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Le Saint-Père Jean-Paul II avait décidé de procéder lui-même au sacre d’un successeur à Mgr Lefebvre

Le père Louis-Marie de Blignières, dans son 5e article sur la crise de 1988, répond à l’objection selon laquelle si Mgr Lefebvre n’avait pas fait les sacres du 30 juin, la Fraternité Saint-Pierre n’existerait pas, et la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier n’aurait pas été canoniquement reconnue :

Je distingue le cas de la FSSP et les autres.

Oui, la FSSP n’existerait pas, car, si Mgr Lefebvre n’avait pas rétracté son adhésion au Protocole du 5 mai 1988, la FSSPX aurait reçu un statut canonique et un évêque aurait été sacré le 15 août de façon régulière pour elle. Le rétablissement des pédagogies traditionnelles dans la structure visible de l’Église n’aurait pas été retardé, au contraire. Un jour, le cardinal Ratzinger a confié à l’abbé Bisig et à moi-même que le Saint-Père Jean-Paul II avait décidé de procéder lui-même à cette ordination épiscopale, qui aurait eu lieu conformément au Protocole d’accord du 5 mai, c’est-à-dire avec l’ancien Pontifical[14]. Donc les prêtres fondateurs de ce qui est devenu la FSSP n’auraient pas eu à quitter la FSSPX. Et celle-ci aurait continué son développement encore plus rapidement du fait de sa reconnaissance par la hiérarchie. Les faits n’ont pas justifié la crainte d’être détruits et contaminés qui s’est manifestée chez Mgr Lefebvre et les partisans des sacres sans mandat au printemps 1988. La FSSPX aurait probablement perdu quelques sujets, mais là où un groupe insignifiant de douze membres sans appui a tenu et s’est constamment développé, il est clair que la grande institution éconienne qui avait quelques centaines de membres et 18 ans d’expérience aurait tenu et se serait accrue dans des proportions magnifiques ! En outre, la FSSPX aurait évité toute responsabilité dans la pullulation de lignées épiscopales de plus en plus excentriques comme celles de Richard Williamson et Jean-Michel Faure.

Lorsque j’ai rencontré le cardinal Ratzinger, le 22 mars 1988, je lui avais demandé la mise en route d’un processus de reconnaissance de la FSVF. Il m’a répondu que cela se ferait en même temps que celle de la FSSPX. Cela s’est réalisé en dépit du désistement de celle-ci, cela aurait manifestement eu lieu si elle avait persévéré dans son désir de régularisation. Le Saint-Siège ne nous a pas érigés pour faire du mal à la FSSPX en nous présentant comme des concurrents (nous sommes un minuscule groupe de religieux, eux sont une grande société de prêtres du ministère). « La main que le Saint-Siège a tendue à Mgr Lefebvre reste ouverte pour ceux qui veulent la saisir », nous a dit début juillet 1988 le cardinal. Pour lui, ce n’était pas une manœuvre, mais une question de vérité ecclésiale. Qui le connaît ne peut en douter. La FSVF aurait donc été a fortiori reconnue si Mgr Lefebvre avait accepté les accords.

Disons que nous devons pour une bonne part notre existence canonique à la fermeté et à la longanimité de Mgr Lefebvre dans son combat, de la fondation de la FSSPX à la signature du Protocole du 5 mai 1988 (et notre gratitude demeure). Nous ne la devons certainement pas aux sacres qu’il a cru devoir faire contre la volonté du Souverain Pontife.

La France en route vers le contrôle social ?

Le modèle chinois : capital-socialisme du contrôle social, Collectif – Observatoire international cardinal Van Thuân, 234 pages.

Les abbés Benoit, Viot et Tanouärn, ainsi que le docteur Philippe de Labriolles sont les invités de Philippe Maxence pour le Club des hommes en noir de la semaine. Ils s’intéressent au contrôle social à l”occasion de la parution, aux édition de L’Homme Nouveau du livre collectif “Le modèle chinois : capital-socialisme du contrôle social, rapport sur la doctrine sociale de l’église dans le monde”.

Elisabeth, mère de prêtre

Mère de six enfants, habitant en Bretagne, Elisabeth a un fils prêtre membre de l’Institut du Christ-Roi, en mission dans le diocèse de Limoges.

Avec d’autres mères, elle a marché des centaines de kilomètres de Paris à Romepour porter au Saint-Père (qui leur a accordé un baciamano à l’occasion de son audience du 4 mai prochain) la supplique des milliers de catholiques attachés à la messe traditionnelle, qui ont été profondément blessés par le Motu Proprio, et aussi l’immense inquiétude de nombreux prêtres, certains ne pouvant déjà plus la célébrer.

Des GPA contractées en Ukraine sont menées à terme en France

Au moins deux bébés conçus avec le recours d’une mère porteuse ukrainienne ont vu le jour en France en avril, en Vendée et dans le Rhône. Me Clélia Richard, leur avocat, explique :

« Des couples qui avaient signé un contrat avec une agence de GPA ont aidé la femme qui porte leur enfant à venir en France, car la situation était trop dangereuse sur place ».

Leur mère porteuse, Katarina, est arrivée en France le 7 mars. Un accouchement par césarienne est prévu pour début mai, dans la maternité d’un hôpital public. Elle a obtenu des papiers à l’ambassade de France à Varsovie et a pris un avion pour Paris.

En France la femme qui donne naissance à l’enfant est automatiquement désignée comme sa mère à l’état civil. Pour contourner cette règle, les mères porteuses ukrainiennes venues en France accouchent sous X. Le père biologique, lui, effectue une reconnaissance prénatale de l’enfant pour établir sa filiation paternelle. Dans un deuxième temps, il est prévu que la mère d’intention lance une requête en adoption plénière de l’enfant du conjoint.

La GPA est tarifée aux alentours de 40 000 euros en Ukraine, dont environ 15 000 pour la mère porteuse.

Suède : l’intégration des immigrés est un échec

Après quinze jours d’émeutes qui ont secoué violemment le pays et fait déjà une centaine de blessés parmi les forces de l’ordre, le Premier ministre suédois Magdalena Andersson a annoncé un plan et des moyens visant à combattre la criminalité en Suède. Elle veut s’en prendre en particulier à la criminalité juvénile, qu’elle souhaite enrayer grâce à une collaboration plus étroite entre la police et les services sociaux, et des outils de contrôle pour s’assurer que les enfants restent à l’école et ne traînent pas dehors sans l’accord de leurs parents.

Pourtant issue des rangs du Parti social-démocrate suédois des travailleurs, elle a reconnu publiquement l’insuffisance et les ratés des politiques d’intégration des nouveaux immigrés dans son pays. Le nombre de personnes nées à l’étranger et résidant aujourd’hui en Suède a doublé en vingt ans, pour atteindre désormais deux millions (un cinquième de la population de ce pays scandinave).

«L’intégration a été trop faible tandis que nous avons connu dans le même temps une immigration massive. Notre société a été trop inconséquente sur cette question, et les moyens alloués à la police et aux services sociaux, trop légers». «Une telle ségrégation s’est installée dans le pays que, désormais, la Suède est compartimentée en sociétés parallèles. Nous vivons dans le même pays, mais dans des réalités complètement différentes».

Oklahoma pro-vie

Les députés de l’Oklahoma ont adopté par 68 voix contre 12 une loi « battement de cœur » similaire à celle du Texas. Le sénat l’avait déjà adoptée le mois dernier par 33 voix contre 11. Elle est désormais sur le bureau du gouverneur Kevin Stitt, qui est un militant pro-vie (il a déjà signé ce mois-ci une loi qui interdira tout avortement dans l’Etat dès que l’arrêt Roe contre Wade sera annulé par la Cour suprême).

