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Recul du gauchisme dans les entreprises américaines

The Vanguard Group, société américaine de fonds d’investissement, déclare dans son rapport n’avoir approuvé que 2 % des résolutions environnementales et sociales présentées par les actionnaires en 2023, contre 12 % l’année dernière, rejoignant ainsi BlackRock dans le rejet d’un nombre important d’éléments climatiques et sociaux, dans un contexte de rejet du mouvement environnemental, social et de gouvernance (ESG).

Vanguard a précisé, dans son rapport pour les États-Unis, avoir reçu un plus grand nombre de propositions environnementales et sociales, les actionnaires ayant présenté 359 résolutions de ce type, contre 290 en 2022. Le géant des fonds communs de placement a déclaré avoir constaté une augmentation de 50 % des propositions liées aux seules questions environnementales, et le sujet le plus courant était la “fixation d’objectifs pour les émissions de gaz à effet de serre”.

“Dans tous les secteurs aux États-Unis, nous avons vu des entreprises recevoir des propositions d’actionnaires portant sur des sujets sociaux tels que l’équité raciale, les droits reproductifs et les écarts de rémunération”.

Le rapport de Vanguard intervient une semaine après que BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, a indiqué dans son rapport 2023 qu’il avait rejeté 742 des 813 propositions sur lesquelles il avait voté et 373, soit 93 %, des propositions sociales et climatiques auxquelles il avait été confronté. En juin, le PDG de BlackRock, Larry Fink, a abandonné le terme ESG, estimant qu’il avait été instrumentalisé par l’extrême gauche et l’extrême droite.

L’augmentation du nombre de propositions ESG rejetées s’inscrit dans le cadre d’une campagne nationale contre le mouvement qui cherche à promouvoir une transition vers l’énergie verte et des priorités sociales de gauche par le biais du secteur financier et des grandes entreprises. C’est avec ce mécanisme que le wokisme s’est inflitré partout dans l’économie. BlackRock s’est rendu compte que le gauchisme n’est pas rentable et fait perdre des client. Bud Light a connu la même mésaventure cette année, comme la société de grande distribution américaine Target.

En juin, le mois LGBT aura été celui du reflux de l’affichage LGBT dans les entreprises. Starbucks a limité les décorations LGBT dans ses établissements. Aujourd’hui, les symboles LGBT sont associés à une dérive totalitaire, et au charcutage d’adolescents mal dans leur peau. Le Wall Street Journal soulignait également un reflux des initiatives raciales anti-blanches dans le monde corporate US. Malgré la propagande selon laquelle des initiatives en faveur de la “diversité” conduiraient à des employés plus efficaces, ce n’est pas ce que les entreprises observent. C’est le retour du réel. Et avec le business, ça ne pardonne pas…

Rappeler aux jeunes générations que les libertés ne sont jamais complètement acquises

De Barbara Mazières, Présidente du Cercle Anjou Conférences :

Le « Jubilé de la Vendée », organisé par l’association homonyme à l’occasion des 200 ans de la demande de la duchesse d’Angoulême de bâtir une chapelle sur le Mont des Alouettes en l’honneur des soldats de la grande guerre et du martyre de la Vendée, est l’occasion de nous rappeler le sacrifice d’un peuple pour défendre sa liberté.

Nous commémorons, non pas seulement par devoir de mémoire ou pour défendre notre patrimoine historique, ce qui est certes déjà important, mais aussi pour rappeler aux jeunes générations que les libertés ne sont jamais complètement acquises. Il faut parfois se battre pour les défendre. C’est ce qu’on fait nos aïeux face à la barbarie révolutionnaire. Leur sacrifice ne fût pas vain puisque la liberté de culte fût rétablie.

Aujourd’hui d’aucuns peuvent considérer que nos libertés sont à nouveau menacées. Les héritiers de la Révolution ne promettent-ils pas une société du contrôle, du crédit social et de la déshumanisation ? Les libertés méritent toujours d’être défendues face au moloch étatique. Puisse l’exemple de nos ancêtres nous donner le courage de combattre pour la défense de ce bien si précieux, et la restauration d’une société respectueuse de l’homme, de sa conception à sa mort naturelle, société unie dans sa diversité et son même attachement au bien commun.

Vitrailliste : un métier qui ne sert à rien d’autre que de faire du beau

Sur le chantier de restauration de la Chartreuse Notre-Dame des Prés à Neuville-sous-Montreuil (Pas-de-Calais), Emma-Louise se forme au métier de vitrailliste, celui de faire passer la lumière. Après restauration, le site pourra pérenniser sa vocation culturelle mais également développer des activités entrepreneuriales et d’insertion socio-professionnelle pour dynamiser son territoire. Une vidéo intéressante de la Fondation du patrimoine :

Le ministre Beaune milite pour la vente d’enfants en France

Clément Beaune, le ministre délégué chargé des Transports, homosexuel assumé, se positionne en faveur de la légalisation de la vente d’enfants, dite Gestation pour autrui, suite logique de la dénaturation du mariage et de l’extension de la PMA. Le ministre explique avoir “personnellement évolué” pour deux raisons. D’abord, “l’amour”. Sic. Sa deuxième motivation, “la justice”. Il estime que des couples ont déjà recours à la GPA, “seulement ceux qui ont les moyens de se rendre à l’étranger” comme au Canada ou aux États-Unis.

Ainsi, il juge que “la sélection se fait par l’argent et les contacts”. Au contraire, si la France s’ouvrait à la question, elle pourrait imposer son cadre, un arsenal juridique “plus juste et plus protecteur, notamment pour les femmes”. Ben voyons : si c’est légal à l’étranger, il faut alors que la France s’aligne. Il promet néanmoins que la légalisation “ne se fera pas dans cette législature.”

Nous sommes prévenus, même si nous l’étions déjà. Pour empêcher la GPA il faudra abolir la loi Taubira.

Extension de la PMA : 7,3 millions d’euros pour 21 bébés qui n’auront pas de père

Un communiqué du Ministère chargé de l’Organisation territoriale et des Professions de santé  nous apprend que, suite à la promulgation de la loi de bioéthique :

Dès 2021, le Gouvernement s’est engagé pour accompagner l’entrée en vigueur au plus vite de ces nouvelles dispositions. Une attention particulière a été portée sur la gestion de l’afflux des demandes dans les centres d’AMP, notamment grâce à des crédits exceptionnels à hauteur de 7,3 millions d’euros. Cet accompagnement s’est poursuivi en 2022 par la délégation de 5,5 millions d’euros aux centres autorisés au don de spermatozoïdes et/ou à la préservation de la fertilité. […]

Au 31 décembre 2022, on recensait 444 grossesses évolutives (soit plus de 12 semaines d’aménorrhée) et 21 accouchements pour des couples de femmes et femmes célibataires, issues de tentatives d’AMP avec don de spermatozoïdes réalisées depuis août 2021 ;

Plus de liberté pour les directeurs d’école?

Extrait d’une tribune de Michel Valadier, directeur général de la Fondation pour l’école, parue dans Le Figaro :

Le 14 août dernier a été publié un décret très important qui porte sur les « dispositions relatives aux missions du directeur d’école primaire » .

S’il reprend en partie un décret de 1989, il présente plusieurs évolutions majeures qui vont dans le bon sens :

  • Un pas de plus est franchi pour aller vers la création d’un vrai corps de directeurs dans le primaire.
  • Désormais, le directeur « a autorité sur l’ensemble des personnes présentes dans l’école pendant le temps scolaire… pour la bonne marche de l’école » .
  • Et enfin, ce qu’aucun observateur n’a relevé, la place des parents est mieux reconnue : « Le directeur veille à la qualité des relations avec les familles, les représentants légaux des élèves. »

Certains accusent le gouvernement d’avoir « abattu la petite république des professeurs voulue par Jules Ferry » en mettant à la tête de l’école un chef, ce qui serait « contraire au fonctionnement démocratique voulu par les pères fondateurs » (1). L’anachronisme en histoire est décidément une plaie… Au lieu de cette bataille idéologique, il peut être intéressant de se poser la question centrale : à quoi sert l’école ? L’école est un lieu où des professeurs enseignent à des enfants par un acte de transmission, confiés à l’institution par leurs parents, sous la conduite d’un directeur qui veille à la réalisation de ce bien commun.

Pour cela, il faut donc un directeur qui… dirige. C’est-à-dire qui ait le pouvoir de décider ce qui est bon pour ses élèves : transmettre et faire grandir tous les élèves, chaque élève et tout l’élève. Diriger au service des familles, cela veut dire créer un lien étroit avec les parents, qui doivent rester les premiers éducateurs de leurs enfants.

Diriger, cela veut dire pouvoir embaucher les professeurs, le personnel éducatif et administratif. Mais aussi pouvoir s’en séparer. Ce qui revient à leur donner la responsabilité hiérarchique du personnel.

Diriger, cela veut dire avoir une vision pour la communauté éducative, une ambition qui permet de fixer des objectifs. Cela veut dire pouvoir reconnaître les progrès accomplis et accompagner le personnel dans les difficultés.

Diriger, enfin, c’est aussi pouvoir renvoyer les élèves qui posent de graves problèmes de comportement et nuisent au bien commun.

En résumé, cela n’est que l’application d’un principe efficace en toutes circonstances : le principe de subsidiarité. […]

(1) Le café pédagogique. * Fondation militant pour la liberté scolaire et soutenant notamment les écoles indépendantes dites hors contrat.

Pourquoi la doctrine catholique sur les actes homosexuels ne peut pas changer ?

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Il y a beaucoup de confusion en ce moment à propos de l’enseignement catholique sur les actes homosexuels. Lors d’une récente rencontre de jésuites au Portugal, le sujet a été évoqué ( https://www.laciviltacattolica.fr/ici-leau-a-ete-bien-remuee-francois-en-conversation-avec-des-jesuites-au-portugal/). Comme cela arrive parfois, on évoque des changements dans la morale au cours des âges, mais tout n’a pas changé et il y a une série d’enseignements qui ne changent pas, notamment parce que c’est bien ancré dans la Bible depuis trois millénaires. Et l’enseignement sur l’homosexualité fait partie de ces enseignements. Dans la «LETTRE AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE SUR LA PASTORALE À L’ÉGARD DES PERSONNES HOMOSEXUELLES»  du Dicastère pour la Doctrine et la Foi, au § 5, on lit:

«Toutefois ce qu’il faut remarquer, c’est que, en présence de cette diversité notable, il n’y a pas moins, au sein des Ecritures elles-mêmes, une évidente harmonie sur le comportement homosexuel. C’est pourquoi la doctrine de l’Eglise sur ce point ne s’appuie pas seulement sur des phrases isolées dont on peut tirer des arguments théologiques discutables, mais bien sur le fondement solide d’un témoignage constant de la Bible. La Communauté croyante d’aujourd’hui, en continuité ininterrompue avec les Communautés juives et chrétiennes au sein desquelles les anciennes Ecritures ont été rédigées, continue à se nourrir de ces mêmes Ecritures et de l’Esprit de Vérité dont elles sont la Parole. Il est tout autant essentiel de reconnaître que les textes sacrés ne sont pas réellement compris quand on les interprète d’une manière qui contredit la Tradition vivante de l’Eglise. Pour être correcte, l’interprétation de l’Ecriture doit être en accord effectif avec cette Tradition.»

