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Les chrétiens assyro-chaldéens d’Irak sont en voie d’extinction programmée

Dans un entretien accordé à The European Conservative, Juliana Taimoorazy, fondatrice de l’Iraqi Christian Relief Council et deux fois nominée au prix Nobel de la Paix, livre un témoignage accablant sur le génocide lent des chrétiens d’Irak. Et lance un avertissement à l’Europe sur les dangers de l’immigration massive sans intégration.

Juliana Taimoorazy est assyrienne, née en Iran, héritière de l’une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. Celle qui parle encore une forme d’araméen, la langue du Christ. Depuis 2007, elle dirige l’Iraqi Christian Relief Council, organisation qui a secouru des centaines de milliers de personnes dans 13 pays.

Son constat est sans appel : les chrétiens assyro-chaldéens d’Irak sont en voie d’extinction programmée.

De 1,4 million à 100 000 en trois décennies

Les chiffres glacent le sang. En 1990, l’Irak comptait 1,4 million de chrétiens, soit 8% de la population totale. Aujourd’hui, il n’en reste qu’environ 100 000, concentrés dans le nord du pays. Leur part dans la population est tombée entre 0,3% et 0,5%.

« Après l’invasion américaine de l’Irak, près d’un million et demi d’Assyriens encore présents sont tombés sous l’épée. Nos églises ont été bombardées. Nos femmes ont été enlevées et violées. Nos hommes ont été assassinés. Nos enfants ont été enlevés. Notre clergé et nos religieuses ont été décapités ».

Mais contrairement à ce que beaucoup croient, la persécution n’a pas commencé avec ISIS. « Avant ISIS, il y avait Al-Qaïda ; avant cela, Saddam Hussein ; et bien avant les régimes modernes, notre persécution a commencé avec notre conversion au christianisme, il y a près de 2000 ans. »

Le moment le plus révélateur de l’interview survient lorsqu’elle raconte une conversation avec un ancien membre du Congrès américain en novembre 2015, alors qu’ils se trouvaient sur le plateau du Golan en Israël.

Interrogé sur la situation dramatique des Assyriens en Irak, le parlementaire lui répond, visiblement peiné, que les Assyriens sont considérés comme « dispensables » pour la politique étrangère américaine, qu’ils ne servent pas d’intérêts stratégiques et ne figurent donc même pas à l’ordre du jour.

« Ce moment fut profondément révélateur ». « Cela nous dit que les vies assyriennes n’ont pas été considérées comme suffisamment précieuses, non seulement par les États-Unis, mais par l’Europe et d’autres acteurs puissants, parce qu’on nous voit comme n’offrant aucun bénéfice politique. Quand un peuple est jugé stratégiquement non pertinent, sa dignité humaine, sa sécurité et sa survie sont facilement ignorées. »

Pour Juliana Taimoorazy, il s’agit bien d’un génocide, même s’il prend des formes différentes des massacres de masse. « Le génocide des chrétiens du Moyen-Orient peut être retracé jusqu’au milieu du 19e siècle », explique-t-elle, rappelant le rôle des milices kurdes utilisées comme forces supplétives par l’Empire ottoman dans le massacre des Arméniens et des Assyriens.

« Le génocide n’est pas seulement l’acte de tuer un peuple ; c’est aussi la destruction de sa continuité, de sa culture et de sa présence sur ses terres ancestrales. Ce qui rend ce génocide particulièrement dangereux, c’est qu’il est lent, fragmenté et souvent nié. Il se déroule à travers le déplacement, la discrimination légale, l’effacement culturel et la migration forcée, ce qui rend plus facile pour le monde de l’ignorer. »

La discrimination prend des formes insidieuses. La Constitution irakienne, basée sur la charia, stipule que si un parent se convertit à l’islam, ses enfants sont automatiquement considérés comme musulmans. Les sièges parlementaires réservés aux chrétiens peuvent être votés par n’importe qui, y compris des groupes islamistes ou pro-iraniens, sapant toute représentation authentique.

Dans le nord de l’Irak, les Assyriens sont systématiquement appelés « chrétiens kurdes », un effacement identitaire délibéré.

« Notre histoire, notre patrimoine et notre identité assyrienne indigène sont appropriés ou réécrits comme faisant partie de l’histoire kurde. Cet effacement systématique de l’identité assyrienne est extrêmement grave et rarement discuté au niveau international. »

Sur le terrain, la situation est catastrophique. Des veuves vivent dans une pauvreté extrême après avoir perdu leurs maris. D’innombrables orphelins ont besoin de soins, d’éducation et de soutien. Le système médical est effondré pour tous les Irakiens, mais les chrétiens assyriens souffrent de manière disproportionnée car ils sont toujours traités comme des citoyens de seconde ou troisième classe.

Les jeunes diplômés universitaires, souvent avec mention, ne trouvent pas d’emploi en raison de l’économie effondrée et de la discrimination.

« Cela conduit à la démoralisation et, finalement, à l’exil. »

Parmi les réfugiés, certaines femmes, par désespoir, ont été contraintes de se prostituer pour nourrir leurs enfants après que leurs maris ont été assassinés. Les taux de cancer sont alarmants.

« Ce sont des gens qui menaient autrefois des vies honorables. Ils étaient médecins, avocats, commerçants, agriculteurs, des membres autosuffisants et dignes de la société. Aujourd’hui, beaucoup sont piégés dans le désespoir et la misère sans qu’ils y soient pour rien. »

Paradoxalement, la destruction par ISIS des portes antiques de Ninive et de la cité de Nimrod en 2015 a provoqué un réveil identitaire. « ISIS a réveillé par inadvertance un géant appelé Assyrie », affirme Juliana Taimoorazy.

« Nous voyons maintenant un renouveau parmi la jeune génération. De jeunes hommes et femmes assyriens choisissent de se marier au sein de la communauté pour préserver la culture et la continuité. Beaucoup apprennent activement la langue. »

Elle raconte avoir assisté à une célébration du Nouvel An assyrien fin 2025 :

« J’ai été profondément émue de voir tant de jeunes danser des danses traditionnelles assyriennes et chanter en néo-araméen. Je ne peux décrire à quel point j’ai été encouragée de constater ce changement. »

L’interview prend une tournure particulièrement actuelle lorsque Juliana Taimoorazy est interrogée sur les leçons que l’Europe devrait tirer de la quasi-disparition de ses communautés sœurs au Moyen-Orient.

Sa réponse est sans détour :

« L’idéologie islamiste a pris racine dans la plupart des pays européens et est de plus en plus visible aux États-Unis. Lorsqu’une migration illégale à grande échelle se produit, elle crée des communautés parallèles plutôt que cohésives. Cette fragmentation engendre l’instabilité, la radicalisation et le ressentiment, tant au sein des populations migrantes que dans la société au sens large. »

Elle poursuit :

« L’échec à insister sur l’intégration, les valeurs civiques partagées et l’État de droit sape la confiance sociale et affaiblit les institutions démocratiques. Ce que l’Europe vit aujourd’hui devrait être compris comme un avertissement : le multiculturalisme sans intégration ne produit pas l’harmonie ; il produit la tension, l’insécurité et la division. »

Un constat qui résonne douloureusement avec la situation actuelle de nombreux pays européens.

Juliana Taimoorazy ne se contente pas de témoigner, elle interpelle directement les gouvernements occidentaux avec des propositions concrètes :

Reconnaître les chrétiens persécutés comme peuples indigènes du Moyen-Orient, pas simplement comme minorités religieuses. Conditionner l’aide à la reconstruction à des garanties réelles de sécurité et d’égalité pour les chrétiens. Réformer les politiques d’asile pour qu’elles ne remplacent pas le droit au retour. Affronter directement la discrimination légale et structurelle dans les pays partenaires. Collaborer avec des organisations enracinées dans les communautés elles-mêmes.

« L’Occident ne peut pas défendre les droits de l’homme tout en ignorant la destruction lente de l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde. Protéger ce peuple ancien n’est pas une faveur ; c’est une responsabilité. »

À la question de savoir quel serait son espoir pour les 10 à 20 prochaines années, Juliana Taimoorazy répond :

« Mon espoir est que les Assyriens d’Irak soient toujours là, menant des vies prospères, non seulement survivant mais s’épanouissant, reconstruisant notre nation sur notre terre ancestrale. »

Elle conclut :

« C’est la mission à laquelle j’ai dédié ma vie. Mon cœur bat pour mon peuple et je donnerai ma vie pour l’Assyrie. »

Un témoignage poignant qui rappelle que pendant que l’Occident débat de questions secondaires, les derniers héritiers de la civilisation mésopotamienne, ceux qui parlent encore la langue du Christ, disparaissent en silence de leurs terres ancestrales.

Nebraska : procession eucharistique devant le centre Planned Parenthood à Lincoln

Mgr James Conley, évêque de Lincoln, dans le Nebraska, a conduit les fidèles lors d’une procession eucharistique et d’un chemin de croix devant un centre Planned Parenthood à Lincoln pendant la Semaine sainte.

Le Vendredi saint, 3 avril, il a également conduit les fidèles catholiques dans la prière du Chemin de croix devant le centre de planning familial de Lincoln. Prier le Chemin de croix devant ce centre d’avortement est une tradition bien ancrée à Lincoln.

Mgr Conley est connu pour son engagement en faveur du droit à la vie et pour avoir organisé de nombreuses processions de prière pour cette cause. En 2018, il a participé à une « croisade du rosaire » à l’Université du Nebraska-Lincoln, où environ 4 000 catholiques ont récité publiquement le rosaire en l’honneur de la Vierge Marie. Le rosaire est une « arme puissante » qui peut contribuer à « ramener Dieu au sein de la famille et de notre société », a déclaré Conley lors de ce rassemblement.

En 2026, il a apporté son soutien à l’évêque Kevin Rhoades qui dénonçait la promotion d’un professeur farouchement pro-avortement à l’Université de Notre-Dame. L’année dernière, il a publiquement dénoncé le projet du cardinal Blase Cupich de décerner un « Prix pour l’ensemble de sa carrière » au sénateur démocrate américain Dick Durbin, partisan du droit à l’avortement et des droits des personnes LGBT.

En 2023, il a condamné l’idée du cardinal Robert McElroy d’une « inclusion radicale » des personnes impliquées dans des péchés sexuels sans repentir et a vivement critiqué ce qu’il a appelé un « accompagnement superficiel » tolérant les comportements pécheurs.

Elargissement de l’attestation d’honorabilité pour les personnes en contact avec des mineurs, 3 associations saluent la position de Sarah El Haïry

Communiqué de Juristes pour l’enfance – Mamans Louves – SOS Éducation :

Les associations Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Éducation saluent les déclarations de la Haute Commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, qui a plaidé, le 7 avril 2026 sur France 2 (ici), pour un « contrôle généralisé » et une « harmonisation » des vérifications d’antécédents judiciaires de toutes les personnes exerçant une activité, professionnelle ou bénévole, au contact régulier des mineurs.