Ces derniers mois les avortoirs de l’Oklahoma était devenus la destination des Texanes voulant tuer leur bébé.

Chronique des cinglés

Au nom de l’idéologie de l’égalité, la ville allemande de Göttingen a décidé d’autoriser les femmes à être seins nus, comme les hommes torses nus, dans l’enceinte de ses piscines, durant les week-ends, à compter du 1er mai.

Cette décision a été motivée suite à un incident survenu à l’automne dernier dans l’une des piscines. Un agent avait demandé à un baigneur, qu’il considérait comme une femme, de se recouvrir le torse. Mais cette personne avait refusé car elle s’identifiait comme étant de genre masculin.

Mais ce n’est pas suffisant pour les idéologues, qui regrettent la décision de restreindre cette possibilité aux seuls week-ends. Sauf qu’en semaine, il y a les cours de natation scolaire.

Enfin, le directeur d’un centre aquatique a affirmé qu’il fallait trouver un compromis avec des “utilisateurs issus d’autres cultures” pour qui la nudité peut s’avérer dérangeante. Sic.

Le combat pour la foi et la tradition

Le P. Louis-Marie de Blignières, fondateur et actuel prieur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier publie un nouvel article sur le combat pour la foi et la tradition. Retrouvez la première partie de son entretien sur l’été 1988 ici : Aux origines du mouvement traditionnel ; la deuxième partie ici : La difficile question des sacres ; la troisième partie ici : Pourquoi nous n’avons pas suivi les sacres.

Extraits du 4e article :

[…] Ceux qui n’ont pas suivi la FSSPX après les sacres du 30 juin 1988 auraient « acheté » leur reconnaissance canonique par leur « silence » sur les erreurs et les déviations qui se manifestent dans l’Église depuis le concile. La réponse est négative. Les prêtres et fidèles de ce que l’on a appelé la mouvance Ecclesia Dei mènent bien un « combat pour la tradition », et ils le mènent, en un sens, plus efficacement, plus complètement et plus catholiquement que leurs censeurs.

Plus efficacement…

Plus efficacement, car ils le mènent in sinu Ecclesiæ (dans le sein de l’Église). Les critiques qu’ils émettent contre les erreurs et les déviations, du fait qu’elles proviennent de prêtres catholiques en situation régulière, ont un impact plus assuré (même s’il reste trop modeste) que celles qui viennent « de l’extérieur ». Elles peuvent être entendues de ceux des catholiques qui cherchent la vérité dans la crise actuelle de l’Église ; et elles peuvent être reçues par les pasteurs. Je prends trois exemples concernant le rapport à la hiérarchie. Le premier concerne le Catéchisme de l’Église catholique. Le passage sur la question disputée de la liberté religieuse contient certaines précisions, qui contribuent grandement à diminuer les équivoques du texte conciliaire : par la mention explicite du bien commun comme mesure des justes limites[1], et par le renvoi aux encycliques Quanta cura de Pie IX et Quas primas de Pie XI. Yves Chiron écrit à ce sujet :

 À travers le père Garrigues et le cardinal Schönborn, tous deux dominicains, le père de Blignières et d’autres théologiens du couvent Saint-Thomas-d’Aquin avaient pu faire introduire des précisions sur les formulations relatives à la liberté religieuse[2].

Deux autres exemples sont tirés de la parution dans notre revue de contributions de théologiens amis, tous deux consulteurs de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi [CDF], qui ont eu un effet bénéfique contre les déviations post-conciliaires. Le premier est un article du père Albert Patfoort, o. p., sur la procession du Saint-Esprit, qui montre que la doctrine du Filioque était professée dès les origines, tant en Orient qu’en Occident[3] . Ce texte a efficacement contribué à écarter une conception erronée de l’œcuménisme chez les théologiens engagés dans le dialogue officiel avec les orthodoxes. Le second est une recension très critique du père Léo Elders[4] sur un livre du père Jacques Dupuis, s. j., qui a préparé la Notification de la CDF en 2001 : « Le livre contient de graves ambigüités et des difficultés sur des points doctrinaux importants qui peuvent conduire le lecteur à des opinions erronées ou dangereuses[5]. » […]

Tout en reconnaissant honnêtement que, sur certains points discutés, les supérieurs et théologiens des Instituts Ecclesia Dei auraient pu être plus présents ou plus incisifs, je récuse l’accusation sans nuances de « silence » qui leur est faite. Pour notre revue, je relève entre autres les contributions critiques : sur la réforme liturgique (nn° 40, 45, 49, 56, 84, 93, 107, 158), sur la vie religieuse dans le Code de droit canonique (n° 49), sur la repentance (nn° 74, 80 et 100), sur Assise (n° 80), sur Amoris lætitia (nn° 136, 137 et 140), sur Cor orans (n° 149), sur Traditionis custodes (n°159 et 160). La revue de la FSSP Tu es Petrus a publié depuis 2017 des articles ou des recensions sur des sujets « qui font problème » : Amoris lætitia, la procédure des nullités de mariage, l’œcuménisme, le rapport de l’Église à l’immigration, le Cœtus internationalis patrum (la « minorité traditionaliste au concile), la position de l’Église sur la peine de mort, la communion dans la main, le personnalisme, le célibat sacerdotal, le synode amazonien, le thème de l’« Église en sortie », l’impact d’Yves Congar sur la crise. […]

Ils adoreront les bêtes

La faculté de droit de Nice a inauguré une nouvelle formation, consacrée au droit de l’animal. Pluridisciplinaire, ce cursus s’adresse aux professionnels comme aux étudiants et vise à offrir une perspective globale sur les questions juridiques liées aux animaux.

Loïc Dombreval, député LREM de la 2e circonscription des Alpes-Maritimes, a été nommé parrain de la première promotion de ce nouveau diplôme.

A quand une formation consacrée aux droits de l’embryon humain ?

Philippe Vardon : Il y a une complémentarité des électorats et non une concurrence

Philippe Vardon, conseiller municipal RN à Nice et conseiller régional en Paca, candidat aux législatives dans la 3e circonscription des Alpes-Maritimes, plaide pour l’union :

Dans ma région, Éric Zemmour a réalisé un score de 12 % en moyenne, il a atteint 13 % dans le Var, 14 % dans les Alpes-Maritimes – le double de ce qu’il a réalisé au niveau national, donc. Le vote Zemmour a ainsi servi de sas au premier tour pour le vote Le Pen au second, on l’observe clairement dans un certain nombre de communes aisées. Il y a une complémentarité des électorats et non une concurrence. Sans alliances, si on imagine que les candidats d’Éric Zemmour réalisent même à peine 5 % dans l’ensemble des circonscriptions de Paca, le RN sera privé au moins de la moitié des seconds tours et donc d’un nombre substantiel de députés. Refuser l’union nationale aux législatives, c’est sacrifier le RN du Sud. Depuis des jours, il y a une inquiétude et une colère qui montent parmi les candidats, les cadres et les militants et je considère – peut-être parce que je suis plus libre et que je n’attends rien de la direction du parti – qu’il est nécessaire de le dire.

[…] Il faut que notre direction entende que l’union est souhaitée par la base, comme le montrent les sondages. Si un accord n’est pas possible au sommet, il faut au moins que la discussion puisse avoir lieu au plan local, au cas par cas, et que des dialogues puissent se nouer, loin des propos médiatiques, en tenant compte du poids électoral des uns et des autres, bien entendu. Sans entente, on privera nos électeurs d’une représentation légitime à l’Assemblée nationale. […]

Robert Ménard, ministre de Macron ?

