Emmanuel Macron : « Comment des Français peuvent faire cela à la France ? »
Dans son allocution d’hier soir, le président de la République est apparu totalement inapte à sa fonction, ne comprenant rien à la situation conflictuelle de la France, conséquence dramatique de l’immigration et de l’islamo-gauchisme.
En regardant ces images, nous nous sommes tous demandé, qu’ont-ils dans la tête ? Comment des Français peuvent faire cela à la France ? Pourquoi brûler la mairie de Limoges, l’office de tourisme à Lyon, envahir la mairie à Marseille ou attaquer la résidence du préfet à Bordeaux ? Comment peuvent-ils en arriver là ? Rien ne le justifie, rien ne l’explique, rien ne l’excuse.
Des « Français » ?
Éric Zemmour n’a pas eu peur des mots :
« Ce que nous avons vu hier, c’est le véritable visage du grand remplacement. Il a une apparence : une horde de barbares maghrébins et africains qui entrent dans les villes ».
Derrière les émeutes, il y a aujourd’hui une alliance entre l’extrême gauche révolutionnaire et la racaille. L’extrême gauche violente existe depuis deux siècles. Mais aujourd’hui elle descend dans la rue avec la racaille. Les images parlent d’elles-mêmes.
Hier soir, après l’intervention du chef de l’Etat, les pillards avaient repris leurs exactions.
D’Halloween au jour des défunts : vivons la Toussaint !
Du 31 octobre au 2 novembre, trois journées nous invitent à contempler, sous différents angles, la victoire du Christ sur le mal et sur la mort.
– Le 31 octobre – Halloween : la veillée de Toussaint
– Le 1er novembre – La Toussaint
– Le 2 novembre – Commémoration des défunts
Vous avez dit « Halloween » ?!
Certes, aujourd’hui cette fête est souvent associée aux monstres, à la mort, aux sorcières et autres représentations du mal. Mais Le mot « Halloween » vient de l’anglais « All Hallows’ Eve », qui signifie « veille de la Toussaint ».
Nous pouvons nous réapproprier cette fête en vivant cette soirée comme une véritable veillée de prière qui nous conduira à la Toussaint !
Installons-nous devant notre coin prière et adorons le Seigneur en communion avec tous les saints du ciel.
Décorons notre maison avec des images pieuses, des représentations des saints.
Alors, de la veillée d’Halloween à la fête de la Toussaint, et jusqu’à la commémoration de nos défunts, nous verrons un même chemin d’espérance se dessiner :
1. Le Christ a vaincu le mal et la mort, et les saints qui nous ont précédés nous montrent comment vivre dès ici-bas dans l’amitié de Dieu.
2. Les saints partagent désormais la victoire du Christ. Nous les contemplons dans la gloire du Ciel pour mieux suivre leurs pas.
3. Cette victoire nous encourage à confier nos défunts, ainsi que notre propre mort, à la miséricorde de Dieu, dans l’espérance de nous retrouver un jour tous ensemble dans son Royaume.
Quelques idées à prévoir pour ces 3 jours de Toussaint : c’est ici :
https://bons-outils.webnode.be/toussaint/
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
A quel moment l’Etat considère qu’il perd le contrôle ?
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, qui n’a toujours pas démissionné (il aurait présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée), déclarait le 6 octobre dernier :
« Nous n’avons pas perdu le contrôle. Perdre le contrôle, c’est si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes, qui pillaient les magasins et qui commettaient des exactions. »
10 jours après, nous pouvons donc dire que l’Etat a perdu le contrôle de la situation.
🔴🇫🇷 ARCHIVE
Laurent Nunez, le 6 octobre dernier :
« Nous n’avons pas perdu le contrôle. Perdre le contrôle, c’est si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes, qui pillaient les magasins et qui commettaient des exactions. » https://t.co/1vR9hxsacA— Jon De Lorraine (@jon_delorraine) October 17, 2026
Chaos en France : des dirigeants étrangers dénoncent l’immigration
Le Premier ministre hongrois :
Des vidéos et images choquantes arrivent de France. Des bâtiments historiques ont été détruits, des centaines de policiers ont été blessés, et d’énormes dégâts matériels ont été causés au milieu de la vandalisme et de la violence croissants des derniers jours. Face à cette destruction insensée et à cette violence injustifiée, il est peut-être désormais clair pour tous pourquoi la Hongrie prône l’approche la plus stricte possible en matière de migration, et pourquoi nous ne relâcherons pas notre protection des frontières ou notre politique d’immigration sous quelque pression que ce soit. Je suis ravi que le sommet de l’UE actuel ait clairement montré que la grande majorité des pays européens se sont réveillés et veulent rompre avec les politiques permissives du passé. Nous espérons qu’il n’est pas trop tard. Qu’il n’y ait aucun doute : la protestation pacifique et légale est une chose ; le vandalisme et la violence en sont une tout autre. La première est un droit fondamental ; la seconde est un crime grave. L’Europe que nous aimons tous est en grave difficulté aujourd’hui. Il est aussi de notre responsabilité d’aider à préserver notre continent comme l’endroit le plus merveilleux du monde pour nos enfants et petits-enfants. L’Europe peut compter sur la Hongrie. J’exprime ma solidarité totale avec le peuple français.
Le Premier ministre polonais :
La Pologne ne répétera pas les erreurs des autres pays européens et ne paiera pas non plus pour elles. Nous défendons fermement notre frontière contre l’immigration illégale, nous avons notre propre politique d’asile (nous n’acceptons pas les demandes), nous expulsons ceux qui enfreignent le droit polonais. Sur la question de la sécurité, nous serons impitoyables. C’est ce que j’ai dit aux dirigeants de l’Europe à Bruxelles.
Le vice-président des Etats-Unis :
Les libéraux occidentaux ont importé le tiers-monde en France et dans d’autres pays au nom de la diversité et de la compassion. Ils ont ignoré les questions fondamentales d’assimilation et de compatibilité. On leur a dit que cela mènerait à cela et ils n’ont pas écouté. Je prie pour que la France, un beau pays de gens incroyables, arrête cette folie avant que davantage de ses monuments emblématiques ne brûlent. Et j’espère que les Américains sont attentifs. C’est l’avenir que les démocrates du Congrès souhaitent pour votre pays.
La France est en flammes ! L’immigration de personnes venant d’un monde totalement différent, des personnes portant la haine dans leur cœur, a brisé ce grand pays d’autrefois. Fermez vos frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard !
Cisjordanie : un maire communiste français blessé
Bernard Baudoux, maire d’Aulnoye-Aymeries, participait samedi à une récolte d’olives à Taybeh, aux côtés de représentants français, belges et polonais. Il a été pris pour cible et blessé lors d’une attaque de colons israéliens. Il se trouvait aux côtés d’une délégation comprenant des diplomates français, belges et polonais, eux aussi visés par les assaillants.
La présence de l’élu dans ce village de Cisjordanie occupée s’inscrit dans un rapprochement entre les deux communes.
L’impunité des barbares…
Des terroristes israéliens frappent des diplomates et élus européens près de Taybeh, village chrétien 🇵🇸
Bernard Baudoux, maire français de 78 ans, jeté au sol et battu avec des barres de fer. Des diplomates belges et polonais ont aussi été molestés https://t.co/BK3PO5Eq2X
— Alfred Lanning (@alfred_lanning1) October 18, 2026
Bernard Baudoux, French mayor of Aulnoye-Aymeries, has spoken after a settler attack in Taybeh, West Bank. He describes being ‘thrown to the ground’ despite wearing his mayor’s sash which clearly represent French colours, ‘in order to protect’ the people around him. https://t.co/WPHo0ffbKA
— Middle East Eye (@MiddleEastEye) October 18, 2026
Communiqué du cabinet du Premier ministre israélien:
Nous appelons à la prudence avant de tirer des conclusions des rapports d’aujourd’hui selon lesquels des diplomates européens auraient été attaqués par des Israéliens masqués en Judée-Samarie. Toute violence contre des diplomates est inacceptable. Plus l’accusation est grave, plus la demande de preuves convaincantes est forte.
Voici ce que nous savons :
- La délégation diplomatique est entrée dans une zone sensible avec un historique de confrontations sans coordination préalable avec les FDI, comme l’a officiellement confirmé l’armée. Une telle coordination est essentielle pour protéger les diplomates en visite et prévenir la violence.
- La visite incluait Bernard Baudoux, maire du Parti communiste français qui avait auparavant hissé le drapeau palestinien sur son bâtiment municipal, incitant les autorités françaises à ordonner son retrait.
- Des images publiées montrent des individus masqués confrontant un véhicule diplomatique. D’autres images montrent une fenêtre brisée et une personne allongée au sol. Ces images seules ne permettent pas d’établir la séquence complète des événements ou la responsabilité individuelle. Ces circonstances font encore l’objet d’une enquête.
- La police israélienne et les enquêteurs médico-légaux ont lancé une enquête pour établir les faits et identifier les responsables.
Ces rapports interviennent alors que des inquiétudes se font jour concernant une campagne coordonnée visant à salir Israël et les résidents juifs de Judée-Samarie pendant la récolte annuelle des olives, en s’appuyant sur des gros titres sensationnalistes avant que les faits complets n’émergent.
Nous pourrions voir d’autres allégations dans les prochains jours. Au moment où les preuves seront pleinement examinées, les dommages à la réputation causés par des conclusions prématurées pourraient déjà être faits.
Nous appelons le public et les journalistes responsables à exiger des preuves vérifiables, à rejeter les ouï-dire et à refuser de transformer des allégations non prouvées en une inculpation collective des résidents juifs de Judée-Samarie.
Le cocktail de l’islamo-gauchisme et d’un État complice par lâcheté conduit droit à la guerre civile
Parmi le florilège de commentaires sur les évènements d’hier, relevons celui de Yann Baly, président de Chrétienté Solidarité, de retour du Liban :
De retour du Liban après 10j de mission pour Chrétienté Solidarité, voilà ce que je découvre à Paris à proximité du métro Rambuteau, vers 19h00. Incendie et pompiers pris à partie par des tirs de mortier par une foule haineuse. Drapeaux algériens et palestiniens. Le cocktail de l’islamo-gauchisme et d’un État complice par lâcheté conduit droit à la guerre civile.
Comme l’islamo-progressisme et la défaillance de l’État ont conduit le Liban à la guerre. Mes amis libanais m’ont prévenu : la France de 2026, c’est le Liban de 1973, 2 ans avant l’explosion. Il est urgent de prendre la mesure du danger et d’utiliser les moyens exorbitants dont dispose encore l’État pour éviter le pire.
Nous sommes prévenus. Et depuis longtemps.

Le maire de Lyon, Emmanuel Grégoire, complice des racailles et des islamo-gauchistes, devrait être en prison :
Exfiltration tendue pour le maire de Lyon Grégory Doucet après son point presse devant l’office de Tourisme. De nombreux Lyonnais et commerçants l’interpellent vivement https://t.co/CtNXAGpsNw
— Lyon Mag (@lyonmag) October 18, 2026
🔴 « Vous devez démissionner ! »
Un commerçant qui a passé la nuit à surveiller son magasin en Presqu’île s’en prend au maire de Lyon, Grégory Doucet, aux lendemains de la manifestation du 17 octobre
#lyon #Manifestation17Octobre https://t.co/aNSjRteQsu
— actu Lyon (@actufr_lyon) October 18, 2026
Bruno Gollnisch, ancien vice-président du FN, a déclaré :
Ayant représenté Lyon et sa région durant des années, à l’Assemblée nationale, au Parlement européen, au Conseil régional Rhône-Alpes, je vois l’émeute, l’incendie, le pillage, qui ravagent cette ancienne capitale des Gaules, naguère réputée pour sa convivialité, comme ils ravagent tant de villes de France. Je constate le résultat d’une évolution que mes amis et moi avions été les seuls à dénoncer durant des décennies, dans l’espoir d’en préserver nos compatriotes, sous les insultes, les quolibets, les menaces, les agressions, même physiques, de toute nature. La « gauchisation » des esprits par l’enseignement, les médias, l’université ; la destruction de l’autorité et de la famille ; l’impunité dont jouissent les bandes ethniques et les casseurs d’ultra gauche depuis très longtemps portent les fruits amers qu’ont devait en attendre. L’insouciance des notables, voire leur complicité, se payent très cher. Aller chercher chez eux les meneurs pour qu’ils rendent compte de leurs agissements criminels, c’est la première mesure du rétablissement d’un ordre qui requiert de toute façon une réforme profonde de notre société.
Les barbares ont profané Paris :
Cette France « colorée » sur la statue de Jeanne d’Arc qui hurle « on est français » « on gagné » ! J’aime et j’oublie le manque de respect apparent pour la Statue ! J’aime ! https://t.co/HWOZiEr9pt
— Yves Pozzo di Borgo (@YvesPDB) October 17, 2026
Un couple a été dépouillé par des fauteurs de trouble dans le quartier de la place de la République, à Paris.
Les deux victimes, toutes deux âgées de 80 ans, ont été trouvées en légère tenue sur la voie publique….
Nous sommes arrivés à une étape irréversible….— Dosinda (@Dosinda961308) October 18, 2026
Le président de la République réunira à 17h30 le Premier ministre et les ministres du gouvernement concernés. Ensuite il s’exprimera. Mais s’il n’annonce pas la dissolution de La France Insoumise et l’expulsion des immigrés, cela ne servira à rien.
🇫🇷 Apocalypse Now à Paris. Ces images de la France sont diffusées dans le monde entier. C’est tout ce qu’il restera de Macron: le chaos, les flammes, les pillages, la destruction. https://t.co/dbATxJy3kK
— 🇺🇸Trump Times 🇺🇸 (@VirginiePerez15) October 17, 2026
Les troupes d’occupation ont détruit la mairie de Limoges. Les immigrationnistes peuvent pleurer à chaude larme, ils ne récoltent que le fruit de leur complicité :
🇫🇷 LIMOGES, 17 OCTOBRE 2026.
