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Avant-projet de loi sur la fin de vie : nous ne cèderons pas !

Communiqué de la Marche pour la vie :

Après la présentation de l’indécent projet de constitutionnalisation de l’avortement, voilà qu’un avant-projet de loi sur la fin de vie a été dévoilé le 13 décembre par Le Figaro. Est-ce pour préparer les esprits, provoquer le monde médical pour ensuite enlever les mesures les plus controversées, il est difficile de le dire, mais les deux sont possibles. Un projet de loi incluant les soins palliatifs, les droits des patients, et « l’aide active à mourir », avec des critères flous entre le suicide assisté et l’euthanasie. 19 organisations de soignants ont refusé de se rendre à l’invitation de la ministre pour discuter de ce projet le 18 décembre, et dénoncent « une parodie de consultation ». Le projet inclut le terme très controversé de « secourisme inversé ». Soigner n’est pas tuer.

Nous vous proposons une chose simple. Venez à Paris, ou aidez-nous financièrement pour que la Marche pour la vie soit une grande réussite. Nous tendons la main à tous ceux qui s’investissent dans ce combat. Ayons une démarche unitaire pour montrer notre opposition à ces projets mortifères.

On peut entendre certains dire de-ci de-là : « Ne mélangez pas les deux sujets, avortement et euthanasie. Un thème nuira à l’autre. » Faudrait-il, alors que l’actualité est brûlante sur ces deux sujets, négliger l’un des deux ? Chacun pressent que ce qui s’est passé avec l’avortement, du vote d’une loi dite d’exception en 1975 à une normalité banale en 2023, arrivera également si le projet intégrant l’euthanasie et le suicide assisté est voté. Tout volera en éclats, comme on peut le constater dans les pays qui ont franchi le pas il y 10 ou 25 ans en légalisant « l’aide à mourir ».

Soyons courageux, comme le président du Costa Rica, Rodrigo Chaves, qui vient de déclarer :

« une société civilisée protège la vie des plus vulnérables, comme les personnes âgées et, surtout les enfants à naître »

Nous n’avons pas peur de dire qu’il faut protéger la vie de la conception à la mort naturelle.

L’UE ordonne aux États membres d’entériner le trafic d’enfants et l’exploitation de femmes

Tribune de Mathilde Androuët, député européen, et Jean-Paul Garraud, président des eurodéputés du RN, dans L’Incorrect, à propos du certificat européen de parentalité :

Le 14 décembre 2023, le Parlement européen a adopté sa position sur la proposition de la Commission d’établir une reconnaissance automatique de la filiation entre les États membres et de créer un « certificat européen de parentalité ». La Commission cherche ainsi à étendre sa mainmise sur le droit de la famille, avec l’aval de la quasi-totalité des partis politiques, y compris d’une partie des Républicains (LR).

L’objectif est simple, assujettir par une mise au ban systématique les États membres comme la Pologne et la Hongrie qui ne reconnaissent pas l’adoption par des couples de même sexe, ou la PMA sans père. La Commission le justifie par le fait que l’existence de différentes législations en la matière introduirait des difficultés pour les couples transfrontaliers et que cela contreviendrait donc à leur liberté de circulation. Cet argument n’est en réalité qu’un prétexte et la Commission a été contrainte d’inventer de toutes pièces des exemples pour légitimer sa proposition, les parents n’étant en réalité pas privés de leurs droits parentaux en déménageant dans un autre État membre. Les prétendus experts qu’elle a consultés étaient d’ailleurs juge et partie, certains militant même pour la reconnaissance de la GPA.

Car c’est bien là que se situe l’un des enjeux du règlement : les soutiens au projet maintiennent que ce texte n’autorise pas la GPA. Textuellement c’est vrai. Seulement, de manière pernicieuse, la structure juridique est mise en branle pour permettre progressivement la reconnaissance de la GPA sur tout le territoire de l’Union européenne. Ainsi, le règlement couvre

« la reconnaissance de la parentalité d’un enfant indépendamment de la manière dont il a été conçu ou est né – y compris donc les enfants conçus à l’aide de techniques de procréation assistée – et indépendamment du type de famille de l’enfant ».

Le Parlement européen lui-même anticipe cette reconnaissance de la GPA et a récemment mis en place un congé de paternité/maternité « spécial », pour les parents ne remplissant pas les conditions pour bénéficier d’un tel congé, c’est-à-dire par exemple deux hommes accueillant un enfant issu d’une GPA…

Oui, la GPA gagne sérieusement du terrain en Europe. Aucun des amendements visant à condamner et exclure explicitement cette pratique inhumaine du règlement n’a d’ailleurs été voté. L’hypocrisie règne en maître et bon nombre de ceux qui publiquement nient encourager cette pratique, baissent le regard en plénière et ne trouvent bizarrement plus le bon bouton sur le boîtier de vote.

Il est pourtant inadmissible que l’UE ordonne aux États membres d’entériner le trafic d’enfants et l’exploitation de femmes et notre délégation investit toute son énergie pour que la GPA soit bien interdite dans la révision en cours de la directive sur la lutte contre la traite des êtres humains.

Chronique des cinglés

Vu au Parlement européen :

La surprenante conception de la synodalité du pape François

Le choix d’annoncer l’ouverture de la bénédiction des couples en situation irrégulière et homosexuels à quelques jours de Noël, qui est sans doute la fête chrétienne la plus familiale qui existe pourra choquer autant que la décision elle-même. Certains journalistes, peu enclins à être qualifiés de catholiques, sont même parfois surpris que le pape aille aussi loin…

Finalement, le pape a décidé seul contrairement à ce qui avait été sous-entendu suite au synode.

Sur un autre sujet (condamnation du cardinal Angelo Becciu) mais en rapport avec sa méthode de gouvernance, Jean-Marie Guesnois souligne que le pape François « inquiète, il terrorise, il va créer un blocage de plus au niveau de son pontificat »

Aux catholiques désemparés par certains gestes et propos de l’actuel successeur de Pierre

Ce livre du père Paul Cocard, prêtre de la communauté des Frères de Saint-Jean, est symptomatique d’une tendance lourde. Consacré à La primauté de la foi sur l’obéissance au pape, il constitue une réaction à la façon plutôt perturbante du pape actuel à gouverner. Depuis Pie IX, l’ultramontanisme au sein de l’Eglise a eu tendance à absolutiser la personne du pape, dont l’infaillibilité a été définie au premier concile du Vatican. Au XXe siècle, la canonisation de la quasi-totalité des papes et la forte médiatisation de tous les actes et propos du Souverain Pontife ont encore accru cette tendance. Il semble que le pontificat du pape François permette de prendre conscience du caractère malsain de cette attitude. Et il est certain que la note publiée hier ne risque pas de l’inverser.

Le père Cocard estime que l’Église est aujourd’hui victime du développement du culte papal et de son corollaire, l’ultramontanisme, depuis le XVIIIe  siècle. La proclamation de l’infaillibilité au concile Vatican  I a servi à justifier un accroissement des interventions du successeur de Pierre dans la vie des églises locales et des fidèles. Ce dernier bénéficie en outre de la complicité des médias lorsqu’au nom de la pastorale, il délaisse la doctrine de l’Église et se soucie de plaire au monde. Le successeur de Pierre ne doit jamais être assimilé à son Maître, le Christ. Il est nécessaire de relativiser constamment son autorité à la foi des Apôtres et à la tradition de l’Église. Son infaillibilité est en fin de compte assez limitée. Sa faillibilité au contraire est grande. L’histoire de l’Église, rappelée dans ces pages, en témoigne suffisamment. Ainsi saint Irénée de Lyon s’est opposé à la décision du pape Victor (mort en 199), qui voulut imposer à toutes les Eglises, comme date de la fête de Pâques, celle de Rome, alors que les Eglises d’Orient gardaient la tradition de la célébrer le 14e jour du mois de Nisan. Saint Irénée a demandé au pape de respecter ces Eglises et leurs traditions et lui reprocha de procéder par voie disciplinaire, puisque le pape voulait les excommunier. L’auteur montre mes exemples de saint Bernard de Clairvaux face au pape Eugène III, sainte Hildegarde de Bingen face à Anastase IV, sainte Catherine de Sienne face à Grégoire XI… Il rappelle les propos du cardinal Newman sur la primauté de la conscience ainsi que ceux du cardinal Ratzinger, qui soulignait que l’Esprit-Saint n’est pas entièrement responsable de l’élection du pape, qui ne prend pas le contrôle du conclave, ne dicte pas aux cardinaux le candidat pour lequel voter, et souligne que dans l’histoire de l’Eglise, trop de papes n’ont pas été choisis par l’Esprit-Saint.

