Le secret d’une vie sexuelle épanouie, ce n’est pas la fausse liberté prônée par Mai 68, mais le mariage et la foi
Selon un sondage commandé par Playboy (sic), un cocktail complexe de finances, d’anxiété et d’influence numérique tue les relations chez les 18-29 ans. À l’inverse, les couples mariés sont ceux qui sont les plus épanouis. Et s’ils fréquentent régulièrement un lieu de culte, les chiffres sont encore plus élevés!
Déjà, en 2019, 30% des hommes et 20% des femmes de 18 à 30 ans n’avaient pas eu la moindre relation sexuelle dans la dernière année aux États-Unis. Playboy a demandé à l’Institut Kinsey de mener une enquête sur l’activité sexuelle des jeunes. Les résultats sont encore plus surprenants qu’en 2019: un jeune sur cinq n’a jamais eu de relation sexuelle. Pas seulement dans la dernière année, mais jamais. D’ailleurs, un quart des jeunes n’a même jamais eu de relation amoureuse tout court. Le monde libertaire de Mai 68 serait-il mort ?
Le sondage pointe du doigt la difficulté grandissante à rencontrer des partenaires et la capacité économique déclinante des répondants. 66% des jeunes sondés déplorent les occasions de rencontre limitées et l’usage épuisant des applications. Du côté financier, 64% vivent encore chez leurs parents et 43% estiment que leurs finances sont un obstacle.
L’anxiété semble aussi être un enjeu important: un jeune sur trois prend des antidépresseurs. Enfin, près d’un jeune sur trois ne sort carrément plus de chez lui et préfère vivre des relations romantiques ou sexuelles dans le monde virtuel plutôt que des rencontres en personne…
Un autre sondage, du magazine The Atlantic, révèle que le secret d’une vie sexuelle épanouie est le mariage et la fréquentation d’un lieu de culte. Pour expliquer ces résultats, les journalistes émettent l’hypothèse que «lorsque le mariage et la sexualité sont empreints d’un caractère sacré, ils ont davantage de chances d’être épanouissants». Le pardon, la fidélité, la générosité et les croyances partagées de ces couples forgent leur intimité, tandis que la participation fréquente à une communauté de prière les soutient tout en les sortant de leur bulle. Ils sont ainsi mieux protégés d’une possible influence négative des réseaux sociaux.
Dicastère pour l’Évangélisation : le pape nomme une religieuse favorable à l’ordination des femmes
Le Saint-Père a nommé Sœur Marie-Thérèse Barron, Supérieure générale des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Apôtres, Secrétaire adjointe du Dicastère pour l’Évangélisation, Section pour la Première Évangélisation et les Nouvelles Églises Particulières, avec la charge de Présidente des Œuvres Pontificales Missionnaires. Elle entrera en fonction le 4 janvier 2027.
Sœur Barron est née à Donegal, en Irlande, le 7 novembre 1968. Elle est titulaire d’une maîtrise en administration de la santé publique de l’ Institut d’administration publique de Dublin et d’une maîtrise en développement international de l’ Institut Kimmage , également à Dublin. De 2022 à 2025, elle a présidé le Service de documentation et d’études sur la mission mondiale (SEDOS), et de 2023 à 2025, l’Union internationale des supérieures générales à Rome, en Italie. Depuis 2018, elle est supérieure générale des Sœurs missionnaires de Notre-Dame des Apôtres.
Lors du Synode sur la Synodalité, Sr Barron s’est imposée comme défenseur de l’ordination des femmes, déclarant que – « L’Esprit appelle-t-il les femmes ? Car certaines femmes ressentent bel et bien un appel au sacerdoce ou au diaconat »
Parents à 14 ans, ils confient l’enfant à une organisation catholique pour adoption
Un Américain adopté à la naissance a voulu en savoir plus sur ses origines. Quand les résultats sont arrivés, il a appris que son père n’était autre que Michael McDonald
, star dans le milieu de la musique. Chanteur des Doobie Brothers et compositeur reconnu, il a remporté cinq Grammy Awards entre 1979 et 1984.
Les deux hommes se sont retrouvés pour une rencontre. Michael McDonald a expliqué être devenu papa à l’âge de 14 ans. Sa copine de l’époque, reconnue comme étant la mère biologique, avait le même âge. Les deux très jeunes parents n’étant pas en capacité d’assumer la charge, ils ont confié l’enfant à Catholic Charities, sur décision de leurs familles respectives.
En plus de la fin heureuse de cette histoire, voici un exemple concret des fruits de la décision d’un adolescent de 14 ans, de confier son enfant à une organisation catholique, plutôt que d’avorter.
Blasphème au Vatican ?
Au Vatican jeudi, au premier jour de la rencontre dédiée au 10e anniversaire d’Amoris laetitia, Sœur Helen Alford, dominicaine de Sainte-Catherine-de-Sienne et doyenne de la faculté des sciences sociales de l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin à Rome, a suggéré que Jésus flirtait avec la femme samaritaine au puit dans l’Évangile de Jean – une théorie inventée par « l’un de mes frères dominicains ».
S’appuyant sur les réflexions du père dominicain Michael Paluch, sœur Alford a analysé le déroulement de la conversation. Elle a décrit cette approche initiale, d’une manière « quelque peu provocante », comme un « flirt » : un homme et une femme parlent en tête-à-tête, et leur échange reste ambigu jusqu’à ce que Jésus la confronte à la vérité : « Va chercher ton mari… et reviens ici. »
Cette déclaration soulève des questions importantes sur l’interprétation biblique, le langage théologique et la révérence due à la personne du Christ. Dans Jean 4:1–42, la rencontre entre Jésus et la samaritaine est l’une des révélations les plus profondes de la miséricorde divine. Jésus franchit délibérément les frontières des conventions sociales pour engager une femme qui devient témoin de son identité messianique. La conversation est profondément personnelle, mais l’intimité personnelle ne doit pas être confondue avec une attirance romantique ou sexuelle. La volonté du Christ de parler ouvertement avec la femme révèle l’extraordinaire liberté de l’amour divin, qui n’exploite ni la vulnérabilité humaine ni ne réduit autrui à un objet de désir. Il y a certes de la place pour une discussion savante sur les conventions littéraires des rencontres bibliques au puits, en particulier les récits de fiançailles de l’Ancien Testament impliquant Isaac et Rébecca, Jacob et Rachel, et Moïse et Séphora. Saint Jean peut délibérément évoquer ces traditions. Cependant, reconnaître une allusion littéraire à la cour n’est pas la même chose que suggérer que Jésus lui-même flirtait. Cette distinction est théologiquement importante : le langage de la cour humaine peut éclairer le symbolisme du Christ comme Époux, sans impliquer que sa rencontre avec la femme samaritaine était une avance romantique.
Sœur Helen a décrit l’échange initial comme une forme délibérément provocante de « flirt », en soulignant l’ambiguïté d’une conversation entre un homme et une femme seuls. Son argument plus large portait sur l’évangélisation, la vulnérabilité humaine et l’éveil progressif de la foi. Le pape François, dans une catéchèse, a interprété le puits comme un cadre biblique associé aux fiançailles et a décrit Jésus symboliquement comme l’Époux qui comble le plus profond désir de l’humanité pour l’amour. L’intuition théologique a une place légitime dans l’érudition biblique tandis que le choix des termes risque d’obscurcir la signification spirituelle profonde de la rencontre. La femme samaritaine n’a pas rencontré un homme cherchant son affection. Elle a rencontré le Dieu vivant qui connaissait son histoire, reconnaissait sa dignité et lui offrait l’eau de la vie éternelle. Le Christ n’est pas venu séduire la femme samaritaine. Il est venu lui révéler qu’elle était déjà connue, déjà aimée, et invitée à la plénitude de la vie divine.
Pendant que le pape écrit à l’équipe de baseball de Chicago, les évêques américains suppriment des messes traditionnelles
Une messe traditionnelle à Hackensack, dans le New Jersey, a été « suspendue jusqu’à nouvel ordre » sur ordre du cardinal Joseph Tobin. Le père Thomas Quinn, curé de l’église de la Sainte-Trinité, a annoncé la nouvelle dans le bulletin paroissial dimanche dernier, a rapporté mercredi la Société de Saint-Hugues de Cluny.
« Dans le cadre de la liturgie sacrée, nous avons eu la joie de commencer cette année à célébrer la messe traditionnelle en latin le dimanche à 12h30, enrichissant ainsi la vie liturgique de notre paroisse. Toute notre communauté en a bénéficié, accueillant de nouveaux membres et approfondissant notre vie liturgique ». « Alors que l’archidiocèse examine les modalités et les lieux de célébration de la messe traditionnelle, le cardinal Tobin m’a demandé de le rencontrer concernant l’avenir de la messe ici, à la Sainte-Trinité. En attendant, il a demandé la suspension de la messe de 12 h 30 jusqu’à nouvel ordre. Je vous remercie de votre soutien continu pendant cette période transitoire. »
Hackensack est proche de Manhattan, à New York.
« Voilà donc l’affaire close pour le moment – comme d’habitude, sans aucune explication », a déclaré la Société de Saint-Hugues de Cluny.
La Société de Saint-Hugues de Cluny a récemment annoncé qu’une messe traditionnelle célébrée à Danbury, dans le Connecticut, a pris fin le dimanche 27 septembre. Cette messe, célébrée dans la chapelle de l’Immaculate High School, est « l’héritière de deux messes traditionnelles qui étaient autrefois célébrées dans les paroisses des environs ».
L’an dernier, Mgr Michael Martin, OFM, évêque de Charlotte (Caroline du Nord), a supprimé la messe tridentine dans les quatre paroisses du diocèse et les a regroupées dans une petite chapelle, trop petite pour accueillir tous les fidèles souhaitant y assister. Il a même interdit l’utilisation de la table de communion et des prie-Dieu pour recevoir l’assemblée.
L’évêque Mark Beckman de Knoxville, dans le Tennessee, a également ordonné aux trois paroisses qui célébraient la messe selon le missel de 1962 de passer à la célébration de la messe en latin selon le missel romain de 2002. L’évêque autorise toutefois la célébration d’une messe traditionnelle une fois par mois dans un petit centre de retraite spirituelle.