La mairie en flammes et un immense drapeau palestinien brandi au milieu des manifestants.
Quelle image terrible de la France d’aujourd’hui !!! 😡Quand un symbole de notre République brûle, c’est bien plus qu’un bâtiment qui est attaqué. C’est notre patrimoine, notre histoire, nos institutions.
La République ne doit jamais céder devant la violence et le chaos !
Vite l’armée !!!!
#MelenchonCoupable
#Limoges #République #Violences #France— Zohra Rose Bitan 🌹🎗️SoutienFD0🦩 (@ZohraBitan) October 17, 2026
🫵🏻🔴 Cette vidéo édifiante a été tournée par un policier depuis l’intérieur de la mairie de Limoges prise d’assaut par les émeutiers avant d’être incendiée hier en ce 17 Octobre.
Faites savoir et montrer bien au monde, à vos proches, vos amis le genre de sauvages auxquels nos forces de l’ordre sont confrontés.
#17Octobre https://t.co/q5hw7bnAIC
— Bleu Blanc Rouge ! 🇫🇷 (@LBleuBlancRouge) October 18, 2026
Les idiots utiles de l’immigration, de l’accueil de l’étranger, de la journée mondiale du migrant, etc., sont tout autant coupables que les hypocrites du gouvernement, qui subventionnent le gauchisme depuis des décennies. En 2025, le ministère de l’Intérieur a versé 918,9 millions d’euros à 1 264 associations au titre de l’immigration, de l’asile et de l’intégration. C’est le triple du montant de 2016. L’asile concentre à lui seul 833,7 millions d’euros. Pourtant, selon le rapport de l’Assemblée nationale, il n’existe « aucune base de données » recensant aussi ce que versent les autres ministères et les collectivités. Un seul opérateur, le Groupe SOS Solidarité, a touché près de 105 millions d’euros.
« Je suis Marocain, on va tous niquer ce qu’il y a en France (…) moi je suis algérien faites vos sous et taillez-vous ». https://t.co/q2ZZa4bu76
— Damien Rieu (@DamienRieu) October 18, 2026
When the left and Islam join forces you get a kind of Civil War.
#Marseille #France https://t.co/VHB81mYfPY
— Geert Wilders (@geertwilderspvv) October 17, 2026
L’État a demandé aux citoyens de renoncer à se défendre eux-mêmes en échange de sa protection. Mais que reste-t-il de ce contrat lorsque la protection fait défaut et que le droit de se défendre n’a jamais été aussi strictement encadré ? Les Français doivent désormais se défendre eux-mêmes face à la racaille immigrée. A Paris, des immeubles d’habitation ont été pris pour cible par des individus cherchant à les piller, notamment dans le secteur du boulevard Voltaire (11e). En plus des nombreux pillages de commerces dans plusieurs villes de France.
Le bilan provisoire de l’action des CRS à l’échelle nationale se chiffre par 19 blessés, 574 blessés « légers », 2178 grenades à main, 9070 grenades au lanceur, 204 ASSD, 273 GM2L, 385 CONDOR, 638 GENL, 564 grenades fumigènes, 393 tirs de LBD, 15 conteneurs lacrymogènes, 205 600 litres d’eau et 218 interpellations.
Laurent Nuñez n’a toujours pas démissionné.
Ces images doivent faire le tour du monde. Nos voisins doivent savoir.
Lyon l’une des plus grandes villes de France le 17 octobre est l’une des villes les plus touchées.
A Lyon, aucun commerce n’a été épargné, oui aucun commerce n’a aucun épargné vous avez bien lu. Toutes les boutiques vidées, vitrines éventrées, stocks dévalisés de la rue de la République aux Jacobins, jusqu’à Confluence.
L’office de tourisme de Bellecour pillé puis incendié.
Les pillages ont continué toute la nuit et même dimanche matin.Les commerçants avaient barricadé. Ça n’a pas suffi. Des magasins de vêtements, de sport, de luxe, des enseignes grand public, tout y est passé.
Le préjudice est tel qu’il faudra des semaines pour le chiffrer. Certains ne rouvriront pas.
La France est dans le ravin. Macron en est l’un des principaux responsables. Le pays est hors de contrôle.
Le monde doit le savoir.
— Guillaume Herblot 🎖️ (@Guigz75116) October 18, 2026
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La Croix gommée a encore frappé !
La Croix a encore perdu une occasion en publiant une tribune de Jean-François Chiron, prêtre du diocèse de Chambéry et obscur théologien, qui regrette la présentation sur le même plan des grandes figures chrétiennes de la France lors de la veillée des jeunes, lors du voyage du pape en France.
Au-delà de contester l’authenticité de la tunique d’Argenteuil, l’auteur conteste l’historicité de la venue de Lazare et de Marie-Madeleine en Provence ainsi que le martyr de saint Denis, le converti de saint Paul sur l’Aréopage d’Athènes, lui qui, décapité à Montmartre, s’empara de sa tête pour aller s’inhumer à Saint-Denis. Des fariboles pour notre théologien rationaliste.
Les lecteurs pourront se reporter au récent livre d’Arnaud Boüan du Chef du Bos sur l’évangélisation des Gaules au Ier siècle (Ed. Trésors de nos Pères), dont la thèse est que la France a été évangélisée par plus de 150 disciples, envoyés par saint Pierre et ses successeurs, dès le Ier siècle de notre ère (contrairement à ce qu’affirme depuis 3 ou 4 siècles la critique historique).
Le pape a quitté l’hôpital Gemelli et est rentré au Vatican
Après son opération du poumon, le pape Léon XIV a quitté l’hôpital samedi pour rentrer au Vatican.
📍📍📍¡El #Papa abandona el #Gemelli camino del #Vaticano!
Se le ve con buen aspecto y ha saludado con afecto a quienes le esperaban.
“Estoy mejor, Gracias”📹AIGAV https://t.co/XGtlk83Fwz
— Eva Fernández (@evaenlaradio) October 17, 2026
Léon XIV vient de rentrer au Vatican, cinq jours après son opération au poumon à l’hôpital Gemelli à Rome #VaticanNews https://t.co/ZmCSjDD0pT
— Vatican News (@vaticannews_fr) October 17, 2026
Dimanche, lors de l’Angélus, il s’est adressé aux catholiques, place Saint-Pierre :
L’Évangile proclamé lors de la liturgie de ce jour (Mt 22, 15-21) nous confronte à l’une des paroles les plus célèbres de Jésus : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (cf. v. 21). C’est pourquoi il est important de la replacer dans le contexte où elle a été prononcée à l’origine.
L’évangéliste Matthieu décrit une situation hostile à Jésus : les pharisiens se rassemblent pour voir comment le prendre en défaut dans ses discours (cf. v. 15). Ils décident d’envoyer certaines personnes l’interroger sur une question controversée : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César ? » (v. 17). La réponse du Maître est astucieuse, car elle lui permet d’échapper au piège et de démasquer l’hypocrisie de ceux qui cherchent à le faire trébucher. Il leur demande la pièce de l’impôt, c’est-à-dire un denier. Ils la lui donnent, et Jésus dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? ». Ils lui répondent : « De César ». Alors il déclare : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (vv. 17-21).
En Jésus, nous contemplons un Dieu qui ne craint pas l’histoire et qui, au contraire, vient l’habiter. Son Royaume n’abolit pas les fonctions ni les responsabilités humaines. Il demande cependant de vivre sans compromis, libres de toute mauvaise ambition et de tout intérêt injuste, en faisant passer avant tout le Royaume de Dieu et sa justice (cf. Mt 6, 33). On est frappé, en ce sens, par l’éloge que ces mêmes personnes adressent à Jésus, même si elles sont mues par de mauvaises intentions : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens » (v. 16).
Très chers amis, tel est précisément le profil de ceux qui « rendent à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » : être sincères, sans crainte ni hypocrisie, libres pour le bien. Prions le Seigneur de nous aider à être ainsi. Et confions-nous à l’intercession de la Vierge Marie.
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À l’issue de l’Angélus
Chers frères et sœurs,
nous célébrons aujourd’hui la centième Journée Missionnaire Mondiale. Pensons à toute l’histoire missionnaire de ces cent dernières années ! Prions pour que l’Église reste toujours fidèle au mandat du Seigneur ressuscité : « Allez dans le monde entier et proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15).
Je tiens à remercier tous ceux qui ont prié pour moi ces derniers jours. J’ai vraiment ressenti votre soutien, merci !
J’exprime une reconnaissance particulière aux médecins, aux infirmiers et à l’ensemble du personnel de la polyclinique « Gemelli ».
Cette expérience m’a fait ressentir de manière particulière la proximité avec tous ceux qui traversent la maladie et une situation d’infirmité.
Cette phase délicate étant désormais derrière moi, comme vous le savez, je reprendrai progressivement mes activités, toujours avec l’aide de Dieu et grâce à vos prières.
Merci encore et bon dimanche !
Terres de Mission : Nohad Al Chami, la miraculée de saint Charbel
Eglise universelle : Nohad Al Chami, la miraculée de Saint Charbel
Décédée en mai 2025, Nohad Al Chami, libanaise et mère de 12 enfants, a été l’heureuse bénéficiaire d’un des miracles les plus extraordinaires de Saint Charbel Makhlouf. Marthe Peres présente ce film émouvant distribué par Saje : « Nohad Al Chami – La miraculée de Saint Charbel ». Une vie de souffrances transcendée par la foi.
Eglise en France : Souffrances et espérance de l’Eglise de France
A l’occasion de la venue du pape Léon XIV en France fin septembre, l’ECLJ (Centre Européen pour le Droit et la Justice) a rendu public un rapport extrêmement précis et fouillé sur la situation de l’Eglise en France : « 2026. Souffrances et espérance de l’Eglise en France ». Constance Avenel présente ce précieux travail.
Eglise en marche : Pèlerinage Summorum Pontificum et rencontres Pax Liturgica
Président du CISP (Coetus Internationalis Summorum Pontificum), Christian Marquant présente le programme des 11èmes rencontres Pax Liturgica le vendredi 23 octobre et du 15ème pèlerinage Summorum Pontificum à Rome le samedi 24 octobre prochains. Mgr Schneider honorera ces événements de sa présence.
« Usez votre curé ! »
Du Père Xavier Cormary, diocèse du Tarn
Un nouveau drame a frappé une communauté chrétienne dans le diocèse de Dijon. Le Père Bernard Card, curé de la paroisse Sainte-Chantal à Dijon, s’est donné la mort le 5 octobre 2026. Il avait 73 ans.
Par-delà l’émotion suscitée par un tel drame et les questions que suscite un tel acte de la part d’un prêtre, je ne peux m’empêcher aujourd’hui en tant que prêtre de prendre la parole. Les témoignages affluent pour partager le désarroi et la gratitude de beaucoup de chrétiens qui ont bénéficié du ministère du Père Bernard : « Il avait célébré mon mariage il y a 20 ans… Il avait fait les obsèques de mon papa l’an passé … Qu’il repose en paix… » Je ne m’étonne même pas de commentaires beaucoup plus perfides sur les réseaux qui sous-entendent que ce prêtre avait sur la conscience des faits graves qu’il n’a pas voulu assumer. D’autres commentaires sont affligeants : « le suicide, c’est pas bien : c’est un péché ! Que font les évêques ? Ils ne prennent pas soin de leurs prêtres… Il faut autoriser le mariage des prêtres pour solutionner la solitude des prêtres ». D’autres réactions, fort heureusement, expriment aussi une véritable compassion humble, respectueuse et priante.
S’il est vrai que certains prêtres se sont suicidés face à des accusations possiblement fondées, mais aussi face à des calomnies de la part de personnes malveillantes ou en manque de reconnaissance qui ont détruit la réputation d’un homme, il faut aussi parler de la réalité qui est le quotidien de centaines de prêtres en France.
« Pour faire comme tout le monde »
Je suis prêtre depuis plus de vingt ans. Encore dans la force de l’âge, je suis désormais curé d’une paroisse dans le sud de la France depuis quelques années. Je travaille avec un diacre et quelques laïcs engagés dans ce territoire très rural. J’ai quelques amis prêtres avec qui je partage régulièrement mes joies et difficultés, mais ils sont géographiquement éloignés. J’ai une famille bienveillante mais également dispersée. Je bénéficie d’un accompagnement spirituel que je voudrais plus exigeant, mais il m’est difficile de trouver un confesseur formé et qui me tire vraiment vers le haut… J’habite seul dans mon presbytère. Je pense avoir un sens du contact, le verbe facile et le cœur bienveillant et attentif aux personnes que je croise, mais aussi aux plus fragiles, aux jeunes et aux enfants. J’ai une sensibilité liturgique qui n’est pas « tradi », encore moins baba cool et qui m’aide à faire l’unité de ma communauté dans sa diversité. J’ai la chance d’avoir un évêque attentionné. Je suis conscient que mon vécu n’a peut-être pas grand-chose à voir avec les prêtres établis en milieu urbain, quoi que…
Si je me sens souvent seul, ce n’est pas parce je n’ai pas de femme ou d’enfant. Si la charge pastorale est lourde à porter, ce n’est pas la raison qui me ferait perdre ma joie ou perdre la foi pour exercer ma mission. Si je me sens triste, ce n’est pas parce que je doute du Christ ou même de l’Eglise, même si elle me déçoit souvent…
Ce qui me peine vraiment, ce qui me pèse surtout, c’est de voir des gens célébrer des baptêmes ou des mariages par simple tradition, sans y réfléchir, ni s’engager vraiment. Je suis frustré de voir des paroissiens venir communier chaque dimanche juste “pour faire comme tout le monde”, en recevant le Christ sans avoir préparé leur cœur. Je suis triste de rencontrer des familles en deuil qui n’ont plus d’espoir, ni pour elles ni pour les leurs et qui tournent les talons à la porte du cimetière.