C’est Le Point qui avance cette hypothèse, suite aux nombreux retournements du maire de Béziers :

L’attachement à la messe traditionnelle s’appuie sur un jugement théologique et pastoral

Du Père de Blignières sur Claves :

[…] Contrairement à des imputations récurrentes, cet attachement à la messe traditionnelle ne se réclamait pas (ne se réclame toujours pas) du bénéfice du pluralisme. Il ne relève pas seulement d’une sensibilité esthétique. Il s’appuie sur un jugement théologique et pastoral, certain à nos yeux. Ce jugement est fondé sur la genèse révolutionnaire, sur les déficiences liturgiques du Nouvel Ordo Missæ et sur ses fruits.

Mais attention ! Ce jugement est une conclusion de théologiens qui ne prétend évidemment pas avoir l’autorité d’un texte du magistère. Il est formulé ainsi par le Bref Examen critique :

Le Nouvel Ordo Missæ […] s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXe session du concile de Trente, lequel, en fixant définitivement les « canons » du rite, éleva une barrière infranchissable contre toute hérésie qui pourrait porter atteinte à l’intégrité du mystère.

On parle d’un éloignement et non d’une contradiction ; et cet éloignement est dit être par rapport à la théologie et non à la foi.

Donc ce jugement n’autorise pas à considérer comme hérétiques ou schismatiques la hiérarchie qui a promulgué le Nouvel Ordo Missæ, les prêtres qui le célèbrent, ou les fidèles qui le pratiquent. Il autorise encore moins, pour maintenir le rite traditionnel, à abandonner une vérité de foi qui est la nécessité de la communion hiérarchique.

En refusant les sacres de juin 1988, ce que nous affirmions, avec notre ferme volonté de rester fidèles à la liturgie traditionnelle, c’était la décision arrêtée de la pratiquer dans le sein de l’Église catholique, dans la communion hiérarchique avec le Souverain Pontife et avec les évêques qui lui sont soumis.

Je pourrais prendre une analogie qui, peut-être, jettera une certaine lumière sur la double exigence de cette démarche. Aucun pape, si profondément anti-thomiste qu’on le suppose, ne serait en droit de faire abandonner la doctrine de saint Thomas d’Aquin (qui n’est pourtant pas une vérité de foi définie…) aux thomistes ; de même (ou plutôt a fortiori), ni Paul VI ni ses successeurs, quelque persuadés qu’ils aient été de la valeur de la réforme postconciliaire, ne sont en droit de contraindre des prêtres de rite latin à abandonner la messe traditionnelle. Mais, en retour, ces prêtres, qui formulent les réserves mentionnées sur le Nouvel Ordo Missæ, doivent restent en communion avec ceux qui le pratiquent, tout comme les thomistes ne peuvent rompre leur communion avec les théologiens qui ne suivent pas la doctrine de saint Thomas.

Est-ce que les « ralliés » cherchaient des avantages dans une reconnaissance canonique ?

La démarche des « ralliés » à l’été 1988 ne fut aucunement intéressée. Lorsque je me suis rendu à Rome au début de juillet avec les abbés Denis Coiffet, Philippe Tournyol du Clos et Bruno de Blignières (nous y avons été rejoints par l’abbé Patrick du Faÿ et les futurs fondateurs germanophones de la FSSP), nous ignorions si nous obtiendrions quoi que ce soit. L’abbé Bisig en a clairement témoigné récemment :

J’avoue que j’étais très pessimiste en allant à Rome pour essayer de fonder une société de prêtres avec le privilège de maintenir la liturgie traditionnelle. […] Mais, après les sacres d’évêques du 30 juin 1988 contre la volonté du pape, nous n’avions pas le choix. Du point de vue purement humain, j’étais assez désespéré. […] Le motu proprio faisait certainement naître quelques espoirs, mais je restais très critique. Je n’excluais pas du tout l’hypothèse, défendue par Mgr Lefebvre et de nombreux anciens confrères, que le motu proprio ne fût qu’un piège de Rome pour diviser et affaiblir la FSSPX, et que la nouvelle Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) serait supprimée au plus tard après trois ans. Mais je pensais qu’il fallait essayer ; notre but n’était évidemment pas la destruction de la FSSPX ; notre but était et est toujours de travailler pour l’unité de l’Église et pour la fidélité à la tradition dans l’Église.

Non ! nous ne cherchions pas une solution de facilité dans notre démarche romaine de l’été 1988 ! La magnanimité de l’accueil reçu et la vitesse avec laquelle ont été réglées les questions liées à notre reconnaissance canonique nous ont au contraire surpris… Nous étions aussi conscients des difficultés et des oppositions qui allaient rapidement surgir. D’une part, du côté de Mgr Lefebvre et de la FSSPX, qui ne nous ont pas ménagé les critiques parfois acerbes, allant jusqu’à parler de « trahison » et prédisant notre passage à court terme au nouveau rite. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous les avions quittés, et leur attitude franchement hostile nous était d’autant plus sensible que le lien avec le prélat consécrateur reste indélébile, et que nos confrères prêtres avaient été durant des années nos compagnons de combat. Une étonnante attitude de la FSSPX depuis 1988 est le recours fréquent (et parfois systématique) à la critique des « ralliés », comme si cela était devenu un élément constitutif de cette tendance : « Il faut que les “ralliés” aient tort pour que nous ayons raison. »

Cette critique n’est pas toujours très regardante pour la véracité, comme le montrent quelques exemples qui me concernent, aux deux extrémités de la période écoulée depuis les sacres. En avril 1989, le bulletin de Saint-Nicolas, Le Chardonnet (n° 45) écrit en première page que le père de Blignières « de source sûre, vient d’être chargé (avec rémunération, s’il vous plaît) par le cardinal Mayer, de reprendre tous les actes du concile, afin d’en établir une meilleure critique ». Le droit de réponse à ces calomnies farfelues ne sera publié, après démarches d’avocats, qu’en juin 1992… Lors du dernier colloque de la FSSPX sur Traditionis custodes, le 15 janvier 2022, l’un des prêtres conférenciers a avancé que « tous les responsables des Instituts Ecclesia Dei avaient concélébré » selon le Nouvel Ordo Missæ. Averti de son erreur, notamment pour la FSSP et la FSVF, le conférencier n’a pas annoncé l’intention de la rectifier.

De l’autre côté, s’est réalisé ce que nous prévoyions de façon réaliste dès cette époque. Le 30 octobre 1988, j’écrivais au cardinal Ratzinger pour l’informer

 de la triste situation où se trouve en France le « petit troupeau » de ceux qui, après le 30 juin, ont choisi la fidélité au Siège de Pierre. […] L’épiscopat français, pour une grande part, semble méconnaître le drame spirituel que nous vivons. Les fidèles n’ont pas retrouvé confiance dans la hiérarchie, et celle-ci, bien souvent, ne part pas à la recherche de la brebis perdue. Les réponses faites à ceux qui demandent des messes accessibles selon le rite tridentin sont évasives ou dilatoires. Elles sont parfois le contraire de « l’application large et généreuse » de l’indult de 1984, demandée par le pape dans le motu proprio du 2 juillet.

Presque sans interruption jusqu’à aujourd’hui (avec une nette accalmie de 2007 à 2013), les prêtres et fidèles « ralliés » ont eu beaucoup d’ennuis, et ils ont rencontré une opposition persistante de la part des éléments progressistes des diocèses et de l’épiscopat. Dans la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, nous l’avons tout de suite éprouvé avec le désistement du cardinal Mayer pour nos ordinations presbytérales prévues le 3 décembre 1988 à Fontgombault. Dans une réunion avec le Saint-Père, sous la pression de deux présidents de Conférences épiscopales (dont la française), en dépit de la défense en notre faveur présentée par le cardinal Ratzinger et un autre cardinal de curie, le pape a demandé au cardinal Mayer d’annuler sa venue…

Ensuite, les difficultés pour les Instituts Ecclesia Dei ont continué à être variées et nombreuses. Cela n’a pas empêché nos Instituts de se développer. Mais, sachant que ces difficultés étaient prévues et assumées par nous, cela enlève tout fondement à l’accusation d’avoir cherché le confort dans la reconnaissance canonique obtenue ! 

