FSSPX : Le recours contre le décret d’excommunication suit son cours à Rome
Communiqué de la FSSPX du 13 octobre 2026 :
À la suite du communiqué de la Maison générale du 13 juillet 2026 annonçant le dépôt d’une démarche préalable auprès du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X informe que les voies de recours prévues par le droit canonique ont depuis lors été poursuivies, dans le respect des délais et des procédures établis par le droit.
Par ces démarches, les évêques de la Fraternité entendent exercer le droit que leur reconnaît l’Église, en demandant l’examen des objections juridiques et doctrinales qu’ils ont formulées à l’encontre des textes du 2 juillet.
Dans l’attente de la suite qui sera donnée à ces démarches par les autorités compétentes, la Fraternité entend observer la discrétion requise par la nature de ces procédures. Elle invite prêtres et fidèles à demeurer unis dans la prière à l’intention du Saint-Père et de toute l’Église, dont la loi suprême est le salut des âmes.
Menzingen, le 13 octobre 2026
« « Nous réclamons la messe en latin » : Déclaration de la CIC 2026 au Vatican »
Traduction de l’article de Michael J. Matt paru le 11 octobre 2026 sur The Remnant sous le titre : « “We Demand the Latin Mass” : CIC 2026 Statement to the Vatican »
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« Rendez-nous la messe de nos pères ! » Michael Matt prononce l’extraordinaire discours de clôture de la Conférence sur l’Identité Catholique de 2026 : un appel direct au pape Léon XIV, une mise en garde contre la suppression persistante de la Tradition et la déclaration que les catholiques fidèles ne se laisseront ni réduire au silence ni chasser de l’Église. Le message est clair : rétablissez la messe en latin, ou affrontez la résistance de catholiques déterminés à défendre la foi.
Votre Sainteté,
Nous nous adressons à notre Saint-Père en fils fidèles de notre Sainte Mère l’Église, animés d’une « vive inquiétude » pour le salut de l’âme de nos enfants.
Notre Seigneur et Sauveur Jésus‑Christ a ordonné à Pierre de prier pour que sa foi ne défaille pas à l’heure de l’épreuve. Nous prions nous aussi pour Pierre aujourd’hui, afin que sa foi ne défaille pas en ce temps de grande épreuve.
Nous prions pour vous, Saint-Père, et nous nous souvenons qu’au fil des siècles de foi, nombre de saints — dans l’esprit de saint Paul — ont prié pour Pierre lors des grandes épreuves et ont même résisté à Pierre en face, par amour pour lui et par charité filiale envers l’Église souffrante ici-bas.
Au XIVe siècle, sainte Catherine de Sienne rappelait au pape Grégoire son devoir, le suppliant de « faire preuve de virilité » devant Dieu, d’user de la « puissance et de la force qui sont les vôtres »… faute de quoi il serait « plus à l’honneur de Dieu et au bien de votre âme de démissionner ».
Bien avant cela, au IVe siècle, saint Athanase fut excommunié pour avoir insisté, dans la prière, pour que Pierre prie afin que sa foi ne défaille pas durant la grande épreuve. Tout comme, de nos jours, l’Église s’est endormie catholique pour se réveiller moderniste, de même, à l’époque d’Athanase, l’Église s’est endormie catholique pour se réveiller arienne. Ainsi Athanase, à l’instar de saint Paul avant lui, a résisté à Pierre en face — non par défi ou en agissant dans son dos, mais honorablement et ouvertement, par amour.
Nous ne prétendons pas nous placer au même rang que les saints d’autrefois qui considéraient comme un devoir envers Dieu d’adresser des remontrances au pape. Néanmoins, nous adressons aujourd’hui des remontrances à Pierre, non pas en tant que saints, mais en tant que pécheurs ; non pas en tant que critiques arrogants, mais en tant que brebis délaissées, scandalisées par des pasteurs qui prêchent un Évangile différent de celui que nous avons appris dans les écoles catholiques — des écoles fondées par des évêques catholiques, approuvées par des papes catholiques et animées par des prêtres et des religieuses catholiques.
Nous avons bien retenu leurs leçons. Nous avons appris leurs catéchismes par cœur. Nous avons appris à aimer et à servir la messe en latin qu’ils nous ont enseignée, et nous avons promis, lors de notre confirmation, de garder la foi catholique et d’être prêts à mourir plutôt que de la renier.
Saint-Père, l’Église de notre enfance est devenue méconnaissable. Elle est secouée par les scandales. Ses sanctuaires ont été rasés au bulldozer. Ses autels brisés. Ses tables de communion retirées. Ses enseignements et ses dogmes rejetés ; ses édifices sont fermés à clé ou vendus pour payer les frais de justice de prêtres accusés.
Mais nous sommes toujours là. Malgré les scandales, nous n’avons pas quitté l’Église de notre enfance. Chaque jour, nous la cherchons, fouillant les ruines de cette forteresse catholique autrefois puissante qui protégeait tous les hommes sur terre contre le monde, la chair et le diable. Nous recherchons les petites chapelles qui tiennent encore debout, où les prêtres dont nous gardons le souvenir enseignent toujours la foi qui a fait de nous ce que nous sommes.
Saint-Père, vous êtes un prêtre missionnaire. Vous pouvez certainement imaginer ce que ressentent des brebis dispersées lorsqu’elles se sentent abandonnées par leurs bergers, trahies à ce point. Nous assistons avec incrédulité à la fermeture, sur ordre du Vatican, de nos paroisses florissantes célébrant la messe en latin — véritables oasis spirituelles dans le désert du relativisme — pour des raisons que seul Dieu connaît.
Quel est notre crime ? Pourquoi sommes-nous persécutés pour croire et adorer ce que les écoles catholiques de notre enfance nous ont appris à croire et à adorer ?
C’est un scandale même aux yeux du monde, qui observe lui aussi avec une incrédulité totale une Église catholique sous assistance respiratoire supprimer les quelques communautés catholiques florissantes qui subsistent dans le monde.
S’il doit y avoir une chance de réparer ce qui a si gravement déraillé, nous devons savoir quels péchés nous avons commis qui contribuent à la division évoquée par le pape François dans Traditionis Custodes. Comment le pape peut-il affirmer que la messe en latin de toujours est source de division, alors même que son propre prédécesseur a rétabli cette même messe comme un droit de naissance inaliénable pour tous les catholiques, de tous les temps ? Vous avez jugé bon de poursuivre la démarche synodale de votre prédécesseur, laquelle inclut une volonté ecclésiale explicite d’écouter les brebis. S’il en est ainsi, alors écoutez-nous.
Nous sommes en première ligne, Saint‑Père. Nous constatons chaque jour, et directement, que la dimension humaine de l’Église du Christ traverse une crise sans précédent dans son histoire. Le Vatican lui‑même a récemment publié les signes vitaux d’une Église agonisante en France. La « fille aînée » est sous assistance vitale. À l’instar du reste de l’Église en Europe, elle se trouve dans un état critique.
