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Lycéen ou étudiant, vous avez subi des pressions, des intimidations ou une mise à l’écart à cause de tes opinions ? Ce site est pour vous

Voici un

Au delà de l’évidence qui consiste à rappeler que nul ne doit être inquiété en raison de ses opinions exprimées ou non, parler et briser le silence imposé par les diktats de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur devenus Pensée unique devient une nécessité.

Ce silence est celui qui tait les violences verbales, psychologiques ou physiques que subissent ceux qui s’expriment volontairement comme ceux qui, plus discrets, sont néanmoins démasqués comme défiant les groupes représentants d’un dogmatisme politique désormais considéré comme allant de soi dans le milieu scolaire.

La majorité silencieuse n’a pas à craindre d’en faire partie.

Brisons la pensée unique a pour vocation de recueillir des témoignages de lycéens et d’étudiants, de rendre visible les situations rapportées et de défendre le droit de chacun à penser librement. Vous êtes la majorité silencieuse, libérez-vous des diktats d’une pensée imposée.

Voici quelques témoignages :

Je me permets de témoigner ici de la violence des militants de gauche dont une camarade (qui j’espère témoignera ici), quelques amis et moi avons été victimes jeudi dernier (8 octobre). Alors que nous attendions devant l’amphithéâtre de notre composante le début de notre cours d’histoire moderne, nous avons d’abord été alpagués par deux jeunes femmes voilées (on voit ici l’amour de la gauche pour les tirailleurs étrangers n’est-ce pas) qui semblaient s’être prises pour la police du campus. En effet, ces demoiselles, pensant semble-t-il, que nous étions étudiants en sciences considéraient que nous n’avions rien à faire sur « leur blocus » et que nous ne venions que pour « les provoquer ». Elles sont rapidement montées dans les tours, exigeant de consulter nos emplois du temps.

Depuis plusieurs jours, je ne m’installai plus qu’au fond de la classe, toute seule, parce qu’après avoir refusé de participer à des mobilisations étudiantes soutenues par LFI, ils avaient décidé de ne plus m’adresser la parole. Mon professeur de philosophie me dit « c’est déplorable… Méfiez vous de M. X, il a fait viré trois étudiantes ces trois dernières années, parce qu’elles l’avaient contredit… vous savez de quoi je parle. Méfiez-vous. ». Merci Monsieur. Son conseil, au delà d’être précautionneux pour moi, était déplorable. Comment, comment des membres de l’équipe enseignante et pédagogique ont-ils conscience que des étudiants sont renvoyés en raison de leurs désaccords avec un professeur sans s’y opposer fermement, sans le dénoncer ?!

Élections législatives 2024, université Paris 1 Panthéon Sorbonne, nous recevons un mail collectif de la présidence nous appelant à voter contre l’extrême droite. Pourtant l’université est un service public soumis comme tous les autres à la neutralité de ses agents. Mais visiblement les principes juridiques sont toujours à géométrie variable.

Union des droites, convergence des luttes : une symétrie des mirages politiques

Edito d’Olivier Frèrejacques dans Liberté Politique :

À l’occasion de la manifestation du 17 octobre, face au déclin de la mobilisation lycéenne, une partie de la gauche a ressorti la rengaine de la convergence des luttes, espérant agglomérer dans la rue lycéens, étudiants, fonctionnaires, salariés et « banlieusards ».

Le mouvement lycéen s’essouffle : que les étudiants prennent le relais ! C’est un peu ce à quoi l’on a pu assister cette semaine. À l’approche de la Toussaint, la lutte des classes fait pâle figure face aux vacances, et le « mouvement social » a finalement tenté de répercuter la « colère » lycéenne vers les facultés, qui n’ont pas toutes deux semaines de congés à l’automne.

Le samedi 17 est aussi censé rassembler les « Gilets jaunes », en réalité essentiellement les figures gauchisantes qui se sont fait une notoriété sur le dos d’un mouvement anti-fiscal parasité par la gauche.

Les syndicats seront de la partie, et La France insoumise aussi. S’il semble bien que l’on se trouve en fin de cycle pour ces mobilisations, c’est bien le parti mélenchoniste qui joue le plus gros ici.

En soutien aux lycéens depuis plusieurs semaines, les troupes insoumises se voient reprocher le grabuge en marge des manifestations, un désordre qu’elles cautionnent à défaut de l’orchestrer.

Dans la rue, Mélenchon se fait déborder par sa gauche, cette extrême gauche autonome qui n’a pas de mandat en jeu et le ramène à son statut d’apparatchik : parlementaire pendant 33 ans.

Convergence et union de rien du tout

Rallier tous les mécontents : les travailleurs, les étudiants, les « racisés », est devenu une rengaine incontournable à gauche. Faute de grève générale, faute de syndicats de masse et même de parti capable de dépasser les 20 % à une élection, les gauches de souche trotskiste théorisent une « convergence des luttes ». Comprendre : les mécontents vont s’unir contre les puissants.

Dans la réalité, la sauce ne prend pas. Les contestataires « diversitaires » (de banlieues) comme les lycéens sont largement imprégnés par le consumérisme et séduits par un discours racial pas toujours compatible avec le reste de la gauche, les syndicats défendent leurs syndicats, les partis cherchent à capter un électorat. Quant aux travailleurs « gilets jaunes », on se demande ce qui les rapproche de ces catégories, si ce n’est la colère, qui n’est absolument pas un dénominateur suffisant.

Cette obsession pour la « convergence des luttes » fait écho à l’union des droites.

Désirée par les bases militantes et souvent par les franges plus radicales, celle-ci est sans cesse rejetée par les états-majors de partis, qui savent que plus il y a de monde, moins la part du gâteau est grosse. La prime à la majorité reste encore trop importante pour envisager une quelconque union de ce côté de l’échiquier politique. À gauche comme à droite, la perspective de la marginalisation pousse à s’imaginer étendre l’assiette militante ou électorale.

Pour les uns, il faut agréger plus de colère, pour les autres, se rassembler. Dans les deux cas, cela ne fonctionne pas. Et à la fin, c’est le centre qui l’emporte.

Une sénatrice PS au milieu d’une fusillade lors d’un déplacement avec la police

En mai 2025, la sénatrice PS Corinne Narassiguin accusait les policiers de faire des contrôles au faciès et déposait une loi sur le sujet. La loi fut retoquée par le Sénat.

En octobre 2026, elle découvre la réalité de la police en Seine-Saint-Denis en étant prise à partie dans une fusillade à Sevran :  « Tous auraient pu y laisser la vie »

Elle a dû se recroqueviller dans une voiture de police lors d’un déplacement avec les policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) d’Aulnay-sous-Bois :

« J’étais observatrice dans la voiture d’une brigade de la BAC d’Aulnay lorsqu’une fusillade, visiblement sur un point de deal, a éclaté à proximité alors que nous effectuions une patrouille ordinaire ». « La voiture de la BAC n’était pas ciblée. Les agents ont fait leur travail en s’assurant de pouvoir intervenir en réponse à la fusillade tout en assurant ma sécurité, alors que je suis bien sûr restée à l’intérieur de la voiture ».

Corinne Narassiguin et les agents de la BAC ont finalement dû attendre l’arrivée de renforts, après une quinzaine de détonations, pour sortir. Un impact de balle a été relevé sur l’une des portières.

Des condamnations sévères mais imprécises pour la Fraternité Saint-Pie X

De Guy Lapierre sur Renaissance catholique :

Une réponse du Dicastère pour les textes législatifs du 7 août 2026 vient éclairer ceux qui s’interrogent sur la catholicité de la Fraternité Saint-Pie X et donner tort à ceux, clercs et laïcs, qui avaient, un peu rapidement, dénoncé l’existence d’un schisme et jeté l’anathème sur les prétendus schismatiques.

Reprenons le fil des événements : le 2 juillet 2026, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi publie un décret qualifiant d’ « acte schismatique » les consécrations épiscopales de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X [FSSPX], conférées sans mandat pontifical, et déclare que Mgr Alfonso de Galarreta s’est exposé aux peines prévues par le canon 1387 et le canon 1364 § 1 du Code de Droit canonique.

Les consécrateurs et les consacrés ont encouru ipso facto l’excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique.

Mais il est précisé que les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de FSSPX car ils encourraient ipso facto la peine d’excommunication latae sententiae.

S’ajoute à ce décret une note explicative : le Dicastère précise que cet acte a constitué un crime de schisme, avec les conséquences canoniques qui en découlent pour les ministres sacrés et les fidèles laïcs impliqués. Cela va donc au-delà de l’absence de mandat pontifical pour sacrer des évêques. Ce n’est plus un acte à tendance schismatique mais un schisme.

Confessions et mariages sont-ils valides ?

Il convient d’examiner ces événements pour répondre aux questions sur la validité des confessions et des mariages célébrés par un prêtre de la FSSPX.

En effet, de 1986 à 2017, selon les décisions du tribunal romain en matière d’appréciation de la validité des mariages, la Rote Romaine, le mariage de baptisés catholiques qui échangeaient leur consentement devant un prêtre de la FSSPX sans la délégation de juridiction territoriale du curé du lieu était jugé invalide.

C’est l’une des raisons pour laquelle le pape François avait approuvé la publication d’une lettre en date du 27 mars 2017 de la Commission pontificale Ecclesia Dei au sujet des permissions pour les mariages de fidèles célébrés par les prêtres de la FSSPX. Les évêques pouvaient accorder la faculté de recevoir les consentements avec inscription dans les registres paroissiaux.

Ce geste suivait celui de la lettre apostolique Misericordia et misera du 20 novembre 2016. Au cours de l’Année jubilaire de la Miséricorde, les fidèles qui, pour des raisons diverses, fréquentaient les lieux de culte desservis par des prêtres de la FSSPX, pouvaient recevoir validement et licitement l’absolution sacramentelle de leurs péchés. Pour le bien pastoral de ces fidèles et comptant sur la bonne volonté de leurs prêtres afin que la pleine communion dans l’Église catholique puisse être recouvrée avec l’aide de Dieu, le pape François étendait cette faculté au-delà de la période jubilaire, pour que le signe sacramentel de la réconciliation à travers le pardon de l’Église ne fasse jamais défaut à personne.

Or, selon la note du 2 juillet 2026, les ministres sacrés de la FSSPX administreraient dorénavant illicitement les sacrements ; le sacrement de pénitence qu’ils administrent ainsi que les mariages qu’ils célèbrent seraient invalides.

Cependant le décret et la note n’ont pas bénéficié de l’approbation juridique publique du pape Léon XIV.

Les conditions d’une révocation

Ainsi, pour révoquer la faculté d’entendre les confessions, il faudrait un acte de même nature que celle qui l’a accordée, a affirmé l’archevêque Monseigneur Juan Ignacio Arrieta, canoniste et ancien secrétaire du Dicastère pour les Textes législatifs, dans un entretien exclusif accordé à AdVaticanum en juillet 2026.

Pour ce qui est des mariages, une réponse du Dicastère pour les textes législatifs du 7 août 2026 reprend ce raisonnement en considérant :

Il ne semble donc pas possible d’affirmer, en l’état, que la discipline de 2017 ait certainement cessé de produire ses effets. Les confessions et les mariages sont toujours validés jusqu’à une décision de Léon XIV.

De plus, le canon 14 dispose qu’en cas de doute de droit, les lois même irritantes ou inhabilitantes n’obligent pas. Une loi irritante frappe l’acte de nullité ; une loi inhabilitante rend la personne juridiquement incapable de l’accomplir.

Le doute de droit porte sur l’existence, la portée ou l’applicabilité juridique de la norme et non sur le doute de fait qui concerne la réalisation des circonstances auxquelles une loi certaine attache ses effets indépendamment de l’ignorance ou de l’erreur de bonne foi.

Le canon 144 prévoit la suppléance pour les facultés visées par les canons 966, pour l’absolution, et 1111 § 1, pour l’assistance au mariage.

En outre, en cas de doute sur la validité d’un mariage célébré, le canon 1060 impose de tenir le mariage pour valide tant que le contraire n’est pas prouvé. C’est la faveur du droit selon l’adage célèbre : « Le mariage jouit de la faveur du droit ».

Concernant les excommunications, les canonistes les plus sérieux rappellent qu’il existe un texte sur le mandat pontifical : les deux consécrateurs et les quatre consacrés sont donc excommuniés, c’est du droit pénal strict, même si ces derniers peuvent ensuite invoquer l’état de nécessité, contester ou faire appel.

Une décision difficile

En revanche, pour excommunier tous les prêtres, tous les religieux et religieuses, tous les membres du tiers-ordre de la FSSPX et tous ceux qui adhéreraient formellement aux actes du culte de la Fraternité Saint-Pie X, il faudrait un procès individuel par personne. Seul le Pape peut décréter un schisme global de cette manière pour éviter une multitude de procédures.

Ce sera difficile car la FSSPX reconnaît le magistère et l’autorité ordinaire du Pape sur les diocèses, ce qui ne correspond pas à une attitude schismatique ; le défaut de mandat pontifical ne suffit pas à caractériser un corps de doctrine schismatique. Il revient aux théologiens de définir ce prétendu schisme.

Par ailleurs, si des personnes, rattachées par registre de baptême ou adhésion formelle, étaient assimilées aux orthodoxes, leurs mariages deviendraient ipso facto valides.

Seul le pape Léon XIV peut agir pour lever l’incertitude.

La haine antichrétienne ne sera plus invisible

Thibault van den Bossche, membre de l’ECLJ, chargé de plaidoyer pour la liberté religieuse, a été officiellement auditionné le lundi 12 octobre 2026 par la commission des pétitions (PETI) du Parlement européen à Bruxelles. Devant les députés, il a porté la voix de ces milliers de chrétiens européens réduits au silence par la peur, l’autocensure ou l’indifférence des autorités :

C’est une étape cruciale dans la reconnaissance institutionnelle de la hausse des actes antichrétiens sur le continent européen et de la nécessité d’une protection égale dans l’ensemble de l’Union européenne. Le 12 octobre 2026, à l’issue de l’audition de la pétition n°0443/2026 présentée par Thibault van den Bossche au nom du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), la Commission des pétitions (PETI) du Parlement européen a acté le maintien du dossier ouvert.

La nécessité d’agir s’appuie sur la réalité des chiffres globaux fournis par l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination à l’encontre des chrétiens en Europe (OIDAC Europe), qui a recensé 2 211 crimes de haine antichrétiens sur le continent pour la seule année 2024, incluant 274 agressions physiques directes et 94 incendies criminels d’églises. L’ECLJ a ouvert l’audition sur le rappel du meurtre atroce d’Ashur Sarnaya, réfugié irakien chrétien ayant fui l’État islamique en 2014 pour finalement être égorgé à Lyon en septembre 2025 par un Algérien musulman radicalisé.

Les trois visages d’une invisibilisation systémique

Cette violence antichrétienne en Europe demeure largement occultée en raison de trois obstacles majeurs :

  • La sous-comptabilisation par les États, qui qualifient souvent le vandalisme des églises de simples « atteintes aux biens » et omettent de transmettre leurs données aux instances internationales comme l’OSCE.
  • La sous-déclaration par les victimes, qui renoncent à porter plainte par résignation, par peur ou par tendance à relativiser les faits.
  • Un biais idéologique et politique, qui perçoit le christianisme uniquement comme une religion historiquement dominante et refuse de concevoir que les chrétiens puissent, eux aussi, être des victimes.

En réponse, l’ECLJ demande dans sa pétition la nomination d’un Coordinateur de l’Union européenne chargé de la lutte contre les attaques et les discriminations contre les chrétiens, à l’instar des postes créés en 2015 pour les communautés musulmanes et juives. Nous réclamons également le renforcement de la collaboration entre les communautés, la société civile et les États afin de bâtir des cadres nationaux de coopération, briser l’autocensure et déployer des protections efficaces.

Le clivage politique de Bruxelles face au «deux poids, deux mesures»

Lors des débats, les représentants du Parti populaire européen (PPE), des Patriotes pour l’Europe (PFE), des Conservateurs et réformistes européens (ECR) et de l’Europe des nations souveraines (ESN) ont unanimement soutenu le maintien de la pétition, dénonçant une politique du « deux poids, deux mesures ». À l’inverse, les bancs des groupes du centre et de gauche sont restés intégralement vides. Ce désintérêt flagrant a été vivement fustigé par l’eurodéputé allemand Tomasz Froelich (ESN), rappelant qu’il s’agit pourtant de violations caractérisées des droits de l’homme.

