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Que serait une nuit du nouvel an avec des incidents notables ?

La nuit du nouvel an a été marquée, comme chaque année, par des violences. Une caserne de gendarmerie a été attaquée dans la Drôme, un foyer d’hébergement pour enfants incendié, un couple de retraités et des familles sauvés des flammes en Isère, 690 véhicules ont été incendiés, 490 personnes interpellées…

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a souligné qu’avec 90 000 forces de l’ordre mobilisées, “il n’y a pas eu d’incident notable” cette nuit…

Mantes-la-Jolie (78) : un Marocain sous OQTF effectuait de bruyantes prières islamiques dans l’église Saint-Jean-Baptiste

L’affaire remonte au 26 octobre et l’individu avait été interpellé par la police et placé dans un Centre de rétention administrative (CRA). Le 30 décembre, après 60 jours dans ce CRA, ce clandestin n’a toujours pas été renvoyé dans son pays.

Les autorités françaises attendent toujours que les autorités marocaines leur délivrent un laissez-passer consulaire pour permettre son expulsion vers le Maroc. Faute de laissez-passer consulaire, cet homme sera relâché dans une vingtaine de jours.

Une crèche vandalisée dans une église

La sainte Famille n’est toujours pas la bienvenue. La crèche de Noël installée pour les fêtes de la Nativité dans l’église Notre-Dame de La Charité-sur-Loire a été vandalisée. Les trois statuettes de la Sainte Famille ont été dégradées, l’enfant Jésus avec un bras cassé, le visage de Marie et son voile abimés, la main de Joseph brisée.

Les faits se seraient déroulés dans l’après-midi du jour de Noël.

Pour le moment, l’église reste fermée et sera ouverte seulement pour les offices. Le curé de la paroisse entend porter plainte.

En quête d’esprit : émission spéciale consacrée au pape émérite Benoit XVI

Aymeric Pourbaix reçoit

  • Christophe Dickès, historien spécialiste de la papauté
  • l’abbé Grosjean, curé du diocèse de Versailles
  • Jean-Marie Guénois, journaliste au Figaro

François : « invoquons l’intercession de la Sainte Vierge Marie pour le Pape émérite Benoît XVI »

La dépouille du Pape émérite Benoît XVI repose en la chapelle du monastère Mater Ecclesiae au Vatican. Il sera exposé dès lundi 9h00 en la basilique Saint-Pierre.

Du pape François à l’Angelus :

En ces heures, nous invoquons l’intercession de la Sainte Vierge Marie pour le Pape émérite Benoît XVI. Nous nous unissons tous, d’un seul cœur et d’une seule âme, pour rendre grâce à Dieu pour le don de ce fidèle serviteur de l’Évangile et de l’Église.

Hommage aux martyrs coptes de l’Etat islamique – Terres de Mission

Terres de Mission reçoit Samuel Armanius, jeune chrétien d’origine égyptienne, qui prépare un film sur les 21 coptes martyrisés en Libye par l’Etat islamique en 2015.

Puis, Max Guazzini, ancien président de NRJ et du Stade français, présente le CD de chants chrétiens qu’il a produit avec la Schola Regina.

Enfin, Pierre de Lauzun, essayiste et ancien directeur de la Fédération Française des Banques, évoque le livre qu’il vient de publier chez Téqui : “Dieu, le mal, l’histoire”.

Trois résolutions tirées du Livres des Proverbes

Une nouvelle année commence. Quelle(s) bonne(s) résolution(s) pouvons-nous prendre pour les prochains douze mois ?

Le livre des Proverbes, dans l’Ancien Testament, peut être une source d’inspiration pour nous aider à trouver une bonne habitude à adopter et à cultiver. Ce livre est attribué au roi Salomon qui reçut sa sagesse de Dieu. Le fils du roi David préféra la sagesse à l’argent ; Dieu lui fit alors don des deux. Inspiré par l’Esprit Saint, suivons les conseils du Roi Salomon, en adoptant un de ses versets pour cette année, et recherchons la sagesse de Dieu.

  • “Qui surveille ses lèvres garde son âme, qui ouvre trop le bec court au désastre.” (Proverbes 13, 3)” Moins parler pour être plus à l’écoute, pour laisser les pensées mûrir, pour accueillir le silence et tout ce qu’il porte. Comme Marie qui gardait tout en son cœur. Savoir aussi ne rien dire est un beau défi à l’heure où l’on nous demande notre avis et nos commentaires sur toute chose.
  • “Le naïf croit tout ce qu’on lui dit, l’homme avisé regarde où il met les pieds.” (Proverbes 14, 15) Discerner, prendre un peu de recul, voilà une belle résolution pour avancer de façon plus sûre, notamment dans les périodes agitées que nous pouvons traverser. Prendre l’habitude de confier à Dieu nos interrogations et nos doutes, demander son Esprit au moment de prendre des décisions, c’est bien là le début de la sagesse !
  • “À cœur joyeux, santé florissante ! L’esprit chagrin dessèche jusqu’à l’os.” (Proverbes 17,22) Se réjouir, s’émerveiller, même quand les choses ne vont pas forcément dans notre sens, même quand les temps sont difficiles. Nous savons que le Seigneur est là. Exerçons-nous chaque jour à ouvrir les yeux à chacune de ses grâces.

Bonne année toute en joie et en sagesse !

Alice Ollivier pour Hozana.org

Et si Jésus était bien né le 25 décembre de l’an I

Suite aux deux articles parus sur le Salon Beige quant à la date de la naissance du Christ (ici et ), on me signale un article paru dans Science et foi en avril 2018. Henriette Horovitz y faisait part de ses recherches :

[…] Ces recherches assidues ont révélé des éléments cohérents et incontournables qui me permettent d’oser affirmer que Jésus est né le dimanche 25 décembre de l’an I, soit l’année 754 auc. ou encore l’an 3761-3762 du calendrier hébraïque.

Vous avez donc reconstitué les calendriers de 44 AC à 70 du Christ. Comment avez-vous procédé pour joindre tant d’éléments.

Eh bien, nous avions déjà quelques textes de références : les évangélistes en particulier. Saint Matthieu évoque la Nativité et le retour d’Egypte, saint Luc est plus disert sur la conception, la naissance et la circoncision de Jean le Baptiste et sur la naissance de Jésus, offrant l’un et l’autre quelques détails spatio-temporels épars. Luc en particulier précise la garde de la famille Abiah au Temple, le recensement et le gouvernorat de Sulpicius Quirinius en Syrie. Nous savons par ailleurs que ce dernier remplace Lollius, destitué sur le champ pour collusion avec les Parthes, fin 754 auc. La date de la disgrâce de Lollius est un repère choisi pour fixer la présence de Quirinius en Syrie et le début du recensement, début en 755 auc. année quinquennale. D’autre part, les manuscrits de la mer Morte nous offrent des notes calendaires très précieuses. La rigueur scrupuleuse des Juifs en matière de service liturgique nous réservait d’inattendues précisions. En effet, le fragment 4Q321.1.1 retrace le calendrier des gardes sacerdotales du Temple, réparties sur six ans, et permet de savoir que le service de la famille Abiah, à laquelle appartenait Zacharie, avait lieu deux fois l’an, soit du 8 au 14 du troisième mois et du 24 au 30 du huitième mois solaire, en l’année I sur 6. Tout pouvait désormais s’enchaîner… Il me fallait encore confronter ces données à l’astronomie et les replacer dans l’ensemble des calendriers en vigueur. Notons bien que la compréhension du calendrier hébraïque passe nécessairement par la connaissance de notions élémentaires d’astronomie3 et que celui-ci est à la fois fondé sur le soleil et sur la lune, des mois lunaires et des années solaires.

De plus, le doc. 4Q321 frag.I, col.I, nous apprend que la famille Abiah, la huitième famille sacerdotale, assumait sa semaine de garde en une année 1 sur 6 du cycle des gardes au Temple de Jérusalem ayant un profil astronomique tel que :

  • le 2ème jour (lundi) de cette même semaine, il y avait pleine lune,
  • ce lundi était le 25ème jour du 8ème mois solaire,
  • le mardi, 12ème jour de ce 8ème mois, pendant la garde de la famille Myamin, se présentait le duqah.

Le sens de ce terme ‘duqah’ est encore débattu entre les spécialistes. L’indication de pleine lune dans le Ms 4Q321.1.1, en revanche, pose problème. Pleine lune ou nouvelle lune ? J’ai donc recherché une année avec nouvelle lune qui pouvait correspondre aux autres données du document, et j’ai trouvé une seule année répondant à l’ensemble des éléments : l’an 39 avant JC (-38 des astronomes) / 3722 des hébreux / 715 de Rome, avec l’agréable surprise qu’il s’agissait bien d’une année I sur 6 du cycle des gardes au Temple. Ceci était extrêmement important ! En poursuivant avec ce cycle sexennal, nous pouvons rétrograder de +4 de JC / 757 de Rome (année I/6) vers 1 av JC / 753 de Rome (année 3/6), nous retrouvons alors la garde de la famille Abiah du samedi 18 septembre au samedi 25 septembre, tombant justement cette année-là le Yom Kippour. Cette découverte m’était une perle précieuse ! Pour moi qui recherchais l’année de naissance de Jésus, je trouvais enfin une clé, celle de l’annonce de l’Ange à Zacharie, à l’issue de sa semaine de garde, et donc de la naissance de Jean-Baptiste au solstice de juin.

En résumé, ces deux années, -38 et +4 JC. étant chacune une année I sur 6 du cycle des gardes, permettaient de certifier que l’an 3760 des Hébreux, soit 1 AC ou 753 de Rome, était une année 3 sur 6 du cycle des gardes selon la liste retrouvée à Qumran. Or, en cet an 3, nous sommes sûrs qu’un représentant de la famille Abiah (Zacharie sans doute) assumait la semaine de garde du samedi 18 septembre au samedi 25 septembre, an I AC (an 0 des astronomes) ou 753 de Rome ou encore du s. 3 Tichri 3761 hébr. au s. 10 Tichri. Notons également que c’était également le Yom Kippour depuis la veille en fin d’après-midi. Cette fête marque le début de l’an 3761 hébr.

Bientôt 50 ans de recherches et un résultat fantastique, un peu complexe au premier abord ! Pouvez-vous nous expliquer simplement le point central de votre recherche ?

Alors faisons un petit test…

Si la date donnée pour la naissance de Jésus de Nazareth n’est pas précédée, quinze mois plus tôt, par la conception de Jean-Baptiste, alors cette date n’est pas historiquement recevable.
L’annonce à Zacharie s’est produite pendant sa semaine de garde sacerdotale au Temple de Jérusalem en l’an 3 sur 6 des gardes, selon la liste des gardes retrouvée dans les Rouleaux de Qumram. La date de l’annonce à Zacharie se situe en la semaine de sa garde du samedi 18 septembre au samedi 25 septembre 753 auc. (1 AC). Si Jean-Baptiste est conçu suite à cette semaine de garde, en tenant compte du temps de retour de Zacharie pour retrouver Elisabeth au début des Tabernacles (14 Tichri), alors sa naissance se situe fin juin 754 auc. / +1 JC, soit neuf mois après.

