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Causette toujours, tu n’intéresses pas

«Causette» le mensuel féministe d’extrême-gauche cesse sa parution papier faute de lecteurs.

Son propriétaire est Reginald de Guillebon à la tête également du «Film Français» et «Première».

Les Survivants rétablissent la vérité

Face à la propagande :

Les derniers chiffres de l’avortement sont catastrophiques. Leur nombre a augmenté en 2022, atteignant leur plus haut niveau depuis 1990, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée ce mercredi 27 septembre.

Au total, 234.300 avortements ont été enregistrés en France l’année dernière, soit 17.000 de plus qu’en 2021 et environ 7000 de plus qu’en 2019.
Le taux dépasse le niveau de 2019 – qui était à l’époque le plus élevé depuis 1990 – avec 16,2 avortements pour 1000 femmes âgées de 15 à 49 ans en 2021 contre 15 pour 1000 en 2020 et 15,7 pour 1000 en 2019.

C’est parmi les femmes âgées de 20 à 29 ans que les avortements restent les plus fréquents, avec un taux de recours de 26,9 pour 1000 femmes entre 20 et 24 ans (+ 2,6 points par rapport à 2021) et 28,6 pour 1000 entre 25 et 29 ans (+2,2 points).

La Suède protégera-t-elle enfin l’objection de conscience?

De l’ECLJ :

La Rapporteuse spéciale sur la liberté de religion ou de conviction auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, Mme Nazila Ghanea, effectuera une visite en Suède au cours du dernier trimestre de 2023. En tant qu’ONG titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations Unies (ECOSOC), l’ECLJ a reçu un courriel du Conseil des droits de l’homme indiquant: «Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous faire parvenir des contributions écrites sur les questions relevant du mandat» de la Rapporteuse spéciale. Nous avons répondu favorablement afin d’aider Mme Ghanea à préparer sa visite de la Suède.

Cette experte de l’ONU a un mandat pour présenter des recommandations pour surmonter les obstacles à l’exercice de la liberté de conscience et de religion dans ce pays. Dans sa contribution écrite, l’ECLJ a fait le choix de se focaliser sur l’un de ses obstacles: l’absence de droit à l’objection de conscience pour les professionnels de santé face à l’avortement. Contrairement aux autres pays européens, la Suède oblige des professionnels de santé à pratiquer des avortements, jusqu’au délai légal de 18 semaines de grossesse. Cette obligation est sans dérogation ou échappatoire pour ceux qui réprouvent l’avortement et demandent à exercer uniquement leur métier: soigner.

Lire notre contribution écrite à la demande de l’ONU sur l’objection de conscience

Notre contribution écrite démontre qu’obliger des soignants à pratiquer l’avortement constitue une violation du droit à la liberté de conscience et de religion ainsi qu’une discrimination fondée sur la conviction ou la religion. Cette démonstration se fonde sur le droit international, en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (Pacte II) de 1966.

La protection internationale de l’objection de conscience

En droit international, l’objection de conscience a d’abord été reconnue comme un devoir, consacré au Principe IV de Nuremberg (1950): «Le fait d’avoir agi sur l’ordre de son gouvernement ou celui d’un supérieur hiérarchique ne dégage pas la responsabilité de l’auteur en droit international, s’il a eu moralement la faculté de choisir».

Elle est également un droit, en tant que partie intégrante de la liberté de conscience et de religion, consacré à l’article 18 du Pacte II. Le Comité des droits de l’homme, qui a pour mission d’interpréter le Pacte II, considère que: «si le droit de manifester sa religion ou sa conviction en tant que tel ne peut s’interpréter comme donnant le droit de refuser de s’acquitter de toutes les obligations imposées par la loi, il offre […] une protection contre l’obligation d’agir à l’encontre d’une conviction religieuse sincère[1]».

En Europe, le plus récent des instruments généraux concernant les droits de l’homme, la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2000), reconnaît expressément le droit à l’objection de conscience (Article 10.2).

L’objection de conscience dans le domaine médical

Le droit à l’objection de conscience s’applique en particulier lorsque l’acte réprouvé consiste à tuer un être humain. D’après le Comité des droits de l’homme, dans son Observation générale n° 22 (1993) sur l’article 18: le «droit à l’objection de conscience […] peut être déduit de l’article 18, dans la mesure où l’obligation d’employer la force au prix de vies humaines peut être gravement en conflit avec la liberté de conscience et le droit de manifester sa religion ou ses convictions».

Le président du groupe de rédaction de l’Observation générale n°22 avait indiqué que l’objection de conscience visée «n’est pas une objection au service militaire en tant que tel mais une objection à l’idée de tuer d’autres êtres humains[2]».

En principe, l’objection de conscience ne devrait pas avoir de raison d’être revendiquée dans le domaine médical: le but de la médecine est de soigner et nul médecin ne peut, en conscience, refuser de soigner un malade. Cependant, le champ de l’activité médicale s’est modifié ces dernières décennies, avec, d’abord, la contraception, ensuite, d’autres activités non thérapeutiques, comme la chirurgie esthétique ou la stérilisation.

Pour les objecteurs de conscience, le but de la médecine a même été inversé avec des pratiques telles que l’avortement et l’euthanasie. Du fait de ces pratiques, le domaine médical est devenu le lieu où la question de l’objection de conscience se pose avec le plus d’acuité. L’importance de l’objection de conscience dans le domaine médical a été rappelée notamment par deux résolutions de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE)[3].

La position d’Heiner Bielefeldt, ancien Rapporteur spécial de l’ONU

Le 8 mars 2016, le collègue de Mme Nazila Ghanea et prédécesseur comme Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction, Heiner Bielefeldt, s’est exprimé fortement en faveur du droit du personnel médical de refuser de participer à un avortement, à l’occasion d’une conférence organisée par l’ECLJ au siège des Nations unies à Genève[4]. Il a notamment cité le cas de la Suède, où une sage-femme très lourdement condamnée pour avoir refusé de participer à un avortement a été contrainte à «l’exil professionnel».

L’ancien Rapporteur spécial a estimé que ce droit, fondé sur la liberté de conscience, doit bénéficier au personnel médical participant directement à l’acte en cause, dès lors que leur objection est fondée sur une conviction forte et profonde. Heiner Bielefeldt a indiqué que le droit à l’objection de conscience n’est pas seulement fondé sur le droit à la liberté de conscience, mais aussi sur l’article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui reconnaît que tout être humain est «doué de raison et de conscience».

Les obligations des États relatives à l’avortement

La Convention internationale des droits de l’enfant (1989) reconnaît à «l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle», le besoin «d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance». L’embryon et le fœtus humains sont reconnus par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) comme des êtres vivants «appartenant à l’espèce humaine[5]». La vie humaine est un continuum à partir de l’instant de la fécondation, comme l’a rappelé la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) dans l’arrêt Oliver Brüstle c. Greenpeace e.V[6].

En conséquence de la nature même de l’avortement, tuant un enfant avant sa naissance, cet acte n’est pas protégé au titre des droits fondamentaux. En effet, il est impossible de disposer d’une liberté ou d’un droit sur l’existence d’un être appartenant à l’espèce humaine. C’est pourquoi, la CEDH refuse de protéger l’avortement au titre des droits de l’homme[7].

Les Comités des Nations Unies et la CEDH ont développé sur l’avortement une approche obligeant l’État légalisant l’avortement à concilier l’exercice effectif de l’objection de conscience par des professionnels de santé avec l’accès des femmes à cette pratique, sans faire prévaloir l’une ou l’autre de ces considérations[8].

En matière de liberté de conscience, la CEDH a jugé que la possibilité de changer de travail n’était pas suffisante pour protéger le droit à la liberté de conscience de façon effective[9]. Il faut une raison très sérieuse, comme une grave atteinte aux droits d’autrui, pour justifier de priver quelqu’un de son travail. Un prétendu droit à l’avortement, qui est dépourvu de toute existence en droit international, ne peut prévaloir sur un des droits de l’homme les plus fondamentaux, à savoir la liberté de conscience.

L’interdiction de la discrimination fondée sur la religion ou la conviction

Le Pacte II interdit la discrimination fondée sur «la religion», l’«opinion» ou «toute autre situation» (article 24)[10]. En droit international, la discrimination est dite «directe» quand «un individu est traité moins favorablement qu’une autre personne dans une situation semblable pour une raison liée à un motif interdit», telle que sa religion[11]. La discrimination dite «indirecte» est constitué «dans le cas de lois, de politiques ou de pratiques qui semblent neutres a priori mais qui ont un effet discriminatoire disproportionné sur l’exercice [d’un droit] eu égard à des motifs de discrimination interdits», telle celui de la religion[12]. Une discrimination peut être relevée en raison de son objet ou de son effet sur la victime, indépendamment des motivations de l’auteur[13].

Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne ont donné comme objectif commun au droit de la non-discrimination de «garantir à tous les individus un accès équitable et juste aux opportunités qui se présentent dans une société[14]». Le Comité des droits économies, sociaux et culturels des Nations Unies donne comme exemple de discrimination «lorsque des personnes appartenant à une minorité religieuse n’ont pas accès sur un pied d’égalité à l’université, à l’emploi ou aux services de santé en raison de leur religion[15]».

Dans le domaine médical, c’est uniquement par la protection d’un droit à l’objection de conscience en matière d’avortement que les personnes ayant une conviction morale ou religieuse à ce sujet ont accès à l’emploi sur un pied d’égalité avec les personnes ne partageant pas cette conviction.

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[1] Comité des droits de l’homme, Yeo-Bum Yoon et Myung-Jin Choi c. République de Corée, communications nos 1321/2004 et 1322/2004, CCPR/C/88/D/1321-1322/2004, 3 novembre 2006, § 8.3.

[2] Comité des droits de l’homme, Compte rendu analytique de la 1237e séance, tenue au Palais des Nations, à Genève, le mardi 13 juillet 1993, CCPR/C/SR.1237, 1er décembre 1993, § 45.

[3] Voir la Résolution 1763 du 7 octobre 2010 (§ 1) et la résolution 1928 du 24 avril 2013 (§ 9.10).

[4] Les vidéos de cette conférence sont accessibles sur la chaîne YouTube de l’ECLJ et rassemblées dans cet article : https://eclj.org/conscientious-objection/the-un-special-rapporteur-on-freedom-of-religion-or-belief-in-favor-of-a-right-to-conscientious-objection-in-the-context-of-abortion-and-euthanasia?lng=fr

[5] CEDH, Vo c. France, n°53924/00, 8 juillet 2004, § 84.

[6] CJUE, Oliver Brüstle c. Greenpeace e.V, C-34/10, 18 octobre 2011, § 35.

[7] Commission EDH (Plénière), Brüggemann et Scheuten c. République Fédérale d’Allemagne (déc.), n° 6959/75, 19 mai 1976 ; CEDH, Boso c. Italie (déc.), n° 50490/99, 5 septembre 2002 ; A. B. C., c. Irlande [GC], n° 25579/05, 16 décembre 2010, § 214 ; P. et S. c. Pologne, n° 57375/08, 30 octobre 2012, § 96.

[8] Voir : Heiner Bielefeldt, Nazila Ghanea, Michael Wiener, Freedom of Religion or Belief: An International Law Commentary, Oxford University Press, 21 janvier 2016, pp. 298-301. Voir aussi : CEDH, R. R. c. Pologne, n°27617/04, 26 mai 2011, § 206 ; P. et S. c. Pologne, n°57375/08, 30 octobre 2012, § 106.

[9] CEDH, Eweida et autres c. Royaume-Uni, n° 48420/10, 15 janvier 2013, § 83.

[10] Voir à ce sujet : Heiner Bielefeldt, Nazila Ghanea, Michael Wiener, Freedom of Religion or Belief, op. cit., p. 311 et 323.

[11] Comité des droits économiques, sociaux et culturels, Observation Générale n°20, Article 2-2 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adoptée à sa quarante-deuxième session, E/C.12/GC/20, 2 juillet 2009, § 10-a.

[12] Ibid., § 10-b.

[13] Heiner Bielefeldt, Nazila Ghanea, Michael Wiener, Freedom of Religion or Belief, op. cit., p. 314.

[14] Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, Conseil de l’Europe, Manuel de droit européen en matière de non-discrimination, février 2018, p. 48.

[15] Comité des droits économiques, sociaux et culturels, Observation Générale n°20, op. cit., § 22.

À propos du discours du Pape à Marseille

De Guillaume de Thieulloy dans les 4 Vérités :

En observant la venue du Pape à Marseille, la première remarque qui me vient à l’esprit est que bon nombre de politiciens n’ont plus de culture religieuse – et guère davantage de culture historique.

Il est, en effet, ridicule de protester contre la participation du chef de l’État à une messe célébrée par le Souverain Pontife au nom de la « laïcité ».

C’est le christianisme qui nous a enseigné la distinction entre spirituel et temporel. Et, contrairement à la légende, la Révolution, non seulement n’en est pas responsable, mais elle a même tenté, à la suite de Rousseau, d’en finir avec la laïcité en soumettant le spirituel au temporel.

Il est tout aussi absurde de reprocher au Pape de « faire de la politique ».

Tous les Papes en ont fait depuis saint Pierre : leur mission est de transmettre les enseignements du Christ et ces derniers ont souvent à voir avec la dimension sociale de l’être humain.

