025, de mener les batailles nécessaires : manifestations, courriers à nos élus… D’ici là et après, il s’agira aussi d’envisager comment affronter les combats de demain et comment promouvoir la vie dans un pays qui entérine les politiques de mort.
Malades et familles : les oubliés de la République
De Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la Famille :
Le Président Emmanuel Macron vient d’annoncer l’arrivée prochaine d’un projet de loi visant à légaliser le suicide assisté et l’euthanasie, même s’il s’en défend. Selon lui,
« le terme d’euthanasie désigne le fait de mettre fin aux jours de quelqu’un, avec ou même sans son consentement, ce qui n’est évidemment pas le cas ici. Ce n’est pas non plus un suicide assisté qui correspond au choix libre et inconditionnel d’une personne de disposer de sa vie ».
Mais cette phrase, précisément, atteste elle-même que le projet de loi vise bien à légaliser ce qu’on appelle « le suicide assisté » et « l’euthanasie » ! Emmanuel Macron prend les Français pour des benêts et croit pouvoir les manipuler d’un simple tour de passe-passe lexical.
En effet, que des conditions soient requises, comme dans tous les Etats qui ont légalisé ces pratiques, ne change pas la nature des actes qui seraient ainsi réalisés.
Mais pire encore : alors qu’il ose parler de « fraternité » pour qualifier ce projet, Emmanuel Macron n’a manifestement pas une pensée pour tous les malades, les personnes dépendantes, les personnes âgées qui, depuis leur domicile, leur Ehpad ou leur lit d’hôpital entendent son message : leur vie ne vaut peut-être pas la peine de se battre ; leur vie peut être jugée indigne au point que le Président de la République souhaite que l’Etat contribue à leur suicide ou à leur euthanasie.
Il oublie de même tous ceux qui, accompagnant ces personnes au quotidien – conjoint, enfant, frère et sœur… -, sont aussi les laissés-pour-compte de ce projet : leur rôle, leur aide irremplaçable, leur affection, le temps donné n’auraient pas de sens car ils ne seraient pas absolument nécessaires au respect dû à toute personne, quel que soit son état.
Depuis cette annonce, face au choc pour les personnes concernées, leurs proches doivent les rassurer, leur dire qu’ils seront là quoiqu’il arrive pour soulager leur détresse et leurs souffrances ; qu’ils les aiment et ont besoin d’eux, et que jamais ils ne laisseront quiconque leur signifier qu’il serait peut-être temps de partir.
Hélas, ce choc initial perdurera puisqu’Emmanuel Macron veut réaliser ce projet. Cette souffrance infligée en sera la conséquence profonde et insidieuse.
La loi Claeys-Leonetti, votée à l’unanimité ou presque, n’est toujours pas appliquée. Entre autres manques criants, une vingtaine de départements n’ont toujours pas d’unité de soins palliatifs. Malgré les souffrances des malades qui en résultent, Emmanuel Macron se précipite, non pour accompagner la vie jusqu’au bout partout en France, mais pour l’abréger. Une loi qui, suivant l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), ne sera « qu’une première étape ».
A l’évidence, Emmanuel Macron n’est même pas effleuré par l’idée qu’il renforce la détresse de tous ceux qui, dépendants, ont peur d’être abandonnés un jour ou l’autre ; qui craignent d’être un poids pour leur entourage ; et qui, dans des moments où la maladie semble prendre le dessus, sont tentés par le désespoir.
Au contraire de ce qu’il prétend, la fraternité, c’est de ne jamais abandonner nos malades à leurs idées sombres, c’est de leur signifier qu’ils ont toujours leur place parmi les vivants.
C’est d’abord à la famille que revient ce rôle, certes pas simple, mais puissant et rayonnant. Et pour qu’elle puisse l’assumer, la société tout entière doit être à ses côtés, par l’action des professionnels, mais aussi par le discours public.