Un trésor immense
Je croise mes paroissiens chaque dimanche : beaucoup sont des consommateurs : je les salue à la sortie de la messe, ils me répondent poliment, et… ça s’arrête là… Jamais la grande majorité d’entre eux ne viendra à une conférence, un repas partagé au presbytère, un événement festif ; et si la messe est délocalisée dans le village à 15 kms, ils ne feront jamais l’effort de s’y réunir…
Le renouveau des catéchumènes n’est pas arrivé dans la France profonde que je sers. Aucun couple, aucune famille ne m’a jamais invité pour revoir l’album photos du mariage ou du baptême que j’ai célébré… Il faut savoir se réjouir des petites choses, c’est vrai ! Mais quand les petites choses deviennent minuscules, ça finit pas peser sur le moral : la diminution du nombre de bénévoles ; toujours les trois mêmes personnes qui viennent participer à l’adoration hebdomadaire ; les responsables laïcs qui se croient propriétaires de leur service et font le vide autour d’eux…
Surtout, je me sens si souvent impuissant dans mon sacerdoce : j’ai entre les mains un trésor immense, la vie du Christ, mais je n’arrive pas à la partager avec ceux que je suis censé servir. Certaines compétences me manquent et je ne trouve personne pour les assumer. Je suis blessé de voir que cette Vie n’intéresse presque personne aujourd’hui. L’amour n’est pas aimé, et ça, c’est très lourd à assumer. J’ai offert ma vie au Christ afin de partager sa Bonne Nouvelle : tant de femmes et d’hommes aujourd’hui se perdent dans une gentille indifférence : la Source est là, la soif est immense, et je ne sais pas établir les liens. Heureusement : l’Esprit Saint travaille sans moi et il œuvre encore et toujours…
« Usez votre curé ! »
Aujourd’hui, je suis agacé et révolté devant le drame d’un prêtre qui se tue à la tâche avant de se tuer dans son presbytère. Ras le bol des réactions condescendantes toujours promptes à juger, à trouver une explication et à mettre la faute sur « les autres ». Permettez -moi donc ces coups de gueule :
– Tous les prêtres ne sont pas pédophiles, abuseurs ou tordus, n’en déplaise aux ricaneurs de tous poils !
– Les prêtres sont des hommes qui ont reçu une mission spécifique par leur ordination mais qui sont des humains comme les autres : ils aiment rire, boire un coup, jouer à la pétanque (ou faire du ski), se faire des amis !
– Arrêtez de vouloir nous marier de gré ou de force, comme si le mariage allait résoudre les problèmes et n’avait pas aussi son lot de difficultés, de suicides, de drames…
– Dire au revoir à votre curé à la sortie de la messe, c’est bien ! Mais l’inviter une fois par an, c’est mieux, sans se décourager : s’il refuse deux fois, il acceptera peut-être à la troisième tentative ? Et pas besoin de préparer un gueuleton : une soupe, une salade, un fruit, c’est suffisant surtout le soir !
– Venir sonner au presbytère juste pour passer un moment, juste par amitié, par charité, ça crée du lien même si c’est 5 minutes.
– Usez votre curé intelligemment : demandez-lui le sacrement de la réconciliation, sollicitez-le pour bénir votre maison ; interrogez-le sur sa vocation ! Posez-lui une question sur la foi, les mœurs…
– Avec humilité et souci de correction fraternelle, osez dire à votre curé ce qui vous dérange, ce qui ne va pas et ce qu’il pourrait proposer pour répondre aux enjeux de l’évangélisation : avec charité, avec patience et bienveillance, toujours !
– Osez l’encourager, pas pour qu’il prenne la grosse tête, mais pour relever ce qui vous aide vraiment à grandir dans la foi : le prêtre que je suis n’a pas besoin d’être félicité pour son homélie ou ses réussites pastorales. Il a besoin de croire et de sentir que des chrétiens, grâce à son sacerdoce, rencontrent Jésus vivant, grandissent dans la foi et s’engagent dans le monde à cause de l’Évangile.
Un prêtre heureux qui a besoin d’être aimé
Colloque sur le sacré au risque de la sécularisation, les 6-7 novembre à Paris
À la suite du pèlerinage de Chartres, les communautés amies de Notre-Dame de Chrétienté vous invitent à un grand week-end de formation et de fraternité les 6 et 7 novembre, à la paroisse Saint-Roch (Paris) autour de ce thème : Vers un Christianisme sans religion ?
Dans un contexte marqué par la sécularisation, les questions religieuses, culturelles et identitaires reviennent avec force : l’homme est-il naturellement religieux ? Le sacré a-t-il encore sa place dans notre société ? La liturgie est-elle un obstacle ou un chemin vers Dieu ? Le christianisme peut-il survivre à l’effacement de ses racines culturelles ?
Programme :
Vendredi 6 novembre – Grande soirée-débat
Autour de quatre thèmes majeurs :
- La vertu naturelle de religion : l’homme est-il naturellement croyant ou indifférent à Dieu ? (abbé Martial Pinoteau, SMMD)
- Les dévotions populaires : superstition ou expression authentique de la foi ? (fr. Joseph, FSVF)
- Le sacrifice et le sacré : notions dépassées ou plus actuelles que jamais ? (abbé Jean de Massia, FSSP)
- Sécularisation et identité : comment articuler culture, religion et vie sociale ? (abbé Matthieu Raffray, IBP)
Samedi 7 novembre – Journée d’étude
- Le culte divin à l’épreuve de la sécularisation occidentale
- Le statut religieux du monde
- L’homme est-il naturellement religieux ?
- La vertu de religion dans la théologie de saint Thomas d’Aquin (chanoine Jestin, ICRSP)
- La religion, une incarnation de la foi
- Honorer ses causes : les vertus de vénération chez saint Thomas
- Le Christ a-t-il aboli le sacrifice ? (fr. Crignon, FSVF)
- La « quête de sacré » : instinct naturel ou repli superstitieux ?
- Foi chrétienne et identité face au réveil identitaire (fr. A. Aubry, FSVF)
Nous serions heureux de vous accueillir pour ce temps de réflexion, d’échange et d’approfondissement doctrinal.
Informations et inscriptions :
👉 https://my.weezevent.com/studium-aquinas
Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous !
Abbés M. Raffray et P. Gubitoso (IBP),
Abbé J. de Massia (FSSP),
Abbé M. Pinoteau (SMMD),
Chn. P. Lecerf (ICRSP),
Frère J. Gilliot (FSVF).
« Les Écritures sont à la prière ce qu’est la bouteille d’eau à celui qui s’entraîne »
Comment retrouver une vie intérieure dans un monde qui nous pousse à nous disperser ? Moine trappiste, évêque de Trondheim, en Norvège, Mgr Erik Varden a été interrogé dans France Catholique par Fabrice Madouas. Extrait :
Comment entrer dans la prière et s’extraire du vacarme extérieur ?
Pour commencer, je donne souvent un conseil très simple : rester chaque jour dix minutes dans un fauteuil, sans rien faire, sans rien écouter, sans rien lire. Il s’agit de s’exercer à l’immobilité et à l’attention. Ce n’est pas forcément agréable. Au lieu de trouver le repos, on découvre parfois toute l’agitation que l’on porte en soi. Il faut s’efforcer au calme. Lire un chapitre entier d’un bon livre sans faire autre chose constitue aussi un bon exercice. C’était une pratique banale il n’y a pas si longtemps. Aujourd’hui, nous éprouvons sans cesse le besoin de vérifier notre téléphone, nos courriels, nos notifications. L’attention se travaille, la régularité nous y aide. Il faut aussi revenir aux sources : les Écritures et les sacrements. Un sportif a besoin de s’abreuver régulièrement. Les Écritures sont à la prière ce qu’est la bouteille d’eau à celui qui s’entraîne. Les sacrements, eux, transmettent efficacement une vie nouvelle, la vie divine.
La « vie cachée » que vous évoquez dans votre livre d’entretiens n’est-elle pas réservée aux moines ?
Pas du tout ! Elle consiste d’abord à résister à la tentation de se montrer à tout moment. Publier sur Instagram ce que nous mangeons, nos vacances ou nos rencontres peut être amusant. Mais devoir constamment prouver que notre vie est réussie devient épuisant. Nous finissons par vivre superficiellement, dans l’attente de l’approbation des autres. Au risque, encore, de bien des désillusions ! Choisir la vie cachée, c’est se dire que je peux faire des choses pour elles-mêmes, parce qu’elles contribuent au bien de ceux que j’aime, me donnent de la joie ou du repos. Dans cette vie secrète, je retrouve le sanctuaire intérieur où Dieu se fait proche. L’Évangile parle souvent du secret : le trésor caché, le grain enfoui, la chambre dont on ferme la porte pour prier. Pour bien vivre avec les autres, il faut être enraciné dans sa propre réalité. Mais le dépouillement ne suffit pas : l’effort spirituel est toujours un élan vers l’autre, en vue d’une rencontre. Cela demande de la persévérance. Saint Benoît appelle l’office divin l’Opus Dei : l’œuvre de Dieu. Quand la cloche sonne à 3 heures du matin, dans un monastère, le réveil est parfois rude ! La prière est un vrai travail, mais un travail que l’on aime. C’est aussi pourquoi les moines vivent en communauté : nous avons besoin du bon exemple des autres pour rester fidèles.
Vingt-et-unième dimanche après la Pentecôte : parabole de la dette
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Introït : In voluntate tua
Comme celui du vingtième dimanche, l’Introït du vingt et unième dimanche après la Pentecôte est une grande prière de l’ancien testament, tirée cette fois du livre d’Esther. Il s’agit de la prière de Mardochée, qui, comme les trios jeunes Hébreux au livre de Daniel, supplie le Seigneur pour le peuple d’Israël à nouveau en captivité et menacé d’extermination, et il commence en exprimant de manière admirable sa soumission à la volonté divine et sa confiance en sa protection :
In voluntate tua, Domine, universa sunt posita, et non est qui possit resistere voluntati tuæ : tu enim fecisti omnia, cælum et terram, et universa quæ cæli ambitu continentur : Dominus universorum tu es.
A votre volonté, Seigneur, toutes choses sont soumises ; il n’y a rien qui puisse résister à votre volonté. C’est Vous qui avez tout créé, le ciel et la terre et toutes les choses qui sont contenues sous la voûte des cieux ; Vous êtes le maître de toutes choses.
Le texte biblique précisait : rien ne peut résister à votre volonté, si Vous avez résolu de sauver Israël. Ici, cette proposition a été supprimée, enlevant au texte son caractère de supplication pour ne conserver que l’affirmation de la toute puissance divine. Elle se traduit par une mélodie entièrement horizontale, presque immobile, tournant toujours autour des mêmes notes sans jamais s’élever. Elle exprime d’abord la profonde humilité de cette prière : on est prosterné devant la majesté divine sans oser lever les yeux. Elle exprime ensuite le calme et la parfaite tranquillité de la création dans la main du Seigneur : tout est en place, rien ne bouge, on est dans la paix. Elle exprime enfin la confiance totale dans la providence, aucun mouvement de trouble ou d’inquiétude même au milieu des épreuves ; tout ce qui arrive est permis par Dieu, donc c’est pour notre bien. Cet Introït est accompagné comme dimanche dernier par le premier verset du psaume 118 qui revient souvent à cette période de l’année liturgique, et que nous retrouverons à la Communion pour la troisième fois consécutive :
Beati immaculati in via : qui ambulant in lege Domini.
Heureux ceux dont la conduite est sans tache et qui marchent selon la loi du Seigneur.
► Graduel : Domine refugium
Le texte du Graduel du vingt et unième dimanche après la Pentecôte est le début du psaume 89, que nous avons déjà rencontré quelques fois, en particulier au Graduel du sixième dimanche après la Pentecôte, où le texte d’aujourd’hui se trouvait dans la deuxième partie. Ce psaume est une grande méditation, attribuée par certains à Moïse, sur le mystère du temps et de l’éternité. Elle oppose la fragilité et la brièveté de notre vie sur cette terre, qui se fane comme l’herbe et la fleur des champs, à la stabilité immuable de Dieu, pour qui mille ans sont comme un jour. Cette réflexion convient particulièrement à cette époque de l’année liturgique où notre pensée se tourne vers la fin des temps. Les deux premiers versets du psaume que nous trouvons ici opposent les deux aspects du mystère :
Domine, refugium factus es nobis, a generatione et progenie. Priusquam montes fierent, aut formaretur terra et orbis : a sæculo, et in sæculum tu es Deus.
Seigneur, Vous Vous êtes fait notre refuge de génération en génération. Avant que les montagnes n’existent et que soient formés la terre et l’univers, de siècle en siècle, Vous êtes Dieu.
La première phrase c’est le temps, les générations qui se succèdent sur la terre et trouvent auprès du Seigneur aide et protection. La deuxième phrase c’est l’éternité où Dieu existe avant toute création. Nous lui retournons la définition qu’Il a donnée de Lui-même : Je suis, a-t-il dit à Moïse ; Tu es Deus, Vous êtes, lui disons-nous.
La mélodie est une mélodie type que l’on retrouve assez souvent sur des textes différents, et nous avons déjà remarqué comment ses grandes vocalises s’adaptent avec souplesse à l’expression de sentiments divers ; ici la confiance en la divine providence qui, du haut de son éternité immuable, nous guide au cours de notre pèlerinage sur la terre. On notera toutefois que les deux mots importants de la fin Tu es n’ont pas de vocalise, mais seulement une note chacun, ce qui est aussi un moyen de les mettre en évidence.
► Alléluia : In exitu Israel
Le texte de l’Alléluia du vingt et unième dimanche après la Pentecôte est encore le début d’un psaume ; il s’agit du psaume 113, bien connu de tous ceux qui chantent les Vêpres du dimanche dont c’est le cinquième psaume.
In exitu Israel ex Aegypto, domus Jacob de populo barbaro.
Quand Israël sortit d’Égypte, la maison de Jacob de chez un peuple barbare...
