Méningiome causé par certaines pilules
Nouvelle illustration par un témoignage paru dans La République du Centre de la nocivité de la pilule contraceptive.


Le médecin le savait, mais ne semble pas inquiet pour autant… A qui profite ce crime ?

« Incendier certains lycées témoigne d’une violence destructrice qui ne saurait être approuvée »
Interrogé sur Vatican News à propos des violences lycéennes, Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et président du Conseil pour l’éducation catholique de la Conférence épiscopale française, condamne :
« Incendier certains lycées, même neufs, témoigne d’une violence destructrice qui ne saurait être approuvée »
Toutefois, ces faits révèlent « une violence intérieure chez certains jeunes qui n’ont pas trouvé de sens à leur vie »
Il y a une souffrance
« liée à la crise des familles, à la crise climatique, à la crise économique, à la crise sociale, à la crise géopolitique et donc, de manière plus ou moins consciente, ces jeunes ont peur de l’avenir, ils ne voient pas comment celui-ci pourrait s’ouvrir à eux aussi ».
Cela engendre un malaise « profond », qui « n’est parfois pas exprimé mais qui finit par se manifester par la violence », surtout chez ces jeunes « qui n’ont pas acquis une maturité suffisante dans le langage et l’expression pour pouvoir s’exprimer autrement ».
Tout cela, réfléchit l’évêque, se traduit alors par « un appel à être encore plus attentifs à nos jeunes, y compris dans les écoles catholiques », dans le cadre d’une collaboration impliquant « tous les adultes responsables » afin de « favoriser un retour à la sérénité, en ouvrant des espaces d’écoute et de discussion pour accompagner ces jeunes » dans leur parcours. L’appel de l’Église est donc « à la paix, à une autre manière de s’exprimer pour les jeunes et à l’écoute de ces jeunes », exhortant « l’éducation nationale » à se concentrer « sur les véritables priorités, à savoir la manière pour les jeunes de se construire un avenir, d’avoir une formation riche pour pouvoir avancer dans la vie ». Surtout en réfléchissant à la possibilité de « les accompagner, notamment face aux nombreux problèmes de santé mentale » répandus chez les jeunes d’aujourd’hui.
Lors de son récent voyage apostolique en France, le pape Léon XIV a exhorté les jeunes à avoir « le courage de vivre de manière responsable la mission de construire la paix », dans leur cœur, dans leurs relations, au sein de leur famille, dans les écoles et les universités, dans la vie des villes, des différents pays « et de toute l’Europe », tout en exhortant la société à promouvoir « un dialogue éthique » capable d’enrichir « le tissu » qui la compose. La rencontre du pape avec les jeunes au « Stade de France » de Saint-Denis a été « un moment très important et magnifique », se souvient Mgr Rougé.
« Le Souverain Pontife a appelé les jeunes à la vraie liberté, celle que donne le Christ. Et à ces jeunes, dont certains provenaient même de milieux sociaux défavorisés, il a ouvert un sens à leur vie, le chemin de la vraie liberté. »
Les Frères musulmans, sève vitale de l’islamisme mondial
A propos d’une Proposition de résolution du PPE au Parlement européen sur « La nécessité pour l’Union de se doter d’une stratégie contre l’entrisme islamiste et l’influence du réseau des Frères musulmans », le député d’extrême-gauche Manon Aubry vient contester cette nécessité en écrivant cet amendement sur l’article 10 bis :
relève que le rapport intitulé «Frères musulmans et islamisme politique en France», publié par le ministère français de l’intérieur en mai 2025, repose en grande partie sur les déclarations d’experts autoproclamés dont le travail a été critiqué à plusieurs reprises en raison d’un manque de rigueur méthodologique et de la diffusion de récits non vérifiés; souligne que plusieurs de ces personnes ont été identifiées dans une enquête menée en 2022 par des European Investigative Collaborations, à la suite de révélations de The New Yorker, comme étant liées à des réseaux soutenus par des acteurs étrangers antidémocratiques et impliquées dans une campagne coordonnée visant à discréditer les organisations musulmanes de la société civile partout en Europe;
Annie Laurent rappelle dans La Petite Feuille verte la réalité de la stratégie islamiste :
Après avoir exposé les circonstances contemporaines qui ont produit l’émergence d’une distinction entre les termes « islam » et « islamisme », ce dernier mot étant désormais appliqué à la dimension idéologique de la religion musulmane (cf. PFV n° 112), il convient d’en examiner les étapes historiques, les fondements doctrinaux et leur mise en œuvre.
Notons d’abord que l’islamisme n’est pas uniforme. D’une part, il se développe au sein des deux principales branches de l’islam (sunnisme et chiisme) avec des particularités propres à chacune d’elles ; d’autre part, il se répartit en plusieurs écoles (avec des noms variés) qui rivalisent entre elles ou s’entraident pour atteindre l’objectif qui leur est commun : le triomphe universel de l’islam.
L‘Europe n’est donc pas exclue de ce programme qui s’y impose sous l’influence principale des Frères musulmans (FM), « la sève vitale de l’islamisme mondial » selon Zidane Meriboute, docteur en relations internationales, cité par Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi dans leur livre Le projet (éd. L’Artilleur, 2019, p. 21). Ces spécialistes sont rejoints dans leur recherche par l’anthropologue Florence Bergeaud-Blacker, également auteur d’un ouvrage de référence, Le frérisme et ses réseaux, l’enquête (éd. Odile Jacob, 2023), titre qui évoque l’universalisme des FM.
L’ORIGINE ET LE DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE DES FRÈRES MUSULMANS
La confrérie des Frères musulmans (FM) a été fondée à Ismaïlia en 1928 par un instituteur égyptien, Hassan El-Banna (1906-1949), diplômé de l’Université islamique El-Azhar (Le Caire). Son projet consistait à organiser, au moyen d’une réislamisation intégrale, le rejet de l’influence de l’Occident (l’Égypte était alors sous protectorat britannique) qui, depuis le XVIIIème siècle, exerçait une réelle séduction sur une partie des intellectuels et des sociétés du Proche-Orient avides de modernité.
Cette attirance pour la civilisation et les progrès scientifiques européens, encouragée par Méhémet-Ali (1769-1849), sujet ottoman natif de la Macédoine (alors province de l’Empire turc), nommé vice-roi d’Égypte en 1805, avait entraîné au Levant un renouveau culturel, la Nahda (Renaissance). Au-delà de la rénovation de la langue arabe, marginalisée et appauvrie depuis le XIVème siècle sous l’Empire ottoman qui avait instauré le turc comme langue officielle, la Nahda avait pour objectif de promouvoir l’accueil des sciences et des arts ainsi que les principes de la philosophie des Lumières, notamment à travers le système scolaire et les traductions d’auteurs européens. Cette mobilisation, à laquelle furent associés des lettrés orientaux de toutes les religions, inspira aussi le concept de nationalisme arabe, censé transcender les appartenances confessionnelles.
C’est dans cette option que s’inscrivit le parcours de Moustafa Kemal (Atatürk, 1881-1938), lorsque, après avoir fait émerger la Turquie comme État indépendant reconnu internationalement par le traité de Lausanne (24 juillet 1923) et en avoir été élu président (29 octobre 1923), il fit voter par son Parlement la suppression du Califat (3 mars 1924), contraignant le titulaire de cette fonction, Abdulméjid II, à s’exiler en Europe. Atatürk remplaça alors la charia par un nouveau système législatif qui empruntait largement au droit européen (Cf. Annie Laurent, L’Europe malade de la Turquie, éd. F.-X. de Guibert, 2005).
Tel est le contexte qui poussa El-Banna à instituer sa Confrérie, conçue comme une sorte de « califat virtuel ». Par cette initiative, il entendait promouvoir le retour à l’islam des « pieux ancêtres » avec son système totalisant. Sa doctrine s’organise autour du dogme central du Tawhîd (Unicité de Dieu) qui implique la fusion absolue du religieux et du politique, excluant donc toute laïcité, comme l’indique son slogan, emprunté aux cinq piliers du culte : « Allah est notre but ; le Prophète notre modèle ; le Coran est notre Loi ; le djihad est notre vie ; le martyre est notre souhait ».
Les FM connurent un développement vertigineux en Égypte : en 1933, la Confrérie comprenait 40 000 militants ; en 1942, El-Banna y ajouta un « appareil secret », milice de 2 000 hommes formés aux techniques du combat ; en 1948, près d’un million d’adhérents étaient recensés dans le pays.
En 1949, la Confrérie fut dissoute par le colonel Abdel-Gamel Nasser et El-Banna assassiné par les services secrets égyptiens. Mais elle a survécu dans la clandestinité, notamment grâce à Sayyed Qotb, compatriote du fondateur qu’il avait rejoint dès 1951 (cf. infra). Emprisonné et condamné à mort par Nasser, devenu chef de l’État, Qotb a été pendu en 1966, événement qui n’a pas entraîné l’éradication des FM dont l’audience s’est propagée, sous des appellations diverses, dans de nombreux territoires, y compris hors d’Égypte.
En 1971, le président Anouar El-Sadate accorda aux FM une amnistie générale, leur permettant ainsi de sortir de la clandestinité et de réinvestir le champ sociopolitique. Entrés au Parlement, ils reprirent l’action militante, infiltrant aussi l’armée égyptienne. C’est ainsi qu’en 1981, ils ont assassiné Sadate à qui ils reprochaient d’avoir signé un traité de paix avec Israël (1977).
En 1984, le président Hosni Moubarak a reconnu les FM en tant qu’organisation religieuse mais leur a refusé l’inscription comme parti politique.
Les FM surveillaient les intellectuels prônant des doctrines qu’ils désapprouvaient. L’écrivain Farag Foda a été l’une de leurs victimes. Dans un livre publié en 1986, La vérité absente, Foda démythifiait le romantisme de l’époque idéalisée des premiers califes et condamnait les injustices envers les coptes. Son essai, considéré comme inspiré par la pensée laïque, fut condamné par les oulémas d’El-Azhar. Durant le procès, l’un des dirigeants de cette institution, Mohamed El-Ghazali, déclara devant les juges : « L’exécution d’un apostat est un devoir pour les musulmans » (cité par Malik Bezouh, Le Spectacle du monde, 30 juillet 2020). Toutes les œuvres de Foda ont ensuite été interdites en Égypte. En 1992, cet écrivain a été assassiné par deux militants qui se réclamaient des FM.
En 2011, les FM se sont engagés dans la Révolution (les « printemps arabes »). L’année suivante, pour la première fois, un de leurs dirigeants, Mohamed Morsi, a été élu à la tête de l’État égyptien. Son renversement par l’armée en 2013 a favorisé l’accession au pouvoir du maréchal Mohamed Sissi et a privé la Confrérie de reconnaissance légale au pays du Nil : sa branche politique, déclarée organisation terroriste, a été dissoute ; ses réseaux de financement ont été asphyxiés ; plusieurs milliers de ses membres ont été emprisonnés. Entre 10 000 et 20 000 militants ont choisi l’exil, notamment au Qatar et à Londres.
En dépit d’autres épreuves dans son pays d’origine, la Confrérie n’a, depuis lors, cessé de répandre son influence sur tous les continents. Son extension hors d’Égypte avait d’ailleurs commencé peu de temps après sa fondation. Des branches ont d’abord été instituées en Jordanie (1936) ; en Syrie (1938) ; puis au Liban (1982) sous le nom Mouvement de l’Unification islamique (Tawhid) et à Gaza (1987) par le mouvement palestinien Hamas (Enthousiasme). Dans la péninsule Arabe, la Confrérie est présente au Koweït, au Yémen et au Qatar. Ce dernier État est son plus important soutien dans le monde. Les FM se sont aussi implantés au Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc).
Dès 1957, l’idéologie FM s’est imposée en Irak, pays à majorité chiite. Opposé au régime sunnite et sécularisé de Bagdad, l’ayatollah Mohammed El-Sadr fonda alors le premier parti islamiste chiite contemporain sous le nom de Dawa el-Islamya (l’Appel à l’islam), anticipation du Hezbollah (Parti de Dieu) libanais, fondé en 1982.
Par ailleurs, depuis 2003, en Turquie l’accession au pouvoir de Recep Tayip Erdogan, militant actif du Parti pour la Justice et le Développement (AKP), d’obédience frériste, la Confrérie occupe une position dominante dans ce pays d’où elle rayonne sur une partie de l’Europe.
Enfin, dépassant les frontières arabes et turque, les FM se sont répandus dans le monde entier sous des dénominations variées. Dès le début, ils ont rivalisé avec des mouvements salafistes (quiétistes ou djihadistes) et takfiristes (de takfir = anathème) apparus depuis le XVIIIème siècle : wahhabisme en Arabie, Deobandi en Inde. Puis sont venus le Tabligh (Prédication) et la Jamaat el-Islami (Association de l’islam) en Inde, au Pakistan, au Bangladesh ; et, plus récemment : El Qaïda (La Base) en Afghanistan, Boko Haram (Le livre interdit) au Nigéria, et Daech (État islamique au Levant). Le frérisme s’est ainsi vite imposé comme la matrice mondiale de l’islamisme. (cf. A. Laurent, L’Islam, pour tous ceux qui veulent en parler, éd. Artège, 2017, p. 53-60).
LE FRÉRISME, UNE STRATÉGIE « OUMMATISTE »
Les principales sources d’inspiration de H. El-Banna sont les écrits de théoriciens célèbres, l’un très ancien, les trois autres contemporains du fondateur. Ils sont présentés sous des formes très documentées dans l’ouvrage d’Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi ainsi que dans celui de Florence Bergeaud-Blackler (cf. supra).
Ibn Taymiyya (1263-1328). Jurisconsulte syrien, connu pour ses nombreuses fatwas (décrets religieux) condamnant à mort les philosophes arabes éclairés, qui inspiraient encore le droit dans certains pays régis par la charia, il développa son attachement à la théocratie islamique dans son livre La Politique selon la Charia. Les FM aimaient citer la phrase de cet auteur : « Soixante ans sous l’autorité d’un imam pieux ou d’un chef religieux injuste valent mieux qu’une seule nuit d’anarchie ».
Saïd Aboul Ala Maudoudi (1903-1979). Cet autodidacte indo-pakistanais est « l’architecte de la société islamique », idée qui ressort de sa Théorie de l’État islamique où il expose la supériorité du système musulman sur tout modèle occidental et « la nécessité de provoquer une révolution universelle ». Ses principes ont été repris en partie dans un autre ouvrage, Pour comprendre l’islam, traduit dans de nombreuses langues (dont le français) et très largement diffusé encore aujourd’hui.
