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Pédocriminalité dans le monde du sport : un témoignage explosif

La Commission d’enquête parlementaire relative à l’identification des défaillances de fonctionnement au sein des fédérations françaises de sport, du mouvement sportif et des organismes de gouvernance du monde sportif en tant qu’elles ont délégation de service public a été créée le 20 juin 2023 et a été constituée le 5 juillet 2023. Elle a pour objet d’identifier les défaillances de fonctionnement au sein des fédérations françaises de sport, du mouvement sportif et des organismes de gouvernance du monde sportif. Elle rendra son rapport d’ici la fin décembre 2023.

Le 20 juillet, elle a entendu le journaliste Romain Molina (The Guardian, CNN, BBC, The New York Times ou Josimar), résidant à l’étranger pour des raisons de sécurité. Journaliste décrié par les rédactions de grands chemins, depuis plusieurs années, Romain Molina fait un travail d’investigation sur les coulisses du monde footballistique. Un travail qui lui vaut de nombreux procès. En avril 2020, il fait partie des journalistes qui signent une enquête dans le Guardian, dans laquelle le président de la fédération haïtienne de football, Yves Jean-Bart, est accusé d’avoir violé des jeunes joueuses. La même année, il publie deux autres enquêtes dans le New York Times, où il brocarde la fédération française de football. En septembre 2022, il publie dans le média norvégien Josimar une enquête intitulée 40 ans de silence où il égratigne les cadres de la FFF ayant gardé le silence sur des abus sexuels sur mineurs, pourtant connus.

Son témoignage explosif évoque les abus sexuels sur mineurs dans les fédérations et les clubs sportifs, football comme rugby, la prostitution, les rétro-commissions, la gestion financière scabreuse des clubs de football, trafic d’immigrés,… Selon lui, le journal L’Equipe possèderait des informations pouvant faire “sauter” la FFF. Il a notamment évoqué ce que certaines femmes devaient faire pour contenter certains dirigeants. Il a évoqué un système mafieux, des menaces physiques et des dérives sexuelles connus de certains médias et certaines autorités publiques et couverts au plus haut niveau de l’État français. Romain Molina a cité une trentaine de noms et fournira tous les documents à la commission. Sur un certain nombre d’affaires, il a déjà alerté le conseiller sport de l’Elysée, la directrice des sports et le ministère.

Concernant la Fédération des sports de combat, Molina a expliqué que les dirigeants de ladite fédération s’adonnent à des «partouzes» dès qu’ils sont en Algérie, en Azerbaïdjan ou en Thaïlande.

«Quand ils vont en Algérie, à Oran, ils ouvrent les chambres, il y a un cabaret à côté, c’est prostitution à gogo. En Azerbaïdjan, c’est prostitution à gogo. Et en Thaïlande, c’est prostitution à gogo. Cette fédération, si elle n’a pas de p****, elle ne peut pas fonctionner».

La théologie catholique du sacrifice

Une tribune polémique de La Croix a donné à Claves, le site de réflexion de la Fraternité Saint-Pierre, l’occasion d’une réflexion en profondeur sur le sens du sacrifice et l’importance de sa manifestation dans la liturgie de la messe, pour réaffirmer que nous croyons et adhérons au salut dans le Christ. Cet article a été publié dans La Croix. Le voici :

Une accusation grave

L’accusation portée par la tribune dans La Croix d’Alain et Aline Weidert, « couple engagé dans l’Église, » est grave : il y aurait un véritable problème de foi, une divergence fondamentale de la part des catholiques attachées à la « forme extraordinaire » du rit romain, sur « la conception de la messe et du salut. »

Pour les auteurs, l’engouement autour du pèlerinage de Chartres serait l’heureux révélateur d’une différence fondamentale de foi. Ils portent l’accent en particulier sur la célébration par les prêtres accompagnant la colonne de messes matinales. « Une messe par jour, pour et par l’ensemble de la communauté présente, ne serait-elle pas satisfaisante, suffisante ? » demandent-ils. Les « tenants de la Messe de Trente » répondraient, d’après eux, que chaque messe, nouvelle mise à mort de Jésus, diminue les peines éternelles dues aux péchés, écourte le temps de purgatoire. Dans cette vision, les messes « agissent comme des assurances-vie éternelle, comme des indulgences. »

Allant plus loin, Alain et Aline Weidert développent ce qui serait selon eux la théologie de la « Messe de Trente, » autrement dit l’hérésie des « tradis. » Jésus se chargerait par obéissance d’une tâche de bouc émissaire, pour satisfaire au courroux divin et apaiser l’offense faite à Dieu. 

Or les auteurs disent ne plus croire en un père « cruel, cynique » qui ferait mourir son fils pour sauver ses enfants de sa propre colère et dénoncent une religion qui ferait vivre les hommes sous la menace de l’enfer. Le salut consiste pour eux dans une communionexistentielle, un don de soi pour les autres manifesté à la cène, un « repas des noces au quotidien. »

La messe traditionnelle peut-elle être hérétique ? 

Avant même de répondre brièvement à cet argumentaire vindicatif, reprenons de la hauteur… Peut-on seulement mettre en opposition la théologie qui sous-tend deux expressions liturgiques officielles de l’Église ? À travers les différentes formes de manifestation de son culte, l’Église témoigne depuis ses origines d’une même foi, immuable et divine, qui inclut bien sûr le mystère de l’eucharistie, sacrement et sacrifice du Christ. S’il peut y avoir de légitimes débats quant à savoir si tel ou tel rite l’Église exprime plus ou moins bien les vérités du dogme, il faut conserver l’unité intérieure de la foi de l’Église, qui demeure dans l’espace (à travers les nombreux rites qui coexistent depuis des siècles) et dans le temps (à travers leur développement homogène et leurs évolutions). 

En un mot : opposer la théologie de la « Messe de Trente » et de Vatican II, c’est avoir tout faux. D’abord parce que l’on se met en position de juger la foi de l’Église jusqu’à la mettre en contradiction avec elle-même, ce qui ne peut être le fait de ses membres. Ensuite parce que l’on met dos à dos – de manière souvent bien volontariste et en y plaquant des idées-reçues contemporaines – des expressions différentes des mêmes vérités dogmatiques, enseignées par la même et unique Église, infaillible et indéfectible en vertu des promesses du Christ et par l’assistance du Saint-Esprit. La vérité ne se périme pas, les dogmes se développent mais ne changent pas. Il n’y a pas une Église de Trente et une Église de Vatican II, professant une autre foi, mais l’Église une, sainte, catholique et apostolique, dont la pérennité est garantie par Jésus, malgré les épreuves. Nous nous inscrivons ici dans la tradition multiséculaire de l’Eglise, infaillible et indéfectible, et refusons avec Benoît XVI cette “herméneutique de la discontinuité et de la rupture”[1] dont les auteurs témoignent malheureusement.

La conception catholique du sacrifice

Pour répondre aux auteurs, il faut encore rétablir quelques points regrettablement caricaturés de la théologie catholique du sacrifice. Nous nous appuierons naturellement sur le magistère constant de l’Église, résumé par le Catéchisme de l’Église Catholique, de 1992, préparé et publié sous la houlette de saint Jean-Paul II, et par conséquent peu suspect de « tridentinisme ». Nous pousserons le vice jusqu’à citer quelques beaux textes du pape Paul VI. 

La thèse charitablement attribuée aux défenseurs de la « Messe de Trente » est en fait celle de la « satisfaction pénale » – le Christ est puni par son Père à notre place – soit tout bonnement la thèse de… Martin Luther. De là à l’attribuer au concile de Trente, qui l’a dénoncée et combattue, il y a un manque d’objectivité évident. 

À notre sens, le souci réside avant tout dans une incapacité à penser le sacrifice dans toutes ses dimensions[2]. Le sacrifice au sens plein n’est pas un acte cruel ni toujours sanglant : le sacrifice est un don, « ce que l’on offre à Dieu pour lui rendre l’honneur qui lui est dû, en vue de lui plaire »[3]. Il peut recouvrir quatre fins[4] : l’action de grâces, l’expiation, la communion, mais surtout et premièrement l’adoration. Or certains modernes, et nos auteurs semblent s’y rallier, opposent uniquement les fins de communion et d’expiation, comme si elles étaient incompatibles, et oublient totalement le sens plénier et la vraie nature du sacrifice : une action extérieure manifestant la dévotion intérieure, empreinte d’esprit d’adoration, de remerciement, de demande de pardon et de communion. C’est ainsi qu’ils dialectisent la messe (qu’ils n’appellent qu’ « Eucharistie ») autour d’une opposition factice entre la cène et la croix : comme si l’acte central du culte chrétien devait être ou bien expiation (caractérisant une religion surannée, de crainte et de soumission à un Dieu jaloux et colérique), ou bien communion (caractérisant une religion moderne, de partage communautaire autour d’un Dieu rassembleur et tolérant). Or le catholicisme n’est en rien réductible à cette alternative : le sacrifice qui en est l’acte le plus haut – qui est le sacrifice même du Christ, renouvelé (et non pas recommencé) sur les autels à la messe, est à la fois adoration, pardon, action de grâces et communion. Le déroulement et les rites de la liturgie, en particulier du rit romain ancien, le manifestent plus éloquemment que toutes nos paroles. 

Sommes-nous ici les parangons poussiéreux d’une théologie médiévale ? Le Catéchisme de l’Église Catholique enseigne clairement que « l’Eucharistie est donc un sacrifice parce qu’elle représente (rend présent) le sacrifice de la Croix, parce qu’elle en est le mémorial et parce qu’elle en applique le fruit, » et va – c’est un comble – jusqu’à citer le Concile de Trente qui explicite cet enseignement[5].

Quant au thème de la satisfaction, il ne s’agit absolument pas pour le Père de punir son Fils à la place des hommes, ni de lui faire subir le mal de nos péchés. Dieu apporte gratuitement à l’homme la possibilité de réparer ses fautes, à travers la passion du Christ, l’associant à son propre salut, pour restaurer l’équilibre détruit par le péché. Il s’agit d’une œuvre de miséricorde immense, plus grande encore que le pardon inconditionnel fantasmé par les modernes.

Le sacrifice du Christ n’est pas une punition

Que l’on nous permette encore, pour éclairer cette difficile question, de citer les bonnes lignes de Frédéric Guillaud, qui établit d’abord l’absurdité de la thèse – formulée par Luther – de la substitution pénale. 

Les métaphores judiciaires qui servent à exprimer le mystère de la Rédemption sont très égarantes. Elles suggèrent que le salut de l’humanité a été obtenu par la punition d’un innocent à notre place – « substitution pénale » qui aurait eu la vertu de satisfaire, à peu de frais pour nous, la soif de justice d’un Dieu vengeur. Il est évident qu’il ne faut pas prendre à la lettre ce type d’analogies. Car elles défigurent la divinité. Elles supposent, en effet, une séparation entre le Père et le Fils, qui ne correspond pas à la réalité : le Christ est Dieu. Dès lors, dire qu’il est puni à notre place, c’est dire que Dieu se punit lui-même, ce qui est absurde[6].

Guillaud affirme cependant, sur le fondement de la parole divine, que le Christ est bien mort pour nous :

Cela étant, il ne faudrait pas conclure de cette critique que la mort de Jésus n’a joué aucun rôle dans notre salut. L’Écriture atteste le contraire : « Le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures » (1Cor 15, 3) ; « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés » (Mt 26, 26-28) ; « Jésus est mort pour des impies… Nous sommes justifiés dans son sang » (Rm 5, 6)[7]. 

Il compare alors le rôle du Père à celui d’un père dont l’enfant a saccagé le parterre fleuri et doit remettre de l’ordre afin de réparer sa bêtise, mais s’en trouve complètement incapable. Le père s’agenouille à son côté et replante les fleurs avec lui, souffre par amour pour lui, pour l’aider à réconcilier sa volonté avec la sienne. Il ne s’agit pas d’une punition, mais d’une réharmonisation active de deux volontés, à travers un geste commun. 

L’auteur peut alors conclure : 

De la même manière, Dieu ne s’est pas puni lui-même en mourant sur la croix ; il a pris sur lui de descendre vers nous pour réaliser, uni à une nature humaine véritable, la réconciliation parfaite d’une volonté humaine avec la sienne. […] Il a voulu que Jésus donne l’exemple d’une volonté humaine qui va jusqu’au bout de l’amour, quitte à en mourir. La mort n’est pas voulue pour elle-même, elle n’est pas le but ; le but, c’est la réconciliation ; mais la mort est envisagée dès le début comme une éventualité probable, voire comme l’épreuve nécessaire sur le chemin de la réconciliation. […] Car le péché, c’est tout simplement l’attachement trop grand de notre volonté à elle-même et son éloignement de celle de Dieu. « Enlever le péché », pour Dieu, ce n’est pas subir une punition à notre place, c’est accomplir la réunification des deux volontés, en prenant sur lui de le faire, une fois pour toutes, en Jésus. Par cet acte d’abandon total de soi au profit de Dieu, Jésus vient nous communiquer – mystérieusement – le pouvoir de vaincre le péché (c’est à dire de faire cesser la dissension entre notre volonté et celle de Dieu). Ce qu’il a fait, une fois pour toutes, dans l’homme-Dieu, nous sommes, par la grâce, capables de le faire aussi[8].