Donc, l’Annonce à Marie fut faite en fin mars (équinoxe de printemps) 754 / +1 JC, au sixième mois de grossesse d’Elisabeth. La naissance de notre Seigneur Jésus-Christ tombe alors nécessairement fin décembre 754 auc. / +1 JC.

Notons qu’une garde de la famille Abiah eût lieu aussi en une année 3 sur 6, 6 ans plus tôt, en 747 auc., mais cette donnée est irrecevable car elle est inconciliable avec la note de saint Luc concernant 15 Tibère. Si nous avions été dans cette configuration, alors saint Luc aurait écrit 9 Tibère, et non 15.

A propos du ‘15 Tibère’, y a-t-il des recoupements intéressants qui permettent de vérifier et conforter vos assertions ?

Reprenons saint Luc (III 1-3) : ‘L’an 15 du principat de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée; Hérode, tétrarque de Galilée; Philippe, son frère, tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, et Lysanias, tétrarque d’Abilène sous le pontificat d’Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert…’. Notons en passant que l’étude des Manuscrits de la mer Morte montre que Luc s’appuie sur des données rigoureuses. Or, d’une part, César Auguste meurt le 19 août 14 JC. Le mois de deuil terminé, Tibère accède au pouvoir en septembre 14 JC ou 767 auc. (cf Suétone). D’autre part, Jean Baptiste entame son ministère prophétique dans sa trentième année, âge légal pour prendre la parole en public chez les Juifs, donc logiquement à partir de juin 30 JC. Saint Luc qui n’est pas avare en détails, donne, pour l’apostolat de Jean, l’an 15 de Tibère, soit la 16ème année de règne, c’est-à-dire entre le 19 septembre 29 JC et le 18 septembre 30 JC. Il parcourt alors toute la vallée du Jourdain. En accordant à celui-ci un minimum d’une année de ministère avant que Jésus ne vienne à lui, nous arrivons aux trente ans de Jésus pour son baptême et le début de sa vie publique. Seules ces dates, confortées par Flavius Josèphe, Suétone, et même, par exemple, par les études numismatiques d’Agostino Sferazza, sont compatibles avec l’ensemble des calendriers. Et si l’on considérait, comme certains, que Jésus était né en 6 AC, qu’il avait été crucifié après 30 JC, alors il aurait vécu au moins 36 ans, ce qui est invraisemblable…

Vous avez aussi étudié les années sabbatiques, post-sabbatiques et jubilaires. On peut désormais dater d’autres événements…

Toujours dans saint Luc (IV, 16), Jésus annonce une année jubilaire. Il est donc intéressant de repérer les années jubilaires ou sabbatiques de la vie de Notre Seigneur. L’année sabbatique, ou Chemita, est la 7ème année d’un cycle septennal où il est prescrit de laisser la terre en repos. Année de componction, de réconciliation, de remise de dettes, etc… pendant laquelle on se nourrit de ce que la terre produit spontanément, conformément aux prescriptions du Lévitique. Elle commence au mois de Tichri. L’année post-sabbatique, ou Haqhel, prend la suite immédiate de la Chemita ; en ce début d’année, le Sanhedrin et le peuple assemblés promettent fidélité à Dieu. L’année jubilaire, également appelée An de Grâce ou Yovel, se présente après sept années sabbatiques, soit sept cycles septennaux. C’est donc la « cinquantième » année (ou, plus exactement, la première des 49 années suivantes), celle du renouveau, du Retour à Dieu, de la libération, remise des dettes… Elle est marquée par les mêmes règles sociales et de travail de la terre que la Chemita. Ces trois années pouvaient ne pas contenir d’embolisme selon la décision du Sanhédrin (chef du calendrier). Or, sachant que le Yovel 5510 hébr. tombe en 1750 sous le pontificat de Benoît XIV, j’ai établi la liste des années jubilaires par cycles de 49 ans (7×7) conformément aux notes des Manuscrits de la mer Morte. Par exemple, nous retrouvons ainsi 3305 hébr. / 456 AC, date de l’édit d’Artaxerxés pour la reconstruction de Jérusalem, 3746 hébr. / 15 AC, année de naissance de Marie, selon Marie d’Agréda, etc… Et le seul Yovel de la vie de Jésus tombe en 35 JC, soit l’année de la Rédemption et le dernier jubilé avant la destruction du Temple.

Et les auteurs anciens ?

Les auteurs romains nous apportent des éléments intéressants quant à la datation de la hiérarchie romaine, en particulier César, Tibère, Lollius, Quirinius, etc… Flavius Josèphe nous renseigne sur nombre d’éléments bien qu’il faille parfois contrôler ses dires. Il parle en particulier de l’âge d’Hérode à sa nomination, à sa mort, de l’éclipse qui eut lieu quand il destitua Matthias de son pontificat et fit brûler vif les séditieux. S’appuyant dès lors sur la NASA, on peut constater qu’une éclipse de lune partielle, le 3 mars 6 JC/ 13-14 Adar 3766 hébr., fête de Pourim, concorde parfaitement avec ces écrits et qu’elle est bien visible à Jérusalem. La chronologie de la vie d’Hérode peut donc être établie précisément. Ensuite des auteurs chrétiens se sont penchés sur les questions de chronologie. Eusèbe de Césarée, dans son Chronikon, et le Père Denis Petau (S.J.) donnent des éléments de comparaison pour les années sabbatiques et jubilaires.

Et Denys le Petit ?

Cette question est fort intéressante, d’autant plus que ce moine érudit et minutieux du VIème siècle est au centre de toutes les discussions… Denys le Petit, ou Minor, a travaillé sur le comput pascal à la demande du pape Jean I, en 525. Il a déduit de ses recherches que l’an de l’Incarnation était bien l’année romaine 754 auc. /1 JC. Il a ensuite constaté que le calendrier chrétien devait débuter le 25 mars 754 auc. / 1 JC (Anno Incarnationis I). Dans le Liber Paschate ou les Argumenta, il se réfère une douzaine de fois à l’Année de l’Incarnation, comment peut-on dès lors déduire des travaux de Denys Minor que Jésus Christ est né le 25 décembre 753 auc., … 3 mois avant sa conception ??

Permettez-moi de vous demander si vous avez été en contact avec des spécialistes actuels de ces questions ? Que vous ont-ils répondu ?

Chers amis, bien sûr ! J’ai échangé sur ces sujets avec un certain nombre de spécialistes des manuscrits de la mer Morte, philosophes, prêtres, astronomes… Citons dans le désordre quelques-uns de ces contacts : les Professeurs Talmon Shemaryhaou, Florentino Garcia Martinez, Emmanuel Tov, le philosophe Claude Gagnon, Roger Stioui l’un des spécialiste du calendrier hébraïque, Thierry Castex pour la mention de restitution inscrite sur le Linceul de Turin qui correspond bien à mes observations calendaires, les observatoires de Bruxelles, Grimbergen et Paris, Fred Espenak de la NASA, Jozef Denoyelle et le Dr Cuypers, le Pr Biémont et bien d’autres encore. Rassurez-vous, je n’ai pas travaillé seule !

Regardez, les lunaisons et éclipses, répertoriées par la NASA ou Jean Meeus, sont vitales pour certains points d’histoire, car chaque année calendaire a son profil personnel. Prenons l’exemple de la mort d’Hérode le Grand. Mes constatations (je ne parle pas d’hypothèses, mais de constats) me permettent d’adhérer fermement à l’éclipse de lune de +6 JC comme étant celle de Flavius Josèphe qui précède la mort d’Hérode le Grand. Elle n’est visible qu’à 50% ? Tant mieux, car si elle avait été totale elle aurait pu être masquée par une mauvaise météo, mais le fait qu’elle soit notée par Nicolas de Damas, même comme éclipse partielle, prouve un ciel dégagé. Les trois éclipses lunaires vers Nissan des années précédentes étaient peu ou pas visibles selon les renseignements reçus des observatoires de la NASA et d’Uccle. S’astreindre à ces observations pourrait obliger certains historiens à reconsidérer l’histoire judéo-chrétienne…

Par ailleurs, l’étude de Charles Perrot confirme la date de Yom Kippour (10 Tichri) que j’ai retrouvée, selon les données du cycle lunaire de la NASA, en 1 AC / 0 des astronomes / 753 auc. Dès lors, l’annonce de l’Ange à Marie se situe au moment où Elisabeth est enceinte de six mois, la naissance de Jésus neuf mois plus tard, le dimanche 25 décembre I JC / 754 auc. / 3761-3762 hébr. ou même le 28 Choïac (en calendrier syro-macédonien).

Et puis, nous fêtons Pâques ces jours-ci, pouvez-vous nous donner quelques précisions sur la date de la Pâque au cours de laquelle Notre Seigneur souffrit la Passion ?

Durant la vie publique de Jésus, il n’y a qu’une année sabbatique ; elle commence le 14 septembre 33 JC. De même, pendant toute sa vie terrestre, il n’y a qu’une année jubilaire. Elle commence le 1er Tishri 3795 hébr., fête de Roch Hachana, ou 2 septembre 34 JC, et fait donc suite à cette année sabbatique. Or, cinq jours auparavant, le dernier shabbat qui précède cette date, Jésus annonce ce Yovel, à la synagogue, quand il lit le chapitre LXI, 2 d’Isaïe non seulement pour en confirmer la prophétie, mais encore pour annoncer son accomplissement. Si Jésus annonce cet An de Grâce, c’est qu’il n’est donc pas mort… comme le laisseraient penser tant de dates évoquées aujourd’hui. Eusèbe de Césarée et le Père Petau confirment cette année jubilaire qui se termine le 1er Tishri 3796 hébr. / 22 septembre 35 JC. Cette année sabbatique est également confirmée par Flavius Josèphe.