A l’inverse, comment oser imaginer que des proches seraient invités à donner la mort à ceux qui ne peuvent se la donner eux-mêmes. Celui qui réconforte un jour sera celui qui brave l’interdit de tuer le lendemain ? Quelle cohérence peut-on trouver dans ce « en même temps » qui fait fausse route et nous conduit dans une impasse ?
Ce projet de loi va créer des blessures, diviser les proches, susciter de la culpabilité pour les personnes concernées qui penseront devoir envisager d’abréger leur vie, comme pour leur entourage qui aura l’impression de n’avoir pas su dissuader et consoler.
Quelles que soient les circonstances, le suicide est toujours une tragédie, pour la victime, sa famille, ses proches et toute la société.
Souhaiter le suicide assisté et faire croire qu’il serait un bien est l’inverse de l’entraide, de la solidarité, de la compassion. C’est une idée profondément individualiste, qui piétine tous ceux sur qui elles comptent pour sa mise en œuvre.
Aucun euphémisme ne fera disparaître la réalité de l’acte : au fond de lui, chacun saura parfaitement ce à quoi il participe. Donner la mort, y participer directement ou indirectement, est contraire à la recherche de fraternité qui anime le cœur de chacun d’entre nous.
Il nous reste quelques mois pour faire entendre les voix de la raison et de l’amour. Mettons-les à profit pour tous ceux qui en ont tant besoin, pour les générations futures !
Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la Famille
Le suicide assisté… de la France
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Encore un imam qui a défrayé la chronique. C’est chronique, c’est ça l’islam (3/3)
Après être revenus sur les événements puis avoir compris que le texte du jugement du tribunal administratif non seulement confirmait l’expulsion de l’imam mais condamnait en réalité des fondamentaux de l’islam, nous terminons par quelques considérations complémentaires.
Tout d’abord, le CFCM par un communiqué du 23 février ajoutait quelques éléments intéressants :
« Malgré l’explication donnée par l’imam Mahjoubi sur ce qu’il qualifie de « lapsus », le CFCM réitère sa condamnation de ses propos sur les “drapeaux sataniques”. Cette vision péjorative des drapeaux, comme étant “sataniques”, est inacceptable. L’islam n’a jamais été contre les drapeaux et plus largement contre les États Nations. En aucun cas un responsable religieux ne doit répondre à un extrême, en l’occurrence le nationalisme exacerbé, par un autre extrême, comme ici la négation des nations, de leurs histoires et de leurs identités dont les drapeaux font pleinement partie.
Dans une émission, Florence Bergeaud- Blackler, chargée de recherche CNRS, a déclaré que cette position de l’imam Mahjoubi sur les drapeaux, contraire à l’histoire musulmane, était une généralité dans toutes les mosquées de France : « En réalité (ce que l’imam a dit), c’est la norme de ce qu’on entend dans les mosquées (…). Tous ceux qui le sermonnent aujourd’hui le disent exactement. Mais ils le disent différemment (…) c’est un discours tout à fait ordinaire. Il ( l’imam Mahjoubi) l’a dit d’une façon un peu plus crue (…)». Cette affirmation démontre une fois de plus à minima son ignorance totale du fait musulman en France, si ce n’est une instrumentalisation de cette affaire pour jeter l’opprobre sur l’ensemble des imams de France. En raison de la gravité de ces accusations, proférées dans un média de grande écoute en sa qualité de chargée de recherche CNRS, le CFCM se réserve le droit de saisir les juridictions compétentes pour diffamation et incitation à la haine. »
Parce que, et c’est la deuxième considération complémentaire, toute occasion pour se victimiser est bonne pour les musulmans. Comme pour l’avocat et influenceur Rafik Chekkat, fondateur et animateur du site islamophobia.com :

Et aussi :

Troisième considération, concernant l’orthodoxie de la ummah comme horizon indépassable du musulman, encore à travers le site Les Savants du Maghreb (trois tweets de 2023, le quatrième de janvier 2024) :

Et donc aussi :

Dernière considération enfin, en revenant à l’article précité de Mme Nogaret et pour donner un nouvel exemple de capacité musulmane à la dissimulation (Mme Nogaret parle de stratégie du caméléon). M.Oubrou, imam de Bordeaux, a précisé à BFM TV le 20 février 2024 :
« Normalement un musulman doit respecter les nations, les cultures, les systèmes politiques où il vit. On dirait qu’il (Mahjoubi) appelle à l’effacement des identités nationales, de l’identité française, et de soumettre le monde à une seule religion, la seule vraie à ses yeux, l’islam (…) Je pense que cet islam [l’islam politique] n’a jamais existé. L’islam reconnait la diversité des religions, la diversité des nations, c’est inscrit dans la lettre du Coran. (…) L’islam dont il parle, il n’a jamais existé puisque l’islam, il a toujours respecté les nations et les drapeaux. Donc il est en train de prôner un islam qui n’existe pas.”
