Le gouvernement polonais s’intéresse à la haine anti-chrétienne
L’Observatoire de la christianophobie de notre regretté confrère et ami Daniel Hamiche fait des émules. Le gouvernement polonais, de concert avec l’association Aide à l’Eglise en détresse, a décidé d’ouvrir à l’Université Stefan Wyszynski de Varsovie, une unité spécialisée dans la lutte contre les idéologies anti-chrétiennes. Przemyslaw Czarnek, ministre de l’Education et des Sciences, déclarait le 20 février, à l’occasion de l’inauguration du nouveau centre de recherches sur la liberté religieuse :
« la christianophobie est déjà une réalité en Europe, nous ne voulons pas qu’elle s’enracine davantage dans notre pays ». « La recherche universitaire est cruciale pour garantir la région des attaques contre la liberté religieuse, en particulier contre les chrétiens, qui sont les plus nombreux en Pologne »
La tâche principale du nouveau département, qui sera dirigé par un prêtre, le père Waldemar Cislo, sera de
« mener des recherches dans le domaine de la liberté religieuse et du phénomène de la christianophobie ».
Le père Cislo indique :
« La christianophobie est un phénomène qui s’observe de façon croissante en Europe ». « En France, Le Figaro a annoncé que les attaques contre les lieux de culte du judaïsme et de l’islam ont diminué l’année passée de 58,5%, tandis que les attaques contre les lieux de culte chrétiens ont augmenté de 90% ».
« Nous avons une expérience de travail avec la Hongrie, avec qui nous partageons plusieurs projets scientifiques, ainsi que des conférences sur la liberté religieuse ».
Nouvelle pro-vie en Arkansas
Le gouverneur de l’Arkansas a signé une loi qui interdit l’avortement. Il reste une seule exception du cas où il faudrait « sauver la vie de la mère lors d’une urgence médicale ».
Le texte venait d’être adopté par les députés (75 contre 18). Il avait été adopté par les sénateurs le 23 février : 27 contre 7. Le sénateur Jason Rapert, rapporteur du texte, a affirmé :
« Nous devons abolir l’avortement dans cette nation juste comme nous avons aboli l’esclavage au XIXe siècle – toutes les vies comptent » (All lives matter).
Et le gouverneur :
« Je signe ce texte à cause de l’écrasante majorité de son soutien législatif et de mes convictions pro-vie sincères et de longue date ». « Cette loi est en contradiction avec la jurisprudence contraignante de la Cour suprême des Etats-Unis, mais c’est l’intention du législateur de préparer le terrain pour que la Cour suprême renverse la jurisprudence actuelle. »
Si elle est annulée par la justice, l’Arkansas poursuivra le combat jusqu’à la Cour suprême, où une vingtaine de lois pro-vie attendent d’être examinées, celle de l’Arkansas étant de loin la plus radicale.
Les contradictions de Laurence Rossignol
Le sénateur PS a diffusé ce tweet :

Et elle a voté la loi qui prive les enfants de père…
C’est arrivé un 9 mars…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Alors rappelons-nous :
-
le 9 mars 1309 : installation des Papes à Avignon.
Le conflit qui opposait le pape Boniface VIII et le Roi de France Philippe le bel, s’achève avec la mort du pape, suite à « l’attentat »d’Agnani en 1303. Benoit XI succède pendant un an à Boniface VII; puis Philippe le bel parvient à faire élire comme successeur, un pape français, Clément V.
Bertrand de Got, ancien archevêque de Bordeaux et pape sous le nom de Clément V, fixe la résidence papale au couvent des dominicains à Avignon afin d’échapper aux troubles politiques qui agitent alors Rome. Cela va durer 68 ans. Clément V demeure ensuite à Malaucène, Carpentras et Caromb.
Avignon est la propriété du comte de Provence et roi de Naples. Sur les conseils du Roi de France, Philippe IV le Bel, le souverain pontife a renoncé à regagner Rome et s’y installe
De 1309 à 1377, sept papes se succèdent en Avignon : Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI
-
le 9 mars 1409 : Paix de Chartres, cessez-le-feu momentané entre Armagnacs et Bourguignons
La paix de Chartres est signée, mettant provisoirement fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Parmi les 21 articles signés, le duc de Bourgogne, Jean sans Peur y reconnaît le meurtre de Louis Ier d’Orléans en 1407 (voir la chronique du 23 novembre), et présente ses excuses à ses enfants, Philippe et Charles. Une cérémonie de conciliation est organisée le même jour dans la cathédrale de Chartres, où les successeurs d’Orléans accordent leur pardon à l’assassin de leur père.
-
le 9 mars 1513 : élection du pape Léon X.
-
le 9 mars 1661 : mort du cardinal Mazarin.
Le principal ministre de Louis XIV, le cardinal Mazarin s’éteint à Vincennes à l’âge de 58 ans.Vers minuit, dans un souffle, il murmure à Anne d’Autriche et à Louis XIV :
“Je vais bientôt finir, mon jugement se trouble. J’espère en Jésus Christ”.
A deux heures du matin, le père Joly, qui lui a donné l’extrême onction le 7, lui fait embrasser le crucifix et commence à réciter la prière des agonisants. Le mourant tente vainement de se redresser pour parler mais s’effondre : son cœur a cessé de battre. Après avoir scrupuleusement mis en ordre ses affaires spirituelles et matérielles, le cardinal Jules Mazarin s’est éteint.Souvent décrié en France, il a fortement renforcé la monarchie face aux Frondes de la noblesse ; le Royaume qu’il laisse est un Royaume restauré et en paix, à l’abri des invasions. Sur le plan extérieur, il a parachevé l’œuvre de Louis XIII et de Richelieu, grâce aux Traités de Westphalie (1648 ; voir la chronique du 24 octobre). La France en sort grandie et devient la pièce maitresse du nouvel ordre européen qui régit les relations internationales du continent jusqu’à la Grande Guerre. Il est aussi à l’origine du Traité des Pyrénées qui délimite définitivement la frontière entre la France et l’Espagne.
Quelque temps auparavant, il avait présenté Colbert au Roi en lui disant :
« Sire, je dois tout à votre Majesté, mais je m’acquitte de ma dette en lui présentant Colbert »
Le lendemain, le Roi de France âgé de 22 ans convoque ses ministres et leur annonce sa volonté de reprendre seul les rênes du pouvoir :
“[…] jusqu’à présent j’ai bien voulu laisser gouverner mes affaires par feu M. le Cardinal; il est temps que je les gouverne moi-même.”
-
le 9 mars 1661 : Jean-Baptiste Colbert entre au service du Roi.
En septembre 1661, Colbert va obtenir la disgrâce de Fouquet, qui est arrêté à Nantes le 5 septembre 1661 par d’Artagnan. Colbert lui succède à la tête de l’administration des finances, d’abord comme intendant puis, en tant que contrôleur général, en 1665. Remarquable gestionnaire, il développe le commerce et l’industrie par d’importantes interventions de l’État. Sa politique a été baptisée de son nom: le colbertisme.
-
le 9 mars 1678 : l’armée de Louis XIV occupe Gand, puis Ypres (le 25 mars).
Cette occupation trouve sa place dans le cadre de la guerre de Hollande (1676-1678), qui modifie l’équilibre européen. La France triomphe de ses adversaires sur le plan militaire. Par le traité de Nimègue, qui met fin à la guerre, la France restitue la plupart de ses conquêtes, mais acquiert la Franche-Comté et plusieurs villes de Flandre. Qui a dit que Louis XIV était un Roi despotique ?
-
le 9 mars 1720 : un édit supprime les charges prévôtales de la Maréchaussée.
L’ancêtre de la Gendarmerie est alors constituée en brigades situées dans une zone géographique, mais le maillage complet du territoire n’est réalisé qu’en 1769.
-
le 9 mars 1790 : la fortune personnelle du Roi est déclarée propriété nationale.
-
le 9 mars 1796 : le général Bonaparte épouse « civilement » Joséphine de Beauharnais.
Le général Bonaparte épouse civilement Joséphine de Beauharnais à la mairie du IIème arrondissement de Paris. Joséphine est créole, elle a grandi en Martinique, s’est mariée une première fois en métropole en 1779 avec le général Alexandre de Beauharnais qui lui a donné deux enfants, Hortense et Eugène. Deux jours après son union, Napoléon Bonaparte part rejoindre son commandement à Nice. Il laisse sa femme continuer à batifoler dans les salons parisiens qui lui fournissent nombre d’amants.
-
le 9 mars 1799 : les Français assistent de loin à la décapitation de leurs 2 émissaires par les Turcs.
Ils prennent d’assaut Jaffa, l’enlèvent, massacrent les défenseurs, font 3000 prisonniers, n’épargnent que les Egyptiens, et pillent tout ce qu’ils trouvent.
-
le 9 mars 1831 : vote d’une loi créant la Légion étrangère.
Louis-Philippe annonce la création d’une nouvelle unité militaire composée uniquement de volontaires d’origine étrangère, sauf les officiers qui sont Français.
-
le 9 mars 1893 : début du procès du scandale de Panama.
Ferdinand de Lesseps et ses associés sont accusés d’avoir versé des pots de vin à des députés et des sénateurs pour qu’ils votent une loi autorisant la Compagnie à émettre des obligations. Après 13 jours de procès, l’ancien ministre des Travaux publics, Baïhaut, est condamné à 5 ans de prison pour corruption ; il est, en effet, le seul homme politique à avouer les faits ! Clemenceau, lui aussi sali par le scandale, n’est pas condamné. Les frères Lesseps et l’entrepreneur Gustave Eiffel écopent d’un an pour abus de confiance.
-
le 9 mars 1929 : première représentation de Marius de Marcel Pagnol au Théâtre de Paris, avec Raimu et Pierre Fresnay.
-
le 9 mars 1942 : au fort du mont Valérien, sept résistants sont fusillés par les Allemands, qui avaient rendu la sentence dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
-
le 9 mars 1943 : les usines Renault du Mans sont bombardées.
-
le 9 mars 1945 : attaque des Japonais en Indochine.
Malgré sa situation de considérable infériorité militaire face au Japon et un blocus qui démultiplie les difficultés de la vie civile et économique, l’amiral Decoux, gouverneur général de 1940 à 1945, a réussi l’exploit de conserver l’Indochine en paix sous administration française. À six mois de la capitulation japonaise, il peut espérer remettre intact le dépôt qu’il avait reçu dans la tourmente de juillet 1940.
En multipliant les provocations agressives aussi stupides qu’irresponsables, les gaullistes vont hélas susciter une violente réaction des Japonais. Le 9 mars 1945, à 20h00, les garnisons françaises sont toutes simultanément attaquées. Selon la vulgate officielle, les soldats français, assimilés à des collabos vichystes, auraient capitulé “honteusement”, sans se battre. La réalité est tout autre.
“Dans des conditions nettement plus favorables pour eux, les Américains avaient été chassés des Philippines en 1941, et les Anglais éliminés de Singapour en moins de huit jours. Les Français de 1945, mal armés et mal équipés, ont tenu deux mois au Tonkin face à l’armée japonaise. Partout ailleurs en Indochine (Annam, Cochinchine, Cambodge, Laos), de nombreux Français, rapidement submergés dans leurs garnisons après d’âpres combats, ou isolés chez eux au moment de l’attaque vont tenter de prendre le maquis conformément aux ordres reçus […] En fait de “capitulation honteuse”, les soldats français d’Indochine connaîtront le taux de mortalité au combat le plus élevé de toute la Seconde guerre mondiale : 17,6 % de l’effectif total ou 20 % de l’effectif engagé (deux mille cent dix neuf tués), sans compter les blessés. Sans compter, non plus, les sévices subis par leur familles et par les civils en général (agressions, viols, massacres, vols, humiliations, brimades et spoliations diverses).” (de Paul Rignac, La désinformation autour de la fin de l’Indochine française, Editions l’étoile du berger, p.185)
“Sur le plan économique et financier, les Japonais vont ruiner l’Indochine en quelques semaines. […] La santé publique connaît une régression sans précédent.” (Ibid., p.189)
Quand Leclerc arrive enfin à Hanoï, le 18 mars 1946, soit plus d’un an après le coup de force japonais, les Français du Tonkin, qui ont vécu un enfer, demandent en grand nombre leur rapatriement. Quant aux populations d’Indochine, elles vont souffrir trente années de martyre. L’armée française, elle, laissera sur le terrain plus de cinquante mille morts, dont chaque année un nombre d’officiers équivalents à une promotion de Saint-Cyr.
Le général De Gaulle voulait instamment du “sang versé” : il y en aura, et à profusion. Mais cela ne vaudra jamais à la France auprès de ses “Alliés” le “titre imposant” que le chef de la France libre en attendait :
“Pour pénible que dût être localement cet aboutissement, je dois dire que, du point de vue de l’intérêt national, j’envisageais volontiers qu’on en vînt aux mains en Indochine. Je tenais pour essentiel que le conflit ne s’y achevât pas sans que nous fussions, là aussi, devenus des belligérants. […] Si nous prenions part à la lutte, fût-elle près de son terme, le sang versé sur le sol de l’Indochine nous serait un titre imposant. […] Je voulais que nos troupes se battent, en dépit de ce que leur situation aurait de désespéré.”
Charles De Gaulle, Mémoires de guerre.
Arrivés de métropole après la défaite finale du Japon, les émissaires gaullistes, transposant en Indochine les mœurs de l’Epuration qui sévissent en France, et y organisent une épuration massive. Cette épuration va causer : “une fracture irréparable entre la quasi-totalité des anciens Français d’Indochine et les nouveaux arrivants nommés par le GPRF […], priver l’Indochine de cadres compétents, et compromettre l’image de l’ensemble des Français aux yeux des Indochinois. La négation de cette épuration est un grand sujet de désinformation. »
Paul Rignac dans, La désinformation autour de la fin de l’Indochine française, pp.211 et 198).
« Quant à la population vietnamienne, après avoir vu “la chute de l’homme blanc et son humiliation par des Asiatiques, […] elle se retourne brusquement contre les colonisateurs. Les Européens sont désormais soumis à toutes sortes de brimades, vexations, vols, attentats et agressions diverses. On risque sa vie en allant simplement faire les courses. La marchande de légumes, si aimable autrefois, vous injurie et refuse de vous servir. Les enfants de la rue, si gais et si souriants avant le 9 mars, volent les bicyclettes arrachent les montres, les bijoux et les sacs. » (Paul Rignac dans, La désinformation autour de la fin de l’Indochine française, p.200-201)
-
le 9 mars 1966 : la France se retire du commandement militaire de l’OTAN.
Voir la chronique du 7 mars
-
le 9 mars 1998 : affaire Dumas, Loïk Le Floch-Prigent est mis en examen.
-
le 9 mars 1999 : affaire du sang contaminé : pas de coupables !
La Cour de justice de la République (CJR) ordonne la relaxe de l’ancien Premier ministre Laurent Fabius et l’ancienne ministre des Affaires sociales Georgina Dufoix, poursuivis pour homicides involontaires dans l’affaire du sang contaminé. Seul l’ancien secrétaire d’État à la Santé, Edmond Hervé, est symboliquement condamné, avec une dispense de peine.
Ce n’est pas une dissolution qui va les empêcher d’alerter la population française sur les problèmes de l’immigration
Interrogée dans Présent sur la dissolution de Génération Identitaire, Thaïs d’Escufon, porte-parole de Génération identitaire, évoque les recours déposés et termine en déclarant :
Je compte bien sûr continuer à défendre mon peuple et mon pays, même si, étant encore concentrée sur la dissolution, je n’ai pas eu le temps de réfléchir aux alternatives qui pourraient se présenter à moi. Néanmoins, je ne compte pas me faire réduire au silence si facilement. Ce n’est pas une dissolution qui va m’empêcher d’exprimer mon avis et d’alerter les jeunes et la population française en général sur les problèmes de l’immigration.
Un père de famille nous transmet cet appel à ne pas cesser le combat :
Peut-on dissoudre la générosité, l’audace ? Peut-on dissoudre une génération qui veut dire ces simples mots : laissez-nous vivre selon notre culture et nos traditions ? Peut-on dissoudre l’âme d’un peuple dans le matérialisme pratique d’une pensée voulant transformer l’homme en automate à la chinoise ?
Chers amis, oui, je m’interroge avec vous.
Fallait-il que d’Estienne d’Orves se taise en 1940 ? Fallait-il que Jeanne d’Arc refuse d’obéir à ses voix ? Fallait-il que Cathelineau, en 1793, continue de colporter ? Fallait-il que Lech Walesa renonce à électriser la Pologne face au péril rouge ?
Chers amis, votre engagement nous interpelle. Ne renoncez pas à le continuer, en le colorant peut-être davantage de la force de l’Evangile. Le Christ : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. » Pour comprendre le sens de cette phrase, je renvoie volontiers vers quelques lignes du Catéchisme de l’Eglise Catholique qui les explicitent.
Vous êtes donc appelés à soigner votre âme pour rester debout, c’est-à-dire les pieds sur la terre et la tête au Ciel. Je me rappelle cette phrase d’un musulman :
« Nous vous respectons quand vous êtes debout. »
Une question me taraude en ce moment, jusqu’à l’angoisse. Certains parmi vous doivent connaître un sentiment profond de tristesse, de frustration. Comment garder allumé le flambeau de la résistance, intérieure d’abord, concrète ensuite ? Il ne doit pas s’éteindre, et d’ailleurs il ne s’éteindra pas…
Le bouillonnant Charles de Foucauld, la généreuse Thérèse de Lisieux, et tant d’autres, nous disent par leur vie que les grandes aspirations de la jeunesse peuvent se continuer dans le don total de nos vies. En clair : être prêtre, moine… c’est aussi une manière de vivre une aventure incomparable. Mais ce n’est pas pour remplir les couvents que je vous écris, même si de grands militants furent aussi de belles figures de religieux. Pensons à Jocelyne Khoueiry, à Dom Besse, à Sœur Rosalie, au Cardinal Pie…
Chers amis, certains d’entre vous sont catholiques, d’autres aiment profondément notre pays, sa culture et sa beauté. En voyant ces jours-ci, lors d’une balade à proximité de nos frontières pyrénéennes de si nombreux villages aux églises vides, abandonnées, aux rues sans enfants, condamnés à la mort ou au « grand remplacement », j’ai pensé à vous, à votre passion pour la France.
Dans le secret du cœur de chacun, puissiez-vous entendre cet appel à tout donner, jusqu’à votre vie. Car on n’a rien donné tant qu’on n’a pas tout donné. « La mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure » disait saint Bernard. Le magnifique témoignage de saint Maximilien Kolbe face à la barbarie nazie à Auschwitz résonne toujours : https://fr.aleteia.org/2017/08/14/le-martyre-de-saint-maximilien-kolbe-a-auschwitz/
De cette brève incursion dans les villages aux marches de mon pays je retiens notamment deux choses.
La première, c’est que s’il y a de moins en moins de prêtres, de religieuses, de moines, si les couples ne se marient pas et ne donnent généreusement la vie à des nombreux enfants, le déclin de notre pays sera inexorable, et sa disparition assurée.