Sayyed Qotb (1906-1966). Journaliste et enseignant égyptien formé aux États-Unis, resté comme le plus influent penseur des FM, il s’est fait surtout connaître par son livre-testament, À l’ombre du Coran (inspiré de Maudoudi). Il y milite pour l’islamisation intégrale de l’État et de la société, dans son mode de gouvernement monolithique, sa législation civile et pénale, sa mise sous tutelle des femmes, son statut infériorisant des juifs et des chrétiens. Il dénie par ailleurs à l’islam chiite toute légitimité et appelle au djihad contre toute souveraineté qui ne vient pas d’Allah. Il écrit : « Le monde contemporain est divisé en deux mondes antinomiques : l’islam et la jâhilîya (état d’ignorance ou de barbarie préislamique) ». Dans un autre livre, Le combat de l’islam contre le capitalisme, Qotb affirme : « L’islam nous offre la personnalité originale qui nous distinguera des sociétés occidentales. L’islam est une confession de dignité qui refuse de nous voir suivre ou laisser guider par un bloc Est ou Ouest ».
Youssef el-Qaradawi (1926-2022). Égyptien, titulaire d’un doctorat à El-Azhar pour une thèse sur le rôle de la zakat (aumône légale) dans la résolution des problèmes sociaux, initiateur d’une doctrine du « juste milieu », il fut actionnaire de la banque des Frères et créa le Conseil européen pour la fatwa et la recherche (1997). Auteur notamment du livre Le licite et l’illicite en islam (1960), diffusé dans le monde entier, il a présidé l’Union internationale des savants musulmans.
L’accès et l’étude des très nombreux écrits d’El-Banna, de ses inspirateurs et de ses successeurs, a conduit Florence Bergeaud-Blacker à considérer que l’idéologie des FM ne les apparente ni à une organisation d’aide sociale, ni à un parti nationaliste ou politique, ni à un courant théologique. Il s’agit d’un « système d’action », d’une mission à vocation planétaire, visant à « décoloniser le monde musulman » et à « empêcher toute convergence envers les tendances séculières (notamment la laïcité française) vues comme un danger mortel » (Le frérisme et ses réseaux, l’enquête, op. cit., p. 28).
Doté d’une structure de gouvernance pyramidale, présidée par un « Guide suprême » (ce titre fut repris en 1979 par l’ayatollah chiite Khomeyni lorsqu’il fonda la République islamique d’Iran), imposant à ses membres un « serment d’allégeance », le mouvement est fondé sur plusieurs dimensions : « De la lecture des premières épîtres d’El-Banna il est possible de dégager les trois axes du système d’action du frérisme, toujours à l’œuvre aujourd’hui : proposer une vision, une identité et un plan afin de mettre en marche le mouvement islamique qui devra accomplir la prophétie califale, c’est-à-dire l’instauration de la seule société humaine possible, la société islamique » (id., p. 42).
F. Bergeaud-Blacker y mentionne une autre caractéristique : la primauté universelle de l’Oumma (la nation islamique) qui constitue « une identité sans altérité ». « Pour Hassan El-Banna, l’Oumma, a pour seule frontière la croyance en l’islam. Elle ne reconnaît pas les frontières géographiques ni les différences de race ou de sang. Est terre musulmane « le moindre pouce de territoire où se trouve un musulman qui croit en Allah et en son prophète » ». L’auteur ajoute cette autre position d’H. El-Banna : « Dieu considère tous les musulmans comme une seule nation et la patrie islamique comme une seule patrie » (id., p. 51).
Voici ce qu’elle écrit au sujet de la jâhilîya, la période d’ignorance qui, selon la légende, occupait le monde avant que n’advienne « la révélation coranique » : « Dans les écrits de Sayyed Qotb, cette jâhilîya n’est pas encore vaincue ; elle demeure sous la forme des sociétés non musulmanes et des sociétés « hypocrites » qui se prétendent musulmanes mais adorent « les idoles » : modernité, laïcité, démocratie ou nationalisme ». Puis, elle tire cette conclusion concernant la mission des FM : « La finalité est déterminée, les moyens existent déjà (tout est dans le Coran et dans la Sunna) ; il faut et il suffit de faire advenir l’Oumma partout où c’est possible. Les Frères n’ont qu’une mission : rassembler et mettre en marche la communauté ; ils redoutent moins l’ennemi extérieur que la fitna, la dissolution du lien dans la communauté » (id., p. 52).
De ce programme résulte donc le choix du terme « frérisme », qui exprime la « transnationalisation de l’islamisme », explique F. Bergeaud-Blacker. « Système d’action doté indissociablement d’une vision du monde, d’une identité collective, d’un plan […], le frérisme cherche à accomplir la prophétie califale par la transformation de chaque musulman en missionnaire » (id., p.75). Tel est le principe fondateur de l’« oummatisme », une idéologie « non arabo-centrée » mais universaliste, préconisée par Maudoudi, l’un des premiers théoriciens des FM (id., p. 77).
Les Frères ont choisi l’Europe comme terre d’élection pour développer leurs activités, concevoir et expérimenter le frérisme. Ils y ont installé des associations dans tous les pays sans dévoiler ni leur identité ni leur plan pour s’y investir et s’y déployer » (F. Bergeaud-Blacker, op. cit., p. 32).
L’État, premier acteur du dérèglement bioéthique
Lucie Pacherie, responsable plaidoyer France et porte-parole de la Fondation Jérôme Lejeune, signe une tribune dans Valeurs Actuelles :
En cette rentrée 2026, le dérèglement bioéthique s’accélère. Après l’accablante séquence estivale sur « l’aide à mourir », le Gouvernement poursuit son engagement à promouvoir des atteintes à la dignité humaine. Ce phénomène n’est pas anodin au seuil d’une année électorale. Plus que jamais, les transgressions bioéthiques sont utilisées comme des marqueurs « progressistes », pour rassembler.
Le ministère de la Santé planche sur les décrets d’application pour rendre effectives les premières euthanasies. Dans le même temps, il publie, le 7 septembre, la « Feuille de route santé sexuelle 2026-2030 ». Parmi les priorités politiques avancées : « l’extension du délai légal d’accès à l’IVG et la suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG ».
Le 16 septembre, c’est l’Agence de la biomédecine, placée sous la tutelle de ce même ministère de la Santé, qui lance un tour de France pour recruter des donneurs de gamètes. L’objectif : répondre à la demande de gamètes, qui s’est multipliée par 8,5 depuis que la loi bioéthique de 2021 a fait de la PMA un moyen de procréer accessible à tous.
« Droit à » l’euthanasie, « droit à » l’avortement, « droit à » la procréation médicalement assistée. Derrière ces nouveaux « droits » se dessine un même basculement anthropologique. Les limites de la condition humaine sont perçues comme des obstacles que le droit et la technique doivent dépasser.
De la procréation à la mort, la logique de la maîtrise, de l’autonomie et de la volonté individuelle occupe le terrain au détriment des personnes vulnérables, dépendantes, différentes.
Un véritable hold-up de l’État
L’État n’est pas étranger à ce mouvement, il en est l’auteur. Il ne se contente pas « d’encadrer » ces pratiques : il les organise et les promeut. C’est un véritable hold-up de l’État sur ce qui constitue le plus intime et le plus grand de l’homme : procréer, mourir, s’adapter.
L’État s’est emparé de la procréation jusqu’à quémander les gamètes de nos jeunes, en leur faisant croire qu’ils devraient les donner comme ils donnent leur sang. Le don de gamètes n’est pas un don comme un autre : il conduit à engendrer une nouvelle personne, avec une histoire et une filiation.
En le présentant sous le registre de la générosité pour satisfaire les 10 000 personnes en attente de don, la campagne « Faites des parents » déconstruit l’acte d’engendrement en dissociant ses dimensions biologiques, juridique et affective.
L’État s’est emparé de l’enfantement. Seul l’enfant désiré et en « bonne santé » a le droit de cité.
Comment recevoir les « priorités politiques » du ministère sur la suppression des délais pour avorter et la clause de conscience spécifique, seulement quatre ans après avoir repoussé la limite à 14 semaines de grossesse, et deux ans après la constitutionnalisation d’une « liberté » d’avorter ?
La justification avancée de ces « priorités » est la « stigmatisation de l’acte d’IVG ». Après 50 ans de promotion de l’avortement à travers des lois permissives, jusqu’à sa célébration au Congrès, cela sonne faux.
D’autant plus dans un contexte de renversement démographique où la France affiche 645 000 naissances pour 651 000 décès en 2025, assorti de 251 270 avortements en 2024, auxquels il faut ajouter 6 000 interruptions dites « médicales » de grossesse.
L’État se souvient-il que « l’accueil de l’enfant dans la société et la politique familiale sont des obligations nationales » qu’il doit exécuter ?
L’intégration systématique de nouveaux tests de dépistage anténataux pris en charge pèse aussi lourd dans la balance de l’État. Des acteurs institutionnels, comme la ville de Paris, se prêtent à un lobbying pour légaliser un test triant les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques comme la trisomie 21. Il ne s’agit pas d’autre chose que d’organiser la sélection des personnes, définition même de l’eugénisme.
Loi mortifère
Enfin, on le sait, l’État s’est emparé de la mort, dernière liberté à conquérir. La vigilance dans le suivi des décrets d’application chargés de toutes les modalités concrètes de l’acte létal est essentielle. Tout comme l’attention à nos proches vulnérables ou handicapés, dont le discernement vacille, et qui ne sont pas protégés de cette loi mortifère.
Le constat de cette rentrée est déplorable. Mais c’est sans compter l’empreinte laissée par le pape. Léon XIV a eu les paroles puissantes d’un chef d’État et d’une autorité morale. Il nous a redonné l’espérance et le souffle pour ne pas se résigner.
Parce que ce qui est « légal n’est pas forcément moral » et que le « discernement éthique » est plus que jamais nécessaire ; parce que « la tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion doit être fermement rejetée » ; parce qu’« aucune loi ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité [chers malades, et que], vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité » ; parce qu’il ne faut pas avoir peur de « défendre la dignité de toute personne, du premier instant dans le ventre de sa mère jusqu’à son dernier souffle » ; la Fondation Jérôme Lejeune poursuit son engagement au service de la Vie.
Le réalisme est sans doute la meilleure façon de retrouver des repères nécessaires pour reconstruire. C’est la raison pour laquelle l’équipe poursuit son Tour de France « Dérèglement bioéthique : les repères pour agir ». L’objectif : permettre aux Français, à travers une soirée ciné-conférence, de comprendre ces transformations et de découvrir des outils pour agir. Car le dérèglement bioéthique n’est pas inéluctable.
Utrique Fidelis : le nouveau pèlerinage régional dans l’ouest de la France
Vidéo réalisée par une journaliste de Famille chrétienne sur le nouveau pèlerinage vendéen, de Tiffauges, en Vendée, et le sanctuaire Notre-Dame du Marillais, en Anjou. Une cinquantaine de kilomètres parcourus par 450 pèlerins les 3 et 4 octobre :
La carte du grand remplacement en Europe
L’Institute for remigration (IFR) a publié cette carte de l’Europe occidentale donnant pour chaque pays la date où plus de 50% de la population sera d’origine étrangère. Sur le site de l’institut, pour chaque pays est indiqué le mode de calcul, qui dépend des sources. De ce fait les comparaisons ne sont pas toujours fiables, et les évaluations sont sujettes à caution. Toutefois l’évolution est claire, et conduit à la fin de l’Europe européenne à court terme, sauf remigration immédiate.
(On pourrait ajouter qu’il s’agit aussi de la carte de la fin de l’Europe chrétienne. Mais c’est déjà fait, quand on sait que 2% des Français sont pratiquants, ce qui est sans doute moins qu’en Egypte… Reste seulement à savoir quand elle sera officiellement musulmane…)
Vers un retour à la liberté de l’instruction en famille?
Alors que l’école publique s’effondre sous nos yeux, Juristes pour l’enfance se réjouit de la publication d’un rapport parlementaire en faveur de la liberté des parents de choisir l’instruction en famille :
Juristes pour l’enfance se félicite de la publication, ce jour, du rapport de la mission d’information sur l’instruction en famille (IEF), présenté à la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale par les députés Josiane Corneloup et Vincent Trébuchet.
Ce rapport interroge avec lucidité le régime d’autorisation préalable instauré par la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, dite loi « de lutte contre le séparatisme ». Ce nouveau régime a en effet transformé une liberté éducative séculaire en une exception strictement encadrée et soumise au bon vouloir de l’administration, comme en témoignent les fortes disparités d’acceptation des dossiers en fonction des académies. En substituant un régime d’autorisation restrictive au simple régime déclaratif antérieur, cette loi de 2021 a inversé la logique : l’État s’est arrogé le pouvoir d’apprécier, à la place des parents, ce qui est le plus conforme à l’intérêt de l’enfant. C’est précisément cette inversion que le rapport parlementaire met en lumière et qu’il propose de corriger en préconisant pour l’instruction en famille un retour à un régime déclaratif renforcé.
Comme le rappelle le récent ouvrage dirigé par Juristes pour l’enfance, Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ?, le régime actuel de l’autorisation préalable contrevient au principe fondamental de la primauté éducative des parents. Reconnu par le droit national et international, ce principe reconnaît en effet que les parents disposent, dans le respect de l’intérêt de l’enfant, d’une liberté et d’une responsabilité particulières dans les choix éducatifs, y compris le choix du mode d’instruction.
C’est pourquoi Juristes pour l’enfance appelle le législateur et le Gouvernement à tirer toutes les conséquences de ce rapport et à rétablir un cadre juridique respectueux de la primauté éducative parentale, dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
Et si vous deveniez actionnaire de Chérubins ?
Chérubins s’est créé pour répondre à deux enjeux : offrir une alternative aux « écrans » favorisant l’imaginaire et proposer aux parents un univers de confiance pour la transmission de leurs valeurs.