Il est arrivé qu’on cite Saint Vincent de Lérins pour justifier de possibles changements au niveau de la doctrine. Mais il y a eu plusieurs réactions à cette utilisation (par exemple https://www.catholicculture.org/commentary/sin-today-but-not-tomorrow-curious-doctrine-pope-francis/), notamment celle du Père Thomas G. Guarino, théologien qui rappelle que Saint Vincent de Lérins ne soutenait en aucun cas le renversement de la doctrine (https://www.firstthings.com/web-exclusives/2022/08/pope-francis-and-st-vincent-of-lrins). Il parlait d’un certain «progrès» mais il se faisait au niveau de la recherche théologique, surtout pour clarifier la doctrine et mieux la présenter.

D’un autre côté, nous vivons à une époque où l’on voit les conséquences de l’acceptation de beaucoup de pratiques liées aux actes homosexuels. Par exemple le “mariage pour tous” conduit à la PMA, à la GPA, etc, ce qui prive des enfants d’un père ou d’une mère. Et l’on voit toutes ces campagnes pour parler des sexualités LGBTQ+ même dans les écoles.

Le problème des actes homosexuels et des idéologies du genre est qu’ils s’opposent fortement au plan de Dieu fixé lors de notre création. En réalité, créés hommes et femmes, nous sommes appelés soit à procréer dans le cadre d’un mariage homme-femme, soit à vivre dans la chasteté. Ce n’est pas par hasard que le pape émérite Benoît XVI avait affirmé que le «mariage gay» était l’oeuvre de l’antéchrist (https://www.valeursactuelles.com/societe/pour-benoit-xvi-le-mariage-gay-est-loeuvre-de-lantechrist). Et c’est de ce plan que vient la loi naturelle. Rappeler ces enseignements bibliques et même biologiques n’est point “se servir d’idéologies”: au contraire, l’idéologie (antinaturelle) apparaît lorsqu’on s’oppose à la loi naturelle.

Bien sûr, on peut toujours faire évoluer la pastorale, améliorer l’accueil des personnes LGBTQ+, etc. Mais la doctrine elle-même ne peut pas changer et le but de la pastorale doit être de guider les gens vers la vie que propose l’Evangile, ce qui suppose souvent un chemin de croix. Et dire cela n’est pas “s’attacher au passé”. Il y a des vérités qui demeurent, il y a des vérités immuables concernant l’être humain comme il y a des vérités immuables dans les sciences. Dire que 2+2=4 comme il y a 3000 ans ne fait pas de nous des personnes attachées au passé…

Prêtez pour la rénovation de la remarquable Maison diocésaine d’Auch

Département connu pour sa gastronomie et son art de vivre, le Gers est aussi une terre profondément chrétienne à la prestigieuse histoire, liée également à de grandes figures comme celle de Charles de Batz de Castelmore, plus connu sous le nom de d’Artagnan, ou encore Claire de Castelbajac, qui a favorisé le nouvel élan de la lumineuse abbaye de Boulaur. Ce territoire est connu aussi pour être fécond en nomination de nombreux cardinaux.

Sous l’impulsion du Concile de Trente, le diocèse construit en 1667 un Grand Séminaire à proximité de la Cathédrale Sainte-Marie. Cette Maison deviendra, dès lors, un véritable un souffle de vie au cœur de la ville d’Auch. Agrandi au XVIII -ème siècle, ce bâtiment traversera les siècles et s’adaptera aux différents bouleversements historiques. Prison à la Révolution, il fut ensuite une immense caserne militaire de cavalerie accueillant près de 300 chevaux. Les drames de la guerre ont conduit cette Maison à être reconvertie en hôpital entre 1905 et 1919 : elle a offert un lieu apaisant pour soigner des centaines de blessées. Après la guerre, 10 prêtres s’unissent et rachètent le bâtiment pour que cette Maison retrouve sa mission originelle : redevenir un séminaire pour la formation des ecclésiastiques. Il perdura jusqu’à la fin des années 60.

Aujourd’hui, cette Maison continue sa mission d’accueil et de formation. Son aile gauche reçoit, depuis 1977, le collège Sainte Marie, composé de 450 élèves, heureux d’apprendre au cœur de ces murs chargés d’histoire. L’aile droite accueille le siège de l’archevêché, la Maison du diocèse et ses services administratifs. Dans les étages, la maison offre 21 appartements à des prêtres et à une dizaine de laïcs, qui recherchent une vie de communauté chrétienne. Ce lieu héberge aussi la résidence étudiante « Claire de Castelbajac », la chapelle de l’ancien Petit Séminaire – devenue musée puis centre culturel municipal – et la Tour Balaïn, actuellement transformée en logements sociaux après avoir été l’inspection académique. Tous ces nouveaux occupants continuent cette chaine de l’histoire. Ils perpétuent la mission de cette Maison : « être un véritable souffle de vie qui se met au service d’une Église vivante et dynamique ».

Pour préserver ce bâtiment qui émerveille les âmes, de nombreux travaux ont été engagés depuis 2010. Le diocèse souhaite aujourd’hui rénover la façade côté cour, longue de 150 mètres et d’une superficie de 2100 m². Les entreprises locales et les matériaux du territoire sont sollicités pour redonner la beauté d’antan à la Maison diocésaine.

Souhaitez-vous donner du sens à votre épargne en permettant sa rénovation ?

Pour toutes informations et investir au profit ce beau projet, cliquez ici :
https://www.credofunding.fr/fr/maison-diocesaine-auch

Interdiction de l’instruction en famille : communication à l’ONU

La 74ème session du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU (CESCR-ONU), intéressant la France, se tiendra les 2 et 3 octobre à Genève. Ce Comité examine le respect par la France du Pacte sur les droits économiques, sociaux et culturels. Or avec sa nouvelle réglementation ultra-restrictive sur l’instruction à domicile, la France ne respecte pas l’article 15 de ce Pacte.

Liberté éducation a adressé une communication de huit pages alertant sur l’absence de respect par la France de ses obligations internationales en matière de droit à l’éducation, contrevenant également à d’autres conventions internationales.

Comme d’autres associations de l’instruction en famille (Fédération Félicia) ou de l’enfance (Juristes pour l’Enfance), Liberté éducation dénonce auprès du CESCR-ONU la restriction brutale du droit humain inaliénable à l’instruction en famille résultant de la loi du 24 août 2021.

Depuis deux ans, de plus en plus d’enfants se retrouvent dans une situation dramatique du fait d’un refus arbitraire de leur demande d’autorisation et notre association est actuellement sollicitée par jusqu’à 10 parents par jour bouleversés par un refus injustifiés, malgré des dossiers complets de demandes d’autorisation.

Zèle administratif contre l’intérêt supérieur de l’enfant

En cette veille de rentrée scolaire, certaines académies s’illustrent dans un zèle administratif contre l’intérêt supérieur de l’enfant, avec plus de 90% de refus en moyenne, comme c’est le cas à Toulouse ou Lyon. En 2022-2023, il y a déjà eu 37,5% de refus au niveau national pour le choix du motif pédagogique, entraînant une chute de -24% de cette alternative éducative pourtant essentielle aux sociétés démocratiques libres. Une alternative d’autant plus essentielle que l’instruction à domicile donne des adultes instruits (98% de succès aux contrôles), équilibrés et socialisés.

Dans sa communication reçue aujourd’hui par le CESCR-ONU, Liberté éducation a donc transmis 10 recommandations pour rétablir le respect de la liberté des parents en matière éducative.

Liberté éducation demande également à prendre la parole lors des exposés afin de présenter ses propositions au Comité en vue du respect par l’État français de la liberté éducative des parents, qui doivent demeurer les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants.

GPA et trafic d’êtres humains : une clinique fermée en Grèce

Lu sur Gènéthique :

En Grèce, une importante clinique [1] pratiquant PMA et GPA a été fermée par la police. Neuf membres du personnel ont été arrêtés[2] et les nouveau-nés sont gardés sous protection policière à l’hôpital de Chania en Crète. Le Gouvernement a également pris en charge les embryons congelés. La GPA internationale est légale dans le pays.

Le Mediterranean Fertility Institute avait été perquisitionné plus tôt ce mois par la police fédérale grecque suite à des allégations de traite d’êtres humains et de fraude. Plus de 160 femmes pauvres originaires de pays comme l’Ukraine, la Roumanie, la Moldavie, la Géorgie et l’Albanie auraient été poussées à devenir donneuses d’ovocytes et mères porteuses en Grèce. Le chef de l’Autorité nationale de procréation assistée, le professeur Nikolaos Vrachnis, soupçonné de corruption et de « manquement à ses obligations », a été licencié.

Les bénéfices financiers pour la clinique étaient « substantiels ». La police estime que chaque bébé coûtait aux clients « entre 70 000 et 100 000 euros, voire jusqu’à 120 000 euros ».

Plusieurs commanditaires australiens et européens sont arrivés en Crète mais ne sont pas autorisés à voir les enfants. La moitié des clients de cette clinique étaient australiens selon Sam Everingham, directeur mondial de Growing Families, une agence australienne de GPA (cf. Covid-19 : des autorisations de déplacements délivrées pour contourner la loi australienne en matière de PMA et GPA). Suite à cette fermeture, il a organisé un séminaire pour ses clients potentiels sur la maternité de substitution en Ouganda (cf. Kenya : elle vend ses ovocytes pour payer ses études).

[1] « Le plus grand fournisseur de maternité de substitution en Grèce » selon Sam Everingham, directeur mondial de Growing Families, une agence australienne de GPA.

[2] Ils sont accusés « de trafic d’êtres humains, d’adoptions illégales, d’achat et de vente de matériel génétique ou d’embryons, de falsification de données de dossiers médicaux en vue de vendre du matériel génétique, de contrefaçon, de faux certificats médicaux, de faux mariages et fraudes combinés à des préjudices corporels simples ».

14e pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté à Lujan en Argentine

Arnaldo Bilat raconte à Paix Liturgique :

[…] [N]ous avons été inondés de grâce ! Pensez, un pèlerinage qui n’a débuté qu’avec une dizaine de pèlerins en 2010 et qui avait réuni miraculeusement 1000 pèlerins en 2022 malgré les nombreux obstacles religieux. Cette année a connu une croissance que seul le bon Dieu, son fils et Notre-Dame de Lujan ont pu permettre car ce furent plus de 1600 pèlerins qui se sont inscrits auxquels il faut ajouter les nombreux pèlerins de la dernière heure… […]

[L]’essentiel de la promotion se fait de bouche à oreille, le plus souvent à partir des anciens pèlerins qui tiennent à faire partager leur enthousiasme… de vive voix ou par l’intermédiaire de leurs blogs ou des réseaux sociaux…Mais à part cela nous n’avons que très peu de moyens et tout ce qui se fait est l’œuvre de bénévoles. […]

Quel était le thème du pèlerinage de cette année ?