Ceci ne nous donne toujours pas la date de crucifixion de Jésus… Continuons donc. On s’étonnera, à bon droit, de ne pas trouver une pleine lune le 24/25 mars 35 JC, ce qui voudrait dire que Pessah (la Pâque juive) n’a pas eu lieu, cette année, le 14 Nissan. Or, la stricte régularité du calendrier hébraïque débute seulement sous Hillel II, au IVème siècle. Auparavant, le Sanhédrin avait tous les pouvoirs décisionnels sur le calendrier pour y ajouter ou non un embolisme. Rappelons que pour fixer Pessah, deux règles devaient être strictement observées : la pleine lune du 15 du mois de Nissan et l’équinoxe de printemps. Or, l’an 33-34 JC aurait dû être une année embolismique pour rattraper l’équinoxe de printemps, mais c’était une année sabbatique. Habituellement, on ajoutait, dans ce cas d’interdiction formelle, un embolisme pendant l’année qui précédait ou suivait. Mais l’année suivante est jubilaire. Cette année sans Veadar amène la pleine lune de printemps le 15 Nissan, soit treize jours avant l’équinoxe de printemps… Impossible ! Il fallut donc postposer les cérémonies de Pessah au Temple à l’équinoxe du 24-25 mars, soit les 26-27 Nissan 3795 hébr. (vendredi 25 – samedi 26 mars 35 JC). Selon le Talmud, seule la fête de Pessah peut être postposée en cas de nécessité. Le Seder familial fut donc célébré le soir du jeudi 24 mars 35 JC, les célébrations commençant dès le soir du jour qui précède Pessah. La crucifixion de Jésus ne put donc avoir lieu qu’entre le Seder familial du jeudi et le soir très solennel du vendredi au Temple, qui ouvrait le décompte de l’Omer de Pessah à Chavouot, soit cinquante jours.

Il est encore intéressant de souligner que Pessah ne tombe un jour de Shabbat qu’en 33 de JC – mais cette date ne concorde pas avec le 15 Tibère – et en 35 JC en raison d’un Pessah postposé. Ce samedi 26 mars 35 JC fut donc Pessah. Je voudrais ajouter que sur le Linceul, des inscriptions en araméen ancien ont été découvertes et traduites par Barbara Frale. Cette inscription indique probablement la date prévue et limite pour la restitution du corps à la famille, douze mois lunaires après le décès. Or cette inscription АΔАU ou UАΔА, selon le sens de lecture, semble correspondre – le U signifiant deux ou ש – à רדאשי ou ve adar (Adar II). Or, si Jésus a bien été enseveli le 27 Nissan / 25 mars 35, si l’on ajoute douze mois lunaires, on obtient le 13 mars 36 ou 26 Adar II, sachant qu’il s’agit d’une année bissextile et embolismique. Si Jésus était mort sur la Croix le 16 Nissan 3790/ 7 avril 30, alors la date de restitution aurait été le 15 Nissan 3791 : pas de Veadar… Si la mise au tombeau avait eu lieu en 32, la date de restitution aurait été 14 Nissan : pas de Veadar non plus… L’année 35 proposée pour la Passion de Notre Seigneur est donc tout à fait probante et cohérente avec l’inscription du Saint Suaire.

Un petit coup de cœur au cours de ces recherches ?

Je voudrais vous raconter tant de choses… Bien que nous fêtions Pâques ces jours-ci, je voudrais souligner ce beau symbole de Noël. Le 25 décembre I JC/ 754 auc. tombe le 25 Kislev 3761 hébr., soit le dimanche de Hanoukah. Ce soir-là, dans la veillée du 24 décembre donc, alors que Marie s’apprêtait à mettre au monde Jésus, les Juifs allumaient la première lampe de la Hanoukia et priaient ardemment… et devinez pour quoi… A quoi correspond cette première lampe ? Elle est dédiée à l’attente du Messie ! N’est-ce pas là aussi un symbole magnifique ? Alléluia !

Saint-Cyr inaugure une stèle de saint Charles de Foucauld

L’ermite du Sahara fut Saint-Cyrien de la promotion de Plewna (1876-1878). Buste en bronze de l’artiste D. Lafontaine de-Baysser :

Octave de la Nativité de Notre-Seigneur : premier janvier

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Le texte de l’Introït est extrait de l’une des grandes prophéties d’Isaïe annonçant le mystère de l’Incarnation, comme nous en avons entendu plusieurs au temps de l’Avent.

Puer natus est nobis, et filius datus est nobis : cujus imperium super humerum ejus : et vocabitur nomen ejus magni consilii Angelus.

Un enfant nous est né, un fils nous est donné ; la souveraineté est sur son épaule. On l’appellera du nom d’envoyé du Grand Conseil.

La souveraineté sur son épaule évoque l’instrument par lequel il régnera, c’est-à-dire la Croix. Quant au Grand Conseil dont il est l’envoyé, c’est le grand dessein de la Sainte Trinité de sauver tous les hommes. Le texte d’Isaïe continue d’ailleurs par d’autres qualificatifs que l’on retrouve à d’autres moments de la liturgie de Noël, notamment à l’Introït de la messe de l’aurore. Il contraste singulièrement avec la faiblesse et la modestie de ce tout petit enfant : ” Conseiller admirable, Dieu fort, Prince de la Paix, Père du siècle à venir. “

La mélodie exprime à merveille la joie légère de Noël. Elle s’élance dès le début en un grand élan enthousiaste, puis elle s’apaise en une contemplation amoureuse, se nuançant d’un brin de mélancolie à l’évocation de la Croix, et elle s’achève par l’affirmation solennelle de la qualité de celui qui nous est envoyé. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 97 que nous allons retrouver au Graduel et à la Communion :

Cantate Domino canticum novum quia mirabilia fecit

Chantez au Seigneur un cantique nouveau car il a fait des merveilles.

Graduel : Viderunt omnes

Le texte du Graduel de la messe du jour de Noël est tiré du psaume 97 dont nous avons entendu le premier verset à l’Introït : c’est un cantique de louange à la gloire du Seigneur tout puissant qui y est présenté à la fois comme sauveur et comme juge. Les versets retenus ici sont ceux qui affirment l’universalité du salut qui s’étend à tous les peuples.

Viderunt omnes fines terræ salutare Dei nostri : jubilate Deo omnis terra.

Tous les confins de la terre ont vu le salut donné par notre Dieu. Poussez des cris de joie, terre entière ;

Notum fecit Dominus salutare suum : ante conspectum gentium revelavit justitiam suam.

Le Seigneur a fait connaître son salut, il a révélé sa justice devant tous les peuples.

C’est donc à tous les hommes sans exception que le petit enfant de la crèche vient apporter le salut. Cette perspective est chantée ici avec une mélodie très joyeuse, pleine de ferveur et d’enthousiasme. On y trouve de grandes vocalises comme c’est toujours le cas dans les Graduels, mais aussi des notes répétées avec insistance comme une sonnerie de trompette.

► Alléluia : Multifárie olim Deus

Comme nous l’avons précisé supra, l’alléluia est la seule pièce qui soit propre à cette messe de l’octave de la Nativité. Elle possède néanmoins un rapport avec la messe du jour de Noël puisque le texte du verset est le début de l’Épître aux Hébreux qui est lu à cette messe.

Multi fárie olim Deus loquens in prophétis, novíssime die bus istis locútus est nobis in Fílio suo.

Après nous avoir autrefois parlé à de nombreuses reprises  par les prophètes, Dieu en ces derniers jours nous a parlé par son propre fils !

Le Fils de Dieu est le Verbe, parole de Dieu, deuxième personne de la Sainte Trinité, qui s’est fait homme et que nous adorons aujourd’hui sous les traits d’un petit enfant.

L’Apôtre site ensuite pour les Hébreux un grand nombre de textes prouvant la divinité du Christ et nous y trouvons en particulier le verset du psaume qui est chanté à l’offertoire du jour de Noël repris en ce 1e janvier.

La mélodie de cet alléluia est assez exceptionnelle en cette période de l’année liturgique, Avent et Temps de Noël, où la plupart des alléluias utilisent des mélodies types assez peu développées. Celle-ci fait plutôt penser aux grands alléluias du Temps pascal. Elle est ample, enthousiaste et exultante, s’élevant à plusieurs reprises à l’extrême aigu du mode. Comme les magnifiques antiennes des vêpres de cette fête (pleines de poésie, de référence bibliques, de symboles) son origine est manifestement orientale.

► Offertoire : Tui sunt cæli

Comme celui de la messe de minuit, cet Offertoire est assez différent des autres chants de cette messe, qui expriment une joie légère et enthousiaste. Il s’agit ici d’une longue contemplation intérieure et méditative des attributs divins du petit enfant qui vient de naître, et qui est le maître absolu et le roi incontesté de toute la création. Le texte est tiré du psaume 88, un des grands psaumes messianiques.

Tui sunt cæli, et tua est terra : orbem terrarum, et plenitudinem ejus tu fundasti : justitia et judicium præparatio sedis tuæ.

À Vous sont les cieux et à Vous est la terre ; le globe terrestre c’est Vous qui l’avez créé. La justice (c’est-à-dire la perfection divine) et l’équité sont les fondements de votre trône.

La mélodie calme et douce exprime parfaitement cette contemplation émerveillée.

► Communion : Viderunt omnes

Comme à la messe de minuit, la Communion de la messe de l’Octave de la Nativité qui est celle du jour de Noël reprend le texte de la première phrase du Graduel, tiré du psaume 97 :

Viderunt omnes fines terræ salutare Dei nostri.

Tous les confins de la Terre ont vu le salut donné par notre Dieu.

On y trouve la même ferveur joyeuse et enthousiaste, mais ici dans les limites restreintes d’une petite antienne, où cependant la mélodie monte et redescend à deux reprises toute l’octave dans un grand élan de reconnaissance pour le grand bienfait dont le Seigneur vient de nous combler.

Christianophobie en 2022

Famille Chrétienne a dressé un bilan des attaques survenues en France contre l’Eglise depuis janvier dernier, particulièrement dense. FDesouche a complété la liste déjà impressionnante.

Sur Le Salon beige, ce sont près de 150 articles qui recensent la christianophobie, tous pays confondus en 2022.

Quis ut Deus ?

Guy Barrey, ancien magistrat, a déjà publié un ouvrage sur les différentes apparitions de la Vierge Marie, Publie ma gloire, et un autre sur Marie dans la mission de Jeanne d’Arc. Il poursuit dans cette voie avec un ouvrage consacré au prince des milices célestes, Saint Michel, ange de la France et de l’Italie.

Sur près de 300 pages, il énonce les manifestations de l’archange en France et dans la péninsule italienne. Dans la foulée de la chute de l’Empire romain d’Occident, saint Michel apparaît, par trois fois, à l’évêque de Siponto, pour faire du mont Gargan un sanctuaire qui lui soit dédié. Puis, au temps des invasions omeyyades dans la péninsule ibérique, en Septimanie et en Aquitaine, ce même archange apparaît, par trois fois, à l’évêque d’Avranches, saint Aubert, pour lui demander la construction d’un sanctuaire au mont Saint-Michel.

Durant la guerre de Cent ans, saint Michel visite longuement Jeanne la Pucelle pour l’instruire et lui confier la mission de sauver la France de sa fusion-absorption par la Couronne anglaise, préservant par là « le saint royaume » d’un passage à l’hérésie protestante au siècle suivant.

Aujourd’hui, alors que la France, l’Italie, l’Europe et le monde sont en grands dangers, alors que règnent apostasie, désordres et guerres, Dieu se manifeste à nouveau, par la voix de la Vierge Marie, de ses prophètes et de l’archange saint Michel, contre les forces du Mal déchaînées.