Le même M.Oubrou, lors d’une conférence tenue en 2006 et consacrée à Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans et grand-père de Tarik Ramadan, expliquait :
« L’islam, comme le veut le Coran, (…) c’est un état et un pays (…) La frontière entre deux pays musulmans est une hérésie méprisable par l’islam. Les Frères musulmans (…) reconnaissent une communauté qui doit être réunie autour d’un khalifa qui a ses représentants dans les différentes wilayaet, dans les différents pays. C’est un gouvernement puisque la politique est une donnée, est une partie, est un élément de l’islam. »
Et Mme Nogaret de conclure :
« Il n’est pas totalement infondé d’établir un parallèle entre le parcours de Mahjoub Mahjoubi et celui de Tarek Oubrou : tous deux maghrébins, arrivés en France dans les années 80, tous deux passés par le fréro-salafisme, tous deux imams, tous deux s’étant servi des élus locaux pour implanter leur écosystème, tous deux tenants du Din [NDLR : peut désigner la pratique religieuse et la religion dans toute sa globalité] et du projet califal. Simplement, là où, il y a une quinzaine d’années, Oubrou a prudemment opté pour la dissimulation mimétique, Mahjoubi a persévéré dans une forme, sinon de sincérité, du moins de toute-puissance et de sentiment d’impunité : il n’a pas anticipé le fait qu’un de ses prêches pouvait être diffusé sur les RS, et surtout, susciter une quelconque réaction. C’est ballot. Voilà sans doute ce qu’a voulu dire Oubrou lors de son interview sur BFMTV du 20 février, qu’il conclut benoîtement en disant que Mahjoubi avait “mal préparé son sermon” : l’erreur de l’imam de Bagnols-sur-Cèze ne résidait pas tant dans le contenu de ses propos que dans le fait de les avoir exprimés sans travestissement ».
Rejoignant ainsi exactement le propos de Mme Bergeaud- Blackler citée plus haut.
Le martyr des évêques gréco-catholiques de Roumanie
Depuis 1700, les Roumains de Transylvanie sont unis à Rome tout en gardant le rite byzantin. L’Eglise gréco-catholique reste florissante jusqu’en 1948, début des persécutions. Après la Seconde guerre mondiale, la Roumanie se retrouva en effet sous le joug communiste. Le 1er décembre 1948, le Parti communiste roumain met les Eglises catholiques, dont l’Église gréco-catholique, hors-la-loi : l’Église orthodoxe roumaine, dont les hiérarques sont alors destitués ou emprisonnés et remplacés par des popes ayant fait allégeance au régime communiste de Roumanie, devint affectataire de la plupart des biens gréco-catholiques saisis. Les évêques : Alexandru Rusu, Iuliu Hossu, Ioan Bălan, Vasile Aftenie, Ioan Suciu, Valeriu Traian Frențiu, Tit Liviu Chinezu, un grand nombre de prêtres, de moines et de fidèles sont exécutés ou emprisonnés. L’Eglise vivra pendant plus de 40 ans dans les catacombes en Roumanie. Aucun évêque ne renie sa foi et tous préfèrent mourir en martyrs. Le pape Pie XII leur rend hommage dès 1952 dans la Lettre Apostolique VERITATEM FACIENTES :
“vous renouvelez la beauté de l’Eglise primitive…”, “on souhaite embrasser les chaînes de ceux qui, du fond de leur prison, ne s’acharnent pas contre l’injustice qui leur a été faite mais souffrent d’une douleur indicible en voyant les assauts contre la foi et prient pour le salut éternel de leur people”.