Aux catholiques désemparés par certains gestes et propos de l’actuel successeur de Pierre, ce petit livre est un rappel à fixer son regard sur les réalités d’En-Haut et à poursuivre le combat de la foi qui s’impose. Dieu seul par le Christ, son Fils, offre et donne la Vie éternelle et bienheureuse.

Relevons la tête !

De Ségolène d’Usuel, co-fondatrice du lycée Saint-Augustin (69) :

Force est de constater que l’uniforme est un vrai sujet d’actualité. A la fois chez nos contemporains, mais aussi au sein même des familles catholiques. Il est bon de rappeler que, à l’échelle mondiale, l’uniforme scolaire est majoritaire. De l’Asie, à l’Afrique en passant par l’Amérique du Sud, il est porté dans presque l’ensemble des écoles. L’Europe, à l’inverse, y est un peu plus réfractaire… Pour cause, l’uniforme est de mise seulement au Royaume-Uni, en Irlande, à Chypre et à Malte. Beaucoup de nos contemporains reviennent à ce principe éducatif pour des raisons pédagogiques mais aussi de mode.

Chez les catholiques ayant fait le choix des écoles hors contrat pour leurs enfants, l’uniforme fait partie intégrante du quotidien. Les enfants portent fièrement le blason de leur école et épousent naturellement l’uniforme demandé. Il n’y a pas de sujet, et cela est bon. En grandissant, ces mêmes enfants discutent un peu plus l’uniforme, dans certains détails demandés. C’est peut-être de leur âge, et c’est donc, sans nul doute, le rôle des parents de les aider à obéir malgré tout au règlement. Dépasser ce que je veux pour ce que je dois.

Au fil des âges, l’uniforme est de plus en plus perçu comme une entrave à la liberté, un frein à l’épanouissement de l’adolescent, un atout à 10 ans mais un boulet à 15 ans… l’uniforme ne serait donc pas bon en soi ? Il serait donc un accessoire touchant qui ravi le regard des mamans un temps, mais pas un outil pédagogique essentiel ? Analysons.

  • L’uniforme est tout d’abord un outil pédagogique fondamental. Il crée une atmosphère de travail et offre un cadre rigoureux nécessaire pour bien travailler. En se vêtant de son uniforme le matin, l’élève oriente directement son esprit vers le travail, sa tenue vers le savoir-vivre et l’autorité et sa concentration vers la réussite
  • L’uniforme crée un sentiment d’appartenance. Il développe chez l’élève la fierté d’appartenir à un groupe, et fait grandir en lui un sentiment d’unité, point de départ d’une soif d’absolu. Certains adolescents peuvent malgré tout refuser de faire grandir ce sentiment d’appartenance, privilégiant un développement personnel de leur identité… L’individualisme est une tentation légitime à cet âge, et c’est pour cela que les parents luttent. Et cela est bon et nécessaire ! Leurs enfants les remercieront dans quelques années…
  • L’uniforme combat le règne de l’apparence. L’être plutôt que le paraître ! L’élève se libère du regard de l’autre, il se prédispose à recevoir l’enseignement de son professeur. Il expérimente qu’il est aimé pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il revêt. La peur du paraître « vieux-jeu », « coincé » ou « psycho-rigide » est forte chez les adolescents catholiques. Parfois même aussi chez les parents. L’objectif est donc d’avoir l’air comme les autres… Triste conformisme. Triste peur du « qu’en dira-t-on ». En cela, l’uniforme est une excellente opportunité éducative !

Relevons la tête de nos enfants ! Rendons-les fiers d’être ce qu’ils sont, d’avoir reçus ce qu’ils ont reçus ! Fiers d’être catholiques ! Les fruits pour eux sont grands, tant pour leur développement personnel (l’amitié) que pour leur réussite scolaire (la concentration). Le combat contre le matérialisme et contre le mondialisme commence dans nos familles ! Et c’est une grande joie de pouvoir y contribuer activement. C’est aussi l’opportunité de montrer à nos enfants que nos idées doivent être vécues avant d’être clamées.

www.lycee-saintaugustin.fr

Les petites tuiles font les grands toits

Du Chanoine Adrien Mesureur, aumônier de l’école Notre-Dame-de-Fatima (Lille) :

« Le bon Dieu ne se laisse pas vaincre en générosité ! » C’est la raison pour laquelle je partage à toute la France (et peut-être même à l’étranger, qui sait ?) ce projet essentiel pour notre école. Nous espérons que certains lecteurs seront touchés et pourront nous aider à rénover notre toiture qui n’a que trop attendu et prend l’eau de toutes parts. En effet, la tempête de février 2022 ne l’a pas épargnée mais nous avons pu combler les trous. Cependant, c’est quand je suis monté, l’an passé, pour y accrocher les décorations de Noël, que je me suis rendu compte que les tuiles s’effritaient et me restaient dans les mains. Aujourd’hui, comme don Bosco, nous lançons le chantier sans un sou de côté. Mais, tout comme lui aussi, nous avons confiance dans la Providence !

Par avance, un immense merci !

Pour nous aider : https://icrspfrance.fr/soutien-ecole-ndf (précisez bien que votre don est pour le toit de l’école Notre-Dame-de-Fatima)

Quand Louis Salleron répond à Mgr de Moulins-Beaufort

Texte proposé par Rémi Fontaine pour Le Salon beige :

Selon le président de la Conférence des évêques de France répondant à un séminariste, s’il y a un problème avec les « traditionalistes », ce serait donc surtout une question de théologie politique et de rapport au monde :

« Le décret de Vatican II sur la liberté religieuse est très clair. Le Christ n’est pas venu bâtir des nations catholiques mais il est venu fonder l’Eglise. Ce n’est pas la même chose. A force de traîner la nostalgie d’un Etat catholique, on perd notre énergie pour l’évangélisation. »

Et d’évoquer notamment le pèlerinage de Chartres…

Dans un opuscule intitulé Dix dialogues sur la crise de l’Eglise (DMM, 1983), d’une actualité et d’une (post)modernité étonnantes, Louis Salleron lui avait pour ainsi dire déjà répondu à la manière d’un Socrate chrétien. Il s’agit du sixième dialogue sur la politique de l’Eglise mais tous les autres dialogues mériteraient d’être (re)lus en ces nouveaux temps de crise (en particulier ceux sur la messe, la morale, l’avenir de l’Eglise, le pape…). Ils offrent cette richesse de donner à réfléchir pour son interlocuteur (ou son lecteur) catholique sans trancher, selon une maïeutique propre mettant en relief des paradoxes qui n’auraient certainement pas déplu à Chesterton.

Je ne peux ici qu’en tirer un seul (paradoxe) avec quelques bribes déjà éloquentes :

« Un poison permanent de l’Eglise, c’est la politique. Mais on n’y peut rien. Du fait que l’Eglise est société, elle est politique… A cet égard elle a des activités secondaires et subordonnées à sa mission propre. »

Jusque-là Mgr de Moulins-Beaufort pourrait sans doute adhérer au propos. Comme à celui cité du P. Bruckberger :

« Jour heureux où, par la force des choses, l’Eglise sera réduite à sa mission essentielle : gardienne infaillible de l’Evangile, du dépôt de la foi, de l’intégrité des sacrements, annonciatrice de Celui qui vient ! »

Sauf que Bruckberger, précise Salleron, évoquait prophétiquement le « choix tragique » auquel les papes, selon lui, seront bientôt aculés : ou bien adjurer le Christ et passer à l’ennemi pour garder les « défroques » du césaro-papisme ; ou bien rejeter définitivement tout rôle politique, pour assurer uniquement, fût-ce par le martyre, la fonction du Vicaire du Christ et de pasteur des âmes (Toute l’Eglise en clameurs, Flammarion, 1977, p. 68).