Pas de péché, pas de sacrifice

Si les modernes ont tant de mal avec la notion de sacrifice – en particulier dans sa dimension expiatoire et satisfactoire, c’est qu’à la racine, ils refusent celle de péché. La messe pourrait aussi bien n’être célébrée qu’une fois par jour durant le pèlerinage de Chartres, et pourquoi pas une fois seulement durant le pèlerinage, ou encore une fois par semaine dans chaque paroisse ou diocèse… Si elle n’est que rassemblement, communion, la multiplication des manifestations ne vient-elle pas diluer sa force d’expression ? Mais la messe est bien plus que cela, à chaque messe l’Église est en « contact actuel » avec le sacrifice rédempteur[9]. Et il faudrait avoir les yeux bien fermés pour ne pas voir que le monde a tant besoin – plus que jamais besoin – de rédemption. Les auteurs – qui sont pourtant bien enclins à dénoncer les diverses formes d’abus, donc de péché, présents jusque dans l’Église[10] –  semblent ne (dé)considérer que la supplication offerte – et c’est déjà un motif bien nécessaire – pour les âmes du Purgatoire. Mais c’est pour les péchés du monde entier[11], en particulier pour les péchés actuels des hommes, qu’est offert le Saint-Sacrifice, et à travers lui le moyen de nous unir au pardon des offenses faites à la bonté infinie du Créateur[12].

Chaque messe a une valeur infinie pour le salut du monde

Et ainsi chaque messe a une valeur infinie, puisqu’elle est le sacrifice même du Christ[13], la même victime offerte par le même prêtre, manifestant l’unique acteintérieur d’offrande de la volonté de Jésus, depuis la Cène jusqu’à nos messes de chaque jour, en passant par la consommation du Vendredi saint.

C’est l’enseignement perpétuel de l’Église, qui n’est pas annulé ni oublié par le magistère récent, pas plus que par le concile Vatican II :

Toutes les fois que le sacrifice de la croix par lequel le Christ notre pâque a été immolé (1 Co 5, 7) se célèbre sur l’autel, l’œuvre de notre Rédemption s’opère[14].

Chaque messe est une “bombe” d’amour divin, un hommage parfait à la magnificence et à la bonté du créateur, un séisme qui déséquilibre le mal et porte en lui la puissance de réparer tout le désordre du monde. À chaque fois qu’une messe est célébrée, que ce soit dans une cathédrale ou un oratoire, par un évêque ou un ermite, au milieu d’une foule de pèlerins ou avec l’assistance simple d’un servant, “l’œuvre de notre Rédemption s’opère.”

« Rien ne remplacera jamais une messe pour le salut du monde » clamait Benoît XVI[15]reprenant l’enseignement des saints. « Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas au saint sacrifice de la messe, parce qu’elles sont les œuvres des hommes, et la messe est l’œuvre de Dieu, » disait le saint Curé d’Ars, tandis que saint Padre Pio affirmait « Il est plus facile à la terre d’exister sans le soleil que sans le saint Sacrifice de la Messe. »

Que cette explication de textes ne soit pas l’occasion d’accentuer les divisions mais de mieux contempler ce qui nous rassemble : notre désir d’union profonde au Christ qui nous sauve par son sacrifice d’amour rédempteur, manifesté par la participation extérieure à la liturgie, dont le rit romain ancien est une forme particulièrement digne et adéquate d’expression de la foi pérenne de l’Église.

Fronde des policiers à Marseille : “avant un éventuel procès, un policier n’a pas sa place en prison, même s’il a pu commettre des fautes”

Directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux a été interrogé dans Le Parisien, à propos des policiers engagés dans un mouvement de protestation lancé à la suite de la détention provisoire d’un fonctionnaire de la BAC de Marseille. Extraits :

Souhaitez-vous aussi la remise en liberté de ce policier de la Brigade anticriminalité ?

Oui. Le savoir en prison m’empêche de dormir. Mais la justice ne cède jamais à la pression médiatique ou de la rue, elle traite les dossiers. L’émotion et la colère passées, il faut se donner les moyens techniques et judiciaires pour que ce fonctionnaire de police retrouve la liberté. C’est un policier expérimenté comme ceux qui composent les BAC de Marseille. Ils font face quotidiennement à des situations très complexes, car confrontés à un trafic de stupéfiants très important et à des individus souvent armés. Grâce à eux, de nombreuses affaires ont été résolues, nous savons pouvoir compter sur eux en toutes circonstances.

Vous comprenez donc ce mouvement de fronde ?

Je comprends l’émotion, et même la colère, qu’a pu susciter dans les rangs policiers le placement en détention de l’un des leurs. Ceci, indépendamment de l’affaire judiciaire, dont je ne connais pas le contenu et dont je me garderais de toute appréciation. De façon générale, je considère qu’avant un éventuel procès, un policier n’a pas sa place en prison, même s’il a pu commettre des fautes ou des erreurs graves dans le cadre de son travail. J’exclus de mon propos les affaires qui concernent la probité ou l’honnêteté. Mais lorsqu’un policier est dans l’exercice de sa mission, on doit admettre qu’il peut commettre des erreurs d’appréciation. Le policier doit rendre compte de son action, y compris devant la justice, mais on doit aussi tenir compte des garanties dont il bénéficie et qui le distinguent des malfaiteurs ou des voyous. Je le répète, dans ce type d’affaires, le placement sous mandat de dépôt n’est pas la solution. […]

Législatives en Espagne : la droite échoue à gagner une majorité absolue

Les élections législatives anticipées espagnoles de dimanche 23 juillet donnent une courte victoire au Parti populaire (PP), car elle s’avère insuffisante. Le pays pourrait s’avérer ingouvernable et de nouvelles élections pourraient être organisées.

Avec 33 % des suffrages et 136 sièges au Parlement (sur 350), le PP est arrivé en tête, gagnant trois millions d’électeurs de plus qu’en 2019. Néanmoins le PP visait les 150 sièges. Vox, avec 12,5 % des voix (−3 points) et 33 députés, perd 19 sièges au Parlement. L’alliance entre le PP, VOX et l’UPN gagne une majorité relative avec 171 sièges sur 176.

Le socialiste Pedro Sanchez a déjà prévenu qu’il ne céderait en aucun cas les voix du PSOE pour favoriser la formation d’un gouvernement par le parti arrivé en tête. Avec 32 % des voix et 122 sièges, soit deux députés et 900 000 voix de plus qu’en 2019, le PSOE peut compter, grâce à ses alliés de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), aux séparatistes d’extrême gauche de Bildu, les nationalistes basques du PNV et le Bloc nationaliste galicien (BNG), sur 172 sièges. Avec 70 % de taux de participation, presque cinq points de plus qu’en 2019, la gauche s’est mobilisée pour le scrutin.

« Non seulement Pedro Sanchez peut bloquer le Parlement, mais il peut aussi obtenir l’investiture avec le soutien du séparatisme et du terrorisme » , s’est inquiété le président de Vox, Santiago Abascal.

En décembre 2015, le blocage institutionnel avait provoqué de nouvelles élections législatives six mois plus tard, au printemps 2016.

La « french connerie »

De Marion Duvauchel, Professeur de français :

Nul ne l’ignore : nos assemblées parlementaires montrent la concentration du pouvoir entre les mains d’une minorité de privilégiés, à peu prés tous issus des mêmes écoles et des mêmes milieux et qui se cooptent. La langue fait partie de ces problèmes que la classe politique bien-pensante ne veut pas aborder ou plus exactement qu’elle aborde désormais à la mode Macron, entre illusionnisme et mots d’esprit de mauvais goût.

La langue de la République est le français » affirme l’article 2.2 de la Constitution.

Pourquoi la France a t-elle décidé dans les années suivant l’adoption de cette disposition solennelle à l’unanimité de ses parlementaires réunis en congrès, de sacrifier la langue nationale aux impératifs de marché, de sombrer dans un sabir néolithique ?

La revendication de l’autonomie linguistique, pour un pays qui se prétend le guide et l’inspiratrice des nations européennes est le minimum qu’on puisse exiger.

Lors de la journée internationale de la Francophonie du 20 mars 2023, devant les académiciens et trois cents étudiants, jeunes et créateurs de tout le monde francophone, le président Macron a lancé cette phrase mémorable :« le français s’est émancipé de la France, il est devenu cette langue monde, cette langue archipel ».

Peut-on nous dire au nom de quoi le français devrait s’émanciper de lui-même, de son histoire, de son berceau géographique, de sa grammaire et de la variété de ses accents régionaux? C’est une mauvaise blague, au mieux une boutade comme celle qu’il a lancé en accueillant le premier ministre québécois en ne se voulant pas un défenseur grincheux du français. Ah bon… on est grincheux quand on défend sa langue, sa culture, son histoire et surtout son avenir ?

En 2005, la langue de Molière n’était déjà plus que la cinquième dans le monde. Aujourd’hui, il est probable qu’elle a encore baissé dans le classement général.

Le président Macron a donc présenté son grand plan d’ensemble « pour la promotion de la langue française et du plurilinguisme », projet qui n’est pas

« de vouloir imposer le français comme la deuxième ou la troisième langue dominante, mais d’être le chef de file d’un combat planétaire pour le pluralisme des langues, des cultures, des idées ».

Ce combat planétaire n’est qu’une chimère fondée sur une contradiction pure : soit on défend la langue française, soit on défend le plurilinguisme qui ne désigne en réalité rien d’autre que le bilinguisme planétaire dont le grand gagnant est l’anglais.

En 2000, le linguiste Claude Hagège (Halte à la mort des langues, Odile Jacob 2000) écrivait ceci :

« chaque fois qu’une langue est menacée au sein d’une communauté se constitue un groupe d’individus qui s’inspire pour se porter aux commandes, de modèles étrangers. Si ce groupe parvient à s’imposer, et s’il s’accroît, alors un moment peut arriver où la langue extérieure au groupe que celui-ci a adopté pour ce qu’elle représente de force économique exerce une pression sur la langue vernaculaire ».

Cette langue de la menace est évidemment l’anglais et ce moment a été planifié depuis quelques décennies déjà. La rupture est consommée dès 1995, avec l’avènement de Jacques Chirac à la présidence. Le prix de la Carpette anglaise peut alors être décerné à Claude Allègre pour avoir déclaré qu’il ne fallait plus considérer l’anglais comme une langue étrangère devant ses hôtes étrangers, y compris francophones ; à Bernard Larrouturou, président de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique pour son emploi exclusif de l’anglais dans les processus d’évaluation des projets de recherche ; à Alain Minc préconisant l’emploi de l’anglo-américain comme « langue naturelle » de l’Europe ; à Louis Schweitzer qui a généralisé l’anglais dans les comptes rendus internes du groupe Renault » (Bernard Lecherbonnier, Pourquoi veulent –ils tuer le français ? Albin Michel, 2005).

La liste est encore longue et n’a cessé de s’allonger mais personne n’a relayé la défense courageuse de M. Lecherbonnier. On parle le frenchsabir, la langue du maître, c’est l’anglais et le français lui a cédé la place sans coup férir.

Dans notre pays où le bilinguisme a fait chaque année de nouveaux adeptes dans les ministères Folamour qui nous dirigent, il était essentiel de refuser la réforme Fillon qui prétendait imposer le bilinguisme à l’école primaire. Le linguiste A. Bentolila avait alors souligné l’absurdité d’imposer l’apprentissage d’une langue étrangère à des enfants incapables de s’exprimer dans la leur : il fut renvoyé dans son coin d’un geste méprisant.

