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Une Française en prison pour avoir critiqué l’idéologie du genre ?

Dora Moutot risque une peine de prison pour avoir critiqué les hommes qui utilisent des espaces féminins tels que les vestiaires et les salles de bains.

Elle a déjà été sanctionnée pour avoir qualifié un homme confus de genre d' »homme », mais sa phrase suscite maintenant la condamnation d’un responsable des Nations Unies.

En 2022, Dora Moutot a qualifié un maire « transgenre » nommé « Marie » Cau d’homme. Le vrai nom de Cau est Nicholas. Il est le maire d’une petite ville française.

Moutot a fait ses commentaires lors d’un débat politique sur les questions d’identité de genre. Elle a spécifiquement déclaré que certains hommes pourraient abuser des lois sur l’idéologie du genre pour harceler ou causer des problèmes aux femmes.

Un journaliste « a demandé à Moutot si elle considérait le maire comme une femme, ce à quoi Moutot a répondu : « Pour moi, Marie Cau est un homme ».

« Une déclaration publiée par (le lobby LGBT) Mousse a accusé Moutot d’avoir « violemment attaqué » Cau en le qualifiant à la fois d’homme et d’« homme transféminin ».

Moutot a déjà été condamnée à près de 5 000 euros pour ses commentaires. Cependant, elle fait maintenant face à « six autres plaintes pénales » qui pourraient inclure jusqu’à un an de prison pour elle et un collègue.

Elle a dit :

Ces nouvelles accusations ciblent des déclarations spécifiques que nous avons faites sur les médias sociaux et sur notre blog féministe et notre chaîne YouTube Femelliste. Ils incluent notre opinion selon laquelle les « hommes » « exigeaient l’accès à nos espaces » et la question : « Sur quels motifs la peur des femmes transgenres d’être moquées dans les toilettes des hommes devrait-elle primer sur la peur des femmes d’être violées ? »

Rapporteur spécial sur la violence à l’égard des femmes et des filles, Reem Alsalem, a condamné les sanctions dans de nouveaux commentaires.

« Le rapporteur spécial est particulièrement préoccupé par le raisonnement énoncé dans l’arrêt »,selon communiqué de presse. « Bien qu’initialement poursuivie comme incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination, la conduite a été reclassée comme une insulte publique. »

Alsalem a déclaré dans ses propres mots :

En tant que femmes, dire que nous devons faire preuve de prudence autour des hommes, en particulier lorsqu’il y a des raisons de craindre pour notre sécurité, ne constitue pas en soi un discours de haine.

Une telle expression peut être raisonnable et légitime dans le contexte de la sécurité des femmes et du débat sur les espaces réservés aux femmes. Les femmes ne devraient pas être sanctionnées pour avoir exprimé des préoccupations concernant leur propre sécurité ou celle des autres femmes et filles.

« Le simple fait d’exprimer des opinions sur le sexe, le genre ou les besoins spécifiques des femmes en fonction de leur sexe ne devrait pas constituer un motif de harcèlement, d’intimidation ou de sanction. »

Alsalem a remis en question l’absence de réponse aux menaces de mort contre Moutot pour ses commentaires, affirmant que cela « souleve des préoccupations concernant l’égalité devant la loi, la diligence raisonnable et le droit à un recours efficace ».

La responsable de l’ONU a lancé sa propre enquête sur l’affaire.

Dans le même temps, un juriste américain expert en libertés civiles a réprimandé la France pour avoir abandonné la liberté d’expression.

« La liberté d’expression est depuis longtemps en chute libre en France », a récemment écrit le professeur Jonathan Turley.

« Beaucoup ne sont pas d’accord avec Moutot et ils ont la liberté d’expression pour dénoncer ses opinions. Cependant, Moutot n’a pas étendu la même protection en fonction du contenu de ses opinions », a poursuivi le professeur de l’Université George Washington.

Turley a critiqué la tactique des « activistes transgenres » qui refusent de débattre ouvertement de leurs points de vue, mais utilisent plutôt la loi pour faire taire les opposants.

Saint François d’Assise – Une BD spéciale pour les 800 ans

« C’est aujourd’hui que sort en librairie notre album sur saint François d’Assise qui me tient particulièrement à coeur pour plusieurs raisons : – Il célèbre les 800 ans (le 3 octobre) de la mort d’un homme dont la spiritualité traverse les âges et les continents, – il est mon saint patron, ainsi que celui de Francesco Rizzato qui l’a illustré et de Paolo Francescutto qui l’a mis en couleur. Nous y avons mis tout notre coeur et je crois qu’il est réussi. En espérant qu’il vous donne envie de (re)découvrir la vie si inspirante du « poverello » ». J.F. Vivier.

Né dans une famille bourgeoise d’Assise, François, d’abord habité par des rêves de gloire et de richesse, va bientôt tout quitter pour suivre Dame Pauvreté. Sa radicalité va lui attirer rapidement des compagnons, tous prêts à le suivre pour l’annonce de l’Évangile. Bien qu’il ne soit pas prêtre, il va créer un ordre, les Franciscains, qui va traverser les siècles jusqu’à aujourd’hui.

Au fil des pages, « 1219, siège de Damiette par les armées croisées lors de la cinquième croisade… « Je suis Frère François, nous venons d’Italie » … » suivez saint François qui porte son message au monde. Dessins travaillés, couleurs choisies, texte adapté et un fond historique privilégié, en font un livre de choix.

Même si elle ne remplace absolument pas un livre – pour les adultes comme pour les enfants -, la bande dessinée est aujourd’hui un formidable moyen de faire découvrir des figures exceptionnelles comme saint François d’Assise. Accessible et vivante, elle s’adresse à tous, plus particulièrement peut-être, à ceux qui ne se tourneraient pas spontanément vers une biographie ou un ouvrage historique.

Dans une société où l’image occupe une place essentielle, raconter une vie en bande dessinée permet de la rendre plus concrète, plus proche et plus facile à comprendre. Le lecteur entre facilement dans l’histoire, s’attache aux personnages et s’approprie plus naturellement leur message.
En ce sens, la bande dessinée constitue aujourd’hui un remarquable outil de transmission et d’évangélisation, capable de rejoindre un large public tout en faisant découvrir la richesse d’un héritage spirituel et humain.

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Saint François d’Assise – BD, Jean-François Vivier, Dessins de Francesco Rizzato, Editions Plein Vent, 15.90 €

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Napoléon musulman ? La Grande Mosquée de Paris relaie une thèse que les sources contredisent

Dans une vidéo publiée par la Grande Mosquée de Paris, l’historien et ancien diplomate Louis Blin a affirmé qu’« il est incontestable que Napoléon ait été musulman ». L’institution a depuis précisé que cette thèse ne faisait pas consensus et restait minoritaire parmi les historiens. La mise au point est bienvenue. Elle ne règle pourtant pas le problème de fond : les textes invoqués pour transformer Bonaparte en musulman convaincu montrent surtout un chef de guerre utilisant la religion comme instrument de conquête et de gouvernement.

UNE AFFIRMATION CATÉGORIQUE, PUIS UNE PRUDENTE MISE AU POINT

Louis Blin n’est pas un inconnu. Historien, arabisant et ancien diplomate, il a vécu et travaillé dans plusieurs pays arabes et publié de nombreux ouvrages consacrés au monde arabe et à l’islam. Son livre Napoléon et l’islam, paru en 2025, a été suivi de Napoléon et l’Arabie en 2026. Il existe donc un véritable objet historique : l’expédition d’Égypte, les relations de Bonaparte avec les autorités musulmanes, son intérêt pour Mahomet, ses ambitions orientales et sa compréhension de la puissance politique des religions. La présentation de son premier livre le décrit comme le seul dirigeant français à avoir écrit et prononcé la profession de foi musulmane, puis pose la question de sa sincérité. Un livre peut ouvrir une question. La courte vidéo la referme d’autorité.

Mais un objet historique sérieux peut donner lieu à une conclusion fragile. Dans la vidéo diffusée en marge de la conférence du 30 septembre 2026, Louis Blin ne dit pas simplement que Napoléon s’est intéressé à l’islam, qu’il l’a admiré sous certains aspects ou qu’il en a adopté le langage. Il affirme qu’il a été musulman et présente ce fait comme « incontestable ».

Le 6 octobre, la Grande Mosquée de Paris a publié une mise au point. Elle rappelle que le propos appartient à Louis Blin, affirme ne pas avoir elle-même d’avis sur la question et reconnaît que la thèse « ne fait pas consensus et reste minoritaire parmi les historiens ». Cette clarification est honnête, mais elle intervient après la diffusion d’une formule catégorique, taillée pour les réseaux sociaux et dépourvue de toute contradiction immédiate.

On ne reproche pas à la Grande Mosquée d’organiser une conférence. On lui reproche d’avoir donné à une hypothèse minoritaire la forme d’une certitude virale. Un lieu de débat peut accueillir une thèse audacieuse. Lorsqu’il sélectionne et diffuse lui-même l’extrait le plus spectaculaire, il exerce aussi une responsabilité éditoriale.

UNE CHAHADA PLACÉE DANS UN ACTE DE GOUVERNEMENT

Le principal argument avancé tient à l’emploi, par Bonaparte, de la profession de foi musulmane. Le fait matériel existe. Le 17 juillet 1799, à Terrâneh, une proclamation adressée aux cheikhs, ulémas, chérifs, imams et fellahs de la province de Bahyreh commence par la formule selon laquelle il n’y a d’autre Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète.

Mais il faut lire le document entier. Il ne s’agit ni d’une confession intime, ni du procès-verbal d’une conversion, ni d’une déclaration adressée à une communauté religieuse afin d’y être reçu. Il s’agit d’un firman politique et militaire. Bonaparte y affirme que les habitants de la province mériteraient un châtiment, invoque la clémence prescrite par le Coran, puis leur accorde un pardon général à condition qu’ils se conduisent désormais comme il l’attend. La chahada introduit donc un acte de gouvernement émis par le commandant d’une armée d’occupation à destination d’une population musulmane. Un acte de gouvernement peut refléter une conviction, mais il ne la prouve pas. Ici, le contexte du texte et le commentaire ultérieur de Bonaparte documentent précisément une intention tactique.

Le contexte rend l’intention assez transparente. Bonaparte cherche à gouverner l’Égypte avec le concours des notables et des savants religieux, à désamorcer les soulèvements et à présenter la conquête française comme compatible avec l’islam. Il participe aux célébrations du Mawlid, protège les caravanes de pèlerins et institue un divan composé d’ulémas. Ce sont des gestes politiques intelligents, éventuellement accompagnés d’une curiosité et d’une estime réelles. Ils ne constituent pas, à eux seuls, une conversion.

Il suffit d’ailleurs d’écouter Napoléon commenter lui-même cette formule quelques années plus tard. Dans le Journal inédit de Sainte-Hélène du général Gourgaud, à la date du 11 février 1817, il relit la chahada contenue dans ses lettres d’Égypte et déclare : « Je disais cela pour me faire bien venir des Orientaux. »

L’expression « se faire bien venir de quelqu’un » ne signifie évidemment pas faire venir des Orientaux auprès de soi. Dans le français de l’époque, elle veut dire se concilier leur faveur, gagner leur bienveillance, se rendre agréable à leurs yeux. Napoléon fournit donc lui-même la clé de lecture : la formule religieuse servait une entreprise de persuasion politique.