Aujourd’hui, leur martyre a été reconnu officiellement par la Congrégation pour les Causes des Saints à Rome. 7 évêques ont été déclarés bienheureux par le pape François lui-même, lors de la célébration de la Divine Liturgie à Blaj (Roumanie) le 2 juin 2019.
C’est leur histoire qui est racontée dans ce livre. Cet ouvrage est fondé sur le dossier présenté au Vatican en vue de la reconnaissance de leur martyre. Une démarche qui a abouti, en 2019, à la béatification de Vasile Aftenie, Valeriu Traian Frentiu, Ioan Suciu, Tit Liviu Chinezu, Ioan Balan, Alexandru Rusu et Iuliu Hossu. Pour eux, vivre dans la foi ne signifiait pas seulement accepter les souffrances qu’ils avaient à endurer, mais surtout rejoindre, dans la joie, le Christ en sa Passion. Martyrs dans cette vie, ils sont devenus témoins de la béatitude.
Mgr Suciu envoya des lettres d’encouragement aux prêtres et visita sans cesse les paroisses, surtout les plus menacées. Dans une lettre aux fidèles en 1948, il écrit :
Nous serons vaincus d’avance si nous croyons pouvoir lutter contre le mensonge, les calculs humains et les compromis; Nous devons nous servir de moyens surnaturels : sacrements, prières, sacrifices, le tout sous l’étendard du Coeur Immaculé de la Mère du Sauveur, Reine des apôtres. […] A cette heure décisive, on ne doit signer aucun compromis avec le monde.
Les communistes exigèrent de ces évêques qu’ils rompent avec Rome et rejoignent l’orthodoxie. Ils écrivierent le 24 juillet 1948 une lettre adressée à tous les fidèles gréco-catholiques, dans laquelle ils soulignèrent le sens de l’Union avec Rome :
Nos liens avec la pape, l’évêque de Rome, ne sont pas des dispositions humaines que l’on puisse changer, mais des dispositions divines, pour lesquelles nous devons souffrir, le cas échéant, outrages, coups, menaces, ou même prison et dénuement, car c’est ainsi que nous glorifions Jésus, notre Dieu, c’est ainsi que nous lui prouvons un amour véritable, c’est ainsi que nous acquérons dès maintenant et nous obtenons, au prix d’une souffrance passagère, une gloire éternelle, au-delà de toute mesure (2 Co 4,17), car les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous (Rm 8,18).
Encore un imam qui a défrayé la chronique. C’est chronique, c’est ça l’islam (2/3)
Après être revenus sur les événements, nous abordons le très intéressant texte du jugement du tribunal administratif pour terminer ensuite par quelques considérations complémentaires. Parce que, et c’est là que cela devient passionnant, l’imam a bien sûr contesté son expulsion. Mais le bien-fondé de celle-ci a été confirmé par un arrêt du juge des référés du tribunal administratif de Paris, ordonnance n° 2404728/9 du 4 mars 2024.
Or, ce document cite au plus près des verbatim de l’imam issus de trois prêches des 2, 9 et 16 février 2024 (attendu n°6 de l’arrêt :
« Le ministre de l’intérieur et des outre-mer produit une note des services de renseignement, contenant plusieurs extraits de prêches prononcés par M. B… au sein de la Mosquée Ettaouba de Bagnols-sur-Cèze les 2, 9 et 16 février 2024 et mis en ligne sur la page Facebook de l’intéressé et dont plusieurs sont retranscrits dans l’arrêté attaqué, faisant état des propos qui lui sont reprochés »).
