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Notre-Dame de France: Un nom, une histoire, une mission

Notre-Dame de France était à l’honneur lors du voyage du Pape. Marie de Nazareth nous en dit plus:

Entre foi et mauvaise foi

Même le journal « La Montagne » de ce dimanche reconnaît la ferveur de la foule au passage du Pape sur les Champs Élysées !

Ce n’est pourtant pas l’habitude de ce quotidien au service de la franc-maçonnerie de faire l’éloge du monde catholique. Mais là, il serait bien difficile de nier l’évidence : un réveil spirituel est entrain de naître en France. En voyant tous ces croyants acclamer Léon XIV qui se dirige vers une cathédrale improvisée sur la place de la Concorde, on ne peut s’empêcher de repenser à l’entrée triomphale de Jésus-Christ dans Jérusalem. Comme à l’époque, tous ces gens assoiffés de Dieu qui gardaient au fond de leur cœur une profonde espérance ont pu laisser éclater leur joie sans la moindre retenue. Au milieu d’une foule unanime, ils ne craignaient plus rien !

Depuis quelques années déjà, on nous parle de cette demande de baptême d’adultes et même d’adolescents, demande qui augmenterait chaque année. Surtout, il y a ce regain de ferveur pour des pèlerinages qui drainent des foules le long de nos chemins, redonnant vie à des lieux autrefois vénérés. Dans ce sens, la venue de Léon XIV en France résonne un peu comme le révélateur de ce réveil. A Paris, à Lourdes, à Metz, des croyants se sont retrouvés des quatre coins de notre pays pour accueillir le Pape. Ce dernier a su répondre à leur enthousiasme en les encourageant à exprimer publiquement leur foi :

« La parole de l’Église a toute sa place dans le débat public en France, elle possède par nature une autorité prophétique. Même si elle n’est pas toujours entendue, elle y est attendue. Même si elle n’est pas suivie sur des questions essentielles qui touchent aux fondements de la civilisation, elle est nécessaire. N’en doutez pas ! »

Evidemment, face à tant d’enthousiasme et d’espérance dans l’avenir de la France, il fallait bien que des hommes politiques bien-pensants et des journalistes endoctrinés viennent déverser leur fiel !
Ainsi, un membre du conseil municipal de Metz, où le pape a été accueilli lundi, a dénoncé un énorme déploiement de moyen comparant Léon XIV à une rock star. Sur les Champs Élysées, d’autres ont reproché a des prêtres de transformer la célèbre avenue en confessionnal à ciel ouvert. De son côté, l’inénarrable Patrick Cohen a déclaré sur France-Inter que la visite du Pape en France avait été un fiasco qui n’avait intéressé qu’une minorité de français. Et puis, il y a cette journaliste de « Libération » invitée sur le plateau de BFM-TV qui atteint tous les records de mauvaise foi en commentant ainsi la soirée au Stade de France :

« Étrange évènement avec des chevaux à plumes et des costumes pas très réussis. Ça faisait un peu bas de gamme, un peu Puy du Fou. J’ai été effrayée par l’enthousiasme des fidèles autour du souverain pontife. On est presque dans l’idolâtrie : le plus grand péché dans la Bible, c’est l’idolâtrie ! »

En l’écoutant, on ne peut s’empêcher de penser aux pharisiens critiquant Jésus. Comme elle, ils s’appuyaient sur des textes bibliques pour reprocher à Jésus de guérir des malades le jour du Sabbat. Dans son étroitesse d’esprit, elle est persuadée que toute cette ferveur se concentre sur la personne de Léon XIV alors qu’il n’est que le révélateur d’une foi déjà vivante chez la plupart de ces croyants. Par sa présence, il a juste permis à cette attente de Dieu dissimulée au fond des cœurs d’éclater au grand jour. En réalité, tous ces hommes politiques et ces journalistes bien-pensants sont les nouveaux pharisiens de la religion humaniste !

Heureusement au-delà de leur haine, il restera de cette visite les images d’un peuple qui a retrouvé confiance en sa vocation de témoin du Christ. En rappelant que notre pays comme l’Europe se sont construits sur des hommes et des femmes qui ont osé témoigner de leur foi au péril de leur vie, Léon XIV a invité indirectement la jeunesse française à oser défendre publiquement leur attachement aux valeurs chrétiennes malgré les risques encourus.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Une voix s’élève sur l’échafaud

Peu de temps après la messe papale place de la Concorde où Louis XVI a été décapité, les éditions Resiac nous présente la vie d’un héros de la Foi, méconnu, qui s’est dignement illustré sur la place publique.

L’abbé Jacques-Louis Brière, à 36 ans, au procès et au pied de l’échafaud, élève la voix… Fidèle à ses convictions, dignement, sereinement, il proclame la justice, la foi et le pardon, avant d’offrir sa vie à l’Amour plus grand que soi !

Après une vie calquée sur celle du Christ, il est guillotiné, en pleine Révolution (1794), sur la place des Épars à Chartres. Sa conscience lui fait résister à ne pas signer la Constitution civile du clergé. Un modèle pour tous ceux qui résistent au nom de leur conscience.

Mgr Athanasius Schneider qui a eu des proches persécutés dans les régimes communistes a appuyé de ses convictions l’importance de porter à la connaissance de l’Église cet unique témoignage de Foi.

Le père Jacques Pottier est prêtre du diocèse de Chartres. Après des études à Rome, il fut longtemps curé à Anet. Il fut nommé chanoine titulaire de la cathédrale de Chartres et depuis 2016, il exerce, comme chapelain, une pastorale d’accueil spirituel dans la cathédrale.

à découvrir: https://www.resiac.fr/livres-resiac/12234-une-voix-seleve-sur-lechafaud.html

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France : aide à mourir et droits des personnes handicapées

Le sujet de la fin de vie a été au cœur des discours du Pape Léon XIV en France ces derniers jours. Il est aussi au programme de la session du Conseil des droits de l’homme à Genève, où la loi française est examinée et critiquée par plusieurs instances des Nations unies.

https://www.youtube.com/watch?v=mxrc-EPnt-0

Ximena Suarez, représentante du Comité des Nations unies pour les droits des personnes handicapées, fait le point sur les travaux récents de cette instance de l’ONU à propos des législations nationales sur l’aide à mourir, en particulier le Canada, l’Espagne, les Pays-Bas et la France.

Dominique Reynié, professeur à Sciences Po, et Louis Bouffard, co-président des Eligibles, interviennent aussi.

Vérité et harmonie des quatre Evangiles

Vérité et harmonie des quatre Evangiles
Par le Père Emmanuel-Marie O.P.
Editions du Sel, 2026, 207 p.

 En 2006, une fondation suisse publiait un manuscrit qu’elle avait acheté et restauré, intitulé L’Evangile de Judas. Il s’agissait d’une version copte du IVe siècle de ce texte, en partie démembrée, découverte par des pilleurs de tombes en 1978. L’original serait du IIe siècle, et correspondrait à l’évangile apocryphe du même nom mentionné par saint Irénée dans son Adversus haereses. Selon ce texte, Judas apparaît comme l’apôtre préféré de Jésus, le seul qui l’aurait vraiment compris. Il aurait livré son maître pour obéir à la volonté divine…

 En février 2007, le cinéaste James Cameron produisit un téléfilm documentaire intitulé « Le tombeau perdu de Jésus ». On y voyait un tombeau, découvert en 1980 à Talpiot (quartier de Jérusalem), qui aurait abrité, selon l’auteur, les ossements de Jésus et aussi ceux de Marie, sa mère, de son frère Joseph et de Marie-Madeleine, sa présumée épouse. Déployant un impressionnant arsenal technologique (recherche ADN, sondes électroniques, calculs statistiques), le documentaire, scénarisé à la façon d’un film fantastique, montrait des ossuaires sur lesquels on pouvait lire les noms de « Judas, fils de Jésus », « Marie-Madeleine » et « Jésus ». Le réalisateur concluait sans rire : « Jésus et Marie-Madeleine étaient donc le papa et la maman de Judas » …

Les archéologues ont dénoncé depuis la falsification et l’imposture de cette découverte, mais le mal était fait et la prétendue révélation fut relayée par un nombre incroyable de grands médias mondiaux, dont TF1.

 En 2012, la fable qui fait de Marie-Madeleine l’épouse de Jésus, largement vulgarisée par le torchon ésotérique de Dan Brown (Da Vinci Code), a été ravivée avec la publication aux Etats-Unis d’un fragment de papyrus copte (du IVe siècle ?) dont l’authentification annoncée n’a jamais pu être fournie. Dans ce texte, de la taille d’une carte postale, on lit ces cinq mots : « Jésus leur dit, ma femme… ». Il n’en fallait pas davantage pour réveiller tous les phantasmes d’un prétendu complot de l’Eglise dissimulant depuis deux mille ans la vérité sur le mariage de Jésus.

Aucune œuvre n’a jamais rencontré une telle opposition, aussi acharnée, aussi persévérante, que le saint Evangile. Déjà, dès le IIe siècle, des œuvres hostiles aux Evangiles commencèrent à se répandre. Celse et son Discours véridique, ou encore Contre les chrétiens de Porphyre, en sont les plus célèbres exemples.

C’est que Jésus-Christ est un signe de contradiction : l’on est pour lui ou l’on est contre lui ; il n’est pas possible de rester neutre.

Dans Vérité et harmonie des quatre Evangiles, le Père Emmanuel-Marie O.P. fait justice des ces calomnies et des ces accusations infondées voire grotesques.

Mais il ne s’arrête pas là. Il démontre la vérité et l’authenticité des quatre Evangiles de saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean, répondant aux principaux arguments que leur oppose la critique. Car aucun texte de l’Antiquité ne jouit d’une telle quantité de preuves de véracité.

L’historicité des récits évangéliques une fois établie dans la première partie de l’ouvrage, l’auteur s’efforce ensuite de dégager l’éclairage et la perspective doctrinale propre à chacun des évangélistes. Cette diversité d’approche, loin de les opposer, manifeste au contraire leur merveilleuse harmonie et leur parfaite complémentarité.

Ouvrage d’apologétique, ce livre nous permet aussi d’enrichir notre vie spirituelle et de méditer plus profondément les saints Evangiles ; car « dès l’instant où l’on a touché l’Évangile, on a aussitôt apaisé son propre esprit, on l’a retiré des choses du monde, et cela par le seul regard jeté sur le livre sacré. Si à cela s’ajoute une lecture attentive, l’âme, comme introduite dans un sanctuaire mystérieux, se trouve purifiée et rendue meilleure, car c’est Dieu lui-même qui lui parle dans l’Écriture » (saint Jean Chrysostome).

Acheter l’ouvrage : https://www.chire.fr/librairie/emmanuel-marie-o-p-frere-verite-et-harmonie-des-quatre-evangiles-p-514042

On pourra lire aussi avec profit, sur le même thème : Père Louis-Marie O.P., Quatre Evangiles solidement attestés, Editions du Sel, 2025, 112 p. : https://www.chire.fr/librairie/louis-marie-o-p-fr-quatre-evangiles-solidement-attestes-p-510326

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Les poursuites contre Marine Le Pen et François Bayrou sont le signe de la dégénérescence de la justice

De Roland Hureaux, essayiste et ancien haut fonctionnaire, pour le Salon beige:

L’interminable feuilleton judiciaire des attachés parlementaires dont les élus qui les ont employés sont poursuivis pour « détournements de fonds publics » pour avoir travaillé aussi pour leurs partis, continue.  François Bayrou, après une relaxe au bénéfice du doute   en février 2024 en première instance, est à nouveau jugé en Cour d’appel.

Le feuilleton  continue aussi pour Marine Le Pen (avec dix de ses proches),  condamnée  le 31 mars 2025 par le Tribunal correctionnel de Paris à 4 ans de prison dont 2 avec sursis, les 2 ans ferme se faisant   par le biais d’un bracelet électronique,  à   100 000 euros de réparation et 45 mois d’inéligibilité dont 30 fermes.

En appel, le 7 juillet 2026, la peine a été un peu atténuée : 3 ans de prison dont un ferme toujours sous bracelet.  L’inéligibilité ayant été ramenée à 30 mois dont 15 fermes est considérée comme déjà purgée.  L’élue du Pas-de-Calais peut donc se présenter à  l’élection présidentielle mais il est encore possible qu’elle soit obligée de faire campagne avec un bracelet électronique, ce qui est difficilement concevable. La Cour de cassation, saisie, décidera en avril prochain, bien tard compte tenu des échéances électorales, ce qui n’est pas forcément innocent.

Il faut le dire et le redire : ces procédures n’ont pas lieu d’être.

Le chef d’accusation de « détournement de fonds publics » laisse entendre que Marine Le Pen, comme François Bayrou , auraient puisé indûment de l’argent qui ne leur appartenait pas et l’auraient utilisé à des fins personnelles, pour faire bombance ou faire des croisières de luxe. Que,  les ambiguïtés des formules judiciaires aidant, une partie de l’opinion, l’ait compris   comme cela constitue une méprise et une profonde injustice.

Injustice parce que ces supposés détournements n’étaient pas opérés à des fins personnelles mais au bénéfice d’un parti politique qui est une institution d’intérêt public : selon l’ article 4 de la constitution « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. »

 Injustice parce qu’il ne s’agissait pas de détournement.

Il faut le dire et redire  : le travail d’un attaché parlementaire et celui d’un cadre de parti sont strictement les mêmes. Il s’agit dans les deux cas d’assister des élus en assurant leur logistique : documentation sur les textes en discussion, projets de discours, information permanente, contacts avec les électeurs ou les professionnels, voire les autres partis, relations avec les électeurs  et donc, indirectement, préparation des futures élections.

Ces tâches sont largement fongibles.

Il n’y a nullement détournement de fond à faire le même travail pour les mêmes personnes, sous un statut ou sous l’autre.

Tout au plus, la Cour des comptes européenne aurait-elle pu faire une remarque sur l’erreur dans la procédure utilisée.

Cette action judicaire déshonore le Parlement européen car c’est lui qui l’a lancée sous la présidence de Martin Scholz, un socialiste allemand dont le parti-pris était évident. On aimerait savoir quelle suite le même Parlement européen a donnée à l’affaire de cette élue allemande de gauche dans le cabinet de laquelle ont été trouvées des valises de dollars venus du Qatar.  La justice française a suivi le Parlement et cela non plus n‘est pas à son honneur.

Cette affaire illustre deux dérives de la justice en Europe, notamment en France  : d’abord le parti-pris car ce n’est pas un hasard si l’on s’en prend à Marine Le Pen, alors que d’autres partis ont eu les mêmes pratiques   – il est même probable que Bayrou s’en tirera   mieux qu’elle.

L’autre dérive est un juridisme coupé des réalités. De plus en plus aujourd’hui, la justice tombe dans le formalisme. Nous en avons là un bel exemple : injustifiée sur le fond, la procédure engagée ne se base  que sur des considérations formelles. D’ailleurs, le juridisme est souvent l’habillage du parti-pris. Dans les écoles, on apprend le droit mais plus guère la sagesse ou le bon sens qui, au-delà du droit, font percevoir les réalités et qui ne peuvent provenir que d’une bonne formation classique.

La dérive que nous avons relevée constitue une mauvaise action contre la démocratie car, dans l’opinion publique, les élus seront une nouvelle fois considérés comme des « pourris », alors qu’en l’espèce il n’y a pas lieu. Espérons que la Cour de cassation saura rendre à l’affaire sa juste dimension.