LA CONVERSION ENVISAGÉE SEULEMENT EN CAS DE RÉUSSITE

Un autre passage du même journal est encore plus révélateur. Le 26 décembre 1816, Napoléon raconte que des cheikhs lui conseillaient de faire passer l’armée à l’islam et de lui faire prendre le turban afin d’asseoir son autorité. Il reconnaît avoir envisagé cette démarche, mais seulement s’il était assuré de réussir. À défaut, explique-t-il à propos du général Menou, converti à l’islam sous le prénom d’Abdallah : « Je me serais, comme Menou, couvert de ridicule. »

Voilà la source précise de l’allusion au ridicule : Gaspard Gourgaud, Sainte-Hélène. Journal inédit de 1815 à 1818, tome I, entrée du jeudi 26 décembre 1816, pages 347 et 348, édition Ernest Flammarion de 1899.

Ce texte ne révèle pas un croyant empêché de confesser sa foi. Il révèle un conquérant prêt à envisager un changement religieux collectif si celui-ci lui garantit le succès politique. Le critère qu’il expose n’est pas la vérité d’un dogme, l’adhésion intérieure ou le salut de l’âme. C’est la réussite. La crainte n’est pas de trahir une conviction, mais d’échouer publiquement et de paraître risible.

On peut trouver cette plasticité cynique. Elle n’est d’ailleurs pas propre à sa politique orientale. Napoléon a constamment considéré les religions aussi comme des forces sociales à organiser et à employer. Il pouvait parler le langage de l’islam au Caire, conclure le Concordat avec Rome, rétablir le culte catholique en France et entrer ensuite en conflit brutal avec Pie VII. Le présenter comme un musulman pieux est aussi peu convaincant que d’en faire, sur la seule foi du Concordat, un modèle de prince catholique.

CE QUE NAPOLÉON ADMIRAIT RÉELLEMENT CHEZ MAHOMET

L’intérêt de Napoléon pour Mahomet est réel. Encore faut-il déterminer ce qu’il admirait. Dans les Mémoires pour servir à l’histoire de France sous Napoléon, rédigés à Sainte-Hélène et publiés en 1823 sur des manuscrits corrigés de sa main, le contraste avec le Christ est explicitement politique. Jésus n’a exercé aucun pouvoir terrestre. « Mahomet fut roi ! », écrit en revanche Napoléon, avant de décrire une religion portée par une nation guerrière, unifiant les tribus, étendant son empire et réunissant l’autorité religieuse et le glaive.

Autrement dit, ce qui fascine le conquérant corse est d’abord un fondateur d’empire, un législateur et un chef capable de transformer une croyance en force d’unification, de conquête et de soumission politique. Napoléon contemple Mahomet à travers son propre rêve : fonder un ordre, donner une loi, mobiliser un peuple et étendre un empire.

L’historien égyptien Ahmed Youssef, membre de l’Institut d’Égypte et spécialiste des relations entre le monde arabe et la France, le résume sans ambiguïté. Ce n’est pas le prophète qui fascine Bonaparte, mais le conquérant parti de rien et devenu fondateur d’empire. Quant au Coran, Napoléon y voit surtout le texte de loi qui a structuré un État. Ahmed Youssef exclut toute attirance de Bonaparte pour la foi musulmane et replace son attitude égyptienne dans une entreprise de séduction destinée à éviter une révolte religieuse.

Il est donc trompeur de transformer l’admiration politique en adhésion spirituelle. Un homme peut admirer l’efficacité historique d’une religion sans croire à sa révélation. Il peut même souhaiter en reproduire les effets tout en demeurant sceptique à l’égard de son origine divine.

MAHOMET PARMI LES CRÉATIONS HUMAINES

Le scepticisme religieux de Napoléon apparaît clairement dans une autre conversation recueillie par Gourgaud. Le 28 janvier 1817, il explique que les religions enseignent la morale, mais qu’en considérant Socrate, Platon, Moïse et Mahomet, il n’y croit plus et les tient pour des productions humaines.

Il faut ici corriger une attribution parfois répétée : ce propos ne figure pas dans le testament de Napoléon. Sa source est le Journal inédit de Sainte-Hélène de Gourgaud, tome I, entrée du 28 janvier 1817, page 441.

Le testament dit même autre chose. Dans sa dernière volonté, rédigée à Longwood le 15 avril 1821 et conservée aux Archives nationales, Napoléon écrit : « Je meurs dans la religion apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je suis né il y a plus de cinquante ans. »

Cette formule ne suffit pas davantage à faire de lui un catholique fervent. Elle peut mêler attachement culturel, calcul dynastique, souci funéraire et retour religieux de la fin de vie. Mais elle établit au minimum que l’identité confessionnelle revendiquée dans son acte ultime n’est pas l’islam. Elle rend plus téméraire encore l’affirmation selon laquelle son islam aurait été « incontestable ».

L’HISTOIRE DE FRANCE N’A PAS BESOIN D’UNE CONVERSION RÉTROSPECTIVE

Dans sa mise au point, la Grande Mosquée de Paris affirme que cette discussion permet de montrer que l’histoire de France n’est pas étrangère à l’islam, à sa spiritualité et à ses cultures. Sur ce point général, nul besoin de fabriquer une conversion. La campagne d’Égypte, les échanges intellectuels, les relations diplomatiques, la présence ancienne de musulmans dans l’histoire nationale et les débats français sur l’Orient suffisent amplement à l’établir.

Mais rencontrer l’islam, l’étudier, l’estimer, l’utiliser ou admirer la puissance de son fondateur ne signifie pas s’y convertir. Confondre ces réalités revient à remplacer l’histoire des relations entre la France et l’islam par une captation symbolique de l’un des personnages les plus célèbres de l’histoire française.

La conclusion raisonnable n’est pas que Napoléon fut un croyant musulman caché. Elle est qu’il fut un maître de la communication politique, capable d’employer la chahada comme un outil de gouvernement, d’envisager une conversion collective si elle servait sa domination, puis d’avouer sans détour le caractère tactique de ce langage. Son intérêt pour Mahomet portait principalement sur le conquérant, le législateur et le fondateur d’empire. Son jugement privé sur les religions demeurait largement sceptique, tandis que son testament le rattachait formellement à la religion catholique.

Louis Blin a parfaitement le droit de défendre une lecture différente. La Grande Mosquée de Paris a parfaitement le droit de lui offrir une tribune. Mais ni l’autorité d’un historien, ni le prestige d’une institution religieuse ne transforment une interprétation minoritaire en fait incontestable. En histoire, surtout lorsqu’une affirmation épouse trop commodément un récit identitaire contemporain, il faut revenir aux documents. Ici, ils parlent avec une singulière clarté.

REPÈRES ET SOURCES

1. Grande Mosquée de Paris, « Napoléon et l’islam : retour sur une récente déclaration », 6 octobre 2026.
https://www.grandemosqueedeparis.fr/post/napoleon-et-l-islam-retour-sur-une-recente-d%C3%A9claration

2. Grande Mosquée de Paris, « Les relations entre Napoléon et l’Arabie racontées par Louis Blin », compte rendu de la conférence du 30 septembre 2026.
https://www.grandemosqueedeparis.fr/post/les-relations-entre-napoleon-et-l-arabie-racontees-par-louis-blin

3. Louis Blin, Napoléon et l’islam, Erick Bonnier, 2025. Présentation de l’éditeur.
https://www.erickbonnier-editions.com/islam-islamisme/napoleon-et-l-islam

4. Napoléon Bonaparte, Oeuvres, tome III, C. L. F. Panckoucke, 1821, proclamation de Terrâneh du 17 juillet 1799.
https://www.gutenberg.org/cache/epub/12893/pg12893-images.html

5. Gaspard Gourgaud, Sainte-Hélène. Journal inédit de 1815 à 1818, tome I, Ernest Flammarion, 1899, entrées des 26 décembre 1816, 28 janvier 1817 et 11 février 1817, pages 347 à 348, 441 et 472 à 473.
https://archive.org/stream/saintehlnejo01gouruoft/saintehlnejo01gouruoft_djvu.txt

6. Gaspard Gourgaud, Mémoires pour servir à l’histoire de France sous Napoléon, tome II, Firmin Didot et Bossange, 1823, chapitre « Égypte. Religion », pages 251 à 257.
https://www.gutenberg.org/files/38696/38696-h/38696-h.htm

7. Fondation Napoléon, transcription du testament de Napoléon Ier, document du 15 avril 1821 conservé aux Archives nationales.
https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/document-commente-le-testament-de-napoleon-ier/

8. Ahmed Youssef, entretien au Monde des religions, 18 août 2024.
https://www.lemonde.fr/le-monde-des-religions/article/2024/08/18/napoleon-bonaparte-etait-attire-par-la-figure-de-mahomet-et-la-centralite-du-coran-en-islam_6285185_6038514.html

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La résurrection de la France

Extrait d’un entretien donné par Philippe de Villiers dans le JDD, alors que va paraître « Résurrection » aux éditions Fayard, un livre de retrouvailles avec l’âme de la France, qui annonce le réveil d’une génération. Face aux lycées en feu, Philippe de Villiers pointe du doigt la responsabilité de La France insoumise et appelle la jeunesse à retrouver la fierté d’être français :

La dernière partie de votre livre est consacrée à la résurrection de la France. Quelle est, selon vous, la condition vitale d’une résurrection ?

La condition vitale, c’est le retour à l’indépendance. Je sens venir la fin de l’aventure bruxelloise. J’annonce dans mon livre l’acte de décès probable et prochain de l’Union européenne. Elle est atteinte de plusieurs fièvres mortelles. Elle va mourir de ce qui l’a fait naître : née de Schengen, elle va mourir de Schengen. Née de l’euro, elle va mourir de l’euro. Née de l’Otan, elle va mourir de l’Otan. Née de l’Europe agricole, elle va mourir avec l’Europe agricole qu’elle a tuée de ses propres mains. Née du couple franco-allemand, elle va mourir du couple franco-allemand qui ne fait plus chambre commune. Et enfin, née fille de la paix, elle va mourir d’avoir voulu faire la guerre hors de son périmètre. Il faut partir. Il faut retrouver ce vieux concept qui a fait la fortune de la France et qui s’appelle l’indépendance nationale. La France doit retrouver son statut de puissance d’équilibre non seulement pour l’Europe mais aussi à l’échelle mondiale. Il faut dire la vérité : l’Allemagne est une puissance européenne de taille mondiale mais la France, elle, est une puissance mondiale de taille européenne.

À la fin de votre livre, vous répondez à la question : la résurrection, par qui ? Pouvez-vous lever un coin du voile ?