La sexualisation de nos enfants est une stratégie marxiste

Ce n’est pas Poutine qui est nostalgique du marxisme, mais bien nos sociétés occidentales où ce poison s’est répandu. James Lindsay, auteur des livres Race Marxism et Cynical Theories : How Activist Scholarship Made Everything about Race, Gender, and Identity-and Why this Harms Everyone, dénonce les motivations néfastes des activistes de la race et du genre. Dans un entretien , il déclare pourquoi la gauche pousse à la sexualisation de nos enfants : pour déstabiliser la société. Il déclare que depuis peu, Disney :

“a redoublé ses efforts en vu de la [sexualisation des enfants]. L’objectif est d’exposer les enfants à un maximum de matériel et d’informations LGBTQ explicite, en les préparant presque délibérément à voir que ce n’est pas seulement normal, mais aussi privilégié, spécial, et que le but final est bien sûr d’adoucir les enfants, de les amener à mieux accepter l’instruction sexuelle et de genre qui se déroule à l’école et qui les inonde sous tous les angles”.

Mais quel est le véritable objectif de la sexualisation des enfants ? Lindsay déclare :

“Pour les personnes qui connaissent bien le marxisme, elles savent qu’il s’agit d’un programme délibéré que les marxistes ont employé, depuis au moins les années 1910 en commençant par la Hongrie, pour essayer de sexualiser les enfants, de provoquer une confusion sexuelle et de genre, afin qu’ils deviennent des militants politiques au nom d’un autre programme.”

Lindsay note que le marxiste hongrois Gyorgy Lukacs, commissaire adjoint à l’éducation dans l’éphémère République soviétique hongroise (mars-août 1919), a immédiatement tenté de sexualiser les enfants dans le but de déstabiliser la Hongrie et de la rendre plus malléable à la doctrine marxiste. Lindsay déclare :

“Il [Lukacs] a sexualisé les enfants de Hongrie afin de les séparer de leur famille, de leur religion, de leur nation et de leur culture, en faisant essentiellement entrer les enfants dans ces idées afin que, lorsqu’ils rentreraient chez eux, ils disent à leurs parents que les choses ont changé ou que la Bible est fausse ou que notre religion est fausse, que nos traditions sont fausses, que ce sont des gens opprimés comme moi. Tu ne comprends pas, tout est différent maintenant. Le but est d’amener une génération se séparer d’une autre.”

Depuis Lukacs, les marxistes ont continué à essayer d’endoctriner les jeunes dans une idéologie sexuelle radicale dans l’espoir de déstabiliser les sociétés occidentales pour que le marxisme ait une chance de triompher. Le principal bélier sexuel de ces marxistes culturels est aujourd’hui le transgenderisme, l’idée que le genre est “fluide” et peut être changé à volonté. Cependant, l’objectif des marxistes modernes est le même : déstabiliser la société. Lindsay écrit :

“Ce qu’ils veulent faire en Occident, c’est créer une déstabilisation, ils veulent créer un terreau fertile pour les activistes. Ils ne se soucient pas particulièrement de la sexualité ou du genre des enfants. Lorsque nous arrivons aux niveaux supérieurs des personnes qui mettent en œuvre ces types de programmes et les poussent, cela ne les préoccupe pas du tout et lorsqu’ils obtiennent la déstabilisation et la base d’activistes qu’ils recherchent, cela leur permet d’atteindre leurs objectifs… Le but est en fait d’affaiblir et de déstabiliser à court terme afin de pouvoir prendre le pouvoir.”

James Lindsay dit en public ce que les militants LGBT radicaux ne veulent pas que vous sachiez : qu’ils sont en réalité des marxistes qui veulent déstabiliser la société pour pouvoir construire une utopie communiste sur ses ruines. Et nous savons tous comment cette “utopie” a tourné dans la pratique en Union soviétique, en Europe de l’Est, en Chine, à Cuba, en Corée du Nord et ailleurs : plus de 100 millions de personnes ont été tuées et davantage ont été emprisonnées, torturées et réduites au silence. Espérons que les gens tiendront compte des avertissements de Lindsay et empêcheront ces militants LGBT radicaux d’endoctriner nos enfants dans le but de détruire nos pays.

Comme l’écrivait Soljenitsyne:

“On asservit les peuples plus facilement avec la pornographie qu’avec des miradors.”

CEDH : L’ECLJ a défendu le Pakistanais devenu chrétien

Suite à la décision de la CEDH en faveur d’un Pakistanais converti, Nicolas Bauer, chercheur associé à l’ECLJ, analyse cette décision. En effet, l’ECLJ était intervenu dans cette affaire afin d’apporter à la Cour des informations directes sur la situation des chrétiens au Pakistan. L’ECLJ a en effet une expérience de terrain grâce à son bureau affilié au Pakistan comptant plusieurs avocats qui apportent une aide juridique aux minorités chrétiennes persécutées. Les juridictions suisses ont considéré que sa conversion au christianisme était crédible. En revanche, elles ont estimé qu’il ne serait pas exposé au risque de subir un traitement mettant en danger sa vie et son intégrité physique. La jurisprudence de la CEDH interdit en effet aux États parties d’expulser des étrangers si, dans leur pays, ils courent un risque réel d’être soumis à la peine capitale, à la torture ou à des peines ou traitements inhumains et dégradants.

Stéphanie, mère de prêtre

Mère de six enfants, habitant en Bretagne, Stéphanie a un fils prêtre vicaire d’une paroisse au sein du diocèse de Versailles.

Avec d’autres mères, elle a marché des centaines de kilomètres de Paris à Rome pour porter au Saint-Père (qui leur a accordé un baciamano à l’occasion de son audience du 4 mai prochain) la supplique des milliers de catholiques attachés à la messe traditionnelle, qui ont été profondément blessés par le Motu Proprio, et aussi l’immense inquiétude de nombreux prêtres, certains ne pouvant déjà plus la célébrer.

I-Média Présidentielle : la grande manipulation

Cette semaine, Jean-Yves Le Gallou et son comparse Jules Blaiseau vous proposent un numéro hors-série très spécial. Maintenant que l’élection présidentielle est jouée, il est temps pour “I-Média” de décrypter en profondeur toutes les manipulations de la campagne par les médias de grands chemins(sic). L’émission est une version détaillée et plus exhaustive d’un article de Jean-Yves Le Gallou publié sur le site de la fondation Polémia. Il énonce le décalogue satirique du journaliste en temps de campagne.

Diabolisation en deux temps, choix des thèmes par les médias, un duel Macron/Le Pen imposé par les instituts de sondage, l’exploitation de la guerre ou de la pandémie… Suivez avec nous ce dernier récapitulatif d’une campagne qui, à défaut d’avoir été palpitante, aura été riche en enseignements sur les travers et les vices du journalisme français.

Un petit week-end scout à 170€ ?

Une belle arnaque proposée par Arthur Germain, 20 ans, nageur, aventurier, fils d’Anne Hidalgo et abstentionniste, invité sur RMC :

Pour 170€, il vous propose une nuit en forêt :

Lors de cette excursion, nous partirons en pleine nature près de Moret-sur-Loing, en Île-de-France (desservi par la ligne R en RER). Je vous partagerai l’expérience que j’ai de la vie en pleine nature et en autonomie et vous apprendrai les rudiments de la vie sauvage. J’essayerai par la suite de diversifier les lieux d’excursions pour vous faire découvrir d’autres magnifiques régions !