Philippe de Villiers : la France ne se relèvera que par un petit Reste fidèle

« Voici venir le temps des consciences dressées »

Philippe de Villiers avait dit qu’il rangeait sa plume. Il la reprend, et ce n’est pas un caprice d’auteur. Résurrection. Le retour de la France éternelle, qui paraîtra le 7 octobre chez Fayard, naît d’un scrupule qu’il avoue sans fard : a-t-il vraiment fait tout ce qui était en son pouvoir pour lever une cohorte de dissidents, une minorité restauratrice, un noyau de rescapés de la société de connivence qui est en train de nous broyer ? Le livre est déjà en précommande chez Chiré.
https://www.chire.fr/librairie/villiers-philippe-de-resurrection-le-retour-de-la-france-eternelle-p-514228

À ceux qui murmurent que tout est joué, il oppose Foch, courroucé devant un pays à bout de souffle : les victoires ont toujours été remportées par des soldats qui sont allés au-delà de leurs forces. Celui qui gagne, c’est celui qui tient le dernier quart d’heure. L’espérance qu’il appelle n’est donc pas un optimisme de circonstance, ni la consolation un peu molle destinée à se masquer à soi-même et aux autres l’ampleur du mal. C’est l’espérance de ceux qui tiennent encore, alors que le pays se croit déjà perdu.

Sur CNews, le 11 septembre, il a, d’une phrase, signifié son intention : « J’ai écrit ce livre pour le retour de la France éternelle. » Devant ses interlocuteurs hebdomadaires Eliot Deval et Geoffroy Lejeune, il a précisé les choses. Il n’a pas écrit un livre de saison, ni un commentaire de l’actualité. Il a conçu un voyage haletant, tourmenté, au cœur de la France qui désespère et qui espère : un bimillénaire d’espérance française. L’ancienne France a duré. Elle a été dépouillée par ce que Robespierre nommait la France nouvelle, celle des Lumières et de la Révolution. Cette France nouvelle, devenue à son tour une nouvelle ancienne France, a trahi ses promesses. Elle est aujourd’hui recouverte, ou en train de l’être, par « la nouvelle France de Mélenchon ». Puis, plus vite qu’on ne le croit, et c’est ce qu’il promet de nous expliquer dans son nouveau livre, cette dernière sera elle-même recouverte par la France éternelle. https://www.chire.fr/librairie/villiers-philippe-de-resurrection-le-retour-de-la-france-eternelle-p-514228

Car ce ne sont pas les majorités qui font l’histoire. Les civilisations, dit-il, déclinent par masse et se sauvent par poignées aux heures décisives, « quand les institutions sont vides, que les élites ont quitté le forum, quand le nombre lui-même choisit l’insignifiance ». Le destin d’un peuple repose alors sur une minorité salvatrice. Philippe de Villiers lui donne son vrai nom, qui n’est pas un slogan mais un mot d’Écriture : le Petit Reste, capable de descendre sur l’agora pour retourner les insouciants et les abouliques, et sauver le Grand Reste. Il s’agit d’une élite. Il la sent, dit-il : elle est là, elle est toute nouvelle, elle ne triche pas, elle est infiniment plus exigeante que ses aînés, et personne ou presque ne la voit venir. Les majorités, ajoute-t-il, font durer l’Histoire telle qu’elle est, bancale et déconstruite. Ce sont les minoritaires qui la défont et la refont, pour qu’elle retrouve la figure de la France. Ils remettent l’Histoire à l’endroit. Voici venir, écrit-il, le temps des consciences dressées.

Ce que le Puy du Fou a déjà montré

Depuis près d’un demi-siècle, le Puy du Fou est à la fois l’anticipation et l’illustration de cette conviction. Le documentaire Le Puy du Fou raconté par Philippe de Villiers, conçu par Éric Pierrot avec Benoît Lanet, en donne le récit. Il est disponible chez Chiré. https://www.chire.fr/librairie/lanet-benoit-le-puy-du-fou-raconte-par-philippe-de-villiers-dvd-p-509396

Philippe de Villiers y revient à l’enfance, à ces trois mélodies entendues le matin avant l’école : l’Angélus, l’enclume du bourg, le chant du coq. Elles composaient, dit-il, une symphonie intime, restituée l’une des scènes du spectacle. Le reste, il le raconte sans enjoliver. Élève à l’ENA, il s’accorde neuf mois d’ENA buissonnière pour fonder le Puy du Fou. Le 11 mars 1978, monté sur une barrique devant deux cents curieux, aux Épesses, en présence du notaire, il prononce quatre serments : jamais de droits d’auteur pour le créateur, jamais de dividende, jamais de subvention, jamais de brevet extérieur. Il n’est pas venu déposer dans cette ruine un acte de business, mais un acte d’amour. La première du spectacle a lieu le 16 juin 1978.

Cette ruine n’était pas un décor. C’était l’œuvre sinistre du général Turreau, des colonnes infernales et de la Terreur. Il voulait en faire une ruine glorieuse, un requiem pour la Vendée, un hymne à la France, et il ajoute que si Ernest Lavisse, créateur du roman national, revenait aujourd’hui, il ferait le Puy du Fou. Cinquante ans plus tard, les bénévoles sont plus nombreux qu’au premier jour : il en compte 4 600, et la transmission s’est faite, dit-il, à Nicolas de Villiers. Le film montre ainsi, dans la durée d’une vie, ce que le livre va dire : une poignée d’hommes, une mémoire qui ne meurt pas, et le refus de faire de tout cela une affaire pure et simple.

Un reste, mais pas n’importe lequel

Le Petit Reste n’est pas une élite de salon, ni une minorité d’humeur. Dans le livre d’Isaïe, quand Israël a été rasé et que le peuple est devenu comme le sable de la mer, ce n’est pas la foule qui garde la foi : c’est un reste qui revient à Dieu. L’Église, à son tour, n’est pas née d’une majorité. Elle a commencé par douze hommes. L’un a trahi, presque tous ont fui, lorsque le Maître était mort. Au matin de Pâques, la victoire n’était plus à négocier. Elle était donnée. Les hommes n’avaient plus à la fabriquer ; ils avaient à y demeurer fidèles, ou à la refuser.

C’est pourquoi Jeanne, à Poitiers, quand les docteurs lui objectaient que Dieu n’avait pas besoin de gens d’armes, répondit selon le mot que la tradition lui prête : les hommes d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire. Ni le quiétisme qui attend le miracle les bras croisés, ni l’orgueil activiste qui croit sauver la France par ses seules combinaisons. On se bat avec ce que l’on a de meilleur. On n’oublie pas de Qui vient le salut.

La Vendée a perdu militairement. Turreau a passé. Les colonnes infernales ont fait leur œuvre. Deux siècles plus tard, ce n’est pas le rapport du général qui habite le bocage : c’est la mémoire, et une Cinéscénie née d’une ruine. Il y a cent ans, en 1926, au Mexique, les Cristeros prenaient les armes au cri de « ¡Viva Cristo Rey! » contre les lois Calles. La guerre s’acheva en 1929 par des arreglos qui n’étaient pas la victoire des états-majors. Beaucoup furent désarmés, puis frappés. L’apparence est celle d’une défaite. Une fois encore, le Petit Reste n’a pas « gagné » comme on gagne une campagne.

Plusieurs voix, dans la tradition catholique française, ont dit que la France descendrait très bas, puis qu’elle se relèverait, non par le nombre, mais par un reste. L’espérance n’est donc pas une naïveté. Encore faut-il savoir de quel reste l’on parle.

Car il ne suffit pas de tirer l’alarme, ni de crier au secours devant le désastre. Il faut frapper le mal à la racine. Cette racine n’est pas d’abord telle loi récente, tel ministre, telles mœurs. Elle est dans les principes de 1789, dans cette idée subversive que l’ordre se fabrique sans Dieu, que la société naît d’un contrat, que toutes les religions se valent dans la cité, et que le Christ n’a de règne, s’il en a un, que dans le secret des consciences. De là vient, par degrés, tout ce qui défait aujourd’hui la famille, l’école, la cité, la patrie. On peut être une minorité énergique et n’être encore qu’une fraction plus vive du désordre, si l’on reprend, sans le savoir, les maximes mêmes qui ont produit le désastre.

Mgr de Ségur, dans La Révolution expliquée aux jeunes gens, le dit sans détour : la Révolution, c’est la négation légale du règne de Jésus-Christ sur la terre, la destruction sociale de l’Église. Le naturalisme, condamné par le Siège apostolique, est l’âme de 1789. Le cardinal Pie, à Poitiers, a fixé la pierre que l’on a voulu retirer : Jésus-Christ est la pierre angulaire de tout l’édifice social ; lui en moins, tout s’ébranle, tout se divise, tout périt. La question qui agite le monde n’est pas d’homme à homme ; elle est de l’homme à Dieu. Mettre toutes les religions à égalité, c’est proclamer qu’elles ont la même valeur, donc qu’il n’y a pas de Dieu. Louis de Bonald, de son côté, a ruiné l’illusion du contrat : l’homme n’existe que par la société, et il ne peut pas plus donner une constitution à la société politique ou religieuse qu’il ne peut donner la pesanteur aux corps. Joseph de Maistre, en 1814, a vu le piège au moment même où le roi rentrait. Il voulait le roi. Il ne voulait pas le roi plus les principes de 1789. La Charte octroyée par Louis XVIII laissait la Révolution dans le texte. Le souverain revenait ; le principe faux demeurait.

Un Petit Reste qui reprendrait ces principes, fût-ce pour « sauver » la France, ne serait plus un reste. Ce serait le désordre, seulement plus cultivé, plus inquiet, plus patriotique en apparence. La France éternelle ne se relève pas en accommodant 1789. Elle se relève si une minorité, fidèle, refuse le libéralisme à la racine, combat par ses meilleurs moyens, et crie ce que crièrent les Cristeros : Vive le Christ-Roi. Tout le reste, sans cela, n’est qu’agitation.

Nous ne pouvons pas désespérer. Les hommes d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire. Il l’a déjà donnée, une fois pour toutes, au matin de Pâques, et l’Église a commencé avec douze. Il nous demande de ne pas le trahir, d’avoir les bons principes, et de tenir le dernier quart d’heure. Philippe de Villiers affirme sentir venir cette élite, toute nouvelle, qui ne triche pas. Qu’elle soit précisément celle-là : non une minorité d’humeur, mais le reste fidèle, celui qui refuse 1789, qui combat, et qui s’en remet au Christ-Roi. Le 7 octobre, Résurrection paraîtra. Dès aujourd’hui, on peut commander ce livre, ainsi que le documentaire sur le Puy du Fou dont l’œuvre et la réussite anticipent le soulèvement d’espérance du Petit Reste.

Résurrection – Le retour de la France Éternelle : https://www.chire.fr/librairie/villiers-philippe-de-resurrection-le-retour-de-la-france-eternelle-p-514228
Le Puy du Fou raconté par Philippe de Villiers – DVD : https://www.chire.fr/librairie/lanet-benoit-le-puy-du-fou-raconte-par-philippe-de-villiers-dvd-p-509396
La Révolution expliquée aux jeunes gens… et à tous ceux qui veulent enfin comprendre : https://www.chire.fr/librairie/segur-mgr-louis-gaston-de-la-revolution-expliquee-aux-jeunes-gens-et-a-tous-ceux-qui-veulent-enfin-comprendre-p-510671

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Du gauchisme à la tradition

C’est possible :

Ancien militant progressiste devenu juriste à Rome, essayiste et poète, Luigi Trisolino, né le 11 octobre 1989, incarne un parcours intellectuel hors norme. Alors que la Belgique et l’Europe du Nord traversent une crise d’identité et de repères, ce converti de 35 ans livre en exclusivité pour Diakonos.be un entretien sans filtre. Bioéthique, combat contre la sécularisation, critique du centre mou et défense du droit naturel : un regard romain tranchant, adressé directement à une jeunesse en quête d’enracinement et d’espérance.

Maître Trisolino, vous naviguez professionnellement entre les arcanes de la bureaucratie romaine et la rigueur du droit public, tout en cultivant la sensibilité du poète et la radicalité du converti. Ne serait-ce pas la définition parfaite d’un équilibriste… ou d’un incorrigible romantique qui cherche encore des lois immuables dans un monde qui change d’avis toutes les cinq minutes ?

— « N’est ce pas avec la même ardeur laborieuse que les fourmis transportent les grains de sable, déplacent des carcasses d’insectes et creusent la terre ? Et les aigles ne dominent-ils pas les hauteurs avec la même force ailée, qu’ils construisent leurs nids au sommet des montagnes ou qu’ils y rapportent des proies pour nourrir leurs petits ? Dès lors, quelque soit le contexte ou le matériau à concevoir, façonner ou transporter — qu’il soit juridique, journalistique, poétique, politique ou théologique —, je demeure le même homme, mû et éclairé par la même conversion au Christ dans la tradition pétrinienne.

Mon secret pour préserver mon intégrité, sans devoir faire le grand écart ni tomber dans le romantisme, c’est de rester hors de ma zone de confort. En premier lieu intérieurement, par rapport à moi-même, en veillant chrétiennement tel un guetteur pour me tenir prêt, au cas où je devrais affronter davantage d’inconfort encore à l’extérieur, par exemple politiquement, au milieu des autres. Ma conversion a été un long chemin de croix. Mais en luttant, à mon échelle, contre les idéologies mondialistes du genre et du wokisme, je commence déjà à déranger ces progressistes dont mes convictions catholiques m’ont définitivement éloigné.

Mais j’espère être une source constructive d’inconfort, notamment parmi ces conservateurs fatigués qui, dans leurs discours et leurs actions socioculturelles, se confondent désormais pratiquement avec les figures de cette antichambre du progressisme qu’est devenu le centre mou. Même ma poésie dérange quand elle aborde des thèmes sociaux. C’est qu’elle tranche avec ces poètes aliénés qui alternent entre démission politique et postures civiques de façade, soumis au discours progressiste dominant, au matérialisme et à un néo-pacifisme de circonstance.

Journalistes et juristes ne sont pas en reste dans ce processus d’auto-destruction intellectuelle et de liquidation des consciences qui s’ensuit. Pour un converti nourri de la tradition catholique, riche de talents qu’il se doit de fructifier, l’engagement doit être total : une présence énergique, déployée partout où il est possible de rendre témoignage. Aujourd’hui, seuls les faux prophètes font consensus. Ce sont eux qu’il nous faut combattre, en affirmant la nécessité vitale, humaine et politique d’enraciner nos identités, nos lois et nos traités dans le droit naturel le plus accompli : celui issu de nos racines chrétiennes.

Qu’est-ce qui, dans votre parcours de juriste plongé au quotidien dans la rationalité des institutions publiques à Rome, a ouvert la brèche vers la conversion au catholicisme ? La foi a‑t-elle été pour vous une rupture ou l’aboutissement logique d’une quête de vérité ?

— J’ai pris la réalité à bras le corps pour la regarder en face, dépouillé des filtres relativistes de mon ancien milieu. Et la réalité cette, dans ce qu’elle a de plus essentiel, a accueilli celui qui tentait de la contourner. En dépassant le juridisme qui étouffe si souvent l’État de droit, je me suis également affranchi des fables sur l’être humain que le marxisme néo-trotskyste et le progressisme libéral m’avaient inculqué. La simple curiosité intellectuelle du dilettante sur l’être humain ne me suffisait plus ; je me suis donc engagé dans une quête authentique de la vérité.

De mon adolescence jusqu’à mes 34 – 35 ans, je n’ai cessé en effet d’explorer différentes chapelles et systèmes de pensée, tel un Ulysse avide de connaître le moindre des îlots le séparant d’Ithaque, sa véritable patrie. Devant la réalité des changements sociétaux, à l’époque du Christ comme aujourd’hui, certaines valeurs naturelles restent non négociables. Je l’ai toujours su mais je m’obstinais à vouloir tout concilier, aveuglé par des lectures dévoyées de la laïcité, de la fraternité et de la diversité culturelle.