Les civilisations déclinent par masses. Elles se relèvent par poignées. Aux heures décisives, quand les institutions sont vides, quand les élites ont déserté le forum, quand le nombre lui-même a choisi la résignation, le destin d’un peuple repose tout entier sur une minorité qui incarne ce que les autres ont cessé de croire et de défendre. C’est une Vierge dans un baptistère face aux Huns ; un moine dans un vallon de Champagne, Bernard de Clairvaux ; une bergère de 17 ans face à un traité félon ; un marin sous son lit qui refuse la guerre des chemins creux et va finalement s’y jeter à corps perdu ; un groupe d’étudiants qui bravent l’occupant et viennent déposer une gerbe, le 11 novembre 1940, sur la tombe du soldat inconnu, à l’Arc de Triomphe. Chaque fois, c’est la même histoire : le rapport de force est dérisoire, il condamne le sursaut ; chaque fois, c’est la poignée qui l’emporte. Cette constante, c’est une loi de l’histoire. Le grand historien Arnold Toynbee, au terme de son étude monumentale des civilisations, avait conclu que celles-ci ne croissent que par des petits groupes qui répondent aux défis de l’épreuve et que le reste de la société, sortant de sa torpeur, finalement, se résout à suivre par imitation. Dans les heures de la désagrégation – pire, de la dégénérescence, où un peuple promène ses insignifiances au-dessus des abysses –, la minorité qui sauve ne se définit pas par un programme mais par une fidélité. Elle n’invente pas un ordre nouveau : elle porte, à travers le désastre, l’ordre ancien que les puissants ont trahi.

Où voyez-vous aujourd’hui, en France, ces minorités agissantes ?

Il y a deux espèces de minorités agissantes, et elles sont ennemies. La minorité révolutionnaire veut la table rase : elle juge le peuple réel corrompu et entend le remplacer. Robespierre l’a dit sans détour, convaincu de la nécessité d’enfanter un « homme neuf ». La minorité d’en face, elle, est une minorité restauratrice. Elle ne dit pas que le peuple est coupable et qu’il faut en changer. Elle juge que le peuple a été trahi. Elle n’entend pas fabriquer un peuple neuf, mais rendre un peuple à lui-même : les Maccabées ne fondent pas une religion, ils purifient le Temple ; Jeanne ne cherche pas à prendre le pouvoir, mais à sacrer le roi légitime ; de Gaulle ne proclame pas la République, il déclare qu’elle n’a jamais cessé d’être. Le minoritaire révolutionnaire invente ; le minoritaire restaurateur rend quelque chose : un temple, une couronne, une langue, une mémoire, un État. La restauration se ressouvient. Pour sauver la France, il faut donc aller chercher des hommes du ressouvenir. Ils sont là, sous nos yeux. On les a vus surgir, au Stade de France. Ils sont le « grain de moutarde » dont parlaient les Écritures.

Je pense là à ce qu’on a appelé le « petit reste », capable de descendre sur l’agora pour sauver le « grand reste ». Il s’agit d’une élite. Cette élite, je la sens, elle est là, elle est toute nouvelle, elle ne triche pas, elle est infiniment plus exigeante que ses aînés. Personne ou presque ne la voit venir. Cette élite est d’une autre trempe que celle des générations assoupies, des morts-vivants de la déploration lacrymale, des grognons de l’apéro, qui râlent au barbecue et puis qui votent conforme. Ce qui compte, pour ceux qui forment cette élite, c’est le fil d’Ariane, le fil qui a tissé la trame, le fil du temps long. Ils ont remonté la pelote. Pas comme Pénélope, mais comme la reine Mathilde. Ils croient à la France éternelle. Les majorités la font durer telle qu’elle est, bancale et déconstruite, les minoritaires la défont et la refont pour qu’elle retrouve la figure de la France. Ils remettent l’histoire à l’endroit.

Résurrection: Le retour de la France éternelle

 

Du nouveau au Syndicat de la Famille

En cette année présidentielle, Le Syndicat de la Famille se renouvelle ! Après avoir été la plus grande force mobilisatrice dans la rue, le Syndicat poursuit sa mission.

Le site internet a été rénové. Vous y retrouverez les travaux, les veilles médias et parlementaires, les billets d’humeur, les vidéos et surtout les 5 majeures présidentielles du programme de  85 propositions pour la famille. Parce que la famille n’est pas qu’un concept, elle est le coeur même de notre société et mérite toute notre attention.

Notre défense de la liberté scolaire ne peut reposer sur le seul rappel de notre républicanisme

D’Anne Coffinier, présidente de Créer son école, dans La Nef :

Les écoles privées hors contrat ont longtemps été mal vues par une partie de l’Enseignement catholique et des évêques. Elles étaient assimilées aux milieux traditionalistes et jugées antirépublicaines. On les soupçonnait d’être des entreprises d’entre-soi, de refuser l’autorité de l’évêque comme celle du recteur. La querelle liturgique a entretenu cette défiance. C’est en train de changer, notamment sous l’impulsion du Secrétaire général de l’Enseignement catholique. Le 15 septembre dernier, j’intervenais pour expliquer ce que le hors contrat pouvait apporter à l’Enseignement catholique devant tous les directeurs diocésains de France réunis en assemblée plénière.

Que s’est-il passé? En 25 ans, les écoles hors contrat ont été multipliées par 9 pour représenter 2665 établissements dont 17 % de catholiques. Il a été constaté que 72 % d’entre elles étaient aconfessionnelles, que nombre d’entre elles s’occupaient des élèves rejetés par le système scolaire, que bien des vocations sacerdotales ou des familles engagées dans les paroisses en étaient issues. Ces écoles sont même devenues d’utiles lieux de rencontre entre différentes sensibilités catholiques et d’évangélisation de familles attirées par la cohérence académique et éducative qu’elles proposent.

Depuis une dizaine d’années, de plus en plus d’évêques les encouragent à rejoindre l’Enseignement catholique. Le moment semble venu d’une fertilisation croisée plus assumée entre hors et sous contrat. Cela ne remet aucunement en cause le choix préférentiel de l’Enseignement catholique pour le sous contrat, considéré comme sa « forme ordinaire ». Mais il serait bien déplacé de croire que la catholicité procède du contrat. L’école catholique ne tire ni sa légitimité ni la preuve de son utilité sociale de la contractualisation avec l’État. L’Église, mater et magistra, est légitime à enseigner, ne serait-ce que parce que lutter contre l’ignorance est l’une des premières formes de solidarité envers le genre humain. Le contrat ne donne aucune garantie contre l’entre-soi, pas plus que le hors contrat n’y condamne. Mais c’est en se battant ensemble pour faire reconnaître la légitimité de la liberté d’enseignement sans laquelle l’esprit humain et les libertés publiques régressent, mais aussi pour obtenir l’égalité financière d’accès à l’école libre, que nous parviendrons à ouvrir nos écoles catholiques à tous. Pour cela, il faut une stratégie de différenciation par rapport à l’école publique, et non d’alignement.

Alors que le nombre d’enfants à scolariser diminue fortement et que les finances publiques se raréfient, la bienveillance de l’État envers l’école catholique se volatilise. L’Éducation nationale voudra tous les élèves et moyens budgétaires pour elle, en ces temps de crise. François Jarraud, rédacteur en chef du Café pédagogique, posait récemment la question: « Avec la chute démographique, a-t-on encore besoin de l’enseignement privé ? » Si l’enseignement privé n’est qu’un délégataire du service public, la réponse est effectivement fragile. Mais s’il tire sa légitimité de son caractère propre, donc de sa spécificité éducative, la perspective devient tout autre. Notre défense ne peut donc reposer sur le seul rappel de notre républicanisme. Il nous faut montrer ce que l’école catholique apporte de spécifique: la réponse au besoin de transcendance, le souci de la vérité, la transmission du cœur de notre civilisation européenne, une coopération féconde entre familles et école, et l’attention à la singularité de chaque enfant, loin de toute standardisation inhumaine du traitement des enfants.

Dans ce contexte, le hors contrat peut être un allié. Les établissements sous contrat ont intérêt à ouvrir des classes hors contrat lorsque l’État refuse de financer leur croissance ou leur reprend injustement des moyens. Face à la volonté de l’État d’endiguer l’essor de l’école catholique, la création de classes hors contrat au sein du souscontrat constitue le meilleur moyen d’instruire un maximum d’enfants, et d’inciter l’Enseignement catholique à cultiver ses libertés éducatives. De plus, cela contribue à démontrer l’existence d’un « besoin scolaire reconnu », étape indispensable pour obtenir de l’État un contrat supplémentaire. Ainsi développer des classes hors contrat n’est pas faire le deuil des financements publics dus, mais tout au contraire renforcer nos chances de les obtenir. Le moment est donc venu d’une convergence des luttes entre hors contrat et sous contrat pour que s’affirment des écoles catholiques, libres et combatives, soucieuses d’accueillir tous les enfants et de transmettre joyeusement la connaissance et l’amour de Dieu.

Emeutes islamistes

Les émeutes dites lycéennes ressemblent de plus en plus à des émeutes de barbares islamistes :

 

Deux églises profanées dans le Nord

Deux églises du département du Nord ont été cambriolées vendredi dernier. A l’intérieur de l’église Saint-Médard, sur la commune de Camphin-en-Carembault, le crucifix de l’autel a disparu, de même que deux chandeliers. Plus grave, le tabernacle a été fracturé. Le calice et le ciboire ont été dérobés. Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie de Phalempin pour le vol d’objets mais également pour profanation.

À quelques kilomètres, dans la commune de Chemy, l’église Saint-Martin a elle aussi été profanée. Le tabernacle a également été fracturé et les hosties emportées. Le maire a également porté plainte. Une messe de réparation assurée par l’évêque devrait avoir lieu dans les prochains jours.

La croissance des pèlerinages régionaux

Les deux dernières années ont connu une véritable explosion des pèlerinages locaux qui entretiennent un lien avec Notre-Dame de Chrétienté. Ils tirent leur inspiration du grand pèlerinage de Pentecôte, mais également d’initiatives locales déjà mises en place depuis quelques années.

Le renouveau de ces pèlerinage s’appuie sur la revendications des racines locales. Un phénomène profondément ancré dans la nature humaine, dont un texte de la Commission théologique internationale montre l’importance et la bienfaisance.

Il y a une situation qui se répète malheureusement dans la plupart des cas : si les pèlerinages régionaux suscitent un certain engouement, ils ne reçoivent pas le soutien des évêques locaux. Souvent, la liturgie traditionnelle se voit interdite. Certains pèlerinages trouvent des solutions, d’autres doivent être annulés.

L’Homme Nouveau consacre un dossier à la croissance des pèlerinages régionaux.

Toujours plus d’euthanasies en Australie

1138 demandes d’« aide à mourir », un chiffre en augmentation de 38% sur un an : l’Etat du Victoria a publié son rapport sur l’ « aide à mourir » (voluntary assisted dying, VAD) pour la période allant du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026.

Depuis l’autorisation de cette pratique en 2019, ce sont 4790 personnes qui ont demandé à y recourir dans l’Etat australien. Mais ces demandes sont parfois retirées. Le plus souvent, c’est en raison du décès du demandeur. En 2025-2026, 401 demandes ont été annulées et 908 autorisations distribuées. La substance létale a été délivrée dans 702 cas.