Veni Creator Spiritus

Le Salon beige vous souhaite une belle et sainte année 2023 et le paradis à la fin de vos jours !

Veni creator spiritus
mentes tuorum visita
imple superna gratia
quae tu creasti pectora.
Viens, Esprit Créateur nous visiter
Viens éclairer l’âme de tes fils;
Emplis nos coeurs de grâce et de lumière,
Toi qui créas toute chose avec amour
Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei.
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
Toi le Don, l’envoyé du Dieu Très Haut,
Tu t’es fait pour nous le Défenseur;
Tu es l’Amour le Feu la source vive,
Force et douceur de la grâce du Seigneur
Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae.
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.
Donne-nous les sept dons de ton amour,
Toi le doigt qui oeuvres au Nom du Père;
Toi dont il nous promit le règne et la venue,
Toi qui inspires nos langues pour chanter
Accende lumen sensibus
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.
Mets en nous ta clarté, embrase-nous,
En nos coeurs, répand l’amour du Père;
Viens fortifier nos corps dans leur faiblesse,
Et donne-nous ta vigueur éternelle.
Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
Chasse au loin l’ennemi qui nous menace,
Hâte-toi de nous donner la paix;
Afin que nous marchions sous ta conduite,
Et que nos vies soient lavées de tout péché.
Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
Fais-nous voir le visage du Très-Haut,
Et révèle-nous celui du Fils;
Et toi l’Esprit commun qui les rassemble,
Viens en nos coeurs, qu’à jamais nous croyions en toi.
Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula. Amen
Gloire à Dieu notre Père dans les cieux,
Gloire au Fils qui monte des Enfers;
Gloire à l’Esprit de Force et de Sagesse,
Dans tous les siècles des siècles. Amen.

Testament spirituel du pape Benoît XVI : “Restez fermes dans la foi ! Ne vous laissez pas troubler !”

Le Bureau de presse du Saint-Siège a publié dans la soirée du 31 décembre le testament spirituel du pape Benoît XVI. I.MEDIA propose une traduction en français in extenso de ce texte rédigé en langue allemande :

***

29 août 2006

Mon testament spirituel

Si, à cette heure tardive de ma vie, je jette un regard en arrière sur les décennies que j’ai traversées, je vois tout d’abord combien j’ai de raisons de remercier. Je remercie avant tout Dieu lui-même, le dispensateur de tous les bons dons, qui m’a donné la vie et m’a guidé à travers de nombreuses tribulations, qui m’a toujours relevé lorsque je commençais à glisser, qui m’a toujours offert la lumière de son visage. En regardant en arrière, je vois et je comprends que même les parties sombres et pénibles de ce chemin ont été pour mon Salut et que c’est justement là qu’Il m’a bien guidé.

Je remercie mes parents qui m’ont donné la vie à une époque difficile et qui, au prix de grands renoncements, m’ont préparé par leur amour un merveilleux foyer qui comme une lumière claire illuminent tous mes jours jusqu’à aujourd’hui. La foi clairvoyante de mon père nous a appris à croire, à nous frères et sœurs, et elle a tenu bon comme guide au milieu de toutes mes connaissances scientifiques ; la piété chaleureuse et la grande bonté de ma mère restent un héritage pour lequel je ne pourrai jamais assez rendre grâce. Ma sœur m’a servi de manière désintéressée et pleine de sollicitude pendant des décennies ; mon frère m’a toujours ouvert la voie par la clairvoyance de ses jugements, avec sa puissante détermination et avec la sérénité de son cœur ; sans cette présence continue qui me précède et m’accompagne, je n’aurais pas pu trouver le bon chemin.

Je remercie Dieu du fond du cœur pour les nombreux amis, hommes et femmes, qu’Il a toujours mis à mes côtés ; pour les collaborateurs à toutes les étapes de mon chemin ; pour les enseignants et les élèves qu’il m’a donnés. Je les confie tous avec reconnaissance à sa bonté. Et je voudrais remercier le Seigneur pour ma belle patrie des Préalpes bavaroises, dans laquelle j’ai toujours pu voir transparaître la splendeur du Créateur Lui-même. Je remercie les habitants de ma patrie de m’avoir toujours permis de faire l’expérience de la beauté de la foi. Je prie pour cela, pour que notre pays reste une terre de foi et vous prie : chers compatriotes, ne vous laisser pas détourner de la foi. Enfin, je remercie Dieu pour toutes les belles choses que j’ai pu expérimenter aux différentes étapes de mon parcours, mais surtout à Rome et en Italie, qui est devenue ma deuxième patrie.

À tous ceux à qui j’ai fait du tort d’une manière ou d’une autre, je demande pardon du fond du cœur.

Ce que j’ai dit tout à l’heure de mes compatriotes, je le dis maintenant à tous ceux qui ont été confiés à mon ministère dans l’Église : Restez fermes dans la foi ! Ne vous laissez pas troubler ! Il semble souvent que la science – d’une part les sciences naturelles, d’autre part la recherche historique (en particulier l’exégèse des Saintes Écritures) – ait des vues irréfutables qui s’opposent à la foi catholique. J’ai assisté de loin aux transformations des sciences naturelles et j’ai pu voir comment des certitudes apparentes fondées contre la foi, ne se révélaient pas être des sciences, mais des interprétations philosophiques appartenant seulement en apparence à la science – tout comme la foi a appris, dans le dialogue avec les sciences naturelles, la limite de la portée de ses affirmations et ainsi à mieux comprendre ce qu’elle est.

Depuis soixante ans, j’accompagne le chemin de la théologie, en particulier celui des études bibliques, et j’ai vu s’effondrer, au fil des générations, des thèses qui semblaient inébranlables et qui se sont révélées n’être que de simples hypothèses : la génération libérale (Harnack, Jülicher, etc.), la génération existentialiste (Bultmann, etc.), la génération marxiste. J’ai vu et je vois comment, dans l’enchevêtrement des hypothèses, la raison de la foi a émergé et émerge à nouveau. Jésus-Christ est vraiment le chemin, la vérité et la vie – et l’Église, dans toutes ses imperfections, est vraiment Son corps.

Enfin, je demande humblement : priez pour moi, afin que le Seigneur me laisse entrer dans les demeures éternelles malgré tous mes péchés et mes insuffisances. À tous ceux qui me sont confiés, j’adresse jour après jour ma prière qui vient du cœur.

Te Deum laudamus

Te Deum laudamus
Te Dominum confitemur.
Nous vous louons, ô Dieu !
Nous vous bénissons, Seigneur.

Te aeternum patrem omnis terra veneratur.
Tibi omnes angeli
tibi caeli et universae potestates.
Tibi cherubin et seraphin
incessabili voce proclamant:
sanctus, sanctus, sanctus
Dominus Deus Sabaoth.
Pleni sunt caeli et terra
maiestatis gloriae tuae.
Toute la terre vous adore, ô Père éternel !
Tous les Anges,
les Cieux et toutes les Puissances.
Les Chérubins et les Séraphins
s’écrient sans cesse devant vous :
Saint, Saint, Saint
est le Seigneur, le Dieu des armées.
Les cieux et la terre sont plein
de la majesté de votre gloire.

Te gloriosus Apostolorum chorus.
Te prophetarum laudabilis numerus:
te martyrum candidatus laudat exercitus.
Te per orbem terrarum
sancta confitetur Ecclesia :
patrem immensae maiestatis :
venerandum tuum verum et unicum Filium :
sanctum quoque Paraclitum Spiritum.
L’illustre choeur des Apôtres,
la vénérable multitude des Prophètes,
l’éclatante armée des Martyrs célèbrent vos louanges.
l’Église sainte publie vos grandeurs
dans toute l’étendue de l’univers,
ô Père dont la majesté est infinie !
elle adore également votre Fils unique et véritable ;
Et le Saint-Esprit consolateur.

Tu rex gloriae, Christe.
Tu Patris sempiternus es Filius.
Tu, ad liberandum suscepturus hominem,
non horruisti Virginis uterum.
Ô Christ ! Vous êtes le Roi de gloire.
Vous êtes le Fils éternel du Père.
Pour sauver les hommes et revêtir notre nature,
vous n’avez pas dédaigné le sein d’une Vierge.

Tu, devicto mortis aculeo,
aperuisti credentibus regna caelorum.
Tu ad dexteram Dei sedes,
in gloria Dei Patris.
Iudex crederis esse venturus.
Te ergo quaesumus,
tuis famulis subveni,
quos pretioso sanguine redemisti.
Vous avez brisé l’aiguillon de la mort,
Vous avez ouvert aux fidèles le royaume des cieux.
Vous êtes assis à la droite de Dieu.
Dans la gloire du Père.
Nous croyons que vous viendrez juger le monde.
Nous vous supplions donc
de secourir vos serviteurs,
rachetés de votre Sang précieux.

Aeterna fac cum sanctis tuis
in gloria numerari.
Salvum fac populum tuum, Domine,
et benedic hereditati tuae
et rege eos,
et extolle illos usque in aeternum.
Mettez-nous au nombre de vos Saints,
Pour jouir avec eux de la gloire éternelle.
Sauvez votre peuple, Seigneur,
Et versez vos bénédictions sur votre héritage.
Conduisez vos enfants
Et élevez-les jusque dans l’éternité bienheureuse.

Per singulos dies benedicimus te
et laudamus nomen tuum in saeculum,
et in saeculum saeculi.
Chaque jour nous vous bénissons ;
Nous louons votre nom à jamais,
Et nous le louerons dans les siècles des siècles.

Dignare Domine die isto
sine peccato nos custodire.
Daignez, Seigneur, en ce jour,
Nous préserver du péché.

Miserere nostri Domine, miserere nostri.
Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.

Fiat misericordia tua, Domine, super nos,
quemadmodum speravimus in te.
Que votre miséricorde, Seigneur, se répande sur nous :
selon l’espérance que nous avons mise en vous.

In te, Domine, speravi :
non confundar in aeternum.
En vous, Seigneur, j’ai mis mon espérance :
je ne serai pas confondu à jamais.

Mort d’un grand pape. Benoit XVI nous a quittés

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

En ces temps de pourriture culturelle et de politiquement correct abject et satanique (lois contre nature…) nous reconnaissons la grandeur d’un pape au degré de calomnie dont il aura fait l’objet pendant son pontificat. Oui, Benoit XVI était un grand pape. Il aura été, à l’instar de Saint Jean-Paul II, traîné dans la boue par les médias du monde entier et notamment allemands qui n’ont cessé de vouloir le discréditer. C’est qu’en tant que fidèle successeur de Pierre, Benoît XVI aura dénoncé sans relâche ce qu’il nommait la dictature du relativisme. Il aura joué son rôle de voix prophétique qui crie dans le désert ; et c’est cela que nous attendons d’un pape.

