Islamo-gauchisme : aux Emirats arabes aussi
La culture de mort s’étend dans un pays musulman :
Un nouveau décret des Emirats arabes unis autorise les couples non mariés à recourir à la fécondation in vitro, « à condition qu’ils acceptent d’enregistrer l’enfant sous leurs deux noms ». Cette disposition ne concerne que les couples non musulmans. Les couples musulmans doivent fournir « une preuve de leur mariage » avant d’accéder à la procédure. En outre, il reste illégal d’avoir un donneur de sperme qui n’est pas le mari ou une donneuse d’ovocytes qui n’est pas l’épouse.
Avant de recourir à la PMA, les couples non mariés devront « soumettre une déclaration confirmant que la lignée de l’enfant est attribuée à l’un ou l’autre d’entre eux ». Cette déclaration doit ensuite être approuvée par « l’autorité compétente » du pays d’origine de l’un ou l’autre des conjoints, qui conférera également la nationalité adoptée par l’enfant.
L’autorisation de la congélation des embryons
Jusqu’à récemment, la congélation d’embryons était interdite aux Emirats arabes unis. Ce n’est plus le cas.
« Les ovules fécondés peuvent être conservés de manière à ce que le nombre requis pour la transplantation puisse être prélevé en cas de besoin, pendant une période de cinq ans, qui peut être prolongée pour des périodes similaires sur la base d’une demande écrite présentée par les conjoints », précise la loi.
Lorsque les embryons restants « ne sont pas nécessaires » ou qu’« un obstacle juridique ou médical empêche leur implantation », ils « sont laissés sans soins médicaux jusqu’à ce qu’ils se détériorent naturellement, à moins que les conjoints ne fassent une demande autre », dispose-t-elle.
La GPA aussi autorisée
Ce changement législatif concerne également la GPA. Auparavant, la loi interdisait « l’insémination externe entre un spermatozoïde prélevé sur le mari et un ovule prélevé sur la femme, puis l’implantation de l’ovule fécondé dans l’utérus d’une autre femme du mari ». La suppression de cette clause permet à chaque émirat de réglementer la maternité de substitution à sa convenance.
La GPA est interdite dans une « grande partie » du Moyen-Orient. Elle est autorisée en Iran, à condition que la mère porteuse, et les futurs parents, soient mariés.
Source : Gènéthique
Avortement dans la Constitution : le meurtre de l’enfant à naître est déjà irréversible
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Sur 2 018 mosquées recensées en France, au moins 119 sont aux mains des salafistes
Dans une note d’étude intitulée « Stratégie de déstabilisation des mosquées par la mouvance salafiste », publiée il y a quelques semaines, la Direction nationale du renseignement territorial (DNRT) alerte sur les tentatives de prises de contrôle de salles de prière par la mouvance salafiste.
D’après les rédacteurs du rapport, sur 2 018 mosquées recensées en France par la DNRT, 119 mosquées sont aux mains des salafistes.
Pour s’immiscer dans la direction d’une mosquée, les salafistes possèdent des techniques bien rodées :
- Quitter la salle de prière pendant le prêche de l’imam, de façon ostentatoire, pour manifester son hostilité et sa volonté de changement.
- Profiter de la mauvaise gestion d’une salle de prière ou de l’absentéisme des responsables
- moyens d’intimidation plus offensifs : critiques, dépôts de plaintes, interruptions de prêches plus violents.
Sur l’année 2023, les salafistes ont mené ces méthodes d’intimidation sur une vingtaine de lieux, majoritairement située dans les régions du Grand-Est et de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le phénomène connaît une véritable expansion : en cinq ans, les mosquées touchées par ces tentatives de déstabilisation ont augmenté de 50 %.
De Saint-Cyr à la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier
La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, où 3 jeunes hommes sont entrés à la mi-octobre au postulat, publie dans une lettre d’information le témoignage de Frère François :
Frère François, comment êtes-vous arrivé à Chémeré-le-Roi ?
J’ai grandi à Tours. Après une prépa scientifique au prytanée national militaire de la Flèche, j’ai intégré l’école spéciale militaire de Saint-Cyr en août 2017. J’y ai obtenu mon diplôme d’officier. À la fin de ma formation, je suis entré au postulat de la FSVF.
Depuis mon enfance, je songeais à être religieux – davantage qu’au sacerdoce qui m’apparaissait plutôt comme un complément normal de la vie religieuse. Toutefois ces pensées sont passées au second plan après mes années de lycée. J’appartenais à un petit groupe d’amis qui étions tous très attirés par l’idéal de la vie militaire, avec l’exigence et le don de soi qui la caractérisent. Tout en poursuivant cette orientation, je n’oubliais pas entièrement mon idée de vie religieuse, qui demeurait latente… mais très étouffée par les efforts que demande la préparation aux concours. La deuxième année en école a laissé plus de loisir à une réflexion. Je me suis finalement dit : « Avant de me lancer dans la vie professionnelle et de choisir définitivement un état de vie, je dois être fixé sur ce que le Bon Dieu attend de moi. »
Qu’est-ce qui vous a conduit à choisir la vie religieuse dominicaine ?
Suite à ces réflexions, j’ai décidé de faire une retraite de discernement au Couvent Saint-Thomas-d’Aquin en 2019. Cette retraite a lieu pendant la Semaine Sainte, ce qui permet de profiter de la liturgie du Triduum pascal, si évocatrice des mystères de notre foi. Pendant la messe vespérale du Jeudi saint, Dieu m’a alors « saisi ». Je me suis dit à moi-même : « Souviens-toi ce que tu voulais quand tu étais enfant. » En même temps, en voyant ces religieux, exemples concrets d’un tel choix, je me suis dit : « Pourquoi pas moi ? »
Il y a pourtant d’autres communautés…
C’est vrai. Mais ce qui m’a conquis dans l’idéal de saint Dominique, c’est la mission de défendre la foi, de promouvoir et de faire aimer la vérité. Ce besoin se fait tellement sentir au milieu de la confusion intellectuelle et religieuse de notre temps ! Pouvoir bénéficier d’une ligne claire en s’appuyant sur une grande tradition est source de vraie joie.
Pourquoi alors être frère convers ?
Les frères convers se dévouent davantage aux tâches matérielles de la maison et coopèrent à l’apostolat des pères. Actuellement, je reçois une formation d’organiste qui me permettra d’accompagner la liturgie. Mais mes tâches consistent principalement à faire la cuisine, à entretenir le jardin et le parc (soin des bêtes et du bois). C’est beaucoup de travail, mais qui est récompensé par un cadre de vie propice à la contemplation. Le convers ne prêche pas à la messe, n’écrit ni n’enseigne (sauf le catéchisme, ou quelques vidéos), mais il est prêcheur par son existence. Prêcher, en effet, ce n’est pas autre chose qu’exprimer extérieurement des convictions et des idées, dans le but de mener les hommes au Christ. Une vie donnée et unie à Dieu est en elle-même une prédication. De plus, comme membre d’un corps qui a pour fin la prédication en vue du salut des âmes, le frère convers est pleinement prêcheur.
Nouvelle interruption du chantier à Saint Pierre de Colombier
A force d’actions judiciaires répétées et d’occupations illégales du chantier, doublées de provocations antichrétiennes, les écolos-gauchistes ont réussi à convaincre un juge de suspendre à nouveau le chantier, alors même que la préfète de l’Ardèche avait (enfin) mobilisé un nombre impressionnant de gendarmes pour permettre la reprise des travaux :
“C’est à nouveau une très mauvaise nouvelle qui s’abat sur le porteur de projet. Le harcèlement judiciaire continue. C’est une méthode qui fonctionne et les activistes “écolos” en usent à merveille. A défaut de décourager la FMND, l’objectif est de démoraliser les entreprises qui sont engagées sur ce chantier et qui avaient repris les travaux ce matin, grâce à l’appui d’une soixantaine de gendarmes.
La FMND fait bien évidemment appel de cette décision qui semble infondée et prise dans un temps très court. Voici son communiqué :
“Les opposants à la construction du Site Notre Dame des Neiges nous ont fait signifier vendredi 27 octobre un référé d’heure à heure au tribunal judiciaire de Privas pour faire suspendre les travaux, invoquant une destruction d’espèces protégées, en particulier le réséda de Jacquin qui serait potentiellement présent sur le site.
Après l’audience qui s’est déroulée au tribunal judiciaire de Privas lundi 30 octobre, le juge des référés a rendu sa décision : il suspend les travaux jusqu’à une étude plus approfondie concernant l’espèce du réséda. La Famille Missionnaire de Notre Dame prend acte de cette ordonnance qu’elle considère comme manifestement infondée.
En effet, celle-ci est contraire à toutes les décisions déjà prises par les autorités administratives compétentes en la matière, elles-mêmes appuyées sur des études jugées par les services de l’État sérieuses et complètes.
Dans ces conditions, elle va naturellement faire appel de cette ordonnance dans les plus brefs délais.
Par ailleurs, elle entend rappeler qu’il n’y a eu à ce jour aucune destruction d’espèces protégées sur le site, et les précautions prises précisément pour l’espèce du réséda ont été validées par un bureau d’études spécialisé et confirmées par les services de l’État. [voir ici] (…)”
Après avoir perturbé une messe en juillet dernier, les opposants ont fait de nouveaux graffitis obscènes et antichrétiens dans ce village d’Ardèche qui compte 400 habitants.


Et ces activistes écolos ne cachent même pas le fait que le réséda de Jacquin n’est pour eux qu’un levier pour attaquer cette communauté religieuse :
En plus de leur page facebook, le collectif de soutien à ce projet initié par des laïcs possède désormais un compte X (ex twitter). Le collectif vient également de créer une cagnotte pour faire face aux dépenses imprévues (frais d’avocat, d’huissier, sécurisation du chantier, gardiennage…) en raison des actions de ces activistes de l’ultra gauche. Toutes les explications ici.
Le député LR Fabien Di Filippo dépose une proposition de loi pour qualifier d’homicides les actes causant le décès in utero d’un enfant
Fabien DI FILIPPO, Député de la Moselle dépose une proposition de loi pour qualifier d’homicides les actes causant le décès in utero d’un enfant viable. Il explique (à lire jusqu’au bout…) :
De nombreuses affaires, dont certaines particulièrement récentes, nous poussent à nous interroger sur l’absence de reconnaissance de l’enfant à naître au regard du droit pénal.
Actuellement en France, lorsqu’un décès in utero est causé par un acte pourtant pénalement répréhensible (faute d’ordre médical, accident de la route dû à un comportement irresponsable…), celui-ci ne peut être reconnu par la loi et qualifié d’homicide, et ce même si le fœtus avait atteint un stade de la grossesse lui permettant de vivre en dehors du ventre maternel, et même si la Cour de cassation reconnaît des « incohérences » et des « iniquités » dans la distinction pénale entre enfant né vivant et enfant mort-né.