Le nombre de retraits de demandes suite au décès du patient fait dire à la Commission d’examen de l’« aide volontaire à mourir » que « de nombreux patients semblent entamer la procédure de demande alors qu’ils sont à un stade avancé de leur maladie ». Or la loi de l’Etat a changé : désormais les médecins pourront « fournir de l’information de façon proactive » à leurs patients, qui seront en outre éligibles à l’« aide à mourir » si leur pronostic vital est inférieur à 12 mois, contre 6 actuellement. Ces changements « pourraient permettre un accès plus rapide à l’aide médicale à mourir et réduire le nombre de retraits de demandes », prévoit le comité qui semble s’en réjouir.

La part des euthanasies en croissance

Autre changement annoncé : à partir de 2027, le demandeur pourra choisir entre l’« auto-administration » de la substance létale et l’administration par un praticien. Ce qui ne fera qu’augmenter la part des euthanasies qui est déjà en hausse sur les dernières années : 23% en 2025-2026 par rapport à la période précédente qui avait déjà enregistré une hausse de 18%. L’année dernière, sur les 702 délivrances de substance létale, 161 étaient destinées à être administrées par un tiers. Ainsi, en 2025-2026, 140 personnes ont été euthanasiées quand 372 patients ont mis fin eux-mêmes à leurs jours.

Avec le changement législatif, la Commission anticipe une forte augmentation des euthanasies : dans les juridictions australiennes où le choix est laissé au patient, ce sont de 70 à 90% d’entre eux qui font le choix se faire administrer le produit létal par un praticien.

Quelques médecins particulièrement « actifs »

« Les évaluations sont restées concentrées entre les mains d’un petit nombre de praticiens », pointe par ailleurs le rapport. En effet, la moitié des évaluations en vue d’une « aide à mourir » a été faite par 37 praticiens. Les 10 les plus « actifs » ont soumis 23% des évaluations, « avec une moyenne de 46 évaluations chacun ».

La Commission d’examen affirme vouloir « alléger la pression pesant sur le personnel actuel ». Dans ce but, les infirmiers pourront bientôt pratiquer une « aide à mourir ». Figure également parmi les dispositions votées en 2025, la suppression de l’exigence d’un troisième avis pour les demandeurs souffrant d’une maladie neurodégénérative. Ce qui « réduira la sollicitation d’une catégorie de spécialistes particulièrement rares ».

Des procédures qui ne respectent pas la loi mais ne semblent pas inquiéter la Commission de contrôle

Le rapport de la Commission de contrôle indique que 21 cas d’« aide à mourir » n’ont pas respecté la procédure légale. Il s’agit essentiellement de question de délais.

Les praticiens ont en effet la possibilité de passer outre le délai de 9 jours imposé – pour le moment – entre la première et la dernière demande d’« aide à mourir », s’ils attestent que le patient peut décéder avant ces 9 jours. 11% des demandes ont obtenu cette « dérogation » en 2025-2026. Mais certains praticiens ne se sont pas donné cette peine. Pour trois cas sur la période examinée par le rapport, ce délai n’a pas été respecté sans que ne soit soumise de demande de dérogation. Un patient a même formulé sa dernière demande le jour de la consultation d’évaluation.

D’autres situations de non-conformité concernent le retard observé pour restituer un produit létal non utilisé. Dans un cas, il ne l’a jamais été. La Commission ne semble pas préoccupée par ces affaires et recommande d’aller toujours plus loin. Loin de se contenter de tous les changements d’ores et déjà votés, il est déjà question d’en obtenir un autre : que les patients puissent effectuer une demande d’« aide à mourir » par téléconsultation.

Source : Gènéthique

De Paris à Lourdes, Léon XIV : le pape-pèlerin de la Paix

Second article de notre trilogie : 4 jours et 3 nuits avec le Pape Léon XIV en France 

de notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur, biographe et consultant

Alors qu’il célèbre sa messe géante à l’emplacement même où le 21 janvier 1793, le bon roi Louis XVI fut décapité, Léon XIV, visiblement ému et recueilli, garde la tête sur les épaules. Il maîtrise son émotion face à cette foule de plus de 700 000 pèlerins venus de France.

La messe célébrée, juste avant 18h00, il prend l’avion et quitte la terre assoiffée parisienne sur laquelle il a déversé ses paroles de « vie ». Direction la petite bourgade de Lourdes, devenue la ville de la voyante des apparitions de Notre-Dame, Bernadette Soubirous. Ces apparitions ont eu lieu dans la célèbre « grotte aux cochons », que l’on appelle depuis la « grotte de l’Immaculée Conception ». Lourdes est à trois jets de bénédiction de la racine béarnaise papale. De nouveau, c’est à Lourdes que « la source d’eau vive » jaillit.

Ce 26 septembre, c’est là, dans la nuit étoilée, que le pape revêt sa tunique de pèlerin, devant une foule de 200 000 fidèles. Reportage, un cierge à la main.

La Grand-Messe de la Concorde

Ah, il fallait la voir cette messe géante, cette cathédrale éphémère d’un jour qui étendait ses bras tout autour de la place de la Concorde et qui prolongeait son corps mystique tout le long de l’avenue des Champs-Élysées, et même au-delà de l’Arc de Triomphe, jusqu’aux portes de Neuilly et de Maillot. Sur 3,3 kilomètres, une foule immense, tout un peuple de chrétiens, de croyants et de non-croyants, près de 800 000 pèlerins.

Les avenues portent bien leur nom, comme l’avenue de la Grande-Armée. Car, la Grande Armée de Dieu était là, debout pour la plupart, avec pour seules armes : celles du cœur, de la foi, de la joie, de la prière, de la soif et de la vie. Ils sont venus de toutes les régions de France : de Bretagne, des Hauts-de-France, d’Auvergne, de Rhône-Alpes, du Centre, ou encore d’Ile-de-France, etc. Une grande partie de la famille humaine de France s’était donné rendez-vous dans la capitale : du bébé, du nourrisson, jusqu’à l’arrière-grand-père et l’arrière-grand-mère, ou presque, toutes générations confondues. Un arbre généalogique à la taille d’un pays se redresse : celui de la France civilisationnelle.

Parmi les grands-parents, il y avait les plus connus, comme Brigitte Macron – son mari ayant décliné l’invitation, boudant cette après-midi historique et triomphale de la chrétienté française haute en couleurs –, comme Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, François et Pénélope Fillon, présents dans le carré des personnalités officielles politiques.

Au cœur de cette nef à ciel ouvert, au moment où les nuages tiraient leur révérence, le Saint-Père, alors que venait de sonner 15h00, les trois heures du Christ, s’avançait au milieu de sa cohorte de cardinaux et d’évêques, au milieu de ses prêtres et diacres, de ses enfants de chœur au chiffre astronomique de 400 !

Oui, les chiffres donnent le tournis : plus de 15 000 bénévoles, plus de 2 400 prêtres et diacres, plus de 1 000 choristes, et plus de 500 000 hosties !

Témoignages de grands patrons

Avant la messe, dans le carré des VIP, l’arrivée des grands patrons comme Bernard Arnault, accompagné de son épouse Hélène et de ses fils Frédéric et Jean, n’est pas passée inaperçue. Le patron de LVMH était visiblement heureux de ce moment, lui qui fait partie des grands donateurs de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, et qui finance la venue du pape. Il y avait également Sébastien Bazin, le patron du groupe ACCOR, Jean-Charles Decaux, Vincent Montagne – patron de Média-Participations, président du Syndicat national de l’édition, et président de la chaîne KTO –, Ernest-Antoine Seillière, l’ancien patron du MEDEF entre 1998 et 2005, etc.

Pour Sébastien Bazin, l’enthousiasme au cœur, son témoignage sonne comme un florilège : « Je pense qu’on attend tous quelque chose : une étoile qui nous guide. On attend que l’on nous redonne la bonne direction. On a besoin d’une voix et que ce moment de grâce perdure au moins six mois. » Sébastien Bazin est le patron du groupe hôtelier français qui « embauche plus de 100 000 personnes par an ». Il continue : « Nous sommes une école de la vie, présente dans plus de 120 pays ». Il évoque Paul Dubrule, l’un des fondateurs du groupe Accor : « Il va très bien Paul, il va suivre cela à la télévision. Un petit clin d’œil à Paul et à Gérard (ndlr : l’autre fondateur), qui est là-haut ».

Alors que les premières places au pied du maître-autel se remplissent assez vite, c’est au tour du Baron Seillière de s’exprimer : « C’est un moment d’une importance extrême pour la France et pour l’Europe. Le pape donne le sentiment qu’il est pour chacun d’entre-nous son ami personnel. Il est proche, il est compatissant. » Il revient sur la crise économique, politique et social que connaît la France depuis quelques années : « C’est un moment difficile de notre existence, mais il y en a eu d’autres. Tout fini par s’arranger. Nous avons, donc, des raisons d’espérer, et nous en trouverons tout au long de cette messe et de la visite du pape Léon XIV en France. »

Les temps forts de la Messe

Ah, il faut le voir et le revoir ce bain de foule du pape qui a duré plus d’une demi-heure et qui a démarré avenue de la Grande-Armée, avec plusieurs pauses, dont celles à l’Arc de Triomphe. Puis, la descente des Champs-Elysées au milieu des clameurs. Une image a marqué la France entière, celle de tous ces bébés présentés par des familles, des papas et des mamans, passant de main en main, arrivant à celles des volontaires et des policiers, des gendarmes, et, enfin, de la garde rapprochée – dernière ceinture de sécurité – pour arriver jusqu’au pape qui fait stopper le véhicule blanc, regarde le petit ange et fait une bénédiction sur son front. Et cette autre image presque céleste qui a fait le tour du monde : celle de la bénédiction de Marie-Garance Noël, 11 ans, polyhandicapée, toute vêtue de bleu, dont les parents adoptifs, Clotilde (de l’association Tombée du Nid) et Nicolas, n’imaginaient pas qu’elle serait portée à ce point jusqu’au pape, tenue par un colosse de la Garde suisse. Sa bénédiction est une onction. Tous attendaient le miracle de la guérison. Il a eu lieu… invisible.

A ce moment précis, la terre s’est arrêtée, le ciel s’est ouvert. Un moment des plus suspendus, une sorte de « transfiguration », de Pieta inversée – photographiée avec brio par Ludovic Marin de l’Agence France-Presse. Plus tard, devant les caméras de BFMTV, Clotilde Noël répondra que cette rencontre n’était « absolument pas prévue ». Imprévue, donc, mais, très certainement, providentielle.

A 14h59, après ce bain de foule triomphal, la procession d’entrée monumentale démarre. Là, de nouveau le temps est suspendu. Les nuages ont disparu, il y a du blanc, du bleu et du jaune partout ! Puis, à 15h37, c’est l’homélie, une parole belle, libre et profonde, ascensionnelle et divine, authentique et véritable, qui interpelle le peuple de France : « Que cherchons-nous vraiment dans la vie ? » Face à la soif de sainteté et de sens, à la recherche de valeurs, qu’il évoque de nouveau, le pape répond : « La soif de Dieu est une soif de sens ».