Il semblerait qu’entre les deux termes de l’alternative, l’Eglise post-conciliaire n’ait pas encore vraiment choisi, étant plus dépendante de la politique qu’elle ne le croit, d’avantage en tout cas ou d’une autre manière plus « empoisonnée » ou sournoise que les « traditionalistes » qu’elle stigmatise caricaturalement. Les plus politisés (au sens d’une confusion du spirituel et du temporel) ne sont pas forcément ceux qu’on imagine ! « Entre une Eglise de chrétienté et une Eglise des catacombes, pensent aujourd’hui nos évêques libéraux, il doit bien y avoir place pour une Eglise libre dans une société qui l’admette sans la reconnaître pour autant comme seule et unique détentrice de la vérité. Dans une société de ce genre, l’Eglise ne peut s’abstenir de tout rôle politique. » Sans doute, mais « la question est alors de savoir ce que doit être ce rôle politique et l’importance à lui accorder ». Le résultat est loin d’être satisfaisant : n’y voit-on pas trop souvent s’exercer le reliquat (« les défroques ») d’un pouvoir clérical ancien qui, pour exister et se survivre, s’auto-sécularise, c’est-à-dire fait passer le social, l’écologie, la politique… avant sa mission surnaturelle devenue secondaire ? Nous retrouvons là un peu le mauvais « esprit de Vatican II ». Et ses prolongements. Mais aussi son « aporie » ainsi expliquée par le cardinal Ratzinger dans Eglise, œcuménisme et politique, que Louis Salleron ne cite pas et pour cause (Fayard, 1987, p. 288) :

De l’aporie du cardinal Ratzinger…

Il y a incompatibilité entre la prétention pluraliste de l’Etat démocratique moderne et la prétention de l’Eglise à en appeler à une vérité plus grande ou plus haute. Or, d’une part, le nouveau droit à la liberté religieuse (hérité de Vatican II) reconnaît la légitimité d’un Etat dit pluraliste, soi-disant « incompétent » en matière religieuse (1). D’autre part, l’Eglise est le « lieu d’une dimension publique absolue, qui dépasse l’Etat, par la prétention de Dieu qui la rend légitime » (Robert Spaemann). Sa prétention de vérité de la foi, comme telle, est une revendication publique à laquelle ne peut échapper l’Etat, qui doit aussi rendre à Dieu ce qui est à Dieu. D’où le paradoxe énoncé cette fois par le Cardinal :

« Si l’Eglise renonce à cette revendication, elle ne fait pas pour l’Etat ce dont celui-ci a justement le plus besoin. Mais si l’Etat assume cette prétention, il s’élimine lui-même en tant qu’Etat pluraliste, et l’Eglise et l’Etat se perdent eux-mêmes. »

Il faut donc sortir de ce mauvais dilemme. Mais comment ?

On saisit la double impasse de cette aporie qui pèche au niveau de sa majeure commune comme le raisonnement de l’archevêque de Reims lui-même (successeur de saint Rémi !) : non, il n’y a pas forcément incompatibilité entre les deux prétentions (temporelle et spirituelle). L’Eglise n’est pas réduite, comme on le voit maintenant en France, à devenir une simple partie de l’ensemble des « forces sociales », au risque de renoncer à sa mission divine d’enseigner avec autorité la vérité et les valeurs universelles dont elle est la gardienne. C’est-à-dire au risque d’aliéner ou de dissoudre sa Révélation et de se perdre également par une intégration « dans le panthéon de tous les systèmes de valeurs possibles » (dictature du relativisme). Et de perdre pour le coup son énergie pour l’évangélisation à force de traîner dans l’utopie d’un Etat neutre soi-disant a-confessionnel, alors même que celui-ci professe le plus souvent le culte de l’homme sans Dieu (2). L’Etat n’en est pas plus condamné à devenir théocratique (indistinct du religieux) dans l’hypothèse (pour l’instant improbable) où il reconnaîtrait le droit supérieur de l’Eglise en matière religieuse et morale, qui n’empêche pas une certaine tolérance et pluralité religieuses.

… à l’alternative du Père Bruckberger

L’histoire et la tradition, avec la chrétienté et les nations catholiques, offrent le principe d’une juste solution, qui, si elle n’est pas sans trébuchements et dérives (toujours le « poison » de la politique ou du « cléricalisme »), se résume dans la théorie classique de la double souveraineté des pouvoirs (temporel et spirituel). L’encyclique Quas primas précise : « Les hommes ne sont pas moins soumis à l’autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée. » Pas moins mais d’une manière autre évidemment (comme on feint de ne pas le comprendre), son Royaume n’étant pas de ce monde. Mais quand, par la force des choses, la sécularisation et l’apostasie galopantes, l’entrecroisement des cultures, tout cela n’est de fait plus possible ? La distinction, enseignée par l’Eglise pour unir, mérite assurément une nouvelle réflexion selon le principe de réalité qui ne retire rien au principe doctrinal, comme le proposait Benoît XVI en théologien politique et avec son herméneutique de la continuité.

Bien sûr la communauté surnaturelle de personnes qu’est l’Eglise fondée par le Christ n’est pas la même chose que la société temporelle de familles qu’est la nation (voulue par le Créateur) et que l’Eglise doit informer (au sens philosophique) quelque soit l’unité ou la division de croyances en place. Mais si elle ne peut plus y trouver une certaine correspondance culturelle, l’Eglise devra forcément agir en contre-culture, comme pour les premiers chrétiens, avec ce que le pape émérite appelait des « minorité créatrices » ou des « îlots de chrétienté ». L’énergie pour l’évangélisation, qui va des catacombes à la chrétienté en passant par la mission, ne doit pas s’étioler et se perdre en sens inverse dans le nouveau panthéon de l’Etat moderne. On en revient ainsi à l’exclamation du P. Bruckberger  (« Jour heureux… »). Ou bien à Péguy, dont le pèlerinage de Chartres à la Pentecôte reprend justement l’énergie pour la nouvelle évangélisation avec la grâce des nouveaux commencements : « Il faut que France et chrétienté ressuscitent ! » Charles Péguy, dont Jean Madiran redonne aussi l’esprit en le paraphrasant :

– Car, voyez-vous Monseigneur, c’est un grand mystère, il ne suffit pas d’avoir la foi. Nous sommes faits pour vivre notre temporel en chrétienté. Ailleurs quand ce n’est pas le martyre physique, ce sont les âmes qui n’arrivent plus à respirer.

Rémi Fontaine

(1) Etrange nœud gordien que ce nouveau droit à la liberté religieuse que l’Eglise post-conciliaire, dans une sorte de contradiction interne, prétend reconnaître sinon imposer civilement à des Etats devenus en principe incompétents en matière religieuse ! L’Eglise enseigne à l’Etat que l’Eglise renonce à toute préséance religieuse vis-à-vis de l’Etat qui doit l’accepter religieusement comme un droit politique pour tous, dont l’affirmation repose sur la non-reconnaissance par l’Etat de l’enseignement de l’Eglise ! Mais à quel titre alors et de quel droit ?

(2) Cf. Ni laïque ni musulmans (2010), Sous le signe d’Antigone (2012) ou Après la Chrétienté (2023) aux éditions Contretemps.

Une mère et sa fille ont été tuées par un tireur d’élite israélien dans l’église de la Sainte-Famille à Gaza

Le Patriarcat latin de Jérusalem a annoncé qu’une mère et sa fille ont été tuées par un tireur d’élite israélien dans l’église de la Sainte-Famille à Gaza. Sept autres personnes ont été blessées par balles alors qu’elles tentaient de se protéger des tirs.

« Aujourd’hui, vers midi, le 16 décembre 2023, un tireur d’élite de l’IDF (Israel Defense Forces) a assassiné deux femmes chrétiennes à l’intérieur de la paroisse de la Sainte-Famille à Gaza, où la majorité des familles chrétiennes s’est réfugiée depuis le début de la guerre.

Nahida et sa fille Samar ont été abattues alors qu’elles se rendaient au couvent des Sœurs (de Mère Teresa). L’une a été tuée alors qu’elle tentait de mettre l’autre en sécurité. Sept autres personnes ont été blessées par balles alors qu’elles tentaient de protéger d’autres personnes à l’intérieur du complexe de l’église.

Aucun avertissement n’a été donné, aucune notification n’a été faites. Elles ont été abattues de sang-froid à l’intérieur de l’enceinte de la paroisse, où il n’y a pas de belligérants.

Plus tôt dans la matinée, une roquette tirée par un char de l’IDF a visé le couvent des Sœurs Missionnaires de la Charité (Soeurs de Mère Theresa de Calcutta). Le couvent abrite plus de 54 personnes handicapées et fait partie du complexe de l’église, signalé comme lieu de culte depuis le début de la guerre.

Le générateur du bâtiment (unique source d’électricité) et les réserves de carburant ont été détruits. La maison a été endommagée par l’explosion et l’incendie massif qui en a résulté.

Deux autres roquettes, tirées par un char de l’IDF, ont visé le même couvent et l’ont rendu inhabitable.

Les 54 personnes handicapées sont actuellement déplacées et n’ont pas accès aux respirateurs dont certains ont besoin pour survivre.

