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Les Chrétiens d’Orient à l’honneur

Les Chrétiens d’Orient n’ont pas été oubliés par le pape Léon XIV, lors de son voyage apostolique en France.

Ainsi, dans son discours à l’Elysée, le Souverain pontife a salué l’engagement de la France et des Français auprès des communautés chrétiennes orientales, notamment auprès des écoles.

En arrivant à la cathédrale Notre-Dame de Paris, Léon XIV s’est arrêté dans la chapelle des chrétiens d’Orient. Il en a profité pour saluer Mgr Raphaël Kuteimi, vicaire général du diocèse syriaque catholique de Bagdad, blessé lors de l’attentat contre la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours, à Bagdad, en octobre 2010.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Jordanie : Le 2000e anniversaire du baptême du Christ se prépare

Le Premier ministre jordanien, Jafar Hassan, a présidé, jeudi 1er octobre, la deuxième réunion de la Haute Commission nationale chargée de préparer les festivités du 2000e anniversaire du baptême de Jésus-Christ en 2030.

Il a rappelé l’importance que la royaume attachait à cet évènement et combien il était nécessaire que les travaux d’aménagement soient terminés à temps.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

« L’Église en France est un petit troupeau qui doit rassembler ses forces pour la mission»

De Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, dans l’Appel de Chartres, à propos de la visite du pape :

[…] Mais le Saint Père est aussi venu confirmer chaque catholique dans sa vocation à la mission : « Pour opérer ce renouveau de l’espérance, dans un nouvel élan missionnaire en France que j’appelle de mes vœux, il n’ y a qu ’ une “feuille de route” , toujours la même : faire connaître et aimer Jésus-Christ, authentiquement, avec passion, encore et encore… » Si tout le programme de Notre-Dame de Chrétienté s’est trouvé magnifié par les enseignements du Saint Père, il en est un qu’il nous faut méditer. Dans son allocution aux évêques de France à Lourdes dimanche 27 septembre, Léon XIV a rappelé :

« L’Église en France est un petit troupeau qui doit rassembler ses forces pour la mission. Les divisions idéologiques rendraient vain son témoignage. (…) [L’ unité] n’est pas une plate uniformité mais permet que toute sensibilité authentiquement catholique converge naturellement dans une profession de foi commune, moyennant l’obéissance aux pasteurs légitimes, et en particulier au Successeur de Pierre… ».

Pleinement engagés dans la réussite de ce voyage apostolique à travers la mobilisation de centaines de ses cadres et de ses pèlerins, Notre-Dame de Chrétienté souhaite que ces propos du Saint Père aux évêques trouvent très bientôt une traduction concrète dans chaque diocèse, en faveur des fidèles attachés à la liturgie romaine traditionnelle. […]

« La gloire est cachée maintenant, dissimulée pour nous dans la tribulation. »

Mgr Varden est moine cistercien et évêque en Norvège. Devenu catholique en 1993 et moine trappiste en 2002, il est élu abbé de son monastère en Angleterre en 2015 et nommé évêque de Trondheim en 2019. Il vient de publier les méditations spirituelles qu’il a prêchées au pape Léon XIV et à la Curie lors du dernier Carême. Il vient donner une conférence à Paris, lundi 5 octobre, avec Rémi Brague

Sous le titre Illuminés d’une gloire cachée, Mgr Varden livre une méditation du psaume 90 appuyée sur le commentaire spirituel de saint Bernard, dont le réalisme intact traverse les siècles. Ces méditations éclairent combien la grâce agit au coeur du combat et de la nuit de toute vie chrétienne traversés ici-bas.

« La gloire, dit saint Bernard à ses frères, est cachée maintenant, dissimulée pour nous dans la tribulation. »

Que nous reste-t-il lorsque tombent les illusions, et que nous faisons silence en nos coeurs face au vacarme du monde ?

Les modes évoluent si rapidement aujourd’hui qu’il est téméraire d’essayer de vouloir les décrypter. Pourtant, je me demande si la dictature du relativisme, qui a marqué le premier quart de ce siècle, ne se métamorphose pas actuellement, comme peuvent se métamorphoser les dictatures lorsque le flux de la force est constant, en une dictature de l’absolutisme. Nous sommes peut-être entourés de réseaux diffusant des « vérités » au pluriel, mais ils tiennent de plus en plus pour acquis qu’il n’existe, et ne devrait exister, qu’une seule « vérité ». Nous voyons des exemples de prétentions à l’exclusivité de la vérité gagner du terrain dans la culture et la politique, avec de vastes implications pour la religion.

Dix-neuvième dimanche après la Pentecôte : « beaucoup sont appelés, mais peu élus »

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

► Introït : Salus populi

Les chants du propre de la messe du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte sont tous tirés des psaumes, à l’exception cette fois de l’Introït, qui est d’ailleurs assez exceptionnel.
C’est le seul Introït de tous les dimanches de l’année dont le texte ne soit pas strictement scripturaire, bien qu’on trouve des textes voisins en de nombreux passages de la Sainte Écriture.  Ensuite, c’est un des rares Introïts (il n’y en a que deux ou trois) où c’est Dieu qui parle ; la plupart des autres étant des prières que nous adressons au Seigneur ou des affirmations de notre adoration ou de notre confiance.

Salus populi ego sum, dicit Dominus : de quacumque tribulatione clamaverint ad me, exaudiam eos : et ero illorum Dominus in perpetuum.
Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur. De quelque détresse qu’ils crient vers Moi, je les exaucerai, et Je serai pour eux le Seigneur à jamais.

On voit que Dieu parle ici en des termes très consolants et très encourageants pour le peuple élu et à travers lui pour nous tous qui en sommes les héritiers, nous incitant à une prière confiante, quelles que soient les épreuves que nous avons à traverser. En ces derniers dimanches de l’année liturgique, marqués par l’approche de la fin du monde qui sera un temps d’épreuves (nous nous en apercevons déjà), Il nous invite à la patience et à la persévérance finale. La mélodie de cet Introït est très douce. Le Seigneur nous parle ici avec la tendresse d’un père pour ses enfants. Cependant la deuxième phrase, très affirmative, a davantage de mouvement avec trois cadences qui se répètent pleines d’assurance. On retrouve la douceur dans la dernière phrase avec la calme descente de Dominus et la belle montée contemplative de in perpetuum. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 77, dans lequel le psalmiste raconte au peuple d’Israël toutes les merveilles que le Seigneur a accomplies en sa faveur, malgré ses infidélités :

Attendite popule meus legem meam : inclinate aurem vestram in verba oris mei.
Mon peuple, soyez attentif à mon enseignement, Tendez l’oreille aux paroles de ma bouche.

► Graduel : Dirigatur

Le texte du Graduel du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 140, prière suppliante de David entouré d’ennemis et levant les mains vers le ciel pour supplier le Seigneur.

Dirigatur oratio mea sicut incensum in conspectu tuo, Domine.
Elevatio manuum mearum sacrificium vespertinum.
Que ma prière monte comme l’encens en votre présence, Seigneur, et que mes mains de lèvent comme un sacrifice du soir.

Le sacrifice du soir chez les hébreux était précisément le sacrifice de l’encens, dont la fumée s’élevant vers le ciel est une belle image de notre prière montant vers Dieu. Comme David et comme le prêtre à l’autel, nous pouvons répéter ces paroles exprimant l’intensité des demandes que nous adressons à Dieu. La mélodie très expressive évoque bien cette prière qui monte vers Dieu comme la fumée de l’encens, par une grande montée progressive culminant sur l’accent du mot incensum planant dans les hauteurs, puis elle redescend calmement s’abaissant en une profonde adoration sur le mot Domine. La deuxième partie comprend encore deux grandes montées à l’aigu souples et élégantes, puis la dernière phrase évoque le sacrifice du soir de façon plus grave et paisible quoique suppliante.

► Alléluia : Confitemini

Nous retrouvons dans l’Alléluia du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte le premier verset d’un psaume, comme pour presque tous les Alléluias de ce temps liturgique avec quelques exceptions comme celui de dimanche dernier. Et nous retrouvons également comme pour la plupart de ces Alléluias un chant de louange et d’acclamation au Seigneur pour sa bonté et sa toute puissance. C’est ici le début du psaume 104, grand cantique d’action de grâces, reprenant tous les bienfaits dont le Seigneur a comblé son peuple tout au long de son histoire.

Confitemini Domino, et invocate nomen ejus : annuntiate inter gentes opera ejus.
Célébrez le Seigneur et louez son nom, Annoncez ses œuvres parmi les nations.

La mélodie de l’Alléluia courte et ramassée se termine par une grande montée à l’aigu très enthousiaste. Le verset léger, joyeux et plein d’allant se conclut également par cette finale.

► Offertoire : Si ambulavero

Le texte de l’Offertoire du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 137, chant d’action de grâces de David, exprimant sa reconnaissance au Seigneur qui l’a toujours protégé.

Si ambulavero in medio tribulationis, vivificabis me, Domine : et super iram inimicorum meorum extendes manum tuam, et salvum me fecit dextera tua.
Même si je m’avance au milieu des dangers, vous me gardez en vie, Seigneur. Vous étendez la main au-dessus de mes ennemis en fureur et votre droite me sauve.

C’est une prière magnifique, pleine de reconnaissance et de confiance, avec la belle image de la main du Seigneur étendue au-dessus de nous pour nous protéger. Nous l’invoquons en cette fin d’année liturgique, tournée vers la fin des temps, pour nous préparer à affronter le jugement dernier. La mélodie très développée est d’un bout à l’autre très affirmative et pleine d’assurance. On retrouve à la troisième phrase sur les mots extendes manum tuam une mélodie de l’Offertoire Angelus Domini du dimanche de Quasimodo. Elle décrivait alors l’ange du Seigneur descendant du ciel pour annoncer la Résurrection ; ses belles courbes très élégantes évoquent maintenant la protection qui nous vient aussi du ciel. Enfin on remarquera pour finir les longues tenues répétées représentant la droite du Seigneur étendue au-dessus de nous.

► Communion : Tu mandasti

L‘antienne de Communion du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte, comme celle des deux dimanches suivants, est tirée du psaume 118, souvent utilisé dans la liturgie et particulièrement à cette période de l’année. C’était déjà celui de l’Introït du dix-septième dimanche, il y a deux semaines. On sait qu’il est le plus long du psautier, entièrement consacré à une méditation prolongée sur la loi de Dieu, sa volonté et le bonheur que l’on éprouve à s’y soumettre. Cette loi divine y est désignée par une dizaine de substantifs, à peu près synonymes, qui reviennent presque sans exception dans chacun des 176 versets du psaume, et que l’on peut traduire par loi, enseignement, commandement, ordonnance, précepte, etc. L’antienne d’aujourd’hui est prise dans les premiers versets du psaume :

Tu mandasti mandata tua custodiri nimis : utinam dirigantur viæ meæ, ad custodiendas justificationes tuas.
Vous avez commandé d’observer totalement vos commandements. Faites que mes voies soient dirigées vers l’observation de vos préceptes.

En ces jours où nous méditons sur la fin des temps, ou tout au moins sur la fin de notre vie, qui approche, quel que soit notre âge, nous prions pour que notre conduite demeure jusqu’au bout fidèle à la volonté divine. La mélodie de cette antienne est simple et légère, pleine de délicatesse avec des accents bien soulignés. Elle se fait plus suppliante dans la deuxième phrase, se terminant par un balancement répété autour des mêmes notes qui reviennent avec une insistance de plus en plus marquée.

Ethiopie – Erythrée : Vers la guerre ?

L’Ethiopie continuer d’accuser l’Erythrée de soutenir l’offensive anti-gouvernementale du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF) et du Mouvement national amhara des Fano.

Le 1er octobre, l’ambassade éthiopienne en Erythrée a donc été fermée et 10 diplomates érythréens expulsés pour « activités constituant une menace directe à la sécurité nationale » En réponse, l’Erythrée a rompu ses relations diplomatiques avec son voisin.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Thérèse de Lisieux histoire d’une flamme, en ce 3 octobre, un incontournable coup de coeur !

« Longtemps Thérèse m’ennuya et je me couchais de bonne heure, laissant choir, las, sur les draps, son autobiographie Histoire d’une âme… » Une main judicieuse glissa ce petit livre dans le sac à dos de notre auteur, Luc Adrian lors d’une longue marche… Bien conseillé, ou pas ! il sauta le manuscrit A et commença par la fin, le manuscrit C. Et ce fut pour lui un choc. Une illumination. Thérèse se révélait dans une brûlante confession, une immense amoureuse de Dieu. Une amoureuse du feu de Dieu. Cette lecture fut une rencontre et Luc Adrian nous livre ici la « traduction de cette rencontre à l’intention, en particulier, de ceux que rebutent les petites fleurs et les points de suspension à répétition. »

Lisieux, 1897 : une jeune femme de vingt-quatre ans s’éteint dans l’anonymat d’un obscur carmel de Normandie. Cent-quarante ans plus tard, Thérèse de Lisieux a transformé l’Eglise et la vie de millions de personnes. Qui était-elle pour avoir ainsi mis le feu au monde ? Une petite fille orpheline de sa maman à l’âge de quatre ans. Une enfant victime de harcèlement scolaire qui n’arrivait pas à grandir. Une jeune fille dévorée de scrupules qui a franchi tous les obstacles, jusqu’à faire appel au pape, pour réaliser son rêve : s’exiler à quinze ans dans la vie monastique afin de se livrer à son unique Amour et sauver les âmes au prix de son sang. Thérèse est une hypersensible passée de l’angoisse de l’abandon en Dieu. Une femme amoureuse, fragile, intrépide, géniale.