La seconde, il s’agit de s’interroger sur la marche à suivre pour permettre ce grand réveil. Voici quelques pistes :
L’aventure de la vie ne peut s’envisager que si l’on est accompagné par un guide, c’est l’expérience de la docilité, et encordé, c’est l’expérience de la fraternité. Cette docilité par rapport à Dieu d’abord, à ses commandements, à la doctrine de l’Eglise, aussi à un Père Spirituel n’est pas un carcan mais la condition de la liberté intérieure. Fraternité aussi, parce que vivre pour soi c’est la mort et vivre pour les autres, c’est la vie. On n’entre pas seul au paradis. Et Sartre à tort, l’enfer c’est sans les autres. Pour ceux qui veulent creuser, on peut redécouvrir ce texte de Jean-Paul II.
Pour trouver un « Père Spirituel », c’est facile, il y en a plein les monastères… Citons par exemple les abbayes de Randol, Fontgombault, Solesmes, La Garde, le Barroux, Triors, Flavigny, Sept-fons, Kergonan, Donezan, Wisques, Lagrasse, Saint Wandrille, Ligugé, … Sans oublier parmi les généreux prêtres de nos paroisses mais aussi de différents instituts : la Fraternité saint Pierre, la Communauté saint Martin, l’Institut du Christ-Roi, la Communauté de l’Emmanuel, la Fraternité Saint Pie X,… Je pense au Colonel Beltrame et ses liens avec une abbaye cistercienne de Bretagne et l’abbaye de Lagrasse…
Vous le savez, l’efficacité dans une action exige la discipline et la vertu. De la même façon, pour mettre son corps et son cœur en ordre marche pour la bataille de sa vie, la bataille contre soi-même, il faut de la discipline et entrer sur un chemin de vertu.
C’est ainsi que l’on est fort, parce que cela vient de l’intérieur. Les grands soldats, les héros des guerres n’étaient pas d’abord des monstres de muscles mais des cœurs généreux, ayant embrassé la Croix du Christ. En apprenant à se donner dans les petites choses, là où c’est le plus ennuyeux, on forme son âme petit à petit à se donner toute entière, dans l’esprit de la Chevalerie.
Chers amis, pour réparer la France, il faut aussi se réparer soi-même et se consacrer à la Vierge Marie. Parmi les propositions qui peuvent aider sur ce chemin : il y a celle du port du scapulaire Mettre le lien https://www.fatima100.fr/la-devotion-au-coeur-immacule-de-marie/le-port-du-scapulaire/108-questions-pratiques, mais aussi dans un autre styles les goums Mettre le lien https://www.goums.org/?langue=fr, routiers scouts et guides aînées,… Il y a aussi un parcours pour aider à ne pas rester prisonnier du porno qui est une drogue dure. Le merveilleux témoignage de Carlos Acutis est un stimulant pour aujourd’hui.
Comment soigner son âme ? Comment vivre à fond l’aventure de sa vie ? Le combattant espagnol devenu saint Ignace de Loyola propose une méthode : les exercices spirituels.
N’ayez pas peur d’avoir de nombreux enfants, de vous engager par amour dans la fidélité, jusqu’à la mort. Se marier pour 50 ans ça fait peur mais, ramené à l’instant présent, le mariage devient tout de suite beaucoup plus accessible : il s’agit d’aimer maintenant, et reconduire cette décision chaque matin. Reconnaissez que c’est plus rassurant de le dire ainsi. Choisissez le respect du corps de l’autre, du vôtre, car c’est ainsi qu’on se prépare à se donner à tout donner. Dites non à la contraception car elle est un verrou qui bloque la porte du don de soi. Pour reconnaître le conjoint de sa vie, un livret n’est pas inutile.
N’oublions pas non plus que la mère de toutes les batailles est celle du droit de naître, car l’avortement est une horreur abominable. Ecoutons Mère Teresa nous en parler. Seule l’expérience de la miséricorde peut aider à sortir de toute culpabilité et guérir ce qui doit l’être.
Chers amis, nous sommes à la veille d’un immense redressement de notre nation si nous entrons sur ce chemin de conversion intérieure, d’évangélisation de nos passions et de nos rêves, mais aussi de témoignage par notre engagement politique, par notre zèle missionnaire.
C’est alors que le Christ sera véritablement Roi en France, et la prophétie de Saint Pie X, réalisée :
« Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux Fonts Baptismaux de Reims se repentira et retournera à sa première vocation. »
Rendez-nous la Communion sur la langue !
Lettre d’un lecteur, assortie de remarques de bon sens :
Chers évêques, chers prêtres,
A vous qui avez toute notre reconnaissance de nous donner l’accès aux Sacrements, j’ose adresser la supplique d’un simple fidèle qui souffre comme beaucoup de ne plus pouvoir recevoir la Sainte Communion dans la bouche. En effet, avec la « crise sanitaire », beaucoup de célébrants nous imposent désormais la Communion dans la main alors que nous sommes nombreux à ne pas comprendre les fondements et la légitimité de cette obligation. Car il y a au moins deux raisons qui la contredisent : un constat purement pratique et l’analyse sanitaire de bon sens qui en découle.
Un constat très concret tout-d’abord, dont chacun pourra aisément faire l’expérience, célébrant comme communiant : autant il est rare qu’un célébrant touche les lèvres du communiant lors d’une Communion dans la bouche, autant il est très fréquent qu’il touche les mains de ceux qui communient ainsi.
Etant amené à donner la Communion car notre prêtre âgé n’y arrive plus, j’en ai fait souvent le constat et j’y vois deux explications très pratiques, corroborées par des prêtres : d’une part, lors de la Communion dans la bouche, le communiant est statique et c’est le célébrant qui fait seul le geste, le maitrisant ainsi beaucoup mieux que lors de la Communion dans la main où 2 gestes se rencontrent, générant souvent des maladresses et des contacts involontaires ; d’autre part, le geste du communiant, souvent maladroit et très divers (à 2 mains, à une seule, les doigts en pince, etc …), conduit souvent le célébrant à s’assurer que l’hostie consacrée ne risque pas de tomber, en la déposant vraiment dans la main, en contact avec celle-ci.
Il y a donc un contact beaucoup plus fréquent par les mains que par la bouche.
A ce constat s’applique des considérations sanitaires désormais admises.
D’un côté, tous les épidémiologistes s’accordent à dire que les mains sont parmi les principaux vecteurs de ce genre d’épidémie, notamment par contact avec les muqueuses du nez et des yeux : cela signifie que les mains sont très susceptibles de contaminer ou d’être contaminées par tout ce qu’elles touchent, et d’être un vecteur d’entrée du virus par contact avec le nez et les yeux (on se touche 3 000 fois le visage par jour, selon l’ARS).
A l’inverse, d’après les mêmes épidémiologistes, si la bouche de quelqu’un de contaminé peut transmettre à d’autres le virus par la salive, il apparait peu probable qu’elle soit une porte d’entrée de la maladie chez quelqu’un de sain, notamment du fait que la salive possède des propriétés antiseptiques.
Associé au constat précédent sur les modes de Communion, il en ressort la synthèse suivante, de simple bon sens :
- La Communion dans la main présente une fréquence très significative de contact célébrant/communiant suivi d’un vrai risque de contamination des mains vers les muqueuses du nez et des yeux ;
- La Communion dans la bouche limite fortement les contacts célébrant/communiant et présente un faible risque de contamination par la bouche.
Et à cette synthèse à vue humaine, ne devrait-on pas ajouter le regard de la Foi : si l’on croit vraiment à la Présence réelle, peut-on réellement craindre que la Communion au Corps du Christ puisse être vecteur de maladie et de mort ?! A Lourdes, ne propose-t-on pas aux fidèles de faire un acte de Foi en se baignant dans les piscines dont l’eau a vu passer des dizaines de malades avant vous ? Pourtant, aussi potentiellement miraculeuse que soit cette eau, sa dimension salvatrice est évidemment sans commune mesure avec le Corps de notre Sauveur.
Quoi qu’il en soit, dès lors qu’il est n’est pas démontré que la Communion dans la main soit sanitairement plus prudente, loin s’en faut, ne serait-il pas charitable et respectueux de la relation personnelle que chaque croyant entretien avec son Créateur, de laisser chacun choisir la manière dont il souhaite communier ? C’est en tout cas l’analyse qui a été retenue par plusieurs autorités de l’Eglise, par exemple la Conférence des Evêques des Etats-Unis qui maintient la Communion dans la bouche en « considérant que le risque n’est pas plus élevé que dans la main ». En France, dans un certain nombre d’églises, des aménagements ont été pris en ce sens en proposant par exemple aux fidèles de communier en dernier ou de suivre une file réservée.
Mais il existe encore tant de lieux où cette Communion dans la bouche reste interdite !
Chers évêques, chers prêtres, avec tant d’autres autour de moi, je vous adresse donc cette supplique : portez un regard bienveillant sur notre demande et rétablissez-nous la possibilité de communier dans la bouche, car cette privation nous blesse et nous parait profondément injuste !
Et vous, chers frères et sœurs dans la Foi, n’hésitez-pas à exprimer cette profonde aspiration à vos clercs, avec respect et charité, car beaucoup n’en ont pas suffisamment conscience ou ne se sont pas interrogés sur sa légitimité : « demandez et vous recevrez » ?
D’autant qu’à laisser s’installer ce type de mesures sanitaires infondées, il y a fort à craindre de les retrouver à chaque épidémie …
En union de prière pour notre Eglise de France et son clergé.
Ceux qui comprennent l’italien pourront lire avec intérêt cet entretien donné par Mgr Christophe J. Kruijen, prêtre du diocèse de Metz, donné à La Nuova Bussola ou son article (déjà diffusé) publié dans Sedes Sapientiae. Dans l’entretien, il déclare notamment :
Tout d’abord, du point de vue de la santé, les mains sont globalement plus «sales» que la bouche. En fait, l’étiquette sur le pot de gel hydroalcoolique qui se trouve devant moi commence par ces mots: «La plupart des maladies infectieuses se transmettent par les mains». Deuxièmement, le risque sanitaire «nul» n’existe pas. S’il reste une possibilité d’infection par la communion dans la bouche, cela s’applique également à la communion dans la main. Il n’y a pas de consensus scientifique sur le fait de savoir quelle est la manière la plus «sûre» d’administrer la communion. En effet, dans mon article sur la question, je cite divers médecins qui pensent que la communion dans la main est moins «sûre» que celle sur la langue. Enfin, du point de vue empirique, je connais des endroits où la Sainte Communion a continué à être donnée aux fidèles en bouche pendant plusieurs mois, sans que cela n’ait causé de problèmes particuliers d’infection. En revanche, je n’ai pas connaissance de preuves historiques d’infections suite à cette pratique.
Quand La Croix fait un dossier sur « L’islam, pourquoi c’est compliqué » mais évite tout ce qui pourrait fâcher
Le journal La Croix a accordé au thème « L’islam, pourquoi c’est compliqué » une série de reportages (trois pages pendant dix jours, du 25 janvier au 5 février) d’une bienveillance paresseuse, qui s’est inévitablement terminé par le thème du 10/10 « Quelle place en France. Aujourd’hui, la question de son adaptation culturelle à la société française » dont le titre majeur est « Un islam « français », difficile mais pas impossible », sans point d’interrogation.
La bienveillance (au sens contemporain d’une sorte de naïveté bonnasse et de bonne volonté irréductible à l’exigence, paraît-il ingrédient indispensable au vivre-ensemble) sourd tout au long de ces trente pages et de ses dix thèmes, qui présentent un islam certes partagé entre différents courants mais avec au final un « coran qui porte des valeurs de solidarité, de respect de la parole donnée et d’éthique générale. Le Dieu qui y apparaît est foncièrement bienveillant, allié de l’homme, protecteur » (dans « l’explication de Jacqueline Chabbi, historienne de l’islam » 1/10), en se rappelant que « certains extraient des mots du coran mais en faisant cela, on peut lui faire dire tout et n’importe quoi. La violence, on peut la trouver dans plein de textes, comme la Marseillaise par exemple » (Abdel Foiraison, youtubeur, 6/10. Intéressant d’ailleurs de comparer le coran avec un hymne patriotique…), jusqu’à la femme musulmane qui « applique les valeurs de partage et d’amour de sa religion » (8/10).
Islam, des valeurs d’amour ? La dénomination de Dieu dans l’islam se fait par 99 noms. Parmi ces noms, et selon les traductions des termes arabes, un seul se rapprocherait de la notion d’aimer : Al-Wadüd, parfois traduit par « Qui aime beaucoup ». On le trouve aussi traduit par « Le tout affectueux », avec une précision du traducteur :
« Ce mot en arabe veut dire : Celui qui se rapproche de son aimé par la clémence, la pitié et le bienfait. Mais lorsqu’on lit ce nom dans le Coran, on sent chaque fois différents sens difficilement traduisibles en mots. On peut tenter de le traduire : Celui qui se rapproche de Ses serviteurs par pitié bien qu’ils s’éloignent de Lui et ne Le glorifient pas »
De toutes façons, c’est du 1%.
Pour ce qui concerne l’usage des mots aimer et amour dans le coran, il y a eu des études faites soulignant la très faible fréquence d’usage et toujours de façon pointilliste. Rien à voir avec le message évangélique dans l’ampleur de ses deux premiers commandements.
Ensuite, la première chose qui frappe, c’est le nombre de personnes qu’Allah n’aime pas (23 occurrences du mot aimer à comparer à 61 que nous avons considérées comme significatives au total) : ceux qui commettent des excès, les transgresseurs, les arrogants, le mécréant pécheur, le traître… Il y a ensuite les amours condamnées (des richesses, des choses, des idoles ; 16 occurrences) ; il reste 22 occurrences pour le mot aimer pris de façon positive : 17 sont des catégories de personnes qu’Allah aime : les bienfaisants, les pieux, les endurants… Et 5 sont pour des amours encouragées, en particulier l’amour pour Allah.
A aucun moment, il n’est demandé au musulman d’aimer son prochain ni de répandre l’amour sur terre (ce que pourrait sous-entendre la notion de « religion d’amour »). Bien au contraire : car l’étude un peu précise du verbe aimer permet de relever une dissimulation intéressante. Le verset 4 de la sourate 61 est traduit en français, usuellement, par « Allah aime ceux qui combattent dans son chemin en rang serré pareils à un édifice ». Or, le terme arabe traduit par combattre est celui de « qatala ». Verbe qui signifie tuer. Ce qui donne encore un éclairage contrasté sur cette soi-disant notion d’amour dans le coran.
Le chapitre 7/10 est sans doute celui qui montre de la façon la plus évidente les partis-pris de La Croix. Son thème :
« La politique au service de la religion ? Le lourd héritage de l’imbrication entre politique et religieux ».
Le premier reportages s’intitule « La Turquie est-elle encore laïque ? ». Le sous-titre annonce la couleur :
« Aujourd’hui, le président Erdogan puise abondamment dans le registre islamique mais dans une perspective surtout nationaliste ».
On comprend : il y a un danger turc, mais pas forcément un danger musulman. Pourtant le reportage commence ainsi :
« En matière de symboles, Recep Tayyip Erdogan a la main lourde. Chaque année, le 26 août, il célèbre la bataille de Manzikert qui vit, en 1071, l’armée byzantine mise en déroute par celle du sultan seldjoukide Alp Arslan. La vidéo postée cette année sur son compte Twitter offre comme d’habitude une reconstitution plus ou moins fantasmée des combats, sur fond d’ « Allah akbar » et autres slogans galvanisants. Sans craindre les anachronismes, elle s’achève par une entrée triomphale dans la basilique Sainte-Sophie, tout juste retransformée en mosquée. Et comme si l’allusion ne suffisait pas, le nouvel homme fort d’Ankara salue dans le même message l’idéologie de « la pomme rouge » alors en vogue dans l’Empire ottoman et qui lui fixait trois objectifs : la conquête de Constantinople, de Vienne et enfin de Rome ».
En plus, ce brave M.Erdogan refuse la charia et a gardé un régime quasi-laïque :
« Recep Tayyip Erdogan s’est bien gardé de remettre en question la laïcité « à la turque » parce qu’elle sert ses intérêts… Le droit séculier est demeuré en place : nulle place pour la charia en Turquie, pas même en matière de droit personnel… La communauté musulmane dans le monde intéresse Erdogan à condition que les Turcs la dirigent ».
[L’article datant du 2 février, La Croix aurait pu rappeler qu’en janvier, les deux fédérations musulmanes d’obédience turques, le CCMTF (Comité de coordination des musulmans turcs de France) et le CIMG (la Communauté Islamique du Millî Görüş görüs signifiant vision en turc), avaient refusé de signer la charte des imams demandée par le gouvernement français]
L’historienne de l’islam de service, Mme Chabbi, intervient encore :
« Le concept d’Etat n’a pas d’existence dans l’islam des origines. L’idée d’Etat, comme celle d’ailleurs de communauté musulmane idéale (oumma) que l’on nous sert aujourd’hui à toutes les sauces, ne correspond à rien durant la période initiale… Par rapport à ce type de notion, il y a malheureusement aujourd’hui un déficit de vision historique qui permet une manipulation idéologique incontrôlée. Les partisans du djihad actuel prétendent ainsi être en mesure de faire revivre le glorieux califat d’antan. Mais lorsque Atatürk décide en 1924 d’abolir le califat assumé par l’Empire ottoman, cette institution n’est depuis longtemps qu’un symbole ».
Et l’article suivant (« La difficile séparation entre loi civile et loi divine ») continue d’expliquer qu’il n’y a en plus rien à craindre sur le plan politique. Après tout :
« L’établissement précoce de l’islam comme empire a induit la confusion entre politique et religion. Et les faiblesses de l’Etat moderne dans le monde musulman expliquent qu’elle perdure aujourd’hui encore ».
Si l’on interprète correctement, la faiblesse de l’Etat moderne dans le monde musulman n’est pas vue comme le signe même de l’emprise suffisante de l’islam sur les structures de l’Etat, mais bien plutôt comme une (regrettable) confusion qui ne saurait sans doute tarder à s’estomper…
Et l’article de continuer sur ce que dit la tradition sur la politique :
« Si on ne trouve pas dans le Coran un équivalent du fameux « rendez à César ce qui est à César » de l’Evangile, certains passages peuvent permettre d’envisager une distinction entre loi divine et loi civile : la sourate 42, qui invite les hommes à soumettre « leurs affaires à la concertation mutuelle » (42-38) et, surtout, la sourate 4 : « Ô vous qui croyez, obéissez à Dieu et à ceux qui parmi vous ont le commandement » (4-59) ».
Le conseil de soumettre des affaires à la concertation mutuelle peut-il vraiment être compris comme la séparation du spirituel et du temporel telle qu’entendue en France ? Quant au verset cité, sa lecture précise (comme on gagne à le faire systématiquement avec les extraits proposés du coran) indique bien que le commandement n’est accepté QUE parmi ceux qui croient, c’est-à-dire ceux qui se déclarent musulmans. Ce qui réduit sensiblement la portée de l’argumentation.