De son côté, le représentant de la Commission européenne au titre de l’article 17 du TFUE (relations avec les Églises) a livré une réponse particulièrement timorée. Tout en concédant le caractère inacceptable des violences, l’exécutif européen a affirmé qu’il comptait utiliser les textes existants mais « ne prévoyait pas de développer de nouveaux dispositifs », se défaussant ainsi sur la seule responsabilité des États membres. Illustrant cet immobilisme persistant, l’eurodéputée française Virginie Joron (PFE) a rappelé qu’une question écrite avait été déposée dès le 22 octobre 2025 par Fabrice Leggeri (PFE) pour exiger la nomination d’un Coordinateur européen, une interpellation restée sans réponse satisfaisante de la part de la Commission.

La situation locale n’en demeure pas moins alarmante. L’eurodéputée espagnole Margarita de la Pisa Carrión (PFE) a condamné le silence des institutions face à ce qui s’apparente à la plus grande persécution religieuse sur le continent, rappelant que 67% des prêtres espagnols rapportent avoir subi des insultes ou des moqueries. En France, l’eurodéputée Laurence Trochu (ECR), qui conduit une pétition connexe réunissant déjà plus de 15 000 signatures, a pointé du doigt l’explosion de 70 % des atteintes aux personnes chrétiennes entre 2024 et 2025. Elle a également rappelé que le Parlement européen avait déjà validé le principe d’une telle protection en adoptant dans une résolution du 21 janvier 2026 un amendement qu’elle avait proposé déplorant l’absence de coordinateur dédié, tout en mettant en parallèle le sort des 380 millions de chrétiens persécutés à travers le monde.

Face à l’insuffisance des réponses de l’exécutif, la commission PETI a choisi de maintenir la pétition ouverte. Elle exige désormais des informations officielles complémentaires de la Commission européenne et poussera pour obtenir un débat en plénière suivi d’une résolution. La nomination d’un Coordinateur européen est une pure question d’égalité et de justice, une demande d’ailleurs largement soutenue par l’Intergroupe sur la liberté de religion, la COMECE (Conférence des évêques de l’UE), le nonce apostolique Monseigneur Noël Treanor, ainsi que de nombreuses organisations de la société civile européenne.

Signe qu’une prise de conscience globale est en cours, le 8 octobre 2026, le Parlement européen a adopté une résolution majeure sur la nécessité pour l’Union de se doter d’une stratégie contre l’entrisme islamiste et l’influence du réseau des Frères musulmans. Les eurodéputés y identifient explicitement la « haine antichrétienne » au même titre que l’antisémitisme, la soumission des femmes ou la remise en cause de la laïcité, comme un marqueur clair de radicalisation idéologique. De plus, le 24 juin 2026, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) est elle aussi saisie du sujet à travers une motion de résolution transpartisane intitulée « Crimes de haine, intolérance et discrimination à l’encontre des chrétiens d’Europe », exhortant les États à développer une stratégie commune pour prévenir ces crimes, y compris en ligne, et pour sécuriser les lieux de culte.

Signer la pétition

Comment survivre au chaos… actuel ?

Il y a maintenant deux ans, nous publiions Comment survivre au chaos, un ouvrage destiné à donner à chacun les moyens concrets de se préparer aux événements qui semblent aujourd’hui se précipiter.

Certains projets et préparatifs contenus dans cet ouvrage demandent du temps. Mais combien nous en reste-t-il ? Face aux violences et aux bouleversements de l’actualité, ceux qui reconnaissent dans ces événements l’accomplissement des prophéties savent que certaines dispositions doivent être prises.

Pourtant, si les préoccupations matérielles occupent une place importante dans les esprits de chacun, c’est bien le salut de notre âme qui doit demeurer au cœur de nos préoccupations de catholiques.

Au cours des siècles, le Christ a suscité des âmes mystiques dont la vie fut marquée par de grandes souffrances, et pour certaines par les stigmates. À travers leurs révélations, elles ont vu et vécu les épreuves de notre époque bien avant nous. Si Dieu les a suscitées, n’est-ce pas pour éclairer le chemin de vérité que doit emprunter notre âme ?

Car sans les ténèbres que nous traversons, aurions-nous compris la nécessité de nous tourner à nouveau vers Dieu ? Aurions-nous prêté attention aux avertissements des mystiques catholiques si leurs annonces ne semblaient pas aujourd’hui trouver un écho dans les événements ?

La finalité n’est certainement pas d’annoncer d’inévitables châtiments divins mais de nous guider là où la vertu réside, dans la charité et l’humilité.
Ces enseignements théologiques, parfois complexes, constituent un véritable secours dans une époque qui considère la souffrance comme un « visiteur indésirable ». N’oublions pas que la souffrance, lorsqu’elle est acceptée et offerte à Dieu, nous rapproche de Lui. Elle devient alors une lumière pour notre âme et nous ouvre à l’espérance des joies éternelles.

Deux ans après sa publication, Comment survivre au chaos résonne avec une actualité toute particulière.
Un ouvrage à découvrir ou à redécouvrir, pour se préparer aux épreuves sans jamais perdre la foi :

https://www.resiac.fr/livres-resiac/11747-comment-survivre-au-chaos-en-france-et-dans-le-monde.html

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Pays-Bas : les avortements en hausse

Lu sur Gènéthique :

L’année dernière, aux Pays-Bas, 163 jeunes filles âgées de moins de 15 ans ont subi un avortement. Un chiffre 2,5 fois supérieur à celui de l’année précédente. Selon les chiffres publiés par l’Inspection générale de la santé et de la jeunesse (IGJ), sur les 6 dernières années, le nombre d’interruptions de grossesse chez les adolescentes oscillait globalement « entre 50 et un peu plus de 100 ».

Une hausse des IVG a également été observée chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans, bien qu’elle soit moins marquée : elle était de 6% par rapport à 2024. Les chiffres dans ce groupe sont cependant nettement plus élevés : 2 918 avortements ont été enregistrés en 2025.

Au total, le nombre total d’avortements aux Pays-Bas a augmenté de 1,25 %, pour atteindre « un peu moins de 40 000 ». La grande majorité (88 %) a eu lieu au cours du premier trimestre de grossesse.

L’Inspection a déclaré ne pas être en mesure de fournir d’explication à cette hausse des avortements.

Lauréat du prix Erwan Bergot 2026, le colonel Jacques Allaire avec “Lieutenant de Bigeard” – Un événement vécu en famille

Depuis 1995, le grand prix littéraire de l’armée de Terre Erwan Bergot récompense chaque année des œuvres grand public illustrant l’engagement au service de la France.
Cette année il est décerné à titre posthume, au colonel Jacques Allaire, pour son livre “Lieutenant de Bigeard” un essai retraçant son engagement lors de la guerre d’Indochine. Le prix a été reçu par son fils et le discours prononcé par son petit-fils Guillaume Allaire : « C’est un projet qui a presque 30 ans et qui a animé mon grand-père jusqu’à son dernier souffle. »

« Je ne suis pas un héros, je suis juste un survivant. Les héros, ils sont restés là-bas. » disait le colonel Jacques Allaire.

Ces mémoires racontent la vie d’un jeune homme d’extraction modeste, autodidacte curieux, passionné par les livres et le théâtre ; un temps employé dans une librairie, il s’est engagé dans les forces françaises de l’Intérieur, puis dans l’armée régulière reconstituée à la Libération. Il effectuera trois séjours en Indochine entre 1945 et 1954, jusqu’à la bataille de Diên Biên Phu, puis sera interné dans le camp de prisonniers vietminh n°1.
L’essai retrace les moments de camaraderie, d’engagement, d’épreuves et de découverte des civilisations, des peuples et des traditions : écrit à hauteur d’homme, loin des états-majors et des atermoiements du Palais-Bourbon, cet ouvrage témoigne d’une guerre où la fraternité côtoie le tragique. Il raconte aussi la découverte passionnée de l’Indochine, sa civilisation, ses peuples et ses mœurs par un jeune Français –  » un petit lieutenant, caustique, mordant « , disait Bigeard – frappé à son tour par le  » mal jaune « , cette fascination pour la péninsule.

Un récit puissant, l’un des derniers portés par un protagoniste d’envergure.

Né en 1924 et mort en 2022, Jacques Allaire a servi dans l’armée de Terre jusqu’en 1974. C’est son fils qui a reçu le prix en son nom, portant la mémoire d’un parcours que l’armée de Terre a choisi de saluer une dernière fois, trente ans après la création du prix qui porte le nom d’un autre grand témoin de Diên Biên Phu, Erwan Bergot, qui était un de ses compagnons d’armes.

Les mots de la famille Allaire – site de l’armée de terre :
« Ce soir, la famille sera réunie aux Invalides, quatre ans après avoir été rassemblée dans cette même cour, lors des obsèques militaires qui lui étaient réservées. », confie avec émotion Guillaume Allaire.
Suivant la volonté de la famille, l’intégralité des droits d’auteur du livre sera reversée à l’entraide parachutiste. Un choix qui prolonge l’engagement d’une vie : « Cet esprit collectif, de risque consenti et partagé, se retrouve dans l’Entraide parachutiste, qui aide ceux d’entre nous qui ont coiffé le béret rouge et qui auraient besoin d’un coup de main. »

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/indochine-histoire-guerres/30284-lieutenant-de-bigeard-indochine-1945-1954.html?ref=043193205

Lieutenant de Bigeard de Jacques Allaire, Editions Perrin, 488 pages, 25 €.
Préface du général Maurice Schmitt – Témoignage d’Erwan Bergot – Postface de Guy Leonetti. Avec un QRCode pour visionner le film Dien Bien Phu : Le sacrifice » de notre camarade Philippe Delarbre.

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Neuvaine à saint Raphaël archange

L’abbé Billot (IBP) nous prie de diffuser l’annonce suivante:

A partir du vendredi 16 octobre, neuvaine à saint Raphaël archange pour préparer la fête de l’archange le samedi 24 octobre. Avec prières, méditation du livre de Tobie, explications et témoignages.  L’archange saint Raphaël aide dans beaucoup de domaines : la santé, les voyages, la direction spirituelle, le mariage, vie de famille,  vocations, mais aussi dans le combat  spirituel et les problèmes matériels Pour s’inscrire : [email protected]

Les déboires de l’armée américaine

D’Antoine de Lacoste dans la Revue d’Histoire Européenne :

Donald Trump doit bien regretter de s’être lancé dans sa folle guerre contre l’Iran sous l’influence de son mauvais génie, Benjamin Netanyahou.

L’échec est total. Tout d’abord, le flou le plus complet règne sur l’état des installations nucléaires iraniennes. Annoncées par les Américains comme totalement détruites dès les premiers bombardements de juin 2025, elles ont de nouveau été attaquées à plusieurs reprises dans les semaines qui ont suivi le déclenchement de la guerre le 28 février 2026. Rien n’est certain dans cette affaire, mais le plus probable est que ces installations soient loin d’être détruites tout en étant très difficiles d’accès.

Ensuite, le régime iranien est toujours en place et ne semble pas menacé. Certes, de nombreux cadres importants ont été tués le 28 février, à commencer par le guide suprême Ali Khamenei. Et alors ? Depuis quand un régime tombe pour cela ? Le seul résultat notable c’est que le pouvoir semble avoir glissé des mollahs aux gardiens de la révolution. Sur le fond, cela n’a, pour l’instant, rien changé.

Les Iraniens ont démontré, et cela n’était pas certain, que leurs capacités de riposte étaient très importantes. Drones et missiles, disséminés sur tout le vaste territoire iranien, ont infligé des dégâts importants à plusieurs villes israéliennes, à la plupart des nombreuses bases américaines présentes dans tout le Proche-Orient et à plusieurs villes des alliés arabes des Etats-Unis. C’est peut-être cela le plus grave : le parapluie américain s’est fait transpercer.

Des installations pétrolières saoudiennes ou qataries ont subi des dégâts importants et les défenses aériennes vendues à grands frais par le Pentagone n’ont pu s’y opposer que partiellement. Les Iraniens ont poussé l’ironie jusqu’à frapper des hôtels américains à Dubaï, entraînant l’effondrement du tourisme dans la ville. Certes, on ne pleurera pas sur ce paradis fiscal où vivent les plus gros trafiquants de drogue d’Europe et des myriades d’influenceurs, venus notamment des banlieues françaises, aux revenus inversement proportionnels à leur niveau intellectuel. Mais tout cela fait désordre.

Le clou fut bien sûr le blocage du détroit d’Ormuz. Cette riposte iranienne parfaitement évidente avait été anticipée par les conseillers de Trump. Mais il balaya ce risque d’un revers de main, persuadé que le régime s’effondrerait aussitôt après l’attaque du 28 février. Maintenant, les Iraniens contrôlent peu ou prou le détroit, ont attaqué plusieurs cargos qui voulaient l’emprunter sans autorisation et provoquent l’immobilisation très coûteuse de la flotte américaine.

Le monde a alors découvert avec stupéfaction l’état lamentable de ladite flotte. Le porte-avions Abraham Lincoln a navigué près de 300 jours dont 200 sans escale. Les marins se sont partiellement révoltés et ont dénoncé pêle-mêle la nourriture avariée, de multiples problèmes de maintenance, des connexions internet aléatoires et une baisse de moral générale. Le récent mouillage à Pattaya en Thaïlande a en outre révélé d’importantes corrosions. Le Pentagone conteste une partie des témoignages mais comme ce sont ceux de ses propres marins, cela donne une idée de l’ambiance.

Ce n’est guère plus brillant pour le Gerald Ford. Après onze mois de déploiement, il a fallu le retirer du front et l’envoyer en Crète pour le réparer et reposer l’équipage. C’est le plus récent et le plus coûteux des porte-avions américains. Il a pourtant subi un incendie accidentel et des centaines de dysfonctionnements dans les toilettes ont exaspéré les marins qui ont fini par les boucher eux-mêmes et faire circuler des photos nauséabondes sur les réseaux sociaux. Le monde entier a pu ainsi en profiter.

Le pire fut pour le Harry Truman qui, en 2025, est entré en collision avec un cargo turc et a perdu deux F/A-18 tombés à la mer à la suite de défaillances des câbles d’arrêt. La marine américaine a dû faire venir en catastrophe un porte-avion de secours qui voguait au large de la Chine.

On lit souvent que les Etats-Unis sont la première puissance militaire du monde. Est-ce bien toujours le cas ?

Un homme ivre, de confession musulmane, brise et décapite une statue dans une église

Mardi matin, un individu s’introduit dans l’église Saint-Henri au Creusot. Il fait tomber une statue de Saint-Joseph, dont il décapite la tête.

A sa sortie de l’église il importune des personnes. La police est appelée et l’individu va être arrêté. Il s’agit d’un homme de 25 ans, de confession musulmane. Il est complètement ivre, tient des propos peu cohérents.

Sur décision du parquet, l’individu est transporté à l’Hôtel-Dieu pour être placé sous sédatifs. Il doit être interné à l’Hôpital spécialisé de Sevrey.

« Le monde n’a pas d’avenir sans familles fortes, ouvertes au don des enfants et attentives à leur éducation et à leur épanouissement. »

Lors de la messe de clôture de la rencontre organisée à l’occasion du 10e anniversaire de la publication de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, doyen du Collège des cardinaux, a lu l’homélie du pape Léon XIV, actuellement hospitalisé :

« La joie de l’amour vécue par les familles est aussi la joie de l’Église » (Pape François, Exhortation apostolique Amoris Laetitia , 19 mars 2016, p. 1). C’est par ces mots qu’il y a dix ans, le pape François commençait son Exhortation apostolique Amoris Laetitia .

Aujourd’hui, alors que nous célébrons l’Eucharistie, nous offrons au Seigneur les fruits du travail que nous avons accompli sur ce document, et nous cherchons à en accueillir les richesses et à mettre en pratique ses conseils pastoraux.

À cet égard, la liturgie d’aujourd’hui nous offre plusieurs pistes de réflexion. Dans la première lecture, nous avons entendu l’« hymne à l’amour » de saint Paul (cf. 1 Co 12, 31-13, 13). Au chapitre 4 de l’Exhortation apostolique, ce même texte sert de base à une riche méditation sur les vertus du mariage chrétien, union « affective, spirituelle et sacrificielle » (n° 120), et icône de l’amour de Dieu (cf. n° 121). En vivant ces valeurs, et avec le secours de la grâce, les époux grandissent ensemble jour après jour à l’image de la Trinité. Chacun mûrit à sa manière, et en même temps, ils se ressemblent de plus en plus par « l’engagement stable de partager et de construire ensemble toute leur vie » (n° 123). Ainsi, la véritable joie de l’amour réside dans un approfondissement progressif de l’union, où l’unicité de chacun s’épanouit par le don de soi et la présence de l’autre.