La justice ne reconnaît donc pas la fin de la vie d’un être pourtant en capacité naturelle de vivre, au prétexte qu’il n’a pas respiré à l’air libre, et elle ne reconnait pas non plus le préjudice et la souffrance terribles subis par ses parents..
J’avais déjà soulevé la question de la reconnaissance pénale du fœtus à plusieurs reprises, notamment par le biais d’une question écrite adressée au Ministre de la Justice concernant la possibilité de qualifier d’homicide involontaire les fautes médicales ayant causé la mort d’un bébé in utero.
J’ai décidé d’aller plus loin et de déposer une proposition de loi visant à permettre d’étendre la qualification d’homicide aux actes ayant causé le décès in utero d’un fœtus viable, c’est-à-dire d’un fœtus ayant atteint les seuils définis par l’Organisation mondiale de la santé de 22 semaines d’aménorrhées ou d’un poids de 500 grammes.
Ce seuil de viabilité est d’ailleurs déjà pris en compte par la loi française, puisque les allocations versées par la CAF au moment du décès d’un enfant le sont à compter de la vingtième semaine de grossesse.
Cette proposition de loi exclut explicitement les interruptions médicales de grossesse de cette possibilité de qualification d’homicide. Les interruptions volontaires de grossesse, qui n’ont jamais lieu après 14 semaines d’aménorrhées, ne peuvent quant à elles être concernées.
L’indignation sélective Rima Abdul Malak
Après mon interpellation, la ministre Rima Abdul-Malak refuse toujours de condamner l’antisémitisme de Guillaume Meurice. C’est une honte, surtout au vu des attaques de cette même ministre contre @CNews ou @leJDD ⤵️ [2/2] pic.twitter.com/nCrp6knUwH
— Laurent Jacobelli Ⓜ️ (@ljacobelli) November 7, 2023
Une semaine après avoir tenu des propos jugés antisémites sur l’antenne de France Inter, Guillaume Meurice a écopé d’un avertissement émis par son employeur. Il a fait savoir qu’il allait le contester.
Avortement dans la Constitution : ce n’est pas comme une lettre à La Poste
“Liberté garantie” plutôt que “droit” : la formulation retenue dans le projet de loi constitutionnelle transmis la semaine dernière au Conseil d’Etat “n’est pas acceptable”, a réagi hier Danielle Gaudry, membre du collectif “Avortement en Europe, les femmes décident” :
“Si cette formulation est conservée, ça ne va pas faire avancer” les droits des femmes”. C’est une “occasion manquée”.
Selon la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert, “plusieurs éléments” pourraient être “améliorés” :
“le choix de l’article (article 34 de la Constitution et non le premier comme souhaité par des associations), le choix du mot liberté, ainsi que la formulation”.
Maëlle Noir, membre de la Coordination nationale du collectif “Nous toutes”, ajoute :
“Si on parle de droit, cela suppose une obligation positive pour l’Etat de mettre en place des dispositifs et des financements. Là, ce n’est pas le cas et ça nous inquiète”.
La présidente du Planning familial Sarah Durocher y va de sa lamentation :
“On aurait préféré le terme ‘droit’ au terme ‘liberté'”, mais “on est dans une situation en Europe qui fait que la meilleure écriture est celle qui sera votée le plus rapidement possible et c’est un compromis”.
“Pour arriver au bout du processus, il faut un vote des trois-cinquièmes du Parlement réuni en Congrès”, a rappelé le ministre délégué à l’Egalité entre les femmes et les hommes Bérangère Couillard, soit 555 députés et sénateurs sur les 925 que comptent les deux chambres. Est-ce que ce sera le cas ?
En attendant, le groupe LFI à l’Assemblée nationale a finalement indiqué hier vouloir “pour l’instant” maintenir à l’ordre du jour de sa prochaine “niche” parlementaire prévue le 30 novembre sa proposition de loi visant à inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution, avec pour objectif de maintenir la pression sur le gouvernement. Son parti souhaite également que l’IVG figure à un autre endroit de la Constitution que celui choisi par le gouvernement (article 34).
Par ailleurs, l’examen d’un projet de loi de révision de la Constitution ouvre la porte à toutes les modifications possibles du texte fondateur de la Ve République, aucun amendement ne pouvant être déclaré irrecevable. L’un des risques pour le gouvernement est donc que le débat parte dans tous les sens, comme ce fut le cas en 2021 lors des discussions sur le projet de loi constitutionnelle visant à inclure la lutte contre le dérèglement climatique dans la Constitution. “La partie n’est pas terminée”, prévenait ainsi un conseiller cité, anticipant un “gros travail” à venir pour “faire monter tout le monde à bord”.
L’ennemi nous a désignés, en Israël comme en France
Certains croient encore qu’il ne faut pas choisir entre Israël et le Hamas. Mais nous n’avons pas le choix, puisque l’ennemi nous a désigné. Eric Zemmour écrit dans Le Figaro, après son voyage en Israël :
[…] Je songeais alors à cette phrase célèbre de Julien Freund :
«C’est l’ennemi qui vous désigne. S’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitié, (…), vous l’êtes.»
Comme Freund, je crois que l’ennemi nous a désignés, en Israël comme en France. Et je crois qu’il est déterminé à « nous empêcher de cultiver notre jardin ». Les Français ne s’y trompent pas, quand 72 % d’entre eux craignent que ce qui se passe en Israël advienne chez nous.
Ils savent que prospère depuis des décennies sur le sol français un second peuple. Ce peuple a son Dieu, ses fêtes, ses traditions, ses interdits, ses prénoms, ses vêtements et ses aliments, ses frères à travers le monde et ses ennemis millénaires, sa manière de penser, de parler, de prier, de vivre. Ce peuple a donc sa propre civilisation qu’il impose dans un continent qui l’avait pendant des siècles victorieusement repoussée. Il a enfin ses morts : quand les quartiers islamisés de notre pays s’enflamment après la mort d’un petit délinquant, ils ne semblent nullement bouleversés par le martyre de la petite Lola ou l’assassinat du professeur Dominique Bernard. Quand le pogrom de 1 400 Juifs martyrisés le laisse de marbre, il crie vengeance dans les rues de Paris, de Londres, Berlin ou Milan, au cri d’« Allah akbar », dès qu’Israël se défend.
Emmanuel Macron est le président de ces deux peuples. Il craint plus que tout la guerre civile, ou à tout le moins de nouvelles émeutes. Alors, il sert l’un et l’autre peuple, leur donne des gages chacun leur tour : un jour, il soutient le droit d’Israël de se défendre ; le lendemain, il réclame une trêve humanitaire.
Jean-Luc Mélenchon l’a compris aussi et a fait du grand remplacement, qu’il a paré des atours tropicaux de la « créolisation », sa boussole électorale. 69 % des Français musulmans ont voté pour lui en 2022, alors même que 46 % d’entre eux s’abstenaient ; il a raté d’un cheveu le second tour. La prochaine fois, les « quartiers populaires », comme il dit, lui seront reconnaissants de son soutien indéfectible à Gaza. Quand il contemple la manifestation pour la Palestine, où se coudoient femmes voilées, hommes en qamis et militants woke, il s’écrie : « voilà la France ». Il veut dire la nouvelle France, celle qui remplacera l’ancienne. Sa nouvelle « classe ouvrière ». Son peuple « islamo-gauchiste ».
Cette guerre des civilisations s’ouvre sur de multiples fronts à travers le monde. Voilà pourquoi je suis allé en Israël tandis que Marion Maréchal se rendait en Arménie. Dans ces deux pays, c’est la civilisation judéo-chrétienne qui est attaquée par le monde arabo-musulman. Ce concept de civilisation judéo-chrétienne fut forgé par le grand Ernest Renan, qui voyait les prophètes juifs comme le chaînon manquant entre les religions archaïques de l’humanité et le christianisme.
Cette histoire nous oblige. À Jérusalem, j’ai donc voulu dire mon soutien aux chrétiens d’Orient. Leur population à Gaza a été divisée par dix depuis l’arrivée du Hamas au pouvoir. Depuis toujours, juifs et chrétiens sont les victimes privilégiées de l’Islam. « Après samedi, c’est dimanche », menacent les djihadistes. Cette réalité nous rend insupportables les brimades de certains juifs orthodoxes contre les chrétiens habitant la Terre sainte.
La guerre de civilisation dépasse les frontières et les vieilles alliances. Elle s’impose à nous en triomphant du faux-semblant des relations internationales : Israël peut en témoigner, qui découvre que sa relation contre-nature avec l’Azerbaïdjan, au mépris des vies arméniennes, n’a pas fait de Bakou l’amie de Jérusalem.
Certains me reprochent d’être allé vers l’Orient compliqué avec une idée simple. On ne veut toujours pas admettre, comme nous l’a appris Huntington, que le conflit de civilisations a supplanté désormais la division entre modèles idéologiques ou économiques concurrents. […]
Enquête bidon
De Bernard Antony à propos de la dernière “enquête” parue dans Valeurs Actuelles :
Depuis des dizaines d’années nous lisions chaque semaine Valeurs Actuelles.
Hélas, la dernière parution (n° 4535 – du 26 octobre au 1° novembre) s‘est révélée pour nous, pour notre famille et pour tous les amis du Centre Henri et André Charlier et de Chrétienté-Solidarité comme une affligeante imposture.
Imposture en effet de la couverture mentionnant sur une poignante photo du petit Émile Soleil le titre suivant : « Sur la piste d’Émile » et le sous-titre : « L’enquête interdite ».
Or, les deux tristes journalistes, Patricia de Sagazan et Nicolas Boutin, qui ont pu publier leur prose sur 12 pages, ne sont hélas nullement sur « la piste d’Émile », comme le titre pourrait le laisser penser à de crédules lecteurs. La première vérité, c’est d’abord que Sagazan et Boutin n’ont révélé strictement aucun élément nouveau par rapport à tout ce qui a déjà été amplement rapporté par une multitude de médias, avec plus ou moins d’honnêteté. Et hélas encore, ce n’est pas sur cette dernière qualité qu’ils se sont distingués comme on aurait pu l’attendre d’un reportage dans « Valeurs ».
Imposture à la « une » en effet que ce titre « Sur la piste d’Émile » qui a fait suffoquer d’indignation les proches d’Émile. Car, dans tout le reportage, il n’y a rien, vraiment rien, absolument rien, qui relèverait de la révélation du moindre indice d’une piste nouvelle sur la disparition du petit garçon.
Plus grave encore, ce bandeau mensonger « L’enquête interdite ». Interdite par qui ? Interdite à la paire Sagazan – Boutin ? Que nenni ! La vérité c’est que, à ce que nous en savons, de la famille d’Émile qui, en effet, nous touchent de près, aussi bien les gendarmes que les juges d’instruction auxquels a été confiée l’enquête n’ont cessé et ne cessent de la mener avec ténacité, et aussi une grande humanité pour Marie et Colomban Soleil, confrontés à la pire tragédie qui soit.