Tout un programme « Saint-Michel défendez-nous dans la bataille », imaginons un champ de bataille spirituel où les esprits rebelles blasphèment et hurlent Non serviam alors que les anges bons défendent le pouvoir de Dieu et l’honneur de sa Mère Immaculée et à leur tête, Saint-Michel qui lance le cri de guerre : Quis ut Deus ? Les pèlerins ont répondu « oui » à l’appel de Notre Mère de Luján, et à travers ce combat spirituel dont le pèlerinage est une image, ils veulent obéir à Dieu qui leur a préparé les places restées vides après la chute des anges mauvais. Trois méditations quotidiennes marquaient la journée, autour justement de cette lutte où nous luttons non seulement contre la chair mais contre les esprits de ce monde. Et c’est la Vierge Immaculée, Reine des Anges, qui écrase justement la tête du serpent. […]

Avant la publication de Traditionis Custodes la messe de départ était célébrée devant l’église paroissiale, car les pèlerins étaient trop nombreux pour pouvoir tous entrer dans l’église. Le deuxième jour, la messe était célébrée en plein air dans le bivouac et la messe de clôture dans le sanctuaire de Lujan. Mais depuis l’été 2021 nous n’avons plus eu l’autorisation de célébrer la liturgie traditionnelle dans la basilique de Lujan. […] Nous avons donc célébré notre messe de clôture à Jauregui à 8 kilomètres du sanctuaire, puis nous sommes allés clôturer notre pèlerinage par une adoration du Saint-Sacrement et la récitation du chapelet dans le sanctuaire national. […] Personne n’est indifférent au phénomène du pèlerinage de Cristianidad…Nous savons par un prêtre ami que la réalité du pèlerinage a fait l’objet de nombreux échanges jusqu’au sein du séminaire de Lujan…

Donc pas de « Todos » pour vous…

En tout cas un petit « todos » minimaliste puisque ce fut le recteur de Lujan qui nous a accueillis et un autre des prêtres de la basilique qui donna sa bénédiction finale mais cela n’empêchera pas le pèlerinage de prendre de l’ampleur car nous avons une mission de laïcs à remplir et nous allons la remplir ! Après le chapelet et la bénédiction du Saint-Sacrement à l’intérieur de la basilique, un des prêtres qui nous avait accompagné pendant les trois jours de marche, a pris le micro et nous a encouragé à inviter chacun un ami à participer au prochain pèlerinage. Et en même temps il a exprimé le souhait que l’année prochaine la basilique de Notre-Dame de Luján ouvre ses portes pour la célébration de la messe traditionnelle, car comme l’a rappelé le pape François à Lisbonne lors des JMJ, dans l’Église « il y a de la place pour tous, tous, tous ».

« Certains médias assez vicieux se sont permis de raconter n’importe quoi sur nous sous prétexte que nous étions cathos… »

Colomban et Marie, les parents d’Émile, s’expriment dans Famille chrétienne, pour la première fois depuis la disparition de leur petit garçon de deux ans et demi le 8 juillet. Extrait :

Entretien avec Remi de Canto, Hauts les choeurs

Bonjour Remi, vous êtes l’un des fondateurs et responsables du désormais célébrissime Canto, le choeur qui a su toucher celui d’un certain Emmanuel Macron, apprenti-président de son état, et qui n’a pu résister au plaisir de pousser la chansonnette avec vous pour le plus grand plaisir des grands médias, non moins grands amateurs potaches de la chanson française. Par-delà ce coup de com aussi remarquable que magistral, présentez-nous Canto en quelques mots.

Rémi : Tout d’abord pour préciser les places de chacun : le projet Canto a été créé par Lancelot Galey il y a 2 ans et j’assure pour ma part la vie et l’animation de l’association Canto. Un troisième larron, Gauthier Brioude a assuré le travail de l’ ombre dont notamment la tâche conséquente de répertorier les chants. Alors Canto peut se résumer à notre “kerygme” : protéger, transmettre et faire vivre le chant populaire. La première pierre de l’édifice a été de développer l’application et d’y répertorier plus de 2500 chants. Nous avons ainsi offert une véritable encyclopédie gratuite et participative du chant populaire (avec paroles, liens des différentes interprétations, historiques).

L’étape suivante a été d’organiser nos “apéros Canto”, un accomplissement dans le réel de ce qui nous tenait à cœur : refaire chanter les Français ensemble.

Etes-vous les dignes héritiers ou les fils spirituels des Frères Jacques et de l’inégalable Choeur MontJoie Saint-Denys ?

Rémi : Nous nous sentons héritiers de ces références que vous citez. Si nous en sommes dignes, l’Histoire le dira. Mais de manière générale nous assumons un héritage large du chant populaire. Nous avons la chance d’avoir un pays riche de différentes traditions (militaire, marins, scouts, chants régionaux, etc.) et elles sont le reflet de l’âme du pays. Choisir d’en ignorer une enlèverait une couleur au tableau.

Vous venez de participer à un bel événement à Toulouse, et vous êtes annoncés en Vendée samedi prochain comme partenaire du Jubilé de la Vendée, au Mont des Alouettes… vous êtes partout !?!

Rémi : Oui, en émettant le souhait de réenchanter la France nous sommes désormais tenus de répondre à l’attente populaire. Et le pays manque cruellement de joie et de communion. Partout où nos compatriotes souhaiteront retisser ce lien, nous viendrons. Plus concrètement nous avons ouvert 15 confréries l’année passée (une confrérie étant un groupe local qui se réunit pour chanter et organiser des évènements autour du chant). L’année prochaine une quinzaine verra le jour.

Nous sommes bien partis pour être de plus en plus présents dans le paysage français.

Qu’allez-vous chanter au Jubilé de la Vendée ? Et comment comptez-vous mettre le feu (de joie) à cet événement historique et jubilatoire dans ce site mythique du Mont des Alouettes où l’on attend des milliers de personnes ?

Rémi : Nous chanterons en priorité des chants vendéens. Car cette commémoration entend honorer l’histoire de la Vendée. Nous célébrerons ce pays en chantant ses histoires, ses héros. Ensuite nous animerons l’événement en entonnant des classiques des chants de tradition et de banquet. Nous nous différencions d’un chœur “en représentation”, notre angle d’attaque étant d’arriver avec quelques bons chanteurs et une communauté qui veut participer. Et généralement une émulation… un miracle se produit ! Sans nul doute nous vivrons samedi un moment exceptionnel !

Pour conclure, chanter dans un monde à la dérive, est-ce un signe de total désespoir ou plutôt un vrai symbole d’Espérance, comme le laisse entendre votre slogan : Hauts les Choeurs !

Rémi : Les deux mon capitaine ! La première phase est de constater froidement un effondrement. Et cela peut évidemment faire naître le désespoir. Mais justement la seconde phase est un cri de vie, un chant. Pour aller de l’avant, agir et défendre ce qui nous semble juste ! Et le chant comme nous le concevons permet de restaurer une communauté qui sera la condition sine qua none à toute initiative cherchant le bien commun.

Pour nous retrouver samedi, suivre l’actualité de Canto ou pour rejoindre ce choeur réjouissant : https://projet-canto.fr/

L’électrolyse monétaire du monde

De Thomas Flichy de la Neuville sur Asie stratégique :

Pour anticiper le futur équilibre des puissances, il n’est nul besoin de sonder les entrailles des conflits en cours, tant les affrontements géopolitiques, représentent un passé déjà mort, la dernière écume d’une tempête presque apaisée, les débris ordinaires d’une opération d’influence ayant échoué. Il est beaucoup plus intéressant de se pencher sur les rapports de force entre réseaux méta-bancaires concurrents tant il est vrai que les banquiers précèdent ordinairement les hommes d’État. Ceci n’est pas sans risque : « la plupart de ces hommes sont si contigus à la politique, qu’ils finissent par s’en mêler, et leurs fortunes y succombent » [1] . Toujours est-il que l’extension d’un réseau méta-bancaire doit être examinée avec soin. Cette extension souterraine et discrète précède en effet les basculements monétaires officiels qui ont un temps de retard sur les équilibres géopolitiques : en 1945, la Grande-Bretagne vit son rang géopolitique s’effondrer par rapport à celui de l’avant-guerre, pourtant, ce n’est qu’en 1949, que la livre sterling connut une dévaluation de 30,5%.

Au début des années deux mille, les membres du Nouvel Empire Mongol eurent quelques velléités de jouer l’euro contre le dollar. Cette idée fut abandonnée une décennie plus tard : en 2013, les BRICS décidèrent en effet de mettre en place leur propre système de paiement. Cette révolution fut menée à bout en l’espace d’une décennie en trois étapes clef : en 2017 l’Inde, la Russie et la Chine interconnectèrent leurs systèmes numériques de télé-compensation des transactions financières grâce à deux outils : le China international payment system et l’outil russe Système de transfert de messages financiers tout en ménageant délicatement les intérêts concurrents de SWIFT. Dans un second temps, leurs systèmes monétiques furent connectés grâce à trois outils : UnionPay pour la Chine, MIR pour la Russie et UPI pour l’Inde. En troisième lieu, les BRICS lancèrent leurs propres cryptomonnaies : en mars 2023, l’Inde testa sa monnaie nationale digitale, la roupie numérique, dans 15 villes importantes du pays et signa un accord avec les Émirats Arabes Unis pour travailler au développement d’une monnaie fiduciaire. Dès juillet 2023 les Chinois purent effectuer des transactions avec le yuan numérique. Enfin, la Russie lança le 15 août dernier la première phase d’essai d’un rouble numérique basé sur la technologie blockchain. C’est ainsi que les réseaux de télé-compensation, de transfert monétique et d’échange de cryptomonnaies se sont unis pour constituer le nerf sciatique de l’économie des BRICS. Ce système digital va être étendu aux nouveaux adhérents au club.

Une opération d’électrolyse monétaire est donc en train de s’opérer sous nos yeux. Celle-ci constitue le moteur avancé du splinternet. Elle va progressivement séparer les réseaux concurrents tout en accroissant la cohérence interne aux zones géoéconomiques. Il en résultera une lutte interne au nouvel empire mongol et au camp des républiques océaniques marchandes pour déterminer quel acteur monétaire aura la prééminence. Quant aux opérations militaires négligeant la réalité de ce nouveau maillage, elles seront promises, comme toujours à l’échec. Depuis son exil, le Duc d’Otrante attribuait la chute de Bonaparte à son mépris pour les questions monétaires et à son horreur pour les banquiers. Il écrivait dans ses Mémoires : l’Empereur « ne pouvait soutenir l’idée de ces fortunes subites et si colossales ; on dit qu’il craignait d’y rester asservi » [2] . C’était oublier peut-être que ces fortunes lui avaient prêté le pouvoir au soir du 18 Brumaire. Fallait-il s’étonner qu’elles le reprissent un jour ?

Le grand remplacement, même dans la mafia corse

Le film Le Prophète de Jacques Audiard sorti en 2009 et montrant la perte d’influence des Corses face aux Arabes au sein du banditisme était… prophétique. Selon Le Monde, les magistrats et policiers spécialisés dans la lutte contre le grand banditisme corse attestent du poids inédit pris par le « milieu maghrébin et gitan » au sein de la mafia insulaire. Une véritable révolution sociologique qui fait de ces anciens supplétifs une force à part entière, devenue essentielle.

Mort d’un soldat français en Irak. RIP

Un antifa condamné pour avoir agressé la procession catholique en hommage aux martyrs de la Commune

Nouvelle victoire de l’AGRIF :

Ce lundi 28 août le tribunal correctionnel de Paris a condamné un antifa qui avait agressé la procession catholique en hommage aux martyrs de la Commune à 10 mois d’emprisonnement avec sursis, 800 € d’amende et interdiction de participer à une manifestation sur la voie publique. Le diocèse de Paris, le curé de l‘église Notre-Dame des otages, ainsi que l’AGRIF, qui intervenait ici compte tenu de l’évidente motivation anticatholique des actes poursuivis, ont été reçus en leur constitution de partie civile.