Cette bienveillance a été qualifiée de paresseuse : ces différents chapitres sont une juxtaposition de reportages ciblés et d’entretiens (en ayant soigneusement évité tout intervenant qui aurait pu être considérés comme malveillants), un patchwork sans aucune mise en perspective ni critique, sans aucun texte d’analyse ni de synthèse qui eût permis d’offrir une réflexion structurée et argumentée du journal en réponse à la question qu’il avait lui-même posée.
Revenons sur quelques exemples autres que le chapitre déjà étudié.
Le thème du 6/10 sur la violence, s’intitule ainsi « La violence, comment s’en défaire. Aujourd’hui, le référentiel de la guerre sainte, dès les premiers temps de l’islam » et retrace la vie de Jawdat Saïd, « la voix d’un islam non-violent » ; personnalité certainement respectable mais dont on craint qu’elle ne soit totalement minoritaire. C’est un peu comme si la biographie de Pierre Rabhi devait fournir une explication à la violence des Black Blocks. Et en plus, voilà l’inévitable Mme Chabbi à propos du djihad :
« le mot n’a pas du tout le sens de guerre sainte. L’idéologisation du djihad va intervenir lors de la première attaque que subit le monde musulman au moment des croisades à la fin du XIème siècle. En fait, les premiers à avoir eu l’idée de guerre sainte, ce sont les croisés. Ainsi pourrait-on dire que cette idée est passée d’Occident en Orient ».
Aucune curiosité journalistique sur la violence originelle, alors qu’il est quand même rapporté :
« Affaibli, en butte à l’échec de sa prédication à Médine, Mohammed s’est converti à la lutte armée, pour être reconnu et diffuser son message ».
Et le propos de Mohamed Bajrafil, théologien français : « Tout ce que fait Daech est permis par la jurisprudence musulmane. Pour certains jurisconsultes, les musulmans doivent faire au moins un combat par an contre des non-musulmans, pour les convertir ou les soumettre » n’est pas relevé.
Manque vraiment cruel de curiosité de la part du journal. Parce que, quand même, au hasard des entretiens percent des affirmations qui auraient pu prolonger la réflexion de tout esprit curieux:
– Dans le 2/10 ( Les croyants, une unité de façade ? Aujourd’hui, le mythe d’une communauté vouée à être unie et uniforme), on apprend que « la jurisprudence musulmane n’a pas encore réglé la question de l’esclavage ».
– Dans le 4/10 (Hors de l’islam, point de salut ? Aujourd’hui, la conviction que l’islam est supérieur aux autres religions), on apprend que « même si des institutions comme le haut conseil des oulémas du Maroc ou la maison de la fatwa en Egypte considèrent que les apostats ne peuvent plus être condamnés à mort, cette peine reste appliquée dans une dizaine de pays ». On est content pour les marocains (tout en ignorant les peines de substitution…). Et les lecteurs du Salon beige n’ont pas oublié qu’un jeune imam français vient de condamner l’exécution pour apostasie mais seulement si elle est injuste ! Au 9/10, les évocations d’histoire personnelle d’anciens musulmans font toujours état de menaces de mort familiales.
– Dans le 2/20 encore, la citation fournie « Les musulmans sont durs envers leurs ennemis, miséricordieux entre eux » (48, 29) rappelle opportunément la séparation du monde vu par les musulmans, fondamentalement politique, entre amis et ennemis. Et aurait pu fournir matière au rappel de la stratégie de l’intimidation (coupeurs de langues, coupeurs de tête) si quotidiennement présente.
– Enfin, au 8/10 : « fidèle à son époque, le coran donne aux femmes un statut inférieur à celui des hommes dans la société » Le « fidèle à son époque » est visiblement là pour adoucir encore le propos ; les temps étaient arriérés, que voulez-vous. Pourtant, à son époque, cela fait déjà six siècles que le Christ a parlé à la Samaritaine (Jn, 4-5) et a intimé aux hommes qui se proposaient de lapider la femme pécheresse : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » (Jn, 8-7) ; sans se soucier de la fidélité à son époque.
Et ceci nous amène à quelques rapprochements entre islam et christianisme, culminant au 9/10 (La conversion à l’islam qui paraît parfois facile et superficielle), dans une position personnelle de M.Kevin Devesa, converti à l’islam, qui explique : « Pour moi, c’est un prolongement du message de Jésus ». Sans aucune mise en perspective ou commentaire de La Croix sur cette affirmation pourtant bien intéressante.
Au chapitre 4/10 : « Selon la tradition musulmane, chrétiens et juifs font l’objet d’un traitement différent des autres non-musulmans : ils bénéficient [sic : par rapport aux athées encore plus maltraités] dans le droit islamique d’une protection juridique particulière (dhimma), toutefois [re-sic !] accompagnée d’injonctions humiliantes ». La dhimmitude n’est pas un sujet pour La Croix.
Au même chapitre 5/10, M.Kechaou, professeur d’histoire-géographie énonce : « Dès le Moyen-Âge, le christianisme a perçu l’islam comme un concurrent à combattre d’un point de vue religieux, en salissant [sic] par exemple l’image de son prophète ». Mme Crémieu, fondatrice d’une association, indique : « Pour moi, le principal handicap au vivre-ensemble est celui du rapport à la religion des musulmans, notamment chez les primo-arrivants : il ressemble à celui des catholiques au XVIIIème siècle ». Les musulmans, des catholiques du 18ème siècle ? On devrait donc y arriver.
Il y a enfin le couronnement dans le chapitre 10/10 déjà cité : Quelle place pour l’islam en France ? Voilà l’analyse d’Ahmed Jaballah (théologien, ancien président de l’Union des organisations islamiques de France, courant proche des Frères musulmans ») :
« La question de l’intégration des non-musulmans dans une société musulmane a été pensée théologiquement au cours de l’histoire : dès l’époque du Prophète, avec la « constitution de Médine », qui reconnaissait l’égalité de tous les musulmans ou non. Mais le contraire –être musulman dans une société non musulmane- est une notion assez nouvelle, qui n’a pas été étudiée jusqu’au 20ème siècle. Cet effort de la réflexion théologique et juridique est notamment fait aujourd’hui par le Conseil européen de la fatwa et des recherches (CEFR) qui a son siège à Dublin. Ce conseil a produit de nombreuses fatwas (avis juridiques) depuis sa création en 1997. Après d’intenses débats, nous avons par exemple autorisé les prêts bancaires pour l’acquisition d’une résidence principale ».
On y retrouve le poids ubiquiste du code, de la législation, qui pèsent sur les musulmans.
Et le discours d’un autre théologien, Mohamed Bajrafil, fait écho à cette constitution de Médine :
« Pour moi, l’islam de France doit être un laboratoire médinois, en référence à cette ville de Médine où le prophète Mohammed a signé un pacte avec les tribus juives pour leur proposer ensemble une communauté de destin. Par ce geste, il a décrété à mon sens la laïcité, assurant aux juifs la judaïté et aux musulmans l’islamité ».
Forcément, vous vous dites (et La Croix aurait pu se dire) : Késaco ce pacte de Médine cité par les deux intervenants ?
Il faut alors se plonger un peu dans l’histoire (sources parfois confuses et contradictoires) de Mahomet à Yathrib (devenueMédine) à partir de 622, date de son arrivée, jusqu’en 627.
Le site Wikipedia (qui vaut ce qu’il vaut) apprend que Mahomet arrive à Médine avec ses premiers fidèles :
« Il est question d’une Constitution de Médine, qui établit une alliance au sein d’une oumma entre les musulmans, les juifs et les autres. Néanmoins, les historiens modernes doutent que tous les points de cette constitution datent de l’époque de Mahomet ».
Certains considèrent qu’il y avait bien trois tribus juives. Certains suggèrent que ce document (dont l’authenticité et la date réelle prêtent donc à discussion) présenterait « une communauté multi-culturelle, sans contrainte religieuse, réunie pour combattre sur le chemin de Dieu ». C’est ce paysage quasi idyllique auquel se réfèrent les deux théologiens. Notons toutefois que la finalité d’une telle communauté est de l’ordre de la pratique de la guerre…
Allons maintenant sur le site de herodote.net, site web consacré à l’histoire universelle (et qui vaut ce qu’il vaut). L’article sur le fuite de Mahomet à Médine se termine par la phrase suivante :
« Pour pacifier les relations entre les deux clans de l’oasis, l’un autour de la tribu Khazraj, l’autre autour de la tribu (juive ?) Aws, le Prophète édicte une « constitution », la Sahifa. Elle autorise la liberté de culte, y compris des juifs, chrétiens et autres sabéens. Mais la présence de plus en plus envahissante des musulmans irrite les tribus juives. Il va s’ensuivre un conflit violent entre les deux communautés ».
L’article suivant est intitulé : 11 février 624, Mahomet rompt avec les juifs de Médine. On y apprend encore que seule la tribu des Aws s’est ralliée à Mahomet (il est d’ailleurs possible que les Aws aient été arabes et non juifs…). Les trois autres communautés juives de Médine persistent dans leur refus de se convertir à la nouvelle foi. En février 624, une révélation divine enjoint à Mahomet et à ses disciples de modifier la prière rituelle : elle se fera désormais en se tournant non plus vers Jérusalem mais vers la pierre noire de la Kaaba, à La Mecque. Au printemps de la même année, un incident oppose les juifs de la tribu des Banu- Kainaku aux musulmans. La tribu est assiégée par le Prophète et ses disciples et, au bout de deux semaines, contrainte de leur livrer ses immenses biens et d’émigrer. Et d’une !
Un peu plus tard, le 21 mars 625, lors d’une bataille (encore) entre Mecquois et Médinois, la deuxième tribu juive, celle des Banu-Nadhir, se voit reprocher de soutenir les habitants de La Mecque. Elle est chassée vers le nord. Et de deux !
Enfin, dans la guerre menée par les musulmans contre les habitants de La Mecque (toujours), Mahomet s’irrite de plus en plus du manque de soutien des juifs de Médine à son égard. La crise arrive à son terme en 627. Mahomet décide d’en finir avec les juifs de la troisième et dernière tribu de Médine, les Banu-Kuraiza, qu’il accuse (ce qui est vrai) d’avoir soutenu les assaillants. Au terme d’un siège de 25 jours, les juifs sont contraints de se rendre. Mahomet confie à l’un de ses compagnons, un membre de la tribu des Aws, le soin de les juger. Ce dernier recommande de mettre à mort les hommes selon l’ancienne loi hébraïque ! Les musulmans décapitent 600 à 700 hommes et les ensevelissent dans une grande fosse de la place du marché de Médine. Ils se partagent les biens de la tribu, ainsi que les femmes et les enfants. Et de trois ! Place à l’umma entièrement musulmane.
Cette situation citée comme exemplaire d’une umma multiculturelle a donc sombré assez rapidement sous l’effet des guerres et agressions menées par des musulmans de plus en plus nombreux et plutôt belliqueux. Toute ressemblance avec toute autre situation ne saurait être que le fruit du hasard.
Au-delà de l’attente impatiente d’une mise à jour argumentée de La Croix, il apparaît avec netteté qu’on gagne toujours à étudier avec précision les textes et l’histoire fondateurs de l’islam. Pour remplacer une omerta ô combien habituelle, ou même une affirmation comme celle faite dans le 8/10 : « le fond du problème n’est finalement pas le verset coranique ». Car le fond du problème est bien souvent le verset coranique. Mais, évidemment, cette dispute est fréquemment évitée pour cause d’intimidation déjà évoquée. On sait malheureusement ce qu’il peut en coûter à ceux qui s’approchent de trop près de ce que les musulmans considèrent comme sacré.
Remarque additionnelle concernant la distinction entre l’islam comme religion et l’islam comme politique : M. Julien Freund, philosophe, lors de la soutenance de sa thèse en 1965 (L’essence du politique) avait rappelé :
« Il est naturel pour l’être humain d’organiser par la force la société dans laquelle il vit afin d’en assurer la concorde et la sécurité ; et quelle que soit la forme que prend cette organisation politique, on est certain d’y repérer une relation entre les éléments suivants : le commandement et l’obéissance ; le public et le privé; l’ami et l’ennemi ».
Il faut bien reconnaître que commandement/obéissance d’une part, ami/ennemi d’autre part s’adaptent parfaitement bien à l’islam. L’islam est par essence politique. Tout se jouera au final dans le choix concernant la mise en oeuvre du troisième diptyque : public/privé.
Les assassins sont de sortie
Le président du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale, Christophe Castaner, réclame depuis plusieurs semaines une réunion avec le Premier ministre, Jean Castex, pour “connaître la position du gouvernement” sur l’euthanasie, suite au dépôt de plusieurs propositions de loi. Sans succès.
Un peu plus de la moitié des députés LREM ont manifesté leur soutien à la proposition de loi de leur collègue Jean-Louis Touraine en faveur de l’euthanasie.
La lettre A révèle que des députés LREM prêts à s’allier au groupe Liberté et Territoire sur le texte sur l’euthanasie :

En même temps, 10 membres d’une association pro-euthanasie, Ultime liberté, ont été mis en examen dans une enquête sur un trafic de Pentobarbital, un barbiturique interdit en France et parfois utilisé pour l’aide au suicide. Ils ont été mis en examen pour «propagande en faveur de produits permettant de donner la mort», «complicité d’importation, détention et acquisition de plantes classées comme psychotropes» et «complicité d’importation en contrebande de marchandises dangereuses pour la santé publique». Trois d’entre elles ont également été mises en examen pour «acquisition, détention et importation de plantes classées comme psychotropes» et «importation en contrebande de marchandises dangereuses pour la santé».
Prenez part à la renaissance de la Collégiale Saint Just (Lyon)
L’association Collégiale Saint Just Mémoire et Patrimoine lance un appel aux dons pour la restauration de ce chemin de croix originaire d’Italie. Il s’agit de 14 peintures sur toile. Elles mesurent 1,58 sur 0,78 cm et furent réalisées à la demande de la Vénérable Marie Potter, née à Bermondsey en Angleterre le 22 novembre 1847 et morte à Rome le 9 avril 1913, pour son couvent des sœurs du Cœur de Marie à Rome. Une intervention est nécessaire pour l’ensemble des œuvres.
La taille et l’originalité de ces tableaux en font une œuvre d’art rare et exceptionnelle. Notre patrimoine, notre histoire, notre église ont besoin de vous.
Nichée au cœur de Lyon sur la très célèbre colline de Fourvière la Collégiale Saint Just est une église construite dès la fin du IV° siècle, agrandie et modifiée à l’époque médiévale. L’actuelle église, en travaux de la fin du XVI° siècle au début du XVIII° siècle, a profité de travaux d’embellissement au XIX° siècle. Sa façade fut refaite par le peintre et architecte Jean Delamonce au XVIII° siècle. L’église, qui est de style classique, présente une belle collection de tableaux des XVIII° et XIX° siècles, et des vitraux réalisés en 1830.
Ce projet permettra de faire connaître la Collégiale Saint-Just en France et dans le monde.
Le chemin de croix, une alliance rare du spirituel et de l’art
Les stations du chemin de croix sont les étapes du chemin parcouru par Jésus lors de sa montée au Calvaire. Le nombre des stations varia jusqu’à la fin du XVIIème siècle où il fut fixé à quatorze. Au XIXème siècle, les chemins de croix étaient commandés sur catalogue à des ateliers spécialisés ; ils n’étaient pas signés. Pour les peintres de premier plan, il s’agissait d’un exercice peu valorisant. C’est pourquoi très peu d’entre eux ont réalisé un chemin de croix. Symbole du patrimoine mobilier de la Collégiale Saint Just, le chemin de croix est un témoignage en péril de l’alliance du spirituel et de l’art.
Malheureusement, ces tableaux sont abîmés, et leur état empire avec le temps. C’est pourquoi nous faisons appel à vous. Les quatorze stations n’aspirent qu’à retrouver leur beauté originelle ; cela ne peut passer que par la générosité de l’homme qui, seule, permettra de sublimer la Collégiale Saint Just.
Le budget du chemin de croix s’élève à 20 690 € pour l’ensemble des tableaux. Un bienfaiteur peut offrir la totalité de la réfection d’un tableau pour une intention particulière qui sera inscrite en ex voto au dos du tableau choisi.
Les dégâts d’un tableau (craquelures, zones gondolées, trous) s’aggravent avec le temps. Les craquelures dans les couches de peintures et de vernis permettent souvent à l’humidité de miner le support, et à terme, la toile toute entière. La restauration est de plus en plus difficile à mesure que les années passent. C’est pourquoi il faut agir rapidement. Plus nous attendrons, plus la restauration sera coûteuse.
En restaurant ces tableaux, vous participez non seulement à la mise en valeur de la Collégiale Saint-Just, mais aussi à la transmission de notre patrimoine culturel religieux et artistique aux générations futures. Ces toiles sont un héritage que nous avons le devoir d’entretenir et de transmettre. Votre générosité est la clé pour perpétuer cet héritage : il vous suffit de faire un don pour venir en aide à la Collégiale !

Gender : Juristes pour l’enfance invite à la plus grande prudence s’agissant de traitements mutilants appliqués sur des enfants sains
Juristes pour l’Enfance s’interrogent :
Différentes chaînes de TV diffusent à un rythme qui s’accélère des émissions qui font la promotion des changements d’identité de genre pour les enfants.
La transition de genre présentée dans ces émissions comporte la transition sociale (utilisation d’un prénom et des pronoms du sexe revendiqué), accompagnée ou suivie d’une transition médicale (bloqueurs de puberté, hormones puis chirurgie).
Juristes pour l’enfance, au-delà de cette recherche du sensationnel, entend rappeler quelques points afin d’assurer la protection de l’enfance.
- L’enfance, au sens de la Convention internationale des droits de l’enfant, va jusqu’au 18ème anniversaire de l’enfant. Elle est la période du questionnement, du tâtonnement, de la recherche, et de la réversibilité.
- Ces émissions qui livrent le ressenti intime des enfants à l’exposition du public interrogent : que reste-t-il de la vie privée et de l’intimité des enfants dont le questionnement est ainsi exposé et médiatisé, alors que les enfants n’ont pas conscience de la violation de leur intimité et ne peuvent y consentir en connaissance de cause ?
- Est-il responsable de présenter la transition de genre comme anodine, alors que de nombreux adultes trans témoignent de sa complexité, de la nécessité de la prendre en charge dans un temps long, sans se précipiter dans des traitements médicaux extrêmement lourds ?
- Est-il raisonnable de mettre en place des traitements irréversibles alors que 85% des enfants au moment ou après leur puberté se sentent finalement bien dans leur sexe biologique ? (selon l’Association psychiatrique américaine, 98% des garçons concernés finissent par accepter leur sexe biologique après avoir naturellement passé par la puberté ). La prise en charge médicale précoce ne risque-t-elle pas de perpétuer inutilement la confusion au détriment de la santé psychologique à long terme des enfants impliqués ?
- Est-il raisonnable d’engager des enfants et des adolescents dans ce processus de transition quand, en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis, de nombreux jeunes adultes regrettent leur transition engagée pendant l’enfance et mettent en œuvre des processus de détransition qui ne seront pour la plupart jamais satisfaisants (notamment lorsqu’une mastectomie a été réalisée) ?