De plus, à la suite des bombardements intenses dans la région, trois personnes ont été blessées à l’intérieur du complexe de l’église la nuit dernière. Des panneaux solaires et des réservoirs d’eau, indispensables à la survie de la communauté, ont été détruits.

Ensemble en prière avec toute la communauté chrétienne, nous exprimons notre proximité et nos condoléances aux familles touchées par cette tragédie insensée. En même temps, nous ne pouvons qu’exprimer notre incompréhension face à une telle attaque, d’autant plus que toute l’Église se prépare pour Noël.

Le Patriarcat latin de #Jérusalem suit cette situation avec une grande préoccupation et fournira des informations supplémentaires au besoin. »

L’armée israélienne a justifié l’attaque en évoquant la présence de lance-missiles dans le lieu de culte.

Pressions de la Cour interaméricaine des droits de l’homme en faveur de l’avortement : le Costa Rica envisage de quitter l’institution

Le président du Costa Rica, Rodrigo Chaves, a envisagé la possibilité de se retirer de la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) si celle-ci impose de modifier la législation nationale sur l’avortement.

Cette année, les Nations unies ont exhorté le Costa Rica à dépénaliser l’avortement. Pour Tlaleng Mofokeng, rapporteur spécial sur le droit à la santé physique et mentale, les restrictions légales existantes sont « incompatibles avec les normes internationales en matière de droits de l’homme et les protocoles cliniques ». Selon elle, il s’agit de « discrimination fondée sur le genre ».

La prise de position du président Chaves a eu lieu dans le cadre de l’affaire en cours contre le Salvador :

 « Si la Cour interaméricaine des droits de l’homme rendait une ordonnance relative à l’avortement, le Costa Rica n’aurait d’autre choix que de se retirer du traité ».

« Une société civilisée protège la vie des personnes les plus vulnérables, comme les personnes âgées et, surtout, les enfants à naître ». « La seule exception est lorsque la vie de la mère est en danger ».

Le président du Costa Rica dénonce

« ceux qui pourraient exploiter ce principe directeur, en utilisant les définitions de l’Organisation mondiale de la santé, qui incluent des facteurs économiques, sociaux et émotionnels, dans le but de plaider en faveur de l’interruption de grossesse ».

Source : Gènéthique

Ouverture du procès du catholique Jimmy Lai en Chine

Jimmy Lai, militant catholique pour la liberté, critique du régime communiste chinois, comparaît devant un tribunal alors qu’il risque la prison à vie. Le gouvernement britannique a lancé un appel à sa libération.

À l’aube du 18 décembre, le magnat des médias a été emmené par le personnel de sécurité au palais de justice de West Kowloon, où s’est ouvert son procès, qui devrait durer environ 80 jours. Ses partisans, dont le cardinal émérite de Hong Kong Joseph Zen, étaient présents au tribunal.

Âgé de 76 ans, Lai a été condamné en décembre dernier à une peine de près de six ans de prison pour « fraude », une accusation distincte de celle pour laquelle il est actuellement jugé.

Lai, qui a été amené à la foi catholique par le cardinal Zen, est un fervent critique du Parti communiste chinois (PCC) et de ses mesures contre la liberté. En 1995, il a fondé le tabloïd pro-démocratie Apple Daily, qui a publié des critiques du PCC qui lui ont valu l’ire des autorités communistes. Le journal est devenu l’un des principaux journaux de Hong Kong, mais il a fermé ses portes en juin 2021 lorsque les bureaux ont été perquisitionnés par le personnel de sécurité du PCC et que Lai a été arrêté.

Dans le procès en cours, Lai est accusé de « collusion avec des forces étrangères » en violation de la loi sur la sécurité nationale (NSL) que Pékin a imposée à l’île en juin 2020 afin de réprimer la dissidence contre le PCC, et il pourrait être condamné à une peine de prison à vie en vertu de cette loi.

Ce procès ne se déroule pas devant un jury, mais uniquement devant un trio de juges triés sur le volet.

Expulsion de la FSSP du diocèse de Quimper : message de l’évêque

Suite à mon article de dimanche, voici le message de Mgr Dognin aux fidèles des messes de l’ancien missel à Quimper et Sainte Sève :

Frères et Sœurs,

Lors de la visite pastorale que j’avais effectuée dans votre communauté au printemps 2022, j’avais constaté votre joie de participer à la messe célébrée avec le Missel de 1962 et la nourriture spirituelle que cela vous apportait. J’ai pu en mesurer l’importance dans les réponses au questionnaire que je vous avais adressé. À la suite de cette visite, j’avais pris la décision de permettre aux prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre de continuer à célébrer ces messes comme m’y autorise le Motu Proprio Traditionis Custodes promulgué par le Pape François le 16 juillet 2021. En ce sens, le 11 juin 2023, j’ai promulgué une ordonnance pour notre diocèse, afin d’en préciser les modalités de mise en œuvre.

Cependant, il y a deux semaines, un article très offensant paru sur un blog traditionaliste à propos de la paroisse Quimper – Saint-Corentin a suscité un grand émoi dans le diocèse, chez les prêtres et beaucoup de fidèles, et a exacerbé les tensions qui s’étaient développées depuis plusieurs années.

En effet, au fil des ans, j’ai constaté que cette messe dominicale s’est transformée de facto en la création de deux paroisses personnelles (non canoniques) avec toutes les activités afférentes, en parallèle des activités paroissiales. Je ne le souhaitais pas, car je savais que compte tenu de l’histoire de notre diocèse, cela aurait des conséquences sur la communion ecclésiale, autant pour le clergé diocésain que pour les fidèles. Nous en voyons les conséquences aujourd’hui. Ma décision n’est pas un blâme adressé aux abbés Courtois et Télisson, qui sont des pasteurs zélés, mais le constat de tensions irréversibles mettant à mal l’unité du diocèse.

Les tensions générées par la situation que je viens de décrire m’imposent de réagir pour préserver l’unité de l’Église catholique dans le Finistère ainsi que la communion du presbyterium autour de son évêque. Aussi, après avoir consulté mes Conseils, j’ai décidé de maintenir cette messe dominicale avec l’ancien Missel pour le bien des fidèles, mais en demandant à des prêtres diocésains de l’assurer. J’ai également décidé de mettre fin à la convention qui lie le diocèse avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre. Les activités pastorales (catéchisme, pastorale des jeunes, etc.) ainsi que la préparation et la célébration des sacrements (baptême, mariage, etc.) continueront d’être assurées par les paroisses Quimper – Saint-Corentin et Saint-Yves en Pays de Morlaix. Les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre poursuivront leur mission jusqu’à une échéance qui sera décidée prochainement. Ils nous ont assuré de leur collaboration pour assurer la transition.

J’ai conscience que cette décision suscitera des réactions, voire des interrogations et des inquiétudes pour l’avenir. Je m’en remets à votre discernement et votre volonté de construire ensemble notre Église.

À l’approche de la fête de Noël, soyons unis dans la prière et dans l’amour du Christ. Je suis confiant que, en tant que communauté diocésaine, nous pourrons permettre cette transition dans la paix, surmonter les défis qui s’annoncent et continuer à grandir dans la foi.

Je vous assure de ma prière, et que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.

X Laurent DOGNIN

Évêque de Quimper et Léon

Les parents ne devraient pas tolérer que leurs enfants ne savent rien de Renoir, de Ford ou d’Hitchcock

« Des parents qui ne toléreraient pas que leurs enfants ne sachent rien de Balzac ou de Dickens ne devraient pas s’accommoder davantage qu’ils ignorent tout de Renoir, de Ford ou d’Hitchcock, dans lesquels il y a tant de richesse esthétique et de trésors de sagesse à puiser ». C’est pour les aider que Laurent Dandrieu propose « Une cinémathèque idéale ». De passage à Angers pour dédicacer ce dernier ouvrage paru chez Critérion, le critique de cinéma et rédacteur en chef des pages culture de Valeurs actuelles, a accordé cet entretien à RCF :

L’abrogation de l’arrêt Roe v. Wade contribue à sauver des vies

Lu ici :

Les deux dernières années ont vu un déclin massif de plus de 130 centres d’avortement aux États-Unis, selon le rapport annuel d’Operation Rescue. En 2022, 88 cliniques d’avortement ont fermé leurs portes, suivies de 49 autres en 2023. Au total, 137 cliniques ont cessé leurs activités au cours des deux dernières années. Actuellement, 14 États interdisent l’avortement, grâce à des lois qui protègent d’innombrables bébés innocents du meurtre dans l’utérus, comme Rapports LifeSiteNews.