L’Évangile n’est pas d’abord une morale, mais il a des conséquences morales et, parmi ces conséquences, figure ce que l’on nomme la « doctrine sociale de l’Église », y compris dans sa dimension politique. Rappeler les gouvernements à leurs devoirs politiques relève bien de la mission pontificale.

J’ajoute qu’il serait bon de lire les textes avant d’accuser le Pape François de faire de la mauvaise politique.

En l’occurrence, au moins deux sujets « politiques » ont été évoqués par le Pape à Marseille.

Le premier a été très peu commenté, mais est de primordiale importance, à la veille d’une discussion législative sur le sujet : le Pape a défendu, comme ses prédécesseurs, la vie innocente, notamment contre l’euthanasie. Quand on dit que le Pape François prononce le discours de la gauche radicale, il conviendrait donc de nuancer un peu !

Le deuxième sujet a été abondamment commenté. Le Pape a invité à l’accueil de l’étranger et donc des immigrés.

Il demande de « les traiter comme des frères et non comme des problèmes », de « les intégrer, et non s’en débarrasser ».

Là encore, je ne vois pas pourquoi l’on s’étonne. Que le Pape nous invite à considérer les immigrés comme des personnes semble assez logique.

Il est remarquable qu’il en reste à la dignité de la personne, sans évoquer la dimension politique de l’immigration. De deux choses, l’une : soit il considère que le bien commun doit s’effacer devant la dignité de l’immigré ; soit il laisse aux peuples le soin de s’occuper de ce bien commun et ne s’en mêle pas.

Le premier cas serait évidemment désastreux – mais ce n’est pas parce que presque tous les commentateurs ont compris ainsi le discours pontifical, ni même parce que le Pape François nous a habitués à des discours très immigrationnistes, qu’il faut nécessairement le comprendre comme cela. En toute hypothèse, nous devrions alors répondre nettement au Pape François que le bien commun d’une société est supérieur au bien temporel d’une personne et qu’il n’y a aucun devoir de la France de s’autodétruire en accueillant des millions d’immigrés.

Une politique migratoire ne peut pas faire l’impasse sur la dignité humaine de l’immigré. Mais elle ne peut pas non plus ignorer le bien commun de la société d’accueil.

J’ajouterais que, pour que son discours soit audible, nous aimerions aussi que le Pape ne fasse pas mine d’ignorer que la plupart des « migrants » sont musulmans et ne nous demande pas d’accepter sans mot dire notre soumission à la charia. Et qu’il manifeste autant de compassion pour les millions de chrétiens persécutés que pour les musulmans charriés par les trafiquants de chair humaine.

Le suicide pour tous : le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres avant la fin de l’année

Le projet de loi sur la fin de vie, promis “d’ici la fin de l’été” par Macron sera présenté en Conseil des ministres avant la fin de l’année, et ensuite au Parlement l’année prochaine, où il fera l’objet d’un travail par une commission spéciale, a fait savoir hier sur Sud Radio le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement Franck Rester.

De leur côté, les professionnels des soins palliatifs ne sont plus seuls à répéter que « donner la mort n’est pas un soin ». Une quinzaine d’organisations de soignants tente de se faire entendre.

Des convertis de l’Islam, de l’indifférentisme, de l’athéisme ou de la tiédeur par la messe traditionnelle

Communiqué de Renaissance Catholique :

Pour la seconde année consécutive a eu lieu à la Maison de la Chimie le samedi 23 septembre un colloque sur l’avenir de la messe traditionnelle organisé par les associations : Una Voce, Oremus, Lex Orandi, Notre-Dame de Chrétienté et Renaissance Catholique. Plus de 300 participants ont suivi les travaux de cette journée alternant conférences et tables rondes – le Père Danziec, chroniqueur à Valeurs Actuelles, ouvrit le bal par une intervention d’une grande profondeur et richesse spirituelle rappelant que la messe est d’abord un acte de culte, le sacrifice que l’Église rend au Père. Le fait est qu’il n’existe pas de religion sans culte, acte par lequel la créature manifeste sa dépendance vis-à-vis du Créateur.

Il revint ensuite à Cyril Farret d’Astiès, auteur d’Un heureux anniversaire ? Essai sur les cinquante ans du missel de Paul VI, de présenter la synthèse et l’actualité du document fondateur de la critique doctrinale de la réforme liturgique : Bref examen critique du nouvel Ordo Missæ, adressé en 1969 par les cardinaux Ottaviani et Bacci au pape Paul VI et récemment réédité par les Éditions Contretemps avec une préface du cardinal Burke.

BREF EXAMEN CRITIQUE DU NOUVEL ORDO MISSÆ

Puis comme l’année précédente Philippe Darantière, porte-parole de l’association Lex Orandi, présenta un état général de la situation de la célébration de la messe romaine traditionnelle depuis la publication du motu proprio Traditionis Custodes en 2021. Étaient associés à cette table ronde des représentants d’associations de laïcs pour lesquelles la messe traditionnelle est au cœur de leur action : Amis de Sainte Odile, École des Pastoureaux, KTSens, Notre-Dame de Chrétienté. D’émouvants témoignages autour de la fécondité apostolique et missionnaire de la messe traditionnelle.

Le dispositif d’accueil de la Maison de la Chimie ne permettant malheureusement pas de déjeuner sur place, les participants se sont ensuite égaillés dans les restaurants alentour à l’occasion de la pause du déjeuner.

À l’heure difficile de la sieste Jean-Pierre Maugendre rendit un vibrant et vigoureux hommage à Jean Madiran, à l’occasion du 10e anniversaire de son rappel à Dieu. Le délégué général de Renaissance Catholique mit ainsi en avant trois aspects majeurs de l’œuvre et de l’action du fondateur de la revue Itinéraires : le défenseur de la cité, le docteur de la loi naturelle, le héraut de la foi.

Au-delà des considérations doctrinales la fécondité de la messe traditionnelle s’incarne aussi dans des réalités concrètes.

Ainsi une table ronde réunit autour d’Adrien Renouard des membres d’association alliant foi et identité, c’est-à-dire d’œuvres enracinées dans une réalité concrète historique, pèlerinages ou autres. Furent ainsi évoqués un pèlerinage à Rocamadour, le pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté et l’action de SOS Calvaires.

Autre table ronde très émouvante animée par Olivier Frèrejacques, le témoignage de convertis de l’Islam, de l’indifférentisme, de l’athéisme ou de la tiédeur à un catholicisme personnel et authentique par la messe traditionnelle. Beaucoup d’authenticité et d’émotion à l’occasion de ces témoignages qui manifestent que la grâce de Dieu continue d’agir dans son Église malgré la difficulté des temps.

Il revenait enfin à Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté, de conclure cette belle journée par une note ferme, sereine et pleine d’espérance.

Tout au long de la journée les participants ont pu fréquenter les stands des associations organisatrices et « piller » l’abondante librairie.

Pour Dieu, pour l’Église, pour la messe, le combat continue.

Quelle différence entre « faire mourir » et « laisser mourir » ?

L’ECLJ est intervenu dans une affaire pendante à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), Medmoune c. France (n°55026/22), en qualité de tierce-partie. Cette affaire porte sur la décision médicale d’arrêter les traitements de M. Medmoune, victime d’un grave accident et aujourd’hui décédé. La famille invoque le droit à la vie de M. Medmoune.

Dans ses observations écrites, l’ECLJ explique que toute décision d’arrêt de traitements médicaux ne viole pas le droit à la vie du patient. Au contraire, les traitements disproportionnés doivent être arrêtés, afin de respecter les droits du patient. Le respect de la vie d’un patient ne signifie pas de maintenir cette vie artificiellement et à tout prix. Ce n’est pas promouvoir l’euthanasie que de rappeler cette vérité.

L’état de santé de M. Medmoune

Abdelhadi Medmoune est né en 1978 et est père de quatre enfants. Le 18 mai 2022, il a été écrasé par un véhicule utilitaire sur lequel il effectuait des réparations. Cet accident a provoqué un polytraumatisme grave qui a été compliqué par un arrêt cardio-respiratoire ayant causé une absence d’oxygénation du cerveau pendant sept minutes. M. Medmoune a été pris en charge dans le service de réanimation d’un hôpital.

Six mois après l’accident, l’équipe médicale constatait une « abolition de la conscience résultant des lésions anoxiques causées par son accident, sans réaction ni spontanée ni à la demande, et sans possibilité de relation avec l’extérieur » ainsi que l’absence totale de « réflexe du tronc cérébral, à l’exception du réflexe oculo-cardiaque, et aucune possibilité de respiration sans ventilation mécanique, la respiration spontanée étant inefficace ». L’état de M. Medmoune ne s’améliorait pas et aucune perspective d’amélioration ne pouvait être anticipée. Pire, son état se dégradait, « l’escarre déjà existante s’aggravant par une escarre occipitale et omoplate, la perte musculaire étant majeure et la disparition de tout réflexe de clignement des yeux imposant une occlusion mécanique des paupières en continu ».

Une décision d’arrêt des traitements

L’équipe médicale considérait déjà depuis plusieurs mois que, du fait de cet état de santé, une poursuite des traitements aurait constitué une obstination déraisonnable. Une telle poursuite aurait été, toujours selon les médecins, une « maltraitance » d’un patient en fin de vie. L’équipe médicale a donc décidé d’arrêter les traitements.

L’épouse et les deux sœurs de M. Medmoune se sont opposés à cette décision et ont retardé son exécution par des recours. Pour elles, un arrêt des traitements constituerait une euthanasie. Elles invoquaient également le contenu des directives anticipées de M. Medmoune, rédigées de son vivant. Celles-ci demandaient, en cas d’accident et quel que soit son état de santé, un maintien en vie à tout prix.

Les juridictions françaises ont confirmé la légalité de la décision d’arrêt des traitements. L’épouse et les deux sœurs de M. Medmoune ont déposé une requête à la CEDH, invoquant le droit à la vie (article 2). Le Gouvernement français a indiqué à la Cour que M. Medmoune est finalement décédé le 26 décembre 2022, sans préciser si c’est l’arrêt litigieux des traitements qui a provoqué ce décès.

D’après l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme (droit à la vie), « la mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement », ce qui exclut explicitement toute euthanasie. Cependant, tout arrêt de traitements ne constitue pas une euthanasie. La question juridique soulevé par cette affaire est donc : la décision d’arrêter les traitements de M. Medmoune équivaut-elle à une euthanasie, violant son droit à la vie ?

Quelques définitions utiles

L’ECLJ est intervenu dans cette affaire Medmoune c. France (n°55026/22) à la CEDH, en qualité de tierce-partie. Nos observations écrites reviennent sur plusieurs notions, indispensables à une juste analyse juridique de cette affaire.

  • Euthanasie

L’euthanasie est un acte découlant d’une volonté délibérée de tuer le patient. Cet acte peut être négatif (une omission).

  • Moyens proportionnés ou disproportionnés

Au cours des siècles, les philosophes et les théologiens ont développé une distinction entre moyens « ordinaires » et « extraordinaires » de conserver la vie d’une personne[1]. Dans les années 1950, le magistère de l’Église a repris cette distinction, en particulier dans le contexte de la réanimation[2]. La réflexion éthique récente qualifie les moyens de « proportionnés » ou « disproportionnés », selon la thérapeutique envisagée (nature, degré de complexité ou de risque, coût, possibilité d’emploi), le résultat escompté, ainsi que l’état général et les ressources physiques et morales du patient[3].

Dans l’imminence de la mort, il est moralement permis de renoncer aux moyens devenus disproportionnés du fait de l’insignifiance du résultat thérapeutique ou des contraintes imposées au patient. En revanche, il est contraire à la morale d’interrompre les soins et traitements normaux dus au malade. Par exemple, il est fréquent que les tentatives de réanimation, en particulier la respiration artificielle, soient des moyens disproportionnés, que le médecin peut interrompre même si la conséquence est la cessation de la circulation sanguine et donc la mort[4]. Un tel acte n’est pas une euthanasie, car il ne découle pas d’une volonté délibérée de tuer. La mort n’est que la conséquence, naturelle et non voulue, de l’arrêt d’un traitement disproportionné[5].

Il faut distinguer l’euthanasie de la décision de renoncer à des traitements disproportionnés. Il existe une différence de nature entre ces deux actes, même si leur conséquence est la même (la mort). L’euthanasie correspond à « faire mourir » (tuer), alors qu’un arrêt de traitements disproportionnés correspond à « laisser mourir » (conformément à la nature)[6].

  • Soins et traitements

Un soin élémentaire est toujours considéré comme proportionné. L’administration d’eau et de nourriture, même à travers des voies artificielles, est un soin élémentaire, c’est-à-dire qu’elle est toujours proportionnée[7]. C’est également le cas de l’hygiène répondant aux besoins courants du patient. Un traitement, comme le respirateur artificiel, peut en revanche être proportionné ou disproportionné, selon les circonstances concrètes.

  • Obstination déraisonnable

L’obstination déraisonnable est définie à l’article L1110-5 du Code de la santé publique, par opposition aux soins et traitements utiles et proportionnés au regard de l’état de santé du patient :

Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l’urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l’efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire au regard des connaissances médicales avérées. Les actes de prévention, d’investigation ou de soins ne doivent pas, en l’état des connaissances médicales, lui faire courir de risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté.

Ces actes ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable. Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris.

L’obstination déraisonnable est synonyme d’ « acharnement thérapeutique ».