Pourquoi, alors, des centres florissants de messe en latin sont‑ils fermés en France par décret papal, alors même que le site officiel du Vatican indique qu’entre 1980 et 2024, le nombre de prêtres en France s’est effondré, passant de 39 000 à 12 000 — soit une chute de 70 % ?
Pourquoi, alors, des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal, alors que le nombre de paroisses catholiques dans le pays a diminué de 72 % ?
Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que trois paroisses sur quatre ont disparu ?
Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que le nombre de religieuses a chuté de 87 000 à 17 000 ?
Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que le nombre de baptêmes est passé de 513 000 à 186 000 ?
Que le nombre de mariages est passé de 217 000 à 40 000 et continue de chuter rapidement ?
Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que l’Église catholique en France est en train de disparaître ?
Comment ne pas conclure que le Vatican se moque éperdument de nous et de nos enfants, puisqu’il nous expulse délibérément de nos propres églises et refuse de protéger nos enfants face aux loups laïcistes qui rôdent ?
Alors que l’Église de France demeure plongée dans un coma qu’elle s’est elle-même infligé, le gouvernement français transforme la « fille aînée de l’Église » en une terre désolée, stérile et dangereuse.
D’abord, ils ont légalisé le mariage entre personnes de même sexe. Puis, le 4 mars 2024, le Parlement français [réuni en Congrés] a voté, par 780 voix contre 72, la modification de l’article 34 de la Constitution, faisant de la France catholique le premier pays au monde à inscrire l’avortement comme une liberté constitutionnelle garantie.
En août 2026, la nouvelle loi sur l’aide à mourir est entrée en vigueur en France, après avoir reçu l’aval complet du Conseil constitutionnel.
À l’exception notable d’un mouvement catholique vigoureux attaché à la messe en latin en France, la dimension humaine de l’Église connaît un déclin irréversible. Hélas, le Vatican est en train d’euthanasier ce renouveau catholique.
La Fraternité Saint-Pie X, en France, regorge également de jeunes familles et de nombreuses vocations ; pourtant, Votre Sainteté a jugé bon de la déclarer excommuniée.
Et quel était son crime ?
À l’été 2026, lors d’une conférence de presse à Castel Gandolfo, Votre Sainteté a déclaré aux médias que la Fraternité Saint-Pie X refusait d’accepter « certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par plusieurs points du concile Vatican II ».
Mais de quels « points de Vatican II » s’agit‑il, Saint-Père ? N’avons‑nous pas le droit de savoir quels éléments de Vatican II, revêtant une autorité doctrinale contraignante, nous devons, nous aussi, accepter sous peine de mettre notre âme en péril ? Sinon, comment nous prémunir contre une erreur identique, assez grave pour entraîner une excommunication ?
Qu’est-ce qui, dans Vatican II, revêt un caractère doctrinal contraignant et doit donc être accepté par tous les catholiques sous peine de mettre leur âme en péril ? Dites‑le‑nous, Saint‑Père : quel est ce nouveau dogme issu de Vatican II, et dans quel Credo figure‑t‑il ? Dites-le-nous, car nous acceptons pleinement tout dogme défini antérieurement qui est réaffirmé dans les documents de Vatican II.
D’ailleurs, Saint-Père, de quel Vatican II parlez-vous ? Car, selon votre prédécesseur, le pape Benoît XVI, il y en avait deux.
Le 14 février 2013, Sa Sainteté Benoît XVI, s’adressant pour la dernière fois à la Curie romaine, a expliqué que le véritable Concile ne s’était pas encore concrétisé :
« Nous savons combien ce Concile des media fut accessible à tous. Donc, c’était celui qui dominait, le plus efficace, et il a créé tant de calamités, tant de problèmes, réellement tant de misères : séminaires fermés, couvents fermés, liturgie banalisée… et le vrai Concile a eu de la difficulté à se concrétiser, à se réaliser ; le Concile virtuel était plus fort que le Concile réel. »
De quel Concile, alors, Saint‑Père, la Fraternité Saint Pie X « refuse-t-elle d’accepter » l’autorité ? Le vrai, qui ne s’est jamais réellement concrétisé, ou le concile des media — le seul que le monde ait connu — qui a vidé les séminaires et banalisé la liturgie ?
Et puis, il y a la question de savoir quelle est la véritable religion.
Lors d’une rencontre interreligieuse de jeunes à Singapour, le 13 septembre 2024, le pape François a déclaré que « toutes les religions sont un chemin pour atteindre Dieu ». Il existe « des langages différents pour parvenir à Dieu… certains sont sikhs, d’autres musulmans, hindous, chrétiens. Et ce sont TOUS des chemins vers Dieu. »
Est-ce là l’enseignement officiel du Vatican ? Comment cela pourrait-il l’être alors que cela contredit l’enseignement constant de vos prédécesseurs, et tout récemment celui du pape Pie XI dans Mortalium Animos ?
« Seule… l’Église catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu ; qui n’y entre pas, ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut. »
Alors, lequel de ces deux enseignements pontificaux contradictoires devons-nous accepter, sous peine de perdre nos âmes ?
Le Vatican a-t-il modifié l’enseignement catholique sur le caractère intrinsèquement mauvais des actes homosexuels ? En 1994, le pape Jean‑Paul II affirmait que « les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi morale naturelle ». Est-ce toujours l’enseignement de l’Église catholique et, si oui, pourquoi y a‑t‑il plus de vingt ans que le Vatican n’a pas communiqué cet enseignement aux couples de même sexe, que le pape François a demandé aux prêtres catholiques de bénir dans Fiducia Supplicans ?
Est-il toujours nécessaire pour les couples de même sexe de se repentir d’actes « intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi morale naturelle », selon le Catéchisme de l’Église catholique ? Si tel est le cas, pourquoi le Vatican ne le dit‑il pas haut et fort, à la face du monde ? L’exhortation de Jésus‑Christ dans l’Évangile selon saint Jean (8,11) reste‑t‑elle valable : « Va, désormais ne pèche plus » ?
Que devons‑nous, en tant que parents, enseigner à nos enfants au sujet des sixième et neuvième commandements ? Que même Dieu a changé d’avis ?
Si la Synodalité poursuit dans cette voie, Saint‑Père, comment l’histoire pourrait‑elle ne pas la décrire comme l’infirmier en soins palliatifs appelé au chevet d’une Église catholique agonisante ?
Saint‑Père, comment se fait‑il que NOUS soyons le problème, simplement parce que nous sommes consternés par de tels écarts radicaux par rapport aux enseignements définis comme infaillibles de l’Église de notre enfance ?