Depuis des années déjà, on avait réduit les postes mis aux concours dans les langues permettant de garantir la diversité culturelle et linguistique dont se sont gargarisé les présidents de la République et les premiers ministres successifs, de droite comme de gauche. L’école, cet « ancien sanctuaire de la langue » a été placée sous la houlette de gourous illuminés, de pédagogues défroqués, qui les premiers ont exprimé leurs doutes à propos de son utilité. En 2000, la France est classée quatorzième et le niveau moyen des élèves est inférieur à celui de 1920. Pour l’orthographe, le calcul des maîtres de Grenelle était simple et il n’a pas changé : si la phonétique remplace l’orthographe, on gagne effectivement bien des heures d’enseignement. La simplification de l’orthographe réduit de moitié le temps dédié à l’enseignement du français pendant la scolarité. Cela a d’autres conséquences : exit des concours l’épreuve de phonétique historique, celle d’ancien français. Suppression de ce qui reste de la recherche et de l’enseignement universitaire dans ces domaines. Bref exit l’histoire de la langue française, puisqu’elle est désormais désolidarisée de son berceau géographique. Cela signifie qu’on peut recruter des enseignants qui n’ont de leur langue qu’une connaissance élémentaire. Dans un monde « francophone » où désormais l’alternance passé simple/imparfait disparaît des livres, dont on a même interdit l’usage dans les écoles de journalisme, on imagine sans peine le niveau de langue de ceux qui auront vocation à l’enseigner.

L’impérialisme anglo-saxon dans le domaine de la recherche a été pire encore. L’inféodation de nos scientifiques à la domination anglo-saxonne a été spontanée. Leur environnement avait réussi à les persuader qu’on ne pouvait désormais plus progresser sans se faire reconnaître du monde anglo-saxon. Un professeur américain avait avoué d’ailleurs en toute simplicité que les articles leur arrivent en première exclusivité « sur un plateau d’argent ». Comment leur reprocher d’exploiter toutes les idées intéressantes qui leur étaient offertes, dans leur langue et sans aucun effort. Bien niais qui se priverait de pareilles aubaines.

Dans cet ensemble mondialisé gouverné par la  langue anglaise, les nouvelles alliances mises en place par le président Poutine vont au contraire dans le sens d’un véritable plurilinguisme et font évidemment offense à l’hégémonie anglophone qui a fait alliance avec le dollar.

Puisque nous avons eu un remaniement ministériel et qu’il semble que le nouveau ministre a entrevu (ou fait semblant d’entrevoir) l’ampleur du désastre de notre système éducatif, peut-être va t-on voir enfin se mettre en place une politique un peu ambitieuse : la réimplantation dans nos collèges et lycées de l’enseignement de l’allemand, du russe, du chinois et d’autres langues majeures comme l’espagnol ou le portugais/brésilien ; le rétablissement d’une vraie filière classique avec le latin et le grec ; l’anglais basique pour tous, quelques bases suffisent largement pour acheter des actions et ouvrir un compte en banque, pour demander sa route et un « tea for two » dans n’importe quel pays de la planète, même ceux où on préfère le café crème. Tout cela est bien plus urgent et infiniment plus nécessaire que l’enseignement de l’arabe mis en place pour des raisons idéologiques. Car ni le russe, ni l’allemand, ni le chinois n’ont vu l’intérêt ou l’urgence de s’émanciper de leur histoire ni de leur berceau historique et contrairement à la langue arabe, la langue parlée et la langue écrite ne sont pas dissociées l’une de l’autre.

Nous sommes aujourd’hui dans la situation prévue par Bernard Le Cherbonnier : un anglais abâtardi qui sert de langue véhiculaire (de lingua franca ! ) et un français appauvri qui n’est plus qu’une langue vernaculaire.

Le désastre programmé dont la jeunesse comme les enseignants paient aujourd’hui le prix va bien au–delà de la question linguistique. C’est la question de la nation française qui se pose. Et il y avait quelques raisons solides au refus annoncé d’une partie de la France envers la constitution européenne. En 2005, Bernard Lecherbonnier prophétisait le moment où « le peuple tomberait de haut, le jour où il apprendrait que ses représentants ont, sans débat public, fait acte d’apostasie, se sont convertis à la langue du maître, ont mis en place un dispositif pédagogique pour remplacer le français par une sorte de black french, une langue abâtardie, déboussolée, dépourvue de repères lexicaux et grammaticaux, une sorte de monstre linguistique sorti tout droit des tiroirs de Grenelle et Valois réunis. Un patois sans origines et sans racines. Un créole bafouillé, un conglomérat de mots qu’aucune syntaxe ne relie plus, une sorte de chaos grammatical, en un mot, un discours de Claude Allègre ».

On y est certes mais le peuple français n’est toujours pas tombé de haut : si ce créole appauvri n’est pas encore la langue qu’il parle, c’est celle qu’il entend dans la plupart des publicités dont on l’abreuve massivement entre deux feuilletons américains ou deux séries françaises qui font la promotion de la non hétérosexualité. Et c’est la langue que les Français se sont résignés à entendre leurs enfants la parler.

Aujourd’hui, le groupe d’individus qui s’est porté aux commandes a pour lui une force supplémentaire : la publicité et le monde bancaire. Feu les Postes et télécommunications, converti en service bancaire, s’appelle aujourd’hui la « french bank ». Cela ne trompe personne. La clientèle de cette « french bank » est essentiellement constituée de pauvres gens dont la situation financière ne leur permet pas d’ouvrir un compte dans un établissement plus prestigieux : là où un conseiller financier ne vous fait pas attendre dans un couloir, mais vous installe dans un fauteuil confortable en vous proposant un café. Mais, maigre consolation, c’est ce qui reste du service public.

Quant à la « pub », elle contribue activement à l’implantation de ce multilinguisme qui n’est qu’un vaste programme d’aliénation du français au monde anglo-saxon, cupide et sans honneur. Des parfums enivrants nous sont présentés en voix off avec un accent étranger supposé aussi envoutant que le parfum que cette voix vante et les images s’éteignent sur un slogan en anglais parfois sous titré ; tout cela sur fond de tube anglo-saxons. Orange et les autres opérateurs sont passés maîtres dans ce slogan final en anglais sous-titré.

Bref, tout doit être désormais « french quelque chose ».

Vous me direz : mais on a eu le « french cancan » ? Oui, parce qu’on avait la réputation d’être une nation grivoise et légère et que cette danse était supposée émoustiller le public anglophone, hypocrite et puritain comme la plupart des nations protestantes.

Pas d’alarme, l’islam va se charger de calmer nos vieilles coutumes rabelaisiennes et les transformer en mœurs d’un âge révolu.

En attendant cette heureuse perspective, consolons-nous avec l’idée que la « french connerie » n’est à tout prendre qu’un moindre mal.

Le lobby SOS homophobie jamais content

Plus on en donne aux LGBT, plus ils râlent.

Macron a élargi la PMA, mais ils se plaignent quand même via SOS homophobie…

L’association estime que le ministre délégué chargé de la Lutte contre les discriminations et le ministre des Solidarités “se sont opposées à l’égalité des droits dans un passé récent”. L’association  s’inquiète dans un communiqué de la nomination d’Aurore Bergé et Bérangère Couillard dans le nouveau gouvernement.

Aurore Bergé, qui vient de prendre le poste de ministre des Solidarités et des Familles, avait déposé un amendement pour exclure les femmes qui se prennent pour des hommes à réaliser un avortement. Quant à Bérangère Couillard, ministre délégué chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, elles’est opposée en 2020 à l’intégration des couples de même sexe dans une proposition de loi contre les violences conjugales, qu’elle portait au nom de la majorité présidentielle”.

Le voile de Manoppello, un témoignage de la Passion du Christ

Terres de Mission reçoit Guillaume Nocq, fondateur de l’association Le Saint Visage du Christ, et auteur d’un petit livre sur “Le voile de Véronique” pour parler de la relique conservée à Manoppello en Italie, que la tradition affirme être celui avec lequel sainte Véronique a essuyé la face du Christ pendant sa montée au Golgotha.

Puis, Frédéric Mortier, professeur d’économie en lycée professionnel catholique, explique comment, pour une boutade touchant à la religion de l’un de ses élèves, il se trouva pris dans un engrenage judiciaire sans jamais avoir l’occasion de débattre avec l’élève ou ses parents.

Enfin, le père Jean-Claude Hanus, du diocèse de Paris, présente son passionnant livre sur le corps spirituel et l’approche que l’on peut en avoir dès ici-bas (par les expériences de mort imminente ou par la bilocation de certains mystiques par exemple) : “D’un corps à l’autre”.

Huitième dimanche après la Pentecôte

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Les chants du propre de la messe du huitième dimanche après la Pentecôte sont à nouveau tous extraits du livre des psaumes, et nous allons trouver comme le dimanche précédent à l’Introït et à l’Alléluia un psaume de louange et d’action de grâces au Seigneur pour tous les bienfaits dont il nous a comblés. Dimanche dernier c’était le psaume 46, et aujourd’hui le psaume 47 qui lui fait suite, et qui est encore une acclamation triomphale, accompagnant l’entrée de l’arche d’alliance dans la cité sainte de Jérusalem…

► Introït : Suscepimus

L’Introït est le même que celui du 2 février, fête de la Présentation de l’Enfant Jésus au temple (ou de la Purification de la Sainte Vierge, ou de la Chandeleur) ; ce jour-là l’entrée de l’Arche d’Alliance, présence symbolique de Dieu, préfigure l’entrée réelle de Dieu dans son temple en la personne d’un petit enfant. En ce temps après la Pentecôte, qui représente la vie de l’église sur la terre, nous remercions le Seigneur pour toutes les grâces reçues chaque fois que nous entrons dans une église

Suscepimus, Deus, misericordiam tuam in medio templi tui. Secundum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terræ, justitia plena est dextera tua.
Dieu nous avons reçu votre miséricorde au milieu de votre temple. Comme votre nom, votre louange est répandue jusqu’aux extrémités de la terre, car votre main droite est pleine de justice.

Nous trouvons déjà dans ce texte un thème qui reviendra souvent dans les derniers dimanches après la Pentecôte, celui des deux attributs divins qui se complètent : la justice, perfection de la volonté divine, que nous acclamons, et la miséricorde, pour laquelle nous rendons grâces.

La mélodie est vraiment celle d’un chant d’action de grâces. Elle s’élève dès le début en un grand élan plein d’enthousiasme, puis elle s’élève encore plus haut dans la deuxième phrase jusqu’à l’extrême aigu sur le mot nomen, le nom de Dieu, dont la louange s’étend jusqu’aux extrémités de la terre. Puis cet enthousiasme se calme peu à peu et la dernière phrase se fait plus calme et plus intérieure, s’inclinant avec recueillement devant la justice divine.

Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 47, que nous retrouverons dans l’Alléluia :

Magnus Dominus et laudabilis nimis in civitate Dei nostri, in monte sancto ejus.
Le Seigneur est grand et très digne de louange, dans la cité de notre Dieu, sur sa montagne sainte (c’est-à-dire Jérusalem).

► Graduel : Esto mihi

Entre les acclamations triomphales de l’Introït et de l’Alléluia, tirés l’un et l’autre du psaume 47, le Graduel du huitième dimanche après la Pentecôte constitue une pause de prière confiante et d’abandon à la divine Providence. Nous y retrouvons le psaume 30, qui revient souvent dans la liturgie : c’était déjà celui de la Communion de dimanche dernier et de l’Alléluia du dimanche précédent ; la deuxième partie de ce Graduel reprend d’ailleurs le premier verset du psaume, par lequel commençait cet Alléluia. Quant à la première partie, nous en avons déjà trouvé le texte dans l’Introït du dimanche de la Quinquagésime :

Esto mihi in Deum protectorem et in locum refugii, ut salvum me facias. Deus, in te speravi, Domine non confundar in æternum.
Soyez pour moi un Dieu protecteur et un lieu de refuge pour me sauver. Mon Dieu, j’espère en vous, Seigneur je ne serai pas confondu à jamais.

La mélodie est évidemment très différente de celle de l’Introït de la Quinquagésime, qui était simple et légère ; ici on retrouve des formules habituelles aux Graduels beaucoup plus ornées, avec de grandes vocalises. Le début se tient dans le grave, plein de calme et de paix, puis la mélodie s’élève en un bel élan sur le mot : facias. La deuxième partie est plus courte, et ne comporte pas de vocalise très développée, seulement deux formules bien connues, qui s’adaptent parfaitement au texte dans une ambiance d’assurance joyeuse.

► Alléluia : Magnus Dominus

Nous retrouvons dans l’Alléluia du huitième dimanche après la Pentecôte le psaume 47 d’où était tiré l’Introït, et nous avons ici le premier verset du psaume, comme c’est presque toujours le cas, nous l’avons remarqué les dimanches précédents, pour les Alléluias de ce temps liturgique.

Magnus Dominus et laudabilis valde in civitate Dei, in monte sancto ejus.
Le Seigneur est grand et très digne de louange dans la cité de Dieu, sur sa montagne sainte.