Les confusions du Gouvernement

Les observations écrites de l’ECLJ dans l’affaire Medmoune c. France répondent à deux erreurs. La première est celle du Gouvernement français, dans ses observations remises à la CEDH[8]. Celui-ci qui voit toute « aide médicale à mourir » comme légitime et instrumentalise cette affaire au service de son projet de légaliser l’euthanasie. Or, cette pratique est contraire au droit à la vie, tel que protégé par l’article 2 de la Convention européenne.

Ces observations déconseillent fortement à la CEDH d’utiliser la grille de lecture du Gouvernement français, fondée sur cette notion « d’aide médicale à mourir ». Le Gouvernement inclut et confond des actes pourtant opposés : « faire mourir » (tuer) et « laisser mourir » (accompagner, soigner). Cela a pour effet de banaliser l’euthanasie et l’assistance au suicide, en les mettant sur le même plan que le refus légitime et nécessaire de toute obstination déraisonnable.

Contrairement à ce que prétend le Gouvernement, la décision d’interrompre les traitements de M. Medmoune n’était pas une « aide médicale à mourir ». C’était uniquement un refus de l’obstination déraisonnable, car ces traitements étaient disproportionnés par rapport à sa situation médicale objective.

L’erreur des requérantes

La deuxième erreur est celle des requérantes, qui revendiquent au nom de M. Medmoune de recevoir des traitements disproportionnés. Les traitements demandés maintiendraient artificiellement en vie M. Medmoune, ne présenteraient aucun espoir d’améliorer son état de santé et emporteraient des conséquences négatives sur sa santé. Les patients n’ont pas de droit de recevoir des traitements contre leur propre santé ou vie.

De même, il n’existe aucun droit de recevoir un traitement médical dénué de finalité thérapeutique, même au titre de l’article 8 (droit au respect dû à la vie privée). C’est pour cette raison que plusieurs actes habituellement effectués par des professionnels de santé ne sont pas protégés au titre de l’article 8 : l’avortement[9], l’assistance au suicide[10], l’euthanasie, le changement de sexe[11] ou encore la chirurgie esthétique.

Medmoune n’a donc pas de droit à recevoir les traitements que son épouse et ses sœurs exigeaient pour lui.

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[1] Voir à ce sujet : Abbé François Knittel, « Se soigner et se faire soigner – Réflexions morales sur les moyens pour l’homme de conserver la vie », Le Sel de la terre, n° 74, pp. 49-57.

[2] Pie XII, « Allocution sur les problèmes de la réanimation », du 24 novembre 1957, dans Œuvres complètes de Pie XII, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, p. 695.

[3] Sacrée congrégation pour la Doctrine de la foi, déclaration Jura et Bona sur l’euthanasie, 5 mai 1980, n° IV. Voir aussi : Conseil pontifical « Cor Unum », « Quelques questions éthiques relatives aux malades en état grave et aux mourants », 27 juillet 1981, n° 2.4.1 et 2.4.2.

[4] Pie XII, « Allocution sur les problèmes de la réanimation », op. cit.

[5] Voir, au sujet du principe du double effet d’un acte : Jocelyne Saint-Arnaud, « Trois discours de Pie XII et le débat sur l’euthanasie », Laval théologique et philosophique, n°50(3), pp. 551-553.

[6] Voir : Jean-Paul II, encyclique Evangelium vitæ, 25 mars 1995, n° 65, D.C. n° 2114, p. 38.

[7] Jean-Paul II, « Discours aux participants du congrès international « Les traitements de soutien vital et l’état végétatif. Progrès scientifique et dilemme éthique » », 20 mars 2004, n° 4, D.C. n° 2313, p. 409.

[8] Celles-ci sont dates du 13 avril 2023.

[9] CEDH, A, B et C c. Irlande [GC], n° 25579/05, 16 décembre 2010, § 214 ; P. et S. c. Pologne, n° 57375/08, 30 octobre 2012, § 96.

[10] CEDH, Lings c. Danemark, n° 15136/20, 12 avril 2022, § 52.

[11] CEDH, Y.Y. c. Turquie, n° 14793/08, 10 mars 2015, § 65.

Voilà qui fait désordre

Yaroslav Hunka est un ancien membre de la Waffen-SS, la branche militaire des SS créée en 1939 par Adolf Hitler, d’après les recommandations du commandant Heinrich Himmler. Il appartenait à la 14e division de grenadiers, connue sous le nom de division Galice, une unité composée d’Ukrainiens dits “de souche” placée sous le commandement nazi. L’unité fut rebaptisée Première Division ukrainienne avant de se rendre aux Alliés en 1945. Elle serait responsable de l’exécution de civils polonais et juifs. Quelque 600 anciens soldats allemands ont cherché à rejoindre le Canada. Parmi eux, des membres de la division Galice.

Vendredi, lors de la visite de Zelensky au Parlement canadien, toute la salle, unanime, s’est levée pour acclamer ce « vétéran ukrainien » de 98 ans, sous le regard triomphant du couple Zelensky et aux applaudissements de Trudeau (vidéo ici, avec sous-titres français).

Les organisations juives du Canada ont protesté. Alors le président du Parlement s’est confondu en excuses, soulignant qu’il était le seul responsable de cette initiative. L’ambassadeur de Pologne a lui aussi protesté, et demandé des excuses au gouvernement du Canada. Pour une fois que ce n’est pas de la propagande russe…

Pourtant, Crystia Freeland, ministre des Finances et vice-Premier ministre du Canada, en pointe dans le soutien à Zelensky, souriante lors de l’hommage à Yaroslav Hunka, avait un grand-père maternel rédacteur en chef du journal nazi ukrainien basé à Cracovie, qui saluait les exploits de la division SS Galicie et titra sur la « glorieuse victoire allemande » de Dieppe où plus de 3000 soldats canadiens furent tués ou blessés. Son grand-père s’est réfugié aussi au Canada.

L’affaire fait du bruit dans la presse internationale et Justin Trudeau se confond en excuses…

Giorgia Meloni accuse l’Allemagne de financer des ONG d’accueil de clandestins en Italie

Dans une lettre adressée au chancelier allemand le 23 septembre, le Premier ministre italien accuse le gouvernement d’Olaf Scholz de financer des organisations de soutien aux clandestins dans son pays.

« J’ai appris avec stupéfaction que votre gouvernement, sans coordination avec le gouvernement italien, avait décidé de fournir des fonds importants à des organisations non gouvernementales travaillant dans l’accueil des migrants irréguliers sur le territoire italien et dans les sauvetages en mer Méditerranée ».

Vendredi 22 septembre, le ministère allemand des Affaires étrangères a confirmé que plusieurs centaines de milliers d’euros étaient alloués à deux projets liés aux migrants, dont SOS Humanity, qui s’attèle à faire débarquer des immigrés sur les côtes italiennes. Cette décision met l’Italie « en difficulté », a déploré le ministre de la Défense. Meloni a invité l’Allemagne à concentrer ses aides aux immigrés sur son propre sol.

Sauvetage de l’église Saint-Julien à Montrenault (Sarthe)

Le conseil municipal de Saosnes a décidé que “l’église ne sera pas cédée pour 1 € symbolique.” La municipalité restera propriétaire de ce patrimoine datant du XIème siècle. Des habitants de Saosnes, et plus largement du Saosnois, du Perche Saosnois, de l’Orne Saosnoise, se regrouperont en association, et sollicitent l’accord de principe d’associations nationales, telles “l’Association pour la sauvegarde de l’art français”, “Les priants des campagnes”, la “Société historique et archéologique du Maine”, le “Cercle du Maine”, et d’autres partenaires locaux qui se sont manifestés pour faire partie de cette aventure Saosnoise…

L’association souhaite recueillir un maximum de signataires pour un accord de principe. Plus elle aura de signatures, (sans engagement financier) plus l’association aura de poids dans l’élaboration et l’étude des dossiers de demande de subventions… Une façon d’aider aussi nos petites communes pour alléger leur budget communal…

Pendant qu’Ursula von der Leyen collaborait avec le président azéri, ses soldats torturaient des arméniennes et les violaient

Français d’origine arménienne, Simon Abkarian dénonce dans Le Point :

Quand les Turcs et les Azéris parlent entre eux en turc parce que ce sont des Turcs, il y a cette idée générale qui consiste à dire : « On va finir le boulot de 1915 avec ces chiens d’Arméniens. » Il faut dire et répéter que l’Azerbaïdjan existe depuis 1918 et l’Arménie depuis Hérodote. Mais on souffre d’une méconnaissance totale de l’histoire. Le fait de l’ignorer participe de cette agression et de ce désir d’annihilation. […]

Dans les années 1990, quand je suis allé dans le Karabakh, j’ai vu des montagnes et des églises du IVe siècle. Aujourd’hui, quand une église brûle, c’est comme une bibliothèque qui meurt, toute une part du patrimoine humain disparaît sous nos yeux. Cela m’attriste profondément. J’ai vécu en Syrie et au Liban, et j’ai vu ce qui s’est passé. Ne soyons pas naïfs. Il faut que le peuple français et le monde entier sachent que l’Azerbaïdjan ne s’arrêtera pas là, bien sûr. D’ailleurs, le président Aliyev n’a-t-il pas dit que, finalement, la capitale de l’Arménie, Erevan, est une terre ancestrale ? Pendant qu’Ursula von der Leyen était à Bakou pour collaborer avec lui, des soldats de l’armée régulière azérie torturaient des soldates arméniennes, les démembraient, les violaient et diffusaient les images sur les réseaux sociaux. Et la Fifa ou l’Eurovision se rendent là-bas, juste pour l’argent. Il y a trop de consciences faciles à manipuler. […]

Moi, je n’ai pas envie de commémorer un deuxième génocide. Je sais que non seulement l’Azerbaïdjan va essayer de le faire, mais qu’il va le faire en se cachant. Pour eux, la gageure n’est pas de conquérir l’Arménie, mais de l’éliminer et dire que c’est légitime. C’est tout. Pendant ce temps, les partenaires européens font semblant de ne pas comprendre, ferment les yeux et la communauté internationale oublie que c’est Staline qui, en 1921, a donné l’Arménie à la Turquie pour plaire à Mustafa Kemal qui faisait mine de se rapprocher de Lénine. Méconnaître ou oublier l’histoire, se taire ou ne rien voir, c’est participer à l’annihilation d’un peuple.

Pèlerinage Feiz e Breizh 2023 : Une édition historique rassemble 1200 pèlerins marcheurs

La 6e édition du pèlerinage “Feiz e Breizh” s’est achevée dimanche dernier, marquant un succès retentissant avec la participation de 1200 pèlerins venus marcher de toute la Bretagne et de la diaspora bretonne. Organisé par l’Association “Feiz e Breizh”, cet événement spirituel majeur a atteint des proportions inégalées cette année, faisant de lui le plus grand pèlerinage catholique de Bretagne et rassemblant 2000 fidèles pour la messe solennelle en la basilique de Sainte-Anne-d’Auray, trop petite pour contenir la foule.

Sous le thème “Sainte Anne, modèle d’espérance”, la colonne des pèlerins a parcouru plus d’une quarantaine de kilomètres en deux jours, sous un beau soleil, à la suite de la mère de Marie et aïeule du Christ, honorant celle qui est la gardienne du pays, la protectrice des familles et la patronne de nos cœurs.

Au départ de Pluméliau, après une messe d’envoi célébrée par l’abbé Raphaël d’Anselme, conseiller spirituel du pèlerinage, et une homélie prononcée par l’abbé André Guillevic, recteur de la basilique Sainte-Anne-d’Auray pendant plus de vingt ans, les 1200 pèlerins on prit la direction du sud.

À travers les vieux chemins de Bretagne, la colonne des pèlerins a cheminé en prière, ponctuant leur parcours de chapelets, d’enseignements et de chants dans la joie et la ferveur. Le bivouac à Bieuzy-Lanvaux chez les sœurs du prieuré Notre-Dame de Fatima, a offert un moment de repos et de convivialité, marqué par une veillée bretonne traditionnelle et festive.

Monseigneur Centène, évêque de Vannes, est venu bénir les pèlerins à la prière du soir. A l’issue de la retraite aux flambeaux, il a exposé le Saint Sacrement pour l’adoration nocturne.

Le dimanche matin, la colonne s’est élancée vers Sainte-Anne-d’Auray, achevant ainsi son périple par une procession triomphale menée par le plus grand bagad catholique, Feiz ha Sevenadur, avec une soixante de sonneurs présents, pavoisée de tous les drapeaux des pays bretons et du Kroaz feiz, le nouveau drapeau officiel du pèlerinage.

Dans la basilique archi-comble, laissant une partie des fidèles sur le parvis ensoleillé, la messe solennelle de clôture célébrée et prêchée par le Père Danziec, en l’honneur de sainte Anne, selon le rit Tridentin, sur fond d’orgue, bombardes et cantiques bretons, concluait cette édition record et déjà mémorable.

Les organisateurs ont appelé les bonnes volontés à s’investir pour pérenniser ce rendez-vous exceptionnel devenu dès lors le plus grand pèlerinage catholique de Bretagne.

Intron santez Anna, pedit evidomp !
Madame sainte Anne, priez pour nous

Peut-on parler en vérité d’embryons artificiels ?

De l’abbé Roy sur Claves :

Un événement scientifique qui a fait les gros titres de la presse internationale, de CNN à AL-Jazeera, sans provoquer en France la moindre réaction… Au milieu du mois de Juin, le Guardian se fait écho d’une avancée « fracassante » de la science[1], qui pourrait permettre de soigner de nombreuses maladies génétiques et d’améliorer le suivi des grossesses à risque.