Devant Dieu, nous avons le droit de connaître la vérité. Et tant que Votre Sainteté ne reconnaîtra pas ce droit, nous n’aurons d’autre choix que de rester fermement attachés à la Tradition et d’agir comme le Bienheureux Fulton Sheen l’a préconisé aux débuts de la crise moderniste : être l’esprit, les yeux et les oreilles qui aideront à sauver l’Église.
Veillez à ce que nos prêtres agissent en prêtres, nos évêques en évêques, nos religieux en religieux et — puisque vous êtes, Saint‑Père, l’évêque de Rome — à ce que nos papes agissent en papes.
Saint‑Père, vous savez certainement que, telle Rachel pleurant ses enfants, nos épouses et nos mères pleurent aujourd’hui nos enfants, perdus dans le désert du modernisme et dans un nouvel ordre mondial sans Dieu.
La messe en latin est la seule messe que nos enfants aient jamais connue. Elle a maintenu nos familles unies dans la foi catholique. Elle nous a permis d’accomplir notre premier devoir de pères envers nos enfants : sauver leurs âmes.
Alors que tant de scandales ecclésiaux s’étalent à la une des journaux du monde entier, je ne sais pas combien nos enfants pourront encore en supporter. Ils ont entendu parler de choses dont saint Paul nous dit qu’il ne faut même pas prononcer le nom – les abus sexuels sur des enfants, les abus homosexuels sur des séminaristes, le blasphème contre Dieu, et maintenant Traditionis Custodes – apprenant que la plus belle chose qui soit ici‑bas est, selon leur Saint‑Père à Rome, source de division et doit être supprimée.
Saint‑Père, nous ne sommes pas vos ennemis mais plutôt vos fils les plus fidèles ; nous veillons et prions pour que la foi de Pierre ne défaille pas. Si elle venait à faillir, nous n’aurions d’autre choix que de vous résister, tout comme Paul a résisté à Pierre, Athanase à Libère et Catherine à Grégoire. Si votre foi ne défaille pas, vous n’aurez pas de plus grands défenseurs que nous — les traditionalistes.
Quoi qu’il en advienne, tant que nous n’aurons pas reçu de réponses de notre pasteur en cette période de crise, nous ne permettrons ni au Vatican ni à quiconque d’autre de nous diviser pour mieux régner, que ce soit par l’excommunication ou par l’exclusion.
Les catholiques traditionalistes du monde entier font bloc, AU SEIN DE L’ÉGLISE, unis par la foi de nos pères et par la sainte messe en latin — que NOUS CONTINUERONS À RECHERCHER, quelle que soit la distance ou le temps nécessaires — et fidèles au Christ‑Roi, qui sera avec nous jusqu’à la fin des temps.
Votre Sainteté, nous demandons respectueusement que vous respectiez nos aspirations liturgiques légitimes, telles que garanties par saint Pie V dans la bulle Quo Primum, et rétablies par le pape Jean‑Paul II dans Ecclesia Dei ainsi que par le pape Benoît XVI dans Summorum Pontificum.
Je vous en prie, Saint‑Père, écoutez-nous ; si la messe en latin n’est pas rétablie, alors, dans l’esprit de saint Paul résistant face à face à saint Pierre, nous, catholiques traditionalistes — dont la responsabilité première est le salut de l’âme de nos enfants —, nous n’aurons pas d’autre choix que d’agir de même.
Rendez‑nous la messe de nos pères. Nous prions Dieu pour que la foi de Pierre ne défaille pas et pour qu’il agisse avec droiture, comme le réclamait sainte Catherine. Que Dieu bénisse Votre Sainteté et que Marie protège notre Église bien‑aimée, actuellement assiégée.
En le Christ‑Roi,
Michael J. Matt et Eric Frankovitch
Catholic Identity Conference
Fête de saint François, 4 octobre 2026
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Parmi les différentes conditions requises pour que soit ordonné un homme marié, il y a la continence perpétuelle
Mgr Johan Bonny, évêque d’Anvers (Belgique), a récemment annoncé son intention d’ordonner prêtres des hommes mariés d’ici 2028. Selon lui, « la question n’est plus de savoir si l’Église peut ordonner prêtres des hommes mariés, mais quand elle va le faire et comment », le consensus sur le sujet étant « quasi-total » depuis des années. Dans un entretien du Herder Korrespondenz d’octobre 2026, il s’est dit confiant de voir son projet être approuvé d’ici la fin du synode sur la synodalité (automne 2028). Il a averti qu’en cas contraire, « un coup fatal » serait porté « à la crédibilité et à la mise en œuvre » de celui-ci. Sachant que le droit canon de l’Église latine empêche les hommes mariés de recevoir les ordres (canon 1042), sauf pour le diaconat permanent, il place sa confiance dans Léon XIV, qu’il décrit « comme un bon père », à qui il entend faire valoir que des prêtres mariés existent déjà dans les Églises catholiques orientales et que, selon lui, personne ne peut plus expliquer pourquoi cela serait impossible pour des vocations « natives » en Occident.
Eh bien — et comme je l’ai déjà expliqué —, je vais dire pourquoi.
Tout d’abord, je rappelle qu’il y a dix ans j’avais déjà porté plainte contre Mgr Bonny devant le Préfet de la Congrégation pour les Évêques, en raison de sa demande pour que « la relationnalité (sic) de nombreux couples bi- et homosexuels reçoive une reconnaissance formelle de la part de l’Église ». Mon interpellation était restée lettre morte.
Parmi les différentes conditions requises pour que soit ordonné un homme marié, il en est une qui est également laissée pour compte : il s’agit de la continence perpétuelle. Il m’est arrivé de demander tant à un évêque qu’à un ordinant de m’expliquer pourquoi l’un demandait à l’autre de faire cette promesse, et ni l’un ni l’autre n’ont jamais été capables de donner la raison de cette demande … Comme si l’Eglise demandait une chose absurde, reliquat des âges obscurs. Or, la seule explication possible qu’un homme marié puisse devenir prêtre alors qu’un prêtre ne peut pas se marier, et qu’il soit encore demandé à l’ordinand marié de ne pas se remarier s’il devient veuf, est que la procréation étant une des fins essentielles du mariage, celui-ci serait invalide pour eux du fait que l’ordination voue à la continence perpéturelle l’ordinand, comme expression de la communion totale au sacrifice unique et parfait offert sur l’autel. Pour plus d’informations, j’invite à lire l’article que j’ai écrit sur cette question, qui révèle la perte du sens de la Tradition, et partant celle de la nature du sacerdoce.