La cité de Dieu sur sa montagne sainte, c’est Jérusalem, nous l’avons dit à propos du verset de l’Introït. Cette acclamation accompagnait l’entrée de l’arche d’alliance, présence symbolique de Dieu. Nous devons la faire notre chaque fois que nous entrons dans une Église, où Dieu est réellement présent, en nous prosternant devant sa majesté : le Seigneur est grand…

La mélodie est vraiment celle d’une acclamation, avec une jubilation et un enthousiasme extraordinaire ; sa légèreté et son rythme très allant l’ont fait comparer à une danse.

► Offertoire : Populum humilem

Le chant de l’Offertoire du huitième dimanche après la Pentecôte s’harmonise bien avec les prières que le prêtre récite à ce moment de la messe, présentant son offrande in spiritu humilitatis. Le texte est tiré du psaume 17, que nous avons déjà trouvé à la Communion du quatrième dimanche ; c’est un cantique d’action de grâces de David, délivré d’un grand péril, et remerciant le Seigneur d’avoir protégé sa faiblesse, et d’avoir abattu les orgueilleux qui ne comptaient que sur leur force :

Populum humilem salvum facies, Domine, et oculos superborum humiliabis : quoniam quis Deus præter te Domine ?
Seigneur, vous sauvez le peuple qui s’abaisse, et vous abaissez les yeux des orgueilleux, car qui est Dieu si ce n’est vous, Seigneur ?

Ces derniers mots rappellent le cri de saint Michel Quis ut Deus ? Qui est comme Dieu ? La mélodie exprime admirablement cette humble soumission à la toute puissance divine, cette adoration reconnaissante. Elle commence calmement, puis s’élève en un grand élan de ferveur sur les mots salvum facies, et continue ensuite par des ondulations très expressives ; on remarquera la descente finale sur le mot Domine, où l’on s’incline profondément devant le nom du Seigneur par un motif répété trois fois.

► Communion : Gustate et videte

Le texte de l’antienne de Communion du huitième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 33, qui revient souvent en ce temps liturgique : nous l’avions déjà trouvé au Graduel du septième dimanche. De plus on le chantait dans les premiers siècles tous les dimanches au moment de la Communion, et c’est probablement à cause du verset que nous chantons aujourd’hui qu’il avait été choisi. Le Graduel de dimanche dernier unissait deux grandes étapes de la vie spirituelle, la crainte de Dieu et l’illumination ; nous arrivons avec le texte de cette Communion au sommet de la vie spirituelle, la sagesse. Ce mot vient du latin sapere qui veut dire goûter, et c’est justement de goûter qu’il s’agit ici :

Gustate et videte, quoniam suavis est Dominus, beatus vir qui sperat in eo.
Goûtez et voyez comme le Seigneur est doux : heureux l’homme qui met en lui son espérance.

Goûter, c’est dans l’ordre des sens le mode de connaissance le plus profond et le plus intime. La sagesse nous fait goûter la douceur de l’amour divin en nous unissant à lui cœur à cœur ; elle nous prépare à la vision béatifique : gustate et videte, et c’est ce bonheur éternel qui est l’objet de la vertu d’espérance.

La mélodie exprime bien ce mouvement par l’élan de l’intonation vers le mot videte, sommet de la pièce, toute la suite se déroulant en une douce ondulation contemplative. Il n’est pas besoin de souligner à quel point ce chant convient au moment de la Communion.

La ligne politique de DeSantis, plus à droite que Trump, incarne le futur du Parti républicain

Le journaliste David Thomson, lauréat du prix Albert-Londres pour son livre Les Revenants (Seuil), est établi en Floride. Il a été longuement interrogé dans Le Figaro. Extraits :

Le 6 janvier 2021 j’étais à Washington, sur les marches du Capitole, au milieu des milices et des manifestants pro-Trump. […] Le 6 janvier n’était pas la fin de ce mouvement Maga mais au contraire le début d’une lame de fond populiste durable au sein de la droite américaine inspirée par le modèle illibéral de Viktor Orban en Hongrie. J’ai compris le 6 janvier qu’il y avait un effet de cliquet et que le trumpisme survivrait à Trump.Trump reste, de loin, la personnalité la plus populaire et influente du parti, mais il a aujourd’hui 77 ans. Et après Trump, celui qui paraît en position de capter son trésor de guerre électoral et de canaliser son populisme s’appelle Ron DeSantis, de plus de trente ans son cadet. Quoiqu’il se passe durant cette primaire républicaine, la ligne politique de DeSantis incarne le futur du Parti républicain. J’ai vu émerger le gouverneur de Floride dans le courant de l’année 2020, pendant la pandémie. J’ai compris à ce moment qu’il avait décidé de faire de la Floride un laboratoire politique de cette droite post-trumpienne. Et j’ai donc décidé de m’y installer pour RFI, six mois après le 6 janvier, pour observer cette expérimentation politique ultra-conservatrice.

La crise du Covid a-t-elle été un tournant? Au-delà de sa gestion de la crise sanitaire, quelles sont les raisons de son ascension fulgurante?

Ron DeSantis est une créature politique du Covid-19. Avant la pandémie, en dehors des frontières floridiennes, il était quasiment inconnu même dans les cercles républicains. Pendant la crise du Covid il a pratiqué au pouvoir une forme de populisme sanitaire qui l’a propulsé en quelques mois au rang d’étoile montante de la droite dure américaine. Ses résultats électoraux le prouvent. En 2018, il est élu gouverneur de Floride sur le fil avec à peine 30.000 voix d’avance, uniquement grâce à l’adoubement de Trump. Quatre ans plus tard en 2022, sans même le soutien de Trump, il est reconduit triomphalement avec 19 % d’avance sur son rival démocrate, humilié. Tous ses supporteurs expliquent son succès fulgurant par sa gestion de la pandémie. […]

DeSantis est un ancien militaire et il se pose en chef de guerre dans cette bataille culturelle américaine. Il ne tolère aucune opposition libérale et répète à l’envi qu’il a endossé «l’armure de Dieu» pour combattre une gauche qui serait «devenue folle» et qui voudrait «détruire l’Amérique» à coups d’idéologie woke. Dans une récente vidéo, on le voit dans les rues du centre de San Francisco où sont réfugiés des milliers de SDF addicts au fentanyl, expliquer que c’est la le résultat de la politique «marxiste et radicale» des démocrates. Il joue à fond la carte de la guerre culturelle entre ces deux Amérique. L’une qui serait incarnée par la Californie des millionnaires, progressiste, wokiste, élitiste, pro-LGBT et immigrationniste. L’autre par sa Floride « terre de raison», fidèle aux valeurs des Pères fondateurs où le changement climatique n’existerait pas.

Chez lui, il y a le discours mais il y a aussi les actes. Ces derniers mois, il a fait voter un record de près de 250 lois par le Parlement de Floride à ses ordres. La moitié concerne la guerre culturelle, avec d’abord l’interdiction quasi totale de l’avortement après six semaines de grossesse. Et il a fait de l’école le champ de bataille de cette guerre culturelle. DeSantis accuse l’école publique de vouloir «endoctriner» les enfants sur les questions de genre et de race. Il a interdit aux enseignants de la maternelle au lycée d’évoquer les questions d’orientation sexuelle avec leurs élèves. […]

On compare souvent DeSantis à Trump. Quels sont les différences et les points communs entre les deux hommes?

On entend souvent dire que DeSantis, c’est «Trump avec un cerveau, sans le drama». C’est assez juste. Mais DeSantis est plus à droite que Trump. Un ancien de la campagne Trump aujourd’hui passé chez DeSantis m’a résumé la différence ainsi: «Trump est un démagogue, DeSantis est un idéologue». En clair, il paraît plus sincèrement conservateur. Il met beaucoup en scène sa famille parfaite avec ses trois enfants et sa femme, Casey, une ancienne star de télé locale, qui cultive une image à la Jackie Kennedy. Avec lui «pas d’actrices porno cachées dans le placard»me disait l’un de ses supporteurs. Mais DeSantis n’a rien du charisme magnétique de Trump auprès de la base. C’est un nerd passionné par le baseball et par la Constitution américaine. Il sourit peu. Il a un abord froid et des allures robotiques qui donnent lieu à des partages de clips vidéo gênants de lui dans ses interactions avec les électeurs. C’est son grand point faible dans cette primaire qui explique largement sa dégringolade continue dans les sondages. […]

Aujourd’hui, le GOP reste le parti de Trump, mais la ligne politique de DeSantis est celle qui parait en mesure d’institutionnaliser son populisme turbulant tout en validant sa radicalité. Chez DeSantis, «populisme» n’est pas un gros mot. Au contraire. Il appelle dans son livre à «une impulsion populiste» contre l’élite abhorrée de Washington. Mais DeSantis est un juriste, un ancien procureur de la Navy, un homme froid, intelligent et cultivé, formé dans les universités Ivy League les plus prestigieuses, Yale et Harvard. Il entend donc normaliser le populisme trumpien chaotique de façon plus méthodique au travers d’un arsenal législatif ultra-conservateur et sans compromis. […]

Les franc-maçons condamnent l’accord entre le ministre de l’Éducation nationale et le secrétariat général de l’enseignement catholique

A quand la séparation de la franc-maçonnerie et de l’Etat ? Les mêmes condamneraient-ils un accord entre l’Etat et des écoles musulmanes ? Un accord entre un organisme d’enseignement privé et l’Etat n’est pas la violation mais l’application d’un principe fondamental : celui de la liberté scolaire.

Départ du pèlerinage espagnol Nuestra Señora de la Cristiandad

Aujourd’hui commence le pèlerinage espagnol Notre-Dame de Chrétienté (Nuestra Señora de la Cristiandad)d’Oviedo au sanctuaire de Covadonga (95 km).

1200 personnes se sont rassemblées au petit matin :

Deux conceptions radicalement différentes du catholicisme qui sont aujourd’hui face à face

De Laurent Dandrieu dans Valeurs Actuelles, à propos de la nouvelle nomination de cardinaux :

Il faut reconnaître au pape François une inlassable capacité à surprendre. Alors que le quorum de cardinaux nécessaire à l’élection d’un nouveau pape, fixé à 120, était déjà atteint après la dernière “fournée” d’août 2022, l’annonce, ce 9 juillet, de la création de 21 nouveaux cardinaux – dont 17 de moins de 80 ans, donc électeurs en cas de conclave – porte le nombre de ceux-ci à 137, dont plus de 70 % auront été choisis par le pape François.

S’il y a des exceptions (Mgr Bustillo, évêque d’Ajaccio, franciscain que tout le monde s’accorde à décrire comme “classique”, en fait partie), François déroge très largement à la tradition non écrite selon laquelle le pape crée des cardinaux de toutes sensibilités pour choisir au contraire des hommes qui lui ressemblent. Dans certaines démocraties, on appelle cela “bourrer les urnes”. Dans l’esprit du pape François, cela revient à rendre les évolutions qui auront marqué son pontificat “irréversibles”.

Parmi ces nominations, deux au moins interrogent. L’une est celle d’Américo Aguiar. Âgé de seulement 49 ans, l’évêque auxiliaire de Lisbonne est responsable des JMJ qui s’y tiendront au mois d’août. Quelques jours avant d’être créé cardinal, il a déclaré que ce rassemblement n’avait pas vocation à « convertir à tout prix les jeunes au Christ, à l’Église catholique ou à quoi que ce soit d’autre », mais qu’il devait « transmettre le goût et la joie de connaître ce qui est différent ».

Qu’est-ce qu’une Église qui ne cherche pas à convertir au Christ mais à ouvrir à la différence, sinon une ONG de plus ? En des temps pas si lointains, une telle déclaration lui aurait valu un rappel à l’ordre. Aujourd’hui, ce pape qui n’a jamais de mots assez durs contre le “prosélytisme” le crée cardinal. Plus attendu, le choix de Mgr Víctor Manuel Fernández paraît logique puisque l’archevêque de La Plata avait été nommé quelques jours plus tôt préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, l’un des postes les plus importants du gouvernement de l’Église. Mais la montée en puissance de ce proche de François, l’un de ses principaux conseillers et sa principale plume, n’en suscite pas moins la polémique, en raison des positions théologiques très modernistes de ce prélat.

​L’un de ses prédécesseurs, le cardinal Gerhard Müller, n’a pas hésité à le qualifier de « théologien du dimanche » et certaines de ses prises de position d’« hérétiques ». Affirmant que « la compréhension de la doctrine catholique a changé et continuera de changer » (ce qui est un bon alibi pour lui faire dire ce que l’on veut), le nouveau préfet s’est vu confier par François la feuille de route suivante : ne plus condamner d’« éventuelles erreurs doctrinales » (attitude que le pape a attribuée à des temps révolus), mais favoriser la « recherche théologique ».