La phrase ici n’est pas finie. On sait que le deuxième verset continue : ” La Judée devint son sanctuaire et Israël en fit son domaine. ” Il s’agit donc de la sortie d’Égypte et de l’entrée dans la terre promise, thème qui revient très souvent dans la liturgie. L’Égypte est la figure de ce monde de péché dans lequel nous sommes prisonniers. La terre promise bien entendu c’est le ciel pour lequel nous sommes faits et vers lequel nos regards se tournent plus que jamais en cette période de l’année.
La mélodie est assez originale. Elle semble d’origine gallicane (on peut voir le sens de ce mot à l’Introït du septième dimanche après la Pentecôte) car elle présente une certaine parenté avec celle du Répons Christus resurgens, antique chant de l’Église des Gaules, que l’on chante à Pâques en certains diocèses de France et notamment à Paris, et qui ne figure pas dans les livres romains. Solennelle et enthousiaste, elle s’élève en vagues successives, culminant dans le verset sur le mot ex (hors de) qui est le mot de la sortie donc de la délivrance.
► Offertoire : Vir erat
Nous trouvons à nouveau à l’Offertoire du vingt et unième dimanche après la Pentecôte un grand texte tiré non pas d’un psaume, mais d’un autre livre de l’ancien testament peu utilisé dans la liturgie, le livre de Job.
Ce livre est un long poème dans lequel le personnage de Job, frappé de dures épreuves, mais restant soumis à la volonté divine, dialogue indéfiniment, comme aiment à le faire les orientaux, avec d’autres personnages qui le poussent à désespérer et à se révolter.
Dans les derniers chapitres Job dialogue avec Dieu lui-même, lui exprimant sa confiance. Le texte que nous allons entendre est un résumé du prologue exposant les faits qui serviront de base à toute la discussion :
Vir erat in terra nomine Job, simplex et rectus, ac timens Deum : quem Satan petiit ut tentaret : et data est ei potestas a Domino in facultate et in carne ejus : perdiditque omnem substantiam ipsius, et filios : carnem quoque ejus gravi ulcere vulneravit.
Il y avait sur la terre un homme du nom de Job, intègre et droit et craignant Dieu ; Satan demanda la permission de le tenter, et pouvoir lui fut donné par le Seigneur sur les biens de cet homme ainsi que sur sa chair. Il lui fit perdre tout ce qu’il possédait, et même ses fils, et enfin il frappa sa chair d’une grave plaie.
Ce texte n’est qu’un récit de ce qui est arrivé à Job, sans laisser entendre quelles ont été les réactions du saint homme, et la mélodie n’est qu’un souple récitatif assez orné, calme et régulier d’un bout à l’autre. Mais les chrétiens des siècles où fut élaboré ce chant connaissaient très bien la sainte Écriture, et en entendant ce récit ils éprouvaient tout naturellement les sentiments de soumission à la volonté divine et de confiance jusque dans les plus graves épreuves qui furent ceux de Job, et que l’Église veut nous inspirer en cette fin de l’année liturgique.
► Communion : In salutari tuo
pour la troisième fois consécutive, nous retrouvons dans l’antienne de Communion du vingt et unième dimanche après la Pentecôte le psaume 118, la longue méditation sur la loi de Dieu et sa volonté.
Comme dans la Communion du vingtième dimanche, cette loi divine est désignée ici par la parole de Dieu qui nous donne l’espérance.
In salutari tuo anima mea, et in verbum tuum speravi : quando facies de persequentibus me judicium ? iniqui persecuti sunt me, adjuva me, Domine Deus meus.
Mon âme languit après votre salut, je mets mon espoir dans votre parole. Quand ferez-vous justice de ceux qui me persécutent ? Les méchants me persécutent ; au secours, Seigneur mon Dieu !
Le contexte dit nettement que les méchants ce sont ceux qui refusent d’écouter la parole de Dieu et d’obéir à ses commandements. Ils s’opposent au psalmiste qui veut rester fidèle jusqu’au bout. La particularité de cette antienne est de commencer par un chant de confiance et d’espoir puis de se poursuivre et s’achever par un appel de plus en plus angoissé. La mélodie suit cette progression du texte. La première phrase qui exprime la confiance est calme et douce, la deuxième nettement plus mouvementée ; quant à la troisième elle commence par un récitatif d’allure psalmodique d’une intensité presque dramatique dans sa sobriété pour s’achever par une grande montée suppliante sur l’invocation Deus meus.
La Vie Chrétienne Victorieuse – « Où est Dieu, mon Créateur ? » : le cri sans la foi et le chant dans la nuit
Quand l’oppression, la violence et l’arrogance semblent triompher, tandis que le ciel paraît garder le silence, l’homme crie sous le poids de sa souffrance et réclame justice. Il s’interroge sur le silence de Dieu. Mais une question plus profonde se pose : dans son cri, l’homme cherche-t-il véritablement son Créateur ?
Le cri qui ne monte pas
Quand on contemple le panorama des souffrances humaines à travers les âges, un constat s’impose : la terre est remplie de gémissements, mais bien peu de ces cris montent jusqu’au ciel. Dans le livre de Job, souvent considéré comme le plus ancien livre biblique, le jeune Élihu, qui prend la parole après les trois amis du patriarche, observe que l’on crie sous la multitude des oppressions, que l’on se plaint sous le bras des puissants, mais que personne ne dit : « Où est Dieu, mon Créateur, qui donne des chants dans la nuit ? » (Job 35:9-10). Ce constat, dressé il y a des millénaires, demeure d’une actualité brûlante.
L’oppression n’a jamais cessé de sévir ici-bas, sous des formes multiples. Il y a l’oppression politique et sociale, ces systèmes où la justice est pervertie et où l’arbitraire des puissants fait loi. Il y a aussi cette violence diffuse qui s’infiltre dans toutes les artères de la société : la dégradation des rapports humains, l’essor d’une haine de l’autre nourrie par l’égoïsme et la peur. Devant ce tableau, l’humanité souffre et s’indigne. Elle proteste, elle réclame justice, et elle a raison de le faire.
Mais Élihu discerne ici une distinction subtile. Il ne reproche pas aux hommes de souffrir, ni même de gémir. Il constate que leur cri reste un simple cri réflexe, celui de la chair meurtrie, le rugissement de l’animal pris au piège, sans aucun retour de la conscience vers le Souverain de l’univers. Élihu ajoute : « C’est en vain que l’on crie ; Dieu n’écoute pas la vanité, le Tout-Puissant n’y prête pas attention » (Job 35:12-13).
Il faut ici se garder d’un contresens. L’Écriture montre un Dieu qui entend le gémissement de l’affligé qui se tourne vers Lui, comme Il entendit celui d’Israël en Égypte (Exode 2:23-25), et qui est proche de ceux qui ont le cœur brisé (Psaume 34:19). Les psaumes de complainte (Psaumes 13, 22 et 88) sont des cris, et même des cris violents, mais des cris adressés à Dieu. La différence n’est donc pas dans l’intensité de la plainte, mais dans son adresse. Le cri que Dieu n’entend pas est celui qui ne cherche qu’un soulagement égocentrique, qui s’accompagne d’un cœur demeuré dans l’orgueil et l’autosuffisance, et qui souhaite récupérer ses aises sans désirer être délivré du péché ni rencontrer Celui qui nous a tirés du néant. Voilà pourquoi le ciel semble si souvent d’airain (Deutéronome 28:23) face aux appels du monde. La détresse ne sanctifie pas automatiquement la prière. Sans la foi, la douleur ne produit que de l’amertume, de la colère et un éloignement plus grand encore de la source de toute grâce.
La remarque vaut aussi pour celui qui souffre réellement. La foi ne lui retire pas le droit de gémir devant Dieu : « Peuples, confiez-vous en Lui en tout temps, déversez vos cœurs en Sa présence ! » (Psaume 62:9). Elle lui apprend seulement à se tourner vers Celui qui peut l’entendre.
Le Dieu qui donne des chants dans la nuit
C’est dans cette obscurité que brille ce que Dieu est pour la foi : Celui qui donne des chants dans la nuit. Quel langage magnifique et paradoxal ! Le monde ne sait chanter que lorsque le soleil brille, que la santé est là, que les affaires prospèrent et que la paix règne. Mais le Dieu de toute consolation communique à l’âme qui se confie en Lui une joie si profonde, si indépendante des circonstances, qu’elle peut s’exprimer en cantiques au cœur même de la nuit la plus noire.
Paul et Silas, jetés au fond du cachot de la ville antique de Philippes (Macédoine), battus de verges, les pieds pris dans des ceps, « priaient et chantaient les louanges de Dieu » à minuit (Actes 16:22-25). Ils n’attendaient pas que les portes s’ouvrent pour louer : ils louaient parce que leur Créateur était avec eux dans la prison intérieure. Le monde assiste à ce mystère sans le comprendre, car il cherche la lumière dans les circonstances, alors que la foi la trouve dans la personne de Christ.
Un Créateur tout proche
Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve ne dépend d’aucun service humain, comme s’Il avait besoin de quelque chose, « puisque c’est Lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses » (Actes 17:24-25). Loin d’être une divinité lointaine, Il a fixé les temps et les lieux de notre existence afin que les hommes Le cherchent et Le trouvent en tâtonnant, « bien qu’Il ne soit pas loin de chacun de nous, car en Lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être » (Actes 17:27-28).
Ce Dieu est proche, et Son silence apparent n’est pas de l’indifférence. Voilà qui nous invite à ne plus crier seulement pour obtenir un soulagement : tournons plutôt nos regards vers Celui en qui nous existons. Ce même Créateur nous adresse aujourd’hui un appel pressant à la repentance, et Il nous en donne une preuve certaine : Il a fixé un jour où Il jugera le monde avec justice, par l’Homme qu’Il a désigné, et Il en a donné à tous l’assurance en Le ressuscitant des morts (Actes 17:30-31). La résurrection de Jésus-Christ garantit à la fois que la justice sera rendue et que le refuge est ouvert.
« Ta cause est devant Lui »
Le cœur humain, même celui qui a connu la grâce, glisse facilement vers le doute quand l’épreuve se prolonge. Job lui-même, cet homme « intègre et droit, qui craignait Dieu et se détournait du mal », « le plus considérable de tous les fils d’Orient » (Job 1:1-3), en était venu à dire qu’il ne voyait plus Dieu, que la justice tardait et que le Tout-Puissant semblait indifférent à sa cause. Élihu lui répond, avec fermeté : « Quand tu dis que tu ne Le vois pas, ta cause est devant Lui : attends-Le ! » (Job 35:14).
Élihu est une voix débattue parmi les commentateurs, et Dieu ne le cite pas dans Son verdict final (Job 42:7-9). On ne le lira donc pas comme un oracle infaillible. Mais cette parole précise est confirmée par le reste de l’Écriture : ce n’est pas parce que Dieu se tait qu’Il a fermé les yeux. La cause de l’opprimé, la souffrance du juste, la violence des méchants, tout cela est étalé devant le tribunal céleste. Le délai divin n’est pas un oubli, mais de la patience : « Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse… mais Il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent à la repentance » (2 Pierre 3:9).
Les temps difficiles des derniers jours
L’Écriture appelle « derniers jours » toute la période ouverte par la venue de Christ (Actes 2:17 ; Hébreux 1:2), période qui culmine à mesure que Son retour approche. L’apôtre Paul avertit Timothée :
« Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là » (2 Timothée 3:1-5).
Chacun de ces termes mériterait un commentaire. Arrêtons-nous sur l’un d’eux. Le mot grec traduit par « fanfaron » désigne le vantard, le charlatan qui se donne de l’importance. Notre époque en offre un écho saisissant : les fanfarons d’autrefois semblent être devenus des individus désinhibés, qui affichent leurs opinions, leurs ambitions et leurs prétentions sans retenue ni crainte du jugement d’autrui. L’exposition de soi sans pudeur, la transgression devenue spectacle, le péché que l’on ne cache plus, mais que l’on revendique et que l’on célèbre (Ésaïe 3:9), illustrent cette évolution. Là où la fanfaronnade cherchait à se faire valoir, la désinhibition semble désormais autoriser chacun à tout dire, tout montrer et tout revendiquer, sans se soucier des limites de la pudeur ou de la modestie. Les réseaux sociaux en sont l’amplificateur, sans en être la cause.
Quand on rompt avec la crainte de Dieu, les liens les plus fondamentaux se défont. Les affections naturelles s’éteignent, la famille se désunit, la solidarité cède la place à un individualisme féroce et l’autre devient un rival, voire un ennemi. La violence cesse d’être le fait de quelques criminels isolés pour devenir un mode de vie. On crie contre ses conséquences, mais on chérit les causes qui la produisent ; on réclame la sécurité tout en méprisant la loi de Dieu. On garde parfois une apparence de piété, une spiritualité vague et accommodante, mais on en a renié la force : c’est une religion sans repentance, un christianisme sans croix, un Dieu d’amour dont on aurait oublié la sainteté.
Une précision s’impose. Dénoncer cette dérive n’est pas condamner toute critique de l’autorité. Paul demande de se soumettre aux autorités (Romains 13:1-7), mais les apôtres savaient aussi qu’« il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5:29). Ce que l’Écriture réprouve, c’est l’esprit de révolte qui rejette toute autorité parce qu’il rejette celle de Dieu, non la résistance de la conscience devant l’injustice.
« Mais toi, demeure »
Au terme de ce sombre tableau, Paul se tourne vers Timothée : « Toi, tu m’as suivi dans mon enseignement, ma conduite, mes projets, ma foi, ma patience, mon amour, ma constance » (2 Timothée 3:10). Puis, après avoir annoncé que les méchants et les imposteurs iront de mal en pis (2 Timothée 3:13), il oppose ces deux mots : « Mais toi », demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as reconnu la certitude » (2 Timothée 3:14).
Quelle parole de séparation ! Le croyant ne peut se fondre dans la masse. Alors que les hommes sont désinhibés, il est appelé à la sobriété et à la crainte du Seigneur. Alors que le monde se lamente en continuant de chérir le mal, il s’humilie sous la puissante main de Dieu et cherche en Christ son seul refuge.