À l’heure où les contenus audios occupent une place croissante dans le quotidien des plus jeunes, une conviction guide ce projet : ce que les enfants écoutent façonne durablement ce qu’ils deviennent. Les grandes histoires construisent l’imaginaire, nourrissent l’intelligence et le cœur, éveillent le sens du beau et transmettent, souvent avec plus de force que les discours, une certaine vision de l’homme. Pourtant, les familles peinent encore à trouver des récits capables d’allier une qualité artistique d’excellence aux valeurs qu’elles souhaitent transmettre à leurs enfants.
C’est pour répondre à cet enjeu qu’est née Chérubins dans un marché mondial du livre audio en forte croissance (7 milliers de dollars en 2023 / prévision : 35 milliards de dollars en 2035). La plateforme Chérubins compte désormais près de 80 histoires audio immersives, soit 350 à 400 épisodes (100 heurs d’écoute), mêlant productions originales (Jeanne d’Arc, Saint-Martin de Tours, Charles de Foucauld, Saint Exupéry, …) et contenus issus de partenaires éditoriaux avec l’Imprimerie Mame, Diffusia et Biblus (la Comtesse de Ségur, la légende de Loupio, la Bible, les contes d’Andersen, …).
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Vers un schisme entre l’épiscopat belge et Rome ?
Six mois après avoir annoncé son intention d’ordonner prêtres des hommes mariés à l’horizon 2028, Mgr Johan Bonny annonce que des candidats sont déjà en formation.
Le dossier a été porté à Rome et l’évêque d’Anvers fait désormais de son aboutissement un test de la « crédibilité » du processus synodal.
Les critères retenus sont proches de ceux appliqués aux candidats mariés au diaconat permanent : être âgé d’au moins 35 ans, avoir l’accord de son épouse, mener une vie familiale stable et ne plus avoir d’enfants en bas âge. Cette préparation se poursuit dans l’attente d’une autorisation de Rome, indispensable pour que le projet puisse aboutir.
Mgr Bonny justifie cette accélération par une situation qu’il présente comme une nécessité. Le diocèse d’Anvers ne compterait plus que 70 prêtres âgés de moins de 70 ans, dont les deux tiers sont d’origine étrangère.
Aucun prêtre n’est désormais affecté à un hôpital, à une école ou à un mouvement de jeunesse. Il ne reste qu’un seul aumônier permanent pour les cinq établissements pénitentiaires de la province.
En juin, Mgr Bonny s’est rendu à Rome afin d’y défendre son projet. Il a rencontré le cardinal Lazarus You Heung-sik, préfet du Dicastère pour le Clergé, ainsi que le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode. Selon lui, les deux cardinaux lui ont répondu qu’ils transmettraient la question à Léon XIV.
Mgr Bonny précise qu’il avait également emporté à Rome une lettre de la Conférence épiscopale belge soutenant sa demande.
L’année 2028 correspond à la fin de la phase de mise en œuvre du Synode sur la synodalité. Ce qui était présenté au printemps comme une réponse à la pénurie de prêtres devient donc également une exigence liée à la réussite du processus synodal lui-même.
La pression sur Rome s’accentue : d’une demande discutée depuis des années, Mgr Bonny est passé à l’annonce d’ordinations ; de l’annonce, à la sélection et à la formation des candidats ; et de la préparation, à une démarche auprès de Rome assortie désormais d’une échéance.
Paul VI avait déjà répondu dans l’encyclique Sacerdotalis caelibatus du 24 juin 1967.
« On ne peut croire tout simplement que l’abolition du célibat ecclésiastique accroîtrait par le fait même et de façon notable le nombre de vocations. »
Paul VI demandait plutôt de rechercher les causes de leur diminution « dans la perte ou l’affaiblissement du sens de Dieu et du sacré » et dans le fait que l’Église soit moins reconnue comme « l’institution qui apporte le salut par la foi et les sacrements ».
Surtout, le célibat n’y est nullement présenté comme une simple règle pratique susceptible d’être abandonnée lorsque le nombre de prêtres diminue. Paul VI rappelle le « lien profond qui, dans le Christ, unit la virginité et le sacerdoce » et voit dans le célibat le signe du don total du prêtre au Christ, à l’Église et aux âmes.
Il allait jusqu’à affirmer que « l’Église d’Occident ne peut pas faiblir dans la fidélité à la tradition ancienne qui est la sienne ».
L’Œuvre des Retraites lance un nouveau site pour faciliter le choix de sa retraite spirituelle
Et si trouver la retraite spirituelle qui vous correspond devenait plus simple ?
C’est tout l’objectif du nouveau site de l’Œuvre des Retraites, toujours accessible à la même adresse : oeuvredesretraites.fr.
Le site a été entièrement repensé pour vous permettre de trouver rapidement la retraite adaptée à votre situation, à vos attentes et à vos disponibilités.
Vous pouvez désormais rechercher une retraite :
* selon votre besoin ou votre situation ;
* par lieu, grâce à une carte interactive ;
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Chaque proposition est plus facile à découvrir et à comparer, avec un design modernisé, une navigation plus intuitive et des témoignages enrichis pour mieux se projeter avant de choisir.
Une fois votre retraite trouvée, l’inscription est elle aussi plus simple : le parcours a été fluidifié jusqu’au paiement en ligne, avec moins d’étapes et une expérience plus claire de bout en bout.
Vous pouvez ainsi parcourir près de 40 retraites et récollections spirituelles, dans 14 lieux en France, animées par une vingtaine de prédicateurs : retraites pour pères ou mères de famille, récollections pour fiancés ou époux, retraites de marche en montagne, retraites selon les Exercices de saint Ignace…
Et parce qu’une expérience plus simple pour les retraitants passe aussi par une meilleure organisation en coulisses, le nouveau site offre aux abbés un véritable outil de gestion des retraites et des inscriptions.
Depuis 25 ans, l’Œuvre des Retraites accompagne ceux qui souhaitent prendre quelques jours pour chercher Dieu, écouter sa Parole, relire leur vie à sa lumière et discerner le chemin qu’Il leur ouvre.
Plus de 500 retraites prêchées et plus de 8 000 retraitants ont déjà vécu cette expérience.
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La liturgie tridentine est missionnaire
Après le 44e pèlerinage de Pentecôte, Notre-Dame de Chrétienté vous propose une nouvelle série de vidéos pour vous aider à vivre concrètement la mission.
Dans ce cinquième épisode, l’abbé Iborra, responsable des catéchumènes à la paroisse Saint-Roch à Paris, échange avec Philippe Pelissier, auteur de “Ils sont entrés dans l’Église… par la voie de la liturgie latine”, autour d’un phénomène particulièrement marquant : la croissance du nombre de baptêmes et le retour à la pratique, notamment chez les jeunes.
Qui sont ces nouveaux convertis ? Que viennent-ils chercher dans l’Église et dans les paroisses attachées à la liturgie traditionnelle ? Comment les accueillir, les former et les accompagner dans la durée ?
Villiers et le sursaut de la France éternelle
Lu dans Les 4 Vérités :
Dans une France travaillée par le doute, minée par la désagrégation de ses repères et tentée par la résignation, Philippe de Villiers ose convoquer le vocabulaire de la foi pour parler du destin national. Le titre de son nouvel ouvrage: « Résurrection » est tout un programme. Car la France porte encore en elle les ressources de son propre relèvement.
Après avoir dénoncé le « Mémoricide », entreprise d’effacement de la mémoire collective, puis le « Populicide » et la rupture entre les élites et le peuple, Philippe de Villiers franchit une nouvelle étape. Il ne se contente plus de nommer les causes du mal ou d’en désigner les responsables. Il propose désormais une espérance. L’auteur rappelle que le déclin d’une civilisation n’est jamais une fatalité historique, mais le résultat d’une abdication des volontés.
La thèse qui traverse ce nouveau livre est celle d’une distinction fondamentale entre la France éternelle et les régimes politiques qui se sont succédés. Philippe de Villiers raconte ici deux millénaires d’espérance française. Pas pour regretter un âge d’or, mais pour retrouver le fil d’une histoire dont les Français ont perdu le sens. Car une nation ne se décrète pas. Elle se reçoit et se transmet. Et une société qui ne sait plus ce qu’elle doit transmettre finit par ne plus savoir pourquoi elle devrait durer.
La véritable originalité du livre tient sans doute moins à son diagnostic qu’à la réponse qu’il entend lui apporter. Philippe de Villiers convoque la figure biblique du « petit reste »: cette minorité de fidèles qui demeure attachée à l’espérance, alors même que tout semble perdu. Transposée sur le terrain politique, cette image devient celle d’une élite de consciences libres, capables de résister aux conformismes ambiants et de préparer le redressement.
Mais comment retrouver une continuité sans se contenter de reproduire le passé et transformer une minorité de convaincus en une force de rassemblement ? Les majorités, répond Philippe de Villiers, entretiennent souvent l’ordre établi (ou le désordre établi comme aujourd’hui, ajouterions-nous !), tandis que les minorités peuvent en modifier le cours.
Cependant, la défense de la France éternelle doit aussi se traduire en propositions concrètes. Le retour aux sources ne suffit pas à répondre aux urgences du présent. Et la dénonciation des élites ne saurait constituer, à elle seule, un projet de gouvernement.
Au fond, ce livre veut affronter cette question difficile: qu’estce qui fait qu’un peuple demeure lui-même? La politique ne saurait se limiter à la gestion des intérêts matériels. Les nations ont aussi besoin d’un récit, d’une fidélité et d’une espérance. La France n’est pas condamnée à disparaître, mais elle ne retrouvera pas non plus son élan par la seule évocation de ses gloires passées. Car une civilisation ne renaît pas simplement parce que quelques-uns refusent sa mort. Elle renaît lorsque cette fidélité devient contagieuse. Alors seulement, la France éternelle pourra redevenir une réalité vivante, capable de traverser les siècles sans renoncer à ellemême. Souhaitons que cet appel de Villiers soit entendu!
Une Française en prison pour avoir critiqué l’idéologie du genre ?
Dora Moutot risque une peine de prison pour avoir critiqué les hommes qui utilisent des espaces féminins tels que les vestiaires et les salles de bains.
Elle a déjà été sanctionnée pour avoir qualifié un homme confus de genre d' »homme », mais sa phrase suscite maintenant la condamnation d’un responsable des Nations Unies.
En 2022, Dora Moutot a qualifié un maire « transgenre » nommé « Marie » Cau d’homme. Le vrai nom de Cau est Nicholas. Il est le maire d’une petite ville française.
Moutot a fait ses commentaires lors d’un débat politique sur les questions d’identité de genre. Elle a spécifiquement déclaré que certains hommes pourraient abuser des lois sur l’idéologie du genre pour harceler ou causer des problèmes aux femmes.
Un journaliste « a demandé à Moutot si elle considérait le maire comme une femme, ce à quoi Moutot a répondu : « Pour moi, Marie Cau est un homme ».
« Une déclaration publiée par (le lobby LGBT) Mousse a accusé Moutot d’avoir « violemment attaqué » Cau en le qualifiant à la fois d’homme et d’« homme transféminin ».
Moutot a déjà été condamnée à près de 5 000 euros pour ses commentaires. Cependant, elle fait maintenant face à « six autres plaintes pénales » qui pourraient inclure jusqu’à un an de prison pour elle et un collègue.
Elle a dit :
Ces nouvelles accusations ciblent des déclarations spécifiques que nous avons faites sur les médias sociaux et sur notre blog féministe et notre chaîne YouTube Femelliste. Ils incluent notre opinion selon laquelle les « hommes » « exigeaient l’accès à nos espaces » et la question : « Sur quels motifs la peur des femmes transgenres d’être moquées dans les toilettes des hommes devrait-elle primer sur la peur des femmes d’être violées ? »
Ironiquement, Moutot a déclaré qu’il n’y avait eu aucune enquête sur les personnes qui la menaçaient pour ses commentaires.
Les sanctions actuelles et potentielles contre Moutot constituent une violation des droits de l’homme, selon un responsable des Nations Unies.
Rapporteur spécial sur la violence à l’égard des femmes et des filles, Reem Alsalem, a condamné les sanctions dans de nouveaux commentaires.
« Le rapporteur spécial est particulièrement préoccupé par le raisonnement énoncé dans l’arrêt »,selon communiqué de presse. « Bien qu’initialement poursuivie comme incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination, la conduite a été reclassée comme une insulte publique. »
Alsalem a déclaré dans ses propres mots :
En tant que femmes, dire que nous devons faire preuve de prudence autour des hommes, en particulier lorsqu’il y a des raisons de craindre pour notre sécurité, ne constitue pas en soi un discours de haine.
Une telle expression peut être raisonnable et légitime dans le contexte de la sécurité des femmes et du débat sur les espaces réservés aux femmes. Les femmes ne devraient pas être sanctionnées pour avoir exprimé des préoccupations concernant leur propre sécurité ou celle des autres femmes et filles.
« Le simple fait d’exprimer des opinions sur le sexe, le genre ou les besoins spécifiques des femmes en fonction de leur sexe ne devrait pas constituer un motif de harcèlement, d’intimidation ou de sanction. »
Alsalem a remis en question l’absence de réponse aux menaces de mort contre Moutot pour ses commentaires, affirmant que cela « souleve des préoccupations concernant l’égalité devant la loi, la diligence raisonnable et le droit à un recours efficace ».
La responsable de l’ONU a lancé sa propre enquête sur l’affaire.
Dans le même temps, un juriste américain expert en libertés civiles a réprimandé la France pour avoir abandonné la liberté d’expression.
« La liberté d’expression est depuis longtemps en chute libre en France », a récemment écrit le professeur Jonathan Turley.
« Beaucoup ne sont pas d’accord avec Moutot et ils ont la liberté d’expression pour dénoncer ses opinions. Cependant, Moutot n’a pas étendu la même protection en fonction du contenu de ses opinions », a poursuivi le professeur de l’Université George Washington.
Turley a critiqué la tactique des « activistes transgenres » qui refusent de débattre ouvertement de leurs points de vue, mais utilisent plutôt la loi pour faire taire les opposants.
Saint François d’Assise – Une BD spéciale pour les 800 ans
« C’est aujourd’hui que sort en librairie notre album sur saint François d’Assise qui me tient particulièrement à coeur pour plusieurs raisons : – Il célèbre les 800 ans (le 3 octobre) de la mort d’un homme dont la spiritualité traverse les âges et les continents, – il est mon saint patron, ainsi que celui de Francesco Rizzato qui l’a illustré et de Paolo Francescutto qui l’a mis en couleur. Nous y avons mis tout notre coeur et je crois qu’il est réussi. En espérant qu’il vous donne envie de (re)découvrir la vie si inspirante du « poverello » ». J.F. Vivier.