Avant la source de Lourdes, la soif de Dieu

On le croirait entouré de ses prédécesseurs et des saints : de Léon XIII avec son encyclique Rerum Novarum (1891) qui littéralement se traduit par « la soif d’innovations », de saint Jean-Paul II et de ses quatorze lettres encycliques qui en parlent – avec son célèbre texte « J’ai soif » (Evangile de saint Jean 19, 28) –, de sainte Mère Teresa qui a apposé « I Thirst » à côté de toutes les croix de ses maisons de charité, de saint Joseph de Cotignac et de saint Vincent de Paul (le patron des vignerons).

Léon XIV, quand il était missionnaire au Pérou a vu cette soif manquer plus d’une fois. C’est pour cela qu’il démarre son homélie ainsi : « “ Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive ” (Jn 7, 37). Frères et sœurs, notre communauté assoiffée s’élance vers le Christ, source d’eau vive ; cette eau qui désaltère et fait fleurir la vie, cette eau de l’amour de Dieu “ répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ” (Rm 5, 5). Le désir de Dieu habite notre cœur au plus profond, et nous crions avec le Psalmiste : “ Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ” (Ps 41, 3) ! C’est le cri d’un homme, humble et passionné, dont la soif la plus intérieure et existentielle ne cesse de grandir. Or c’est Jésus-Christ, par son incarnation, qui rejoint tout homme dans son histoire et se révèle à lui comme la véritable source d’eau vive capable d’étancher sa soif. Il ne s’agit pas tant d’une soif matérielle que d’une soif de sens, de vérité et d’accomplissement qui habite le cœur de chacun. Jésus répond à ce désir profond de relation, de communion avec Dieu, en qui réside la plénitude de la vie pour toujours. »

Il conclut sa visitation à Paris

Il termine devant une foule recueillie :

« Chers frères et sœurs, l’eau vive de l’Esprit Saint s’est répandue en abondance et continue à porter ses fruits dans l’Église par les missionnaires et les témoins dans toutes les cultures et dans tous les peuples. Elle féconde tout ce qui se laisse toucher, transformer par elle pour produire son fruit, c’est-à-dire la sainteté de ceux qui adorent le Dieu véritable et servent leurs frères et sœurs dans la charité avec générosité. Dans ce beau pays qu’est la France, beaucoup se sont abreuvés à cette eau vive au fil des siècles et ont totalement consacré leur vie au bien : les premiers martyrs tels Blandine, Pothin, Irénée ; les saints fondateurs et fondatrices d’Ordre religieux, les saints évêques comme Martin, François de Sales ; les hommes et les femmes au cœur sensible aux besoins de leurs prochains comme Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Jeanne Jugan, et tant d’autres. Encore aujourd’hui, ils sont nombreux dans notre société, nos paroisses, nos différentes activités, ceux qui continuent à s’engager en faveur de la vie, de la famille, de la vérité, de la paix, de la fraternité, de la justice. De cette belle ville de Paris, je prie avec ferveur pour que l’eau vive de l’Esprit Saint se répande sur toute la France… »

A Lourdes : le maire, le pape, Hugo et… Denise

Il est 19h03 lorsque l’avion du pape se pose à l’aéroport international de Tarbes-Lourdes-Pyrénées. Là, dans cette petite ville, devenue depuis 1858 la seconde ville hôtelière de France, Victor Hugo dépose ses valises en 1843. Il y écrit une partie de ses poèmes. Léon XIV a contemplé la cité mariale vue du ciel, Victor Hugo vue depuis sa diligence en provenance de Pau. L’écrivain décrivait : « Le Gave d’un côté, la ville de l’autre, et les montagnes, hautes, abruptes, coupées de tranchées profondes d’où montent les brumes, le vent, le bruit. »

Le pape, lui, va à l’essentiel et relate « un lieu béni, un lieu de prière, de conversion et d’espérance ».

Accueilli par le maire de la ville, Thierry Lavit, au milieu de chants montagnards traditionnels, comme celui de Lourdes au salut, les deux hommes déambulent et échangent sur la ville, l’eau, l’histoire de Bernadette Soubirous – l’humble et pauvre voyante – et le château-fort, qui domine là-haut, au-dessus de son pic rocheux. Ce que n’a pas fait Emmanuel Macron – ratant ainsi une occasion historique –, Thierry Lavit le fait : il offre à Léon XIV de donner son nom à un pont restauré ; une statue emblématique qu’ils dévoilent ensemble devant les caméras du monde entier : La Fraternité entre les peuples, réalisée par le sculpteur Jean-Jacques Abdallah. Là, nous avons plus qu’un message, un baiser de paix, une offrande, un parfum déposé sur les pieds d’un pape venu en pèlerin.

Alors que la nuit tombe et que les deux hommes échangent leurs cadeaux de bienvenue et de remerciements : trois rosiers centenaires de Lourdes (destinés aux jardins du Vatican) et un pot de miel issu des ruches du Château-fort, tout autour bourdonnent la clameur et les prières incessantes des 200 000 pèlerins venus de toute la région, d’Espagne, d’Italie et du Var principalement.

Denise Ostertag, qui fêtera ses 90 ans dans quelques semaines, est venue spécialement avec son petit groupe paroissial de La Crau. « Oh, quel bonheur, d’avoir pu être là. C’était incroyable, formidable. Une journée remplie de joie, de paix et d’amour… » Une journée historique, bien que fatigante, qui a duré 24 heures (avec un aller-retour en bus) pour celle que l’on appelle là-bas « la Mama ».

Le pape-pèlerin chapelet et cierge à la main

Alors qu’il vient de quitter le maire, Léon XIV traverse toute la ville au milieu de la foule des pèlerins qui l’acclament, chantent et prient. Sa déambulation de vingt minutes s’arrête à la grotte de Massabielle. Ah, il faut la voir cette grotte, la contempler, zoomer sur chaque parcelle de sa roche qui suinte ; un rocher devenu, depuis la première apparition du jeudi 11 février 1858, un roc marial, une pierre de paradis. La lumière y est sacrée, presque dorée.

Après les clameurs et les applaudissements, un silence divin, véritable soupir marial, accueille le pape-pèlerin qui prie quelques minutes, à genoux, en regardant la statue de l’Immaculée Conception sous laquelle est inscrite cette description : « Que soy era Immaculada Councepciou ».

Puis, il se relève et marche seul, touche avec sa main droite la paroi de la grotte, juste au-dessus de la source. Un chapelain lui offre un verre d’eau – cette eau miraculeuse qui a guéri et soigné des milliers de personnes depuis 1858. Le pape continue et termine son tour en touchant la paroi de sa main gauche au-dessus de lui, comme s’il voulait La toucher. Pour être totalement pèlerin, il lui manque deux choses : allumer un cierge et prier le chapelet. C’est ce qu’il va faire. Avant de quitter la grotte, il prie la Vierge Marie.

« Nous te prions pour la France »

« Notre-Dame de Lourdes, l’Immaculée Conception, en ce lieu béni où tu as parlé, avec tant de douceur et de tendresse, à sainte Bernadette , humble fille du peuple de France pour délivrer au monde un lumineux message de prière, de conversion et d’espérance, nous accourons vers toi avec confiance ; parce que Tu es la Mère que Jésus nous a donnée, et que tu es attentive à tous nos besoins. Nous te prions, Notre-Dame, pour la France dont tu es la Patronne et que tu as durant tant de siècles entouré de ta protection. Obtiens pour son peuple le don de la concorde fraternelle. Qu’il construise une société harmonieuse, bannissant toute violence et toute haine, permettant à chacun de travailler, de fonder sa famille et d’accomplir sa vie jusqu’au bout dans la tranquillité et la sérénité. Que les plus malheureux et les plus pauvres soient toujours soutenus. Obtiens pour la France des dirigeants sages et généreux, prêts au sacrifice d’eux-mêmes, capables d’affronter les défis et voulant servir le bien commun. Qu’ils la gardent en paix dans le concert des nations. Qu’ils fassent entendre sa voix pour promouvoir la défense des droits humains fondamentaux, ainsi que la paix dans le monde, rejetant à jamais les logiques de guerre… »

Le chapelet du pape et la procession aux flambeaux

Vers 20h45, le pape est de retour à la grotte de Massabielle, cette fois-ci, il est revêtu de son habit de pèlerin à 100 % : sa courte pèlerine rouge que l’on appelle mozzetta et qui couvre les épaules, par-dessus sa soutane immaculée de blanc, ses chaussures de marche. Puis, un chapelain lui apporte un cierge de procession et d’un geste simple, il sort son chapelet de sa poche gauche. Démarre, ensuite, la longue procession aux flambeaux qui va mener le pape Léon XIV jusqu’au parvis de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, alors que tous égrènent le chapelet et sèment les grains de la Paix pour le monde entier !

Dans le ciel la pleine lune brille comme jamais.

Finalement, Léon XIV, en tant que pape-pèlerin à Lourdes, aura rencontré les malades, les pauvres, les autres pèlerins et – ne les oublions pas – des victimes de crimes et de délits d’abus et de pédophilie commis au sein de l’église de France.

A la rencontre des victimes…

Ce dimanche 27 septembre, 7 victimes « triées sur le volet » sont là : 3 femmes et 4 hommes, dont 5 ont accepté de rendre publique leur identité. Il s’agit de Jean-Marie Delbos (80 ans), abusé à 10 ans par un prêtre de Bétharram, de Bertrand Virieux, abusé par le curé Bernard Preynat, de Véronique Garnier, abusée à 13 ans, d’Olivier Mardi, agressé dans les années 70 par l’abbé Bernard Tartu (condamné en 2024) au sein des Petits chanteurs de Touraine, de Jérôme Guillement. Cette sélection « triée sur le volet » a été vivement critiquée, certains collectifs reprochant à l’épiscopat français d’avoir mis en scène une opération de « blanchiment » ou « de vitrine ». Une sorte de « casting institutionnel » de « victimes convenables ou dociles ». S’agirait-il d’un « coup de communication », d’un « déni de représentativité », ou d’une « instrumentalisation de la souffrance » qui viserait à atténuer ces scandales dans l’église de France qui aurait fait selon le rapport Sauvé (de la CIASE) près de 330 000 victimes ?

Et les autres ?

La Ciase, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, a travaillé notamment sur le profil de l’abbé Pierre-Armand de Voyer d’Argenson, ordonné par Mgr Lefebvre en 1976. Il a quitté l’église schismatique, puis a officié en touraine sous la protection du cardinal Jean Honoré. En septembre 2007, il a été condamné définitivement pour « délit de violences volontaires sur une personne vulnérable », mais jamais pour pédophilie, alors que parmi ses victimes il y avait des enfants de chœur. A ce moment-là, il officiait comme chapelain à la basilique Saint-Martin de Tours, avant de devenir vicaire général de l’archevêché de Tours, dans les années 1990. De plus, le collectif indépendant « Après la Ciase » (créé à la suite des conclusions de la commission fin 2021) a joué et joue encore un rôle clé de veille en dénonçant, notamment, publiquement son maintien dans des fonctions officielles au sein du diocèse de Quimper, malgré ses antécédents judiciaires. Beaucoup de zones d’ombre persistent sur l’affaire d’Argenson, sur cet abbé qui appartenait à la génération des « pionniers » du Séminaire Saint-Pie X d’Ecône, fondé par Mgr Lefebvre.