​Une Église en révolution permanente, où la doctrine est censée s’adapter à tout moment aux impératifs de la pastorale et qui préfère la différence à la conversion, ou bien une Église dont « l’enseignement n’est pas un programme à améliorer et à mettre à jour par les hommes, mais le témoignage fidèle et complet de la révélation eschatologique de Dieu en son Fils incarné » : ce sont bien deux conceptions radicalement différentes du catholicisme qui sont aujourd’hui face à face.

Les embryons humains ont-ils droit à la même protection que ceux d’animaux?

Communiqué de la Fondation Lejeune:

A l’étranger les chercheurs font la course à l’embryoïde et signent une fuite en avant dans l’utilisation des cellules souches embryonnaires humaines. En France, les juridictions administratives françaises viennent de donner raison à la Fondation Jérôme Lejeune en annulant une autorisation de recherche sur l’embryon humain délivrée par l’Agence de la Biomédecine (ABM).

Le non respect des conditions légales par l’ABM

Il aura fallu 8 ans pour que les juridictions administratives tranchent : l’ABM n’aurait pas dû autoriser un protocole de recherche sur l’embryon humain dès lors que les chercheurs pouvaient, en l’espèce, travailler sur des embryons de souris**.

La portée de cette décision est double :

– elle prouve, une fois encore, que l’ABM ne remplit pas son rôle de régulateurmais s’accommode facilement de la recherche sur l’embryon humain.

elle rappelle la hiérarchie éthique et légale du statut de l’embryon humain sur celui de l’embryon animal mise de côté par bon nombre de nos contemporains.

Cette décision montre aussi que la Fondation Lejeune est le seul contrepouvoir capable de susciter le contrôle de la légalité des décisions de l’ABM.

La Fondation appelle donc l’Etat à prendre ses responsabilités dans ce disfonctionnement de l’ABM.

La fuite en avant vers les embryoïdes

La France n’est pas la seule à abandonner la protection de l’embryon humain. L’actualité sur les embryoïdes le montre. Perçus comme une prouesse scientifique qui permet de reproduire le fonctionnement et le développement d’un embryon, ils sont faussement présentés comme une alternative à la recherche sur l’embryon humain.

Cette présentation est trompeuse. Ces copies d’embryons humains :

sont créés à partir de cellules souches embryonnaires humaines, qui nécessitent pour les obtenir de détruire l’embryon humain.

– ont une telle ressemblance avec l’embryon humain issu d’une fécondation, qu’on peut ne pas les distinguer. Le principe de précaution s’impose.

– s’avèrent un moyen détourné de création d’embryons humains pour la recherche. Un interdit majeur, français et international, qui constitue la dernière digue contre l’utilisation délibérée de l’être humain.

La Fondation Lejeune, en tant que lanceur d’alerte, appelle à retrouver une conscience bioéthique ferme. Les générations futures nous demanderont de rendre des comptes sur l’absence de protection de notre propre espèce.

**Brève explication du dossier :

Le 17 juillet 2015, l’Agence de la biomédecine avait autorisé, pour un an, un protocole de recherche, « ayant pour finalité l’étude de l’expression du CD146 chez l’embryon humain ». Une molécule qui, selon l’équipe de chercheurs, pourrait avoir une action délétère sur l’implantation de l’embryon dans le cadre d’une fécondation in vitro. Mais la Fondation Lejeune avait perçu les manquements de cette autorisation et soumis sa légalité au juge administratif.

Après « renvoi après cassation » et « non admission » du dernier pourvoi de l’ABM, les juridictions administratives confirment que l’absence d’alternative à l’embryon humain n’était pas établie¹ : « il n’apparaît pas […] que l’étendue du recours à l’embryon ait été limitée autant qu’il demeurait scientifiquement pertinent de le faire »².

 ___________

¹  Non-respect du 3° du I de l’article L2151-5 Code de la santé publique.

²  Considérant 7 Cour administrative d’appel de Versailles, arrêt du 6 décembre 2022 n°20VE03407

L’inquiétude face au synode qui vient

L’Instrumentum Laboris du prochain Synode sur la synodalité fait couler beaucoup d’encre. Parmi les participants on compte 11 Français :

4 évêques élus :

  • Mgr Alexandre JOLY, évêque de Troyes
  • Mgr Jean-Marc EYCHENNE, évêque de Grenoble-Vienne
  • Mgr Matthieu ROUGÉ, évêque de Nanterre
  • Mgr Benoît BERTRAND, évêque de Mende

Le cardinal Jean-Marc AVELINE, archevêque Marseille, nommé directement par le pape.

Des invités spéciaux :

  • Frère Alois, prieur de la Communauté de Taizé
  • RP Hervé LEGRAND, O.P., théologien

Et des experts :

  • Mgr Philippe BORDEYNE, président de l’Institut pontifical de théologie Jean-Paul II pour les Sciences du mariage et de la famille
  • RP Hyacinthe DESTIVELLE, O.P. , Directeur de l’Institut d’études œcuméniques de l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (Angelicum)
  • RM Yvonne REUNGOAT, Salésienne de Don Bosco, membre du Dicastère pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique et membre du Dicastère pour l’évêque
  • RP Christoph THEOBALD, Jésuite, théologien

Dans Famille chrétienne, le père Luc de Bellescize publie une lettre ouverte invitant les nouveaux cardinaux à affermir les chrétiens et les prêtres restés fidèles à l’Eglise, preuve de l’angoisse qui tiraille le peuple de Dieu, suite aux extravagances qui entourent ce synode :

J’imagine votre sentiment quand vous avez été appelé à cet honneur et à cette noble mission. On n’entre pas dans l’Église pour faire carrière, ni pour gagner de l’argent, ni pour la gloire qui vient des hommes. Il est prestigieux pourtant d’être cardinal. Les gardes suisses vous saluent avec le respect dû à votre rang. Ils lèvent bien haut leur hallebarde, le regard fixe, quand vous passez dans un froissement de soutane rouge à la ceinture moirée. Rouge comme le sang des martyrs. Rouge comme l’amour qui ne passera jamais. Vous êtes spontanément invité, écouté, flatté. Pas toujours pour ce que vous êtes, plus souvent pour ce que vous représentez. Vous êtes aussi persécuté pour une part, à la mesure de votre fidélité au Christ. S’il vous arrive d’être ridiculisé par les hommes, si le monde vous « prend en haine » (Jn 15, 18) comme nous l’a annoncé notre Maître, vous voyez rapidement qui sont vos amis véritables. Vous garderez toujours le soutien des petits et des humbles, qui ont un sens très sûr pour suivre les témoins de la foi.

Une Eglise « anémiée et flottante »

Vous connaissez la joie de servir. Je pense que vous connaissez aussi la part des peines, le souci de toutes les Églises (2 Co 11, 28), la charge de votre responsabilité et surtout celle d’élire le successeur de Pierre, avec la gravité de voter en conscience et dans une intense prière pour choisir celui dont la mission est d’affermir le peuple de Dieu et de veiller à son unité. L’impression diffuse d’être incapable d’honorer la charge vous guette sans doute, comme elle tourmente les prophètes et les saints, ceux qui sont revenus des illusions que nous façonnons sur nous-mêmes.

Je voudrais vous confier que cette année, lors des ordinations sacerdotales, j’ai éprouvé en imposant les mains aux jeunes prêtres dans la longue procession un sentiment de joie mêlée d’effroi tant l’Église me semble anémiée et flottante comme une adolescente narcissique qui se palpe le nombril et s’épuise à se définir et se redéfinir sans cesse, sans savoir où elle va car elle a trop oublié d’où elle vient.

Jamais je n’ai regretté d’être prêtre et je suis sûr que vous pourriez en dire autant. Mais il est sain et légitime, vu que l’Église n’est pas une dictature – pas plus qu’elle n’est une démocratie – de vous dire mon inquiétude diffuse, celle de beaucoup de mes frères prêtres et de fidèles engagés concernant le chemin qui se dessine dans l’instrumentum laboris du synode sur la synodalité. Ce document de travail me semble considérablement éloigné des préoccupations de la jeunesse, faible en nombre mais fervente, qui anime nos paroisses et n’y a d’ailleurs que très peu participé. Il me semble aussi très loin des attentes des communautés d’origine étrangères, comme les africains ou les antillais, qui font vivre nos sanctuaires avec leur piété fervente, joyeuse et populaire.

Nous sommes sur le terrain et nous « sentons l’odeur des brebis »

Comme prêtres, nous avons donné toute notre vie pour professer et annoncer la foi reçue des apôtres, fondée sur une saine anthropologie, avec délicatesse et intelligence pastorale. Nous n’avons sans doute pas toujours été parfaits, ni su répondre à toutes les demandes, mais nous sommes sur le terrain et nous « sentons l’odeur des brebis » comme le demandait le pape François. Nous n’avons pas donné notre vie pour autre chose que l’intégralité de la foi catholique en Jésus-Christ, qui seul a les paroles de la Vie éternelle. Nous ne rêvons pas d’une « autre Église » que celle que nous servons, avec sa beauté immuable qui vient de Dieu et son clair-obscur qui vient des hommes. Avec sa tradition vivante qui scrute avec bienveillance et vigilance les changements du monde, mais qui ne peut trahir ni l’ordre divin inscrit dans la Création, ni l’obéissance à la Révélation, ni la structure de l’Église telle que le Christ en a posé les pierres de fondation.

Je pense que vous avez été surpris d’être appelé à devenir cardinal. Il est bon qu’il en soit ainsi. C’est le signe que vous ne l’avez pas cherché. Le Saint Père a choisi des hommes qui, pour la plupart, ne s’y attendaient pas, quels que soient leurs mérites. Il n’a pas donné la pourpre à des sièges historiquement cardinalices dont les évêques assument pourtant d’écrasantes responsabilités ecclésiales. Cela peut surprendre, car cela assurait au collège des cardinaux une objectivité que ses prédécesseurs observaient et qui favorisait une large diversité de sensibilités, mais il en est ainsi. Le pape est le pape. Il a sans doute voulu honorer des pasteurs plus cachés. Les papes ne se ressemblent pas mais le Christ demeure. Je me dis qu’il faut recueillir le meilleur de ce qu’ils donnent et demander à Dieu un regard surnaturel sur l’Église, sans se laisser déstabiliser par les scandales, ni aigrir par les injustices, ni décourager par les incompréhensions.

Affermissez nos mains défaillantes

Il faut aujourd’hui beaucoup de courage pour être évêque et il est trop facile de critiquer l’épiscopat sans toucher d’un seul doigt son fardeau. Sans doute en faut-il aussi, même si je pense que cela demeure mêlé d’un sentiment de fierté, pour accepter la barrette rouge. Je voudrais vous dire ma prière et mon filial respect. Un respect dépourvu d’arrière-pensée et bien loin de l’onctuosité ecclésiastique des prélats de salon. Je ne suis pas un courtisan ni une précieuse ridicule. J’ai vive conscience que tout honneur dans l’Église est une charge qui consiste à laisser un autre vous mettre la ceinture et vous conduire là où vous n’auriez sans doute pas prévu d’aller (Jn 21, 18). J’ai conscience que la seule vraie gloire est celle de la Croix et qu’il sera beaucoup demandé à ceux qui acceptent cet honneur, puisqu’il leur est beaucoup donné.

Si je me permettais cette audace, j’aimerais vous demander ceci, même si je ne suis que vicaire dans une humble paroisse : affermissez nos mains défaillantes. Je n’ai aucune leçon à vous donner, mais je voudrais simplement vous dire, avec confiance, ce que je porte dans le cœur et ce que j’entends des fidèles que j’accompagne, particulièrement des jeunes. Ayez le souci des périphéries, mais encouragez d’abord les chrétiens qui portent le poids du jour et sont restés dans la barque de Pierre. Ayez le souci des LGBTQI+ car l’Église ne peut laisser personne en chemin, mais d’abord de soutenir et d’encourager les couples fidèles qui ont le courage de donner la vie et d’élever leurs enfants dans la foi. Sans eux l’Église meurt. Insistez sur « l’intégration » mais tout autant sur la conversion, comme le Christ ne cesse de le faire dans son Évangile. Ayez pour nous l’ambition du Père qui nous veut saints en Jésus-Christ.

Parlez-nous de fraternité universelle aux JMJ, mais n’oubliez pas que nous, les aumôniers, ne passons pas des nuits blanches dans les cars pour emmener des jeunes à Woodstock mais pour favoriser leur rencontre avec le Christ et son Église et la conversion à son amour, source de toute libération véritable. Rendez-nous sensibles à l’implication des laïcs et des femmes – ce que nous vivons déjà dans nos paroisses – mais évoquez aussi la beauté du sacerdoce catholique et son absolue nécessité pour la vie de l’Église. Parlez-nous de « notre mère la terre », mais d’abord de notre Père du Ciel. En un mot, parlez-nous du monde, mais d’abord de Dieu.