Peut-être qu’au lieu d’écrire des lettres aux White Sox, le Saint-Père pourrait en rédiger une expliquant pourquoi plus de 150 familles catholiques de Hackensack sont chassées de leur foyer spirituel.
Face à la violence lycéenne et à l’étatisme, défendons la liberté scolaire et la famille, première éducatrice
Cette photo d’illustration prise à Vanves devant le lycée François Villon (le pauvre…) dit tout de l’absurdité si symptomatique de la « mobilisation lycéenne ».
Depuis des décennies, la République française fait tout pour soustraire les enfants à l’autorité légitime des familles : collège unique, scolarisation légale à trois ans (il y a peu, l’inénarrable Bruno Le Maire, appelait à une scolarisation obligatoire dès un an), limitation drastique de l’instruction en famille, prétentions éducative et catéchisation (« valeurs républicaines », conscience écologique, inclusion, éducation sexuelle…). La démagogie et l’idéologie tiennent lieu d’enseignement. Revendiquant la liberté, l’égalité, la fraternité, l’éducation nationale ne cesse d’engendrer des iniquités. La Révolution française et la Libération sont les deux seules racines sur lesquelles les enseignants entendent faire pousser l’intelligence des enfants qui leurs sont confiés. L’autorité, toujours suspecte, est presque partout meurtrie par le tutoiement et l’avachissement des maîtres…
Occupés depuis leur plus jeune âge des heures durant dans des locaux sans âme et promis à un avenir noir fait de fonte des glaces et de canicule, de prédation capitaliste et de péril fasciste, avalés par la machine administrative et logicielle, voués à des emplois prétentieux ou futiles, menacés par « l’intelligence » artificielle, les lycéens manipulés par l’extrême gauche se plaignent de l’inanité de leur condition. On ne leur a rien appris d’autre que le mépris, la revendication, la consommation, la liberté conditionnée et collective… On ne leur a rien promis d’autre que la contraception gratuite, la climatisation et la retraite à soixante ans…
Alors quelle surprise que des lycéens finissent par brûler le décor de ce piteux théâtre, tirer les cheveux des professeurs, jeter des pavés sur la police ?
Certains thuriféraires de « l’ordre Républicain » prétendent maintenant faire payer les familles pour les dégradations de ces adolescents tatoués, casquettés, dégingandés, révoltés, quelle blague ! La République a tout fait pour qu’il n’y ait plus de famille. La « libération » des femmes par le salariat a cloué le couvercle du cercueil sur la famille française déjà gravement meurtrie par la Révolution de 1789 et les idées des Lumières. Il n’y a plus de famille : des crèches, des nounous, des tickets restaurants, des parents isolés et des familles recomposées en tiennent lieu. Ce ne sont pas les ersatz de familles qui doivent payer ; ce sont les Sarkozy, les Hollande, les Macron et tous leurs ministres et tous leurs conseillers et les parlementaires qui ont voté les lois et les journalistes qui leur ont servi la soupe qui doivent payer les voitures incendiées et les magasins pillés.
Nous ne sommes ni du côté du ministère de l’éducation, ni du côté des lycéens émeutiers, ni du côté des CRS, ni du côté des ultra-urbains apeurés par les abris-bus éventrés et leurs publicités de lingerie déchirées.
Nous sommes du côté de la jeunesse qui a soif d’exigence et de beauté, de transcendance et d’amour. Nous sommes du côté de la liberté d’enseignement. Nous sommes du côté des maîtres qui transmettent les savoirs de notre civilisation. Nous sommes du côté des familles premières éducatrices. Nous sommes du côté du pape qui appelle cette jeunesse à la sainteté.
« La jeunesse n’est pas faite pour le plaisir, elle est faite pour l’héroïsme » disait Claudel.
Cyril Farret d’Astiès
Menaces de décapitations, vidéos à caractère pornographique : même les cours en visio sont perturbés
Dans un courriel envoyé aux parents d’élèves par le lycée Jules-Ferry de Versailles que BV a pu consulter, la proviseur rapporte que
« lundi et mardi, les professeurs ont fait cours en distanciel. Malheureusement, de graves incidents se sont déroulés pendant certains cours d’enseignants : insultes sexistes, propos outrageants, menaces de décapitations, vidéos à caractère pornographique envers les enseignants. »
La proviseur ajoute que « ces actes sont inadmissibles », qu’il n’y aura donc plus de cours en visio et qu’« à chaque fait, le lycée a porté plainte auprès de la police afin de trouver les auteurs [et que] des sanctions seront prises ».
Contactée par BV, une maman d’élève raconte, en effet, que son fils a vu l’un de ses cours en visio perturbé par un jeune infiltré qui a menacé de décapiter le professeur mais s’est aussi comparé à Hitler dans l’espace de discussion écrite, se disant « prêt à tuer ».
Proposition de loi “Interdiction vente, offre, cession smartphones et autres objets connectés aux mineurs de moins de 16 ans”
Juristes pour l’enfance adresse au Gouvernement et au Parlement sa Proposition de loi “Interdiction vente, offre, cession smartphones et autres objets connectés aux mineurs de 16 ans” :
Alors que le 14 août dernier, le Conseil Constitutionnel a en grande partie censuré la loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux, Juristes pour l’enfance a adressé hier au Gouvernement et au Parlement sa Proposition de loi “Interdiction vente, offre, cession smartphones et autres objets connectés aux mineurs de 16 ans”.
Devant le constant que ce ne sont pas seulement les réseaux sociaux mais plus largement la détention et l’usage incessant d’un objet connecté en permanence à internet qui nuit à la santé physique et mentale des mineurs, à leur développement corporel et intellectuel et à leur épanouissement, Juristes pour l’enfance propose de réagir par une mesure simple et facile à mettre en œuvre : repousser la détention d’un smartphone ou autre objet connecté jusqu’à un seuil d’âge critique.
Concrètement, Juristes pour l’enfance propose que soit interdite la vente, l’offre et la cession d’objets connectés aux mineurs de moins de 16 ans, de la même manière qu’est interdite la vente ou l’offre gratuite de certains biens et produits à un mineur (alcool, tabac, produits de vapotage, jeux d’argent et de hasard, protoxyde d’azote, etc.).
Une telle interdiction serait fondée sur les motifs de protection de la santé et de la vie des mineurs de 16 ans qui permettent de déroger au principe de libre circulation des marchandises au sein de l’Union européenne (article 36 du TFUE).
Retrouvez la proposition de loi que nous avons adressée au Parlement et au gouvernement en cliquant ICI
Instruction en famille: Une belle victoire à l’Assemblée nationale
De Gregor Puppinck, directeur de l’ECLJ :
C’est une étape décisive et positive qui vient d’être franchie à l’Assemblée nationale.
La Commission de l’éducation a publié un rapport d’enquête sur l’instruction en famille qui prouve clairement que la réforme de 2021 fut une catastrophe.
La loi confortant le respect des principes de la République de 2021 a interdit par principe l’école à la maison en la soumettant à un régime d’autorisation préalable alors que c’était jusque-là une liberté.
Les députés Corneloup et Trébuchet démontrent dans leur rapport que:
1) La lutte contre le séparatisme islamiste pour justifier l’interdiction de l’école à la maison n’a été qu’un prétexte. Tout ce que voulait le gouvernement, c’était réduire le nombre d’élèves ne fréquentant pas l’école de la République.
2) Contrairement aux promesses du ministre Blanquer, cette réforme a provoqué l’effondrement du nombre d’enfants instruits par leur famille: 60% de baisse d’effectifs entre 2021 et 2026.
3) Cette réforme ne présente que des inconvénients et n’a pratiquement aucun effet positif. C’est une perte de temps pour les familles, un contentieux inutile pour les juridictions, ce que l’Éducation nationale a économisé d’un côté, elle l’a perdu de l’autre, etc. Tout est décrit factuellement dans ce rapport consultable ici.
Les rapporteurs proposent donc de revenir à un régime déclaratif. C’est effectivement la solution de bon sens la plus simple et la plus évidente au terme de cette enquête.
C’est une victoire pour l’ECLJ car Christophe Foltzenlogel, notre chargé de plaidoyer pour les droits parentaux, a été officiellement auditionné par cette mission d’information et notre travail de veille et d’argumentation juridique a été largement repris par les rapporteurs.
Grâce à nous, ils ont pu poser les bonnes questions aux services de l’Éducation nationale et faire toute la lumière sur leurs mensonges.
Tout particulièrement, nous avions démontré que le législateur avait mis fin à une liberté fondamentale et une prérogative parentale, garanties en droit international et paisiblement exercées, sans que cela ne soit nécessaire et proportionné au regard de l’objectif poursuivi.
Et maintenant ?
La recommandation principale de ce rapport doit être légalisée: il faut revenir au régime déclaratif de l’instruction en famille.
Le mouvement lycéen met la question de l’instruction au cœur de la campagne présidentielle: quel type d’éducation voulons-nous pour nos enfants?
Les candidats sont-ils pour le droit des parents d’instruire et d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions religieuses, philosophiques et pédagogiques?
À gauche, l’idéologie est plus que jamais de mise: ils ne veulent que l’école publique, entièrement contrôlée par l’État. «L’argent public doit aller prioritairement, et à long terme exclusivement, à l’enseignement public» a dit le candidat socialiste Emmanuel Maurel globalement soutenu par tous ses collègues socialistes sur cette proposition.
Il faut sortir de ce communisme éducatif.
L’ECLJ va poursuivre son action: nous avons déposé plusieurs recours pour la liberté de l’instruction au Conseil d’État, à la Cour européenne des droits de l’homme et au Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies.
Nous allons en déposer un nouveau aux Nations unies dans quelques semaines, car même si les juridictions ne sont pas favorables, il faut montrer notre détermination et l’ampleur du problème. Nous participerons également dans quelques jours aux 6e Rencontres nationales des écoles libres.
Car ce ne sont pas quelques parents qui se battent pour la liberté scolaire, mais des milliers, des dizaines de milliers. Il faut continuer pour que les candidats à la présidentielle française et les juridictions internationales soutiennent la liberté scolaire telle que consacrée dans les traités internationaux.