Finalement, au-delà de cet exemple, combien sont-ils à ne pas avoir été condamnés par le tribunal ecclésiastique, à ne pas avoir subi de sanction pénale canonique ? Le mystère reste entier, un mystère au goût amer, de fiel, pour toutes les victimes.

Face à ces scandales, le pape Léon XIV s’est engagé personnellement « pour que ce mal ne se reproduise plus ». Il a ajouté : « Je suis profondément bouleversé, profondément blessé » par le témoignage des victimes, évoquant des plaies toujours ouvertes… Un pape compatissant, à l’écoute, protecteur et réparateur de ces enfants victimes. Espérons-le !

Sur les réseaux sociaux, un signe pour finir

Sur les réseaux sociaux un certain Niko Winchester s’étonne que toute la visitation du pape à Lourdes se soit déroulée un jour de pleine lune. Ce réseauteur fervent et passionné a été relayé par plusieurs profils et groupes sur Facebook.

« Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. » Tout serait dit dans ce texte de l’Apocalypse de St Jean (chap.12, 1).

Effectivement, lors de la procession, le soleil se couchait, tel un doux manteau, recouvrant de ses couleurs pastel et de son ombre la voûte céleste qui s’éteignait lentement. Au même moment, lorsque le pape sort en tenue de pèlerin de la grotte, il aperçoit la pleine lune qui se lève, resplendissante, se positionnant – selon ces observateurs – au-dessus du sanctuaire, placée « sous les pieds » de la Femme et de l’immense ferveur mariale. Quant aux douze étoiles, la statue de la Vierge située sur l’esplanade est couronnée d’une auréole lumineuse !

Ave Maria, gratia plena…

Reportage réalisé par Antoine BORDIER

Copyright des photos A. Bordier, AFP-L. Martin, copie-écran KTO et Le Jour du Seigneur

Troisième et dernier article de notre trilogie à suivre…

Prix Combourg-Chateaubriand en 2026, après le Prix Roger Nimier en 2025, pour le « Malestroit » de Jean de Saint-Chéron

L’académie Chateaubriand a attribué le prix Combourg/Chateaubriand 2026 à l’écrivain Jean de Saint-Cheron, pour son livre « Malestroit » sur la vie de la mystique morbihannaise Yvonne-Aimée de Malestroit, paru aux éditions Grasset. Ce prix prestigieux lui a été remis le samedi 3 octobre au château Combourg où vécut l’auteur du « Génie du christianisme ». En 2025, ce même livre Malestroit avait reçu le prix Roger Nimier.

Résistante décorée de la Légion d’honneur par le général De Gaulle, Yvonne Beauvais est une héroïne inconnue, et pour cause : on a voulu effacer son histoire. Cette femme dont la vie, dès l’adolescence, fut dédiée au service des pauvres, se fit religieuse à l’âge de 26 ans et transforma le couvent breton de Malestroit en une clinique moderne. Quand la guerre éclata, elle s’engagea dans la Résistance, cachant parmi ses sœurs une jeune juive puis des dizaines de résistants et de parachutistes alliés. Torturée par la Gestapo, elle sera couverte de médailles à la Libération. Mais elle avait le défaut d’être mystique… Son entourage lui attribuait des phénomènes extraordinaires, incompréhensibles (stigmates, visions, bilocation…), comme dans les récits du Moyen Âge. Or le surnaturel fait peur : il sent le soufre, le mensonge ou la folie. En 1960, neuf ans après la mort d’Yvonne à l’âge de quarante-neuf ans, l’inquisition de l’Église de Rome referma son dossier de canonisation de façon définitive, sur trois mots cinglants : « Trop de miracles ».

Qui était-elle vraiment ? Une illuminée ? Une affabulatrice prétendant avoir rencontré Adolf Hitler pour se faire briller ? Ou une vraie sainte, victime de misogynie et de jalousie, que firent finalement souffrir les grâces stupéfiantes qu’elle avait reçues ? La réponse est moins simple qu’on pourrait croire, quel que soit le camp dans lequel on se place, sceptique ou admirateur.

Retracer son destin, c’est plonger dans un roman mêlant légende, témoignage et récit mystique au cœur de la grande Histoire. Ce que Jean de Saint-Cheron fait avec style et fougue en mettant en scène à la fois son enquête personnelle et les jours d’Yvonne-Aimée. Sans jugement, il se place au plus près de la vérité pour tâcher de dire ce que fut l’existence de cette femme proprement extra-ordinaire.

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Malestroit, Jean de Saint-Cheron, Editions Grasset, 224 pages, 20 €.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La Vie chrétienne victorieuse – La haine envers le peuple juif : hier, aujourd’hui, demain (Partie 1)

Une haine ancienne et persistante
Cet exposé s’adresse à tous, chrétiens ou non, avec le désir d’aborder un sujet grave en tenant ensemble deux exigences que nous ne devons jamais séparer : la vérité et la bienveillance.

Il ne cherche pas à juger les personnes, mais à inviter chacun à réfléchir, à la lumière de l’Écriture, sur une réalité ancienne et pourtant toujours présente : la haine envers le peuple juif, hier, aujourd’hui et, selon ce que nous pouvons discerner de l’Écriture, demain.
Une précision est nécessaire avant d’entrer dans le sujet. Nous évoquerons les fautes commises, au cours des siècles, par des personnes se réclamant du christianisme à l’égard du peuple juif : croisades, expulsions, discours de mépris, persécutions et violences parfois extrêmes.

Les nommer ne signifie évidemment pas accuser les chrétiens d’aujourd’hui d’en porter personnellement la responsabilité. Nous ne sommes pas coupables des actes commis par ceux qui nous ont précédés. Un chrétien du XXIe siècle n’a pas à porter le poids moral de crimes accomplis, des siècles auparavant, par d’autres.

La mémoire n’est pas la culpabilité.

Mais se souvenir du mal commis, l’appeler par son nom et en tirer une leçon de vigilance relèvent de l’honnêteté historique et de la responsabilité spirituelle. Il n’est pas nécessaire de s’incliner sous un fardeau qui ne nous appartient pas pour reconnaître les erreurs du passé et nous en garder aujourd’hui.
Cet exposé ne cherche donc ni à accabler, ni à culpabiliser, ni à opposer des croyants à d’autres croyants. Il veut simplement rappeler ce que la Bible enseigne au sujet d’Israël et ce que cela implique pour notre manière d’aimer, de discerner et d’unir fermeté dans la vérité et bienveillance envers les personnes.
Lorsque nous observons l’histoire du peuple juif, une question s’impose avec une acuité troublante : pourquoi tant de haine ?

De l’oppression en Égypte ancienne aux pogroms de l’Empire russe, de l’Inquisition espagnole à la Shoah, des attentats antisémites aux discours haineux diffusés aujourd’hui sur les réseaux sociaux, le peuple juif a traversé l’histoire en rencontrant une hostilité dont la persistance frappe les esprits.

Il existe des questions que nous aimerions ne jamais avoir à poser ; la haine envers les Juifs est de celles-là. Nous voudrions croire qu’elle appartient définitivement au passé, qu’elle a été jugée, condamnée et dépassée. Pourtant, elle réapparaît sous des formes nouvelles, avec une régularité qui devrait nous alarmer.
Pourquoi ce peuple, parmi tant d’autres, a-t-il suscité une hostilité aussi obstinée au cours des siècles ?

Pour un chrétien, les explications historiques, politiques, économiques, sociales et idéologiques sont nécessaires. L’antisémitisme ne doit jamais être traité comme une énigme abstraite qui dispenserait d’étudier ses causes concrètes. Mais ces explications ne constituent pas toute la réalité.

Dès les premiers récits bibliques, une opposition répétée apparaît contre le peuple hébreu. Dans le livre de l’Exode, Pharaon cherche à faire disparaître les garçons hébreux nouveau-nés (Exode 1.15-22). Dans le livre d’Esther, Haman projette l’anéantissement du peuple juif (Esther 3.8-9).
Même l’apôtre Paul demande : « Dieu a-t-Il rejeté Son peuple ? Loin de là ! » (Romains 11.1). Puis il affirme : « Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Romains 11.29).

Ces paroles nous interdisent de penser qu’Israël aurait cessé d’avoir une place dans les pensées de Dieu. Elles signifient que Dieu demeure fidèle à l’appel qu’Il a souverainement donné.

L’histoire post biblique porte malheureusement les traces de cette hostilité : persécutions dans diverses périodes de l’Antiquité et du Moyen Âge, massacres de communautés juives lors des croisades, expulsions, violences liées à l’Inquisition, pogroms dans l’Empire russe et, finalement, l’aboutissement monstrueux de l’antisémitisme racial nazi avec la Shoah, au cours de laquelle environ six millions de Juifs furent assassinés.
Il faut le dire sans détour : les persécutions de Juifs commises par des chrétiens, ou au nom du christianisme, ont été une trahison de l’Évangile. Ceux qui ont persécuté les Juifs au nom du Christ ont contredit son enseignement. Jésus Lui-même a déclaré à la Samaritaine : « Le salut vient des Juifs » (Jean 4.22).
Cette parole devrait suffire à nous rappeler l’enracinement juif de la foi chrétienne. Jésus était Juif selon la chair ; Marie était Juive ; les apôtres étaient Juifs ; les premiers disciples étaient Juifs. Les Écritures que nous appelons l’Ancien Testament furent confiées à Israël, et le Messie est venu selon les promesses faites aux pères.
Nommer cette trahison ne revient pas à instruire un procès contre les chrétiens d’aujourd’hui. C’est reconnaître le mal afin de mieux s’en garder. Un chrétien contemporain doit recevoir de cette histoire une leçon précieuse : ne jamais permettre que le langage religieux serve d’habillage à la haine, quelle qu’en soit la cible.

Une haine qui change de visage
Dans nos sociétés, l’antisémitisme est condamné par la loi. L’histoire l’a dénoncé ; les commémorations rappellent où il peut conduire ; l’éducation cherche à transmettre la mémoire des crimes du passé. Pourtant, il revient.

Parfois, il se présente sous forme de préjugés silencieux. Parfois, il s’exprime ouvertement par l’insulte, l’agression, la profanation ou la violence. Parfois encore, il emprunte le langage de la conspiration : domination financière, contrôle des médias, influence secrète sur les gouvernements, manipulation supposée des événements mondiaux.
Le danger est de ne plus reconnaître le mal parce qu’il porte un masque différent de celui que les livres d’histoire nous ont appris à identifier.

Les années 1930 nous enseignent une leçon simple et terrible : une société peut s’habituer progressivement à des paroles qu’elle aurait jugées impensables quelques années plus tôt. Tout commence souvent par des mots ; puis viennent la marginalisation, la suspicion, la stigmatisation et la déshumanisation. Lorsque ces étapes ne rencontrent pas de résistance, la violence peut suivre.

Les événements du Proche-Orient depuis les massacres commis en Israël le 7 octobre 2023 ont remis cette question au centre de nombreuses discussions. Ils ont aussi révélé une difficulté particulière : la souffrance des victimes juives peut être relativisée, minimisée ou oubliée ; inversement, certaines critiques de la politique israélienne peuvent glisser vers une hostilité qui vise les Juifs comme peuple.