L’enfant a, comme tout un chacun, le droit de recevoir des soins de qualité. La qualité des soins n’est-elle pas interrogée, gravement, par les aspects suivants :
- Les effets secondaires et les effets parfois définitifs des traitements pour les enfants et les ados.
- Le caractère invasif de ces traitements sur le corps sain d’un enfant.
- Le caractère encore largement expérimental des traitements appliqués, sans pouvoir ni prévoir ni contrôler les conséquences (quels effets à long terme des bloqueurs de puberté, quels effets sur le corps et sur le développement du cerveau de cet évitement de la puberté ?)
- L’illusoire consentement d’un enfant à des actes dont il ne peut sérieusement envisager la portée (par exemple, renoncement à l’exercice futur de sa sexualité, plaisir sexuel et fécondité, dont il n’aucune idée).
- Les témoignages montrent que le mal-être de certains jeunes était dû à autre chose (troubles autistiques etc…) et qu’ils n’ont pas bénéficié des soins qu’ils auraient dû recevoir pour ces causes-là.
En Grande-Bretagne, une jeune adulte vient de gagner le procès qu’elle a intenté contre la clinique qui a mené sa transition de genre alors qu’elle était adolescente : les juges ont estimé qu’elle n’avait pas la capacité du fait de son jeune âge de donner un consentement valable à ces traitements.
Juristes pour l’enfance invite à la plus grande prudence s’agissant de traitements invasifs et mutilants appliqués sur des corps d’enfants sains, qu’il convient de différer dès lors qu’ils ne relèvent d’aucune nécessité thérapeutique et exposent l’enfant à des risques importants et des dommages irréversibles.
Complotisme, la nouvelle obsession
De Bernard Mitjavile :
« Complotiste », ce mot aux contours flous est devenu au fil des mois une façon de décrédibiliser ou disqualifier un adversaire dans un débat public quand on est à court d’arguments solides. Plus que cela, on peut y voir une inversion accusatoire consistant à attribuer à ses opposants ce que l’on fait soi-même.
Nous avons eu droit dans les médias mainstream à de nombreux articles ou éditos sur le complotisme supposé générer des théories de complot sans liens avec la réalité. Or de loin la plus grande théorie complotiste des dix dernières années, celle qui a eu le maximum de conséquences en politique internationale ou nationale aux USA, est la théorie selon laquelle la Russie de Poutine a joué un rôle clé par son soutien dans l’élection de Donald Trump en 2016, théorie relayée par le New York Times et le Washington Post et reprise par tous les média libéraux à travers le monde.
La Cinq, comme l’immense majorité des médias français, s’est faite l’écho à de nombreuses occasions, entre autres par le biais de son émission politique phare « C’est dans l’air », de cette théorie devant mener à un Russiagate, des « experts des Etats Unis » intervenant à intervalles réguliers depuis le début du mandat de Trump en 2016 nous dire avec des airs dramatiques que la destitution de Trump était pour bientôt et que le New York Times et le Washington Post contenaient toutes sortes de révélations brûlantes sur l’implication de la Russie (il semble que pour ce genre de média, pour être un expert des USA, il suffit de lire quotidiennement le NYT et le WP).
Cette chaîne comme la plupart des autres médias français, n’a pas éprouvé le besoin de faire le moindre mea culpa lors de la sortie du rapport Robert Mueller le 19 avril 2019, fruit d’une enquête qui a coûté des dizaines de millions de dollars au contribuable américain, rapport de plus de 400 pages concluant à l’absence de toute charge contre Trump.
Or, ces jours-ci, avec toujours la même bonne conscience, se présentant en défenseur du camp du bien et de la vérité contre le mensonge, encore La 5 nous annonce une enquête à paraître sur le complotisme à propos des soutiens à Trump dont Q Anon et du film « Hold-up » concernant la Covid.
Ainsi, l’on voit que ceux qui ont répandu des années durant une thèse complotiste par excellence de grande envergure internationale, la supposition que le Président Trump a été élu en parti grâce à un soutien russe, sont les mêmes qui se spécialisent dans l’accusation de complotisme à l’égard des autres, qui donnent des leçons de déontologie journalistique, prêchant la lucidité face aux supposées fake news circulant sur les réseaux sociaux.
Tout cela serait risible si la puissance de propagande de ces chaînes ou journaux soutenus par l’argent public n’était à prendre en compte.
Concernant « Hold up », la 5 serait bien en peine de démontrer la fausseté d’une accusation centrale de ce film, selon laquelle un bon nombre des personnalités médicales qui se sont opposés à la proposition des professeurs Raoult et Perronne, d’un traitement par les médecins traitants en dehors du Doliprane dès les premiers symptômes des malades de la Covid, étaient l’objet de conflits d’intérêts, ayant reçu des sommes importantes des laboratoires comme Gilead à l’origine du remdesivir.
Complotisme ou pas, il s’agit là de faits qui ont été détaillés avec les montants reçus par chaque médecin. Or le camp du bien n’aime pas les faits quand ils s’opposent à son point de vue. Les dénonciations passées de Hold up n’ont pas empêché son succès sur Internet aussi on peut penser que cette nouvelle enquête va élargir son audience.
Tout ceci n’est pas vraiment nouveau et cela fait longtemps que les défenseurs autoproclamés de la démocratie s’opposent régulièrement en toute bonne conscience aux principes démocratiques, en accusant leurs opposants de représenter une menace pour la démocratie.
En France, parmi les faits graves de cet ordre, on peut citer la façon dont, après le large rejet par les Français du projet de traité constitutionnel européen en 2005, Nicolas Sarkozy le faisait avaliser par un traité plus ou moins identique (Traité de Lisbonne) deux ans plus tard par voie parlementaire. Cela correspondait à une violation claire de l’esprit et des principes de la Vème République. En effet, selon la constitution de la 5ème République, un référendum, un appel au peuple a une valeur supérieure à une décision du Parlement. Les Britanniques, plus démocrates que nous, ont respecté le vote populaire, ce qui a amené au Brexit.
Dans cette situation, les média mainstream ont soutenu l’avalisation par le parlement du nouveau traité (traité de Lisbonne), seul le Front National de Jean-Marie Le Pen, parmi les grands partis s’y est opposé. D’autre part, le combat du FN pour un contrôle ou un arrêt de l’immigration correspondait et correspond toujours à une demande soutenue par une large majorité de Français depuis plus de 20 ans si l’on se fie à une série de sondages d’opinion sur cette question au fil des ans, demande en opposition avec la politique suivie par les gouvernements successifs. Or, c’est le FN de Jean-Marie Le Pen qui a été systématiquement diabolisé sur ce thème et accusé de représenter un danger pour la République et la démocratie. Dans ces deux cas, on voit un parti qui prend des positions relativement en phase avec le peuple français, donc démocrate au sens étymologique, se faire vilipender pour le danger qu’il est supposer représenter pour la démocratie. Je fais cette remarque en dehors de toute politique politicienne et sans apporter un soutien quelconque au RN actuel ou tout autre parti, il s’agit simplement de montrer les manipulations que l’on peut faire subir au thème de la démocratie.
Récemment sur Arte, on avait droit à une série de documentaires historiques sur le communisme et en particulier la Révolution d’Octobre. Pour moi, ne connaissant pas les détails de cette période, j’ai découvert avec un certain étonnement que la prise du palais d’Hiver qui a été le point d’orgue de cette révolution s’était déroulé pratiquement sans d’effusion de sang (cela viendra après), par l’organisation secrète et la ruse contrairement à ce qui est décrit par les films et peintures de propagande communiste supposés représenter cette prise avec de grands combats opposant la population de St Petersbourg aux soldats du tsar. Quand Léon Trotsky qui était aux commandes dans cette affaire, Lénine venant de débarquer d’Allemagne dans un train blindé, a lancé son putsch contre le palais d’Hiver, il n’avait pas le soutien de la Douma (le Parlement), du Tsar ou du peuple. On peut dire qu’avec Trotsky et ses camarades, on avait à faire à de sérieux complotistes, des modèles pour tous les complotistes actuels (pas ceux qui se font dénoncer dans les médias comme tels), des gens pour qui l’histoire se faisait à coup de complots en petits comités pour éliminer les adversaires et définir la ligne d’action à suivre à l’écart des processus démocratiques.
Le jour de cette prise du Palais, la plupart des habitants de Petrograd n’ont rien vu et vaquaient tranquillement à leurs occupations quotidiennes sans être conscients de ce qui se passait jusqu’à ce que la prise de pouvoir des Bolcheviks soit annoncé par L. Trotsky qui termina son discours en déclarant d’une voix sinistre que Kerenski qui était soutenu par la Douma (le parlement russe) finirait « dans les poubelles de l’histoire », un équivalent de l’enfer chrétien chez les communistes férus de matérialisme historique.
Cette révolution au caractère anti-démocratique évident, a été cependant considérée par les communistes comme la révolution du peuple, donc supposée démocratique, par opposition à la révolution de Février 1917 qui a eu droit à l’appellation de révolution bourgeoise pour avoir respecté les formes démocratiques et amené au pouvoir Kerenski.
Aussi, ce vendredi 5 Mars, écoutant l’annonce d’une prochaine enquête de la 5 sur le complotisme, je me suis dit que l’argument commençait à être usé jusqu’à la corde. Chaque fois qu’un journaliste de la 5 parlera de complotisme, les téléspectateurs un peu avertis verront son nez s’allonger comme dans Pinocchio. Mais ces média sont-ils capables de cesser d’exploiter ce thème dans leur intérêt même, s’ils veulent préserver une certaine crédibilité et ne pas continuer à dépendre entièrement de subventions de l’Etat ou de riches propriétaires intéressés, là est la question.
C’est ce gouvernement qui devrait s’auto-dissoudre
De Bernard Antony :
A l’université de Grenoble, ce sont des enseignants pas suffisamment soumis à l’islamophilie obligatoire que menacent de mort les groupuscules terroristes de l’islamo-gauchisme.
Mais Mr Darmanin n’envisage apparemment pas de les dissoudre.
Le danger terroriste, c’était sans doute Génération Identitaire !
Après les villes de l’Oise, de la Vienne, de la Côte d’Or, voici que c’est au tour du Rhône (Rillieux-la-Pape, Bron, Lyon…) de subir des violences urbaines avec, une fois encore, des dizaines de voitures incendiées et des véhicules de police attaquées également.
Et on ne compte plus les faits de même nature, épisodiquement, ces derniers mois, dans la plupart des grandes villes et villes moyennes.
Pourquoi donc, avec des centaines de délits chaque année, jamais les incendiaires des voitures des braves gens et des policiers ne sont-ils jugés et punis ?
Mais le plus urgent, c’était de dissoudre Génération Identitaire !
La vérité, c’est que le gouvernement Macron-Castex-Darmanin, comme hier avec Castaner, et comme il en fut des gouvernements précédents, est incapable de faire régner un Etat de droit.
Ce gouvernement s’est ridiculisé en prononçant la dissolution du mouvement Génération Identitaire très légaliste et défenseur de la sécurité et des libertés.
C’est donc la totalité de ce gouvernement, y compris le président de la République qui devrait s’auto-dissoudre pour son incapacité à effectuer sa mission régalienne fondamentale, qui est d’assurer la paix civile et la sécurité des citoyens. Ce qui a été la marque de l’identité française depuis Hugues Capet faisant serment dès son sacre le 3 juillet 987 que désormais il assurera à tous ses sujets de pouvoir librement se déplacer dans le domaine royal sans risque d’être agressés.
On n’en est hélas plus là aujourd’hui alors que justice n’est plus rendue contre les barbares et les incendiaires qui toujours davantage menacent les personnes et détruisent leurs biens.
Elections législatives partielles… le jour de Pâques
Deux vacances de sièges de députés obligent à procéder à deux élections législatives partielles, l’une dans la 6ème circonscription du Pas-de-Calais (démission du député Ludovic Loquet – LREM), l’autre dans la 15ème de Paris (démission de Marie-George Pau-Langevin – PS).
Les scrutins, qui doivent se dérouler dans les 3 mois qui suivent les démissions, furent retardés « en raison de la crise sanitaire ».
Ils sont finalement fixés aux 04 et 11 avril.
Or le 04 avril marque cette année la fête de Pâques, jour peu propice à des « messes républicaines ». On peut donc s’attendre à des abstentions très fortes.
La femme vue d’Arménie, avec Lala et Tatev
Première partie de notre trilogie : Le F de la Femme, de la Foi, et, de la Francophonie
Elles ont toutes les deux 21 ans. Etudiantes avec des situations familiales différentes, Lala et Tatev s’expriment pour la première fois sur le sujet. Entre les traditions et le modernisme, elles privilégient les traditions. Entre l’émancipation et l’interdépendance, elles choisissent l’interdépendance. Très matures, elles déclarent que « la femme arménienne est l’héroïne de 2020 ».
Ce dimanche 7 mars, la veille de la Journée Internationale de la Femme, à Kanaker, dans le quartier nord d’Erevan, la capitale, une quinzaine de jeunes filles âgées de plus de 18 ans, sortent de la paroisse Saint Grégoire de Narek où a été célébrée la Messe. « Nous allons toutes à la Messe sans exception, expliquent quelques-unes. Et, nous y allons avec le cœur ». Du cœur, elles en reçoivent beaucoup au Centre de Jeunesse Annie Bezikian, où elles vivent. Dans ce centre, les sœurs s’occupent de 23 jeunes filles, qui ont eu des vies familiales très dures. Certaines sont orphelines, de père et de mère. Ici, le paradis a posé ses fondations. « Sans les sœurs, nous ne savons pas ce que nous serions devenues », expliquent Lala et Tatev.
« La gardienne des traditions et des valeurs »
Lala a une sœur, Ala. A la mort de leur père en 2016, elles ont décidé de venir vivre en Arménie. Nées dans le Caucase, en Georgie, à Javakhk, près de la frontière avec l’Arménie, ses jumelles d’origine arméniennes sont redevenues heureuses. Elles qui étaient tristes depuis 2016 ont commencé à écrire de nouvelles pages de joie sur leurs vies. Pour Tatev, les difficultés n’étaient pas les mêmes. Sans les sœurs, elle aurait eu du mal à faire ses études supérieures, et, aurait dû commencer à travailler à 17 ans. Matures, les deux étudiantes ont un avis bien pesé sur la question du féminisme. Pour Tatev,
« la femme en Arménie a un rôle très important, car c’est elle qui s’occupe de l’éducation des enfants. Les femmes sont le pivot de la famille. Elles ont un rôle social et politique. Elles ont un sens du sacrifice pour garder leur famille, et, la protéger de tous les maux qui frappent à la porte. Par exemple, la division, l’égoïsme, l’individualisme, la paresse, le chômage, etc. »
Pour Lala,
« la femme arménienne a une très forte personnalité, c’est la tête de la famille. C’est elle qui aide à prendre les décisions les plus importantes dans la famille, par exemple dans l’éducation des enfants. Elle est, aussi, la gardienne des traditions et des valeurs. Elle a, enfin, un sens très développé de son rôle au sein du pays. Par exemple, pendant la guerre contre l’Azerbaïdjan, les femmes sont venues en aide aux soldats, et, à leurs familles. »

Une féminité au service de la société
Tatev est née à Tashir, dans le nord du pays, une petite ville de 5 000 habitants. Etudiante, elle est francophone. Elle est, aujourd’hui, en quatrième année à la Faculté de Finances, à l’Université Française (l’UFAR). « Je travaille, aussi, dans une compagnie d’assurance, explique-t-elle ». Lala est étudiante à la Faculté de Communication et des Langues Européennes. Elle parle le russe et l’arménien couramment, et, apprend l’espagnol et l’anglais. « Pour moi, c’est important d’apprendre ces langues pour communiquer avec les populations étrangères qui viennent en Arménie. » Tatev se souvient des difficultés qui ont frappé sa famille : « mon père a dû partir à l’étranger pour gagner davantage. C’était une période triste, qui a forgé mon caractère, qui m’a endurci. » Consciente de son rôle futur dans la société, Tatev est une battante. Il en est de même avec Lala qui est très reconnaissante auprès des soeurs de l’avoir accueillie avec sa jumelle.
« Je suis consciente de tout ce que j’ai reçu depuis 4 ans. En tant que femme, je veux montrer que c’est possible de respecter sa foi, ses valeurs traditionnelles, et de développer son pays. Je suis heureuse, car je suis en train de me réaliser en tant que femme. Toute mon énergie et ma motivation, je les dois à ma foi, aux sœurs, et, aux moyens que met à ma disposition ce centre. »
« La femme arménienne, héroïne de 2020 »
Ici entre les mois de septembre et de novembre 2020, les mères ont perdu leurs fils de 18, 19, 20 ans. Plus ou moins 5 000 sont morts au combat. Elles ont été touchées en plein cœur. Mais, comme l’explique Lala, « j’ai rencontré des femmes qui sont fières d’avoir accepté que leurs fils aillent défendre nos terres ancestrales en Artsakh. Ce sont des héroïnes, car, après avoir pleuré la mort de leurs fils, elles se sont remises debout. » La femme arménienne est forte, éduquée, et indépendante. En même temps, elle sauvegarde ses valeurs. Quand Lala parle d’indépendance, elle parle surtout des pressions et des peurs qui sont véhiculées, actuellement, dans la société.
« Indépendante, ne veut pas dire contre les hommes, c’est surtout vis-à-vis de soi-même. Je parlerai surtout d’interdépendance, de cette capacité à être soi-même, pleinement femme, et, en même temps d’être loyale et respectueuse dans la relation avec les autres. Pour moi, la femme arménienne, héroïne de 2020, c’est celle de l’Artsakh, qui pleure son enfant mort au combat, mais, aussi, celle qui est fidèle et qui défend les valeurs traditionnelles familiales. Elle donne sa vie à son mari et à ses enfants, ensuite, à son pays. Elle veut être éduquée, instruite et donner le meilleur d’elle-même. »
Les droits des femmes pour la famille
Mai 68 est évoqué. Elles en ont entendu parler. Elles trouvent l’émancipation de l’ouest excessive. Elles parlent des valeurs traditionnelles, qui ont façonné l’Arménie depuis toujours.
« Les valeurs traditionnelles sont notre force, et, nous devons les sauvegarder. C’est une question de balance, d’équilibre. Si, par exemple, j’oublie toutes ces valeurs pour m’émanciper, j’oublierai mon histoire, mon identité, ma personnalité. Je perdrai ma face. Les valeurs traditionnelles ne sont pas mauvaises. Elles sont vitales. »
Lala est sur la même longueur d’ondes que Tatev. Elle ne comprend pas ces « droits » à l’émancipation de la femme qui sont contre les valeurs familiales traditionnelles.