Elle ne surgit pas pour rien à la fin du XIX° siècle. Nous sommes dans une époque de tumulte et de contradiction, c’est le siècle des inventions, de la révolution industrielle. C’est aussi le siècle d’un anticléricalisme virulent, d’une explosion de l’athéisme. Thérèse surgit là, comme une flame d’espérance, comme un antidote à antithéisme. Luc Adrian le souligne : elle apparait au même moment que Frédéric Nietzsche. Au moment même où Thérèse fait sa consécration de carmélite, s’enferme volontairement dans ce carmel de Lisieux jusqu’à la fin de ses jours, Frédéric Nietzsche, le prophète de la mort de Dieu est interné dans un hôpital psychiatrique après une crise de folie. Cette synchronicité a une signification inouïe.
« Dieu est mort » clame Nietzsche, « Dieu est amour » clame Thérèse, qui nous rend le vrai visage de Dieu à l’orée d’un siècle, ce XX°, qui le niera, le piétinera.

Dans cette biographie romancée, où tout est vrai, le journaliste écrivain Luc Adrian pose un regard neuf sur « la plus grande sainte des temps modernes » Pie X. Par son humour, sa culture, la puissance de sa plume, il jette un pont au-dessus du ravin qui nous sépare de sainte Thérèse. Il nous offre ainsi une véritable rencontre avec cette sainte qui ne déçoit jamais ceux qui veulent bien saisir sa main.

Un voyage au grand air, à lire absolument. Ceux qui ont lu déjà de Luc Adrian, ce passionnant ouvrage « François, le chevalier sans armure » n’hésiteront pas une minute !
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/biographies-temoins-saints/30940-therese-de-lisieux-histoire-d-une-flamme.html?ref=043193205
Thérèse de Lisieux, histoire d’une flamme, Luc Adrian, L’Emmanuel, 480 pages, 24 €.

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“Vous valez mieux que les flammes” : lettre ouverte aux lycéens en colère.

Chers lycéens,
À chaque incendie, à chaque dégradation, on entend les mêmes explications : la colère, la contestation, le ras-le-bol…

Je sors d’un après-midi entier de cours avec mes Terminales. Comme souvent, nous avons parlé de l’actualité. J’ai entendu beaucoup d’excitation, mais peu de réflexion sur les causes défendues.

Les images circulent vite, les vidéos impressionnent, les réseaux sociaux amplifient… .Le bruit, les fumigènes et les flammes attirent les regards. Pourtant, lorsqu’un établissement est incendié, ce sont des salles de classe détruites, du matériel perdu, des enseignants, des agents et des élèves mis en danger. Ce sont aussi des policiers, des pompiers et des personnels de secours blessés par centaines, et mobilisés par milliers alors qu’ils pourraient être plus utiles ailleurs. Derrière quelques minutes d’excitation, il y a souvent des semaines, parfois des mois, pour réparer les dégâts.

Bien sûr, tout n’est pas parfait dans l’enseignement : vous avez le droit de vous exprimer. La contestation a sa place dans une démocratie. Les enseignants eux-mêmes connaissent les difficultés, les déceptions et les injustices de la vie : ils sont souvent passés par des combats encore plus douloureux que les vôtres.
Mais contester ne veut pas dire casser, une idée n’est pas meilleure parce qu’on l’accompagne de violence.
Ces derniers jours, des centaines de milliers de chrétiens se sont retrouvés dans les rues de France. Ils étaient nombreux, visibles et déterminés. Eux aussi sont souvent malmenés. Pourtant, ils n’ont rien cassé et n’ont rien brûlé. Ils ont montré qu’il est possible de se rassembler, d’affirmer ses convictions joyeusement et de faire entendre sa voix sans détruire ce qui appartient à tous. Vous en êtes capables aussi.
Mettre le feu à son lycée, c’est risquer de voir son propre avenir partir en fumée. Sur un CV, un bon diplôme fera toujours meilleur effet qu’une mauvaise casse.

La colère passe et les flammes s’éteignent. Mais les conséquences, elles, restent.
Le monde a besoin de jeunes qui construisent. J’espère sincèrement que vous choisirez d’en faire partie.

Signé : Un enseignant qui croit en vous

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Arménie : Une première pierre en 2027 pour la route Trump

La Route Trump pour la paix et la prospérité (TRIPP) « progresse, une étude de faisabilité étant prévue plus tard cette année et une première pelletée de terre possible dès le début de l’année prochaine ». C’est ce qu’écrit le média américain Semafor après un entretien avec l’ambassadeur d’Arménie aux Etats-Unis, Narek Mkrtchyan. « Sans le TRIPP, le dialogue pour la paix serait impossible » déclare-t-il.

Rappelons que cet axe multimodal, qui reliera l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan, est une vieille revendication azerbaïdjanaise, reprise par Donald Trump lorsque celui-ci a fait signer aux deux pays un accord de paix, le 8 août 2025.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Euthanasie de Noelia: vers une seconde décision de la CEDH?

De Nicolas Bauer de l’ECLJ :

Noelia Castillo était une jeune femme espagnole, âgée de vingt-cinq ans et décédée le 26 mars 2026 par euthanasie. Son père, Javier Castillo, avait demandé à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) la suspension de cette procédure d’euthanasie. Cette demande a été rejetée par une Chambre de sept juges, à la majorité. Par cette première décision, datée du 10 mars 2026, la CEDH a permis l’euthanasie de Noelia.

La Cour avait alors estimé qu’il n’existait aucun «risque imminent d’atteinte irréparable au droit à la vie». Ce droit, inscrit à l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme, est pourtant formulé ainsi: «La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement», hors cas particuliers parmi lesquels l’euthanasie n’est pas citée. Une atteinte est considérée comme irréparable lorsque, «en raison de sa nature, [elle] ne serait pas susceptible de réparation, de restauration ou d’être indemnisée de manière adéquate». Dans sa décision du 10 mars 2026, la CEDH a ainsi considéré qu’euthanasier Noelia ne constituait pas un «risque imminent d’atteinte irréparable» à sa vie, ce qui est contraire à toute logique.

En septembre 2026, la CEDH a publié sur sa base de données officielle l’affaire Javier Castillo c. Espagne. Elle va se repencher sur l’affaire, non plus sous l’angle d’un «risque imminent», mais au regard de l’euthanasie qui a entre-temps été pratiquée. La Cour examine cette fois la compatibilité de l’euthanasie de Noelia avec la Convention européenne. Il est improbable que les juges déclarent l’euthanasie en tant que telle contraire au droit à la vie, car la jurisprudence de la Cour a déjà contourné l’interdit de tuer, par une interprétation contra legem de l’article 2. La Cour pourrait en revanche se pencher précisément sur certains des aspects les plus choquants de l’affaire.

Polonia Castellanos, avocat de Javier Castillo, avait accordé un entretien exclusif à l’ECLJ quelques jours après l’euthanasie:

Noelia a été violée à plusieurs reprises. Et l’un de ces viols était […] collectif. Nous n’étions pas à l’époque leur avocat […] mais apparemment, quand Noelia a été violée, elle était déjà sous la tutelle de l’État, qui n’a absolument rien fait […]. Les responsables n’ont pas été recherchés […]. L’État n’a jamais donné une aide psychiatrique ou psychologique à Noelia […]. Nous demandions, Noelia étant placée sous la protection de l’État, que cette protection soit effective […]. À deux occasions, les juges nous ont répondu qu’ils ne prodigueraient pas de soins […]. Quand elle a sauté du cinquième étage, cela l’a rendue paraplégique […] elle se remettait de cette blessure et pouvait marcher et monter les escaliers […]. Elle n’a reçu aucun traitement psychiatrique ou psychologique. C’est ce que nous demandions au juge : avant de l’euthanasier, qu’elle reçoive un traitement psychiatrique ou psychologique en raison de son trouble mental […] La principale caractéristique de son trouble correspondait aux pensées suicidaires et c’est pourquoi elle a demandé l’euthanasie. Elle ne souffrait pas physiquement.

Il apparaît par ailleurs que Noelia, fragile et suicidaire, avait changé plusieurs fois d’avis sur la procédure d’euthanasie. Son père dénonce également une procédure entachée d’irrégularités et de conflits d’intérêts, ainsi que des pressions subies par Noelia pour accepter de donner ses organes. Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), qui a déjà été tierce partie dans une centaine d’affaires à la CEDH, a demandé au greffier de la cinquième Section de la Cour d’être autorisé à intervenir dans l’affaire Noelia.

Se former à l’apologétique : Matthieu Lavagna

Dans ce quatrième épisode, Matthieu Lavagna, auteur de “Soyez rationnel, devenez catholique”, revient sur la place de l’apologétique dans la mission aujourd’hui.

🧠 Peut-on montrer que la foi catholique est raisonnable ? Pourquoi l’apologétique connaît-elle aujourd’hui un regain d’intérêt ? Des preuves de l’existence de Dieu à l’historicité des Évangiles, en passant par la crédibilité du christianisme, il nous présente les grands arguments qui permettent de rendre compte rationnellement de la foi.

➡️ Pour aller plus loin, retrouvez toutes les ressources de formation de Notre-Dame de Chrétienté sur notre site : https://www.nd-chretiente.com/formations/

Misericordia : un oratoire pour faire battre le cœur d’Aubervilliers

Depuis 2018, les missionnaires de l’association Misericordia vivent au milieu des cités d’Aubervilliers, l’une des communes les plus pauvres de France. Ils annoncent l’Évangile, visitent les familles isolées et les jeunes mamans, accompagnent les enfants dans leur scolarité, et prennent le temps de créer des liens avec leurs voisins.

Misericordia poursuit sa croissance en construisant un nouveau centre destiné à pérenniser et développer la mission à Aubervilliers. Le chantier a été béni le 18 juin dernier par Mgr Guillet, évêque de Saint-Denis, en présence de voisins, d’amis et de partenaires de Misericordia.

Au cœur de ce futur lieu, un oratoire permettra aux missionnaires et aux habitants du quartier de se ressourcer auprès du Christ.

Pour en savoir plus

Le pape Léon XIV a célébrée sainte Thérèse en avance

Le 26 septembre, à la nonciature apostolique à Paris, Léon XIV a reçu un gâteau avec une effigie de sainte Thérèse, préparé par des élèves d’une école professionnelle de La Guerche-de-Bretagne, dans le nord-ouest de la France.

Le Lycée Hôtelier Sainte-Thérèse « est un établissement professionnel dédié à l’hôtellerie et aux arts culinaires. Nous formons les futurs professionnels du secteur avec passion et expertise », indique son site web. En partageant une photo du pape Léon avec leur gâteau, ils ont écrit sur Instagram :

« C’est une source de fierté et de joie immenses de voir le pape Léon XIV avec notre gâteau Sainte-Thérèse, juste avant d’y goûter. Nous adressons nos plus chaleureuses félicitations et remerciements aux élèves, aux enseignants et à tous ceux qui ont rendu ce moment possible ! Nous sommes sans voix face à un tel honneur, mais les souvenirs resteront. »

Une Église de France à relever

De Jean-Pierre Maugendre :

L’immense succès populaire de la visite du pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre pose la question de la situation de l’Église en France ainsi que celle de ses perspectives. Cette incontestable réussite est-elle l’arbre majestueux qui cache la forêt d’un irrémédiable déclin ou la manifestation d’un authentique renouveau, porteur de toutes les espérances ? Observons d’abord que les succès populaires des huit visites du pape Jean-Paul II en France entre 1980 et 2004 ne se sont pas concrétisés dans un redressement de la pratique religieuse ou le renouveau des vocations sacerdotales et religieuses. Tout au plus furent-elles un frein à la débâcle amorcée sous le pontificat de Paul VI.

À l’occasion de la visite du pape Léon XIV en France, le Saint-Siège a publié un aperçu statistique de l’Église catholique en France de 1980 à 2024. Citons quelques chiffres extraits de ce rapport :

1980 2024
Nombre de baptisés catholiques (en %) 85 % 75 %
Paroisses 38 391 10 925
Évêques 197 186
Prêtres diocésains 31 481 9 095
Prêtres religieux 7 395 3 495
Nombre total de prêtres 38 876 12 590
Diacres permanents 108 3 147
Religieux professes 87 044 17 452
Séminaristes 1 278 1 075
Baptêmes 513 501 186 165
Mariages religieux 217 479 40 678
1990 2024
Confirmations 91 281 46 539
Premières communions 230 629 73 143

Tous les chiffres marquent un effondrement brutal de ce qui faisait le catholicisme français. Ajoutons qu’entre 2007 et 2026, 91 abbayes contemplatives ont fermé. Un seul chiffre reste stable, celui du nombre d’évêques ! Un nombre est, quant à lui, en nette progression celui des diacres mariés, pauvre substitut à la crise des vocations sacerdotales. Seule lumière dans ce tableau bien sombre, sur lequel il a été largement communiqué : le triplement en 10 ans du nombre de baptêmes d’adultes (de 4 124 à 13 000). Ce sursaut est cependant loin de compenser la chute du nombre total de baptêmes (de 306 641 en 2010 à 196 165 en 2024).

Le sacerdoce catholique est au cœur de la vie de l’Église. Un site très documenté, La vérité des chiffres (laveritedeschiffres.net), suit depuis des années l’évolution des ordinations sacerdotales.