Enfin, nos « sublimes » enquêteurs ont eux aussi pensé qu’il était sans doute nécessaire pour leur brillant travail d’investigation de se pencher sur la famille, et en l’occurrence sur son grand-père, Pierre Soleil, proche de Bernard Antony, trésorier de Chrétienté-Solidarité, « association droitarde » (sic !).
Et d’évoquer alors « les deux compères (resic !) qui fréquentaient en 1987 l’église de Port-Marly »… « par ailleurs soupçonnés d’être impliqués dans l’incendie du cinéma Saint-Michel ». Mais d’ajouter : « Ils seront disculpés avant le procès ».
De nombreux auditeurs de notre émission régulière sur Radio-Courtoisie qui nous ont écouté mardi 1° novembre, répliquant au triste procédé du duo des « enquêteurs » de Valeurs nous ont appelé pour partager notre indignation.
En quoi cette affaire d’il y a 35 ans pouvait-elle bien prendre place dans l’enquête, ou plutôt dans la « non-enquête » de Valeurs !
Mais rappelons tout de même ici que Bernard Antony, qui au demeurant n’a jamais eu l’occasion de fréquenter l’église de Port-Marly, ne fut nullement « disculpé » de quelque responsabilité que ce soit dans la curieuse affaire de l’incendie du cinéma Saint-Michel. Et ce pour la bonne raison qu’il n’avait jamais été inculpé ! Ni même fait l’objet de quelque suspicion que ce soit, ni de la part des enquêteurs ni du juge préposés à cette affaire, pour laquelle on ne lui demanda strictement aucun compte !
Cela n’a de plus rien à voir avec l’actuelle tragédie de la disparition du petit Émile !
Mais Patricia de Sagazan et Nicolas Boutin ont-ils réellement cru qu’en revenant, au mépris de toute vérité, sur une affaire vieille de 35 ans, ils pourraient faire avancer l’enquête selon eux « interdite » ? Si médiocres soient-ils, c’est tout de même peu probable. Plus plausiblement ont-ils niaisement pensé qu’avec pareille couverture et avec pareil contenu « Valeurs » accrocherait des acheteurs.
Le plus triste, c’est qu’ils ont à l’évidence fait accepter leur « papier » et leur « une » à l’actuelle rédaction en chef de « Valeurs ». On espère que celle-ci tirera les conclusions qui s’imposent de ce très pitoyable traitement d’une atroce tragédie.
Une grande prière pour la vie, qui parcourt le monde entier, est une urgence
Il y a presque 30 ans, dans Evangelium Vitae, Jean-Paul II nous appelait à une grande prière pour la Vie qui parcourt le monde :
“Une grande prière pour la vie, qui parcourt le monde entier, est une urgence. Que, par des initiatives extraordinaires et dans la prière habituelle, une supplication ardente s’élève vers Dieu, Créateur qui aime la vie, de toutes les communautés chrétiennes, de tous les groupes ou mouvements, de toutes les familles, du cœur de tous les croyants!” (Evangelium vitae n°100)
Petit à petit, la France, la Suisse, la Belgique, le Luxembourg s’illuminent , mais de trop nombreuses villes restent dans le noir, mobilisons-nous, prions, veillons.
Statistiques de la Fraternité Saint-Pierre
Selon ses statistiques annuelles publiée le 1er novembre, la Fraternité Saint-Pierre compte désormais 569 membres dont 368 prêtres, 201 séminaristes (dont 22 diacres).
Les prêtres desservent 146 diocèses pour 249 lieux de cultes dont 48 paroisses personnelles (dans 20 pays), dont aucune en France.
Avec 201 séminaristes (179 séminaristes et 22 diacres), les effectifs des deux séminaires (et de la maison de discernement de Sydney) sont au plus haut depuis la fondation en 1988. En septembre, plus de 46 jeunes ont fait leur entrée dans les séminaires de la Fraternité.
32% des membres sont de nationalité Américaine (183), 25% sont de nationalité Française (143) et 10% de nationalité Allemande (55).
La Marche pour la Vie donne rendez-vous le dimanche 21 janvier 2024 à Paris
Communiqué de Nicolas Tardy-Joubert, président de la Marche pour la vie :
Le Président de la République a annoncé qu’un projet de loi constitutionnelle sera envoyé au Conseil d’Etat et présenté en Conseil des ministres d’ici la fin de l’année, pour que la liberté des femmes de recourir à l’IVG soit « irréversible ».
Cette proposition est indécente : 2022 est une triste année record avec 234.300 avortements enregistrés, après une nouvelle extension de 12 à 14 semaines du délai autorisé pour avorter.
D’éminents juristes constitutionnels dénoncent l’incohérence de l’inscription de l’avortement dans notre Constitution. Reconnaître le droit de faire mourir un être humain est contraire à l’article 16 du Code civil qui « assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie », et de l’article 66.1 de la Constitution qui prévoit que « nul ne peut être condamné à la peine de mort ».
Cette modification de la Constitution entrainerait de grands risques de remettre en cause la clause de conscience, ou d’ouvrir à des avortements à la demande, jusqu’au terme de la grossesse.
Pour toutes ces raisons, nous condamnons vivement ce projet inutile et dangereux.
Alors que la situation démographique, sanitaire, sécuritaire et l’endettement majeur que nous connaissons, traduisent la terrible fragilisation de notre pays, le gouvernement devrait plutôt s’attaquer aux vrais problèmes de la Nation.
75% des avortements sont subis à la suite de contraintes sociales ou économiques (Source : Gunmacher/ECLJ). Nous préconisons pour éviter ces violences faites aux femmes et aux enfants à naître, la mise en place de politiques de prévention de l’avortement et d’accompagnement financier et familial, seules priorités dignes de ce nom, pour réduire le drame des avortements.
Le Gouvernement envisage par ailleurs de faire passer une loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté, alors que l’interdit de tuer est un fondement de notre civilisation, et doit le rester !
La Marche pour la Vie, donne donc un grand rendez-vous le dimanche 21 janvier 2024 à Paris aux Français pour manifester leur vive opposition à ces projets et demander au contraire, que la protection de la vie devienne une grande cause nationale, tel que nous le portons avec nos dix propositions.
Nicolas Tardy-Joubert, président
Douce France dans le métro parisien
Pour de vrai :
Je ne sais pas ce que je préfère dans cette vidéo.
La chanson elle même 🎶, les chanteurs 🎤, ou la souffrance de l’usager du métro sur le strapontin… pic.twitter.com/QX2VkMcznN— leGorgidas (@leGorgidas) November 6, 2023
La femme et la fille du sélectionneur des All Blacks agressées au couteau à Créteil lors du mondial de rugby
Ce n’est pas la presse française qui nous l’apprend mais la presse néo-zélandaise…
L’épisode avait à ce point inquiété la délégation All Black qu’un message d’extrême prudence avait été adressé aux joueurs.
Exploitation d’enfants : le film Sound of freedom bientôt en salles
Le film SOUND OF FREEDOM sort dans quelques jours au cinéma. Voici quelques informations transmises par SAJE :
1. Le réalisateur Alejandro Monteverde est actuellement à Paris pour promouvoir le film dans les médias. Merci de prier pour qu’il puisse intervenir sur les plateaux TV et radios grand-public et que ce soit l’occasion d’orienter les projecteurs médiatiques sur cette cause fondamentale qu’est la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants.
2. Alejandro sera présent ce mardi 7 novembre à l’avant-première du film à l’UGC Normandie à 20h.
3. A partir de mercredi, environ 1200 affiches du film fleuriront sur les quais de gare partout en France et dans le métro parisien (en 4m x 3m). N’hésitez pas à prendre des photos et à les publier sur les réseaux sociaux avec le #SoundofFreedom.
4. Enfin, peut-être que certains (certaines ?) d’entre vous ont peur d’aller voir un film au cinéma sur un sujet aussi sordide. Ce film a été produit, réalisé et interprété par des chrétiens. L’horreur est certes dénoncée, mais jamais montrée. Les mamans de l’équipe de Saje l’ont trouvé dur mais rempli d’espérance et jamais sordide. Le film encourage les parents à parler à leurs enfants de la pédophilie pour mieux les protéger.
Celui qui en parle le mieux, c’est encore Jim Caviezel, le fameux « Jésus » dans LA PASSION DU CHRIST, et qui joue le rôle principal :
“Vaccins” Covid : la poule aux oeufs d’or est malade
Lu dans Challenges :
La cash-machine du Covid-19 se grippe plus brutalement que prévu pour Pfizer et Moderna. Les deux grands vainqueurs de la course au lancement de vaccins durant la pandémie subissent une dégringolade de leurs ventes qui les a, chacun, forcés à revoir leurs prévisions financières pour 2023.
Le 2 novembre, Moderna, qui s’est fait un nom en livrant en un temps record son vaccin anti-Covid Spikevax, aujourd’hui le seul produit qu’il commercialise, a annoncé une perte trimestrielle nette de 3,6 milliards de dollars (3,3 Mds€), pire que ce que prévoyaient les analystes.
Une perte en partie creusée par des charges liées à la réduction des capacités de production de vaccin de la biotech basée à Cambridge, près de Boston. « Au troisième trimestre, nous avons dû redimensionner significativement notre outil de production afin que notre franchise Covid-19 reste rentable en 2024 et après », a précisé le PDG, Stéphane Bancel, dans un communiqué. Pionnière de l’ARN messager, la biotech américaine fondée en 2010 avait écoulé pour 18,4 milliards de dollars de son vaccin en 2022.
Justice immanente ?
Une “affaire Vincent Lambert” en Espagne
Alors qu’une Espagnole de 54 ans atteinte d’une sclérose en plaque a reçu l’accord de la commission pour se faire euthanasier, sa mère s’y oppose. Par l’intermédiaire de la Fondation espagnole des avocats chrétiens, elle a porté plainte pour « incitation au suicide » contre l’hôpital public de Santiago et la commission de garantie et d’évaluation de l’euthanasie qui a approuvé la demande de sa fille.
Elle estime que les conditions légales requises pour recourir à l’euthanasie ne sont pas remplies. Selon elle, sa fille n’est pas « dans la pleine utilisation de ses facultés mentales » et « ne souffre pas de douleurs constantes et insupportables », la preuve étant qu’elle ne prend aucun médicament contre la douleur.
Informée le 1er novembre que l’euthanasie de sa fille aurait lieu le lendemain, la mère a refusé d’ouvrir aux médecins venus chercher sa fille pour l’emmener à l’hôpital.
La Fondation des avocats chrétiens qui a demandé des mesures conservatoires au tribunal soutient le fait que la mère dispose d’une procuration pour représenter sa fille.