« En fait, explique-t-elle, nous ne voulons pas de ces valeurs dites modernes d’émancipation qui sont contre nos traditions. Je veux garder mes valeurs familiales traditionnelles. Je ne veux pas lutter contre l’émancipation ou quelque chose d’autre, je veux lutter pour mes valeurs. Je veux vivre avec elles, car je les aime beaucoup. Elles sont notre avenir. »
Les deux jeunes femmes se projettent dans l’avenir, quand elles auront charge d’âmes et de leur famille. Leur priorité : la famille, puis, leur vie professionnelle. Elles n’envisagent pas, non plus, d’avoir une vie de famille qui change tous les 5 ou 10 ans.
« C’est très difficile d’aimer une deuxième fois quand on s’est donnée à son mari, et, réciproquement. Nous avons un poète qui a écrit : ‶ On ne peut pas aimer une deuxième fois, mais on peut aimer deuxièmement. ″ Et, la confiance est très difficile. »
Des modèles de femmes

Lala souhaiterait ressembler à Angelina Jolie, pour son côté philanthropique. Mais elle parle surtout des sœurs, qui sont un exemple d’abnégation et de don de soi. Pour Tatev, le modèle de femme par excellence est « celui de la Vierge Marie. Elle a consacré toute sa vie pour nous. Ici, les sœurs ont ensemencé en nous les semences de l’amour ». Toutes les deux sont conscientes de leur rôle de femme « éducatrice » et de leur rôle dans les moments difficiles. Après avoir été malade pendant son enfance, Tatev a développé des qualités indéniables, qui la rendent forte psychologiquement. Elles sont prêtes à affronter les difficultés de la vie. Elles regrettent la culture actuelle de l’individualisme et des rapports de futilité, d’utilité. A l’unisson, ou presque, elles affirment que « nous devons nous aider, nous soutenir les unes et les autres. Car nous nous aimons les uns et les autres. » Au sujet des regrets, Lala en a un, elle qui aime tant la France, « celui de ne pas parler le français. Ici, la Francophonie est très développée. » Lala et Tatev sont des femmes d’action et d’esprit. Alors qu’une vague de départs d’Arméniens a été constaté depuis la fin de la guerre, les deux jeunes femmes « veulent rester et construire l’Arménie de demain ». En somme, elles sont déjà, des femmes leaders, amoureuses et respectueuses de leurs traditions. De futures héroïnes.
Reportage réalisé par notre envoyé spécial Antoine BORDIER
C’est arrivé un 8 mars…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Alors rappelons-nous :
-
le 8 mars: saints du jour français ou en France.
-
St Humphroy, évêque de Thérouanne († 871)
-
Au pays des Morins, en 871, saint Humfroy, évêque de Thérouanne. Quand sa ville fut détruite par les Normands, il devint un soutien et une consolation pour son troupeau.
-
St Étienne, premier abbé d’Aubazine († 1159)
A Aubazine (Obazine), dans le Limousin, en 1159, saint Etienne en fut le premier abbé de ce lieu. En quête de Dieu, il hésita entre la vie d’ermite, de chanoine et de moine. Il proposa à ses disciples de vivre en commun l’idéal du désert. Il établit, par la suite, ses communautés sous la dépendance de Citeaux qui, à la même époque, garantissait ce genre d’observance et s’agrégea à l’Ordre cistercien avec les trois monastères qu’il avait fondés.
-
le 8 mars 1118 : élection de l’antipape Grégoire VIII.
Moine Français de Cluny, il est poussé par Henri V, empereur du St empire, à devenir pape car l’élection de Gélase II lui déplaît. L’empereur n’y trouvant pas son compte, lui retire bientôt son soutien. Grégoire finit enfermé dans un monastère à partir de 1121.
-
le 8 mars 1144 : mort du pape Célestin II.
-
le 8 mars 1729 : Gilles Hocquart est nommé intendant de la Nouvelle-France.
Gilles Hocquart (1694-1783) devient intendant de la Nouvelle-France en 1729, et ce jusqu’en 1748. Il développe la colonie sur les plans économique, commercial et administratif. Les exportations se développent ainsi que la production agricole et navale. Il est également reconnu pour ses qualités humaines. Il a été certainement un des meilleurs intendants de toute l’histoire de la Nouvelle France.
-
le 8 mars 1759 : les privilèges de L’encyclopédie sont supprimés.
Un Arrêt du Conseil du Roi révoque les privilèges de L’encyclopédie. Le livre ne peut plus être imprimé; le Conseil ordonne par ailleurs sa destructionsa destruction par le feu. Les manuscrits conservés par Diderot sont saisis, mais Malesherbes les cache chez lui. Le Parlement de Paris l’enregistre aussitôt et condamne ainsi pour la seconde fois l’ouvrage.
-
le 8 mars 1777 : le gouverneur de l’île Bourbon, Souillac lutte, au nom du Roi de France, contre les atrocités des colons français contre les esclaves.
Par ordonnance, il condamne à 5 peines ceux qui se livrent aux atrocités de la chasse des esclaves « marrons ». Le marronnage est le nom donné à la fuite des esclaves hors de la propriété de son maître.
-
le 8 mars 1790 : les colonies françaises préservent leurs « Privilèges » et le droit de proposer leurs lois internes.
Antoine Barnave, porte-parole des colons de Saint-Domingue, fait admettre le maintien de l’esclavage dans les colonies. Et cela, malgré la récente abolition des « Privilèges », les lois privées, propres à chaque Provinces et non les titres de noblesse ou du clergé. (Voir la chronique du 4 aout).
-
le 8 mai 1829 : la cathédrale d’Orléans est inaugurée.
La première église date de 330. Plusieurs fois détruite, des travaux de reconstruction sont décidés en 1278 par Robert, évêque d’Orléans. Arrêtée plusieurs fois, par les guerres entre la France et l’Angleterre, en partie détruite par les protestants lors des guerres de religions, sa dernière reconstruction, commencée en avril 1601, a été tout de même exceptionnellement longue. Le Roi Charles X inaugure la cathédrale ce jour.
-
le 8 mars 1835 : Lacordaire donne sa 1ère conférence à Notre-Dame de Paris.
-
le 8 mars 1848 : la Garde nationale est ouverte à tous les citoyens.
La milice bourgeoise créée sous la Révolution pour contrôler les débordements populaires devient ouverte à tous. Désarmée par Napoléon, mais réactivée sous la Restauration, elle joue un rôle prépondérant lors des insurrections. Ainsi, en 1830, comme en février 1848, elle contribue à faire tomber les régimes en place. Cette ouverture à l’ensemble des Français est symbolique et, tout comme le suffrage universel, donne le sentiment d’être représentative de l’ensemble de la population. Elle participe enfin aux répressions des Ateliers nationaux et de la Commune de Paris.
-
le 8 mars 1855 : Victor Hugo est à Jersey.
Il y pratique les tables tournantes. Il dialogue avec Satan à longueur de journée. Nous possédons les procès verbaux de ce que disent les tables. Le 8 mars, un esprit anonyme proclame le nouvel évangile :
« La vraie religion, c’est un immense approvisionnement de bêtes fauves et non un immense bûcher. C’est une immense tendresse pour les féroces, pour les infâmes, pour les bandits. »
Tiré du livre de François Marie Algoud Histoire de la perversion de l’intelligence et de mœurs. (Edition de Chiré, page 110).
-
le 8 mars 1869 : décès d’Hector Berlioz, compositeur français.
Probablement à cause d’une congestion pulmonaire. Empreint d’un certain mysticisme propre aux romantiques de l’époque, son œuvre est redécouverte tardivement grace à “La Symphonie fantastique” et à son “Requiem“.
-
le 8 mars 1870 : à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, des terrains sont affectés à la construction d’un hôpital militaire, d’un quartier de l’Infanterie de Marine, avec une place d’armes.
-
le 8 mars 1886 : vote d’une loi instituant les lundis de Pâques et de Pentecôte comme fériés en France.
-
le 8 mars 1900 : Dreyfus proteste contre le projet de loi d’amnistie.
-
le 8 mars 1946 : les Français achèvent de débarquer à Haiphong.
Voir la chronique du 6 mars.
-
le 8 mars 1972 : le décret sur la contraception entre en vigueur.
En France…
-
le 8 mars 1974 : inauguration de l’aéroport Charles De Gaulle.
10 ans de travaux auront été nécessaires pour voir apparaître l’aéroport, alors, le plus moderne d’Europe. Le Premier ministre Pierre Messmer l’inaugure. Il est ouvert au public à partir du 13 mars. Les premiers vols rallient Paris à New York.
Équipé à l’époque d’un seul terminal et d’une seule piste, l’aéroport est devenu en 30 ans la première plateforme aérienne de France avec quatre pistes et trois aérogares qui accueillent annuellement plus de 48 millions de passagers.
L’UE, zone de liberté LGBT : une préoccupation de Nadine Morano
La délégation française du groupe PPE a communiqué sur les temps forts de ses députés au Parlement Européen. Voici le “temps fort” de Nadine Morano :
Mercredi, Nadine Morano se prononcera sur plusieurs textes relevant de la compétence de la commission en charge des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures dont la résolution sur la « Proclamation de l’UE comme zone de liberté LGBTIQ et LGBTI ».

C’est une bonne nouvelle que le groupe hongrois, le Fidesz, ait quitté le PPE, qui a adopté de nouvelles règles. Jusqu’ici des députés pouvaient être individuellement exclus du groupe. Désormais on peut exclure aussi un parti.
La réforme du CESE propose d’exclure les associations ou organisations cultuelles
Le comité chargé de proposer des évolutions de la composition du Conseil économique, social et environnemental, présidé par M. Jean-Denis Combrexelle, président de section au Conseil d’Etat, président adjoint de la section de l’Intérieur, ancien président de la section du contentieux, a remis vendredi son rapport au Premier ministre, M. Jean Castex. Le rapport est disponible ici.
Le comité chargé de proposer des évolutions de la composition du Conseil économique, social et environnemental a proposé d’ouvrir la 3ème Assemblée constitutionnelle à de nouvelles thématiques.
Quelque 33 membres du CESE représentaient les associations familiales (10 pour les associations familiales, 8 pour la vie associative et les fondations, 11 pour l’Outre-mer et 4 pour les jeunes et les étudiants). Le nombre de sièges réservés aux associations va passer de 33 à 45 (soit une augmentation de 36 %, et de 68 % en retirant l’Outre-mer). Proposant d’exclure les associations ou organisations cultuelles (même si rien n’interdit de prendre en compte de organisations qui revendiquent un ancrage religieux, comme la CFTC ou la Confédération nationale des associations familiales catholiques, qui siègent actuellement au CESE) et des associations qui sont l’émanation de partis politiques, le comité retient 25 structures représentant les associations (page 23).
Ainsi, 8 sièges seraient réservés à la vie associative, dont au moins un fonds ou une fondation sur proposition du Centre français des Fonds et Fondations.
Quelque 6 sièges seraient attribués aux jeunes et étudiants :
- 2 pour les associations étudiantes représentatives (FAGE et UNEF),
- 2 pour l’enseignement de la jeunesse et l’éducation prioritaire (une association proposée par le Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire et par le Forum français de la jeunesse),
- 2 au nom de l’insertion professionnelle (pour Nos Quartiers ont du talent et Tous en stage).
Les associations familiales auraient 9 sièges :
- 6 pour l’Union nationale des Associations familiales (UNAF), dont un représentant de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens,
- 1 pour la protection de l’enfance,
- un représentant des aidants,
- un représentant des retraités et préretraités, avec la Fédération nationale des associations de retraités et préretraités (FNAR).
Quelque 14 sièges seraient attribués aux nouveaux champs thématiques :
- Ainsi, 3 sièges seraient attribués à la lutte contre les discriminations, la diversité et les quartiers prioritaires (pour Mozaïk RH l’Agence pour la diversité entrepreneuriale et Citoyenneté Possible ou Banlieues Actives),
- 2 sièges pour la pauvreté, l’hébergement d’urgence, la lutte contre l’exclusion et l’accueil des demandeurs d’asile et droits des étrangers (1 siège pour la Croix-Rouge, et un pour une association désignée par le collectif Alerte),
- 2 siège pour le handicap (un représentant la CNCPH et un par le Collectif Handicaps),
- 1 siège pour l’égalité femmes-hommes, pour la Fédération nationale solidarité femmes,
- 1 siège pour France victimes, dans le cadre de l’aide aux victimes,
- 1 représentant du monde du sport, désigné par le Comité nationale olympique et sportif français,
- 1 représentant des consommateurs, désigné par l’UFC Que choisir ou 60 millions de consommateurs,
- 1 représentant de l’économie numérique, avec France digitale,
- 1 représentant de la cohésion territoriale, avec France Tiers Lieux
- 1 représentant de la santé, avec France assos santé.
La Manif Pour Tous demande la démission d’Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’égalité Femmes-Hommes
Provocation, scandale, indignation, honte… les mots manquent pour qualifier les propos d’Elisabeth Moreno sur RTL. Invitée au Grand Jury à l’occasion du 8 mars, Journée Internationale des Droits des Femmes, celle qui est ministre déléguée à l’égalité Femmes-Hommes (ça ne s’invente pas !) s’est déclaré favorable à la GPA.
En s’appuyant sur un cas particulier, Elisabeth Moreno a été très claire : “J’y suis favorable mais de manière très encadrée”. Pour La Manif Pour Tous, la question n’est pas l’encadrement de la GPA mais cette pratique en tant que telle. En effet, quelles qu’en soient les modalités, la GPA n’est rien d’autre que sous-traiter la maternité. Outre l’asservissement d’une femme liée par un contrat pendant toute sa grossesse, la GPA nie la maternité en arrachant un enfant à celle qui l’a mis au monde, c’est-à-dire sa mère. L’esclavage, ça ne s’encadre pas !
Les propos d’Elisabeth Moreno sont particulièrement choquants puisqu’elle est en charge, au sein du gouvernement, de l’égalité entre les femmes et les hommes. Comment peut-elle continuer à défendre les femmes en se disant favorable à leur asservissement à travers la GPA ? La réponse est simple : c’est impossible. Conséquence : elle doit démissionner d’elle-même après cette sortie de route, ou être démise de ses fonctions par le Président de la République.
Cette provocation intervient précisément à l’occasion de la Journée Internationale pour les Droits des Femmes. Loin des délires d’Elisabeth Moreno, La Manif Pour Tous a fait le choix de célébrer dignement ce 8 mars. 268 jeunes Mariannes ont mis en scène les conséquences de la GPA en défilant enchaînées hier après-midi au pied de la Tour Eiffel, avant de se libérer de leur chaînes pour rappeler qu’aucune atteinte aux droits des femmes n’est tolérable en France comme dans les pays du monde. Le choix d’un lieu symbolique avait pour objectif de voir les photos faire le tour du monde, ce qui est d’ores et déjà le cas, avec par exemple le Guardian.
Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous, déclare :
« Les propos d’Elisabeth Moreno sont indignes d’une ministre de la République. L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut reposer sur la promotion d’une pratique qui relève de l’asservissement des femmes et qui n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme d’esclavage. Et puisque la dignité des femmes n’a pas de frontière, la seule solution est de s’engager pour l’abolition universelle de la GPA ». « Comme femme, je ne me reconnais pas dans la vision de la femme portée par Elisabeth Moreno. Même si elle s’est prononcée à titre personnel, sa parole engage le Gouvernement tout entier. Sur un sujet aussi grave, cela ne peut être sans conséquence. Elle doit donc, d’une manière ou d’une autre, quitter sans délai le gouvernement ».
La Manif Pour Tous vient d’adresser en ce sens un courrier au Président de la République.
Le catholicisme aux Etats-Unis
La dernière lettre de Paix Liturgique est consacrée au catholicisme aux Etats-Unis et a été réalisée par notre ami Daniel Hamiche, avant son décès. En voici un extrait :
[…] Il est un autre aspect propre au catholicisme des États-Unis : le fait qu’il ait eu à survivre en milieu protestant. Pendant longtemps – et dans certains secteurs, même haut-placés, cela continue – les catholiques ont paru suspects à la majorité protestante du pays. On se souviendra de ces caricatures d’évêques-crocodiles s’en prenant à la statue de la liberté à coups de morsures de mitre dentée ! En fait le préjugé remonte aux tous premiers colons anglais, puritains, qui trouvaient l’Eglise (protestante) d’Angleterre trop papiste à leur goût, ce qui leur valut la haine de leur compatriotes et les confirma dans leur anticatholicisme, dès lors invétéré et endurci.
La révolution américaine, prônant la liberté du culte et, somme toute, favorable à l’expression religieuse en général, accorda sa tolérance, au moins en droit, aux catholiques ; une lettre ouverte, précieuse, de George Washington à tous les catholiques du tout nouveau pays visait à les rassurer que les États-Unis ne comptaient pas perpétuer les lois discriminatoires qui sévissaient contre eux au Royaume-Uni. Mais les préjugés de la majorité demeuraient.
Cette histoire va laisser au catholicisme américain contemporain certaines traces. Jusqu’à l’élection de John F. Kennedy en 1960 les catholiques ici n’ont pas tout à fait droit de cité dans les faits : la campagne présidentielle du catholique Al Smith en 1927-28 a pu paraître chimérique à l’époque.
L’éducation publique aux États-Unis a longtemps eu une forte teinte de protestantisme : bien des académies (celles-ci relèvent de l’État, par ex. Tennessee ou Massachussetts) imposaient aux élèves la récitation de prières protestantes en début de journée, et ainsi de suite. Cela amena les évêques américains, réunis lors du troisième concile de Baltimore en 1884, à déclarer que chaque paroisse des États-Unis devait avoir—dans la mesure de ses moyens—une école paroissiale abordable, voire gratuite, pour prémunir les petits catholiques des périls encourus dans les écoles protestantes d’État. Les parents catholiques étaient obligés sub gravi d’y envoyer leurs enfants, sauf permission expresse de l’évêque du lieu. Dix ans plus tard déjà, plus de 4.000 paroisses sont dotées de leur propre école. Le réseau de l’instruction catholique fut un grand succès, très robuste et abordable (surtout grâce aux religieuses, ces maîtresses d’école non-salariées), jusqu’à la capilotade postconciliaire.
Ce repli a pu créer un certain « complexe d’infériorité » par rapport à la majorité protestante. Les paroisses ethniques, avec leur clergé, leur couvent de sœurs enseignantes et leur école devenaient parfois de véritables ghettos où se déclinait une sorte de catholicisme intégral d’apartheid voulu, même encouragé, par les évêques. On se regroupait autour du curé, personnage vénéré qui faisait la loi et qui jamais n’avait à demander deux fois des contributions pour réparer le toit de l’église ou construire, justement, l’école paroissiale. Ce complexe faisait que souvent, par exemple au travail ou en compagnie mixte, l’on évitait de se révéler catholique. Le même concile de Baltimore qui promulgua les écoles paroissiales inventa le costume dit de « clergyman », impossible à distinguer de la tenue des ministres protestants. D’ailleurs, quand les chants en vernaculaire ont été admis à la messe après Vatican II, certains catholiques (surtout parmi le clergé, il faut bien le dire) se sont réjouis de ce qu’on allait enfin avoir des offices comme les protestants. Mais d’autres, qui eux s’enorgueillissaient de leur différence, se sont sentis trahis, perdant ainsi la confiance qu’ils avaient nourrie pendant l’après-guerre pour leur clergé.