Si la connaissance reste fondamentale, chaque homme parvient un jour à ce carrefour de son existence où s’impose la responsabilité du verbe évangélique : que votre « oui » soit un « oui », que votre « non » soit un « non ». C’est le pas que j’ai franchi en entamant un parcours pastoral en compagnie d’autres jeunes hommes et jeunes femmes, à raison d’un week-end par mois pendant plus de six mois, au couvent franciscain de Saint-Bonaventure au Palatin, un havre de paix niché au cœur de Rome, simple et suspendu au-dessus d’un jardin somptueux qui domine le Colisée. C’est là que la certitude m’est apparue : la vérité existe, et tous les compromis idéologiques sur la cité ne sont que des arrangements personnels, sociaux ou étatiques. Aucun d’eux ne touche à la vérité de l’être.

J’ai toisé la réalité et j’ai cherché la vérité de manière enfin authentique. Je ne pouvais plus assumer cet ultra-progressisme provocateur pour lequel je militais au lycée, quand, à dix-sept ans à peine, avec quelques camarades militants, j’avais fait circuler sous le manteau un tract — allant jusqu’à l’afficher sur une porte latérale de ma paroisse natale dans les Pouilles — pour faire scandale en réclamant la légalisation des mariages collectifs et des adoptions par des familles polygames, alors que ma propre vie privée avait toujours été monogame.

J’ai regardé la réalité naturelle en face, et j’ai également abandonné le progressisme libéral que j’affectionnais pourtant vers mes 33 – 34 ans. Quand le Christ, depuis le tabernacle, a frappé à la porte de ma conscience politiquement engagée pour l’ajuster à ce que mon cœur avait toujours nourri au plus intime, je n’ai pas voulu la lui ouvrir à moitié, je l’ai ouverte en grand. Il aurait été hypocrite de ma part d’ouvrir à moitié, et je déteste l’hypocrisie. Pour moi, dans la perspective de la tradition catholique, la foi a été un aboutissement empirique, intime et partagé, fait de rencontres, de visages, de vie et de temps. Mais les répercussions que la foi catholique a entraînées dans ma vie de militant des droits et des libertés ont consommé une rupture politique, suivie d’une découverte rationnelle, cohérente et consécutive de la droite divine, conservatrice, fondée sur les droits naturels, sur la chrétienté culturelle et le libre arbitre respectueux de la vie, de la conception jusqu’à la mort naturelle.

Le bon démocrate libéral que j’étais — pro-vie dans la seule intimité de son âme — a cédé la place à un catholique engagé. Un homme qui revendique publiquement, sans demi-mesure et par les moyens de la démocratie, le droit à la vie comme la condition logique et empirique de la liberté elle-même.

Le caractère sacré de la vie supplante l’autodétermination libertine. Il s’agit pour moi d’un véritable retour aux sources : retrouver la foi intacte de mon enfance, nourrie des sept dons du Saint-Esprit et fidèle sans réserve au magistère de l’Église, notamment en matière de bioéthique.

Tel a été le point de départ de mon Odyssée, ce Luigi Trisolino adolescent qui pour se rebeller contre le carcan petit-bourgeois de sa province des Pouilles des années 2004 – 2007 fondait des cercles de poésies et de politique révolutionnaires, avant de s’en aller vivre à Rome fin 2008 et d’épouser, dans ce creuset cosmopolite, le socialisme humaniste puis le libéralisme progressiste.

Cette reconversion a jailli avec l’allégresse d’une source gonflant en fleuve, donnant son fruit de renaissance en 2025. Ce fut mon retour à Ithaque, à ma patrie véritable, le Christ, dans les pas de Pierre, le pêcheur d’hommes. Un retour au magistère catholique pleinement assumé, plus lucide et surtout plus mûr que la foi de mon enfance. En philosophie, on pourrait comparer la dialectique de ma foi — et des choix bioéthiques et politiques qui en découlent — à la dialectique de la droite hégélienne où la thèse serait mon âge d’or enfantin, l’antithèse serait incarnée par mon adolescence et mes années de jeunesse, et dont la synthèse serait ma vie présente transfigurée par la reconversion, accomplissant de manière plus aboutie la racine catholique de ma thèse originelle.

Souvent, le cheminement intellectuel vers la foi a besoin d’une incarnation. Quel a été le rôle précis de la liturgie et des sacrements dans votre propre conversion ? Est-ce la beauté, le silence ou la sacralité du rite qui a achevé de convaincre votre raison de juriste et de bouleverser votre cœur de poète ?

— Sur le Palatin, j’ai dépouillé mon intellect de sa carapace idéologique, j’ai confié ma vie à l’Esprit Saint dans le silence des adorations eucharistiques, et j’ai vu éclore des vocations à la vie religieuse franciscaine chez quatre jeunes hommes, dont l’un était mon aîné.

J’ai vu le Logos divin terrasser le rationalisme d’un ami, professeur de mathématiques à La Sapienza, venu suivre mes pas à Saint-Bonaventure. Lorsqu’il s’est tourné vers moi, l’Esprit Saint a scellé ce que je pressentais depuis toujours : ma vocation est laïque, irréductible aux sacristies et aux ornements sacrés. Il a placé entre mes mains des armes modestes, mais redoutables : la politique, le droit et, par-dessus tout, la poésie. Des armes que j’ai toutes offertes à Dieu.

C’est ainsi que j’ai sacrifié sur l’autel de la vie une possible carrière d’activiste, pour conserver et raviver la Bonne Nouvelle du Seigneur à travers une raison humaine naturelle capable de ne pas se fermer hermétiquement par rapport à la foi.

Sur le plan liturgique, j’aime le silence des célébrations face à la transsubstantiation du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ. C’est dans cette même disposition que j’ai éprouvé Dieu : à quatorze ans à travers le soleil, lors d’un camp de l’Action catholique en Calabre ; puis à dix-sept ans à travers le vent, au balcon de ma maison natale dans les Pouilles.

À présent, je pourrais en goûter la présence dans l’espace infini qui s’ouvre en mon âme, dès que je laisse monter ce silence habité — véritable patrie retrouvée au cœur du monde. Fin juillet 2026 est paru « Carnànima – Madrepoesìa patria e pellegrina », mon recueil de cinquante poèmes christiques, pèlerins et patriotiques. Une œuvre façonnée en 2025 au fil de mes pérégrinations : de Tivoli à Rome, du désert du Fayoum au Caire, de la Galice à Milan, en passant par la Sicile et les terres de mes Pouilles natales. Ces poèmes se font l’écho de ma conversion. Ce recueil, que j’ai présenté le 12 et le 13 septembre 2026 au Salon du Livre Spirituel de Menton organisé au Musée Marabini-Martac, est la clé de voûte de cette renaissance. J’ose espérer que ces vers  poétiques porteront du fruit, en inspirant et en touchant le cœur de quelques lecteurs sur leur chemin de la foi.

Aujourd’hui, on observe ce paradoxe saisissant : de nombreux jeunes, saturés d’écrans et de subjectivisme, se tournent vers la messe traditionnelle et les formes classiques de la foi. Vous qui avez épousé cette Tradition, qu’avez-vous à proposer à une génération en quête de repères solides ?

— Je n’ai que mon témoignage à offrir. Je me livre chair-et-âme [carnànima] tout entier, sans filtre, dans les vers qui relatent ma conversion. En août 2025, il y a un an, je me trouvais à Saint-Jacques-de-Compostelle, où j’avais atterri tranquillement sans parcourir le Camino. Et c’est finalement le chemin lui-même qui est venu à moi : entre les plages océaniques et le maquis méditerranéen à perte de vue, carnet et stylo en main, j’ai croqué à belles dents dans cette prise de conscience. Nous ne sommes que de simples passagers, ancrés en des points précis de cette Terre pour un bref instant, mais chacun d’entre nous compte énormément aux yeux éternellement amoureux du Créateur.

Et j’ai à offrir un engagement politico-culturel pour défendre nos valeurs fondamentales : le respect de la vie, le caractère sacré de la propriété privée — familiale et entrepreneuriale — ainsi que la souveraineté de nos territoires face au mondialisme financier, matérialiste et antichrétien. Avec mon ami et collaborateur Antonio Margheriti, j’ai récemment fondé l’association catho-patriote « i RadicaTi – dal diritto naturale alla legge » [Les Enracinés – du droit naturel à la loi], ou plus simplement « i RadicaTi », que je préside. Avec l’association, nous menons le combat dans dans les journaux, à la radio, sur les chaînes de web TV, dans des colloques et des conférences au Sénat et à la Chambre des députés à Rome, et bien plus encore. Notre site internet officiel est déjà disponible à l’adresse iradicati.it, où les personnes intéressées peuvent s’inscrire à l’association et apporter leur contribution sous une forme ou une autre. […]

Vivre ensemble avant le mariage ou comment détruire un mariage

Intéressant article paru sur InfoCatolica :

Je constate avec étonnement et perplexité la manière dont les gens se tournent aujourd’hui vers l’Église catholique pour se marier. Savez-vous que le mariage selon la loi divine n’est pas une jolie photo Instagram ? C’est par cette question provocatrice que je souhaite commencer cet article, afin d’expliquer le véritable sens du mariage catholique dans un monde où l’esthétique prime souvent sur l’éthique.

Il convient de rappeler avec rigueur doctrinale que la cohabitation avant la célébration du sacrement place les fiancés dans une situation objective de péché grave, de scandale public et d’occasion immédiate de pécher (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n° 1857-1860, 2353). Ce mode de vie est incompatible avec l’état de grâce requis pour une vie fructueuse de la foi chrétienne.

Cette pratique négligée n’est pas un simple phénomène passager, mais bien le reflet de dynamiques sociales et idéologiques structurées qui visent à l’érosion progressive de la famille. Rappelons-nous que la famille constitue le noyau naturel et irremplaçable du développement intégral de la personne et de la préservation de la liberté face au pouvoir politique (cf. Pape Léon XIV, Discours au corps diplomatique, 16 mai 2025). En fragilisant la stabilité du foyer, on laisse l’individu exposé et sans défense face aux impositions des systèmes idéologiques dominants.

Qu’est-ce que le mariage ?

Le Dictionnaire de la langue espagnole (RAE) définit le mariage, au sens premier, comme « l’union d’un homme et d’une femme, officialisée par certains rites ou formalités légales, afin d’établir et de maintenir une vie et des intérêts communs ». Il est révélateur que cette institution linguistique inclue une seconde définition pour englober les unions civiles entre personnes de même sexe. Cette évolution documentée témoigne clairement de l’érosion sémantique à laquelle la culture contemporaine soumet cette institution traditionnelle.

La nécessité de protéger cette institution sublime découle de son caractère naturel et précède toute codification légale dictée par l’État. Dans le lien conjugal, un homme et une femme se donnent l’un à l’autre pour la transmission de la vie et le soutien spirituel. Commencer à cohabiter sans engagement définitif de fidélité ébranle les fondements mêmes de l’ordre social (cf. Casti connubii , 1930 ; Familiaris consortio , 80-81).

Le Catéchisme de saint Pie X (n° 831 ; édition espagnole officielle de 1973) définit fermement cette réalité : « Le mariage est un sacrement institué par notre Seigneur Jésus-Christ, qui établit une union sainte et indissoluble entre l’homme et la femme et leur donne la grâce de s’aimer dans la sainteté et d’élever leurs enfants de manière chrétienne. »

Dans la codification canonique traditionnelle, l’ordre de cette institution était clairement défini (CIC 1917, c. 1013 §1). La procréation et l’éducation des enfants étaient désignées comme la fin première, tandis que l’entraide et le remède à la concupiscence (remedium concupiscentiae) étaient considérés comme des fins secondaires.

Le nouveau Code de droit canonique de 1983 (CIC 1983, c. 1055 §1) place le « bien des époux » au premier plan comme but ultime du mariage. Malheureusement, ce nouveau code ne fait aucune mention du remède à la concupiscence, qui constituait un outil théologique précieux pour le salut des âmes face aux faiblesses de la chair.

Cette restructuration normative n’a pas altéré la nature essentielle du mariage. De sa structure même émergent deux propriétés essentielles et inaliénables : l’unité et l’indissolubilité (cf. Concile de Trente, session XXIV, chap. 7 ; CIC 1983, chap. 1056).

Le mariage indissoluble ne saurait être rompu par une décision humaine, comme nous le rappelle le précepte évangélique : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Mt 19, 6). La multiplication des divorces compromet l’unité sacramentelle et prive les enfants de leur droit naturel d’être élevés par leur père et leur mère dans un environnement stable. La pensée moderne tend à réduire le mariage à un pacte affectif fluctuant, mais cette relativisation de la famille engendre de graves distorsions anthropologiques qui détruisent le tissu social.

Pourquoi la cohabitation avant le mariage détruit-elle le mariage ?

Dans la culture contemporaine, il est communément admis que la cohabitation avant le mariage garantit la réussite de l’union future. Pourtant, des études sociologiques rigoureuses démontrent le contraire. Le rapport intitulé « Quel est le plan ? Cohabitation, fiançailles et divorce », publié par Scott Stanley et Galena Rhoades pour l’Institute for Family Studies (IFS, avril 2023), présente une conclusion sans appel : les couples qui ont choisi de vivre ensemble pour « tester » leur relation avant de s’engager ont connu un taux de divorce nettement supérieur à celui des couples qui ont évité la cohabitation ou attendu leurs fiançailles.

Ces constats confirment l’enseignement constant de l’Église, exprimé dans le Catéchisme de l’Église catholique, qui rejette explicitement le prétendu « droit à l’épreuve » en matière d’amour conjugal (n° 2391). L’amour conjugal exige un engagement total, inconditionnel et définitif, tandis que la logique de l’épreuve introduit un germe de provisoire qui corrompt la relation dès son origine. Une fois encore, l’enseignement traditionnel de la Sainte Église se révèle être la voie la plus sûre pour le bien de ceux qui embrassent sa doctrine.

Si ce mythe du besoin de preuves est si largement répandu, c’est parce qu’il s’accorde parfaitement avec le modèle économique consumériste et individualiste. L’instabilité émotionnelle et l’éclatement des familles qui en découle engendrent une augmentation exponentielle de la demande matérielle et un doublement des besoins en logements.

De plus, il est incohérent de défendre la dignité de la personne tout en tolérant une conception utilitariste des relations affectives. Tenter de soumettre son conjoint à une période probatoire revient à traiter les êtres humains comme des biens de consommation jetables. L’engagement conjugal requiert un don généreux entre un homme et une femme, intrinsèquement ordonné à la transmission de la vie (cf. Humanae vitae, 12), dont la consommation a lieu dans l’acte conjugal, lequel est par nature procréateur (CIC 1983, c. 1061 §1).

Ces mariages sont-ils invalides ? Dispositions de l’âme et essence sacramentelle.

Lorsqu’on analyse cette question du point de vue du droit canonique, il convient de préciser que la cohabitation antérieure n’invalide pas automatiquement le sacrement. Le canon 1099 du Code actuel établit qu’une simple erreur concernant la dignité sacramentelle ou l’indissolubilité n’invalide pas le consentement, à moins qu’elle ne détermine impérativement la volonté. Pour qu’il y ait nullité par simulation, un acte positif de la volonté est requis qui exclut explicitement l’unité, l’indissolubilité ou l’ordination à la procréation (CIC 1983, chap. 1101, § 2). C’est pourquoi le mariage bénéficie toujours de la présomption de validité devant la loi (CIC 1983, chap. 1060).

Cependant, au-delà de la validité formelle de l’acte, l’aspect décisif réside dans les dispositions spirituelles nécessaires pour que le sacrement produise ses fruits de grâce. Ceux qui s’approchent de l’autel en ayant banalisé la chasteté ou en nourrissant la réticence mentale au divorce sont dans une disposition affective déficiente. Cette attitude empêche la réception des fruits sacramentels et expose le couple au risque de profaner le sacrement.