La crise de la natalité n’est que l’ultime avatar d’une crise globale de la transmission
Extrait d’une tribune de Mgr Rougé dans La Croix :
[…] Qu’est-ce qui se cache derrière des revendications apparemment dérisoires d’horaires, de matériel, de température ou de remplacement d’enseignants absents ? Le besoin pour les jeunes d’être considérés, d’être aimés, d’être en vérité éveillés au meilleur d’eux-mêmes.
La crise la plus contemporaine de la natalité n’est que l’ultime avatar d’une crise globale de la transmission, d’une incapacité sociale à enfanter pleinement de nouvelles générations. Comment les jeunes peuvent-ils se sentir estimés et attendus quand le débat politique semble exclusivement rivé sur la retraite des plus âgés ?
Une partie du malaise semble se focaliser sur Parcoursup. Cette plateforme d’orientation est sûrement utile et beaucoup reconnaissent qu’elle s’est progressivement améliorée. Mais il ne faut pas sous-estimer son caractère anxiogène et les dommages collatéraux qu’elle engendre.
Elle constitue une illustration éloquente de ce que Léon XIV qualifie dans son encyclique Magnifica humanitas de « syndrome de Babel » : un paradigme technocratique vertical et standardisant. La « voie de Néhémie », appelée de ses vœux par le pape, passe par la véritable rencontre humaine et l’accompagnement personnalisé.
L’énergie des élèves de terminale depuis plusieurs années s’est déportée de la préparation du baccalauréat, avec tout ce qu’elle impliquait de travail personnel et persévérant, vers la réponse aux questions en ligne de Parcoursup. Une fois celles-ci achevées, les élèves démobilisés attendent le bac comme une formalité.
Des semaines de cours, notamment de philosophie, passent par profits et pertes, installant un climat de paresse et un sentiment de relative inutilité de tout travail en profondeur, pour les élèves comme pour les enseignants, eux aussi en souffrance.
La pression est excessive sur les jeunes lycéens, en raison des conséquences pour Parcoursup des moindres notes du début de leur parcours. À l’inverse, l’absence d’exigence finale donne l’impression que l’acquisition patiente des savoirs manque de pertinence.
À cela il faut ajouter la difficulté pour les jeunes, même fort diplômés, d’accéder à un marché du travail radicalement transformé par la révolution numérique. L’intelligence artificielle, qui est à l’œuvre dans Parcoursup et qui remet en cause les filières mêmes auxquelles la plateforme permet d’accéder, donne l’impression d’être contradictoire et de commencer à dévorer ceux-là mêmes pour qui elle a été créée.
Comment sortir de cette impasse ? En fédérant toutes les énergies éducatives de notre pays, en particulier celles de l’éducation nationale et celles de l’enseignement catholique, en sortant une fois pour toutes des combats d’arrière-garde. En favorisant de manière renouvelée l’acquisition des savoirs fondamentaux, structurante pour les élèves et valorisante pour les enseignants et le sérieux de leur formation académique initiale.
En rompant avec une sorte de déconstructivisme obligé pour que la « question du sens » soit mieux posée. La montée en puissance des technologies elle-même appelle, pour qu’elles ne deviennent pas inhumaines, un réinvestissement dans les points d’appui fondamentaux de la culture et de la sociabilité.
« L’Église qui espère et qui ne craint pas l’avenir », comme l’a décrite Léon XIV en France, veut et peut donner de la considération et de la confiance aux jeunes d’aujourd’hui et de demain. La joie du Stade de France n’était pas un feu de paille mais une promesse et une mission.
Que la visite du pape se transforme en engagement
A l’issue de leur première rencontre après le voyage apostolique de Léon XIV en France et à l’Unesco, les évêques du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France ont rédigé ce message :

Changements à venir pour L’Homme Nouveau
Dans le dernier numéro de L’Homme Nouveau, Philippe Maxence annonce qu’à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire du journal au mois de décembre prochain, L’Homme Nouveau va doubler le nombre de pages et passer à un rythme mensuel.

Carlo Acutis, un saint pour notre temps, au cinéma
Adolescent passionné d’informatique, de jeux vidéo et de football, Carlo Acutis semblait être un jeune comme les autres. Mort à seulement quinze ans, il est canonisé le 7 septembre 2025. À travers les témoignages bouleversants de sa famille et de ses amis, ainsi que des vidéos inédites, ce documentaire poignant dresse le portrait intime d’un jeune saint devenu une source d’inspiration pour des millions de personnes à travers le monde.
Réalisé par Luca Salmaso, le film décrit la vie et l’héritage spirituel de Carlo Acutis (1991-2006), à travers un regard intime et contemporain. Il dépeint une image très humaine du jeune saint en plus de nous dévoiler sa profondeur spirituelle. Le film se déroule comme un voyage à travers la vie de Carlo depuis sa naissance jusqu’à sa canonisation.
Réalisé en collaboration avec la famille Acutis, à partir de documents inédits – vidéos privées et images exclusives telles que celles de la canonisation filmées par les caméras du Centre de télévision du Vatican –, le film dresse le portrait d’un jeune homme qui, en 15 ans d’existence, a laissé une empreinte sur le monde entier. Le récit rassemble une série de témoignages rares de personnes proches de Carlo, tels que ses parents, ses amis, ses enseignants, son employé de maison, l’étudiante costaricaine dont la guérison miraculeuse a conduit à sa canonisation ou encore des prêtres qui l’ont cotoyé.
Ce film sortira au cinéma le 4 novembre, mais vous pouvez d’ores et déjà réserver vos places pour quelques avant-premières qui auront lieu :
- A Paris, le jour de la saint Carlo Acutis, à l’UGC Bastille, lundi 12 octobre à 20h, suivi d’un temps d’échange avec Alberto Maalouf de NDML (billetterie).
- A Lomme, le lundi 12 octobre au Kinépolis (billetterie).
- A Deauville, le vendredi 16 octobre à 19h30, au cinéma Morny Club (billetterie).
- A Toulouse, le vendredi 16 octobre à 18h, au cinéma Le Méliès (billetterie en attente).
- A Paris, le mardi 20 octobre avec CREDO, aux 7 Parnassiens (billetterie).
- A Cannes, le lundi 26 octobre à 19h30 au Cinéum (billetterie).
- Puis à Luçon (2/11) et Salon-de-Porvence (3/11).
Un grand nombre de collèges et de lycées ont contacté SAJE pour organiser des séances spéciales du film au cinéma avec leurs adolescents d’ici la fin de l’année. Pour organiser une telle séance, n’hésitez pas à écrire sur [email protected]. Aucun élève ne sortira indifférent d’une telle projection sur grand-écran faite dans le cadre scolaire.
Les miracles et prophéties racontés par les évangiles sont-ils historiques ?
Peut-on prendre au sérieux les récits de guérisons, exorcismes, voire résurrections, attribués à Jésus par le texte sacré ?
Qu’est-ce qu’un miracle ? Pourquoi Jésus est-il un thaumaturge, mais pas un magicien ? Que dire de la résurrection ? Les prophéties ont-elles été composées après les événements, ou annonçaient-elle vraiment des faits à venir des années ou des siècles plus tard ?
Miracles et prophéties forment le tissu des évangiles, ils sont considérés par l’Eglise comme des arguments incontournables de crédibilité… Mais peut-on encore les prendre au sérieux, à 2000 ans de distance ?
CHAPITRAGE
- 00:00 : Introduction
- 00:27 : Qu’est-ce qu’un miracle ?
- 01:39 : Les miracles des évangiles sont-ils crédibles ?
- 02:25 : Les miracles ne sont pas des tours de magie
- 03:15 : La résurrection est-elle un miracle crédible ?
- 05:45 : Les prophéties sont-elles crédibles ? Le témoignage de Qumran
- 07:45 : Jésus aurait-il pu faire exprès d’accomplir les prophéties ?
- 08:20 : La convergence des prophéties
- 08:55 : La question essentielle des évangiles
- 09:37 : Conclusion
Inquisition : la vérité historique à l’épreuve de la légende noire
Bûchers, torture, procès joués d’avance… Le mot « Inquisition » charrie des images terrifiantes. Mais que nous disent les archives de cette justice religieuse et de ceux qui l’exerçaient ?
Dans ce premier volet du Grand Entretien, Thomas Cauchebrais reçoit sur RCF frère Cyrille Devillers, moine bénédictin installé à Bellefontaine, en Anjou, et auteur de Lettre à un ami post-moderne sur l’Inquisition.
Pourquoi l’Église a-t-elle institué ces tribunaux ? Qui étaient les cathares ? Quelle place occupaient réellement la torture et les condamnations au bûcher ? Une conversation pour confronter les idées reçues aux travaux des historiens et comprendre la société médiévale, sans éluder les violences ni les abus.
Pour Nathalie Loiseau, le catholicisme est comparable à l’islamisme
Concernant la Proposition de résolution du PPE sur « La nécessité pour l’Union de se doter d’une stratégie contre l’entrisme islamiste et l’influence du réseau des Frères musulmans », Nathalie Loiseau, présidente du groupe macroniste, écrit :
considérant que l’entrisme religieux ne se limite en aucun cas à l’islamisme, comme le montre l’organisation catholique ultraconservatrice Ordo Iuris, faisant activement pression sur les institutions de l’Union et menant des actions contre les valeurs fondamentales de l’Union;
L’Institut Ordo Iuris est le plus grand centre indépendant de recherche et de contentieux en Pologne, défendant la vie, la famille, le mariage et la liberté, ainsi que la souveraineté nationale.
L’ambiguïté dynamique
De Thibaut Marqueyrol dans Perspective catholique :
Depuis le début de l’année, le Saint-Père a ouvert un grand cycle de catéchèse d’explication des textes de Vatican II, «non pas par ouï-dire ou à travers les interprétations qui en ont été données, mais en relisant ses documents et en méditant sur leur contenu» (audience du 7 janvier 2026). Cette catéchèse se donne beaucoup de mal pour tenter de démontrer une continuité entre la Tradition de l’Église et les textes conciliaires. En particulier, le cycle sur Sacrosanctum concilium entend s’appuyer sur l’enseignement de Pie XII pour fonder la légitimité de la réforme liturgique.