Ainsi donc, la seule protection contre la dérive des derniers jours est l’ancrage profond dans la Parole, reçue non comme une philosophie humaine mais comme la Parole même du Créateur, qui rend « sage à salut par la foi en Jésus-Christ » (2 Timothée 3:15-17).
Briller dans la nuit
Pour garder un cœur droit, faisons nôtre cette maxime : « Crois ce que tu lis, et ne lis pas ce que tu crois. » Refusons de tordre l’Écriture au gré de nos certitudes humaines et laissons-la façonner pleinement notre pensée.
Réfléchir en croyant face à l’oppression et à la dégradation morale qui nous entourent, c’est refuser que notre regard soit obscurci par ce que nos yeux voient. C’est repousser l’amertume, la vengeance et le découragement. C’est comprendre que le monde traverse la nuit, mais que le jour va se lever.
Le croyant n’attend pas de la réforme du monde son salut ni sa paix, et il ne se joint pas à la révolte amère du siècle. Mais il prie pour ceux qui gouvernent (1 Timothée 2:1-2), défend la cause de l’opprimé (Ésaïe 1:17 ; Proverbes 31:8-9), pratique la justice et aime la bonté (Michée 6:8), et brille comme un flambeau dans la nuit en tenant ferme la parole de vie, au milieu d’une génération perverse et corrompue (Philippiens 2:15-16).
Le croyant sait que sa cause est devant Dieu. Ne cherchons donc pas le soulagement de l’épreuve sans chercher d’abord la face de notre Créateur. Si la nuit s’épaissit, si la violence et l’impudeur atteignent des sommets autrefois impensables, souvenons-nous que là où le péché a abondé, la grâce a surabondé (Romains 5:20).
À la question d’Élihu, « Où est Dieu, mon Créateur ? », la réponse est : tout proche, en Christ. Gardons les yeux fixés sur le Sauveur qui vient, espérons avec une patience paisible, et que Sa paix garde nos cœurs et nos pensées en Jésus-Christ (Philippiens 4:7).
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Publicités pour le livre de Philippe de Villiers retirée des bus : effet Streisand garanti
Depuis quelques jours, dans l’agglomération de La Rochelle, des bus affichent une publicité pour le nouveau livre de Philippe de Villiers. Le président de l’entreprise invoque un dysfonctionnement chez l’entreprise gestionnaire de la régie publicitaire.
Ici La Rochelle a sollicité la communauté d’agglomération, l’autorité de tutelle du réseau, qui invoque un dysfonctionnement du côté de la régie publicitaire, sous-traitée depuis près d’un an à l’entreprise, Cityz Media. Philippe de Villiers n’étant pas candidat à la présidentielle, « ils l’ont considéré comme un livre d’auteur classique », regrette Bertrand Ayral, vice-président de l’agglomération de La Rochelle.
Contactée par Ici La Rochelle, l’entreprise Cityz Media estime n’avoir commis « aucune erreur ».
« Cette publicité ne comporte aucun contenu politique ». « Philippe de Villiers n’est pas candidat à l’élection présidentielle, et d’ailleurs, il n’est membre d’aucun parti politique ». « Après, on peut ne pas l’aimer. Dans ce cas-là, il ne faut pas acheter son livre. Mais on pourrait avoir le même débat avec tous les auteurs, et avec tous les produits. Si on n’aime pas les cannelés, on n’en achète pas. C’est la même chose. »
L’agglomération annonce le retrait de cette publicité. Mais tout ce tapage permet un effet Streisand. L’effet Streisand désigne un phénomène médiatique involontaire où la tentative de cacher, censurer ou retirer une information produit l’effet inverse : elle attire une attention massive et amplifie sa diffusion
Ce que Vatican II aurait dû enseigner – Le schéma sur le dépôt de la foi
Ce que Vatican II aurait dû enseigner
par le frère Pierre-Marie O.P.
Le rôle d’un concile est de défendre la vraie foi et de l’enseigner pure de toute tache.
Pour préparer Vatican II, le cardinal Ottaviani avait réuni une Commission comprenant les meilleurs théologiens afin d’exposer les points les plus importants de la doctrine catholique face aux erreurs actuelles.
Le schéma fut distribué aux Pères conciliaires avant le début des travaux, mais ne fut jamais discuté dans l’aula. Il disparut avec les autres schémas préparatoires lorsque le clan libéral prit la direction du Concile.
Ce schéma, qui représente la Tradition, souligne le péché d’omission de Vatican II : sous prétexte d’être pastoral, on a omis de rappeler la doctrine sur les points les plus importants, c’est-à-dire dans les domaines où des erreurs graves se propageaient. De ce fait on a favorisé la diffusion de nouveautés erronées.
Loin d’être condamnées, ces nouveautés furent accueillies et promues : c’est le cœur de la crise dans l’Église, qui est avant tout une crise de la foi. De façon subreptice, une nouvelle conception de la foi s’est substituée à la conception traditionnelle. Et les catholiques perdent la foi sans même s’en rendre compte : « Lorsque le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve la foi sur la terre ? » (Lc 18, 8).
Frère Pierre-Marie O.P., Ce que Vatican II aurait dû enseigner. Schéma d’une constitution dogmatique sur le dépôt de la foi à conserver dans sa pureté, élaboré par la Commission de théologie pour le concile Vatican II. Editions du Sel, 2026, 186 pages.
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17 octobre 1979, attribution du Prix Nobel de la Paix à Mere Teresa
Discours de Mère Teresa lors de la remise du Prix Nobel :
Remercions Dieu pour cette merveilleuse circonstance grâce à laquelle nous pouvons, tous ensemble, proclamer la joie de répandre la paix, la joie de nous aimer les uns les autres et la joie de savoir que les plus pauvres des pauvres sont tous nos frères et sœurs.
Comme nous sommes réunis ici pour remercier Dieu de ce don de paix, je vous ai fait remettre la « Prière de la paix » que saint François d’Assise a dite il y a de nombreuses années. Je me demande s’il n’a pas ressenti, alors, exactement ce que nous ressentons aujourd’hui, ce pourquoi nous prions.
Je pense que vous avez tous un texte. Nous allons dire ensemble :
« Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Afin que là où il y a de la haine, je puisse apporter l’amour ;
là où règne le mal, je puisse apporter l’esprit de pardon ;
là où est la discorde, je puisse apporter l’harmonie ;
là où est l’erreur, je puisse apporter la vérité ;
là où il y a le doute, je puisse apporter la foi ;
là où il y a le désespoir, je puisse apporter l’espérance ;
là où il y a les ténèbres, je puisse apporter la lumière ;
là où règne la tristesse, je puisse apporter la joie ;
Seigneur, faites que je cherche plutôt
à réconforter qu’à être réconforté ;
à comprendre qu’à être compris ;
à aimer qu’à être aimé ;
car c’est en s’oubliant soi-même que l’on trouve ;
en pardonnant qu’on est pardonné ;
en mourant qu’on s’éveille à la vie éternelle. Amen ! »
L’amour des autres nous rendra saints
Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils. Et il l’a donné à une Vierge, la Sainte Vierge Marie. Et elle, dès l’instant où il vint au monde, s’empressa de le donner aux autres. Et que fit-elle alors ? Elle travailla pour les malheureux ; elle répandit simplement cette joie d’aimer en prodiguant des bienfaits.
Et Jésus-Christ vous a aimés et m’a aimée et il a donné sa vie pour nous. Et comme si ce n’était pas encore assez, il n’a cessé de dire : « Aimez comme je vous ai aimés, comme je vous aime maintenant. » Et il nous a dit comment nous devons aimer en donnant. Car il a donné sa vie pour nous et il continue de la donner. Et il continue de la donner ici même et partout, dans nos propres vies et dans la vie des autres.
Ce ne fut pas assez, pour lui, de mourir pour nous. Il a voulu que nous nous aimions les uns les autres, que nous le reconnaissions dans tous nos prochains. C’est la raison pour laquelle il a dit : « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu. » Et pour être sûr que nous comprenions sa pensée, il a dit que, à l’heure de notre mort, nous serons jugés sur ce que nous aurons été pour les pauvres, les affamés, les nus, les sans-logis. Et il se fait lui-même cet affamé, ce nu, ce sans-logis. Pas seulement affamé de pain, mais affamé d’amour; pas seulement dénué d’un morceau de tissu, mais dénué de dignité humaine ; pas seulement sans-logis par manque d’un lieu où vivre, mais sans-logis pour avoir été oublié, mal aimé, mal soigné, pour n’avoir été personne pour personne, pour avoir oublié ce qu’est l’amour humain, le contact humain, ce que c’est que d’être aimé par quelqu’un.
Et il a dit encore : « Ce que vous avez fait pour le plus petit de mes frères, vous l’avez fait pour moi. »
C’est si merveilleux, pour nous, de devenir saints par cet amour ! Car la sainteté n’est pas un luxe réservé à un petit nombre, c’est simplement un devoir pour chacun de nous et, à travers cet amour, nous pouvons devenir saints — par cet amour des uns pour les autres.
Je suis heureuse de recevoir le prix Nobel au nom des pauvres
Et aujourd’hui, lorsque j’ai reçu ce prix — dont, personnellement, je suis indigne —, et ayant approché la pauvreté d’assez près pour être à même de comprendre les pauvres, je choisis la pauvreté de nos pauvres gens. Mais je suis reconnaissante, je suis très heureuse de le recevoir au nom des affamés, des nus, des sans-logis, des infirmes, des aveugles, des lépreux, de tous ces gens qui ne se sentent pas voulus, pas aimés, pas soignés, rejetés par ta société, ces gens qui sont devenus un fardeau pour la société et qui sont humiliés par tout le monde.
C’est en leur nom que j’accepte ce prix. Et je suis sûre que ce prix va susciter un amour compréhensif entre les riches et les pauvres. Et c’est là-dessus que Jésus a tellement insisté. C’est la raison pour laquelle Jésus est venu sur la terre pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres. Et par ce prix, et à travers notre présence ici, nous voulons tous annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres : que Dieu les aime, que nous les aimons, qu’ils sont quelqu’un pour nous, que, eux aussi, ont été créés par la même main amoureuse de Dieu pour aimer et pour être aimés.
Nos pauvres gens, nos splendides gens, sont des gens tout à fait dignes d’amour. Ils n’ont pas besoin de notre pitié ni de notre sympathie. Ils ont besoin de notre amour compréhensif, ils ont besoin de notre respect, ils ont besoin que nous les traitions avec dignité. Et je pense que nous faisons là l’expérience de la plus grande pauvreté ; nous la faisons devant eux, eux qui risquent de mourir pour un morceau de pain. Mais ils meurent avec une telle dignité !
Je n’oublierai jamais l’homme que j’ai ramassé un jour dans la rue. Il était couvert de vermine, son visage était la seule chose propre. Et cependant cet homme, lorsque nous l’avons amené à notre mouroir, a dit cette phrase : « J’ai vécu comme une bête dans la rue, mais je vais mourir comme un ange, aimé et soigné. » Et il mourut merveilleusement bien. Il s’en alla dans sa maison, chez Dieu, car la mort n’est pas autre chose que de rentrer chez soi, dans la maison de Dieu. C’est parce qu’il avait éprouvé cet amour, parce qu’il avait eu le sentiment d’être désiré, d’être aimé, d’être quelqu’un pour quelqu’un, que, dans ses derniers instants, il a ressenti cette joie dans sa vie.
L’avortement
Et je ressens quelque chose que je voudrais partager avec vous. Le plus grand destructeur de la paix, aujourd’hui, est le crime commis contre l’innocent enfant à naître. Si une mère peut tuer son propre enfant, dans son propre sein, qu’est-ce qui nous empêche, à vous et à moi, de nous entretuer les uns les autres ? L’Écriture déclare elle-même : « Même si une mère peut oublier son enfant, moi, je ne vous oublierai pas. Je vous ai gardés dans la paume de ma main. » Même si une mère pouvait oublier… Mais aujourd’hui on tue des millions d’enfants à naître. Et nous ne disons rien. On lit dans les journaux le nombre de ceux-ci ou de ceux-là qui sont tués, de tout ce qui est détruit, mais personne ne parle des millions de petits êtres qui ont été conçus avec la même vie que vous et moi, avec la vie de Dieu. Et nous ne disons rien. Nous l’admettons pour nous conformer aux vues des pays qui ont légalisé l’avortement. Ces nations sont les plus pauvres. Elles ont peur des petits, elles ont peur de l’enfant à naître et cet enfant doit mourir ; parce qu’elles ne veulent pas nourrir un enfant de plus, élever un enfant de plus, l’enfant doit mourir.
Et ici, je vous demande, au nom de ces petits… car ce fut un enfant à naître qui reconnut la présence de Jésus lorsque Marie vint rendre visite à Elisabeth, sa cousine. Comme nous pouvons le lire dans 1’Evangile, à l’instant où Marie pénétra dans la maison, le petit qui était alors dans le ventre de sa mère tressaillit de joie en reconnaissant le Prince de la Paix.
C’est pourquoi, aujourd’hui, je vous invite à prendre ici cette forte résolution : nous allons sauver tous les petits enfants, tous les enfants à naître, nous allons leur donner une chance de naître. Et que ferons-nous pour cela ? Nous lutterons contre l’avortement par l’adoption. Le Bon Dieu a déjà si merveilleusement béni le travail que nous avons fait, que nous avons pu sauver des milliers d’enfants. Et des milliers d’enfants ont trouvé un foyer où ils sont aimés. Nous avons apporté tant de joie dans les maisons où il n’y avait pas d’enfant !
C’est pourquoi, aujourd’hui, en présence de Sa Majesté et devant vous tous qui venez de pays différents, je vous le demande : prions tous d’avoir le courage de défendre l’enfant à naître et de donner à l’enfant la possibilité d’aimer et d’être aimé. Et je pense qu’ainsi —avec la grâce de Dieu — nous pourrons apporter la paix dans le monde. Nous en avons la possibilité. Ici, en Norvège, vous êtes — avec la bénédiction de Dieu — vous êtes assez à l’aise. Mais je suis sûre que dans les familles, dans beaucoup de nos maisons, peut-être que nous n’avons pas faim pour un morceau de pain, mais peut-être qu’il y a quelqu’un dans la famille qui n’est pas désiré, qui n’est pas aimé, qui n’est pas soigné, qui est oublié. Il y a l’amour. L’amour commence à la maison. Un amour, pour être vrai, doit faire mal.