Le dispositif de l’attestation d’honorabilité, créé par la loi n° 2024-317 du 8 avril 2024 et déjà opérationnel dans l’accueil du jeune enfant et la protection de l’enfance (près de 3 000 personnes écartées depuis octobre 2025), constitue la solution la plus efficace et la plus protectrice de la vie privée.

En effet, l’attestation d’honorabilité est un dispositif selon lequel avant tout recrutement ou engagement de bénévole et fréquemment (tous les trois ans) au cours de l’activité, la personne en contact régulier avec des mineurs adresse à l’administration une demande d’attestation d’honorabilité via un portail unique sur internet. Cette demande est traitée par les services compétents qui ont accès aux fichiers (bulletin numéro 2 du casier judiciaire et fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes). L’administration délivre à la personne une attestation d’honorabilité s’il n’existe pas dans les fichiers de mentions révélant une incompatibilité avec le contact régulier avec des mineurs. Ensuite, la personne peut produire cette attestation au responsable de l’établissement, lieu de vie et d’accueil ou service accueillant régulièrement des mineurs afin de garantir son honorabilité. Le responsable dispose également d’un mécanisme de vérification de l’authenticité de l’attestation.

A ce jour, sauf dispositions spécifiques, les établissements scolaires et les structures relevant du code de l’éducation ne sont pas inclus dans le dispositif de l’attestation d’honorabilité.

C’est pourquoi Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Education soutiennent la Haute Commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry dans sa proposition d’étendre ce mécanisme d’attestation d’honorabilité à l’ensemble des établissements , professions et activités accueillant régulièrement des mineurs. Cette extension, qui ne nécessite aucune création de nouveau fichier ni aucune atteinte supplémentaire à la vie privée, garantit un contrôle rapide, fiable et uniforme sur tout le territoire.

Depuis novembre 2025, les trois associations analysent le cadre légal et la jurisprudence concernant le contrôle d’honorabilité dans les divers contextes scolaire et périscolaire. Elles se tiennent à disposition des élus et responsables du gouvernement, pour partager les résultats de leurs travaux de recherche ainsi que leurs préconisations afin de mieux lutter contre les risques d’actes violents et d’abus sexuels commis par des adultes sur des mineurs.

Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Éducation demandent notamment à ce que le contrôle régulier soit effectué tous les ans, avant chaque rentrée scolaire et non tous les trois ans comme c’est le cas actuellement.

Le projet de loi sur la protection de l’enfance préparé par la ministre des Familles Stéphanie Rist et le garde des Sceaux Gérald Darmanin sera le moment idéal pour opérer les changements législatifs que la protection des enfants requiert de manière urgente. Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Éducation feront des propositions précises et seront vigilants quant à la rédaction des dispositifs de contrôle des antécédents judiciaires.

 

La Modernité est finie, vive le Thomisme !

Que la modernité, mouvement marqué par la Raison, la liberté, etc. soit finie, cela n’est bien sûr pas une nouvelle, puisque depuis des décennies on annonce et surtout on constate l’essor de la post-modernité, mouvement marqué par le relativisme, etc. dans beaucoup de milieux. En fait ce qui est particulier en ce moment c’est que justement dans beaucoup de ces milieux où la post-modernité avance, on continue à promouvoir, en même temps, les valeurs de la modernité, des Lumières, etc.

Par exemple, dans les manuels de philosophie destinés au lycée, on laisse encore une large place à Descartes, Hobbes, Hume, Rousseau, Voltaire, Kant et même parfois à Luther. Et un président proclamait récemment qu’il fallait défendre l’«esprit des Lumières». Or, son gouvernement a soutenu les idéologies du genre, qui sont aussi l’une des conséquences de l’effondrement de la recherche de la vérité dans la post-modernité. Il y a aussi un soutien au suicide assisté et à l’euthanasie alors que, selon Hobbes, les hommes construisent une société pour garantir leur sécurité, donc leur survie. Ces projets sont donc hautement antimodernes.

Dans les milieux réformés, beaucoup de nos frères séparés ont abandonné la «Sola Scriptura» pour soutenir les idéologies du genre, le «mariage pour tous», etc.(https://www.france24.com/fr/france/20210726-%C3%A0-montpellier-l-%C3%A9glise-protestante-c%C3%A9l%C3%A8bre-le-premier-mariage-de-pasteures-lesbiennes).

Si la modernité s’est effondrée, c’est notamment parce qu’elle comptait seulement sur la «Raison» et sur les sciences particulières pour donner des solutions aux problèmes humains. Tout cela est insuffisant. Il manquait la Foi, mais la foi en lien aussi avec le christianisme et le Magistère catholique, éclairé par le Saint Esprit.

La solution à l’effondrement de la Modernité n’est donc pas le renoncement à la raison, la post-modernité, mais le retour de la raison éclairée par la foi catholique. Et cette raison éclairée par la foi catholique est on ne peut mieux réalisée par la philosophie thomiste depuis des siècles. Dans le thomisme on tient compte de la loi naturelle, ce qui nous aidera à ne pas être séduits par les idéologies du genre, l’euthanasie, etc.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Commission Alloncle : publication ou destruction ?

Charles Alloncle et la fin de la commission d’enquête parlementaire

Après près de six mois d’auditions et plus de 200 personnes interrogées, la commission d’enquête parlementaire présidée par Charles Alloncle s’est achevée le 8 avril. Mais son rapport sera-t-il voté ? L’enjeu est colossal : soit le rapport est publié, avec l’intégralité des vidéos des auditions, soit il est détruit, plongeant dans l’oubli des mois de travail et des témoignages clés. Une bataille qui se joue dans l’ombre des institutions et dans une virulence médiatique hors norme.

CNews dépassée par BFMTV : Le poids de l’actualité internationale et des lignes éditoriales

Phénomène que l’on sous-estime parfois, les guerres et le positionnement des médias sur ces sujets brûlants ont un impact direct sur les audiences. Et quand les oligarques médiatiques poussent leur rédaction à orienter le narratif vers l’un des camps… le public ne suit pas toujours !

Les pastilles de l’info :

– Trump est-il fou ? Les médias commencent à se poser la question
– Rima Hassan en garde à vue, drogue de synthèse, apologie du terrorisme : la méthode LFI
– Bagayoko invité sur M6 par Lapix : “Etes-vous un Obama français ?”
– Tensions internes, ça secoue chez Libération
– Ultia, la streameuse qui a cassé le CNC !
– Immigration en Inde et émigration en France…
– “Les rayons et les ombres” : le film à voir sur la collaboration

Portrait piquant : Daniel Kretinsky, le médiatique milliardaire tchèque

La toute petitesse, un chemin de sainteté !

Dans un monde marqué par l’orgueil, la quête de réussite et l’émancipation de toute transcendance, l’homme semble avoir peu à peu évacué Dieu de son jugement. Les guerres incessantes, les divisions profondes et la confusion morale en sont les fruits amers. Pourtant, la vérité demeure : nous ne pouvons marcher sans Dieu. Notre nature, faite de cendre, de poussière et de vapeur, nous incline souvent à agir selon notre seul égo, mais c’est précisément en reconnaissant notre petitesse que nous retrouvons notre juste place.

Car c’est dans l’humilité vécue au quotidien que l’homme peut véritablement marcher avec Dieu et accomplir Sa volonté. Dans cette perspective, la réédition de La toute petitesse apparaît comme une réponse précieuse pour notre temps. Ceux qui s’y plongeront y découvriront une voie de salut, un appel pressant à revenir à l’essentiel : vivre humblement sous le regard de Dieu.
Ce livre, joliment illustré, est avant tout un rappel brûlant de l’amour de Dieu pour les hommes. Un amour si grand que, par Sa justice même, le Seigneur nous fait comprendre combien nous en sommes indignes. Face à cette réalité, une seule attitude s’impose : le repentir, la conversion, la prière. Il nous faut revenir à Dieu de tout notre cœur, pour espérer retrouver la vocation qui fut la nôtre, celle de « fille aînée de l’Église ».

Ce livre propose ainsi un véritable chemin de sainteté, accessible à tous, mais exigeant : celui de la petitesse. Un chemin semblable à un flacon de parfum d’une valeur inestimable : si l’on l’ouvre avec précipitation, il s’échappe ; mais si l’on en prend soin, son parfum peut embaumer durablement l’âme. Il en va de même de ces pages, inspirées du Ciel : elles doivent être accueillies avec délicatesse, afin que leur fragrance de sainteté transforme intérieurement celui qui les lit et l’élève vers une vie plus parfaite.

Enfin, ce chemin trouve son modèle parfait en la Très Sainte Vierge Marie. Elle seule a été pleinement petite — toute petite, la plus petite — privilège unique de son Immaculée Conception. C’est précisément cette petitesse qui a attiré sur elle le regard du Très-Haut. À son école, ces pages nous invitent à apprendre l’humilité véritable, celle qui plaît à Dieu et ouvre le cœur à Sa grâce.

Commander le livre paru aux Editions Resiac : https://www.resiac.fr/livres-resiac/12104-la-toute-petitesse-ou-la-vie-in-ipsa-.html

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Soutenez l’abbaye de Donezan!

Les moines de l’abbaye de Donezan (fille de Fontgombault) nous informent que l’on peut désormais commander des fromages sur leur site internet. Un excellent moyen de soutenir cette jeune abbaye (dont les religieux vivent principalement de la vente de ces fromages). N’hésitez pas à commander – et à faire connaître leur boutique autour de vous.

Associer le nouveau lectionnaire et le Vetus ordo serait incohérent

Dom Pateau a été longuement interrogé par le blogue Silere non possum. Il revient notamment sur la proposition de Dom Kemlin :

[…] Comment ne pas accueillir avec gratitude, joie et reconnaissance des interventions qui cherchent à apaiser les tensions malheureusement accumulées pendant des décennies autour de l’autel et du sacrement de l’amour ? Le Saint-Père ne cache pas son inquiétude à ce sujet et nous invite à « un nouveau regard que chacun porte sur l’autre, avec une plus grande compréhension de sa sensibilité… un regard capable de permettre à des frères, enrichis par leur diversité, de s’accueillir mutuellement, dans la charité et dans l’unité de la foi ». Il implore la lumière de l’Esprit Saint afin que « des solutions concrètes soient trouvées, qui incluent généreusement ceux qui sont sincèrement attachés au Vetus Ordo », en ce qui concerne les orientations liturgiques souhaitées par le Concile Vatican II. » Le missel de 1965 est précisément la mise en œuvre des orientations souhaitées par le Concile Vatican II. Saint Paul VI l’a reconnu. Quant à la proposition de l’abbé Geoffroy Kemlin, elle permettrait aux prêtres utilisant le Novus Ordo de bénéficier de la richesse des signes et des gestes de l’ Ordo Missae de 1962 , tout en conservant les lectures et certaines prières du missel de 1969. Pour les communautés utilisant le Vetus Ordo, cependant, sa mise en œuvre serait difficile. Il n’y aurait plus de cohérence entre les lectures de la messe et celles de l’Office divin contenues dans le bréviaire et l’antiphonaire. À ce propos – et cela est peu connu – un lectionnaire a été élaboré en 1966, enrichissant celui du missel de 1962. Il conserve toutes les lectures existantes et, pour les jours de semaine où les lectures du dimanche étaient auparavant répétées, propose des lectures appropriées. Son utilisation était laissée à la discrétion de l’ordinaire du lieu. Il a été utilisé en France. Elle répond à la demande des Pères conciliaires d’enrichir le lectionnaire et permet de préserver la cohérence avec l’Office divin. En tout état de cause, la décision d’aborder la question de l’enrichissement des missels de manière pragmatique, quelle que soit la solution proposée, me semble très positive et la seule voie fructueuse à long terme. Elle permet d’éviter deux écueils : la rigidité et l’idéologie. La liturgie est, après tout, avant tout une pratique. […]

L’oppression des chrétiens en Algérie

Alors que l’Algérie s’apprête à accueillir pour la première fois un pape, le Centre européen pour le droit et la justice publie aujourd’hui un nouveau rapport qui jette une lumière crue sur la situation des chrétiens du pays.