Profitons de l’occasion pour dénoncer le comportement ignoble de Mme Merkel qui faisant semblant de croire au complot que la télévision suédoise (infestée par le politiquement correct protestant) avait organisé contre Benoît XVI (à l’occasion de l’affaire Williamson), s’était permise de lui téléphoner insinuant qu’il serait un révisionniste. Rappelons que c’est cette même madame Merkel qui imposera quelque temps après et sans référendum le mariage contre Dieu et nature aux Allemands. Cela veut tout dire…

Benoît XVI aura réuni des qualités exceptionnelles. Il aura été un homme de foi, un roc (ce qui pour un pape est la première et la plus importante des qualités), mais aussi un grand intellectuel. Avec le prêtre théologien Fréderic Marlière, c’est la personne qui m’aura le plus apporté dans ma réflexion théologique. Certes, l’honnêteté m’oblige à dire que je n’ai jamais compris sa démission. Un pape est pape jusqu’à sa mort. Mais ce n’est pas à moi de juger.

De même que cela avait été le cas pour Saint Jean-Paul II, nous allons assister ces prochains jours à des summums d’hypocrisie et de récupération politicienne. Nous allons voir les mêmes personnes qui ont calomnié Benoît XVI de son vivant, verser maintenant leurs larmes de crocodiles dans les médias. Nous allons voir les Macron, les Scholz, les Biden, les Trudeau et autres von der Leyen (qui combattent quotidiennement les valeurs de la Sainte Église Catholique en imposant la culture de mort partout dans le monde) faire semblant de s’attendrir. Chers frères et sœurs en Christ, ne nous laissons pas berner. Ces gens sont tous au service de Satan et quand bien même ils l’ignoreraient…

Le successeur de Pierre, Benoît XVI, nous a quittés. Aujourd’hui je me sens orphelin.

Que le Tout-Puissant dans son immense miséricorde et par les mérites de Jésus-Christ, Fils de Dieu, Messie d’ Israël et seul sauveur universel, l’accueille dans son royaume de joie éternelle.

Toi, Benoît XVI, apôtre du Seigneur, nous te remercions.

Jean-Pierre Aussant

Nous y sommes presque…

Chers amis,

Il ne nous reste plus que quelques heures, mais nos efforts collectifs des deux derniers jours ont déjà porté des fruits impressionnants : en quelques heures, nous avons réuni autour de 50 000 euros. Il nous faut encore en réunir à peu près autant pour atteindre notre objectif de 200 000 euros (doublés par des donateurs du monde entier).

Cela paraît énorme, mais il suffirait de quelques centaines de personnes rejoignant le Club café pour réussir.

Je vous soutiens par un don mensuel.

Bien sûr, tous les dons ponctuels sont, eux aussi, les bienvenus – et sont, eux aussi, doublés.

Je vous soutiens par un don ponctuel.

Pouvez-vous nous aider dans cette dernière ligne droite ?

Fidèlement

Guillaume de Thieulloy

Benoît XVI et la musique

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Parmi les nombreux aspects concernant la longue vie de Benoît XVI, je ne pense pas qu’il soit possible d’oublier son amour pour la musique, un amour qu’il avait souvent manifesté à diverses occasions. Il se plaisait à jouer du piano et s’intéressait particulièrement à la musique de Wolfgang Amadeus Mozart, auteur privilégié de nombreux théologiens qui sentaient l’empreinte de Dieu dans sa musique. Il en fut de même pour Joseph Ratzinger et, pour cette raison, à l’occasion de son quatre-vingt-neuvième anniversaire, on lui offrit un concert dans lequel la musique de son bien-aimé Mozart était interprétée.

Mais, certainement, le Pape émérite n’aimait pas seulement la musique instrumentale mais aussi la musique sacrée. Rappelons que son frère Georg était un chef de chœur estimé. Recevant l’Association italienne de Santa Cecilia en 2011, il a déclaré que “la Constitution Sacrosanctum Concilium, conformément à la tradition de l’Église, enseigne que” le chant sacré, uni aux paroles, est une partie nécessaire et intégrante de la liturgie solennelle” (n° 112 ). Pourquoi “nécessaire et intégral” ? Certainement pas pour des raisons purement esthétiques, dans un sens superficiel, mais parce qu’il concourt, précisément par sa beauté, à nourrir et exprimer la foi, et donc à la gloire de Dieu et à la sanctification des fidèles, qui sont le but de la musique sacrée”. Dans la collection de ses ouvrages sur la liturgie, il y a de nombreuses références à la musique sacrée, de nombreuses réflexions vraiment éclairantes sur la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Par exemple, lorsqu’il conteste le fait que certaines musiques entendues aujourd’hui dans l’Église doivent être considérées positivement parce qu’elles sont destinées aux jeunes, disant à juste titre que cette musique n’exprime pas la culture des jeunes, mais celle des grandes sociétés de musique pop.

Une belle méditation faite en 2008 au Collège des Bernardins à Paris, qui part de saint Benoît, nous offre un regard théologique sur la musique sacrée de Benoît XVI : “Pour saint Benoît, la règle déterminante de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume : Coram angelis psallam Tibi, Domine – en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur (cf. 138, 1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière communautaire, en présence de toute la cour céleste, et donc d’être soumis à la mesure suprême : prier et chanter pour s’unir à la musique des esprits sublimes qui étaient considérés comme les auteurs de l’harmonie du cosmos, de la musique des sphères. À partir de là, on peut comprendre la sévérité d’une méditation de saint Bernard de Clairvaux qui utilise une expression de la tradition platonicienne, transmise par saint Augustin, pour juger le mauvais chant des moines qui, à ses yeux, n’était en rien un incident secondaire. Il qualifie la cacophonie d’un chant mal exécuté comme une chute dans la regio dissimilitudinis, dans la ‘région de la dissimilitude’. Saint Augustin avait tiré cette expression de la philosophie platonicienne pour caractériser l’état de son âme avant sa conversion (cf. Confessions, VII, 10.16) : l’homme qui est créé à l’image de Dieu tombe, en conséquence de son abandon de Dieu, dans la ‘région de la dissimilitude’, dans un éloignement de Dieu où il ne Le reflète plus et où il devient ainsi non seulement dissemblable à Dieu, mais aussi à sa véritable nature d’homme. Saint Bernard se montre ici évidemment sévère en recourant à cette expression, qui indique la chute de l’homme loin de lui-même, pour qualifier les chants mal exécutés par les moines, mais il montre à quel point il prend la chose au sérieux. Il indique ici que la culture du chant est une culture de l’être et que les moines, par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée, à son impératif de réelle beauté”. Des paroles vraiment éclairantes qui nous ouvrent de grandes perspectives théologiques.

Malheureusement, il n’a pas pu faire grand-chose pour la musique sacrée à l’époque où il était pape régnant, car son caractère très délicat et la situation de décadence absolue ne lui permettaient pas de prendre ces décisions fortes et impopulaires qui seraient peut-être nécessaires et qu’il aurait sûrement aimées.

Je voudrais terminer par quelques souvenirs personnels. L’un d’eux évoquait l’époque où il était cardinal et où il m’avait fait convoquer à la sacristie de la basilique Saint-Pierre après avoir joué pour une messe de pèlerins allemands qu’il avait célébrée. Il m’a remercié et m’a montré son grand amour pour la musique sacrée.

Puis je me souviens quand, en tant que Pape, il montrait sa proximité avec la Chapelle Musicale Pontificale dite Chapelle Sixtine, avec des gestes d’une grande délicatesse et sensibilité. Une attention à la musique qu’il manifesta en nommant Cardinal le Maestro Domenico Bartolucci qu’il estimait beaucoup pour sa vie passée au service de la musique sacrée.

Maintenant Benoît XVI écoute la musique des anges et pourra voir de ses propres yeux ce qu’il a désiré et espéré toute sa vie.

Benoît XVI est mort, Requiescat in pace

Le pape émérite est décédé ce matin à 9h34, à l’âge de 95 ans, au monastère Mater Ecclesiae où il résidait depuis sa renonciation en 2013.

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A partir de lundi, le corps du pape émérite sera exposé à la basilique Saint-Pierre.

Ses funérailles seront célébrées par le pape François le 5 janvier à 9h30.

Né en 1927, fils de gendarme, dans une famille simple et très catholique de Bavière, Joseph Ratzinger a été une figure majeure de l’Eglise. Ordonné prêtre avec son frère Georg en 1951, il devient docteur en théologie deux ans plus tard et, en 1957, il est autorisé à enseigner la théologie dogmatique. Il est professeur à Freising, Bonn, Münster, Tübingen et enfin Regensburg. Très jeune et déjà théologien estimé, Joseph Ratzinger avait suivi de près le Concile Vatican II en tant qu’expert du cardinal Frings de Cologne, proche de l’aile réformiste.

En 1977, à 50 ans, Paul VI le nomme archevêque de Munich et le crée cardinal quelques semaines plus tard. Jean-Paul II lui a confié en novembre 1981 la direction de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. C’est le début d’une collaboration étroite entre le pape polonais et le théologien bavarois, destinée à ne se dissoudre qu’avec la mort de Karol Wojtyla, qui a refusé jusqu’au bout la démission de Ratzinger. C’est au cours de ces années que l’ancien Saint-Office met les points sur les «i» dans de nombreux domaines: il freine la théologie de la libération, qui utilise l’analyse marxiste, et prend position face à l’émergence de problèmes éthiques majeurs. L’œuvre la plus importante est certainement le nouveau Catéchisme de l’Église catholique, un travail qui a duré six ans et qui a vu le jour en 1992.

Après la mort de Jean Paul II, le conclave de 2005 a appelé pour lui succéder en moins de 24 heures un homme déjà âgé – 78 ans – universellement estimé et respecté, même par ses adversaires. Depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, Benoît XVI se présente comme «un humble ouvrier dans la vigne du Seigneur».

Il consacre sa première encyclique «Deus caritas est», à l’amour de Dieu. «Au début de la vie chrétienne, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne». Il trouve également le temps d’écrire un livre sur Jésus de Nazareth, un ouvrage unique publié en trois tomes.

Spe salvi, « Sauvés par l’espérance » est sa deuxième encyclique, publiée le 30 novembre 2007.

Signée le 29 juin 2009, fête de Saint Pierre et Saint Paul, l’encyclique Caritas in veritate (« La charité dans la vérité ») reprend les sujets sociaux de la Populorum Progressio (écrite par Paul VI en 1967). Cette 3ème encyclique du pape Benoît XVI entend développer certains aspects du développement durable dans le respect de la dignité de l’homme.

Parmi les décisions qui ont marqué son pontificat, citons le Motu proprio reconnaissant que le missel romain de 1962 n’a jamais été interdit, l’institution d’un Ordinariat pour permettre aux communautés anglicanes de revenir à la communion avec Rome, la révocation de l’excommunication des quatre évêques ordonnés par Mgr Marcel Lefebvre.