Reste que les nominations faites par Léon XIV de personnalités demandant tant
– la reconnaissance officielle par l’Eglise des paires homosexuelles (José Antonio Satué, nommé évêque de Málaga (Espagne) le 27 juin 2025 ; Thomas Hennen, nommé évêque de Baker (Oregon, États-Unis) le 10 juillet 2025 ; James Checchio, nommé archevêque coadjuteur de La Nouvelle-Orléans le 24 septembre 2025 ; Christian Würtz, nommé évêque d’Eichstätt (Allemagne) en juillet 2026 ; Ramón Bejarano, nommé évêque de Monterey (Californie) le 17 décembre 2025 ; Carlo Roberto Maria Redaelli, nommé secrétaire du Dicastère pour le Clergé en janvier 2026 …) ;
– l’ordination sacerdotale des hommes mariés (Josef Grünwidl, nommé archevêque de Vienne en octobre 2025) ;
– que celle des femmes (encore Josef Grünwidl ; Beat Grögli, confirmé évêque de Saint-Gall (Suisse) en mai 2025 ; Shane Mackinlay, nommé archevêque de Brisbane (Australie) en juin 2025 ; Sœur Mary Teresa Barron, nommée secrétaire adjointe du Dicastère pour l’Évangélisation et présidente des Œuvres pontificales missionnaires en octobre 2026 …),
laissent craindre que finissent de se perdre Tradition et vocations.
Accord entre les Etats-Unis et la Russie sur le diesel: manoeuvre électorale ou changement stratégique ?
Extrait d’une analyse de Conflits :
Le 9 octobre, à moins d’un mois des élections de mi-mandat, Donald Trump a annoncé le retour du diesel russe sur le marché américain et mondial. Moscou fournirait plus de 300 000 tonnes immédiatement, 500 000 tonnes en novembre, un million de tonnes dans une troisième étape, puis jusqu’à trois millions de tonnes supplémentaires selon l’état de ses raffineries. L’enveloppe totale pourrait ainsi atteindre 4,8 millions de tonnes. […] Après quatre années de sanctions destinées à réduire les revenus pétroliers de Moscou, les États-Unis ouvrent eux-mêmes une brèche dans le dispositif occidental. […]
Depuis le début de l’année, la politique étrangère de Washington suit deux lignes contraires. D’un côté, les États-Unis renforcent les sanctions contre les producteurs russes, la flotte fantôme et les pays acheteurs. De l’autre, l’administration Trump s’affiche comme négociatrice et cherche directement des accords avec Moscou, quitte à accorder des dérogations lorsque la sécurité énergétique américaine l’exige. Ainsi, en mai, le Trésor prolongeait une exemption sur le pétrole russe transporté par mer. Le 18 septembre, Donald Trump promulguait au contraire une loi permettant d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % aux principaux pays qui continueraient d’acheter des hydrocarbures russes.
Mais la crise du Moyen-Orient a rendu le blocus des hydrocarbures russes difficile à tenir. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz, en mer Rouge et au Bab el-Mandeb ont désorganisé les routes pétrolières et renchéri le fret comme l’assurance. […]
Les États-Unis disposant de peu de flexibilité productive, leurs raffineries tournant déjà à haut régime et les stocks de diesel étant faibles, Washington a obtenu du G7 la libération de réserves stratégiques, élargi l’accès au diesel détaxé normalement réservé aux usages agricoles et envisagé de mobiliser le Defense Production Act pour accroître les capacités de raffinage. Ces mesures ne peuvent soulager le marché qu’à très court terme. Cela n’a pas suffi pour endiguer les prix du diesel, quelques mois avant les élections de mi-mandat. […]
Au cours des huit premiers mois de l’année, les drones ukrainiens ont frappé en moyenne une raffinerie tous les trois jours. À la fin août, cinq seulement des trente-deux grandes raffineries du pays avaient échappé aux attaques. En juin, le débit de raffinage est tombé à 3,8 millions de barils par jour, son niveau le plus bas depuis plus de vingt ans et près de 30 % sous celui de juin 2025. La production de diesel avait reculé dans des proportions comparables.
Les exportations ont suivi la même pente. En juin, la Russie a vendu moins d’un million de tonnes de diesel à l’étranger. Moscou a alors privilégié son marché intérieur, où la baisse de production commençait à tendre l’approvisionnement des transports et de l’industrie. Le Kremlin a même interdit les exportations de diesel le 8 juillet, avant de prolonger cette mesure jusqu’à la fin octobre afin de conserver davantage de carburant sur le marché russe.
Le gouvernement russe doit ainsi arbitrer entre trois usages d’une production réduite : alimenter son marché intérieur, honorer ses nouveaux engagements d’exportation de diesel et vendre davantage de brut lorsque ses raffineries ne peuvent le transformer.
L’accord annoncé par Donald Trump oblige donc Moscou à rouvrir progressivement ce débouché extérieur. Les deux premières tranches totalisent 800 000 tonnes : 300 000 tonnes immédiatement, puis 500 000 tonnes en novembre. La Russie peut encore réunir ces volumes en mobilisant ses stocks, en redirigeant certaines cargaisons initialement destinées à d’autres marchés et en autorisant une reprise limitée des exportations.
La troisième tranche, qui porte le total cumulé à 1,8 million de tonnes, demande déjà un arbitrage plus difficile entre exportations et consommation intérieure. Les trois millions de tonnes restantes sont conditionnées à l’état des raffineries russes. Elles supposent la réparation d’unités endommagées et une réduction des arrêts. Le passage de 1,8 à 4,8 millions de tonnes concentre donc l’essentiel de l’incertitude de l’accord. […]
Trois trajectoires pourraient se dessiner. La première resterait celle d’un effet d’annonce : Moscou livrerait quelques centaines de milliers de tonnes à partir de stocks ou de cargaisons déjà disponibles, les prix se détendraient avant les élections américaines, puis Washington retrouverait son mouvement de balancier entre sanctions et dérogations. L’accord aurait alors surtout servi à agir sur les anticipations du prix du diesel à court terme.
La deuxième verrait s’installer des échanges réguliers de diesel, mais dans des volumes limités par les capacités actuelles de raffinage russes. Moscou pourrait exécuter les premières tranches, jusqu’à 1,8 million de tonnes, en combinant stocks, reprise partielle des exportations et redirection de cargaisons. Le corridor existerait alors sans véritablement infléchir le cours mondial du diesel : les volumes resteraient trop faibles face aux tensions qui affectent simultanément la Russie, le Moyen-Orient et les grandes routes maritimes.
Le troisième scénario demanderait un changement plus profond. Pour atteindre 4,8 millions de tonnes, la Russie devrait remettre en service plusieurs raffineries, maintenir ses ports et ses chaînes logistiques opérationnels et préserver son marché intérieur. Washington devrait parallèlement obtenir de Kyiv une réduction durable des frappes contre les raffineries, les terminaux et les voies d’exportation russes. L’accord énergétique deviendrait alors un véritable corridor énergétique entre les États-Unis et la Russie, et remettrait en cause la capacité de l’Union européenne à maintenir seule des sanctions contre Moscou.