Fermeture d’églises, poursuites judiciaires, discrimination institutionnelle: ces communautés font face à une véritable oppression d’un pouvoir qui souhaite leur disparition.

Les chrétiens subissent de plein fouet une politique qui impose une identité nationale unique arabe et musulmane. La diversité religieuse n’a pas sa place dans l’Algérie de Tebboune.

Il y a pourtant plus de 150 000 chrétiens en Algérie. Une grande majorité est protestante évangélique, avec une petite communauté catholique, composée essentiellement d’étrangers.

Ce nouveau rapport qui dénonce la politique d’oppression des chrétiens en Algérie s’appuie sur un travail d’enquête approfondi, fondé sur de nombreux entretiens menés avec des chrétiens algériens.

Voici l’entretien du mois avec les deux principaux auteurs du rapport, Thibault van den Bossche et Constance Avenel:

Crédit social : vers une dictature du bien ? – Jean-Frédéric Poisson

Référence : La Dictature du bien, Jean-Frédéric Poisson, Éditions du Verbe Haut, 2024.

Crédit social : vers une dictature du bien ? – Jean-Frédéric Poisson
L’entretien accordé par Jean-Frédéric Poisson mercredi 8 avril au média Le Verbe Haut à propos de son dernier ouvrage :

constitue une plongée rigoureuse dans les thèses de son dernier ouvrage. Il y dépeint une métamorphose radicale de la souveraineté, où la contrainte physique s’efface au profit d’une normalisation morale des comportements.

1. Le Paradoxe de la « Dictature du Bien »

L’argument central repose sur un paradoxe saisissant : le basculement vers un contrôle total ne s’opère pas par la force brute, mais sous le couvert de la vertu.
• Un pouvoir invisible et moral : Contrairement aux tyrannies classiques, ce pouvoir est diffus. Il ne s’exprime plus par l’interdiction, mais par l’injonction morale. On n’obéit plus par crainte du châtiment, mais par peur de l’exclusion sociale et du jugement de « déviance » civique.
• Le crédit social comme outil : Poisson utilise l’exemple du modèle chinois pour illustrer comment des mécanismes de notation citoyenne s’installent progressivement. En parant la surveillance des atours de la sécurité, de la santé ou de l’écologie, le système désarme toute velléité de résistance.

2. La « Démocrature » ou l’évidement de la politique

L’analyse met en lumière la transition vers une « démocrature », où les formes démocratiques subsistent alors que le fond s’évapore :
• Le règne de la norme : On assiste à une substitution de la Politique (le débat sur le bien commun) par la Police (la gestion administrative des comportements).
• L’identité numérique et monétaire : À travers l’identité numérique et les monnaies programmables, le citoyen devient un usager dont les droits d’accès à la vie sociale sont conditionnés par son « score » de bonne conduite.

3. Une rupture anthropologique et philosophique

Jean-Frédéric Poisson remonte à la généalogie des idées pour expliquer ce basculement. Il identifie les ruptures doctrinales qui ont permis d’ériger la transparence en dogme et la gestion technique en idéal de gouvernement.
• L’étouffement du libre-arbitre : Si l’individu n’agit que pour obtenir une récompense ou éviter une pénalité algorithmique, l’acte moral disparaît. C’est la fin de la responsabilité individuelle et du secret de la conscience.
• La pensée comme résistance : Face à cette attention « animale » et utilitariste imposée par la surveillance de masse, l’auteur appelle à retrouver le sens du loisir intellectuel et de la liberté intérieure.

Conclusion : Préserver l’humain

Jean-Frédéric Poisson souligne ici l’urgence d’une prise de conscience. La Dictature du bien n’est pas seulement un cri d’alarme sur une dérive technologique, c’est une autopsie de la mutation de nos démocraties modernes. La réponse à ce pouvoir redoutablement efficace ne peut être que philosophique : il s’agit de réaffirmer la dignité de l’homme contre sa réduction à une simple donnée statistique ou comportementale.

La dictature du bien

 

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Agir pour la famille au niveau local : l’exemple d’Asnières-sur-Seine

Le Figaro relaie la politique familiale déployée par la municipalité d’Asnières-sur-Seine, visant à renforcer la stabilité des couples, ce qui montre qu’il est possible d’agir au niveau local en faveur de la famille, malgré la politique anti-familiale du gouvernement :

Cette ville déploie depuis une dizaine d’années tout une panoplie de mesures pour « redonner une place politique à la famille ».

 

 

L’Allemagne se prépare-t-elle à une mobilisation ?

Depuis début 2026, l’Allemagne a introduit une mesure inédite concernant les séjours prolongés hors de son territoire. Les hommes âgés de 17 à 45 ans doivent désormais obtenir une autorisation préalable de l’armée pour quitter le pays plus de trois mois. Cette disposition, issue d’une réforme du service militaire, suscite de nombreuses interrogations et débats.

Cette obligation concerne aussi bien les départs initiaux que les prolongations de séjour. La mesure ne se limite pas aux situations exceptionnelles, mais vise des cas courants, comme les études à l’étranger, les stages longs ou encore les années de césure.

Les autorités n’ont pas encore précisé les conséquences en cas de non-respect de cette obligation.

« Pour moi, il est impossible d’être une fidèle disciple de Jésus-Christ tout en restant membre du Parti démocrate tel qu’il existe aujourd’hui »

La représentante démocrate de l’État du Michigan, Karen Whitsett, démissionne de ses fonctions politiques et du Parti démocrate, déclarant publiquement qu’elle ne pouvait plus concilier les valeurs et les priorités démocrates avec sa foi chrétienne.

« Je ne briguerai pas un nouveau mandat et je ne me présenterai plus jamais à aucune élection. Il ne s’agit pas d’un calcul politique, mais d’une décision spirituelle ». « Je n’ai pas de conception du paradis ou de l’enfer. Seul Dieu en a une. Mais je peux m’appuyer sur la Parole inébranlable de Dieu et je ne peux plus la compromettre pour servir un programme politique ou plaire à qui que ce soit. »

Elle a notamment cité les positions favorables du parti à « l’avortement, à la normalisation du mode de vie homosexuel et à la volonté de redéfinir le genre » comme étant incompatibles avec la morale biblique.

« Je comprends que ces sujets soient très personnels pour de nombreuses familles, car votre fils, votre fille, votre cousin, votre tante ou votre oncle pourrait être concerné. Mais la proximité personnelle ne change rien à la définition du bien et du mal selon Dieu. Aimer son prochain n’implique pas d’approuver le péché, et la compassion ne nous autorise pas à réécrire les Écritures ». « On dit que la criminalité entre Noirs n’existe pas, mais à mon sens, l’avortement en est un exemple flagrant. On s’étonne qu’il n’y ait pas d’hommes bien – trop d’enfants ont été avortés, et nous avons brisé la virilité de beaucoup d’hommes qui sont encore parmi nous. On ne peut pas détruire la vie et s’étonner ensuite que nos familles et nos quartiers en subissent les conséquences. »

« Pour moi, il est impossible d’être une fidèle disciple de Jésus-Christ tout en restant membre du Parti démocrate tel qu’il existe aujourd’hui. Je ne peux concilier cette position avec les Écritures ».

Whitsett a attribué son réveil spirituel au fait que Dieu lui avait « donné le temps de se repentir, de se convertir et de se consacrer pleinement à Lui » plutôt que de « l’abandonner » ; et aux paroles du représentant républicain de l’État, Bradley Slagh : « Vous devez voter pour votre circonscription, mais vous ne devez pas vendre votre âme. » Whitsett a conclu qu’elle avait « trop longtemps compromis sa relation avec Jésus ».

« Je ne prétendrai pas que la Parole de Dieu puisse être déformée par n’importe quel prêtre, évêque, pasteur ou prédicateur pour que les gens se sentent à l’aise dans le péché – que ce soit pour maintenir les dons, éviter d’offenser qui que ce soit ou se conformer à la culture ambiante ». « Ce n’est pas parce que des personnalités importantes ne s’élèvent pas contre ces pratiques que Dieu les approuve. Dieu est immuable. Ma foi est inébranlable. Mon allégeance va à Jésus-Christ, et je choisis la volonté de Dieu plutôt que l’approbation des hommes. »

Au niveau national, le Parti démocrate soutient systématiquement l’avortement pendant toute la durée de la grossesse, aux frais du contribuable, et les démocrates du Congrès ont même voté à maintes reprises contre la loi de protection des nouveau-nés vivants issus d’avortements, qui imposerait des soins médicaux de base pour ces enfants, assortis de sanctions actuellement inexistantes dans la législation en vigueur.

Le parti a également embrassé sans réserve l’ensemble de l’idéologie LGBT, y compris le soutien aux transitions de genre chirurgicales et chimiques pour les mineurs en questionnement sur leur identité de genre, ainsi qu’au « mariage » et à l’adoption homosexuels. 

La loi contre les « thérapies de conversion » empêche les professionnels de santé mentale d’exercer leur métier

La Cour suprême des Etats-Unis, dans une décision du 31 mars, a donné raison à la psychologue Kaley Chiles qui entend suivre des patients transgenres mineurs sans obéir à la règle de l’« affirmation de genre » systématique. Elle a pour cela convoqué le premier amendement de la Constitution américaine sur la liberté d’expression. Selon elle, la loi actuelle du Colorado contre les « thérapies de conversion » empêche les professionnels de santé mentale d’exercer leur métier librement – et en accord avec l’intérêt des jeunes patients.

Le Colorado interdit les « thérapies de conversion » depuis 2019, les définissant comme des « pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne ». Plus de 20 Etats ayant la même législation sur le sujet, dont la Californie et de nombreux Etats de la côte est, la décision de la Cour suprême pourrait avoir des conséquences majeures. La France a voté une loi similaire, à l’unanimité, en janvier 2022.

Ces textes de loi partent d’un présupposé : l’orientation sexuelle et l’« identité de genre » participeraient de la même logique et la « thérapie de conversion » s’appliquerait de la même manière et avec les mêmes effets sur une personne homosexuelle et une personne transgenre.