De même, l’utilisation antérieure de la contraception n’équivaut pas juridiquement à l’exclusion délibérée des enfants du mariage. Toutefois, persister dans une approche contraceptive sans aucune intention de changer ses habitudes révèle une grave incohérence avec la vérité de l’amour chrétien.

L’Église, dans l’exercice de sa sollicitude pour les âmes et la sauvegarde du droit au mariage (CIC 1983, c. 1058), s’abstient d’imposer des obstacles arbitraires au mariage. Saint Jean-Paul II, dans Familiaris Consortio (n° 68), a rappelé que le refus du mariage doit se limiter aux cas de rejet formel et explicite de ce que l’Église entend accomplir par le mariage.

Il est essentiel de préciser rigoureusement que ce droit de vivre ensemble (ius connubii) ne constitue pas un droit subjectif à recevoir les sacrements, comme s’il s’agissait d’une obligation ecclésiastique contraignante. Il s’agit, en réalité, de la sauvegarde d’un droit naturel préexistant, inhérent à la personne humaine, de fonder une famille. La codification de 1917 protégeait déjà ce principe en établissant que « toute personne peut contracter mariage, sauf interdiction légale » (CIC 1917, chap. 1035), limitant les interdictions à la vérification des empêchements diriment (CIC 1917, chap. 1014). Toutefois, la formulation du Code de 1983 (CIC 1983, chap. 1058) ne saurait être déformée pour contraindre les prêtres à consacrer des unions qui bafouent ouvertement les commandements du droit divin.

Face à ce constat, de sérieuses questions se posent quant aux intentions de ceux qui souhaitent se marier à l’église. Exclure définitivement de la vie quotidienne les préceptes de chasteté, de contraception et d’éducation chrétienne des enfants revient à vider le sacrement de son essence même. Se présenter devant l’autel avec la ferme résolution de demeurer en état de péché grave constitue une contradiction objectivement inadmissible.

Le véritable défi réside dans la formation et l’accompagnement spirituel des couples fiancés. La priorité n’est pas de promulguer de nouvelles lois, mais d’appliquer fidèlement et courageusement la doctrine pérenne dans la vie paroissiale.

Dans la sollicitude spirituelle du troupeau, proposer une période de continence et de séparation de domicile aux fiancés avant le mariage n’est pas une exigence arbitraire, mais une pédagogie de purification indispensable (cf. CIC 1983, c. 1063). Ceux qui ne pratiquent pas le renoncement et la maîtrise de soi durant les fiançailles auront difficilement les dispositions nécessaires pour assumer les engagements de fidélité et d’indissolubilité que la Loi divine exige dans le mariage.

Il est temps de défendre l’institution du mariage dans toute sa splendeur, en proclamant la sainteté de l’union entre un homme et une femme, avec Dieu pour fondement et centre de leur vie (cf. 1 Co 6, 18 ; Hé 13, 4). Si le mariage se réduit à une simple formalité sociale ou à la convenance individuelle des époux, la relation échouera avant même d’atteindre l’autel. Nous devons proclamer toute la vérité sur le mariage pour lui rendre son sens sacré ; faisons-le avant qu’il ne soit trop tard.

Malade de l’individualisme, comment refaire société ? Le remède de la philosophie politique antique

Sur RCF, Thomas Cauchebrais reçoit Guillaume Bergerot, maître de conférences en histoire du droit à l’Université catholique de l’Ouest, à propos de son ouvrage sur L’Homme, animal politique, paru aux éditions Hora Decima :

Fractures territoriales, conflits entre les générations, opposition entre les sexes, multiplication des revendications individuelles : notre société semble de plus en plus divisée. Pour Guillaume Bergerot, cette fragmentation trouve sa cause profonde dans la montée de l’individualisme.

Dans L’Homme, animal politique, paru aux éditions Hora Decima, le maître de conférences en histoire du droit à l’Université catholique de l’Ouest remonte aux origines philosophiques de cette crise. Il montre comment la pensée moderne, notamment celle des Lumières, a progressivement imposé l’image d’un individu autonome, préoccupé par ses droits et son accomplissement personnel, au détriment de ses devoirs envers la famille et la communauté.

À cette conception, Guillaume Bergerot oppose la pensée d’Aristote, de Cicéron et de saint Thomas d’Aquin. Pour les Anciens, l’homme est naturellement fait pour vivre avec les autres et ne peut s’accomplir qu’au sein d’une communauté tournée vers le bien commun. Comment sortir de l’impasse individualiste et empêcher notre société de se défaire ?

L’Homme, animal politique

 

Charles Alloncle : « Il est temps de tout raconter, je jure de dire toute la vérité « 

Il est temps de tout raconter.
« Pendant la commission d’enquête, certaines vérités devaient attendre. Il fallait protéger nos travaux, aller jusqu’au bout et surtout faire adopter le rapport. À une voix près, tout aurait pu disparaître. Ces dernières semaines, je me suis donc tenu à l’écart de la vie médiatique pour tout reprendre et tout écrire. Des pressions, des menaces, des trahisons aussi : de ces six mois est né le premier livre de ma vie. Ces pages n’auraient pas la même histoire sans vous. Vous avez été des milliers à suivre cette enquête, à la défendre, à m’écrire et à m’encourager lorsque les pressions s’accumulaient. Je vous dois maintenant la seule chose qui compte encore : la vérité. »

Je jure de dire toute la vérité.
Le titre fait directement écho au serment réglementaire imposé à chaque témoin auditionné par une commission d’enquête. Charles Alloncle prend le contre-pied de l’exercice en affirmant : « Un serment a ouvert toutes les auditions. Tous l’ont prononcé. Beaucoup l’ont trahi ».

Le livre expose plusieurs révélations majeures et affaires internes qui ont secoué la commission. Menaces, filatures et recours aux services de renseignement, Charles Alloncle affirme avoir subi de lourdes intimidations dès que ses investigations sont devenues dérangeantes. Menaces verbales : « T’inquiète, on va te régler », du député Erwan Balanant. Menaces de mort directes l’obligeant à basculer ses communications sur des messageries hautement cryptées.

Ses sources craignaient également d’être suivies ou écoutées. Il raconte avoir été approché par des membres des services de renseignement venus lui apporter des informations sensibles au péril de leur propre carrière.

Charles Alloncle revient très longuement sur l’affaire Charles Sapin (journaliste dont la situation a provoqué des grèves au sein de la rédaction de Radio France). Le député utilise ce cas précis pour dénoncer une dérive idéologique de fond et un « biais profond » au sein des organigrammes de direction de France Télévisions et Radio France, qu’il estime occupés par d’anciens militants politisés.

Le dossier le plus explosif concerne les témoignages sous serment des hauts dirigeants. Charles Alloncle accuse ouvertement Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, de mensonge devant la représentation nationale. Alors qu’elle affirmait qu’aucun cabinet externe n’avait été sollicité pour « briefer » les salariés avant leurs auditions, l’auteur s’appuie sur des révélations de presse pour soutenir qu’un cabinet privé avait bel et bien été mandaté, évoquant un potentiel délit de parjure passible de sanctions pénales.

« À mesure que l’enquête avançait, je comprenais pourquoi certains avaient peur de parler. J’avais été nommé pour contrôler un service public ; j’avais fini par réveiller tout un système que mes questions dérangeaient. »

Ce livre, témoignage de Charles Alloncle, met en lumière les fractures profondes qui ont traversé cette commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Au-delà des soixante-neuf recommandations drastiques formulées dans son rapport, l’ouvrage dévoile les coulisses d’un affrontement idéologique total entre le rapporteur (UDR) et son président, Jérémie Patrier-Leitus. En qualifiant les auditions de « tribunal d’inquisition », les détracteurs du député ont illustré la violence des débats au sein de l’hémicycle. Finalement, ce récit rappelle à quel point ce rapport explosif a frôlé la censure, n’ayant été validé qu’à quelques voix près. Une publication sur le fil qui démontre, selon l’auteur, la puissance des résistances face à la réforme des médias publics. Une véritable omerta dénoncée par un homme qui n’a pas voulu se mettre à genoux ni courber l’échine !

« À mon tour désormais, avec ce livre, de tenir le serment qui ouvrait chacune de nos auditions : Je jure de dire toute la vérité. »

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/actualite-etudes-essais/30935-je-jure-de-dire-toute-la-verite.html?ref=043193205

Je jure de dire toute la vérité, Charles Alloncle, Editions Fayard, 320 pages, 20.90 €.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les saints censurés

Sylvain Roussillon, passionné d’histoire, vient de publier chez Via Romana Saints et saintes : les cultes supprimés, interdits et confinés, préfacé par le père Jean-François Thomas.  À la suite du concile Vatican II, l’Église a réaffirmé la vocation universelle de la sainteté et réformé le calendrier liturgique en supprimant ou confinant une liste de saints jugés trop légendaires ou trop locaux. Le paradoxe consiste alors à vouloir éclairer la foi en se défiant d’une certaine piété populaire, créant ainsi une opposition entre dépôt de la foi et merveilleux chrétien.

Les papes Jean-Paul II et François ont depuis lors assoupli les dispositions conciliaires relatives au culte des saints. Les épisodes de suppression, d’interdiction ou de confinement menés contre certains cultes éclairent l’histoire et l’inconscient collectif de notre époque. Ils nous renseignent sur la nature de la sainteté des origines, sur le merveilleux chrétien, sur la continuité entre héritage païen et dévotion chrétienne, sur le modèle monastique et sur la dévotion populaire échappant à la canonisation formelle. La vox populi s’avère souvent plus proche que l’on croit de la vox Dei.

Dans ce dictionnaire, on trouve le calendrier de ces figures tantôt reconnues, tantôt reléguées par le clergé ou les autorités ecclésiales. Tels les saints papes Lin et Clet, pourtant cités dans le canon romain, canon jamais utilisé par le pape Léon XIV, dont les fêtes ont été supprimées. Le 14 février 1969, le pape Paul VI a publié un motu proprio sur l’année liturgique et le nouveau calendrier romain universel qui prend acte de la suppression d’un certain nombre de fêtes :

Afin d’appliquer cette décision du Concile œcuménique, les noms de certains saints ont été retirés du calendrier universel, et la possibilité a été accordée de rétablir, dans les régions concernées, si on le souhaite, la commémoration et le culte d’autres saints. La suppression de la référence à un certain nombre de saints peu connus a permis l’insertion, dans le calendrier romain, des noms de certains martyrs de régions où la proclamation de l’Évangile est parvenue plus tardivement. Ainsi, en tant que représentants de leurs pays, ceux qui se sont illustrés par le sacrifice de leur sang pour le Christ ou par leurs vertus exceptionnelles jouissent de la même dignité dans ce même catalogue.

Mais la liste établie par Sylvain Roussillon des saints supprimés ou confinés est assez impressionnante.

Erika les larmes aux yeux : « Vous n’aurez pas ma haine… ni ma soumission ! »

Chronique d’Hermine de Rémi Fontaine parue dans la revue Europa scouts :

L’histoire contemporaine n’est pas prête d’oublier le pardon public de la veuve de Charlie Kirk, Erika, à l’assassin wokiste de son époux lors de ses funérailles nationales aux États-Unis, il y a un an déjà (1). Les larmes aux yeux, ses mots étaient difficiles à sortir dans une sorte d’affrontement, de résistance balbutiante de la nature avec la grâce. Mais la grâce finit par l’emporter :

« Sur la croix, notre sauveur a dit : “ Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.” Cet homme, ce jeune homme… je lui pardonne… Je lui pardonne, car c’est ce que le Christ a fait dans sa vie. Ce que Charlie aurait fait. La réponse à la haine n’est pas la haine. La réponse que nous donne l’Évangile est l’amour. L’amour pour nos ennemis et l’amour pour ceux qui nous persécutent. »

La grâce du pardon est un don sublime de Dieu, analogue à la grâce du martyre. On se rappelle aussi du testament du roi Louis XVI qui emprunta lui-même ces deux voies extraordinaires d’adhésion à la charité, de coopération à la grâce :

« Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en ai donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal. »

L’époux d’une victime de l’attentat terroriste du Bataclan (à Paris en 2015) a répondu pour sa part à la haine islamiste par ces mots dont il est difficile de ne pas penser qu’ils ne sont pas inspirés aussi par la grâce : « Vous n’aurez pas ma haine ! » Quoiqu’on en pense, ils constituent en effet la meilleure réponse chrétienne à la haine et induisent déjà une victoire spirituelle : « Ne t’irrite pas à cause de ceux qui font le mal » (Ps 37,1). Ils supposent in fine l’amour de ses ennemis et leur pardon, comme nous l’a appris le Christ pour le salut de leur âme et la nôtre.

Mais ces mots remarquables n’impliquent pas pour autant, au contraire, l’acceptation de l’erreur idéologique, du mal et de la haine qui les inspirent. Le pardon du pécheur n’implique pas la relativisation, l’oubli ou le déni du péché. Erika en témoigne, qui a repris l’organisation de son mari pour mieux combattre la violence politique et idéologique qui règne aux États-Unis comme en France. Si ajouter de la haine à la haine fait le jeu dialectique de Satan dans une spirale de la vengeance auto-suicidaire à exclure chrétiennement, il est temporellement recommandé, pour le bien commun de nos cités, de mettre de la distance et des obstacles au déchainement de cette haine unilatérale. C’est-à-dire non seulement de bâtir des barrages, des murs plutôt que des ponts (sinon des pont-levis !) à son endroit, mais aussi de répondre parfois par une juste violence, c’est-à-dire une juste force (proportionnée) à cette violence et à ce désordre illégitimes.

« L’homme le plus pieux ne peut pas vivre en paix si cela ne plaît pas à son méchant voisin », dit un proverbe allemand. Si cet homme pieux (comme un saint Louis) a charge d’âmes, responsable d’un bien commun et d’un pouvoir temporel pour l’assumer, au sublime : « Vous n’aurez pas ma haine ! », il doit alors ajouter : « Vous n’aurez pas ma soumission ! » Cela n’est pas contradictoire et relève de la charitable correction fraternelle : « Qui aime bien supporte bien ou châtie bien ! », selon les cas. C’est le principe de la légitime défense et de la juste croisade qui n’empêche pas le prêche au sultan d’un saint François ! Tenir pour vraie sa propre foi ne conduit certainement pas à agresser le croyant d’une autre religion, mais à s’en protéger efficacement si ce dernier attente à notre liberté religieuse.

Soumise à la règle droite de la raison, conforme à la justice et à la prudence, la force défensive n’est pas un mal moral pour celui qui l’exerce sans haine et avec courage, alors qu’une non-violence déraisonnable, aussi bien intentionnée soit-elle, peut constituer un mal politique dommageable au salut (temporel et spirituel) de beaucoup. Sauf grâce particulière, le chrétien n’a pas forcément vocation au martyre et doit cultiver la vertu de prudence politique, comme le rappellent aussi les papes notamment en matière de guerre ou d’immigration invasives. Une nation chrétienne n’a pas le droit de se laisser envahir par un agresseur hostile et destructeur (wokiste ou islamiste) parce qu’elle doit maintenir sa culture, en sachant que c’est cette culture commune qui permet l’épanouissement et le salut de ses habitants.