De plus, l’Apôtre s’adressait à une communauté riche en dons et charismes (cf. 1 Co 12, 4-11), mais qui avait besoin de mûrir dans l’amour. Il rappelait aux Corinthiens que ceux qui sont dépourvus d’amour, malgré tous les talents qu’ils ont pu recevoir, sont comme « un gong bruyant ou une cymbale qui résonne » (13, 1), comme une voix sans amour, incapable de toucher le cœur, coupée des autres, distante, froide et impénétrable.

Nous n’avons pas été créés pour vivre ainsi. Le psaume responsorial nous le rappelle en nous appelant le « peuple » et le « troupeau » d’un Dieu dont « la bonté demeure à jamais » et dont la fidélité s’étend « de génération en génération » ( Ps 100, 5). Il est un Seigneur qui aime sans réserve, qui ne cesse de nous chercher, de nous faire confiance et de renouveler son amitié.

C’est cet amour qu’Amoris Laetitia nous invite à fonder nos familles. C’est ce véritable amour que nous sommes particulièrement appelés à enseigner aux jeunes gens qui se préparent au mariage, en les instruisant sur « l’importance des vertus », parmi lesquelles la chasteté occupe une place de choix, « inestimable pour la croissance authentique de l’amour entre les personnes » (n° 206). Les programmes de préparation au mariage, élaborés avec soin à cette fin dans les paroisses et les zones pastorales, sont louables. Toutefois, ces cours ne suffisent pas à eux seuls ; ils doivent être précédés et soutenus par une éducation à l’amour qui accompagne la croissance de la personne dès l’enfance. À ce propos, le pape François a observé qu’« apprendre à aimer quelqu’un ne se fait pas automatiquement, et cela ne peut s’enseigner dans un atelier juste avant la célébration du mariage » (n° 208). Il a expliqué : « Pour chaque couple, la préparation au mariage commence dès la naissance » ( ibid . ) et tout ce qu’un jeune vit au sein de sa famille devrait contribuer à le rendre capable d’un « engagement total et définitif » ( i bid . ).

Ainsi, l’amour vécu au sein de la famille – avec ses moments de lutte, ses erreurs et ses échecs, mais aussi avec l’émerveillement de son quotidien imprévisible – devient la première école de l’affection humaine, le premier apprentissage précieux et irremplaçable de la joie d’aimer. C’est pourquoi nous devons reconnaître et soutenir les efforts de tant de familles qui vivent leur vocation et leur mission au quotidien, sans ostentation, mais parfois avec une fidélité héroïque. Elles offrent un témoignage généreux et convaincant des paroles de Jésus entendues dans l’Évangile : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis. Je vous ai établis pour que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » ​​( Jn 15, 16). Par le témoignage des parents, des enfants, des grands-parents, des jeunes et des personnes âgées, le message de vérité et de plénitude de vie de l’Évangile rayonne dans le monde.

L’évangéliste Jean nous a transmis l’enseignement simple et clair que Jésus a prononcé à la fin de sa vie terrestre : « Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » ( Jn 15, 12). Mettons-le en pratique afin de grandir en tant qu’Église, « famille de familles » ( Amoris Laetitia , n° 87), dans un climat de solidarité et d’entraide qui profitera à tous. Ainsi, les jeunes couples trouveront du réconfort au début de leur vie conjugale ; les parents seront soutenus face aux défis que représentent l’éducation des enfants et la gestion de la vie familiale ; et les personnes âgées seront reconnues et valorisées pour leur rôle de témoins de sagesse et de vertu, même lorsque leurs forces physiques déclinent. Les plus vulnérables, ceux qui traversent des épreuves et des crises, trouveront eux aussi soutien et encouragement, entourés d’affection et protégés des jugements et des préjugés. Rappelons-nous que « aussi blessée que puisse être la famille, elle peut toujours grandir en commençant par l’amour » ( XIVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, Relatio Finalis , 10 ).

Les valeurs d’ouverture à la vie et de respect de la vie, de la conception à la mort naturelle, s’enracinent également dans cette charité, fondamentale à notre existence et à notre vie commune en tant qu’êtres humains. La famille est la première gardienne de ces valeurs, un phare pour le bien de l’humanité. À cet égard, le pape François a souligné qu’« aucune union temporaire ou fermée à la transmission de la vie ne peut assurer l’avenir de la société » ( Amoris Laetitia , 52). Le monde n’a pas d’avenir sans familles fortes, ouvertes au don des enfants et attentives à leur éducation et à leur épanouissement.

Je voudrais rappeler une autre invitation importante de Jésus, dans les lectures que nous avons entendues : prier le Père « en mon nom » ( Jn 15, 16). Ces paroles nous rappellent que la famille est un lieu privilégié de prière. Malheureusement, dans de nombreuses régions du monde aujourd’hui, la pratique de la prière en famille – avant les repas, au début et à la fin de la journée, ou lors d’occasions spéciales – s’est perdue.  Amoris Laetitia nous rappelle qu’« il faut aussi souligner l’importance de la spiritualité familiale, de la prière et de la participation à l’Eucharistie dominicale » (n° 223). Elle recommande également aux familles de se réunir « régulièrement pour favoriser leur croissance spirituelle et leur solidarité face aux exigences concrètes de la vie » ( ibid .) . La prière commune et les sacrements jouent un rôle essentiel dans la vie familiale car ils ouvrent les cœurs à l’action de Dieu, permettant aux familles d’atteindre ensemble des dimensions qu’elles ne pourraient jamais atteindre seules. Ils sont en effet une nourriture solide et un remède salutaire. J’exhorte donc vivement chacun à redécouvrir et à encourager ces pratiques. […]

Le ministère de la Santé distribue plus d’argent pour tuer que pour soigner

Le 12 octobre, le ministère de la Santé a publié au Bulletin officiel sa circulaire « relative à la deuxième phase de délégation des crédits de dotations aux établissements de santé pour 2026 ». Le document fixe les ressources d’Assurance maladie des établissements de santé : 868 millions d’euros supplémentaires sont distribués. Une phase qui « vient concrétiser les priorités fixées par le Gouvernement en matière de recherche, d’innovation et de santé publique », assure la ministre Stéphanie Rist.

Des dotations sont prévues pour les . Sur le plan des ressources humaines, 0,13 M€ seront consacrés à « l’affectation transitoire d’emplois de chef de clinique des universités-assistants des hôpitaux ». A ce montant s’ajoutent 0,8 M€ alloués « au titre des 12 mois à réaliser au sein d’établissements de santé par des assistants-spécialistes « médecine palliative » dont la prise de poste interviendra en novembre 2026 », et 0,1 M€, visant à financer 12 postes d’assistants-spécialistes douleur chronique. A titre de comparaison, le financement des postes de « conseillers en transition énergétique et écologique en santé (CTEES) » et de « coordinateurs régionaux des CTEES » s’élève, lui, à 3,6 M€.

Les soins palliatifs récupèreront quand même quelques financements supplémentaires au titre des « plans et mesures de santé publique ». Cette seconde circulaire affiche une allocation d’un million d’euros « pour le développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie dans le cadre de la stratégie décennale ».

D’autres secteurs bénéficient de financements d’une autre ampleur.

Ainsi, l’enveloppe dévolue au  est de 7 M€ afin de « compenser les charges non facturables liées à la pratique de ce diagnostic ». Les centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN) recevront une dotation de 16,2 M€. Ce sont ces centres qui délivrent les « attestations de particulière gravité » en vue d’un avortement (interruption médicale de grossesse).

Enfin les « surcoûts cliniques et biologiques de l’assistance médicale à la procréation » pourront être couverts à hauteur de 42 M€.

65 millions d’euros pour la PMA et le diagnostic prénatal ou préimplantatoire, à peine 2 millions d’euros pour les soins palliatifs. « Les priorités fixées par le Gouvernement » sont claires. 

Soullans : Plus de 500 personnes ont assisté à la messe de réparation

Lu sur Boulevard Voltaire :

Le lundi 11 octobre Mgr Renauld de Dinechin, évêque de Luçon, a célébré une messe de réparation en l’église de Soullans, près de deux semaines après la profanation par un groupe de jeunes adolescents qui avaient dansé dans le sanctuaire en entonnant les paroles du rappeur Boro 700 célébrant les attentats islamistes de Mohammed Merah et de Salah Abdeslam.

Elle regrettait son avortement et elle a été punie pour en avoir parlé

Lu sur LifeSiteNews cette histoire au Canada :

Elle se souvenait de la salle d’attente. Des chaises. Des formulaires. Des voix agréables qui lui disaient que tout irait bien.

Elle se souvenait aussi du silence pesant qui suivit. Personne ne l’avait prévenue de ça.

Elle se souvenait surtout de l’enfant qu’elle n’avait jamais rencontré.

Des années plus tard, elle se trouvait de l’autre côté d’une rue à double sens, face à un autre centre d’avortement. Pas celui où elle avait avorté. Mais c’était tout comme.

Des voitures passaient entre elle et le bâtiment. Des gens allaient et venaient. Rien dans l’endroit ne laissait présager quoi que ce soit d’extraordinaire.

Elle était venue dans l’espoir d’épargner à une autre femme le chagrin qu’elle connaissait si bien. 

Elle ne portait aucune pancarte. Elle ne scandait aucun slogan. Elle ne bloquait aucune porte. Elle n’a même pas traversé la rue.

Elle parlait simplement avec des femmes qui voulaient bien l’écouter.

« J’ai avorté. Elles m’ont dit que je me sentirais soulagée. Je ne l’ai pas été. Je le regrette chaque jour depuis. »

Certains écoutèrent. D’autres non. Ceux qui souhaitaient partir partirent. Ceux qui souhaitaient parler restèrent.

Deux femmes discutent. L’une confie à l’autre quelque chose qu’elle aurait aimé qu’on lui dise.

L’affaire aurait dû s’arrêter là. Mais non.

Après une de ces conversations, un policier s’est approché.

« Madame, vous n’avez pas le droit de faire cela ici. »

« Faire quoi? »

« Essayez de dissuader les femmes d’avorter. Vous êtes dans la zone d’accès privilégiée. »

« Mais je suis de l’autre côté de la rue. »

« La zone d’accès s’étend sur 50 mètres à partir de la propriété. »

«Je n’ai même pas traversé la route.»

« Cela n’a pas d’importance. »

Elle le regarda un instant, essayant de comprendre. 

« Je n’ai menacé personne. Je n’ai fait obstruction à personne. Et lorsque la femme a cessé de vouloir me parler, je suis parti. »

L’agent écouta. Peut-être même comprit-il. Puis il prit son carnet de contraventions.

« C’est illégal. »

Voilà. Quatre mots ordinaires. Ses paroles avaient l’autorité de l’État. Les siennes constituaient une offense à son égard.

Elle regarda le ticket jaune. 

Un rendez-vous. Une salle d’audience. La machine judiciaire en marche. Pour une conversation. Dans une « zone d’accès restreint ».

Elle regarda de nouveau le bâtiment. Des années auparavant, dans un autre endroit très semblable, on lui avait dit que le choix lui appartenait. Que personne n’avait le droit de lui dire le contraire. 

Elle les avait crus.

Elle était désormais convoquée au tribunal pour avoir confié à une autre femme le prix que ce choix lui avait coûté.

La loi avait protégé son droit à l’avortement. Elle ne protégerait pas son droit d’exprimer ses regrets. Pas là ni au moment où cela comptait le plus.

De l’autre côté de la rue, les femmes continuaient de franchir les portes, libres de faire leur choix. Mais apparemment pas libres d’écouter le témoignage de celles qui les avaient précédées. 

Elle aurait voulu leur dire quelque chose. La loi, elle, avait quelque chose à lui dire.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

La loi qui a amené un policier de l’autre côté de cette rue de l’Alberta a une histoire.

En 2018, le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley a présenté le projet de loi 9, la Loi sur la protection du choix des femmes en matière d’accès aux soins de santé .

Son objectif déclaré était de protéger les femmes souhaitant avorter et le personnel des centres d’avortement contre le harcèlement, l’intimidation et les ingérences.

Elle a établi des « zones d’accès », communément appelées zones de bulle, autour des établissements pratiquant l’avortement, s’étendant généralement sur 50 mètres à partir des limites de leur propriété.

Mais la loi ne se limite pas à interdire les menaces, le harcèlement ou l’obstruction. Elle restreint également certaines formes de communication visant à dissuader les femmes d’avorter. C’est là qu’intervient la voisine d’en face. Même une conversation pacifique entre deux personnes consentantes peut enfreindre ses dispositions.

Lorsque le projet de loi 9 a été présenté à l’Assemblée législative, l’opposition officielle était dirigée par Jason Kenney.

Kenney a dénoncé cette loi comme une manœuvre politique du NPD, arguant que les lois existantes traitaient déjà du harcèlement.

Lui et son groupe parlementaire ont réagi en quittant l’Assemblée législative.

Pas une fois. Pas deux fois. Quatorze fois.

Un seul député de l’UCP, Angela Pitt, a pris la parole au sujet du projet de loi lors des débats.

Le député indépendant Derek Fildebrandt s’est opposé aux restrictions à la liberté d’expression prévues par le projet de loi, aux amendements proposés, et a finalement été le seul à voter contre le projet de loi lors de la troisième lecture.

La loi a reçu la sanction royale le 11 juin 2018.

Jason Kenney devint premier ministre l’année suivante.

La loi qu’il avait dénoncée comme inutile est restée en vigueur tout au long de son mandat de Premier ministre.

Danielle Smith lui a succédé en octobre 2022. 

Il s’agit de la même Danielle Smith dont le gouvernement allait plus tard promulguer la « loi Jordan Peterson », protégeant les professionnels réglementés de toute sanction disciplinaire pour avoir exprimé leurs opinions personnelles en dehors du lieu de travail.

Smith a déclaré :

« Lorsque les organismes de réglementation commencent à sanctionner les gens pour avoir simplement exprimé leur opinion pendant leur temps libre, il s’agit d’un abus de pouvoir et, dans le pire des cas, cela devient une menace directe pour la liberté d’expression. »

Alors que le gouvernement de Smith a légiféré pour protéger les professionnels contre les sanctions de leurs ordres professionnels pour avoir exprimé leurs opinions, il a exposé les citoyens albertains ordinaires opposés à l’avortement à des sanctions de la part de l’autorité de réglementation suprême – l’État lui-même – pour avoir exprimé leurs opinions à l’extérieur d’un établissement pratiquant l’avortement. Même lorsque la conversation est volontaire. Même lorsqu’elle a lieu sur la voie publique.

En octobre 2024, le Western Standard a demandé à Alberta Health si le gouvernement avait l’intention de modifier la loi.

La réponse : « Nous n’avons pas l’intention d’apporter de changements. »

Six mots. Aucune explication. Aucune intention de revoir les restrictions à la liberté d’expression.

Deux ans plus tard, la loi est toujours en vigueur.

La loi et la femme

Le gouvernement affirme que les zones d’accès protègent les patients et le personnel contre le harcèlement et les interférences. La femme qui habite de l’autre côté de la rue illustre la tension entre cet objectif et la portée de la loi.

Elle n’a menacé personne. Elle n’a bloqué aucune entrée. Elle n’a même pas traversé la route pour se rendre du côté où se trouve la clinique d’avortement.

Ces conversations étaient volontaires.

Pourtant, elle risque des poursuites judiciaires pour avoir parlé.

Mahatma Gandhi a écrit un jour :

« Une loi injuste est en soi une forme de violence. L’arrestation pour violation de cette loi l’est encore davantage. »

Gandhi comprenait que légalité et justice ne sont pas interchangeables. L’existence d’une loi ne garantit pas sa légitimité morale. 

Une loi injuste ne devient pas juste parce que son application est courtoise. L’agent peut parler doucement. La contravention peut être dressée sans incident. Mais derrière tout cela se cache le pouvoir coercitif de l’État.

Il convient de distinguer la protection d’une femme contre le harcèlement du fait de l’empêcher d’écouter une personne à qui elle a volontairement consenti. Si l’objectif est de prévenir le harcèlement, pourquoi la loi s’applique-t-elle également aux conversations où personne n’est harcelé ? 

En Alberta, les services d’avortement sont entièrement pris en charge par le système public de santé. Les Albertains ne sont pas de simples spectateurs de ce débat. Ce sont des contribuables qui, de gré ou de force, financent à la fois les avortements et l’application d’une loi interdisant toute tentative de dissuasion des femmes d’y recourir.