Or la « transidentité » ne répond pas de la même logique que l’orientation sexuelle. Une personne est considérée comme transgenre dès lors qu’elle affirme que son « identité de genre » ne correspond pas à son « sexe assigné à la naissance ». Une « transition de genre » est synonyme de traitement hormonal voire chirurgical, avec des conséquences irréversibles.

Comme l’explique Pauline Arrighi dans Les Ravages du genre, nous savons que dans une grande majorité des cas, ce mal-être adolescent interprété comme de la dysphorie de genre se résout de lui-même après la puberté, sans passer par une transition. Face à une demande de « transition de genre », un professionnel de la santé mentale doit s’interroger sur les mécanismes qui poussent un jeune patient à vouloir modifier son identité voire son corps. Ce mal-être peut être une interprétation de symptômes de divers troubles comme le trouble autistique ou la dissociation traumatique, aggravés par l’isolement social et l’utilisation des réseaux sociaux. Les psychologues et psychiatres doivent pouvoir explorer ces causes possibles avec chacun de leurs patients, en toute liberté. Ce n’est pas vouloir « modifier leur identité de genre » que de chercher les causes de leur souffrance pour la soulager.

L’une des huit juges assesseurs de la Cour suprême, Elena Kagan, considère dans une opinion individuelle que la loi du Colorado devrait laisser coexister les deux thèses en vigueur : celle de l’« affirmation de genre » systématique mais aussi la thèse de la prudence et de la recherche des causes de la demande de transition. Le principe de la liberté d’expression serait alors selon elle respecté.

La psychologue Kaley Chiles ne le pense pas. Elle déplore en effet qu’au contraire, les parents ont du mal à trouver des thérapeutes qui auront une vraie discussion avec leur enfant.

« Les psychothérapeutes ne devraient pas être obligés de se faire les promoteurs des directives de l’Etat sur la transition de genre, qui mènent le plus souvent vers des traitements hormonaux et chirurgicaux néfastes ; je suis soulagée de voir ma liberté d’expression protégée, mais surtout de voir que les familles qui souhaitent rencontrer des thérapeutes qui respectent la réalité biologique seront en mesure de le faire et de recevoir l’aide dont elles ont besoin. »

Source : Gènéthique

La Roumanie contrainte par la Cour de Justice européenne d’accepter l’idéologie du genre

Le Tribunal de Bucarest a tranché le 31 mars, sans possibilité d’appel, en faveur d’une personne qui avait effectué une « transition de genre » au Royaume-Uni. Son genre à l’Etat civil sera modifié au mépris de la loi roumaine, suite à une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Après s’être installée au Royaume-Uni en 2008, Arian Mirzarafie-Ahi a obtenu la nationalité britannique ainsi qu’un changement de genre à l’Etat civil de ce pays en 2020. Dès lors binationale, cette personne était officiellement à la fois une femme roumaine et un homme britannique. Elle a formulé une demande de changement de genre sur son certificat de naissance roumain en 2021 et a essuyé un refus : la Roumanie n’autorise cette démarche qu’à condition que la personne requérante ait effectué une transition médicale.

Le cas a été porté devant la Cour de justice de l’Union européenne, qui, en octobre 2024, a statué que « le refus d’un Etat membre de reconnaître le changement de prénom et de genre légalement acquis dans un autre État membre est contraire aux droits des citoyens de l’Union ». La Cour a invoqué le « droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire de l’Union ». Elle a récemment mobilisé le même argument pour imposer la reconnaissance d’un contrat de mariage entre deux hommes à une législation nationale qui ne le reconnait pas.

Le Tribunal de Bucarest a entériné cette décision de la CJUE, alors qu’elle relève d’un domaine où s’exerce la souveraineté des Etats membres.

Source : Gènéthique

La République est une utopie mortifère

« Une communauté subsiste tant que parmi ses membres les causes d’amitié et d’union restent supérieures aux causes d’inimitié et de division. Les tribunaux sont établis pour châtier, réprimer et, s’il le faut, exclure ceux de chaque communauté qui montrent envers leurs confrères ce visage de loup qu’ils doivent réserver à l’ennemi commun. De même les honneurs anthumes ou posthumes ont servi de tout temps à récompenser ceux des membres de la communauté qui se sont montrés les plus “loups” envers l’ennemi ou, s’il est permis d’ainsi dire, les plus “dieux” envers leurs amis et compatriotes. Beaucoup de héros ont été déifiés ainsi, à titre militaire ou civil. » (Charles Maurras, Mes idées politiques).

Tous nos compatriotes se lamentent sur la déliquescence de notre nation, sur son archipélisation pour reprendre les mots de Jérôme Fourquet. Il n’y a plus de socle civilisationnel commun, les religions sont nombreuses, les opinions politiques diverses, chaque petit détail de la vie quotidienne renvoyant au gouffre qui ne cesse de se creuser entre les citoyens ; essayez seulement d’organiser des repas dans une cantine scolaire – végétariens, halal, et j’en passe ! A contrario, encore trop peu de Français s’aperçoivent que cette atomisation n’est pas due à un concours de circonstances, ni à de simples mauvaises politiques, mais bien à une matrice politique initiale excessivement délétère qui se nomme République française.

A ce propos, un petit livret vient d’être réédité par les éditions d’Action française : Les idées royalistes (https://www.livresenfamille.fr/actualite-etudes-essais/30330-les-idees-royalistes.html) de Charles Maurras.

« D’abord écartons l’utopie » (Charles Maurras). Toute la sève de ce livret est contenue dans cette formule si simple ! L’utopie, emprunté du latin Utopia, qui signifie proprement « Lieu qui n’existe pas » et qui fut créé par Thomas More à l’aide du grec ou « non, ne pas » et topos « Lieu, endroit » avait pour but de désigner une île imaginaire dotée d’une organisation parfaite. Et quelle île imaginaire gangrène notre pays depuis plus de deux siècles ! Aucune autre que cette nation-contrat des jacobins qui identifie société et Etat en les fondant sur le principe de la volonté générale ! Cette République une et indivisible, c’est-à-dire totale pour ne pas dire totalitaire, qui ne reconnaît aucun intermédiaire entre la nation et les individus isolés les uns des autres. Cette nation qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais, mais qui entretiendra l’utopie jusqu’à l’abîme.

A contrario, la conception de la nation chez Charles Maurras est une reconnaissance d’un topos, c’est-à-dire d’une réalité concrète, d’une construction historique donnée et unique. Chez le maître de Martigues la nation ne peut exister sans les corps qui la composent, sans les familles, sans les provinces ou sans les villes ; les hommes y sont liés par des corps intermédiaires, des cercles concentriques nécessaires. Que d’aucuns voient encore en Charles Maurras un nationaliste jacobin est proprement risible ! Précisément, celui-ci revient dans ce texte sur la nécessité d’une conception fédéraliste et décentralisatrice de la nation : « Qui voudra réorganiser notre nation en devra recréer les premiers éléments communaux et provinciaux. Qui veut réaliser le programme nationaliste doit commencer par une ébauche de fédération » (Charles Maurras, L’idée de la décentralisation). Car la nature ayant horreur du vide, si vous supprimez les corps intermédiaires naturels d’autres viendront prendre leur place : partis politiques, coteries, et autres, rarement au service de la nation.

Parce que les corps intermédiaires de solidarités furent détruits et que l’individu isolé a émergé, le terrain fut préparé pour que chaque nouvel élément de division puisse s’affirmer. Religions, idéologies, folies wokistes, etc ; chaque individu se sépare de ses semblables au nom d’un principe et reconstruit un cercle de solidarité au nom de ce même principe parce qu’il ne peut en être autrement – l’homme étant un animal social. Aucune solution viable ne pourra être trouvée à l’archipélisation de notre nation tant que son principe politique pervers demeure. “Ces institutions « meurtrières », comme les a précisément nommées M. Paul Bourget, travaillent depuis cent ans à affaiblir, faute de pouvoir les détruire complètement, la famille, l’association, la commune, la province et, en bref, tout ce qui seconde et fortifie l’individu, tout ce qui n’enferme pas le citoyen dans son maigre statut personnel. Chacune des faiblesses de la France moderne coule de ces institutions comme de sa source première.” (Charles Maurras, Enquête sur la monarchie).

Ce sera la mort de l’utopie ou la nôtre.

Disponible chez Livres en famille : https://www.livresenfamille.fr/ au prix de 5 euros.

Pour d’autres ouvrages du maître de Martigues : https://www.livresenfamille.fr/3861_charles-maurras

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États-Unis et Iran revendiquent tous deux la victoire après le cessez-le-feu

De Danny KEMP avec les bureaux de l’AFP à Téhéran, Jérusalem, Dubaï, Bagdad, Beyrouth et Washington, dans Conflits :

États-Unis et Iran revendiquent tous deux la victoire mercredi après s’être mis d’accord pour un cessez-le-feu de deux semaines en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz, une trêve qu’Israël dit soutenir, tout en estimant qu’elle ne s’applique pas au Liban.

« Une victoire totale et complète. 100 pour cent. Il n’y a aucun doute là-dessus », a dit le président américain Donald Trump à l’AFP, qui l’a joint au téléphone peu après l’annonce du cessez-le-feu.

Il a affirmé que la question de l’uranium iranien serait « parfaitement réglée », mais n’a pas voulu dire s’il réitérerait ses menaces initiales de détruire les centrales électriques et les ponts iraniens si l’accord venait à échouer. Selon lui, la Chine a pu inciter l’Iran à rejoindre la table des négociations en vue d’un cessez-le-feu.

« L’Iran a remporté une grande victoire », a également proclamé Téhéran, le Conseil suprême de la sécurité d’Iran, estimant que « l’ennemi a subi une défaite indéniable, historique et écrasante ».

Les autorités iraniennes ont indiqué mercredi que des pourparlers se dérouleront à partir de vendredi avec Washington, au Pakistan, médiateur clé dans la guerre au Moyen-Orient entamée le 28 février et qui a fait des milliers de morts. Mais les positions des belligérants restent très éloignées.

« Sous réserve que la République islamique d’Iran accepte l’OUVERTURE TOTALE, IMMÉDIATE et SÉCURISÉE du détroit d’Ormuz, j’accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pour une période de deux semaines », avait écrit quelques heures avant le président américain sur Truth Social.

Il a également fait part de discussions « très avancées » en vue d’un accord de paix « à long terme » avec l’Iran. Téhéran a transmis « une proposition en 10 points » qui « constitue une base viable pour négocier », a-t-il noté. La Maison-Blanche a ensuite indiqué envisager des « discussions en personne » avec les Iraniens.

L’annonce de ce cessez-le-feu est survenue une heure avant l’expiration du dernier d’une série d’ultimatums lancés par Donald Trump à l’Iran, dans lequel l’Américain menaçait d’éradiquer « une civilisation entière » si Téhéran n’ouvrait pas d’ici minuit heure GMT ce passage maritime stratégique où transitait avant la guerre 20 % du brut mondial.