Extrayons-en quelques éléments significatifs :

  • Les effectifs diocésains de prêtres actifs sont aux environs de 6 500 personnes auxquelles s’ajoutent entre 2 300 et 2 400 prêtres étrangers, essentiellement africains.
  • Les ordinations sacerdotales pour la France (diocésains et religieux) se situent aux environs de 100 ordinations annuelles dont 20/25% de prêtres étrangers.
  • Les décès de prêtres sont aujourd’hui de l’ordre de 300 par an.
  • La moyenne annuelle des défections de prêtres séculiers français, sujet totalement occulté, se situe entre 12 et 15.
  • À horizon 2035, la France comptera 3 500 prêtres diocésains français dont 500 de moins de 50 ans.
  • Les ordinations de prêtres français (Fraternité Saint-Pie X, Fraternité Saint-Pierre, Institut du Christ-Roi, Institut du Bon pasteur, Missionnaires de la Miséricorde Divine) pour la célébration de la messe traditionnelle représentent annuellement entre 12 et 17 personnes par an soit de l’ordre de 25 % des ordinations de prêtres séculiers.
  • La communauté Saint Martin maintient son rôle prépondérant avec une dizaine d’ordinations annuelles.
  • Les entrées en propédeutique ont sensiblement augmenté passant de 99 en 2023 à 145 en 2025.
couvertrue l'ivresse et le vertige

Traditionnellement, les vocations sacerdotales en France se situaient à la conjonction de deux phénomènes : les familles nombreuses (plus de 4 enfants), et les petits séminaires (en 1950, 70 à 75 % des vocations sacerdotales étaient issues des petits séminaires). À partir des années 50, l’épiscopat français fit le choix de supprimer ces petits séminaires (Voir L’ivresse et le vertige d’Yvon Tranvouez) avec les résultats que l’on sait. Ainsi, nommé évêque d’Amiens en 1951, Mgr René-Louis Stourm ferma son petit séminaire en 1952. Le nombre de grands séminaristes passa de 74 en 1953 à 14 en 1960. Fin 1961, Mgr Stourm annonça la fermeture du grand séminaire qui ferma effectivement en 1962 et, comme on ne change pas une équipe qui perd, Mgr Stourm fut promu archevêque de Sens en 1962. D’autre part les familles de plus de 4 enfants ont, sauf exception, disparu du paysage ecclésial se cantonnant aux familles attachées à la messe traditionnelle ou à certaines communautés charismatiques, en particulier la communauté de l’Emmanuel.

couverture Histoire des crises du clergé français contemportain

Dans son maître-livre, paru en 1976, Histoire des crises du clergé français contemporain, Paul Vigneron, face au désastre déjà en cours, lançait un appel pathétique aux évêques de France :

Les évêques de France restèrent sourds à cet appel, qualifièrent de « sauvage » le séminaire d’Ecône fondé par Mgr Lefebvre en Suisse, contraignirent l’abbé Guérin à s’exiler à Gênes pour fonder ce qui allait devenir la communauté Saint-Martin, poursuivirent de leur vindicte les prêtres et les fidèles attachés à la célébration de la messe romaine traditionnelle… C’est sans eux, voire contre eux, que se fit l’expérience de la Tradition, avec les fruits que chacun peut aujourd’hui observer : transmission de la foi dans les familles, vocations sacerdotales et religieuses, etc.

La jeunesse qui a acclamé le pape Léon XIV tout au long de son séjour a soif de beauté, de transcendance, de certitudes, de silence, d’exigence. L’Église qui est en France est-elle prête à répondre à ces nobles aspirations alors que les catéchismes diocésains apparaissent toujours d’une incommensurable indigence, que les liturgies paroissiales sont trop souvent d’interminables bavardages où le néant de la pensée doctrinale et de la profondeur spirituelle se cache, mal, sous le masque de la simplicité évangélique. Sous couvert d’accueil et d’unité, un harcèlement épiscopal, parfois impitoyable, est mené à l’encontre des fidèles et des laïcs dont le seul tort est de vouloir demeurer fidèles aux « méthodes d’apostolat et de spiritualité » qui ont fait leur preuve ?

Couverture vers une église sans peuple

Avec un instinct très sûr du discernement des « signes des temps », l’épiscopat français s’est successivement appliqué consciencieusement à détruire le catholicisme populaire (voir Vers une Eglise sans peuple de Yann Raison du Cleuziou), opposé à la création des Scouts d’Europe en 1958, à la fondation du pèlerinage de Chrétienté Paris-Chartres à la Pentecôte en 1983, à la multiplication des écoles hors-contrat créées par des parents consternés par l’effondrement religieux et moral de l’enseignement officiellement catholique, etc. Et puis, le temps passant, devant le succès de ces initiatives de laïcs, en fonction du célèbre dicton : « Je suis leur chef, après avoir essayé de les freiner, je les suis », les évêques de France ont été contraints, parfois bien à contre-cœur, à normaliser leurs relations avec ces initiatives.

De même que le bon mot dans les communautés religieuses contemplatives féminines est d’affirmer que le succès repose sur les 3 G : « Grégorien, Guimpe, Grille », sans doute faudrait-il que nos évêques intègrent que le renouveau de l’Église de France ne saurait faire l’impasse sur les fidèles et les laïcs attachés au catéchisme traditionnel ainsi qu’à la messe et aux sacrements selon leur forme traditionnelle. Dans certains diocèses comme Carcassonne ou Bourges, leur présence est déjà massive. Plus ou moins consciemment, les évêques de France ont conscience qu’ouvrir grand les vannes aux « tradis » serait leur offrir un boulevard tant, au-delà d’éventuelles « divisions idéologiques », leurs œuvres témoignent pour eux ! Ce serait mettre le dernier clou sur le cercueil du « renouveau conciliaire » et admettre qu’ils se sont trompés. On conçoit que cette perspective ne puisse être acceptée d’un cœur léger, mais l’espérance qui nous anime est qu’ils en aient, enfin, le courage.

Jean-Pierre Maugendre

Le 1er jour et la 1ère nuit du Pape Léon XIV en France

Premier article de la Trilogie : 4 jours et 3 nuits avec le Pape Léon XIV en France 

de notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur, biographe et consultant

Il a dessiné le « M » de Marie sur la carte de France en seulement 4 jours. De Rome à Paris, puis de Paris à Lourdes, de Lourdes à Metz, et, enfin, de Metz à Rome, « l’ange de la paix » a survolé la Fille aînée de l’Église, telle une colombe.

En cette matinée du vendredi 25 septembre 2026, sur le tarmac de l’aéroport international de Rome-Fiumicino, il est 7h53 lorsque l’avion du pape Léon XIV décolle pour la France. Il est 10h01 lorsqu’il atterrit à Orly. C’est son cinquième voyage apostolique en dehors de l’Italie. D’emblée une première question se pose : Léon XIV est-il le fils spirituel du pape saint Jean-Paul II qui embrassait pour la première fois la terre de France en 1980 ? Ce qui est certain, c’est que, pour Claudie, 82 ans, qui a rencontré le pape saint Jean-Paul II en 1976, « il me fait penser à lui ».

Ce pape aux origines française (normande et béarnaise) et américaine lui ressemble. Par moment, d’ailleurs, sa voix chevrotante et certaines de ses intonations rappellent le pape venu de l’Est.

Reportage historique en trois temps.

Un programme, une pérégrination

À l’Élysée, Léon XIV ose parler au président Macron et lui dire de « choisir la vie ». Les mains presque jointes, le sourire aux lèvres et la tête penchée des mystiques, le défenseur de « la mort programmée », de l’euthanasie, écoute l’apôtre de la vie. Au palais présidentiel, la lumière et l’ombre se croisent et se décroisent, dans un face-à-face aimable qui ressemble plus à une joute qu’à une danse. Au fil des jours, cependant, la lumière va l’emporter sur les ténèbres qui se sont abattues sur la France depuis plusieurs années. Le contraste est net, mais les deux hommes s’écoutent et se respectent.

Après l’Elysée, le pape monte dans sa papamobile en direction de l’Unesco, puis, ce sera Notre-Dame de Paris, sécurisée à fond, les tireurs d’élite et les chasseurs de drones en position sur les toits. En fin de journée, le pape a rendez-vous au stade de France (SDF) avec la jeunesse. Une soirée-spectacle marquée par les envolées chevaleresques, lyriques et mystiques qui ont déplu à de rares médias et aux laïcards corsetés, « bouffeurs de curés » appartenant aux siècles passés révolutionnaires.

Le lendemain matin, alors que les « ça ira, ça ira, les aristocrates on les pendra » s’éloignent, comme des légions de démons fuyant la venue du Christ et de son vicaire, Léon XIV avance lentement, et, au ralenti pose ses pieds l’un après l’autre sur les quelques marches récipiendaires et témoins du massacre des 3 évêques, 181 prêtres, 2 diacres, 1 clerc et 4 laïcs, assassinés, martyrs de la folie meurtrière des révolutionnaires assoiffés du sang des justes. Ils sont morts en septembre 1792, parce qu’ils sont restés fidèles au Siège Apostolique, au Vatican.

Oui, « l’homme en blanc » vient défier les forces de mort, « pour que le monde ait la vie ». Et la vie, le monde l’a en abondance à Lourdes, où se rendra le béarnais d’origine. Et, là, quelle leçon : le pape passe d’un « P » à l’autre et devient Pèlerin, le chapelet à la main, une bougie lumineuse dans l’autre. Lentement, il boit sa gorgée d’eau miraculeuse que sainte Bernadette avait eu du mal à trouver en ce 25 février 1858. Enfin, à Metz, le pape Léon XIV avec sa rencontre interreligieuse et sa dernière Messe en la cathédrale Saint-Etienne opérera un miracle : il choisit la vie, transforme l’eau et le vin en sang du Christ, et prophétise la paix en Europe et dans le reste du monde.

4 jours et 3 nuits hauts en couleur, aux couleurs du bleu-blanc-rouge, du jaune et du blanc.

Le premier jour : quel discours !

Ce vendredi matin 25 septembre, le pape Léon XIV, drapé de blanc et de rouge, est accueilli par les Macron. Le soleil est jaune, la joie se lit sur les visages, des enfants sont là, symboles de l’espérance et de l’innocence. Après l’accueil protocolaire, civil, militaire et religieux, l’escorte papale quitte l’aéroport et file en direction de Paris et du palais de l’Élysée, où le pape va prononcer son discours historique face aux élus de la République, à sa gauche, et aux autorités religieuses de France, à sa droite. Toute la France est derrière un écran. Le monde regarde la France qui se réconcilie avec son histoire, avec le souffle de son passé religieux, avec ses racines culturelles et religieuses.

Les premiers mots prononcés par le pape sont sans équivoque, clairs, précis et simples. Leur vérité tonne comme une incroyable et paisible envolée de bourdons, une pluie douce et symphonique de cloches qui carillonnent en plein soleil, sous les ors du faste élyséen. Lisez : « ce pays au vaste patrimoine culturel et religieux… un peuple au sein duquel la diversité des origines contribue à vivifier la vie démocratique et enrichir l’art de vivre ensemble. » Le pape parle de Paris, de « la Ville lumière». Il rappelle à mots feutrés sa vocation, celle de la France qui « brille comme un phare culturel, artistique et spirituel, non seulement en Europe, mais aussi dans le monde. Forte de ses Écoles cathédrales, de ses Universités, de ses Académies, lieux essentiels de recherche de la vérité, la France a contribué à forger l’intelligence des populations, bien au-delà de ses frontières. L’illumination d’esprits d’exception français, qui étaient en même temps de grands catholiques, souligne combien les sciences, les arts, la littérature, la philosophie peuvent concourir au bien de l’humanité dès lors qu’ils sont orientés vers la recherche du beau, du bien et du vrai, afin que le monde ait la vie. »

Il souligne « le savoir-faire français » et son « excellence », pour mettre en lumière les « riches racines chrétiennes » de notre pays.

De Clovis à saint Jean-Paul II, en passant par saint Augustin

Puis, dans un propos où l’on reconnaît à la fois l’intelligence, la hauteur, la largeur et la profondeur, Léon XIV cite « saint Irénée, le baptême de Clovis, le XVIe siècle, saint Jean-Paul II ». Il plonge dans la « Déclaration universelle des droits de l’homme » pour s’envoler vers sa première Lettre Encyclique, Magnifica Humanitas. Là, il invite l’homme à se réconcilier avec lui-même en respectant « la dignité humaine », en respectant tous « les droits humains ».

Intelligence artificielle oblige, il ne pouvait pas ne pas citer Georges Bernanos et le fameux « Paradis des Machines ».

Puis, après un détour vers le « progrès technique », devant un parterre fleuri de 500 personnalités civiles et religieuses, il s’envole vers saint Vincent de Paul et le « renouveau caritatif du XVIIe siècle », pour tonner une nouvelle fois : « je réaffirme “ avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain ” (Discours au Corps Diplomatique, 9 janvier 2026) ». Il dénonce avec un doux courage et une force souriante « les dérives actuelles des sociétés qui risquent de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives favorisant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l’achat d’organes ou l’offre d’une mort programmée. »

Enfin, il saupoudre tout son discours de références provenant de son maître à penser : le grand saint Augustin. Au sujet de la laïcité, il choisit de dépeindre la Cité de Dieu (De civitate Dei), en résumant ses 22 livres, ses quatre longues années d’écritures entre 412 et 426, après la chute de Rome : « Le chrétien impliqué dans la vie publique, et agissant selon la lumière de sa conscience éclairée par la foi, ne peut être considéré comme un prosélyte ou une menace à l’unité de la patrie. En effet, “ la véritable laïcité n’exclut pas la dimension religieuse, mais sait au contraire en tirer parti comme d’une ressource éducative ” (Discours aux participants à la réunion nationale des enseignants de religion catholique, 25 avril 2026). »

« Je vous exhorte… »

Avant de filer pour le Stade de France (SDF), il termine son discours en se tournant vers l’Orient, vers les chrétiens d’Orient, se souvenant de sa visitation au Liban en décembre 2025. Il élargit son discours et salue « l’action éducative, sociale, culturelle et humanitaire menée dans les pays du Moyen-Orient, en lien avec diverses associations telles que l’Aide à l’Église en Détresse ou l’Œuvre d’Orient, est une précieuse contribution au dialogue entre les peuples et au soutien des droits de toute personne ».