Le Saint-Père nous mettait cependant lui-même en garde, en citant Mgr Albino Luciani, futur pape Jean-Paul Ier, qui écrivait «prophétiquement» — sic — au début du Concile : «Il se peut que les excellents et abondants fruits d’un Concile se manifestent des siècles plus tard et mûrissent au prix d’un travail acharné pour surmonter les conflits et les situations difficiles.»
Au moins on est prévenu… on va s’acharner.
Au cours des derniers mois, l’acharnement ne désarma donc pas et l’on arriva, par un clin d’œil de la Providence, à s’attaquer à Sacrosanctum concilium (constitution sur la liturgie, de fin mai à début août). En marge de ce cycle, le 16 juin, interrogé par les journalistes à propos des sacres de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, le Saint-Père déclarait : «Ils refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par plusieurs points du Concile Vatican II. S’ils font ce choix, cela m’attriste, mais nous devons continuer d’avancer.»
Il me semble que cette déclaration doit nous interpeller, puisque le Concile lui-même a choisi de ne pas utiliser de formulation dogmatique. Ce point est d’ailleurs abondamment documenté dans le formidable livre de Roberto de Mattei, Vatican II, l’histoire qu’il fallait écrire (Éditions Contretemps, 2025). C’est précisément ce qui a été le levier décisif pour faire adopter majoritairement des textes ambigus. À tel point qu’il a fallu très souvent ajouter des notes explicatives pour indiquer comment le texte devait être reçu.
J’en arrive maintenant, après ce long développement, dont je prie le lecteur de m’excuser, à ma thèse : depuis François, l’interprétation du Concile a évolué de l’ambiguïté statique à l’ambiguïté dynamique. L’ambiguïté dynamique est une sorte de convergence du progressisme avec la pensée marxiste.
L’ambiguïté dynamique pourrait se définir comme la mécanique qui, partant d’une proposition ambiguë pouvant être interprétée dans un sens, mais reçue par la masse dans un autre, se justifie a posteriori avec des arguments absents à l’origine, lesquels permettent de proche en proche d’aller où l’on veut, en poussant des cris d’orfraie à qui remet en doute le cap, et en jurant que l’on suit un mode d’emploi millénaire dont l’encre n’est en fait même pas sèche. J’exagère à peine.
Comment peut-on sinon faire des principes de Vatican II des absolus ? Comment peut-on arriver à dire : vous n’êtes pas catholique si vous refusez une réforme ou des textes dont les auteurs eux-mêmes ne prétendaient pas faire des absolus ?
La question n’est pas rhétorique. Elle touche au critère même de la catholicité.
L’ambiguïté statique est celle de Benoît XVI. Elle reconnaît le trouble, et tente de le refermer par une herméneutique : le Concile se lit dans la continuité du sujet-Église, et les nouveautés se comprennent comme réforme, non comme rupture. L’intention est de fixer un sens. Elle échoue en partie, parce qu’un texte ambigu ne se laisse pas fixer par un discours sur le texte. Mais elle reste une opération de clôture. On cherche encore ce que le document veut dire.
L’ambiguïté dynamique renonce à cette clôture. Elle ne demande plus ce que le texte signifie. Elle demande ce que le processus permet. François l’a formulé sans détour : la manière de lire l’Évangile inaugurée par le Concile est «absolument irréversible». Non pas telle proposition, tel canon, tel paragraphe — le mouvement. Evangelii gaudium place le temps au-dessus de l’espace : mieux vaut lancer des processus qu’occuper des positions. La vérité n’est plus d’abord dans l’énoncé tenu, elle est dans le cheminement qui le dépasse. La synodalité, dite «constitutive», achève le glissement. Le Peuple de Dieu en marche devient le lieu où le sens se produit, et non plus seulement le sujet qui reçoit un sens déjà donné.
C’est ici que le rapprochement avec la pensée marxiste se dessine. La onzième thèse sur Feuerbach disait que les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, et qu’il s’agit de le transformer. La praxis prime sur la théorie. La contradiction n’est pas un défaut à résoudre, elle est le moteur. L’histoire ne conserve pas un dépôt, elle le réalise en le dépassant. Transposé dans l’Église, le schéma devient lisible. Le texte conciliaire est la matière première. La réception est le travail. L’«esprit» est le produit, toujours en avance sur la lettre, et la lettre est jugée à l’aune du produit. Qui demande le mode d’emploi se voit répondre que le mode d’emploi, c’est la marche. Qui observe que l’encre n’est pas sèche se voit accuser d’arrêter l’histoire.
Remettre en doute le cap, c’est sortir du sujet historique légitime — «le Peuple de Dieu en marche» — et donc cesser d’être dans l’Église, non parce qu’on aurait nié un dogme défini, mais parce qu’on refuse le mouvement qui s’est donné pour critère. Le Concile, qui s’était refusé à définir, fournit désormais les éléments fondamentaux dont le refus sépare. La pastorale est devenue le dogme, sans avoir jamais passé par la définition. Les sacres du 1er juillet n’ont fait que rendre le cercle visible : on punit comme schisme la remise en question de textes dont les Pères avaient pris soin de dire qu’ils n’entendaient pas lier la foi de cette manière. Au-delà des motifs canoniques énoncés, c’est là, me semble-t-il, le cœur de la sanction.
Le magistère conciliaire est «l’étoile polaire» du chemin. On relit donc sous l’autorité de ce qu’on relit. Quand le cycle en arrive à Sacrosanctum concilium et s’appuie sur Pie XII, il fait exactement ce que l’ambiguïté dynamique sait faire : justifier a posteriori, par un auteur antérieur, une réforme dont cet auteur n’a écrit ni le missel, ni la disparition de l’offertoire. Pie XII enseigne la participation. Il n’enseigne pas que la participation exige la table face au peuple et la langue vulgaire exclusive. L’argument absent à l’origine est fourni par le résultat. Le résultat est alors déclaré fidèle à l’argument. La boucle est close, et quiconque la montre du doigt est accusé de ne pas avoir lu.
Un Concile pastoral peut être reçu, discuté, corrigé dans son application, comme l’Église a corrigé des disciplines, des liturgies, des prudences. Il ne peut pas, sans changer de nature, devenir la règle qui juge la Tradition dont il prétendait n’être que l’exposé.
C’est tout ce que le quidam tradi demande qu’on distingue. Non pas le droit de reconstruire l’Église à sa mesure. Le droit de ne pas appeler absolu ce que les auteurs eux-mêmes ont refusé de définir, et de ne pas appeler désobéissance le refus d’une mécanique dont le mode d’emploi s’écrit en marchant. La paix dont l’Église a charge n’est pas le silence autour du processus. Elle est la certitude que la foi reçue ne se négocie pas au rythme des réceptions. Sur ce point, le Concile n’a pas tranché. C’est précisément pour cela qu’on ne peut pas trancher les catholiques à partir de lui. –
Voyage du pape à Lourdes : le cauchemar d’un pèlerin palestinien catholique
Raconté ici :
[…] Originaire de Ramallah, en Cisjordanie occupée, Abdel-Massih est catholique de rite latin, comme le sont la grande majorité des catholiques de France. Son pèlerinage devait être une action de grâce. Remercier pour les prêtres, pour les Sœurs du Rosaire, pour cette communauté au sein de laquelle il avait appris à croire, à servir, à trouver sa place. Prier pour sa famille, ses amis, la paix et la justice. Et célébrer tout cela avec le pape.
Venu pour rendre grâce d’être chrétien
« Je voulais que le pape voie mon drapeau, d’autant plus qu’il ne manque pas une occasion de nous soutenir. Alors je voulais qu’il voie que les chrétiens palestiniens sont eux aussi avec lui. » explique-t-il. Il espérait que ces couleurs diraient cette reconnaissance des catholiques palestiniens pour l’Église qui les accompagne. Il avait apporté son pays avec lui, comme d’autres pèlerins apportent le leur quand l’Eglise est universelle sans effacer les appartenances.
Le samedi 26 septembre, à Lourdes, il se tient près des barrières, à l’entrée du sanctuaire, sur le parcours du pape. La messe sera célébrée le lendemain. Lui attend déjà la rencontre. Il sort son drapeau palestinien.
Selon le récit qu’il nous livre, des policiers s’approchent, contrôlent ses papiers, vérifient son sac et le fouillent. Son titre de séjour est en règle. « Je leur ai dit que j’étais chrétien. » Un policier lui indique qu’il pouvait rester, mais qu’un agent se tiendrait devant lui. Il accepte. « Pas de problème pour moi, je suis un pèlerin comme les autres » répète-t-il heureux et fier.
L’arrivée du pape approche. Abdel-Massih affirme avoir demandé au policier s’il pouvait maintenant déployer le drapeau et avoir reçu son accord. « Lorsque je l’ai déroulé, poursuit-il, cinq autres policiers sont arrivés et m’ont aussitôt menotté. Je leur ai dit que je n’étais pas un militant que j’étais un pèlerin, mais il semble qu’ils n’aient pas compris. »
Interpellé, il raconte les 37 heures de garde à vue, les interrogatoires, les fouilles, son téléphone passé au crible, ses comptes sur les réseaux sociaux consultés. Une nuit passée à Tarbes, l’autre à Lourdes.
Il dit être resté calme, tout au plus a-t-il interrogé pour savoir ce qu’il aurait fait de mal. Puis, selon son témoignage, une OQTF (obligation de quitter le territoire français) lui est présentée. « J’ai refusé de la signer et j’ai demandé à voir un avocat. » On imagine la peur de celui qui est venu en méropole parfaire le Français qu’il enseignait jusque-là en Palestine. Finalement, la mesure a été annulée avant sa libération.
Une blessure infligée par des frères
Ce qui le blesse, ce n’est même pas la garde à vue. Dans la foule rassemblée autour de lui, dit-il, il a entendu à plusieurs reprises le mot « terroriste ».