De leur côté, les dirigeants iraniens ont confirmé qu’ils acceptaient de rouvrir « pendant une période de deux semaines » le détroit d’Ormuz « si les attaques contre l’Iran cessent », a écrit sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

La déclaration iranienne suggère que l’armée iranienne « surveillera » le « passage quotidien limité des navires » dans le détroit pendant le cessez-le-feu. Elle réclame aussi la levée des sanctions sur l’Iran.

Selon la déclaration en persan diffusée par les médias iraniens, le plan proposé par Téhéran prévoit aussi que Washington accepte l’enrichissement d’uranium ; une mention toutefois absente de la version anglaise transmise à l’ONU.

« L’Iran engagera, pendant une période de deux semaines (…), des négociations avec la partie américaine à Islamabad », a ajouté le Conseil suprême de la sécurité nationale dans un communiqué, précisant que « cela ne signifie pas la fin de la guerre » et que cette durée pourrait être prolongée « en accord avec les deux parties ».

[…] Mais Israël, qui a dit « soutenir » la décision américaine de suspendre les frappes contre l’Iran pendant deux semaines, a assuré mercredi que cet accord « n’inclut pas le Liban », dans un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu transmis aux journalistes. Le bilan des frappes israéliennes dans ce pays depuis le 2 mars dépasse les 1 500 morts. […]

Vox Philo, un nouveau média de philosophie réaliste !

Vox Philo, un nouveau média de philosophie réaliste !

Dans un monde saturé d’informations, la philosophie offre ce que l’actualité ne peut donner : le recul nécessaire pour comprendre plutôt que simplement réagir. Les grandes questions qui préoccupent nos existences ne sont pas des abstractions. Elles sont le socle invisible de toutes nos décisions, de nos engagements, de notre manière d’habiter le monde.
VOX vous invite à redécouvrir cette sagesse intemporelle, non pas comme un refuge hors du temps, mais comme une lumière pour éclairer le présent.

L’objectif de Vox Philo est ambitieux mais net : permettre à chacun de reprendre la pratique de la philosophie, quel que soit son niveau. Le média ne s’adresse pas seulement à des spécialistes ; il cherche à rendre la philosophie à nouveau praticable, c’est-à-dire accessible, vivante et utile pour penser le réel. L’enjeu n’est pas de réciter des doctrines, mais d’ouvrir un espace de réflexion rigoureux.

Pour cela, Vox Philo s’organise autour de trois programmes complémentaires, chacun avec son identité propre et son format spécifique.

Penser la Politique propose des entretiens vidéo d’environ une heure consacrés à la philosophie politique. Le format est long et permet ainsi des discussions de fond, et un vrai discours intellectuel. Un premier épisode a notamment été publié sur la cohérence de la déconstruction avec Joël Hautebert :

Focus prend une forme différente : il s’agit de podcasts audio d’environ quinze minutes, centrés sur un auteur. Le format est plus court, plus direct, et vise à offrir une porte d’entrée claire vers une pensée et une œuvre. Un premier épisode a par exemple été consacré à Descartes. Le but de ce programme est d’aller à l’essentiel sans appauvrir le propos :

La question philo est construit selon la même logique. Le format est un podcast audio d’une quinzaine de minutes, pensé pour éclairer un problème philosophique précis. Un premier contenu a été proposé sur « Qu’est-ce que la philosophie ? » :

Un autre point important tient à l’organisation interne du média : chaque format est porté par l’un des cofondateurs, avec son équipe propre, dans un esprit de subsidiarité. Cette répartition permet à chaque programme de conserver sa cohérence, son autonomie éditoriale et sa tonalité spécifique, tout en restant uni au sein d’un même projet. Cette structure rend aussi possible une vraie fidélité au rythme annoncé : un contenu toutes les deux semaines, sans dilution ni précipitation.

Les podcasts de Vox sont disponibles sur toutes les plateformes d’écoute.

Découvrez le site internet : https://vox-media.fr/

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Mgr Aubert, nouvel évêque de Limoges

Par décision du pape Léon XIV, Monseigneur Benoît Aubert, prêtre de l’archidiocèse de Paris depuis 2006, a été nommé ce mercredi 8 avril, évêque de Limoges (en Haute-Vienne et Creuse).

Il demeure responsable du secteur pastoral de Dourdan dans l’Essonne jusqu’à son installation en la cathédrale de Limoges, le 14 juin prochain. Le diocèse reste administré par le père Pierre Morin jusqu’à l’installation du nouvel évêque.

Benoît Aubert est né le 30 mai 1973 à Porto-Vecchio (Corse).

Après un baccalauréat scientifique, il intègre les classes préparatoires scientifiques de Saint- Cyr l’Ecole puis l’Ecole d’ingénieur (UTC) à Compiègne, dans l’Oise. Dans le cadre de sa formation religieuse et sacerdotale, il entre au Séminaire diocésain de Paris et devient titulaire d’un baccalauréat en théologie. Puis, passe 6 mois à Jérusalem. Benoît Aubert est ordonné prêtre le 24 juin 2006 en la Cathédrale Notre- Dame de Paris, pour l’archidiocèse de Paris.

Son parcours
– De 2006 à 2010, il est vicaire des paroisses de Villemomble dans le diocèse de Saint-Denis, au titre de la Fraternité Missionnaire des Prêtres pour la Ville (FMPV), communauté sacerdotale diocésaine engagée dans l’évangélisation en milieu urbain.

– En 2010, il est nommé curé des paroisses d’Aubervilliers dans le diocèse de Saint-Denis, toujours au titre de la FMPV, mission qu’il exerce jusqu’en 2019. Dans ce contexte pastoral marqué par une grande diversité culturelle et sociale, il accompagne des communautés joyeuses et profondément croyantes, parfois confrontées à la précarité sociale, aux difficultés familiales et scolaires ainsi qu’aux problèmes de logement.

– En 2019, il rejoint l’archidiocèse de Paris où il est nommé recteur de l’église Saint-Joseph-des-Carmes et prêtre accompagnateur de l’aumônerie étudiante de l’Institut Catholique de Paris, assurant l’accompagnement spirituel des étudiants, l’organisation d’activités pastorales et la proposition de temps de formation et de prière. La même année, il devient vicaire épiscopal pour la pastorale des jeunes adultes dans l’archidiocèse de Paris, ainsi que délégué des évêques de la province ecclésiastique de Paris pour la mission étudiante. Sa mission consiste à favoriser la coordination des aumôneries étudiantes et des actions d’évangélisation auprès des étudiants dans les diocèses.

– De 2021 à 2022, il est aussi secrétaire particulier de l’archevêque de Paris.

– Depuis 2022, il est responsable du secteur pastoral de Dourdan – Bienheureuse – Marie-Poussepin dans le diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes, comme curé in solidum, modérateur de la charge pastorale et vicaire forain. Ce secteur comprend deux petites villes, Dourdan et Saint-Chéron, et quinze villages. Il considère que l’un des enjeux essentiels de sa mission consiste à promouvoir la « communion entre les personnes, les paroisses, les communes du secteur pastoral et, plus largement, entre les communautés chrétiennes et ceux qui ne fréquentent pas l’Église ».

Il est également aumônier de Notre-Dame de l’Ouÿe, maison d’accueil du diocèse de Paris située dans l’Essonne.

Depuis 20 ans, il accompagne des pèlerinages en Terre Sainte, notamment dans le cadre de la Bible sur le Terrain, où il perpétue modestement l’expérience des pèlerinages bibliques du père Jacques FONTAINE.

Ceux qui aiment la langue française — et les autres

« Si la langue cède, tout cèdera » J.P. Brighelli, dans Causeur du 5 avril.

Que notre chroniqueur aime la langue française, qui s’en étonnerait ? Encore faut-il s’entendre sur ce qu’est le français — et là, Jean-Paul Brighelli dérape salement : selon lui, la « langue de Molière » ne peut se laisser cannibaliser par les trublions contemporains qui éructent en patois banlieusards. Et de prendre en otage Leïla Slimani, qui avec Assaut contre la frontière (Gallimard, mars 2026), démontre une fois de plus qu’une immigrée peut sortir sans voile et parler (et écrire) avec brio un français parfait.

« J’ai eu brièvement la tentation d’écrire une chronique sur les déclarations péremptoires d’Yvan Attal, dans Marianne, expliquant que Marivaux et Molière « le gavent ». Que le français soit « la langue de Molière » comme l’anglais est celle de Shakespeare ne le dérange pas : comme les « linguistes atterrés » que Jérôme Serri a épinglés dans Causeur l’année dernière, Attal pense sans doute que le gloubi-boulga qui sert de lingua franca à la racaille et aux sous-doués mérite bien à son tour d’être appelé « français ».

Mais le tout récent petit chef d’œuvre de Leïla Slimani, Assaut contre la frontière, m’a convaincu qu’il était temps d’expliquer à ceux qui en valent la peine que la mosaïque de sous-langages qui sévit aujourd’hui dans l’Hexagone n’est pas du français. Et que ceux qui, à l’école, ont renoncé à enseigner notre langue dans ce qu’elle a de plus beau et de plus complexe, sous prétexte de coller à l’expression des élèves, sont eux-mêmes des cancres — ou des traîtres, comme vous voulez.

Leïla Slimani a été désignée ambassadrice de la francophonie en 2017 — elle, et pas Virginie Despentes ni Annie Ernaux. Elle explique son acceptation : « C’était d’abord pour m’insurger contre ce rapport idéologique aux langues alors même que dans mon pays [elle est marocaine d’origine] et ailleurs des figures conservatrices appelaient à cesser de parler français et stigmatisaient l’usage de toute autre langue que l’arabe. »

Quoi ! Une femme cultivée et intelligente choisissait de parler la langue des « colons », des « oppresseurs » ! Quel exemple déplorable pour la jeunesse !

Le Maroc a deux langues officielles, l’arabe et l’amazighe (la, ou plutôt « les » langues berbères). Un colloque auquel je participais à Casablanca il y a quelques années avait conclu qu’il est essentiel pour un enfant de maîtriser une langue maternelle — c’est même la condition première pour accéder à une autre langue. Peu importe que ce soit l’arabe ou le dialecte berbère. Ou le français : le Bulletin officiel du royaume traduit automatiquement en français les textes rédigés en arabe. Sans honte. Par pragmatisme. Parce qu’une bonne part des élites parle français. Et qu’à Casablanca, sur la place Mohammed-V, s’élève toujours la statue du maréchal Lyautey.

Ce n’est pas en Algérie qu’on se laisserait aller à célébrer l’envahisseur. C’est sans doute la raison pour laquelle l’Algérie, avec des ressources très supérieurs, est un pays arriéré par rapport au Maroc. Arriéré mais idéologiquement pur.