Les articles de presse faisaient suite à la communication de Magdalena Zernicka-Goetz, chef de file d’une équipe de l’Université de Cambridge et du California Institute of Technologie, lors du congrès annuel de la Société Internationale de Recherche sur les Cellules Souches (International Society for Stem Cell Research, Boston, 14 juin 2023). « Nous pouvons créer des modèles semblables à l’embryon humain en déprogrammant des cellules » a-t-elle ainsi annoncé. Dans le même temps, l’équipe de Jacob Hanna, au Weizmann Institute of Science (Rehovot, Tel-Aviv, Israël) annonçait être parvenue peu ou prou au même résultat.

Traduite dans le langage de la presse, cette communication devint une annonce « fracassante » : la science serait ainsi parvenue à créer des « embryons artificiels. »

Le contexte : la recherche sur les cellules souches

Revenons sur le contexte de ces développements : les cellules souches sont depuis plusieurs décennies l’objet de recherches intenses, dans le cadre de leur potentiel usage thérapeutique. Ces cellules sont en effet caractérisées – à divers stades (totipotentes, multipotentes, pluripotentes – voir notre article sur la gamétogénèse) par leur indifférenciation, et donc leur capacité à devenir n’importe quelle cellule du corps humain. Un des points d’achoppement de ces développements a été depuis l’origine la provenance de ce matériau d’expérimentation biologique : pendant plusieurs décennies, la seule issue techniquement envisageable semblait être l’utilisation de cellules souches embryonnaires, prélevées sur des embryons fécondés in vitro dans le cadre d’une procréation médicalement assistée et demeurés sans projet d’implantation ultérieure. La découverte en 2006 de la possibilité de reprogrammer des cellules souches adultes à un stade antérieur de différenciation (parvenant ainsi à des cellules souches pluripotentes induites ou « iPS ») valut six ans plus tard au professeur Yamanaka le prix Nobel de médecine et parut ouvrir une possibilité pour la recherche de poursuivre ses avancées en évitant l’usage et la destruction d’embryons humains. On ne mesurait pas alors les voies qui s’ouvriraient par la suite à partir de cette reprogrammation.

Remédier à la scandaleuse « inefficacité » de la reproduction humaine

L’accroche de l’article scientifique dans lequel l’équipe du Pr. Zernicka-Goetz présente son étude laisse songeur : la reproduction humaine est « remarquablement inefficace » puisque 60% des grossesses échouent lors des deux premières semaines suivant la fécondation[2]. Or la science se heurte à une boîte noire lorsqu’il s’agit d’examiner les phases du développement embryonnaire entre 7 et 28 jours. La législation interdit en effet de pousser au-delà de deux semaines la culture in vitro (en laboratoire) d’embryons humains, tandis que l’observation in vivo (implantés dans leur environnement naturel, soit ordinairement au-delà d’une semaine) ne devient vraiment possible et fructueuse qu’après 28 jours. Pour percer l’obscurité de cette « black box », les équipes de Cambridge et de Tel Aviv proposent de reproduire in vitro un « modèle » d’embryon, ou « embryoïde, » que d’aucuns qualifient déjà d’embryon artificiel, afin de pouvoir scruter son développement. Les deux groupes de scientifiques affirment être parvenus – en fait à partir de cellules souches embryonnaires reprogrammées ou simplement mises dans un milieu particulier – à reproduire un modèle présentant les caractéristiques d’un être humain à ses premiers stades de développement, incluant l’embryon en lui-même et des éléments de son environnement immédiat, et à le mener jusqu’au stade de première différenciation des cellules en lignes distinctes, qui aboutit ultimement aux grandes fonctions corporelles et organiques. La recherche en est arrivée à ce point concernant l’espèce humaine, mais est déjà allée bien plus loin dans les expérimentations sur des animaux : on aurait ainsi développé des modèles à partir de cellules souches de souris, que l’on aurait mené jusqu’à un stade où se distinguent déjà une activité cardiaque et cérébrale. Les scientifiques espèrent pouvoir franchir bientôt ces étapes dans la recherche sur les modèles d’embryon humains, afin de pouvoir observer et examiner leur organisation, comprendre les mécanismes de leur différenciation et de leur développement, tester leur réaction à diverses stimulations, jusqu’à en faire des cobayes pour certaines thérapies.

Des « embryons artificiels » ?

Au-delà des annonces de la presse – mais pourquoi ce silence des médias francophones[3] – peut-on cependant parler en vérité d’embryons artificiels ? Revenons sur la réalité des choses.

  1. Ces équipes parlent de « modèles d’embryon » ou d’« embryoïdes, » termes qui laissent croire, il est vrai, à une parenté proche avec l’embryon humain, jusqu’à induire que ces réalités pourraient un jour le devenir.
  2. Or la réalité est autre. Ces « modèles » – développés, on l’a dit – à partir de cellules souches embryonnaires, donc prélevées sur des embryons humains issus d’une fécondation in vitro – sont des modèles post-implantatoires : ils ont dépassé le stade auquel on pourrait envisager de les viabiliser en les implantant dans l’environnement utérin. Ils ne pourront donc jamais devenir des embryons : en fait ils en étaient (une partie), et en ont été arrachés pour être utilisés par la recherche.
  3. Ajoutons que ces « modèles » ne correspondent pas à la définition de l’embryon humain : être issu de la fusion de deux gamètes de l’espèce humaine. Ils sont le résultat de la culture et de la combinaison de cellules souches placées dans un environnement qui reproduit certaines conditions de développement.
  4. Ces ensembles de cellules ne reproduisent d’ailleurs pas toutes les caractéristiques de l’embryon humain, et ne sont pas susceptibles de devenir un jour un être humain réel.
  5. Enfin les tentatives de ré-implantation des « modèles » embryonnaires développés chez la souris et le singe à partir de cellules souches induites se sont toutes soldées par des échecs : dans certains cas le corps de mère porteuse a semblé montrer divers signes correspondant au début d’une grossesse, mais le développement intra-utérin ne s’est jamais poursuivi au-delà de quelques jours.

La science, la loi et la Loi

Avec le développement de ces « modèles » embryonnaires, on se trouve, comme dans celui de la gamétogénèse, dans un cas où la science semble aller bien plus vite que la loi, et ainsi lui dicter son rythme et ses exigences. En développant in vitro ces modèles embryonnaires, on contourne en effet l’interdiction légale de cultiver en laboratoire des embryons humains au-delà de deux semaines (inscrite en France dans la loi du 2 août 2021), période au-delà de laquelle l’organisation interne de l’être humain présente un début de différenciation. On contourne aussi l’interdiction de créer des embryons spécifiquement pour la recherche, puisque la dernière mise à jour des lois de bioéthique a précisé en France que cette disposition ne protégeait que les embryons humains conçus « par fusion de gamètes. »[4]

À travers ces recherches, les scientifiques cherchent finalement à imposer leur vision du progrès – une conception qui fait totalement abstraction de toute considération éthique ou philosophique – mettant l’humanité devant le fait accompli d’une croissante déshumanisation. En louvoyant entre les faibles barrières des lois humaines, dont les termes sans cesse changeants offrent à la vie une protection toujours plus illusoire, c’est bien avec la Loi divine que joue la science contemporaine. L’objectif est d’ailleurs assumé dans ces dernières études : en cherchant à percer le secret de la « black box » des premières semaines du développement utérin par une reproduction in vitro d’un « modèle embryonnaire » humain, on aspire à maîtriser chaque étape du processus qui mène à l’apparition de la vie, jusque dans ses moments les plus mystérieux, en le reconstruisant artificiellement.

Que sont ces êtres hybrides ou embryoïdes, à mi-chemin entre l’être humain et l’élément chimique ? Quel est leur statut moral, dans quelle mesure doivent-ils être protégés ? Des questions que bien peu ont anticipé mais qu’il est urgent de se poser, en des termes qui surplombent les seules préoccupations médicales. Il est urgent de faire appel à une réflexion philosophique et éthique, seule propre à guider les législateurs humains en la matière. L’Église, interprète du droit naturel et divin, devra peut-être aussi préciser bientôt son jugement en la matière, car les derniers documents traitant du sujet (l’Instruction Dignitas Personae de la Congrégation pour la doctrine de la foi en 2008) envisagaient seulement les balbutiements de la recherche sur les cellules souches, dont les enjeux ont aujourd’hui considérablement évolué.

Références

Références
1 The Guardian, 14 Juin 2023
2 Voir dans la revue Nature de Juin 2023 : https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2023.06.15.545082v1.full.pdf
3 on relèvera toutefois les articles d’Hervé Morin pour Le Monde, qui semble faire partie des rares journalistes parisiens à suivre ces avancées, ou un article du Huffington Post le 8 septembre dernier, ainsi que les mises au point d’Alliance Vitaou l’interview de Blanche Streb dans l’Homme Nouveau n°1790 (pp. 10 et 11).
4 Loi n°2021-1017, article 23 : 

I.-L’article L. 2151-2 du code de la santé publique est ainsi modifié :
1° Au premier alinéa, après la première occurrence du mot : « embryon », sont insérés les mots : « humain par fusion de gamètes » ;
2° Le second alinéa est ainsi rédigé :
« La modification d’un embryon humain par adjonction de cellules provenant d’autres espèces est interdite. »

“La droite cherche des solutions palliatives pour quitter la scène politique nationale dans la dignité. Ils ne sont qu’en sursis.”

Stéphane Ravier, sénateur Reconquête des Bouches-du-Rhône, dont le siège n’était pas renouvelable aux élections de dimanche, analyse pour Valeurs Actuelles :

Sous des airs de stabilité, les choses changent en pire. Nous remarquons une poussée de l’extrême-gauche, les écologistes gagnent trois sièges et les communistes deux, même si l’on ne cache pas son plaisir devant l’absence de La France insoumise dans une assemblée où la courtoisie française est encore de mise. A l’inverse, on préfère voir entrer trois sénateurs du Rassemblement national.

Le camp présidentiel sort affaibli de ces élections sénatoriales. Comment l’expliquez-vous ?

Cette soirée électorale fut également court-circuitée par l’expression présidentielle. En remettant la responsabilité de la hausse des impôts sur les maires, il se défausse de ses erreurs et augure une suite de quinquennat tout aussi méprisante que les six dernières années envers les 35 000 communes, socle de notre cohésion nationale. 85% des communes n’ont pas augmenté leur taxe foncière, les 15% d’autres y ont été contraintes par la suppression de la taxe d’habitation et l’inflation. Les élections ont été très mauvaises pour Renaissance qui a perdu sept sénateurs. Ceci explique que la flagornerie macronienne ait cessé. On a vu le vrai Macron : hors-sol revendiqué.

La droite perd treize sièges par rapport à la dernière mandature mais reste majoritaire. Le Sénat représente-t-il le seul contre-pouvoir à la majorité présidentielle ?

C’est le résultat de la non-pertinence de leur ligne politique depuis trois ans. Ils ont refusé d’être dans l’opposition. Ils n’ont jamais manqué d’être la béquille d’un gouvernement en quête de légitimité. Ils ont voté toutes les restrictions liberticides durant le Covid, empêché les maires de s’opposer à l’installation d’éoliennes sur leurs communes, validé la constitutionalisation de l’IVG, la loi bioéthique et la PMA sans père.

Sarkozy appelle les Républicains à entrer au gouvernement pour influer sur la ligne, d’autres cadres appellent à être dans l’opposition. Quelle attitude doivent-ils avoir, alors que les projets de loi sur l’immigration, la fin de vie notamment arrivent ?

La droite cherche des solutions palliatives pour quitter la scène politique nationale dans la dignité. Ils ne sont qu’en sursis. Il n’y a aucune vision. On y défend une boutique et des carrières. Chacun pousse sa stratégie personnelle, mais à la fin c’est encore le pays réel qui trinque. Il reste sans voix et dans une désespérance toujours plus grande.

Trois sénateurs RN font leur entrée au Sénat. Vont-ils renforcer le camp patriote ?

Trois élus Rassemblement national de sensibilités différentes nous rejoignent. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle. J’espère les trouver à mes côtés dans un maximum de combat pour le Bien commun et dans l’intérêt des Français.

Allez-vous travailler avec eux ?

J’ai des désaccords de fond et de stratégies avec leur parti, comme avec d’autres. Mais j’ai toujours travaillé, au Sénat ou dans les Bouches-du-Rhône, avec tous les élus de bonne volonté. Quand on aide un maire à obtenir une gendarmerie sur sa commune, on ne lui demande pas son étiquette politique avant.

Envisagez-vous un groupe commun ?

Former un groupe permet des temps de parole avantageux, l’inscription à l’ordre du jour de textes et une meilleure représentation dans les commissions et instances du Sénat. C’est pourquoi, je profite de ce renouvellement sénatorial et de l’élection de nouveaux élus des divers courants de la droite et du Rassemblement national, pour en appeler à la formation d’un groupe politique enraciné et populaire qui porte une voix nouvelle à la chambre haute du Parlement.

Pour former un groupe, il faut au minimum une dizaine de sénateurs. Avec qui souhaitez-vous siéger ?