La demande de suspendre l’euthanasie a été transmise au parquet.
Source : Gènéthique
Ouverture d’une classe spécialisée pour des collégiens porteurs de handicap près de Fontainebleau
L’établissement scolaire hors-contrat ESCEJ près de Fontainebleau propose d’accueillir dans sa classe spécialisée des jeunes de 11 à 16 ans ayant une maladie génétique entraînant une déficience intellectuelle ou des troubles d’apprentissage (trisomie 21 ou autre pathologie génétique); la classe est également ouverte aux jeunes présentant des troubles d’apprentissage sans pathologie génétique connue, nécessitant une scolarité adaptée.
En septembre dernier la classe a ouvert avec 3 jeunes mais le projet a révélé un besoin réel pour plusieurs familles, une pré-inscription est d’ores-et-déjà déposée pour la rentrée prochaine. L’effectif maximum sera de 6 jeunes.
Les élèves partagent les temps de récréation, de prière et de repas avec les autres collégiens. Ils bénéficient également de temps d’inclusion en classe de 6ème, en musique, théâtre ou sciences. Enfin, l’ESCEJ a pour projet de développer des partenariats avec des entreprises et des institutions locales pour permettre aux jeunes accueillis d’effectuer des stages et de préparer leur insertion dans le monde professionnel.
Pour pérenniser l’ouverture de cette classe, l’établissement organise une nouvelle campagne de financement participatif qui se terminera le 1er décembre prochain.
Le projet suscite beaucoup d’enthousiasme auprès des familles, des professionnels de santé et des associations locales.
Vous trouverez sur cette page tous les détails du projet, et les éléments concernant l’établissement : CLASSE SPECIALISEE | ESCEJ .
La menace djihadiste risque de se diffuser en Afrique de l’Ouest
Le général (2S) Frédéric Blachon, ancien commandant de l’opération Barkhane, est interrogé dans Le JDD. Extrait :
Y a-t-il un risque de victoire des djihadistes au Sahel ?
Longtemps minoré, ce risque est aujourd’hui avéré. On peut même parler d’une poussée spectaculaire, qui renoue avec l’histoire des djihads au Sahel, aux XVIIIe et XIXe siècles. Cette situation est la résultante de deux événements : la guerre civile algérienne de 1992 à 2002 et le chaos libyen depuis 2011. Après dix ans d’affrontement avec le pouvoir du FLN, les djihadistes algériens trouvent en effet refuge au début des années 2000 dans le nord du Mali. C’est alors que le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) fait allégeance à Al-Qaïda et donne naissance en 2007 à AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique). En 2011, le renversement du colonel Kadhafi entraîne non seulement le pillage des arsenaux mais aussi le retour au Mali des Touaregs qui s’étaient mis au service du dirigeant libyen. En 2012, la collusion éphémère d’AQMI et des Touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad permet aux djihadistes de s’emparer des principales villes du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou. À la demande des autorités maliennes et avec le soutien de l’ONU, l’armée française vient mettre en janvier 2013 un coup d’arrêt à cette expansion des groupes djihadistes. À partir d’août 2014, la force Barkhane a pour objectif de lutter contre la diffusion de ces mouvements dans l’ensemble des pays du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina-Faso et Tchad). Rapidement, les esprits les plus lucides comprennent qu’il ne peut s’agir tout au plus que de contenir cette poussée. Car toutes les conditions sont réunies pour que la tâche apparaisse démesurée : États faillis, extrême pauvreté, corruption endémique, explosion démographique, trafics de drogue, réseaux criminels, conflits intercommunautaires. Dans ce contexte, les djihadistes n’ont aucun mal à se substituer aux États et aux autorités traditionnelles pour apporter un semblant de justice, au travers de la charia, et offrir un cadre d’organisation politique représentant un moindre mal pour une bonne partie de la jeunesse désœuvrée. […]
Y a-t-il un risque d’expansion du djihadisme à tout l’Ouest africain ?
Alors que des zones entières au Sahel sont d’ores et déjà sous le contrôle des djihadistes, notamment au Mali, dans la zone dite des trois frontières et au Burkina-Faso, dans tout le nord du pays, des attaques djihadistes ont déjà eu lieu dans les États côtiers comme en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Togo. Au Ghana et au Sénégal, des cellules dormantes peuvent à tout moment passer à l’action. On peut néanmoins espérer que les États du golfe de Guinée se montreront plus solides que les États sahéliens pour lutter contre toute tentative d’insurrection et sauront surtout associer leurs populations dans cette lutte cruciale pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest.
Pilule contraceptive : la face cachée de la libération féminine
Thaïs d’Escufon dénonce la face cachée de la pilule contraceptive, ce petit comprimé qui a promis le bonheur et la liberté aux femmes modernes… Au delà des dangers réels pour la santé, ce cachet à l’apparence inoffensive contient à lui seul l’avenir de l’Occident.
- 00:00 – 01:17 Intro : la face cachée de la pilule
- 01:17 – 02:32 Sponso : Frise chronologique de l’Histoire de France
- 02:32 – 04:07 La pilule : comment ça marche ?
- 04:07 – 06:46 Les effets néfastes de la pilule
- 06:46 – 09:41 La naissance de la femme moderne
- 09:41 – 13:06 Que faire ?
- 13:06 – 14:09 Le retour de bâton
SOURCES :
- Effets secondaires négatifs sur les changements d’humeur quel que soit le type de pilule : https://australianprescriber.tg.org.a…
- Des milliers de femmes confirment ces effets : Documentaire Channel 4 : https://www.channel4.com/programmes/d…
- Effets de la pilule sur le stress : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/arti…
- 52% des femmes françaises de 20 à 24 ans prennent la pilule : https://www.santepubliquefrance.fr/co…
- La pilule modifie les préférences des femmes : https://www.theguardian.com/society/2…
- Efficacité de la méthode Billings reconnue : https://www.jabfm.org/content/22/2/14…
- 150 millions de femmes prennent la pilule chaque jour : https://www.un.org/development/desa/p…
- 58% des femmes aux USA prennent la pilule pour des raisons non-contraceptives : https://www.elle.com/beauty/health-fi…
- Les femmes abandonnent de plus en plus la pilule : https://www.cosmopolitan.com/sex-love…
Trois mille milliards : les secrets d’un État en faillite
Sur un rythme enlevé et dans une démarche didactique, mêlant analyses, témoignages d’experts et graphiques, le documentaire de Contribuables Associés 3 000 milliards : les secrets d’un État en faillite a pour objectif d’expliquer aux Français l’engrenage de la dette et comment nous en sommes arrivés là. Mais aussi de pousser les responsables politiques à agir, tant l’heure est grave.
SOMMAIRE
- 00:00 Introduction
- 11:28 Chapitre 1 : Impôt, élus, service public
- 24:47 Les collectivités locales
- 37:35 Chapitre 2 : Le contrôle des dépenses
- 53:46 La gestion de l’Etat
- 1:08:33 Chapitre 3 : La matrice de la dépense publique
- 1:18:46 Le système de santé Français
- 1:27:48 Chapitre 4 : La dette
- 1:36:58 Les conséquences du non-paiement de la dette
INTERVENANTS
- Jean-Marc Daniel – Économiste et essayiste – Professeur à l’ESCP
- Christian Saint-Etienne – Économiste et essayiste – Professeur au CNAM
- Marc Touati – Économiste et essayiste – Directeur ACEDFI
- François Ecalle – Ancien rapporteur général de la Cour des comptes – Président de FIPECO
- Édouard Balladur – Ancien Premier ministre (1993-1995)
- Benoît Perrin – Directeur de Contribuables Associés
- Virginie Pradel – Avocate fiscaliste – Présidente de l’Institut Vauban
- Olivier Babeau – Économiste et essayiste – Président de l’Institut Sapiens
- Jean-Michel Fourgous – Maire d’Élancourt, ancien député
- François Facchini – Professeur de sciences économiques Université Paris-Sorbonne
- François Lainée – Consultant, Data Expert
- Jean-Baptiste Leon – Directeur des publications de Contribuables Associés
- Benoîte Taffin – Ancien maire 2e arrondissement de Paris
- Paul-Antoine Martin – Ingénieur et essayiste Hervé Novelli – Ancien ministre, député et maire
- Charles Prats – Ancien magistrat de la Délégation Nationale à la lutte contre la Fraude (DNLF)
- Pr. Michaël Peyromaure – Chef du service d’Urologie à l’hôpital Cochin et essayiste
- Lisa Kamen-Hirsig – Enseignante et essayiste
Le vote des Français de confession juive est passé de gauche à droite
Selon Jérôme Fourquet, interrogé par Raphaël Stainville dans le JDD :
Le centre de gravité politique des Français de confession juive était plutôt de centre gauche. Cela s’explique par l’histoire : la Révolution qui a donné des droits civiques aux Juifs, l’affaire Dreyfus, Vichy, mais aussi la politique pro-arabe du général de Gaulle ont contribué à façonner un tropisme de gauche dans cette population. À partir du début des années 2000 et la deuxième intifada, où l’on observe déjà une importation du conflit en France, les Français de confession juive subissent la double peine : non seulement la communauté juive, notamment en Île-de- France, se fait harceler, attaquer, menacer, mais en plus, les autorités (en l’espèce le gouvernement Jospin) regardent ailleurs et ne veulent pas nommer les auteurs de ce « nouvel antisémitisme ». L’électorat juif se sentant abandonné par la gauche se met à voter beaucoup plus à droite qu’avant. En 2002, il vote notamment Alain Madelin. Ce dernier est en tête de cortège d’une manifestation contre l’antisémitisme quelques semaines avant la présidentielle. Il fait 20 % dans les bureaux de vote de la « petite Jérusalem » à Sarcelles, alors qu’il n’atteint que 2 % sur le reste de la ville. Ensuite, quand Nicolas Sarkozy devient ministre de l’Intérieur sous Chirac, il envoie de nombreux signaux à la communauté juive. Lui met les mots sur les choses en parlant d’« un nouvel antisémitisme des banlieues », quand la gauche, même après l’affaire Ilan Halimi, se cramponne à l’ancien antisémitisme. Le dernier épisode de cette droitisation de l’électorat juif sur fond d’inquiétude sécuritaire, c’est Éric Zemmour. Il a obtenu pas moins de 56 % des voix parmi les Français d’Israël et est arrivé en tête dans les bureaux de vote de la « petite Jérusalem » à Sarcelles (avec près de 35 %).