Il espérait qu’on vienne l’interroger sur ce qu’est être chrétien au pays de Jésus. Il aurait aimé expliquer qu’il existe des catholiques latins en Palestine, raconter leur vie, leur foi, leur joie. Le drapeau devait ouvrir une conversation. Il s’est retrouvé à devoir se défendre.
Il répète à l’envie la seule chose qui lui tenait à cœur. « Je voulais faire savoir qu’il y a des catholiques latins en Palestine et parler de notre identité, de notre vie, de notre joie d’être chrétiens. J’aurais été tellement heureux de parler des catholiques palestiniens. »
À l’écouter, on entend une infinie tristesse et une question qu’il retourne de toutes les façons : pourquoi ce qui lui semblait naturel est-il devenu suspect ? « Je suis chrétien catholique. Et je suis palestinien. Je ne comprends pas, je pensais qu’entre chrétiens, on était tous les mêmes, que chacun avait le droit de porter le drapeau de sa nation. Que nous avions tous la même foi et les mêmes droits. » […]
Méningiome causé par certaines pilules
Nouvelle illustration par un témoignage paru dans La République du Centre de la nocivité de la pilule contraceptive.


Le médecin le savait, mais ne semble pas inquiet pour autant… A qui profite ce crime ?

« Incendier certains lycées témoigne d’une violence destructrice qui ne saurait être approuvée »
Interrogé sur Vatican News à propos des violences lycéennes, Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et président du Conseil pour l’éducation catholique de la Conférence épiscopale française, condamne :
« Incendier certains lycées, même neufs, témoigne d’une violence destructrice qui ne saurait être approuvée »
Toutefois, ces faits révèlent « une violence intérieure chez certains jeunes qui n’ont pas trouvé de sens à leur vie »
Il y a une souffrance
« liée à la crise des familles, à la crise climatique, à la crise économique, à la crise sociale, à la crise géopolitique et donc, de manière plus ou moins consciente, ces jeunes ont peur de l’avenir, ils ne voient pas comment celui-ci pourrait s’ouvrir à eux aussi ».
Cela engendre un malaise « profond », qui « n’est parfois pas exprimé mais qui finit par se manifester par la violence », surtout chez ces jeunes « qui n’ont pas acquis une maturité suffisante dans le langage et l’expression pour pouvoir s’exprimer autrement ».
Tout cela, réfléchit l’évêque, se traduit alors par « un appel à être encore plus attentifs à nos jeunes, y compris dans les écoles catholiques », dans le cadre d’une collaboration impliquant « tous les adultes responsables » afin de « favoriser un retour à la sérénité, en ouvrant des espaces d’écoute et de discussion pour accompagner ces jeunes » dans leur parcours. L’appel de l’Église est donc « à la paix, à une autre manière de s’exprimer pour les jeunes et à l’écoute de ces jeunes », exhortant « l’éducation nationale » à se concentrer « sur les véritables priorités, à savoir la manière pour les jeunes de se construire un avenir, d’avoir une formation riche pour pouvoir avancer dans la vie ». Surtout en réfléchissant à la possibilité de « les accompagner, notamment face aux nombreux problèmes de santé mentale » répandus chez les jeunes d’aujourd’hui.
Lors de son récent voyage apostolique en France, le pape Léon XIV a exhorté les jeunes à avoir « le courage de vivre de manière responsable la mission de construire la paix », dans leur cœur, dans leurs relations, au sein de leur famille, dans les écoles et les universités, dans la vie des villes, des différents pays « et de toute l’Europe », tout en exhortant la société à promouvoir « un dialogue éthique » capable d’enrichir « le tissu » qui la compose. La rencontre du pape avec les jeunes au « Stade de France » de Saint-Denis a été « un moment très important et magnifique », se souvient Mgr Rougé.
« Le Souverain Pontife a appelé les jeunes à la vraie liberté, celle que donne le Christ. Et à ces jeunes, dont certains provenaient même de milieux sociaux défavorisés, il a ouvert un sens à leur vie, le chemin de la vraie liberté. »
Les Frères musulmans, sève vitale de l’islamisme mondial
A propos d’une Proposition de résolution du PPE au Parlement européen sur « La nécessité pour l’Union de se doter d’une stratégie contre l’entrisme islamiste et l’influence du réseau des Frères musulmans », le député d’extrême-gauche Manon Aubry vient contester cette nécessité en écrivant cet amendement sur l’article 10 bis :
relève que le rapport intitulé «Frères musulmans et islamisme politique en France», publié par le ministère français de l’intérieur en mai 2025, repose en grande partie sur les déclarations d’experts autoproclamés dont le travail a été critiqué à plusieurs reprises en raison d’un manque de rigueur méthodologique et de la diffusion de récits non vérifiés; souligne que plusieurs de ces personnes ont été identifiées dans une enquête menée en 2022 par des European Investigative Collaborations, à la suite de révélations de The New Yorker, comme étant liées à des réseaux soutenus par des acteurs étrangers antidémocratiques et impliquées dans une campagne coordonnée visant à discréditer les organisations musulmanes de la société civile partout en Europe;
Annie Laurent rappelle dans La Petite Feuille verte la réalité de la stratégie islamiste :
Après avoir exposé les circonstances contemporaines qui ont produit l’émergence d’une distinction entre les termes « islam » et « islamisme », ce dernier mot étant désormais appliqué à la dimension idéologique de la religion musulmane (cf. PFV n° 112), il convient d’en examiner les étapes historiques, les fondements doctrinaux et leur mise en œuvre.
Notons d’abord que l’islamisme n’est pas uniforme. D’une part, il se développe au sein des deux principales branches de l’islam (sunnisme et chiisme) avec des particularités propres à chacune d’elles ; d’autre part, il se répartit en plusieurs écoles (avec des noms variés) qui rivalisent entre elles ou s’entraident pour atteindre l’objectif qui leur est commun : le triomphe universel de l’islam.
L‘Europe n’est donc pas exclue de ce programme qui s’y impose sous l’influence principale des Frères musulmans (FM), « la sève vitale de l’islamisme mondial » selon Zidane Meriboute, docteur en relations internationales, cité par Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi dans leur livre Le projet (éd. L’Artilleur, 2019, p. 21). Ces spécialistes sont rejoints dans leur recherche par l’anthropologue Florence Bergeaud-Blacker, également auteur d’un ouvrage de référence, Le frérisme et ses réseaux, l’enquête (éd. Odile Jacob, 2023), titre qui évoque l’universalisme des FM.
L’ORIGINE ET LE DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE DES FRÈRES MUSULMANS
La confrérie des Frères musulmans (FM) a été fondée à Ismaïlia en 1928 par un instituteur égyptien, Hassan El-Banna (1906-1949), diplômé de l’Université islamique El-Azhar (Le Caire). Son projet consistait à organiser, au moyen d’une réislamisation intégrale, le rejet de l’influence de l’Occident (l’Égypte était alors sous protectorat britannique) qui, depuis le XVIIIème siècle, exerçait une réelle séduction sur une partie des intellectuels et des sociétés du Proche-Orient avides de modernité.
Cette attirance pour la civilisation et les progrès scientifiques européens, encouragée par Méhémet-Ali (1769-1849), sujet ottoman natif de la Macédoine (alors province de l’Empire turc), nommé vice-roi d’Égypte en 1805, avait entraîné au Levant un renouveau culturel, la Nahda (Renaissance). Au-delà de la rénovation de la langue arabe, marginalisée et appauvrie depuis le XIVème siècle sous l’Empire ottoman qui avait instauré le turc comme langue officielle, la Nahda avait pour objectif de promouvoir l’accueil des sciences et des arts ainsi que les principes de la philosophie des Lumières, notamment à travers le système scolaire et les traductions d’auteurs européens. Cette mobilisation, à laquelle furent associés des lettrés orientaux de toutes les religions, inspira aussi le concept de nationalisme arabe, censé transcender les appartenances confessionnelles.
C’est dans cette option que s’inscrivit le parcours de Moustafa Kemal (Atatürk, 1881-1938), lorsque, après avoir fait émerger la Turquie comme État indépendant reconnu internationalement par le traité de Lausanne (24 juillet 1923) et en avoir été élu président (29 octobre 1923), il fit voter par son Parlement la suppression du Califat (3 mars 1924), contraignant le titulaire de cette fonction, Abdulméjid II, à s’exiler en Europe. Atatürk remplaça alors la charia par un nouveau système législatif qui empruntait largement au droit européen (Cf. Annie Laurent, L’Europe malade de la Turquie, éd. F.-X. de Guibert, 2005).
Tel est le contexte qui poussa El-Banna à instituer sa Confrérie, conçue comme une sorte de « califat virtuel ». Par cette initiative, il entendait promouvoir le retour à l’islam des « pieux ancêtres » avec son système totalisant. Sa doctrine s’organise autour du dogme central du Tawhîd (Unicité de Dieu) qui implique la fusion absolue du religieux et du politique, excluant donc toute laïcité, comme l’indique son slogan, emprunté aux cinq piliers du culte : « Allah est notre but ; le Prophète notre modèle ; le Coran est notre Loi ; le djihad est notre vie ; le martyre est notre souhait ».
Les FM connurent un développement vertigineux en Égypte : en 1933, la Confrérie comprenait 40 000 militants ; en 1942, El-Banna y ajouta un « appareil secret », milice de 2 000 hommes formés aux techniques du combat ; en 1948, près d’un million d’adhérents étaient recensés dans le pays.
En 1949, la Confrérie fut dissoute par le colonel Abdel-Gamel Nasser et El-Banna assassiné par les services secrets égyptiens. Mais elle a survécu dans la clandestinité, notamment grâce à Sayyed Qotb, compatriote du fondateur qu’il avait rejoint dès 1951 (cf. infra). Emprisonné et condamné à mort par Nasser, devenu chef de l’État, Qotb a été pendu en 1966, événement qui n’a pas entraîné l’éradication des FM dont l’audience s’est propagée, sous des appellations diverses, dans de nombreux territoires, y compris hors d’Égypte.
En 1971, le président Anouar El-Sadate accorda aux FM une amnistie générale, leur permettant ainsi de sortir de la clandestinité et de réinvestir le champ sociopolitique. Entrés au Parlement, ils reprirent l’action militante, infiltrant aussi l’armée égyptienne. C’est ainsi qu’en 1981, ils ont assassiné Sadate à qui ils reprochaient d’avoir signé un traité de paix avec Israël (1977).