Le condamné devra verser 1200 € à l’AGRIF.

Vive controverse à propos des mangas

Dans le numéro 285 de la revue de l’AFS, numéro publié en février dernier, paraissait un premier article sur les mangas et les sévères réserves qu’il convient d’avoir vis-à-vis de ce genre de littérature. Cet article, rédigé par un groupe de professeurs, a été suivi d’un second publié dans le numéro 286 (avril 2023) de l’AFS.

Nous en avions relayé des extraits sur Le Salon beige, bientôt suivis d’une réaction parue dans Vexilla Galliae et relayée également.

Le groupe de professeurs, rédacteur des articles parus dans l’AFS, a communiqué sa réponse aux différentes critiques :

Compétence des rédacteurs

On a reproché à cet article de témoigner « d’une grossière méconnaissance de la culture japonaise, et [de faire]des raccourcis douteux. Par ex : « les mangas se lisent à l’envers », faux, ils se lisent dans le sens traditionnel de l’écriture japonaise (…). »

Alors précisons d’abord que pour rédiger cet article nous nous sommes adressés à des confrères ayant vécu des années au Japon et suivi là-bas des études en japonais ; l’un d’eux a, d’ailleurs, de retour en France, entamé allègrement un doctorat de japonais. Ils ont beaucoup appris dans ce pays, ont su en recevoir et apprécier la culture, de l’art floral aux arts martiaux compris[1]. Ils en connaissent les grandeurs et les faiblesses, davantage que la grande majorité des Occidentaux. Étant eux-mêmes eurasiens, ils nous ont paru les mieux placés pour juger sans préjugé, et par le fond, de la déferlante des mangas sur notre pays.

Voilà pour le sens de lecture.

Et pour la compétence.

L’auteur de cette critique souscrivait aux précédentes, dont la première défendait l’existence de « la civilisation japonaise », des « penseurs, écrivains [des écrivains, nous ne l’avons jamais nié…] et philosophes également. (…) Lisez Haruki Murakani. »

Or notre lectrice l’écrit elle-même sur son blog[2] : « Haruki Murakani a lu, assimilé les auteurs russes, la littérature américaine dont les romans noirs, les classiques grecs, certains Français, des Européens, cite aussi Vadim… » Il n’est donc pas un pur représentant de la pensée japonaise. En revanche, ses histoires sont souvent fantastiques, qualifiées de « surréalistes », inspirées aussi du bouddhisme et du shintoïsme… tout comme les mangas, issus également de l’influence occidentale. Voici encore comment il a rédigé son premier roman :

« Son récit prend forme, en japonais. Mais il n’est pas satisfait du résultat. Il le retranscrit à la machine à écrire, en anglais. La forme est davantage resserrée. Troisième étape, toujours d’instinct : il se sert de cette base pour la réécrire en japonais. »

On ne peut mieux corroborer ce qu’affirmaient nos confrères : la difficulté qu’offre la langue japonaise pour exprimer quelque chose d’intellectuellement précis, des idées plus que des émotions, et l’absence de “philosophe” ou de “véritable penseur au Japon“. Sans doute, ces termes méritaient-ils d’être explicités : on dit communément que Socrate est le père de la philosophie et qu’elle est donc née en Occident, non parce que personne n’aurait pensé avant Socrate – et notamment en Orient, où les écrits sont beaucoup plus anciens – mais parce qu’avant son époque la pensée rationnelle abstraite ne s’était pas dégagée de la religion et de la mythologie. S’il y a aujourd’hui des philosophes stricto sensu au Japon, ce qui reste à étudier, c’est aussi grâce à l’influence (bonne ou mauvaise !) de la métaphysique occidentale.

Mais notre lectrice et critique ne voit pas d’inconvénient au shintoïsme : la politesse et la discrétion, le raffinement de la civilisation, la propreté… et les prisons japonaises (« les “démons” hélas sont chez nous [mais cela non plus, nous ne l’avons jamais nié, au contraire !]): voyez la triste actualité »), tout cet ensemble suffit à une admiration pas plus nuancée que notre article au « parti-pris ridicule ». Et d’énumérer avec enthousiasme, pour en déplorer l’omission, « les kimonos traditionnels, (…) le japonisme, influençant Monet, (…) les cérémonies du thé, l’importance des fleurs – les fleurs de cerisiers symbolisant la vie belle et brève : une structure sociale ; familiale. »

C’est autant d’eau apporté à notre moulin : les Japonais sont bel et bien essentiellement des génies des arts visuels, de l’image, de la précision graphique, et nous y voyons une des clés du succès des mangas.

Ajoutons toutefois que notre article ne s’intitulait pas « La culture japonaise », dans une rubrique Histoire, mais « Les mangas », dans la rubrique Éducation, ce qui limite considérablement le propos. Le tout dans une revue cherchant à diffuser quelque lumière chrétienne dans un monde que l’on dit « sans repères » et qui n’a chassé le surnaturel révélé que pour voir revenir au galop le surnaturel diabolique.

Esprit de système ?

D’autres critiques méritent quelques réflexions supplémentaires. « Si je fais la liste des BD européennes, j’en aurais 95% à mettre au feu. Je ne vais pas pour autant dire que la culture occidentale est marquée par le sexe, la laideur du trait et la caricature. » Nous non plus… mais à vrai dire, l’expression « culture occidentale » évoque pour nous Homère, les cathédrales, Vermeer, Beethoven ou Goudji[3], pas les « BD ». Si l’on entend en revanche par là les produits contemporains, BD ou non, pris dans leur majorité, il n’est pas impossible que le triste constat ci-dessus soit effectivement valable. Ce n’est cependant pas la question : les mangas, encore une fois, s’enracinent dans la culture japonaise, ils n’en sont pas l’unique produit ; seulement ce sont eux qui déferlent actuellement chez nous, et aux yeux de beaucoup de parents, sous l’innocente apparence d’un divertissement pour enfants. Il ne s’agit pas non plus de reprocher aux Japonais ce qu’ils sont en général (« Et ils n’ont pas eu la Grèce et le Christianisme, c’est indéniable. »). Il s’agit simplement d’aider les parents chrétiens à ne pas les prendre pour ce qu’ils ne sont pas.

Les mangas « ne sont pas des monuments de la littérature, certes, mais cela [à savoir ici : Detective Conan, Death Note, Code Geass] reste bien plus profond que la plupart des BD occidentales. » Là, nous sommes entièrement d’accord… Il faut quand même se demander si, rachetant le reste, une telle « profondeur » justifie de mettre lesdits mangas entre les mains de nos enfants et adolescents. Demanga1 Death Note il a déjà été question dans notre deuxième article[4] ; il nous suffit de jeter un coup d’œil sur le synopsis ou les images de Code Geass et de Detective Conan pour répondre que non.
Ci-contre Code Geass, capture d’écran – il s’agit du héros, pas d’un « méchant »… https://www.cbr.com/

Confusion entre fond et forme

Un auteur qui n’a quant à lui « aucune illusion sur le Japon », nous reproche d’avoir commis deux erreurs : la première « consiste à confondre le fond et la forme, le medium (le manga) et le contenu transmis. »

La deuxième est de voir le panthéisme de façon « systématique » dans les mangas et d’y trouver « la raison de se méfier des mangas en général » alors que « le manga pèche avant tout par anthropocentrisme. Il oublie Dieu complètement. » Comment notre lecteur accorde-t-il cette affirmation avec ce qu’il écrit plus loin, à savoir que le manga « – et nous en avons profité étant plus jeune –, était “plus juste” que son équivalent moderniste [sic] en Occident pour une raison simple : il existe encore en Asie la (très) vague idée qu’il existe quelque chose qui dépasse l’homme. Aussi, le manga est moins attaché à la figure très américaine du super-héros », nous ne l’avons pas très bien saisi. Peu importe, notre critique des mangas n’implique pas que nous cautionnons la bande dessinée occidentale et ses hommes-araignées ou chauves-souris. Ni que nous oublions l’influence de celle-ci sur la japonaise.

Inoffensivité du média support ?

Revenons donc à la première objection :

« On ne saurait accuser le manga de posséder une nature mauvaise alors que ce n’est qu’un médium : il faudrait alors tout autant rejeter la bande dessinée, à commencer par celles qui narrent la vie de nos héros et nos saints pour transmettre notre histoire et notre foi [à] nos enfants. Cela n’est pas sérieux… »

La première réponse qui nous vient à l’esprit est de Shankara (encore un Asiatique païen !) : « Qui veut du caillé ne prend pas de l’argile, et personne ne s’attend à pouvoir faire de la poterie avec du lait. » Un moyen peut être indifférent, mais parfois il est nécessaire, ou au contraire inadapté.

Et pour commencer, sans « rejeter la bande dessinée », il serait tout de même bon de la mettre à sa place. Nous connaissons des personnes très érudites qui ne la supportent pas… Ce n’est pas notre cas ; nous estimons que les bonnes bandes dessinées originales ont leurs mérites, entre autres bien sûr l’humour, et « nous aussi, nous aimons bien rigoler », pour citer Goscinny. Ce n’est pourtant pas un « médium » bon à tout : Sempé lui-même n’arrivait pas à couler son génie de caricaturiste dans les cases d’une bande dessinée[5] ! Qu’elles soient utilisées pour remplacer un récit – une vie de saint ou de héros, ou la Bible[6] – sous prétexte de le mettre à la portée des enfants nous paraît déjà réducteur, du point de vue du texte, mais aussi de l’image pas toujours du meilleur goût, donc à faire consommer avec grand discernement et modération.

Non qu’il ne faille pas illustrer : il y avait d’excellents albums aux éditions Fleurus par exemple, aux dessins très soignés. On n’a pas non plus attendu le XXe siècle : la chrétienté elle-même ne s’en est pas privée, mais nous entrons là dans le domaine de l’art, où l’image donne à contempler au-delà de ses propres lignes et couleurs. Nous ne connaissons pas de bande dessinée de ce niveau – il faudrait que chaque planche tienne plus ou moins du chef-d’œuvre !

Et nous disons « réducteur », non seulement pour l’histoire en question, mais aussi pour l’esprit de l’enfant : d’abord c’est lui faire injure que de le croire incapable de lire autre chose que des bandes dessinées. D’ailleurs, depuis le succès de Harry Potter, les enfants dévorent des « pavés » sans illustration au grand étonnement ravi de leurs parents.

C’est, ensuite, contribuer à l’enfermer dans le royaume devenu tyrannique de l’image, qui, à force de déferler sur les écrans ou ailleurs, se substitue à la pensée rationnelle – la plus haute activité de l’homme et la racine de son libre arbitre – qui commence précisément quand l’intelligence abstrait, c’est-à-dire fait sortir le concept de l’image, la quitte.

Support adapté ?