Il faut donc maintenir une distinction essentielle : critiquer les décisions d’un gouvernement n’est pas haïr un peuple. Les prophètes d’Israël n’ont jamais épargné leur propre nation lorsqu’elle s’écartait de Dieu et commettait l’injustice. Ils l’ont reprise, avertie et parfois sévèrement condamnée. La critique politique ou morale a donc sa place.

Cependant, le mal commence lorsque cette critique devient un prétexte pour accuser indistinctement tous les Juifs ; lorsqu’elle applique à Israël des critères refusés à toute autre nation ; lorsqu’elle déshumanise les Israéliens ; lorsqu’elle justifie la violence contre des civils ; ou lorsqu’elle reprend, sous un vocabulaire politique, d’anciens stéréotypes antijuifs.

Nous pouvons désapprouver une politique sans haïr un peuple. Nous pouvons reconnaître la souffrance des victimes israéliennes sans devenir indifférents à celle des civils palestiniens. La compassion chrétienne ne doit pas être distribuée selon les camps. Elle doit répondre à la souffrance humaine, sans relativiser le mal où qu’il se trouve.

La Bible nous rappelle la réalité du cœur humain : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est incurable ; qui le connaît ? » (Jérémie 17.9).
Les lois sont nécessaires ; l’éducation est précieuse ; la mémoire est indispensable. Mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à changer le cœur humain. Celui-ci demeure capable de produire le mensonge, la haine et la violence.

Le chrétien reconnaît donc que le combat contre le mal possède aussi une dimension spirituelle. Cette conviction ne remplace jamais l’analyse sérieuse des causes historiques ou sociales ; elle nous empêche seulement de croire que le problème serait définitivement réglé par les progrès apparents de la civilisation.

À suivre… « La haine envers le peuple juif : Israël dans le dessein de Dieu »

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La réaction des Corses à la profanation de la statue de la Vierge Marie à Porto-Vecchio

Communiqué du diocèse :

2027 : le RN au Pouvoir ? Un parcours d’obstacles multiformes…

Les sondages sont bons. Le ras-le-bol croît. Gagner les élections est possible. Cela suffira-t-il pour que le RN puisse réellement conquérir et exercer le Pouvoir ?

Passage en revue des obstacles à franchir : les Juges, la Rue, l’Etat-Profond (administration, collectivités locales, etc.), la Finance, l’UE.

LES JUGES : INELIGIBILITE DE MARINE LE PEN

Tout le monde semble avoir oublié cette affaire.

Pourtant, l’épée de Damoclès demeure.

Le pourvoi en Cassation de Marine Le Pen lui permet certes de ne pas avoir de bracelet électronique maintenant. Mais il provoque un risque. Si la Cour de Cassation va vite, elle peut émettre un arrêt qui remettrait Marine dans les dispositions du jugement initial, donc avec inéligibilité. Plus encore, l’avocat Régis de Castelnau semble avoir trouvé une jurisprudence solide pour affirmer que Marine est toujours inéligible, du fait même de son pourvoi en Cassation.

Scénario à craindre : après le dépôt des 500 signatures de parrainage, le Conseil Constitutionnel pourrait constater cette inéligibilité et refuser cette candidature.

Solution possible : présenter 2 candidats (donc trouver 1000 parrainages?), et en retirer un si besoin après le feu vert du Conseil Constitutionnel.

LA RUE

Nous en avons un aperçu actuellement avec les « grèves » des étudiants-lycéens. Elles ressemblent fort à des répétitions : constitutions de groupes et de savoir-faire.

Scénario à craindre : une espèce de grève générale, facs, écoles, transport, docks, etc. Un mélange du théâtre mis en œuvre en 2002, des « grands soirs » révolutionnaires, des insurrections de banlieues, etc.

Face à ce cirque « antifa », les forces de l’ordre sont démunies : depuis 1986 et Malik Oussekine, l’État refuse tout affrontement qui pourrait conduire à un décès. Louable intention, mais qui rend très difficile le rétablissement de l’ordre face aux foules.

Solution possible : faire en sorte que ce cirque commence le plus tôt possible, par exemple dès le soir du 1er tour, avec la qualification de Mélenchon. C’est ce que nous avions évoqué ici : https://lesalonbeige.fr/vote-melenchon-au-1er-tour-une-evidence/ . Ainsi, ce serait l’équipe macroniste actuelle qui devrait gérer le début de ce bazar. Dans ce cas, soit ils y arrivent, et l’ordre revient. Soit ils n’y arrivent pas, et l’opinion publique sera prête pour accepter des mesures plus dures.

En d’autres termes : s’il y a des morts, il vaut mieux que le premier soit de la responsabilité des macronistes…

L’ETAT PROFOND (ADMINISTRATION, COLLECTIVITES LOCALES) : IMPOSSIBLES REFORMES ?

Si le RN conquiert le pouvoir, il a promis des référendums « à valeur constitutionnelle ». En premier lieu : l’immigration et l’islam coranique.

Le problème est que le Conseil Constitutionnel juge ces référendums non conformes à la Constitution.

Le RN prétend passer outre et organiser quand même ces référendums. Mais… pour l’organiser, il faut des bureaux de vote partout, donc des mairies impliquées, etc.

Scénario à craindre : une partie de l’administration et des collectivités locales pourraient refuser d’organiser le vote, aidé par le bazar de la rue. Cette « désobéissance civile » est déjà évoquée par LFI assez largement. Elle trouverait sa légitimité auprès du Conseil Constitutionnel, de l’UE, etc.

Solution possible : l’armée pour organiser des votes là où ce serait nécessaire ? Cela ressemblerait à un coup d’État… Ou bien proposer par référendum une nouvelle Constitution entière ? Très long à mettre en œuvre…

LA FINANCE

Chaque mois, l’État doit emprunter environ 25 milliards d’euros (les OAT, etc.). Sans cet argent, l’État ne peut pas fonctionner.

Scénario à craindre : pour « punir » la France d’avoir mis le RN au pouvoir, la Grande Finance pourrait refuser de continuer à prêter.

Solution possible : emprunt d’État ? Souvent, cela coûte plus cher en intérêts… Réduire les dépenses, vite et fortement ? Cela provoque de forts mécontentements…

Cerise sur le gâteau : l’effondrement du CAC40 si le RN gagne…

L’UE

Comme naguère pour la Hongrie, l’UE pourrait s’appuyer sur la notion floue d’« Etat de droit » pour contraindre la France, voire la punir. Dans la hiérarchie des normes actuelle, le Droit UE est au-dessus de la Constitution française : voilà de quoi invalider les référendums RN (s’ils ont lieu, cf supra…).

Scénario à craindre : condamnations de toute sorte, gel de subventions, etc.

Solution possible : Frexit ? Difficile à organiser rapidement, alors que ce n’est plus dans le programme du RN…

DES RISQUES… MAIS SURTOUT UNE URGENCE : FERMER LE ROBINET !

Beaucoup de risques majeurs, donc.
Beaucoup de verrous autour des demandes de bon sens, portées pourtant par la majorité du peuple.

Ceci dit, l’exemple de l’Italie avec Méloni montre qu’une voie est possible. Mais c’est au prix d’un adoucissement notable des programmes, et d’un art très fin de la négociation.
Le RN saura-t-il faire ?
LR sera-t-il un allié concernant certaines mesures qu’il porte aussi, ou bien de nouveau un Judas trahissant le peuple, comme Giscard, Chirac, Sarkozy, etc. ?

Ces risques pourraient nous décourager, sans même évoquer toutes les carences doctrinales du RN.
Mais plus nous attendons, plus un redressement sera difficile : le robinet de l’islam coranique continue de couler et de remplir l’Hexagone.

La priorité est, comme nous l’avons écrit maintes fois : FERMONS LE ROBINET de cet islam coranique.

Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, [email protected]

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Présidentielle au Brésil : Flavio Bolsonaro fait mentir les sondages

Au Brésil, les sondages prévoyaient un léger avantage pour Lula jusqu’à la veille du vote. Le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro obtient plus de 47 % des suffrages, contre près de 45% pour le gauchiste Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, qui brigue un quatrième mandat.

Le second tour aura lieu le 25 octobre.

Le président des États-Unis, Donald Trump, avait dit suivre «de très près» l’élection brésilienne, après avoir vu des alliés parvenir au pouvoir en Argentine, en Colombie ou au Pérou.

Le Brésil a également assisté à un véritable raz-de-marée conservateur aux législatives, notamment au Sénat, où l’ex-première dame Michelle Bolsonaro a été élue haut la main, tout comme Carlos Bolsonaro, frère de Flavio.

Le camp Bolsonaro a également effectué une moisson au niveau des gouverneurs.

L’eau potable polluée par la pilule ?

L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) lance une étude sur la qualité de l’eau potable dans laquelle elle cherchera à déceler la présence de polluants « émergents », parmi lesquels d’éventuelles traces de mifépristone et de misoprostol, les deux substances utilisées pour obtenir un avortement médicamenteux.

L’Agence doit sélectionner plusieurs sites dans des zones métropolitaines à travers le pays et effectuera des analyses pour détecter plus de 1400 produits pharmaceutiques, pesticides et autres substances chimiques. Outre la mifépristone et le misoprostol, l’EPA prévoit également de rechercher la présence d’hormones telles que la testostérone et la progestérone, ainsi que celle de lévonorgestrel, utilisé dans certains contraceptifs et dans la pilule du lendemain.

L’organisme s’est abstenu à ce stade de classer la mifépristone parmi les « polluants officiels » de l’eau nécessitant une réglementation. Dans un communiqué, l’EPA a indiqué s’engager « à faire preuve de transparence » : elle « publiera les résultats sous forme de rapports et d’articles soumis à comités de lecture, une fois l’analyse des données et tous les contrôles d’assurance qualité terminés ».

Source : Gènéthique

Les 3 pèlerinages régionaux du week-end

Ce week end, plusieurs pèlerinages régionaux ont eu lieu.

En Vendée, c’était la première édition du pèlerinage Utrique Fidelis de Tiffauges au sanctuaire Notre-Dame du Marillais, à travers les Mauges, sous le thème : « Parce que la charité du Christ nous presse ».

 

En Normandie se tenait la 2e édition du pèlerinage Dex Aïe, les pèlerins se sont rendus à Montligeon :

Dans les Flandres, se déroulait la première édition du pèlerinage traditionnel Ster der Zee, de Calais au sanctuaire de Notre-Dame de Boulogne.

« A tous ceux qui ignorent le sens du mot « respect », il n’y a aucune place pour eux en Corse »

En Corse, un voyou a profané et détruit une statue de la Sainte Vierge. Le tout a été filmé. Des centaines de personnes se sont rassemblées, jeudi 1er octobre, devant la gendarmerie de Porto-Vecchio et au rond-point du Stabiacciu où la statue de la Sainte Vierge a été vandalisée.

Trois plaintes ont été déposées par la paroisse, la mairie et l’AGRIF. Une enquête a été ouverte et les deux auteurs présumés, âgés de 21 ans et de 23 ans, ont été contrôlés à 200 mètres des faits, à 3 heures du matin.