Leïla Slimani, qui a si bien choisi de parler français qu’elle a peu à peu désappris les mots arabes de son enfance, développe une idée brillante, en s’élevant contre la doxa issue du mythe de Babel : la variété des idiomes est une marque d’arriération, et la tour mythique, en s’élevant, doit aller vers une langue unique — mais certainement pas le globish qui sévit aujourd’hui dans notre monde décentré, mondialisé et barbare. Unique chacune dans sa sphère d’influence, bien sûr : Slimani utilise un français délicat qui heurte sans doute les oreilles des linguistes atterrés qui se sont cooptés dans cette réserve de grandes incompétences qu’est devenue l’université française.

Il y a bientôt trois ans, j’expliquais dans ces colonnes ce qu’est la « bonne » langue française. On voudra bien m’excuser de me citer. Enseigner le bon français, disais-je, c’est « faire barrage aux barbares. Si l’on baisse la garde sur la langue, nous serons confrontés demain à une France éclatée en dialectes aussi divers que les « communautés » que l’on tente de nous imposer pour déchirer le tissu national. L’enjeu est non seulement normatif, il est politique. Ne pas enseigner rigoureusement la grammaire à l’école revient à ouvrir la porte aux fanatiques et aux dynamiteurs. Ceux qui penchent pour le laxisme ouvrent la voie (et ils en sont bien conscients, leurs options politiques le prouvent jusqu’à l’écœurement) à l’éparpillement façon puzzle de la République française. Allez, parions que Samuel Paty ou Dominique Bernard parlaient un bon français. Tolérer le magma linguistique où tant de nos concitoyens sont aujourd’hui embourbés, c’est tendre le couteau aux assassins : parions que le français des frères Kouachi était aléatoire. »

Et le français s’apprend dans les livres — c’est la langue la plus écrite qui soit. Elle s’apprend à travers La Fontaine ou Hugo, Molière ou Marivaux. Ou Proust. Ou Céline. Ou… Faites lire à vos enfants. Sinon, ils parleront bientôt un charabia que vous ne comprendrez plus. Ni vous, ni leurs futurs employeurs.

Le français s’apprend par les livres. Pas à travers les films d’Attal, dont Elisabeth Levy et Cyril Bennasar disaient ici il y a dix ans tout le bien qu’ils en pensent… C’était à propos de son film Ils sont partout, qui, comme le dit benoitement Wikipedia, « n’a pas fait de carrière internationale. » Attal voyait de l’antisémitisme partout, sauf là où il est : dans les banlieues et chez les députés de la France insoumise

Retrouvez tous les livres de J.-P. Brighelli sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/module/ambjolisearch/jolisearch?s=BRIGHELLI

Jean-Paul Brighelli / Agrégé de Lettres modernes, ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, Jean-Paul Brighelli est enseignant à Marseille, essayiste et spécialiste des questions d’éducation. Il est notamment l’auteur de La fabrique du crétin…

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L’art de l’enfumage

Sur le site de « France Soir », je viens de lire le texte suivant :

« Ces dernières semaines, la guerre que mènent Israël et les États-Unis contre l’Iran et, plus largement, les tensions générées par ce conflit au Moyen-Orient saturent l’espace médiatique. En continu, les images défilent, les analyses s’enchaînent, plus contradictoires que jamais. Dans ce brouillard et flux permanent, la désinformation prospère comme il se doit et la confusion s’installe, reléguant au second plan d’autres sujets tout autant essentiels.
L’affaire Epstein en est un exemple frappant. Malgré ses ramifications internationales et les questions qu’elle soulève en France, elle peine à exister dans le débat public. »

On ne peut mieux dire : tout semble fait pour étouffer l’affaire Epstein !

Déjà en février 2025, j’avais eu l’occasion d’écrire un article sur ce sujet étrangement passé sous silence par l’ensemble des médias officiels. * *

Malgré les trois millions de documents rendus publics par la justice américaine le 30 janvier 2026 et les centaines de personnes impliquées dans ce scandale planétaire, aucune condamnation n’a été prononcée à ce jour. La Presse, la Justice, même les responsables politiques semblent dans le déni le plus complet. Ainsi, Emmanuel Macron a déclaré sur BFM TV le 9 février dernier :
« Il faut que la justice américaine fasse son travail. C’est une affaire qui concerne surtout les Etats-Unis. »

Pourtant c’est bien en France qu’en lien avec l’affaire Epstein, Jean-Luc Brunel a été arrêté pour des accusations de « traite aggravée d’êtres humains » avant d’être retrouvé pendu dans sa cellule le 19 février 2022. Malheureusement, cette mort profondément suspecte a permis à des magistrats plutôt magnanimes de clore définitivement l’enquête au grand mépris des victimes.

Plus récemment, Jack Lang et sa fille Caroline cités à de nombreuses reprises dans les médias pour leurs liens particulièrement intimes avec Jeffrey Epstein, n’ont jamais été vraiment inquiété par la justice. Mise à part une enquête pour quelques malversations financières, aucune poursuite sérieuse n’a été engagée contre eux. Pourtant le nom de Jacques Lang figure dans plus de six cents documents déclassifiés et sa fille a reçu en héritage cinq millions de dollars de la part de Jeffrey Epstein sans la moindre justification. Heureusement pour eux, la justice française ne semble guerre soucieuse de clarifier cette sombre affaire.

De son côté, la présidente de l’Assemblée nationale a déclaré sur « Europe 1 » qu’elle était totalement opposée à la création d’une commission d’enquête parlementaire. A l’entendre, elle serait persuadée que les français sont davantage préoccupés par le gaspillage alimentaire que par les ramifications de l’affaire Epstein, oubliant au passage de préciser qu’elle avait travaillé sept années dans le cabinet d’avocats ayant défendu Jean Luc Brunel lors de son arrestation en 2020.

Malheureusement pour Yaël Braun Pivet et pour tous ceux qui semblent avoir intérêt à étouffer ce scandale, des mannequins de diverses nationalités viennent de demander à la justice française d’enquêter sur Gérald Marie. Cet ancien dirigeant de l’agence « Elite model management » vient en effet d’être accusé pour des actes de violence sexuelle sur une quinzaine de jeunes femmes. Ces dernières ont déclaré à la Presse :

« Nous avons été violées ou agressées sexuellement sur le territoire français. Deux d’entre nous étaient mineures au moment des faits commis par Gérald Marie. Nous sommes en possession de documents judiciaires prouvant une collaboration étroite entre Gérald Marie, Jean Luc Brunel et Jeffrey Epstein. »

Espérons que ces nouvelles accusations obligeront la justice française à aller au bout de cette enquête, mettant enfin en lumière toutes les abominations réalisées dans le plus grand secret par ces personnages monstrueux !

Dans son Evangile, l’apôtre Jean explique très bien cette tendance à dissimuler des pratiques aussi répugnantes :

« Le jugement de Dieu c’est que la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient pas à la lumière de peur que ses œuvres soient dévoilées. »

En dissimulant la vérité, tous ces personnages dépravés se mettent eux-mêmes sous le jugement de Dieu. En fin de compte, cette sombre affaire est la parfaite illustration des paroles de l’apôtre Jean : ils préfèrent les ténèbres à la lumière parce qu’ils savent que leurs œuvres sont mauvaises !

* * Journal d’un croyant de 2025 – Une bien étrange affaire

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Les ordinations des Hérauts de l’Évangile ont été débloquées

Après des années d’incertitude, d’impasse et de silence, les Hérauts de l’Évangile annoncent la reprise de leurs ordinations, une décision qui marque un tournant important dans l’un des processus les plus controversés de ces dernières années au sein de l’Église. Les Hérauts de l’Évangile sont une association internationale de fidèles de droit pontifical qui se veulent zélateurs du culte marial, selon l’expression de Jean Paul II qui suivit l’approbation pontificale de l’association : « Soyez messagers de l’Évangile par l’intercession du Cœur immaculé de Marie ». Ils «se fixent pour objectif d’être un instrument de sainteté dans l’Église en favorisant l’unité intime entre foi et vie et en agissant pour l’évangélisation des réalités temporelles, surtout à travers l’art et la culture ».

La Société cléricale de vie apostolique de droit pontifical a confirmé que, durant l’octave de Pâques, les ordinations diaconales et sacerdotales de dizaines de ses membres auront lieu, mettant ainsi fin — du moins en réalité — à une impasse qui durait depuis 2019.

Selon les informations publiées par les Hérauts de l’Évangile eux-mêmes, 31 nouveaux diacres seront ordonnés le 11 avril, tandis que 26 diacres recevront la prêtrise le 12 avril, dimanche de la Miséricorde divine.

L’ordination diaconale sera conférée par Monseigneur Fernando José Monteiro Guimarães, archevêque émérite de l’Ordinariat militaire du Brésil, tandis que l’ordination sacerdotale sera présidée par le cardinal Raymundo Damasceno Assis, archevêque émérite d’Aparecida et actuel commissaire pontifical.

Depuis l’intervention du Vatican qui a débuté en 2017 et a été renforcée par la nomination d’un commissaire pontifical en 2019, les ordinations dans les ordres ont été suspendues, affectant directement des dizaines de vocations qui sont restées en attente sans explication publique claire. Durant cette période, la situation a été décrite comme un processus prolongé, opaque et étouffant, au cours duquel aucune accusation formelle n’a été portée et aucun horizon clair de normalisation n’a été établi.

La reprise de l’application des ordonnances représente sans aucun doute un changement de cap. Mais elle ne met pas fin au débat. Des questions fondamentales demeurent sans réponse quant à la gestion du processus, sa durée, ses motivations et ses conséquences. Le rôle du Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, sous la direction de sœur Simona Brambilla – ainsi que, à l’époque, du cardinal João Braz de Aviz – a été déterminant dans la prolongation d’une intervention qui s’éternise depuis des années sans explication publique convaincante.

Ce qui commence à se concrétiser aujourd’hui — notamment la reprise des ordinations — attend encore une explication claire et complète de la part de ceux qui ont piloté ce processus depuis Rome. Néanmoins, ces ordinations prévues sont une source d’espoir. Après des années d’attente, des dizaines de vocations pourront enfin se concrétiser au service de l’Église, nous rappelant que, même au sein de processus complexes et de décisions controversées, la grâce continue de se manifester et de porter du fruit chez ceux qui ont persévéré dans leur vocation.

Cette annonce pourrait-elle en annoncer d’autres ? Des Missionnaires de la Miséricorde divine à Toulon attendent aussi d’être ordonnés.

Loi fin de vie : quand le service public oublie le pluralisme

L’agora médiatique, ce lieu où devrait se forger l’opinion par le choc des idées, ressemble parfois à une scène de théâtre où les rôles sont distribués d’avance. Le débat actuel sur le projet de loi « fin de vie », porté avec une ferveur constante par le député Olivier Falorni, en est une illustration frappante. Sous le vernis du progrès sociétal, se cache une mécanique de communication qui interroge les fondements mêmes de notre pluralisme.

Le miroir déformant du service public

L’unanimisme apparent des médias mainstream, et singulièrement des chaînes de l’audiovisuel public, soulève un malaise profond. Alors que la question de l’euthanasie touche aux racines mêmes de notre éthique et de notre conception de la dignité humaine, les voix discordantes — celles des soignants en soins palliatifs, des autorités morales ou des citoyens redoutant une dérive utilitariste — semblent reléguées aux marges, ou traitées avec une condescendance polie.