Il termine en évoquant les conflits, les guerres : « Je vous exhorte donc à ne jamais vous résigner à la perspective d’une guerre en la considérant comme “inévitable”, mais à promouvoir sans relâche le dialogue et la diplomatie, afin de préserver des sociétés pacifiques, respectueuses de la dignité et des droits de la personne et des peuples. Face aux bruits de bottes et aux crises multiformes qui ébranlent notre monde, la France a la vocation de demeurer un artisan infatigable de paix et de multilatéralisme, notamment au sein de notre chère Europe. Puisse la France, dans la fidélité à ses valeurs, creuser le sillon d’une paix désarmée et désarmante, et offrir avec responsabilité sa contribution irremplaçable en faveur de la paix. Que votre liberté grandisse sans cesse dans le souci du bien commun. Que votre fraternité embrasse l’humanité tout entière. Et que l’égalité à laquelle vous aspirez s’établisse toujours sur les fondements de la justice et de la charité, sans supprimer les différences entre les personnes, mais en les faisant fructifier harmonieusement au profit de la société tout entière. »

A l’UNESCO : le prophète de la justice, de la paix et du vivre ensemble

Comment résumer un tel discours ? S’inscrivant dans la continuité de ses prédécesseurs, Léon XIV insiste sur la vocation de l’homme, de tout homme. Insistance voulue en ces temps qui s’assombrissent de plus en plus et où la barbarie se répand comme une traînée de poudre, avec des bruits de botte que l’Europe n’avait plus entendus depuis 2001, depuis les guerres dans l’ex-Yougoslavie.

Tel un patriarche, il convoque l’UNESCO, cette « assemblée des Nations, où les langues et les cultures se rencontrent pour coopérer à un projet qui concerne l’ensemble de la famille humaine ». Il leur demande de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales ». Il privilégie la conversation, le dialogue entre les nations, et prophétise en mettant l’éducation au 1er plan : « promouvoir l’éducation, les sciences et la culture est en effet impossible sans promouvoir la vie de l’homme et de la femme, qui en sont les protagonistes ».

« Être humain, c’est d’abord être un enfant »

Il rappelle la vocation de l’UNESCO et remet au coeur de ses missions la dignité de la personne humaine. Tel un professeur, il pose la question suivante devant un parterre de représentants d’États, d’organisations internationales, universitaires et de personnalités de la société civile et religieuse : « qu’est-ce que cela signifie d’être humain ? » Sa réponse ne se fait pas attendre : « Être humain, c’est d’abord être un enfant ». Voilà, tout est dit dans cette phrase. Le pape appelle ses interlocuteurs à (re)prendre le chemin de l’enfance, celui de l’innocence, celui de la paix.

Et de continuer en parlant de la guerre, de la corruption de la loi, de l’intelligence artificielle qui vient remettre en cause les fondements mêmes de notre humanité. Son propos devient biblique lorsqu’il évoque la folie des hommes qui ont voulu construire la tour de Babel, détournant l’humanité de son unité. Remplie d’orgueil, l’humanité se perd. Alors que sous le souffle de l’Esprit Saint, lors de la Pentecôte réapparaît la communion. Il faut, donc, choisir entre la « domination de Babel » et « la paix de la Pentecôte, qui rend possible une telle communion entre tous les peuples ». C’est ce qu’est venu apporter le pape Léon XIV à la France : la communion !

La première nuit des saints de France !

Drôle d’acronyme pour dénommer le stade de France : SDF. Les saints de France sont-ils aussi des SDF ?

Ce qui est certain, c’est que ces « sans domicile fixe » d’un soir, d’une nuit, de quelques heures, sont nombreux, très nombreux. Lisez : plus de 80 000 ! Une foule innombrable qui chante, qui loue, qui prie, qui fait silence, qui écoute. Un peuple de jeunes de France, des jeunes venus principalement de l’Ile-de-France. Ils viennent rencontrer « leur pape », l’homme en rouge et blanc.

Au programme de cette soirée historique qui transforme un stade en temple de la chrétienté, dans une ville – Saint-Denis – qui a viré à l’extrême gauche et dont le maire, trois jours plus tard, haranguera la foule d’une jeunesse différente et manipulée – celle de lycéens manifestant contre un ordre républicain qui se perd – en leur disant « la violence peut être légitime », alors que cette même jeunesse en colère vient de mettre le feu à des poubelles devant l’entrée d’un lycée. Ombres et lumières, lumières et ténèbres sont omniprésentes. Mais, là, dans cette nuit de la jeunesse éternelle, celle des saintes et des saints, une lumière jamais vue auparavant brille : celle de l’espérance, celle de la foi, celle de… Dieu.

Une nouvelle litanie…

Entre 17h30 et 22h39, un programme historique inédit, à couper le souffle, va animer la rencontre entre un pape et son jeune peuple de France : de la musique, des chants, des louanges, des sketchs, des vidéos, des cloches de France qui sonnent, des mots d’accueil, de bienvenue de personnalités civile et religieuse.

Puis, un petit peu avant 21h00, l’homme en rouge et blanc, arrive dans sa papamobile, c’est une holà, une ovation générale qui l’acclame. Elle déborde… Alors comme dans les spectacles du Puy-du-Fou, l’histoire de France est projetée sous la forme de scènes costumées jouées par les acteurs d’un soir. « Vous êtes les saints de France », ne cessera de répéter le pape, alors que défilent sainte Marie-Madeleine et son frère saint Lazare à bord d’une barque partie de Palestine ; puis, ce sont des soldats romains qui jaillissent en courant des tunnels du stade et traversent l’allée centrale sous les applaudissements d’un public conquis. On entend, ensuite, tonner comme des louanges les noms des premiers martyrs de France, de sainte Blandine enchaînée à des colonnades romaines, et de saints évêques, comme saint Irénée.

La litanie scénique des saints de France

passant par sainte Geneviève qui rassure les Parisiens face à Attila, et les saints Bernard, Louis, Vincent de Paul, etc., va durer une demi-heure. L’arrivée de Jeanne d’Arc à cheval, entourée de ses 9 chevaliers, fait redoubler la jeunesse de France debout dans les gradins qui hurlent : « Vive Jeanne ! ». Saint Jean-Marie Vianney, sainte Catherine Labouré, sainte Bernadette et les voyants des apparitions de la Vierge Marie à Pontmain, la Salette, et l’Isle-Bouchard font leur entrée…

Le spectacle est sublime, les ténèbres ont disparu ou presque. Dans le ciel étoilé d’une nuit pleinement lunaire, c’est le feu d’artifice qui domine.

Un évènement critiqué par des journalistes

Ce spectacle époustouflant est critiqué dans la nuit même par certains noms du journalisme, comme Bernadette Sauvaget, Estelle Denis (RMC) et Julian Bugier (France 2). La première est spécialiste des sujets de religion chez Libération. J’ai été en première ligne de sa fervente et forte critique, qui, il est vrai, m’a désarçonné au milieu des petits-fours et de l’incroyable ambiance. J’en suis témoin, alors que je me trouve avec elle dans le carré média du SDF. « C’est affolant cette soirée, me dit-elle. C’est bas de gamme, on se croirait au Puy-du-Fou. » Puis, elle rajoute : « C’est un retour en arrière. C’est un spectacle politique. C’est du catholicisme de droite, voire d’extrême droite ».Qui n’aime pas le Puy-du-Fou ?

Les critiques d’Estelle Denis sont, elles, moins vociférantes. Car après avoir tapé sur l’évènement en disant qu’on « en faisait trop », elle a admis qu’elle s’était « lourdement trompée ».

Quant à Julian Bugier, la critique n’est pas sur le fond, elle est juste technique et liée à un bafouillage inhabituel, en direct, alors que son équipe technique, en régie, à un temps de retard. Problème d’oreillette, tempo différent, agacement avec un geste de la main, et finalement ses phrases qui ont fait le tour des réseaux sociaux : « C’est parfois un peu insupportable quand on vous dit “ À toi ” et que vous êtes déjà à l’antenne en train de parler. » Puis, il termine cette séquence avec humour et dérision : « J’ai retrouvé ce que je voulais dire ». Pas grave.

La question de Chloé et la réponse de Léon (extraits)

Pendant ce temps-là, le stade de France s’est transformé en grand auditorium où des jeunes interrogent le pape. La première question, c’est Chloé, une jeune étudiante de 25 ans engagée au sein du mouvement La Cité Céleste, qui va la poser. Elle témoigne d’abord de son engagement dans les quartiers populaires d’Ile-de-France : « À travers mes différents engagements, j’ai à cœur de mettre mon énergie et mes compétences au service des autres en créant du lien entre la foi, la jeunesse et les réalités vécues au quotidien dans nos quartiers. »

Puis, elle pose sa question du pape : « Comme le dit saint Paul “pour nous, vivre, c’est le Christ ”. Pourtant, la société dans lequel nous vivons se construit sur d’autres fondements et semble parfois même être étrangère à la question de Dieu. Nous désirons annoncer le Christ autour de nous avec force et persévérance mais aussi, bien sûr, avec respect et délicatesse vis-à-vis de ceux que nous rencontrons. Comment pouvons-nous conjuguer la force de notre élan missionnaire avec l’authenticité d’une vie fraternelle avec ceux qui ne partagent pas notre foi ? »

Le pape tout sourire aux lèvres se lèvent et salue Chloé, la remercie et lui offre un chapelet. Puis, en levant son bras droit, il dit : « Chers amis, la première chose que je voudrais dire est très simple : merci ! Merci à Dieu, merci à vous, merci pour votre courage, merci pour votre présence, merci pour votre foi. Vous êtes les saints de France ! Et merci Chloé pour ta demande. La phrase de saint Paul que tu as citée, n’est pas une simple affirmation. Elle est une véritable synthèse de sa vie. En quelques mots, brefs mais décisifs, il prononce une prière de louange, un acte de foi, et indique un chemin de sainteté jusqu’au martyre. « Pour moi, vivre, c’est le Christ » (cf. Ph 1, 21). En répétant cette déclaration d’amour, nous essayons de partager l’expérience de l’Apôtre. Celui-ci témoigne, en effet, que Dieu n’est jamais étranger à sa vie, mais que, au contraire, Il vient à sa rencontre : Il l’appelle auprès de lui, le transforme intérieurement, l’envoie dans le monde.

Nous sommes tous concernés par cette dynamique spirituelle, aujourd’hui encore. Il est vrai, comme tu le dis, que la société dans laquelle nous vivons semble indifférente à Dieu. Mais le Seigneur n’est pas indifférent à nous ! Voilà ce qui compte… et ce qui nous donne toujours de l’espérance ! »

De l’égarement de l’homme à la rencontre avec le Christ

Interrompu par les applaudissements et les cris enthousiastes des jeunes, l’homme en rouge et blanc continue :

« Que beaucoup soient étrangers à la question de Dieu est, en effet, un problème ; mais que beaucoup soient étrangers à la question de l’homme l’est tout autant. Combien de personnes, malheureusement, se désintéressent de leur prochain, menant une vie égoïste, ou bien méprisent les pauvres en gaspillant leurs biens dans des choses futiles. Combien rejettent les personnes simples ou malades, pensant que chacun ne vaut que par ce qu’il produit. Je pense en particulier à ton engagement dans les quartiers populaires d’Île-de-France avec La Cité Céleste : c’est là, dans le concret du quotidien, et parfois des difficultés, que ta foi devient un vibrant témoignage d’espérance.

L’homme s’égare lorsqu’il affirme que Dieu est mort. Si Dieu n’est pas avec lui, l’homme n’a plus de salut et perd le sens de son existence, qui se réduit à une impasse ou au néant. En revanche, celui qui dit : Pour moi, vivre, c’est le Christ !, fait exactement l’expérience du contraire. Dans le Christ, en effet, nous savons que Dieu n’est jamais indifférent à l’homme ! Par Jésus, crucifié et ressuscité, Il donne sa propre vie pour que nous en vivions. Voilà donc la manière d’annoncer le Christ qui allie courage et respect : l’annoncer comme Évangile de salut ; comme parole de vérité et de vie. Cet Évangile est une bonne nouvelle pour tous, une annonce libératrice et une règle de vie nouvelle.

L’Évangile de Jésus, en effet, ne conduit pas au conflit, mais invite toujours au pardon : tandis qu’il éclaire le drame de l’histoire, il nous forme à la sollicitude fraternelle. La rencontre avec le Christ ouvre au dialogue et prépare à sa paix, car elle offre à chaque homme et à chaque femme la promesse la plus grande, qui comble tous les désirs : la promesse de la vie éternelle. »

Reportage réalisé par Antoine BORDIER

Copyright des photos A. Bordier, France TV et Unesco

Deuxième article de notre trilogie à suivre :

Léon XIV : le pape-pèlerin de Lourdes à la source d’eau vive

Avec une solide formation intellectuelle, religieuse et spirituelle, on peut espérer transmettre par les arts

Jean-Baptiste Darantière, directeur artistique de la veillée au stade de France, a été interrogé dans L’Appel de Chartres. Extrait :

Vous êtes professionnel et ce n’est pas votre premier spectacle d’envergure, comment avez-vous choisi cette voie et que diriez-vous à ceux qui sont tentés de se tourner vers les métiers de la culture et du spectacle ?