En 1984, le président Hosni Moubarak a reconnu les FM en tant qu’organisation religieuse mais leur a refusé l’inscription comme parti politique.
Les FM surveillaient les intellectuels prônant des doctrines qu’ils désapprouvaient. L’écrivain Farag Foda a été l’une de leurs victimes. Dans un livre publié en 1986, La vérité absente, Foda démythifiait le romantisme de l’époque idéalisée des premiers califes et condamnait les injustices envers les coptes. Son essai, considéré comme inspiré par la pensée laïque, fut condamné par les oulémas d’El-Azhar. Durant le procès, l’un des dirigeants de cette institution, Mohamed El-Ghazali, déclara devant les juges : « L’exécution d’un apostat est un devoir pour les musulmans » (cité par Malik Bezouh, Le Spectacle du monde, 30 juillet 2020). Toutes les œuvres de Foda ont ensuite été interdites en Égypte. En 1992, cet écrivain a été assassiné par deux militants qui se réclamaient des FM.
En 2011, les FM se sont engagés dans la Révolution (les « printemps arabes »). L’année suivante, pour la première fois, un de leurs dirigeants, Mohamed Morsi, a été élu à la tête de l’État égyptien. Son renversement par l’armée en 2013 a favorisé l’accession au pouvoir du maréchal Mohamed Sissi et a privé la Confrérie de reconnaissance légale au pays du Nil : sa branche politique, déclarée organisation terroriste, a été dissoute ; ses réseaux de financement ont été asphyxiés ; plusieurs milliers de ses membres ont été emprisonnés. Entre 10 000 et 20 000 militants ont choisi l’exil, notamment au Qatar et à Londres.
En dépit d’autres épreuves dans son pays d’origine, la Confrérie n’a, depuis lors, cessé de répandre son influence sur tous les continents. Son extension hors d’Égypte avait d’ailleurs commencé peu de temps après sa fondation. Des branches ont d’abord été instituées en Jordanie (1936) ; en Syrie (1938) ; puis au Liban (1982) sous le nom Mouvement de l’Unification islamique (Tawhid) et à Gaza (1987) par le mouvement palestinien Hamas (Enthousiasme). Dans la péninsule Arabe, la Confrérie est présente au Koweït, au Yémen et au Qatar. Ce dernier État est son plus important soutien dans le monde. Les FM se sont aussi implantés au Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc).
Dès 1957, l’idéologie FM s’est imposée en Irak, pays à majorité chiite. Opposé au régime sunnite et sécularisé de Bagdad, l’ayatollah Mohammed El-Sadr fonda alors le premier parti islamiste chiite contemporain sous le nom de Dawa el-Islamya (l’Appel à l’islam), anticipation du Hezbollah (Parti de Dieu) libanais, fondé en 1982.
Par ailleurs, depuis 2003, en Turquie l’accession au pouvoir de Recep Tayip Erdogan, militant actif du Parti pour la Justice et le Développement (AKP), d’obédience frériste, la Confrérie occupe une position dominante dans ce pays d’où elle rayonne sur une partie de l’Europe.
Enfin, dépassant les frontières arabes et turque, les FM se sont répandus dans le monde entier sous des dénominations variées. Dès le début, ils ont rivalisé avec des mouvements salafistes (quiétistes ou djihadistes) et takfiristes (de takfir = anathème) apparus depuis le XVIIIème siècle : wahhabisme en Arabie, Deobandi en Inde. Puis sont venus le Tabligh (Prédication) et la Jamaat el-Islami (Association de l’islam) en Inde, au Pakistan, au Bangladesh ; et, plus récemment : El Qaïda (La Base) en Afghanistan, Boko Haram (Le livre interdit) au Nigéria, et Daech (État islamique au Levant). Le frérisme s’est ainsi vite imposé comme la matrice mondiale de l’islamisme. (cf. A. Laurent, L’Islam, pour tous ceux qui veulent en parler, éd. Artège, 2017, p. 53-60).
LE FRÉRISME, UNE STRATÉGIE « OUMMATISTE »
Les principales sources d’inspiration de H. El-Banna sont les écrits de théoriciens célèbres, l’un très ancien, les trois autres contemporains du fondateur. Ils sont présentés sous des formes très documentées dans l’ouvrage d’Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi ainsi que dans celui de Florence Bergeaud-Blackler (cf. supra).
Ibn Taymiyya (1263-1328). Jurisconsulte syrien, connu pour ses nombreuses fatwas (décrets religieux) condamnant à mort les philosophes arabes éclairés, qui inspiraient encore le droit dans certains pays régis par la charia, il développa son attachement à la théocratie islamique dans son livre La Politique selon la Charia. Les FM aimaient citer la phrase de cet auteur : « Soixante ans sous l’autorité d’un imam pieux ou d’un chef religieux injuste valent mieux qu’une seule nuit d’anarchie ».
Saïd Aboul Ala Maudoudi (1903-1979). Cet autodidacte indo-pakistanais est « l’architecte de la société islamique », idée qui ressort de sa Théorie de l’État islamique où il expose la supériorité du système musulman sur tout modèle occidental et « la nécessité de provoquer une révolution universelle ». Ses principes ont été repris en partie dans un autre ouvrage, Pour comprendre l’islam, traduit dans de nombreuses langues (dont le français) et très largement diffusé encore aujourd’hui.
Sayyed Qotb (1906-1966). Journaliste et enseignant égyptien formé aux États-Unis, resté comme le plus influent penseur des FM, il s’est fait surtout connaître par son livre-testament, À l’ombre du Coran (inspiré de Maudoudi). Il y milite pour l’islamisation intégrale de l’État et de la société, dans son mode de gouvernement monolithique, sa législation civile et pénale, sa mise sous tutelle des femmes, son statut infériorisant des juifs et des chrétiens. Il dénie par ailleurs à l’islam chiite toute légitimité et appelle au djihad contre toute souveraineté qui ne vient pas d’Allah. Il écrit : « Le monde contemporain est divisé en deux mondes antinomiques : l’islam et la jâhilîya (état d’ignorance ou de barbarie préislamique) ». Dans un autre livre, Le combat de l’islam contre le capitalisme, Qotb affirme : « L’islam nous offre la personnalité originale qui nous distinguera des sociétés occidentales. L’islam est une confession de dignité qui refuse de nous voir suivre ou laisser guider par un bloc Est ou Ouest ».
Youssef el-Qaradawi (1926-2022). Égyptien, titulaire d’un doctorat à El-Azhar pour une thèse sur le rôle de la zakat (aumône légale) dans la résolution des problèmes sociaux, initiateur d’une doctrine du « juste milieu », il fut actionnaire de la banque des Frères et créa le Conseil européen pour la fatwa et la recherche (1997). Auteur notamment du livre Le licite et l’illicite en islam (1960), diffusé dans le monde entier, il a présidé l’Union internationale des savants musulmans.
L’accès et l’étude des très nombreux écrits d’El-Banna, de ses inspirateurs et de ses successeurs, a conduit Florence Bergeaud-Blacker à considérer que l’idéologie des FM ne les apparente ni à une organisation d’aide sociale, ni à un parti nationaliste ou politique, ni à un courant théologique. Il s’agit d’un « système d’action », d’une mission à vocation planétaire, visant à « décoloniser le monde musulman » et à « empêcher toute convergence envers les tendances séculières (notamment la laïcité française) vues comme un danger mortel » (Le frérisme et ses réseaux, l’enquête, op. cit., p. 28).
Doté d’une structure de gouvernance pyramidale, présidée par un « Guide suprême » (ce titre fut repris en 1979 par l’ayatollah chiite Khomeyni lorsqu’il fonda la République islamique d’Iran), imposant à ses membres un « serment d’allégeance », le mouvement est fondé sur plusieurs dimensions : « De la lecture des premières épîtres d’El-Banna il est possible de dégager les trois axes du système d’action du frérisme, toujours à l’œuvre aujourd’hui : proposer une vision, une identité et un plan afin de mettre en marche le mouvement islamique qui devra accomplir la prophétie califale, c’est-à-dire l’instauration de la seule société humaine possible, la société islamique » (id., p. 42).
F. Bergeaud-Blacker y mentionne une autre caractéristique : la primauté universelle de l’Oumma (la nation islamique) qui constitue « une identité sans altérité ». « Pour Hassan El-Banna, l’Oumma, a pour seule frontière la croyance en l’islam. Elle ne reconnaît pas les frontières géographiques ni les différences de race ou de sang. Est terre musulmane « le moindre pouce de territoire où se trouve un musulman qui croit en Allah et en son prophète » ». L’auteur ajoute cette autre position d’H. El-Banna : « Dieu considère tous les musulmans comme une seule nation et la patrie islamique comme une seule patrie » (id., p. 51).
Voici ce qu’elle écrit au sujet de la jâhilîya, la période d’ignorance qui, selon la légende, occupait le monde avant que n’advienne « la révélation coranique » : « Dans les écrits de Sayyed Qotb, cette jâhilîya n’est pas encore vaincue ; elle demeure sous la forme des sociétés non musulmanes et des sociétés « hypocrites » qui se prétendent musulmanes mais adorent « les idoles » : modernité, laïcité, démocratie ou nationalisme ». Puis, elle tire cette conclusion concernant la mission des FM : « La finalité est déterminée, les moyens existent déjà (tout est dans le Coran et dans la Sunna) ; il faut et il suffit de faire advenir l’Oumma partout où c’est possible. Les Frères n’ont qu’une mission : rassembler et mettre en marche la communauté ; ils redoutent moins l’ennemi extérieur que la fitna, la dissolution du lien dans la communauté » (id., p. 52).
De ce programme résulte donc le choix du terme « frérisme », qui exprime la « transnationalisation de l’islamisme », explique F. Bergeaud-Blacker. « Système d’action doté indissociablement d’une vision du monde, d’une identité collective, d’un plan […], le frérisme cherche à accomplir la prophétie califale par la transformation de chaque musulman en missionnaire » (id., p.75). Tel est le principe fondateur de l’« oummatisme », une idéologie « non arabo-centrée » mais universaliste, préconisée par Maudoudi, l’un des premiers théoriciens des FM (id., p. 77).