Le retour bienvenu du ministère “des Familles”, sans naïveté ni illusion

Autre avis sur le remaniement, celui de Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la Famille, qui dénonce depuis 2017, l’absence d’un ministère de la famille. Une absence qui symbolise non seulement l’oubli dont la famille est victime dans l’ensemble des politiques publiques, mais plus encore, le mépris profond de nos dirigeants à son égard. Ce jeudi 20 juillet, dans le cadre du remaniement, un ministère des Solidarités et des Familles a été recréé. Ludovine de La Rochère, salue dans Le Figaro ce petit pas en avant, sans naïveté ni illusion, néanmoins, à l’encontre de la nouvelle ministre Aurore Bergé. Signe que la famille est bien au cœur de la société, la Présidente du Syndicat de la Famille rappelle aussi dans cette tribune que lors des dernières émeutes, le président de la République a lui-même évoqué le rôle des parents – une première ! – , et en particulier des pères, dont il soulignait l’absence, reconnaissant par là la singularité et la complémentarité des rôles du père et de la mère dans l’éducation des enfants :

Les émeutes et pillages qui ont ravagé de nombreuses villes de France il y a moins d’un mois étaient du jamais vu en France en termes d’ampleur, de violences, de victimes et de dégâts. Face à l’intensité de la crise, le président de la République et plusieurs de ses ministres en ont même appelé aux parents, à maintes reprises, pour contribuer à maîtriser la situation. Dans l’urgence et l’inquiétude, ils se sont souvenus des familles.

Une fois la crise terminée, il a été question de la responsabilité des parents des émeutiers, cette fois-ci pour envisager qu’ils participent, pour le principe, au financement des réparations. Un projet de loi présenté en urgence a d’ailleurs été adopté ce 20 juillet pour soutenir les collectivités et accélérer la reconstruction des bâtiments partis en fumée.

Le président de la République a annoncé qu’il analyserait en profondeur les causes de cette crise. Il a même évoqué le rôle des parents, et en particulier des pères, dont il soulignait l’absence, reconnaissant par là la singularité et la complémentarité des rôles du père et de la mère dans l’éducation des enfants.

Enfin, dans le cadre du remaniement ministériel de cette fin de semaine, une ministre des Familles a été nommée, pour la première fois depuis 2017. Son portefeuille recouvre, plus précisément, les solidarités et les familles, ce qui a du sens. A priori, une bonne nouvelle pour les presque vingt millions de familles françaises.

La crise a en effet mis en lumière les difficultés des parents à éduquer leurs enfants et ce, pas seulement dans les «territoires perdus de la République», comme le montre la géographie des émeutes. Or, jusque-là, l’absence d’un ministère de la Famille, qui devrait même être de plein exercice pour être vraiment efficace, conduisait en effet, au sein du gouvernement, à une insuffisance de connaissances des enjeux qui concernent la famille, à une absence de vision globale sur la situation des familles et sur les mesures dont elles ont spécifiquement et urgemment besoin.

Certes, tel ou tel enjeu a fait l’objet de mesures, au gré des initiatives d’un parlementaire ou d’un autre, mais donc de manière isolée, sans vue d’ensemble, sans lien avec le contexte et les autres paramètres de ces problématiques: ici le congé de paternité, là les droits des parents dont un enfant est malade ou handicapé, ailleurs ceux des enfants dont un parent est dépendant ou en fin de vie, ailleurs encore le manque de place en crèches.

La tâche sera vaste pour Aurore Bergé, la nouvelle ministre: problématiques éducatives, mesures pour faciliter le quotidien des parents et donc la qualité de vie des familles, prévention des difficultés conjugales et familiales, plateforme de conseils et d’orientations pour les parents et bien d’autres enjeux sont à prendre à bras-le-corps et ce, dans un esprit constructif et innovant. En effet, c’est d’abord d’un changement d’état d’esprit à leur égard dont les familles ont besoin, pas forcément d’une politique coûteuse.

Une «tour de contrôle» de tout ce qui concerne la famille et de ce qui peut être fait en sa faveur devrait d’abord conduire à supprimer enfin les règles liberticides appliquées depuis 2015 au congé parental et la modulation des allocations familiales qui date de la même année, qui est aussi celle du décrochement de la natalité française. Alors que, depuis, la France s’enfonce un peu plus chaque année dans l’hiver démographique, il est urgent de changer la donne, et ce d’autant plus que les jeunes semblent de plus en plus hésiter à avoir des enfants.

La famille structure la personne et la société parce qu’elle accueille et éduque l’enfant, parce qu’elle aime et prend soin gratuitement, parce qu’elle est le refuge en cas de crise et la source de la plus efficace des solidarités. Certes, elle n’est pas parfaite, puisqu’elle est pleinement humaine. Mais précisément, c’est pour cela qu’elle requiert vigilance, soutien et prise en compte, non seulement dans le cadre de la politique familiale, mais aussi dans la plupart des politiques publiques du fait de leurs impacts sur la vie quotidienne des familles.

La France ne va pas bien, on l’a vu avec les récentes émeutes. Les jeunes, de plus en plus précocement, sont auteurs et/ou victimes de violences. Ils sont aussi de plus en plus hésitants devant les défis de la vie et moins désireux de s’engager, y compris dans la vie professionnelle. Espérons qu’Aurore Bergé ait elle aussi compris que la famille est l’une des clés pour remédier à ces évolutions et qu’il faut agir d’autant plus vite que cela prendra du temps.

Remaniement : un peu plus de jacobinisme, pas moins de LGBT

Bernard Antony, président de l’AGRIF, directeur de la revue Reconquête, communique :

On ne regrettera évidemment pas le renvoi du gouvernement du calamiteux Pap Ndiaye, aussi indigéniste woke que philo-LGBT, ni celui de la spécialiste auto-proclamée en sorcellerie, Marlène Schiappa.

Les deux personnages pourraient, dit-on, se reconvertir conjointement en une fructueuse création d’une officine de conseil thérapeutique en parapsychologie transgenre et de modélisation crypto-vaudou.

Nommé à l’Éducation Nationale, le très macronéronien Gabriel Attal n’y sera pas moins activement pro-LGBTQ que Pap Ndiaye.

La seule innovation consiste peut-être en la nomination, imposée par Élisabeth Borne (ou plutôt sans bornes) de son très jacobin chef de cabinet Aurélien Rousseau au ministère de la Santé.

Portant très prémonitoirement le nom du père des totalitarismes, ce dernier fut dans sa jeunesse un ardent militant « bolcho ».

On n’imagine pas qu’un ancien militant nazi, s’il en existait, aurait pu être pareillement propulsé dans le gouvernement de la camarade Borne…

Rappelons pourtant, une fois encore, après Soljenitsyne, que

« le communisme tuait avant que le nazisme ne tue, qu’il tuait pendant que le nazisme tuait, et que le communisme extermine toujours alors que le nazisme, qui heureusement est mort, n’extermine plus ».

Après les émeutes, le gouvernement répond par… un nouveau numéro vert

Les ministères de l’Economie et de la Justice ont tout prévu :

Véhicules incendiés : le gouvernement lance un numéro vert pour les victimes des émeutes. Mais pour bénéficier de cette aide, qui est de 4.601 euros maximum, il ne faut pas dépasser un certain plafond de ressources (27.606 euros pour une personne seule).

Ce numéro vert s’ajoute aux précédents :

  • Vous avez plus de 80 ans et souhaitez vous faire vacciner contre le Covid ? Pas de problème ! Il y a un numéro vert, le fameux : ” 0 800 730 957″
  • Un enseignant se fait décapiter par un islamiste ? Pas de problème ! Il y a un numéro vert, très connu : “0 805 500 005”
  • Il y a la canicule ? Pas de problème ! Il y a un numéro vert, qui rafraîchit et désaltère” 0 800 066 666″

Moine vigneron

La Revue du Vin de France a réalisé son grand entretien avec un moine vigneron de l’Abbaye du Barroux.

L’abbaye du Barroux a été fondée par un Bordelais issu d’une célèbre famille du vin. Pouvez-vous le présenter ?

Père Odon. Dom Gérard Calvet est issu de la famille Calvet, longtemps active au sein du négoce bordelais. Ils étaient trois frères, lui a opté pour la vie monastique, entamée à Tournay, près de Lourdes. Au lendemain de mai 1968, il décide, avec l’accord de son Père abbé, de poursuivre la vie monastique traditionnelle, celle qui a toujours été. Il est venu à Bédouin, à dix kilomètres d’ici, sur la face sud du Ventoux. Très vite, les moines affluent, bientôt une trentaine dans un prieuré qui pouvait en accueillir huit. Ils logeaient dans des caravanes, il fallait fonder. Dom Gérard a trouvé cette colline, entre Dentelles de Montmirail et Mont Ventoux, où il n’y avait rien. Les frères ont aidé à la construction du monastère roman entre 1980 et 1988. Dom Gérard, notre premier abbé, est parti vers le ciel en 2008.

Il connaissait le vin ?

Bien qu’issu d’une famille de négociants, il était sans doute celui de la famille qui comprenait le moins le vin sur le plan œnologique. Mais celui qui comprenait le mieux ce que l’on en attend au niveau théologique.

C’est-à-dire ?

Le vin est le signe qui nous parle de l’amour de Dieu….

Un coureur quitte le Tour de France pour la naissance de son enfant

A quelques jours de la fin du Tour, le coureur belge Wout van Aert quitte la Grande Boucle pour rejoindre son épouse, qui va donner naissance à leur deuxième enfant.

« J’ai toujours su que je rentrerais à la maison quand ma femme en aurait besoin. Ce moment est venu. »

 

L’ADMD est directement issue des mouvements euthanasistes et eugénistes anglo-saxons

Le directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), Grégor Puppinck, décrypte dans Valeurs Actuelles l’histoire de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) :

L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) est le principal promoteur de l’euthanasie et du suicide assisté en France depuis plus de quarante ans, mais son histoire est peu connue. C’est ce voile que nous allons lever quelque peu, pour montrer que loin de l’image lisse et consensuelle qu’elle cherche à imposer aujourd’hui, l’ADMD est directement issue des mouvements euthanasistes et eugénistes anglo-saxons, ainsi que de l’“internationale humaniste”.

L’ADMD : un “produit d’importation” (1979-1980)

On ignore généralement que l’ADMD est un produit d’importation. Elle a été fondée en 1980 par un Américain, Michel Lee Landa, après que celui-ci eut publié dans le Monde une tribune faisant l’apologie de “l’auto-délivrance” [i] en prenant d’ailleurs pour exemple la pratique américaine. Il publia cette tribune de retour d’un congrès tenu à Londres. D’emblée, l’ADMD adopte le logo de l’association euthanasiste britannique Exit représentant la chaîne brisée de la vie, marquée par la mort. Le sigle ADMD figure à l’emplacement de cette brisure, c’est-à-dire de la mort. Le choix du nom “ADMD” est aussi emprunté à l’association américaine pour la légalisation de l’euthanasie, qui a adopté le nom Society for the Right to Die en 1974. Le programme de l’ADMD est aussi copié des associations britanniques et américaines. Il consistait initialement en la promotion des “testaments de vie” (ancêtre des “directives anticipées”), dont la diffusion a été initiée aux États-Unis dans les années 1970, puis en la traduction et diffusion en France du Guide de l’auto-délivrance publié d’abord par Exit au Royaume-Uni, et qui donna la matière au fameux livre Suicide, mode d’emploi publié en 1982.

L’ADMD-France s’inscrit ainsi complètement dans cette filiation anglo-saxonne ; celle-ci s’ajoute à sa filiation humaniste ou franc-maçonne qui est, elle, beaucoup plus connue. En effet, il est de notoriété publique que les principaux fondateurs de l’ADMD étaient fortement engagés dans la franc-maçonnerie. C’était le cas en particulier du sénateur Henri Caillavet et de Pierre Simon.

Au Royaume-Uni, la British Humanist Association s’engagea formellement en 1968 à œuvrer pour la légalisation de l’euthanasie. De même, la National Secular Society adopta une résolution reconnaissant « le droit naturel des individus à demander l’euthanasie pour eux-mêmes lorsque leur vie est devenue intolérable, et pour leurs médecins de pouvoir les aider sans risquer d’être poursuivis pour crime » [ii]. C’est ainsi toute la mouvance de la libre-pensée britannique qui s’engagea publiquement en faveur de l’euthanasie. Cet engagement conduisit à l’introduction, à partir de 1969, d’une série de propositions de loi par des membres de cette école de pensée ; mais sans succès.