UN CŒUR ET UNE ÉPÉE

Reste que, même utilisée pour se défendre justement, la force défensive demeure une (autre) violence et qu’on échappe difficilement à sa souillure possible. Celui qui sort l’épée de son fourreau en déclarant une guerre présumée légitime, risque toujours d’en devenir l’esclave, comme on l’a trop vu dans toute notre histoire et récemment encore. “Ultime argument des rois”, on doit faire en sorte de ne jamais y prendre gout et demeurer toujours juste et compatissant au cœur du combat, ouvert héroïquement à un esprit de paix. À l’instar des vrais et saints chevaliers comme Louis IX et Jeanne d’Arc précisément. Ou comme d’Elbée et Bonchamps… (2)

Dans son inévitable “rapport de forces”, la légitime défense (politique ou militaire) est un art du discernement qui implique à la fois de porter les bons coups sans outrance ni escalade et de préserver la paix autant qu’on le peut avec les amis ou ennemis potentiels (hôte et hostile n’ont-ils pas la même racine ?). Aux côtés des derniers remparts de nos citadelles assiégées, voire déjà quelque peu envahies, il faut en effet jeter aussi des ponts et dresser des hôpitaux mobiles de campagne. Aux côtés des guerres défensives nécessaires, il faut sans cesse oser la diplomatie. Sans oublier le combat spirituel pour la vérité, qui est fait aussi d’apologétique et d’évangélisation, de disputes et de dialogues interreligieux, comme l’a si bien manifesté Benoît XVI.

En conclusion, s’il faut les réunir, il ne faut pas confondre mais distinguer la morale surnaturelle et la politique temporelle. S’il faut surnaturellement aimer son ennemi, on doit le combattre politiquement avec discernement sans cesser de l’aimer et de lui pardonner. « Il dépend de nous, comme dit Péguy, que l’éternel ne manque point de temporel. » D’un temporel chrétien si possible. « Que le spirituel ne manque point du charnel. » Que Jésus ne manque point de crèches ni d’églises pour L’adorer. Ni d’hôtels-Dieu pour Le servir. Et que ces édifices et lieux spirituels ne manquent point de “remparts” pour protéger notre culte catholique et sa culture. Que l’Église également ne manque point de nations pour la défendre comme jadis sa “fille aînée”, en tant que bras séculier, bouclier et parfois épée défensive.

Un cœur et une épée. Une épée et un cœur. C’est en somme la première définition de la chevalerie qui parle tant aux scouts. Une épée qui sort du fourreau pour protéger la veuve et l’orphelin, les plus faibles. Pour donner et se donner, sans haine et par amour. Comme celle de saint Martin partageant son manteau pour le pauvre près d’Amiens : « Jamais nul coup d’épée ne plût tant à Dieu ! » L’habit, pour une fois, fera bien le moine, si l’on peut dire ! Car c’est bien l’effet de sa césure qui fera passer Martin du soldat au moine missionnaire. Et c’est à partir d’une chlamyde coupée en deux que Martin va peu à peu habiller spirituellement la Gaule. Il en a couvert le Christ-souffrant en pauvre. Son manteau couvrira métaphoriquement la fille aînée de l’Église « née d’un acte de foi (celui de Clovis en 496) sur un champ de bataille » mais conçue dans cet acte de charité aux portes d’une ville en l’an de grâce 338.

Du manteau de Martin à l’étendard de Jeanne d’Arc en passant par l’oriflamme de saint Denis, m’est avis que c’est tout un ! C’est la même tradition française “sous les enseignes” de Notre Seigneur. La même tradition française originelle de la charité morale et de la charité politique, de l’union du temporel et du spirituel. Les grands gestes qui ont fait la douce et noble France, depuis saint Martin, sont ceux de moines, de chevaliers, de soldats de Dieu. Après la visite apostolique du Saint-Père et son appel vibrant à la sainteté au Stade de France, c’est cette sorte de gestes qu’attend la nation aujourd’hui. Comme celui d’Erika outre-atlantique. Pour renouer avec les promesses de son baptême : Gesta Dei per Francos !

Hermine (Rémi Fontaine)

(1) Charlie a été abattu le 10 septembre 2025 à Orem dans l’Utah où il était venu débattre pacifiquement de sa foi et de ses convictions sur un campus universitaire avec cette invitation : « Prove me wrong » (Prouve-moi que j’ai tort) !

(2) Cf. « Sans haine mais non pas sans ennemi ! » et « Comme nous pardonnons… » dans Parole de Scout, éditions Sainte-Madeleine, p. 77 et p.151.

1h30 pour les chrétiens d’Orient

SOS Chrétiens d’Orient organise le mardi 6 octobre prochain, à 20h, à Paris 9ème, une grande soirée de soutien aux chrétiens d’Orient. Durant ces 90 minutes, divers experts et grands reporters se succéderont pour témoigner des difficultés rencontrées par les chrétiens d’Orient, alors que la guerre fait rage dans ces régions du Proche-Orient.

Au programme :

-Les chrétiens du Liban entre deux feux

-Quel avenir pour les chrétiens d’Iran ?

-Témoignage : de retour de Taybeh

-La situation des chrétiens de Turquie

-Syrie : après la levée des sanctions, quel avenir pour les chrétiens ?

-Evêques orientaux, repères des chrétiens : hommage à Monseigneur Jeanbart

-Diplomatie : que peut faire la France ?

L’inscription est gratuite mais obligatoire.

Le lieu exact sera communiqué juste avant l’événement

Inscription à confirmer en envoyant un mail l’adresse mail suivante :  [email protected]

Il a transformé le Stade de France en cathédrale à ciel ouvert

Jean-Baptiste Darantière, cheville ouvrière du spectacle qui a eu lieu devant le pape au Stade de de France (et qui a été considéré comme une belle revanche suite à l’horreur de la cérémonie d’ouverture des JO), a répondu aux questions de Boulevard Voltaire :

Il y a dans l’Église de France un signe de renaissance

Lors de l’audience générale ce matin, Léon XIV est revenu sur son voyage apostolique en France :

Aujourd’hui, je souhaite vous parler du voyage apostolique en France que j’ai effectué ces derniers jours. Ce fut un grand don pour moi et pour le peuple de Dieu dans ce pays, et j’en rends grâce au Seigneur. J’exprime à nouveau ma gratitude à tous ceux qui m’ont accueilli, aux autorités civiles et aux pasteurs de l’Église, ainsi qu’à tous ceux – et ils étaient très nombreux – qui ont souhaité rencontrer le Pape ou simplement le saluer dans les rues, en tant qu’apôtre du Christ et messager de paix. Merci à tous !

Je voudrais rassembler les réflexions et les impressions – encore très vives – de cette visite pastorale autour d’un seul et même grand symbole : la cathédrale Notre-Dame de Paris. C’est là, l’après-midi du premier jour, que nous avons célébré les vêpres de la Bienheureuse Vierge Marie, une liturgie solennelle et en même temps festive, où la musique, le chant et la beauté du temple faisaient vibrer les cœurs unis dans la prière.

Précisément Notre-Dame, avec le drame qu’elle a vécu, peut symboliquement éclairer tout ce voyage apostolique, en offrant une clé de lecture que je résumerais en un mot : renaissance.

La cathédrale de Paris, qui semblait encore il y a sept ans à peine mortellement blessée par un immense incendie, est aujourd’hui reconstruite et plus resplendissante que jamais. Cette catastrophe a suscité une réaction positive à tous les niveaux, certains plus visibles et concrets, d’autres plus cachés, d’ordre spirituel.

Sa restauration a été la preuve qu’une collaboration est possible entre l’Église, l’État, les institutions publiques et la société civile. Cette approche a permis de mettre pleinement en valeur tant la générosité des bienfaiteurs que les compétences des professionnels et des artisans. La synergie au service du bien commun devrait être la norme pour les institutions, les forces politiques et sociales, ainsi que pour tous ceux qui assument des responsabilités civiles et économiques. C’est le message que j’ai voulu transmettre aux autorités françaises, ainsi qu’aux membres de l’UNESCO, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, dont le siège est à Paris, en indiquant quel est le critère fondamental sur lequel fonder cette collaboration : la dignité de la personne humaine.

Mais surtout, Notre-Dame est l’image de l’Église faite de pierres vivantes, du peuple saint de Dieu.

Il est intéressant de mettre en parallèle la célébration des vêpres dans la cathédrale et la veillée des jeunes qui s’est déroulée le soir même au grand Stade de France à Paris. Deux lieux complètement différents, et pourtant deux événements complémentaires, presque unis spirituellement. Qu’est-ce qui les unissait ? L’Église, qui n’est pas faite de pierres ou de béton, mais de personnes qui aiment Jésus-Christ parce qu’elles ont été aimées par Lui. À Notre-Dame, il y avait les prêtres et les diacres, les personnes consacrées, les animateurs pastoraux ; au stade, il y avait la nouvelle génération française : nouvelle – dirais-je – non seulement par son âge, mais plus encore par son esprit, par la liberté de son cœur et de sa foi. Des jeunes qui ont chanté, crié, mais qui sont aussi restés silencieux, à l’écoute. Des visages attentifs et émus, qui témoignaient de cœurs avides de vérité et d’amour. Je leur ai dit avec joie : « Vous êtes les saints de France ! ». Cette veillée a été un grand signe d’espérance.

Tout comme l’a été – dans la petitesse que Dieu affectionne – la rencontre à la Maison Bakhita, foyer d’accueil pour diverses personnes en difficulté : l’un des nombreux lieux, fruits de l’Évangile, où l’on s’engage quotidiennement à servir avec amour la dignité de la personne humaine.

Il y a cependant dans l’Église de France un signe de renaissance qui perdure depuis quelques années, à savoir le nombre remarquable et croissant de jeunes et d’adultes qui demandent le baptême. À propos de cette belle “surprise” de Dieu, une Assemblée synodale provinciale se tient actuellement à Paris, au cours de laquelle j’ai pu intervenir pour encourager le cheminement des catéchumènes et des néophytes, ainsi que celui des communautés auxquelles ils appartiennent.

Le moment fort de ma visite dans la capitale a été la messe sur la Place de la Concorde. Là, le signe de la renaissance s’est manifesté de manière surprenante : l’assemblée liturgique, qui rassemblait sur cette vaste place les prêtres, le chœur et une foule considérable, s’étendait sur toute l’Avenue desChamps Élysées jusqu’à l’Arc de Triomphe et au-delà. Au moment de la communion, tous ont pu s’approcher de l’Eucharistie, distribuée partout. Voilà la véritable reconstruction, la restauration de l’Église que seul Dieu peut accomplir, par l’intercession de la Vierge Marie.

Il était donc naturel et nécessaire qu’après Paris, je me rende en pèlerinage à Lourdes, pour vénérer la Mère de l’Église, Marie, celle qui, à l’heure de la passion et de la mort, maintient allumée la lampe de la foi et de l’espérance. À Lourdes, le Seigneur, par la sollicitude maternelle de la Vierge Marie, adresse à tous, pèlerins et surtout malades dans leur corps et dans leur esprit, un message d’espérance et de renaissance. Un message que j’ai voulu relancer ouvertement : toute vie humaine, quelle que soit sa condition, même dans la plus grande fragilité, conserve sa dignité inviolable et mérite d’être soignée, accompagnée, soulagée de ses souffrances avec une compassion humaine et à l’aide des moyens offerts par la science. C’est pourquoi Lourdes représente pour le monde entier un sanctuaire de la civilisation de l’amour. Dans ce contexte, j’ai rencontré certaines personnes victimes d’abus et je leur ai demandé de m’aider à exprimer, également à d’autres victimes, ma volonté et celle de toute l’Église de les écouter et de les accompagner dans leur cheminement vers la guérison, en reconnaissant la souffrance causée dans leur vie et en œuvrant à la prévention des abus.

La troisième et dernière étape de ce voyage apostolique a été la ville de Metz, située dans une région de France et d’Europe meurtrie par la Seconde Guerre mondiale. C’est là qu’a œuvré Robert Schuman, l’un des principaux inspirateurs du processus de l’unification européenne. L’Europe contemporaine est née précisément comme un projet de paix après les ravages de la guerre. On peut dire que ce qui s’est passé à Notre-Dame de Paris avec l’incendie s’était produit en Europe avec la Seconde Guerre mondiale. Et l’Europe est née de nouveau, sur la base de ces principes de démocratie, de solidarité et de fraternité entre les peuples qui doivent beaucoup à ses racines chrétiennes. Aujourd’hui encore, c’est sur ces fondements et grâce à cette « sève » vitale que le projet européen peut se renouveler, dans un monde bien plus globalisé, où le dialogue interreligieux revêt un rôle de première importance. C’est pourquoi, à Metz, j’ai rencontré les représentants des différentes traditions religieuses, qui ont lu et signé en ma présence l’“Appel de Metz” pour le dialogue et la paix.

Très chers amis, le thème de ma visite pastorale en France était “Pour que le monde ait la vie” (cf. Jn 6, 51). Ce sont là les paroles de Jésus, qui résument toute sa mission de salut et qui, tout au long de ce voyage, exprimaient pleinement le sens évangélique de chaque rencontre. Qu’elles inspirent désormais notre prière, en demandant à Dieu que cet événement de grâce porte des fruits abondants et durables.

Après le succès des précédents volumes, Stanislas Berton publie ce 21 septembre le Volume V de ses Essais

Dans les textes qui composent ce recueil, Stanislas Berton nous donne les outils pour comprendre les guerres de Cinquième Génération, penser le monde d’après et déjouer les pièges du combat spirituel.

Un livre essentiel pour comprendre les vrais enjeux économiques, politiques et spirituels d’un monde en pleine mutation.

Les lecteurs du Salon Beige apprécieront particulièrement une réflexion sur la place d’une France catholique dans le monde d’après la chute du mondialisme ainsi que les liens constamment rappelés entre la perte de la foi et l’effondrement de notre pays. Notons également qu’un chapitre entier intitulé « la gnose contre la foi » propose une réfutation magistrale de la gnose, sous toute ses formes, en s’appuyant sur les travaux de Jean Vaquié et d’Étienne Couvert.

Comme pour tous les volumes de la série des Essais, cet ouvrage propose plusieurs traductions inédites d’auteurs anglo-saxons, notamment un texte exceptionnel du grand penseur catholique américain EM Jones sur le catholicisme identitaire.

Émission Ligne Droite:

Note : les volumes de la série « L’Homme et la Cité » sont indépendants et peuvent être lus dans n’importe quel ordre.

Le livre peut être commandé en ligne ou dans toutes les bonnes librairies.

Pour acheter en ligne:

Essais – L’Homme et la Cité – Volume V

Pourquoi le pape n’a pas visité la Maison Jeanne Garnier

Selon L’Infiltré, qui a sorti son premier numéro hier, l’Elysée a manoeuvré pour supprimer cette étape embarrassante alors que le gouvernement prépare les décrets d’application de la loi sur l’euthanasie :

Conflit israélo-libano-syrien

Liban : Pas de tirs nocturnes pour la première fois depuis juin !

C’est L’Orient-le-Jour qui le raconte. « L’absence de déflagrations nocturnes « pour la première fois depuis juin » a toutefois été notée par un habitant de Qlaylé, dans le caza de Tyr ».

Pour autant, cela ne signifie en rien la fin de la guerre. Ainsi, la chaine de télévision israélienne N12 annonçait la réorganisation des « forces le long de la Ligne Jaune », qui coupe le Sud-Liban. Il s’agit de créer, toujours selon le même média, « un nouveau réseau d’avant-postes destinés à renforcer la défense des populations du Nord » d’Israël.

Mercredi 23 septembre, le nouvel homme fort de Syrie, Ahmed al-Charaa était à la tribune de l’ONU. Il a rappelé que le plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1967 « restera un territoire syrien ». Il a également dénoncé les 500 frappes aériennes et les plus de 1200 incursions de l’armée israélienne en Syrie depuis son arrivée au pouvoir.

Réponse d’Israël Katz, ministre israélien de la Défense, dans une vidéo :

« Ma réponse au président syrien (…) est claire : le Golan sous souveraineté israélienne fera pour toujours partie intégrante d’Israël ».