Aimer les autres jusqu’à en avoir mal
Je n’oublierai jamais le petit enfant qui m’a donné une merveilleuse leçon. Les enfants avaient entendu dire, à Calcutta, que la Mère Teresa n’avait pas de sucre pour les enfants. Or une petit garçon hindou, de 4 ans, rentra à la maison et dit à ses parents : « Je ne veux pas manger de sucre pendant trois jours. Je veux donner mon sucre à Mère Teresa. » Combien un petit enfant peut-il manger ? Après trois jours, ses parents l’amenèrent chez moi et je vis ce petit Il pouvait à peine prononcer mon nom. Il aimait d’un grand amour ; il aimait à en avoir mal.
Et voici ce que je vous propose : nous aimer les uns les autres jusqu’à en avoir mal. Mais n’oubliez pas qu’il y a beaucoup d’enfants, beaucoup d’enfants, beaucoup d’hommes et de femmes qui n’ont pas ce que vous avez. Souvenez-vous de les aimer jusqu’à en avoir mal.
Il y a quelque temps — cela peut vous sembler très étrange — j’ai recueilli une petite fille dans la rue. Je pus voir sur son visage que cette enfant avait faim. Dieu sait depuis combien de jours elle n’avait pas mangé ? Je lui ai donné un morceau de pain. Et la petite fille se mit à manger ce pain miette par miette. Et comme je lui disais : « Mange ce pain », elle me regarda et dit : « J’ai peur de manger ce pain parce que j’ai peur d’avoir de nouveau faim quand il sera fini. » Telle est la réalité.
Le partage dans l’amour
Et puis il y a encore cette grandeur des pauvres. Un soir, un monsieur vint chez nous pour nous dire : « Il y a une famille hindoue de huit enfants qui n’a pas eu à manger depuis longtemps. Faites quelque chose pour eux. » J’ai pris du riz et je m’y suis rendue immédiatement. Et j’ai trouvé là cette mère et ces visages de petits enfants, leurs yeux brillants de réelle faim. Elle me prit le riz des mains, le divisa en deux parts et sortit. Lorsqu’elle revint, je lui demandai : « Où êtes-vous allée ? Qu’avez-vous fait ? » Et l’une des réponses qu’elle me fit fut : « Ils ont aussi faim. » Elle savait que ses voisins, une famille musulmane, étaient affamés. Qu’est-ce qui m’a le plus surpris ? Non pas qu’elle ait donné le riz, mais ce qui m’a le plus étonnée c’est que, dans sa souffrance, dans sa faim, elle savait que quelqu’un d’autre avait faim. Et elle avait le courage de partager ; et elle avait l’amour de partager.
Et c’est cela que je vous souhaite : aimer les pauvres. Et ne jamais tourner le dos aux pauvres. Car, en tournant le dos aux pauvres, vous vous détournez du Christ. Parce qu’il s’est fait lui-même l’affamé, le misérable, le sans- logis, afin que vous, comme moi, ayez l’occasion de l’aimer.
Car où est Dieu ? Comment pouvons-nous aimer Dieu ? Il ne suffit pas de dire : « Mon Dieu, je vous aime. » Mais il faut dire : « Mon Dieu, je vous aime ici. Je puis jouir de cela, mais j’y renonce. Je pourrais manger ce sucre, mais, ce sucre, je le donne. »
Si je restais ici toute la journée et toute la nuit, vous seriez étonnés par les merveilles que font les gens pour partager la joie de donner. C’est pourquoi je prie Dieu pour vous, afin qu’il apporte la prière dans vos foyers et que le fruit de cette prière soit, en vous, la conviction que, dans les pauvres, se trouve le Christ. Et, alors, vous croirez vraiment, vous commencerez d’aimer ; puis vous aimerez tout naturellement et vous essayerez de faire quelque chose. Tout d’abord dans votre propre maison, puis chez votre voisin, dans le pays où vous vivez et dans le monde entier.
Et maintenant, unissons-nous tous dans cette prière : « Seigneur, donnez-nous le courage de protéger l’enfant à naître ! »
Car l’enfant est le plus beau présent de Dieu à une famille, à un pays et au monde entier. Dieu vous bénisse !
Les Statistiques de l’Église catholique 2026
Le nombre de catholiques dans le monde augmente et celui des prêtres recommence à croître, même si ce n’est que légèrement. En revanche, le nombre de religieuses et de séminaristes continue de diminuer, tandis que la contribution des missionnaires laïcs et des catéchistes se renforce. Voici quelques-unes des données qui ressortent du dossier sur les statistiques de l’Église catholique rédigé par l’Agence Fides à l’occasion de la 100e Journée Mondiale des Missions, qui sera célébrée le dimanche 18 octobre 2026 sur le thème « Un dans le Christ, unis dans la mission ».
Derrière ces chiffres globaux se dessinent des situations différentes sur les cinq continents : l’Afrique enregistre la plus forte augmentation du nombre de baptisés et est le seul continent où l’on observe une hausse tant du nombre de religieuses que de grands séminaristes.
Les données relatives à la population et aux baptisés se réfèrent au 30 juin 2024 ; les autres, au 31 décembre de la même année. Les variations indiquent la comparaison avec le recensement précédent, relatif à 2023.
Les catholiques sont en augmentation sur tous les continents
Au 30 juin 2024, la population recensée par l’Annuaire s’élevait à 7 995 573 000 personnes. Les catholiques étaient au nombre de 1 422 144 000, soit une augmentation de 16 690 000 par rapport à l’année précédente. Leur pourcentage au sein de la population mondiale reste de 17,8 %.
La hausse du nombre de baptisés concerne tous les continents. La croissance la plus importante est enregistrée en Afrique, avec 7 580 000 catholiques supplémentaires, suivie par l’Amérique (+6 992 000), l’Asie (+968 000), l’Europe (+911 000) et l’Océanie (+239 000). En Europe, la hausse déjà observée lors du précédent recensement se confirme donc.
Il y a plus de catholiques en Afrique qu’en Europe
L’Amérique reste le continent comptant le plus grand nombre de catholiques : 678 869 000, soit 64 % de sa population. En Afrique, on dénombre 288 312 000 baptisés, un chiffre supérieur à celui de l’Europe, où l’on en compte 287 240 000. L’Asie, avec 156 166 000 catholiques, et l’Océanie, avec 11 557 000 suivent. La part des catholiques dans la population de chaque continent est de 19,9 % en Afrique, de 39,7 % en Europe, de 3,3 % en Asie et de 25,9 % en Océanie.
Prêtres : une légère reprise, avec des différences selon les continents
Pour la première fois en cinq ans, le nombre total de prêtres recommence à augmenter : ils sont 407 421, soit 425 de plus que lors du dernier recensement. Ce solde positif résulte de la hausse enregistrée en Afrique (+1 676), en Asie (+1 065) et en Amérique (+199), qui compense les baisses observées en Europe (-2 483) et en Océanie (-32). L’Amérique passe ainsi de la baisse enregistrée l’année précédente à une augmentation.
Le nombre de prêtres diocésains s’élève à 279 238 (+496), tandis que celui des prêtres religieux recule à 128 183 (-71). Malgré la légère augmentation globale du clergé, le nombre moyen de catholiques par prêtre augmente également, passant à 3 491, soit 38 fidèles de plus que lors du recensement précédent. Ce ratio augmente en Amérique, en Europe et en Océanie, tandis qu’il diminue en Afrique et en Asie.
On compte 5 525 évêques, soit une augmentation de 95 : 4 365 évêques diocésains et 1 160 évêques religieux. La croissance du nombre de diacres permanents se poursuit également, avec un total de 52 102 (+669), grâce notamment à des hausses en Amérique (+424) et en Europe (+236).
Religieuses et séminaristes : la baisse mondiale se poursuit
Le nombre de religieuses dans le monde s’élève à 580 131, soit une baisse de 9 292 par rapport au recensement de l’année précédente. L’Afrique est le seul continent à enregistrer une augmentation (+2 190). Les baisses concernent l’Europe (-6 473), l’Amérique (-4 432), l’Asie (-320) et l’Océanie (-257). Les religieux non prêtres sont quant à eux au nombre de 48 511 (-237) : leur nombre augmente en Afrique et en Asie, mais diminue sur les autres continents.
Le nombre de séminaristes majeurs, diocésains et religieux, est également en baisse : il passe de 106 495 lors du recensement précédent à 103 604, soit une diminution de 2 891. La seule augmentation concerne l’Afrique (+786), où l’on compte 35 710 séminaristes majeurs. La baisse la plus importante est enregistrée en Asie (-2 733), suivie de l’Europe (-701), de l’Amérique (-227) et de l’Océanie (-16).
Le nombre de séminaristes mineurs recule à 94 041 (-980). Dans ce cas, on observe une hausse en Afrique (+132) et en Océanie (+20), tandis qu’il diminue en Europe (-872), en Asie (-182) et en Amérique (-78).
La contribution des missionnaires laïcs et des catéchistes ne cesse de croître
Le dossier fait état d’une augmentation du nombre de missionnaires laïcs, qui s’élève à 463 079, soit 18 473 de plus que l’année précédente. Cette croissance se concentre principalement en Amérique (+20 492) ; des hausses sont également observées en Afrique et en Océanie, tandis que leur nombre diminue en Asie et en Europe.
Le nombre de catéchistes s’élève à 2 889 336 (+22 370). Les hausses les plus importantes sont enregistrées en Amérique (+16 515) et en Asie (+13 616), auxquelles s’ajoute celle de l’Océanie (+48). En revanche, leur nombre diminue en Europe (-7 603) et, dans une moindre mesure, en Afrique (-206).
Le monde compte 3 047 circonscriptions ecclésiastiques, soit six de plus que lors du dernier recensement. On dénombre au total 111 602 stations missionnaires : parmi celles-ci, 4 187 disposent d’un prêtre résident, tandis que 107 415 n’en ont pas. Par rapport à l’année précédente, les premières sont en augmentation (+987) et les secondes en diminution (-12 162).
Le réseau éducatif, sanitaire et d’aide sociale
Dans le domaine de l’éducation, les institutions et les structures de l’Église catholique gèrent 75 448 écoles maternelles, fréquentées par 7 480 373 élèves ; 103 666 écoles primaires, comptant 36 314 935 élèves ; et 51 810 établissements d’enseignement secondaire, comptant 20 340 808 élèves. À cela s’ajoutent 2 685 027 étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur et 4 091 087 dans les établissements universitaires rattachés à l’Église catholique. Par rapport au recensement précédent, le nombre d’écoles maternelles augmente, mais celui de leurs élèves diminue ; en revanche, tant le nombre d’établissements que celui des élèves de l’enseignement primaire sont en hausse. Dans l’enseignement secondaire, ces deux chiffres sont en baisse. L’Afrique accueille le plus grand nombre d’élèves des écoles primaires catholiques, avec 21 292 853 inscrits.
Les établissements de santé, de bienfaisance et d’assistance sont au nombre de 101 110 au total. Ils comprennent 5 397 hôpitaux, 13 646 dispensaires, 468 léproseries, 16 263 maisons pour personnes âgées, malades chroniques et personnes handicapées, 8 138 orphelinats, 10 352 crèches, 10 624 centres de consultation conjugale, 3 194 centres d’éducation ou de rééducation sociale et 33 028 institutions d’autres types. L’Afrique compte le plus grand nombre d’hôpitaux et de dispensaires, tandis que l’Europe concentre la majeure partie des maisons pour personnes âgées, malades chroniques et personnes handicapées. Un réseau qui associe aux structures pastorales une présence quotidienne dans les domaines de l’éducation, des soins et de l’assistance.
Arménie – Azerbaïdjan : Des échanges de territoires ?
« Il ne devrait y avoir ni enclave ni exclave de part et d’autre de la frontière. En d’autres termes, les deux pays doivent procéder à un échange de territoires de taille exactement égale » a déclaré le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, le 14 octobre dernier, ajoutant que le président azerbaïdjanais, Ilam Alyev, était sur la même ligne.
En avril 2024, le gouvernement de Nikol Pachinian avait déjà conclu un accord avec l’Azerbaïdjan, acceptant de lui rétrocéder unilatéralement quatre villages de la région du Tavush, au nord est de l’Arménie. Cette rétrocession avait entrainé d’importantes manifestations.
Vatican : Des bourses scolaires pour des élèves chrétiens
Le pape Léon XIV a décidé d’accorder des bourses scolaires et universitaires aux enfants de familles chrétiennes défavorisées au Liban, en Syrie et en Irak, « afin qu’ils puissent bénéficier d’une éducation catholique ». C’est ce qu’il a annoncé à l’occasion du Synode des évêques de l’Église grecque melkite catholique.
« Notre objectif est de soutenir les jeunes, afin que les familles chrétiennes disposent de l’aide nécessaire pour rester au Moyen-Orient et maintenir une présence chrétienne ».
Quitter l’islam : le droit introuvable de dire non
Le sociologue Smaïn Laacher publie Les Apostats. Renoncer à l’islam, une enquête rare sur ceux qui découvrent qu’une religion peut être beaucoup plus facile à rejoindre qu’à quitter. Derrière le débat théologique apparaît une question très concrète : en France même, la liberté religieuse protège-t-elle réellement le droit de cesser d’être musulman ?