Né dans une famille bourgeoise d’Assise, François, d’abord habité par des rêves de gloire et de richesse, va bientôt tout quitter pour suivre Dame Pauvreté. Sa radicalité va lui attirer rapidement des compagnons, tous prêts à le suivre pour l’annonce de l’Évangile. Bien qu’il ne soit pas prêtre, il va créer un ordre, les Franciscains, qui va traverser les siècles jusqu’à aujourd’hui.
Au fil des pages, « 1219, siège de Damiette par les armées croisées lors de la cinquième croisade… « Je suis Frère François, nous venons d’Italie » … » suivez saint François qui porte son message au monde. Dessins travaillés, couleurs choisies, texte adapté et un fond historique privilégié, en font un livre de choix.
Même si elle ne remplace absolument pas un livre – pour les adultes comme pour les enfants -, la bande dessinée est aujourd’hui un formidable moyen de faire découvrir des figures exceptionnelles comme saint François d’Assise. Accessible et vivante, elle s’adresse à tous, plus particulièrement peut-être, à ceux qui ne se tourneraient pas spontanément vers une biographie ou un ouvrage historique.
Dans une société où l’image occupe une place essentielle, raconter une vie en bande dessinée permet de la rendre plus concrète, plus proche et plus facile à comprendre. Le lecteur entre facilement dans l’histoire, s’attache aux personnages et s’approprie plus naturellement leur message.
En ce sens, la bande dessinée constitue aujourd’hui un remarquable outil de transmission et d’évangélisation, capable de rejoindre un large public tout en faisant découvrir la richesse d’un héritage spirituel et humain.
Plus d’informations, recensions et commandes SUR LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-15-ans/31064-saint-francois-d-assise.html?ref=043193205
Saint François d’Assise – BD, Jean-François Vivier, Dessins de Francesco Rizzato, Editions Plein Vent, 15.90 €
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Napoléon musulman ? La Grande Mosquée de Paris relaie une thèse que les sources contredisent
Dans une vidéo publiée par la Grande Mosquée de Paris, l’historien et ancien diplomate Louis Blin a affirmé qu’« il est incontestable que Napoléon ait été musulman ». L’institution a depuis précisé que cette thèse ne faisait pas consensus et restait minoritaire parmi les historiens. La mise au point est bienvenue. Elle ne règle pourtant pas le problème de fond : les textes invoqués pour transformer Bonaparte en musulman convaincu montrent surtout un chef de guerre utilisant la religion comme instrument de conquête et de gouvernement.
UNE AFFIRMATION CATÉGORIQUE, PUIS UNE PRUDENTE MISE AU POINT
Louis Blin n’est pas un inconnu. Historien, arabisant et ancien diplomate, il a vécu et travaillé dans plusieurs pays arabes et publié de nombreux ouvrages consacrés au monde arabe et à l’islam. Son livre Napoléon et l’islam, paru en 2025, a été suivi de Napoléon et l’Arabie en 2026. Il existe donc un véritable objet historique : l’expédition d’Égypte, les relations de Bonaparte avec les autorités musulmanes, son intérêt pour Mahomet, ses ambitions orientales et sa compréhension de la puissance politique des religions. La présentation de son premier livre le décrit comme le seul dirigeant français à avoir écrit et prononcé la profession de foi musulmane, puis pose la question de sa sincérité. Un livre peut ouvrir une question. La courte vidéo la referme d’autorité.
Mais un objet historique sérieux peut donner lieu à une conclusion fragile. Dans la vidéo diffusée en marge de la conférence du 30 septembre 2026, Louis Blin ne dit pas simplement que Napoléon s’est intéressé à l’islam, qu’il l’a admiré sous certains aspects ou qu’il en a adopté le langage. Il affirme qu’il a été musulman et présente ce fait comme « incontestable ».
Le 6 octobre, la Grande Mosquée de Paris a publié une mise au point. Elle rappelle que le propos appartient à Louis Blin, affirme ne pas avoir elle-même d’avis sur la question et reconnaît que la thèse « ne fait pas consensus et reste minoritaire parmi les historiens ». Cette clarification est honnête, mais elle intervient après la diffusion d’une formule catégorique, taillée pour les réseaux sociaux et dépourvue de toute contradiction immédiate.
On ne reproche pas à la Grande Mosquée d’organiser une conférence. On lui reproche d’avoir donné à une hypothèse minoritaire la forme d’une certitude virale. Un lieu de débat peut accueillir une thèse audacieuse. Lorsqu’il sélectionne et diffuse lui-même l’extrait le plus spectaculaire, il exerce aussi une responsabilité éditoriale.
UNE CHAHADA PLACÉE DANS UN ACTE DE GOUVERNEMENT
Le principal argument avancé tient à l’emploi, par Bonaparte, de la profession de foi musulmane. Le fait matériel existe. Le 17 juillet 1799, à Terrâneh, une proclamation adressée aux cheikhs, ulémas, chérifs, imams et fellahs de la province de Bahyreh commence par la formule selon laquelle il n’y a d’autre Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète.
Mais il faut lire le document entier. Il ne s’agit ni d’une confession intime, ni du procès-verbal d’une conversion, ni d’une déclaration adressée à une communauté religieuse afin d’y être reçu. Il s’agit d’un firman politique et militaire. Bonaparte y affirme que les habitants de la province mériteraient un châtiment, invoque la clémence prescrite par le Coran, puis leur accorde un pardon général à condition qu’ils se conduisent désormais comme il l’attend. La chahada introduit donc un acte de gouvernement émis par le commandant d’une armée d’occupation à destination d’une population musulmane. Un acte de gouvernement peut refléter une conviction, mais il ne la prouve pas. Ici, le contexte du texte et le commentaire ultérieur de Bonaparte documentent précisément une intention tactique.
Le contexte rend l’intention assez transparente. Bonaparte cherche à gouverner l’Égypte avec le concours des notables et des savants religieux, à désamorcer les soulèvements et à présenter la conquête française comme compatible avec l’islam. Il participe aux célébrations du Mawlid, protège les caravanes de pèlerins et institue un divan composé d’ulémas. Ce sont des gestes politiques intelligents, éventuellement accompagnés d’une curiosité et d’une estime réelles. Ils ne constituent pas, à eux seuls, une conversion.
Il suffit d’ailleurs d’écouter Napoléon commenter lui-même cette formule quelques années plus tard. Dans le Journal inédit de Sainte-Hélène du général Gourgaud, à la date du 11 février 1817, il relit la chahada contenue dans ses lettres d’Égypte et déclare : « Je disais cela pour me faire bien venir des Orientaux. »
L’expression « se faire bien venir de quelqu’un » ne signifie évidemment pas faire venir des Orientaux auprès de soi. Dans le français de l’époque, elle veut dire se concilier leur faveur, gagner leur bienveillance, se rendre agréable à leurs yeux. Napoléon fournit donc lui-même la clé de lecture : la formule religieuse servait une entreprise de persuasion politique.
LA CONVERSION ENVISAGÉE SEULEMENT EN CAS DE RÉUSSITE
Un autre passage du même journal est encore plus révélateur. Le 26 décembre 1816, Napoléon raconte que des cheikhs lui conseillaient de faire passer l’armée à l’islam et de lui faire prendre le turban afin d’asseoir son autorité. Il reconnaît avoir envisagé cette démarche, mais seulement s’il était assuré de réussir. À défaut, explique-t-il à propos du général Menou, converti à l’islam sous le prénom d’Abdallah : « Je me serais, comme Menou, couvert de ridicule. »
Voilà la source précise de l’allusion au ridicule : Gaspard Gourgaud, Sainte-Hélène. Journal inédit de 1815 à 1818, tome I, entrée du jeudi 26 décembre 1816, pages 347 et 348, édition Ernest Flammarion de 1899.
Ce texte ne révèle pas un croyant empêché de confesser sa foi. Il révèle un conquérant prêt à envisager un changement religieux collectif si celui-ci lui garantit le succès politique. Le critère qu’il expose n’est pas la vérité d’un dogme, l’adhésion intérieure ou le salut de l’âme. C’est la réussite. La crainte n’est pas de trahir une conviction, mais d’échouer publiquement et de paraître risible.
On peut trouver cette plasticité cynique. Elle n’est d’ailleurs pas propre à sa politique orientale. Napoléon a constamment considéré les religions aussi comme des forces sociales à organiser et à employer. Il pouvait parler le langage de l’islam au Caire, conclure le Concordat avec Rome, rétablir le culte catholique en France et entrer ensuite en conflit brutal avec Pie VII. Le présenter comme un musulman pieux est aussi peu convaincant que d’en faire, sur la seule foi du Concordat, un modèle de prince catholique.
CE QUE NAPOLÉON ADMIRAIT RÉELLEMENT CHEZ MAHOMET
L’intérêt de Napoléon pour Mahomet est réel. Encore faut-il déterminer ce qu’il admirait. Dans les Mémoires pour servir à l’histoire de France sous Napoléon, rédigés à Sainte-Hélène et publiés en 1823 sur des manuscrits corrigés de sa main, le contraste avec le Christ est explicitement politique. Jésus n’a exercé aucun pouvoir terrestre. « Mahomet fut roi ! », écrit en revanche Napoléon, avant de décrire une religion portée par une nation guerrière, unifiant les tribus, étendant son empire et réunissant l’autorité religieuse et le glaive.
Autrement dit, ce qui fascine le conquérant corse est d’abord un fondateur d’empire, un législateur et un chef capable de transformer une croyance en force d’unification, de conquête et de soumission politique. Napoléon contemple Mahomet à travers son propre rêve : fonder un ordre, donner une loi, mobiliser un peuple et étendre un empire.
L’historien égyptien Ahmed Youssef, membre de l’Institut d’Égypte et spécialiste des relations entre le monde arabe et la France, le résume sans ambiguïté. Ce n’est pas le prophète qui fascine Bonaparte, mais le conquérant parti de rien et devenu fondateur d’empire. Quant au Coran, Napoléon y voit surtout le texte de loi qui a structuré un État. Ahmed Youssef exclut toute attirance de Bonaparte pour la foi musulmane et replace son attitude égyptienne dans une entreprise de séduction destinée à éviter une révolte religieuse.
Il est donc trompeur de transformer l’admiration politique en adhésion spirituelle. Un homme peut admirer l’efficacité historique d’une religion sans croire à sa révélation. Il peut même souhaiter en reproduire les effets tout en demeurant sceptique à l’égard de son origine divine.
MAHOMET PARMI LES CRÉATIONS HUMAINES
Le scepticisme religieux de Napoléon apparaît clairement dans une autre conversation recueillie par Gourgaud. Le 28 janvier 1817, il explique que les religions enseignent la morale, mais qu’en considérant Socrate, Platon, Moïse et Mahomet, il n’y croit plus et les tient pour des productions humaines.
Il faut ici corriger une attribution parfois répétée : ce propos ne figure pas dans le testament de Napoléon. Sa source est le Journal inédit de Sainte-Hélène de Gourgaud, tome I, entrée du 28 janvier 1817, page 441.
Le testament dit même autre chose. Dans sa dernière volonté, rédigée à Longwood le 15 avril 1821 et conservée aux Archives nationales, Napoléon écrit : « Je meurs dans la religion apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je suis né il y a plus de cinquante ans. »
Cette formule ne suffit pas davantage à faire de lui un catholique fervent. Elle peut mêler attachement culturel, calcul dynastique, souci funéraire et retour religieux de la fin de vie. Mais elle établit au minimum que l’identité confessionnelle revendiquée dans son acte ultime n’est pas l’islam. Elle rend plus téméraire encore l’affirmation selon laquelle son islam aurait été « incontestable ».
L’HISTOIRE DE FRANCE N’A PAS BESOIN D’UNE CONVERSION RÉTROSPECTIVE
Dans sa mise au point, la Grande Mosquée de Paris affirme que cette discussion permet de montrer que l’histoire de France n’est pas étrangère à l’islam, à sa spiritualité et à ses cultures. Sur ce point général, nul besoin de fabriquer une conversion. La campagne d’Égypte, les échanges intellectuels, les relations diplomatiques, la présence ancienne de musulmans dans l’histoire nationale et les débats français sur l’Orient suffisent amplement à l’établir.
Mais rencontrer l’islam, l’étudier, l’estimer, l’utiliser ou admirer la puissance de son fondateur ne signifie pas s’y convertir. Confondre ces réalités revient à remplacer l’histoire des relations entre la France et l’islam par une captation symbolique de l’un des personnages les plus célèbres de l’histoire française.
La conclusion raisonnable n’est pas que Napoléon fut un croyant musulman caché. Elle est qu’il fut un maître de la communication politique, capable d’employer la chahada comme un outil de gouvernement, d’envisager une conversion collective si elle servait sa domination, puis d’avouer sans détour le caractère tactique de ce langage. Son intérêt pour Mahomet portait principalement sur le conquérant, le législateur et le fondateur d’empire. Son jugement privé sur les religions demeurait largement sceptique, tandis que son testament le rattachait formellement à la religion catholique.
Louis Blin a parfaitement le droit de défendre une lecture différente. La Grande Mosquée de Paris a parfaitement le droit de lui offrir une tribune. Mais ni l’autorité d’un historien, ni le prestige d’une institution religieuse ne transforment une interprétation minoritaire en fait incontestable. En histoire, surtout lorsqu’une affirmation épouse trop commodément un récit identitaire contemporain, il faut revenir aux documents. Ici, ils parlent avec une singulière clarté.