Suppression des majorations de pension pour les parents de familles nombreuses : le coup de gueule du CEMA
Le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées (CEMA), a dénoncé le projet du gouvernement de supprimer, via le projet de loi de finances de la Sécurité sociale, les majorations de pension pour les parents de familles nombreuses lors d’une intervention en commission à l’Assemblée nationale. Cette mesure du projet de budget 2027 va se traduire pour beaucoup par une amputation de 10, voire 20 % de la retraite.
Ce nouveau mode de calcul, s’il est voté par le Parlement, pénaliserait les militaires d’active, notamment les officiers et les sous-officiers parents de famille nombreuse. Nombreux sont ceux qui envisagent, d’ores et déjà, de quitter l’armée par anticipation. Déjà que l’Armée a des difficultés à recruter et fidéliser…
La réponse du @CEMA_FR https://t.co/cVi9ynDhmz
— Jean-Louis Thiériot (@JL_Thieriot) October 9, 2026
Le gouvernement s’attaque à une seule catégorie de futurs retraités aisés, ceux qui ont eu des familles nombreuses ! Et les autres, les célibataires qui ont pu mener leurs petites carrières plus facilement avec une grosse retraite à la clef, sans nuits d’insomnie à cause des bébés, sans avoir financé un grand logement, une voiture six places, des études et des chambres d’étudiants ? Lecornu a renoncé à une réforme générale des retraites en échange de la non-censure du PS, et le voilà maintenant en train de faire les poches des parents de familles nombreuses.
Voilà encore une mesure pour décourager la natalité, alors que la démographie est un élément de la puissance de la France.
Jean-Louis Thiériot, député et vice-président de cette Commission, a déclaré :
on parle de réarmement démographique et on supprime la majoration de pension de 10% pour les parents de 3 enfants et plus (+5% par enfant supplémentaire) pour la remplacer, dès juillet 2027, par une allocation forfaitaire. C’est une aberration.
❌ #PLFSS : on parle de réarmement démographique et on supprime la majoration de pension de 10% pour les parents de 3 enfants et plus (+5% par enfant supplémentaire) pour la remplacer, dès juillet 2027, par une allocation forfaitaire. C’est une aberration.
❌ Pour nos armées, dont le premier défi est de fidéliser leurs experts, les conséquences seront lourdes. Près de 15000 militaires sont concernés : 7,5 % des sous-officiers et 15,5 % des officiers. Selon le grade, la perte peut aller de plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’€ de pension. Le risque, ce sont des départs anticipés.
✅ J’ai déposé des amendements de suppression en commission. Aucune étude d’impact ne chiffre les économies attendues. On ne peut pas vouloir encourager la natalité et pénaliser les familles nombreuses. J’espère que le bon sens l’emportera.— Jean-Louis Thiériot (@JL_Thieriot) October 8, 2026
Master-Class Science et éthique : questionner les pratiques pour agir avec prudence et discernement
Comme l’a rappelé le Pape Léon XIV lors de son voyage en France, ce qui est « légal n’est pas nécessairement moral ». Les dérives actuelles risquant « de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives favorisant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l’achat d’organes ou l’offre d’une mort programmée », le « discernement éthique » est plus que jamais nécessaire pour garder le cap et continuer à exercer une médecine hippocratique responsable.
Afin que la science reste au service de l’humain, la Chaire de Bioéthique Internationale Jérôme Lejeune souhaite apporter son expertise aux soignants en leur proposant différentes formations, comme la Master-Class « Science et Ethique Jérôme Lejeune ». Depuis 2017, plus de 950 étudiants ont été formés : un franc succès qui montre l’importance de cette formation d’expertise. Margaux, étudiante en médecine, a suivi la Master-Class. Elle témoigne ci-dessous de son expérience et de l’importance de cet enseignement.
Il est encore temps de s’inscrire pour cette année, n’hésitez pas à nous adresser rapidement votre candidature si vous êtes intéressés vous aussi !
Quel est votre parcours ? Pourquoi avoir choisi de suivre la Master-Class ?
Je suis étudiante en médecine. J’étais en 6e année lorsque j’ai suivi la Master-Class. J’ai choisi de la suivre pour avoir des cours d’éthique, ce qui manque cruellement dans notre cursus universitaire. J’ai aussi voulu écouter des arguments « moins entendus aujourd’hui » sur différents sujets qui nous touchent directement en tant que professionnel de santé, comme le début de la vie, la recherche médicale, la PMA, ou la fin de la vie.
Qu’est-ce que la Master-Class vous a apporté ? Que retenez-vous de cette année ?
La Master Class m’a apporté beaucoup de connaissances. Elle m’a permis d’étayer les choses par des faits, des données, des arguments. Elle m’a aussi conduit à me poser beaucoup de questions sur ce qu’est l’éthique, mais aussi sur mes valeurs et mes souhaits pour pratiquer mon métier. Je retiens d’ailleurs l’importance du questionnement sur des actes qui peuvent nous etre présentés comme « révolutionnaires » ou « évidents » lors de nos cours ou de nos stages, mais aussi dans la société actuelle ou les médias.
A-t- elle changé votre regard sur certaines pratiques professionnelles ? Vous a-t-elle aidé ou permis de prendre du recul dans des situations complexes ?
Cette formation m’a permis d’ouvrir les yeux sur certaines pratiques et de mieux les comprendre. Elle a notamment changé mon regard sur la procréation médicalement assistée. Elle m’a aussi permis de voir sous un nouvel angle des situations auxquelles j’avais été confrontée au cours de mes stages, mais face auxquelles je ne m’étais pas toujours posées les bonnes questions.
Qu’est-ce qui vous a paru le plus intéressant dans cette formation ? Quels sont ses atouts ?
Je dirai que l’un des atouts majeurs de cette formation est la diversité des sujets (début de la vie, genre, transhumanisme, fin de vie, cellules souches, recherche sur l’embryon, don d’organes, CRISPR,..), mais aussi d’intervenants. Les professeurs sont issus de différents métiers (juristes, philosophes, chercheurs, professeurs hospitaliers, …) , ce qui permet d’avoir différents angles sur les sujets abordés, mais aussi de découvrir l’apport de certaines disciplines comme l’anthropologie ou la philosophie.
Pourquoi vous semble-t-il important que les soignants se forment en bioéthique ?
Pour les soignants, se former en bioéthique me semble fondamental car nous sommes régulièrement confrontés à des situations complexes et à des choix éthiques très concrets, dont les conséquences sont souvent plus importantes que dans beaucoup d’autres métiers. Agir avec prudence et discernement, en sachant prendre du recul, est capital. Pourtant, nos études ne nous forment pas à discerner. Sans formation se poser les bonnes questions et imaginer une réponse est très compliqué. Ce n’est pas dans l’urgence, le stress et les injonctions contradictoires que nous pourons prendre les « bonnes » décisions si nous n’avons pas pris le temps de la réflexion en amont.
Etes-vous optimiste pour l’avenir de la médecine hippocratique ?