Quant au manga, revenons à sa nature, précisément, de bande dessinée ou dessin animé japonais, caractérisés par un certain style graphique dont ils s’écartent parfois, mais c’est de ce style qu’il s’agit quand on parle de tel récit « en manga ». Voyons donc de plus près ce « médium » dans un exemple précis, où le fond ne pourra pas être confondu avec la forme. Le site Aleteia[7], en rendant compte du succès international de La Bible en manga (ouvrage dont les premiers tomes parus ont été réalisés par une Japonaise mangaka convertie au protestantisme, dont nous ne doutons ni de la droiture, ni du talent), précise : « Dans La Bible, les codes graphiques du manga sont conservés : onomatopées, grands yeux, découpage manga2cinématographique, place centrale des personnages au détriment des décors, tout y est… ou presque. Pour ne pas dérouter les lecteurs, le sens de lecture français de gauche à droite a été conservé[8]. »

De voir la Sainte Face traitée dans le style d’un vulgaire super héros échevelé nous fait mal… quelles que soient, encore une fois, les bonnes intentions des auteurs et éditeurs. Cela dit, le Fils de Dieu qui « a pris la forme d’un esclave » dit saint Paul pour nous sauver, a peut-être lui-même suscité ce « médium » pour aller chercher ses brebis… prisonnières des mangas.

Les fruits de l’arbre

Un seul moyen d’en juger : les fruits de l’arbre. La vraie question est donc : La Bible en manga convertit-elle beaucoup d’âmes (en proportion de son succès en librairie) à l’unique et vraie foi ? Élève-t-elle vers Dieu l’âme de ses lecteurs ? Ou ravale-t-elle dans leur esprit le Christ au niveau de Naruto ?

À ce jour nous ignorons la réponse, mais si, comme nous aimerions le croire, cette publication porte de bons fruits, ce sera parce que notre génération est tombée bien bas quant à la foi, au goût et à l’intelligence. De toute façon, la traduction française qui s’adresse aussi bien aux catholiques qu’aux protestants suffit à interdire à une telle « Bible » l’entrée de nos foyers catholiques.

Média indifférent ?

Et quant à notre prétendue confusion entre « nature » et « médium », nous répondons que non, le style du manga, popularisé par les histoires que nous avons déjà dénoncées, n’est pas un « médium » indifférent.manga3
Il est marqué.

En outre, expressif comme il l’est jusqu’à la caricature, il emploie un procédé, dont la laideur, en principe comique, est indigne de certains sujets.
À droite : saint Jean aperçoit Jésus marchant sur les eaux.

On nous signale encore que « sur l’aspect formel, le manga s’adresse a priori plus aux intelligences que le format de la bande dessinée » parce qu’étant en noir et blanc, avec très peu de lumière, il privilégie le trait, la forme, et que celle-ci

« est par excellence la méthode qui s’adresse à l’intelligence, là où lumière et couleurs s’adressent plus aux facultés inférieures de l’âme, en suscitant plus facilement les passions. La conférence[9] critique ainsi l’art contemporain qui n’est au fond qu’une disparition plus ou moins complète de la forme, du trait – la “frontière” dans l’art, frontière dont nous avons besoin pour discerner, distinguer et connaître les êtres… »

manga4Nous retrouvons ici l’idée maîtresse d’Henri Charlier dans L’art et la pensée. Nous pourrions répondre que cela ne vaut pas pour les mangas en couleurs et les nombreux animes, évidemment, où la succession voire le tourbillon des images ne laisse pas une seconde pour réfléchir, mais l’objection ne porte pas non plus quand on compare, comme le fait notre critique, le manga en noir et blanc, à la bande dessinée classique occidentale, même colorée. Tout simplement parce que celle-ci ne fait nulle abstractionmanga5 du trait, et que, contrairement aux mangas, on n’y fait pas souvent « exploser » la case avec des monstres informes, ou passer par des gros plans, des plongées ou contre-plongées qui brouillent, justement la « frontière dont nous avons besoin pour discerner, distinguer et connaître les êtres… » Quant aux passions suscitées, le manga n’est vraiment pas en reste : voir ci-dessus une double page de My Hero Academia, dont nous vous faisons grâce des images autrement provocantes.

Sujets neutres ?

Aux autres objections, à propos des mangas « sur le vin », « la cuisine (…) ou sur telle période historique, [qui]peuvent, après examen, être lus » ou sur les « policiers, ou à intrigue “politique” et “géopolitique” qui peuvent être, derrière un emballage robotique voire mystique, très intéressants… » Nous avons déjà répondu dans notre deuxième article paru en avril. Précisons toutefois si des adultes veulent puiser leurs méditations ou découvrir une perle rare dans ce type de mangas, il n’y a plus d’Index pour le leur interdire. Mais l’Index lui-même, du temps où l’Église enseignante faisait son travail, distinguait les livres ou les passages qui pouvaient être mis entre les mains des jeunes et ceux qui devaient être réservés par exemple aux universitaires[10].

« D’autres [mangas] encore sont des monuments d’humour (comme School Rumble, qui, malgré quelques scènes impures, reste très bon enfant [sic], et se veut une très juste peinture des tempéraments). » Nous croyons volontiers notre auteur, mais ce que saint Paul écrit aux Éphésiens (V, 4-5) n’a pas vieilli : « Point de bouffonneries, ni de plaisanteries grossières, toutes choses qui sont malséantes (…) aucun impur (…) n’a d’héritage dans le royaume du Christ. » Les Japonais n’ont peut-être jamais eu l’occasion de lire saint Paul, eux. Nous n’avons pas cette excuse.

Raison garder

Et notre critique de conclure quant à l’usage de ces produits qu’« il faut savoir raison garder » et « examiner avant de donner, c’est tout. » Certains ajouteront que les jeunes en voient d’autres en matière de violence, de diableries et d’impureté, ne serait-ce qu’entre les films, les clips et les jeux vidéo. Justement, il serait temps pour les parents chrétiens, qui ont la charge de l’âme de leurs enfants, d’arrêter ce massacre des sensibilités et, partant, des intelligences, des personnalités, de toute vie intérieure. Continuer sur cette voie, c’est cela à notre avis, qui « n’est pas sérieux ».

Il nous suffit de les avoir alertés sur un danger que beaucoup n’avaient pas aperçu, en étant restés à ce qu’ils avaient vu dans leur enfance. « Examiner avant de donner, c’est tout » ? Non, pas tout à fait : outre que beaucoup d’enfants regardent des mangas sur écran – sans examen parental – il faut penser à l’engrenage que constitue l’univers des mangas, et qui en a happé plus d’un, en France ou ailleurs, et d’abord au Japon. Nous avons effectivement assez de démons chez nous pour aller en chercher ailleurs, avec ou sans fleurs de cerisiers.

[1] Ceinture noire de karaté tout de même, et l’on sait ce que ces disciplines doivent non seulement à l’histoire mais aussi aux croyances païennes du Japon.

[2] https://lepapillondeslivrescerclerenevigo.wordpress.com

[3] Liste non exhaustive, faut-il le préciser.

[4] AFS n° 286 avril 2023.

[5] Ce qui nous a valu l’excellent Petit Nicolas tel que nous le connaissons.

[6] À dire vrai, les dizaines de milliers de versets de l’Écriture sainte, à la conservation, copie, édition et traduction desquels l’Église veille jalousement, ne peuvent entrer dans le format de la BD. Il vaudrait mieux parler d’« histoires bibliques » par respect pour le texte sacré lui-même.

[7] https://fr.aleteia.org/2019/10/17/quand-la-bible-en-manga-fait-un-carton/. Les captures d’écran qui suivent viennent de ce site. La Bible en manga est une initiative protestante.

[8] Pour être francs, le sens japonais de lecture est ce qui nous gêne le moins dans les mangas…

[9] « Très bonne conférence sur l’art chrétien publiée par L’Homme Nouveau », nous dit-on. L’application aux mangas ne peut donc qu’être analogique…

[10] « Les livres classiques, soit anciens, soit modernes, s’ils sont obscènes, sont permis à cause de l’élégance et de la propriété du style, à ceux-là seulement qu’excusent les devoirs de leur charge ou de leur enseignement ; mais on ne devra, pour aucun motif, les remettre ou les lire aux enfants et aux jeunes gens, s’ils n’ont été soigneusement expurgés. » (Cf. Dictionnaire de Théologie Catholique, art. « Index », col. 1574)

L’étonnant destin d’un chevalier qui voulu assassiner Napoléon et devint prêtre

Polytechnicien et historien né en 1949, René d’Ambrières, spécialiste de l‘histoire du XVIIIe siècle, vient de publier une biographie de la vie de Joseph Picot, chevalier de Limoëlan, né à Nantes en 1768 et mort à Georgetown (États-Unis) en 1826. Le chevalier de Limoëlan fut un acteur éminent de la cause bretonne, chouanne, contre-révolutionnaire, anti-bonapartiste et catholique au XIXe siècle.

Ami de collège de Chateaubriand, neveu du grand jésuite Pierre de Clorivière, il émigre, tandis que son père membre de l’Association bretonne du marquis de La Rouërie est guillotiné. Revenu en France, il prend en 1799 le commandement de la division chouanne de Fougères à la place de du Boisguy, et mène avec succès plusieurs combats. Après la paix, il fomente contre Bonaparte le complot de la « Machine infernale » le soir de Noël 1800. L’attentat échoue mais l’explosion tue tout de même dix personnes.

Limoëlan parvient à s’échapper et part en Amérique où on le retrouve d’abord peintre miniaturiste. Puis son exil se transforme, sous la protection de Mgr Carroll, en une étonnante conversion : devenu citoyen américain, il est ordonné prêtre en 1812. Aumônier du couvent de la Visitation de Georgetown, la tradition rapporte qu’avant chaque 25 décembre, il passait la nuit en prière au sein de sa chapelle.

Référendum sur l’immigration, fin du collège unique : les demandes du RN à Emmanuel Macron

Le président ayant invité tous les chefs de partis à diner mercredi, Jordan Bardella, président RN, a prévu de demander à Emmanuel Macron l’organisation d’un référendum sur l’immigration le 9 juin 2024, jour des élections européennes.

La fuite en Egypte

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

Un journaliste égyptien a découvert qu’une luxueuse villa d’El Gouna, « la Venise d’Egypte » ou « la ville des millionnaires », sur la mer Rouge, a été achetée en mai dernier par une certaine Olga Kiyashko pour la modique somme de 4,5 millions d’euros. C’est la propriété qui se trouve à côté de celle d’Angelina Jolie.

Le journaliste a recherché qui était cette millionnaire de nationalité ukrainienne, et il a découvert qu’il s’agissait de la belle-mère de Zelensky, laquelle n’est pas du tout millionnaire.

Il s’agit donc à l’évidence de Zelensky lui-même, qui cherche ainsi peut-être à compenser la perte de sa propriété en Crimée, et qui pourrait avoir l’idée de s’y réfugier s’il sort vivant de son pays. […]

L’école doit se concentrer sur l’instruction, et en priorité sur les savoirs fondamentaux

Invité de la toute première édition de La Grande Interview Europe 1-CNEWS, François-Xavier Bellamy est revenu sur l’interdiction de l’abaya à l’école :

Abaya plus qu’à quitter la France

Le ministre de l’Education nationale Gabriel Attal a annoncé “qu’on ne pourra plus porter l’abaya à l’école”. Cela donne sans doute plus de légitimité aux directeurs et enseignants pour interdire ce vêtement, mais on est curieux de voir comment, concrètement, la République laïque et obligatoire va s’y prendre…

Sur News, Joseph Thouvenel souligne les travers du laïcisme : ce n’est pas le port d’une médaille de baptême qui pose problème, mais l’islamisme :

Quant à Jean-Luc Mélenchon, avant de devenir islamo-gauchiste, il tenait un tout autre discours :

Quant à l’abaya, il paraît que ce ne serait pas un vêtement religieux, mais l’interdire serait islamophobe…

Les ancêtres du FLN ?