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Carnet de combats – 40 ans au service des Forces spéciales – PRIX HELIE DE SAINT MARC – 2026

« Voici le livre vrai d’un remarquable officier des commandos Marine, les Forces spéciales de la Marine nationale au parcours singulier et particulièrement édifiant. » C’est ce qu’écrit le général Hogard en commençant sa préface.

Norbert Tafzi. Il est de ceux sur lesquels chefs, pairs et subordonnés savent très vitre pouvoir compter. Parce qu’il est courageux, intellectuellement et physiquement. Parce qu’il est exigeant avec lui-même comme avec les autres. Parce qu’il est droit et franc. Parce qu’il a du caractère. Parce qu’il est extrêmement compétent. Parce qu’il sait d’où il vient et où il va. Il faut dire que la famille Tafzi, fortes de solides convictions patriotiques, s’illustre au service de la France depuis plusieurs générations.

Lui, commence comme jeune engagé à dix-huit ans, puis poursuit son parcours au sein des forces spéciales… Il commande le fameux commando Trépel, devient directeur de l’École des Commandos et finit chef de division au sein de l’Etat-major d’ALFUSCO. Sa carrière exceptionnelle il la doit bien sûr à l’exemple donné par son grand-Père et son père, mais aussi à sa mère qu’il chérissait et ne voulait pas décevoir. Il la doit bien sûr à l’exemple donné par son grand-père et son père, mais aussi à l sa mère qu’il chérissait et qu’il ne voulait pas décevoir. Il la doit surtout à lui-même par la force de ses convictions, son courage, ses qualités physiques, sa force de caractère et son intelligence ; Il fera preuve des mêmes qualités une fois projeté dans le monde civil et l’entreprise. L’honneur du capitaine, c’est la fidélité.

En lisant ce livre vous allez pénétrer, découvrir le monde fermé, mythique et exigeant des forces spéciales. Vous allez vivre de l’intérieur toutes les opérations menées par la France, durant ces quarante dernières années. Vous allez parcourir la planète, de Lorient au Yémen en passant par Djibouti, le Sénégal le Liban, la Guinée-Bissau, le Timor oriental, l’ex-Yougoslavie, l’Afghanistan et le Moyen-Orient.

Vous allez vivre les combats les plus rudes, découvrir la complexité de la police des mers au large de Cherbourg, suivre les entrainements au combat les plus exigeants, les exercices de lutte antiterroriste ou de libération des otages. Un cahier de 16 pages de documents et photos en couleur illustrent ces aventures, ces exploits. Ce témoignage est une rare plongée, au cœur des Forces spéciales.

Un livre passionnant, des aventures vraies, des hommes d’honneur, au service de leur pays.

Au Salon de l’écrivain combattant et du livre historique d’Orange 2026, a été remise le Prix Hélie de Saint Marc à Norbert Tafzi. Le livre figure également parmi les cinq finalistes du Prix Encre Marine 2026, dont le lauréat sera annoncé le 20 novembre.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/histoire-militaire/31035-carnet-de-combats-de-matelot-a-capitaine-de-vaisseau-40-ans-au-coeur-des-forces-speciales.html

Carnets de combats, Norbert Tafzi, Préface du général Hogard, Editions Mareuil, 368 pages, 22 €

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Merci Très Saint Père Léon XIV

Il y avait, paraît-il, un trou dans l’agenda du pape Léon XIV ! Heureux néant qui nous a valu d’être comblés au-delà de nos espoirs. Car, la visite-pèlerinage de notre saint Père s’inscrivait bien dans l’espace : La France et le temps : les incertitudes et les menaces multiformes qui envahissent notre quotidien.

Dés ses premiers mots, le pape Léon rappelle d’où nous venons, d’où vient la France. En effet, il ne peut y avoir d’avenir sans passé. Nos racines conditionnent nos fruits. Sans sève originelle pas de feuilles, pas de fleurs, pas de fruits.

Il cita saint Irénée (135-202), deuxième évêque de Lyon, le Primat des Gaules. Saint Irénée, évêque plein d’ardeur missionnaire, fut aussi le pourfendeur d’une hérésie redoutable, l’arianisme, qui contestait que le Christ, cloué sur la Croix, était le Fils de Dieu. « La vocation de l’homme est inscrite dans sa chair, porteuse de l’image de Dieu » disait saint Irénée. L’affirmation de la beauté de l’homme, cette Magnifica humanitas, (lettre encyclique de Léon XIV) ne peut être comprise qu’en rapport avec la divinité pleine et entière du Christ : Vrai Dieu et vrai homme. Aussi, hier comme aujourd’hui, il faut tenir l’affirmation de la foi catholique contenue dans le Crédo. Cet acte de foi, obtenu non sans d’âpres combats et de plusieurs siècles de martyrs constitue la colonne vertébrale de l’Eglise. La vérité de la foi est indissociable de la vérité de l’homme, elle-même ancrée dans la Vérité de Dieu.

Alors que les premiers signes de l’effondrement de l’empire romain apparaissaient, un petit peuple surgit : les Francs, parmi d’autres plus nombreux et plus puissants. A leur tête, Clovis, un guerrier intrépide, s’affirma comme chef. Il dut s’apprivoiser au contact de deux femmes sainte Clothilde, son épouse, et sainte Géneviève. A leur contact et suivant leur conseil, il s’approcha de la foi catholique, tandis que les autres tribus se tournaient vers l’arianisme. Clovis rencontra saint Martin de Tour et Saint Rémi de Reims, à leur contact il fut sensibilisé à la beauté du christianisme. Mais, il lui fallu un signe, la victoire à Tolbiac, pour reconnaître le seul Vrai Roi de l’Univers : le Dieu, Trois fois Saint. Il fut baptisé en la cathédrale de Reims avec l’eau et l’onction du Saint Chrême, en 496, avec ses hommes. La France fut fondée en même temps. Même si notre pays n’était à cette époque qu’un embryon d’état, néanmoins, cet embryon était l’embryon de la France. Nous-mêmes ne devons ce que nous sommes aujourd’hui que ce que nous étions hier : un zygote, un fœtus et un embryon dans le sein de notre mère.

Le baptême que Clovis reçoit des mains de saint Rémi, inaugure aussi l’histoire de notre pays. La naissance en ce monde n’est pas que la conséquence d’une rencontre charnelle entre deux cellules, l’une masculine et l’autre féminine. La Sainte Famille, pour répondre aux exigences de la loi juive, fit circoncire Jésus au Temple. Mais le Christ, se fit baptiser par Jean en signe, non pas de solidarité avec les disciples du Baptiste, mais bien pour signifier qu’ « il faut renaître d’en Haut » tel qu’Il le dira plus tard à Nicodème. Aussi le baptême de Clovis par l’intermédiaire de la Saint Eglise catholique confère à notre pays une vocation particulière : « La Fille ainée de l’Eglise et l’éducatrice des peuples ».

Il y a donc un lien étroit entre la conception d’un enfant et celle d’une nation. Depuis de nombreuses décennies des papes ont souligné la place particulière et irremplaçable de la France dans cette vocation. Il n’y a donc rien qui puisse nous étonner devant l’extraordinaire richesse des fruits qui ont abondés dans tous les domaines : arts, éducation, formation, soins etc. La cathédrale de Paris, comme toutes ses cathédrales sœurs partout en France témoignent d’une riche mise en œuvre des talents de nos artistes et artisans, des maîtres de chœurs et des chorales, des chanoines, des diacres et des prêtres ainsi que de l’évêque, qui avec le peuple de Dieu communient à un même Dieu. L’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame de Paris, largement partagée au plan international, n’était pas que celle d’un moment. Elle traduisait bien que quelque chose d’important et de vital venait d’être touchée au cœur. C‘était l’âme du bâtiment, l’âme de la chrétienté, l’âme du pays, l’âme de la France.

Léon XIV a très bien vu ce qui se jouait. Cette âme, si fragile et vacillante de la France qui était mise à mal. Les pressions conjuguées de l’athéisme d’état, sous couvert de laïcité, l’islamisme radical qui empêche la liberté religieuse, la contestation du choix des parents de l’école pour leurs enfants auxquelles s’additionnaient la menace sur la vie, risquaient de détruire l’unité de la nation et de compromettre son avenir.

Aussi, le successeur de Pierre a rappelé devant le Président de la République l’indispensable dialogue de l’Eglise et de l’Etat. Ce dernier ne devant pas être soumis aux Loges maçonniques qui lui dicte ses lois et ses lois criminelles.

La visite du Saint Père constitue une chance pour la renaissance de la France. Il est impératif que notre pays retrouve ses racines. Et devant l’évocation de ses saintes et saints, joliment mis en scène au stade de France, il n’y a pas (ou plus) à rougir de notre belle histoire de France. La foi catholique qui a su éveiller à la transcendance et aussi celle qui a permis de descendre dans la pate humaine pour servir les hommes, les femmes, les enfants et les personnes âgées, malades ou handicapées. Par ailleurs, la raison mise en œuvre pour le bien de l’homme se conjugue à la foi : c’est le sens de l’Encyclique du pape sur l’intelligence artificielle. Pensons à Pascal, ce grand scientifique inventeur de la machine à calculer qui s’exclama après une nuit de feu : « Joie, joie, joie, pleurs de joie ».

On essaye de nous museler, d’intenter à notre encontre des procès, de convoquer des faussaires qui falsifient l’histoire. Résistons en chrétien à l’image du Christ face à Pilate. Celui cherchait désespérément la vérité alors qu’elle était devant lui, en Chair, en Ame et en Esprit. Le procurateur romain croyait, aussi, être libre pour libérer Jésus – car il le savait innocent –mais il succomba à la foule manipulée par les groupuscules de l’époque qui criait « A mort, à mort, crucifie-Le ! » Jésus, eu pitié de lui et lui révéla que son pêché était moins grave que celui de ceux qui l’avaient livrés dans ses mains.

La douce fermeté de Léon XIV tranche avec le discours haineux de trop d’hommes ou de femmes politiques. Leur violence cache mal leur dépendance aux idéologies du moment et à leur manque de vraies et sures convictions.

Après cette visite soyons assurés au contraire que la Vérité seule nous libérera.

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La France catholique n’est pas morte

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

La visite de Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre, a révélé un pays que l’on croyait connaître et une espérance catholique que beaucoup n’avaient pas vu venir. Il y a quelque ironie à voir le président de la République, si soucieux d’entretenir une relation privilégiée avec les papes, devoir se contenter d’un accueil relativement protocolaire. Le « en même temps » trouve ici sa limite. On ne peut vouloir paraître proche du pape et défendre une conception de la société avec laquelle le Pape manifeste publiquement son désaccord. En tout cas, Léon XIV n’était manifestement pas venu jouer les figurants dans une cérémonie républicaine. Et il faut lui savoir gré de cette liberté.

L’un des moments les plus saisissants de cette visite a été la rencontre avec 80000 jeunes au Stade de France – y compris de nombreux catéchumènes, ces adultes qui demandent le baptême dans une société qui ne sait même plus ce que c’est! L’Église connaît une crise profonde et, pourtant, un renouveau – que le voyage pontifical révèle – se dessine sous nos yeux. Et puis il y eut le spectacle, magnifique fresque historique et spirituelle. On a parlé du Puy du Fou. Et il y avait de cela. Car, ici, l’histoire n’était pas proposée comme un musée, mais comme un héritage vivant. Le contraste avec la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques est inévitable. Deux spectacles, deux imaginaires, deux rapports au passé.

Mais Léon XIV n’est pas venu uniquement pour produire de belles images. Il a parlé. Souvent avec une fermeté dont nous avions perdu l’habitude. À l’Élysée, alors que le Parlement vient d’adopter la loi sur la fin de vie, il a dénoncé « l’offre d’une mort programmée », mais aussi les manipulations génétiques, la gestation pour autrui ou l’achat d’organes. Il n’a évidemment pas tranché en quelques mots des débats politiques et moraux complexes. Mais il a offert des repères nets et un principe fondamental: la dignité humaine ne dépend pas de l’autonomie ou de la productivité. C’est même précisément sur le traitement de l’homme vulnérable que la civilisation est jugée.

Même fermeté sur la laïcité. Léon XIV n’a pas appelé à remettre en cause la séparation des Églises et de l’État. Il a défendu une « juste laïcité », qui ne consiste pas à exclure la religion de l’espace public ou de l’éducation. Le catholicisme n’est pas une maladie honteuse que la République tolérerait à condition qu’il reste enfermé dans les sacristies.

Mais l’essentiel de ce voyage réside dans le mot « espérance ». Aux évêques de France, Léon XIV a demandé: « Levez-vous donc avec espérance! » Ce n’est pas une formule pieuse destinée à consoler une Église vieillissante. C’est un ordre de marche. Car la France catholique n’est pas morte. Elle est blessée, certainement. Elle connaît des divisions, des scandales, des désertions massives, des paroisses fragiles et des communautés parfois vieillissantes. Le pape n’a d’ailleurs pas cherché à masquer ces réalités. Mais il a vu autre chose. Il a vu notamment cette jeunesse française qui, loin d’avoir honte du christianisme, semble découvrir avec étonnement qu’elle peut en être fière. Et il lui a dit de combattre. Mais ce combat ne consistera pas à rêver de restaurer artificiellement un monde disparu, mais à transmettre une foi ancienne à une génération nouvelle. Et surtout, elle cessera peut-être de s’excuser d’être catholique. C’est cela que Léon XIV semble avoir aperçu en France. Et cela mérite d’être regardé.

Arménie : L’Etat et l’Eglise toujours à couteaux tirés

Le Centre d’information et de relations publiques (SNCO) du bureau du Premier ministre arménien a publié un rapport officiel de 70 pages sur la « crise qui est apparue au sein de l’Église à la suite des actions du chef de facto de la Sainte Église apostolique arménienne et d’un certain nombre de hauts membres du clergé, et sur les moyens de la résoudre ».

Ce rapport a été réalisé directement à la demande du premier ministre Nikol Pachinian. Il liste 16 reproches, parmi lesquels : « la violation du vœu de célibat », la « persécution arbitraire du clergé », l’« opacité financière » de l’Eglise ainsi qu’une  « activité politique et politisation du Saint-Autel ».

Le rapport demande enfin la déposition du Catholicos actuel, la nomination d’un interim, l’adoption d’une charte et enfin, l’élection d’un nouveau catholicos.

L’Eglise a dénoncé un rapport « inconstitutionnel, anti canonique et illégal tant dans son contenu que dans sa forme ».

Source : SOS Chrétiens d’Orient

L’Ethiopie en guerre

Après plusieurs mois de tensions entre le gouvernement fédéral d’Abiy Ahmed et le Front populaire de libération du Tigré, des combats ont éclaté dans plusieurs zones du nord de l’Ethiopie, mardi 22 septembre dernier. Les affrontements ne se limitent d’ailleurs pas au Tigré. Ils se sont étendus aux régions de l’Afar et de l’Amhara. Les combattants tigréens avaient pris mercredi le contrôle des trois aéroports de la région, dont celui de Mekele, la capitale de la région.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Sur le caractère systémique des abus sexuels

Dans l’avion du retour de Metz, le pape a été interrogé sur le caractère systémique des abus sexuels en France par le journaliste d’I.Media Cyriac Zeller :

Bonsoir, Votre Sainteté. Hier, lors d’une conférence de presse, les victimes que vous avez rencontrées nous ont rapporté que vous aviez reconnu devant elles le caractère systémique des abus sexuels au sein de l’Église. Est-ce bien le cas ? Pourriez-vous nous expliquer votre position à ce sujet ? Considérez-vous que les abus sexuels au sein de l’Église sont systémiques ?

Je dirais, sans vouloir contredire qui que ce soit, car je pense que c’est très important, qu’avant tout, j’aimerais préciser que lors de ma rencontre avec ces sept victimes, je leur ai demandé de m’aider également à exprimer aux autres victimes la volonté — la mienne et celle de l’Église — de les écouter et de les accompagner dans leur cheminement vers la guérison, en reconnaissant la souffrance qui leur a été infligée en raison de situations d’abus.