Mais pour la femme d’en face, il ne s’agissait pas d’un débat abstrait sur les politiques publiques. Une autre vie humaine était en jeu. Elle savait ce que signifiait mettre fin à la vie en elle – et ce que signifiait vivre avec cette décision. Elle était venue offrir aux autres femmes le soutien et la compréhension qu’elle aurait souhaité recevoir avant son propre avortement.

La voisine d’en face avait quelque chose à dire. Ses interlocutrices étaient disposées à l’écouter. Chacune aurait pu mettre fin à la conversation.

Mais l’État y était également entré.

Et elle n’accepterait pas un refus.

France, Hongrie, Europe : le déclin de la démocratie

Qui gouverne en Europe ? Quel avenir pour la démocratie ? C’était le thème de la conférence organisée au Parlement européen le 13 octobre 2026, à l’invitation du groupe « Patriotes pour l’Europe ». Intervention de Nicolas Bauer, docteur en droit public et chercheur à l’ECLJ.

Cette conférence réunissait également les députés Tamás Deutsch, Balázs Orbán et András László (Hongrie), Anna Bryłka (Pologne), Branko Grims (Slovénie), René Aust (Allemagne), ainsi que Lili Zemplényi et Ágoston Sámuel Mráz (Institut Nézőpont), Paul McCarthy et Zack Smith (Heritage Foundation), et Frank Füredi, professeur de sociologie et ancien directeur exécutif du MCC Brussels

Missionnaire dans ma paroisse : Frédéric et Floria

Dans ce sixième et dernier épisode, Frédéric, chef de région au sein de Notre-Dame de Chrétienté, et Floria, chef de chapitre et convertie, partagent leur expérience de la mission vécue au quotidien dans leur paroisse. Quelles initiatives concrètes ont été mises en place ? Comment créer une dynamique missionnaire locale, faire grandir la vie fraternelle et aider chacun à approfondir sa vie spirituelle ?

🌱 À travers leur témoignage, ils reviennent sur les fruits déjà visibles de ces initiatives et proposent plusieurs pistes de réflexion pour faire de la mission une réalité concrète au cœur de la vie paroissiale.

 

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Afrique l’histoire à l’endroit, le dernier « Lugan », explosif comme toujours !

La formule « L’histoire à l’endroit » est une marque de fabrique de l’historien Bernard Lugan, spécialiste controversé de l’Afrique. Il utilise cette expression en titre de plusieurs ouvrages pour contester ce qu’il qualifie de « dogmes », de « vision officielle » ou de « paramnésie victimaire ».

Ce livre « Afrique histoire à l’endroit », ouvrage fondateur de Bernard Lugan – paru pour la première édition en 1989 – réédité et actualisé chez Ellipses, n’est pas une histoire globale de l’Afrique. Son but n’est pas de présenter le passé du continent dans sa longue durée à travers l’exhaustivité de ses composantes. Un tel livre existe déjà : « Histoire de l’Afrique. Des origines à nos jours ». La finalité du présent ouvrage est de mettre à la disposition du public les nouveautés scientifiques qui ont fait exploser les dogmes sur lesquels repose encore la culture africaniste dominante, la culture « politiquement correcte ». Nouveautés que le monde médiatique et la classe politique ignorent car elles pulvérisent leurs certitudes idéologiques ancrées sur un état des connaissances désormais obsolète.

Ce livre d’une lecture simple et accessible, présente les grandes nouveautés scientifiques qui mettent à mal les dogmes sur lesquels repose la culture africaniste dominante, matrice de la paramnésie victimaire sur laquelle est construit l’acte d’accusation de l’Europe. C’est un manifeste de rupture. Le but revendiqué par Bernard Lugan est de « remettre à l’endroit » une histoire de l’Afrique qu’il estime falsifiée par l’idéologie tiers-mondiste, le post-colonialisme et ce qu’il nomme le « politiquement correct africaniste ». Il cherche à détruire les grilles de lecture culpabilisatrices occidentales pour imposer une vision de l’Afrique basée sur des réalités géographiques, climatiques et surtout ethniques. La cartographie de Bernard Lugan constitue un outil pédagogique majeur, s’appuyant sur quarante-deux cartes en couleur minutieusement dessinées. Ses tracés illustrent avec précision le décalage flagrant entre les frontières coloniales artificielles et les réalités ethniques, linguistiques et historiques de l’Afrique. Ce travail visuel permet de matérialiser instantanément les lignes de fracture géopolitiques et de mieux comprendre la genèse des conflits contemporains. Les thèmes majeurs sont abordés ici et décortiqués, simplement, preuves à l’appui.

– La remise en cause de « l’Éden » précolonial : Lugan rejette l’idée que l’Afrique précoloniale était un espace pacifique et paradisiaque dont l’équilibre aurait été brisé par l’Europe. Il rappelle que les guerres tribales et les razzias étaient des constantes historiques bien antérieures à l’arrivée des Européens ; que les dynamiques internes de domination (comme les empires djihadistes) étaient extrêmement brutales.
L’ethnisme comme moteur principal : Pour l’auteur, l’ethnie est la clé de voûte indispensable pour comprendre le continent. Il soutient que vouloir plaquer le modèle occidental de l’État-nation sur des frontières artificielles issues de la colonisation est une erreur fondamentale. Selon lui, « si l’ethnisme n’explique pas tout, rien ne s’explique sans lui » en Afrique.

– La déconstruction des mythes sur la Traite : c’est une remise cause argumentée et prouvée du tabou des responsabilités de l’esclavage Lugan démontre que la traite atlantique n’était pas une entreprise unilatérale de l’Europe mais un partenariat commercial entre acheteurs européens et vendeurs (rois et élites) africains. Et que les traites arabo-musulmanes et internes à l’Afrique ont été numériquement plus longues et destructrices, bien qu’elles soient souvent occultées.

– Un bilan économique désastreux de la colonisation : à contre-courant du concept de « pillage colonial », Lugan affirme, chiffres à l’appui, que la colonisation a constitué un gouffre financier pour la France. L’État français s’est appauvri en investissant massivement dans des infrastructures (routes, hôpitaux, écoles, réseaux d’eau) qui ont profité aux populations locales, au détriment du développement de la métropole.

– L’échec des indépendances : constat sévère sur l’Afrique post-1960. Lugan estime que le continent était globalement plus autosuffisant, paisible et épargné par les famines dans les années 1950 qu’après le départ des puissances coloniales. L’effondrement des structures productives est, selon lui, attribuable à la corruption interne et à des idéologies inadaptées plutôt qu’à un impérialisme persistant.

Les travaux de Bernard Lugan ont le mérite de proposer une approche de l’Afrique libérée de la repentance et des prismes idéologiques contemporains. Son analyse met avec force l’ethnisme et l’identité des peuples au cœur des dynamiques géopolitiques africaines, offrant des clés de lecture réalistes sur les conflits et les frontières artificielles. De plus, ses recherches sur le coût économique réel de la colonisation invitent à un bilan scientifique plus nuancé et rigoureux de cette période.
Cette nouvelle édition actualisée de l’œuvre de Bernard Lugan invite l’Afrique de demain à s’affranchir des illusions occidentales pour bâtir son avenir sur ses propres réalités ethnoculturelles. En replaçant l’identité profonde des peuples au cœur de la géopolitique, ses travaux tracent la voie d’une renaissance africaine pragmatique et souveraine.

Un livre passionnant, complet, d’une lecture simple et accessible qui permet de mieux comprendre les enjeux politiques actuels.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/histoire-du-monde/31057-afrique-l-histoire-a-l-endroit.html?ref=043193205
Bernard Lugan, Afrique l’histoire à l’endroit, Editions Ellipses, 204 pages, 26€

Retrouvez l’oeuvre complète de ce grand historien de l’Afrique :
https://www.livresenfamille.fr/3613_bernard-lugan

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Controverse autour du film Délivre-nous du Mal : La réponse de l’Association Internationale des Exorcistes

Le Bureau National des Exorcistes en France avait publié une note critique à l’égard de ce film, envoyée à de nombreux diocèses et médias catholiques. L’Association Internationale des exorcistes (AIE) a souhaité publier une réponse très pertinente et pédagogique, qui reprend et répond avec tact à tous les points abordés dans cette note. Non sans élégance, l’AIE, « qui a suivi le projet (du film) tout au long de sa réalisation et lui a accordé son parrainage, » s’étonne de la différence de perception de leurs homologues français par rapport aux nombreuses critiques positives sur ce film à l’international, mais se réjouit que les « sérieuses réserves » émises par le BNE puissent être « une occasion utile d’approfondir et de préciser davantage la lecture du film, sans pour autant effacer ses nombreux aspects positifs. »

« Délivre-nous du Mal » : une nouvelle façon de raconter l’exorcisme

10 octobre 2026 par l’Association internationale des exorcistes

Dans le paysage cinématographique consacré au thème de l’exorcisme, le docu-fiction « Liberanos » (Délivre-nous du Mal en Français), réalisé par Giovanni Ziberna et Valeria Baldan, occupe une place tout à fait particulière et inédite.

Fruit d’un travail qui a duré près de dix ans, ce documentaire a été conçu avec un objectif précis : offrir au public une représentation de l’exorcisme catholique aussi éloignée que possible des stéréotypes du cinéma d’horreur et faire découvrir au grand public la réalité d’un ministère ecclésial souvent connu uniquement à travers des films, des récits sensationnalistes ou des préjugés. Dès la sortie du film, la presse italienne a souligné précisément cette intention : montrer la vérité du rite de l’exorcisme, qui est très différente de celle habituellement proposée par le cinéma.

Sa particularité a également été reconnue à l’étranger. En Espagne, le magazine spécialisé dans le cinéma, les séries télévisées et la culture audiovisuelle FilaSiete l’a qualifié de documentaire « surprenant et réussi », soulignant son naturel, sa clarté doctrinale et l’absence totale de morbidité. En France, à l’occasion de sa sortie en salles, une critique a une nouvelle fois souligné la volonté de présenter l’exorcisme loin des clichés du cinéma. On est donc en droit de se demander : qu’est-ce qui rend « Délivre-nous du Mal » si différent des autres films sur les exorcismes ?

De la peur à la connaissance

Le premier élément distinctif est le refus du sensationnalisme. Le cinéma consacré à l’exorcisme, notamment depuis le film L’Exorciste de William Friedkin, sorti en 1973, a souvent associé ce phénomène à des manifestations spectaculaires : visages déformés, cris, violence, phénomènes paranormaux, vomissements, lévitations et autres images destinées avant tout à susciter la peur. Délivre-nous du Mal fait le choix inverse. Il ne nie pas la réalité de l’action extraordinaire du démon, ni ne cherche à réduire le sujet à une explication purement psychologique, mais s’efforce de comprendre et d’expliquer ce que l’Église enseigne réellement et ce que les exorcistes vivent concrètement. C’est précisément ce choix que le mensuel italien Il Timone a identifié comme l’un des principaux atouts du film : raconter « la vérité du rite de l’exorcisme », loin des productions qui s’intéressent presque exclusivement à l’aspect sensationnaliste. Le film ne vise donc pas principalement à effrayer le spectateur, mais à l’informer. La différence est donc fondamentale.

La parole aux exorcistes

Un deuxième atout majeur réside dans le choix des personnes invitées à s’exprimer. Le documentaire ne construit pas un univers fantastique dans lequel l’exorcisme est raconté à travers des personnages fictifs, mais constitue plutôt une tentative de transmettre des éléments fondamentaux de la démonologie, la beauté de la théologie de l’exorcisme, ainsi que les aspects caractéristiques de la pratique pastorale qui y est liée. Ce sont des prêtres exerçant ce ministère qui s’expriment, accompagnés de théologiens et de professionnels de la santé mentale.

Parmi les témoignages, celui de don Gabriele Amorth, interviewé par les auteurs dès 2012 et aujourd’hui décédé, occupe une place particulière. Sa présence confère au film une valeur documentaire et historique particulièrement significative. À ses côtés interviennent d’autres exorcistes, dont le père Francesco Bamonte, président de l’Association internationale des exorcistes de 2012 à 2023, le frère Benigno Palilla, responsable de la formation des exorcistes en Sicile, ainsi que d’autres prêtres et des experts des domaines médical et psychiatrique. Le spectateur est ainsi amené à écouter la voix de ceux qui vivent et connaissent de l’intérieur le ministère de l’exorcisme, plutôt que celle de scénaristes qui utilisent l’exorcisme comme un simple artifice narratif.

L’exorciste n’est pas un « super-héros »

L’un des aspects les plus importants de ce documentaire est la présentation correcte de la fonction ecclésiale de l’exorciste. Le prêtre n’est pas présenté comme une sorte de « chasseur de démons » – image typique du marketing publicitaire –, doté de pouvoirs personnels ou engagé dans une lutte individuelle contre une puissance surhumaine. La perspective est ecclésiologique : l’exorciste est un prêtre qui exerce, au nom de Jésus, un ministère qui lui a été confié par l’Église afin d’apaiser les souffrances des « plus pauvres parmi les pauvres ». Comme l’a fait remarquer la revue FilaSiete, les exorcistes eux-mêmes rappellent qu’ils ne sont pas des super-héros : ils prient, tandis que c’est le Christ qui libère à travers la prière de l’Église. Cette précision est essentielle car elle corrige l’une des déformations cinématographiques les plus répandues. L’exorcisme chrétien n’est pas un affrontement entre deux pouvoirs équivalents : il ne correspond pas à une dimension agonique entre l’exorciste et le démon ; c’est le Christ, vainqueur du démon, qui est invoqué par l’Église pour la libération de l’homme.

Foi et raison : l’importance du discernement

La présence de professionnels de la santé mentale constitue un autre élément très précieux. Le film ne propose pas une vision simpliste selon laquelle tout comportement inhabituel, toute souffrance psychique ou tout phénomène apparemment inexplicable devrait être attribué au diable. Le discernement constitue au contraire un élément essentiel. Une récente critique dans un média français a particulièrement apprécié cet aspect, soulignant que le film se situe entre deux extrêmes tout aussi problématiques : d’une part, le risque de voir une présence démoniaque derrière tout phénomène apparemment anormal, d’autre part, la prétention de considérer a priori comme absurde toute dimension spirituelle. La réponse réside dans le discernement. C’est l’une des caractéristiques qui rendent Délivre-nous du Mal particulièrement utile, même pour un public non croyant.

Les reconstitutions ne sont pas de véritables exorcismes

Un autre mérite concerne le respect de la dignité des personnes faisant l’objet de ce ministère. Les scènes d’exorcisme qui apparaissent dans ce docu-fiction ne sont pas des enregistrements de véritables exorcismes, mais des reconstitutions cinématographiques basées sur des témoignages et des expériences réelles auxquelles ont assisté les deux créateurs et réalisateurs du film, Giovanni Ziberna et Valeria Baldan. La raison est évidente : l’Église ne permet pas qu’un véritable exorcisme soit transformé en spectacle cinématographique. Les auteurs eux-mêmes ont expliqué que les scènes ont été reconstituées précisément pour rendre compréhensibles les expériences racontées par les exorcistes, tout en respectant la confidentialité des personnes concernées. Cela constitue un élément supplémentaire qui le distingue du cinéma d’horreur.

Un documentaire à vocation pédagogique

Délivre-nous du Mal ne se contente pas de raconter quelques cas, mais poursuit une vocation pédagogique précise. Les exorcistes expliquent qui est le démon, comment il peut agir, quels sont les dangers de l’ésotérisme, de l’occultisme, de la magie et du spiritisme, et quels sont les moyens ordinaires par lesquels l’Église combat le mal. La critique du journal catholique international Omnes est allée jusqu’à qualifier le film de véritable « masterclass de démonologie », soulignant que les témoignages des exorcistes constituent une introduction simple mais profonde à la théologie du bien et du mal. Sa valeur ne réside donc pas seulement dans le fait de montrer, mais dans la tentative de communiquer une vision théologique et expérientielle précise et correcte.

Le danger de l’occultisme

La mise en garde contre les dangers de l’occultisme contemporain est également particulièrement d’actualité. Les exorcistes interrogés mettent surtout en garde contre les pratiques qui sont banalisées et transformées en jeu, en mode ou en simple curiosité: spiritisme, magie, ésotérisme, pratiques New Age et autres formes de recherche de ce qui sort du naturel. C’est un aspect important car il déplace l’attention du phénomène extraordinaire vers la prévention. En ce sens, le film ne vise pas simplement à répondre à la question « comment célèbre-t-on un exorcisme ? », mais aussi à une question bien plus importante : comment faire pour ne plus en avoir besoin ? La réponse passe par une foi vécue, une collaboration personnelle et responsable avec la grâce de Dieu, la vie sacramentelle, la prière, la relation avec Dieu et le rejet de toute pratique occulte.