En juillet 1974, l’American Humanist Association (AHA) publia un manifeste [iii]en faveur de l’euthanasie cosigné par les présidents des associations humanistes américaine et britannique, ainsi que par trois Prix Nobel. Ce manifeste fut traduit et publié le même jour par le Figaro, donnant le coup d’envoi de la campagne pour l’euthanasie en France. Il s’ensuivit une série de livres et de publications favorables à l’euthanasie, ainsi que le dépôt par les sénateurs Henri Caillavet et Jean Mézard d’une proposition de loi visant à obtenir la reconnaissance légale de « testaments de vie », en 1978. Ce n’est qu’après l’échec de cette proposition de loi que l’ADMD fut fondée en France, à une époque où le mouvement euthanasiste anglo-saxon entreprit de se diffuser dans le monde.

La revendication de l’euthanasie forcée des handicapés (1937-1945)

Le lien entre courants humaniste et euthanasiste est enraciné dans l’histoire pour des raisons philosophiques, car ce courant estime que le contrôle volontaire qualitatif de la vie (et donc de la mort) est une condition et un instrument du progrès de l’humanité. C’est la raison pour laquelle Henri Caillavet ou Pierre Simon se sont engagés non seulement pour l’euthanasie, mais aussi pour la contraception, l’avortement et la GPA. Comme l’écrivait Pierre Simon, la vie est un « matériau » qu’« il nous appartient de gérer ». Il ajoute : « Un respect absolu – ou plutôt aveugle – de la vie se retourne contre lui-même et, ruiné par les moyens qu’il emploie, dévore ce qu’il entend préserver : la qualité de la vie, l’avenir de l’espèce. » [iv]

C’est cette conviction “progressiste” et “humaniste” qui est la base idéologique de l’eugénisme, puis de la revendication de l’euthanasie.

Déjà en 1937, le fondateur de l’American Humanist Association (AHA), Charles Potter, était aussi le premier président de l’association américaine pour la légalisation de l’euthanasie, et favorable à ce titre à l’euthanasie forcée. Il avait ainsi déclaré « socialement désirable » l’euthanasie des enfants handicapés, des malades incurables et des déficients mentaux, et avait recommandé leur exécution compassionnelle dans des « chambres létales » [v], à gaz. Il justifiait alors leur euthanasie forcée au nom de la « responsabilité sociale » des individus concernés et de la subordination de la liberté personnelle au progrès social, ainsi que par mesure d’économie. Son mouvement humaniste se présentait comme une nouvelle religion ayant « foi en la valeur suprême et en l’auto-perfectibilité de la personnalité humaine, pensée socialement ainsi qu’individuellement » [vi]. On trouve dans les membres de cette “Église” des personnalités engagées pour l’eugénisme et l’euthanasie, des deux côtés de l’Atlantique, tel Julian Huxley, le premier directeur général de l’Unesco, qui fut aussi président-fondateur de l’Union internationale humaniste et éthique.

En fait, l’engagement de ces “humanistes” en faveur de l’euthanasie découle de leur adhésion à l’eugénisme, pour des raisons évidentes : l’euthanasie est un prolongement de la politique de stérilisation recommandée par les eugénistes. Il ne s’agit pas seulement d’éviter que les personnes jugées “inaptes” aient une descendance (par la stérilisation et l’avortement), mais aussi de libérer la société de la charge sociale et financière de l’entretien de ces personnes handicapées et malades (par l’euthanasie). Il s’agit de “gérer la vie” humaine comme un “matériau” pour le “progrès” de l’humanité.

En fait, si l’ADMD-France est issue du mouvement euthanasiste anglo-saxon, celui-ci est à son tour directement issu du mouvement eugéniste. En effet, le mouvement euthanasiste trouve son origine dans les années 1930 au Royaume-Uni, en Allemagne et aux États-Unis dans le mouvement eugéniste.

Le recrutement dans les sociétés eugénistes (1907-1935)

C’est en 1935 qu’est fondée au Royaume-Uni la Voluntary Euthanasia Legalisation Society, première organisation dédiée à la légalisation de l’euthanasie, qui deviendra ensuite Exit. La plupart de ses cadres sont recrutés dans les rangs de l’Eugenics Society, une société eugéniste fondée en 1907 dans l’entourage de Darwin qui recommande la stérilisation – y compris forcée – des personnes “inférieures”. Julian Huxley en est aussi l’un des vice-présidents, de même que Havelock Ellis, fondateur de la Ligue mondiale pour la réforme sexuelle, et les écrivains H. G. Wells et George Bernard Shaw. Ce dernier estime, lui aussi, que l’eugénisme devrait « nous conduire à un usage extensif de chambres létales » [vii].

De même, aux États Unis, l’Euthanasia Society of America (ESA, renommée ensuite Society for the Right to Die), présidée par Charles Potter, réunit le gratin du milieu progressiste et eugéniste. On y retrouve encore Julian Huxley, H. G. Wells et Havelock Ellis, de même que Leon F. Whitney et Henry P. Fairchild de l’Eugenics Society, ou encore la fondatrice emblématique du Planning familial, Margaret Sanger. Lors de la fondation de la société en 1938, Charles Potter explique à la presse vouloir réorienter les efforts de son courant de pensée vers la légalisation de l’euthanasie [viii] après avoir mené, et déjà largement gagné disait-il, le combat pour le contrôle eugénique des naissances. C’est le même discours que tient l’ADMD aujourd’hui en France.

Une première traduction politique : la “grande bénédiction” du nazisme

Le successeur de Potter à la présidence de l’Euthanasia Society of America, le Dr Foster Kennedy, se déclare favorable à l’euthanasie forcée des « erreurs de la nature », sur avis médical, estimant que c’est seulement par sentimentalisme mal placé et absurde que la société s’abstient d’euthanasier « une personne qui n’est pas une personne » [ix]. En 1942, alors que la pratique nazie était connue, le Dr Kennedy recommandait encore l’euthanasie forcée des enfants déficients mentaux à la demande de leurs responsables légaux et après avis médical [x].

Certes, la “reductio ad Hitlerum” du mouvement euthanasiste est aisée, car elle est parfaitement justifiée. D’ailleurs, dans un courrier de 1940, Ann Mitchell, la fondatrice de la société euthanasiste américaine, décrivait au Dr Millard, de la société britannique, comme une « grande bénédiction » le fait que des docteurs nazis « ont donné de la morphine et ont ensuite tué les enfants malades de plusieurs asiles » [xi] en Pologne. En 1941, elle observait encore avec espoir que la guerre ferait entrer l’humanité dans un nouvel « âge biologique », révolutionnant les esprits de sorte que l’euthanasie et la stérilisation de masse deviendraient acceptables [xii].

La deuxième traduction politique : la posture libérale de l’ADMD

Ces associations euthanasistes britanniques et américaines n’ont pas été dissoutes après la Seconde Guerre mondiale ; elles ont seulement changé de nom pour effacer la référence à l’euthanasie, et ont adopté une posture “libérale”, défendant moins un “droit de tuer” qu’un “droit de mourir”. Mais le résultat est sensiblement le même. Voilà le terreau dont est issue l’ADMD.

Encore après-guerre, malgré les efforts du mouvement pour se recentrer et paraître “lisse”, des théoriciens et membres influents de ce mouvement, tel Joseph Fletcher, continuèrent à recommander l’euthanasie active et forcée de personnes handicapées. On retrouve aussi des propos extrêmes émanant de fondateurs et cadres de l’ADMD-France.

C’est le cas par exemple d’Odette Thibault, fondatrice et théoricienne de l’ADMD-France, qui écrit : « Tout individu ne possédant plus ces facultés [intellectuelles] peut être considéré dans un état sous-humain ou infra-humain, poussé à l’extrême dans le cas du débile profond [xiii]. » Dès lors, ajoute-elle, « beaucoup d’individus sont des morts-vivants, déjà morts à l’humain bien avant la fin de leur vie organique [xiv] ». Les tuer ne serait donc pas un meurtre, puisqu’ils seraient déjà morts à l’humanité. Elle ajoute : « Prolonger cette déchéance est, à mon avis, une des plus graves atteintes qu’on puisse porter à la dignité humaine [xv]. » Ce n’est pas différent de ce qu’écrivait Ann Mitchell.

Un même fondement philosophique

Malgré un changement d’approche plus libéral adopté à partir des années 1970, il y a une continuité du mouvement euthanasiste avant et après la Seconde Guerre mondiale, mais aussi, et plus encore, une continuité idéologique.

L’euthanasie eugéniste tout comme l’euthanasie libérale conservent un même fondement philosophique : la réduction de la dignité humaine à la volonté individuelle, ce qui implique la domination de la volonté sur le corps, laquelle est un corollaire de la domination de l’esprit sur la matière. Un corps sans esprit ne serait que matière et peut donc être euthanasié (cas du malade mental ou du fœtus), tandis qu’un esprit enfermé dans un corps malade peut s’en “libérer” par la mort volontaire. Dans les deux cas, la volonté doit dominer le corps, l’esprit la matière, comme exigence de la dignité humaine.

L’euthanasie eugéniste, tout comme la libérale trouvent ainsi leur justification ultime dans la volonté de puissance. Pour la première, au plan collectif, par la volonté de puissance des sujets supérieurs sur les inférieurs (handicapés et malades). Pour la seconde, au plan individuel, par la volonté de l’individu de rester maître de lui-même, de se supprimer avant de déchoir. Le malade demandant la mort s’applique à lui-même ce que la société eugéniste applique à la portion “malade” de sa population. La mort volontaire – qu’elle soit infligée (euthanasie) ou choisie librement (suicide assisté) – est vue comme une affirmation de puissance de la volonté sur la vie, comme une expression de la dignité de l’homme émancipé du respect de la vie.

Dans une réponse à Paix Liturgique, les Dominicaines du Saint-Esprit confirment se poser la question de la liturgie

Suite à plusieurs lettres de Paix Liturgique (notamment ici et ), l’Institut des Dominicaines enseignantes a publié un communiqué signé de Mère Marie de St Charles, Prieure, et le Conseil de l’Institut. Extrait :

Diverses attaques, d’une partialité et d’une violence rares, comportant des éléments totalement faux, circulent actuellement contre notre Institut, d’abord dans un article anonyme paru sur le site de Paix liturgique que certains sites ont cru bon de relayer, puis dans une tribune libre, aux propos virulents et provocateurs, assumée par le même site, et enfin par un nouvel article anonyme.

De fait, quatre sœurs de notre Institut ont demandé récemment à passer la prochaine année hors de nos maisons (régime d’exclaustration) et cela leur a été accordé. Pour autant, des articles d’un tel ton envers un Institut qui, avec ses limites certes, essaie d’œuvrer à l’éducation catholique, a de quoi surprendre ; mais par la référence claire à Sabine de La Valette-Mère Marie Ferréol et à sa sanction après la Visite apostolique de 2020, les auteurs explicitent eux-mêmes le lien entre ces demandes d’exclaustration et le renvoi de la sœur.

Notre propos ici n’est pas d’abord de répondre aux auteurs de ces articles polémiques mais d’éclairer et de rectifier ce qui doit l’être : nous sommes présentées comme un Institut déclinant, sans vocations ; c’est ignorer notamment les prises d’habit prévues le mois prochain et les neuf sœurs en formation au noviciat. Quant à la prétendue fermeture de deux de nos écoles, il n’en est pas question.

Les articles accumulent des accusations graves, souvent sans avancer de faits à l’appui, et dénuées de fondement.

C’est ainsi qu’est honteusement mise en cause la légitimité du Cardinal Ouellet qui a pourtant reçu du pape lui-même sa mission auprès de nous, récemment prolongée.

Notons aussi entre autres :

  • « Le vœu d’obéissance est complètement détourné » : l’auteur ignore, semble-t-il, que dans l’Eglise chacun des membres d’un Institut de vie consacrée « est tenu d’obéir au Pontife Suprême comme à son Supérieur le plus élevé, en raison même du lien sacré d’obéissance. » (CIC 590§2)
  • « Les conditions d’exclaustration sont contraires à toute justice » dit encore l’article. Sur quels éléments canoniques une telle affirmation se fonde-t-elle ?
  • Quant au Père Donneaud, Assistant Apostolique, il ne prétend pas écarter « les religieuses vraiment traditionnelles » : il n’a écarté aucune sœur.
  • M. Marie de l’Assomption est rendue responsable du renvoi de M Marie Ferréol et d’avoir « intrigué » à la Curie en ce sens. Cette accusation est fausse. Les décisions à la suite de la Visite Apostolique ont été prises après que toutes les sœurs ont été entendues.