Apprendre les rudiments de la survie :

Pendant cette excursion, vous apprendrez à :

    • Maîtriser l’art du feu (sans brûler la forêt 😉 )
    • Monter et démonter votre campement comme un/une pro
    • Prévoir la météo (mieux que le téléphone)
    • Connaître et respecter la nature
    • Reconnaître les plantes
    • Faire des chamallows (parfaitement) grillés

Une nuit en bord de Seine pour laquelle il faut apporter sa tente et sa nourriture …

Sinon, le scoutisme, c’est beaucoup moins cher et vous pourrez apprendre bien plus !

Ou encore pour 55 €, on peut avoir 2 nuits sous tente. En bonus, faire 100 km à pied. Il suffit de s’inscrire au pèlerinage de Chrétienté Paris-Chartres à la Pentecôte. On y prend soin de son âme, mais attention, on risque d’y rencontrer Dieu. Dangereux comme aventure.

Opération « Couronnes de roses » du mois de mai

Au Moyen Age, c’était une tradition de couronner de roses les statues de la Vierge Marie, chaque rose symbolisant une prière.

Objectif

  • Offrir des couronnes de roses à Marie en son honneur pour le mois de Mai ;
  • Que Marie obtienne de son fils Jésus qu’Il vienne au secours de notre monde en danger.

Concrètement, c’est très simple :

Chacun est invité à trouver quelques personnes (l’idéal serait 4, en plus de vous-même) acceptant de dire une dizaine de « Je vous salue Marie » chaque jour, afin de constituer un « chapelet-couronne » de roses offert à Marie pour le Monde.

Nous vous invitons à prier cette dizaine avec la « version courte » du Chapelet perpétuel pour le monde.

Même les petites couronnes de 2 ou 3 personnes sont précieuses ! Ainsi, tous ensemble, nous offrirons à Marie un grand bouquet de roses, en action de grâce pour son intercession auprès de Dieu et sa protection pour notre monde.

S’inscrire ici.

Entretien avec Diane, mère de prêtre

Mère de six enfants, habitant en région parisienne, Diane a un fils prêtre membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, en mission dans le diocèse de Sées.

Avec d’autres mères, elle a marché des centaines de kilomètres de Paris à Rome pour porter au Saint-Père (qui leur a accordé un baciamano à l’occasion de son audience du 4 mai prochain) la supplique des milliers de catholiques attachés à la messe traditionnelle, qui ont été profondément blessés par le Motu Proprio, et aussi l’immense inquiétude de nombreux prêtres, certains ne pouvant déjà plus la célébrer.

Le retour de François Hollande

Emmanuel Macron et François Hollande ont évoqué la réforme des institutions lors d’une rencontre il y a quelques semaines. Une commission sera bientôt mise en place, afin de répondre à la crise de représentativité.

Le chef de l’Etat veut mettre en place une commission rassemblant des personnalités issues de toutes les sensibilités politiques du pays. Celle-ci aurait la charge de présenter à l’Assemblée Nationale et au Sénat une proposition de réforme de la Constitution. François Hollande pourrait la présider.

Cette commission pourrait proposer l’instauration de la proportionnelle, le retour au septennat avec des élections législatives de mi-mandat sur le modèle américain.

Cizancourt : le scrutin s’est déroulé dans une église où le confessionnal servait d’isoloir

Extrait de la décision du Conseil constitutionnel sur l’élection présidentielle :

Dans la commune de Cizancourt (Somme), dans laquelle 25 suffrages ont été exprimés, le magistrat délégué du Conseil constitutionnel a constaté que le scrutin s’est déroulé dans une église où le confessionnal servait d’isoloir. Le déroulement du scrutin dans ce lieu de culte étant de nature à porter atteinte à la liberté et à la sincérité du scrutin, il y a lieu d’annuler l’ensemble des suffrages exprimés dans cette commune.

La CEDH demande à la Suisse de surseoir à l’expulsion d’un Pakistanais converti au christianisme

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a demandé mardi 26 avril à la Suisse de surseoir à l’expulsion d’un Pakistanais converti de l’islam au christianisme.

Les juges européens, saisis selon une procédure d’urgence, ont estimé à l’unanimité que le renvoi vers le Pakistan de ce débouté du droit d’asile arrivé en Suisse en 2015 et converti au christianisme l’année suivante, constituerait une violation des dispositions de la Convention européenne des droits de l’homme sur le «droit à la vie» et l’«interdiction de la torture, des traitements inhumains ou dégradants».

«Les autorités suisses n’ont pas suffisamment évalué le risque que le requérant courrait, du fait de sa conversion au christianisme, en cas de retour au Pakistan».

À l’appui de sa décision, la Cour évoque plusieurs «rapports internationaux faisant état de graves violations des droits de l’homme au Pakistan à l’égard des chrétiens convertis». La Cour évoque en particulier un rapport du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de janvier 2017 relevant que les personnes converties «peuvent être perçues (au Pakistan) comme ayant commis l’apostasie».

Ces «dernières années, des chrétiens, dont des convertis, ont fait l’objet d’attaques et d’accusations de blasphème qui est une infraction pénale au Pakistan punie de la peine de mort, cette peine pouvant être commuée en une condamnation à perpétuité limitée à 25 ans», souligne-t-elle encore.

Le CEO de Davosfrance confirmé à son poste

Analyse d’Alliance pour la France :

Avec 58,54% et malgré les 28,1% d’abstention, Emmanuel Macron a obtenu le dimanche 24 avril une victoire vraiment « éclatante ». Son bilan aurait dû parler nettement contre lui : crise des Gilets Jaunes, violence politique contre les opposants à la Startup nation déracinée, affaire Benalla, désastreux symbole décadent de la fête de la musique digne d’un Satiricon postmoderne, départ de Gérard Collomb qui avertit sur le passage du « côte à côte » au « face-à-face », gestion calamiteuse de la crise sanitaire, suspension injustifiée des libertés publiques, déroute institutionnelle des pouvoirs publics, division de la citoyenneté et création d’une inimitié politique entre Français, utilisation de cabinets privés comme Mc Kinsey pour des missions de service public, le tout sur fond de Grand Remplacement qui va son train de sénateur et de Grande réinitialisation qui est amorcée par la culture QRCode. Emmanuel Macron n’aurait pas dû oser même se représenter devant les Français.  Pourtant, non seulement il s’est présenté, sans faire campagne, mais il a remporté une victoire nette inversement proportionnelle à l’indignité avec laquelle il a exercé son mandat présidentiel.

A cela plusieurs raisons.

Tout d’abord, Emmanuel Macron a reçu un soutien médiatique et politique qui a permis de conduire un véritable management des thèmes de campagne. Le premier thème qui est ressorti, grâce à l’émergence de la candidature Zemmour, fut celui du Grand remplacement, un thème majeur qui touche à l’identité de la France sérieusement mise en péril par 40 ans d’immigrationnisme d’Etat et de laxisme judiciaire. Ce thème a curieusement exercé un phénomène d’attraction politique en février puisque Valérie Pécresse s’y est embourbée dans son meeting du Zénith. Mais le déclenchement de la guerre en Ukraine, fin février, a présenté une opportunité médiatique pour casser cette cristallisation thématique. Une deuxième campagne a dès lors commencé où les médias ont repris le flambeau pour imposer les thématiques favorables à Emmanuel Macron : l’Union autour du drapeau, l’Union européenne, le pouvoir d’achat. Nous ne sommes plus parvenus à sortir de cette ornière. Les thèmes essentiels ont été dès lors occultés – le Grand Remplacement – ou n’ont pas pu émerger – la Grande Réinitialisation – alors que le scandaleux système McKinsey au mois de mars pouvait présenter une voie d’entrée concrète et donner des fruits politiques juteux.