REPÈRES ET SOURCES
1. Grande Mosquée de Paris, « Napoléon et l’islam : retour sur une récente déclaration », 6 octobre 2026.
https://www.grandemosqueedeparis.fr/post/napoleon-et-l-islam-retour-sur-une-recente-d%C3%A9claration
2. Grande Mosquée de Paris, « Les relations entre Napoléon et l’Arabie racontées par Louis Blin », compte rendu de la conférence du 30 septembre 2026.
https://www.grandemosqueedeparis.fr/post/les-relations-entre-napoleon-et-l-arabie-racontees-par-louis-blin
3. Louis Blin, Napoléon et l’islam, Erick Bonnier, 2025. Présentation de l’éditeur.
https://www.erickbonnier-editions.com/islam-islamisme/napoleon-et-l-islam
4. Napoléon Bonaparte, Oeuvres, tome III, C. L. F. Panckoucke, 1821, proclamation de Terrâneh du 17 juillet 1799.
https://www.gutenberg.org/cache/epub/12893/pg12893-images.html
5. Gaspard Gourgaud, Sainte-Hélène. Journal inédit de 1815 à 1818, tome I, Ernest Flammarion, 1899, entrées des 26 décembre 1816, 28 janvier 1817 et 11 février 1817, pages 347 à 348, 441 et 472 à 473.
https://archive.org/stream/saintehlnejo01gouruoft/saintehlnejo01gouruoft_djvu.txt
6. Gaspard Gourgaud, Mémoires pour servir à l’histoire de France sous Napoléon, tome II, Firmin Didot et Bossange, 1823, chapitre « Égypte. Religion », pages 251 à 257.
https://www.gutenberg.org/files/38696/38696-h/38696-h.htm
7. Fondation Napoléon, transcription du testament de Napoléon Ier, document du 15 avril 1821 conservé aux Archives nationales.
https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/document-commente-le-testament-de-napoleon-ier/
8. Ahmed Youssef, entretien au Monde des religions, 18 août 2024.
https://www.lemonde.fr/le-monde-des-religions/article/2024/08/18/napoleon-bonaparte-etait-attire-par-la-figure-de-mahomet-et-la-centralite-du-coran-en-islam_6285185_6038514.html
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
La résurrection de la France
Extrait d’un entretien donné par Philippe de Villiers dans le JDD, alors que va paraître « Résurrection » aux éditions Fayard, un livre de retrouvailles avec l’âme de la France, qui annonce le réveil d’une génération. Face aux lycées en feu, Philippe de Villiers pointe du doigt la responsabilité de La France insoumise et appelle la jeunesse à retrouver la fierté d’être français :
La dernière partie de votre livre est consacrée à la résurrection de la France. Quelle est, selon vous, la condition vitale d’une résurrection ?
La condition vitale, c’est le retour à l’indépendance. Je sens venir la fin de l’aventure bruxelloise. J’annonce dans mon livre l’acte de décès probable et prochain de l’Union européenne. Elle est atteinte de plusieurs fièvres mortelles. Elle va mourir de ce qui l’a fait naître : née de Schengen, elle va mourir de Schengen. Née de l’euro, elle va mourir de l’euro. Née de l’Otan, elle va mourir de l’Otan. Née de l’Europe agricole, elle va mourir avec l’Europe agricole qu’elle a tuée de ses propres mains. Née du couple franco-allemand, elle va mourir du couple franco-allemand qui ne fait plus chambre commune. Et enfin, née fille de la paix, elle va mourir d’avoir voulu faire la guerre hors de son périmètre. Il faut partir. Il faut retrouver ce vieux concept qui a fait la fortune de la France et qui s’appelle l’indépendance nationale. La France doit retrouver son statut de puissance d’équilibre non seulement pour l’Europe mais aussi à l’échelle mondiale. Il faut dire la vérité : l’Allemagne est une puissance européenne de taille mondiale mais la France, elle, est une puissance mondiale de taille européenne.
À la fin de votre livre, vous répondez à la question : la résurrection, par qui ? Pouvez-vous lever un coin du voile ?
Les civilisations déclinent par masses. Elles se relèvent par poignées. Aux heures décisives, quand les institutions sont vides, quand les élites ont déserté le forum, quand le nombre lui-même a choisi la résignation, le destin d’un peuple repose tout entier sur une minorité qui incarne ce que les autres ont cessé de croire et de défendre. C’est une Vierge dans un baptistère face aux Huns ; un moine dans un vallon de Champagne, Bernard de Clairvaux ; une bergère de 17 ans face à un traité félon ; un marin sous son lit qui refuse la guerre des chemins creux et va finalement s’y jeter à corps perdu ; un groupe d’étudiants qui bravent l’occupant et viennent déposer une gerbe, le 11 novembre 1940, sur la tombe du soldat inconnu, à l’Arc de Triomphe. Chaque fois, c’est la même histoire : le rapport de force est dérisoire, il condamne le sursaut ; chaque fois, c’est la poignée qui l’emporte. Cette constante, c’est une loi de l’histoire. Le grand historien Arnold Toynbee, au terme de son étude monumentale des civilisations, avait conclu que celles-ci ne croissent que par des petits groupes qui répondent aux défis de l’épreuve et que le reste de la société, sortant de sa torpeur, finalement, se résout à suivre par imitation. Dans les heures de la désagrégation – pire, de la dégénérescence, où un peuple promène ses insignifiances au-dessus des abysses –, la minorité qui sauve ne se définit pas par un programme mais par une fidélité. Elle n’invente pas un ordre nouveau : elle porte, à travers le désastre, l’ordre ancien que les puissants ont trahi.
Où voyez-vous aujourd’hui, en France, ces minorités agissantes ?
Il y a deux espèces de minorités agissantes, et elles sont ennemies. La minorité révolutionnaire veut la table rase : elle juge le peuple réel corrompu et entend le remplacer. Robespierre l’a dit sans détour, convaincu de la nécessité d’enfanter un « homme neuf ». La minorité d’en face, elle, est une minorité restauratrice. Elle ne dit pas que le peuple est coupable et qu’il faut en changer. Elle juge que le peuple a été trahi. Elle n’entend pas fabriquer un peuple neuf, mais rendre un peuple à lui-même : les Maccabées ne fondent pas une religion, ils purifient le Temple ; Jeanne ne cherche pas à prendre le pouvoir, mais à sacrer le roi légitime ; de Gaulle ne proclame pas la République, il déclare qu’elle n’a jamais cessé d’être. Le minoritaire révolutionnaire invente ; le minoritaire restaurateur rend quelque chose : un temple, une couronne, une langue, une mémoire, un État. La restauration se ressouvient. Pour sauver la France, il faut donc aller chercher des hommes du ressouvenir. Ils sont là, sous nos yeux. On les a vus surgir, au Stade de France. Ils sont le « grain de moutarde » dont parlaient les Écritures.
Je pense là à ce qu’on a appelé le « petit reste », capable de descendre sur l’agora pour sauver le « grand reste ». Il s’agit d’une élite. Cette élite, je la sens, elle est là, elle est toute nouvelle, elle ne triche pas, elle est infiniment plus exigeante que ses aînés. Personne ou presque ne la voit venir. Cette élite est d’une autre trempe que celle des générations assoupies, des morts-vivants de la déploration lacrymale, des grognons de l’apéro, qui râlent au barbecue et puis qui votent conforme. Ce qui compte, pour ceux qui forment cette élite, c’est le fil d’Ariane, le fil qui a tissé la trame, le fil du temps long. Ils ont remonté la pelote. Pas comme Pénélope, mais comme la reine Mathilde. Ils croient à la France éternelle. Les majorités la font durer telle qu’elle est, bancale et déconstruite, les minoritaires la défont et la refont pour qu’elle retrouve la figure de la France. Ils remettent l’histoire à l’endroit.
Du nouveau au Syndicat de la Famille
En cette année présidentielle, Le Syndicat de la Famille se renouvelle ! Après avoir été la plus grande force mobilisatrice dans la rue, le Syndicat poursuit sa mission.
Le site internet a été rénové. Vous y retrouverez les travaux, les veilles médias et parlementaires, les billets d’humeur, les vidéos et surtout les 5 majeures présidentielles du programme de 85 propositions pour la famille. Parce que la famille n’est pas qu’un concept, elle est le coeur même de notre société et mérite toute notre attention.
Notre défense de la liberté scolaire ne peut reposer sur le seul rappel de notre républicanisme
D’Anne Coffinier, présidente de Créer son école, dans La Nef :
Les écoles privées hors contrat ont longtemps été mal vues par une partie de l’Enseignement catholique et des évêques. Elles étaient assimilées aux milieux traditionalistes et jugées antirépublicaines. On les soupçonnait d’être des entreprises d’entre-soi, de refuser l’autorité de l’évêque comme celle du recteur. La querelle liturgique a entretenu cette défiance. C’est en train de changer, notamment sous l’impulsion du Secrétaire général de l’Enseignement catholique. Le 15 septembre dernier, j’intervenais pour expliquer ce que le hors contrat pouvait apporter à l’Enseignement catholique devant tous les directeurs diocésains de France réunis en assemblée plénière.
Que s’est-il passé? En 25 ans, les écoles hors contrat ont été multipliées par 9 pour représenter 2665 établissements dont 17 % de catholiques. Il a été constaté que 72 % d’entre elles étaient aconfessionnelles, que nombre d’entre elles s’occupaient des élèves rejetés par le système scolaire, que bien des vocations sacerdotales ou des familles engagées dans les paroisses en étaient issues. Ces écoles sont même devenues d’utiles lieux de rencontre entre différentes sensibilités catholiques et d’évangélisation de familles attirées par la cohérence académique et éducative qu’elles proposent.
Depuis une dizaine d’années, de plus en plus d’évêques les encouragent à rejoindre l’Enseignement catholique. Le moment semble venu d’une fertilisation croisée plus assumée entre hors et sous contrat. Cela ne remet aucunement en cause le choix préférentiel de l’Enseignement catholique pour le sous contrat, considéré comme sa « forme ordinaire ». Mais il serait bien déplacé de croire que la catholicité procède du contrat. L’école catholique ne tire ni sa légitimité ni la preuve de son utilité sociale de la contractualisation avec l’État. L’Église, mater et magistra, est légitime à enseigner, ne serait-ce que parce que lutter contre l’ignorance est l’une des premières formes de solidarité envers le genre humain. Le contrat ne donne aucune garantie contre l’entre-soi, pas plus que le hors contrat n’y condamne. Mais c’est en se battant ensemble pour faire reconnaître la légitimité de la liberté d’enseignement sans laquelle l’esprit humain et les libertés publiques régressent, mais aussi pour obtenir l’égalité financière d’accès à l’école libre, que nous parviendrons à ouvrir nos écoles catholiques à tous. Pour cela, il faut une stratégie de différenciation par rapport à l’école publique, et non d’alignement.
Alors que le nombre d’enfants à scolariser diminue fortement et que les finances publiques se raréfient, la bienveillance de l’État envers l’école catholique se volatilise. L’Éducation nationale voudra tous les élèves et moyens budgétaires pour elle, en ces temps de crise. François Jarraud, rédacteur en chef du Café pédagogique, posait récemment la question: « Avec la chute démographique, a-t-on encore besoin de l’enseignement privé ? » Si l’enseignement privé n’est qu’un délégataire du service public, la réponse est effectivement fragile. Mais s’il tire sa légitimité de son caractère propre, donc de sa spécificité éducative, la perspective devient tout autre. Notre défense ne peut donc reposer sur le seul rappel de notre républicanisme. Il nous faut montrer ce que l’école catholique apporte de spécifique: la réponse au besoin de transcendance, le souci de la vérité, la transmission du cœur de notre civilisation européenne, une coopération féconde entre familles et école, et l’attention à la singularité de chaque enfant, loin de toute standardisation inhumaine du traitement des enfants.
Dans ce contexte, le hors contrat peut être un allié. Les établissements sous contrat ont intérêt à ouvrir des classes hors contrat lorsque l’État refuse de financer leur croissance ou leur reprend injustement des moyens. Face à la volonté de l’État d’endiguer l’essor de l’école catholique, la création de classes hors contrat au sein du souscontrat constitue le meilleur moyen d’instruire un maximum d’enfants, et d’inciter l’Enseignement catholique à cultiver ses libertés éducatives. De plus, cela contribue à démontrer l’existence d’un « besoin scolaire reconnu », étape indispensable pour obtenir de l’État un contrat supplémentaire. Ainsi développer des classes hors contrat n’est pas faire le deuil des financements publics dus, mais tout au contraire renforcer nos chances de les obtenir. Le moment est donc venu d’une convergence des luttes entre hors contrat et sous contrat pour que s’affirment des écoles catholiques, libres et combatives, soucieuses d’accueillir tous les enfants et de transmettre joyeusement la connaissance et l’amour de Dieu.
Emeutes islamistes
Les émeutes dites lycéennes ressemblent de plus en plus à des émeutes de barbares islamistes :
Beaugency (45) : scandale après une vidéo où l’on entend des lycéens chanter un son de rap faisant l’apologie d’attentats terroristes. « À la Mohamed Merah vesqui les caméras, Bataclan je l’ai shooté à l’œil, chasse à l’homme Salah Abdeslam » #BlocusLycées
https://t.co/ai4IXmHB94
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) October 5, 2026
« Ils sont que dix, au nom d’Allah, on les tue ! » : un lycéen de Mitry-Mory se lance dans une diatribe jihadiste.
LFI organise le chaos jusqu’à obtenir un nouveau Paty ? https://t.co/OEJUR7XPM5
— Laurence Trochu (@LaurenceTrochu) October 5, 2026
Deux églises profanées dans le Nord
Deux églises du département du Nord ont été cambriolées vendredi dernier. A l’intérieur de l’église Saint-Médard, sur la commune de Camphin-en-Carembault, le crucifix de l’autel a disparu, de même que deux chandeliers. Plus grave, le tabernacle a été fracturé. Le calice et le ciboire ont été dérobés. Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie de Phalempin pour le vol d’objets mais également pour profanation.
À quelques kilomètres, dans la commune de Chemy, l’église Saint-Martin a elle aussi été profanée. Le tabernacle a également été fracturé et les hosties emportées. Le maire a également porté plainte. Une messe de réparation assurée par l’évêque devrait avoir lieu dans les prochains jours.
La croissance des pèlerinages régionaux
Les deux dernières années ont connu une véritable explosion des pèlerinages locaux qui entretiennent un lien avec Notre-Dame de Chrétienté. Ils tirent leur inspiration du grand pèlerinage de Pentecôte, mais également d’initiatives locales déjà mises en place depuis quelques années.
Le renouveau de ces pèlerinage s’appuie sur la revendications des racines locales. Un phénomène profondément ancré dans la nature humaine, dont un texte de la Commission théologique internationale montre l’importance et la bienfaisance.
Il y a une situation qui se répète malheureusement dans la plupart des cas : si les pèlerinages régionaux suscitent un certain engouement, ils ne reçoivent pas le soutien des évêques locaux. Souvent, la liturgie traditionnelle se voit interdite. Certains pèlerinages trouvent des solutions, d’autres doivent être annulés.