Il est des formules qui font mieux comprendre un problème que de longs développements. Dans Le Figaro du 15 octobre, Charles Jaigu compare la sortie de l’islam aux procédures de désabonnement volontairement obscures de certains services en ligne : on cherche le bouton « résilier », mais il n’existe pas. On peut ne plus pratiquer, boire de l’alcool, négliger la prière ou vivre dans une indifférence religieuse plus ou moins discrète. Ce qui devient explosif, c’est la rupture déclarée : « Je ne suis plus musulman. »
Le nouveau livre de Smaïn Laacher, Les Apostats. Renoncer à l’islam, paru chez Grasset, donne une profondeur sociologique à cette intuition. Professeur émérite à l’université de Strasbourg et directeur de l’Observatoire du fait migratoire et de l’asile de la Fondation Jean-Jaurès, l’auteur ne s’intéresse pas seulement à la perte d’une croyance. Il étudie une « rupture d’allégeance » qui oblige l’individu à se redéfinir devant lui-même, sa famille et son groupe d’origine. Quels sont, demande-t-il, les « coûts » et les « profits » de cette défection ?
Son matériau est particulièrement précieux, quoique non représentatif de l’ensemble des anciens musulmans. Le livre s’appuie notamment sur une enquête du Mouvement pour l’émancipation et la liberté de pensée auprès de plus de 200 apostats, majoritairement recrutés dans un groupe Discord francophone, ainsi que sur une cinquantaine de témoignages recueillis par la Rihame Academy. Ce n’est donc pas un sondage de la population musulmane française. C’est autre chose : une fenêtre ouverte sur des vies que les enquêtes ordinaires saisissent mal, précisément parce que beaucoup de ces personnes se cachent.
UNE RELIGION, MAIS PAS SEULEMENT UNE CROYANCE PRIVÉE
Le lecteur français risque de commettre un contresens de départ. Il imagine spontanément la religion sur le modèle d’une conviction individuelle, distincte de la citoyenneté et de l’État, que chacun peut adopter ou abandonner sans changer de famille, de statut civil ou d’appartenance nationale. Ce modèle est devenu si familier que nous le prenons pour la définition universelle du fait religieux.
Il est pourtant le produit d’une histoire particulière. Le christianisme en application n’a certes pas toujours respecté la liberté de conscience, et l’Église catholique n’a formulé son adhésion pleine au droit moderne à la liberté religieuse qu’avec Dignitatis humanae, en 1965. Mais le christianisme porte depuis l’Évangile une distinction structurante entre ce qui revient à César et ce qui revient à Dieu. Cette distinction ne contenait pas à elle seule la loi de 1905. Elle a néanmoins rendu pensable, au terme d’une histoire longue et conflictuelle, la différence entre autorité politique et autorité spirituelle.
L’histoire islamique présente une configuration différente. À Médine, Mahomet n’est pas seulement prédicateur : la tradition le présente aussi comme législateur, juge, chef politique et chef de guerre. La charia ne concerne donc pas uniquement la prière ou le jeûne. Le droit musulman classique traite également du mariage, du divorce, de l’héritage, du témoignage, de la filiation, des peines et de l’organisation de la communauté.
On résume souvent cette ambition par la formule arabe al-islam din wa-dawla, « l’islam est religion et État ». Il faut toutefois être précis : cette expression est surtout un slogan moderne popularisé dans la pensée islamiste, notamment au XXe siècle, et non une définition prononcée telle quelle par tous les musulmans depuis quatorze siècles. De même, les sociétés musulmanes ont connu des tensions et des partages de fait entre les oulémas et les gouvernants. La formule demeure néanmoins révélatrice d’une aspiration puissante : l’islam ne se comprend pas seulement comme une foi intérieure, mais comme un ordre englobant de la vie personnelle et collective.
C’est pourquoi l’apostat n’apparaît pas seulement comme quelqu’un qui a changé d’avis sur Dieu. Il peut être perçu comme un déserteur de la communauté, un rebelle à son ordre moral, parfois même comme un traître. Laacher insiste justement sur cette dimension : le départ religieux devient cessation d’une allégeance aux autres. Ce qui est atteint n’est pas seulement le dogme, mais la continuité du groupe.
DU CHÂTIMENT DE L’AU-DELÀ À LA PEINE TERRESTRE
Le dossier théologique doit être exposé sans caricature. Le Coran condamne sévèrement l’apostasie et promet un châtiment dans l’au-delà, mais il ne formule pas explicitement une peine terrestre générale et incontestable contre celui qui abandonne l’islam. Des penseurs musulmans contemporains s’appuient notamment sur « Nulle contrainte en religion » et sur les passages qui laissent croire ou mécroire pour défendre la liberté de conscience.
La difficulté vient de la Sunna et du droit classique. Un hadith célèbre du Sahih al-Bukhari ordonne : « Celui qui change de religion, tuez-le. » Un autre texte, transmis par Muslim, associe celui qui abandonne sa religion à celui qui se sépare de la communauté. La majorité des écoles juridiques classiques en ont déduit la mise à mort de l’homme apostat qui refuse de se repentir, avec des divergences sur le sort des femmes et sur les délais de repentance. Les réformateurs musulmans qui veulent abolir cette peine soutiennent aujourd’hui qu’elle visait originellement la trahison politique ou la rébellion armée, non le simple changement intime de conviction. Leur effort mérite d’être connu et soutenu. Mais il serait malhonnête de présenter leur lecture comme si elle avait toujours été l’évidence majoritaire du fiqh.
L’enjeu n’est d’ailleurs pas seulement historique. Le Freedom of Thought Report 2025 recense encore neuf pays dans lesquels l’apostasie est passible de mort dans tout ou partie du territoire : Afghanistan, Brunei, Iran, Malaisie, Maldives, Mauritanie, Qatar, Arabie saoudite et Yémen. Ailleurs, le blasphème, l’atteinte à la religion, les règles de statut personnel ou l’impossibilité administrative de changer d’identité religieuse prennent le relais. Dans certains systèmes, l’apostat peut perdre des droits successoraux, voir son mariage remis en cause ou se heurter à une véritable mort civile.
La France ne condamne évidemment personne pour apostasie. Pourtant, l’un des mérites du livre de Laacher est de montrer que la peine légale peut être remplacée par une peine sociale. L’ancien musulman risque la rupture familiale, la perte d’amitiés anciennes, le soupçon permanent, les injures, la menace, parfois la violence. Il apprend à mentir sur le ramadan, à cacher une Bible, une bouteille de vin ou une relation amoureuse. Il peut être libre devant la loi et captif dans sa cuisine, son couple ou son quartier.
Le mot de « déconditionnement », préféré par Laacher à celui de simple désaffiliation, est ici éclairant. Quitter l’islam ne consiste pas seulement à retrancher quelques convictions de son cerveau. Il faut réapprendre à décider, à manger, à aimer, à se marier, à parler de la mort et à se situer dans une généalogie. L’apostat peut éprouver simultanément du soulagement, de la culpabilité, de la peur et un immense déracinement. Il n’est parfois plus « des leurs », sans être encore véritablement accueilli ailleurs.
NE PAS CONFONDRE L’ISLAM, LES MUSULMANS ET LES ISLAMISTES
Dire cela n’autorise pas à enfermer chaque musulman dans un cerveau collectif. Les musulmans de France ne pensent pas tous l’apostasie comme les manuels classiques de fiqh. L’enquête Ifop publiée en novembre 2025 indique même que 73 % d’entre eux reconnaissent à un musulman le droit de rompre avec l’islam, contre 44 % en 1989. Cette évolution est considérable et doit être saluée.
Elle signifie aussi qu’environ un quart des répondants ne reconnaissent toujours pas ce droit élémentaire. Surtout, une réponse de principe donnée à un enquêteur ne mesure ni la réaction d’une famille lorsque son propre enfant apostasie, ni le poids des réseaux militants, ni la vulnérabilité des personnes dépendantes matériellement de leurs proches. Il n’y a donc aucune contradiction entre deux constats : une majorité de musulmans français accepte désormais abstraitement la liberté de sortie, tandis que nombre d’apostats continuent de vivre leur rupture dans le secret et la peur.
Il faut également se méfier d’une exemption trop généreuse accordée au soufisme. Les courants mystiques de l’islam ont produit des trésors spirituels, poétiques et philosophiques, mais ils n’ont pas tous rompu avec la charia ni avec la condamnation de l’hétérodoxie. Le sort d’al-Hallaj, mystique exécuté à Bagdad en 922 au terme d’un procès où motifs religieux et politiques s’entremêlaient, suffit à interdire les images d’Épinal. La ligne de partage pertinente n’oppose pas mécaniquement le « bon » soufisme au « mauvais » islam juridique. Elle passe entre ceux qui reconnaissent effectivement la liberté de conscience et ceux qui subordonnent encore l’individu à l’intégrité supposée de la communauté.
LES VISAGES DE L’APOSTASIE SUR INTERNET
Le grand bouleversement contemporain est numérique. Autrefois, beaucoup cessaient de croire sans même savoir qu’il existait un mot, une communauté ou un chemin pour cela. Internet leur a permis de découvrir qu’ils n’étaient ni seuls ni fous. Il a aussi rendu publics des témoins que les familles et les États pouvaient autrefois maintenir dans l’invisibilité.
Dans l’espace francophone, Majid Oukacha a publié Ex-musulman : le guide de survie et produit de nombreuses vidéos de critique doctrinale. Waleed Al-Husseini, blogueur palestinien emprisonné pour blasphème avant de trouver refuge en France, a fondé en 2013 le Conseil des ex-musulmans de France. Sous pseudonyme, Vivi-Apostat raconte son passage de l’adhésion adolescente à l’islam à la radicalisation, puis à la rupture. Ali Babal consacre la chaîne Sagesse d’islam à la lecture critique du Coran, des hadiths, de la Sira et du fiqh.
Les femmes ne sont pas absentes de cette apostatosphère, bien qu’elles puissent payer plus cher encore leur indépendance. La réalisatrice franco-tunisienne Nadia El Fani a reçu des menaces après avoir publiquement déclaré son athéisme. L’Irano-Britannique Maryam Namazie anime le Council of Ex-Muslims of Britain et combat à la fois l’islamisme et les récupérations racistes. La Canadienne Yasmine Mohammed, élevée dans un milieu fondamentaliste et mariée de force à un membre d’Al-Qaida selon son témoignage, agit aujourd’hui en faveur des femmes et des libres penseurs. En France, Rihame, Adelaxia, Elsa et d’autres créatrices, parfois sous pseudonyme, produisent des entretiens, des directs et des récits qui brisent la solitude. Le site Apostats.fr rassemble une partie de ces chaînes et publie aussi des témoignages anonymes.
Ces voix ne sont pas chrétiennes, pour la plupart. Certaines sont athées, agnostiques, déistes ou simplement en recherche. Un catholique ne peut honnêtement les annexer ni faire comme si quitter l’islam conduisait automatiquement au baptême. Leur premier témoignage porte sur la liberté : le droit de douter, de critiquer, de ne plus croire et de chercher ailleurs.
D’autres ont rencontré le Christ. Joseph Fadelle, né Mohammed al-Sayyid al-Moussawi dans une famille chiite irakienne, a raconté dans Le Prix à payer sa conversion au catholicisme, les années de secret et les persécutions subies. Derya Little, élevée en Turquie, est passée de l’islam à l’athéisme, puis au christianisme évangélique et enfin à l’Église catholique. Sabatina James, Pakistanaise élevée en Autriche, témoigne d’un mariage forcé, de menaces familiales et de son baptême catholique.
Il faut aussi citer des protestants très présents dans l’espace médiatique arabe ou français : Frère Rachid, fils d’imam marocain devenu télévangéliste ; Saïd Oujibou, pasteur franco-marocain qui cherche depuis longtemps à rendre visibles les chrétiens issus de l’islam ; et, plus récemment, le créateur de contenu britannique Kieos, naguère défenseur de l’islam devant plus de 100 000 abonnés, qui a annoncé en 2026 sa foi au Christ après des mois de questionnement et trois rêves successifs dont il dit qu’ils ont été décisifs.
Ayaan Hirsi Ali occupe une place singulière dans cette constellation. Après avoir quitté l’islam et défendu l’athéisme pendant deux décennies, elle s’est déclarée chrétienne en 2023. Sa démarche a d’abord paru civilisationnelle à certains lecteurs : le christianisme lui semblait seul capable de donner à l’Occident une histoire, une morale et une force de résistance. Mais elle a également décrit une quête plus intime, née de l’impossibilité de vivre sans espérance ni sens. Son cheminement rappelle qu’entre l’islam abandonné et le christianisme confessé peut s’étendre un long désert.
UNE QUESTION ADRESSÉE AUX CATHOLIQUES
Les catholiques auraient tort de lire tous ces récits comme un simple tableau de chasse apologétique. Celui qui quitte l’islam peut perdre son logement ou ses ressources, subir une rupture conjugale ou familiale, voire craindre pour sa sécurité. Il peut aussi porter des blessures psychiques profondes et se méfier, à juste titre, de toute nouvelle communauté qui voudrait décider à sa place. Avant de lui demander ce qu’il croit, il faut parfois lui demander s’il est en sécurité, s’il peut rentrer chez lui et s’il a quelqu’un à appeler.
L’Église ne trahit pas la mission en respectant cette liberté. Elle la rend possible. Le concile Vatican II enseigne que nul ne doit être contraint d’agir contre sa conscience en matière religieuse. Benoît XVI rappelait explicitement en 2007 que la liberté religieuse inclut le droit de changer de religion, garanti non seulement dans les textes mais « dans la pratique quotidienne ». La foi chrétienne ne peut être qu’une réponse libre à un appel libre de Dieu.
Il faut donc tenir ensemble trois devoirs. Défendre publiquement le droit de quitter l’islam, même lorsque l’apostat ne devient pas chrétien. Annoncer clairement le Christ à ceux qui cherchent, sans relativisme mais sans pression. Enfin, entourer concrètement ceux qui perdent leur famille en entrant dans l’Église. Le site Jésus-Messie.org fédère des témoignages et des initiatives d’accueil ; sa ligne ESPERE propose écoute et soutien aux personnes menacées en raison de leur conversion.