L’effet « Front républicain » s’essouffle incontestablement mais il est resté opérationnel dans la dernière ligne droite lorsqu’il s’est agi de se répartir les voix de Mélenchon. Le « pas une voix pour Marine Le Pen » répété comme un mantra a empêché une coalition de circonstance possible contre l’extrême-centre mondialiste. C’était le calcul initial de Marine Le Pen et cela aurait pu être électoralement payant. Mais c’était sans compter sur l’opération de rediabolisation grossièrement menée par les médias en dehors de tout bon sens et de toute évidence, Marine Le Pen ayant clairement dévoilé les distances intérieures, les béances intellectuelles et politiques qui la séparent de l’« extrême-droite ». Marine Le Pen croit encore en cette érosion naturelle du front républicain. Lors de son appel à Emmanuel Macron, le soir de l’élection pour le féliciter, elle aurait même dit que dans 5 ans, ce serait « la bonne pour elle ». 18% au premier tour en 2012, 33% au second tour en 2017 puis 41,5% en 2022. A France constante, on est tenté de poursuivre la suite arithmétique et je serai assez disposé à le croire mais le paysage politique sera-t-il le même dans 5 ans ?

En définitive, il a plané dans cette élection comme un air de fatum qui s’est conclu par l’Ode à la Joie le soir du 24 avril. Emmanuel Macron n’a pas fait campagne lors du premier tour. Il n’a jamais douté lors du second quoiqu’intranquille pendant le débat qui l’a opposé à Marine Le Pen. Pour la première fois, il a attaqué, la meilleure défense, et paradoxalement Marine Le Pen a joué la défense, ce qui mettait Emmanuel Macron à l’abri de rendre des comptes sur sa présidence de division et de décadence. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Cette victoire ne fut pas vraiment célébrée, la fête s’est arrêtée vers 22:00, tout fut plié après l’image saisissante du président entouré par des enfants dans une scénographie qui faisait écho à sa conclusion du débat sur « la protection de l’enfance ». C’est un peu comme si l’élection était le passage obligé, le mal nécessaire – l’agenda démocratique – pour poursuivre l’agenda davocratique, le sérieux, France 2030. Emmanuel Macron est passé par la case élection comme on passe au péage : il a fallu payer un peu de son temps, de son énergie pour poursuivre sereinement la route, celle tracée par ses pères idéologiques et politiques, Klaus Schwab, Jacques Attali, et tous les cercles d’influence qui sont, eux, « maîtres des horloges ».

Mais, tout cela aurait été impossible sans les voix des Français. On dit Emmanuel Macron « mal élu », élu « par défaut ». On se berce d’illusions.

Les Français ont globalement, même si cela fait peine à le dire, approuvé sa présidence et le lui ont manifesté par ce résultat sans appel. Cela paraît à peine croyable mais ce qui aurait dû être une manifestation de rejet inconditionnel ne fut pas loin d’être un plébiscite. Les Français ont lu bien différemment sa politique sanitaire : ils y ont vu du volontarisme politique, l’exercice d’une autorité, ont sans doute trouvé en Emmanuel Macron le représentant d’un Nouveau Parti de l’Ordre qui, selon la majorité en tout cas, répond aux désordres de notre monde. Emmanuel Macron a su décentrer les véritables points de tension : couvrant d’un voile opaque la sécession démographique, culturelle et spirituelle des « quartiers », il a réussi à cacher que ces espaces étaient le véritable facteur de désordre d’une Nation bousculée dès lors dans sa civilisation, dans ses mœurs, dans ses habitudes visuelles. Il a créé, durant son premier mandat, de nouveaux sécessionnistes, boucs-émissaires de l’ordre nouveau sur fond de Grande Réinitialisation : « délinquants » de l’économie qu’ils « paralysent » (les Gilets Jaunes), « délinquants » routiers (vitesse, stationnements etc…), « délinquants » anti-écolo (les carboneurs diésélistes), « délinquants » citoyens (« anti-vax »). Ce sont ces fauteurs de trouble, les nouveaux tragoi de la mondialisation, dont les retraités aisés, les jeunes qui croient être les winners du nouveau monde ont voulu se protéger. Cette France périphérique et l’autre se sont regardées en chien de faïence et le combat électoral a bien penché en faveur de cette dernière. Ce n’est pas une fatalité certainement mais en 2022, comme on le dit, il n’y a pas eu photo.

Ne voyant pas d’opposition entre l’appel à « Notre Europe » et la souveraineté politique de la France, une majorité de Français a adhéré en outre à ce qu’ils considèrent comme une ambition politique nouvelle, ne voient plus d’un mauvais œil le dépassement d’échelle d’une France désormais trop petite pour affronter la nouvelle logique des blocs. Tout est politiquement, médiatiquement fait pour nous convaincre que la France n’est plus qu’un Hexagone, qu’un espace « rabougri », que sa culture, sa langue sont des vestiges mais que l’histoire s’écrit ailleurs.

Cet « ailleurs » est une des branches du carrefour que j’évoquais dans un article précédent. Malheureusement, le corps électoral a engagé la France dans cette voie le dimanche 24 avril. On peut compter sur Emmanuel Macron pour transformer la France, la dissoudre désormais dans un nouveau pays : le « Notreurope », avec sa capitale « Davos », ses nouveaux habitants, les « cellezéceux », les « toutezétous », son nouveau régime, un communisme postmoderne et sa nouvelle devise : nous ne possèderez rien et en serez heureux…

Pour la famille, le combat continue

De Ludovine de La Rochère et Albéric Dumont, présidente et vice-président de La Manif Pour Tous :

Au lendemain de la présidentielle, et à l’approche des législatives, un certain nombre d’entre vous nous ont confié leur désarroi à l’idée de voir se prolonger la politique progressiste menée depuis cinq ans par l’Exécutif.

En parallèle du bilan du quinquennat sur les plans familial et sociétal que nous avons dressé, nous avons développé une vision et 80 propositions dont nous expliquons la pertinence et la nécessité aux candidats que nous rencontrons au niveau national et local. Nous vous indiquerons aussi, dès que les candidatures aux législatives seront définitives, les noms des candidats à soutenir et ceux dont nous savons qu’ils ne cesseront de vouloir affaiblir et détruire la famille.

Nous avons également élaboré un projet d’avenir pour reconstruire ce pilier central de notre société qu’est la famille. Certes, cela ne pourra se faire que pas à pas, cela prendra du temps, mais nous y sommes prêts.

Ainsi, loin de céder au fatalisme ou à l’angoisse, nous devons rester sereins et déterminés pour agir, faire face aux mesures qui, hélas, ne manqueront pas d’être avancées par les progressistes dans les mois qui viennent, mais nous devons aussi poser les bases dont nous aurons besoin à l’avenir.

Nous sentons bien, en effet, qu’il faut innover afin d’avoir l’oreille et d’influencer positivement les institutionnels, les politiques, les médias et, in fine, les Français. Ces derniers plébiscitent la famille, se préoccupent de l’avenir de leurs enfants, mais ne perçoient pas toujours ce qui se joue sous nos yeux et les conséquences pour les générations à venir. Pour vous donner un exemple, les presque 800 études de neurosciences sur les différences homme-femme publiées ces derniers temps dans le monde doivent être rassemblées et rendues accessibles au plus grand nombre : elles contribueront à disqualifier l’idéologie du genre.