Au moment où Emmanuel Macron fait preuve du plus grand mépris envers les élus locaux et où l’alliance sénatoriale majoritaire entre Les Républicains et les Centristes se compromet avec un gouvernement en panne d’alliés, je propose la création d’un groupe rassemblé autour de la défense de l’identité nationale et des libertés publiques et locales. Pour cela, j’en appelle évidemment aux trois nouveaux sénateurs nationaux qui se sont engagés au rassemblement dans l’intérêt général du pays. J’en appelle également aux élus de droite qui ne veulent pas jouer les supplétifs du gouvernement, faire la courte échelle aux carriéristes d’extrême centre et souhaitent rentrer dans un rôle d’opposition constructive et déterminée.

Votre initiative ne risque-t-elle pas de se heurter aux appareils partisans ?

Dépasser les clivages partisans demande du courage, j’en suis conscient. Cependant la situation de notre pays exige des choix forts et des attitudes nouvelles. La confiance des Français envers leurs élus ne se retrouvera qu’à cette condition. Ensemble, nous pouvons réellement redonner de la vitalité à cette haute-assemblée et bien au-delà. La poutre travaille déjà depuis plusieurs années. Certains collègues font preuve d’une grande liberté vis-à-vis des consignes de vote et de parrainages présidentiels de leur parti. Nous partageons de nombreux combats. Je compte sur ceux-là et sur les nouveaux élus de convictions.

D’un Synode à l’autre : le peuple de Dieu attend toujours son bon Samaritain

Rémi Fontaine (en photo avec Jean-Paul II) revient sur le Synode extraordinaire des évêques à l’occasion des 20 ans de Vatican II (du 25 novembre au 8 décembre 1985), qu’il devait couvrir comme envoyé spécial de Présent. Avec ces quelques notes inédites faisant la synthèse de ses comptes-rendus adressés alors au quotidien. « Papier » surtout d’ambiance ! Dont le contenu révèle combien l’actuel « Synode sur la synodalité » reflète, comme un épouvantable « come back » aggravé et tragique, cette tourmente dialectique des années 80 que le cardinal Ratzinger avait alors voulu dénoncer et surmonter aux côtés de Jean-Paul II (après son fameux Entretien sur la foi avec Vittorio Messori, Fayard, juin 1985)…

25 novembre 1985 à la salle de presse du Vatican :

– Est-ce que la « restauration » sera une dominante du synode ?

La question est posée par un journaliste au cardinal Godfried Danneels, rapporteur général du synode. Il est fait allusion bien sûr à l’Entretien sur la foi du cardinal Ratzinger considéré comme une menace par les milieux progressistes. Menace de compromettre l’élan du Concile par une interprétation trop littérale et restrictive et par une multiplication des mises en garde et des rappels de la discipline.

Réponse du belge choisi par le pape :

— Nous ne faisons pas un synode autour d’un livre mai autour d’un Concile… Nous ne sommes pas venus pour béatifier quelqu’un, ni Mgr Ratzinger ni Mgr Malone (un autre journaliste venait d’opposer Malone, président de la conférence épiscopale des Etats-Unis, à Ratzinger), ni non plus les condamner comme pécheurs.

Puis, prenant le verre d’eau qui est devant lui :

— Je ne cherche pas à savoir si ce verre est à demi-plein ou à demi-vide. Je cherche le contenu du flacon !

Et le cardinal John Krol, archevêque de Philadelphie, président délégué du synode également choisi par le pape, de surenchérir :

— D’un point de vue juridique, il n’y a aucune possibilité pour qu’un synode puisse revoir, amender ou élargir de quelque façon le Concile…

D’emblée le ton fut donné. Il y a le « fait objectif de la réalité du Concile », comme le dit le cardinal Krol, qui est la source intangible à laquelle doivent s’abreuver toujours plus les évêques d’aujourd’hui comme la Révélation pour les théologiens d’autrefois. Une sorte de cinquième évangile qui a pu faire dire par exemple à Mgr Padiyara (archevêque de Malabares) :

— Tout ce que j’ai vécu (comprenez pendant le Concile) fait que je puisse vivre !

Le Concile comme principe de vie !

Oui, d’emblée le ton fut donné : le Concile reste entièrement « valable » et même plus, puisqu’il faut le connaître, l’approfondir et l’appliquer dans son intégralité. Nulle part on ne doit parler de « rééquilibrage » ni de « restauration » : on déclare implicitement la guerre au cardinal Ratzinger et aux « pessimistes » : — Au commencement était le Concile ! Toutes choses nouvelles ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait de bien, n’a été fait sans lui. En lui était le souffle de l’Esprit, et ce souffle était la lumière des hommes ! Tel fut l’incroyable prologue du synode extraordinaire avec sa litanie de dithyrambes et son mot d’ordre : – Tout le Concile et rien que le Concile ! On renvoie à lui comme au principe de la légitimité catholique. Presque toutes les interventions commencèrent par une profession de foi inconditionnelle au Concile pastoral d’autorité charismatique.

Quoiqu’on s’en défende, on était bien forcé pourtant de se situer par rapport au diagnostic du Préfet de la foi. En reléguant ce diagnostic au niveau d’une opinion subjective, respectable certes, mais aussi fantaisiste que les outrances d’un Küng, on se plaçait nécessairement dans la posture de celui qui ne veut retenir du « verre » que son effet grisant quelque soit son contenu et sa qualité. Qu’importe le liquide, pourvu qu’on ait l’ivresse ! On l’eut en effet…

Et l’on connaît la fin : « Ne nous arrêtons pas aux erreurs, aux confusions, aux fautes qui, à cause du péché et de la faiblesse des hommes, ont occasionné des souffrances au sein du peuple de Dieu… » (message au peuple de Dieu voté à la quasi-unanimité par les pères synodaux).

Jean Madiran a remarquablement commenté cet aveu final dans Présent (12 décembre 1985) : « Ils ne se sont pas arrêtés, ils ont passé outre, ils en parlent déjà au passé, comme si ces souffrances, ces fautes et ces confusions avaient spontanément disparu. Et pourtant ils ont vu. Ils ont vu et ne sont pas arrêtés : il y a un précédent, qui est écrit au chapitre dixième de saint Luc. Le peuple de Dieu en notre temps est semblable à un homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho… et qui était tombé sur des brigands. Ils l’avaient roué de coups, dépouillé, laissé couvert de blessures, à demi mort, semivivo. Il arriva qu’un Concile descendit le même chemin : il le vit et ne s’arrêta point : praeterivit. Pareillement un synode vint au même lieu : il le regarda et ne s’arrêta pas davantage : pertransivit. Le peuple de Dieu attend toujours son bon Samaritain. » (1)

L’aveuglement dans lequel baigne ce texte synodal (qui n’évoque nulle part le message de la sainte Vierge à Fatima) se manifeste par cette phrase étonnante :

« Il y a pour l’humanité – et déjà, nous en voyons des signes – un chemin qui la conduit à une civilisation du partage, de la solidarité et de l’amour, civilisation qui est la seule digne de l’homme. »

Cet optimisme messianique, que le cardinal Ratzinger qualifie de « néotriomphalisme » (clérical) postconciliaire, est certainement coupable dans un monde occupé à moitié par le communisme intrinsèquement pervers qui ne cesse de progresser. Communisme dont il n’a pas été question, mise à part une intervention du cardinal Oddi. (2) « La sécularisation est une tentation qui peut défaire une Eglise, a pourtant averti le cardinal Glemp, primat de Pologne. L’Eglise donnera un meilleur service au monde dans la mesure où elle sera différente du monde. Elle est et doit rester un signe de contradiction. »

Vatican II a été « une manifestation d’orgueil » a pu dire un autre cardinal isolé : « Le mal des épiscopats actuels est de refuser de reconnaître l’envahissement de cet orgueil depuis Vatican II. » Ce synode en témoigne une nouvelle fois par une prétention exorbitante : « Comme aux apôtres réunis au Cénacle avec Marie, conclut le message au peuple de Dieu, l’Esprit Saint nous enseigne ce qu’il veut dire à l’Eglise dans son pèlerinage vers le troisième millénaire. »

Pour un synode commémoratif d’un concile pastoral, c’est beaucoup. Celui-ci aura été « inutile », avait pourtant prévenu le cardinal Siri (archevêque de Gênes, âgé de 79 ans) « s’il ne rectifie pas la confusion des esprits, s’il ne met pas fin à la tolérance envers les erreurs ». Mais son intervention n’a pas été publiée par la salle de presse du Saint-Siège… « Si l’Eglise ne sait pas se montrer dans son aspect surnaturel, a par ailleurs déclaré le cardinal Ratzinger, les hommes risquent de satisfaire cette soif ailleurs… Le synode donnerait au monde une impression lamentable s’il devenait apparent que les évêques se sont réunis plus pour discuter de leur pouvoir que pour présenter l’Eglise comme un message de salut… D’ailleurs une Eglise qui parle trop d’elle-même, qui s’occupe trop d’elle-même, en vérité ne parle pas bien d’elle-même. »

Le néotriomphalisme synodal se manifeste aussi par une (auto)critique voilée de l’Eglise d’antan. (Auto)critique que n’a pas manqué de faire le cardinal Lustiger, rédacteur du message de peuple de Dieu (dans lequel il est dit notamment de se garder des méprises sociologiques ou politiques sur la nature de l’Eglise).

Pour l’archevêque de Paris (dans son intervention) : « Cela est clair désormais aux yeux de tous : l’Eglise ne coïncide pas avec les empires. L’unité qu’elle opère est d’un autre ordre que politique. » Comme si cela n’avait jamais été clair, comme si l’Eglise n’avait jamais vraiment voulu opérer cette « unité d’un autre ordre que politique » !

Dans l’ordre ecclésial, commente Jean-Daniel Granville [l’abbé Claude Prieur, alors séminariste], corrélativement à la sainte humanité du Christ, c’est tout le christianisme incarné jusqu’ici dont le cardinal se méfie, qu’il récuse comme « une tentation pour tomber dans une autre tentation qui est l’assomption des temps », en rupture avec les impérialismes passés :

« La constitution de l’Eglise, ajoute en effet le cardinal, anticipe symboliquement “le nouvel âge de l’histoire de l’humanité” évoquée par Gaudium et spes. Jadis, le primat romain, au fur et à mesure des dislocations de l’antique “oikouméné”, a pu être perçu comme un obstacle à la communion des Eglises… Aujourd’hui, le primat de Pierre peut apparaître dans une lumière plus évidente – spirituelle – comme garantie de l’unité qui affermit les particularités ecclésiales tandis que le collège des évêques structure cette communion catholique à travers la diversité des cultures… »

C’est une dialectique subtile qu’introduit dans l’Eglise le cardinal Lustiger, qui laisse l’impression d’un homme intelligent, plus intuitif que spéculatif. Intuitif à la façon d’un Theilhard de Chardin, c’est-à-dire comme un philosophe de l’histoire qui projette son intuition dans un devenir idéal. Le corolaire de cette conception, c’est l’idée d’une discontinuité dans l’Eglise. Or introduire une discontinuité dans l’Eglise, c’est introduire une intervention divine, une nouvelle Révélation. Ce qui explique toutes ces références à « l’Esprit » dont se réclame Vatican II.

« Mais on n’échappe pas à l’incarnation passée, analyse encore Jean-Daniel Granville, sans tomber dans une autre, encore indéfinie, mais en tout cas dégagé pour l’essentiel de l’ordre naturel et chrétien. C’est cette sorte d’inculturation qui fait l’objet des vœux du cardinal, dans une communion dont Vatican II et plus précisément Lumen gentium serait le programme tandis que Gaudium et spes en serait la propédeutique.

« Dans un cas comme dans l’autre, faute de métaphysique, il raisonne en termes de pouvoir et d’opposition dialectique entre les formes passées du pouvoir de l’Eglise compromises avec le politique et les formes futures, plus pures parce que spirituelles et fusionnant avec les cultures. Dans un cas comme dans l’autre, c’est une vision univoque de l’Eglise et du monde qui commande le raisonnement : la distinction du temporel et du spirituel n’est pas saisie à sa juste valeur.

« La marque distinctive de la pensée du cardinal, encore floue dans l’expression, mais, nette quant à l’orientation, est un fidéisme théocratique comme ferment des cultures à venir… »

Ce fut une des pensées dominantes du synode où l’on parla beaucoup avenir, inculturation, droits de l’homme et liberté religieuse, sans jamais évoquer, à l’exception du cardinal Raùl Francisco Primatesta, archevêque de Cordoba (Argentine) : « l’obligation des Etats, comme tels, de reconnaître Dieu et de promouvoir son culte selon la loi naturelle, alors que nous tombons dans un sécularisme qui porte le peuple à un athéisme pratique… »

Le synode fut aussi l’occasion à certains moments d’un affrontement entre le pouvoir du pape et celui des conférences épiscopales, lorsqu’au nom de la collégialité certains voulurent honorer devant le saint-père ces « expériences » qu’ils appellent d’Eglise et qui sont les communautés de base, la théologie de la libération, l’œcuménisme religieux, la révision de la morale sexuelle, avec la réclamation pour certains du mariage des prêtres et de moins de « dureté » vis-à-vis des divorcés « remariés », etc… On les laissa parler. Mgr Rodriguez Herrera (de Cuba) remercia pour sa part le Concile et le synode à sa suite de n’avoir condamné personne. On promit d’approfondir l’étude de la nature des conférences épiscopales. (3)

Reste évidemment que la principale décision de ce synode fut, selon le vœu de quelques-uns (dont le cardinal Oddi, préfet de la Congrégation du clergé et sa Béatitude Beltritti, patriarche latin de Jérusalem) de se donner un « catéchisme universel » ou « compendium de toute la doctrine chrétienne » auquel devrait se référer les catéchismes nationaux. « Ce désir répond tout à fait à une véritable nécessité dans l’Eglise », souligna le pape.