Au point que Gérard Miller dans Le Monde sonne le tocsin : « Une part croissante des citoyens juifs de ce pays ont perdu leur boussole morale et politique puisqu’ils votent massivement pour l’extrême droite. »
Il a factuellement raison. Sauf qu’il ne va pas au bout du raisonnement. Il ne se demande pas pourquoi les Français de confession juive ont « dérivé » de son point de vue et ont abandonné la gauche. C’est tout simplement parce qu’il y a une réalité sociale qu’eux vivent et qu’il ne veut pas voir (on retombe ici sur le syndrome de Budapest). Dans les manifestations contre Israël depuis plusieurs années, les drapeaux palestiniens, mais aussi parfois du Hamas et du Hezbollah, se mêlent à ceux du NPA, de la CGT et de LFI. Tout à sa stratégie de normalisation, Marine Le Pen, de son côté, martèle : « Il ne fait pas bon dans certains quartiers être femme, juif ou homosexuel. » C’est une lente tectonique sur vingt ans qui a chamboulé les repères.
Qui nous enseigne, puisqu’on y passera tous, à nous préparer sereinement à la mort ?
Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :
Dante et sa Divine comédie rencontreraient-ils le même succès aujourd’hui ? Chef-d’œuvre de la littérature mondiale, divisé en trois parties, l’ouvrage maître du poète florentin narre un voyage dans l’éternité : l’Enfer, le Purgatoire, le Paradis. Mais qui croit encore à ces trois réalités qui appartiennent à la foi et à l’enseignement constant de l’Église catholique ?
De Brassens fredonnant « un p’tit coin de parapluie contre un coin de paradis » à l’iconique Cruella d’enfer dans le dessin animé de Disney les 101 Dalmatiens, les images ou formules évocatrices liées à notre devenir après la mort continuent pourtant de nous rattraper. L’Enfer, le Purgatoire, le Paradis font partie de notre patrimoine culturel. Mais pour ce qui est de notre patrimoine civilisationnel, jusqu’à quand ? « Ce pour quoi tu acceptes de mourir, c’est cela seul dont tu peux vivre », écrivait Antoine de Saint-Exupéry. La façon dont nous intégrons la réalité de la mort permet effectivement de mesurer le degré d’intensité de notre manière de croquer la vie.
La mort s’invite sur le plateau de Pascal Praud
L’universitaire Guillaume Cuchet, dans sa remarquable étude Comment notre monde a cessé d’être chrétien (Seuil, 2018), voyait justement dans la disparition, depuis les années 1960, de l’évocation des fins dernières dans la prédication des prêtres l’un des motifs majeurs de l’effondrement du christianisme. Ce qui s’est passé lors de l’émission de l’Heure des pros, le 1er novembre dernier, est à cet égard tout à fait évocateur de cette perte du sens de l’éternité qui modifie dangereusement nos repères civilisationnels.
Mercredi matin dernier, en effet, la thématique de la vie après le trépas s’est invitée sur le plateau. Séphane Allix, auteur de La mort n’existe pas (Harper Collins) venait en effet présenter le fruit d’une longue enquête sur les expériences de mort imminente, la question de la conscience et les phénomènes inexpliqués dans les services hospitaliers. Sa thèse essentielle pourrait se résumer en une phrase : la mort n’est pas la fin de la vie. Devant une telle assertion, Pascal Praud sent ses invités mal à l’aise et les interroge : « Croyez-vous en la vie éternelle ? » Si Gauthier Le Bret garde le silence, Dominique Jamet montre aux téléspectateurs l’image d’Épinal du cartésien : ne croyant que ce qu’il voit, sa réponse est négative.
Éric Naulleau estime de son côté que l’enfer, le purgatoire et le paradis ne sont que « des fables pour enfants » et évoque le bricolage des religions sur le sujet. Seul Vincent Hervouët affirmera avec une sérénité déconcertante : « En ce jour de la Toussaint, je tiens à dire que je crois en tous les saints et en la vie éternelle. Alleluia ! » Cette profession de foi, claire, déterminée et tranquille provoquera un rire gêné parmi les chroniqueurs, ne sachant s’il plaisante ou s’il est vraiment sérieux. Voilà donc où nous en sommes. La mort est si occultée, si oubliée, qu’y penser apparaît suspect, y être confronté ébranle comme jamais, évoquer une vie après elle devient curieux. La mort, devenue gênante, finit par tétaniser. “Cachez cette mort que je ne saurais voir…”
Entre divertissement et dédramatisation
Cette désertion intellectuelle et spirituelle devant l’au-delà interroge. De Descartes aux Lumières, l’ère de la modernité s’était attachée à reléguer Dieu dans le domaine privé pour l’y cantonner. La postmodernité, depuis la révolution technique, sexuelle puis numérique de ces soixante dernières années, s’évertue quant à elle à arracher aux hommes le désir même de Dieu. Nous voici divertis de l’enjeu déterminant de notre destinée. L’occultation de la mort et le dédain de l’examen de sa conscience sur les comptes qu’elle devra rendre sont parmi les drames du monde actuel.
Les publicités, les réseaux sociaux, les émissions télévisées, les campagnes informatives du gouvernement, les coachs divers et variés abordent de très nombreux sujets : on nous apprend à manger des fruits et des légumes, à faire du sport, à bien dormir, à respecter la planète, l’importance de trier nos déchets… Mais qui a la véritable ambition de nous apprendre à “bien mourir” ? Qui nous enseigne, puisqu’on y passera tous, à nous préparer sereinement à la mort ?
La question de la mort, chevillée à l’âme de tout homme, finit toujours par le tarauder et même parfois par le tourmenter. Aussi, à défaut de poser une réflexion religieuse sur le sujet de la destinée éternelle, les médias évoquent l’au-delà en recourant à des artifices sensationnels : les fameuses émissions en deuxième partie de soirée… « Paranormal, normal », « Voyants, astrologues : disent-ils l’avenir ? », « Ils ont fait l’expérience de la mort et en sont sortis ». Loin de répondre aux questions existentielles des hommes, ces documentaires cherchent à surfer sur des titres accrocheurs pour doper l’audimat.
Que la question de la mort soit abordée sous le registre du divertissement et de la dédramatisation, l’angoisse métaphysique de l’éternité demeure, quoi qu’essaient de nous faire croire les indifférents. « Les mortels que nous sommes n’ont pas moins soin d’ensevelir les pensées de la mort que d’enterrer les morts eux-mêmes », grinçait déjà le grand prédicateur Bossuet. Pourtant, au XVIIe siècle, trois générations partageaient habituellement le même toit. Tous étaient pétris de l’idée de mort et vivaient avec elle dès le plus jeune âge. Les morts étaient veillés et l’on portait le deuil en communauté. Que dirait Bossuet aujourd’hui sur le plateau de Pascal Praud !
Le sens chrétien de la mort
Le mot célèbre de sainte Thérèse de Lisieux, « je ne meurs pas, j’entre dans la Vie », dit quelque chose du sens de la mort chrétienne. Pour le véritable disciple du Christ, la mort n’a pas le même sens que pour le mondain. Elle lui apparaît comme l’actualisation de son baptême : « mort avec le Christ » de manière sacramentelle par le baptême, le chrétien est appelé à mourir au péché chaque jour plus. Le jour de la mort devient ainsi pour lui le dies natalis. Ces combats spirituels à mener face aux défis de l’existence et à la perspective de la mort constituent alors autant de motifs pour ne pas se laisser aller et s’efforcer de mener droitement sa vie. Ou le moins maladroitement, c’est selon.
« Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière », formule le prêtre lors de la cérémonie de l’imposition des cendres à l’ouverture du carême. Cette conscience de notre finitude et du fait que nous aurons un jour à rendre des comptes sur nos actions permettrait non pas de faire le paradis ici-bas, mais contribuerait au moins à ce que l’enfer déborde un peu moins.
Croisades, Inquisition… l’Église est-elle coupable ?
L’abbé Matthieu Raffray reçoit l’historien Jean Sévillia pour parler de l’histoire de l’Eglise : croisades, inquisition, guerres de religion, colonisation, Pie XII et les juifs… faut-il demander pardon ? L’Église est-elle coupable ? Comment répondre aux accusations, comment défendre l’honneur de l’Eglise, comment comprendre et interpréter les faits que l’on reproche, parfois avec raison, aux chrétiens dans l’histoire ?
- 01:42 – Méthodologie : La juste attitude de l’historien
- 04:19 – l’objectivité en histoire existe-t-elle ?
- 08:45 – Les croisades
- 14:18 – La mythologie autour des croisades
- 14:36 écrire en sous-titre “Kingdom of Haeven”, film de Ridley Scott (2005)
- 18:20 – La croisade, démarche spirituelle
- 21:26 – Le sac de Constantinople
- 22:43 – Le bilan des croisades
- 25:02 – L’amour des musulmans
- 27:14 – L’inquisition
- 30:10 – La lutte contre l’hérésie
- 33:50 – Comment fonctionne l’inquisition ?
- 36:00 – L’inquisition a inventé le droit à la défense
- 37:55 – L’inquisition, combien de morts ?
- 43:34 – Les critiques de l’inquisition
- 44:59 – La mythologie autour de l’inquisition
- 47:21 – Les guerres de religion
- 52:16 – La Saint-Barthélémy
- 54:34 – La conquête des Amériques
- 57:42 – L’Église a défendu les indigènes
- 59:49 – Les chrétiens ont-ils pillé Mexico ?
- 1:01:18 – La mission civilisatrice du Christianisme
- 1:05:02 – Colonisation et évangélisation
- 1:06:19 – Colonisations catholique et protestante
- 1:08:31 – Pie XII et les Juifs
- 1:12:08 – La stratégie de Pie XII
- 1:14:45 – Conclusion : L’histoire comme science
Que savons-nous de l’Evangéliaire de Saint-Mihiel ?
L’Université Catholique de Lille a récemment vendu l’Evangéliaire dit de st Mihiel (XIe siècle) a Paul Getty image dont on peut supposer que l’intérêt intellectuel du manuscrit n’est pas sa préoccupation majeure mais bien la commercialisation des 15 miniatures contenues dans le manuscrit. Jean Heuclin, Professeur émérite d’histoire médiévale, vice-président de la Commission historique du Nord et Président de la fédération des Sociétés Savante du Nord de la France, a réalisé une synthèse des travaux et découvertes à partir des notes et publications du père Platelle qui avait suivi de près les recherches des Professeurs Dubrulle, Schmid et Kuder et entretenu une correspondance avec ces savants allemands.
Le manuscrit fut acheté en 1830 à un libraire de Saint-Mihiel par un ecclésiastique du lieu, l’abbé Charles Didiot (1797-1866) qui devint évêque de Bayeux (1856-1866). C’est son neveu, Charles Didiot, doyen de la faculté de Théologie, qui, en 1881, l’offrit à la Bibliothèque de l’Université Catholique, précieusement conservé dans un coffre, puis dans une salle dédiée au fond patrimonial depuis 2010 selon les normes de température et d’hygrométrie de la BNF.