La Manif Pour Tous s’est d’ores et déjà préparée à franchir cette nouvelle étape avec le déploiement d’un dispositif complémentaire de l’existant. A cette fin, nous avons besoin de vos talents : l’heure est venue de vous engager dans nos équipes, partout en France. Veille, analyse, publications, opérations, animation, logisitique, création, communication, digital, vidéo, relations avec les élus… Il y en a pour tous les goûts !

Naturellement, vous pouvez aussi nous aider en soutenant matériellement La Manif Pour Tous. Avec vous, offrons à cette jeunesse, qui se mobilise avec ardeur et panache, les moyens d’agir. Notre force militante est notre trésor et nous devons le faire grandir. Merci à chacun d’entre vous pour votre confiance et votre fidélité au service de la famille et de la société que nous laisserons à nos enfants.

Explosion des divorces en Angleterre

Lu sur IFN :

À la mi-avril, les demandes de divorce en Angleterre et au Pays de Galles ont augmenté de près du double, une semaine seulement après l’entrée en vigueur de la loi sur la responsabilité civile rapporte le Daily Mail . Environ 3 000 couples ont demandé à mettre fin à leur mariage car, en vertu de la nouvelle législation, ils ne sont plus tenus de “répartir la faute”. Le boom des demandes a également été confirmé par les avocats. Hannah Gumbrill-Ward, de l’équipe de droit familial du cabinet d’avocats Winckworth Sherwood, a déclaré : “Il semble que certaines personnes attendaient l’introduction du ‘divorce sans faute’” pour se séparer.

C’est ce qu’on appelle aussi un divorce rapide car en fait, à partir de maintenant, en Angleterre et au Pays de Galles, les époux peuvent mettre fin à leur mariage en six mois environ, sans même avoir à donner de raisons. Dans l’hypothèse où l’un des deux serait en désaccord, la contestation de la décision sanctionnée par les juges serait assez complexe.

Des préoccupations fondées

La nouvelle loi sur le divorce – qui met fin à la nécessité pour l’une des parties de rejeter la faute sur l’autre – a été combattue par certains conservateurs qui craignaient qu’elle n’entraîne “une augmentation immédiate des taux de divorce”. Les faits montrent que les inquiétudes sont fondées. Mme Gumbrill-Ward ajoute : “Il sera intéressant de voir comment ces chiffres évoluent sur l’ensemble du trimestre et si cette poussée initiale va ralentir et se stabiliser.”

En attendant la loi

Il est probable que de nombreux couples, ayant l’intention de divorcer, ont attendu quelques mois pour profiter de cette nouvelle loi, appelée outre-Manche la plus grande réforme des lois sur le divorce de ces 50 dernières années. Sans surprise, les statistiques ont montré une baisse de 26 % des demandes de divorce au cours du dernier trimestre de 2021.

Ce qui a guidé les traditionalistes qui ont refusé les sacres sans mandat

Le père de Blignières revient sur la raison pour laquelle un certain nombre de traditionalistes ont refusé de suivre Mgr Lefebvre lors des sacres de 1988 :

[…] Ce qui a guidé les traditionalistes qui ont refusé les sacres sans mandat, ce n’est pas une question de tactique. Si des prêtres ont fait le sacrifice de quitter (sans aucune garantie d’avenir) la FSSPX, ce n’est pas non plus en vertu d’une conception erronée de l’obéissance, ou dans la perspective des avantages pratiques d’une reconnaissance canonique (qui n’était nullement acquise). Ce qui était et qui est en cause, c’est un jugement de fond sur la communion hiérarchique comme élément essentiel de la foi et de la structure de l’Église catholique. Ce jugement est le suivant :

Un sacre contre la volonté du Pape est un acte intrinsèquement mauvais parce qu’il porte atteinte à un élément de la foi catholique.

La nature même de l’épiscopat catholique comporte l’apostolicité, non pas seulement matérielle (apostolicité qui découle d’un sacre valide même chez les dissidents), mais formelle. Pour être un successeur des apôtres, l’évêque doit être légitimement sacré, au sein de la communion hiérarchique entre tous les évêques catholiques. Et le garant de cette communion, c’est l’évêque de Rome, le successeur de Pierre.

De telle sorte que la consécration épiscopale reçue sans l’institution pontificale constitue « un très grave attentat à l’unité même de l’Église ».

L’expression est de Pie XII, dans l’encyclique Ad Apostolorum Principis du 29 juin 1958. Le motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988 parle, à propos des sacres du 30 juin, d’un « acte schismatique » (n° 4). Cela ne signifie pas que tous ceux qui héritent de la dissidence ainsi créée soient schismatiques. Mais l’acte reste ce qu’il est. Pour ne pas alourdir cet entretien, je renvoie aux études déjà mentionnées (note[13] et note[14] ), qui comportent de très nombreuses citations magistérielles parfaitement explicites. Je me contente de citer deux théologiens, dont l’autorité est reconnue dans les milieux traditionnels.

Dom Gréa écrit en 1885 :

Dépendre de saint Pierre, c’est bien tenir de lui l’origine de la mission ; et, par la nature même de l’épiscopat qui est cette dépendance, il faut que les évêques soient envoyés et institués par lui et par lui seul. Ce n’est donc point par une disposition arbitraire, mais par la nécessité même de l’ordre divin de l’Église que le seul saint Pierre peut faire un évêque, et qu’il n’y a point d’épiscopat légitime ou possible en dehors de cette unique origine. […] Le pape seul institue les évêques. Ce droit lui appartient souverainement, exclusivement et nécessairement, par la constitution même de l’Église et la nature de la hiérarchie[15].

Commentant le chapitre 3 de la constitution Lumen gentium de Vatican II, § 21, l’abbé Raymond Dulac écrit en 1965 :

Cette transmission, en continuant l’authentique « succession apostolique », scelle la légitimité à la fois du sacre et des fonctions. Elle est garantie officiellement par la « communion hiérarchique » dont parle la Nota explicativa. En dehors de ces enchaînements à la fois sacramentels et juridiques, il n’y a que ce que saint Cyprien et saint Léon appellent un « pseudo-épiscopat » […]. L’adjectif « hiérarchique » […] a été ajouté pour satisfaire à l’avis de plusieurs centaines de Pères conciliaires qui voulaient que fût clairement exprimé que le sacre d’un évêque, comme tel, et à lui seul, ne suffit pas pour agréger un sujet au corps épiscopal et lui assurer la légitime succession apostolique[16].

Accord de non-agression ?

Le RN pourrait ne pas présenter de candidat face à Guillaume Peltier, Stanislas Rigault, Dénis Cieslik et Sébastien Pilard.

“Sans rendre à Dieu ce que l’on rend aussi à César, il est difficile de trouver le bien commun”

A l’occasion de son anniversaire, Louis de Bourbon est né exactement 760 ans jour pour jour après Saint Louis, le duc d’Anjou a déclaré :

Au quotidien, nous voyons tous combien en politique, et plus largement pour toute action humaine, sans la transcendance et le regard tourné vers Dieu — ce qu’avait incarné en son temps Louis IX et qui lui a valu d’être canonisé —, il est bien difficile de « raison garder ». Sans rendre à Dieu ce que l’on rend aussi à César, il est difficile de trouver le bien commun. Les égoïsmes des individualismes des uns et des autres ont tôt fait de faire perdre à la société ses finalités. Nous le voyons trop actuellement avec notre monde qui a oublié nombre de ses repères traditionnels, préférant le relativisme à la Vérité.

24 avril 2022, M.Macron au Champ-de-Mars. Et si le roi était nu ?

Pour fêter sa victoire, M.Macron avait donné rendez-vous à ses fidèles sur le Champ-de-Mars. Il y est arrivé en tête d’une floppée de gamins, extraordinaire allégorie du joueur de flûte d’Hamelin.