L’Homme Nouveau consacre un dossier à la croissance des pèlerinages régionaux.


Toujours plus d’euthanasies en Australie
1138 demandes d’« aide à mourir », un chiffre en augmentation de 38% sur un an : l’Etat du Victoria a publié son rapport sur l’ « aide à mourir » (voluntary assisted dying, VAD) pour la période allant du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026.
Depuis l’autorisation de cette pratique en 2019, ce sont 4790 personnes qui ont demandé à y recourir dans l’Etat australien. Mais ces demandes sont parfois retirées. Le plus souvent, c’est en raison du décès du demandeur. En 2025-2026, 401 demandes ont été annulées et 908 autorisations distribuées. La substance létale a été délivrée dans 702 cas.
Le nombre de retraits de demandes suite au décès du patient fait dire à la Commission d’examen de l’« aide volontaire à mourir » que « de nombreux patients semblent entamer la procédure de demande alors qu’ils sont à un stade avancé de leur maladie ». Or la loi de l’Etat a changé : désormais les médecins pourront « fournir de l’information de façon proactive » à leurs patients, qui seront en outre éligibles à l’« aide à mourir » si leur pronostic vital est inférieur à 12 mois, contre 6 actuellement. Ces changements « pourraient permettre un accès plus rapide à l’aide médicale à mourir et réduire le nombre de retraits de demandes », prévoit le comité qui semble s’en réjouir.
La part des euthanasies en croissance
Autre changement annoncé : à partir de 2027, le demandeur pourra choisir entre l’« auto-administration » de la substance létale et l’administration par un praticien. Ce qui ne fera qu’augmenter la part des euthanasies qui est déjà en hausse sur les dernières années : 23% en 2025-2026 par rapport à la période précédente qui avait déjà enregistré une hausse de 18%. L’année dernière, sur les 702 délivrances de substance létale, 161 étaient destinées à être administrées par un tiers. Ainsi, en 2025-2026, 140 personnes ont été euthanasiées quand 372 patients ont mis fin eux-mêmes à leurs jours.
Avec le changement législatif, la Commission anticipe une forte augmentation des euthanasies : dans les juridictions australiennes où le choix est laissé au patient, ce sont de 70 à 90% d’entre eux qui font le choix se faire administrer le produit létal par un praticien.
Quelques médecins particulièrement « actifs »
« Les évaluations sont restées concentrées entre les mains d’un petit nombre de praticiens », pointe par ailleurs le rapport. En effet, la moitié des évaluations en vue d’une « aide à mourir » a été faite par 37 praticiens. Les 10 les plus « actifs » ont soumis 23% des évaluations, « avec une moyenne de 46 évaluations chacun ».
La Commission d’examen affirme vouloir « alléger la pression pesant sur le personnel actuel ». Dans ce but, les infirmiers pourront bientôt pratiquer une « aide à mourir ». Figure également parmi les dispositions votées en 2025, la suppression de l’exigence d’un troisième avis pour les demandeurs souffrant d’une maladie neurodégénérative. Ce qui « réduira la sollicitation d’une catégorie de spécialistes particulièrement rares ».
Des procédures qui ne respectent pas la loi mais ne semblent pas inquiéter la Commission de contrôle
Le rapport de la Commission de contrôle indique que 21 cas d’« aide à mourir » n’ont pas respecté la procédure légale. Il s’agit essentiellement de question de délais.
Les praticiens ont en effet la possibilité de passer outre le délai de 9 jours imposé – pour le moment – entre la première et la dernière demande d’« aide à mourir », s’ils attestent que le patient peut décéder avant ces 9 jours. 11% des demandes ont obtenu cette « dérogation » en 2025-2026. Mais certains praticiens ne se sont pas donné cette peine. Pour trois cas sur la période examinée par le rapport, ce délai n’a pas été respecté sans que ne soit soumise de demande de dérogation. Un patient a même formulé sa dernière demande le jour de la consultation d’évaluation.
D’autres situations de non-conformité concernent le retard observé pour restituer un produit létal non utilisé. Dans un cas, il ne l’a jamais été. La Commission ne semble pas préoccupée par ces affaires et recommande d’aller toujours plus loin. Loin de se contenter de tous les changements d’ores et déjà votés, il est déjà question d’en obtenir un autre : que les patients puissent effectuer une demande d’« aide à mourir » par téléconsultation.
Source : Gènéthique
De Paris à Lourdes, Léon XIV : le pape-pèlerin de la Paix
Second article de notre trilogie : 4 jours et 3 nuits avec le Pape Léon XIV en France
de notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur, biographe et consultant
Alors qu’il célèbre sa messe géante à l’emplacement même où le 21 janvier 1793, le bon roi Louis XVI fut décapité, Léon XIV, visiblement ému et recueilli, garde la tête sur les épaules. Il maîtrise son émotion face à cette foule de plus de 700 000 pèlerins venus de France.
La messe célébrée, juste avant 18h00, il prend l’avion et quitte la terre assoiffée parisienne sur laquelle il a déversé ses paroles de « vie ». Direction la petite bourgade de Lourdes, devenue la ville de la voyante des apparitions de Notre-Dame, Bernadette Soubirous. Ces apparitions ont eu lieu dans la célèbre « grotte aux cochons », que l’on appelle depuis la « grotte de l’Immaculée Conception ». Lourdes est à trois jets de bénédiction de la racine béarnaise papale. De nouveau, c’est à Lourdes que « la source d’eau vive » jaillit.
Ce 26 septembre, c’est là, dans la nuit étoilée, que le pape revêt sa tunique de pèlerin, devant une foule de 200 000 fidèles. Reportage, un cierge à la main.
La Grand-Messe de la Concorde
Ah, il fallait la voir cette messe géante, cette cathédrale éphémère d’un jour qui étendait ses bras tout autour de la place de la Concorde et qui prolongeait son corps mystique tout le long de l’avenue des Champs-Élysées, et même au-delà de l’Arc de Triomphe, jusqu’aux portes de Neuilly et de Maillot. Sur 3,3 kilomètres, une foule immense, tout un peuple de chrétiens, de croyants et de non-croyants, près de 800 000 pèlerins.
Les avenues portent bien leur nom, comme l’avenue de la Grande-Armée. Car, la Grande Armée de Dieu était là, debout pour la plupart, avec pour seules armes : celles du cœur, de la foi, de la joie, de la prière, de la soif et de la vie. Ils sont venus de toutes les régions de France : de Bretagne, des Hauts-de-France, d’Auvergne, de Rhône-Alpes, du Centre, ou encore d’Ile-de-France, etc. Une grande partie de la famille humaine de France s’était donné rendez-vous dans la capitale : du bébé, du nourrisson, jusqu’à l’arrière-grand-père et l’arrière-grand-mère, ou presque, toutes générations confondues. Un arbre généalogique à la taille d’un pays se redresse : celui de la France civilisationnelle.
Parmi les grands-parents, il y avait les plus connus, comme Brigitte Macron – son mari ayant décliné l’invitation, boudant cette après-midi historique et triomphale de la chrétienté française haute en couleurs –, comme Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, François et Pénélope Fillon, présents dans le carré des personnalités officielles politiques.
Au cœur de cette nef à ciel ouvert, au moment où les nuages tiraient leur révérence, le Saint-Père, alors que venait de sonner 15h00, les trois heures du Christ, s’avançait au milieu de sa cohorte de cardinaux et d’évêques, au milieu de ses prêtres et diacres, de ses enfants de chœur au chiffre astronomique de 400 !
Oui, les chiffres donnent le tournis : plus de 15 000 bénévoles, plus de 2 400 prêtres et diacres, plus de 1 000 choristes, et plus de 500 000 hosties !

Témoignages de grands patrons
Avant la messe, dans le carré des VIP, l’arrivée des grands patrons comme Bernard Arnault, accompagné de son épouse Hélène et de ses fils Frédéric et Jean, n’est pas passée inaperçue. Le patron de LVMH était visiblement heureux de ce moment, lui qui fait partie des grands donateurs de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, et qui finance la venue du pape. Il y avait également Sébastien Bazin, le patron du groupe ACCOR, Jean-Charles Decaux, Vincent Montagne – patron de Média-Participations, président du Syndicat national de l’édition, et président de la chaîne KTO –, Ernest-Antoine Seillière, l’ancien patron du MEDEF entre 1998 et 2005, etc.
Pour Sébastien Bazin, l’enthousiasme au cœur, son témoignage sonne comme un florilège : « Je pense qu’on attend tous quelque chose : une étoile qui nous guide. On attend que l’on nous redonne la bonne direction. On a besoin d’une voix et que ce moment de grâce perdure au moins six mois. » Sébastien Bazin est le patron du groupe hôtelier français qui « embauche plus de 100 000 personnes par an ». Il continue : « Nous sommes une école de la vie, présente dans plus de 120 pays ». Il évoque Paul Dubrule, l’un des fondateurs du groupe Accor : « Il va très bien Paul, il va suivre cela à la télévision. Un petit clin d’œil à Paul et à Gérard (ndlr : l’autre fondateur), qui est là-haut ».
Alors que les premières places au pied du maître-autel se remplissent assez vite, c’est au tour du Baron Seillière de s’exprimer : « C’est un moment d’une importance extrême pour la France et pour l’Europe. Le pape donne le sentiment qu’il est pour chacun d’entre-nous son ami personnel. Il est proche, il est compatissant. » Il revient sur la crise économique, politique et social que connaît la France depuis quelques années : « C’est un moment difficile de notre existence, mais il y en a eu d’autres. Tout fini par s’arranger. Nous avons, donc, des raisons d’espérer, et nous en trouverons tout au long de cette messe et de la visite du pape Léon XIV en France. »
Les temps forts de la Messe
Ah, il faut le voir et le revoir ce bain de foule du pape qui a duré plus d’une demi-heure et qui a démarré avenue de la Grande-Armée, avec plusieurs pauses, dont celles à l’Arc de Triomphe. Puis, la descente des Champs-Elysées au milieu des clameurs. Une image a marqué la France entière, celle de tous ces bébés présentés par des familles, des papas et des mamans, passant de main en main, arrivant à celles des volontaires et des policiers, des gendarmes, et, enfin, de la garde rapprochée – dernière ceinture de sécurité – pour arriver jusqu’au pape qui fait stopper le véhicule blanc, regarde le petit ange et fait une bénédiction sur son front. Et cette autre image presque céleste qui a fait le tour du monde : celle de la bénédiction de Marie-Garance Noël, 11 ans, polyhandicapée, toute vêtue de bleu, dont les parents adoptifs, Clotilde (de l’association Tombée du Nid) et Nicolas, n’imaginaient pas qu’elle serait portée à ce point jusqu’au pape, tenue par un colosse de la Garde suisse. Sa bénédiction est une onction. Tous attendaient le miracle de la guérison. Il a eu lieu… invisible.
A ce moment précis, la terre s’est arrêtée, le ciel s’est ouvert. Un moment des plus suspendus, une sorte de « transfiguration », de Pieta inversée – photographiée avec brio par Ludovic Marin de l’Agence France-Presse. Plus tard, devant les caméras de BFMTV, Clotilde Noël répondra que cette rencontre n’était « absolument pas prévue ». Imprévue, donc, mais, très certainement, providentielle.
A 14h59, après ce bain de foule triomphal, la procession d’entrée monumentale démarre. Là, de nouveau le temps est suspendu. Les nuages ont disparu, il y a du blanc, du bleu et du jaune partout ! Puis, à 15h37, c’est l’homélie, une parole belle, libre et profonde, ascensionnelle et divine, authentique et véritable, qui interpelle le peuple de France : « Que cherchons-nous vraiment dans la vie ? » Face à la soif de sainteté et de sens, à la recherche de valeurs, qu’il évoque de nouveau, le pape répond : « La soif de Dieu est une soif de sens ».
Avant la source de Lourdes, la soif de Dieu
On le croirait entouré de ses prédécesseurs et des saints : de Léon XIII avec son encyclique Rerum Novarum (1891) qui littéralement se traduit par « la soif d’innovations », de saint Jean-Paul II et de ses quatorze lettres encycliques qui en parlent – avec son célèbre texte « J’ai soif » (Evangile de saint Jean 19, 28) –, de sainte Mère Teresa qui a apposé « I Thirst » à côté de toutes les croix de ses maisons de charité, de saint Joseph de Cotignac et de saint Vincent de Paul (le patron des vignerons).
Léon XIV, quand il était missionnaire au Pérou a vu cette soif manquer plus d’une fois. C’est pour cela qu’il démarre son homélie ainsi : « “ Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive ” (Jn 7, 37). Frères et sœurs, notre communauté assoiffée s’élance vers le Christ, source d’eau vive ; cette eau qui désaltère et fait fleurir la vie, cette eau de l’amour de Dieu “ répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ” (Rm 5, 5). Le désir de Dieu habite notre cœur au plus profond, et nous crions avec le Psalmiste : “ Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ” (Ps 41, 3) ! C’est le cri d’un homme, humble et passionné, dont la soif la plus intérieure et existentielle ne cesse de grandir. Or c’est Jésus-Christ, par son incarnation, qui rejoint tout homme dans son histoire et se révèle à lui comme la véritable source d’eau vive capable d’étancher sa soif. Il ne s’agit pas tant d’une soif matérielle que d’une soif de sens, de vérité et d’accomplissement qui habite le cœur de chacun. Jésus répond à ce désir profond de relation, de communion avec Dieu, en qui réside la plénitude de la vie pour toujours. »
Il conclut sa visitation à Paris
Il termine devant une foule recueillie :
« Chers frères et sœurs, l’eau vive de l’Esprit Saint s’est répandue en abondance et continue à porter ses fruits dans l’Église par les missionnaires et les témoins dans toutes les cultures et dans tous les peuples. Elle féconde tout ce qui se laisse toucher, transformer par elle pour produire son fruit, c’est-à-dire la sainteté de ceux qui adorent le Dieu véritable et servent leurs frères et sœurs dans la charité avec générosité. Dans ce beau pays qu’est la France, beaucoup se sont abreuvés à cette eau vive au fil des siècles et ont totalement consacré leur vie au bien : les premiers martyrs tels Blandine, Pothin, Irénée ; les saints fondateurs et fondatrices d’Ordre religieux, les saints évêques comme Martin, François de Sales ; les hommes et les femmes au cœur sensible aux besoins de leurs prochains comme Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Jeanne Jugan, et tant d’autres. Encore aujourd’hui, ils sont nombreux dans notre société, nos paroisses, nos différentes activités, ceux qui continuent à s’engager en faveur de la vie, de la famille, de la vérité, de la paix, de la fraternité, de la justice. De cette belle ville de Paris, je prie avec ferveur pour que l’eau vive de l’Esprit Saint se répande sur toute la France… »

A Lourdes : le maire, le pape, Hugo et… Denise
Il est 19h03 lorsque l’avion du pape se pose à l’aéroport international de Tarbes-Lourdes-Pyrénées. Là, dans cette petite ville, devenue depuis 1858 la seconde ville hôtelière de France, Victor Hugo dépose ses valises en 1843. Il y écrit une partie de ses poèmes. Léon XIV a contemplé la cité mariale vue du ciel, Victor Hugo vue depuis sa diligence en provenance de Pau. L’écrivain décrivait : « Le Gave d’un côté, la ville de l’autre, et les montagnes, hautes, abruptes, coupées de tranchées profondes d’où montent les brumes, le vent, le bruit. »
Le pape, lui, va à l’essentiel et relate « un lieu béni, un lieu de prière, de conversion et d’espérance ».