La place centrale de l’Église

Un autre élément qui distingue Délivre-nous du Mal est sa dimension ecclésiale. L’exorcisme n’est ni une technique ésotérique, ni une pratique magique, ni une forme particulière de psychothérapie : c’est un ministère de l’Église que le Christ lui-même a exercé le premier et qu’il a ordonné à son Église de continuer à exercer en son Nom jusqu’à la fin des temps. Cette précision a également été rendue possible grâce à la collaboration avec l’Association internationale des exorcistes (AIE), qui a suivi le projet tout au long de sa réalisation et lui a accordé son parrainage. La presse italienne et internationale a souligné que cette collaboration constituait une caractéristique exceptionnelle et singulière de l’œuvre. La collaboration avec l’AIE est donc l’une des principales différences par rapport aux productions cinématographiques traditionnelles sur le sujet.

Un film qui a dépassé les frontières italiennes

L’intérêt suscité par ce docu-film ne s’est pas limité à l’Italie. En 2024, Délivre-nous du Mal a été distribué en Espagne, puis dans plusieurs pays d’Amérique latine. En 2025, il est sorti aux États-Unis sous le titre : « Triumph over Evil – Battle of the Exorcists », atteignant, selon les données communiquées par l’AIE et reprises par AgenSIR, la huitième place du box-office américain parmi les sorties indépendantes lors de sa semaine de lancement. En septembre 2026, il est également sorti dans les salles françaises. La presse française a une nouvelle fois souligné son caractère non sensationnaliste et l’importance accordée au discernement. Cette diffusion internationale est significative. Elle démontre qu’il existe un public prêt à écouter un discours sérieux sur l’exorcisme, même lorsque celuici n’est pas présenté selon les formules traditionnelles du cinéma d’horreur.

Les observations du Bureau national des exorcistes français

C’est précisément parce que cette analyse se veut sérieuse et exhaustive qu’on ne peut ignorer une voix critique qui s’est fait entendre ces derniers jours. À l’occasion de la sortie du film en France, le Bureau national des exorcistes (BNE) a examiné le film lors de la session de Valpré. Le 6 octobre 2026, un avis a été rendu public dans lequel le BNE, par la voix de son évêque référent, Mgr Pascal Roland, exprime de « sérieuses réserves » sur certains aspects du documentaire. Parmi les questions soulevées figure tout d’abord l’impression que l’accent est mis davantage sur le démon que sur le Christ Sauveur. Le BNE signale en outre d’autres éléments qui, à son jugement, méritent une attention particulière. Il s’agit d’observations qui ne doivent être ni ignorées ni absolutisées. D’une part, elles rappellent une vérité fondamentale : dans tout authentique ministère de libération chrétienne, le centre n’est pas le démon, mais Jésus-Christ. Il est nécessaire de parler du mal, mais uniquement dans la mesure où cela conduit à reconnaître plus clairement la victoire du Christ. D’autre part, il est significatif que ce même film ait été interprété par d’autres critiques précisément sous cet angle positif : FilaSiete, par exemple, souligne que les exorcistes affirment clairement que ce ne sont pas eux qui libèrent, mais le Christ, par la prière de l’Église ; Omnes met également en évidence que le documentaire se termine par un message d’espoir et par une référence à l’intercession de la Vierge Marie. C’est précisément cette fin, empreinte de confiance et d’espérance chrétienne, qui a fait que de nombreux spectateurs sont sortis de la salle le cœur rempli de joie et le sourire aux lèvres.

Les observations du BNE peuvent donc être considérées comme une occasion utile d’approfondir et de préciser davantage la lecture du film, sans pour autant effacer ses nombreux aspects positifs. Au contraire, une œuvre qui suscite une réflexion aussi nuancée montre qu’elle a atteint l’un des objectifs fondamentaux de tout documentaire sérieux : faire réfléchir et ouvrir un débat.

Le rôle de la Vierge Marie et l’espoir chrétien

L’un des plus beaux aspects de la partie finale du film est la référence à la Vierge Marie. Après avoir abordé la réalité du mal et de l’action du démon, le documentaire ne laisse pas le spectateur dans la peur. La conclusion s’ouvre au contraire sur l’espoir. La critique d’Omnes a justement souligné cet élément : le film, malgré la dureté du sujet, se termine par un message d’espoir et présente la Vierge Marie comme une Mère qui vient en aide à ses enfants dans leur lutte contre le malin en intercédant en leur faveur auprès de son Fils Jésus-Christ. C’est un élément décisif pour comprendre la signification du titre. « Délivre-nous du Mal » ne signifie pas le triomphe de l’homme sur le démon par ses propres moyens. Cela signifie le triomphe du Christ sur le mal. Et c’est cette perspective qui devrait toujours guider tout discours chrétien authentique sur l’exorcisme.

Un film sur le diable ou un film sur la victoire du Christ ?

Cette question est peut-être la plus importante que Délivre-nous du Mal pose au spectateur. Si l’on s’en tenait aux images de la possession diabolique, aux témoignages des exorcistes ou aux manifestations extraordinaires, on risquerait de le considérer simplement comme un film sur le diable. Mais sa structure globale en dit davantage : en effet, les images de la possession révèlent, entre autres, la souffrance que vivent certains enfants de Dieu, que l’Église qualifie à cet égard de « les plus pauvres parmi les pauvres ». Le film entend en outre expliquer que le diable est une réalité personnelle et spirituelle ; il veut mettre en garde contre les portes qui peuvent favoriser son action extraordinaire ; il veut expliquer le ministère ecclésial de l’exorciste ; il veut montrer l’importance du discernement ; mais il veut aussi indiquer les outils grâce auxquels l’Église combat cette action. Et, surtout, il veut rappeler que le mal n’a pas le dernier mot. C’est là la différence fondamentale par rapport à une grande partie du cinéma d’horreur. Dans les films d’horreur, le démon est souvent le protagoniste absolu et la peur est le cheval de bataille. Dans Délivre-nous du Mal, en revanche, le mal est abordé afin que le spectateur puisse comprendre la nécessité de la vigilance, de la foi et de la confiance dans le Christ, et enfin pour mettre l’homme en garde quant à l’importance de sa liberté de choisir entre le bien et le mal. L’exorcisme est en outre décrit dans sa spécificité théologique et spirituelle propre, en tant qu’expérience de Dieu.

Pourquoi Délivre-nous du Mal se distingue des autres films sur les exorcismes

À la lumière des critiques italiennes, espagnoles et françaises, ainsi que de l’accueil international, nous pouvons résumer les principaux éléments d’originalité de ce docufilm :

  1. Il ne cherche pas principalement à effrayer, mais à informer.
  2. Il ne construit pas un monde fantastique, mais donne la parole à des exorcistes réellement engagés dans leur ministère.
  3. Il ne présente pas l’exorciste comme un super-héros, mais comme un prêtre exerçant un ministère ecclésial au nom du Christ et de l’Église.
  4. Il ne transforme pas les personnes qui souffrent en objets de spectacle.
  5. Il ne montre pas de véritables exorcismes, mais des reconstitutions cinématographiques respectueuses de la réalité et de la confidentialité, tout en illustrant l’expérience de Dieu dans cette lutte extraordinaire contre Satan.
  6. Il associe à la perspective théologique les points de vue médical et psychologique, en soulignant la nécessité du discernement.
  7. Il aborde les dangers de l’occultisme, de la magie, du spiritisme et de l’ésotérisme.
  8. Il offre une véritable introduction à la vision chrétienne de l’action démoniaque extraordinaire.
  9. Il présente l’exorcisme comme une action liturgique de l’Église et non comme une technique magique.
  10. Il place au centre l’autorité et l’action salvifique du Christ.
  11. Il évite, pour l’essentiel, le caractère morbide qui caractérise de nombreuses productions cinématographiques sur ce thème.
  12. Il a reçu le parrainage de l’Association internationale des exorcistes, ce qui le distingue des productions cinématographiques habituelles sur l’exorcisme.
  13. Il a dépassé les frontières italiennes pour atteindre l’Espagne, l’Amérique latine, les États-Unis, la France et, prochainement, le Brésil.
  14. Il a suscité un débat international sur la manière correcte de représenter le ministère de l’exorcisme.

Conclusion : raconter l’action du démon sans lui accorder le rôle principal.

Le plus grand mérite de Délivre-nous du Mal réside peut-être justement dans le fait d’avoir abordé un sujet extrêmement difficile sans le livrer à la logique du cinéma d’horreur. Le film ne prétend pas résoudre toutes les questions et, comme le montre également le récent avis du BNE français, il peut faire l’objet de discussions et d’approfondissements supplémentaires. Mais c’est précisément pour cette raison qu’il mérite d’être examiné avec attention. Il a eu le courage de porter à l’écran un thème qui, pendant des décennies, a souvent été traité sous l’angle de la peur, du macabre et de la spectacularisation. Il a plutôt choisi de donner la parole à des prêtres, des théologiens et des professionnels de la santé mentale ; d’expliquer plutôt que de simplement impressionner ; de distinguer plutôt que de semer la confusion ; de mettre en garde contre l’occultisme ; de présenter le discernement comme indispensable ; et de montrer que l’exorcisme fait partie de la vie et de la mission de l’Église. Mais surtout, son message le plus important devrait être lu à la lumière du titre lui-même. Le véritable protagoniste de la lutte contre le mal n’est pas le démon, ni même l’exorciste: c’est le Christ. L’exorciste prie par l’intercession de l’Église particulière. L’homme est appelé à la conversion dans sa vie quotidienne, à veiller et à se confier à Dieu. La Vierge Marie accompagne et intercède, mais c’est le Christ qui agit et triomphe. Et c’est précisément là que Délivre-nous du Mal se distingue le plus du cinéma d’horreur: alors que de nombreux films sur les exorcismes finissent par laisser au spectateur surtout la peur du démon, ce docu-fiction veut le conduire au-delà de la peur, vers la connaissance, le discernement et, surtout, vers l’espérance.

Dans la perspective chrétienne, le mal est réel, mais il n’est pas invincible ; le démon agit, mais il n’est pas maître de l’histoire ; la souffrance provoquée par l’action extraordinaire du démon existe, mais elle n’a pas le dernier mot. Le dernier mot appartient au Christ !

Mgr Schneider : « Nous ne pouvons pas continuer avec le Novus Ordo – c’est impossible »

Mgr Athanasius Schneider a été interrogé par le Catholic Herald :

Vous avez rencontré le pape Léon XIV en décembre et vous lui avez remis la lettre demandant la célébration de la messe au Vatican pour le pèlerinage annuel Summorum Pontificum. Nous savons maintenant que cette messe n’a pas été approuvée. Quel est, selon vous, l’état actuel de la messe traditionnelle, un an et demi après le début de son pontificat ?   

Eh bien, un an et demi après le début du pontificat de Léon XIV, le statut de la messe traditionnelle en latin n’a pratiquement pas changé suite aux mesures restrictives mises en place après Traditionis Custodes. La situation perdure et s’aggrave même dans certains cas. On entend parler de diocèses où le nombre de messes a été drastiquement réduit, ce qui s’apparente à une persécution.   

Nous constatons que certains diocèses ferment purement et simplement des lieux où la messe était auparavant célébrée, des lieux où des personnes et des familles puisaient un grand réconfort dans leur foi grâce à la messe traditionnelle en latin. C’est pourquoi, en décembre dernier, j’ai demandé au Saint-Père de faire preuve de générosité, en tant que père commun de tous ses fidèles, et de protéger ceux qui se voient refuser l’accès à la Sainte Messe des saints, comme ils l’appellent, la Sainte Messe des siècles.  

C’est la réalité dans laquelle nous vivons actuellement : cette forme de messe continue d’être traitée – par les responsables au Vatican – comme quelque chose de dangereux ou faisant l’objet d’une forme de discrimination. 

Pour de nombreux catholiques attachés à la messe traditionnelle, la Fraternité Saint-Pie-X est peut-être leur seule option. Or, des restrictions s’appliquent à la messe et le Vatican déconseille désormais aux catholiques d’assister aux offices de la Fraternité. Vous êtes parmi les rares personnes à bien connaître le fonctionnement interne de la FSSPX, puisque vous en avez été le visiteur apostolique. Suite à vos échanges avec la FSSPX et d’autres évêques, voire des représentants du Vatican, le Vatican est-il conscient des conséquences de ces restrictions, ou s’agit-il d’une véritable tentative d’étouffer la messe traditionnelle ?   

Oui, comme je l’ai déjà mentionné, il est évident que les autorités du Saint-Siège et de nombreux diocèses ont tendance à étouffer la sainte messe. Or, c’était déjà l’objectif énoncé dans Traditionis Custodes par le pape François, où il est indiqué que tous les fidèles qui assistent actuellement à la messe traditionnelle doivent être progressivement conduits vers le Novus Ordo.  

Ainsi, ce document l’énonce clairement : telle est la réalité. Or, concernant la FSSPX, les débats entre la Fraternité et le Saint-Siège, initiés par Mgr Lefebvre, demeurent inchangés depuis plus de 50 ans. 

Il y a deux points essentiels. Le Saint-Siège exige la reconnaissance du concile Vatican II comme étant conforme à la tradition, et le second point est que la FSSPX reconnaisse la validité du Novus Ordo, ou réforme liturgique du concile. 

Mais la FSSPX ne peut agir ainsi car certaines affirmations de textes du Concile Vatican II présentent des ambiguïtés manifestes. Le Novus Ordo comporte des défauts doctrinaux et liturgiques évidents : il révèle des tendances protestantes très marquées et une diminution du caractère sacrificiel de la messe, même célébrée selon les règles. Même en latin, le texte du Novus Ordo recèle de graves lacunes doctrinales, notamment les nouvelles prières de l’offertoire et la seconde prière eucharistique. 

Ainsi, même dans les rubriques du Novus Ordo, le style de célébration s’oriente davantage vers la rencontre, l’échange. Ceci constitue une rupture grave avec toute la Tradition et une menace pour le caractère sacrificiel essentiel de la Sainte Messe. Dans ce contexte, la présence et l’activité de la FSSPX, l’œuvre de Mgr Lefebvre, apparaissent plus que jamais providentielles ; c’est une œuvre de la Divine Providence qui, par leur présence, leur existence et leur action, rappelle au Saint-Siège la nécessité de clarifier certaines affirmations conciliaires importantes, objectivement douteuses et ambiguës, et de réformer le Novus Ordo conformément à la Tradition. 

Jusqu’à présent, le Saint-Siège n’a pas eu la volonté de reconnaître ces points ni la nécessité de rectifier quoi que ce soit. Au lieu de cela, il exige de tous, y compris de la FSSPX, une prétendue herméneutique de la continuité. Je qualifierais cela de simple acrobatie intellectuelle, ou de quadrature du cercle.  

À mon avis, avec le recul historique, la contribution de Mgr Lefebvre et de la FSSPX sera plus tard considérée comme bénéfique pour l’Église tout entière. L’Église doit résoudre ces deux questions.   

Nous ne pouvons pas continuer avec le Novus Ordo – c’est impossible. Nous ne pouvons pas tolérer les ambiguïtés doctrinales manifestes de certaines affirmations du Concile Vatican II. Il nous faut les résoudre. C’est fondamentalement ce que réclame la FSSPX, qui demande la possibilité et la liberté de le faire conformément à l’enseignement pérenne et sans ambiguïté du Magistère. À cet égard, il me semble que le Saint-Siège doit faire preuve de plus d’ouverture et de souplesse, et accorder cette liberté de discussion. 

Le Saint-Siège doit intégrer la FSSPX au moins progressivement, étape par étape. Ce sera un bienfait pour toute l’Église.   

En mars, lorsque vous évoquiez les discussions toujours en cours entre la FSSPX et le Vatican, mais aussi le chaos plus général et les différents points hérités par le pape Léon XIV, qui restent d’actualité, vous avez mentionné que seule une intervention divine pouvait aider. Vous avez suggéré que même une persécution généralisée de l’Église et du pape pourrait être un instrument de Dieu pour ramener les catholiques et l’Église à la pleine pratique de la foi. Est-ce toujours le cas aujourd’hui, six mois plus tard, notamment après les Consécrations ? 

Oui, car il y a une persécution continue de la tradition, en particulier de la messe traditionnelle en latin, l’administration actuelle du Vatican poursuivant d’une certaine manière la répression de cette tradition légitime que Jean-Paul II lui-même a soulignée dans l’un de ses documents comme un choix légitime pour les catholiques attachés à la messe traditionnelle en latin.   