Lors de son dernier voyage en Allemagne en septembre 2011, il appelle l’Église à être moins mondaine:

«Les exemples historiques montrent que le témoignage missionnaire d’une Église “démondanisée” émerge plus clairement. Libérée des charges et des privilèges matériels et politiques, l’Église peut mieux se consacrer, et de manière vraiment chrétienne, au monde entier. Elle peut être réellement ouverte au monde… ».

Le 8 janvier 2022 il écrivait :

« Bientôt, je serai face au juge ultime de ma vie. Bien que, regardant en arrière ma longue vie, je puisse avoir beaucoup de motifs de frayeur et de peur, mon cœur reste joyeux parce que je crois fermement que le Seigneur n’est pas seulement le juge juste mais, en même temps, l’ami et le frère qui a déjà souffert lui-même mes manquements et qui, en tant que juge, est en même temps mon avocat. À l’approche de l’heure du jugement, la grâce d’être chrétien me devient toujours plus claire. Être chrétien me donne la connaissance, bien plus, l’amitié avec le juge de ma vie et me permet de traverser avec confiance la porte obscure de la mort. À ce propos, me revient sans cesse à l’esprit ce que Jean rapporte au début de l’Apocalypse : il voit le Fils de l’homme dans toute sa grandeur et tombe à ses pieds comme mort. Mais Lui, posant sur lui sa main droite, lui dit : “Ne crains pas ! C’est moi…” »

“La Tradition ne doit jamais céder face à la modernité”

Un lecteur me signale cet entretien de 2003 avec le père Zénon, iconographe de renom, un ardent défenseur de la tradition orthodoxe et fervent adepte du rapprochement des Églises chrétiennes. Extraits :

Comment passer de la Tradition à la modernité ?

Ce qui est le plus actuel, c’est la Tradition avec un grand « T ». Il ne faut pas la confondre avec les coutumes et les traditions locales. La Tradition c’est la foi vivante. Foi qui est révélée pour tout le monde, toujours et partout. La Tradition ne doit jamais céder face à la modernité. Elle n’est pas figée, elle se situe dans un immuable présent. L’essentiel dans la Tradition d’aujourd’hui est de sentir, de ressentir, d’apprendre à écouter, à connaître, à reconnaître. En parler ne suffit pas, il faut la mettre en pratique pour témoigner au monde de sa vérité. Ceux qui parlent de Dieu et ne le rencontrent pas, engendrent la polémique.

Comment montrer Dieu ?

Par le rayonnement de notre vie, de nos regards, de nos gestes. Par le témoignage concret de notre foi. Nous pouvons lire dans Ezéchiel…

Après avoir fait un signe de croix, il ouvre sa Bible, lentement, il commence à lire d’une voix grave :

« La parole de Dieu me fut adressée, en ces mots : Fils de l’homme, je t’établis comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu écouteras la parole qui sortira de ma bouche, et tu les avertiras de ma part. Quand je dirai au méchant : Tu mourras ! si tu ne l’avertis pas, si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa mauvaise voie et pour lui sauver la vie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang.
– Mais si tu avertis le méchant, et qu’il ne se détourne pas de sa méchanceté et de sa mauvaise voie, il mourra dans son iniquité, et toi, tu sauveras ton âme.
-Si un juste se détourne de sa justice et fait ce qui est mal, je mettrai un piège devant lui, et il mourra ; parce que tu ne l’as pas averti, il mourra dans son péché, on ne parlera plus de la justice qu’il a pratiquée, et je te redemanderai son sang.
-Mais si tu avertis le juste de ne pas pécher, et qu’il ne pèche pas, il vivra, parce qu’il s’est laissé avertir, et toi, tu sauveras ton âme » (Éz 3, 16-21).

Le Seigneur insiste auprès d’Ezéchiel, lui disant que chacun demeure responsable de son action, mais qu’il aura à rendre compte de son témoignage auprès des méchants et des justes. « Va vers mon peuple et parle lui… »

Comment distinguer la modernité du prophétisme ?

Le prophétisme n’a rien à voir avec l’art divinatoire, les prédictions. Chaque nouveau baptisé reçoit du prêtre le charisme, la dignité de « roi, prêtre et prophète ».

Nous devons retrouver en nous-mêmes celui qui prépare la venue du Messie. Nous devons le faire en annonçant aux fidèles la Bonne Nouvelle, en parlant la langue qu’ils comprennent. Aujourd’hui les fidèles sont las des discours, ils n’ont plus envie d’entendre des mots, ils recherchent des exemples à suivre. Il faut faire voir. Il ne faut pas dire « regardez » mais apprendre aux fidèles à regarder. Leur faire découvrir le sens profond du repentir. Distinguer le repentir de la prise de conscience. On reconnaît un arbre à ses fruits, un homme à ses oeuvres.

Le monachisme est-il compatible avec la modernité ?

Le monachisme du IVe siècle, comme l’a vécu saint Antoine, est impossible à vivre aujourd’hui. Le moine n’est pas meilleur que les autres hommes, son habit ne le protège de rien, parfois au contraire. Le monachisme doit rester dans le cadre de l’Église.

Le moine est un chrétien qui décide de suivre le Christ au plus près, avec plus d’abnégation, qui décide d’auto-contrôler ses pulsions et qui se laisse vérifier par son Père spirituel dans le combat des passions. Le monachisme, c’est l’aspiration à la ressemblance au Christ. Saint Silouane dit : « Le saint ressemble au Christ ». Il est important de voir rayonner la joie sur son visage.

Que pouvons-nous répondre aux fidèles qui reprochent aux moines de s’adapter au progrès ?

Qu’ils viennent vous rendre visite à cheval. Il y a une évolution inévitable mais elle doit toujours nous ramener auprès de Dieu. L’ascèse ne nous sépare pas de ce qui existe, mais nous suscite à répondre « présent » à la Lumière par la transparence de notre vie, de notre être. La vie est dynamique par nature, chaque arrêt est une mort. Soyons des êtres théophores, porteurs de Dieu.

L’enracinement est la condition même de la civilisation : le mondialisme n’est pas un vrai universalisme

Laurent Dandrieu, journaliste à Valeurs Actuelles, a été interrogé dans Politique Magazine à propos de son ouvrage Rome ou Babel, pour un christianisme universalité et enraciné. Extrait :

Mon livre cherche en réalité à étudier les rapports entre mondialisme et universalisme chrétien – rapports qui devraient, selon la théologie catholique, être pensés sous la forme de la contradiction, mais que l’évolution récente du discours de l’Église et de la mentalité de nombre de chrétiens obligent malheureusement à penser sous l’angle de la confusion. L’histoire biblique de Babel et de sa fameuse tour, racontée dans le livre de la Genèse – l’humanité, alors encore unifiée, en conçoit un orgueil qui la pousse à défier Dieu par la construction d’une tour qui percera les cieux – fournit un bon symbole du mondialisme actuel, qui pense, par une unification techniciste et matérialiste du genre humain, libérer l’homme du “péché originel” de l’identité, des frontières, de la division entre nations et cultures particulières. Mais Benoît XVI nous en avertit : « L’homme ne peut absolument pas faire advenir par lui-même l’unité du monde car la division lui est imposée par la volonté souveraine de Dieu. »

À l’unité de Babel, qui vise la puissance par l’uniformité, s’oppose le modèle de l’universalisme chrétien, unité spirituelle du genre humain qui est profondément respectueuse de la diversité des peuples et des cultures. Les deux premières manifestations en sont l’incarnation de Jésus dans le peuple d’Israël – Jésus est venu annoncer aux hommes l’universalité du salut, mais il le fait en s’adressant aux hommes d’une nation particulière et en épousant leur culture ; et la Pentecôte, où les disciples du Christ, saisis par l’Esprit saint, s’adressent aux hommes de différents peuples présents à Jérusalem qui les entendent chacun dans sa langue : c’est-à-dire qu’ils reçoivent l’annonce de la Bonne nouvelle chacun dans sa culture.

Par suite, l’évangélisation des peuples se fera suivant le principe d’inculturation, que Jean-Paul II a défini ainsi : « L’incarnation de l’Évangile dans les cultures autochtones, et en même temps l’introduction de ces cultures dans la vie de l’Église. » C’est cet universalisme romain que désigne la “Rome” de mon titre. Il n’a utilisé le vecteur de la Rome impériale qu’autant qu’il lui a permis de gagner rapidement des peuples divers, mais n’est jamais rentré dans une logique d’uniformisation. L’universalisme de Rome, ce n’est pas la fusion des identités particulières dans une nouvelle identité commune, c’est la communion de ces identités préservées dans la conscience d’une destinée spirituelle commune.

Votre livre cherche à réconcilier civilisation et enracinement, mais est-ce que ces deux notions n’ont pas déjà été discréditées par la modernité, la société industrielle et la mondialisation ?

Je ne cherche pas à réconcilier civilisation et enracinement, mais à montrer que l’enracinement est la condition même de la civilisation. Il n’y a de culture qu’enracinée, et c’est cette culture enracinée qui permet à l’homme de devenir pleinement humain, et à cet animal social de construire la société ordonnée à une communauté de destin qu’on appelle la civilisation. Sans cet enracinement, sans cette tension d’une société vers la forme singulière de bien commun qui incarne sa vocation particulière, il n’y a pas de civilisation possible. Le mondialisme, en arrachant l’homme à tous ses ancrages et à toutes les identités qui lui permettent de se construire et de s’humaniser, prétend libérer l’homme, mais il ne libère en réalité que le “gros animal” dont parlait Platon, l’homme réduit à la bestialité de ses appétits matériels. En privant l’homme de ses enracinements dont pourtant, nous dit Simone Weil, « il a besoin de recevoir la presque totalité de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle », la mondialisation n’accouche en réalité que d’une anticivilisation. Le fait qu’elle progresse à grande vitesse masque le fait qu’à cause de cela, elle est perpétuellement en crise. Comme le dit Christopher Lasch : « Le déracinement déracine tout, sauf le besoin de racines. »

[…]

En réalité, c’est Babel qui est eurocentrée : le mondialisme n’est pas un vrai universalisme, mais la seule généralisation au monde entier du relativisme occidental. C’est à juste raison que beaucoup, dans le reste du monde, le dénoncent comme un néocolonialisme. Mais le paradoxe est que cette occidentalisation est destructrice aussi pour l’Occident, car ce relativisme postmoderne est négateur de sa vraie identité. Rome, en revanche, parce qu’elle s’appuie sur le principe défini par saint Thomas d’Aquin selon lequel « la grâce ne détruit pas la nature mais la couronne », peut prêcher un message universel au monde entier sans risquer d’abîmer les cultures particulières en ce qu’elles ont de plus précieux. Par l’universalité de la grâce annoncée à chaque culture, « l’histoire de toutes les nations est appelée à entrer dans l’histoire du Salut », écrit Jean-Paul II dans Mémoire et identité. Si la culture européenne a une place centrale dans l’identité chrétienne, c’est uniquement parce que c’est elle qui a mis en lumière l’universalité de la nature humaine. Mais ce faisant, elle a offert aux autres cultures une précieuse voie pour s’universaliser. […]