Accueilli par le maire de la ville, Thierry Lavit, au milieu de chants montagnards traditionnels, comme celui de Lourdes au salut, les deux hommes déambulent et échangent sur la ville, l’eau, l’histoire de Bernadette Soubirous – l’humble et pauvre voyante – et le château-fort, qui domine là-haut, au-dessus de son pic rocheux. Ce que n’a pas fait Emmanuel Macron – ratant ainsi une occasion historique –, Thierry Lavit le fait : il offre à Léon XIV de donner son nom à un pont restauré ; une statue emblématique qu’ils dévoilent ensemble devant les caméras du monde entier : La Fraternité entre les peuples, réalisée par le sculpteur Jean-Jacques Abdallah. Là, nous avons plus qu’un message, un baiser de paix, une offrande, un parfum déposé sur les pieds d’un pape venu en pèlerin.
Alors que la nuit tombe et que les deux hommes échangent leurs cadeaux de bienvenue et de remerciements : trois rosiers centenaires de Lourdes (destinés aux jardins du Vatican) et un pot de miel issu des ruches du Château-fort, tout autour bourdonnent la clameur et les prières incessantes des 200 000 pèlerins venus de toute la région, d’Espagne, d’Italie et du Var principalement.
Denise Ostertag, qui fêtera ses 90 ans dans quelques semaines, est venue spécialement avec son petit groupe paroissial de La Crau. « Oh, quel bonheur, d’avoir pu être là. C’était incroyable, formidable. Une journée remplie de joie, de paix et d’amour… » Une journée historique, bien que fatigante, qui a duré 24 heures (avec un aller-retour en bus) pour celle que l’on appelle là-bas « la Mama ».
Le pape-pèlerin chapelet et cierge à la main
Alors qu’il vient de quitter le maire, Léon XIV traverse toute la ville au milieu de la foule des pèlerins qui l’acclament, chantent et prient. Sa déambulation de vingt minutes s’arrête à la grotte de Massabielle. Ah, il faut la voir cette grotte, la contempler, zoomer sur chaque parcelle de sa roche qui suinte ; un rocher devenu, depuis la première apparition du jeudi 11 février 1858, un roc marial, une pierre de paradis. La lumière y est sacrée, presque dorée.
Après les clameurs et les applaudissements, un silence divin, véritable soupir marial, accueille le pape-pèlerin qui prie quelques minutes, à genoux, en regardant la statue de l’Immaculée Conception sous laquelle est inscrite cette description : « Que soy era Immaculada Councepciou ».
Puis, il se relève et marche seul, touche avec sa main droite la paroi de la grotte, juste au-dessus de la source. Un chapelain lui offre un verre d’eau – cette eau miraculeuse qui a guéri et soigné des milliers de personnes depuis 1858. Le pape continue et termine son tour en touchant la paroi de sa main gauche au-dessus de lui, comme s’il voulait La toucher. Pour être totalement pèlerin, il lui manque deux choses : allumer un cierge et prier le chapelet. C’est ce qu’il va faire. Avant de quitter la grotte, il prie la Vierge Marie.
« Nous te prions pour la France »
« Notre-Dame de Lourdes, l’Immaculée Conception, en ce lieu béni où tu as parlé, avec tant de douceur et de tendresse, à sainte Bernadette , humble fille du peuple de France pour délivrer au monde un lumineux message de prière, de conversion et d’espérance, nous accourons vers toi avec confiance ; parce que Tu es la Mère que Jésus nous a donnée, et que tu es attentive à tous nos besoins. Nous te prions, Notre-Dame, pour la France dont tu es la Patronne et que tu as durant tant de siècles entouré de ta protection. Obtiens pour son peuple le don de la concorde fraternelle. Qu’il construise une société harmonieuse, bannissant toute violence et toute haine, permettant à chacun de travailler, de fonder sa famille et d’accomplir sa vie jusqu’au bout dans la tranquillité et la sérénité. Que les plus malheureux et les plus pauvres soient toujours soutenus. Obtiens pour la France des dirigeants sages et généreux, prêts au sacrifice d’eux-mêmes, capables d’affronter les défis et voulant servir le bien commun. Qu’ils la gardent en paix dans le concert des nations. Qu’ils fassent entendre sa voix pour promouvoir la défense des droits humains fondamentaux, ainsi que la paix dans le monde, rejetant à jamais les logiques de guerre… »
Le chapelet du pape et la procession aux flambeaux
Vers 20h45, le pape est de retour à la grotte de Massabielle, cette fois-ci, il est revêtu de son habit de pèlerin à 100 % : sa courte pèlerine rouge que l’on appelle mozzetta et qui couvre les épaules, par-dessus sa soutane immaculée de blanc, ses chaussures de marche. Puis, un chapelain lui apporte un cierge de procession et d’un geste simple, il sort son chapelet de sa poche gauche. Démarre, ensuite, la longue procession aux flambeaux qui va mener le pape Léon XIV jusqu’au parvis de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, alors que tous égrènent le chapelet et sèment les grains de la Paix pour le monde entier !
Dans le ciel la pleine lune brille comme jamais.
Finalement, Léon XIV, en tant que pape-pèlerin à Lourdes, aura rencontré les malades, les pauvres, les autres pèlerins et – ne les oublions pas – des victimes de crimes et de délits d’abus et de pédophilie commis au sein de l’église de France.

A la rencontre des victimes…
Ce dimanche 27 septembre, 7 victimes « triées sur le volet » sont là : 3 femmes et 4 hommes, dont 5 ont accepté de rendre publique leur identité. Il s’agit de Jean-Marie Delbos (80 ans), abusé à 10 ans par un prêtre de Bétharram, de Bertrand Virieux, abusé par le curé Bernard Preynat, de Véronique Garnier, abusée à 13 ans, d’Olivier Mardi, agressé dans les années 70 par l’abbé Bernard Tartu (condamné en 2024) au sein des Petits chanteurs de Touraine, de Jérôme Guillement. Cette sélection « triée sur le volet » a été vivement critiquée, certains collectifs reprochant à l’épiscopat français d’avoir mis en scène une opération de « blanchiment » ou « de vitrine ». Une sorte de « casting institutionnel » de « victimes convenables ou dociles ». S’agirait-il d’un « coup de communication », d’un « déni de représentativité », ou d’une « instrumentalisation de la souffrance » qui viserait à atténuer ces scandales dans l’église de France qui aurait fait selon le rapport Sauvé (de la CIASE) près de 330 000 victimes ?
Et les autres ?
La Ciase, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, a travaillé notamment sur le profil de l’abbé Pierre-Armand de Voyer d’Argenson, ordonné par Mgr Lefebvre en 1976. Il a quitté l’église schismatique, puis a officié en touraine sous la protection du cardinal Jean Honoré. En septembre 2007, il a été condamné définitivement pour « délit de violences volontaires sur une personne vulnérable », mais jamais pour pédophilie, alors que parmi ses victimes il y avait des enfants de chœur. A ce moment-là, il officiait comme chapelain à la basilique Saint-Martin de Tours, avant de devenir vicaire général de l’archevêché de Tours, dans les années 1990. De plus, le collectif indépendant « Après la Ciase » (créé à la suite des conclusions de la commission fin 2021) a joué et joue encore un rôle clé de veille en dénonçant, notamment, publiquement son maintien dans des fonctions officielles au sein du diocèse de Quimper, malgré ses antécédents judiciaires. Beaucoup de zones d’ombre persistent sur l’affaire d’Argenson, sur cet abbé qui appartenait à la génération des « pionniers » du Séminaire Saint-Pie X d’Ecône, fondé par Mgr Lefebvre.
Finalement, au-delà de cet exemple, combien sont-ils à ne pas avoir été condamnés par le tribunal ecclésiastique, à ne pas avoir subi de sanction pénale canonique ? Le mystère reste entier, un mystère au goût amer, de fiel, pour toutes les victimes.
Face à ces scandales, le pape Léon XIV s’est engagé personnellement « pour que ce mal ne se reproduise plus ». Il a ajouté : « Je suis profondément bouleversé, profondément blessé » par le témoignage des victimes, évoquant des plaies toujours ouvertes… Un pape compatissant, à l’écoute, protecteur et réparateur de ces enfants victimes. Espérons-le !
Sur les réseaux sociaux, un signe pour finir
Sur les réseaux sociaux un certain Niko Winchester s’étonne que toute la visitation du pape à Lourdes se soit déroulée un jour de pleine lune. Ce réseauteur fervent et passionné a été relayé par plusieurs profils et groupes sur Facebook.
« Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. » Tout serait dit dans ce texte de l’Apocalypse de St Jean (chap.12, 1).
Effectivement, lors de la procession, le soleil se couchait, tel un doux manteau, recouvrant de ses couleurs pastel et de son ombre la voûte céleste qui s’éteignait lentement. Au même moment, lorsque le pape sort en tenue de pèlerin de la grotte, il aperçoit la pleine lune qui se lève, resplendissante, se positionnant – selon ces observateurs – au-dessus du sanctuaire, placée « sous les pieds » de la Femme et de l’immense ferveur mariale. Quant aux douze étoiles, la statue de la Vierge située sur l’esplanade est couronnée d’une auréole lumineuse !
Ave Maria, gratia plena…
Reportage réalisé par Antoine BORDIER
Copyright des photos A. Bordier, AFP-L. Martin, copie-écran KTO et Le Jour du Seigneur
Troisième et dernier article de notre trilogie à suivre…
Prix Combourg-Chateaubriand en 2026, après le Prix Roger Nimier en 2025, pour le « Malestroit » de Jean de Saint-Chéron
L’académie Chateaubriand a attribué le prix Combourg/Chateaubriand 2026 à l’écrivain Jean de Saint-Cheron, pour son livre « Malestroit » sur la vie de la mystique morbihannaise Yvonne-Aimée de Malestroit, paru aux éditions Grasset. Ce prix prestigieux lui a été remis le samedi 3 octobre au château Combourg où vécut l’auteur du « Génie du christianisme ». En 2025, ce même livre Malestroit avait reçu le prix Roger Nimier.
Résistante décorée de la Légion d’honneur par le général De Gaulle, Yvonne Beauvais est une héroïne inconnue, et pour cause : on a voulu effacer son histoire. Cette femme dont la vie, dès l’adolescence, fut dédiée au service des pauvres, se fit religieuse à l’âge de 26 ans et transforma le couvent breton de Malestroit en une clinique moderne. Quand la guerre éclata, elle s’engagea dans la Résistance, cachant parmi ses sœurs une jeune juive puis des dizaines de résistants et de parachutistes alliés. Torturée par la Gestapo, elle sera couverte de médailles à la Libération. Mais elle avait le défaut d’être mystique… Son entourage lui attribuait des phénomènes extraordinaires, incompréhensibles (stigmates, visions, bilocation…), comme dans les récits du Moyen Âge. Or le surnaturel fait peur : il sent le soufre, le mensonge ou la folie. En 1960, neuf ans après la mort d’Yvonne à l’âge de quarante-neuf ans, l’inquisition de l’Église de Rome referma son dossier de canonisation de façon définitive, sur trois mots cinglants : « Trop de miracles ».
Qui était-elle vraiment ? Une illuminée ? Une affabulatrice prétendant avoir rencontré Adolf Hitler pour se faire briller ? Ou une vraie sainte, victime de misogynie et de jalousie, que firent finalement souffrir les grâces stupéfiantes qu’elle avait reçues ? La réponse est moins simple qu’on pourrait croire, quel que soit le camp dans lequel on se place, sceptique ou admirateur.
Retracer son destin, c’est plonger dans un roman mêlant légende, témoignage et récit mystique au cœur de la grande Histoire. Ce que Jean de Saint-Cheron fait avec style et fougue en mettant en scène à la fois son enquête personnelle et les jours d’Yvonne-Aimée. Sans jugement, il se place au plus près de la vérité pour tâcher de dire ce que fut l’existence de cette femme proprement extra-ordinaire.
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Malestroit, Jean de Saint-Cheron, Editions Grasset, 224 pages, 20 €.
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La Vie chrétienne victorieuse – La haine envers le peuple juif : hier, aujourd’hui, demain (Partie 1)
Une haine ancienne et persistante
Cet exposé s’adresse à tous, chrétiens ou non, avec le désir d’aborder un sujet grave en tenant ensemble deux exigences que nous ne devons jamais séparer : la vérité et la bienveillance.
Il ne cherche pas à juger les personnes, mais à inviter chacun à réfléchir, à la lumière de l’Écriture, sur une réalité ancienne et pourtant toujours présente : la haine envers le peuple juif, hier, aujourd’hui et, selon ce que nous pouvons discerner de l’Écriture, demain.
Une précision est nécessaire avant d’entrer dans le sujet. Nous évoquerons les fautes commises, au cours des siècles, par des personnes se réclamant du christianisme à l’égard du peuple juif : croisades, expulsions, discours de mépris, persécutions et violences parfois extrêmes.
Les nommer ne signifie évidemment pas accuser les chrétiens d’aujourd’hui d’en porter personnellement la responsabilité. Nous ne sommes pas coupables des actes commis par ceux qui nous ont précédés. Un chrétien du XXIe siècle n’a pas à porter le poids moral de crimes accomplis, des siècles auparavant, par d’autres.