L’attachement des fidèles à la messe traditionnelle en latin a été déclaré légitime par le pape Jean-Paul II, et les évêques doivent le reconnaître. 

Comment peut-on alors exercer une discrimination à l’encontre de quelque chose que tous les papes ont déclaré légitime ? C’est là le cœur du problème. 

Quant à la réaction extraordinairement sévère du Saint-Siège aux consécrations épiscopales de la FSSPX : vue par un observateur objectif extérieur, elle serait qualifiée d’émotionnelle, de jugement sévère, avec une sorte de volonté de les punir, d’expulser la Compagnie et son influence dans la vie de l’Église.

Voilà, à mon avis, ce qui explique cette sévérité inhabituelle du Saint-Siège envers une seule réalité, à savoir la tradition.  

De l’autre côté, le Saint-Siège tolère tant d’hérésies publiques en de nombreux endroits, des évêques sapant la foi et la discipline de l’Église sans être punis ni même réprimandés.  

L’évêque d’Anvers, en Belgique, a récemment annoncé publiquement qu’il ne respecterait pas le droit canonique relatif au célibat et qu’il ordonnerait un homme marié. Il l’avait déjà annoncé l’an dernier et réitère aujourd’hui son intention. Pourtant, le Saint-Siège ne le réprimande ni ne le sanctionne.  

Nous constatons également l’ouverture et la générosité sans bornes du Saint-Siège envers le Parti communiste chinois, envers la prétendue Voie synodale en Allemagne et ailleurs, où l’on renie de facto la foi catholique et où l’on la sape. Il y a là une contradiction flagrante dans l’attitude du Saint-Siège envers la FSSPX et envers d’autres mouvements et individus objectivement et manifestement hérétiques au sein de l’Église. 

Il est donc clair que le Saint-Siège est en partie, dans une certaine mesure, entre les mains d’une prise de contrôle hostile par des personnes et des puissances qui veulent transformer complètement la foi catholique non seulement en une religion protestante, mais aussi en une religion entièrement adaptée aux modes actuelles du monde.   

Dans une situation aussi grave, seule une intervention divine peut nous apporter la guérison et permettre au Saint-Siège de redevenir la brillante cathèdre de la Vérité – la Mère et le Maître du monde entier dans la pureté de la foi catholique et apostolique. Un tel retour du Saint-Siège et du pontificat à cette prédication et à cette défense limpides de la foi catholique, de la sainte liturgie et de la discipline est plus que jamais nécessaire.  

Elle sera rétablie, bien sûr, sans aucun doute, car le Saint-Siège est une réalité instituée par Dieu. Elle reviendra, mais elle se trouve actuellement dans une sorte d’exil spirituel, comparable à l’exil matériel qu’a connu la papauté d’Avignon. Aujourd’hui, nous vivons une forme d’exil spirituel : la doctrine et la liturgie intégrales sont, dans une certaine mesure, exilées du Saint-Siège. Autrement dit, la clarté de la doctrine et la sacralité de la liturgie et de la tradition sont temporairement suspendues. Mais elles reviendront. 

Durant l’exil d’Avignon, ce sont les plus humbles au sein de l’Église qui ont ramené les papes. Sainte Catherine de Sienne, sainte Brigitte de Suède et d’autres saints humbles ont inlassablement exhorté les papes à revenir. De même aujourd’hui, je voudrais parler de ces nombreux « petits » au sein de l’Église : les familles catholiques, les enfants, les jeunes, les prêtres, les religieuses et tous ceux qui aiment profondément la foi et la liturgie catholiques et qui, avec la grâce de Dieu, s’efforcent de vivre la vie chrétienne par amour pour l’Église et pour la papauté. Ils contribuent à la fin de l’exil doctrinal et liturgique.   

Nous constatons même la diffusion de la messe traditionnelle malgré la persécution qui, malheureusement, persiste. Ceci démontre que la messe traditionnelle en latin est une puissance divine. Elle n’est pas seulement entre les mains des autorités ecclésiastiques. Ainsi, ce mouvement triomphera, il est en marche. 

J’espère et je prie pour que le Pape et les évêques reconnaissent les signes des temps. Ce sont les signes que le Saint-Esprit leur révèle. Voyez, la tradition est vivante. Elle porte du fruit. Il y a de nombreuses vocations, de grandes familles qui aiment l’Église. 

La majorité de ces fidèles attachés à la tradition ne nourrissent aucune amertume et ne critiquent pas le pape ; ils aspirent simplement à la foi et à la messe de tous leurs ancêtres et des saints. Seule cette foi assurera l’avenir et le renouveau de l’Église. Ils préparent le terrain et la fin de l’exil spirituel au sein du Saint-Siège, afin que Dieu accorde à nouveau à son Église des papes pleinement attachés à la tradition, ce qui est l’essence même du ministère de saint Pierre et de ses successeurs.

Cardinal Roche : le pape ne modifiera pas Traditionis Custodes. Il ne reviendra pas à Summorum Pontificum

Dans un entretien avec AdVaticanum, le préfet du Dicastère pour le Culte Divin, le cardinal Arthur Roche, fait des déclarations sinon étonnantes quand elles ne sont pas totalement erronées (la nouvelle messe célébrée en latin chaque dimanche dans chaque doyenné, Summorum Pontificum créé pour faciliter le retour de la Fraternité Saint-Pie-X, le Saint-Père a donné la possibilité de célébrer la messe selon le rite antérieur,…) :

Vous avez mentionné le Concile Vatican II. Le document principal de votre dicastère est Sacrosanctum Concilium. Un point qui pourrait surprendre le catholique moyen : il stipule : « les prêtres ne peuvent modifier la liturgie de leur propre initiative » ; « la langue latine du rite latin doit être conservée » ; « les fidèles doivent chanter ensemble en latin ». Que répondriez-vous à quelqu’un qui affirme que la messe de 1969, promulguée par le pape saint Paul VI, ne reflète pas, par endroits, fidèlement les dispositions de ce document initial ?

Je dirais qu’il s’agit d’une mauvaise interprétation de la tradition reçue. Je n’ai jamais constaté cela durant mon propre ministère sacerdotal. J’ai été prêtre pendant 51 ans, évêque depuis 25 ans, et je n’ai jamais connu de situation, au sein d’un diocèse, où ces éléments n’étaient pas présents. Dans mon diocèse de Leeds, l’évêque Gordon Wheeler a veillé scrupuleusement à ce qu’après le Concile, la nouvelle messe soit célébrée en latin chaque dimanche dans chaque doyenné. Cela témoigne de sa grande sagesse pastorale : il avait su anticiper les difficultés qui pouvaient survenir lorsqu’on n’appliquait pas la liturgie avec autant de souplesse, et qu’on la réduisait à quelque chose qu’elle n’est pas. […]

Dans une lettre expliquant les raisons d’être de Traditionis Custodes , le pape François a déclaré : « Treize ans après Summorum Pontificum, j’ai chargé la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de diffuser un questionnaire aux évêques du monde entier concernant la mise en œuvre de Summorum Pontificum. Les réponses révèlent une situation qui me préoccupe et m’attriste, et me convainquent de la nécessité d’intervenir. » Diane Montagna a publié un rapport affirmant que la majorité des évêques ayant répondu au questionnaire ont déclaré que modifier la législation relative à Summorum Pontificum serait plus néfaste que bénéfique. De votre point de vue, pensez-vous que les évêques du monde entier étaient favorables à une réforme de Summorum Pontificum ?

Oui, absolument. Je n’en ai aucun doute, et j’entends cela constamment de la part des évêques. Je constate que les groupes traditionalistes sont bien plus bruyants que la plupart des autres courants de l’Église, et qu’ils font donc souvent la une des journaux avec des titres beaucoup plus sensationnels. Mais je suis certain que les évêques étaient très préoccupés par la situation, notamment parce que Summorum Pontificum avait été créé pour faciliter le retour de la Fraternité Saint-Pie-X au sein de l’Église. Or, cela ne s’est pas produit. Loin de faciliter le retour, Summorum Pontificum a été utilisé comme un instrument pour promouvoir une liturgie ancienne plutôt que la liturgie renouvelée dans certaines régions du monde, ce qui était totalement contraire à l’esprit de Summorum Pontificum.

[en réponse à la question de savoir si cette réautorisation de la messe tridentine n’était guère plus qu’une concession à la schismatique Fraternité Saint Pie X, Benoît XVI a déclaré à Peter Seewald dans « Last Testament » (2016) : « C’est tout simplement faux ! Il était important pour moi que l’Église soit une avec elle-même intérieurement, avec son propre passé ; que ce qui lui semblait sacré n’est plus d’une manière ou d’une autre façon mauvaise aujourd’hui. » NDMJ]

Je crois donc que le Pape a décidé, par souci d’unité, de convoquer l’Église à nouveau au Concile – or, le Concile est la plus haute instance législative de l’Église catholique ; l’ignorer, c’est mettre sa propre âme en péril, car c’est s’éloigner de l’Église. Le rejeter, lui résister, c’est s’éloigner progressivement du cœur du catholicisme. C’est une position très grave.

Cette année marque le cinquième anniversaire de la mise en œuvre de Traditionis Custodes , le motu proprio du pontificat du pape François, qui modifiait un motu proprio antérieur du pontificat de Benoît XVI. Pensez-vous, compte tenu de ces changements d’un pontificat à l’autre, que le pape Léon XIV donnera probablement ses propres orientations, d’autant plus que le renouveau catholique chez les jeunes semble se concentrer sur la messe de 1962 ? Ou prévoyez-vous une initiative du pape Léon XIV ?

Non, absolument pas. Il ne modifiera pas Traditionis Custodes. Il ne reviendra pas à Summorum Pontificum. Ses paroles aux prêtres et aux personnes consacrées, samedi soir à Notre-Dame, sont on ne peut plus claires : cessez de privilégier votre propre point de vue sur cette question et suivez l’appel de l’Église. Il l’a dit très clairement, non seulement à ce moment-là, mais aussi deux ou trois semaines auparavant, lors de son allocution de clôture de la catéchèse du mercredi sur Sacrosanctum Concilium. Il a clairement indiqué que l’Église s’oriente dans cette direction précise et que les choix personnels ne doivent pas intervenir en la matière.

Pourquoi ? Parce que l’Église se réunit comme une famille, comme un groupe, et non simplement comme des individus. Bien sûr, nous sommes des individus, mais nous nous réunissons en tant qu’Église qui croit en ce qu’elle nous a donné, ce qu’elle nous a transmis du Seigneur, et nous demeurons fidèles à ce dépôt de la foi.

Diriez-vous aux personnes qui assistent à la messe Vetus Ordo qu’il serait préférable pour elles d’aller à une messe Novus Ordo, ou leur diriez-vous qu’elles ne devraient vraiment pas aller à une messe Vetus Ordo ?

 Je pense que vous ne devriez pas assister exclusivement à cette messe. C’est ce que je dirais. Mais ce qui me frappe constamment, lorsque je suis en contact avec des groupes de personnes attachées aux traditions, c’est que lorsqu’elles viennent me voir et m’en parlent, et qu’elles me disent que le Pape n’a pas été clément avec elles, je leur réponds : le Saint-Père vous a donné la possibilité de célébrer la messe selon le rite antérieur. Quel est votre problème ? Que voulez-vous de plus ?

D’une manière générale, ils ne peuvent pas répondre à cette question. Mais on constate, sur les blogs traditionalistes, qu’ils aspirent à bien plus. Ils souhaitent un retour à une Église qui rejette les enseignements du Concile Vatican II, qui n’adhère pas à cette nouvelle approche de la collaboration pour l’évangélisation du monde. Aussi, je dirais à tout catholique, quelle que soit son orientation, qu’il faut toujours examiner sa conscience à l’aune de l’enseignement de l’Église, et non se laisser guider par ses propres préférences.

Il faut toujours trouver un équilibre, car on peut avoir un profond attachement à la langue latine, et c’est très bien. Nous sommes de rite latin. Le latin fait toujours partie de notre tradition liturgique. Passons d’une vision personnelle à une vision collective de l’Église, ce qui me semble essentiel.

Je pense que souvent, lorsque l’on s’y oppose, on oublie ce que Pie XII a dit dans Mystici Corporis Christi sur la nature de l’Église, et dans son encyclique Mediator Dei sur la liturgie. Ces textes constituaient des piliers fondamentaux de Sacrosanctum Concilium. Rien n’y a été modifié dans Sacrosanctum Concilium. Ces piliers nous indiquaient comment nous nous identifions au Corps du Christ à travers la liturgie, non pas en tant que communauté, mais simplement en tant qu’individus choisissant ce qu’ils veulent, mais bien sûr, nous avons nos inspirations, nos propres manières de penser et d’inventer les choses, mais en définitive, c’est dans l’union eucharistique que l’unité de l’Église s’exprime pleinement.

Il semble presque garanti, lorsqu’on assiste à une messe traditionnelle en latin, que les fidèles comprennent correctement l’Eucharistie et se confessent régulièrement. N’y a-t-il pas là le sentiment que l’Église, en 2026, face à toutes nos difficultés dans un Occident sécularisé, devrait s’appuyer sur cette dynamique et affirmer : nous avons besoin de cela, nous avons besoin de cette énergie de jeunesse ?

Oui, mais diriez-vous que cela n’est pas vrai non plus pour les personnes qui assistent à la messe du dimanche selon le nouveau rite ?

Je dirais que c’est vrai. Simplement, peut-être pas à un niveau où l’on pourrait clairement percevoir cette même énergie dans le nouveau rite. On a le sentiment qu’elle est presque systématiquement présente lors d’une messe traditionnelle.

Mais ce niveau d’engagement est-il une forme d’uniformité ? Il est important de le préciser, car les cultures et les sociétés sont diverses, et la composition de la société, notamment au sein de la culture anglaise, est très diverse. Le mélange est différent. Mais le niveau d’engagement est-il différent ? Le niveau de foi est-il différent ? Je ne l’ai pas constaté. En tant que pasteur, je ne l’ai jamais vu. Bien sûr, il y a des difficultés ; il y a des gens qui tiennent des propos scandaleux. Parfois, ils tiennent simplement des propos scandaleux sous le coup de la colère ou par esprit de controverse. Mais au final, ils savent où est leur place, et ils savent que leur place est là où ils sont instruits et où ils reçoivent la vie. C’est, à mon sens, ce qui est vraiment important : malgré la diversité des personnes, il faut maintenir l’unité de la communauté.

Vous appartenez à une génération qui, après le concile Vatican II, a perçu les aspects positifs de ce dernier et l’a considéré comme l’avenir de l’Église catholique romaine, jugeant ces changements absolument nécessaires à sa survie. On pourrait dire que c’est également le cas pour une génération de catholiques d’aujourd’hui qui considère un retour au Vetus Ordo comme indispensable. Pensez-vous que cette caractérisation soit juste ?

Oui, tout à fait. J’ai servi cette messe jusqu’à l’âge de 21 ans, soit trois ans avant mon ordination. Je la connaissais par cœur. Quand j’étais enfant, à l’école, nous servions généralement le même prêtre pour la messe quotidienne. Le prêtre que je servais, le père Quinton, me disait : « Souviens-toi, 15 minutes, amice à amice. » Cela m’a donné une idée de la rapidité avec laquelle on célébrait généralement l’ancienne messe. La possibilité d’une messe chantée était rare dans la plupart des paroisses catholiques d’Angleterre, ou même d’une messe solennelle avec un diacre et un sous-diacre.

Mais j’aime la messe. J’aime l’Église, qui me guide, et je l’accepte comme telle ou je la rejette – en disant : « Voilà la seule voie, voilà la vraie voie, et ce qui a été produit est imparfait » – ce qui est faux. Il est faux de dire cela. La structure est la même. Mais les éléments, les sources qui n’étaient pas disponibles dans les années 1570, le sont devenus grâce au mouvement liturgique et à la découverte à Venise et ailleurs de riches sources de livres liturgiques, etc.

Nous devons être très prudents dans ce domaine. Je repense aux propos de saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens. Dès les débuts de l’Église, il y avait des abus liturgiques à Corinthe : le double standard de l’agapè, et peut-être aussi le fait que le prêtre soit devenu un point central, voire un point central unique, dans la célébration de la messe, de par sa tenue vestimentaire. Non pas que les vêtements liturgiques soient sans importance, mais il y avait peut-être une autre dimension. Certains érudits pensent que le prêtre s’habillait d’une manière plus mondaine que ce qui était de mise.