Recrutés par la Gestapo, des maghrébins ont commis des crimes contre la Résistance en 1944 dans diverses régions de France. Trouvé dans cet ouvrage :

“Toute tentative de pervertir le véritable message de l’Évangile doit être catégoriquement rejetée comme nuisible”

Mgr Joseph Strickland, évêque de Tyler aux Etats-Unis, a publié le 22 août une lettre pastorale à propos de la situation de l’Eglise et le synode sur la synodalité. Mgr Strickland fait l’objet d’une visite canonique depuis quelques mois

Benoit-et-moi en publie une traduction :

En ces temps de grande agitation dans l’Église et dans le monde, je me dois de vous parler avec un cœur de père pour vous avertir des maux qui nous menacent et vous assurer de la joie et de l’espérance que nous avons toujours en notre Seigneur Jésus-Christ.

Le mauvais et faux message qui a envahi l’Église, l’Épouse du Christ, est que Jésus n’est qu’un parmi d’autres et que son message n’a pas besoin d’être partagé avec toute l’humanité. Cette idée doit être évitée et réfutée à chaque occasion. Nous devons partager la joyeuse bonne nouvelle que Jésus est notre seul Seigneur et qu’il désire que toute l’humanité, pour tous les temps, puisse embrasser la vie éternelle en lui.

Une fois que nous avons compris que Jésus-Christ, le Fils divin de Dieu, est la plénitude de la révélation et l’accomplissement du plan de salut du Père pour toute l’humanité et pour tous les temps, et que nous l’embrassons de tout cœur, nous pouvons alors aborder les autres erreurs qui affligent notre Église et notre monde et qui ont été causées par le fait de se détourner de la vérité.

Dans sa lettre aux Galates, saint Paul écrit :

« Je m’étonne que vous vous détourniez si vite de celui qui vous a appelés par la grâce du Christ pour vous tourner vers un autre Évangile. […] seulement il y a des gens qui vous troublent et qui veulent renverser l’Évangile du Christ. Or, si nous-mêmes ou un ange du ciel vous annonçait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons déjà dit et je le répète : si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Gal 1:6-9).

En tant que père spirituel, je pense qu’il est important de réitérer les vérités fondamentales suivantes qui ont toujours été comprises par l’Église, et de souligner que l’Église n’existe pas pour redéfinir les questions de foi, mais pour sauvegarder le dépôt de la foi tel qu’il nous a été transmis par Notre Seigneur lui-même par l’intermédiaire des apôtres, des saints et des martyrs. Une fois de plus, en écho à l’avertissement de saint Paul aux Galates, toute tentative de pervertir le véritable message de l’Évangile doit être catégoriquement rejetée comme nuisible à l’Épouse du Christ et à ses membres individuels.

  1. Le Christ n’a établi qu’une seule Église – l’Église catholique – et, par conséquent, seule l’Église catholique fournit la plénitude de la vérité du Christ et le chemin authentique vers son salut pour chacun d’entre nous.
  2. L’Eucharistie et tous les sacrements sont divinement institués, et non développés par l’homme. L’Eucharistie est vraiment le Corps et le Sang, l’Âme et la Divinité du Christ, et la recevoir dans la Communion d’une manière indigne (c’est-à-dire dans un état de péché grave et impénitent) est un sacrilège dévastateur pour l’individu et pour l’Église (1 Cor 11:27-29).
  3. Le sacrement du mariage est institué par Dieu. Par la loi naturelle, Dieu a établi que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme, fidèles l’un à l’autre pour la vie et désireux d’avoir des enfants. L’humanité n’a ni le droit ni la capacité réelle de redéfinir le mariage.
  4. Toute personne humaine est créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, homme ou femme, et toutes les personnes devraient être aidées à découvrir leur véritable identité en tant qu’enfants de Dieu, et non soutenues dans leur tentative désordonnée de rejeter leur indéniable identité biologique et donnée par Dieu.
  5. L’activité sexuelle en dehors du mariage est toujours un péché grave et ne peut être tolérée, bénie ou jugée admissible par quelque autorité que ce soit au sein de l’Église.
  6. La croyance selon laquelle tous les hommes et toutes les femmes seront sauvés, quelle que soit leur manière de vivre (concept communément appelé universalisme) est fausse et dangereuse, car elle contredit ce que Jésus nous dit à plusieurs reprises dans l’Évangile. Jésus dit que « si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive » (Mt 16,24). Il nous a donné le chemin, par sa grâce, de la victoire sur le péché et la mort par le repentir et la confession sacramentelle. Il est essentiel que nous accueillions la joie et l’espoir, ainsi que la liberté, qui découlent du repentir et de l’humble confession de nos péchés. Grâce au repentir et à la confession sacramentelle, chaque bataille contre la tentation et le péché peut être une petite victoire qui nous conduit à embrasser la grande victoire que le Christ a remportée pour nous.
  7. Pour suivre Jésus-Christ, nous devons choisir volontairement de prendre notre croix au lieu d’essayer d’éviter la croix et la souffrance que Notre Seigneur offre à chacun de nous individuellement dans notre vie quotidienne. Le mystère de la souffrance rédemptrice – c’est-à-dire la souffrance que Notre Seigneur nous permet d’expérimenter et d’accepter dans ce monde, puis de Lui offrir en union avec Sa souffrance – choque, purifie et nous entraîne plus profondément dans la joie d’une vie vécue en Christ.Cela ne signifie pas que nous devions apprécier ou rechercher la souffrance, mais si nous sommes unis au Christ, en faisant l’expérience de nos souffrances quotidiennes, nous pouvons trouver l’espoir et la joie qui existent au milieu de la souffrance et persévérer jusqu’à la fin dans toutes nos souffrances (cf. 2 Tm 4, 6-8).

Dans les semaines et les mois à venir, nombre de ces vérités seront examinées par le Synode sur la synodalité. Nous devons nous en tenir à ces vérités et nous méfier de toute tentative de présenter une alternative à l’Évangile de Jésus-Christ ou de promouvoir une foi qui parle de dialogue et de fraternité, en cherchant à supprimer la paternité de Dieu.

Lorsque nous essayons d’innover ce que Dieu, dans sa grande miséricorde, nous a donné, nous nous trouvons sur un terrain dangereux. Le terrain le plus sûr que nous puissions trouver est de nous appuyer fermement sur les enseignements pérennes de la foi.

Malheureusement, certains pourraient qualifier de schismatiques ceux qui ne sont pas d’accord avec les changements proposés. Sachez cependant qu’aucun de ceux qui restent fermement sur le chemin de notre foi catholique n’est un schismatique. Nous devons rester sans réserve et véritablement catholiques, indépendamment de ce qui peut être proposé. Nous devons également être conscients qu’il ne s’agit pas d’abandonner l’Église si nous nous opposons aux changements proposés. Comme l’a dit saint Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6 : 68).

Par conséquent, rester ferme ne signifie pas essayer de quitter l’Église. Au contraire, ceux qui proposent de changer ce qui ne peut l’être cherchent à réquisitionner l’Église du Christ, et ce sont eux les vrais schismatiques.

Je vous exhorte, fils et filles dans le Christ, à vous assurer que vous restez toujours fidèles à la foi catholique. Nous avons tous été créés pour chercher le Chemin, la Vérité et la Vie et, en cette époque moderne de confusion, le vrai chemin est celui qui est éclairé par la lumière de Jésus-Christ, car la Vérité a un visage et c’est bien le sien. Soyez assurés qu’il n’abandonnera pas son Épouse.
Je reste votre humble père et votre serviteur,

Joseph E. Strickland
Évêque de Tyler

Saint Augustin et la musique comme art et science

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Parfois, quand on parle de musique, on a tendance à se réfugier dans le ressenti, dans le domaine purement esthétique. Mais la musique n’est pas seulement cela: elle est aussi technique, elle est domination sur la forme pliée aux besoins de la pensée. Quiconque est directement confronté à la musique sait bien que le processus qui conduit à la réalisation de ce qui est pensé ou imaginé dans la pratique musicale est parmi les plus complexes.

Il n’est pas fréquent qu’un penseur chrétien, que l’Église considère comme un modèle de vie chrétienne au point de le proposer à la vénération des fidèles, ait spécifiquement traité de cette question. Pourtant, l’un des penseurs chrétiens les plus éminents l’a fait : saint Augustin.

Si nous commencions à parler de l’apport intellectuel de saint Augustin à la pensée chrétienne, nous nous perdrions très facilement, tant sa production est vaste et sa pensée profonde. Les références à la musique existent dans nombre de ses œuvres, pensons au passage de ses très célèbres Confessions dans lequel il raconte sa profonde émotion en écoutant les hymnes sacrés.

Un chapitre du bénédictin Jordi Augusti Piqué Collado intitulé La dimension sacramentelle de la musique chez Augustin (tiré du livre Teología y musíca) affirme entre autres : « Chez Augustin, la musique n’est pas comprise comme un simple moyen, un instrument ou une clé. Il ne perd pas de vue son ambivalence, ni sa capacité à évoquer le transcendant. La Parole rejoint l’élément sonore, la mélodie rejoint le sens. L’ineffable rejoint l’expressibilité sonore. Le festif se manifeste dans l’expérience ». Il est vrai que cet élément d’ambivalence de la musique est très important chez Augustin si l’on se souvient de sa profonde émotion à l’écoute des hymnes sacrés évoqués plus haut mais aussi de la dénonciation dans différentes pages du danger que représente la musique comme moyen de séduction.

Mais Augustin pousse le discours encore plus loin car il comprend que le discours technique sur la musique n’est pas contraire à la jouissance de celle-ci, mais nous aide plutôt à comprendre comment garantir au mieux que la musique est efficace pour les objectifs que les musiciens se fixent. Vous pensez que nous sommes passés de la réflexion d’un saint Augustin à une musique qui utilise des moyens bon marché dans nos liturgies. La science de la musique ne nie pas l’art musical, mais en fait de plus en plus un instrument d’élévation spirituelle.

Le traité de saint Augustin intitulé De Musica nous montre comment pour le saint d’Hippone l’art ne nie pas la science. Le texte, construit sous la forme d’un dialogue entre disciple et maître, n’est pas facile à lire mais regorge néanmoins d’idées de réflexion très intéressantes. Par exemple, la définition qui vous est donnée de la musique elle-même, dans le sillage des auteurs précédents : « La musique est la science de la mesure rythmique selon l’art ». Nous voyons comment dans cette définition l’art et la science sont intimement liés et comment ils forment presque les différentes parties d’un même objet.

Je voudrais revenir sur la réflexion sur l’importance de la réflexion d’Augustin pour nous aujourd’hui, à une époque où l’Église elle-même, qui était le moteur de notre civilisation, a réduit la musique sacrée à un passe-temps de jeunes inconscients équipés de guitares. On pourrait penser qu’il a été possible de tomber si bas et si vite et on ne peut que se rendre compte à quel point l’Église est en train de perdre une bataille culturelle cruciale, une bataille perdue dont les effets se font sentir dans le domaine spirituel. L’Église a été l’institution qui a donné un sens à nos vies alors qu’aujourd’hui elle semble avoir été réduite à un aumônier peu écouté de ceux qui gèrent les destinées du monde depuis leurs positions obscures.