Les Frères ont choisi l’Europe comme terre d’élection pour développer leurs activités, concevoir et expérimenter le frérisme. Ils y ont installé des associations dans tous les pays sans dévoiler ni leur identité ni leur plan pour s’y investir et s’y déployer » (F. Bergeaud-Blacker, op. cit., p. 32).
L’État, premier acteur du dérèglement bioéthique
Lucie Pacherie, responsable plaidoyer France et porte-parole de la Fondation Jérôme Lejeune, signe une tribune dans Valeurs Actuelles :
En cette rentrée 2026, le dérèglement bioéthique s’accélère. Après l’accablante séquence estivale sur « l’aide à mourir », le Gouvernement poursuit son engagement à promouvoir des atteintes à la dignité humaine. Ce phénomène n’est pas anodin au seuil d’une année électorale. Plus que jamais, les transgressions bioéthiques sont utilisées comme des marqueurs « progressistes », pour rassembler.
Le ministère de la Santé planche sur les décrets d’application pour rendre effectives les premières euthanasies. Dans le même temps, il publie, le 7 septembre, la « Feuille de route santé sexuelle 2026-2030 ». Parmi les priorités politiques avancées : « l’extension du délai légal d’accès à l’IVG et la suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG ».
Le 16 septembre, c’est l’Agence de la biomédecine, placée sous la tutelle de ce même ministère de la Santé, qui lance un tour de France pour recruter des donneurs de gamètes. L’objectif : répondre à la demande de gamètes, qui s’est multipliée par 8,5 depuis que la loi bioéthique de 2021 a fait de la PMA un moyen de procréer accessible à tous.
« Droit à » l’euthanasie, « droit à » l’avortement, « droit à » la procréation médicalement assistée. Derrière ces nouveaux « droits » se dessine un même basculement anthropologique. Les limites de la condition humaine sont perçues comme des obstacles que le droit et la technique doivent dépasser.
De la procréation à la mort, la logique de la maîtrise, de l’autonomie et de la volonté individuelle occupe le terrain au détriment des personnes vulnérables, dépendantes, différentes.
Un véritable hold-up de l’État
L’État n’est pas étranger à ce mouvement, il en est l’auteur. Il ne se contente pas « d’encadrer » ces pratiques : il les organise et les promeut. C’est un véritable hold-up de l’État sur ce qui constitue le plus intime et le plus grand de l’homme : procréer, mourir, s’adapter.
L’État s’est emparé de la procréation jusqu’à quémander les gamètes de nos jeunes, en leur faisant croire qu’ils devraient les donner comme ils donnent leur sang. Le don de gamètes n’est pas un don comme un autre : il conduit à engendrer une nouvelle personne, avec une histoire et une filiation.
En le présentant sous le registre de la générosité pour satisfaire les 10 000 personnes en attente de don, la campagne « Faites des parents » déconstruit l’acte d’engendrement en dissociant ses dimensions biologiques, juridique et affective.
L’État s’est emparé de l’enfantement. Seul l’enfant désiré et en « bonne santé » a le droit de cité.
Comment recevoir les « priorités politiques » du ministère sur la suppression des délais pour avorter et la clause de conscience spécifique, seulement quatre ans après avoir repoussé la limite à 14 semaines de grossesse, et deux ans après la constitutionnalisation d’une « liberté » d’avorter ?
La justification avancée de ces « priorités » est la « stigmatisation de l’acte d’IVG ». Après 50 ans de promotion de l’avortement à travers des lois permissives, jusqu’à sa célébration au Congrès, cela sonne faux.
D’autant plus dans un contexte de renversement démographique où la France affiche 645 000 naissances pour 651 000 décès en 2025, assorti de 251 270 avortements en 2024, auxquels il faut ajouter 6 000 interruptions dites « médicales » de grossesse.
L’État se souvient-il que « l’accueil de l’enfant dans la société et la politique familiale sont des obligations nationales » qu’il doit exécuter ?
L’intégration systématique de nouveaux tests de dépistage anténataux pris en charge pèse aussi lourd dans la balance de l’État. Des acteurs institutionnels, comme la ville de Paris, se prêtent à un lobbying pour légaliser un test triant les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques comme la trisomie 21. Il ne s’agit pas d’autre chose que d’organiser la sélection des personnes, définition même de l’eugénisme.
Loi mortifère
Enfin, on le sait, l’État s’est emparé de la mort, dernière liberté à conquérir. La vigilance dans le suivi des décrets d’application chargés de toutes les modalités concrètes de l’acte létal est essentielle. Tout comme l’attention à nos proches vulnérables ou handicapés, dont le discernement vacille, et qui ne sont pas protégés de cette loi mortifère.
Le constat de cette rentrée est déplorable. Mais c’est sans compter l’empreinte laissée par le pape. Léon XIV a eu les paroles puissantes d’un chef d’État et d’une autorité morale. Il nous a redonné l’espérance et le souffle pour ne pas se résigner.
Parce que ce qui est « légal n’est pas forcément moral » et que le « discernement éthique » est plus que jamais nécessaire ; parce que « la tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion doit être fermement rejetée » ; parce qu’« aucune loi ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité [chers malades, et que], vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité » ; parce qu’il ne faut pas avoir peur de « défendre la dignité de toute personne, du premier instant dans le ventre de sa mère jusqu’à son dernier souffle » ; la Fondation Jérôme Lejeune poursuit son engagement au service de la Vie.
Le réalisme est sans doute la meilleure façon de retrouver des repères nécessaires pour reconstruire. C’est la raison pour laquelle l’équipe poursuit son Tour de France « Dérèglement bioéthique : les repères pour agir ». L’objectif : permettre aux Français, à travers une soirée ciné-conférence, de comprendre ces transformations et de découvrir des outils pour agir. Car le dérèglement bioéthique n’est pas inéluctable.
Utrique Fidelis : le nouveau pèlerinage régional dans l’ouest de la France
Vidéo réalisée par une journaliste de Famille chrétienne sur le nouveau pèlerinage vendéen, de Tiffauges, en Vendée, et le sanctuaire Notre-Dame du Marillais, en Anjou. Une cinquantaine de kilomètres parcourus par 450 pèlerins les 3 et 4 octobre :
La carte du grand remplacement en Europe
L’Institute for remigration (IFR) a publié cette carte de l’Europe occidentale donnant pour chaque pays la date où plus de 50% de la population sera d’origine étrangère. Sur le site de l’institut, pour chaque pays est indiqué le mode de calcul, qui dépend des sources. De ce fait les comparaisons ne sont pas toujours fiables, et les évaluations sont sujettes à caution. Toutefois l’évolution est claire, et conduit à la fin de l’Europe européenne à court terme, sauf remigration immédiate.
(On pourrait ajouter qu’il s’agit aussi de la carte de la fin de l’Europe chrétienne. Mais c’est déjà fait, quand on sait que 2% des Français sont pratiquants, ce qui est sans doute moins qu’en Egypte… Reste seulement à savoir quand elle sera officiellement musulmane…)
Vers un retour à la liberté de l’instruction en famille?
Alors que l’école publique s’effondre sous nos yeux, Juristes pour l’enfance se réjouit de la publication d’un rapport parlementaire en faveur de la liberté des parents de choisir l’instruction en famille :
Juristes pour l’enfance se félicite de la publication, ce jour, du rapport de la mission d’information sur l’instruction en famille (IEF), présenté à la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale par les députés Josiane Corneloup et Vincent Trébuchet.
Ce rapport interroge avec lucidité le régime d’autorisation préalable instauré par la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, dite loi « de lutte contre le séparatisme ». Ce nouveau régime a en effet transformé une liberté éducative séculaire en une exception strictement encadrée et soumise au bon vouloir de l’administration, comme en témoignent les fortes disparités d’acceptation des dossiers en fonction des académies. En substituant un régime d’autorisation restrictive au simple régime déclaratif antérieur, cette loi de 2021 a inversé la logique : l’État s’est arrogé le pouvoir d’apprécier, à la place des parents, ce qui est le plus conforme à l’intérêt de l’enfant. C’est précisément cette inversion que le rapport parlementaire met en lumière et qu’il propose de corriger en préconisant pour l’instruction en famille un retour à un régime déclaratif renforcé.
Comme le rappelle le récent ouvrage dirigé par Juristes pour l’enfance, Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ?, le régime actuel de l’autorisation préalable contrevient au principe fondamental de la primauté éducative des parents. Reconnu par le droit national et international, ce principe reconnaît en effet que les parents disposent, dans le respect de l’intérêt de l’enfant, d’une liberté et d’une responsabilité particulières dans les choix éducatifs, y compris le choix du mode d’instruction.
C’est pourquoi Juristes pour l’enfance appelle le législateur et le Gouvernement à tirer toutes les conséquences de ce rapport et à rétablir un cadre juridique respectueux de la primauté éducative parentale, dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
Et si vous deveniez actionnaire de Chérubins ?
Chérubins s’est créé pour répondre à deux enjeux : offrir une alternative aux « écrans » favorisant l’imaginaire et proposer aux parents un univers de confiance pour la transmission de leurs valeurs.
À l’heure où les contenus audios occupent une place croissante dans le quotidien des plus jeunes, une conviction guide ce projet : ce que les enfants écoutent façonne durablement ce qu’ils deviennent. Les grandes histoires construisent l’imaginaire, nourrissent l’intelligence et le cœur, éveillent le sens du beau et transmettent, souvent avec plus de force que les discours, une certaine vision de l’homme. Pourtant, les familles peinent encore à trouver des récits capables d’allier une qualité artistique d’excellence aux valeurs qu’elles souhaitent transmettre à leurs enfants.