J’ai eu la chance d’être poussé vers les arts de la scène dès mon plus jeune âge. J’ai goûté au plaisir des planches à l’âge de 6 ans et n’en suis jamais descendu. Travailler dans ce domaine est une vocation, et je considère que c’est un devoir de chrétien. Le Christ nous l’a enseigné avec la parabole des talents : j’ai assez tôt découvert le mien et je m’efforce de le faire fructifier. A ceux qui souhaitent choisir cette voie : foncez ! Nous ne sommes pas nombreux à la moisson, et l’Eglise a besoin du langage artistique. Le modèle familial « catho-tradi » n’est pas réputé pour être le terrain fertile pour voir émerger ce type de chemin professionnel. Pourtant c’est avec une solide formation intellectuelle, religieuse et spirituelle qu’on peut espérer transmettre par les arts. Il faut que les chrétiens foncent dans ce domaine : la force de la tradition est d’aiguiser nos sens au sacré. Faisons en profiter le plus grand nombre !

Vous êtes un pèlerin régulier de Notre-Dame de Chrétienté et vous avez longtemps œuvré dans les équipes de service. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai commencé le pèlerinage jeune et ça a longtemps été un rendez-vous auquel je me rendais fidèlement, puis j’ai effectivement poursuivi en service plusieurs années au sein de la cuisine “enfants” , une autre manière de vivre le pèlerinage au service de tous ces jeunes pèlerins et de leurs encadrants. Certes, on ne marche pas et on reste près de la gamelle, c’est-à-dire du moral des troupes, mais on dort peu et on court souvent pour que les repas soient prêts dans les temps, et je ne parle même pas de la vaisselle ! C’est un beau service que je recommande, nous y sommes aussi bien accompagnés spirituellement.

Un mot pour nos lecteurs et pèlerins de Chartres ?

Le pèlerinage de Chartres est un moment spirituel unique, mais c’est plus que ça. C’est un poème. C’est une symphonie des cœurs qui s’harmonise au rythme des pas. C’est la route de Péguy, la vision de Claudel. Le pèlerinage est un spectacle à lui tout seul. Soyons fiers d’en être les acteurs et de témoigner, toujours plus nombreux !

Irak : Les Américains s’en vont

Après 23 ans de présence militaire, les derniers soldats américains ont quitté l’Irak, le 1er octobre, décrétée « Journée de célébration » par le gouvernement. On se souvient que les Etats-Unis étaient entrés en Irak pour y renverser Saddam Hussein et y détruire des armes de destruction massive… qui n’existaient pas.

Ce départ met également fin à la coalition internationale lancée en 2014 contre les jihadistes de l’organisation Etat islamique. Bilan de ces vingt ans : des centaines de milliers de morts et un pays en crise continue depuis 2003.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Glucksmann est l’un des responsables de la guerre en Ukraine

De Roland Hureaux, essayiste et ancien haut fonctionnaire, pour le Salon beige:

Il est stupéfiant qu’au moment de la primaire socialiste, Raphaël Glucksmann se trouve, dit-on, en pole position pour l’emporter tant auprès des médias que des militants. Y compris chez les vieux socialistes à l’ancienne, ceux du corps enseignant par exemple .

Ces gens-là ne savent apparemment pas qui il est : le plus parfait représentant de l’ordre mondial, un ordre imposé par les plus riches du monde.

C’est la raison pour laquelle un vent subtil souffle au travers des médias en sa faveur, vent invisible mais efficace – le même qui souffla pour Macron en 2017.

Qui est Raphaël Glucksmann ?  Mitterrand était avocat, Hollande était conseiller à la Cour des comptes, lui , sous couvert de journalisme,  a été d’abord un agitateur international chargé de déstabiliser les pays de l’Europe de l’Est qui venaient pourtant de secouer le joug communiste.

Né en 1979, il fait ses débuts en politique sous la bannière d’Alternative libérale, un mouvement fort peu de gauche qui promeut le libéralisme économique à tout va,  tout comme le Cercle de l’Oratoire dont il était également proche. Cet engagement est significatif de l’ancrage véritable de l’intéressé : celui du libéralisme mondialisé, impatient d’abolir les Etats et les frontières, d’instaurer partout la libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes.

Comme presque tous les grands milliardaires qui dirigent le monde, ses patrons, il a trouvé bon ensuite   de poursuivre la croisade pour le nouvel ordre mondial sous le pavillon de la gauche.

Être aventurier n’a pour nous rien de blâmable, à condition de l’être pour une bonne cause ; celles qu’a servi Glucksmann sont toutes désastreuses :  elles visaient à mettre à feu et à sang l’Europe de l’Est, d’y susciter des révolutions, jugeant que les forces qui avaient renversé le communisme n’étaient pas assez libérales parce qu’elles n’étaient pas devenues woke. Il fallait, par la subversion, les détruire.

 A partir de 2009, Glucksmann commence ainsi une carrière d’activiste international. Il devient de 2009 à 2012 conseiller du président de la Géorgie   Mickaël Saakatchvili, qui avait pour ambition, au mépris des réalités géopolitiques, de transformer son pays en un poste avancé de l’Occident dans le Caucase. Il épouse en 2009 Eka Zgouladze, vice-ministre de l’Intérieur ; après l’échec dans les urnes de l’expérience Saakachvili, il se transfère en Ukraine où il continue d’être un agent actif de la subversion pro-occidentale.  Il contribue ainsi à la prétendue révolution de Maidan : renversement par la force d’un président élu en 2010 de la manière la plus régulière (selon l’OSCE), ce qu’un homme aussi peu exalté que Valéry Giscard d’Estaing a qualifié de « coup d’Etat de la CIA ». Ce genre de déni de démocratie est unique dans les annales de l’Occident dit libéral. Maidan :  révolution spontanée contre un président corrompu (mais pas plus que beaucoup d’autres et surtout de ceux qui ont pris sa place) diront certains ; mais cette « révolution » a coûté 6 milliards de dollars au budget américain avoués  au Congrès de la secrétaire d’Etat adjointe Victoria Nuland qui l’a pilotée de A à Z.

Le patron de Glucksmann à Kiev fut-il George Soros, ce milliardaire animé d’une haine rabique contre Poutine (et Orban),  qui a mis depuis longtemps sa fortune au service des révolutions orange (et  de la traversée de migrants en Méditerranée) ou bien la CIA ?  Sans doute les deux qui travaillaient la main dans la main. Glucksman se disait alors « consultant en révolutions ». « Il a fait des soulèvements nationaux son fonds de commerce » (Le Monde, 21 mars 2014).

Eka Zgouladze est devenue ministre de l’Intérieur du président ukrainien Porochenko,  et son mari conseiller personnel. Saakatchvili en exil, devint, lui, gouverneur d’Odessa.

Après leur séparation, Glucksmann a épousé en 2015  Léa Salamé, fille d’un autre milliardaire proche de Soros.

On pourrait mettre ces engagements sur le compte d’erreurs de jeunesse si les événements de Maidan n’avaient été le vrai commencement de la guerre en Ukraine, une guerre qui a déjà fait entre un et deux millions de morts et qui risque aujourd’hui d’enflammer l’Europe entière, y compris par une escalade nucléaire. Le soulèvement de la place Maidan visait à installer aux portes de la Russie un pouvoir hostile à celle-ci. Si Glucksmann est Tintin, c’est un Tintin sanglant.

Dans un tel contexte,  la France peut-elle sérieusement porter à sa tête un des responsables de cette catastrophe?

Elu député européen en 2019 au titre de son mouvement Place publique, fermement partisan de l’Europe supranationale (qui n’est que la succursale locale du mondialisme libéral qu’il soutient par ailleurs), Glucksmann a milité pour le   Pacte vert européen de 2021 qui prévoit la fin de l’automobile aux carburants fossiles  et la surpression des élevages en Europe pour supprimer les émissions de méthane. S’il y a encore des agriculteurs au parti socialiste, il vaut mieux qu’ils le sachent. Comme tous les militants socialistes qui croient lutter pour défendre le peuple. Glucksmann est-il l’homme qu’il leur faut dans un monde au bord de la guerre. Jaurès où es-tu ?

« Homo occidentalis » ou comment au centre du village, l’église a été remplacée par un trio psy, tatoueur et salle de sport.

Pourquoi associer un analyste politique et un psychanalyste ? Parce que Jérôme Fourquet compte ce que Ruben Rabinovitch entend. Le premier observe les courbes, les pratiques et les déplacements massifs de la société française ; le second, psychologue clinicien et psychanalyste, reçoit dans son cabinet les souffrances singulières que ces déplacements produisent ou révèlent. Leur rencontre donne à Homo occidentalis. Que sommes-nous devenus ?, qui paraît au Seuil le 2 octobre 2026, sa véritable fécondité : la statistique montre que quelque chose a changé ; la clinique aide à comprendre ce qui change en nous. L’ouvrage compte 448 pages, mais son intuition tient dans une distinction : nous sommes passés d’un « ancien régime psychique » à un « nouveau régime psychique ».

DEUX RÉGIMES PSYCHIQUES

L’ancien régime psychique était vertical. La famille, le père, l’école, l’Église, le métier et les institutions assignaient des places et transmettaient des normes. Le devoir précédait volontiers le désir ; l’interdit obligeait à différer, à contenir ou à réprimer. La matrice chrétienne et l’ordre patriarcal formaient, selon les auteurs, deux des murs porteurs de cet univers. Il en résultait de la continuité, des rites et un mode d’emploi collectif de l’existence, mais aussi des existences écrasées, des désirs étouffés, de la culpabilité et des autorités parfois abusives.

Le nouveau régime est plus horizontal, plus fluide. L’individu ne doit plus d’abord tenir son rang, mais accomplir son potentiel, exprimer sa singularité, réussir sa vie et trouver son bonheur. Il choisit davantage ses relations, son apparence, sa trajectoire et ses appartenances. En principe, le gain de liberté est immense. En pratique, l’ancien « tu ne dois pas » n’a pas disparu sans laisser de successeur : il est souvent remplacé par « sois toi-même », « épanouis-toi », « deviens la meilleure version de toi-même ». L’injonction est souriante ; elle n’en demeure pas moins une injonction.

Fourquet et Rabinovitch refusent pourtant le paradis perdu. À chaque régime ses souffrances, disent-ils en substance. L’homme d’hier pouvait être broyé par la structure ; celui d’aujourd’hui peut l’être par l’absence de structure. La transition, au demeurant, n’est ni complète ni uniforme. Les auteurs emploient l’image d’un chaos granitique : l’érosion a produit beaucoup de sable, mais il demeure des blocs solides — familles, institutions, communautés — et les milieux sociaux ne basculent pas tous au même rythme. C’est une précaution essentielle contre le tableau trop commode d’un « avant » homogène et d’un « après » sans reste.

LE NOUVEAU CENTRE DU VILLAGE

Une vieille expression invitait à « remettre l’Église au milieu du village ». À la lecture de Homo occidentalis, une autre carte se dessine : le psy, la salle de sport et le salon de tatouage se sont installés au centre. Cette formule est une prolongation du livre plutôt qu’une citation des auteurs ; elle rassemble toutefois trois de leurs observations les plus parlantes.

Le psy, d’abord. Fourquet et Rabinovitch relèvent qu’il ne prend pas simplement la place laissée vide par le prêtre. La fonction elle-même change. Le prêtre inscrivait la personne dans un ordre commun et une transcendance ; le thérapeute aide le sujet à élaborer sa difficulté dans une relation singulière. Les auteurs avancent le passage de 27 000 « psys » en 2008 à 73 000 aujourd’hui. Ce chiffre ne prouve évidemment ni une épidémie mentale ni une substitution religieuse à lui seul ; il matérialise cependant le déplacement de la prise en charge.

Même le deuil, autrefois enveloppé par des rites reçus, doit souvent être composé sur mesure. Au début des années 1980, rappellent-ils, la crémation concernait environ 1 % des funérailles en France ; elle approche désormais 45 %. La liberté de personnaliser la cérémonie a grandi, mais l’endeuillé doit parfois « bricoler » seul le rite qui devrait précisément le porter.

La salle de sport et le tatoueur disent autre chose : le corps reçu devient un chantier. Qu’il soit travaillé, aminci, musclé, corrigé, percé ou inscrit, il est chargé de rendre visible une vérité personnelle. Le livre ne condamne ni le sport — dont Rabinovitch souligne expressément le bienfait — ni le tatouage. Celui-ci peut commémorer, embellir, manifester une fidélité ou une appartenance.

Mais sa diffusion a valeur de symptôme : quand l’identité n’est plus principalement reçue d’un nom, d’une lignée, d’un village, d’une religion, d’un métier ou d’un état de vie, elle demande à être produite, racontée, affichée, parfois gravée dans la peau. Dans leur entretien à France Inter, les auteurs rapprochent précisément changement de prénom, tatouage, chirurgie esthétique et entraînement du corps : autant de manières de « customiser » ce qui était donné.

Le prénom offre un exemple plus profond encore. Rabinovitch rappelle qu’il renvoyait souvent à un ancêtre, un parrain, une marraine ou une figure tutélaire. Se renommer peut répondre à une histoire douloureuse et ne saurait être jugé en bloc. Mais lorsque le geste vise à n’être redevable d’aucune nomination antérieure, il exprime ce que le psychanalyste appelle le « fantasme d’être les fondateurs de nous-mêmes ». La filiation n’est plus seulement transformée : elle risque d’être vécue comme une dette dont il faudrait s’affranchir.

Les substances consommées racontent, elles aussi, la société qui les consomme. La comparaison de l’alcool et du cannabis est ici éclairante à condition de ne pas la durcir. Dans un monde fortement inhibé, l’alcool offrait une sortie par la désinhibition ; dans un monde déjà accéléré, excité, sommé de choisir et de performer, le cannabis peut être recherché pour ralentir, amortir, redescendre.