Un tel catéchisme de base vient justement d’être présenté à Jean-Paul II par le cardinal Oddi sous le titre provisoire de « schéma de doctrine chrétienne ». Il comporte une partie dogmatique en 160 points, une partie morale en une soixantaine de points et 70 fiches. C’est un travail de 5 ans réalisé par la Congrégation du clergé. Il s’agit d’un schéma destiné aux auteurs de catéchisme, qui devront impérativement introduire tous les points énumérés dans leur manuel. Mais il doit encore être accepté par le souverain pontife… Et la question se pose surtout de savoir s’il sera suffisant pour protéger les fidèles de la diffusion actuelle de graves erreurs doctrinales alors qu’on ne veut rien condamner.

« Quand on doute positivement si un aliment, vendu dans les magasins de la ville, est empoisonné ou constitue quelque menace pour la santé de la population, la police en interdit immédiatement la vente, jusqu’à ce qu’on en ait prouvé la bonne qualité », remarqua avec bon sens le cardinal Eugenio De Araujo Sales, archevêque de Sao Sebastio de Rio de Janeiro (Brésil) dans une intervention écrite. « Mais dans l’Eglise des erreurs sérieuses sont quelquefois enseignées dans des facultés, des séminaires, etc., sans que le peuples (et les séminaristes) soient protégés. »

Oui, le peuple de Dieu attend toujours [à nouveau] son bon Samaritain…

Rémi Fontaine (décembre 1985)

(1) Plutôt que de dénoncer les abus en matière de liturgie ou de catéchèse, le circulo minore (groupe linguistique) français A (dans lequel se trouvent les cardinaux Lustiger et Etchegaray) a proposé de remettre positivement en lumière les textes oubliés de Vatican II sur la Tradition ou le sens de l’adoration. Car, dit le rapporteur : « De cette manière, on éviterait une apparence d’alliance avec l’intégrisme » (sic).

(2) Ce synode ne fait-il pas ressembler l’Eglise à une société de pensée, où selon Augustin Cochin, le lien d’union n’est plus la foi commune mais la conformité ? Cette union ne se fonde pas sur une communauté de convictions acquises du dehors et au préalable mais s’établit au sein même des sociétés et prend un caractère de contrainte. Ses membres sont unis et retenus par la pression même qu’ils exercent les uns sur les autres, la pression qu’exerce la masse anonyme, impersonnelle de la société sur chacun et, ensuite, l’ensemble des sociétés sur tel groupe récalcitrant (cf. L’Eglise et la subversion par Guillaume Maury). « Le pluralisme a touché l’exégèse, le dogme, la morale et a conduit à des positions inconciliables avec la doctrine de l’Eglise », dira le circulo minore allemand (dans lequel se trouvent les cardinaux Ratzinger et Simonis). Ajoutant : « Des chrétiens pensent que leur patrie spirituelle semble disparaître. »Pas plus que du communisme, il n’aura été question ici du diable et de « la fumée de Satan dans l’Eglise » évoqué par Paul VI…

(3) Ce synode ne donne t-il pas aussi de l’Eglise une image de plus en plus parlementaire avec sa gauche et sa droite ? Avec sa praxis intrinsèque : – Pas d’ennemis à gauche ! Règne en ce moment un climat centriste, une sorte de marais entre une droite inclinée vers la gauche et une gauche qui va toujours plus de l’avant. On est déjà loin du Concile. Le circulo minoreallemand a regretté cette tendance du synode à la réthorique démocratique, « cette tendance à faire l’Eglise » : on passe de « Nous sommes l’Eglise » à « Nous faisons l’Eglise »… Les « conservateurs », dont certains parmi les progressistes craignaient une réaction, apparaissent pour la plupart comme les Girondins de la Révolution qui avaient toujours peur d’être traités de monarchistes ou de catholiques contre-révolutionnaires. Ils n’osent toucher à un seul cheveu du Concile ! Ce qui fait dire à Mgr Vilnet qu’il voit dans ce synode « une litanie de convergences ». Comme il y a convergence ou « consensus » entre les partis opposés de la République française. Tous, malgré leurs désaccords, s’en réfèrent aux « valeurs » supposées républicaines, excluant les Français présumés hostiles à ces « valeurs ». On voit l’analogie aves « les valeurs » ou « l’esprit » du Concile…

Couples : les sessions qui font des miracles

La prochaine session « Marie qui guérit les couples » se tiendra les 14 et 15 octobre au sanctuaire Notre-Dame de l’Epine (2h de Paris – Châlons en Champagne). Elle sera animée par Don Louis-Hervé Guiny, de la Communauté Saint-Martin. Pour s’inscrire c’est ici :“24h pour prendre soin de son couple” – Basilique Notre-Dame de l’Epine (51) (weezevent.com)

Rencontre avec leur initiateur, Guillaume d’Alançon :

  • Concrètement, oui, on peut dire que des couples sont miraculés. Certains, séparés et venus chacun de leur côté… sont repartis ensemble, d’autres nous ont écrit leur joie d’avoir franchi une étape décisive dans la consolidation de leur amour ; il y a aussi ceux qui, déprimés pour des tas de raisons, sont rentrés chez eux le moral au beau fixe… C’est sans compter les foyers qui « marchent plutôt bien » et ont pris la décision d’effectuer un petit « contrôle technique ».
  • La durée ne dépasse pas 24 heures. Ce qui rend la proposition accessible au grand nombre, même à des foyers dont l’un des deux est tout sauf une grenouille de bénitier.
  • La raison de la fécondité de ces sessions est simple : la soif de joie, de paix profonde, qui motive les époux présents. Le courage aussi. Un vrai courage. Et Notre-Dame qui aime et connaît ses enfants le remarque et les inonde de consolation, de grâce et de lumière.
  • Ce n’est pas d’abord le charisme du prédicateur ou même le contenu de sa prédication qui font des merveilles, c’est avant tout la disposition humble et confiante, tout abandonnée à la volonté divine.
  • C’est alors que Marie, notre Mère du Ciel, peut conduire chacun sur un chemin de croissance et de guérison.
  • Oui, seul le cœur d’enfant rend possible le miracle. Et, chose bien banale pour une maman, celle-ci vient guérir ce qui était blessé.

En attendant, ceux qui souhaitent connaître la neuvaine à “Marie qui refait les couples” et le sanctuaire qui lui est attaché, c’est ici : https://www.life-editions.com/product-page/marie-qui-refait-les-couples

Et là : https://www.mariequigueritlescouples.com/

Robert Fico, candidat pro-famille aux élections législatives slovaques

De l’ancien Premier ministre slovaque Robert Fico, qui pourrait revenir au pouvoir à la faveur des élections de samedi prochain (il est en tête des intentions de vote) :

Dans la Constitution slovaque, il est écrit que la Slovaquie doit s’appuyer sur l’héritage culturel des saints Cyrille et Méthode… Dans la Constitution slovaque, il est écrit que le mariage est une union unique entre un homme et une femme… pourquoi veulent-ils annuler l’article de la Constitution slovaque où il est écrit que le mariage est une union unique entre un homme et une femme ?… Ils s’y préparent déjà… Quelqu’un veut-il me dire que les saints Cyrille et Méthode sont venus en Slovaquie pour soutenir les mariages homosexuels ?… Probablement pas… Nous ne devons pas permettre que l’article relatif à cette union unique soit supprimé de la Constitution… Parce que dans un instant, nous aurons en Slovaquie 3 toilettes, conçues pour les hommes et pour ceux qui seront aujourd’hui des hélicoptères, des chats et des chiens… Ne permettons pas l’introduction de l’idéologie du genre dans les écoles… ne permettons pas à nos enfants d’avoir la tête embrouillée…

La Constitution slovaque stipule que la Slovaquie est un pays de paix. Pourquoi sommes-nous impliqués dans la guerre en Ukraine d’une manière aussi insensée ? Qu’est-ce que les marchands d’armes pensent, qu’en envoyant toutes les armes du monde là-bas, la Russie quittera la Crimée ou les territoires qu’elle a occupés ? La Russie ne quittera jamais ces territoires ! Alors pourquoi ne pas entamer immédiatement des négociations de paix afin que des centaines de milliers de personnes ne meurent pas ? Nous sommes le parti de la paix, nous n’enverrons pas une seule balle en Ukraine ! Nous avons aidé les Ukrainiens avec de l’aide humanitaire lorsque les citoyens de l’Ukraine ont échappé à la guerre….

Si quelqu’un en Europe est en faveur d’une solution pacifique au conflit en Ukraine, il est automatiquement qualifié de pro-russe. Si quelqu’un refuse d’envoyer des armes à l’Ukraine parce que cela ne fait que prolonger le conflit, il est automatiquement pro-russe. Nous dirons que les sanctions ne fonctionnent pas, parce qu’elles ne fonctionnent pas, donc c’est pro-russe. Pourquoi ne pas dire ce que nous pensons de l’Ukraine ? Nous ne sommes pas obligés de répéter la rhétorique des États-Unis d’Amérique ou de l’Europe occidentale ! Nous sommes la République slovaque souveraine ! Pourquoi devrais-je répéter ce que dit le chancelier fédéral ? Devrais-je dire ce que Macron dit ? La Slovaquie est un pays qui a certains liens avec les nations qui composaient l’Union soviétique dans le passé… Les gens en Slovaquie ne mangent pas du foin… nos gens ont leur propre esprit. Un sondage réalisé par Globsec a révélé que la majorité des Slovaques pensent que l’Ukraine elle-même est principalement responsable de la guerre en Ukraine… ou que les États-Unis constituent une menace pour la sécurité… nos concitoyens ont leurs propres opinions ! S’il vous plaît, n’imaginez pas que lorsque nous disons que les parties en présence devraient s’asseoir à la table et négocier, c’est automatiquement pro-russe, ce n’est pas pro-russe, c’est pour les gens…

La Slovaquie est censée être un pays souverain… Toutes nos armes et tous nos avions ont été envoyés en Ukraine et aujourd’hui il n’y a personne pour garder notre espace aérien… Il est gardé par les pays environnants… Ils ont prétendu que les avions qu’ils avaient donnés à l’Ukraine étaient de la ferraille impropre au vol et aujourd’hui, ces avions larguent allègrement des bombes sur les forces armées russes… Le ciel slovaque est aujourd’hui contrôlé par des avions de la République tchèque, de la Hongrie, de la Pologne et de la Hongrie… C’est une honte, ce n’est pas de la souveraineté…

En tant que parti social-démocrate SMER, nous annonçons que nous ne sommes pas d’accord avec l’augmentation des dépenses d’armement à plus de 2%, parce que nous avons besoin de cet argent pour les gens, pour l’éducation, pour les soins de santé des retraités et autres…

Dans le même temps, nous déclarons que nous n’accepterons jamais que l’Ukraine devienne un État membre de l’OTAN… Dans ce cas, c’est le début de la troisième guerre mondiale… Et nous ne voulons pas cela… Nous n’aimons pas la guerre, nous ne la voulons pas, ce n’est pas notre guerre…

J’imagine ceux qui travaillent sur des ordinateurs dans la capitale et se baladent dans les cafés, lorsqu’ils seront appelés à se battre, ils iront d’abord voir leur médecin pour qu’il leur donne un certificat médical attestant qu’ils sont malades et qu’ils ne peuvent pas aller se battre…

Et je pense aussi à l’Union européenne, qui est un bon projet mais dont le fonctionnement est aujourd’hui très mauvais… Par exemple, ce désir de sanctions qui font plus de mal que de bien… Nous n’accepterons jamais l’abrogation du droit de veto, c’est pour nous une ligne rouge à ne pas franchir… L’Union européenne n’est pas possible sans le droit de veto pour des pays aussi petits que la Slovaquie.

L’influence de l’Open Society de la famille Soros en Albanie et, au-delà, au sein de la CEDH

Grégor Puppinck révèle dans Valeurs Actuelles comment l’Open Society de la famille Soros est parvenue à étendre son pouvoir en Albanie, et à travers elle, jusqu’au sein des instances européennes.

Historiquement, ce sont surtout dans les pays d’Europe centrale que l’Open Society Foundations (OSF) est parvenu à déployer une action considérable et à exercer toute son influence. Le cas de l’Albanie est un exemple de cette stratégie d’investissement et d’influence. Ce petit pays compte seulement 2,7 millions d’habitants, avec un PIB par habitant extrêmement faible de 6000 euros par an. Ce serait aussi le pays « le plus touché par la corruption administrative, la plus élevée de la région, avec 57 % des citoyens à qui l’on demande au moins occasionnellement des pots-de-vin et 47 % qui participent effectivement à des transactions de corruption  » selon Euractiv. Ce pays est une plaque tournante du trafic de drogue, de la traite humaine, du blanchiment d’argent… C’est aussi une base importante de l’OSF.

Alexandra Soros et Edi Rama : les deux frères

Depuis 2013, le pays est gouverné par le socialiste Edi Rama, un proche de George et Alexander Soros. Ce dernier et Edi Rama se voient régulièrement et se disent « frères ». Entre 1992 et 2020, l’Open Society Foundations de George et Alexander Soros a investi plus de 131 millions de dollars en Albanie, soutenant l’arrivée au pouvoir de M. Rama puis son gouvernement. L’influence de l’OSF en Albanie est donc considérable, au point que Ilir Meta, ancien président de l’Albanie, a accusé George Soros de vouloir capturer l’État.