La gendarmerie a été sécurisée par une chaîne de gendarmes afin d’éviter tout risque d’intrusion. Vers 14h30, un corbillard s’est garé devant le rassemblement. Plusieurs personnes ont ensuite porté un cercueil jusqu’aux grilles du site. Frédéric Carli, directeur des pompes funèbres Santa Catalina, assurait avoir lui-même décidé de prendre le véhicule de son entreprise :  

» Vu l’acte qui a été fait par ces auteurs, c’est la réponse adéquate. J’ai amené ce cercueil car c’est une façon de leur montrer qu’il y a des différences entre le Continent et la Corse. Ici, nous ne sommes pas sur le Continent. »

Un téléphone posé sur le cercueil donnait à voir l’un des auteurs présumés, filmé dans des vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux. Deux feuilles A4 ont également été disposées avec pour inscriptions en lettres capitales :  » Ici repose(…) «  avec les noms des auteurs présumés des faits.

Aux alentours de 17 h 30, une deuxième mobilisation a débuté au rond-point du Stabiacciu où la Sainte Vierge a été vandalisée. Le rassemblement a débuté avec un chant consacré à la Vierge Marie. L’arche sous laquelle reposait la statue a été transformée en autel, recouvert de bougies et de fleurs. S’adressant à la très nombreuse audience, le maire de la ville Jean-Christophe s’est réjoui qu’en

« quelques heures à peine, nous ayons fait la démonstration pacifique que notre foi populaire, nos croyances, notre vision du monde et de la vie étaient plus fortes que la bêtise, la cruauté et la violence. »

Sur Facebook, Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, a écrit :

À la suite de la profanation commise sur ce que notre peuple a de plus sacré, les conseils de départ, empreints de fermeté, formulés par le maire de la commune ainsi que par plusieurs formations politiques sont parfaitement justifiés, comme l’est l’indignation populaire s’étant manifestée avec force depuis deux jours. Celle-ci témoigne de notre capacité intacte de réaction devant l’inacceptable.
En revanche, les appels au lynchage que l’on peut lire sur les réseaux sociaux ne correspondent pas à ce que nous sommes, des chrétiens et des membres d’une nation qui a su instaurer un état de droit dès le XVIIIe siècle.
Nous ne pouvons devenir au XXIe une vague peuplade abandonnée à des pulsions collectives primaires.
Quant aux principaux concernés et à tous ceux qui ignorent le sens du mot « respect », il n’y a aucune place pour eux en Corse.

En Quête d’esprit : le bilan de la visite de Léon XIV en France

Sur CNews, Aymeric Pourbaix reçoit :

  • 𝐀𝐛𝐛𝐞́ 𝐓𝐡𝐢𝐞𝐫𝐫𝐲 𝐋𝐀𝐔𝐑𝐄𝐍𝐓, curé de la paroisse Saint-Roch à Paris
  • 𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐁𝐚𝐩𝐭𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐃𝐀𝐑𝐀𝐍𝐓𝐈𝐄̀𝐑𝐄, scénographe et metteur en scène
  • 𝐅𝐫𝐞́𝐝𝐞́𝐫𝐢𝐜 𝐋𝐞 𝐌𝐎𝐀𝐋, historien et spécialiste du Vatican

Lien vers la vidéo

« La place de Monsieur Bagayoko est en prison »

Face à Philippe de Villiers du 2 octobre 2026 sur CNews :

Léon XIV, l’urgence de la paternité

De Gabrielle Vialla sur Fecondite.org :

Le pape Léon XIV est venu chez nous. Il a été présent à tous et à chacun. Il a enseigné, encouragé, fermement et paisiblement. Il a béni, consolé, prié, souri, essuyé quelques larmes. Et chacun s’est senti aimé, attendu, parce qu’il a été rejoint.

Oui, le pape a pulvérisé dans les cœurs les projections maléfiques : un père serait forcément absent, indifférent, méprisant, cassant, voire violent. Le pape Léon XIV a réveillé une immense soif de paternité. Alors oui, le pape a fait son job, et il l’a fait admirablement. Et Dieu, dans l’unicité de sa paternité divine : « vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux » (Mt 23, 9), a accordé une trêve.

Notre époque et notre pays – celui de la Révolution française – ont une histoire douloureuse avec la paternité. Et si la veillée des jeunes a touché par la fresque de l’histoire des saints de France, si la messe à Paris fut dite sur le lieu de l’échafaud, si le pape a visité Saint-Joseph des Carmes, lieu de martyre, tout cela n’est pas non plus étranger à la paternité, qui donne un nom, une histoire, une filiation.

Dans la vie naturelle, c’est la mère qui désigne le père. Reconnaissons – et c’est étonnant – que, dans la vie spirituelle, le mouvement est inverse. C’est Jésus qui nous donne Marie pour mère. Ce sont souvent les hommes qui nous font aimer la maternité de Marie, celle de l’Église. De saint Bernard à saint Louis-Marie Grignion de Montfort, en passant par ceux dont on oublie les noms, le curé de Lourdes, celui de Pontmain, le confesseur de sainte Catherine Labouré, la France est encore une enfant gâtée, avec tant d’hommes qui ont exercé leur paternité en faisant aimer la Vierge Marie.

C’est aussi auprès de Notre-Dame que le Saint-Père a eu les mots les plus courageux. Je ne peux pas ne pas dire un mot de cette intention de prière toute simple, si simple, mais combien nécessaire par tout ce qui en découle : que les familles chrétiennes soient généreusement ouvertes à la vie. Notons qu’il n’y a là aucune injonction à avoir des enfants, seulement à rendre à Dieu ce qui lui revient : la paternité et la maternité humaines découlent de la paternité divine. La paternité responsable ne peut qu’être ouverte à la vie.

Alors non, le pape Léon XIV n’a pas fui la paternité, il l’a habitée. Il a démontré, comme un homme, que cela fonctionne. Souhaitons de tout notre cœur aux hommes de notre pays, évêques, prêtres, pères de famille et célibataires, de vivre selon leur état chastement leur paternité et, comme le pape, d’en être heureux.

Léon XIV en France: premier bilan

Le 4 octobre, Terres de mission reçoit le P. Jean-François Thomas sj, pour un premier bilan de la visite apostolique de Léon XIV en France.

Puis l’abbé Michel Viot évoque les prises de parole et les actes du Pape sur les questions bioéthiques et notamment sur la question de l’euthanasie.

Enfin, Guillaume de Thieulloy présente quelques ouvrages:

  • « La véritable obéissance dans l’Eglise’ de Peter Kwasniewski (DMM);
  • « Chartres. Arche d’Alliance et reliquaire du Voile de Marie » de Guy Barrey (Via Romana);
  • « L’Appel de Conques » de Patrick d’Humières (Michel de Maule);
  • « Joseph de Tonquédec » de Stanislas von Mellenthin (Via Romana).

Les Chrétiens d’Orient à l’honneur

Les Chrétiens d’Orient n’ont pas été oubliés par le pape Léon XIV, lors de son voyage apostolique en France.

Ainsi, dans son discours à l’Elysée, le Souverain pontife a salué l’engagement de la France et des Français auprès des communautés chrétiennes orientales, notamment auprès des écoles.

En arrivant à la cathédrale Notre-Dame de Paris, Léon XIV s’est arrêté dans la chapelle des chrétiens d’Orient. Il en a profité pour saluer Mgr Raphaël Kuteimi, vicaire général du diocèse syriaque catholique de Bagdad, blessé lors de l’attentat contre la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours, à Bagdad, en octobre 2010.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Jordanie : Le 2000e anniversaire du baptême du Christ se prépare

Le Premier ministre jordanien, Jafar Hassan, a présidé, jeudi 1er octobre, la deuxième réunion de la Haute Commission nationale chargée de préparer les festivités du 2000e anniversaire du baptême de Jésus-Christ en 2030.

Il a rappelé l’importance que la royaume attachait à cet évènement et combien il était nécessaire que les travaux d’aménagement soient terminés à temps.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

« L’Église en France est un petit troupeau qui doit rassembler ses forces pour la mission»

De Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, dans l’Appel de Chartres, à propos de la visite du pape :

[…] Mais le Saint Père est aussi venu confirmer chaque catholique dans sa vocation à la mission : « Pour opérer ce renouveau de l’espérance, dans un nouvel élan missionnaire en France que j’appelle de mes vœux, il n’ y a qu ’ une “feuille de route” , toujours la même : faire connaître et aimer Jésus-Christ, authentiquement, avec passion, encore et encore… » Si tout le programme de Notre-Dame de Chrétienté s’est trouvé magnifié par les enseignements du Saint Père, il en est un qu’il nous faut méditer. Dans son allocution aux évêques de France à Lourdes dimanche 27 septembre, Léon XIV a rappelé :

« L’Église en France est un petit troupeau qui doit rassembler ses forces pour la mission. Les divisions idéologiques rendraient vain son témoignage. (…) [L’ unité] n’est pas une plate uniformité mais permet que toute sensibilité authentiquement catholique converge naturellement dans une profession de foi commune, moyennant l’obéissance aux pasteurs légitimes, et en particulier au Successeur de Pierre… ».

Pleinement engagés dans la réussite de ce voyage apostolique à travers la mobilisation de centaines de ses cadres et de ses pèlerins, Notre-Dame de Chrétienté souhaite que ces propos du Saint Père aux évêques trouvent très bientôt une traduction concrète dans chaque diocèse, en faveur des fidèles attachés à la liturgie romaine traditionnelle. […]

« La gloire est cachée maintenant, dissimulée pour nous dans la tribulation. »

Mgr Varden est moine cistercien et évêque en Norvège. Devenu catholique en 1993 et moine trappiste en 2002, il est élu abbé de son monastère en Angleterre en 2015 et nommé évêque de Trondheim en 2019. Il vient de publier les méditations spirituelles qu’il a prêchées au pape Léon XIV et à la Curie lors du dernier Carême. Il vient donner une conférence à Paris, lundi 5 octobre, avec Rémi Brague

Sous le titre Illuminés d’une gloire cachée, Mgr Varden livre une méditation du psaume 90 appuyée sur le commentaire spirituel de saint Bernard, dont le réalisme intact traverse les siècles. Ces méditations éclairent combien la grâce agit au coeur du combat et de la nuit de toute vie chrétienne traversés ici-bas.

« La gloire, dit saint Bernard à ses frères, est cachée maintenant, dissimulée pour nous dans la tribulation. »

Que nous reste-t-il lorsque tombent les illusions, et que nous faisons silence en nos coeurs face au vacarme du monde ?

Les modes évoluent si rapidement aujourd’hui qu’il est téméraire d’essayer de vouloir les décrypter. Pourtant, je me demande si la dictature du relativisme, qui a marqué le premier quart de ce siècle, ne se métamorphose pas actuellement, comme peuvent se métamorphoser les dictatures lorsque le flux de la force est constant, en une dictature de l’absolutisme. Nous sommes peut-être entourés de réseaux diffusant des « vérités » au pluriel, mais ils tiennent de plus en plus pour acquis qu’il n’existe, et ne devrait exister, qu’une seule « vérité ». Nous voyons des exemples de prétentions à l’exclusivité de la vérité gagner du terrain dans la culture et la politique, avec de vastes implications pour la religion.