Cette sous-représentation notoire n’est pas qu’une impression subjective. Elle trouve un écho troublant dans les récentes secousses qui ont agité France Télévisions.

Les révélations de la commission d’enquête

Le voile s’est levé lors des auditions à l’Assemblée nationale, au sein de la commission d’enquête coordonnée par le député Charles Alloncle. Les témoignages et les documents produits ont mis en lumière des « anomalies » structurelles au sein du groupe public. Il ne s’agit plus seulement de choix éditoriaux isolés, mais d’un système de pensée qui semble avoir pris parti.
• Le déséquilibre du temps de parole : Les rapports évoquent une disproportion flagrante entre les partisans d’une « aide active à mourir » et les opposants au texte de loi.
• La mise en scène de l’émotion : La manipulation passe souvent par l’image. En privilégiant le témoignage individuel pathétique (au sens grec du terme) sur l’analyse de fond des enjeux de bioéthique, le média oriente le jugement du téléspectateur. L’émotion devient alors l’ennemie de la raison.
• La crise de gouvernance : Les révélations pointent un entre-soi idéologique où la contradiction est perçue comme un archaïsme plutôt que comme une nécessité démocratique.

L’illusion du consensus

Le danger de cette hégémonie médiatique est de créer une « spirale du silence ». En faisant croire que l’opinion est unanime derrière le projet d’Olivier Falorni, on décourage l’expression de ceux qui, pourtant nombreux, s’inquiètent des conséquences d’une telle rupture anthropologique.

Le service public a pourtant un devoir d’exemplarité. S’il devient le porte-voix d’une seule vision de la société, il cesse d’être un outil d’information pour devenir un instrument d’ingénierie sociale. La dignité de la fin de vie mérite mieux qu’un débat tronqué par des stratégies de communication ; elle exige une confrontation loyale des consciences, loin des projecteurs biaisés et des silences organisés.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

“Mon fils avait 11 ans quand on nous a dit qu’il ne retrouverait jamais la conscience. Aujourd’hui, il a 20 ans.”

Dans un livre publié par Via Romana, Laurence Trochu, député européen, témoigne du terrible accident subi par son fils de 11 ans, miraculé, qui témoignera, une fois être sorti du coma et après retrouvé quelques facultés, qu’il a vu Jésus juste après l’accident. Aujourd’hui son enfant, malgré quelques séquelles, vit une vie normale.

«Stanislas a été opéré d’un hématome extra-dural, le pronostic vital est engagé. Nous allons vivre au jour le jour, les yeux rivés sur les écrans de surveillance de la PIC, la pression intra-crânienne, plongés dans une attente dont on ne connaît pas l’objet. Qu’il se réveille ou qu’il meure. Oui, mais comment ? »

Le livre a été préfacé par Mgr Boulle, vicaire général du diocèse de Versailles.

Un évêque peut-il empêcher des jeunes de donner leur vie à Dieu et en détruire d’autres dans leur vie religieuse ? [Addendum : réaction de Mgr Giraud]

Suite au verdict du procès intenté à la FMND et à son supérieur de l’époque, considéré comme une quasi relaxe par maître Triomphe, l’évêque de Viviers (Ardèche) a publié un communiqué entraînant incompréhension, inquiétude et même colère. En effet, faisant fi de la présomption d’innocence consécutive à l’appel interjeté immédiatement, Mgr Giraud “demande à la FMND de ne plus accepter de postulants ou de novices, ni d’accueillir des vœux d’aucune sorte jusqu’à nouvel ordre“.

Outre le moment choisi pour sa diffusion, la veille de la messe Chrismale où se sont rendus plusieurs membres de la FMND, il semblerait que Mgr Giraud ne se soit rendu compte ni de la réalité du verdict, ni des conséquences juridiques d’un appel. Nous en voulons pour preuve l’échange lunaire entre un fidèle du diocèse et l’évêque au cours d’une visioconférence le 30 mars :

Le fidèle : “Sans même parler du fait que cette décision pourrait empêcher des vocations dont l’Église a tant besoin et blesser les religieux qui doivent prononcer des vœux notamment perpétuels, pourquoi agissez vous comme si il y avait eu un jugement exécutoire alors que le fait de faire appel anéantit ce jugement et que la présomption d’innocence s’applique ?

Mgr Giraud : “Il y a tout dans le communiqué. Il n’y a rien à ajouter. Tout a été fait selon le droit.”

De nombreux parents de religieux de cette communauté étaient déjà blessés par le fait que Mgr Giraud refuse d’ordonner de nouveaux diacres et prêtres depuis des mois. Cette nouvelle décision arbitraire, prise sans aucun dialogue, a poussé une cinquantaine d’entre eux à accorder une interview à Tribune Chrétienne dans laquelle ils expliquent envisager de “saisir toutes les instances concernées, tant au niveau ecclésial qu’au niveau civil, ainsi que des associations de victimes” et demander à “être reçus par l’évêque de Viviers, par le nonce” mais également “entamer des démarches sur les plans civil et juridique pour mettre fin à ces abus d’autorité qui sont extrêmement nocifs et font eux aussi des victimes d’un autre type” car “c’est une porte ouverte à toutes les accusations injustes voire fausses contre des prêtres ou des consacrés, qui malgré la présomption d’innocence, pourraient être accusés par des membres de la hiérarchie de l’Église“.

Voici l’interview :

Vous êtes des parents de membres de la FMND. Comment se passent les relations avec vos enfants et avec la communauté ?

Nos enfants ont choisi de répondre à un appel de Dieu. Chacun a un chemin unique. Nous sommes de très nombreux parents à être vraiment touchés par l’accueil qui nous est toujours fait dans la communauté. Nous en avons témoigné nombreux sur le blog www.parentsdomini.fr. Nous voyons nos enfants s’épanouir dans cette communauté. Nous avons des temps personnels avec nos enfants. Et nos enfants voient également régulièrement leurs frères et sœurs, neveux et nièces et viennent dans leurs familles lors d’événements particuliers. Par ailleurs, nous rencontrons quand nous le souhaitons les supérieurs qui ont le souci de cet épanouissement de chacun, et nous leur en sommes reconnaissants. Lorsqu’il y a une difficulté, un problème, un accroc de santé, nous pouvons en parler en transparence. Il est important de signaler que nous n’avons jamais été interrogés à l’occasion de ce procès, ni par le tribunal, ni par leur évêque.

Comment comprenez-vous le communiqué de l’évêque de Viviers ?

Ce communiqué est incompréhensible ! Il est tout d’abord d’une grande violence dans sa forme, sans aucune humanité ni aucune considération ni pour nos enfants ni pour nous, leurs familles. Il prétend viser à retrouver la sérénité, mais ne fait que mettre de l’huile sur le feu. La sérénité existe dans la FMND, nous en sommes tout de même les premiers témoins. Ici, c’est l’évêque qui la fait perdre. Il empêche des jeunes de donner leur vie à Dieu, alors même que leurs familles sont d’accord. Il casse des jeunes qui se préparent depuis neuf années à leur engagement perpétuel. Il empêche des jeunes de répondre positivement à l’appel de Dieu. C’est une atteinte grave à la liberté et une forme d’abus de pouvoir et d’infantilisation d’adultes qui ont cheminé avec maturité dans ce choix de vie et de réponse libre à l’appel de Dieu.

N’y a-t-il pas une volonté de protéger d’éventuels abus ?

C’est un prétexte. En réalité, après le jugement du 24 mars par le tribunal de Privas, il ne reste presque plus rien des accusations. On a entendu pendant des années, y compris de l’évêque de Viviers qui l’a dit dans la presse, que la communauté recrutait trop jeune, or le tribunal a écarté cela. Et tant d’autres choses ont été écartées. L’un des points qui restent reprochés au supérieur et à la communauté, c’est… la relation aux familles. C’est un comble, après les centaines de témoignages que nous avons apportés !

Par ailleurs, il est scandaleux que la présomption d’innocence soit respectée par la République mais pas par l’évêque. Lorsqu’en 2019 le cardinal Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis (comme le Père Bernard), il a remis sa démission au pape François. Le pape François l’a refusée, en raison de la présomption d’innocence, tant que la décision n’était pas définitive. Et heureusement, car plusieurs mois après, le cardinal Barbarin était totalement blanchi. L’évêque de Viviers devrait avoir le même respect de ces procédures et de la présomption d’innocence.

Quelles sont, à votre avis, les raisons de cet acharnement ?

Pour nous, il est malheureusement assez clair que le discours de la FMND gêne. Aujourd’hui, la communauté a le souci de transmettre la foi selon le Catéchisme de l’Église Catholique, de garder la fidélité à l’enseignement du Magistère, et de vivre totalement le concile Vatican II dans la fidélité à la Tradition de l’Église. C’est ce que Benoît XVI appelait l’herméneutique de la continuité. La FMND a également à cœur de transmettre fidèlement aux familles l’enseignement moral de l’Église, et l’encyclique Humanae vitae de Paul VI. Cette ligne gêne manifestement, en France, jusque dans notre Église… Nous espérons que le fait que la communauté ait de jeunes vocations ne suscite pas de jalousies. Mais comment comprendre une pareille décision. Il est possible aussi qu’après avoir validé oralement le projet de construction d’une église pour la communauté qui a reçu tous les accords de l’État, ainsi que de structures d’accueil, l’évêque précédent ait pris ombrage du succès des pèlerinages et évènements proposés par la Famille Missionnaire de Notre Dame.

Qu’envisagez-vous devant cette situation ?

Tout ! Actuellement, nous sommes très inquiets pour nos enfants, car la situation est la suivante : un évêque est en train de les détruire dans leur vie religieuse, c’est-à-dire dans toute leur vie. Ils en souffrent beaucoup, et nous ne pouvons pas l’accepter. Nous ne pouvons plus laisser faire ces agissements qui sont de l’ordre de l’abus de pouvoir. Nous allons nous organiser et saisir toutes les instances concernées, tant au niveau ecclésial qu’au niveau civil, ainsi que des associations de victimes. Cela ne peut plus durer.

Si l’évêque suspend les entrées dans la FMND, est-ce pour vérifier le discernement ?

Nous sommes là encore les premiers témoins que le discernement n’est pas pris à la légère. D’ailleurs, les Vœux perpétuels ne sont prononcés dans la FMND que neuf années après l’entrée, ce qui laisse un temps très long pour ce discernement. Naturellement, tout le monde peut faire des erreurs. Lorsque Mgr Giraud était évêque de Sens, il a ordonné un seul prêtre en neuf ans, le Père Matthieu Jasseron, et il l’a ordonné contre l’avis des formateurs du séminaire… Ce prêtre a quitté le sacerdoce dans des conditions tragiques. Va-t-on interdire les ordinations dans ce diocèse jusqu’à nouvel ordre ? C’est absurde.

Qu’attendez-vous désormais ?