Ces États sans avortement sont l’Alabama, l’Arkansas, l’Idaho, l’Indiana*, le Kentucky, la Louisiane, le Mississippi, le Missouri, le Dakota du Nord, l’Oklahoma, le Dakota du Sud, le Tennessee, le Texas et la Virginie occidentale (*l’Indiana est devenue sans avortement en 2023, ce qui a entraîné la fermeture de 7 cliniques d’avortement) (…)

Cependant, 53 nouvelles cliniques ont ouvert ou repris leurs activités au cours de la même période. Parmi celles-ci, 42 (79 %) pratiquaient uniquement des avortements médicamenteux, tandis que 11 (21 %) proposaient des avortements chirurgicaux. La grande majorité des cliniques d’avortement chirurgical (99 %) pratiquaient également des avortements médicamenteux.

Après ajustement des données de certaines cliniques hospitalières et prestataires d’avortement en ligne, il y a eu une diminution totale de 13 centres d’avortement par rapport à 2022, passant de 683 à 670 en 2023.

Selon Troy Newman, président d’Operation Rescue, cela représente une baisse impressionnante de 69 % depuis 1991, alors qu’il y avait 2 176 cliniques d’avortement en activité. L’abrogation de l’arrêt Roe v. Wade contribue sans aucun doute à sauver des vies, et les efforts des Américains pro-vie s’avèrent fructueux.

Cependant, Newman met en garde contre une augmentation alarmante des avortements dangereux par courrier. Même si la communauté pro-vie a de nombreuses raisons de se réjouir, les partisans de l’avortement continuent de trouver des méthodes pour tuer autant de personnes que possible.

BFM a compris comment ne pas perdre pied face à CNews…

En grande difficulté depuis plusieurs semaines,  BFM se retrouve dépassée en audience par CNews de plus en plus souvent mais semble avoir trouvé la parade :

Aujourd’hui, Thaïs d’Escufon, était invitée à débattre contre une féministe de gauche. Le même jour, alors que la commission mixte paritaire débattait de l’avenir de la loi immigration, BFM faisait témoigner Claire, une jeune femme victime d’un viol commis par un Africain sous OQTF, qui a demandé à rencontrer Eric Zemmour.

Dimanche soir, à la demande Marion Maréchal, BFM organisait un débat entre cette dernière et Mahilde Panot. Et, il y a quelques semaines, c’est Laurent Obertone qui était invité à débattre sur BFM pour évoquer Crépol.

La dictature du réel !

 

60 maires signent une tribune pour dénoncer le laxisme judiciaire

C’est sans doute une première qui montre l’exaspération des maires de communes plutôt rurale qui en ont assez du laxisme judiciaire. Il est notamment reproché au procureur son laxisme dans la gestion des activistes écolos qui bloquent un chantier majeur de champs photovoltaïque sur la commune de Cruis :

Le divorce est acté. Près de 60 maires des Alpes-de-Haute-Provence publient ce vendredi 15 décembre une tribune à l’attention du ministère de la Justice, et dans laquelle ils dénoncent ce qu’ils considèrent être un laxisme du parquet de Digne-les-Bains.

« Force est de constater que dans notre département, le parquet affiche d’importantes lacunes qui nuisent à son efficacité au point que nos concitoyens perdent confiance en la justice. Nous, maires et élus du département, constatons une insuffisance quotidienne de la réponse pénale au moment même où les infractions en tout genre se multiplient », écrivent les maires dans leur tribune (…)

Les maires signataires estiment ainsi qu’il leur est « difficile d’exercer » leur mandat « dans des conditions optimales ». Ils dénoncent ainsi des poursuites judiciaires « trop rarement engagements » malgré leurs plaintes et signalements.

Ils dénoncent entre autres la gestion de la situation au parc photovoltaïque de Cruis, au cœur de plusieurs actions militantes. « À Cruis, des militants ont longtemps empêché la bonne marche d’un projet de parc photovoltaïque purgé de tout recours sans être inquiétés », soulignent les élus, qui dénoncent des « constructions illégales » et ce « aux quatre coins du département. »

Les élus appellent ainsi le ministre de la Justice à « agir », au risque de voir les Alpes-de-Haute-Provence devenir « un territoire où les principes de la justice sont dévoyés », dans un contexte où les Français sont déjà « en colère » sur de nombreux sujets (…)

« L’État doit plus que jamais incarner la justice et l’autorité. Il en va de la préservation du vivre ensemble et des valeurs républicaines », concluent les maires.

Casuistique du ‘en même temps’

Responsum de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à un dubium au sujet de la bénédiction des unions de personnes du même sexe du 22 février 2021 :

« il n’est pas licite de donner une bénédiction aux relations ou partenariats, même stables, qui impliquent une pratique sexuelle hors mariage (c’est-à-dire hors de l’union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverte en soi à la transmission de la vie), comme c’est le cas des unions entre personnes du même sexe »

Déclaration Fiducia supplicans sur la signification pastorale des bénédictions du 18 décembre 2023 :

il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage

Je souhaite bien du courage aux théologiens en perspective des nervous breakdown qu’occasionnera la recherche d’une herméneutique de la réforme, du renouveau dans la continuité…

La Saint-Cyrienne demande de l’aide pour un capitaine de gendarmerie condamné à 7 années de prison

L’histoire est dramatique. Ce jeune saint-cyrien est père de trois enfants âgés de 5, 3 et 1 an et sa femme se retrouve seule à gérer cette famille nombreuse. Cette affaire est passée inaperçue alors qu’il s’agit d’une affaire similaire à celle qui a entraîné la mort du voyou Nahel.

Condamné à 5 ans de prison dont seulement 2 fermes en mai 2023, il a été condamné en appel à 7 années de prison ferme en octobre 2023. Pourquoi une telle aggravation de la peine à votre avis ? Il s’agit de l’effet « émeutes » conjugué à l’hostilité d’une justice qui ne défend plus les forces de l’ordre.

Voici le message de la Saint-Cyrienne pour expliquer la situation :

Le 10 octobre l’un des nôtres a été condamné à sept ans de prison fermes pour meurtre. La cour d’appel de Lyon a considéré que le capitaine Dobritz avait intentionnellement donné la mort à un homme. Cette peine est-elle surprenante ? Non, même plutôt clémente pour un tel crime. Après tout un capitaine de gendarmerie n’est pas au-dessus des lois et se doit d’assumer ses fautes.

Alors votre premier réflexe va être de consulter internet pour en savoir un peu plus sur cette regrettable affaire qui vient ternir l’image iconique de notre noble institution auprès de nos concitoyens. Vous allez trouver une multitude d’articles de différents journaux (…) Y apparaissent toujours les mêmes éléments.

Après une course poursuite un binôme de gendarmes bloque un véhicule avec des plaques signalées volées, une vidéo montre alors un gendarme, à pied, tirer sept fois sur la voiture qui recule entrainant le décès du conducteur. Effectivement, c’est accablant d’incompétence. En fait ces articles sont un copié-collé d’une dépêche AFP du bureau de Lyon qui, sans avoir envoyé de journaliste lors du procès, a interrogé les avocats pour la rédiger. Celui des parties civiles va, lui, monopoliser la parole pour raconter une version erronée des évènements développée dans le prétoire.

La réalité des faits est quelque peu différente. Le 11 mars 2018 vers 20h45, de nuit, sur la commune de Baie Mahault en Guadeloupe les gendarmes sont appelés par une femme qui vient de reconnaître sur une voiture inconnue ses plaques minéralogiques, volées quelques jours auparavant. Dans l’urgence et en prévoyant la mise en place de son dispositif d’interception le capitaine Dobritz, commandant la brigade, décide de se rendre sur place avec un autre gendarme pour procéder à la certification du renseignement (…) Ils repèrent finalement le véhicule stationné tous feux éteints mais sans pouvoir formellement lire le numéro, ils décident d’aller l’inspecter le pensant inoccupé. C’est en arrivant à sa hauteur qu’ils constatent qu’un individu recherché se trouve à l’intérieur.  La décision d’interpellation est aussitôt prise.

Le gendarme s’arrête devant la voiture et le capitaine, en tenue, descend, dégaine son arme, la pointe sur le conducteur en faisant les sommations « Halte gendarmerie » pour l’obliger à se soumettre à la force publique. Malheureusement ce dernier démarre brusquement et tente de passer une vitesse faisant rugir le moteur en même temps que les phares s’allument, le capitaine qui se trouve devant est persuadé qu’il va se faire écraser contre son propre véhicule. Il fait un pas de côté et ouvre le feu. Deux coups très rapprochés comme on le lui a enseigné.  Le conducteur est mortellement touché mais réussi malgré tout à enclencher la marche arrière, la voiture recule alors vivement, le capitaine poursuit son intervention ignorant le résultat de son premier tir et avance vers l’objectif en essayant de le stopper en tirant dans la roue et le capot moteur, deux impacts y seront retrouvés sur les cinq coups tirés.