Il ne s’agit ni d’un remplacement historique — l’alcool demeure omniprésent, y compris sous la forme du binge drinking — ni d’une loi pharmacologique universelle, mais d’une différence de fonction psychique typique. Le livre examine aussi cocaïne, psychostimulants, antidépresseurs, jeux vidéo et addictions numériques : des recours très différents, qu’il serait absurde de confondre, mais qui disent tous quelque chose de nos tentatives pour régler l’intensité de l’existence. Notre époque oscille volontiers entre l’accélérateur et le frein.

DU NÉVROSÉ AU DÉPRESSIF

La formule la plus saisissante du livre est sans doute celle-ci : « le névrosé a laissé sa place au dépressif ». C’est un schéma, non un diagnostic appliqué à chaque Occidental. L’individu de l’ancien régime se débattait avec l’interdit : ai-je fauté, cédé à un désir défendu, trahi mon devoir ? Celui du nouveau se mesure à l’idéal d’accomplissement : suis-je à la hauteur ? Pourquoi ma carrière, mon couple, mon corps ou mon humeur ne ressemblent-ils pas aux images heureuses que les autres exposent ?

La liberté peut ainsi devenir une charge. Lorsque les normes sont nombreuses et rigides, on souffre de ne pouvoir leur échapper. Lorsqu’elles sont faibles ou contradictoires, on souffre de devoir choisir seul, puis d’endosser entièrement le résultat. Autrefois, la question prenait volontiers la forme : « Ai-je mal agi ? » Aujourd’hui, elle devient : « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi pour que je n’arrive pas à être heureux ? » La faute concernait un acte ; l’échec contemporain peut contaminer l’être tout entier.

Le lecteur chrétien aperçoit ici un paradoxe. La culpabilité religieuse a pu devenir maladive, nourrir le scrupule et confondre le péché avec la honte de soi ; nul besoin de l’idéaliser. Mais, dans sa vérité, la conscience chrétienne distingue la personne de ses actes. Le péché peut être nommé parce que le pécheur n’est pas réductible à son péché ; le pardon ouvre un avenir.

La société de la performance est parfois moins miséricordieuse. Elle promet que tout est possible, puis laisse entendre que celui qui n’y parvient pas est lui-même défectueux. Elle connaît le coaching, le classement et l’évaluation permanente ; elle peine davantage à concevoir l’absolution.

C’est aussi le point où une recension doit garder sa liberté. Les patients d’un cabinet ne forment pas un échantillon représentatif ; une courbe nationale et une vignette clinique ne constituent pas des preuves de même nature. La catégorie d’« Occident » peut aplanir des différences nationales, sociales et religieuses considérables. Enfin, le vocabulaire psychanalytique — narcissisme, jouissance, auto-engendrement — contient parfois déjà une part du verdict.

Le livre est donc plus convaincant comme morphologie d’un monde que comme démonstration monocausale. Mais l’accumulation de signes concordants, du rite funéraire au prénom, du rapport au père aux addictions, rend son hypothèse difficile à écarter d’un haussement d’épaules.

DU DÉSIR À L’IDENTITÉ : UNE PROLONGATION CATHOLIQUE

Ici commence, non plus la thèse explicite de Fourquet et Rabinovitch, mais ce qu’une anthropologie catholique peut en tirer. Le nouvel individualisme ne dit plus seulement : « Je suis libre de faire ce que je désire. » Il suggère de plus en plus : « Ce que je désire révèle ce que je suis. »

Une attirance, une préférence, un ressenti durable ou une pulsion deviennent alors non seulement des expériences intérieures, mais des constituants de l’identité ; de l’identité, ils peuvent glisser vers une sorte de définition ontologique de la personne.

Cette mutation dépasse de beaucoup les controverses sexuelles, même si elles la rendent particulièrement visible. Elle touche le métier rêvé, le mode de consommation, le rapport au corps, la vie affective, les appartenances choisies et la mise en scène numérique de soi. Tout désir réclame moins d’être jugé à l’aune d’un bien que d’être reconnu comme l’expression authentique du sujet. Le contredire paraît dès lors non seulement frustrer quelqu’un, mais nier ce qu’il est.

Le catholicisme propose une voie plus exigeante et plus libératrice. L’homme ne se réduit jamais à ses désirs. Ceux-ci ne sont ni tous mauvais parce qu’ils sont des pulsions, ni tous sacrés parce qu’ils viennent de l’intérieur. Ils peuvent révéler un manque véritable, orienter vers un bien, se tromper d’objet, se désordonner ou entrer en conflit.

Ils doivent être écoutés, discernés, éduqués, parfois contrariés, parfois accomplis, toujours intégrés au bien de la personne entière. La dignité de celle-ci précède ses attirances, ses réussites et même ses blessures. Cette anthropologie refuse également la méfiance puritaine envers le désir et sa canonisation contemporaine.

« JE ME REÇOIS » PLUTÔT QUE « JE M’INVENTE »

Le point de rupture est peut-être là. Homo occidentalis décrit un individu tenté de devenir l’auteur intégral de sa propre existence. L’anthropologie chrétienne commence par une nouvelle peu flatteuse pour le narcissisme, mais reposante pour l’âme : je ne suis pas ma propre origine. Je reçois l’existence, un corps sexué, des parents que je n’ai pas choisis, une langue, une époque, une histoire ; ultimement, je reçois mon être de Dieu.

Recevoir ne signifie ni subir tout héritage ni sanctifier toute norme sociale. Certaines familles blessent, certaines autorités doivent être combattues, certains rôles sont injustes ; la liberté transforme réellement une vie. Mais elle ne crée pas ex nihilo. Elle répond à une réalité et à une vocation antérieures. Je peux travailler mon corps sans le traiter comme une matière étrangère ; relire mon histoire sans prétendre n’en provenir aucunement ; choisir une route sans devoir inventer seul la destination de l’existence.

C’est pourquoi le christianisme n’a pas à restaurer artificiellement la France de 1950. Il peut reconnaître ce que l’émancipation moderne a libéré : la parole sur les violences, la sortie de situations oppressantes, une meilleure reconnaissance de la singularité, l’attention à la souffrance psychique, une autorité davantage tenue de se justifier. D’ailleurs, les auteurs eux-mêmes récusent la nostalgie : les patients de l’ancien monde n’allaient pas mieux, ils allaient mal autrement.

La vraie question est donc moins de reprendre la liberté que de la rendre habitable. Une liberté sans vérité devient indécision ; sans filiation, auto-engendrement épuisant ; sans limites, dispersion ; sans pardon, tribunal de la performance ; sans finalité, gestion anxieuse de soi.

Le christianisme ne répond pas par la suppression de la personne, mais par son inscription dans une histoire, une communauté et une vocation. Il offre des limites qui ne sont pas nécessairement des oppressions, un désir qui n’est ni diabolisé ni divinisé, une identité reçue avant d’être déployée, et un sens qui ne dépend pas de la réussite psychologique du sujet.

L’homme occidental s’est délivré de nombreuses contraintes extérieures et a conquis des libertés réelles. Fourquet et Rabinovitch montrent le prix inattendu de cette victoire : l’absence de cadre n’abolit pas la fragilité humaine ; elle peut imposer à chacun la tâche gigantesque de fabriquer seul son identité, sa norme, son rite, son sens et son bonheur.

La perspective chrétienne ne consiste pas à refermer la cage. Elle rappelle que la liberté humaine a besoin d’une forme, d’une vérité, d’une filiation et d’une fin pour devenir réellement habitable.

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La remigration serait-elle « éthiquement condamnable » ?

https://disputationes.over-blog.com/2026/09/la-remigration-serait-elle-ethiquement-condamnable.html*

Sur le progressisme (dépourvu de véritable théologie) de certains évêques

 

« Avvenire », qui, en théorie, devrait être un journal catholique et exprimer la pensée des évêques italiens, a publié (ou commandé) le 28 janvier 2025 un article de Valeria della Valle, toujours en ligne et bien en évidence, intitulé : « Remigration », tout ce qu’il faut savoir sur le mot qui plaît tant à l’extrême droite.

L’auteur, qui serait linguiste de formation, expliquait aux lecteurs, non sans pontifier avec des airs de cours de théologie morale, que ce néologisme ne serait en réalité qu’un prétexte destiné à faire passer en douce une pratique « éthiquement condamnable ». Le quotidien officiel des évêques, devenu désormais, en dépit de ces pasteurs italiens qui n’en partagent pas l’orientation et dont la voix est réduite au silence, l’organe du parti progressiste du cardinal Zuppi (… ou, tout simplement du PD, principal parti de gauche italien) devrait pourtant savoir qu’en matière de théologie morale, il est capital que la pensée soit, dans son contenu, conforme à la doctrine de l’Église et, dans son argumentation, structurée intellectuellement et non idéologiquement.

Le fait est qu’entre les interventions ciblées et les astuces éditoriales d’« Avvenire », le résultat, pour le lecteur moyen – aujourd’hui peu enclin à la réflexion – est que l’Église ne pourra jamais approuver la « remigration », désormais érigée en péché inadmissible « contre la charité ». Il faudrait sans doute le compter parmi les nouveaux péchés apparus à l’époque bergoglienne (cfr. Arrêter l’immigration incontrôlée : la vraie doctrine catholique. Et que personne n’invente de nouveau péché).

La pensée catholique, cependant – fides quaerens intellectum -, ne tolère ni les simplifications de comptoir ni les circonvolutions pseudo-intellectuelles des cercles universitaires catho-communistes, mais exige un fondement solide qui satisfasse l’intelligence dans le respect de la Révélation divine. Le reste n’est qu’idéologie de club jacobin et, en tant que telle, du « papier brouillon ».

Nous utilisons le terme « papier brouillon » pour certains articles d’« Avvenire » car, tout en respectant d’autres interventions plus approfondies et écrites par des collaborateurs bien plus valables, nous estimons qu’il est de notre devoir de mettre en garde les lecteurs, prêtres et fidèles, contre des déviations qui ne sont désormais plus tolérables.

Par le terme « remigration », qui est certes un néologisme, mais qui exprime l’essentiel d’une nécessité liée à la préservation de la civilisation chrétienne (ou de ses vestiges), on désigne généralement la pratique par laquelle les autorités civiles renvoient dans leur pays d’origine ceux qui l’ont quitté illégalement pour se rendre sur un territoire doté de ses propres lois, de sa propre identité, de son ordre à préserver et – cela ne déplaise pas à certains rédacteurs modernistes d’« Avvenire » – de sa religion à protéger, la seule vraie, celle catholique, apostolique et romaine, qui a déjà tant souffert de la part de l’islam et qui fait déjà l’objet d’attaques toujours plus violentes et dont il faut malheureusement craindre qu’elles ne deviennent bientôt bien plus sanglantes. Telle est la réalité de l’histoire, au-delà des verbiages.

Selon la théologie catholique, un État a le devoir de défendre un bien commun, voire deux, pour ainsi dire. Le « premier », non pas par ordre d’importance, mais parce qu’il est plus accessible à la mentalité des modernes, est le « bien commun naturel ». Un gouvernant avisé – et non idéologisé de manière plus ou moins artificielle – sait bien que l’invasion de son pays par des étrangers, même si pour l’instant ceux-ci ne sont pas armés pour la plupart, constitue un grave facteur de déstabilisation sociale. Saint Thomas d’Aquin l’affirmait sans ambages dans le De Regno, et plus récemment ce concept a été repris par le cardinal Biffi. Il n’est pas nécessaire d’avoir un regard d’aigle pour le comprendre, un peu d’honnêteté intellectuelle suffirait.

Le « deuxième » bien commun à défendre est le « bien commun surnaturel », dont le gouvernant devrait se préoccuper avec un engagement tout aussi fervent, voire plus encore. Même si cette notion est difficilement compréhensible pour certains hommes politiques d’aujourd’hui, il n’est pas acceptable que le quotidien des évêques italiens la mette de côté.

En d’autres termes, le bon roi, le bon président de la République, chef du gouvernement ou maire, quel qu’il soit, doit contenir autant que possible la présence de facteurs qui éloignent ses sujets du salut éternel de l’âme. Eh bien oui, celui qui gouverne est responsable y compris si les personnes qu’il gouverne vont en enfer par sa faute. Or, toute personne dotée de bon sens comprend très bien que la présence incontrôlée de musulmans sur notre territoire constitue un danger non seulement pour l’ordre public, mais aussi pour la foi.

Mais limitons-nous, dans un premier temps, à la défense du seul « bien commun naturel », en développant la pensée du cardinal Biffi, qui peut se résumer ainsi : si j’étais un gouvernant uniquement soucieux du « bien commun naturel », autrement dit si j’étais à la tête d’un État sans aucun intérêt pour la foi ni pour le salut des âmes et que ma seule préoccupation était la bonne gouvernance de mon peuple, je ne laisserais pas entrer dans mon pays des immigrés musulmans. Je favoriserais, si l’immigration s’avérait réellement nécessaire, l’entrée d’immigrés provenant de pays européens ou, à tout le moins, de pays de culture chrétienne – non pas pour des raisons de foi, répétons-le, mais parce qu’il serait plus probable qu’ils ne bouleversent pas l’ordre social du pays.