Nous attendons d’être entendus par les autorités de l’Église, qui sont tellement tétanisées par les accusations qu’elles en viennent à prendre des mesures totalement disproportionnées, et extrêmement injustes. Nous voulons être reçus par l’évêque de Viviers, par le nonce, et nous allons aussi entamer des démarches sur les plans civil et juridique pour mettre fin à ces abus d’autorité qui sont extrêmement nocifs et font eux aussi des victimes d’un autre type. C’est une porte ouverte à toutes les accusations injustes voire fausses contre des prêtres ou des consacrés, qui malgré la présomption d’innocence, pourraient être accusés par des membres de la hiérarchie de l’Église. Nous nous battrons pour eux.

Addendum :

Mgr Giraud, évêque de Viviers, a immédiatement réagit à cette interview en déclarant à Tribune Chrétienne qu’il s’engageait à recevoir les parents des religieux concernés :

“Je m’engage à les recevoir avant l’été, afin qu’un climat apaisé et serein puisse prévaloir. Je suis parfaitement conscient de la souffrance des familles et des religieux de la Famille Missionnaire de Notre-Dame. Je me dois d’avancer avec une grande prudence, car je reçois des témoignages contradictoires de toutes parts … je souhaite que l’on lise et parle avec précision (acribie). Trop d’approximations nuisent à la vérité et font le jeu du Diviseur.”

C’est un premier pas mais dire qu’il entend des témoignages contradictoires de toutes parts est peu conforme à la vérité. En effet, Mgr Giraud est très peu présent auprès de la FMND et les 156 religieux et religieuses attendent depuis de trop longs mois que leur évêque vienne les visiter et s’entretenir avec eux. Et il n’y a pas que les religieux qui sont concernés : de nombreux amis qui n’ont pas d’enfants dans la communauté souffrent également de cette prise de distance, pour ne pas dire hostilité, de l’évêque à l’égard de la FMND. Ils étaient plus de 600 lors du Triduum Pascal…

Fractures françaises et crise au Moyen Orient

Retrouver l’intervention de Gilles Kepel & Alexandre Devecchio chez les Eveilleurs le 16 mars dernier :

« Si j’avais quelque chose à dire aux jeunes, c’est qu’ils ne sont pas des victimes. Servez-vous de vos marges de manœuvre, participez à la reconstruction de votre pays ! »

« Le message à la jeunesse, c’est l’exigence »

« Aujourd’hui on n’apprend plus à analyser des faits mais à réciter un texte woke »

« L’idéologie post-moderne fabrique des individus qui s’inscrivent dans une forme d’isolement, on finit par avoir des individus parcellarisés à l’extrême ( sexe, couleur de peau, régime alimentaire etc..) »

« Le rôle d’un universitaire c’est d’essayer d’analyser les faits sociaux dans toute leur dimension »

« Le voilement des femmes s’est accéléré après le 11 septembre »

« L’importance du flux migratoire rend l’assimilation extrêmement difficile aujourd’hui »

La réinsertion par la marche : Compostelle

Saje Distribution accompagne Apollo Films à l’occasion de la sortie au cinéma du film COMPOSTELLE, le 1er avril, avec Alexandra Lamy, Julien Le Berre et Mélanie Doutey, film inspiré d’une histoire vraie.

Le parcours d’Adam illustre celui de nombreux mineurs délinquants : à la suite de plusieurs infractions il a été confié à la Projection Judiciaire de la Jeunesse. Au début du film il est placé en Centre éducatif fermé. Après une nouvelle récidive il est à nouveau déféré devant un juge des enfants. Il risque cette fois d’aller en prison. La juge lui propose une mesure alternative à la prison : la marche de rupture proposée par l’association Seuil.

Seuil est une association habilitée Lieu de Vie et d’Accueil. Elle propose aux jeunes, suivis par l’Aide Sociale à l’Enfance ou la Protection Judiciaire de la Jeunesse, de mettre en œuvre une mesure éducative alternative à la prison : des marches de rupture. Seuil accompagne en moyenne chaque année une trentaine de filles ou garçons âgés de 14 à 18 ans. Les principes de la marche de jeunes de 14 à 18 ans, se fait en duo, avec un adulte accompagnant, dure 3 mois environ, à raison de 20 / 25 km par jour, sans téléphone portable, écran ou musique, avec des temps de silence imposés chaque jour et écriture quotidienne d’un carnet de route.

Frédérique, une enseignante mise à pied pour avoir perdu son sang-froid face à un élève, en cours de séparation avec son mari, et Adam ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, face aux épreuves, un lien fragile se tisse. Si l’adolescent sacrifie le couteau qu’il a dérobé, il est regrettable que Frédérique renonce à son mariage en abandonnant son alliance.

Sans politique de « remigration », ce qui nous attend, c’est le « grand remplacement »

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Les lecteurs des « 4 Vérités » connaissent bien Jean-Yves Le Gallou. Cet ancien haut fonctionnaire, qui fut député européen FN, est le créateur de la fondation Polémia et le principal animateur des Bobards d’or qui « récompensent » les « meilleurs » journalistes de grand chemin pour leur collaboration à la vaste entreprise de désinformation.

Il est aussi l’un des meilleurs spécialistes français de l’immigration. Son dernier petit livre s’inscrit dans ce cadre. Résumons en quelques mots la thèse de l’ouvrage: sans politique de « remigration », ce qui nous attend, c’est le « grand remplacement », c’est-à-dire le fait de devenir d’ici 20 ans minoritaires sur la terre de nos ancêtres. Beaucoup de commentateurs jugeront sans doute cette thèse excessive et contesteront qu’il soit possible de pratiquer une politique de remigration réelle et concrète. Mais l’un des principaux apports de cet ouvrage est précisément de montrer que, dans l’histoire (même récente), la remigration a souvent été pratiquée – et parfois même volontairement.

Pour ne prendre qu’un exemple à la fois proche et récent, que j’ignorais, l’auteur cite le cas de la Lettonie qui, après avoir recouvré son indépendance à la chute de l’empire soviétique, a refusé d’accorder la nationalité lettone aux descendants de Russes qui l’avaient colonisée – provoquant ainsi le départ (volontaire) d’une bonne part de cette minorité russe.

Jean-Yves Le Gallou propose de mettre en place à la fois une préférence nationale (dont on rappellera, une nouvelle fois, qu’elle fut jadis instaurée par des gouvernements de gauche pour sauvegarder les emplois des nationaux) et une préférence de civilisation. Il me semble qu’il a évidemment raison quand il remarque que la nationalité ne suffit plus à définir un Français, tant la France compte de « Français de papier ». Il est clair qu’être Français, c’est aussi recevoir une histoire et partager des mœurs.

Le problème est que c’est beaucoup plus difficile à définir juridiquement que la nationalité. C’est pourquoi l’auteur propose une remigration par étapes, en commençant par cesser de délivrer de nouveaux titres de séjour et en expulsant les étrangers clandestins et délinquants. Pour les naturalisés (donc français), il distingue les assimilés (qui ont vocation à demeurer Français en France), les non-assimilées mais non hostiles, et les hostiles ou délinquants à déchoir de leur nationalité. La catégorie intermédiaire est logiquement la plus difficile à traiter mais Jean-Yves Le Gallou note justement que, si les Européens reviennent aux sources de leur civilisation, les non-assimilés deviendront hostiles ou s’assimileront.

Ce petit livre peut naturellement être contesté (personnellement, je ne suis pas certain du tout que le caractère ethnique soit aussi important que le pense Le Gallou: il me semble que le cardinal Sarah est plus européen que bien des députés LFI, quoique leur couleur de peau puisse indiquer l’inverse – et je crois donc que la question civilisationnelle est largement prioritaire). Cependant, je ne saurais trop en conseiller la lecture pour réfléchir enfin sérieusement à une politique migratoire menée pour l’intérêt de nos enfants.

Remigration

 

 

 

Pays-Bas : élimination des fous par euthanasie

Aux Pays-Bas, le nombre de personnes ayant été euthanasiées en raison d’une démence a presque triplé depuis 2020. De 170 en 2020, ce nombre est passé à 499 en 2025, d’après les données publiées par les commissions régionales d’examen de l’euthanasie (RTE). La plupart de ces patients étaient conscients. L’année dernière, sept personnes qui n’étaient plus « mentalement compétentes » ont été euthanasiées.

L’euthanasie et le suicide assisté sont autorisés aux Pays-Bas depuis 2002, à condition que les médecins jugent que les souffrances sont « insupportables » et ne peuvent être soulagées.

Près de 10 000 personnes sont décédées par euthanasie en 2025.

Source : Gènéthique

Former les intelligences et les âmes

Nouvel épisode de Genèse, avec Mère Marie de la Miséricorde et Mère Marie Eugène de l’Enfant Jésus, soeurs de l’Institut des Dominicaines du Saint-Esprit. Une communauté féminine qui s’inscrit dans la grande tradition de l’Ordre de saint Dominique et dont la mission est de former les intelligences et les âmes à travers l’éducation chrétienne. Elles vivent les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance… et consacrent leur vie à Dieu et à la transmission. Elles dirigent notamment l’Institution Saint-Pie-X à Saint-Cloud.

Comment répond on à l’appel de Dieu aujourd’hui ? À quoi ressemble la vie dans un couvent ? Pourquoi l’éducation est-elle au cœur de leur mission ? Quels sont leurs projets ?

  • 00:00 Introduction
  • 01:26 Présentation
  • 02:12 Ma Sœur ou ma Mère ?
  • 04:34 Pourquoi changer de prénom ?
  • 06:51 L’Institut des Dominicaines du Saint-Esprit…
  • 12:30 Quel style de filles quand vous étiez jeunes ?
  • 13:37 Aviez-vous des rêves “classiques” (mariage, métier) ?
  • 15:50 À quel moment votre vie a changé ?
  • 22:31 La réaction de votre famille
  • 24:40 Un moment de doute ?
  • 26:32 Les moments difficiles ?
  • 30:17 Une journée type
  • 31:22 Les activités en dehors des offices
  • 33:41 Vœu de pauvreté
  • 35:12 La tenue des Dominicaines
  • 37:44 Les réactions des gens dans la rue
  • 39:50 L’éducation au cœur de votre vocation
  • 41:20 Saint Pie X
  • 42:53 École hors contrat
  • 44:30 Pourquoi des familles viennent chez vous ?
  • 47:13 Les Humanités
  • 52:48 Qu’est-ce que les enfants vous apprennent ?
  • 55:26 La chose la plus belle dans une âme d’enfant
  • 56:30 Le plus grand défi éducatif
  • 59:08 Des mots devenus tabous
  • 1:02:04 Le projet Communio
  • 1:03:25 Une chapelle au cœur d’un établissement
  • 1:08:25 Combien ça coûte ?
  • 1:10:08 La jauge des dons pour Communio
  • 1:12:02 Un mot pour les donateurs
  • 1:13:20 Top 3 livres et films
  • 1:19:09 Intentions de prière
  • 1:21:12 Conclusion

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