Il existe effectivement un enregistrement vidéo, sans le son, qui capture la scène non pas au tout début de l’action mais à partir du troisième coup lorsque le tireur avance pour tenter d’immobiliser le véhicule qui recule à vive allure.  Seulement trois flashs sont visibles. Évidemment le poids de ces images est bien différent de ce qui est faussement présenté comme la preuve infaillible de la commission d’une nouvelle violence “policière“ en insinuant qu’elle montre un gendarme tirer 7 fois sur un conducteur en train de reculer.La fouille de la voiture démontrera, entre autres éléments, qu’un pistolet automatique de 9mm alimenté et chargé se trouvait positionné entre le siège et la console avant.

La personne décédée est un délinquant niçois, multirécidiviste, vivant sous un faux nom en Guadeloupe alors qu’il était l’objet de deux mandats de recherche, l’un de Grasse et l’autre de Nice. À la suite de son décès sa compagne a repris son trafic de stupéfiants entre l’ile et la métropole pour lequel elle sera d’ailleurs condamnée à 18 mois de détention.

Alors comment peut-on expliquer une telle interprétation des faits ? Qu’est ce qui fait que les jurés et les juges ont lourdement condamné un soldat de la loi censé œuvrer, comme eux, à la défense de la société ? Comment la détermination, l’abnégation ou le sens de l’engagement dans ce qu’il a de plus noble, inculqué tout au long de sa formation, ont pu être caricaturés voire moqués par des magistrats ?  Dépeignant le capitaine Dobritz comme un prédateur froid, un chasseur, refusant de laisser échapper sa proie, son trophée.  L’instant d’après lui reprochant, à l’inverse, d’être un chien fou se comportant en cow-boy irresponsable ?

Les récents évènements ayant conduits au déclenchement d’émeutes dans de nombreuses villes et a une hystérisation médiatique au sujet des violences dites “policières“ ont probablement créé un contexte délétère aux forces de l’ordre, en général et au traitement des affaires impliquant l’usage des armes à la suite d’un refus d’obtempérer, en particulier.  Certains serviteurs de l’état se retrouvent broyés dans une véritable tectonique des plaques due à la polarisation des forces politiques qui se radicalisent autour de sujets censés être représentatifs de leur vision de la société.

Malheureusement, pour certains, un jeune officier Saint Cyrien de 33 ans, père de trois enfants, catholique pratiquant et excellemment noté par ses chefs, représentant les valeurs d’engagement absolu au service de l’état est terriblement réactionnaire. Il retarde l’éclosion d’un nouveau monde plus juste et plus libre. Leur discours outrancier fait de violence et de fureur mérite-t-il d’être entendu ? Oui et nous sommes en partie là pour le garantir.

Mais aujourd’hui qui se souvient d’Arnaud Beltrame dans le vacarme Adama Traoré ? Demain qui se souviendra de Romain Dobritz ? Nous ! Nous ne l’abandonnerons pas !

Il est maintenant incarcéré au centre pénitentiaire de Villefranche dans un environnement extrêmement hostile pour un gendarme. Il fait face, il est debout, il mène un terrible combat dans des ténèbres inconnues. C’est un guerrier, il n’a pas le choix, il doit retrouver sa famille.

Nous nous devons de penser à lui, souvent, car il porte seul ce qui a fait la grandeur de notre institution. Ne jamais renoncer, quel qu’en soit le prix, à la mission confiée. La sienne maintenant est de rétablir son honneur et sa probité. Souvenez-vous de la phrase rituelle entendue un soir de triomphe, nous sommes debout, nous relèverons l’homme et nous l’aiderons dans sa mission, même si, parfois, nous devrons le porter !

Si la grande famille des Saint-Cyriens se mobilise parce qu’il est des leurs, alors la grande famille chrétienne devrait également se mobiliser pour soutenir ce père de famille catholique pratiquant !

Une cagnotte a été ou verte pour « aider Maëlle et ses trois enfants avec la discrétion qui convient mais dans tous les domaines où nous avons des leviers d’action, notamment sur le plan financier, sans oublier la question du logement puisque Maëlle devra se reloger à partir de l’été 2024 (…) En corollaire, nous nous proposons d’assister Romain Dobritz dans une perspective de repositionnement professionnel, une fois sa peine effectuée. Nous appelons ici plus particulièrement votre attention sur la question financière puisque Maëlle doit faire face à des charges croissantes alors qu’elle ne  bénéficie plus de la solde de son époux et qu’elle doit se consacrer seule à ses jeunes enfants. »

Le lien vers la cagnotte à faire circuler.

La France, capitale mondiale de la franc maçonnerie

Lu sur Entreprendre :

Alors que le nombre de francs-maçons est en baisse partout dans le monde, le France s’impose comme la capitale mondiale de la franc maçonnerie avec au moins 160 000 adeptes.

La Grande Loge nationale française (GLNF) et la Grande Loge de France (GLDF) sont les principales obédiences, avec des membres estimés entre 15 000 et 20 000 chacune. De plus, il existe de nombreuses autres obédiences, chacune comptant entre 1 000 et 5 000 membres. La France détient également le record mondial du nombre de Grandes Loges sur un même territoire. Au cours des dernières décennies, la franc-maçonnerie en France a presque triplé en nombre, ce qui constitue une croissance unique au monde.

Cependant, malgré cette croissance impressionnante, la franc-maçonnerie en France doit relever de nombreux défis. Environ 30 % des membres quittent la franc-maçonnerie dans les cinq ans suivant leur admission, principalement par lassitude ou désir de découvrir autre chose. De plus, l’assiduité en loge n’atteint pas toujours les niveaux souhaités, avec un taux de participation parfois inférieur à 50 %.

Marion Maréchal : « Je suis contre la disparition de la France sous le poids de l’immigration et de l’islamisation »

Marion Maréchal était opposée à Mathilde Panot (LFI) dans un débat diffusé sur BFM dimanche soir. A l’instar du débat de la campagne présidentielle entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour, il ne s’agissait pas de convaincre leurs électeurs respectifs mais plutôt de convaincre les téléspectateurs de BFM. Et pour Marion Maréchal, il s’agit des électeurs de LR et de la frange droite des macronistes. Ses mots furent sans concession et authentiquement de droite ! Ces deux jeunes femmes sont nées en 1989 et pourraient peut être un jour se retrouver face à face lors d’une élection…Qui sait?

Le monde en 2024 : vers un ordre multipolaire ?

« Nous vivons des changements tels qu’il n’en arrive qu’une fois par siècle ». Cette déclaration du président chinois adressée à son homologue russe laisse libre cours à toutes les interprétations, pour le meilleur et pour le pire. Quel sort nous réservent les puissants ? A quoi ressemblera notre monde en 2024 ? Quelles sont les grandes tendances qui se dégagent ? Le bloc russo-chinois a en tout cas sonné la fin de la récréation : la dédollarisation déjà engagée va se poursuivre avec toujours plus de nouveaux partenaires. De son côté, l’empire américain et ses alliés ont pris du plomb dans l’aile n’agissent plus de manière rationelle. Si le Congrès américain, exsangue, a refusé l’aide financière à l’Ukraine de Zelensky pour continuer la guerre, il semble que la Chine soit la nouvelle cible : Taïwan concentre toutes les attentions.

Quoiqu’il en soit, l’année 2024 sera l’année d’une montée en puissance des monnaies numériques de banques centrales, dernière lubie des tenants de la société de surveillance. De Washington à Pékin, en passant par Moscou et Francfort, tous s’y mettent. Le clivage mondialistes/patriotes est-il toujours d’actualité ?

L’analyste économique, Stanislas Berton, analyse les forces en présence et dresse un panorama complet pour l’année 2024. La France saura-t-elle retrouver sa puissance d’équilibre ? Réponse dans ce numéro de « Politique & Eco » !