L’abbé Chrétien Dehaisnes dès 1882, signale l’originalité de ce manuscrit, suivi en 1923 par l’abbé Henry Dubrulle, puis en 1977, par l’abbé Gérard Mathon (avec la collaboration de JL Decherf) qui dans un catalogue d’exposition décrit l’Evangéliaire de Saint-Mihiel avec ses 254 feuillets de parchemin et ses 15 miniatures. Il est répertorié en 1979 dans les Monumenta Poetae Latini de l’époque ottonienne comme appartenant au cercle de l’école de Reichenau . Ce manuscrit ancien de haute qualité a ainsi suscité l’attention accrue de la science historique allemande.
En 1982, le professeur Karl Schmidt de l’université de Münster s’est efforcé d’identifier le couple de donateurs, Irmengard et Werner, connus par une miniature et une inscription, et interrogé leur geste de piété dans le contexte religieux, politique et social de l’époque qui lui donne tout son sens.
En 1998, le professeur Ulrich Kuder de l’université d’Osnabrück, s’est penché à son tour sur le document pour proposer de nouvelles hypothèses de travail sur la datation et l’identification des personnages. Le professeur H. Platelle de l’Université Catholique a suivi attentivement ces travaux et entretenu une correspondance avec leurs auteurs qui étaient venus consulter sur place le manuscrit. H. Platelle en a souligné, pour sa part, la portée spirituelle par une communication en 1989 au congrès de Maubeuge sur la « Femme au Moyen Age » présidé par l’académicien Georges Duby, intitulée « l’épouse gardienne aimante de la vie et de l’âme de son mari ».
Le professeur Louis Ridez (1930-2020), historien de l’art à la Faculté de Théologie a de son côté comparé l’ensemble des illustrations (15) du manuscrit lillois avec celles (51) de l’évangéliaire d’Egbert de Trèves (980-993) élaboré l’un et l’autre dans la tradition de la Reichenau, considérant l’art, notamment ottonien influencé par Byzance, comme un moyen exceptionnel de transmission de la foi chrétienne, y compris de nos jours. Ce dernier aspect a été mis en évidence en 2008 par l’exposition des originaux des deux évangéliaires dans les locaux de l’Université Catholique complétée par les fac-similés des éditions Faksimile-Luzern aimablement prêtés par M Kramer, ouvrant ainsi la perspective d’une reproduction de l’évangéliaire de Saint-Mihiel. Cette manifestation vint en complément du colloque « Parole et Lumière autour de l’An mil » avec les interventions remarquées des spécialistes allemands et suisses tels M. Embach, W. Lentzen-Deis, F. Ronig, G. Franz de l’Université de Trèves.
La notoriété publique ainsi acquise par l’Evangéliaire de Saint-Mihiel au niveau de la recherche codicologique et du contexte social et religieux ouvre sur une série de questionnements pour sa datation et ses commanditaires.
Le contenu du manuscrit.
L’Evangéliaire est donc un livre liturgique contenant les passages d’évangile destinés aux dimanches, fêtes et fériés. Ce découpage était fixe jusque Vatican II de sorte que l’identité est parfaite entre l’usage attesté de ce manuscrit et celui du missel romain de 1950. Le document se présente sur 254 feuillets, de dimension 223mm sur 193mm. Sur chacune des pages le texte se déroule uniformément écrit sur 15 lignes en minuscule caroline, cette belle écriture mise au point par l’abbaye de Corbie au VIIIe siècle et répandue par Charlemagne pour tous les documents administratifs et liturgiques du IXe au XIIIe siècle. L’originalité de notre évangéliaire, ce sont les quinze miniatures souvent groupées deux par deux en vis-à-vis, outre un belle lettre ornée au f° 119. En tête de la liste des représentations figure les quatre évangélistes ( f°1 r° au f°4 r°), puis Noël en deux scènes séparées : la Nativité et l’Annonce aux bergers (f°5 v° et 6 r°), Pâques en deux scènes étroitement associées : les saintes femmes en route vers le tombeau et l’ange du tombeau vide ( f°117 v° et 118 r°) ; l’Ascension et la Pentecôte en vis-à-vis ( f°142 v° et 143 r°) ;le miracle de saint Michel au Mont-Gargan (f° 210 r°) ; l’Annonciation étalée en deux feuillets ou se répondent la Vierge et l’Ange Gabriel (f°235 v° et f° 236 r°) ; enfin, sur deux volets l’offrande de l’évangéliaire au christ et à saint Michel (f° 253 v° et 254 r°). Ce dernier élément est le point de départ de la recherche.
Après Dubrulle en 1923, K. Schmidt et U. Kuder constatent que ces miniatures sont étroitement attachées à l’école de Reichenau, monastère qui fut aux Xe et XIe siècles, un centre culturel extrêmement brillant d’où sortirent l’évangéliaire d’Otton III (Munich), le livre des péricopes d’Henri II (Munich), l’Apocalypse de Bamberg. Les miniatures lilloises rappellent parfaitement celles des manuscrits impériaux cités : par les couleurs, les bandes vertes figurant la terre, la manière de représenter les montagnes, les mains si caractéristiques, les traits des visages, le style des draperies. Si nous ne sommes plus aux environs immédiats de l’an Mil – mais plutôt vers 1050-060 – avec des traces de négligence dans la calligraphie en fin de volume, la réalisation en est encore fort belle.
L’identification du couple de donateurs : « l’Image de la dédicace. »
Cet élément clef renvoie aux origines du manuscrit et au contexte politique, social et religieux de ce geste de piété et à la place de la femme au Moyen Age.
L’achat par le chanoine Didiot à un libraire de Saint-Mihiel et la place privilégiée donnée dans la décoration à saint Michel ont naturellement conduit l’abbé Dehaisnes à rattacher ce document à l’ancien monastère de Saint-Mihiel (monasterium sancti Michaelis). Cette hypothèse se trouva confortée en 1977 par G. Mathon qui fit remarquer que la feuille de garde qui avait servi à renforcer la reliure au XVIIIe siècle, portait au dos une sentence de la Haute Cour de Nancy en date du 7 mai 1768. Ceci confirme bien que notre Evangéliaire se trouvait sous l’Ancien Régime dans le ressort de cette cour de justice – Saint-Mihiel se trouvant à une cinquantaine de kilomètres de Nancy. U. Kuder devait apporter une information majeure en signalant qu’en 1696, le célèbre mauriste Dom Ruinart (1657-1709) , ami et collaborateur de Jean Mabillon (1632-1707), avait rencontré lors d’un voyage d’étude en Lorraine, ce manuscrit alors dans la bibliothèque de l’abbaye de Saint-Mansuy, dans la banlieue de Toul. Son récit imprimé et ses notes manuscrites conservées à Paris à la Bibliothèque Nationale, décrit avec une extrême précision « l’image de la dédicace » :
« Cette Dame est représentée avec son mary, qui etoit mort et presente ce livre à Nostre Seigneur qui est peint de l’autre costé avec saint Michel portant un sceptre terminé par une espèce de fleur de Lys. Cette Dame a un grand couvre-chef de toile blanche qui lui pend des deux costés jusquà la poitrine. Elle a une espèce de manteau blanc qui luy pend par derrière en forme d’un demi-scapulaire. Son mary est représenté avec une barbe fourchue, avec des cheveux courts ayant un manteau attaché sur l’épaule droite avec une veste qui lui vient jusqu’aux genoux, et des souliers ou brodequins blancs qui viennent jusqu’au milieu de la jambe » (p. 370-371).

Il parait plausible qu’avec la disparition du monastère à la Révolution, le manuscrit vendu parmi d’autres Biens Nationaux soit parvenu chez un libraire de Saint-Mihiel à une quarantaine de kilomètres. Si la question de la localisation du manuscrit parait résolue, elle ouvre des voies nouvelles pour identifier la donatrice et son mari, non plus sur Saint-Mihiel mais dans le réseau de l’abbaye de Saint-Mansuy (Mansuetus).
« L’image de la dédicace »
Sur la double miniature qui clôt le volume, sur le feuillet de gauche apparait deux personnages intimement liés. L’homme est en avant en costume d’apparat, la femme derrière en robe longue avec le voile de veuve soutient de sa main tendue les mains de son mari dans une sorte d’offrande commune du livre au Christ.
Sur le feuillet de droite, le Christ, jeune et imberbe, assis sur son trône, fait de sa main droite un geste d’accueil et de réception tandis que de sa main gauche, il tient debout contre sa cuisse le « Livre de vie ». A son côté debout se tient l’archange saint Michel en habit liturgique qui fait lui de sa main droite un geste d’acceptation, tout en portant un sceptre de sa main gauche.
L’unité des deux miniatures est réalisée par une inscription de 7 vers en latin répartis sur les deux pages nous donnant les noms des donateurs et le sens de leur démarche dont voici la traduction :
« Pour l’amour de ta gloire, ô Saint archange Michel
Ce cadeau préparé par les soins d’Irmengarde
Reçois-le et présente-le à Dieu pour Werner
Qui fut jadis son époux alors qu’il vivait dans son corps
Fais que maintenant son âme ait à perpétuité une paix bienheureuse
Et si quelqu’un par une fourberie broyait ce livre
Pour le nom du Christ, je réclame qu’il meure ou l’abandonne»
Cette dédicace avec sa clause comminatoire de malédiction s’inscrit dans un genre appelé par les Allemands le dedikationbild, l’offrande d‘un livre ou d’une maquette d’église ou de ville à Dieu ou à un souverain. Le genre remonte à l’Antiquité influencé par le christianisme et se prolonge au-delà du Moyen Age. Par comparaison, la miniature de la première Bible de Charles le Chauve (846) sur laquelle l’empereur assis reçoit la bible apportée par des moines aux mains voilées ou le duc Philippe le Bon recevant la traduction des Chroniques de Hainaut de Jacques de Guise (1448).
L’identification des personnages.
Le Professeur K. Schmid a le premier tenté d’identifier les deux protagonistes du don à travers chroniques et obituaires dans une enquête généalogique de la famille comtale de Souabe au XIe siècle. Ce duché du sud-ouest de l’Allemagne avait pour centre le lac de Constance (le Bodensee) dont l’un des centres spirituels, implanté sur une île du lac, était le monastère de la Reichenau ainsi que celui d’Einsielden. L’historiographie allemande désigne cette famille comme celle « des comtes Werner », nom donné sur cinq générations. Un Werner Ier est signalé comme porte-étendard de Conrad II qui mourut au cours d’une guerre en Bohème en 1040, menée par l’empereur Henri III. Il était marié avec Irmengarde de Nellenburg – parente du pape Léon IX. Le couple eut un fils Werner II, tué en 1053 à la bataille de Civitate, engagée par Léon IX contre les Normands. Cette illustre famille pourrait se rattacher aux Carolingiens et à d’autres grands lignages comtaux. K. Schmid avec beaucoup de prudence laisse suggérer que le manuscrit offert pourrait être postérieur à 1040.