Quant à la question liturgique, sous-jacente dans ces articles, elle se pose actuellement à toutes les communautés attachées à la forme extraordinaire, à nous comme aux autres. […]

“Le véritable bras de fer débute d’abord et avant tout contre le pouvoir de la Commission de Bruxelles”

Jean-Frédéric Poisson, président de Via, la voie du peuple, signe une tribune dans Valeurs Actuelles, dans laquelle il affirme que toute réforme passera par celle de l’UE :

[…] ​Ainsi, la plupart des États membres de l’Union européenne affrontent les mêmes dangers et partout des Européens luttent pour endiguer ces phénomènes et défendre leur patrie charnelle. Face à eux se dresse un adversaire de taille : la Commission de Bruxelles, qui alimente toutes ces dérives avec une constance incendiaire. Elle soutient la propagande LGBT, elle appuie la mise en place d’une société de surveillance par des “recommandations” liberticides et favorise la censure des gouvernants, elle impose ses quotas migratoires aux pays qui ne le souhaitent pas au moment où le nombre de traversées de la Méditerranée a doublé, elle promeut des organisations islamiques problématiques (Femyso, Yavuz Sultan Selim)…

Contre le pouvoir de la Commission, certains peuples ont réussi à se doter de dirigeants suffisamment volontaires pour tenter d’affronter le danger qui rampe à leurs portes. Ainsi, la Pologne et la Hongrie, en particulier, développent sans cesse des lois condamnant la promotion du genre par des lobbies LGBT, tentent de limiter le plus possible l’immigration, recréent un ciment national en exaltant les valeurs chrétiennes de notre civilisation dans leurs discours et jusque dans leur Constitution.

Certes, cette politique n’a pas l’heur de plaire aux bureaucrates bruxellois, qui déploient toutes leurs attaques contre les pays membres récalcitrants. Pour autant, ces dirigeants nous montrent que la lutte est possible et que le véritable bras de fer débute d’abord et avant tout contre le pouvoir de la Commission de Bruxelles. Dotée du monopole de l’initiative législative, elle décide de la politique de l’Union européenne, quitte à contester la souveraineté des États membres. Ses commissaires non élus ne rendent de comptes à personne, tandis que sa présidente, l’inénarrable Ursula von der Leyen, détermine le calendrier de la Commission.

​Il devient de plus en plus évident qu’aucune sauvegarde de notre pays et de notre civilisation ne sera possible sans une lutte farouche engagée contre cet organe. Cette lutte est un préalable à toute réforme. Elle peut notamment se mener au niveau du Parlement européen, qui a la possibilité de se faire entendre de la Commission européenne. C’est là que nos forces doivent être placées, avec le soutien des autres pays déterminés à bloquer ce pouvoir illégitime car non élu par le peuple. […]

Le wokisme est en train de mettre Disney en faillite

Le Salon beige avait relaté comment l’idéologie woke de Disney pénalisait le groupe, qui a même été contraint en urgence de limoger le PDG et de rappeler en urgence son ancien PDG parti à la retraite en novembre dernier.

Mais le mal est fait.

Ce trimestre, Disney devrait enregistrer une perte de… 800 millions de dollars. La situation est tellement catastrophique que le groupe Disney va probablement devoir se séparer de certains de ses actifs ou filiales.

Quelques rumeurs de plus en plus insistantes commencent même à évoquer une mise en vente progressive de Disney. Disney Plus devrait enregistrer une perte de 800 millions de dollars à l’issue du troisième trimestre de 2023.

Policiers mis en examen dont un écroué, un syndicat appelle au service minimum

Si la justice française voulait dissuader les policiers d’intervenir lors des prochaines émeutes, elle ne s’y prendrait pas autrement.

Suite au placement en détention provisoire d’un policier marseillais jeudi soir, un syndicat de police appelle l’ensemble des policiers du territoire nationale au code 562. Dans un communiqué le syndicat Unité SGP Police, a expliqué ne pas comprendre l’incarcération de leur collègue, accusé de violence lors des émeutes à Marseille suite à la mort de Nahel.

“Alors qu’on nous rabâche qu’il n’y a pas assez de places de prison pour incarcérer les délinquants et les criminels condamnés. Alors que, et sans se prononcer sur le fond de l’affaire, nos collègues sont mis en examen pour des faits en lien direct avec le service et leurs missions. Alors que notre collègue ne risque pas de troubler l’ordre public, d’exercer de pression sur les protagonistes de cette affaire, et qu’il présente des garanties de représentation. Alors qu’un simple contrôle judiciaire n’aurait absolument pas compromis la sérénité de l’enquête”.

Le syndicat demande un “statut spécifique du policier mis en cause ou en examen», dont l’usage de la force légitime confère toujours plus de responsabilité mais jamais de droit ni aucune clémence”. Expliquant que lorsque les policiers sont, chaque fois qu’ils doivent rendre compte à la justice, renvoyés à leur responsabilité individuelle sans jamais remettre en cause leur administration.

Le syndicat explique prend acte de ce placement en détention provisoire de leur collègue de Marseille et appelle tous les policiers du territoire national à se mettre en 562. Cela se traduirait par un « service minimum », sans initiative ni rendu statistique. Les policiers n’interviendraient que pour les appels 17. De nombreux agents de services différents se mettent en arrêt maladie.

Un agent déclare à Valeurs Actuelles :

“La colère monte. S’il devait y avoir de nouvelles émeutes les policiers risquent d’être très passifs préférant laisser brûler et casser plutôt que de risquer les foudres d’une justice politisée et partiale”

Le Monde voit l’estrêême drouate partout

Nous sommes partout… C’est à hurler de rire :

Pour celles et ceux qui en doutaient encore, l’affaire est désormais entendue : il ne fait pas bon, sous le règne d’Emmanuel Macron, déplaire à l’extrême droite. Pap Ndiaye vient d’en faire la dure expérience. Le voilà, en effet, écarté du gouvernement alors qu’il a mené, à peu de chose près, pendant quatorze mois, la politique de son prédécesseur et qu’en matière de réformes scolaires, il n’a été que l’hologramme du président de la République.

Pour rappel, les syndicats n’en pouvaient plus de Pap Ndiaye. 3 exemples :

Il est bien connu que les syndicats sont d’extrêêême drouate !

Les Talibans sont parmi nous

A Toulouse, une femme a été agressée à coups de tesson de bouteille en raison de sa tenue vestimentaire. Elle est défigurée et l’opération a nécessité 50 points de suture. Les agresseurs sont tous déjà connus de la police.

 

Un nouveau ministre condamné aux prud’hommes

Fadila Khattabi vient d’être nommé ministre des Personnes handicapées. Elle vient aussi d’être condamnée aux prud’hommes par son ex-collaboratrice Corinne Royer, qui déclare :

“Avec ce gouvernement, les mauvais comportements sont récompensés”.

Auprès de Mediapart, elle s’est confiée sur le traitement que lui infligeait l’ancienne présidente des affaires sociales de l’Assemblée nationale (Renaissance), lorsqu’elle travaillait pour elle entre 2017 et 2019. Dans un jugement rendu le 23 juin par le conseil des prud’hommes, Fadila Khattabi a été condamnée à lui verser 6.522,27 euros au titre de “rappel de salaire pour des heures supplémentaires”. Le ministre chargé des Personnes handicapées n’a pas réglé un certain nombre d’heures supplémentaires effectuées par son ancienne collaboratrice et “amie”, d’après celle-ci, le soir et le weekend.

“Ils sont Français, mais seulement par leurs papiers”

Les propos du député Emmanuelle Ménard hier à l’Assemblée semblent choquer quelques belles consciences. Les voici en intégralité. c’est à propos de la discussion d’un projet de loi en faveur de l’accélération de la reconstruction et de la réfection des bâtiments dégradés lors des violences urbaines, défendu par le ministre Christophe Béchu :

Chers collègues, 23 878 feux sur la voie publique, 12 031 véhicules incendiés, 2 508 bâtiments incendiés ou dégradés, dont 273 postes de police ; 105 mairies incendiées ou dégradées, 168 écoles attaquées, 17 élus menacés ou agressés ; enfin 3 505 personnes interpellées et – c’est heureux – plus d’un millier de condamnations. La stupéfaction suscitée par ce déchaînement de haine a vite laissé place à la peur, à la colère. Rien ne peut justifier les violences qui ont enflammé notre pays ! Elles sont insupportables, inacceptables, impardonnables. Tout y est prétexte et récupération. Elles ne visent en aucun cas à exprimer une émotion légitime, mais bien à fouler aux pieds nos institutions, à détruire tout ce qui les incarne. Disons-le franchement : les émeutiers se contrefoutent de la mort de Nahel !

À Béziers, une cinquantaine de voyous ont dévasté leur quartier, celui de La Devèze, où plus de 150 millions avaient été investis afin d’assurer le bien-être des 4 000 habitants. Ils ont gravement détérioré la mission locale pour l’insertion professionnelle et sociale des jeunes, c’est-à-dire une structure conçue pour eux, incendié la maison de quartier où leurs petits frères et sœurs étaient accueillis en vue de séjours en centres de loisirs, les privant de vacances cet été ; la mairie annexe a été saccagée, des véhicules brûlés. Dans un autre quartier, le bureau de poste et divers commerces ont subi des dégâts considérables. Sous les attaques et les jets de projectiles, les policiers nationaux et municipaux, les gendarmes, les pompiers ont fait preuve d’un sang-froid à toute épreuve. L’enveloppe nécessaire à la remise en état sera lourde : dans ma ville, la première estimation avoisine 1 million d’euros pour les seuls bâtiments publics. Qui va payer la note ? Les Français, bien sûr, d’une façon ou d’une autre, ce qui est terriblement injuste !

Afin de rassurer nos compatriotes, le chef de l’État a promis un texte d’urgence, celui-là même que nous étudions ce matin. Vous y prévoyez la possibilité d’un affranchissement partiel ou total des obligations en matière de participation financière qui pèsent sur une collectivité maître d’ouvrage lorsque d’autres personnes publiques contribuent au financement du projet : d’une part le fait que la participation du maître d’ouvrage doit représenter au moins 20 % du total de celle des personnes publiques, d’autre part les fonds de concours permettant à un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre et à ses communes membres de contribuer aux investissements les uns des autres. C’est là une bonne idée, même si vous n’ignorez pas qu’elle ne règle rien au fond : il reviendra à l’État, c’est-à-dire au contribuable, de mettre la main à la poche, subissant ainsi la double peine de payer la réparation d’équipements qu’il a déjà financés.

Parce que la reconstruction constitue une urgence, je voterai en faveur de ces dispositions. Mais les casseurs dans tout ça ? Selon Sandrine Rousseau, malheureusement absente de l’hémicycle ce matin, s’ils pillent les magasins, c’est parce qu’ils sont pauvres, ce qui les met hors d’état de rembourser les dégâts qu’ils commettent – CQFD. À ce point, on ne peut même plus parler de naïveté ou de raisonnement absurde : il s’agit tout bonnement de complicité, soit l’exact contraire de ce qu’attend la grande majorité des Français ! Nous devrons nous contenter du flyer par lequel le garde des sceaux entend expliquer « en termes simples », dit-il, leurs obligations aux parents qui les « auraient oubliées ». Êtes-vous sérieux ?

Il faut des actes forts : pour ces petits voyous, ces casseurs, ces pilleurs qui n’ont pas atteint leur majorité, cela signifie la responsabilisation financière des parents, la condamnation systématique à des travaux d’intérêt général (TIG) consistant à nettoyer et réparer les dégâts, la restauration de l’autorité à l’école, avec un recentrage des programmes sur le français et sur l’éducation civique et morale ; le développement des internats et des centres éducatifs fermés (CEF), la remise en cause de l’excuse de minorité, de nouvelles places de prison.

Nous n’en prenons pas le chemin. Une fois encore, une fois de trop, vous allez consciencieusement dissimuler la poussière sous le tapis. Pour combien de temps ? Regardons les choses en face : l’argent ne réglera pas tout ! Il convient surtout de s’interroger au sujet de la haine qui anime ces casseurs, ces voleurs – la haine de notre pays. Je dis bien « notre pays », car, à leurs yeux, ce n’est pas le leur : ils sont Français, mais seulement par leurs papiers. (« Quelle honte ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Beaucoup parmi vous persistent à nier tout rapport entre ces émeutes et une immigration de masse, non choisie, non contrôlée, qu’ils continuent ainsi ! Nous nous retrouverons un jour ici pour déplorer encore plus de dégâts et peut-être, qui sait, non plus un, mais plusieurs morts.

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