Après l’élection de M. Rama au poste de premier Ministre, l’une des principales opérations de l’OSF fut de promouvoir la réforme de la justice de l’Albanie. D’après Andi Dobrushi, directeur exécutif de l’OSF en Albanie, « OSF Albanie a été le principal bailleur de fonds de l’ensemble du processus de réforme ». L’OSF a aussi agi en collaboration avec l’administration démocrate américaine, via USAID, et avec l’Union européenne. USAID a versé 60 millions de dollars entre 2000 et 2015 dans le secteur de la justice en Albanie, l’OSF participant à l’affectation de ces sommes. Plusieurs sénateurs américains se sont inquiétés de cette collaboration, car elle viserait, selon eux, à renforcer le pouvoir du gouvernement sur la justice.

La réforme de la justice comprend une réorganisation du système de nomination judiciaire et un mécanisme de sélection anticorruption. L’opposition a dénoncé cette réforme comme visant à permettre au gouvernement de prendre le contrôle du système judiciaire. Le rôle de l’OSF dans cette réforme fut particulièrement dénoncé.

Nomination d’un « avocat » de l’OSF à la CEDH

C’est dans ce contexte qu’en 2019 le Gouvernement albanais devait nommer trois candidats au poste de juge à la CEDH. Le choix du Gouvernement se porta sur Sokol Berberi, Marjana Semini et Darian Pavli. Berberi et Pavli sont d’anciens collaborateurs de l’OSF et acteurs du processus de réforme de la justice, de même qu’Artur Metani, le Président de la commission nationale ayant établi cette short-list. Metani est en outre le frère du ministre socialiste Eglantina Gjermeni, et le conseiller du Premier Ministre.

La presse locale a déploré que ces trois candidats n’aient pas été soumis à la procédure anticorruption, contrairement à ce qu’aurait laissé entendre le gouvernement, car M. Berberi avait quitté la magistrature tandis que M. Pavli n’avait jamais été magistrat.

Finalement, c’est M. Pavli qui a été élu juge à la CEDH par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Né en 1975 à Vlora en Albanie, Darian Pavli est un ancien élève de la Central European University de Budapest, l’université fondée et financée par George Soros. Il a notamment travaillé pour Human Rights Watch (également financée par l’OSF), ainsi que pour l’Open Society entre 2003 et 2017, notamment à New York. Il a acquis la nationalité américaine. Son travail consistait à engager des contentieux stratégiques dans le but de produire un effet politique par la jurisprudence. Darian Pavli est cousin avec le Premier Ministre Rama.

En 2015, il devient conseiller auprès de la commission parlementaire spéciale sur la réforme de la justice du Parlement d’Albanie, puis retourne à l’OSF, comme directeur des programmes pour l’Albanie. Il collabore aussi avec le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne pour la réforme du système judiciaire albanais. M. Pavli a ainsi eu une carrière typique de juriste de l’Open Society.

Le juge Pavli est-il vraiment avocat ?

Il n’a jamais eu d’expérience en tant que juge et se présente comme avocat. Pour pouvoir candidater à la fonction de juge à la CEDH, la réglementation albanaise requiert une expérience de 15 ans comme juge, professeur de droit ou avocat. Or, une question sérieuse se pose quant à la qualité d’avocat (senior attorney) que M. Pavli revendique. En effet, non seulement il ne précise jamais auprès de quel barreau, ni en quelle année il a été reçu, mais il est inconnu des grands barreaux américains tels que New York et Washington. Quant au barreau albanais, il refuse étrangement de clarifier ce point au motif que cela relèverait de la vie privée de M. Pavli. Autre étrangeté, dans des affaires judiciaires auxquelles il a participé, telle l’affaire El-Masri, M. Pavli n’agit pas comme avocat, mais est représenté par un avocat. Un député membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe avait soulevé cette question, mais elle ne fut jamais transmise au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, et est donc restée sans réponse à ce jour.

Une fois nommé à la CEDH, M. Pavli a jugé les affaires contestant la conformité de la réforme de la justice albanaise avec la Convention européenne, se plaçant ainsi à plusieurs reprises en situation manifeste de conflit d’intérêts. Une partie de la presse albanaise a dénoncé ce conflit d’intérêts . Cela est d’autant plus remarquable que la matière de ces jugements est hautement politique et fortement contestée par l’opposition.

La mafia albanaise

Quant à M. Sokol Berberi, qui a aussi travaillé avec l’OSF, il aurait été écarté par le Conseil de l’Europe en raison de son lien de parenté avec Agron Xhafaj, un trafiquant international de drogue. Il est aussi beau-frère de Fatmir Xhafaj, ministre de l’Intérieur de Rama ayant démissionné en 2018, « moins d’une semaine après une grande opération policière contre le crime organisé et le trafic de drogues ». Cela n’a pas empêché le Gouvernement d’Albanie de nommer M. Berberi juge ad hoc à la CEDH, c’est-à-dire juge remplaçant, ainsi qu’au sein de la prestigieuse et influente Commission de Venise : la plus haute autorité européenne en matière de droit constitutionnel… laquelle fut saisie notamment de la réforme de la justice en Albanie.

C’est là un aperçu de l’influence de l’OSF dans un pays pauvre et corrompu tel que l’Albanie.

Cette situation montre combien il est difficile de faire fonctionner une institution paneuropéenne composée pour partie de tels pays. Ce que l’on constate de l’Albanie est aussi vrai d’autres pays européens. Un haut fonctionnaire du Conseil de l’Europe me disait récemment à ce propos : « Tu n’imagines pas à quel point on a du mal à trouver des candidats corrects pour la CEDH dans certains pays. »Cette difficulté est bien compréhensible, mais difficile à accepter lorsqu’elle affecte la composition de la plus haute juridiction européenne.

L’avant-projet de loi sur l’euthanasie sur le bureau d’Emmanuel Macron

L’avant-projet de loi sur la fin de vie qui doit ouvrir un accès à l’aide active à mourir est sur le bureau d’Emmanuel Macron, à qui le pape François a répété

« On ne joue pas avec la vie ! On ne joue pas avec la vie, ni au début ni à la fin ». « Aujourd’hui, soyons attentifs aux colonisations idéologiques qui vont à l’encontre de la vie humaine. Sinon ça finira avec cette politique de la non-douleur » qu’il a qualifiée d’« euthanasie humaniste ». « Qui écoute les gémissements des personnes âgées isolées qui, au lieu d’être valorisées, sont parquées dans la perspective faussement digne d’une mort douce, en réalité plus salée que les eaux de la mer ? ».

Emmanuel Macron doit se pencher sur les ultimes arbitrages de ce projet. Un ministre confie au Monde :

« Le président [est] un peu réservé [sur le sujet]. Quand il est réservé sur quelque chose, il attend le plus tard possible pour décider. »

Et un autre :

« Macron n’est pas fixé. Il oscille ».

Manquant de soins, elle réclame l’euthanasie

Shanna Wouters, une femme belge âgée de 38 ans, est atteinte du syndrome d’Ehlers Danloss, une maladie du tissu conjonctif qui lui cause des douleurs insupportables. Confrontée à un système de santé « défaillant », elle ne « voit pas d’autre solution que de demander l’euthanasie ».

L’état de santé de Shanna s’est fortement dégradé ces dernières années. Elle est désormais dans un fauteuil roulant et reçoit de fortes doses d’analgésiques. L’an dernier, elle a perdu 11 kilos. Elle dort à peine à cause de la douleur. « Je ne peux plus travailler depuis plusieurs années et j’ai besoin chaque jour de soins infirmiers » précise Shanna.

La Belge doit également se battre avec le « système de santé qui est défaillant » .

« J’attends un budget santé depuis des années, mais je n’ai pas ce temps ». « Depuis janvier, je reçois environ 20.000 euros de budget personnel par an. Alors que j’étais sur la liste d’attente depuis 2017, je n’ai obtenu mon budget que cette année ». « Le budget que je reçois est loin d’être suffisant pour répondre à mes besoins réels ».

Face à ces difficultés, Shanna ne voit « plus d’issue ».

« J’aimais beaucoup vivre, mais lorsque vous devez vous battre pour survivre chaque jour, il arrive un moment où cela s’arrête. C’est pourquoi je suis en train de mettre en place les documents nécessaires à mon euthanasie ».

Evidemment, cela coûte moins cher de pousser les malades à l’euthanasie que de s’occuper d’eux…

Source : Gènéthique

Venue du Pape à Marseille : Jean-Pierre Maugendre sur Cnews

Jean-Pierre Maugendre était l’invité de Frédéric Taddei, à propos du discours sur les migrants du pape François à Marseille, sur la chaîne C News. Emission : Les visiteurs du soir – 24 septembre 2023 23h-24h. Intervention à partir de 54mn :

 

Donald Trump plaide pour un compromis sur l’avortement

Malgré son bilan pro-vie extrêmement positif accompli durant son mandat, Donald Trump, de nouveau candidat à la présidence des Etats-Unis, a plaidé pour un compromis sur l’avortement, se démarquant ainsi de l’approche de ses concurrents républicains.

Donald Trump était à Washington, le 15 septembre, pour assister à la soirée annuelle du Family Research Council, une organisation protestante américaine à but non lucratif qui promeut la valeur fondamentale de la vie humaine, de la famille et de la liberté religieuse. Un électorat très courtisé à droite dans la perspective des primaires, lui a réservé un accueil triomphal. A une réserve près : un silence gêné lors d’un passage de son discours, celui consacré à l’avortement.

Un passage interminable, improvisé, souvent nébuleux et contradictoire, mais dont la tonalité générale était une mise en cause de l’approche la plus répressive de l’avortement par les élus et par la base religieuse du Parti républicain. Depuis que la Cour suprême a renvoyé aux Etats le droit d’avorter, ce sujet est au centre des élections.

« Comme le président Ronald Reagan avant moi, je soutiens les trois exceptions pour le viol, l’inceste et la vie de la mère »

En voulant sans doute attirer ainsi les voix des républicains modérés, il risque surtout de s’aliéner celle des pro-vie convaincus.

Il était une foi un prêtre, l’abbé Julien

Nouvelle vidéo de Natalie Saracco. Face aux calomnies et aux médisances contre l’Église et contre ses pasteurs, Natalie riposte en allant à la rencontre des “bergers” auxquels le Christ a confié Son Église.

Les prêtres sont “des mecs biens” ! N’en déplaise à la pensée unique antichrist qui pollue le monde, sa bergerie et ses “moutons”

Invité : Abbé Julien Palcoux (diocèse d’Évreux)

Chili : le Conseil constitutionnel a adopté un article qui « protège la vie de toute personne à naître »

Au Chili, le Conseil constitutionnel a adopté, mercredi 20 septembre, un article qui « protège la vie de toute personne à naître », ainsi qu’un autre consacrant la liberté de conscience.

Chargée de rédiger une nouvelle loi fondamentale, l’assemblée plénière du Conseil constitutionnel discutait les articles et les amendements relatifs au chapitre II concernant les « libertés et droits fondamentaux, garanties et devoirs constitutionnels ».

Le Conseil constitutionnel a approuvé à une large majorité l’article 16.1 du chapitre protégeant la vie de ceux qui ne sont pas encore nés, et interdisant la peine de mort. Parmi les 50 constituants, 33 ont voté pour.  L’amendement qui affirmait que « chaque être humain est une personne » a en revanche été rejeté le vendredi précédent.

Si la future Constitution est approuvée, elle pourrait remettre en cause l’avortement, autorisé depuis 2017 en cas de risque vital pour la femme, de malformation du fœtus et de viol. La fourniture de la pilule du lendemain pourrait elle aussi être remise en cause.

Le Conseil a en outre consacré l’objection de conscience « individuelle et institutionnelle » en lui donnant un statut constitutionnel. L’article a été approuvé par 31 voix pour et 19 contre.

Le projet sera déposé le 7 octobre. La nouvelle Constitution devra ensuite être soumise à référendum le 17 décembre.

Source : Gènéthique

La grâce ne remplace pas la nature : l’art du discernement

Ancien officier, François Bert accompagne ou forme des dirigeants à la prise de décision sur les sujets humains et stratégiques. Fort de cette expérience, il a fondé en 2019 l’École du Discernement au profit des décideurs publics et privés. Il vient de publier un ouvrage sur Le Discernement à l’usage de ceux qui croient qu’être intelligent suffit pour décider. Discerner n’est pas réservé aux chefs d’entreprise, bien entendu, et l’auteur aborde différents cas, y compris au sein de l’Eglise, où le discernement fait défaut. Nous l’avons interrogé :

Vous évoquez dans votre ouvrage sur le discernement le cas de la communauté des Frères de Saint-Jean et l’exemple des bénédictins. Avez-vous déjà été sollicité pour donner des clés de discernement au sein des séminaires et quelles seraient-elles ?

Mon travail concerne aujourd’hui essentiellement les décideurs publics et privés et j’ai néanmoins été sollicité par des communautés sur plusieurs cas de gestion de crise. Le hasard a fait par ailleurs que j’ai rencontré deux directeurs de séminaires qui se sont montrés vivement intéressés par la démarche : le pas n’a pas été encore franchi mais c’est une question de temps.