La mémoire n’est pas la culpabilité.
Mais se souvenir du mal commis, l’appeler par son nom et en tirer une leçon de vigilance relèvent de l’honnêteté historique et de la responsabilité spirituelle. Il n’est pas nécessaire de s’incliner sous un fardeau qui ne nous appartient pas pour reconnaître les erreurs du passé et nous en garder aujourd’hui.
Cet exposé ne cherche donc ni à accabler, ni à culpabiliser, ni à opposer des croyants à d’autres croyants. Il veut simplement rappeler ce que la Bible enseigne au sujet d’Israël et ce que cela implique pour notre manière d’aimer, de discerner et d’unir fermeté dans la vérité et bienveillance envers les personnes.
Lorsque nous observons l’histoire du peuple juif, une question s’impose avec une acuité troublante : pourquoi tant de haine ?
De l’oppression en Égypte ancienne aux pogroms de l’Empire russe, de l’Inquisition espagnole à la Shoah, des attentats antisémites aux discours haineux diffusés aujourd’hui sur les réseaux sociaux, le peuple juif a traversé l’histoire en rencontrant une hostilité dont la persistance frappe les esprits.
Il existe des questions que nous aimerions ne jamais avoir à poser ; la haine envers les Juifs est de celles-là. Nous voudrions croire qu’elle appartient définitivement au passé, qu’elle a été jugée, condamnée et dépassée. Pourtant, elle réapparaît sous des formes nouvelles, avec une régularité qui devrait nous alarmer.
Pourquoi ce peuple, parmi tant d’autres, a-t-il suscité une hostilité aussi obstinée au cours des siècles ?
Pour un chrétien, les explications historiques, politiques, économiques, sociales et idéologiques sont nécessaires. L’antisémitisme ne doit jamais être traité comme une énigme abstraite qui dispenserait d’étudier ses causes concrètes. Mais ces explications ne constituent pas toute la réalité.
Dès les premiers récits bibliques, une opposition répétée apparaît contre le peuple hébreu. Dans le livre de l’Exode, Pharaon cherche à faire disparaître les garçons hébreux nouveau-nés (Exode 1.15-22). Dans le livre d’Esther, Haman projette l’anéantissement du peuple juif (Esther 3.8-9).
Même l’apôtre Paul demande : « Dieu a-t-Il rejeté Son peuple ? Loin de là ! » (Romains 11.1). Puis il affirme : « Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Romains 11.29).
Ces paroles nous interdisent de penser qu’Israël aurait cessé d’avoir une place dans les pensées de Dieu. Elles signifient que Dieu demeure fidèle à l’appel qu’Il a souverainement donné.
L’histoire post biblique porte malheureusement les traces de cette hostilité : persécutions dans diverses périodes de l’Antiquité et du Moyen Âge, massacres de communautés juives lors des croisades, expulsions, violences liées à l’Inquisition, pogroms dans l’Empire russe et, finalement, l’aboutissement monstrueux de l’antisémitisme racial nazi avec la Shoah, au cours de laquelle environ six millions de Juifs furent assassinés.
Il faut le dire sans détour : les persécutions de Juifs commises par des chrétiens, ou au nom du christianisme, ont été une trahison de l’Évangile. Ceux qui ont persécuté les Juifs au nom du Christ ont contredit son enseignement. Jésus Lui-même a déclaré à la Samaritaine : « Le salut vient des Juifs » (Jean 4.22).
Cette parole devrait suffire à nous rappeler l’enracinement juif de la foi chrétienne. Jésus était Juif selon la chair ; Marie était Juive ; les apôtres étaient Juifs ; les premiers disciples étaient Juifs. Les Écritures que nous appelons l’Ancien Testament furent confiées à Israël, et le Messie est venu selon les promesses faites aux pères.
Nommer cette trahison ne revient pas à instruire un procès contre les chrétiens d’aujourd’hui. C’est reconnaître le mal afin de mieux s’en garder. Un chrétien contemporain doit recevoir de cette histoire une leçon précieuse : ne jamais permettre que le langage religieux serve d’habillage à la haine, quelle qu’en soit la cible.
Une haine qui change de visage
Dans nos sociétés, l’antisémitisme est condamné par la loi. L’histoire l’a dénoncé ; les commémorations rappellent où il peut conduire ; l’éducation cherche à transmettre la mémoire des crimes du passé. Pourtant, il revient.
Parfois, il se présente sous forme de préjugés silencieux. Parfois, il s’exprime ouvertement par l’insulte, l’agression, la profanation ou la violence. Parfois encore, il emprunte le langage de la conspiration : domination financière, contrôle des médias, influence secrète sur les gouvernements, manipulation supposée des événements mondiaux.
Le danger est de ne plus reconnaître le mal parce qu’il porte un masque différent de celui que les livres d’histoire nous ont appris à identifier.
Les années 1930 nous enseignent une leçon simple et terrible : une société peut s’habituer progressivement à des paroles qu’elle aurait jugées impensables quelques années plus tôt. Tout commence souvent par des mots ; puis viennent la marginalisation, la suspicion, la stigmatisation et la déshumanisation. Lorsque ces étapes ne rencontrent pas de résistance, la violence peut suivre.
Les événements du Proche-Orient depuis les massacres commis en Israël le 7 octobre 2023 ont remis cette question au centre de nombreuses discussions. Ils ont aussi révélé une difficulté particulière : la souffrance des victimes juives peut être relativisée, minimisée ou oubliée ; inversement, certaines critiques de la politique israélienne peuvent glisser vers une hostilité qui vise les Juifs comme peuple.
Il faut donc maintenir une distinction essentielle : critiquer les décisions d’un gouvernement n’est pas haïr un peuple. Les prophètes d’Israël n’ont jamais épargné leur propre nation lorsqu’elle s’écartait de Dieu et commettait l’injustice. Ils l’ont reprise, avertie et parfois sévèrement condamnée. La critique politique ou morale a donc sa place.
Cependant, le mal commence lorsque cette critique devient un prétexte pour accuser indistinctement tous les Juifs ; lorsqu’elle applique à Israël des critères refusés à toute autre nation ; lorsqu’elle déshumanise les Israéliens ; lorsqu’elle justifie la violence contre des civils ; ou lorsqu’elle reprend, sous un vocabulaire politique, d’anciens stéréotypes antijuifs.
Nous pouvons désapprouver une politique sans haïr un peuple. Nous pouvons reconnaître la souffrance des victimes israéliennes sans devenir indifférents à celle des civils palestiniens. La compassion chrétienne ne doit pas être distribuée selon les camps. Elle doit répondre à la souffrance humaine, sans relativiser le mal où qu’il se trouve.
La Bible nous rappelle la réalité du cœur humain : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est incurable ; qui le connaît ? » (Jérémie 17.9).
Les lois sont nécessaires ; l’éducation est précieuse ; la mémoire est indispensable. Mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à changer le cœur humain. Celui-ci demeure capable de produire le mensonge, la haine et la violence.
Le chrétien reconnaît donc que le combat contre le mal possède aussi une dimension spirituelle. Cette conviction ne remplace jamais l’analyse sérieuse des causes historiques ou sociales ; elle nous empêche seulement de croire que le problème serait définitivement réglé par les progrès apparents de la civilisation.
À suivre… « La haine envers le peuple juif : Israël dans le dessein de Dieu »
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La réaction des Corses à la profanation de la statue de la Vierge Marie à Porto-Vecchio
La réaction des Corses par cette messe à la profanation de la Statue de la Vierge Marie à Porto-Vecchio ! https://t.co/ilpq9Hx0aF
— Yves Pozzo di Borgo (@YvesPDB) October 4, 2026
Communiqué du diocèse :

2027 : le RN au Pouvoir ? Un parcours d’obstacles multiformes…
Les sondages sont bons. Le ras-le-bol croît. Gagner les élections est possible. Cela suffira-t-il pour que le RN puisse réellement conquérir et exercer le Pouvoir ?
Passage en revue des obstacles à franchir : les Juges, la Rue, l’Etat-Profond (administration, collectivités locales, etc.), la Finance, l’UE.
LES JUGES : INELIGIBILITE DE MARINE LE PEN
Tout le monde semble avoir oublié cette affaire.
Pourtant, l’épée de Damoclès demeure.
Le pourvoi en Cassation de Marine Le Pen lui permet certes de ne pas avoir de bracelet électronique maintenant. Mais il provoque un risque. Si la Cour de Cassation va vite, elle peut émettre un arrêt qui remettrait Marine dans les dispositions du jugement initial, donc avec inéligibilité. Plus encore, l’avocat Régis de Castelnau semble avoir trouvé une jurisprudence solide pour affirmer que Marine est toujours inéligible, du fait même de son pourvoi en Cassation.
Scénario à craindre : après le dépôt des 500 signatures de parrainage, le Conseil Constitutionnel pourrait constater cette inéligibilité et refuser cette candidature.
Solution possible : présenter 2 candidats (donc trouver 1000 parrainages?), et en retirer un si besoin après le feu vert du Conseil Constitutionnel.
LA RUE
Nous en avons un aperçu actuellement avec les « grèves » des étudiants-lycéens. Elles ressemblent fort à des répétitions : constitutions de groupes et de savoir-faire.
Scénario à craindre : une espèce de grève générale, facs, écoles, transport, docks, etc. Un mélange du théâtre mis en œuvre en 2002, des « grands soirs » révolutionnaires, des insurrections de banlieues, etc.
Face à ce cirque « antifa », les forces de l’ordre sont démunies : depuis 1986 et Malik Oussekine, l’État refuse tout affrontement qui pourrait conduire à un décès. Louable intention, mais qui rend très difficile le rétablissement de l’ordre face aux foules.
Solution possible : faire en sorte que ce cirque commence le plus tôt possible, par exemple dès le soir du 1er tour, avec la qualification de Mélenchon. C’est ce que nous avions évoqué ici : https://lesalonbeige.fr/vote-melenchon-au-1er-tour-une-evidence/ . Ainsi, ce serait l’équipe macroniste actuelle qui devrait gérer le début de ce bazar. Dans ce cas, soit ils y arrivent, et l’ordre revient. Soit ils n’y arrivent pas, et l’opinion publique sera prête pour accepter des mesures plus dures.
En d’autres termes : s’il y a des morts, il vaut mieux que le premier soit de la responsabilité des macronistes…
L’ETAT PROFOND (ADMINISTRATION, COLLECTIVITES LOCALES) : IMPOSSIBLES REFORMES ?
Si le RN conquiert le pouvoir, il a promis des référendums « à valeur constitutionnelle ». En premier lieu : l’immigration et l’islam coranique.
Le problème est que le Conseil Constitutionnel juge ces référendums non conformes à la Constitution.
Le RN prétend passer outre et organiser quand même ces référendums. Mais… pour l’organiser, il faut des bureaux de vote partout, donc des mairies impliquées, etc.
Scénario à craindre : une partie de l’administration et des collectivités locales pourraient refuser d’organiser le vote, aidé par le bazar de la rue. Cette « désobéissance civile » est déjà évoquée par LFI assez largement. Elle trouverait sa légitimité auprès du Conseil Constitutionnel, de l’UE, etc.
Solution possible : l’armée pour organiser des votes là où ce serait nécessaire ? Cela ressemblerait à un coup d’État… Ou bien proposer par référendum une nouvelle Constitution entière ? Très long à mettre en œuvre…
LA FINANCE
Chaque mois, l’État doit emprunter environ 25 milliards d’euros (les OAT, etc.). Sans cet argent, l’État ne peut pas fonctionner.
Scénario à craindre : pour « punir » la France d’avoir mis le RN au pouvoir, la Grande Finance pourrait refuser de continuer à prêter.
Solution possible : emprunt d’État ? Souvent, cela coûte plus cher en intérêts… Réduire les dépenses, vite et fortement ? Cela provoque de forts mécontentements…
Cerise sur le gâteau : l’effondrement du CAC40 si le RN gagne…
L’UE
Comme naguère pour la Hongrie, l’UE pourrait s’appuyer sur la notion floue d’« Etat de droit » pour contraindre la France, voire la punir. Dans la hiérarchie des normes actuelle, le Droit UE est au-dessus de la Constitution française : voilà de quoi invalider les référendums RN (s’ils ont lieu, cf supra…).
Scénario à craindre : condamnations de toute sorte, gel de subventions, etc.
Solution possible : Frexit ? Difficile à organiser rapidement, alors que ce n’est plus dans le programme du RN…
DES RISQUES… MAIS SURTOUT UNE URGENCE : FERMER LE ROBINET !
Beaucoup de risques majeurs, donc.
Beaucoup de verrous autour des demandes de bon sens, portées pourtant par la majorité du peuple.
Ceci dit, l’exemple de l’Italie avec Méloni montre qu’une voie est possible. Mais c’est au prix d’un adoucissement notable des programmes, et d’un art très fin de la négociation.
Le RN saura-t-il faire ?
LR sera-t-il un allié concernant certaines mesures qu’il porte aussi, ou bien de nouveau un Judas trahissant le peuple, comme Giscard, Chirac, Sarkozy, etc. ?
Ces risques pourraient nous décourager, sans même évoquer toutes les carences doctrinales du RN.
Mais plus nous attendons, plus un redressement sera difficile : le robinet de l’islam coranique continue de couler et de remplir l’Hexagone.
La priorité est, comme nous l’avons écrit maintes fois : FERMONS LE ROBINET de cet islam coranique.
Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, [email protected]
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Présidentielle au Brésil : Flavio Bolsonaro fait mentir les sondages
Au Brésil, les sondages prévoyaient un léger avantage pour Lula jusqu’à la veille du vote. Le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro obtient plus de 47 % des suffrages, contre près de 45% pour le gauchiste Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, qui brigue un quatrième mandat.
Le second tour aura lieu le 25 octobre.
Le président des États-Unis, Donald Trump, avait dit suivre «de très près» l’élection brésilienne, après avoir vu des alliés parvenir au pouvoir en Argentine, en Colombie ou au Pérou.
Le Brésil a également assisté à un véritable raz-de-marée conservateur aux législatives, notamment au Sénat, où l’ex-première dame Michelle Bolsonaro a été élue haut la main, tout comme Carlos Bolsonaro, frère de Flavio.
Le camp Bolsonaro a également effectué une moisson au niveau des gouverneurs.