Propagande LGBT du CNED

Un lecteur nous fait suivre le devoir demandé par le CNED pour un collégien en classe de 3e :

La carte de notre patrimoine bachique doit beaucoup à la chrétienté

Extrait d’un article des Echos consacré au vin et notamment au vin de messe :

[…] Meursault, la Bourgogne et ses clos, celliers, granges, abbayes et hospices, terre bénie de la viticulture. L’histoire des climats est pleinement liée à celle de l’Eglise et des ordres religieux bénédictins et cisterciens. Partout en France, chaque monastère, chaque évêché, a planté des vignes pour satisfaire à ses besoins liturgiques, et produit bien au-delà. La carte de notre patrimoine bachique doit ainsi beaucoup à la chrétienté. Prenez et buvez-en tous… Bienheureuses sont les paroisses des régions viticoles, où la providence transfère parfois des bouteilles des chais aux sacristies sous forme de dons, comme c’est la tradition dans la paroisse de Sancerre. À l’abbaye du Barroux, en Provence, le paradoxe est que les vins des moines vignerons ne sont pas destinés à l’Eucharistie célébrée en son sein – un généreux donateur les leur fournit – mais sont commercialisés sur la boutique et en ligne.

Le plus souvent, les paroisses achètent selon leurs besoins et leurs moyens aux producteurs locaux, religieux ou pas, ou dans les catalogues des fournisseurs spécialisés en articles liturgiques (par exemple, Holyart, leader européen) qui affichent des vins nationaux ou internationaux, Bordeaux (pas les plus chers), Espagne, Italie…, entre 7 et 10 euros. Martinez, producteur de marsala en Sicile, est l’un des grands fabricants de vins de messe (issus de cépages locaux, certifiés par le diocèse) vendus partout dans le monde.

Spécialiste et leader sur le marché américain, le californien Cribari Altar Wines. Ironie de l’histoire, les vignobles de la Napa Valley ont survécu à la prohibition par la multiplication des vins de messe, les seuls alors autorisés. Leur consommation augmenta en flèche, pas seulement motivée par la piété… Que diable buvait-on dans les speakeasy ? Au Québec, un vilain trafic a abouti à ce que désormais les religieux se fournissent exclusivement auprès de la Société des alcools (SAQ) parmi onze vins approuvés par l’assemblée des évêques catholiques du pays. Quatre sont français : le Naturae Chardonnay de Gérard Bertrand, le muscadet Voyage Extraordinaire de Lieubeau, le Côtes du Roussillon Marie Gabrielle du Domaine Cazes, et les Premières Grives Côtes de Gascogne du domaine Tariquet. Loué soit le bon goût.

Quels que soient les chemins qui les mènent à la sacristie, tous les vins de messe sont régis par le canon 924 : « Le saint sacrifice eucharistique doit être célébré avec du vin naturel de raisins, pur et non corrompu, sans mélange de substances étrangères. […] Il faut prendre soin de [le] conserver en parfait état […] Il est absolument interdit d’utiliser du vin dont l’authenticité et la provenance seraient douteuses. » En 2017, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, au Saint-Siège, a rappelé aux évêques « qu’il leur appartient de pourvoir dignement à ce qui est nécessaire pour la célébration de la Cène du Seigneur […], et de veiller sur la qualité du pain et du vin destinés à l’Eucharistie ». Y aurait-il eu des tripatouillages peu catholiques des « matières » ? Si les communautés religieuses qui les confectionnent sont absoutes de tout soupçon, ce que l’on trouve dans les magasins ou en ligne est-il toujours bien valide ? Aux religieux de s’en assurer, CQFD. […]

Notre capacité d’émerveillement est la meilleure des réponses à la vacuité du monde

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

Nos anciens savaient, à l’école de Platon, que la meilleure manière de dompter la nature consiste à lui obéir. Ils avaient pour cela pris le temps de l’observer et d’en connaître les palpitations. Dans l’âme enracinée, il y a une connaissance qui devient quasi connaturelle de la saison des légumes, du cycle de la lune, d’où arrive le vent, de ce qu’il annonce, du chemin des étoiles, du bienfait de telle plante ou de l’atout d’un collet. Nous avons tous besoin d’un Bertrandou pour guider notre soif d’absolu comme il a su calmer, à l’invitation de Cyrano, la faim des cadets de Gascogne lors du siège d’Arras.

La grandeur des bergers

Les bergers tels que les chante Jacques Brel nous manquent. Il n’y a plus guère que les santons pour nous rappeler leur importance. Leur capacité à s’émerveiller méritait sans doute aux yeux de Dieu, avant les scribes et les grands prêtres, qu’ils soient récompensés en étant les premiers invités à la grande adoration de l’Enfant-Dieu. Quelle leçon de constater que de grands saints furent eux-mêmes, enfants, gardiens de troupeau comme Vincent de Paul, Jean Bosco ou encore le jeune Giuseppe Sarto, le futur grand pape saint Pie X. De même, ce furent des petits pâtres qui bénéficièrent des grandes apparitions mariales, de Lourdes à la Salette, de Guadalupe à Fatima. A l’heure des grands déplacements et de l’accès au savoir, alors que trop souvent beaucoup peinent à expliquer en quoi consiste leur profession tant l’argent-roi a réussi à déshumaniser le travail, lui, le berger, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent. Plus encore, à l’image du marchand de quenouilles qui ouvre la captivante cinéscénie du Puy du Fou, les bergers peuvent écouter « les sentiers qui ne retiennent plus leurs vieilles confidences ». Parce qu’elle sait contempler, l’âme enracinée porte l’histoire à tous les enfants ; elle est la mémoire d’une civilisation.

A propos de mémoire, nous avons tous quelque part dans nos secrets intérieurs une bibliothèque de souvenirs qui contient dans ses rayons des séquences, des odeurs, des visages, des décors qui évoquent pour nous quelque chose de tangible, de saisissant et d’aimable. Et lorsqu’il arrive, au hasard d’une rencontre ou d’une situation, qu’un élément nous rappelle tel ou tel souvenir, c’est un frisson qui gagne tout notre être et nous voici transportés dans le passé.

Sylvain Tesson , théologien des arbres

A cet égard, à l’occasion d’un dimanche après-midi où, comme chacun sait, la promenade est un exercice qui s’intercale admirablement entre la fin du déjeuner et l’heure des vêpres, il m’a été donné d’en partager une avec un ami au cœur d’un petit bois. C’est alors qu’au détour du sentier que nous suivions, un platane incroyable d’amplitude et d’élégance ne pouvait que nous arrêter. Son volume noyé dans la végétation accentuait sa beauté, la lumière du ciel qui se déversait sur lui rajoutait à sa splendeur. Mais plus encore, il me rappelait les arbres du parc de mon enfance. Ce n’était qu’un arbre, bien sûr… Mais il était superbe de majesté et il m’offrait un bain de jeunesse tout en m’imposant le silence. Cette émotion secrète, irrépressiblement, enrobait mon cœur de majesté. Ce bain de jeunesse vécu intérieurement et silencieusement m’élevait parce que tous deux me rapprochaient de la Beauté par excellence qui réside en Dieu et qui se manifeste parfois tangiblement à travers sa création.

Au sortir de cette balade forestière et méditative, je repensais à ces très belles lignes de l’écrivain Sylvain Tesson qui disent bien mieux que je ne saurais le faire les impressions qui m’habitaient :

« Les arbres nous enseignent une forme de pudeur et de savoir-vivre. Ils poussent vers la lumière en prenant soin de s’éviter, de ne pas se toucher, et leurs frondaisons se découpent dans le ciel sans jamais pénétrer dans la frondaison voisine. Les arbres, en somme, sont très bien élevés, ils tiennent leurs distances. Ils sont généreux aussi. La forêt est un organisme total, composé de milliers d’individus. Chacun est appelé à naître, à vivre, à mourir, à se décomposer – à assurer aux générations suivantes un terreau de croissance supérieur à celui sur lequel il avait poussé. Chaque arbre reçoit et transmet. Entre les deux, il se maintient. La forêt ressemble à ce que devrait être une culture. »

Prendre le temps d’admirer les merveilles qui nous entourent, c’est placer son cœur dans une disposition de réception. C’est ouvrir les fenêtres de sa demeure intérieure pour la laisser se meubler du soleil du dehors. C’est habiller son cœur d’une beauté qui nous dépasse, se laisser saisir par une vérité qui nous domine, courir le risque de larejoindre et nous laisser guider par elle. Prendre le temps de contempler, c’est donner une chance à sa vie. Je croyais avoir vu un arbre. J’avais en fait touché du bois.