Et l’arrêt de citer longuement l’imam dans quatre paragraphes correspondant chacun à des incriminations distinctes. A commencer par le §7 :

Le §8 reprend d’abord les propos déjà rapportés sur les drapeaux, le juge ajoutant :
« Si l’intéressé fait valoir qu’il ne visait pas le drapeau français mais les drapeaux de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, pays du Maghreb participant à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), ses explications apparaissent peu crédibles dès lors que les drapeaux du Maroc et de la Tunisie ne sont pas tricolores… ».
Puis le juge ajoute dans le même paragraphe :

Le paragraphe se terminant par le commentaire du juge :

Le §9 traitait des propos envers les juifs et Israël :

Enfin, le §10 avec l’apologie du jihad :

Récapitulons. Il est reproché à l’imam des propos concernant la justification de discriminations à l’égard des femmes, l’éloge de la jurisprudence musulmane (la charia), sa position à l’égard des juifs et enfin l’apologie du jihad, l’ensemble s’appuyant sur des textes sacrés et consubstantiel à l’islam (y compris la sourate 9 citée dans le premier article et qui parle de la jizya relevée au §8).
Autrement dit, la condamnation de l’imam vaut en fait condamnation de l’islam dans ses fondamentaux (d’où l’intérêt de citations complètes même si parfois un peu longues). Un tribunal administratif français ne condamne pas seulement un imam, il condamne en réalité l’islam en tant que tel. Mais bien sûr personne ne le dit, bien au contraire :
« Si le requérant fait valoir qu’il se borne, dans le cadre de prêches ayant pour thématique « la fin des temps », à citer des Hadîth (paroles attribuées à Mahomet), il ressort de la note blanche, précise et circonstanciée, que l’intéressé en fait une appréciation littérale sans rappeler leur caractère symbolique » (§6 de l’arrêté).
Comme si un seul musulman pensait que le coran est juste symbolique !
Les lois sociétales ne peuvent être réduites à de la diversion et à de la communication. Elles engagent des conceptions anthropologiques et philosophiques qui témoignent des valeurs d’une civilisation
Jean-Pierre LeGoff, sociologue et philosophe, a été interrogé dans Le Figaro à propos du projet de loi sur l’euthanasie. Extraits :
[…] Force est de constater que dans ce domaine, comme dans d’autres, on pratique la fuite en avant. Rien ne semble devoir échapper à l’activisme des militants et des réformateurs sociétaux. La filiation a déjà été chamboulée, une nouvelle étape est franchie et non des moindres : elle concerne notre rapport à la finitude avec la possibilité dans certains cas de mettre fin à ses jours avec l’aide de l’État. À chaque loi sociétale, on nous dit qu’on a pris soin de mettre des garde-fous et qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter ; à chaque fois, on proclame la victoire du progrès, de l’émancipation, de l’égalité… Ou, plus platement, on fait entendre aux plus réticents que « la France est en retard », qu’il s’agit d’une évolution inéluctable à laquelle il paraît vain de s’opposer, en se référant aux sondages comme aux fondements du bien-penser.
Reste que le rapport à la mort est une situation des plus intimes qui ouvre des questions éthiques, métaphysiques et religieuses que l’on ne saurait évacuer. On peut se poser légitiment la question : pourquoi la politique, l’État et les élus devraient-ils à tout prix s’en mêler au risque de jouer les démiurges ? Pourquoi faudrait-il que l’État réponde positivement à une demande de mort comme à un problème de santé publique ?
Le sociétal compte-t-il plus aujourd’hui que le social ?