Mais saint Paul revient sur ce point et dit : « Ce que j’ai reçu du Seigneur et que je vous ai transmis par l’autorité apostolique, c’est ceci. » Voilà ce que l’Église a à faire de la liturgie. Et seule l’Église, à son plus haut niveau, a la possibilité de vous la transmettre. Aussi, je pense que pour l’unité au sein de l’Église – et l’unité fait partie intégrante de l’Eucharistie, du don eucharistique – il faut prendre cela très au sérieux. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut choisir à sa guise.

Quelqu’un m’a posé la question, je crois que c’était dans The Tablet : faut-il aller à la messe tous les dimanches pour être catholique ? Et j’ai répondu oui. Car le catholicisme n’est pas une question de notion – « Ah oui, eh bien, je pense comme ça, et donc je suis catholique », comme si j’étais un théologien aristotélicien ou un Thomas d’Aquin. Non. Le catholicisme est un engagement. Le christianisme est un engagement. Et si vous ne pouvez pas le manifester le dimanche, je pense qu’il vous sera difficile de le manifester autrement. Si cet engagement n’est pas présent dans votre vie, et si le catholicisme est une question de notion, ou simplement quelque chose qui vous convient dans certains domaines mais pas dans tous, alors ce n’est pas du catholicisme. C’est du protestantisme. C’est ma façon de l’appréhender.

Pensez-vous qu’il y ait un moyen de retour pour la Fraternité Saint-Pie-X ?

Il y a toujours un chemin de retour. Il y a toujours un chemin de retour. La conversion ne s’arrête pas au baptême ni à l’entrée dans la plénitude de l’Église catholique. C’est une réalité quotidienne, et plus je vieillis, plus je prends conscience de la nécessité de la conversion. Y a-t-il un seul jour dans ma vie, alors que je prie tôt le matin, où quelque chose ne me frappe pas et ne requiert mon attention ? Car nous ne sommes pas parfaits. Mais Dieu veut que nous le devenions. Et ce cheminement ne s’arrête qu’à la fin de notre vie, jusqu’à notre mort – et ensuite, par le purgatoire, nous espérons atteindre la destination que nous espérons.

Il faut donc prendre cela au sérieux : l’appel. Et cet appel, la voix du Christ, résonne au sein de l’Église. Il n’a rien trouvé d’autre pour le remplacer. Pas même les expériences mystiques individuelles. Elles sont toujours interprétées dans le cadre, dans le contexte de l’Église, jamais comme des entités séparées. Et si elles sont défaillantes dans ce contexte, alors on considère généralement qu’elles ne sont pas authentiques.

L’une des conséquences les plus importantes de l’excommunication de la FSSPX a été la suppression de son pouvoir de reconnaître valablement les confessions et les mariages. Compte tenu de la situation actuelle, diriez-vous que les confessions et les mariages célébrés par la Société seraient désormais invalides ?

Oui. Parce qu’ils n’ont pas juridiction, ils n’ont pas l’autorité. C’est une question très grave. Et comme le pape François a été généreux pendant l’Année de la Miséricorde, en disant que cela s’appliquait aussi à vous : nous validerons toutes ces choses qui étaient invalides depuis des années. Et ils l’ont accepté. Mais maintenant, ils disent qu’il n’avait même pas l’autorité pour le faire et que cela n’avait aucun sens, car elles étaient valides. Eh bien, soit vous croyez en l’Église, soit vous n’y croyez pas. Soit vous croyez qu’elle a été fondée par le Christ, soit elle repose entièrement sur vos épaules.

Bien sûr, on peut être pardonné si l’on est contrit et que l’on fait preuve de contrition dans des circonstances exceptionnelles. Mais pour revenir à l’Église, il faut se confesser publiquement. C’est pourquoi je fais la queue chaque semaine, ou toutes les deux semaines en général, à Saint-Pierre pour me confesser : pour montrer que, comme tout être humain, je suis pécheur et que je viens confesser publiquement mes péchés. Et c’est au sein de l’Église. C’est à un prêtre qui a le pouvoir d’absoudre – pas à ma tante, qui est très compréhensive et aimante, pour me confesser. Non : au prêtre qui représente le Christ. Voilà. […]

A Metz, Léon XIV sème les graines de la Chrétienté et de la Paix

Troisième et dernier article de notre trilogie : 4 jours et 3 nuits avec le Pape Léon XIV en France 

de notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur, biographe et consultant

Qui aurait pensé qu’un pape puisse déclarer à ce point sa flamme pontificale pour la France et se tourner en artisan de paix vers l’Europe entière ? Le pape François avait boudé la France, même s’il y avait mis les pieds trois fois durant son pontificat (en novembre 2014 à Strasbourg, en septembre 2023 à Marseille et en décembre 2024 en Corse) ; il ne voulait pas d’un voyage officiel. Benoît XVI, lui, était venu en tant que « messager de paix et de fraternité » en 2008. Quant au pape Jean-Paul II, il bat tous les records avec une vingtaine de journées passées en France, lors de ses 7 « visitations ».

A Metz, Léon XIV est venu répéter ce qu’avaient dit ses prédécesseurs : « On ne peut pas parler de l’Europe sans évoquer le christianisme ».

Sur la paix, il a terminé son voyage par cette phrase : « Il est nécessaire de s’engager dans un dialogue patient, de faire preuve de courage dans la négociation et d’être prêt à sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix. »

A Metz, dans la ville des saints

Il est impossible de s’y rendre sans s’apercevoir que cette ville est une terre de saints, une porte de la chrétienté ouverte sur toute l’Europe. Véritable carrefour commercial, militaire et stratégique, les Romains en ont fait l’une des villes les plus fortifiées de l’est, avec ses remparts massifs qui faisaient autrefois le tour complet de la ville, avec son amphithéâtre, sa tour gallo-romaine, etc.

C’est saint Clément qui a transformé la ville et a commencé à bâtir la « Cité de Dieu » si chère à saint Augustin et au pape Léon XIV. Il suffit de prendre de la hauteur, et, vue du ciel, de plonger son regard pour apercevoir ses nombreuses abbayes, ses chapelles et églises, ses monastères et sanctuaires fleurissant ici et là.

Oui, en se rendant à Metz, le pape marche dans les pas de la vieille tribu celte des Médiomatriques, devenus chrétiens dès le 3e siècle après Jésus-Christ.

Pense-t-il à cela, l’homme en blanc, lorsqu’il déclare : « Nous voulons entreprendre aujourd’hui, par la pensée, un voyage qui commence aux racines de l’Europe, pour aboutir à son présent, et se tourner vers l’avenir. »

Sa matinée de ce lundi 28 septembre est consacrée à une rencontre interreligieuse de premier plan au Centre des Congrès Robert Schuman, puis à un échange « aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité ».

L’Europe, la chrétienté et saint Benoît

Léon XIV est venu rappeler en d’autres termes ce qu’avait dit saint Jean-Paul II lorsqu’il s’est rendu à Strasbourg en 1988. Il marche aussi dans ses pas et a retenu sa phrase choc : « L’intégrisme religieux, sans distinction entre la sphère de la foi et celle de la vie civile, aujourd’hui encore pratiqué sous d’autres cieux, paraît incompatible avec le génie propre de l’Europe tel que l’a façonné le message chrétien. »

En arrière-plan, l’intégrisme dont il était question correspondrait-il à l’Islam et à la charia qui fusionnent foi et loi ? Il existerait, aussi, un intégrisme qui a fait de la laïcité une nouvelle religion, une anti-religion.

Avec Léon XIV la nuance reste de mise, et son terrain privilégié est celui de l’histoire, de l’intelligence, des premiers de cordée, des patriarches et des précurseurs. Il s’adresse en tant qu’apôtre, authentiquement et humblement avec courage, force et intelligence, aux femmes et aux hommes de son auditoire, en citant saint Benoît, père de l’Europe que « le saint Pape Paul VI a proclamé son Patron en 1964, le qualifiant de “ messager de paix, artisan de l’union, maître de civilisation ”. L’aide aux pauvres, aux malades, aux personnes âgées ; l’éducation des enfants et les universités ; les hôpitaux et la médecine ; l’architecture et l’ingénierie ; le développement des sciences ; le droit et l’organisation des villes et des États eux-mêmes : tant de choses, en Europe, ont été profondément influencées par saint Benoît et ses moines ! Sans ce terreau monastique, la civilisation européenne, telle que nous la connaissons, n’existerait pas. Ici, à Metz, grâce à l’œuvre, entre autres, de saint Chrodegang, se respira un esprit bénédictin de fraternité, de communion et de partage. C’est d’ici que le chant grégorien s’est répandu dans les territoires carolingiens, apportant harmonie et beauté à tout le continent. »

Hommage à Robert Schuman

Devant Emmanuel Macron qui finalement est présent à Metz, le pape rend hommage aux pères fondateurs de l’Union Européenne, et principalement à Robert Schuman : « Cet homme de foi et de convictions sut transformer les anciennes lignes de fracture en ponts d’espérance pour toute l’Europe et il devint un véritable ambassadeur de l’unité dans la diversité. À son exemple, notre responsabilité commune de femmes et d’hommes religieux est de témoigner que, au-delà des frontières, il est toujours possible de se rencontrer, d’établir l’amitié et de bâtir la paix. »

Emmanuel Macron : « heureux comme… »

Il avait été le grand absent de la Messe de la Concorde, boudant l’évènement historique qui réparait par une Messe à la fois l’assassinat du 21 janvier 1793, sous la guillotine, du bon roi Louis XVI, et les effluves abjectes et révolutionnaires de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris de 2024.

Pire, devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, Thomas Jolly, le metteur en scène de cette scabreuse cérémonie, avait demandé aux dames du French cancan de soulever leurs jupons, alors qu’il eut fallut défiler sur la Seine un genou à terre et un chapelet à la main.

Pire encore : la parodie de la Cène du Christ, véritable « blasphème » en direct, très éloigné de l’esprit des JO.

Mais, la France en a vu d’autre. Car n’est-elle pas chrétienne avant d’être révolutionnaire ?

Alors oui, il était là finalement le Président de la République française. Comment pouvait-il en être autrement ? Devait-il bouder jusqu’au bout le saint homme, l’homme de bien et de bonne volonté, l’homme en blanc ?

Il était là, et visiblement ému, il a déroulé le tapis rouge émotionnel de son hommage et de son plus grand respect après avoir discouru sur « le cœur millénaire de l’Europe », sur le « courage de ses fondateurs », sur l’innovation technique qui devait servir « la dignité humaine, et non la puissance de quelques-uns », un texte très puissant, presque savant.

Enfin, il a conclu par cet hommage historique : « Alors, nous dirons désormais, en mémoire de ces quatre jours, heureux comme Léon XIV chez nous. »

Victor Hugo aurait aimé ce jeu d’ombres et de lumières, lui qui disait : « Nous voulons l’Église chez elle et l’État chez lui ».

Que retenir de ces 4 jours 3 nuits en France ?

Le pape Léon XIV avec sa formule de bienvenue et d’espérance « Pour que le monde ait la vie », a marqué historiquement les âmes, les cœurs et les corps, les esprits et les gestes des Français de bonne volonté. Il a réveillé la vieille France, les Français de souche et de la diversité qui veulent vivre ensemble ces paroles du Christ : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé. »

Les 25 et 26 septembre, dès son arrivée en France, le pape avait réveillé des générations de catholiques et de chrétiens esseulés, presqu’abandonnés par une Église de France en berne, empêtrée dans ses scandales sur les abus et la pédophilie, délaissant une jeunesse qui a soif de Dieu. De la cathédrale Notre-Dame de Paris au stade de France, en passant par les Carmes de Paris, rendant hommage aux centaines de milliers de martyrs de la Révolution française, le pape a semé, planté et arrosé les graines de la Foi, du Pardon et de la Vie.

A Lourdes, les 26 et 27 septembre, il s’est transformé en pèlerin, et s’est mis à genoux devant la statue de la Vierge Marie, dans la grotte de Massabielle, dont il a touché la paroi de ses mains. Puis, en marchant, il a égrené son chapelet devant 200 000 autres pèlerins, devant le monde entier derrière son écran.

A Metz, il a dialogué avec les autres religions et les a invitées à signer le Livre de la Paix.

Les fioretti du pape Léon

Au cours de son voyage apostolique en France, du 25 au 28 septembre 2026, le pape a prononcé 17 discours et homélies.

Sur la fin de vie, le handicap, la souffrance, la vulnérabilité et la mort, voilà ce qu’il a dit :

• « Vous n’êtes pas un fardeau. Vous êtes le cœur battant de notre humanité et un précieux trésor pour l’Église. »

• « Aucun d’entre nous n’a choisi de naître […] Nous naissons tous nus et dans le besoin. »

• « Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. »

Au Stade de France, à la jeunesse, il a dit ceci :

• « Le piège de notre époque est de chercher à tout avoir, mais de n’être personne. »

• « Notre seule arme est celle de l’amour qui se donne. »

Sur la paix :

• « On ne tue jamais au nom de Dieu. Les croyants doivent désarmer les cœurs et les mots », à Metz lors de la rencontre interreligieuse.

• « La paix n’est pas un équilibre des forces ; elle se construit jour après jour par le dialogue et la justice. »

• « Le pardon n’est pas un signe de faiblesse, mais de force », a-t-il tonné, lors de sa dernière homélie à la cathédrale Saint–Etienne de Metz.

Deux jours après son départ et son retour au Vatican, à Metz la fronde des lycées commençait. Une jeunesse française avait dans la bonne humeur, le calme et la joie, fêté cette visite papale historique, comme si les ailes d’un ange avaient recouvert le vieux pays de Clovis. Elle a fait place, malgré elle, à une autre, plus politique, plus syndicale, plus révolutionnaire, plus violente. Une jeunesse française fracturée, qui oscille entre lumière et ombre.

A l’heure où nous bouclons cet article, le pape Léon XIV entre à la polyclinique Gemelli de Rome pour y être opéré d’un nodule au poumon. Emmanuel Macron a visité le salon de l’automobile. Et le cardinal Jean-Marc Aveline, le président de la Conférence des Evêques de France, la CEF, est au Vatican, dans la continuité de son invitation lancée aux Eglises de la Méditerranée autour de la paix et du dialogue interreligieux, au lendemain de la visitation du Pape en France.

Reportage réalisé par Antoine BORDIER

Copyright des photos Benoit Tessier / REUTERS, Capture vidéo LCI toutmetz.com et Vatican Media

Retrouvez notre premier article ici : Le 1er jour et la 1ère nuit du Pape Léon XIV en France

Le second article : De Paris à Lourdes, Léon XIV : le pape-pèlerin de la Paix

Euthanasie : et si le malade ne meurt pas, il faudra l’achever…

La Croix dévoile le« document de travail » de la Haute Autorité de santé (HAS) qui préfigure ce que pourrait être la mise en œuvre concrète de l’euthanasie. Comme pour l’avortement, l’opération de mise à mort n’est pas anodine et peut connaître quelques ratés… L’article 16 du texte de loi confie à la HAS la mission de faire des recommandations. Ce groupe a élaboré un « document de travail » de 94 pages actuellement soumis à la relecture. « Une réalité bien éloignée de la mort douce, apaisée, maîtrisée promise aux patients », appuie Emmanuel Hirsch, cofondateur du Collectif démocratie, éthique et solidarités.

Dans le cas d’un suicide assisté, le patient pourra ainsi choisir entre deux modes d’administration du produit létal : la voie orale ou la voie veineuse. S’il opte pour la première solution, il devra boire un cocktail lytique contenant une dose de 15 g de pentobarbital ou de sécobarbital. Ces puissants barbituriques le plongeront dans un coma profond et provoqueront un double choc respiratoire et vasculaire, conduisant à la mort dans un délai relativement long de vingt-cinq minutes. Sauf que le goût amer de la potion, des troubles digestifs ou une mauvaise posture peuvent provoquer des vomissements. Aussi les experts préconisent d’administrer un antivomitif avant l’absorption et de boire en position semi-assise la substance létale – au besoin aromatisée.

Pour la voie veineuse, c’est au patient de déclencher le dispositif d’injection. Dans ce cas, « la phase agonique est rapide », précise le document, préconisant une perfusion d’une solution contenant 3 g de thiopental ou 2 g de propofol. À un tel dosage, ces médicaments habituellement utilisés en anesthésie et en réanimation sont censés provoquer la mort en quelques minutes.

S’il apparaît qu’au moment d’acter une aide à mourir par voie orale « l’ingestion n’est pas possible, incomplète ou rejetée lors du vomissement », ou « si le délai de survenue de la mort se prolonge », il est recommandé de mettre en œuvre « le protocole d’injection directe par voie veineuse ».