Plusieurs d’entre elles ont évoqué des abus systémiques. Personnellement, je préfère l’exprimer autrement, même si j’ai effectivement parlé de certaines organisations au sein de l’Église qui se sont, par moments, si l’on peut dire, comportées de manière abusive en tant que système.

Mais je pense qu’il est important de faire la distinction. L’abus sexuel est avant tout un problème humain. Lorsqu’il se produit au sein de l’Église, il revêt en réalité une toute autre dimension, car la vie de foi des personnes est profondément meurtrie, voire parfois détruite.

L’Église a la responsabilité particulière de les accompagner et de les aider à rechercher la guérison. C’est dans ce sens que je leur ai expliqué comment l’Église, à certains égards, a été considérée comme responsable, mais aussi comment, de la même manière, l’Église joue, je pense, un rôle essentiel pour les aider à trouver la guérison.

Sur X, l’abbé Michel Viot, auteur d’un ouvrage sur la manipulation du rapport Sauvé, révèle le courrier qui lui avait été envoyé au nom du pape François à propos de son livre :

 

L’ONU reconnaît l’avortement «contraint» comme une violence contre les mères

Est-ce que cette affaire permettra aux militants forcenés de l’avortement d’ouvrir les yeux sur cette réalité ? L’ECLJ indique :

Le 22 juin 2026, Reem Alsalem, Rapporteure spéciale de l’ONU sur la violence contre les femmes et des filles, a présenté devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies son rapport consacré à la violence contre les mères. Elle y dresse un vaste panorama des violences et discriminations subies par les femmes et les filles à travers le monde en raison de leur statut de mère et formule des recommandations afin d’y remédier. Ce document est inédit à double titre. D’une part, comme l’a indiqué la Rapporteure, «Malgré le rôle fondamental et les contributions des mères, aucune organisation ni aucun mécanisme des Nations unies, du moins à ma connaissance, n’a produit de rapport mondial spécifique consacré aux mères en tant que catégorie distincte de personnes dont la vie et les expériences – y compris les expériences de violence – sont profondément façonnées par cette double identité de femme et de mère». D’autre part, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) note avec satisfaction que c’est certainement aussi la première fois que l’avortement contraint est dénoncé en droit international. C’est le fruit du travail de l’ECLJ qui a pris part au processus de rédaction de ce rapport en soumettant à la Rapporteure spéciale, en réponse à son appel à contributions, des observations écrites relatives à la situation des femmes pauvres et isolées face à la maternité, en particulier durant la grossesse. L’ECLJ a également participé à une consultation d’experts, à l’invitation de Mme Alsalem.

Avortement «contraint» et avortement forcé, une distinction bienvenue

Dans ce document sur la «violence contre les mères», la Rapporteure spéciale entend par «mère» toute femme ayant accouché ou ayant adopté un enfant, mais aussi toute femme enceinte (§ 94.a), comme l’ECLJ l’y avait invitée.

Mme Alsalem part d’un constat simple: «Les mères et la maternité ont été dévalorisées dans la société », ce qui constitue l’une des causes profondes de la violence dont elles peuvent être victimes. Le rapport note que:

«La maternité reste largement sous-estimée et est souvent présentée à tort comme un choix relevant de la seule sphère privée, plutôt que comme un bien social nécessitant reconnaissance et soutien de la part de la société et des institutions» (§7).

Il déplore également que

«Dans la culture et les médias, les femmes qui affichent ouvertement leur priorité accordée à la maternité sont souvent dépeintes comme moins ambitieuses ou comme «faisant des choix moins ambitieux». L’éducation des enfants est présentée comme une source d’inégalités, une contrainte intrinsèque ou un désavantage. Les femmes qui se consacrent à la maternité ou y aspirent sont considérées comme «improductives», alors même que le travail de soins représente environ 9% du produit intérieur brut mondial» (§8).

Concernant les violences subies par les femmes enceintes, la Rapporteure spéciale opère une distinction expresse entre avortement «forcé» et avortement «contraint» (§41), comme le lui avait recommandé l’ECLJ. En effet, sans y être pour autant physiquement forcées, beaucoup de femmes recourent à l’avortement en raison de pressions diverses et parce qu’aucune alternative ne leur est présentée. Selon une étude américaine publiée en 2023, 61% des femmes ayant subi un avortement ont ressenti un niveau élevé de pression provenant de leur entourage ou de circonstances diverses[1].

Citant expressément l’ECLJ dont la contribution se basait sur de nombreux témoignages recueillis de la part de femmes racontant leur expérience douloureuse de l’avortement, la Rapporteure dénonce ces pressions contraignant tant de femmes à mettre fin à leur grossesse comme autant de situations de violence. Elle relève que «La pauvreté et la marginalisation peuvent […] conduire les mères à recourir à l’avortement» et étaye son propos avec des données relatives à la France que l’ECLJ lui avait fournies: «les femmes appartenant aux 10% les plus pauvres ont 40% plus de chances de subir un avortement que les femmes appartenant aux 10% les plus riches, à âge et situation matrimoniale comparables[2]» (§25). Plus spécifiquement, elle dénonce diverses situations favorisant l’avortement forcé ou contraint:

«Les mères peuvent également être contraintes ou forcées à avorter, notamment en raison de régimes d’avortement par correspondance ou par télémédecine qui n’exigent pas l’administration de médicaments abortifs sous surveillance médicale. Elles peuvent subir un avortement à leur insu ou sans leur consentement éclairé, notamment dans des situations de violence conjugale, de traite et d’exploitation sexuelle. L’absence de moyens financiers minimaux ou de conditions jugées nécessaires pour élever un enfant peut également contraindre les femmes à recourir à l’avortement. Le refus d’avorter, y compris dans les cas de handicap, a conduit à la stigmatisation, au refus d’assistance, à des agressions et à des meurtres» (§41).

La Rapporteure spéciale insiste par ailleurs sur la vulnérabilité affective qui constitue une pression dans ce domaine: «Les mères victimes de violences conjugales sont plus susceptibles de faire une fausse couche et de se faire avorter» (§43). Ainsi, qu’il soit forcé ou contraint en raison de pressions économiques, matérielles, affectives, l’avortement est donc bien une violence contre les mères: il touche à la décision de donner naissance ou non, donc au cœur de la maternité, et a pour effet de mettre fin à la grossesse, c’est-à-dire de supprimer l’enfant à naître dont la femme enceinte est mère.

Eu égard à son engagement dans la lutte contre la pornographie, l’ECLJ se réjouit également de l’évocation de la vision des mères véhiculée dans ce contexte. Celle-ci est contraire à la dignité humaine et contribue à leur dévaluation dans la société:

«La pornographie, largement consommée à l’échelle mondiale, a également contribué à la fétichisation croissante des femmes enceintes et des femmes en post-partum, avec un genre dédié à ce type de contenu, qui dégrade et exploite les mères et les grands-mères» (§69).

La Rapporteure évoque aussi la situation des mères porteuses dans le cadre de la gestation par autrui (GPA): elle rappelle que celles-ci sont souvent victimes de violences de nature économique, psychologique, physique et procréative et «soumises à des pratiques s’apparentant à la traite, à la torture, à la servitude ou à des conditions proches de l’esclavage» (§68).

Soutenir la maternité: vers l’éradication des avortements contraints

Le message transmis est clair: «il faut redonner aux mères toute leur importance». En présentant son rapport, Madame Alsalem s’est ainsi appuyée sur un proverbe du poète Egyptien Hafiz Ibrahim pour rappeler l’importance de leur rôle dans la société: «une mère est une école. Lorsque la société investit dans les mères et aide les mères, elle construit une nation au caractère noble». Parmi les nombreuses recommandations de son rapport, elle appelle la société à un changement de regard sur les mères en invitant les États à

«promouvoir l’importance sociale de la maternité et la responsabilité partagée de soutenir les mères dans le cadre des programmes d’éducation […] sexuelle, à la vie familiale, à la citoyenneté et autres programmes pertinents, ainsi qu’au moyen de campagnes de sensibilisation de l’opinion publique» (§100).

Diverses recommandations, dont plusieurs émises par l’ECLJ, peuvent en outre permettre de protéger les femmes enceintes contre l’avortement contraint ou forcé. De manière générale, la Rapporteure spéciale recommande aux États de «Prendre des mesures appropriées pour que les femmes qui souhaitent devenir mères puissent le faire dans des conditions de dignité et de sécurité» (§99.f). En particulier, il leur est demandé sans détour d’ «incriminer l’avortement contraint ou forcé, y compris l’avortement sélectif en fonction du sexe ou du handicap» (§98.e). Dans ce contexte, d’autres mesures relatives à la procédure d’avortement devraient être prises afin de dépister les situations dans lesquelles le consentement de la femme à l’avortement n’est pas pleinement libre et éclairé et d’éviter dès lors les avortements contraints ou forcés. Il s’agit de «veiller à ce que les mères qui envisagent un avortement reçoivent des informations exactes et complètes sur les alternatives disponibles, y compris l’accès à des services de soutien» ou encore, «Dans le cas d’un avortement médicamenteux, [d’]exiger un dépistage en personne ou en ligne par un professionnel de santé qualifié afin de recenser tout indicateur de contrainte, de violence ou d’exploitation avant la délivrance du médicament» (§98.e). En outre, il est nécessaire d’

«aider les mères adolescentes à reprendre leur scolarité, en favorisant leur autonomie financière et en leur apportant une aide adaptée leur permettant d’accéder aux services essentiels pour elles-mêmes et leurs enfants» (§98.a).

Une vision réaliste de la situation des femmes enceintes face à l’avortement

La Rapporteure spéciale appréhende donc de manière réaliste la problématique de l’avortement en tenant compte du vécu de beaucoup de femmes enceintes: confrontées à une grossesse parfois imprévue alors qu’elles se trouvent en situation de vulnérabilité, avorter est souvent la seule alternative qui leur soit proposée. L’ECLJ se réjouit donc qu’une vision nuancée et fidèle à la réalité figure désormais dans un document onusien. Cela démontre en effet que la vision diffusée par tant de soi-disant «féministes» présentant l’avortement uniquement comme synonyme de droit des femmes à l’autonomie et à disposer de leur corps, relève de l’idéologie. Cela ne revient qu’à nier la souffrance de toutes celles qui aimeraient mettre au monde l’enfant qu’elles portent mais sont poussées à l’avorter sous la pression des circonstances dans lesquelles se présente la grossesse. Pour elles, cet acte n’est pas synonyme de liberté, de choix, de droit ou d’autonomie: c’est une violence qui leur est faite, ce que le présent rapport reconnaît enfin expressément.

_______

[1] Reardon D C, Longbons T (January 31, 2023) Effects of Pressure to Abort on Women’s Emotional Responses and Mental Health. Cureus 15(1): e34456. doi:10.7759/cureus.34456

[2] Annick Vilain et autres, “Interruptions volontaires de grossesse : une hausse confirmée en 2019”, Études et Résultats, No. 1163 (Septembre 2020).

Fier d’être catho !

De Jean-Pierre Maugendre :

Qui aurait imaginé, le 6 novembre 2021, alors que les évêques de France, à l’occasion de leur Assemblée plénière à Lourdes, demandaient publiquement pardon à genoux pour les abus sexuels commis par des clercs ou des laïcs engagés dans des œuvres d’Eglise, que moins de cinq années plus tard, par centaines de milliers, des foules innombrables accueilleraient le successeur de Pierre dans d’immenses rassemblements paisibles et joyeux ? Et cela dans une bienveillance médiatique et un consensus politique exceptionnels. N’a-t-on pas vu, côte à côte à la messe place de la Concorde : Brigitte Macron, Sébastien Lecornu, Gérard Larcher, Nicolas Sarkozy, Gabriel Attal, Edouard Philippe, Bruno Retailleau, Eric Zemmour, Marine Le Pen, Jordan Bardella, Yaël Braun-Pivet … Catholiques pratiquants et fils ou filles d’Israël, invertis notoires et francs-maçons réguliers, partisans acharnés de l’avortement, de l’euthanasie et adversaires résolus de ces « avancées sociétales ». Rare moment de communion généralement réservé aux enterrements.

Cinq années, c’est également le temps qui a séparé l’incendie de Notre-Dame (15 avril 2019) de sa réouverture (7 décembre 2024). Cette visite du Saint-Père est-elle le gage d’un renouveau de l’Église en France après bien des années de crise, voire de déclin, ou un simple événement médiatique sans lendemain ? L’avenir le dira. Avec le recul du temps, ce qui est certain c’est que le succès populaire de la venue du pape Jean-Paul II en France en 1980 (350 000 personnes à la messe du Bourget, 50 000 jeunes au Parc des Princes) et sa célèbre interpellation : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » n’ont en rien enrayé la sécularisation de la société française et sa déchristianisation. De même la dénonciation pontificale de la « permissivité morale qui n’apporte pas le bonheur » ne semble pas avoir eu un effet déterminant.

Le pape Léon XIV a séduit les foules par son bon sourire et sa simplicité, son attention aux pauvres et aux malades mais aussi par la dignité de sa tenue personnelle et vestimentaire. Il faut être un parvenu sans éducation comme l’est Emmanuel Macron pour tenir par l’épaule le Saint-Père, comme on enlacerait un vieux camarade un soir de cuite. La frontière est ténue entre la simplicité et la goujaterie, c’est ce qui s’appelle la civilisation ! Chacun a été marqué par la profondeur spirituelle et la prédication très centrée sur le Christ du Souverain Pontife là où son prédécesseur tenait un discours plus social, humaniste et anthropocentré. Le Pape a de nombreuses fois rappelé l’essentiel : le christianisme n’est pas un code de morale mais la rencontre avec une personne, le Christ, Dieu fait homme qui par amour s’est incarné et a souffert sa Passion pour nous racheter du péché. C’est un appel à la conversion et à la pénitence qu’a lancé le Saint-Père depuis la grotte de Massabielle à Lourdes. De même, ayant refusé d’être le simple faire valoir médiatique d’Emmanuel Macron, il a rappelé fort opportunément et courageusement face à la légalisation de l’euthanasie que : « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n’est pas forcément moral ». Quant à Emmanuel Macron fasciné par tout ce qui brille, comme le papillon est irrésistiblement attiré par la lumière, il a finalement décidé, devant le succès populaire du voyage pontifical, d’assister à la messe célébrée par Léon XIV à Metz. Ce n’est pas Canossa, lorsqu’en 1077 l’empereur d’Allemagne Henri IV implora à genoux le pardon du pape Grégoire VII, mais cela y ressemble.

Le discours du pape à Metz était très attendu en particulier sur la question de l’immigration. Loin de l’accueil inconditionnel des migrants promu par le pape François, il a rappelé la position traditionnelle de l’Eglise telle qu’elle est exprimée dans le § 2241 du Catéchisme de l’Église catholique :

ce qui objectivement est loin d’être toujours le cas. Autre sujet sur lequel le Pape était attendu, la question traditionaliste particulièrement aigüe en France et réactualisée par les sacres épiscopaux opérée par la FSSPX le 1er juillet dernier. Le 26 mars dernier le cardinal secrétaire d’État Parolin avait adressé à la Conférence des évêques de France un document leur demandant de trouver des solutions concrètes afin d’inclure dans la vie diocésaine les fidèles et les prêtres attachés à la liturgie traditionnelle. En fait de « solutions concrètes » il ne s’est rien passé. Seul indice sur les perspectives à venir : quatre prêtres de la Miséricorde Divine pourront enfin être ordonnés, mais selon le rite réformé, avec autorisation de célébrer ultérieurement, de façon non exclusive, la messe traditionnelle. On peut penser que le cardinal Aveline, président de la Conférence des évêques de France, a joué un rôle majeur dans le dénouement de cette situation. Dans son discours aux évêques de France le 27 septembre à Lourdes c’est certainement à ces questions liturgiques que faisait référence le Saint-Père en dénonçant les « divisions idéologiques » et en appelant à la prise en compte de « toutes les sensibilités authentiquement catholiques » dans « l’obéissance aux pasteurs légitimes ». Concrètement, il n’est pas question de revenir sur le motu proprio Traditionis custodes (16 juillet 2021) qui prévoit, à terme, la disparition de la célébration des sacrements selon la forme traditionnelle, c’est aux ordinaires diocésains de gérer ces sujets, en veillant particulièrement à un usage non exclusif des sacrements selon les rites traditionnels. Les éventuelles réticences d’ordre doctrinal ou pastoral sur « la licéité, la légitimité et la fécondité » du rite réformé ne seraient que des « divisions idéologiques ».