On aurait plutôt tendance à rabattre tout sur le même plan dans une logique de « droits créances » qui n’a pas de fin. Les lois sociétales peuvent d’autre part apparaître comme des opérations de diversion par rapport aux problèmes du pouvoir d’achat, de l’insécurité, de l’immigration, de la guerre en Ukraine et de la situation géopolitique… Mais les lois sociétales ne sont pas du même ordre. La fuite en avant dans ce domaine est d’autant plus problématique qu’elle ne concerne pas seulement le politique, l’économique, le social, mais elle met directement en jeu la condition humaine. En ce sens, les lois sociétales ne peuvent être réduites à de la diversion et à de la communication, même si ces aspects sont bien présents. Elles engagent des conceptions anthropologiques et philosophiques qui témoignent des valeurs et de l’état non seulement d’une société mais d’une civilisation. […]
Ce n’est pas tant le soulagement de la souffrance individuelle qui est ici en question mais le rapport qu’une société entretient avec les personnes âgées les plus fragiles et les plus faibles. Le slogan « mourir dans la dignité » des partisans de l’euthanasie ou du suicide assisté laisse supposer en contrepoint qu’il y aurait des morts indignes. La souffrance, la dégradation physique et psychologique qu’on doit à tout prix s’efforcer de soulager seraient-elles devenues synonymes d’indignité ?
En fait, le rapport à l’autre souffrant et proche de la mort n’a rien d’évident. La compassion peut aller de pair avec une relation angoissée à soi-même à la vue de cet être affaibli et agonisant qui nous renvoie l’image d’une situation insupportable à laquelle nous voudrions à tout prix échapper. Mais que savons-nous au juste de la façon dont l’autre vit une telle situation ? Anticiper un état dégradé en étant encore en bonne santé, n’est-ce pas préjuger de notre réaction face à une situation limite qui nous confronte à l’indicible ?
Pensez-vous que notre société a peur de la mort au point de vouloir la dissimuler ?
Cette volonté d’évacuer la mort ne date pas d’aujourd’hui. Philippe Ariès a bien montré comment, au terme d’une évolution longue de plusieurs siècles, les sociétés modernes ont refoulé la mort de la vie quotidienne, et cette évolution s’est accompagnée de la disparition des rites ancestraux inhérents au deuil et qui maintenaient les liens collectifs. L’allongement de la durée de vie et l’affairement dans une société qui recule de plus en plus les limites du possible ont accentué ce refoulement ; le jeunisme et le culte de la performance sans faille ont développé un univers mental qui met la faiblesse et la finitude hors de son champ.
La façon dont la mort revient aujourd’hui dans le débat public ne me paraît pas rompre fondamentalement avec cette situation. La demande de mort n’a rien de transparent. Ce n’est pas seulement l’abrogation de la souffrance individuelle dont il est question, mais l’idée d’en finir au plus vite face à une image dégradée de soi-même et à la mort qui nous attend.
À la limite, pour l’individu narcissique contemporain, il faudrait pouvoir mourir en bonne santé en restant maître et souverain y compris de sa propre mort. Pour certains partisans de l’euthanasie et du suicide assisté, la loi devrait tout bonnement permettre d’« émanciper notre mort ». Cette formulation me paraît absurde, mais n’en témoigne pas moins d’une volonté d’autonomie et de maîtrise érigées en absolus qui refuse les limites de la condition humaine.
Celle-ci n’est pas soumise à notre volonté et maniable à loisir comme si elle était un simple objet à notre disposition. Les connaissances scientifiques, pour utiles qu’elles soient, ne suffisent pas pour en rendre compte. La vie humaine éprouvée dans sa dimension intérieure et relationnelle me paraît demeurer un mystère qui est partie essentielle de la dignité de l’être humain, y compris dans les moments de fin de vie les plus tragiques et les plus difficiles à affronter. C’est cette dimension-là que tend à ignorer une société où règne le culte de l’ego et du perpétuel gagnant. […]