Mais cette période, qui s’étend à peu près du milieu du XIXe siècle au Concile Vatican II, ne perdit pas de vue non plus son engagement missionnaire. Si l’on restait entre soi par rapport à la majorité protestante et anglo-saxonne dans la mesure du possible, on « allait vers » les plus démunis de cette société américaine dont la fabuleuse richesse n’était pas distribuée à parts égales ; en effet le célèbre IIIème concile de Baltimore tenu en 1884 avait préconisé les missions auprès « des Indiens et des gens de couleur » . Ainsi les Sœurs du Très Saint Sacrement, fondées en 1889 par l’héritière convertie Ste Katherine Drexel, fondèrent des écoles pour les Indiens navajos dans le Sud-Ouest du pays, ainsi que pour les petits Noirs dans le ghetto de Harlem à New York ; elles établirent même la seule « Negro College » (établissement universitaire réservé aux Noirs) catholique, Xavier University, en Louisiane. On vit aussi, en 1893, la fondation de la Société de s. Joseph du Sacré Cœur (les Joséphites), dont la mission était—et demeure—l’éducation des jeunes gens noirs.
Il faut aussi souligner la fierté qu’éprouvaient les catholiques américains des années 1950. Ils avaient bâti leur paroisse avec son école ; ils avaient réussi à s’intégrer (la deuxième guerre mondiale fut un creuset de camaraderie avec d’autres) ; comme tout le monde ils rejoignaient la classe moyenne lors des « Trente glorieuses ; ils avaient un réseau social robuste (confréries et sodalités en tout genre)… Au point que cela commençait à inquiéter l’establishment anglo-protestant.
Mais cet environnement protestant – les protestants eux-mêmes diraient tout simplement « chrétien » – a eu du bon aussi. L’on entend dire parfois que les catholiques américains sont plutôt pieux et pratiquants, et par rapport aux pays de l’Europe occidentale, c’est bien ce que l’on constate, et cela reflète leur existence en milieu protestant. Les USA n’ont jamais eu de république laïque à la française, ni de Kulturkampf allemand (sans compter les désastres nazi et communiste), ni de Garibaldi, etc. Au contraire, la religion, le christianisme (sans distinction) ont toujours constitué la trame morale de la société américaine, dans laquelle pas un jour ne passe sans que l’on se fasse dire « Dieu vous bénisse » (si l’on éternue par exemple). Ici, les personnalités publiques, des présidents (tous partis confondus) aux vedettes de la chanson (Michael Jackson, Prince), finissent leur discours ou concerts avec un « God bless you » ou encore « God bless America » sincère. On sait toujours où les personnalités publiques vont aux offices, de sorte qu’on a pu faire grief au président Obama à cause de certains prêches de son pasteur protestant, à Chicago… Cela ne se verrait jamais en France.
Il n’est guère étonnant qu’en moyenne, 25 % des baptisés catholiques aillent à la messe tous les dimanches – et des 75 % restants, une bonne proportion assiste aux offices protestants, au gré des régions. Il est mal vu – surtout dans le Midwest – de faire la grasse matinée le dimanche…
En 2022, Nicolas Sarkozy pourrait soutenir…Emmanuel Macron [Add.]
Le mythe d’un Nicolas Sarkozy de droite continue de s’écrouler. Tous ceux qui rêvent de son retour en politique pour “sauver” la droite devraient analyser son quinquennat catastrophique pour les idées de droite. Il s’est fait élire sur un projet de droite mais il a mis en œuvre un “en-même temps” avant l’heure et sans être capable de se faire réélire…
Comme le rapporte en effet le Journal du dimanche dans son édition du 7 mars, Nicolas Sarkozy n’exclut pas de soutenir Emmanuel Macron pour le scrutin de 2022. L’ancien chef ‘Etat y n’a jamais caché qu’il s’entretenait avec l’actuel président pour échanger sur des sujets d’actualité. « Le soutien à Macron fait partie de ses hypothèses, très clairement, il n’écarte rien », explique au JDD un cadre des Républicains.
Pour l’heure, Nicolas Sarkozy soutiendrait Emmanuel Macron à défaut de trouver dans les rangs des Républicains un candidat susceptible d’endosser l’habit de président. Dans le listing actuel des candidats potentiels, aucun ne trouverait grâce aux yeux de Nicolas Sarkozy. « Il n’y en a aucun qu’il respecte vraiment, qui soit proche de lui. Au fond, il n’a peut-être pas envie que quelqu’un à droite lui succède », confie au JDD un proche de l’ex-président.
Mais cela n’a bien évidemment rien à voir avec ses difficultés judiciaires…
Et pour ceux qui doutent encore, il faut lire “La cause du Peuple” de Patrick Buisson.
Addendum : Réaction d’un cadre LR qui ne supporte plus les “Sarko-addicts” du parti

Charlotte d’Ornellas met en évidence le lien entre terrorisme, délinquance et immigration
Charlotte d’Ornellas démontre que Gérald Darmanin est dans le déni :
Gérald Darmanin n'a vraiment pas de chance.
Depuis septembre, il nous répète que le terrorisme et la délinquance n'ont jamais de rapport avec l'immigration :
• Attentat contre les anciens locaux de Charlie Hebdo
• Attentat contre Samuel Paty
• Attentat à Nice
• Pau
• Reims pic.twitter.com/kAEqHMFege— Charlotte d'Ornellas (@ChdOrnellas) March 7, 2021
Le délit de « prosélytisme » en Grèce devant la CEDH
De Nicolas Bauer, de l’ECLJ :
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit[1] ». Mettre en pratique ce commandement de Jésus Christ est illégal dans des États musulmans, communistes, mais aussi actuellement en Grèce. D’après la Constitution grecque actuelle, entrée en vigueur en 1975 : « Le prosélytisme est interdit » (art. 13 § 2). Une loi adoptée en 1938, pendant le régime nationaliste de Metaxas, fixe les sanctions pénales en cas de prosélytisme[2]. Une personne tentant de « modifier le contenu » de la conscience religieuse d’autrui, même « indirectement », encourt une peine d’emprisonnement.
Très vague, l’incrimination de « prosélytisme » laisse une large place à l’interprétation. Une personne évangélisant l’un de ses amis, par des discussions religieuses, peut-elle être poursuivie pour prosélytisme ? Et peut-elle être condamnée pour ce délit si ledit ami témoigne devant le tribunal de sa totale liberté en embrassant la foi chrétienne ? La réponse est oui : c’est ce qui est arrivé à M. Damavolitis. Cet agriculteur crétois, marié et père de six enfants, a parlé de sa foi à un ami, M. Vamvoukas. Ce dernier a demandé le baptême, dans une Église pentecôtiste, qui n’est pas celle de M. Damavolitis. M. Vamvoukas n’a jamais porté plainte ; qu’importe, sa conversion a pour origine un acte délictueux et le procureur s’est donc chargé d’engager les poursuites contre M. Damavolitis.
La condamnation injuste d’un chrétien missionnaire
M. Damavolitis a été condamné à quatre mois de prison ferme ainsi qu’à une amende (2009). Ce jugement a été confirmé en appel (2011), puis en cassation (2013), et c’est enfin à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) que M. Damavolitis a déposé une requête (2014). Ce chrétien protestant allègue une violation de son droit à la liberté de religion, reconnue à l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme. L’ECLJ, autorisé par la Cour à intervenir dans cette affaire pendante, a déposé des observations écrites le 15 février 2020. Nous avons démontré que pénaliser le prosélytisme viole les articles 9 et 10 de la Convention européenne.
La requête Damavolitis c. Grèce n’est pas la première que la Cour accepte de juger à propos de l’interdiction grecque du prosélytisme. Ce sujet revêt même une importance particulière dans la jurisprudence européenne. Il est l’objet du premier arrêt rendu en matière de liberté de religion, en 1993, soit trente-quatre ans après l’institution de la CEDH[3]. Un Témoin de Jéhovah, M. Kokkinakis, considérait que l’interdiction du prosélytisme violait ses droits. Les neuf juges siégeant alors à la Chambre avait été très divisés sur la question. Le jugement révèle une position de compromis entre eux : la Cour a reconnu la violation de la liberté de religion de M. Kokkinakis, mais n’a pas pour autant condamné la loi grecque.
Ce jugement Kokkinakis c. Grèce avait été critiqué comme insuffisamment protecteur des libertés. Certes, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a considéré que les juridictions grecques avaient adapté leur jurisprudence dans la décennie suivante, afin d’éviter des condamnations injustes et excessives[4]. Mais, comme le remarquait déjà le juge Pettiti en 1993, la jurisprudence Kokkinakis «laisse trop de place à une interprétation, ultérieure, répressive de la part des juridictions grecques[5] ». La condamnation de M. Damavolitis témoigne de la clairvoyance de cette mise en garde. Demander à la Grèce de modifier son interprétation de la loi n’a pas été suffisant pour protéger les libertés.
Une loi liberticide freinant les conversions
L’interdiction et la pénalisation du prosélytisme en Grèce violent plusieurs libertés reconnues aux articles 9 et 10 de la Convention européenne. En effet, l’apostolat est protégé à la fois par la liberté de « communiquer des informations ou des idées » (art. 10) et par celle de « manifester sa religion ou sa conviction (…), en public ou en privé » en particulier par « l’enseignement » (art. 9). La CEDH considère que l’État n’a aucun « pouvoir d’appréciation (…) quant à la légitimité des croyances religieuses ou des modalités d’expression de celles-ci[6] ». Elle a explicitement reconnu, en matière religieuse, « le droit d’essayer de convaincre son prochain[7] ». La loi grecque sanctionne l’exercice de ce droit et dissuade les personnes de l’exercer (chilling effect)[8].
En outre, la protection légale du prosélytisme est indispensable à l’exercice, par chaque personne, de la « liberté de recevoir (…) des informations ou des idées » (art. 10) ainsi que sa « liberté d’opinion » (art. 10) et sa « liberté de changer de religion ou de conviction » (art. 9). Ces dernières, dans la Convention européenne, sont des droits absolus et inconditionnels, car ils touchent à la conscience même des personnes. La nécessité du prosélytisme pour permettre aux personnes d’exercer librement leur liberté de changer de religion est attestée par de nombreux témoignages, par exemple ceux du reportage de l’ECLJ « De l’islam au Christ : la persécution des convertis en France[9] ».
La loi grecque de 1938 viole donc les droits à la fois de celui qui pratique le prosélytisme et de celui qui en est l’objet. C’est pourquoi l’ancien Rapporteur spécial des Nations unies sur l’intolérance religieuse, Abdelfattah Amor, avait « vivement recommandé » à la Grèce d’abolir son délit de prosélytisme[10]. L’affaire Damavolitis c. Grèce est une occasion pour la Cour d’adopter la même position et de reconnaître cette violation de la Convention européenne. Il est particulièrement clair dans cette affaire que la loi non seulement supprime les libertés de croyants, mais réprime également la conversion religieuse de chacun. C’était son objectif explicite en 1938 ; c’est aujourd’hui son effet sur MM. Damavolitis et Vamvoukas.
D’autres incriminations pour réprimer certains abus
La Grèce va devoir justifier, devant la CEDH, l’existence dans son droit interne d’un délit de prosélytisme. En 1938, l’objectif de Metaxas était de favoriser la « religion dominante », c’est-à-dire les chrétiens gréco-orthodoxes, et de lutter en particulier contre les courants protestants. À l’occasion de l’affaire Kokkinakis, en 1993, la Grèce avait prétendu protéger « la conscience d’autrui à l’égard des activités portant atteinte à sa dignité et à sa personnalité[11] ». Il est probable que cette justification, fondée sur les droits des personnes qui sont l’objet de pratiques prosélytes, soit reprise par la Grèce dans la présente affaire Damavolitis.
Il est permis d’espérer que la Cour ne sera pas convaincue par l’argumentation de la Grèce. Certes, la loi grecque de 1938 cite certaines méthodes contestables d’influence. Il n’est évidemment pas ici question de justifier certains abus graves, comme la manipulation mentale, la violation de domicile ou encore le vol de données personnelles. Mais ces pratiques très diverses sont la plupart du temps utilisées pour des raisons areligieuses. Elles font donc l’objet de dispositions de droit pénal ordinaire, qui s’appliquent à tous. C’est pourquoi, d’après le juge Martens, « même dans les cas de « coercition à des fins religieuses (…), rien (…) ne justifie d’ériger en infraction pénale la coercition dans le domaine religieux en soi[12] ».
La Grèce devra expliquer à la CEDH pourquoi son délit de « prosélytisme » va bien au-delà de la seule répression d’abus, au point de réprimer des discussions amicales privées. La médiatisation de M. Damavolitis, en particulier localement, lui a même fait subir un véritable ostracisme social. Il dit ne plus pouvoir fréquenter les cafés de son village et avoir changé ses enfants d’école pour cette raison. Ces persécutions larvées à cause de la justice sont annoncées dans la Bible et ne sont pas vaines. Ce sont celles qui permettent aujourd’hui à M. Vamvoukas de témoigner ainsi : « J’ai été baptisé dans l’eau. C’est moi qui l’ai demandé (…). Je lis l’Évangile. J’ai cru et je crois encore[13] ».
Marion Maréchal : “La recherche du bien commun, c’est de pouvoir réguler l’immigration”
Marion Maréchal était l’invitée de France TV pour évoquer l’actualité et notamment la religion, le bien commun, le pape François, l’immigration, le féminisme…
Bill Gates, nouveau Nimrod
De Jacques Duverger :
Au travers des réseaux de pouvoirs constitués autour de sa puissance financière, Bill Gates s’est transformé ces dernières années en un grand chasseur de corps et d’âmes d’hommes, à l’image du premier roi de Babel Nimrod (Genèse 10.8-10). Véritable architecte en chef de la nouvelle Babylone du XXIème siècle, Babylone technologique – big tech, big pharma, big media, et bientôt big farm et big food – il a su créer le point de mire de tous les rois et marchands de la terre en marche vers une gouvernance mondiale. Il semble même que ses anticipations futuristes et son obsession vaccinale – un vaccin, un passeport, un Guide – en fassent un prophète porte-parole de cette bête politico-religieuse décrite par le prophète Daniel et dont la technologie permet la projection d’image (Apocalypse 13. 15).
L’anecdote pour Gates et son langage unique Windows veut que Babel (qui veut dire confusion) se soit initialement appelée Bab Il (Porte des cieux). Quant à la révolution sociétale qui accompagne sa vision du monde, elle ne doit pas nous surprendre. Le récit biblique nous dit que Nimrod est le fils de Cush – Bar Cush en hébreu, Bacchus – l’allié de tous les mouvements dionysiaques moderne. Ce Dionysos dont Jean Brun nous annonçait magistralement le Retour dans son sublime essai philosophique où il décrivait déjà son cortège de lacérations et de déchirements en tous genres.
Une figure de la fin des temps
La Bible prend grand soin de nous décrire le climat spirituel et les signes des temps précédant le retour du Messie en gloire. En 2 Thessaloniciens 2.3-4, l’apôtre Paul écrit :
Car ce jour n’arrivera pas avant qu’éclate le grand Rejet de Dieu, et que soit révélé l’homme de la révolte qui est destiné à la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de dieu, et de tout ce qui est l’objet d’une vénération religieuse.
Il ira jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu en se proclamant lui-même dieu.
Ce passage situe donc le combat ultime dans la possession du Temple de Dieu, plus exactement dans sa profanation en y prenant place et en proclamant une nouvelle Loi dans ce Temple, se faisant ainsi dieu à la place de Dieu. Mais quel est ce Temple de Dieu ?
Dans l’économie de ceux qui croient que Jésus est le Messie, ce Temple est notre corps, lieu de la présence de son Esprit :
Dieu n’habite point dans des temples faits de main d’homme. (Actes 17:24)
Vous êtes le temple de Dieu. Votre corps est le temple du Saint-Esprit. (1 Corinthiens 3:16 ; 6:19)
C’est donc dans notre corps que se joue la bataille finale précédant le retour en gloire du Messie.
La guerre du corps : vaccination contre sanctification
A la lumière de ces versets, l’enjeu de la vaccination obligatoire, du passeport vaccinal, des vaccins ARNm, des vaccins cultivés-développés-testés dans des cellules d’embryons avortés (HEK 293, PER.C6) prend une dimension eschatologique saisissante.
Cette vaccination revêt un caractère extraordinaire puisqu’il s’agit d’une injection d’ARNm. Elle n’est pas la simple stimulation de notre système immunitaire comme dans le cas d’une vaccination traditionnelle provoquant la constitution de lymphocytes mémoires. Elle est plus que cela. Elle conduit à la réécriture de notre identité épigénétique – avec tous les dangers que cela comporte : hybridation de notre épigénome, transcription inverse possible en cas de contamination par des rétrovirus.
Elle participe de la volonté d’inscrire dans notre corps une marque issue de sacrifices humains, ceux d’embryons avortés, une marque de mort qui confesse dans notre corps un changement d’identité, une allégeance à Moloch. Cette injection au cœur même de notre identité corporelle – notre épigénome – traduit l’acceptation d’une nouvelle loi au sein du temple de notre corps, un anti-évangile. Cet anti-évangile peut se résumer ainsi :
- Tu tueras ton prochain pour te faire vacciner ;
- Ma santé est au-dessus du bien et du mal ;
- Mon corps ne glorifie pas Dieu et blasphème son nom.
Ce programme vaccinal poussé par l’impie Bill Gates au travers de l’OMS avec la complicité de lâches corrompus comme Macron s’inscrit en opposition frontale de la Parole de Dieu – et il n’y a pas ici de « en même temps » :
-
Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ?
-
Glorifiez donc Dieu en votre corps et en votre esprit, qui appartiennent à Dieu. (1 Corinthiens 6:19-20).
-
Le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps (1 Corinthiens 6:13).
L’obsession vaccinale de Gates
De même que Nimrod a voulu se bâtir un empire et entraîné l’humanité dans ses projets de révolte contre Dieu, Gates use de toute sa puissance pour imposer sa marque vaccinale. La volonté de vaccination obligatoire qui travaille les esprits des décideurs politiques s’inscrit dans un vaste mouvement spirituel : l’émergence du pouvoir de la bête prophétisée par Daniel. Dans la symbolique biblique, cette bête symbolise un pouvoir politique hostile au règne de Dieu et s’opposant férocement aux principes évangéliques du Royaume de Dieu. Cette bête est l’expression collective de cette génération impie – avortement de masse, pornographie omniprésente, corruption financière, abominations sexuelles, fausses doctrines, christianisme non doctrinal, rejet de la Parole de Dieu – décrite par Paul dans sa deuxième lettre à Timothée (2 Timothée 3.1-5) :
Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles.
Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force.
Dans sa dimension politique, c’est donc une bête féroce, totalitaire.