Un exemple éclairant. Un ami chef de chantier dans une grande entreprise de construction confiait à notre rédaction : « Un chantier comptant de nombreux ouvriers musulmans est pour moi presque ingérable, car le fossé culturel est trop grand, y compris dans les méthodes d’apprentissage, et lorsque le nombre de musulmans devient trop important, les collègues italiens ou les immigrés chrétiens refusent de travailler dans ces conditions. Sans parler du mépris perceptible à l’égard des collègues chrétiens, qu’ils considèrent comme des « chiens infidèles », et même à mon égard, moi qui suis censé être leur chef. Dans ces conditions, on ne travaille pas bien ». Voilà ainsi expliqués, par une personne qui ne vit pas dans la dentelle des salons catho-progressistes, les avantages tant vantés de l’immigration qui résoudrait le problème des métiers que d’autres ne veulent plus exercer. Au contraire, l’immigration sauvage, les salaires très bas dont beaucoup se contentent (et qui profitent généralement au grand capital), ainsi que le climat de travail déplaisant qui s’installe de fait, éloignent les travailleurs européens ou de culture chrétienne, créant parfois ces vides professionnels qui n’existaient pas auparavant. La même source nous a confié : « J’ai essayé de faire venir de bons travailleurs d’Argentine, mais lorsque je dépose une demande pour faire entrer légalement des Sud-Américains [donc de culture chrétienne], le service de l’immigration rejette mon projet, car, en vertu d’accords politiques internationaux et des pratiques en vigueur, il faut en effet privilégier d’autres flux migratoires (généralement en provenance du Maghreb) ou la régularisation des clandestins déjà présents dans le pays, souvent d’origine islamique ». Quelle en est la conclusion ? Qu’il est évident, même pour des enfants, qu’il existe un projet d’invasion et de déchristianisation définitive de l’Europe, soutenu par les loges maçonniques.

Voilà pour le « bien commun naturel », pour la simple bonne gouvernance d’une nation à son niveau le plus élémentaire. Si quelqu’un devait ensuite s’exprimer véritablement en tant qu’évêque, alors sa préoccupation principale devrait être le « bien commun surnaturel » et le salut éternel des âmes, qui passe inévitablement par la préservation de la foi. La préservation de la foi passe également par la préservation de l’identité et des traditions chrétiennes d’un pays, ainsi que par le rejet catégorique de la mentalité moderniste, qui a fini par assimiler la religion catholique aux fausses croyances. Ces ecclésiastiques qui, dans les faits, se font l’écho du discours illuministe et maçonnique, en détournant et en dénaturant les concepts d’« accueil » et de « charité chrétienne », sans pour autant donner une structure théologique à leur pensée, ne font qu’évoquer un sentimentalisme de façade et soutiennent en réalité les thèses mondialistes en faveur d’un projet « laïc ». Ou plutôt « religieux », mais celui de la religion mondialiste, qui n’est certainement pas celle de Jésus-Christ.

À ces réflexions et aux articles mentionnés ci-dessous s’ajoute également la question de la « remigration », qu’on nous a demandé d’examiner en lien avec les devoirs du bon catholique : renvoyer chez lui celui qui s’est introduit clandestinement dans un pays, celui qui peut nuire au bien commun naturel et surnaturel d’une nation, ceux qui se sont rendus coupables de crimes, parfois effroyables, sans parler de ceux qui aspirent ouvertement à déstabiliser nos sociétés pour les remplacer par on ne sait quelle directive islamique, figure parmi les devoirs principaux du bon dirigeant. Et ce, encore plus pour un dirigeant catholique. Cette sainte reine qu’était Isabelle la Catholique, pour le bien naturel et surnaturel de l’Espagne, n’a pas hésité – avec la bénédiction de l’Église – à favoriser l’éloignement du territoire de son royaume de ces facteurs de déstabilisation qu’étaient devenus les musulmans et les juifs faussement convertis. Et cela en vertu d’un principe simple et fondamental, qui relève davantage d’une saine philosophie réaliste que de la théologie : le bien commun d’une nation tout entière est supérieur au bien de l’individu ou au bien d’un groupe minoritaire. En effet, le bien de ces « parties » du tout n’est véritablement « un bien » que s’il est considéré par rapport au « bien de l’ensemble ». Le « bien de l’ensemble » est supérieur au « bien de la partie ». Si je dois amputer un pied pour sauver le corps, l’homme sensé n’hésitera pas à retirer la partie malade pour empêcher la gangrène de dévorer l’individu tout entier. Et d’ailleurs ne serait pas un véritable « bien » pour le pied gangrené que de le laisser en place. Même pour celui qui nuit au bien commun, il est bon qu’il soit mis dans l’impossibilité de continuer à faire du mal. D’autant plus s’il n’a pas un titre pour être membre du « corps social », mais s’il s’y est introduit clandestinement. Pour ceux qui ont encore du bon sens, ces principes ne nécessitent pas d’explications supplémentaires.

Par conséquent, si des individus pénètrent dans un pays en violant ses lois et, de surcroît, s’ils constituent des facteurs potentiels non seulement de déstabilisation, mais aussi de violence ou, pire encore, de sédition armée dans le pays d’accueil – et tels sont les musulmans qui suivent véritablement le Coran, leur texte “sacré” qui méprise par principe la culture chrétienne -, il est tout à fait légitime que le dirigeant les renvoie dans leur pays d’origine. En effet parmi les droits de souveraineté rentre bien le fait de ne pas avoir d’obligations strictes envers ceux qui ne sont pas des sujets de son propre territoire. Sinon, il n’existerait qu’un mondialisme humanitaire sans États, sans frontières et sans droits définis, si ce n’est celui à l’émigration sauvage, qui est pourtant contraire au droit naturel le plus élémentaire et qui, grâce à Dieu, n’est pas encore une forme de gouvernement reconnue, sauf pour quelques rédacteurs d’« Avvenire » . Benoît XVI disait que lorsqu’on parle de « droits » dans ce domaine, le premier et le plus fondamental d’entre eux, qui devrait être garanti partout, devrait être « le droit de ne pas émigrer ».

Ces considérations évidentes à toute personne dotée de bon sens, concernant la pleine licéité de principe de la « remigration » – sous réserve de son opportunité prudentielle au cas par cas -, s’appliquent également au soi-disant « blocus naval », lequel, moyennant les distinguos qui s’imposent, est lui aussi pleinement légitime pour le gouvernant, y compris le gouvernant catholique. Il n’en reste pas moins vrai que le chrétien, plus que quiconque, est tenu à l’exercice public de la véritable charité, qui est celle ordonnée. Par exemple, le bon gouvernant catholique qui devrait appliquer un « blocus naval » pour limiter l’immigration sauvage devrait certainement organiser des soins et des premiers secours en mer pour les naufragés ou pour ceux qui arrivent épuisés par la traversée. Il est de son devoir de les nourrir, de les désaltérer, d’aider les femmes enceintes à accoucher et même de les transférer temporairement vers des hôpitaux sur le continent s’ils sont gravement malades, mais en vue d’un retour dans leur pays d’origine une fois rétablis. Et cela aussi pour dissuader d’autres malheureux de courir le risque de mourir en mer. Car les migrants noyés dans les eaux de la Méditerranée pèsent certes sur la conscience des passeurs sans scrupules, mais aussi sur celle de ceux qui les incitent plus ou moins indirectement à s’aventurer dans des traversées maritimes ou des voyages périlleux. Que chacun fasse son examen de conscience, y compris au sein de l’« Avvenire », quotidien des évêques italiens, ou plutôt au sein de la frange progressiste – organisée et idéologisée – de l’épiscopat italien.

Les simples réflexions contenues dans ce bref texte constituent une réponse rapide à nos lecteurs, qui sont, à juste titre, scandalisés par les déclarations de certaines autorités ecclésiastiques, lesquelles ne doivent toutefois pas être confondues avec la véritable pensée catholique. Nous vous invitons vivement à consulter, pour une meilleure compréhension de ce qui précède, nos deux articles précédents et documentés, s’appuyant sur saint Thomas d’Aquin, sur le thème de l’immigration et de la théologie catholique, qui ne s’identifie certainement pas à l’idéologie du « catho-progressisme » à la mode:

Immigration ordre dans la charité. L’ “accueil” désordonné des migrants est la négation de l’amour de Dieu
Est-il immoral d’aider les étrangers plus que ses compatriotes ? Saint Thomas d’Aquin sur le devoir d’aider ceux qui nous sont proches

Don Stefano Carusi

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Stade de France : splendeurs et misères

Le 25 septembre le Stade de France fut durant quelques heures dans les splendeurs en accueillant le pape Léon XIV et quelque 80.000 jeunes enthousiastes et fervents. Ce fut un grand moment de foi, toutes origines et conditions sociales confondues.

Les 2 et 5 octobre y auront lieu deux matchs de football opposant la France à l’Italie et la Belgique dans le cadre de la Ligue des Nations, une compétition à l’intérêt surtout mercantile.
Ce seront les deux premiers matchs des bleus sur le sol français après la fin manquée de la coupe du monde en Amérique du Nord (élimination logique par l’Espagne le 14 juillet en demi-finale à Dallas sur le score de 2-0 puis défaite en petite finale à Miami le 18 juillet contre l’Angleterre sur le score de 6-4).

Sitôt après cette défaite le onze de France se dispersa.
L’arrivée solennelle à Paris suivie d’une parade, dont certains rêvaient, fut bien sûr annulée.

Didier Deschamps, dont ce fut le dernier match en tant qu’entraîneur après 14 ans de fonctions, et Philippe Diallo, président de la Fédération Française de Football (FFF) depuis 2023, repartirent dans les heures suivantes vers Paris par le même avion.
On peut imaginer l’ambiance qui y régna vu l’inimitié notoire entre les deux hommes. Ils atterrirent discrètement le dimanche 19 juillet dans l’après-midi sur une piste secondaire de Roissy avant d’être exfiltrés par un bus venu à côté de l’avion.

Dans les jours suivants la FFF pressée par la vox mediatica et la hâte des membres de son comité exécutif de partir en vacances désigna en toute hâte Zinedine Zidane alias Zizou comme entraîneur et sélectionneur.
Depuis lors la presse ne tarit pas d’éloges sur ZZ en le présentant comme l’anti-Deschamps, le contre-DD. Rien n’est moins sûr.

Le beur détrône le blanc.

Cette situation doit tout à fait convenir à Philippe Diallo né lui-même d’un père sénégalais. En 2023 il fut élu président de la FFF dans des conditions tumultueuses en remplacement du blanc (breton) Noël Le Graët, qui fit tandem avec Didier Deschamps (basque) pendant de longues années.

Certaines voix censées ont récemment suggéré qu’un hommage fût rendu à Didier Deschamps lors d’un des matchs du 2 ou 5 octobre.
La FFF a opposé un refus catégorique en invoquant de prétendues contraintes calendaires. Cette argumentation de renvoi aux calendes grecques ne convainc guère.

Cette attitude n’a-t-elle pas plutôt un relent de racisme antiblancs ?
Mais rassurons-nous en vitesse, celui-ci n’existe pas ou que dans la tête de quelques écervelés de la strême droite.

Il est bien loin ce soir du 12 juillet 1998 où le onze black, blanc, beur dirigé par Aimé Jacquet incarnation d’une certaine France ouvrière remporta sous le ciel dyonisien sa première coupe du monde en battant 3-0 (2 buts de Zidane et 1 de Petit) la seleçao brésilienne pourtant réputée invincible.
Cet exploit eut lieu sous les yeux du monde entier et en présence des Français Jacques Chirac, Président de la République, et Michel Platini, président du comité d’organisation et star mondiale, et des Brésiliens Joao Havelange, président de la FIFA, et Edson Arantes do Nascimento dit le « Roi Pelé », autre star planétaire.

Des jours de liesse et d’apparente unité nationale s’ensuivirent sans débordements. Cela appartient au passé.

Le Stade de France a connu des splendeurs le 25 septembre 2026. On peut craindre des misères les 2 et 5 octobre suivants.

EROUANI

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Congé de deuil après… un avortement

Le gouvernement britannique a annoncé son intention d’accorder aux salariés un droit à un congé de deuil après une « perte de grossesse », que celle-ci résulte d’un avortement, d’une fausse couche ou d’un transfert d’embryons « infructueux » dans le cadre d’une fécondation in vitro.

Ainsi, à partir d’avril 2027, les salariées qui subissent une « perte de grossesse » avant la 24e semaine auront droit à un congé sans solde pouvant aller jusqu’à deux semaines. Cette mesure s’appliquera également au « partenaire de la personne concernée », à l’« autre parent biologique » s’il est différent du partenaire et, en cas de maternité de substitution, aux « parents d’intention ».

« La loi reconnaît ainsi que la perte de grossesse affecte l’ensemble de la famille », argumente le ministre.

Actuellement la législation britannique n’accorde le droit à un congé de deuil qu’aux parents qui perdent un enfant mineur ou dont l’enfant est mort-né après 24 semaines de grossesse.

S’il y a deuil après un avortement, c’est donc qu’il s’agit du meurtre d’un être humain ?

Source : Gènéthique

Meurtre de Thomas à Crépol : le parquet de Valence fait appel de l’ordonnance de mise en accusation

Les juges d’instruction avaient retenu la circonstance aggravante de racisme « contre la race blanche et la Nation française ».  Le parquet persiste à nier les faits.

Yann Baly, président de l’AGRIF, souligne :

Dans l’affaire dramatique de l’attaque de Crépol qui a coûté la vie au jeune Thomas, le Parquet sera passé de la minimisation de la qualification raciste des faits à la négation acharnée de la réalité. Le ministère public persiste dans dans son déni contre l’ordonnance du juge d’instruction mais, surtout, contre le témoignage de nombreuses victimes et même celui d’un mis en cause. Incroyable ! L’idéologie prend le dessus sur la justice.

En concertation avec les avocats des familles, l’avocat de l’Agrif, Me Jérôme Triomphe, assistant 2 victimes de l’attaque, fera appel afin, qu’en plus de la circonstance aggravante de racisme anti-blanc, celle de la bande organisée soit aussi retenue. Nous ne lâcherons rien ! Justice sera rendue à Thomas, à sa famille et à toutes les victimes !