Commentant l’ouvrage de Laurent Dandrieu, l’abbé Roy souligne sur Claves :

[…] Il nous semble toutefois important de rappeler – comme le fait d’ailleurs l’auteur dès le premier chapitre – que l’on ne peut recevoir l’enseignement de l’Eglise des seules déclarations faites par ses représentants devant des journalistes. Plus encore, il nous paraît délicat de voir émerger dans les différentes prises de position des responsables ecclésiastiques sur le sujet des mouvements de personnes un véritable « magistère » ou une « théologie migratoire. » Il ne semble d’ailleurs pas que ce soit la volonté de l’auteur, qui comprend certainement bien la complexe notion de magistère, à manier selon la précision du vocabulaire théologique. Le magistère se caractérise ainsi par son sujet (le pape, le pape et les évêques, les évêques en communion avec le pape) et son objet (l’explicitation du dépôt révélé par le Christ et transmis par l’Eglise, sur les matières de foi et de moeurs). Faisons donc remarquer que l’on ne voit pas de manière évidente que la question des migrations entre directement dans l’objet du magistère. Quant au sujet du magistère, son engagement varie selon divers degrés, suivant des modalités précises, auxquelles toutes les expressions récentes sur le sujet des migrations ne semblent pas correspondre. La réception et l’interprétation du magistère proprement dit ne peut donc se concevoir sur le plan de l’analyse du discours politique. Son interprétation authentique n’a été confiée par le Christ qu’à l’Eglise. L’obéissance et l’assentiment du chrétien ne suppose pas de faire taire son intelligence, elle doit cependant s’inscrire dans une attitude filiale et bienveillante a priori envers l’enseignement du Saint-Siège, qui peut être complétée a posteriori par un jugement prudentiel posé sur les arguments utilisés, en particulier lorsque le degré d’autorité engagé est faible ou inexistant. […]

À peine avons-nous commémoré la naissance du Sauveur que nous sommes invités à contempler ceux qui lui ont rendu le témoignage suprême

De Philippe Maxence dans L’Homme Nouveau :

Au premier abord, le calendrier liturgique a souvent de quoi nous surprendre. Pendant une grande partie de cette belle octave de Noël – une des rares rescapées de la grande transformation de la liturgie – l’Église a placé sous nos yeux une série de martyrs.

Dom Guéranger le remarquait déjà naguère dans son Année liturgique, cette série admirable qui a nourri (entre autres) la spiritualité et la doctrine de Thérèse de Lisieux dont nous allons fêter le 150e anniversaire de la naissance (2 janvier 1873).

L’abbé de Solesmes formulait son constat en égrenant les noms des martyrs célébrés :

« Étienne, qui a succombé sous les cailloux du torrent ; Jean, martyr de désir, qui a passé par le feu ; les Innocents, immolés par le glaive ; Thomas, égorgé sur le pavé de sa cathédrale ; tels sont les champions qui font la garde auprès du nouveau Roi. »

Quel paradoxe, quand même ! À peine avons-nous commémoré la naissance du Sauveur que nous sommes invités à contempler ceux qui lui ont rendu le témoignage suprême.

Comme souvent avec le christianisme réel, le paradoxe n’est qu’apparent. La joie, dans sa pleine réalité, doit demeurer la note principale de ce temps de Noël. Joie toujours vivante, puisée à la source, dans la contemplation de l’Enfant-Dieu reposant dans l’humilité d’une crèche.

Mais joie également devant ceux qui ont imité leur Sauveur jusqu’au don de leur sang et dont l’Église depuis les origines fête le Dies natalis, la naissance au Ciel.

Transmettre le vrai

Au-delà de la joie, cette série de martyrs qui nous ont guidés vers la fin de cette année civile ont-ils une leçon à nous donner ? Oui, bien sûr, et même plusieurs. D’abord, celle de leur fidélité sans faille au Christ et à sa doctrine, pleine et entière. Doctrine transmise depuis les Apôtres et à laquelle nous sommes particulièrement invités à nous référer dans les heures troubles que nous traversons.

Doctrine de vie, que nous devons transmettre intacte pour les générations futures, fussent-elles réduites au rang de petit reste. Mais doctrine universelle, et qui ne doit pas à ce titre n’être offerte qu’au « petit reste », comme le bien d’une seule communauté, au risque sinon de perdre de sa sève.

Jamais, et à aucun moment, le christianisme ne doit et ne peut être un communautarisme. Dieu s’est incarné pour sauver tous les hommes. Aujourd’hui, hier et demain ! Cette perspective reste vraie aujourd’hui, alors même que le troupeau diminue et que les Pasteurs eux-mêmes semblent vaciller ou douter de la portée du message.

L’interdiction de poser des questions

Il faut cependant aller plus loin et trouver dans ces exemples d’autres leçons. L’une d’elles pourrait se formuler par le refus radical du conformisme mondain.

Refus qui implique non une réaction adolescente qui ne constitue au fond qu’un simple mimétisme mais la volonté spirituelle, morale et intellectuelle de sortir d’un état de paralysie engendré par une succession de « ralliements » qui consistent à considérer comme un bienfait ce qui n’est qu’un fait, une situation qui nous est imposée, et qui annihile dans l’œuf toute analyse et toute action.

Dans son essai consacré à Gramsci, Augusto Del Noce cite la définition du totalitarisme donnée par Eric Voegelin : « l’interdiction de poser des questions ». Et le philosophe italien y apporte lui-même ce commentaire :

« si le conformisme du passé était un conformisme des réponses, le nouveau conformisme, lui, résulte d’une sélection des questions, qui fait que les questions indiscrètes sont paralysées en tant qu’expression de “traditionalisme”, d’“esprit conservateur”, “réactionnaire”, “antimoderne” ou, mieux, quand l’excès de mauvais goût parvient à sa limite, de “fascisme” ».

Plus important encore que ce constat (juste), Del Noce en voyait très bien la conséquence :

« On en arrive ainsi à des situations où c’est le sujet lui-même qui s’interdit de poser ces questions, en tant qu’il les juge “immorales” » (Augusto Del Noce, Gramsci ou le « suicide de la révolution », Le Cerf, p. 154-15).

Au terme de cette année civile, c’est donc moins à un regard en arrière qu’il faut tendre qu’à la fondation de vraies bases pour affronter demain.

À ce titre, nous ne pouvons formuler que le vœu de rompre avec la culture dominante, de sortir du piège du langage convenu, bref de purifier, comme disent les spirituels, notre regard pour le remettre en face du réel. De retrouver ensuite toute la cohérence intellectuelle pour déterminer la conduite à avoir dans ces temps troublés.

À L’Homme Nouveau, nous sommes plus que jamais déterminés à poser des questions et à sortir de l’auto-paralysie mentale. Sainte année à tous.

La sexualité après le christianisme, par Rod Dreher

Un lecteur nous a traduit un article édifiant de Rod Dreher, écrit en 2013 dans The American Conservative, dont il est rédacteur en chef. La dénaturation du mariage n’est pas seulement une révolution sociétale mais une révolution cosmologique :

Il y a vingt ans, le nouveau président Bill Clinton a marché sur une mine politique lorsqu’il a tenté de tenir une promesse électorale de permettre aux soldats homosexuels de servir ouvertement (Note du traducteur : c’est à dire en évoquant publiquement leur préférence sexuelle pour les personnes de même sexe). Le mariage homosexuel se fait à peine connaître comme revendication politique ; le pays était alors à trois ans de la loi sur la défense du mariage et à quatre ans du coming out lesbien à une heure de grande écoute de la comédienne Ellen DeGeneres.

Puis vint ce que les historiens retiendront un jour comme une révolution culturelle. Nous entrons maintenant dans la phase finale de la lutte pour les droits des homosexuels et la signification de l’homosexualité. Les conservateurs ont été mis en déroute, devant les tribunaux et de plus en plus devant le tribunal de l’opinion publique. Il est communément admis que la seule raison de s’opposer au mariage homosexuel est le fanatisme de rang ou pour des raisons religieuses, dont aucun — selon l’argument — n’a sa place dans la détermination des lois ou des normes publiques.

L’ampleur de la défaite subie par les traditionalistes moraux deviendra de plus en plus claire à mesure que les Américains plus âgés quitteront la scène. Sondage après sondage, il ressort que pour les jeunes, l’homosexualité est normale et que le mariage homosexuel n’est pas un problème — sauf, bien sûr, si l’on s’y oppose, auquel cas on a le statut moral approximatif d’un ségrégationniste à la fin des années 1960.

Tout cela est, en fait, beaucoup plus important que ne le pensent la plupart des gens des deux côtés, et pour une raison qui échappe même aux ardents opposants aux droits des homosexuels. En 1993, un article en première page dans The Nation identifiait la cause des droits des homosexuels comme le sommet et la clé de voûte de la guerre culturelle :

Nouveau site internet pour Chrétienté Solidarité

A découvrir ici.

Chrétienté-Solidarité défend les valeurs menacées de la civilisation chrétienne et de l’identité française, en agissant sur le terrain politique et social conformément à sa devise : Dieu – Famille – Patrie.

Chrétienté-Solidarité lutte contre le totalitarisme islamiste, les inversions anti-humaines, le mondialisme totalitaire et toutes les extrêmes-gauches.

Chrétienté-Solidarité est engagé dans le soutien aux chrétientés menacées à travers le monde.

[Rediffusion] Ouverture d’une classe spécialisée dans un collège à Fontainebleau

L’établissement scolaire hors contrat ESCEJ (Etablissement Sacré-Cœur – Enfant Jésus), à Fontainebleau, lance le projet d’ouvrir une classe spécialisée pour le collège en 2023.

L’école accueille actuellement,; en primaire, deux enfants porteurs de handicap; leur épanouissement, leurs remarquables progrès dans l’apprentissage, et le rayonnement qu’ils ont auprès des autres élèves de l’école sont autant de raison de lancer l’ouverture d’une classe spécialisée accueillant jusqu’à 6 collégiens “extra-ordinaires” !

Vous trouverez le détail du projet sur le site.

Pour mener à terme ce projet, l’école a besoin de 65 000€. Une campagne de financement participatif est lancée sur la plateforme Credofunding.

Toutes les églises de Chine vont rouvrir

La crise sanitaire avait été un prétexte pour faire fermer les lieux de culte. L’agence Fides a été informée que toutes les églises et lieux de prière de Pékin seront ouverts le 1er janvier 2023.