Cette hypothèse fut remise en cause par U.Kuder qui s’engagea d’abord dans une étude approfondie des 15 miniatures qui selon lui, n’avaient jamais été examinées de près ni datées. La directrice de la section des manuscrits de la bibliothèque royale de La Haye, Mme A.S Korteweg avait proposé d’abord de les dater entre 1030 et 1050, puis ultérieurement entre 1050 et 1070. M Kuder entreprit de comparer le manuscrit lillois avec d’autres documents artistiques provenant de la Reichenau et observa que les miniatures lilloises présentaient une chute en qualité avec une raideur géométrique des formes et une évolution du style, l’amenant à repousser leur datation aux environs de 1100, date où l’on voit apparaitre ces caractéristiques dans la postérité de l’art ottonien.
Il fit une seconde découverte importante de codicologie en remarquant que les miniatures avaient été ajoutées après coup dans le manuscrit achevé.
Sur les 15 miniatures, onze sont en effet ajoutées sur des feuillets non utilisés des cahiers primitifs composant le manuscrit. Dans 7 cas, il s’agit d’une feuille simple, dans 4 autres cas d’une feuille double mais les dos des miniatures étaient vierges à l’origine . Les 4 dernières miniatures ont été appliquées sur des feuillets appartenant aux cahiers originaux car ceux-ci étaient lignés, c’est-à-dire n’étaient pas destinés à recevoir une peinture mais un texte dont la longueur avait été surestimée. Il semblerait donc qu’Irmengarde ait pu acheter un évangile manuscrit déjà entièrement écrit et qu’elle l’a fait transformer en y insérant une coûteuse et splendide parure picturale, issue de la même école. Ceci expliquerait que la dédicace ait été placée à la fin et non en tête de l’ouvrage comme de coutume. De fait le texte du manuscrit s’achève avant la fin du dernier cahier, laissant libre trois pages pourtant marquée de lignes en vue de la transcription du texte. Irmengarde pourrait avoir saisi cette opportunité pour y faire peindre son offrande du livre, qui, involontairement prend une valeur de signature.
Cette importante découverte conduit à réviser le système de datation jusque-là admis. En accord avec K Schmid et d’autres spécialistes venus sur place consulter le document, le texte du manuscrit avec les initiales aurait été copié vers 1050, par contre les miniatures, ajoutées après coup, seraient datées des années 1100. Cette hypothèse remet en cause l’identification d’Irmengarde et Werner proposée par K. Schmid. U. Kuder découvre ainsi dans la documentation, vers 1091 parmi les milites d’une charte, un certain Warnarius et une Irmengarde (dont le nom apparait vers 1120) de Colw, petite ville près d’Hirsau dans la sphère d’influence de l’abbaye de Saint-Mansuy. Cette dernière aurait pu être veuve vers 1091, avoir commandé des miniatures à insérer dans un manuscrit plus ancien et avoir remis l’ensemble à l’abbaye de Saint-Mihiel. La difficulté est que rien ne prouve qu’ils fussent mari et femme laissant la porte ouverte à de nouvelles recherches. En dehors de cela, il semble acquis que le manuscrit du texte de l’évangile serait des années 1040-1050 auquel on ajouta vers 1100 des miniatures qui traduisent l’influence de Reichenau.
L’archange saint Michel et le miracle du Monte Gargano.
L’hypothèse de U. Kuder s’appuie sur la curieuse miniature qui illustre et met en évidence la fête de saint Michel , le 29 septembre (f° 210 r°). Il s’agit du miracle légendaire du Monte Gargano qui se serait produit en 505, connu par des récits du IXe siècle, il fut rapporté en occident par les pèlerins et croisés au XIe siècle. Cette illustration renverrait aux origines de la fondation du monastère de Saint-Mansuy en 965 par l’évêque Gérard (+ 994) sur une éminence dénommée Mons Barrus (Monbard) ou Mont Saint Michel. Un petit prieuré y fut d’abord élevé dont la propriété par l’abbaye de Saint-Mansuy s’effectua par la production de fausses attestations. La légende de st Michel au Monte Gargano servirait ici de justificatif à la construction du prieuré au Monbard, à moins de considérer Werner comme l’alter ego de Gargan ?
K. Schmid a souligné le fait que l’archange jouait ici le double rôle d’intermédiaire et d’intercesseur, il accueille favorablement le don du livre pour le transmettre à Dieu et introduire l’âme du défunt Werner dans une bienheureuse paix perpétuelle. Saint Michel se présente ici comme grand officier de la Cour céleste et avocat du défunt. Schmidt et Kuder ont fait remarquer un aspect insolite de la miniature, comme si on avait voulu particulièrement attirer l’attention. En effet Gargan et son escorte ne se présente pas comme un propriétaire accompagné de ses valets mais à l’instar de Werner comme un chef de guerre (miles), il porte sur la tête trois petites couronnes empilées comme celles que portent les rois mages dans le livre des péricopes d’Henri II conservé à Munich, tout comme la manière de représenter la montagne avec des écailles entassées dans la scène de l’annonce aux bergers. K. Schmid y voyait une identification de Gargan avec Werner, Kuder, pousse l’investigation en insistant sur l’aspect royal ou impérial du personnage. En effet dans son escorte, on relève la présence au premier rang de son escorte d’un personnage tenant une lance et un bouclier d’apparat, comme le dignitaire debout près du trône d’Otton III dans l’évangéliaire de cet empereur conservé à Munich.
Par ailleurs très curieusement, l’artiste a représenté le thème du miracle du taureau, alors que celui-ci ne figure pas sur les portes de bronze du sanctuaire du Mont-Gargan fabriquées en 1076. Notre miniature constituerait la plus ancienne représentation connue de la légende du taureau.

Autre particularité, sur notre miniature lilloise, la flèche vengeresse atteint le tireur à l’arc dans l’œil, détail qui ne figure pas de façon aussi spécifique dans la légende. Or selon Kuder, la flèche dans l’œil est le châtiment des traitres et des parjures. C’est ainsi qu’en 1066 périt Harold à Hastings. Cette scène conduit à une identification avec un roi couronné traitre, le roi-empereur Henri IV (+1106) grand adversaire de la papauté qui souleva des haines inexpiables dont beaucoup souhaitait la mort par un châtiment exemplaire.
L’ensemble de ces éléments vise à conforter l’idée que les miniatures peintes et insérées dans le manuscrit le furent à une époque tardive sans doute vers 1100. L’avenir dira si les chercheurs confirment cette hypothèse. Quant à l’identification du couple la démonstration de K Schmid reste compatible avec celle de Kuder. L’ensemble du manuscrit avec les illustrations s’inscrirait dans la période 1050 – 1080 /1100.
L’amour conjugal et la prière pour les morts.
L’instigatrice de tout ceci reste une femme, Irmengarde. Brutalement veuve comme cela arrivait fréquemment dans les familles nobles engagées dans de multiples combats, en dépit des jeux d’alliances matrimoniales et des différences d’âges entre les époux , Irmengarde a cherché de toute la force de son amour conjugal à assurer le salut éternel du défunt. Elle déploie une activité étonnante. Elle fait transcrire et peindre un évangéliaire qui doit désormais servir à la prière constante dans un monastère au profit de l’âme de son défunt mari.
Elle s’y fait représenter avec son mari dans l’attitude de donateur et fait rédiger une inscription pour bien souligner la portée de son geste. Elle se présente dans la vie comme dans la mort le soutien de son époux qu’elle pousse en avant vers le royaume des cieux dans l’espérance de l’y retrouver. Le livre précieux que Werner tend vers le Christ et saint Michel pour appeler récompense ou miséricorde, apparait comme la dernière marque de sollicitude conjugale d’une épouse aimante.
Sous cet angle, notre manuscrit devient un riche document historique susceptible d’éclairer de nouvelles problématiques en lien avec d’autres études sur le genre. Irmengarde s’inscrit au côté de Dhuoda (800-845), cette aristocrate carolingienne qui rédigea en 841-843 pour son fils Guillaume, âgé de seize ans un manuel destiné à lui servir de guide. Elle lui append à prier pour son père Bernard de Septimanie (795-844), pour tous ses parents défunts qu’elle énumère avec précision ; dans cette intercession doivent s’associer prière, aumône et offrande su saint sacrifice. D’autres exemples, proche de l’époque d’Irmengarde peuvent être pris dans Thietmar de Mersebourg (+ 1018), ainsi une certaine Godila, veuve en 1003, dont il nous dit que durant les quatre années de son veuvage, elle ne cessa d’accomplir tout le bien religieux qu’elle pouvait accomplir pour le souvenir de son époux (pro memoria ejusdem), inversement, une autre dame Liutgarde décédée en 1012 et qui fut amèrement pleurée par son mari, Thietmar nous assure qu’elle « avait été, pour son époux la gardienne aimante de sa vie et de son âme, (vitae ejus et animae diligens custodia »songeant plus à lui qu’à elle-même, elle s’était livrée avec une extrême rigueur au service divin s’astreignant par des jeunes hivernaux, effectuant une prière continuelle et des aumônes, elle l’avait ainsi protégé des embûches de ses ennemis ». K. Schmid signale encore dans le même ordre d’idée les noms de Roduna qui conserva allumée une lampe au-dessus du corps de son défunt mari à l’abbaye de Saint-Riquier ; la matrone Perachtswind pour son mari Sarhilus, sa sœur Gundarada, Gotsadius sont citées dans un poème de Walafrid Stabon et divers autres encore dans le psautier d’Egbert dont les similitudes sont grandes avec le manuscrit lillois. Les pistes de recherches sont encore dans ce domaine largement ouvertes pour éclairer l’univers affectif médiéval, la place et le rôle de la femme et des enfants, enfin, la présence des morts dans la pensée religieuse des vivants. L’étude d’E Santinelli s’appuyant sur ces éléments a montré la place de choix des veuves dans la transmission de la mémoire : aux prières et donations pour le salut de l’époux défunt, s’ajoute la participation à la memoria familiale par des fondations dynastiques pieuses. Les veuves sont aussi sollicitées par leurs affins pour jouer le rôle d’intercesseur spirituel et d’intermédiaires entre les générations. Ces femmes témoignent d’un pouvoir réel d’intervention au sein de la société et de la sphère politique inspiré par une affection profonde et sincère.
L’évangéliaire lillois de Saint-Mihiel reste donc un maillon important pour la recherche dans les domaines généalogiques, codicologiques, des mentalités religieuses, politiques, sociales et des échanges de l’histoire médiévale en Europe. L’étude des autres miniatures reste à faire et à en comprendre la signification eu égard à la spiritualité de la donatrice et des moines bénéficiaires de ce précieux manuscrit dans le cadre notamment de la fête des morts instaurée par Cluny.
Jean Heuclin
Peut-on poser un choix dans la mort ?