Le vainqueur était-il en petite forme ? Son discours n’a duré que dix minutes chrono : pour lui habituellement c’est juste le temps d’une introduction.

Et encore, il a trouvé à se répéter à deux minutes d’intervalle.

  • A 2’30’’, il parle de « faire advenir notre projet pour une France plus indépendante, une Europe plus forte, et par des investissements et des changements profonds, continuer d’assurer des progrès pour chacun ne libérant la créativité, l’innovation et pour faire de la France une grande nation écologique»
  • Puis, à 5’40’’ : « Aujourd’hui, vous avez fait le choix d’un projet humaniste, ambitieux, pour l’indépendance de notre pays, pour notre Europe, un projet républicain dans ses valeurs, un projet social et écologique, un projet fondé sur le travail et la création ».

Il a affirmé qu’il voulait porter ce projet « avec force », comme il avait voulu porter avec force le projet de réforme des retraites. Il a parlé deux fois de bienveillance et deux fois de respect (« en veillant chaque jour au respect de chacun… Il nous faudra aussi être bienveillant et respectueux car notre pays est pétri de tant de doutes et de tant de divisions ») ce qui est tout naturel pour celui qui a su parler aux Gilets Jaunes avec tant de douceur et aux personnes opposées à la vaccination par un produit en phase expérimentale, sans bénéfice médical et non obligatoire, avec tant d’« affection » (« eh bien là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça la stratégie »). Bref le foutage de gueule va continuer. On le savait.

Il a prouvé à nouveau sa maîtrise parfaite du théâtre. En particulier au début, quand il déclame : « une majorité d’entre nous a fait le choix de me faire confiance pour présider notre république durant les cinq ans  à venir. Je sais que vous avez dépensé tant d’énergie, partagé tant de conviction [là, il s’arrête, puis se frappe fortement le cœur avec le poing et reprend] C’est en frappant au cœur que vient la vérité [sic !] et je sais ce que je vous dois ». On ne comprend pas forcément mais c’est si bien joué… Et encore quand il dit : « Je pense enfin à ceux qui ont voté pour Mme Le Pen dont je sais la déception ce soir [et il enchaîne immédiatement son petit numéro bien connu de condescendance un peu putassière avant même d’entendre le moindre sifflement] : non, ne sifflez personne. Depuis le début, je vous ai demandé de ne jamais siffler ».

Il y a bien sûr eu ces phrases absconses sans lesquelles un discours, même court, ne serait pas macronien, en particulier au moment de sa péroraison :

« les années à venir, à coup sûr, ne seront pas tranquilles. Mais elles seront historiques et ensemble nous aurons à les écrire pour nos générations… Cette ère nouvelle ne sera pas la continuité du quinquennat qui s’achève, mais l’invention collective d‘une méthode refondée pour cinq années de mieux, au service de notre pays, de notre jeunesse. Chacun d’entre nous y aura ses responsabilités, chacun d’entre nous aura à s’y engager car chacun d’entre nous compte plus que lui-même. C’est ce qui fait du peuple français cette force singulière que j’aime si profondément, si intensément ».

Après le discours et avant la Marseillaise, pendant que M.Macron salue l’assistance (on n’ose dire la foule tellement il y a peu de monde), on entend très distinctement à 10’38’’ un strident : « Manu, à poil ! ». Le cri semblait être de l’ordre de l’injonction.

Et si c’était en fait une bonne description de la situation du réélu ? Car que sait-on vraiment des temps qui viennent, et d’un état de la France du en bonne partie à son premier quinquennat (guerre en Ukraine ; situation sanitaire, crise de la médecine et du soin français et états d’urgence multiples ayant attaqué de nombreuses manières les libertés publiques ; dette abyssale et risques sur les intérêts de cette dette ; inflations diverses ; insécurités et attaques quotidiennes y compris contre les forces de l’ordre ; islamisation grandissante) ?

Le roi pourrait bien être plus nu qu’il n’y paraît.

L’opposition la plus bête du monde ?

De Stéphane Buffetaut, élu de Vendée et ancien député européen, pour le Salon beige:

Sous la quatrième république Guy Mollet, patron des socialistes d’alors, avait qualifiée la droite française de « droite la plus bête du monde ». L’opposition actuelle à Macron en sera-t-elle la digne héritière ?

La réélection du Président de la république, même s’il ne recueille que 38,52% voix des électeurs inscrits, démontre que le piège tendu par Mitterrand il y a quarante ans fonctionne encore. Le plafond de verre existe toujours et le « front républicain », même affaibli, conserve une efficacité certaine.

Le clivage gauche/droite demeure, comme l’a démontré le score de Mélenchon, mais s’y ajoute celui entre les enracinés patriotes et les déracinés mondialistes. D’une certaine façon, ce dernier clivage « transcende » les vieilles oppositions et est mortifère. Car il ne s’agit rien de moins que de la pérennité de la France, de sa culture, de ses mœurs. Sur le plan européen, ce qui est en jeu, c’est la civilisation européenne elle-même et l’existence du chatoiement des nations du vieux continent.

Ce qui est insupportable, c’est qu’Emmanuel Macron comme les eurocrates, fonctionnaires ou députés au Parlement européen, avancent masqués, adeptes d’une forme de « taqiyah » européenne – au demeurant revendiquée par la Commission comme « ambiguïté constructive » – qui consiste à ne pas avouer l’objectif des nouvelles dispositions des traités, règlements ou directives : conduire à la constitution d’un « Etat » européen fondé sur un corpus juridique envahissant qui réduise à néant les libertés souveraines des nations.

Inspiré par le philosophe allemand Habermas, il s’agit de substituer à la loyauté à l’égard de sa patrie, la loyauté « à un état de droit », une « fidélité constitutionnelle » pour reprendre les termes du philosophe. Cette idéologie positiviste du déracinement  est le fond de la pensée du Président de la république comme l’a manifesté l’omniprésence du pseudo drapeau européen (insigne non légalement officiel) en lieu et place du drapeau français lors des meetings de Macron.

Dès lors, c’est la survie de la France en tant que nation souveraine qui est en cause. La réalité est que cette souveraineté est déjà considérablement dégradée, mais cinq années de plus de pouvoir sans limites de Macron, dont on connait et l’ivresse du pouvoir et la perfidie, peut nous conduire à un état de dilution de la France dans le magma bureaucratique européen difficilement réversible.

Il est donc crucial d’envoyer à l’Assemblée nationale une majorité contraire au Président pour le contraindre à la cohabitation ou, à tout le moins, une opposition forte, sans concession, voire agressive, afin de contrarier ses projets. Ceci n’est possible que si les partis et mouvements encore attachés à la France s’unissent pour emporter le maximum de circonscriptions.

La logique du financement des partis peut les pousser à la désunion et à des candidatures concurrentes qui ne pourraient que conduire à la défaite. L’unité est impérative dans les circonscriptions qui sont éventuellement gagnables, évidemment au prorata du poids électoral des formations nationales dans le choix des candidats.

L’incapacité à trouver des accords entre le Rassemblement national, Reconquête, Debout la France, le Centre national des indépendants et des paysans, Via, le Parti conservateur serait la cause d’une noire frustration et d’une profonde colère des électeurs. C’est une règle de responsabilité politique de toujours préférer sa patrie à son parti. Certes, il y a eu des paroles malheureuses, voire stupides et bêtement humiliantes, des défections et des déceptions. Mais que les responsables des partis nationaux se souviennent de l’attitude de Louis XII accédant au pouvoir : « Le roi de France ne venge pas les querelles du Duc d’Orléans. »

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