Catholiques et enracinés

Voici un retour en images sur l’université d’été d’Académia christiana, où 300 jeunes sur la semaine ont été rejoints par 250 personnes pour les journées portes-ouvertes.

En militant pour que la statue disparaisse, ces personnes ont voulu diviser. Chez les catholiques, ceux qui divisent ont un nom !

Aux Sables-d’Olonne la statut de l’archange Saint-Michel va être déplacée de 13 mètres sur une parcelle privée, récemment vendue environ 3000€  à la paroisse par la municipalité. Le maire Yannick Moreau s’est réjoui :

“Les ayatollah de la laïcité auront fait reculer notre statue de quelques mètres, mais ils auront fait avancer notre volonté de défendre notre culture et notre art de vivre”. La poignée de laïcistes radicaux aura son déboulonnage mais la volonté des Sablais est respectée car la statue Saint-Michel restera sur sa place, en toute légalité.

La statue sera déplacée courant septembre.

Le curé doyen des Sables-d’Olonne, l’abbé Antoine Nouwavi, s’est réjoui lors de la conférence de presse de l’adoption d’une solution mettant “fin à la polémique”.

« La statue Saint-Michel n’a pas été installée par la communauté catholique, cette statue n’a jamais été l’objet d’un culte de notre part, les statues ne manquent pas dans nos églises ! Mais étant à l’écoute du souhait de la majorité des Sablais de voir cette statue sur le parvis de l’Eglise Saint-Michel, nous avons – sans hésitation aucune – apporté notre contribution ».
« Ceux qui ont voulu que la statue St-Michel disparaisse du parvis se sont attaqués à un symbole transversal qui unit beaucoup de personnes, beaucoup de groupes et de corps sociaux. En militant pour que la statue disparaisse, ces personnes ont voulu diviser la communauté du bien-vivre ensemble des Sablais. Chez les catholiques et les croyants, ceux qui divisent ont un nom !
« En voulant déboulonner la statue, les diviseurs ont voulu nous faire croire à l’illusion de la culture du vide. Il en est de même dans la nature que dans la culture, elle a horreur du vide ! »

C’est la valse des frères

Suite à mon article sur Guillaume Trichard, nouveau Grand Maître du Grand Orient de France, je reçois un communiqué de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN, qui souhaite visiblement apparaître dans le Salon beige…

Du 25 au 27 août, près de 900 Frères et Sœurs (ce qui est invérifiable puisque l’appartenance est secrète..), députés et visiteurs des 740 loges de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN, ont tenu leur Convent annuel aux Docks d’Aubervilliers. La Fédération française du DROIT HUMAIN regrouperait plus de 15 000 membres.

Durant ce Convent, les 39 Conseillers Nationaux ont élu Sylvain Zeghni nouveau Grand Maître National de la Fédération française pour l’année maçonnique 2023-2024. Il succède ainsi à Amande PICHEGRU. Début mai, il avait débattu sur Sud Radio face à Serge Abad-Gallardo, ancien franc-maçon, converti catholique.

Âgé de 59 ans, Sylvain Zeghni est Docteur en sciences économiques (Université Paris X Nanterre) et actuellement maître de conférences à l’Université Gustave Eiffel (Val d’Europe) en sa qualité de spécialiste de l’économie du tourisme et de l’environnement. Initié en franc-maçonnerie en l’an 2000 au sein de la loge « Travail et liberté » du DROIT HUMAIN de St Germain en Laye, il est désormais membre de la loge Zoroastre de Marne-la-Vallée.

Plusieurs axes stratégiques vont caractériser son action  :

  • Le renforcement de la démocratie interne (sic, alors que les grades inférieurs ne connaissent pas l’identité des grades supérieurs) de la Fédération par le développement de nouvelles démarches participatives au niveau des régions et de leurs loges,
  • L’impulsion d’une nouvelle dynamique et la conception de nouveaux outils permettant davantage d’innovation, de créativité et d’expérimentation au sein des loges,
  • L’exploration de nouveaux champs de réflexions sur des thématiques sociétales (suivez mon regard) en lien avec l’approfondissement de la méthode maçonnique et de la démarche initiatique des Frères et Sœurs au sein de leurs ateliers,
  • Le renforcement de nouvelles aires de coopération avec les autres obédiences françaises et à l’international.

On est déçu : ils ne proposent pas de lutter contre la strème-droâte.

Les catholiques s’organisent en Alsace

Nous avons interrogé l’un des fondateurs du Collectif de catholiques en Alsace né dans la foulée de la démission de Mgr Ravel.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marc. Mes attaches familiales sont dans un diocèse très lié à celui de Strasbourg durant une partie du XIXe siècle. Féru d’Histoire religieuse, je fais partie de ce qu’on a appelé la « génération Jean-Paul II », bien que ce soit de manière un peu tardive, d’autant que je me suis tenu éloigné de l’Église durant quelques années. Je suis finalement revenu à elle, et je dois avouer que ce retour ne s’est pas fait sans quelques surprises ; les unes heureuses et édifiantes, les autres beaucoup moins. Ce à quoi nous assistons en Alsace relève assurément de la deuxième catégorie.

Vous avez lancé avec d’autres un collectif de catholiques en Alsace, pourquoi ?

Les événements autour de la demande adressée par Rome à Mgr Ravel de renoncer à sa charge, puis, surtout, le double scandale public d’une pétition contre notre Archevêque lancée par des laïcs et des prêtres, peu nombreux mais bien connectés et influents, ainsi qu’une manifestation hostile d’une quinzaine de personnes devant la cathédrale lors de la messe chrismale ont agi comme un électrochoc. Les « progressistes » du groupe Jonas Alsace, membre du Réseau des Parvis, étaient à la manœuvre avec des représentants d’un certain monde associatif pour la pétition comme pour la manifestation. Il nous a semblé évident que l’affaire était grave, et qu’elle n’était pas qu’un anecdotique épisode de relations tumultueuses entre un pasteur et son troupeau. Étant donnée l’origine apparente de l’attaque, c’était bien plus la foi catholique qui était visée que la personne d’un évêque décrié par certains. Mgr Ravel, en effet, n’avait pas plu à ces éléments qui veulent imposer leurs marottes habituelles : mariage des prêtres, ordination des femmes et j’en passe bien d’autres, et il en avait mécontenté plus d’un dans ce milieu au cours de son épiscopat.

Nous avons donc voulu et entendons signifier deux choses : la première, c’est qu’il est inacceptable qu’on s’attaque à un évêque — un successeur des Apôtres — d’une manière aussi violente, avec une mentalité de sycophantes qui font régner la terreur. S’ils ne sont pas contents, qu’ils usent de la correction fraternelle s’ils sont prêtres et de la correction filiale s’ils sont laïcs ; et s’ils en sont incapables, qu’ils se taisent ou qu’ils s’en aillent ! Il y a suffisamment de communautés ecclésiales relevant d’autres confessions avec lesquelles ils partagent déjà à peu près tout et qui pourraient les accueillir. La seconde, c’est que nous n’avons aucune intention de laisser qui que ce soit remettre en cause la foi catholique que nous avons reçue. C’est d’ailleurs là notre but principal : au titre de notre baptême et de notre confirmation défendre la foi catholique, le dépôt de la foi, contre tous ceux qui voudraient l’altérer au gré de leurs fantaisies. Nous croyons en cela représenter la majorité silencieuse et nous espérons la réveiller, l’encourager à se manifester contre ces démolisseurs. C’est pour cela, et pour cela seulement, que nous prions tous ceux qui se reconnaissent dans notre démarche de bien vouloir signer notre manifeste, car il faut que tous ceux qui déplorent l’état pitoyable dans lequel se trouve l’Église actuellement signifient ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas. Les mois à venir seront cruciaux pour cela.

Selon vous, Mgr Ravel a-t-il été victime d’une cabale de progressistes ou son départ s’explique-t-il autrement ?

Pour ce que nous avons pu en savoir, il s’agirait d’un petit groupe de prêtres de tous bords qui, pour des raisons différentes ont manœuvré en vue de discréditer l’Archevêque auprès de sa hiérarchie. Ce ne sont donc pas des laïcs associés à quelques prêtres progressistes qui ont été à la manœuvre initialement. Du reste, ceux-ci n’ont en quelque sorte pu que donner l’estocade à leur évêque en se faisant de la publicité à peu de frais — hormis sans doute la perte de leur dignité. Maintenant que la poussière soulevée par les événements retombe, il est possible d’y voir un peu plus clair. Que Mgr Ravel ait eu des difficultés pour partie à cause de maladresses et même d’erreurs de sa part, c’est certain. Il l’a lui-même reconnu dans un entretien accordé au magazine La Vie en mai dernier. Mais cela paraît tout de même insuffisant pour justifier le sort qui lui a été fait. Il faut croire que des personnes bien placées dans la hiérarchie du diocèse ont usé de leur position pour obtenir la tête de leur évêque en le dénonçant au Nonce apostolique, et ce non pas une fois, mais à plusieurs reprises, selon mes informations. À ce propos, je m’interroge, moi qui aime l’histoire religieuse, sur le fait que depuis quelques années, on semble faire de plus en plus facilement droit aux requêtes des malcontents. Naguère encore, ces plaintes émanant du clergé ne bénéficiaient pas d’un accueil aussi favorable : elles étaient généralement archivées dans la corbeille à papier. Cela traduirait-il une volonté romaine de resserrer plus que jamais le contrôle sur les évêques ? Je ne saurais y répondre ; mais je suis surpris du nombre d’évêques qui renoncent à leur charge ces derniers temps, et ce pour des motifs qui paraissent quelque peu surprenants.

Pour revenir à Strasbourg, un entretien donné tout récemment aux Dernières Nouvelles d’Alsace par Sœur Susannah Kelly, une religieuse américaine des Fraternités monastiques de Jérusalem que Mgr Ravel avait chargée de la question des abus sexuels dans le diocèse, contribue à comprendre les tenants et aboutissants de l’affaire. Dans cet entretien, elle affirme avoir la certitude que, si l’Évêque a fait l’objet d’une visite apostolique, c’est précisément à cause de son zèle à régler la question des abus. Si son analyse est pertinente, alors on peut à bon droit soupçonner que c’est avant tout une cabale de prêtres qui a provoqué la chute de Mgr Ravel. Qui d’autre en effet que des prêtres influents aurait pu obtenir de Rome une visite apostolique qui manifestait clairement qu’il était déjà sur la sellette ? Sœur Susannah Kelly ajoutait : « Beaucoup de membres du clergé ne sont pas fidèles à leurs vœux et mènent une double vie ». On peut penser que ces prêtres influents se trouvent parmi ceux-ci, ou parmi d’autres malcontents, et qu’ils en ont voulu à Mgr Ravel de venir menacer leur tranquillité. Rappelons à ce propos que c’est lui qui a choisi de dénoncer au Procureur de la République les agissements de son prédécesseur, Mgr Grallet, à l’encontre d’une femme. C’était en janvier 2022. La visite apostolique a été annoncée en juin suivant. Je n’établis cependant pas un lien de causalité entre les deux événements. Toujours est-il que certains membres du clergé imaginent que Mgr Ravel a livré son prédécesseur à la justice. Or, ceci n’est pas vrai. En revanche, nous croyons savoir que Mgr Grallet n’a pas traité convenablement un certain nombre de cas, qui auraient risqué d’être traités si on ne faisait pas partir Mgr Ravel au plus vite. À ce propos, des rumeurs insistantes font état d’un « ménage » inachevé dans le diocèse. J’ajoute enfin qu’il est tout de même surprenant pour une Église engagée dans une démarche synodale que ni le peuple de Dieu, ni l’évêque concerné n’aient eu connaissance des conclusions de la visite apostolique.