Je vois trois axes autour desquels conseiller les séminaires, après avoir orienté professionnellement plus de mille personnes, dont beaucoup de futurs ou ex-séminaristes/religieux(ses).

Le premier est celui de la connaissance de soi : j’étudie beaucoup l’articulation entre le moral (la volonté ou, en négatif, le volontarisme), le psychologique (l’identité sociale heureuse ou, en négatif, la blessure) et le fonctionnel (la posture naturelle, le talent, l’ADN et, en négatif, la crampe (l’emploi à rebours de soi)). A ce titre, je peux renseigner les séminaristes et ceux qui les accompagnent sur la base naturelle de leur démarche de fond et ce que peuvent parfois cacher certaines quêtes, qui peuvent être inconsciemment des fuites ou des compensations, des choix par défaut ou faussement libres.

Le deuxième est celui des comportements toxiques : l’univers religieux est un univers de générosité qui aimante les personnalités qui se nourrissent des autres et qui trouvent dans le discours spirituel un champ infini de manipulation. Ces comportements, quand ils sont notamment profondément enracinés, sont détectables. Prendre du temps pour cela évite que des promotions entières soient mis à mal et que des ministères futurs deviennent destructeurs.

Le troisième est celui de la mission future de « gouvernement » de ceux qui seront curés, directeurs de communauté ou évêques. Le discernement humain, opérationnel et stratégique ne s’improvise pas. Il a une part innée, aussi sûrement que ni Saint Paul (le plus brillant), ni Saint Jean (le plus mystique) n’eurent la charge de la direction de l’Eglise mais bien Saint Pierre, moins étincelant mais rempli davantage de bon sens que les deux autres. Ainsi de Saint Thomas d’Aquin qui était bien à la table du roi pour le conseiller mais qui aurait fait un très mauvais roi et de saint Padre Pio qui resta simple frère et prêtre pour le plus grand bonheur des visiteurs de son confessionnal. La première question est : comment sélectionnons-nous les ecclésiastiques dans l’attribution de leur poste ? Plus tôt chacun se connaît dans ses talents propres, plus tôt il rend le meilleur service en étant à la meilleure place : la grâce ne remplace pas la nature. Cela étant posé, la prise de décision s’organise (choix des adjoints et de l’entourage) et s’apprend : c’est le but de mes formations (et du livre…).

Vous abordez aussi le principe de subsidiarité, que vous opposez à l’hypercentralisation française. L’Etat-providence déresponsabilise-t-il par nature ?

Oui, profondément. Il vit sur un sentiment de toute puissance qui est la conséquence de l’avènement des penseurs à la place des chefs, des experts plutôt que des discernants. Le penseur en politique croit que tout procède de ce qu’il prévoit : cela crée trois problèmes. Le premier est qu’il se sent dès lors le besoin d’être le plus complet possible pour se montrer brillant sauf qu’à tout couvrir il indifférencie l’essentiel et le dérisoire et dilapide ses efforts : qui trop embrasse, mal étreint. Le deuxième est qu’il accumule des lignes d’actions sans les prioriser ni les actualiser ; il devient alors non seulement dispersé mais aussi omniprésent, freinant l’action quotidienne d’une multiplicité de procédures qui empoisonnent la vie des Français. Le troisième est que l’hyper-organisation inhibe profondément l’initiative et la motivation des Français : mieux vaut avoir une parcelle de potager à gérer de manière indépendante avec objectifs que de de se faire contrôler tous les jours sur des lignes déjà plantées … Les experts sont convaincus que leur pensée est supérieure à la somme de celles de leurs concitoyens. La légitimité d’un chef n’est pas de savoir mais de permettre. Créer les conditions de l’initiative et de l’autonomie, avec les conditions d’effet à obtenir expliquées dans le livre, c’est se trouver en position d’être réveillé et dépassé tous les matins par un nombre incalculable de propositions et de bonnes volontés.

A propos des multiples initiatives d’obédience catholique destinées à la jeunesse, vous déplorez un certain romantisme stérile. Comment rendre cet activisme efficace ?

L’idée est précisément de passer de l’activisme à l’action, qui s’inscrit dans un temps qui le dépasse (là ou l’activisme est drogué au résultat immédiat) ; elle procède sur le principe de l’embuscade « quatre heures d’attente, deux minutes de feu ». L’action juste procède d’une écoute du lieu où l’on pourra avoir sa meilleure utilité et du moment où il produira son meilleur effet. Qu’on se le dise, il est sain que la jeunesse notamment s’exerce à donner pour des bonnes causes, quitte à ce que ce soit parfois avec excès de générosité. Mais le temps passant, le souci de la victoire doit prendre le pas sur celui de la bonne conscience. Un exemple ? Autant je crois à le vertu profonde des pèlerinages qui, bannières déployées, permettent à la fois une démarche personnelle et collective de ferveur, autant je crois que la vie professionnelle et citoyenne appelle à être fécondée par une action silencieuse davantage que le besoin de témoigner de son appartenance ou d’afficher des étiquettes communautaires. Que de fois ai-je vu des chefs revendiqués catholiques qui n’avaient ni humanité ni discernement, créant même des bandes de privilégiés sur la base de la confession voire de la paroisse au détriment élémentaire de la justice et de la crédibilité opérationnelles. Que d’œuvres sont surinvesties dans le « témoignage » avec le #catho par tous les canaux possibles mais trahissent le message par la réalité de leur vie collective, leur manque patent de charité, leur négligence des constructions humaines. Catholique veut dire universel : c’est un appel à rallier par le comportement avant toute forme de discours, à se rendre serviteur de tous plutôt que militant de quelques-uns. Que les évêques, pendant la crise COVID, appellent à pouvoir continuer à fréquenter les églises est une bonne chose et c’est leur boulot. Qu’une très grande partie de laïcs « s’enchouannent », avec une émotion parfois surjouée à destination d’un cercle endogène, sur la même thématique, est généreux mais a deux limites : celle d’une forte déperdition d’énergie sur un sujet à faible chance de succès et à gravité relative et celle, surtout, de la tentation de se trouver une cause honorable suffisante là où les laïcs sont précisément appelés à servir, sans étendard, la société toute entière : réalité de l’entraide réelle face aux personnes isolées en entreprise et dans sa propre famille, courage des décisions face à certaines situations ubuesques, positionnement, chacun à son niveau d’impact, sur les dérives législatives et sanitaires. Notre société, saturée d’idées et de mobilisation victimaire, a soif de comportements courageux, calmes et rassembleurs. Les idées clivent, le bon sens rallie.

Par ailleurs la réflexion sur l’action juste rejoint le début de l’entretien sur la question de la connaissance de soi et de son corollaire, la construction d’équipe. On ne sert vraiment qu’en étant soi, car alors on apporte au monde ce qui lui manque. 75% des causes d’échec ou de crise des structures politiques, religieuses ou associatives sont d’origine humaine. En regard de cela, quelle part accorde-t-on à l’approche des personnalités, leur combinaison opérationnelle, la prise de décision dans les formations destinées à ceux qui sont censés y avoir part ? Pour ainsi dire aucune, ou vaguement symbolique. On préfère fabriquer des gens qui pensent bien sans se soucier une seconde du juste lieu de leur efficacité ainsi que de l’équipe et des décisions contextuelles qui leur permettront de durer. En quelque sorte on fabrique des docteurs en histoire militaire pour gagner les futures guerres… Equipons plutôt chacun de la manière de comprendre son propre terrain, ses justes combats, sa place attendue, ses compléments humains et les choix qui lui reviennent.

Elections sénatoriales : poussée de la gauche, 3 élus au RN

Si LR, allié aux centristes, reste majoritaire au Sénat, la gauche a progressé hier. Le manque d’implantation de la macronie s’est fait ressentir lors du scrutin. Sonia Backès, seule membre du gouvernement en lice, a été battue au second tour par l’indépendantiste Robert Xowie en Nouvelle-Calédonie, tandis qu’à Paris le camp présidentiel a perdu le seul siège qu’il comptait avec la défaite de Julien Bargeton, sénateur sortant.

Le Rassemblement national compte trois élus : Christopher Szczurek pour le Pas-de-Calais, Aymeric Durox en Seine-et-Marne et Joshua Hochart dans le Nord.

A Paris, la gauche unie remporte huit des douze sièges qui étaient en jeu, faisant notamment entrer dans l’hémicycle l’écologiste Yannick Jadot et le communiste Ian Brossat.

Le groupe PS se stabilise à 64 sièges, les communistes en gagnent deux (17 sièges contre 15 auparavant), les écologistes trois (15 contre 12).

Dans le Val d’Oise, Sébastien Meurant (apparenté LR, soutien d’Eric Zemmour à la dernière présidentielle) est battu.

Les résultats sont ici.

Retour sur la visite du Pape à Marseille : En quête d’esprit

Aymeric Pourbaix revient sur la visite du pape à Marseille, avec Véronique Jacquier, l’abbé Arnaud du Cheyron, diplomate du Saint-Siège, Jean-Marie Guénois, journaliste au Figaro

“Macron destitution” : tentative d’arrestation de David van Hemelryck

Gérald Darmanin n’a rien d’autre à demander aux forces de l’ordre (4 camionnettes tout de même). :

Terres de Mission : Une croix sur le Mont Saint-Michel

Eglise universelle : Le trésor de la sainte messe

Ce superbe album, sous-titré “Le guide complet de la messe en latin”, nous vient des Etats-Unis et a pour objectif de faire découvrir toutes les richesses de la messe romaine traditionnelle. L’abbé Claude Barthe présente ce travail richement illustré, à la fois très abordable par tous et très complet.

Eglise en France : Master-class Science et éthique de la Fondation Lejeune

La Master- Class Jérôme Lejeune s’adresse prioritairement aux personnels de santé de plus en plus confrontés à des choix éthiques parfois très complexes. Directrice de cette Master-class, Aude Dugast en présente les objectifs, le programme et les modalités d’inscription.

Eglise en marche : Une croix pour le Mont Saint-Michel

SOS Calvaires poursuit son inlassable activité, ayant déjà restauré 288 calvaires depuis le début de l’année. Le 30 septembre prochain, c’est une croix au Mont Saint-Michel qui sera de nouveau installée. Directeur général de SOS Calvaires, Alexandre Caillé présente cet événement qui sera précédé d’une traversée à pied de la baie.

Marine Le Pen et la critique de la “construction européenne”

Un lecteur du Salon beige nous adresse cet article à propos du discours de Marine Le Pen à Beaucaire:

La campagne des élections européennes de juin 2024 relance les réflexions sur ce qui est convenu d’appeler la « construction européenne ». Lors des estivales du Rassemblement National, Marine Le Pen a prononcé un discours qui, à la fois, marque sa rentrée politique et nous donne sa vision de l’Union européenne aujourd’hui.

Ce discours de Beaucaire a marqué les esprits puisqu’il a même été repris par certains medias “mainstream” comme BFM-TV car il montre une inflexion dans l’analyse. En un peu moins d’une demi-heure, on peut saisir la pensée de Marine Le Pen et du Rassemblement National (on peut le lire ici).

Déjà en décembre dernier lors d’un colloque « Union européenne : Un Empire contre les Nations » tenu à Paris, des invités comme Emmanuel Lynch et Eric Branca avaient pu nourrir la réflexion des cadres du parti par une vision sans concession. L’Union Européenne est un empire, elle a tous les attributs de la souveraineté et cherche comme tout empire à s’étendre et repousser ses frontières, avait démontré M. Lynch (voir les articles déjà publiés sur le site du SB ou sur le site du mouvement France Libre Vraie Europe). Quant à M. Branca, il avait insisté sur l’analogie qui pouvait être faite entre les structures de l’UE et celle de la défunte URSS. Cliquez sur ce lien pour accéder aux actes du Colloque

Dans son discours de Beaucaire, Marine Le Pen reprend ces idées et affirme que les maux dont nous souffrons ne sont pas le fait de l’Europe mais de l’Union européenne, cet empire qui va à l’encontre du bien des nations. Pour elle, l’Europe devrait être « une coopération entre nations-libres ». Il faut retrouver ce rêve européen fruit de la volonté des peuples et de la diversité des nations.

Ainsi que le soulignait Emmanuel Lynch dans son livre « La Nation Face à l’Empire » publié en 2021, Marine Le Pen nous dit qu’« Être franc c’est être libre ». Elle rappelle que la France peut être une puissance d’équilibre mais doit pour cela retrouver sa souveraineté. Elle souligne la dépossession dont la France a été victime par la jurisprudence des instances de l’UE, par les référendums ignorés et bafoués (référendum sur la constitution européenne de 2005) par nos dirigeants politiques et cet état de « minorité juridique » dans lequel nous plonge l’empire de l’UE auprès de qui on pleure comme un enfant « appelant maman ». Elle appelle à « rassembler tous ceux qui pensent que la France est encore une grande nation, avec une identité millénaire, une culture, un génie, des frontières et une prospérité à conquérir ».

Elle fustige le « dogmatisme concurrentiel inepte » qui est une des armes utilisées par l’UE contre les peuples et les nations. Elle rappelle également que nous devons rester « maîtres de notre politique d’immigration ».

Ce beau discours marque une inflexion très critique de l’Empire de l’Union européenne. Marine Le Pen redonne du souffle au combat pour la liberté des Peuples et des Nations et cherche à provoquer une discussion au parlement européen par le dépôt d’un texte de loi intitulé « Déclaration des Droits des Peuples et des Nations ».

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