C’est pour répondre à cet enjeu qu’est née Chérubins dans un marché mondial du livre audio en forte croissance (7 milliers de dollars en 2023 / prévision : 35 milliards de dollars en 2035). La plateforme Chérubins compte désormais près de 80 histoires audio immersives, soit 350 à 400 épisodes (100 heurs d’écoute), mêlant productions originales (Jeanne d’Arc, Saint-Martin de Tours, Charles de Foucauld, Saint Exupéry, …) et contenus issus de partenaires éditoriaux avec l’Imprimerie Mame, Diffusia et Biblus (la Comtesse de Ségur, la légende de Loupio, la Bible, les contes d’Andersen, …).
La dynamique commerciale s’accélère fortement : Chérubins compte désormais 1500 abonnés payants, un nombre doublé en deux mois. Afin de pouvoir déployer aux plus grands nombres cette offre à destination des familles, Chérubins ouvre son capital.
Vous souhaitez donner du sens à votre épargne en devenant actionnaire de Chérubins et ainsi contribuer à l’élévation de notre jeunesse ?
Découvrez et investissez dans cette belle opportunité d’investissement en cliquant sur le lien ci-contre : https://www.credofunding.fr/fr/cherubins-capital
Vous pouvez contacter Edouard Vieilfault([email protected]), directeur de CredoLending, pour toute demande de précision si nécessaire.
L’investissement comporte des risques de perte partielle ou totale du capital investi – Des frais sont dus par le porteur de projet et les investisseurs (18 € TTC).
Vers un schisme entre l’épiscopat belge et Rome ?
Six mois après avoir annoncé son intention d’ordonner prêtres des hommes mariés à l’horizon 2028, Mgr Johan Bonny annonce que des candidats sont déjà en formation.
Le dossier a été porté à Rome et l’évêque d’Anvers fait désormais de son aboutissement un test de la « crédibilité » du processus synodal.
Les critères retenus sont proches de ceux appliqués aux candidats mariés au diaconat permanent : être âgé d’au moins 35 ans, avoir l’accord de son épouse, mener une vie familiale stable et ne plus avoir d’enfants en bas âge. Cette préparation se poursuit dans l’attente d’une autorisation de Rome, indispensable pour que le projet puisse aboutir.
Mgr Bonny justifie cette accélération par une situation qu’il présente comme une nécessité. Le diocèse d’Anvers ne compterait plus que 70 prêtres âgés de moins de 70 ans, dont les deux tiers sont d’origine étrangère.
Aucun prêtre n’est désormais affecté à un hôpital, à une école ou à un mouvement de jeunesse. Il ne reste qu’un seul aumônier permanent pour les cinq établissements pénitentiaires de la province.
En juin, Mgr Bonny s’est rendu à Rome afin d’y défendre son projet. Il a rencontré le cardinal Lazarus You Heung-sik, préfet du Dicastère pour le Clergé, ainsi que le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode. Selon lui, les deux cardinaux lui ont répondu qu’ils transmettraient la question à Léon XIV.
Mgr Bonny précise qu’il avait également emporté à Rome une lettre de la Conférence épiscopale belge soutenant sa demande.
L’année 2028 correspond à la fin de la phase de mise en œuvre du Synode sur la synodalité. Ce qui était présenté au printemps comme une réponse à la pénurie de prêtres devient donc également une exigence liée à la réussite du processus synodal lui-même.
La pression sur Rome s’accentue : d’une demande discutée depuis des années, Mgr Bonny est passé à l’annonce d’ordinations ; de l’annonce, à la sélection et à la formation des candidats ; et de la préparation, à une démarche auprès de Rome assortie désormais d’une échéance.
Paul VI avait déjà répondu dans l’encyclique Sacerdotalis caelibatus du 24 juin 1967.
« On ne peut croire tout simplement que l’abolition du célibat ecclésiastique accroîtrait par le fait même et de façon notable le nombre de vocations. »
Paul VI demandait plutôt de rechercher les causes de leur diminution « dans la perte ou l’affaiblissement du sens de Dieu et du sacré » et dans le fait que l’Église soit moins reconnue comme « l’institution qui apporte le salut par la foi et les sacrements ».
Surtout, le célibat n’y est nullement présenté comme une simple règle pratique susceptible d’être abandonnée lorsque le nombre de prêtres diminue. Paul VI rappelle le « lien profond qui, dans le Christ, unit la virginité et le sacerdoce » et voit dans le célibat le signe du don total du prêtre au Christ, à l’Église et aux âmes.
Il allait jusqu’à affirmer que « l’Église d’Occident ne peut pas faiblir dans la fidélité à la tradition ancienne qui est la sienne ».
L’Œuvre des Retraites lance un nouveau site pour faciliter le choix de sa retraite spirituelle
Et si trouver la retraite spirituelle qui vous correspond devenait plus simple ?
C’est tout l’objectif du nouveau site de l’Œuvre des Retraites, toujours accessible à la même adresse : oeuvredesretraites.fr.
Le site a été entièrement repensé pour vous permettre de trouver rapidement la retraite adaptée à votre situation, à vos attentes et à vos disponibilités.
Vous pouvez désormais rechercher une retraite :
* selon votre besoin ou votre situation ;
* par lieu, grâce à une carte interactive ;
* par prédicateur ;
* ou simplement par date, dans le calendrier.

Chaque proposition est plus facile à découvrir et à comparer, avec un design modernisé, une navigation plus intuitive et des témoignages enrichis pour mieux se projeter avant de choisir.
Une fois votre retraite trouvée, l’inscription est elle aussi plus simple : le parcours a été fluidifié jusqu’au paiement en ligne, avec moins d’étapes et une expérience plus claire de bout en bout.
Vous pouvez ainsi parcourir près de 40 retraites et récollections spirituelles, dans 14 lieux en France, animées par une vingtaine de prédicateurs : retraites pour pères ou mères de famille, récollections pour fiancés ou époux, retraites de marche en montagne, retraites selon les Exercices de saint Ignace…
Et parce qu’une expérience plus simple pour les retraitants passe aussi par une meilleure organisation en coulisses, le nouveau site offre aux abbés un véritable outil de gestion des retraites et des inscriptions.
Depuis 25 ans, l’Œuvre des Retraites accompagne ceux qui souhaitent prendre quelques jours pour chercher Dieu, écouter sa Parole, relire leur vie à sa lumière et discerner le chemin qu’Il leur ouvre.
Plus de 500 retraites prêchées et plus de 8 000 retraitants ont déjà vécu cette expérience.
👉 Trouvez la retraite spirituelle qui vous correspond : oeuvredesretraites.fr

La liturgie tridentine est missionnaire
Après le 44e pèlerinage de Pentecôte, Notre-Dame de Chrétienté vous propose une nouvelle série de vidéos pour vous aider à vivre concrètement la mission.
Dans ce cinquième épisode, l’abbé Iborra, responsable des catéchumènes à la paroisse Saint-Roch à Paris, échange avec Philippe Pelissier, auteur de “Ils sont entrés dans l’Église… par la voie de la liturgie latine”, autour d’un phénomène particulièrement marquant : la croissance du nombre de baptêmes et le retour à la pratique, notamment chez les jeunes.
Qui sont ces nouveaux convertis ? Que viennent-ils chercher dans l’Église et dans les paroisses attachées à la liturgie traditionnelle ? Comment les accueillir, les former et les accompagner dans la durée ?
Villiers et le sursaut de la France éternelle
Lu dans Les 4 Vérités :
Dans une France travaillée par le doute, minée par la désagrégation de ses repères et tentée par la résignation, Philippe de Villiers ose convoquer le vocabulaire de la foi pour parler du destin national. Le titre de son nouvel ouvrage: « Résurrection » est tout un programme. Car la France porte encore en elle les ressources de son propre relèvement.
Après avoir dénoncé le « Mémoricide », entreprise d’effacement de la mémoire collective, puis le « Populicide » et la rupture entre les élites et le peuple, Philippe de Villiers franchit une nouvelle étape. Il ne se contente plus de nommer les causes du mal ou d’en désigner les responsables. Il propose désormais une espérance. L’auteur rappelle que le déclin d’une civilisation n’est jamais une fatalité historique, mais le résultat d’une abdication des volontés.
La thèse qui traverse ce nouveau livre est celle d’une distinction fondamentale entre la France éternelle et les régimes politiques qui se sont succédés. Philippe de Villiers raconte ici deux millénaires d’espérance française. Pas pour regretter un âge d’or, mais pour retrouver le fil d’une histoire dont les Français ont perdu le sens. Car une nation ne se décrète pas. Elle se reçoit et se transmet. Et une société qui ne sait plus ce qu’elle doit transmettre finit par ne plus savoir pourquoi elle devrait durer.
La véritable originalité du livre tient sans doute moins à son diagnostic qu’à la réponse qu’il entend lui apporter. Philippe de Villiers convoque la figure biblique du « petit reste »: cette minorité de fidèles qui demeure attachée à l’espérance, alors même que tout semble perdu. Transposée sur le terrain politique, cette image devient celle d’une élite de consciences libres, capables de résister aux conformismes ambiants et de préparer le redressement.
Mais comment retrouver une continuité sans se contenter de reproduire le passé et transformer une minorité de convaincus en une force de rassemblement ? Les majorités, répond Philippe de Villiers, entretiennent souvent l’ordre établi (ou le désordre établi comme aujourd’hui, ajouterions-nous !), tandis que les minorités peuvent en modifier le cours.
Cependant, la défense de la France éternelle doit aussi se traduire en propositions concrètes. Le retour aux sources ne suffit pas à répondre aux urgences du présent. Et la dénonciation des élites ne saurait constituer, à elle seule, un projet de gouvernement.
Au fond, ce livre veut affronter cette question difficile: qu’estce qui fait qu’un peuple demeure lui-même? La politique ne saurait se limiter à la gestion des intérêts matériels. Les nations ont aussi besoin d’un récit, d’une fidélité et d’une espérance. La France n’est pas condamnée à disparaître, mais elle ne retrouvera pas non plus son élan par la seule évocation de ses gloires passées. Car une civilisation ne renaît pas simplement parce que quelques-uns refusent sa mort. Elle renaît lorsque cette fidélité devient contagieuse. Alors seulement, la France éternelle pourra redevenir une réalité vivante, capable de traverser les siècles sans renoncer à ellemême. Souhaitons que cet appel de Villiers soit entendu!