Je suis optimiste car je crois en l’homme. Les soignants choisissent souvent leur métier pour prendre soin d’autrui. Je suis en revanche moins optimiste sur les prochaines législations qui poseront surement de nouveaux problèmes éthiques. Nous l’avons d’ailleurs malheureusement vu cet été avec la légalisation de l’euthanasie.
Avez-vous un conseil à donner aux étudiants en santé ou futurs étudiants ?
Je leur dirai de ne pas oublier de toujours se poser des questions et de savoir s’interroger sur les pratiques comme sur les protocoles, même si les choses nous paraissent acceptées depuis longtemps.
Informations pratiques :
Pour qui ? médecins et étudiants en médecine (dès la 1ère année), infirmières, sages-femmes, chercheurs, biologistes.
Quelques places sont aussi réservées aux juristes et philosophes ayant une expérience dans le domaine de la santé (Bac+3 minimum).
Où ? sur place (Paris 15e), ou en e-learning et en différé
Quand ? de mi-octobre 2026 à mai 2027, les mardis soirs (20 h–22 h) et 2 samedis par semestre (9 h–19 h)
Tarifs : Pour les étudiants : 220 € ; Pour les professionnels : 300 €
Pour plus de renseignements et s’inscrire : https://chairebioethiquelejeune.org/master-class/
Un programme fanatiquement pro-avortement si les démocrates gagnent les élections de mi-mandat
Le Comité national pour le droit à la vie a fait état d’une note d’un groupe de travail sur le coût de la vie dans le secteur de la santé des démocrates de la Chambre des représentants, dirigé par la représentante Alexandria Ocasio-Cortez de New York, adressée au chef de la minorité à la Chambre, Hakeem Jeffries, décrivant un programme de gouvernance proposé pour les cent premières heures, les cent premiers jours et la première année du prochain Congrès.
La période de 100 heures prévue comprend une série de projets de loi visant à « rétablir la liberté de reproduction à l’échelle nationale », à
« rétablir un droit fédéral à l’avortement et à mettre fin aux restrictions qui empêchent les personnes couvertes par les programmes de santé fédéraux de bénéficier d’une couverture pour l’avortement ».
Plus précisément, les démocrates souhaitent la loi sur la protection de la santé des femmes, une proposition présentée sans succès à plusieurs reprises au fil des ans, qui irait bien au-delà du rétablissement de l’arrêt Roe v. Wade.
Elle établit un droit statutaire fédéral à pratiquer et à obtenir des avortements, y compris après la viabilité fœtale (sous le prétexte de la « santé »), et interdit spécifiquement aux États de soumettre l’avortement à des exigences d’échographie (même si celles-ci sont courantes pour déterminer l’âge fœtal), à des périodes d’attente obligatoires, à des exigences de consentement éclairé et à d’autres réglementations en matière de santé et de sécurité telles que les privilèges d’admission.
Elle protège également les avortements dits « par webcam » (c’est-à-dire la distribution de pilules abortives sans consultation médicale en personne), interdit d’interdire les avortements en fonction de la race, du sexe ou du handicap du bébé, et interdit d’interdire certaines techniques telles que les procédures de dilatation et d’évacuation (D&E), mieux connues sous le nom d’avortements « par démembrement » car elles consistent littéralement à démembrer les fœtus dans l’utérus, puis à les retirer de l’utérus membre par membre.
Le groupe réclame également la loi EACH (Equal Access to Abortion Coverage in Health Insurance), un autre sujet de prédilection récurrent du lobby pro-avortement, visant à consacrer le financement de l’avortement par les contribuables.
Le texte stipule que les gouvernements fédéral, étatiques et locaux « ne doivent ni interdire, ni restreindre, ni entraver de quelque manière que ce soit la prise en charge des soins liés à l’avortement par les régimes d’assurance maladie privés », et exprime « l’avis du Congrès » selon lequel « les restrictions à la prise en charge des soins liés à l’avortement sur le marché de l’assurance privée doivent cesser ».
En outre, le groupe de travail appelle à une loi fédérale sur le droit à la contraception, qui « créerait un droit fédéral d’obtenir et de fournir des contraceptifs, et donnerait au ministère de la Justice, aux prestataires et aux patients le pouvoir d’intenter une action en justice ».
Selon les projections actuelles de RaceToTheWH, les démocrates ont 87 % de chances de reprendre le contrôle de la Chambre des représentants (234 sièges contre 201 pour les républicains) et 72 % de chances de reprendre le contrôle du Sénat (52 sièges pour les démocrates contre 47 pour les républicains), soit huit voix de moins que les 60 nécessaires aux démocrates pour que leurs projets de loi puissent être adoptés malgré l’obstruction parlementaire. Dans les deux chambres, une supermajorité serait également requise pour passer outre un éventuel veto de Trump.
LFI : 3 élections municipales annulées
La France Insoumise voit un troisième mandat municipal remis en cause. Le mois de septembre dernier a été fatal aux maires de Vaulx-en-Velin, Abdelkader Lahmar et de Vénissieux, Idir Boumertit. C’est cette fois l’écharpe du maire de Saint-Fons, Hadi Mebarki, qui est remise en cause.
Le tribunal administratif de Lyon a annoncé l’annulation des élections sur la commune du sud lyonnais en raison d’irrégularités.
L’ex-maire LFI avait conquis le siège au deuxième tour pour 116 voix, mais sa victoire pourrait être remise en cause par la faute du maire sortant, Christian Duchêne, qui avait omis de mentionner la nationalité portugaise de l’une de ses colistières. Une omission censée entraîner la nullité des bulletins de vote. Or, sur les 901 bulletins de vote recueillis par Christian Duchêne, 709 avaient été déclarés nuls, 192 d’entre eux ayant été « comptabilisés malgré cette irrégularité ».
LVCV – La peine de mort : justice, autorité et miséricorde
Le Salon Beige s’interrogeait très justement, dans son article du 11 octobre 2026, sur le point de savoir si la peine de mort est « vraiment inadmissible. » Une question aussi grave ne se résout ni par une émotion, même légitime, ni par la citation isolée d’un verset. Elle demande une réflexion ordonnée : que dit l’Écriture ? Quelle autorité Dieu confie-t-Il aux magistrats ? Comment tenir ensemble la justice, la protection des innocents et l’espérance offerte au pécheur ?
Il convient d’abord de distinguer deux réalités trop souvent confondues. D’un côté se trouvent le meurtre, la violence privée et la vengeance personnelle, que l’Écriture condamne. De l’autre, l’exercice de la justice publique par une autorité légitime, après un examen équitable des faits. Cette distinction ne justifie ni l’arbitraire ni la cruauté. Elle oblige, au contraire, à examiner avec gravité les fondements, les limites et les conséquences d’une peine irréversible.