En résumé, des prêtres influents et décidés à faire la guerre ont commencé à s’inquiéter de voir que leur évêque mettait le nez dans leurs affaires et qu’il risquait tôt ou tard de s’occuper d’eux. Ils ont monté une cabale et attaqué en secret, prétextant à Rome des problèmes de « gouvernance » du diocèse, et les « progressistes » ont parachevé le travail en manipulant l’opinion, ce qui leur permettait de se donner de l’importance tout en faisant avancer leur cause. « Le vice appuyé sur le bras du crime », en quelque sorte.

Comment expliquez-vous que les groupes progressistes, qui sont si peu représentatifs de l’Église contemporaine de France, aient une telle influence ?

Avec toutes les réserves que je viens d’exprimer, car les manœuvres de ces groupes n’auraient pu aboutir à grand-chose sans la cabale de prêtres en guerre avec l’évêque, il faut reconnaître qu’ils ont effectivement une certaine influence.

Ces groupes, qui mêlent prêtres et laïcs, sont d’implantation déjà ancienne. Dans les bouleversements qui ont suivi le concile Vatican II, surtout dans les années 1970-1980, leurs idées se sont diffusées dans l’Église. Ils étaient alors des « chrétiens d’avant-garde » — ou du moins se percevaient-ils comme tels. Ceux qui font partie de ces mouvements ou leur sont sympathiques se sont implantés depuis longtemps dans les structures de l’Église et — principalement — le milieu associatif. Ils ont des réseaux bien établis, dans les diocèses et au-delà. Comme en plus ils ont des soutiens à Rome, il n’est guère étonnant que leur influence et leur capacité de nuisance soit réelle, bien qu’inversement proportionnelle à leur nombre. C’est une minorité très largement vieillissante, voire franchement vieille, mais qui dispose de ses propres médias et bénéficie d’un accueil favorable dans les grands médias régionaux et nationaux. Il faut ajouter à cela le fait qu’un nombre significatif de prêtres ne partage plus ni la foi, ni les mœurs ni la discipline de l’Église tels qu’exposées dans le Catéchisme de l’Église catholique et le Code de droit canonique de 1983, et qu’ils favorisent activement ou passivement les actions de ces progressistes, dont ils espèrent sans doute qu’ils obtiendront de changer et la foi et les mœurs, ce qui fera que tôt ou tard leur situation se trouvera miraculeusement régularisée.

Comme cette minorité progressiste se sait plus proche de la tombe que du berceau et qu’elle n’a rien transmis, elle devient hargneuse, car elle sent que ses conquêtes risquent de lui échapper. Les militaires le savent bien : les combats d’arrière-garde sont les plus sanglants.

À votre connaissance, ces groupes continuent-ils à agir dans le diocèse de manière visible ou en secret ?

Le 6 juillet dernier, une tribune signée par un prêtre, un diacre permanent et une laïque a paru dans le quotidien La Croix sous le titre La crise de l’Église en Alsace est symptomatique de dysfonctionnements graves dans l’Église. Les signataires du texte en appelaient à l’Administrateur apostolique, lui demandant « de manière urgente la tenue d’un synode dans leur diocèse, après les remous provoqués par la démission de Mgr Luc Ravel », tout en affectant de déplorer la situation de crise dans laquelle se trouvait désormais l’Église d’Alsace. Le texte était accompagné d’un lien menant au texte intitulé Appel de 100 baptisés d’Alsace et à la liste des cent premiers signataires. Or, en parcourant cette liste, quelle n’a pas été notre surprise de constater qu’on y trouvait les noms de la plupart de ceux qui avaient trempé dans les manœuvres du dit « Groupe Jonas » et consorts, et notamment de celui qui avait initié la pétition demandant à Mgr Ravel de démissionner. En d’autres termes, ces gens ont fait publier sous un faux-nez un appel dans lequel ils déploraient une situation de crise à laquelle ils avaient très activement participé ! Comme dirait saint Thomas d’Aquin : « Omnes stulti et deliberatione non utentes, omnia tentant », ce que Michel Audiard a magnifiquement traduit dans l’inoubliable scène de la cuisine des Tontons flingueurs : « Les c…, ça ose tout ; c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Nous avons contacté la rédaction du journal, pour leur envoyer une réponse détaillée, afin que leurs lecteurs puissent être informés de ce fait. On nous a assurés que notre réponse avait été transmise au service « Religion et débats ». À ce jour, nous ne savons toujours pas si elle sera publiée. Nous l’espérons, car il serait dommage pour les lecteurs du journal que le texte de la tribune ne bénéficiât pas d’un éclairage supplémentaire, d’autant que nous avons assorti notre réponse d’une invitation à débattre publiquement et en terrain neutre avec les responsables de l’appel, événement auquel la presse pourrait être conviée. Quant à la demande de tenue d’un synode diocésain, pourra-t-elle aboutir ? Y croient-ils réellement ? Nous l’ignorons, mais peut-être n’est-ce même pas le but recherché. En effet, on peut formuler l’hypothèse qu’un appel public relayé au niveau national serait destiné, a minima, à tenter de peser sur le choix du futur Archevêque de Strasbourg. En gros, comme dirait Jean-Claude Dus dans Les bronzés font du ski : « Oublie que t’as aucune chance, vas-y fonce ! On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher ». En tout cas, si notre hypothèse est juste, on peut s’interroger sur l’exercice que certains font de la déontologie journalistique, et notamment de la Charte de Munich et de la Charte d’éthique professionnelle des journalistes de 2011. Quoi qu’il arrive, nous publierons le texte de notre réponse sur notre site Internet. Et nous vous remercions très vivement de nous donner la parole !

Croyez-vous qu’il soit envisageable que les catholiques de différentes traditions liturgiques ou spirituelles s’entendent pour réévangéliser ?

Dans les temps de plus en plus troublés qui sont les nôtres, avec un effondrement de la foi tel que nous le connaissons, c’est absolument vital ! Le célèbre livre La France, pays de mission ? date de septembre 1943, il y a très exactement quatre-vingts ans. Depuis, avons-nous assisté à un « printemps de l’Église » ? Non, et plus personne ne peut raisonnablement le soutenir, tant il est manifeste que nous sommes dans le plus glacial hiver. Pour le printemps, il faudra encore attendre. Et il est consternant de découvrir que le Père Louis Bouyer décrivait déjà la catastrophe que nous vivons dans La décomposition du catholicisme en 1968 ! C’était il y a cinquante-cinq ans, et rien ne semble avoir changé, si ce n’est que la fête est finie et que les derniers fêtards n’ont plus la belle allure du début ; plutôt des têtes de déterrés. Il ne s’agit cependant pas de mettre en accusation le concile Vatican II, ce qui serait trop facile, tant le phénomène est complexe. Je renvoie pour cela à la lecture du livre de Guillaume Cuchet : Comment notre monde a cessé d’être chrétien, sous-titré Anatomie d’un effondrement. Et les statistiques récentes démontrent avec la dernière évidence qu’il s’agit bien d’un effondrement, puisque nous sommes désormais arrivés à un taux de « messalisants » situé — dans le meilleur des cas — aux alentours de 5 %, voire 2 à 3 %. Et je n’ose imaginer ce qu’il se passera à plus ou moins brève échéance dans les paroisses rurales, quand les fidèles les plus âgés auront disparu, eux qui sont de loin les plus nombreux, voire les seuls restants. Mais puisque nous parlons d’avenir, il est indispensable que tous les catholiques de bonne foi, ceux qui veulent vivre de leur foi dans la fidélité au Christ et à l’Église qui est Son corps prennent conscience de ce désastre et parviennent à s’unir pour cela.

Ceci posé, pour répondre à votre question : est-ce envisageable ? j’ose espérer que oui, parce que c’est indispensable et que rien ne s’y oppose. Les différences d’approche spirituelles et liturgiques sont légitimes et peuvent s’enrichir mutuellement. Des freins cependant existent, car beaucoup de chrétiens, bien que sincères, semblent considérer qu’évangéliser, c’est mal, ce qui indique un refroidissement de la foi. Pour dépasser ces appréhensions, il faut se rappeler que toute évangélisation commencera par nous-mêmes. Mais comment en vouloir à ces gens, quand on constate avec effarement que même un futur cardinal, à peine l’annonce de sa création connue, se dépêche d’annoncer à propos des JMJ que « nous ne voulons pas du tout convertir les jeunes au Christ ou à l’Église catholique ou quoi que ce soit du genre » ? On dirait Lionel Jospin en 2002 ! Le socialiste annonçant à la terre entière que son programme « n’est pas socialiste », espérant sans doute ainsi ratisser large, mais aussi, je le crois, convaincu qu’en c’est en se reniant qu’on a les clefs de l’avenir. On sait comment cela a fini pour ce personnage, et c’est bien normal. Je serais pour ma part curieux de connaître l’exégèse que fait le cardinal désigné de Marc, 16,15-16 : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné » ; mais peut-être « ses propos ont-ils été mal interprétés », comme on dit de nos jours ?

Sans écouter ceux qui voudraient les dissuader d’accomplir légitimement (c’est-à-dire en accord avec la tradition authentique de l’Église) un commandement évangélique en exerçant la vertu de prudence, il faut que les catholiques, quelles que soient leurs traditions liturgiques ou spirituelles prennent d’abord conscience de l’étendue du désastre et du danger que courent les âmes pour admettre l’urgente nécessité de l’évangélisation. Alors peut-être saurons-nous surmonter les désaccords qui pourraient surgir entre nous. C’est aussi, et avec toute la modestie qu’impose l’immensité de la tâche et la faiblesse de nos moyens, ce que nous espérons parvenir à initier, là où nous sommes. Et nous espérons de tout notre cœur que les autres catholiques de France le feront, eux aussi là où ils sont, pour le bien de notre Mère l’Église.

Liens:

https://www.francebleu.fr/infos/societe/il-se-conduit-comme-un-general-des-pretres-demandent-le-depart-de-l-archeveque-monseigneur-ravel-6802133

https://www.change.org/p/lettre-de-chr%C3%A9tiens-du-dioc%C3%A8se-de-strasbourg-%C3%A0-mgr-luc-ravel

https://www.collectifcatholiquealsace.org/

https://www.lavie.fr/christianisme/je-ne-conteste-aucune-maladresse-les-confessions-de-luc-ravel-88487.php

https://www.dna.fr/societe/2023/07/15/beaucoup-de-pretres-menent-une-double-vie

https://www.alsace.catholique.fr/actualites/417693-declaration-de-mgr-ravel-concernant-mgr-grallet/

https://www.la-croix.com/Debats/crise-lEglise-Alsace-symptomatique-dysfonctionnements-graves-lEglise-2023-07-06-1201274408

https://padlet.com/raymondkohler/l-appel-des-100-baptis-e-s-d-alsace-weo40vlmeb4wxwdo

https://www.seuil.com/ouvrage/comment-notre-monde-a-cesse-d-etre-chretien-guillaume-cuchet/9782021021295

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