De même, s’agissant d’une administration par voie veineuse, le document précise que, « si l’arrêt cardiaque ne survient pas, il est recommandé d’injecter un curare », produit qui provoque une paralysie des muscles conduisant à l’arrêt respiratoire.

Emmanuel Hirsch souligne :

« Dans ces circonstances, le soignant devra donc décider d’un acte complémentaire sans pouvoir solliciter directement le consentement de la personne, inconsciente. On entre là dans une forme d’obstination euthanasique qui interroge ».

Marie-Jo Thiel, membre de l’Académie pontificale pour la vie, ajoute :

« Sans compter que le document ne définit pas clairement les “signes d’inconfort” et le délai qui pourraient justifier cette injection complémentaire : on passe donc du suicide assisté à l’euthanasie sans le dire, mais en le faisant ».

L’égalité des chances ne consiste pas à imposer à tous le même parcours, mais à permettre à chacun de développer ses talents

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Il est tentant, devant des lycées bloqués, de ne voir qu’un problème de maintien de l’ordre. Mais ce serait confondre les symptômes avec les causes. Car la question fondamentale demeure ce que nous avons fait de notre école qui ne transmet plus rien.

Ne cherchons pas d’excuses à la violence. Rien ne justifie qu’on incendie, qu’on frappe ou qu’on détruise. Les professeurs et les élèves qui souhaitent simplement travailler ont droit au respect et à la sécurité. Mais condamner les violences ne dispense nullement de s’interroger sur le désastre éducatif. Réduire tout le mouvement à une manipulation politique serait donc aussi imprudent que de prendre chaque revendication pour argent comptant.

Rappelons une évidence devenue presque subversive: la première mission de l’école est d’instruire. Lire, écrire, compter, connaître l’histoire de son pays, maîtriser sa langue, comprendre les sciences, découvrir les grandes œuvres de la littérature et les fondements de notre civilisation: voilà ce que les familles sont en droit d’attendre de l’institution scolaire. L’instruction est la condition de la liberté. Celui qui ne sait pas lire convenablement dépend de ceux qui prétendent penser à sa place. Celui qui ignore l’histoire devient la proie des slogans. Or notre école semble parfois avoir perdu de vue cette hiérarchie des priorités. On lui demande de réparer toutes les fractures sociales, de transmettre les valeurs du conformisme ambiant et de répondre à toutes les urgences du moment. À force de vouloir tout faire, elle n’accomplit plus correctement sa mission propre. Au nom de l’égalité, le collège unique a détruit la formation professionnelle.

Pourtant, l’égalité des chances ne consiste pas à imposer à tous le même parcours, mais à permettre à chacun de développer ses talents. À vouloir maintenir artificiellement tout le monde dans un cadre identique, on risque de décourager les meilleurs sans donner de meilleures chances aux plus faibles. Il faudrait donc retrouver le courage de diversifier les parcours, de valoriser les filières professionnelles et de restaurer une véritable exigence scolaire.

À cette uniformisation s’ajoute l’influence d’un pédagogisme délétère. Bien entendu, la pédagogie est indispensable. Mais aucune méthode ne peut abolir la nécessité de travailler. Le savoir exige de l’attention et de l’effort. Il suppose aussi que l’adulte assume pleinement son autorité intellectuelle et morale. L’école ne peut cependant pas tout. Elle ne devrait jamais prétendre remplacer la famille, première éducatrice. Les parents doivent pouvoir choisir une école correspondant à leurs convictions éducatives et rechercher un environnement adapté à leur enfant. La liberté scolaire n’est pas un privilège honteux : elle est une garantie contre la tentation d’imposer à tous une vision unique de l’homme et de la société.

La crise actuelle devrait donc nous conduire à une véritable refondation intellectuelle et morale. Il faut rétablir les savoirs fondamentaux. Il faut aussi cesser de confondre l’éducation avec l’endoctrinement et la citoyenneté avec l’adhésion obligatoire aux mots d’ordre du moment. La jeunesse a besoin d’espérance et d’appel au dépassement – dans la fidélité aux modèles de notre grande histoire. Une civilisation ne se perpétue pas en répétant à ses enfants qu’ils doivent la contester. Elle doit leur donner les moyens de la connaître, d’en discerner les grandeurs comme les fautes, et de recevoir l’héritage qu’ils auront à leur tour la responsabilité de transmettre.

Les « valeurs » de l’UE

Le Parlement hongrois a adopté une loi qui abolit la loi de « protection de l’enfance » que Viktor Orban avait fait voter en 2021, qui interdisait la propagande LGBT auprès des mineurs.

Les commissaires européens Hadja Lhabib et Michael McGrath ont fait savoir dans une déclaration commune qu’il s’agit là d’un « signal important d’engagement en faveur de nos valeurs communes », car « les droits des personnes LGBT+ sont des droits fondamentaux au sein de l’Union européenne ».

Peine de mort : le courant abolitionniste est né dans des milieux libéraux, antireligieux, en particulier très anticléricaux

Matthieu Lavagna a répondu aux questions de Claves concernant son ouvrage Ce qu’enseigne vraiment l’Eglise sur la peine de mort.  Extrait :

Comment les catholiques doivent-ils réagir face à ce qui semble être un vrai revirement ?

À mon sens, ces enseignements du pape François ne relèvent pas du magistère infaillible de l’Église, même ceux qui sont contenus dans des encycliques ou déclarations officielles. Il ne s’agit clairement pas de déclarations « ex cathedra » ou d’enseignements solennels, mais d’actes du magistère non-infaillible, dans lesquels il est possible que le pape puisse faire et enseigner ponctuellement une erreur.

Il me semble que l’on peut formuler ainsi notre conclusion : un catholique doit refuser de donner son assentiment à un enseignement non-infaillible du magistère si ce dernier vient s’opposer directement à une doctrine qui a déjà été infailliblement enseignée. Or il semble que ce soit le cas ici, puisque l’Église a enseigné pendant deux millénaires que la peine de mort n’était pas intrinsèquement immorale et que l’État a le droit de l’appliquer dans certaines circonstances en vertu de la justice rétributive.

Attention, il ne s’agit pas d’un acte de rébellion contre le pape ou le magistère, mais simplement d’une suspension prudente de l’assentiment de l’intelligence, dans le cas d’une contradiction manifeste entre un enseignement et la doctrine constamment professée par l’Église.

À votre avis, ce récent changement représente-t-il un danger pour le magistère de l’Église ?

Comme nous venons de le dire, ce changement pour le moins troublant ne doit cependant pas affaiblir la foi des catholiques ni la confiance dans le magistère assisté divinement. Il n’en reste pas moins que cette évolution brutale et selon toute apparence contradictoire peut donner — de l’extérieur du moins — une impression d’inconstance dommageable à l’enseignement de l’Église, dont l’autorité est justement renforcée par son immuabilité. Bien qu’elle soit largement remise en cause aujourd’hui, sur de nombreux sujets, cette constance du magistère est un puissant argument de vérité, un soutien solide pour la foi des chrétiens, et un rempart contre le relativisme ambiant.

Demeurent pour nous cependant deux points peu clairs : la peine capitale entre-t-elle directement dans l’objet du magistère, et le pape François a-t-il réellement soutenu qu’elle était intrinsèquement immorale ?

Le Pape François semble en effet avoir enseigné que la peine de mort est immorale en toutes circonstances et à toute époque. En effet, il affirme que celle-ci « viole la dignité de tout être humain, inaliénable en toutes circonstances » (Dignitas Infinita, n° 34) et que « indépendamment de tout changement culturel », cette dignité humaine est « inviolable en toute époque de l’histoire et [que] personne ne peut se sentir autorisé par les circonstances à nier cette conviction » (Dignitas Infinita, n° 6). Aussi, l’affirmation de François selon laquelle : « Le commandement “tu ne tueras point” a une valeur absolue et inclut aussi bien l’innocent que le coupable » indique bien qu’il considère que la peine de mort est une violation pure et simple du 5e commandement et donc qu’elle est immorale à toute époque, pas seulement aujourd’hui (les dix commandements ne sont pas soumis aux changements contingents des sociétés).

Que dire encore à ceux qui arguent du risque d’erreur judiciaire, face à la garantie de protection que les systèmes carcéraux modernes semblent apporter en termes de protection des sociétés ?

 L’objection du risque d’erreur judiciaire est importante, mais pas décisive. Évidemment, l’exécution d’un innocent est inadmissible. Mais il me semble que cela ne suffit pas à justifier l’abolition de la peine de mort dans toutes les circonstances. L’objection montre plutôt qu’il est nécessaire de mettre en œuvre tout ce qui est possible pour éviter le risque d’erreur, avant de procéder à l’exécution… La peine capitale ne peut évidemment être envisagée que lorsque la culpabilité est établie « au-delà de tout doute raisonnable ». Notons cependant que les technologies contemporaines (ADN, empreintes, caméras…) permettent de réduire drastiquement le risque d’erreur judiciaire.

Pour finir, nous aimerions revenir sur deux questions… Et d’abord, vous mentionnez à plusieurs reprises les enjeux philosophiques de la question : d’où vient le courant abolitionniste, et que révèle son influence dans l’Église ?

Il est difficile de démêler entièrement les tenants et les aboutissants de cette émergence d’un courant anti-peine capitale dans l’Église. Il importe toutefois de noter que le courant abolitionniste est d’abord né dans des milieux libéraux et radicalement antireligieux, en particulier très anticléricaux : notamment chez les philosophes des Lumières. Jusque dans les années 1970, une ligne de séparation nette séparait les théologiens chrétiens (catholiques et protestants) des promoteurs de l’abolitionnisme, souvent par ailleurs ouvertement antichrétiens et prônant une doctrine morale et politique clairement opposée à la religion. […]

Entretien obligatoire à l’école : les AFC refusent la surveillance de toutes les familles

Communiqué des AFC :

Aujourd’hui, 13 octobre, est votée à l’Assemblée nationale la loi « intégrale » contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants.

Les AFC se réjouissent de la prise en compte effective de ces violences qui, jusqu’à « Me too » et la CIIVISE passaient largement sous silence. La sécurité des femmes et des enfants en sera heureusement renforcée.

Un entretien individuel dès la maternelle

L’article 30 de ce texte stipule que les enfants, dès l’âge de la maternelle, auront un entretien individuel organisé à quatre reprises au cours de la scolarité de ce dernier puis annuellement à partir de 2032, « afin d’évaluer leur bien-être, de prévenir et de dépister toute forme de violence, y compris pour les enfants instruits à domicile. »

De nombreuses questions sans réponse

Cet article ouvre de nombreuses questions :

  • Le ministre affirme que 15 000 personnes supplémentaires seraient nécessaires pour cette mission.
  • Avec quel budget ?
  • Quelle formation pour recueillir la parole des enfants ?
  • Quels critères de « bien-être » ?
  • Est-ce à l’Etat de les définir ?
  • Quelle place pour les parents, seuls détenteurs de l’autorité parentale ?
  • L’Etat peut-il s’arroger le droit de suspecter toutes les familles au prétexte que certaines sont défaillantes ?
  • Quelle suite sera donnée à ces entretiens ?
  • L’Etat incapable de protéger correctement les enfants qui lui sont confiés au sein de l’ASE est-il légitime pour mener ces actions ?
  • Est-ce la mission de l’école alors que celle qui lui est dévolue – l’instruction – est de moins en moins efficiente ?

La prévention passe par les familles

Ce dispositif est pensé sous le seul angle de la surveillance, de la répression et du traitement. La prévention au sein des familles passe, quant à elle, par le renforcement des compétences des parents – premiers et principaux éducateurs – la prévention des séparations conjugales, le soutien et la valorisation des familles et la diffusion de pratiques de bientraitance.

Les familles sont loin d’être parfaites mais toutes les tentatives pour les remplacer se sont systématiquement soldées par un échec plus cuisant encore.

Nous refusons de basculer vers une société de la surveillance de l’ensemble des familles.

300 kg de chocolat des sœurs de Castagniers pour restaurer le clocher

Résumé de l’opération en cours :

Nichée dans l’arrière-pays niçois depuis 1930, l’abbaye Notre-Dame de la Paix à Castagniers abrite une communauté de moniales cisterciennes qui vivent, dans la prière, du travail de leurs mains.

Depuis 1950, les sœurs y fabriquent des chocolats 100 % artisanaux : praliné maison aux noisettes du Piémont, moulages, tablettes, etc…

Mais leur clocher, lui, n’a pas bougé depuis près d’un siècle… Planchers à changer, échelle à remplacer, ouvertures à isoler de la pluie et des pigeons, et cloche à refondre. Le jour où la corde d’une cloche est tombée, il a fallu appeler des pompiers amis, qui sont montés… en rappel ! 🧗

Pour restaurer ce clocher, les sœurs ont besoin d’un coup de pouce, et lancent une grande vente en ligne de leurs bons chocolats monastiques .

Objectif : vendre au moins 300 kg de chocolat avant ce dimanche 18 octobre !

Pour participer à l’opération, vous pouvez :

Sœur M.-B. dans la chocolaterie de l’abbaye © Abbaye de Castagniers

En savoir un peu plus sur l’abbaye de Castagniers

L’histoire de l’abbaye de Castagniers commence en 1864, en Provence. Un groupe de jeunes femmes attirées par la vie cistercienne fonde alors une communauté, avec le soutien des moines de l’abbaye de Sénanque. La communauté doit déménager plusieurs fois puis, au début du XXe siècle, menacée par les lois anticléricales, une partie des sœurs se prépare même à l’exil dans le Piémont italien. En 1930, les sœurs s’installent finalement à Castagniers, dans l’arrière-pays niçois, et reprennent une grande propriété oléicole du XVIe siècle.

Aujourd’hui, les 11 moniales de l’abbaye Notre-Dame de la Paix sont des “cisterciennes de la commune observance”, comme l’abbaye de Lérins , qui est le pendant masculin de l’abbaye de Castagniers. Les sœurs ​​vivent donc selon la règle de saint Benoît, souvent résumée par la devise « prie et travaille ». Leurs journées sont rythmées par sept offices, le premier (“Vigiles”) à 5 heures du matin, et par le travail manuel qui fait vivre la communauté.

Et à Castagniers, ce travail manuel a un parfum de… cacao ! En effet, dès 1950, pour financer des travaux et subvenir à leurs besoins, les sœurs ouvrent un atelier de chocolat. Plus de 75 ans plus tard, la chocolaterie reste leur principale source de revenus. Dans la région, on les surnomme d’ailleurs « les sœurs chocolat » !

Elles fabriquent des tablettes, des orangettes, des moulages pour Pâques ou Noël, mais leur secret par-dessus tout, c’est leur praliné maison, fabriqué à base d’amandes et de noisettes du Piémont. Elles le déclinent en pâte à tartiner, en rochers ou encore en chocolats fins… avis aux amateurs !

Dans leur propriété, elles ont aussi hérité d’une cinquantaine d’oliviers qu’elles cultivent également pour en faire de l’huile d’olive bien sûr, mais aussi et surtout une spécialité rare : de la pâte d’olive , composée à 100 % d’olive. C’est bien plus léger qu’une tapenade, donc, et fonctionne tout aussi bien à l’apéro.

L’abbaye de Castagniers, entre cyprès et oliviers © Abbaye de Castagniers

Quels sont les chocolats disponibles durant la vente ?

Pour cette “opération chocolat” pour restaurer le clocher, les sœurs vous proposent :

  • des tablettes de chocolat noir : 70% ou 55% aux écorces de citron, aux écorces d’orange, aux amandes entières, à la fleur de sel, ou noir 70%. Pour la petite histoire, la tablette à la fleur de sel avait été créée en novembre 2020 pour une précédente opération avec Divine Box durant le Covid : plus de 4000 tablettes s’étaient alors vendues en quelques jours !
  • des assortiments de chocolats fins en réglettes ou ballotins : du pur praliné maison, enrobé de chocolat noir ou au lait, décorés de sésame, de pignons de pin, d’amandes etc… Parfait pour accompagner le café !
  • leur fameuse pâte à tartiner au praliné pour les aficionados ;
  • des orangettes et des gingembrettes pour les petits cadeaux qui plaisent toujours ;
  • et bien sûr leur pâte d’olive (100 % olive) pour l’apéro ou en cuisine pour apporter un peu de Provence sur un poisson ou des pâtes !

Tout cela, disponible à l’unité ou en lot… tant qu’il y a du stock !

Quelques bons pralinés en cours d’enrobage, à l’atelier de l’abbaye de Castagniers ! © Divine Box