L’Ancien Testament et Genèse 9
Dans la loi donnée à Israël, la peine capitale apparaît parmi les sanctions judiciaires. Le commandement « Tu ne tueras point » ne peut donc être compris comme une interdiction absolue de toute mise à mort, puisque le même ensemble législatif prévoit des peines capitales. Il condamne l’homicide et la violence criminelle ; il ne confond pas le meurtre avec l’exercice d’un jugement civil.
Mais le fondement biblique de la peine capitale ne se trouve pas seulement dans la loi mosaïque. Après le déluge, Dieu déclare à Noé :
« Celui qui verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ; car Dieu a fait l’homme à son image » (Genèse 9.6).
Cette parole est antérieure à la formation d’Israël et au don de la loi au Sinaï. Le contexte présente Dieu s’adressant à Noé, à ses fils et à leurs descendants, et établissant une alliance qui concerne les générations à venir (Genèse 9.8-17). Dans l’interprétation classique, le principe énoncé ici ne relève donc pas seulement du régime civil propre à Israël : il s’enracine dans la dignité de l’homme créé à l’image de Dieu et dans la responsabilité humaine devant le meurtre.
Cette conclusion doit cependant être formulée avec précision. Genèse 9.6 affirme, selon cette lecture, le principe d’une sanction judiciaire du meurtre ; le verset ne détaille ni les institutions chargées de juger, ni les procédures, ni les garanties contre l’erreur. Il ne donne surtout aucun mandat à la vengeance privée. Le passage précise que Dieu Lui-même demande compte du sang versé (Genèse 9.5) : toute responsabilité humaine s’exerce donc sous Son autorité. Le rôle du magistrat et les conditions d’un jugement juste doivent être examinés à la lumière de l’ensemble de l’Écriture.
On objecte que la loi mosaïque appartient à l’ancienne alliance et que ses dispositions civiles ne s’appliquent pas directement à l’Église ni aux nations d’aujourd’hui. L’objection est juste quant au régime propre à Israël ; elle ne suffit pas à écarter le principe énoncé en Genèse 9.6, qui lui est antérieur. La question devient alors celle-ci : le Nouveau Testament maintient-il, limite-t-il ou abolit-il la responsabilité judiciaire évoquée dans ce passage ?
Les récits de Caïn et de David ne suffisent pas à établir une abolition. Caïn n’est pas exécuté ; Dieu le protège même contre la vengeance de quiconque le rencontrerait. Mais aucune société judiciaire comparable à un État constitué n’existait alors, et le récit condamne d’abord la violence de celui qui se fait justicier. Quant à David, son repentir reçoit le pardon de Dieu ; toutefois, roi, il n’était pas soumis à un tribunal humain supérieur capable de le condamner. Ces épisodes manifestent la patience divine et la possibilité du pardon ; ils ne constituent pas nécessairement une règle abolissant la justice publique.
De même, les appels prophétiques à la repentance – Dieu ne prend pas plaisir à la mort du méchant, mais l’appelle à se détourner de sa voie (Ézéchiel 18.23 ; 33.11) – proclament la miséricorde de Dieu et l’urgence de la conversion. Ils traitent d’abord de la relation du pécheur avec Dieu ; il serait imprudent d’en faire, sans autre examen, des dispositions de procédure pénale.
Le Nouveau Testament et l’autorité
Le Nouveau Testament ne propose pas un traité systématique sur la peine capitale. Il serait donc imprudent de lui attribuer une formulation explicite qu’il ne donne pas. Plusieurs passages établissent néanmoins une distinction importante entre la conduite personnelle du disciple et la fonction de l’autorité civile.
Dans Romains 12, Paul interdit au croyant de rendre le mal pour le mal et lui commande de ne pas se venger lui-même :
« À Moi la vengeance, à Moi la rétribution, dit le Seigneur » (Romains 12.19).
Le chapitre suivant traite de l’autorité. Le magistrat y est appelé « serviteur de Dieu » pour le bien ; il « ne porte pas l’épée en vain » (Romains 13.1-4). Ce texte ne détaille pas toutes les peines que l’autorité pourrait appliquer. Il distingue toutefois le particulier, qui doit renoncer à la vengeance, du magistrat, qui porte une responsabilité publique sous l’autorité de Dieu.
La parole du Seigneur Jésus à la femme accusée d’adultère : « Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus » (Jean 8.11), manifeste la miséricorde et l’appel à une vie nouvelle. Elle ne transforme pas Jésus en tribunal civil et ne constitue pas, à elle seule, une réforme générale du droit pénal. Le récit invite à la prudence envers les accusateurs hypocrites et à la compassion envers la pécheresse ; il ne permet pas de conclure que toute peine publique est contraire à l’Évangile.
Lorsque Jésus prie pour Ses bourreaux, Il dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23.34). Il manifeste l’amour envers les ennemis et la grâce offerte aux pécheurs ; Il ne nie pas pour autant la culpabilité humaine. De même, Jésus réprimande Pierre lorsque celui-ci emploie l’épée pour Le défendre (Matthieu 26.52). Pierre agit de sa propre initiative ; il n’exerce pas une charge judiciaire. Cet épisode condamne le recours privé à la violence, sans établir à lui seul l’abolition de toute sanction publique.
Paul déclare enfin devant le gouverneur : « Si j’ai commis quelque injustice ou quelque crime digne de mort, je ne refuse pas de mourir » (Actes 25.11). Cette déclaration n’est pas une approbation de tous les systèmes judiciaires ni de toute condamnation prononcée au nom de la loi. Elle montre néanmoins que l’apôtre ne considère pas l’expression « crime digne de mort » comme impensable en elle-même.
Justice et responsabilité
L’argument chrétien ne peut s’arrêter à la possibilité abstraite d’un pouvoir pénal. Toute autorité humaine est faillible, et une erreur judiciaire suivie d’une exécution ne peut être réparée dans cette vie. Si une société envisage une peine aussi irréversible, les exigences doivent être particulièrement strictes : preuves solides, procédure impartiale, défense effective, examen indépendant et absence de pression politique ou de passion populaire. Là où ces garanties font défaut, la prudence commande de ne pas appliquer une peine irréparable.
Il faut distinguer la dignité de la personne et la gravité de ses actes. Le coupable ne cesse pas d’être un être humain créé à l’image de Dieu. La justice n’autorise ni la torture, ni l’humiliation, ni le spectacle de la souffrance. Même lorsqu’un crime appelle une peine sévère, le condamné demeure notre prochain et doit être traité avec vérité, retenue et compassion. Le ministère pastoral auprès de lui ne consiste ni à excuser le crime ni à mépriser la justice : il annonce le pardon de Dieu, appelle à la repentance et accompagne l’âme avec espérance.