La vaccination, baptême du biopouvoir
L’histoire a retenu la figure d’Antiochus Epiphane comme un prototype de l’ennemi du peuple de Dieu, une figure antéchristique. Défenseur zélé de la culture grecque, de son rapport au corps et de son mode de vie, il ordonne l’abolition de la Torah et impose d’offrir des porcs en holocauste dans le Temple. Ses actions seront à l’origine de la guerre de libération initiée par la famille Maccabée. Judas Maccabée (ce qui veut dire Marteau) poursuivra le combat jusqu’à la victoire totale et la purification du Temple en 164 avant J-C. Cette purification du Temple sera commémorée par la fête de la Dédicace, ou fêtes des lumières – Hanoucca. Jésus s’associe à cette fête en Jean 10.22.
Cette guerre a beaucoup à nous dire sur les temps que nous traversons et les nouvelles lois qu’on veut nous imposer. La dictature aux portes de nos corps est essentiellement une transgression religieuse avant d’être une transgression médicale. Il nous faut absolument résister à cette apostasie.
Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. (Matthieu 9.12 ; Marc 2.17 ; Luc 5.31)
Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira (1 Corinthiens 3:17).
Christianisme contre Macronisme
Au travers de l’OMS, de sa Fondation, de son empire financier, Bill Gates déploie son agenda et étend son filet sur la France et sur Macron, l’homme qui aime l’avortement et les transgressions. Christianisme contre Macronisme. La guerre des corps aura bien lieu. La guerre des corps, pour les corps, contre les corps, dans les corps. Mais la victoire nous appartient.
Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort (Apocalypse 12.11)
Jacques Duverger
Expulsions de djihadistes : la sécurité ou les droits de l’homme ?
Les États européens ont déjà condamné de nombreux djihadistes « revenants » de Syrie et d’Irak ainsi que leurs complices agissant depuis l’Europe. La plupart sont binationaux ou étrangers. En plus de leur peine, parfois déjà purgée, les États européens peuvent-ils les déchoir de leur nationalité européenne et les expulser dans leurs pays d’origine ?
L’ECLJ est intervenu dans deux requêtes pendantes à la CEDH, déposées par des djihadistes en voie d’expulsion : Adam Johansen c. Danemark (n°27801/19) et Isam Al-Bayati c. Allemagne (n° 12538/19). Leurs observations sont disponibles ici : https://eclj.org/observations
Nicolas Bauer est interrogé sur RCF sur ce sujet :
Plaintes contre la Syrie et ses « attaques chimiques »
D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :
Dans le camp du mal, il y a la Syrie et la Russie. Dans le camp du bien, il y a les pays occidentaux et leurs services secrets, les dollars saoudiens ou qataris et de multiples ONG volant au secours du peuple syrien persécuté par le méchant Bachar, « l’homme qui tue son propre peuple ».
Pas de chance : cette guerre soi-disant civile et qui fut, en réalité, le plus grand engagement djihadiste international des temps modernes, a été gagnée par les méchants qui ne voulaient pas que la Syrie devienne islamiste.
La fiction des rebelles modérés et la réalité de ce que furent Daech ou le Front al-Nosra n’a pas servi de leçon aux Occidentaux. Pour des raisons allant de la stupidité au machiavélisme en passant par la lâcheté, personne ne veut reconnaître que l’erreur d’analyse fut totale. Pire, il faut entretenir la propagande anti-syrienne car nul ne sait de quoi demain sera fait : la Syrie est ruinée, les sanctions américaines l’étouffent et « la coalition » (en fait l’Amérique) occupe le tiers du pays.
Cette propagande prend de multiples formes, docilement relayée par des médias d’un conformisme accablant, mais son plus beau fleuron est l’utilisation supposée d’armes chimiques par l’armée syrienne. Elle n’a jamais fait l’objet d’un débat équilibré, le coupable étant désigné d’office.
Pourtant, de sérieuses analyses ont mis en doute la doxa officielle, par exemple sur les attaques de 2013 dans la Ghouta et à Douma. Richard Lloyd, ancien inspecteur à l’ONU, et Theodore Postol, professeur au MIT, ont publié, en décembre 2013, un rapport très documenté concluant que les missiles chimiques n’avaient pas pu être tirés depuis les zones contrôlées par l’armée syrienne. Car missiles chimiques il y a eu, et il faut savoir que de nombreux dépôts de l’armée syrienne ont été pillés au début de la guerre par des milices islamistes. Le New York Times a commenté ce rapport dans son édition du 28 décembre 2013, le rejetant sans aucun contre-argument.
Obama lui-même était si peu convaincu qu’il renoncera à « punir » la Syrie, au grand dam de François Hollande.
L’attaque à Khan Cheikhoun du 4 avril 2017 est tout aussi discutable. Trump n’y croyait pas non plus et fit semblant de bombarder une base syrienne. Il y eut bien 59 missiles Tomahawklancés mais les Américains avaient aimablement prévenu les Russes (comme toute la presse s’en fit l’écho) et il n’y eut pas de victimes. Le secrétaire d’Etat américain James Mattis reconnaîtra ensuite qu’il n’y avait aucune preuve de l’implication de l’armée syrienne (Newsweek du 8 février 2018). Si ce n’est pas l’armée syrienne…
Une autre attaque a été imputée à l’armée syrienne par les médias occidentaux, celle du 4 avril 2018, encore à Douma. Celle-ci est encore plus caricaturale. Les vidéos montrées en boucle à l’époque laissaient voir des Casques blancs transportant en courant des civils qui semblaient suffoquer, ce qui ne veut tout de même pas dire grand-chose alors que la guerre fait rage et que des immeubles s’effondrent. Il est surtout intéressant de remarquer que les combats touchaient à leur fin et l’armée syrienne fit son entrée à Douma quelques jours plus tard. Déclencher une attaque chimique au moment où la victoire est imminente est, en effet, hautement crédible.
Pour la petite histoire, ces Casques blancs, combattants islamistes déguisés en secouristes, furent ensuite exfiltrés par les Israéliens vers la Jordanie à la demande des Américains.
Rien n’est crédible dans ces attaques qui sentent bon la manipulation, mais le tout, c’est de faire semblant d’y croire. Alors, pour entretenir la flamme et raviver l’attention des médias, rien de tel qu’une petite plainte « pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre » venant d’ONG dévouées.
Mais qui sont-elles vraiment ?
La première est le Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, dit SCM (Syrian Center for Media and Freedom of Expression). Cette ONG est adhérente d’un forum appelé EuroMed Droit qui « est un forum et un vivier d’expertise pour les ONG et les militants des droits humains dans la région euroméditerranéenne ». Le premier résultat de recherche sur Google renvoie directement au site d’EuroMed Droits.
Ce forum ne s’intéresse pas qu’à la Syrie, puisqu’on y retrouve comme adhérents des ONG appelées, par exemple, Institut méditerranéen pour les études du genre, Centre danois pour la recherche sur le genre, l’égalité et la diversité, Ligue des droits de l’homme, Conseil grec pour les réfugiés, Internacionalisme Solidaritat Feminismes, etc.
La liste est longue et assez internationale, mais on y retrouve les mêmes thèmes : genre, diversité, réfugiés, droits de l’homme. Le chemin paraît assez tortueux pour rejoindre la guerre en Syrie, mais ce n’est qu’une apparence. La destruction de la Syrie (après celle de l’Irak ou de la Libye) relève de la même stratégie de démolition des valeurs chrétiennes et des régimes arabes laïques. La destruction de ces derniers a permis, notamment, l’afflux de millions de réfugiés musulmans en Europe, accélérant ainsi sa décomposition.
Ce n’est pas un hasard si, dès le début de la guerre en Syrie, la gauche et l’extrême gauche ont été en pointe pour tenter d’abattre ses dirigeants. Le rôle moteur joué par Sarkozy en Syrie et en Libye devrait, d’ailleurs, faire réfléchir ceux qui lui accordent quelque crédit.
La deuxième ONG est plus intéressante encore : il s’agit de l’Open Society Justice Initiation. Elle appartient à la nébuleuse Open Society Foundations créée par notre vieil ami George Soros. Le rôle destructeur de ce milliardaire hongrois que Viktor Orbán, le courageux Premier ministre hongrois, a été bien inspiré en l’empêchant de nuire sur son sol est sans limite financière. Selon Wikipédia, Soros a consacré 18 milliards de dollars à l’activité de ses fondations.
De la Hongrie à la Cour européenne des droits de l’homme en passant par les Gay Pride et les soutiens aux mouvements migratoires, les combats de Soros semblent multiples. Mais, on l’a bien compris, ils rejoignent le même objectif, là aussi : détruire le vieux monde chrétien. Le site de l’Open Society Foundations (basée à New York) est impressionnant par l’ampleur des programmes soutenus dans le monde. Depuis l’Afrique du Sud de l’apartheid jusqu’au mariage homosexuel, rien ne manque.
Une mention spéciale pour les Balkans, tout de même, où la fondation de Soros fut très active. Il est fort intéressant d’observer que l’éclatement de la Yougoslavie, le chaos organisé par les Occidentaux (Chirac et Clinton en tête), l’écrasement des Serbes, le premier djihad européen et, in fine, la création du Kosovo regroupent les mêmes acteurs que ceux de la Syrie. À une différence près : ce qui a marché dans les Balkans a échoué en Syrie grâce à un homme : Vladimir Poutine. On comprend mieux pourquoi les offensives contre lui sont permanentes.
La troisième ONG est Syrian Archive. C’est elle qui est censée apporter les preuves filmées des attaques chimiques de l’armée syrienne. J’ai décrit, dans mon précédent article, ce qu’il fallait en penser.
Pour l’anecdote, les deux avocats des ONG sont d’abord Jeanne Sulzer, qui fut responsable juridique d’Amnesty International (c’est bien, on retrouve tout le monde). Elle se signala notamment lors du débat sur la déchéance de nationalité des binationaux terroristes par cette phrase historique : « Cette mesure venait porter atteinte à l’égalité entre les Français »(France 3, 22 décembre 2015). La seconde est Clémence Witt, qui a défendu Christophe Raumel, accusé de complicité dans l’attaque de l’Hyper Cacher par Coulibaly. Elle avait, sans rire, déploré « la froideur de la justice antiterroriste ». Passé un certain niveau, on ne sait plus quoi dire…
Tels sont quelques-uns des acteurs qui ont contribué à cette grande manipulation que fut la guerre en Syrie. Elle a échoué pour l’instant mais le combat est loin d’être terminé.
Une jeunesse en friche
Ce site classe les pays d’Europe en fonction du nombre de crimes. La France doit à la Biélorussie de ne pas être dernière des 41 pays européens mentionnés !
François Billot de Lochner souligne l’hyperviolence au sein de la jeunesse :
En France, aujourd’hui, les victimes de la violence sont toujours plus jeunes. La semaine dernière, dans l’Essonne, en région parisienne, deux adolescents de 14 ans étaient poignardés à mort en moins de 24 heures, tandis qu’un troisième, âgé de 13 ans, était sauvé de justesse après avoir reçu un coup de couteau à la gorge.
Des vies fauchées trop tôt, à la suite de sordides règlements de compte de bandes tentaculaires, formant de véritables petites armées que plus rien n’arrête. La première victime, une collégienne, a reçu un coup de couteau dans le ventre en tentant de s’interposer. L’autre victime a été tuée au cours d’un affrontement auquel participait une trentaine d’adolescents, munis de bâtons, de béquilles et d’armes blanches.
Peut-on classer de telles horreurs comme de simples « faits divers » ? La classe politique, en tout cas, ne semble guère s’émouvoir de cette surenchère de barbarie. Huit ans déjà se sont écoulés depuis que Laurent Obertone publiait son essai-choc, La France Orange mécanique, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation ne s’est guère améliorée.
Cette situation dramatique, son intensification et son accélération, est le fruit d’une triple responsabilité, tristement partagée.
Responsabilité des familles, pour commencer. Encouragées en cela par l’Etat et par l’école, elles sont les fruits d’un système qui prône le laxisme et la démission. Les enfants, les adolescents sont livrés à eux-mêmes, et l’exemple ne venant pas d’en haut, il n’y a aucune espèce d’autorité familiale à attendre pour venir les encadrer. Ils poussent et croissent ainsi que des arbustes sauvages, et nul ne songe jamais à les « tailler » par une éducation structurée pour leur donner une forme et une âme humaine.
Responsabilité de l’Education nationale, en second lieu. Le ministère de la rue de Grenelle n’instruit pas plus qu’il n’éduque, et laisse en friche les enfants qui lui sont confiés. Les professeurs n’ont ni les moyens moraux (pour les meilleurs d’entre eux), ni la volonté (pour les plus idéologisés) de leur donner une colonne vertébrale par le savoir. Pire, l’Education nationale entretient les adolescents dans le sentiment bien commode que s’ils sont en si piètre posture, c’est que la « société » est responsable de leur malheur. Ils ont toutes les excuses, et tous les droits. Envisager de les rééduquer, avec un peu de muscle, il n’y faut point songer : ce serait assimilé à du fascisme…
Responsabilité de l’Etat, enfin, matrice des autres responsabilités. Il n’est pas anodin que ces actes de violence surviennent à proximité de grandes agglomérations déshumanisées, cibles de politiques publiques à répétition qui sont capables de larguer par avion des millions, mais qui ne s’attaquent jamais aux problèmes de fond, situés bien en amont, à commencer par une immigration dérégulée qui a permis à des populations déracinées de s’y installer, sans horizon, sans idéal et sans travail. Les subventions dont bénéficient ces territoires, qui ne sont pas perdus pour tout le monde, sont inversement proportionnelles à l’autorité de l’Etat qui s’y exerce, ou aux moyens policiers et judiciaires destinés à faire régner l’ordre.
La solution pour mettre fin à ce tragique état de fait existe bel et bien, mais elle exige un changement de logiciel politique plus que radical… copernicien !
La télé-société ne peut pas être un modèle
Marion Maréchal, directrice de l’ISSEP, propose une réflexion sur le télétravail et ses conséquences sur nos relations sociales :
Nous sommes en train de vivre une mutation accélérée, pour ne pas dire forcée, de l’organisation sociale. Au prétexte de la crise sanitaire, et plus largement dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, les pouvoirs publics incitent très fortement, voire contraignent, à la généralisation du télétravail et du télé-enseignement. On nous promet des lendemains qui chantent : cette numérisation des rapports sociaux et professionnels permettrait de réduire l’impact carbone, de rendre le salarié plus autonome, de faire des économies, de réduire les inégalités, de redynamiser la « France périphérique ». L’enthousiasme paraît unanime.
Les salariés eux-mêmes semblent plébisciter cette organisation : 73% de ceux qui pratiquent le télétravail veulent le poursuivre[1]. Ces chiffres sont néanmoins à nuancer. D’une part, car la généralisation du télétravail est une expérience récente pour bon nombre de salariés qui n’en mesurent pas encore les effets sur le long terme et, d’autre part, car ils ne sont que 32% à vouloir télé-travailler de manière régulière contre 41% de manière ponctuelle.
Un autre sondage confirme cette information : 63 % de salariés français souhaitent « travailler la majorité de leur temps au bureau », tandis que 8 % rêvent de « travailler exclusivement à distance »[2]. Autrement dit une majorité de salariés souhaite que le télétravail demeure l’exception et non la règle. Pourtant ce n’est pas la direction qui semble être prise au regard des multiples interventions d’hommes politiques et de patrons de grandes entreprises.
« Le télétravail reste la règle », rappelait le gouvernement début février, tandis que Suez annonçait en novembre la signature d’un accord généralisant et pérennisant le travail à distance au-delà de la crise Covid-19, « afin de renforcer la qualité de vie professionnelle et favoriser la flexibilité ». Pour preuve encore, au cours du confinement de mai dernier, Xavier Chéreau, directeur des relations humaines de PSA annonçait sur le réseau social LinkedIn : « Nous sommes prêts à faire du télétravail la référence pour les activités qui ne sont pas directement liées à la production ».
Nous avançons donc peu à peu vers un modèle où le télétravail deviendra durablement la norme quand il est aujourd’hui pratiqué de façon complémentaire voire marginale dans certains secteurs.
La mise à mal du corps intermédiaire qu’est l’entreprise.
Spontanément, il est difficile de considérer que la vie du travailleur sautant de son lit à son canapé en commandant Uber Eats le midi tout en draguant sur Tinder soit un véritable progrès. Qui dit télétravail dit aussi télé-séduction ! N’oublions pas que 14% des couples se forment au bureau. En 2ᵉ position du classement des rencontres, on trouve le lieu d’étude avec un taux de 11 % ; ce qui n’est pas anodin au regard de la quasi-disparition des cours en présentiel dans le supérieur.
Mais au-delà de ce choix de vie individuel, le problème est plus global. Nous risquons d’assister à l’affaiblissement de l’entreprise comme corps intermédiaire indispensable au bon fonctionnement de la société et à la socialisation des personnes.
Comme l’explique Philippe Schleiter, consultant en management, dans son ouvrage[3] :
« Ainsi, avec la disparition du service militaire, l’affaiblissement de la famille et l’essor de l’enfant roi, l’entreprise est devenue un indispensable lieu de socialisation. C’est au contact de leurs collègues que nombre de jeunes professionnels comprennent qu’ils ne sont pas au centre de toutes les attentions, qu’ils réalisent l’importance des obligations mutuelles, apprennent les règles élémentaires du savoir-vivre. Antidote contre le narcissisme et l’égocentrisme contemporains, l’entreprise est aussi une instance de transmission des savoirs et des connaissances, y compris informels. En permettant un lien direct entre les différentes générations de salariés, elle est un pont qui se déploie au-dessus de l’abîme du présent. En son sein les individus s’inscrivent dans une mémoire partagée et dans des projets communs. De la sorte, ils se hissent au-dessus d’eux-mêmes. »
Une incidence négative sur la communauté et la performance de l’entreprise.
Il est convenu de penser que le télétravail serait une source de productivité économique pour l’entreprise. De nombreuses études semblent attester que les télétravailleurs seraient plus efficaces que leurs collègues présents au bureau. Pourtant, ces études souffrent d’un grave biais méthodologique qui remet en cause leur pertinence : elles s’appuient généralement sur des enquêtes portant sur de petites quantités de télétravailleurs volontaires pratiquant le télétravail un nombre de jours très limité.
A l’inverse, une récente étude de l’OCDE indique que les gains de productivité du télétravail suivent, dans les entreprises, une courbe en cloche : à partir d’un certain seuil de télétravail (concernant aussi bien la proportion du personnel en télétravail que le nombre de jours alloués au télétravail) ils tendent à décliner, voire à s’inverser.
Rien de surprenant, puisque le télétravail érigé en règle permanente contribue à détruire l’univers commun qui fonde la culture de l’entreprise. Il oblitère la transmission des savoir-faire informels et des valeurs de l’entreprise, il empêche la formation de souvenirs collectifs et le partage spontané de connaissances ; toutes ces interactions qui permettent de construire une communauté et de puiser la motivation pour s’impliquer dans un projet commun qui nous dépasse. Pour convenir de cela, encore faut-il accepter de ne pas systématiquement voir l’entreprise comme un lieu d’exploitation mais l’appréhender comme un lieu possible d’épanouissement et de sens.