Tous les observateurs ont noté la joie, l’enthousiasme, la mixité sociale, la vitalité et la jeunesse des foules rassemblées autour du Saint-Père. La Préfecture de police n’a pas eu à tenir le décompte des voitures brûlées, processus habituel à l’occasion de manifestations se déroulant dans d’autres cadres. La France bien élevée, selon l’expression de Gabrielle Cluzel, est restée à la hauteur de sa réputation. Le spectacle au Stade de France était de grande qualité artistique, tout imprégné de piété filiale et d’amour de la France. Les cérémonies religieuses étaient dignes avec de nombreux chants en latin et en particulier les célèbres acclamations carolingiennes dans la cathédrale de Metz. « Libération » (22 septembre) s’est ému de la prise en main de cet événement par des catholiques qu’elle dénonce comme « identitaires », de la croix construite par l’association SOS Calvaires à la direction artistique du spectacle assurée par un des fils du président de Notre-Dame de Chrétienté. Là comme ailleurs, la démographie domine l’histoire. Les chrétiens « de gauche », clercs et laïcs, qui ont dirigé l’Eglise de France pendant des décennies disparaissent car les laïcs ont eu un taux de transmission de la foi à leurs enfants très faible et les clercs meurent peu à peu. Une nouvelle génération prend la relève qui a tourné la page de l’enfouissement et revendique une visibilité dont témoigne le renouveau du port de la soutane par les jeunes prêtres. Cette « élite qui vient » selon le mot de Chantal Delsol, a eu à cœur dans l’indifférence, voire l’hostilité, des autorités ecclésiastiques, de transmettre à ses enfants un patrimoine culturel et religieux prestigieux et exigeant, les préservant autant que faire se peut des pièges de la modernité : réseaux sociaux, laxisme, etc. Ces « catholiques de tradition familiale » sont rejoints par une jeunesse avide de beauté, de transcendance, de certitudes, d’exigences. Le décalage était frappant lors de la messe à la Concorde entre les personnes âgées communiant majoritairement dans la main et les plus jeunes communiant massivement sur la langue après s’être agenouillés. Cette jeunesse, clercs et laïcs rassemblés, sent bien, parfois confusément, que ce sens de l’adoration, ce goût du silence et de la transcendance sont consubstantiels au rite traditionnel de la messe mais fondamentalement accidentels dans le rite réformé, même célébré dignement. La distance entre ce que Jean Madiran qualifiait de « noyau dirigeant » de l’épiscopat français et les attentes des jeunes catholiques, d’héritage familial ou par conversion, est une réalité dont le point de cristallisation est la question liturgique. C’est un des sujets dont nous traiterons dans une prochaine chronique : Une Église de France à relever.

Jean-Pierre Maugendre

Le Saint-Père nous a fait voir les premières lueurs du printemps de la France

Grâce à Léon XIV, durant quatre jours, la France et les Français ont retrouvé une certaine douceur de vivre.

Une joie communicative est descendue du Ciel pour irriguer le pays.

Le retour du Vrai, du Bien et du Beau.
La voix de cette Vérité qui nous rend libres a retenti aux oreilles de tous.

La culture de Vie a supplanté l’instinct de mort.
La présidence d’Emmanuel Macron a réellement pris fin en ce début d’automne 2026. La culture de mort a commencé de vaciller.

Le Saint-Père nous a fait voir les premières lueurs du printemps.
Soyons fidèles aux enseignements et aux conseils qu’il nous a donnés.

Le chemin est ouvert vers la renaissance d’une France fière de son histoire et fidèle à ses racines chrétiennes.
En avant !

La Vie Chrétienne Victorieuse – Aux pieds du Seigneur : Quand l’homme supplie, Dieu répond-il toujours ?

L’invitation à s’agenouiller

Il existe, dans toutes les Écritures, une posture qui revient comme un fil d’or tissé à travers elles : celle de l’homme qui se jette aux pieds de Celui dont il attend le secours. Ce geste n’est jamais anodin. Il exprime tour à tour l’humilité, la détresse, la repentance, la reconnaissance ou l’adoration. Celui qui l’accomplit ne vient plus discuter avec Dieu, argumenter ou négocier ; il vient à Lui parce qu’il sait, dans le secret de son cœur, qu’Il est le seul recours possible.

Précisons d’emblée que l’expression « se jeter aux pieds » ne recouvre pas une réalité unique. Tantôt elle traduit une supplication, tantôt une reconnaissance, tantôt une adoration pure. Mais sous cette diversité d’occasions se cache une seule et même vérité : l’homme qui s’abaisse devant Celui qu’il reconnaît capable de sauver n’est jamais méprisé.
« Dieu ne méprise pas un cœur brisé et contrit » (Psaume 51:19).
« Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse » (Psaume 46:1).

De l’Ancien au Nouveau Testament : Les prémices d’une grâce

Après la mort de Jacob, les frères de Joseph, hantés par le souvenir de leur ancienne faute, viennent se jeter à ses pieds et reconnaissent leur entière dépendance à son égard (Genèse 50:18-21).
Cette scène contient déjà, en germe, une leçon d’une profondeur admirable : celui qui reconnaît sa faute et s’abaisse devant celui qu’il a offensé trouve le pardon plutôt que la condamnation. La supplication des coupables rencontre ainsi la miséricorde ; et nous découvrons, dès les premières pages de l’histoire du salut, que Dieu ne se lasse jamais de convertir le mal en bien pour ceux qui reviennent à Lui.

Ailleurs, c’est une mère éplorée qui se présente devant le prophète Élisée. La Sunamite se jette à ses pieds dans une détresse sans mesure : son enfant vient de mourir. Elle ne vient pas armée d’un discours théologique ; elle vient les mains vides, portant seulement sa douleur. Élisée discerne aussitôt l’amertume qui ronge son âme. Puis, après son intervention et sa prière adressée à l’Éternel, l’enfant est rendu à la vie. Et lorsque le miracle s’accomplit, la mère se jette de nouveau aux pieds du prophète, prosternée jusqu’à terre ; signe que la reconnaissance, elle aussi, trouve naturellement le chemin de l’abaissement (2 Rois 4:27).

L’Ancien Testament nous enseigne ainsi une disposition fondamentale : lorsque l’homme vient humblement demander grâce, Dieu ne méprise jamais la supplication. La prière véritable n’est pas une revendication ; elle est l’abandon confiant d’un cœur qui reconnaît son impuissance.
« Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse » (Psaume 46:1).

L’histoire de Manassé, roi de Juda, mérite ici une attention particulière, car elle nous rappelle qu’aucun cœur n’est jamais trop éloigné de la grâce. Conduit au plus bas par ses propres égarements, ce roi trouve dans la détresse même le chemin de l’humilité et ose enfin crier vers Dieu. Loin d’être un juge inexorable, le Seigneur se laisse toucher par la sincérité d’un regret authentique. Il ne se contente pas de pardonner : Il restaure, Il guérit, Il réinstalle Manassé dans sa vocation royale.

Et lorsque nous arrivons à Jésus

Avec la venue de Jésus, cette vérité ancienne prend une profondeur inouïe. Car ceux qui désormais se jettent à ses pieds ne se trouvent plus simplement devant un roi, un prophète ou un homme de Dieu : ils se trouvent devant le Fils de Dieu Lui-même, venu demeurer parmi les hommes.

Le premier exemple, saisissant entre tous, est celui de Simon Pierre. Après la pêche miraculeuse, il tombe aux genoux de Jésus et s’écrie : « Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur ! » Pierre découvre qui est Jésus, et dans cette même lumière découvre qui il est lui-même. La révélation du Christ produit toujours la révélation de notre propre misère ; mais cette révélation n’a jamais pour but de nous écraser ; elle ouvre, au contraire, le chemin de la grâce.

Vient ensuite le lépreux, qui se prosterne devant Jésus et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur. » Jésus répond : « Je le veux, sois pur. » Quelle magnifique prière que celle-ci ! Le malade ne dicte rien à Jésus ; il reconnaît simplement son autorité souveraine : « Si tu le veux, tu peux. » Et Jésus répond.

Jaïrus, lui aussi, se jette aux pieds de Jésus et Le supplie pour sa fille mourante. Jésus se met aussitôt en route. Lorsque la nouvelle de la mort de l’enfant parvient au père, Jésus lui dit : « Ne crains pas, crois seulement. » Et sa fille est rendue à la vie.

La femme syro-phénicienne vient également se jeter aux pieds de Jésus, Le suppliant de délivrer sa fille. Elle persévère malgré une réponse qui semble d’abord fermer la porte devant elle. Elle reconnaît humblement la seigneurie de Jésus et s’attache à sa grâce avec une ténacité admirable. Jésus finit par lui répondre : sa fille est délivrée.

Il y a encore Marie de Béthanie. Lorsqu’elle arrive devant Jésus, elle tombe à ses pieds et Lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Jésus voit ses larmes ; Il est profondément ému, Il pleure Lui-même, puis se rend au tombeau de Lazare. Jésus dit au Père : « Je savais que tu m’exauces toujours », puis Il appelle Lazare hors du tombeau.

Aux pieds de Jésus : la foi qui rencontre la grâce

Dans l’Évangile, plusieurs figures se jettent aux pieds de Jésus, formant comme une galerie de portraits où chacun de nous peut reconnaître un peu de lui-même.
Le démoniaque se jette à ses pieds et supplie Jésus de ne pas le tourmenter ; Jésus commande à l’esprit impur de sortir de lui. Plus tard, on retrouve cet homme assis aux pieds de Jésus, vêtu et revenu à son bon sens ; image saisissante de ce que la grâce accomplit dans une vie livrée au chaos.

Jaïrus se jette aux pieds du Seigneur et Le supplie pour sa fille ; Jésus répond. La femme malade s’approche ensuite, tremblante, et se jette aux pieds de Jésus après avoir touché son vêtement ; Jésus lui dit : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix. »
Et Luc 17 nous montre enfin le lépreux samaritain qui, après avoir été guéri, revient sur ses pas, tombe sur sa face aux pieds de Jésus et Lui rend grâce. Jésus lui dit alors : « Ta foi t’a sauvé. »
Ainsi, aux pieds de Jésus, nous trouvons le pécheur, le malade, le désespéré, le père, la mère, le possédé, le lépreux et celui qui vient simplement remercier. Tous partagent une même conviction : ils ont compris qu’ils ne peuvent se sauver eux-mêmes, et que Jésus seul possède ce dont ils ont besoin.

Quand Jésus s’abaisse Lui-même

L’Évangile nous dit que Jésus tomba sur sa face et pria ; qu’Il s’avança un peu, se jeta à terre et pria ; qu’Il se mit à genoux, priant avec une intensité profonde . Celui qui, durant tout son ministère, avait accueilli les hommes à ses pieds, se trouve maintenant Lui-même dans la posture d’obéissance et de soumission parfaite au Père.

Quelle scène bouleversante ! Jésus ne se prosterne pas comme un pécheur qui implore le pardon de ses fautes, car Il est le Saint et le Juste. Il s’abaisse dans une soumission parfaite, portant devant son Père l’angoisse indicible de l’heure qui approche.

Ainsi, celui qui nous apprend à venir humblement à Dieu a Lui-même emprunté le chemin de l’abaissement. Celui qui nous dit, par toute sa vie, de nous confier au Père nous montre Lui-même, à Gethsémané, ce que signifie remettre entièrement sa volonté entre les mains de Dieu. Il n’y a donc aucune honte à tomber à genoux lorsque la détresse nous accable : le Seigneur Jésus Lui-même a connu cette heure où, dans une profonde souffrance, Il s’est abandonné à la volonté de son Père.

Une certitude pour notre propre prière

Peut-on affirmer que Dieu exauce toujours celui qui Le supplie ? Oui, si l’on entend par là que Dieu entend toujours la prière sincère et y répond selon sa sagesse et son amour. Mais l’exaucement ne se confond pas nécessairement avec l’accomplissement immédiat de notre volonté. Dieu peut dire oui, faire attendre, transformer notre demande, ou nous accorder une grâce autre que celle que nous avions imaginée ; et souvent meilleure que celle-là même.
Gardons-nous également d’une formule trop absolue : Jésus ne promet pas de satisfaire toutes nos demandes telles que nous les formulons, mais Il ne méprise jamais celui qui vient à Lui avec foi, humilité et confiance.

La preuve en est éclatante à travers les Évangiles. Ceux qui reconnaissent Jésus comme Seigneur, qui croient en sa puissance et qui viennent humblement à Lui, ne repartent jamais les mains vides.

Et voici, sans doute, la leçon la plus profonde de toute cette exhortation : Jésus ne demande pas d’abord que nous soyons forts ; Il nous demande simplement de venir à Lui. Il ne dit pas au pécheur : « Répare d’abord ta vie, et ensuite viens. » Il dit : viens. Il ne dit pas au malade : « Guéris-toi toi-même, et ensuite approche-toi. » Il dit : viens. Il ne dit pas à celui qui pleure : « Cesse d’abord de pleurer. » Il vient Lui-même se tenir au milieu des larmes.

Alors, lorsque nous ne savons plus que dire, il nous reste une prière ancienne et pourtant toujours nouvelle : tomber aux pieds de Jésus. Y demeurer humblement. Lui dire qui nous sommes. Lui confier nos manquements, notre douleur, notre culpabilité. Et surtout Lui dire : « Seigneur, je crois que tu peux. Si tu le veux, tu peux. Aie pitié de moi. » Car celui qui s’approche ainsi de Jésus découvre une vérité que toute la Bible proclame d’une seule voix :
« Celui qui vient à moi, je ne le mettrai pas dehors » (Jean 6:37).

Aux pieds du Seigneur, l’homme découvre souvent qu’avant même d’avoir reçu ce qu’il demandait, il a déjà rencontré Celui qui le relève, l’accueille sans reproche, le restaure dans sa grâce et l’introduit dans une communion nouvelle, où la honte est ôtée, la paix donnée et l’amour pleinement accueilli.

C’est pourquoi les pieds du Seigneur deviennent le lieu d’un merveilleux renversement : les larmes peuvent y devenir des chants, la honte y devenir pardon, la peur y devenir confiance, et la supplication y devenir action de grâce. Celui qui vient ainsi à Jésus ne s’abaisse jamais en vain. Il découvre que l’humilité n’est pas une humiliation, mais le chemin même qui conduit à la grâce.

C’est là que naît la véritable joie chrétienne : celle d’avoir été entendu, accueilli, aimé et relevé par le Seigneur ; une joie qui ne dépend plus des seules circonstances, parce qu’elle possède désormais sa source en Jésus Lui-même. Celui qui a rencontré le Seigneur à ses pieds sait qu’il peut désormais avancer avec assurance, sachant que, dans les jours de lumière comme dans les jours d’épreuve, il appartient à Celui qui l’a relevé.
« Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins » (Hébreux 4:16).

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