Le courage de la mesure

Extrait de l’hommage du père de Blignières (FSVF) à Jean Madiran, dans L’Homme Nouveau, à l’occasion de la parution de la biographie rédigée par Yves Chiron :

[…] En lisant la biographie si bien documentée de Chiron, une autre qualité m’a frappé chez Madiran. Je l’appellerai le courage de la mesure. Madiran a parfois excédé dans le mode de ses controverses, jusqu’à manier la dérision. Mais en relisant ses analyses, on est impressionné par deux choses : leur justesse, et la conscience aiguë que Madiran avait de leur type de certitude. Sur la modernité comme sur la crise dans l’Église, il affirmait ce que le laïc philosophe et théologien de grande culture qu’il était pouvait affirmer en sécurité intellectuelle : cela et rien de plus. Dans l’esprit de l’Antiquité grecque qu’il affectionnait, il fuyait cette démesure dont il est si difficile de se garder en période de crise. Il a soutenu toutes les actions en faveur des pédagogies traditionnelles de la foi, du catéchisme à la liturgie. Il n’a pas hésité à se trouver sur ces points en opposition avec la hiérarchie. Mais Madiran a pris un soin scrupuleux pour rester au plus près de ce qu’il pouvait avancer. Par exemple, il a manifesté clairement les déficiences de la nouvelle messe, mais il ne l’a jamais qualifiée de « messe de Luther ». Il n’a jamais pris occasion de ses positions pour rompre sa communion avec les autres catholiques. Il en a au contraire toujours appelé au jugement du magistère, et il a recherché un franc dialogue avec les catholiques, journalistes ou théologiens du bord opposé. Je pense notamment à ses échanges avec le père Congar. Que l’on relise, pour se convaincre de son souci des nuances pour coller au réel, la formulation équilibrée (que l’on retrouvait chez l’abbé Berto et chez Louis Salleron) de ce qu’il affirmait sur le Concile, sur la réforme liturgique ou sur la responsabilité personnelle du souverain pontife. C’est ainsi que Madiran n’a pas pu approuver, en juin 1988, les sacres contre la volonté du Pontife romain faits par Mgr Lefebvre. Cela, selon son propre jugement, lui a coûté l’existence de sa revue, l’œuvre principale de sa vie. Son courage de la mesure était en l’occurrence ici le vrai sens de l’Église. […]

Au sein même de l’Église, certains refusent l’idée du règne du Christ sur les réalités temporelles

De Philippe Maxence dans L’Homme Nouveau :

[…] Depuis des siècles, nous avons perdu la paix, par désillusion ou idéologie. Notre système politique lui-même est entièrement organisé sous « le signe du conflit civilisé », pour reprendre une expression de Mathieu Bock-Côté dans son dernier essai. Un livre courageux, dont le titre ne peut laisser indifférent – Le Totalitarisme sans le goulag –, et qui s’attaque de front aux mécanismes qui disqualifient l’adversaire en « l’anathémisant » comme extrémiste de droite. Bock-Côté démontre avec une certaine force que ce processus dialectique mène justement au totalitarisme.

Nous autres modernes

Reste que pour la pensée moderne la vie de la cité repose sur « le conflit civilisé », ce qui transforme le bien commun en une sorte de valeur relative, née de la collision de « principes contradictoires ». L’homme moderne a perdu la certitude d’une amitié politique possible et celle de la poursuite envisageable d’un bien réel. Il est emporté par un fort pessimisme sur la nature humaine et celle de la société. La paix, elle-même, du moins celle dont parle saint Augustin, ne lui semble pas possible.

Dans ce cadre, celle de Noël peut-elle avoir un sens ? Posons nous la question autrement : croyons-nous vraiment que l’Enfant de la crèche que nous allons célébrer dans quelques jours apporte réellement la vraie paix ? Certaines municipalités françaises ont répondu clairement à cette question. En refusant tout rapport à la Nativité dans leurs décorations de Noël ou par l’absence volontaire de crèche publique, elles estiment que l’Enfant de Bethléem représente un danger pour la concorde civile.

Le bras temporel

Au sein même de l’Église, certains hiérarques refusent l’idée du règne du Christ sur les réalités temporelles, en opposant États catholiques et évangélisation, comme si les premiers n’étaient pas des médiateurs possibles pour la seconde. Il n’y a pourtant pas de paix possible et durable sans les remparts de la cité. Jean Guitton, cité par dom Gérard dans Demain la chrétienté, le soulignait à sa manière :

« Sans Charles Martel, l’Islam se serait étendu jusqu’au Rhin. Sans Jeanne d’Arc, la France aurait été une Inde anglaise. Nous avons trop oublié ces dures réalités. Tout ce qui est précieux, tout ce qui est exquis est exposé à périr et doit périr en effet si l’homme de guerre qui doit le préserver et le défendre ne devenait qu’un homme de paix. »

Le Christ lui-même a bénéficié du rempart d’une mangeoire et d’une grotte pour le protéger et des bras protecteurs de sa mère et de la force tranquille de saint Joseph qui n’a pas été placé là uniquement pour la décoration. L’évangélisation elle- même nécessite la protection du bras temporel.

Devant la violence qui traverse notre monde, devant la lâcheté qui campe trop souvent parmi nous, et touche jusqu’à nos pasteurs et nos élites, il ne sert à rien de gémir sur les malheurs des temps.

« Toute chrétienté naissante, écrivait encore dom Gérard, nous relie à l’histoire de l’Église primitive et porte en elle la grâce des recommencements. Nous voilà à pied d’œuvre. Pour l’instant, ce n’est pas encore la montée de l’aurore, ce n’est peut-être que l’aube grise qui lentement se détache de la nuit. »

C’est bien au cœur d’une nuit, celle de Noël, qu’il faut revenir pour puiser non seulement le vrai sens de la paix mais aussi la certitude de sa possibilité. Tout s’effondre, nous sommes donc à l’époque des recommencements et d’une foi affermie au pied de la crèche.

En quête d’esprit : la crèche

Aymeric Pourbaix reçoit

– Don Bertrand LESOING, responsable des études à la Communauté Saint-Martin
– Luc ADRIAN, journaliste
– Mgr Bruno LEFÈVRE-PONTALIS, curé de la paroisse St-François-Xavier à Paris

Avec Véronique Jacquier

Jacques Le Morvan, RIP

Communiqué de Chrétienté Solidarité :

« Gaudete in Domino semper »

A la veille du dimanche de Gaudete, ce samedi 16 décembre 2023, à l’heure où l’on chante les complies, Jacques Le Morvan a été rappelé à Dieu.

Militant fondateur du Centre Charlier, Jacques a été de tous les combats pour la France et la Chrétienté. De Saint Nicolas du Chardonnet à Saint Louis de Port Marly, sur les routes de Chartres ou dans les rues de Paris, il a toujours été aux avant-postes de la résistance catholique et française.

Par son talent, il a su offrir au Centre Charlier et à Chrétienté-Solidarité l’écrin qui enveloppe chacune de nos initiatives et de nos luttes. Les bannières et les drapeaux qu’il a dessinés et confectionnés, avec son épouse Colette, continuent de guider nos pas.

A la manière de Jacques Perret, qu’il affectionnait tant, Jacques était, tout simplement, un défenseur du Trône et de l’Autel, un chouan poursuivant la lutte au XXe siècle finissant et en ce début de XXIe siècle si menaçant.

Les portes du Paradis sont grandes ouvertes pour ceux qui ont aimé et servi Jésus Christ ici-bas. Nul besoin d’en crocheter les serrures, ni de les enfoncer avec un bélier. Pas de policier irascible, ni de méchants évêques pour en empêcher l’accès à ceux qui ont combattu sous les bannières du Christ-Roi.

Que Notre Dame de France accueille Jacques, dans la Paix qui ne finit jamais.

A Dieu Jacques, au revoir mon cher ami.

Yann Baly

Président du Centre Charlier

Terres de Mission- Essenciel : Prisonnier de Daech, il retrouve la foi

Eglise universelle : Cette Autriche qui a dit non à Hitler (1930-1945)

Il est de bon ton de fustiger l’attitude des Autrichiens qui par le référendum du 10 avril 1938 auraient plébiscité le rattachement -l’Anschluss- de leur pays à l’Allemagne. Jean Sévillia, avec une sûre érudition, démontre dans un passionnant ouvrage « Cette Autriche qui a dit non à Hitler (1930-1945) » que la réalité est plus complexe que les simplifications manichéennes habituelles et qu’il n’est jamais facile de résister à un système totalitaire comme le fut le nazisme.

Eglise en France : Les 10 ans de l’Ecole saint-Martin de La Placeliére

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Alors que la guerre ravage le Moyen-Orient, la rencontre, au cœur du désert, d’un homme de notre temps, sans repères ni certitudes, avec un prêtre. Un parcours de foi présenté par Franck Baugin, auteur et metteur en scène de cette pièce, à voir du 11 au 28 janvier.