La suite est curieuse : des orientations pratiques sont édictées, telles que l’augmentation du nombre de messes et la réduction de leur durée afin de permettre à un plus grand nombre de croyants de participer en faisant des réservations… Enfin, étant donné l’ampleur que prend l’épidémie en Chine,

« Mgr Joseph Li Shan – archevêque de Pékin – dispense de la messe dominicale les personnes âgées, les personnes gravement malades et celles infectées par le Covid ».

Impossible de faire un film catholique n’est pas francais !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Aujourd’hui sur le Salon Beige, nous montrons le trailer de PROMESSE. Il s’agit peut-être l’une des plus belles de nos vidéos issues du prototype du film. J’espère que vous le partagerez afin que par la force de l’union nous réussissions.

Mais pourquoi s’efforcer de faire un trailer catholique ?

Voici deux histoires vraies qui le justifient.

Adolescent, je connaissais deux familles : les Pérot et les Bougreaux.

Un jour Maman Pérot dit : « Comment voulez-vous que j’élève mes enfants dans la foi ? Tout ce qu’il y a autour d’eux les invite à renier Dieu. Mon mari s’en fiche ».

Je mangeais aussi souvent chez la famille Bougreaux : de leur sept garçons, six aujourd’hui ont de splendides familles avec en moyenne 4 enfants et ils vivent dans la foi. Il y a ainsi 85% de réussite de vies chrétiennes parmi les enfants des Bougreaux et 24 petits enfants élevés au sein de foyers unis.

Côté Pérot, la fille aînée en est à son deuxième mariage avec un incroyant décent, certes. Un fils est drogué et blasphème quotidiennement., Ainsi, 2 enfants sur 5 sont revenus aux sacrements après 20 ans d’errance. Il y a donc 40% de réussite de vies chrétiennes chez les enfants adultes. Le pourcentage descend bien plus bas chez les petits-enfants. D’abord ils sont rares et ensuite, ils ont très tristement des vies chaotiques : deux petits-enfants ont leurs parents séparés, trois autres sont nés en dehors du mariage, un seul a la chance de vivre avec ses deux parents.

Comment les Bougreaux ont-ils réussi l’éducation chrétienne de leurs enfants alors que les Pérot ont fléchi ?

Les Bougreaux ont fait attention aux œuvres culturelles qui atteignaient leurs enfants : liste de grands classiques à lire l’été, films choisis, scoutisme traditionnel, écoles hors-contrat. Dès l’âge de 16 ans, les enfants savaient discerner les influx néfastes ou les bénéfiques.

Quant à la maman Pérot, elle fut dépassée et son mari a toujours cru que tout irait bien : écoles publiques, télévision et films à tout va, scoutisme soixante-huitard. Les enfants ont quasiment tout avalé de la culture ambiante. Ils sont les miroirs quasiment exacts des films qu’ils regardaient.

Si l’on admet la force de la culture ambiante et que l’on a à cœur l’âme des enfants, on ne peut que souhaiter un influx de créations culturelles chrétiennes pour prendre la place de cette culture empoisonnée.

Pour que cela se fasse, pensons-nous que l’industrie du film va s’y mettre, ou l’état, ou le clergé ? Nous savons bien que non. La seule source de création sera nous-mêmes, les laïcs, le peuple, les gens libres. Les protestants l’ont prouvé aux USA et ce sont d’ailleurs leurs films chrétiens que les Catholiques en France regardent maintenant.

Or, le projet catholique de film Promesse fait exactement cela. Si vous faites partie du Peuple de Dieu en France, saurez-vous lui permettre de réussir ?

C’est ici que vous pouvez y participer.

Que Dieu vous le rende.

Daniel Rabourdin, le réalisateur

La théorie des limbes demeure une opinion théologique possible

Dans deux articles publiés sur Claves, l’abbé Charles Berger De Gallardo se penche sur le sort des enfants morts sans baptême et notamment sur la doctrine des limbes, aujourd’hui sérieusement contestée.

Retrouvez ici le premier article.

Extrait du second :

En avril 2007, la Commission théologique internationale (CTI) a publié un document intitulé : L’espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême[6]. Bien que cette publication ait été autorisée par le pape Benoît XVI et quoique l’on puisse lire ici ou là, il ne s’agit pas d’un document magistériel. En effet, la CTI n’a pas d’autorité magistérielle, mais elle est un organe scientifique au service du magistère[7]. L’autorité de ce document tient donc à la seule compétence théologique de ses rédacteurs et à la valeur de leurs arguments. Par ailleurs, malgré la tendance générale du document en faveur de l’abandon de la doctrine des limbes, on peut y lire d’importantes nuances. Ainsi, la théorie des limbes « demeure une opinion théologique possible[8] » et « ce qui nous a été révélé, c’est que la voie ordinaire du salut passe par le sacrement du baptême[9] ». À rebours donc de certains comptes-rendus hâtifs qui en ont été faits, ce document

« est loin d’affirmer positivement que tous les enfants non baptisés seraient sauvés[10] ».

S’il est donc erroné de dire que le magistère a récemment rejeté la doctrine des limbes, est-il du moins correct d’affirmer qu’il ne l’a jamais enseignée ? Il est clair que la doctrine des limbes n’a jamais été définie par le magistère. Pour autant, il serait faux de conclure que le magistère est demeuré parfaitement silencieux à son sujet. D’une part, deux textes pontificaux, qui n’atteignent pas le degré d’autorité d’une définition ex cathedra, plaident en faveur de la doctrine les limbes. Dans le premier, Sixte V, considérant le destin des enfants avortés, estime qu’ils ne parviennent pas à la vision béatifique, ce qui aggrave encore le crime que constitue l’avortement[11]. Dans le deuxième, Pie VI donne un certain appui à la doctrine des limbes. Le pape affirme qu’elle n’est pas contraire à la doctrine catholique :

« La doctrine qui rejette comme une fable pélagienne ce lieu des enfers (que les fidèles appellent communément les limbes des enfants) dans lequel les âmes de ceux qui sont morts avec la seule faute originelle sont punis de la peine du dam, sans la peine du feu, […] (est) fausse, téméraire, injurieuse pour les écoles catholiques[12]. »

Il faut noter, et ce point est important, que cette intervention de Pie VI vise certains jansénistes qui suivaient évidemment l’opinion de saint Augustin au point de rejeter la doctrine des limbes comme une « fable pélagienne ». Pour autant il ne condamne pas l’opinion de saint Augustin. On comprend donc que le débat théologique, permis par la discrétion du magistère au sujet des limbes, ne se tenait pas entre ceux qui soutenaient la doctrine des limbes et ceux qui affirmaient que les enfants morts sans baptême se trouvaient au Ciel, mais entre les partisans de la doctrine des limbes et ceux de la doctrine, plus sévère, de saint Augustin, qui estimait que les enfants morts sans baptême étaient purement et simplement en enfer.

Enfin, il ne faut pas oublier l’enseignement très net et récurrent du magistère selon lequel ceux qui meurent avec le seul péché originel sont privés de la vision béatifique[13]. Dès lors, la seule possibilité pour qu’un enfant mort sans baptême accède à la vision béatifique serait une intervention spéciale et exceptionnelle de Dieu, qui n’est pas lié par l’ordre sacramentel pour communiquer sa grâce. Mais il n’existe aucune certitude à ce sujet et cela ne saurait a fortiori constituer une loi générale.

Une doctrine liée à une conception périmée des rapports entre nature et grâce ?

La troisième objection que nous voudrions examiner conteste la possibilité d’une béatitude purement naturelle, telle la félicité que connaissent les enfants des limbes. Cette objection s’appuie en particulier sur les travaux de théologiens qui, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, ont proposé – et réussi dans une large mesure à imposer – une conception des rapports entre la nature et la grâce en rupture avec l’enseignement classique, fondé sur saint Thomas et les approfondissements de ses commentateurs. Pour résumer en quelques mots un débat qui continue de faire couler beaucoup d’encre, nous pouvons dire que ces théologiens estiment qu’il y a dans la nature humaine une certaine exigence vis-à-vis de l’ordre surnaturel, un désir naturel de la vision béatifique. Dans cette perspective, cette exigence et ce désir seraient positivement frustrés pour les enfants des limbes et il devient donc inconcevable qu’ils puissent jouir d’une félicité purement naturelle.

Malgré le succès de ces nouvelles perspectives, il n’a pas manqué d’auteurs pour souligner qu’elles ne respectaient pas la consistance propre de l’ordre naturel et qu’elles conduisaient à d’insolubles contradictions : comment, en effet, parler d’un ordre sur-naturel s’il y a une exigence naturelle du surnaturel ? En ce sens, le pape Pie XII s’est élevé contre ce qu’il estimait être une corruption de la gratuité de l’ordre surnaturel :

« D’autres corrompent la véritable gratuité de l’ordre surnaturel, puisqu’ils tiennent que Dieu ne peut pas créer des êtres doués d’intelligence sans les ordonner et les appeler à la vision béatifique[14]. »

La doctrine des limbes est liée à la conception classique des rapports entre la nature et la grâce que défend Pie XII. C’est pourquoi elle se trouve en parfaite cohérence avec la gratuité du salut, qui est d’abord le fruit de la miséricorde divine.

Conclusion

La question des enfants morts sans baptême n’est pas seulement un sujet difficile au point de vue théologique, elle peut malheureusement se poser de manière douloureuse lorsqu’un drame survient dans une famille. Il nous semble cependant qu’elle ne doit pas être éludée. Et si, de la réponse qu’on peut y apporter, nous n’avons pu discerner que quelques lignes, tant elle demeure mystérieuse – il faudrait parler du mystère des limbes – cela vaut mieux encore que le silence dont pourrait jaillir à tout moment, soit le scandale, soit de folles espérances[15]. L’esprit humain veut toujours tout comprendre, tout expliquer ; la question du sort des enfants morts sans baptême fait entrer le chrétien dans l’humilité de la foi, revers de son obscurité : qui peut comprendre les profondeurs de l’Amour de Dieu, et les lois qui régissent ses choix ? La Rédemption est un mystère, que nous recevons de la révélation : ce que le Seigneur ne nous a pas révélé, il ne nous appartient pas de l’inventer, ni d’enseigner comme certain ce qui ne nous a pas été dit par Dieu.

Puissent ces réflexions sur la destinée éternelle des enfants morts sans baptême inciter les parents – ou futurs parents – chrétiens à confier leurs enfants à la miséricorde de Dieu dès leur conception, par la prière et en faisant célébrer des messes à leur intention[16]. Puissent-elles également les décider, après la naissance, à ne différer le baptême sous aucun prétexte[17], tant il est vrai que :

« par sa doctrine et sa pratique, l’Église a montré qu’elle ne connaît pas d’autre moyen que le baptême pour assurer aux petits enfants l’entrée dans la béatitude éternelle[18]. »

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