Le livre de Smaïn Laacher oblige ainsi la République et l’Église à se regarder. La République proclame la liberté de conscience, mais connaît mal ceux qui paient le prix social de son exercice. L’Église affirme que le Christ libère, mais elle n’est pas toujours préparée à devenir une famille réelle pour ceux que leur baptême prive de la leur.
Le test le plus simple de la liberté religieuse n’est pas le droit d’entrer dans une religion. Toutes les religions aiment accueillir de nouveaux fidèles. Le véritable test est le droit d’en sortir, publiquement, sans perdre ses droits, sa famille, son travail ni sa vie. Tant que ce droit restera théorique pour certains de nos compatriotes, l’apostasie ne sera pas une question lointaine de droit musulman. Elle sera une question française, et pour les catholiques une question de vérité, de charité et de courage.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Le synode de l’Eglise grecque melkite reçu par le pape
« Je voudrais dire à votre Église bien-aimée : je suis avec vous. Toute l’Église catholique est avec vous », a déclaré le pape Léon XIV en recevant le synode des évêques de l’Eglise grecque melkite catholique, le 10 octobre dernier.
« Votre Église a là une vocation extraordinaire : être témoins de réconciliation et de paix dans des contrées ravagées par les conflits. Vous êtes les germes de la communion dans des contrées qui sont marquées par la violence. Ce témoignage fait véritablement de vous des icônes de siècles de foi dans les lieux les plus sacrés de notre salut » a continué le Souverain Pontife.
18ème édition de HolyWins, fête familiale autour de tous les saints à Liège
Holywins est une initiative de membres et d’amis de la Communauté de l’Emmanuel :
Enfants, parents et grands-parents se préparent à fêter la 18è édition d’HolyWins. Ce joyeux évènement a été initié en 2008 en Belgique afin de redonner tout son sens à la lumineuse fête de la Toussaint. Les dernières éditions ont regroupé environ 180 enfants et adultes.
L’édition 2026 aura lieu le samedi 31 octobre, veille de la Toussaint dès 11h30 au sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon à Liège. Des initiatives similaires se multiplient un peu partout. Les enfants sont invités, s’ils le souhaitent, à venir déguisés en saints ou saintes, voire en anges avec leurs grandes ailes blanches.
Infos et inscriptions sur ce lien : https://forms.gle/AEktd7y5Nrg2EA6k9
Une journée pour redécouvrir la sainteté
Les ados qui organisent la journée se réunissent dès 9h00 tandis que la fête commencera à 11h30 par une joyeuse célébration de la Toussaint. Les participants apportent leur contribution pour le Holy Buffet, repas de midi en mode auberge espagnole.
A 14h débute le grand jeu à la découverte de belles figures de saintes et de saints. Lors de chaque étape, un mime, un maquillage, une scènette ou un jeu fait découvrir un visage de sainteté aux participants. Le tout mène au saint du jour, à deviner. « Ce sont des ados qui animent les stands pour les enfants durant le grand jeu, c’est très chouette », raconte Camille.
Après un petit temps de louange et d’adoration adapté aux enfants, l’après-midi se termine par le Holy goûter avec gaufres, crêpes et chocolat chaud !
Une mission militaire et civile pour aider le Liban
L’Union européenne a adopté « le principe d’une mission d’appui aux forces de sécurité intérieures, aux forces armées libanaises » selon les termes de Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères. Cette mission, avec un mandat de trois ans, serait à la fois militaire et civile, afin d’accompagner l’armée libanaise dans ses missions de surveillance des frontières, de renseignement, de lutte contre la contrebande et la cybercriminalité.
On est bien loin des 7500 casques bleus de la Finul, la Force d’interposition des Nations Unies au Liban, dont le mandat prend fin le 31 décembre prochain.
Baisse de popularité pour le Hezbollah
L’institut de sondage Statistics Lebanon a réalisé un sondage au mois de septembre sur la popularité du Hezbollah au sein de la communauté chiite.
66,4% des personnes interrogées sont favorables à la remise des armes du Hezbollah à l’État. 71,1 % estiment que la décision de guerre et de paix doit relever exclusivement de l’État. 67,4% pensent aussi que le Hezbollah n’a pas atteint ses objectifs militaires ou ne les a atteints que partiellement. Enfin, 42,1 % des sondés expriment « de la déception, de la colère ou de l’inquiétude » vis-à-vis du Hezbollah.
Cependant une majorité des chiites interrogés continue de faire confiance au Hezbollah – 37,1 % « largement confiance » et 22,4 % lui accordent une « confiance modérée » – contre près de 90% au début de la guerre.
Sommes-nous capables de vivre dans un monde en guerre ?
Le Dr Gérard Chaput, ancien médecin militaire et conseiller des forces spéciales, le général Guillaume Venard, 34 ans dans l’Armée de Terre, l’abbé Christian Venard, ancien aumônier militaire, signet un livre à trois pour Fortifier l’humain, en vue de répondre à cette question, sommes-nous capables de vivre dans un monde en guerre ?
Dans un monde traversé par la violence, l’épuisement psychique et la perte de repères, une question s’impose : comment tenir, résister et continuer à servir sans être brisé ? A l’heure du burn out, des violences psychiques, du spectacle de la violence dans nos rues, de la fin de la cohésion nationale du terrorisme voire de la guerre, il est nécessaire de sortir de notre petit confort de bourgeois capitaliste et de se préparer au monde qui naît sous nos yeux.
Forts de leur expérience au coeur de la guerre, du commandement et de l’accompagnement des blessés, ces trois auteurs qui ont eu des parcours, notamment opérationnels, exceptionnels – médecin militaire, aumônier aux armées et officier de l’armée de Terre – proposent une réponse originale : la « densification » de l’être humain ou comment fortifier l’individu contemporain. Ni essai abstrait ni simple manuel de résilience, ce livre explore les conditions concrètes d’une solidité durable. Corps, psychisme, sens : les auteurs développent une approche globale pour renforcer la capacité à affronter le stress, surmonter les traumatismes, exercer l’autorité et cultiver une véritable discipline intérieure.
À travers des réflexions nourries par le terrain et des outils directement applicables, cet essai ouvre une voie exigeante mais profondément actuelle : former des hommes et des femmes capables de durer, de décider et d’agir au service du bien commun.
On ne « guérit » pas d’un traumatisme psychique (encore moins d’un enchaînement de traumas…), on apprend à vivre avec – la lecture de ce livre est une aide incomparable d’ailleurs. Telle une blessure du corps, la blessure psychique se referme, mais elle laisse des fragilités qu’il faut savoir repérer, des cicatrices qu’il faut parfois avoir la simplicité de « montrer », pour permettre à son entourage de comprendre, d’accepter.
Le Christ nous a donné ses commandements rigoureux pour nous éduquer et nous libérer de nous-mêmes
Mgr Varden commente son expérience à la conférence Amoris Laetitia et la possibilité de la sainte communion pour les divorcés/remariés :
« Une préoccupation pastorale principale dans de telles situations est de rappeler la perspective plus large, en permettant aux personnes qui souffrent de découvrir le sens potentiellement fécond de leurs épreuves, ce qui peut servir à atténuer l’égoïsme et à purifier l’amour. Le mariage, pas moins que la vie monastique, est une école de conversion.
Concernant les relations “irrégulières”, je trouve que nos communautés catholiques les accueillent généralement de manière mature et bienveillante. Il peut être libérateur pour les personnes dans de telles situations de se trouver dans un cadre où leur “irrégularité” est reconnue, non relativisée ; et où elles sont néanmoins accueillies avec une amitié chrétienne, habilitées à contribuer à la communauté.
Je pense à l’exemple de nombreuses personnes fidèles que je connais qui, dimanche après dimanche, s’avancent pour recevoir une bénédiction au moment de la communion, sachant qu’elles ne peuvent pas accéder au sacrement, mais s’en remettant à la miséricorde de Dieu à l’œuvre dans l’Église. Leur exemple de fidélité contribue beaucoup à édifier la communauté chrétienne. Il témoigne du réalisme vital du sacrement et de la vertu de l’espérance. L’exil sacramentel soutenu dans le temps peut préparer un retour joyeux à la maison. Christ nous a donné ses commandements rigoureux pour nous éduquer et nous libérer de nous-mêmes, “afin que nous ne vivions plus pour nous-mêmes, mais pour lui qui est mort et ressuscité pour nous” (Quatrième Prière eucharistique). Son intention est de nous faire grandir en stature vers une vie nouvelle, divinisée. Cette vie doit toujours être l’objectif que nous proposons aux gens, non une simple affirmation humaine — bien que nous en ayons tous un peu besoin aussi. »
La prison ne protège plus
L’un des arguments en faveur de l’abolition de la peine de mort réside dans la capacité moderne à ériger des systèmes de détention efficaces.
Mais ce n’est pas le cas. Exemple récent : des surveillants pénitentiaires ont été visés à leur domicile ou à proximité par des incendies et des agressions ou tentatives d’agression au printemps 2025. Certains suspects, déjà incarcérés, auraient commandité les attaques et transmis leurs instructions aux exécutants, depuis leur cellule ! 19 personnes doivent être jugées en février 2027, tandis qu’une vingtième a fait appel de son renvoi.
Ces actions auraient eu pour but de faire pression sur le personnel. Treize victimes sont recensées.
Aura-t-on la liste des élus franc-maçons ?
Des comptes rendus de réunions, des documents financiers et des informations personnelles concernant des membres de la franc-maçonnerie figurent dans un ensemble de fichiers associés au Grand Orient de France.
Des centaines de documents liés à son fonctionnement ont été rassemblés dans un ensemble documentaire comprenant des comptes rendus du Conseil de l’Ordre, des budgets, des circulaires et des informations concernant certaines loges.
Le Grand Orient de France a déposé plainte après la fuite de centaines de documents internes et financiers. Selon Le Parisien, l’organisation a constaté l’incident ce jeudi 15 octobre. L’origine exacte de la fuite reste à déterminer.
Les éléments couvrent plusieurs années, principalement entre 2017 et 2026. Ils comprennent aussi bien des publications institutionnelles que des documents administratifs et financiers, dont certains semblent destinés à une circulation interne. Plus sensible encore, un tableau nominatif daté de septembre 2024 contient des noms, prénoms, adresses e-mail et numéros de téléphone, associés à une loge maçonnique.
Les documents abordent plusieurs aspects du fonctionnement de l’organisation :
- Les activités du Grand Maître et du Conseil de l’Ordre ;
- Les réunions, délibérations et décisions institutionnelles ;
- Les budgets, comptes annuels et rapports financiers ;
- Les circulaires adressées aux loges ;
- Les rapports d’activité et calendriers de réunions ;
- Les travaux et documents de certaines loges maçonniques ;
- Des informations nominatives et des coordonnées de personnes.
Implants contraceptifs : 30 000 femmes mutilées
Il y a quelques années, la jouraliste Sabrina Debusquat sortait un livre enquête démontrant le lien entre la pilule et l’AVC, le cancer, l’infertilité, les migraines, la prise de poids, la fatigue etc…
« J’arrête la pilule : AVC, migraines, prise de poids, fatigue, baisse de libido, dépression, cancers, infertilité »
Ce mois-ci paraît le livre « Les Mal Traitées » de la journaliste Liane Courté, qui dénonce notamment les implants contraceptifs Essure qui a conduit à l’ablation de l’uterus pour « au moins 30 000 femmes ».
J’ai enquêté sur les implants Essure, un dispositif de contraception définitive retiré du marché en 2017. Cet implant, fait avec plus de 20 métaux différents, s’imbrique dans les chairs des trompes de Fallope. Au moins 30 000 femmes se sont fait explanter l’implant parce qu’elles souffraient trop. Elles ont dû se faire retirer l’utérus. C’est une mutilation.
Elles pensaient prendre un traitement hormonal de routine. En réalité, au moins 400 000 patientes françaises ingéraient un poison : l’Androcur, pouvant engendrer des tumeurs cérébrales. Ce scandale sanitaire hors norme s’ajoute à une longue liste noire : médicaments progestatifs, implants Essure, prothèses vaginales, violences gynécologiques et obstétricales… Le point commun de ces pratiques médicales ? Elles sont subies par les femmes. Ce sont des millions de vies abîmées. L’investigation de Liane Courté, fondée sur des témoignages exclusifs et des documents confidentiels, révèle les liens poreux entre médecins et laboratoires, la passivité des autorités sanitaires et l’inaction des responsables politiques.
Extrait d’un entretien :
J’ai enquêté sur les implants Essure, un dispositif de contraception définitive retiré du marché en 2017. Cet implant, fait avec plus de 20 métaux différents, s’imbrique dans les chairs des trompes de Fallope. Au moins 30 000 femmes se sont fait explanter l’implant parce qu’elles souffraient trop. Elles ont dû se faire retirer l’utérus. C’est une mutilation.
Je parle aussi des prothèses vaginales. Des femmes sont dans des états catastrophiques, certaines ont même mis fin à leur jour. Deux maris témoignent dans mon livre dont Thomas : Élodie, sa femme, est allée se faire euthanasier en Belgique en 2023 ; et Laurent, le mari de Carine, qui s’est donnée la mort en juin 2026.
Vous abordez aussi le sujet des violences obstétricales et gynécologiques ?
J’ai enquêté pendant quasiment un an uniquement sur cette question. J’ai tenu à le faire parce que c’était beaucoup trop criant. Au cours de mes entretiens, beaucoup m’ont parlé de leur accouchement. Les pratiques de type expression abdominale, épisiotomie systématique, revenaient beaucoup. C’est toujours le même sujet : on parle de la santé des femmes, du manque d’information, de l’absence de consentement, de négation de leur douleur.
Avez-vous été confrontée à des difficultés pour recueillir certaines informations ?
Oui, avec nos autorités sanitaires qui ont fait preuve d’un manque de transparence absolument phénoménal. J’ai dû saisir la CADA, la Commission des affaires des documents administratifs, grâce à laquelle j’ai pu obtenir certains documents de l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. L’ANSM, qui fait partie du ministère de la Santé, n’a jamais souhaité répondre à mes questions.