Lu sur Claves :
Malgré l’enseignement clair et définitif de l’Écriture et du Magistère[1], le statut de la mort reste une question disputée même dans les cercles catholiques, où certains affirment qu’un choix pour ou contre Dieu demeure ouvert pour l’âme après le décès.
Revenons sur les principales raisons de maintenir et affirmer l’enseignement classique de l’Église[2].
La mort : séparation du corps et de l’âme
La mort n’est pas d’abord un phénomène médical, mais relève bien de la philosophie, puisqu’elle est la séparation du corps (matériel) et de l’âme (immatérielle). Cette dernière est faite pour être unie à un corps, elle en a besoin pour se perfectionner : il est l’interface par lequel elle peut interagir avec son environnement.
C’est ainsi que saint Thomas d’Aquin peut affirmer qu’après cette vie, l’homme ne peut plus changer son orientation vers sa fin dernière, que l’âme ne peut atteindre que moyennant le corps. Tant que l’âme demeure unie au corps, la volonté peut faire des choix, les corriger et se rectifier. En revanche après la mort cette possibilité disparaît.
L’immutabilité de la volonté après la mort
Allons plus loin en observant que le désir de l’âme se fixe toujours sur un objet déterminé : la volonté est attirée par le bien[3]. Celui que l’on choisit pour fin ultime est désiré avec la plus grande intensité, il est voulu comme un choix définitif (c’est pourquoi on parle de « fin dernière »). Pour que l’âme revienne sur une telle option, il faudrait que soit modifiée la disposition qui a fait naître ce désir (ce qui l’a conduit à juger que telle chose était bonne pour elle, hic et nunc).
Or tant qu’elle reste unie au corps, elle obtient par lui de nombreuses informations et stimulations issues du monde sensible : la disposition qui lui fait désirer telle ou telle fin dernière peut donc encore varier. En revanche, une fois séparée du corps et privée de ses puissances sensibles, cette disposition n’est plus sujette au changement et l’orientation vers la fin dernière devient définitive.
Ainsi, de par la nature même de la volonté, la possibilité de conversion (au sens propre de changement de l’orientation ultime) cesse avec la mort.
On peut dire que la mort dévoile ce qu’il y a d’éternel dans nos décisions actuelles : l’éternité commence déjà sur cette terre dans nos décisions, car l’âme, en son fond, vit au-delà du temps.
Une option finale dans la mort ?
La doctrine catholique, appuyée par ces éléments de philosophie, confirme donc la certitude de l’immutabilité de l’âme après la mort. Il ne saurait donc y avoir d’option finale après la mort. Certains arguent cependant d’une possibilité qui demeurerait pour l’âme de faire évoluer son choix fondamental dans le moment de sa mort : c’est l’hypothèse de l’option finale dans la mort – un choix pour ou contre Dieu à l’instant même du passage. On voudrait ainsi que tout homme se voie proposer un choix en connaissance de cause (même ceux qui n’ont jamais connu la Révélation) et en pleine liberté (alors que les conditions du parfait libre arbitre ne peuvent être réunies en cette vie).
Mais cette hypothèse – invérifiable en soi et qui ne correspond pas à l’enseignement de l’Église – se heurte elle aussi à de profondes difficultés.
- D’abord elle revient à considérer que l’homme ne serait pleinement lui-même qu’au moment où il quitte son corps, dans un état quasi-angélique… On retrouve malheureusement là une tendance de fond de la pensée contemporaine, le dualisme, face auquel l’Église doit continuer à affirmer que le corps n’est pas une prison de l’âme (qui entraverait sa liberté) mais que les deux sont unis comme les éléments essentiels du sujet humain (l’âme est « forme» du corps, son principe de vie).
- Cette idée implique en outre un instant dans lequel l’homme serait à la fois apte à poser un choix fondamental et déjà placé face à Dieu. Cela revient à affirmer qu’en ce moment l’âme serait à la fois dans son état antérieur d’union au corps (pour pouvoir choisir) et déjà séparée (jouissant de la clairvoyance des esprits). Le seul moyen d’éviter la contradiction serait de postuler un état intermédiaire, qui ne soit ni avant, ni après la mort, mais dans la mort. Or c’est cette conception rencontre une impossibilité métaphysique : le temps est un continuum qui n’admet pas une séparation en instants absolument distincts et indépendants. En fait le moment de la mort est le premier où l’âme se trouve séparée du corps[4]. De l’autre côté on ne peut assigner un dernier instant de la vie terrestre : disons schématiquement que notre existence (ici-bas) est terminée au point de vue de la durée par la borne ouverte « [ » du langage mathématique[5].
- Notons que si cette thèse est impossible d’un point de vue métaphysique, elle peut en outre s’avérer désastreuse sur le plan spirituel : car si le choix est possible jusque dans la mort, les œuvres de cette vie perdent toute valeur (celles-là même en vertu desquelles sont canonisés les saints). Or ce sont elles qui, sous l’influence de la grâce, initient pour nous la vie éternelle.
- Cette thèse manifeste ainsi un manque de confiance en la puissance de la grâce en cette vie, ou une vision trop matérielle du salut : la doctrine catholique affirme au contraire que Dieu donne à chaque homme les moyens suffisants et surabondants de son salut. La liberté humaine est seconde par rapport à la grâce qui la prévient et la porte, témoin le cas des saints innocents ou des petits enfants morts avec le baptême, qui jouissent de la béatitude parfaite sans avoir posé aucun acte de libre arbitre.
En dépit de certaines théories en vogue, il faut donc affirmer avec l’Eglise que la destinée éternelle de chaque âme est immuablement fixée au moment de sa mort dans le jugement particulier.
La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine manifestée dans le Christ. […] Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification, soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel, soit pour se damner immédiatement pour toujours[6].
En 20 ans, 30% des maternités ont fermé et le nombre d’avortements n’a jamais été aussi élevé
Macron veut faire entrer l’avortement dans la Constitution et continue de ferme des maternités. Prochainement, celle des Lilas dans le 93.
En 20 ans, 30% des maternités ont fermé. Un rapport remis à l’Académie de médecine recommande la fin des accouchements dans les petites maternités, au profit d’un renforcement des plus grosses structures. 30% des maternités ont déjà fermé sur les vingt dernières années en France, faute de personnel.
Le nombre d’avortement est à son plus haut niveau depuis 30 ans en France.
Ainsi va la culture de mort.
Des laïcs électeurs du pape au Conclave ?
Diane Montagna, journaliste de The Remnant, toujours bien renseignée, révèle qu’un document du Vatican est actuellement examiné par le Pape François qui réformerait le conclave pour
- exclure les cardinaux âgés de plus de quatre-vingts ans de sa phase préparatoire,
- remodelerait radicalement les Congrégations Générales,
- et révolutionnerait potentiellement l’élection du Pape en faisant en sorte que les laïcs et les religieuses représentent vingt-cinq pour cent des votes.
Une série de réunions auraient eu lieu depuis la fin du printemps entre le pape François et le cardinal jésuite canoniste italien Gianfranco Ghirlanda visant à réformer la constitution apostolique de 1996 du pape Jean-Paul II sur la vacance du siège apostolique et l’élection du pontife romain, Universi Dominici Gregis.
Le document à l’étude exclurait des congrégations générales précédant le début d’une élection papale tous les cardinaux sans droit de vote, c’est-à-dire tous les cardinaux ayant atteint l’âge de quatre-vingts ans.
Le document modifierait aussi radicalement les procédures et l’organisation des congrégations générales, en éliminant les sessions plénières (où tous les cardinaux se réunissent en tant que corps) et en établissant de petits groupes de travail avec un chef pour guider les discussions, comme pour l’assemblée synodale d’octobre 2023.
Le Cardinal Ghirlanda cherche à convaincre le Pape François de faire en sorte que les cardinaux-électeurs représentent soixante-quinze pour cent des votes, tandis que les vingt-cinq pour cent restants seraient constitués de laïcs, de femmes et de religieuses, nommés par le Pape François avant que le Siège Apostolique ne devienne vacant.
Un tribunal reconnaît l’incompatibilité d’un hadith avec la loi française
C’est une première, relevée par Charlotte d’Ornellas dans le JDD :
Les hadiths ne sont pas l’apanage des islamistes. Ils font partie intégrante de la tradition islamique tout court. Or ce n’est pas la première fois que l’un d’eux est à l’origine d’un procès. En 2022, l’imam de la grande mosquée de Toulouse, Mohamed Tataiat, avait été condamné en appel à quatre mois de prison avec sursis, cinq ans après un prêche sur le « combat final » entre juifs et musulmans, pendant lequel il avait récité par cœur la phrase suivante – ne se sachant peut-être pas filmé :
« Le jour du jugement n’arrivera que quand les musulmans combattront les juifs. Les juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, et les pierres et les arbres diront : “Ô musulman, ô serviteur d’Allah, un juif se cache derrière moi, viens et tue-le.” »
L’imam en question n’est pas un esprit faible non plus, il est même titulaire d’un doctorat en théologie de l’université du Caire, réputée dans le monde sunnite.
Les avocats de l’accusé, maîtres William Bourdon et Vincent Brengarth, avaient interrogé le tribunal :
« Appartient-il au juge de dire si tel ou tel hadith peut être utilisé ou non par un imam ? »
Question cruciale. Le procureur avait contourné l’affrontement :
« Vous êtes à la barre non parce que vous êtes imam, ou que vous avez cité un texte sacré, mais parce que vous l’avez fait dans des conditions à engendrer la haine. »
L’avocate de l’Organisation juive européenne, Andréa Assor-Doukhan, partage l’analyse :
« Il ne s’agit pas de demander au tribunal d’apprécier le bien-fondé d’un texte religieux mais de constater que sous couvert du caractère religieux d’un écrit, cet imam a diffusé un texte appelant au meurtre des juifs dans un contexte inflammable, et que le caractère religieux du texte ne peut faire obstacle à la juste application de la loi pénale. »
Interrogé en marge du procès de l’imam toulousain, le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, avait contesté l’usage de ce hadith, jugeant qu’il aurait du « rester dans l’oubli ».
Le problème est que le hadith en question n’est pas tombé dans l’oubli puisqu’il figure dans les deux recueils majeurs de hadiths du sunnisme, ainsi que dans Les Jardins des vertueux, sorte de compilation de versets du Coran et de hadiths, qui s’enorgueillit d’être « l’ouvrage religieux le plus lu dans le monde » après le Coran.
Nombre de musulmans adoptent sans doute une lecture critique de ces hadiths. Mais l’écrit demeure, intact, dans la littérature proposée aux fidèles, voire dans les prêches qu’ils entendent. Or, avec ou sans contexte, la phrase contrevient objectivement à l’interdiction de l’appel à la haine contenue dans les lois françaises. Ce que vient à nouveau de rappeler un tribunal.