Par ailleurs, le simple fait d’échanger à travers un écran avec ses collègues n’assure pas la qualité de ces échanges et permet difficilement de construire des relations profondes et de confiance. 41% des salariés en télétravail affirmaient avoir vécu une dégradation de leur lien social, un délitement de leurs relations avec leur collègue et un véritable manque. [4]
Sans compter que c’est avant tout la communication informelle en entreprise qui est source de créativité. Steve Jobs lui-même, le fondateur d’Apple, mettait en garde contre l’illusion que la créativité pouvait naître d’échanges numériques[5].
« Bien maîtrisé, le télétravail renforce la flexibilité et l’agilité de l’entreprise. Mal dosé, il provoque son atomisation, voire sa liquéfaction. » résume Charles-Henri Besseyre des Horts[6].
Depuis quelques années, l’on a vu se développer des modèles de management à l’horizontal, en lieu et place du traditionnel modèle vertical français, incarné par l’esprit convivial des start-up, l’apparition des « open space », le travail en « mode projet ». La généralisation du télétravail signe le retour d’une hiérarchie plus rigide. La visioconférence ne facilitant pas la participation et la prise de parole en dehors du cadre hiérarchique ; les initiatives étant souvent facilitées par l’ambiance du groupe et la communication non verbale de ses collègues.
Un gain d’autonomie en partie illusoire
Côté salarié, l’on vante un gain d’autonomie conséquent permettant de s’organiser plus facilement, de gagner du temps en évitant des trajets et ainsi de concilier plus aisément vie personnelle et professionnelle, tout cela au service d’une plus grande productivité et efficacité pour l’entreprise.
Les enquêtes à ce sujet incitent pourtant à en douter : de nombreuses études tendent en effet à démontrer que les télétravailleurs ont tendance à se surinvestir dans leur travail, en s’y consacrant jusqu’à 2 h 30 de plus par semaine, pour prouver – et se prouver – qu’ils sont toujours dans le coup[7].
Mais ce n’est pas tout. Selon une étude du Ministère du Travail, les cadres télétravailleurs sont deux fois plus nombreux à adopter des horaires de travail atypiques, le soir, la nuit et le week-end [8]. Si bien que ces
« cadres télétravailleurs intensifs ne semblent pas bénéficier d’une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée que les autres : […] leurs proches se plaignent autant de leur manque de disponibilité. Le télétravail peut en effet engendrer des conflits travail-famille, car les membres de la famille peuvent formuler des demandes de disponibilité qu’ils n’exprimeraient pas si la personne ne travaillait pas à la maison[9] ».
Les inconvénients ne s’arrêtent pas là. Le télétravail s’accompagne le plus souvent d’une augmentation du contrôle des salariés : 45 % des salariés français interrogés affirment travailler dans une entreprise utilisant des outils de surveillance pour suivre le temps de connexion, l’historique du navigateur, les mouvements de la souris…[10]
Parmi ces salariés télé-surveillés, seuls 35 % disent se sentir « libres de s’organiser à leur convenance » et 18 % s’estiment « micro-managés jusque dans les moindres détails ».
L’éloignement peut induire des effets pervers et pousser le manager à multiplier les normes, (process, procédures, reportings, réunions en visioconférence, etc.), particulièrement chronophages et psychologiquement épuisantes pour le salarié.
Un nouveau levier de concurrence déloyale :
Beaucoup de cadres urbains socialement favorisés ont pu se réjouir du télétravail. En habitant dans des appartements spacieux ou en ayant pu se réfugier dans les résidences secondaires ou familiales de province, ils ont pu bénéficier d’un cadre adéquat et agréable pour travailler.
Pourtant, ces profils risquent de vite déchanter car la généralisation du télétravail favorisera une nouvelle forme de concurrence déloyale. En effet, la barrière du territoire étant levée, qu’est-ce qui retiendra demain une société d’engager un cadre francophone ou anglophone à l’autre bout du monde pour réaliser le même travail deux fois moins cher ? Après les agriculteurs et les ouvriers qui ont vu leurs activités et leurs emplois délocalisés, de nombreux cadres risquent de découvrir à leurs dépends la dure loi de la « compétitivité ».
La généralisation du télétravail aggrave également les inégalités sociales partiellement gommées par l’accès au bureau commun. En effet, le domicile ne permet pas toujours un espace de travail adapté et calme, certains ont de jeunes enfants présents, tous n’ont pas des outils numériques adaptés ou de connexion internet performante.
Pour toutes ces raisons, l’on comprend mieux le cri du cœur de Marrisa Mayer, PDG de Yahoo : « Nous avons besoin d’être un Yahoo!, et cela commence par être physiquement ensemble !”, pour expliquer sa décision de mettre fin, en février 2013, à la pratique généralisée du télétravail.
Il en est de même pour Oracle ou IBM qui ont mis fin à leurs tentatives de généralisation du télétravail après plusieurs années d’expérience. Ces précédents devaient à tout le moins inviter à la prudence.
La justification de l’imposition du télétravail par les entreprises est avant tout économique.
La réalité derrière ce phénomène est probablement moins glorieuse que les objectifs vertueux affichés le plus souvent d’ordre sanitaire, social ou écologique.
Ce modèle à distance est une source d’importantes économies pour l’entreprise. Elle permet de réduire les coûts liés aux locaux et aux charges afférentes ainsi qu’aux déplacements du personnel. Cette motivation économique ne se retrouve pas seulement dans le monde de l’entreprise mais aussi dans l’enseignement.
Téléenseignement : un échec retentissant.
L’enseignement supérieur voit se multiplier depuis de nombreuses années les cours et formations « en distanciel ». Ce modèle est économiquement très intéressant pour ce secteur puisqu’il permet de réduire drastiquement les coûts des écoles tout en augmentant significativement sa potentielle clientèle d’étudiants. Chose surprenante, cette numérisation est, dans l’esprit général, synonyme de modernité, d’excellence. Les écoles en font d’ailleurs souvent un argument marketing de premier ordre.
Cette tendance à la numérisation de l’enseignement a été amplifiée par l’épidémie. Depuis de nombreux mois, le Gouvernement a imposé les cours à distance pour les universités et les écoles supérieures privées à quelques exceptions près (TD de 1ère année, BTS, Prépa, enseignements techniques ne pouvant être dispensés à distance, etc.)
Mais le modèle du télé-enseignement généralisé semble aussi montrer ses limites : l’on assiste à un taux de décrochage record des étudiants. Il n’est en rien surprenant de constater que les étudiants ont du mal à rester concentrés plusieurs heures par jour devant un écran. A distance, le professeur n’est pas en mesure d’adapter le rythme et le contenu de son cours face à un public plus passif qu’à l’ordinaire. L’exercice est nécessairement moins interactif et l’accès immédiat à l’internet pousse à la distraction.
Le confinement du printemps 2020 a également prouvé les limites de l’enseignement à distance du primaire au secondaire, à tel point que le Ministre de l’Education a décidé de laisser les écoles ouvertes depuis septembre à la suite des difficultés importantes rencontrées par les élèves avant l’été.
Pourtant, depuis de nombreuses années, les ministres de l’éducation vantent la numérisation du système scolaire comme un moyen de réduire les inégalités sociales et d’adapter l’enseignement aux spécificités de chaque élève. De nombreux investissements et projets sont allés dans ce sens. Cette utopie politique a été violemment balayée par la réalité.
Comme le rappelle Michel Desmurget, docteur en neurosciences, dans un récent article : « (…) les conclusions de dizaines d’études académiques et institutionnelles de grande ampleur, conduites depuis vingt ans aux quatre coins du monde (ont conclu): plus l’effort de numérisation augmente, plus la qualité de l’enseignement baisse, plus les résultats des élèves diminuent et plus le poids des inégalités sociales s’accroît »[11] ; une conclusion que semble confirmer la récente expérience nationale du confinement.
Le modèle de la télé-société généralisée contribuera indéniablement à accélérer l’hyper-individualisme et l’atomisation de la société dont souffre déjà notre époque. Il délite des communautés qui donnent sens à la vie, comme l’entreprise ou l’école, sans pour autant garantir un réel gain de productivité.
Le télétravail s’impose sous couvert d’arguments écologiques qui sont pour partie fallacieux car le numérique n’a évidemment pas un impact carbone neutre, loin de là. Selon l’ADEME, le secteur informatique (usage et production des équipements) est responsable aujourd’hui de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et la forte augmentation des usages laisse présager un doublement de cette empreinte carbone d’ici 2025. 4 % des émissions de gaz à effet de serre, c’est 1,5 fois plus important que le transport aérien. S’il est accompagné d’une pièce jointe d’1 Mo, un mail émet 19 g de Co2 en sachant que 34 millions de mails sont envoyés toutes les heures. Envoyer 20 mails par jour pollue autant que parcourir 100 kilomètres en voiture. En France, 10 % de l’électricité produite est consommée uniquement par des « Data centers » et leur propre consommation représente autant qu’une ville de 50 000 habitants[12].
Ces quelques données doivent inciter à prendre du recul sur les slogans assénés dans le débat public concernant les bénéfices supposés de la mise à distance des relations professionnelles et sociales. Cette mode politique pousse à des comportements dont la balance sociale avantages-inconvénients n’est pas nécessairement positive.
Décidément non, la télé-société ne peut et ne doit pas être un modèle absolu.
Sœur Arousiag, au cœur de la jeunesse d’Arménie
Première partie de notre trilogie sur la Congrégation des Sœurs Arméniennes de l’Immaculée Conception
Née en Syrie, à la sortie de la seconde guerre mondiale, sœur Arousiag est la Supérieure de cette congrégation fondée le 5 juin 1847, à Constantinople. Elle est surnommée la « mère Teresa » d’Arménie. A Rome, son nouveau port d’attache, elle multiplie ses activités, sa vie de foi et sa vie de prière, pour venir en aide aux populations fragiles, à commencer par la jeunesse. Interview d’une sœur qui vit au cœur de l’Eglise et de la jeunesse abandonnée, orpheline, et, pauvre.
Bonjour Mère, vous êtes la Supérieure de la Congrégation des Soeurs Arméniennes de l’Immaculée Conception. Pouvez-vous vous présenter ?
Sœur Arousiag : Comme tout le monde en Arménie me connait sous le nom de Sœur Arousiag, j’ai tendance à toujours me présenter ainsi tout en respectant ceux et celles qui voudraient plutôt se référer à Mère depuis mon élection comme supérieure générale, en décembre 2016. Je suis née à Alep, en 1945. Mais, j’ai vécu entre la Syrie et le Liban, puisque mes grands-parents maternels vivaient à Beyrouth, et, que le travail de mon père nous y a conduit. J’ai passé toute une partie de mon enfance au Liban.
Votre enfance a été bercée par un climat catholique favorable, un terreau qui a permis à votre vocation de germer et de fleurir. Comment vous est venue votre vocation ?
Mes parents étaient catholiques pratiquants. Mon père, orphelin du génocide, sauvé par sa tante maternelle, a rejoint très jeune l’armée française à Alep. Il l’a servie, fidèlement, pendant vingt-cinq ans. De ce fait, il préférait toujours assister à la Messe latine. Ma mère fréquentait l’Eglise arménienne. Avec mes quatre sœurs (je suis la cadette), nous accompagnions papa ou maman tous les dimanches. Chaque jour, j’assistais, avec ma mère, à la Messe de cinq heures chez les pères jésuites. Je dois ma vocation à ma mère qui, elle-même, voulait devenir religieuse, mais ses parents l’avaient mariée très jeune. La Petite Sainte Thérèse de Lisieux compte, aussi, dans ma décision. Au début, je voulais rejoindre les carmélites, qui avaient un couvent à Alep. Mais, mes amies m’ont convaincue de rejoindre la Congrégation des Sœurs Arméniennes afin que je puisse servir mon peuple.
Pour les Arméniens, la famille est sacrée
Parlez-nous un peu plus de votre famille. En occident, les familles sont éprouvées : les couples se déchirent, se séparent et divorcent. Depuis 1975, l’avortement, le divorce, l’euthanasie sont devenus des droits. Les enfants en souffrent. Avez-vous une réponse à apporter pour re-donner du bonheur dans les familles ?
Je dois dire que j’ai eu une enfance très heureuse, malgré les difficultés rencontrées par mon père pour trouver un emploi après avoir quitté l’armée. Ce fut une grande souffrance pour lui. Il était musicien, il jouait très bien de la trompette, mais n’ayant pas fait d’études supérieures, il n’a jamais pu trouver un emploi fixe. Ma mère, qui avait fréquenté le lycée des Sœurs Arméniennes, voulaient absolument que ses enfants fréquentent aussi son alma mater. Comme les élèves du lycée venaient de familles bourgeoises, nous ne nous sentions pas à notre place, mais le niveau élevé de l’instruction a été notre consolation. Je dois ajouter que les sœurs m’ont beaucoup aidée à mûrir ma vocation. Ce sont elles qui m’ont fait connaitre la Petite Thérèse, qui jusqu’à maintenant, reste mon modèle avec Mère Teresa de Calcutta. Pour les Arméniens, la famille est sacrée ; les couples ne divorcent pas facilement. Cependant, il faut avouer que beaucoup de choses ont changé. Les jeunes ne prennent plus au sérieux les responsabilités de la famille, ce qui les poussent à la séparation et au divorce. Le sens du sacrifice n’existe plus ; on est devenu très égoïste. Je crois que le culte du « moi » est à la racine des maux de notre société. Les parents, trop pris par leurs carrières ou leurs occupations différentes, ne donnent plus de leur temps pour leurs enfants. Par conséquent, les enfants ne jouissent pas de l’amour et de la présence de leurs parents. « Je ne puis donner ce que je n’ai pas reçu. » Ces enfants ne sauront pas donner à leurs enfants ce qu’ils n’ont pas reçu. Et ainsi les générations se suivent, avec leur fragilité et leur souffrance qui augmentent. Un milieu familial dans lequel les parents s’aiment et les enfants se sentent aimés et appréciés est très important pour garantir le futur d’une société heureuse et saine. A cette condition, le bonheur est possible.
Votre communauté est présente dans une dizaine de pays. Combien êtes-vous en tout ? En Arménie, combien d’enfants et de jeunes filles aidez-vous ?
La Congrégation est présente dans dix pays. Notre nombre a beaucoup diminué durant les 30 dernières années à cause de la guerre au Moyen-Orient et de la baisse de la natalité. Nous sommes une cinquantaine. De ce fait, dans nos écoles, le nombre réduit des religieuses ne leur permet pas toujours de s’occuper des jeunes, comme elles le souhaiteraient. Notre espoir pour de nouvelles vocations se trouve en Arménie où nous avons plusieurs jeunes dans nos centres de Gumri, de Dashir et d’Erevan.
J’ai cru comprendre que vous vouliez “réenchanter l’Arménie”. Qu’est-ce que cela veut dire au juste ?
Je voudrais faire beaucoup de choses pour l’Arménie, la foi chrétienne étant la première chose à inspirer à nos jeunes ; une foi authentique et vivante. Une foi qui débouche sur la charité. Les soixante-dix ans de communisme ont laissé des traces et mené à une indifférence profonde pour nos valeurs chrétiennes. Il y a une grande perte des valeurs morales auxquelles mon peuple était pourtant si attaché. Je voudrais recréer une éducation basée sur les valeurs humaines et chrétiennes, le respect des droits de l’homme, l’altérité, l’égalité des sexes, l’acceptation des personnes handicapées comme don de Dieu, et, leur intégration dans la société. Le service aux personnes les plus fragiles.
« Seule, on ne peut rien faire »

En Arménie, pour vous occuper de ces centaines de jeunes, vous êtes entourée de vos sœurs et de vos bienfaiteurs. Qui sont-ils ?
Vous savez bien que seule, on ne peut rien faire. En Arménie, nous avons dix religieuses qui font un travail formidable dans nos orphelinats de Gumri et de Dashir, notre centre de jour pour les personnes âgées, le lycée professionnel, le centre pour les universitaires nécessiteuses, et, surtout notre colonie de vacances où nous accueillons plus d’un millier d’enfants chaque été. Nous arrivons à accomplir toutes ces activités grâce à nos bienfaiteurs. Parmi eux, nous avons des organisations humanitaires qui nous aident depuis notre arrivée en Arménie. Nos centres portent le nom de nos bienfaiteurs : le Centre Educatif Boghossian de Gumri, le Lycée professionnel Raymond et Ani Kouyoumjian, le Centre de jour pour les personnes âgées Nadine Basmadjian, le Centre de Jeunes Ani Bezikian, à Kanaker, dans les hauteurs d’Erevan. Il y a, aussi, le camp Fondation Alliance Arménienne. Nous avons, enfin, des organisations et des particuliers qui nous aident régulièrement comme l’Œuvre d’Orient, l’Association Alliance Arménienne, etc.
L’Arménie est un pays qui souffre encore. Les génocides et les guerres contre le peuple arménien paraissent incessants. Comment fait-il pour être aussi fort dans l’adversité, aussi résilient ?
Oui, toute l’histoire de l’Arménie est marquée par des guerres et des génocides. Plusieurs fois nous avons été chassés de notre pays, nous avons subi le joug impitoyable de dynasties étrangères, mais les arméniens ont toujours pu renaitre de leurs cendres grâce à leur foi et à leur ténacité pour préserver leur identité nationale.
Le Seigneur parle à notre monde par des signes
Dernières questions : face à une partie du monde en déclin, face à la déchristianisation en cours, quelles sont vos raisons d’espérer ? Et, enfin, quel est votre agenda dans les mois qui viennent ? Allez-vous venir en France avec votre chorale, comme convenu ?
Je crois que le Seigneur parle à notre monde par des signes assez forts. Les guerres, les tremblements de terre, les inondations, les incendies ici et là, la pandémie qui paralyse toute la planète, etc. Tout cela doit nous inviter à une conversion individuelle et, aussi, générale. Pour assurer la paix entre les nations, il faut rétablir la paix dans les cœurs de chaque personne. Cela se fait seulement par l’amour réciproque, un amour qui se donne sans compter et sans attendre de retour. On ne regarde plus assez la croix du Christ pour comprendre le vrai amour, le don total de soi-même pour son prochain. Malgré tout ce qui arrive dans le monde, j’ai une foi inébranlable dans le pouvoir du Seigneur, Créateur du ciel et de la terre, et la capacité de l’homme, créé à l’image de Dieu, à retourner à ses racines. Prochainement, si Dieu le veut bien, je voudrais aller en Arménie en avril et ensuite au Liban et peut-être à Alep. Je passerai surement par la France pour saluer nos bienfaiteurs français. Notre Chœur devait chanter à Strasbourg en juin prochain, mais à cause de la Covid-19, on a repoussé le voyage à juin 2022.

Interview réalisée par notre envoyé spécial Antoine BORDIER Photos © DR
Si vous voulez aider la Congrégation des Sœurs Arméniennes de l’Immaculée Conception, et, leurs jeunes, contactez-les, par mail : [email protected]
Site internet : Notre-Dame D’Arménie – “LAISSEZ VENIR À MOI LES PETITS ENFANTS”. Marc 10:14 (olarmenia.org)