Les blocages des lycées peuvent constituer l’étincelle d’un mouvement massif et violent manipulé par LFI

D’Olivier Frèrejacques dans Liberté politique :

Les blocages des lycées et les incidents qui ont eu lieu ces derniers jours révèlent davantage une dégradation mentale de la jeunesse qu’un simple manque de moyens ou de quelconques revendications légitimes. Ceux-ci peuvent constituer l’étincelle d’un mouvement massif et violent, ou n’être qu’un soubresaut dans le destin assez morose d’une génération sinistre.

Sur les plateaux télévisés, tous les politiques se sont mis d’accord : les revendications et les manifestations sont légitimes, mais les violences ne le sont pas.

C’est la première erreur. Les manifestations et la « grève » des lycéens n’ont rien de légitime. D’abord parce qu’il ne s’agit pas de travailleurs, mais de bénéficiaires de l’aide publique, ensuite parce que les revendications sont très diverses et jamais vraiment étayées, tantôt susurrées à l’oreille par des syndicats extrémistes de professeurs, tantôt par La France insoumise et ses lubies indigénistes.

Un tour de chauffe avant l’entre-deux-tours ?

Des lycées ont été brûlés, des professeurs, des policiers et des journalistes agressés. Jeudi après-midi, le seuil des 600 interpellations a été dépassé et les estimations des dégâts se chiffrent déjà en millions d’euros… Un peu cher pour des mouvements qui dénoncent le manque de moyens.

Les slogans sont généralement éculés, vulgaires et surtout très divers.

Les petits agitateurs sont des esprits encore jeunes, mais surtout franchement malformés par une Éducation nationale à la dérive et une addiction aux écrans qui ne tire pas vers le haut…

Évidemment, LFI a sa part de responsabilité dans l’affaire. Soufflant sur les braises, s’affichant aux côtés de criminels et désormais d’incendiaires, le parti mélenchoniste joue une partition risquée, car il peut aussi se faire diaboliser.

Le centre au pouvoir a également sa part de responsabilité : il a assisté en spectateur à la dégradation de l’école, du collège et du lycée pendant plus de neuf ans, s’attelant toujours plus à s’attaquer aux lycées privés sous et hors contrat.

Quelle part des lycées publics et quelle part des lycées privés dans le chaos de cette semaine ?

Les intelligences artificielles avancent un rapport de 95 % contre 5 %.

Le candidat à la présidentielle Gabriel Attal, tout comme son ancien chef de gouvernement Édouard Philippe, sont comptables de cet échec.

Plus généralement, c’est toute une partie de la classe politique et de la caste enseignante, acquise à l’éducation libérale, qui sont aujourd’hui coupables de cet échec.

Les dégradations massives, pour une classe d’âge relativement jeune, laissent entrevoir les débordements qui pourraient survenir demain en cas d’agitation si les résultats des élections ne plaisent pas à l’extrême gauche ou à la France diversitaire, très active dans les mouvements actuels, et cela probablement pour la première fois avec une telle intensité.

Si « jeunesse se passe » et que, dans cinq ans, toute une partie de cette génération aura renoncé aux slogans de ces derniers jours, il convient néanmoins d’envisager sérieusement ce qui peut se passer en avril 2027.

L’école sous contrat gagne contre la ville de Lyon

Communiqué de l’UNIOGEC, union interdépartementale des OGEC (Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique) du diocèse de Lyon :

La Métropole de Lyon rétablit un financement conforme à la loi pour les collèges privés sous contrat

Le Conseil de la Métropole de Lyon a adopté, lundi 28 septembre, deux délibérations qui revalorisent le forfait d’externat versé aux collèges privés sous contrat d’association. Ces décisions mettent un terme au contentieux engagé par l’UNIOGEC devant le tribunal administratif de Lyon et consacrent l’engagement constant de l’enseignement catholique pour un calcul transparent et fidèle au coût réel d’un élève du public.

Deux avancées concrètes

Pour 2026, la part matériel du forfait est rétablie à 255,06 euros par élève, contre 140,41 euros dans la délibération contestée, soit un retour à son niveau de 2025. Le forfait s’établit ainsi à 514,62 euros par élève et représente plus de 2,6 millions d’euros de dotation supplémentaire pour les collèges de la Métropole.

Pour 2027, la collectivité franchit une étape supplémentaire en portant le forfait à 647 euros par élève (295 euros pour la part matériel, 352 euros pour la part personnel), un niveau destiné à rejoindre la moyenne nationale. Cela représente une progression d’environ 26 %, soit 3,3 millions d’euros.

Ce résultat est le fruit d’une action collective : un recours porté par l’UNIOGEC et ses 36 OGEC membres, la pétition lancée par l’UNIOGEC Rhône-Roannais et l’Apel du Rhône, qui a recueilli plus de 30 000 signatures, l’engagement de la direction diocésaine de Lyon, l’appui technique et politique de la FNOGEC, et un dialogue renoué dans un esprit constructif avec la nouvelle majorité métropolitaine

Pierre-Vincent Guéret, Président de la FNOGEC et de l’UNIOGEC Rhône-Roannais, souligne :

À Lyon, comme partout ailleurs, nous n’avons jamais demandé un traitement de faveur. Nous avons demandé que le forfait d’externat reflète le coût réel d’un élève de l’enseignement public, calculé selon une méthode claire et vérifiable. C’est ce que prévoit la loi, et c’est ce que la Métropole vient de reconnaître. Je salue la décision de la Présidente Véronique Sarselli et de son exécutif, qui ont fait le choix du dialogue plutôt que de l’affrontement.

Je veux aussi remercier les familles et notamment l’APEL du Rhône. Plus de 30 000 personnes ont signé la pétition contre une coupe de 44,5 % sur la part matériel du forfait. Elles ont dit une évidence : un collégien ne vaut pas moins qu’un autre selon l’établissement qu’il fréquente. Cette mobilisation a pesé. Elle prouve qu’une communauté éducative unie, des OGEC aux parents en passant par la direction diocésaine, obtient des résultats.

Ce qui s’est passé à Lyon dépasse le cadre de la Métropole. Villes, métropoles, conseils départementaux et régionaux : près d’un milliard d’euros manque chaque année à l’appel. Nous ne demandons pas un centime de plus que ce que la loi prévoit, mais nous n’accepterons pas un centime de moins. Partout où ce sera nécessaire, la FNOGEC agira comme elle l’a fait ici.

Un combat national pour la transparence

L’issue lyonnaise s’inscrit dans le combat national de la FNOGEC pour la transparence du calcul des forfaits. La fédération poursuivra son action auprès de l’ensemble des collectivités territoriales, villes, métropoles, conseils départementaux et régionaux, afin que chacune respecte ses obligations légales et que les moyens publics suivent effectivement l’élève, dans le respect de la liberté d’enseignement et du choix des familles.

La FNOGEC, l’UNIOGEC et l’APEL du Rhône resteront attentives au versement effectif du complément 2026, à la traduction des montants 2027 dans la délibération budgétaire et à la pérennité de la méthode de calcul. Elles ont également fait part de leur souhait d’être associées aux chantiers évoqués par la Métropole sur le bâti, la restauration et la mixité, qui concernent l’ensemble des collégiens du territoire.

Notre-Dame de France: Un nom, une histoire, une mission

Notre-Dame de France était à l’honneur lors du voyage du Pape. Marie de Nazareth nous en dit plus:

Entre foi et mauvaise foi

Même le journal « La Montagne » de ce dimanche reconnaît la ferveur de la foule au passage du Pape sur les Champs Élysées !

Ce n’est pourtant pas l’habitude de ce quotidien au service de la franc-maçonnerie de faire l’éloge du monde catholique. Mais là, il serait bien difficile de nier l’évidence : un réveil spirituel est entrain de naître en France. En voyant tous ces croyants acclamer Léon XIV qui se dirige vers une cathédrale improvisée sur la place de la Concorde, on ne peut s’empêcher de repenser à l’entrée triomphale de Jésus-Christ dans Jérusalem. Comme à l’époque, tous ces gens assoiffés de Dieu qui gardaient au fond de leur cœur une profonde espérance ont pu laisser éclater leur joie sans la moindre retenue. Au milieu d’une foule unanime, ils ne craignaient plus rien !

Depuis quelques années déjà, on nous parle de cette demande de baptême d’adultes et même d’adolescents, demande qui augmenterait chaque année. Surtout, il y a ce regain de ferveur pour des pèlerinages qui drainent des foules le long de nos chemins, redonnant vie à des lieux autrefois vénérés. Dans ce sens, la venue de Léon XIV en France résonne un peu comme le révélateur de ce réveil. A Paris, à Lourdes, à Metz, des croyants se sont retrouvés des quatre coins de notre pays pour accueillir le Pape. Ce dernier a su répondre à leur enthousiasme en les encourageant à exprimer publiquement leur foi :

« La parole de l’Église a toute sa place dans le débat public en France, elle possède par nature une autorité prophétique. Même si elle n’est pas toujours entendue, elle y est attendue. Même si elle n’est pas suivie sur des questions essentielles qui touchent aux fondements de la civilisation, elle est nécessaire. N’en doutez pas ! »

Evidemment, face à tant d’enthousiasme et d’espérance dans l’avenir de la France, il fallait bien que des hommes politiques bien-pensants et des journalistes endoctrinés viennent déverser leur fiel !
Ainsi, un membre du conseil municipal de Metz, où le pape a été accueilli lundi, a dénoncé un énorme déploiement de moyen comparant Léon XIV à une rock star. Sur les Champs Élysées, d’autres ont reproché a des prêtres de transformer la célèbre avenue en confessionnal à ciel ouvert. De son côté, l’inénarrable Patrick Cohen a déclaré sur France-Inter que la visite du Pape en France avait été un fiasco qui n’avait intéressé qu’une minorité de français. Et puis, il y a cette journaliste de « Libération » invitée sur le plateau de BFM-TV qui atteint tous les records de mauvaise foi en commentant ainsi la soirée au Stade de France :

« Étrange évènement avec des chevaux à plumes et des costumes pas très réussis. Ça faisait un peu bas de gamme, un peu Puy du Fou. J’ai été effrayée par l’enthousiasme des fidèles autour du souverain pontife. On est presque dans l’idolâtrie : le plus grand péché dans la Bible, c’est l’idolâtrie ! »

En l’écoutant, on ne peut s’empêcher de penser aux pharisiens critiquant Jésus. Comme elle, ils s’appuyaient sur des textes bibliques pour reprocher à Jésus de guérir des malades le jour du Sabbat. Dans son étroitesse d’esprit, elle est persuadée que toute cette ferveur se concentre sur la personne de Léon XIV alors qu’il n’est que le révélateur d’une foi déjà vivante chez la plupart de ces croyants. Par sa présence, il a juste permis à cette attente de Dieu dissimulée au fond des cœurs d’éclater au grand jour. En réalité, tous ces hommes politiques et ces journalistes bien-pensants sont les nouveaux pharisiens de la religion humaniste !

Heureusement au-delà de leur haine, il restera de cette visite les images d’un peuple qui a retrouvé confiance en sa vocation de témoin du Christ. En rappelant que notre pays comme l’Europe se sont construits sur des hommes et des femmes qui ont osé témoigner de leur foi au péril de leur vie, Léon XIV a invité indirectement la jeunesse française à oser défendre publiquement leur attachement aux valeurs chrétiennes malgré les risques encourus.

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Une voix s’élève sur l’échafaud

Peu de temps après la messe papale place de la Concorde où Louis XVI a été décapité, les éditions Resiac nous présente la vie d’un héros de la Foi, méconnu, qui s’est dignement illustré sur la place publique.

L’abbé Jacques-Louis Brière, à 36 ans, au procès et au pied de l’échafaud, élève la voix… Fidèle à ses convictions, dignement, sereinement, il proclame la justice, la foi et le pardon, avant d’offrir sa vie à l’Amour plus grand que soi !

Après une vie calquée sur celle du Christ, il est guillotiné, en pleine Révolution (1794), sur la place des Épars à Chartres. Sa conscience lui fait résister à ne pas signer la Constitution civile du clergé. Un modèle pour tous ceux qui résistent au nom de leur conscience.

Mgr Athanasius Schneider qui a eu des proches persécutés dans les régimes communistes a appuyé de ses convictions l’importance de porter à la connaissance de l’Église cet unique témoignage de Foi.

Le père Jacques Pottier est prêtre du diocèse de Chartres. Après des études à Rome, il fut longtemps curé à Anet. Il fut nommé chanoine titulaire de la cathédrale de Chartres et depuis 2016, il exerce, comme chapelain, une pastorale d’accueil spirituel dans la cathédrale.

à découvrir: https://www.resiac.fr/livres-resiac/12234-une-voix-seleve-sur-lechafaud.html

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France : aide à mourir et droits des personnes handicapées

Le sujet de la fin de vie a été au cœur des discours du Pape Léon XIV en France ces derniers jours. Il est aussi au programme de la session du Conseil des droits de l’homme à Genève, où la loi française est examinée et critiquée par plusieurs instances des Nations unies.

https://www.youtube.com/watch?v=mxrc-EPnt-0

Ximena Suarez, représentante du Comité des Nations unies pour les droits des personnes handicapées, fait le point sur les travaux récents de cette instance de l’ONU à propos des législations nationales sur l’aide à mourir, en particulier le Canada, l’Espagne, les Pays-Bas et la France.

Dominique Reynié, professeur à Sciences Po, et Louis Bouffard, co-président des Eligibles, interviennent aussi.