La possibilité du repentir doit également être considérée avec sérieux. Nul ne peut mesurer à la place de Dieu l’œuvre de la grâce dans un cœur. La perspective d’un jugement peut réveiller une conscience ; mais la peine capitale interrompt aussi la vie du condamné et ferme le temps de sa conduite terrestre. Nous devons donc nous garder de parler à la légère de son salut ou de prétendre connaître son destin éternel. « Le Seigneur connaît ceux qui Lui appartiennent » (2 Timothée 2.19). La justice humaine juge des actes selon les preuves ; Dieu seul sonde parfaitement les cœurs.
La dissuasion ne saurait être invoquée comme une certitude universelle. Les contextes diffèrent, et une politique pénale ne se justifie pas par des slogans. La sanction doit être évaluée selon la justice, la protection du prochain et la responsabilité morale de l’État. L’emprisonnement peut protéger la société ; il doit toutefois être exercé avec justice, sans devenir une vengeance déguisée ni une négation de la dignité humaine.
Une conclusion sans triomphalisme
Dans une lecture classique de l’Écriture, il est possible de soutenir que l’autorité civile peut être chargée de punir le meurtre le plus grave et que le Nouveau Testament n’abolit pas explicitement toute peine capitale. Mais cette conclusion ne donne à aucun gouvernement un blanc-seing : l’autorité est limitée, faillible et responsable devant Dieu.
Le chrétien peut ainsi reconnaître la légitimité de principe d’une peine tout en jugeant son application imprudente ou injuste dans une situation donnée. Il ne doit ni idéaliser l’exécution ni minimiser la gravité du meurtre. Il lui faut tenir ensemble la sainteté de la vie, la responsabilité du magistrat, la protection des innocents, la possibilité de la repentance et la miséricorde de Dieu.
Que nos sociétés recherchent d’abord la prévention du crime, la vérité judiciaire et la protection des victimes.
Que les juges exercent leur charge sans partialité, les gouvernants sans calcul et les croyants sans esprit de vengeance.
« Puisse l’Église, fidèle à l’Évangile, appeler sans cesse le coupable à regarder vers le Dieu juste et miséricordieux, qui ne se réjouit pas de la mort du pécheur, mais qui pardonne ! »
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France Télévisions et Radio France censurent Charles Alloncle
Le député signale que le service public boycotte tout entretien :
Il y a une semaine paraissait mon livre, « Je jure de dire toute la vérité » aujourd’hui numéro 2 des ventes. Vous êtes déjà des milliers à l’avoir lu. C’est, pour moi, la plus belle des récompenses.
Pourtant, malgré plusieurs sollicitations et relances, France Télévisions et Radio France refusent de m’accorder le moindre temps de parole pour en parler. Ces médias sont pourtant financés par tous les Français et soumis, à ce titre, à un impératif de pluralisme.
Alors, pourquoi ce boycott ? Parce qu’ils ne veulent pas que vous sachiez comment votre argent est dépensé : des karaokés à 250 millions €, des indemnités de départ de plus de 500 000 €, des milliards d’euros de contrats conclus en dehors des règles applicables aux marchés publics, des copinages et conflits d’intérêts à répétition entre directeurs et producteurs, des nuits dans des palaces à 1 700 euros…
lIs ne veulent pas non plus que vous mesuriez l’ampleur de leurs mensonges proférés lors de cette enquête : communiqués de presse trompeurs, parjures multiples lors des auditions, fausses informations diffusées pour me discréditer, attaques mensongères contre ma famille…
Ils veulent encore moins que vous découvriez les pressions exercées pour me faire taire : les documents retenus, les intimidations judiciaires, les rendez-vous clandestins, les filatures dans Paris, les ingérences jusqu’au sommet d’institutions de la République pourtant tenues à la plus stricte indépendance.
Pendant six mois, j’ai découvert un système puissant prêt à tout pour se défendre dès lors que ses intérêts sont menacés. C’est cette société de connivence, ses méthodes, ses dérives et ceux qui en profitent que je dévoile dans ce livre. France Télévisions et Radio France pourront continuer à boycotter ce livre. Mais ils ne pourront ni vous empêcher de le lire, ni étouffer la vérité.
Affaire Bardella : le RN n’a pas su répondre à l’attaque par l’attaque, sur l’utilisation de conversations privées ou pour contester les dispositions Perben et Belloubet
Dans Valeurs Actuelles, Guillaume Bernard revient sur l’affaire Bardella, lancée par Mediapart :
[…] L’actuel président du RN a refusé d’assumer quoi que ce soit, ce que d’aucuns ont jugé être une défense maladroite ouvrant la porte à la possible surenchère de ses accusateurs. N’aurait-il pas pu invoquer l’excuse de la jeunesse (influençable et insuffisamment formée) ? N’aurait-il pas dû invoquer le temps rédempteur ? Un homme change, il mûrit. Comme l’a fait remarquer le journaliste Dominique Jamet, à l’âge de Bardella au moment des écrits incriminés, Mitterrand était royaliste, Jospin trotskyste, Chirac communiste, BHL maoïste… Or, tous ont évolué. À leur instar, Jordan Bardella semble avoir publiquement fait bien des efforts pour se détacher de ses possibles errances juvéniles.
La logique sous-jacente de la vindicte mise en œuvre par Mediapart est très significative. Pour une part importante de cette mouvance, ni l’oubli ni le pardon ne sont envisageables. L’homme accusé d’être d’extrême droite est, selon la formule consacrée, essentialisé : il est comme frappé d’un péché originel dont rien ne peut jamais le délier. La faute (supposée ou réelle) étant implicitement sous-entendue imprescriptible, elle sert à disqualifier définitivement une personne quelle que soit sa conduite postérieure et, à travers elle, tout un camp politique.
Une défense juridiquement insuffisante
Il n’en demeure pas moins que la défense de Bardella est souvent considérée insuffisante dans la mesure où elle se contente de nier la véracité des faits mais en ne contestant pas l’incrimination de conversations privées. Il ne semble pas être venu à l’esprit des caciques du RN de répondre que des propos qui ne sont pas publics ne sauraient, en aucune manière, être des infractions punissables. Ils n’ont pas su répondre à l’attaque par l’attaque en déplaçant le curseur et en réorientant le débat.
Ils n’ont pas voulu profiter de la polémique pour contester, comme l’a suggéré l’énarque Jean-Yves Le Gallou, les dispositions Perben (2005) et Belloubet (2018) qui ont instauré une forme de délit d’opinion privée (cf. les contraventions de provocation, de diffamation et d’injure non publiques à caractère raciste des articles R. 624-3, R. 624-4 et R. 625-7 du Code pénal). Or, c’eut pu être une démarche de salubrité que de dénoncer l’effacement totalitaire de la distinction du public et du privé. Car quelle pourrait être la prochaine évolution pénale ? L’incrimination de la pensée elle-même, rendant impossible la recherche scientifique qui pose nécessairement des hypothèses quitte à les invalider par la suite ? […]
« Mon impôt, mon choix » : pour construire, ou pour détruire ?
La fin de l’année est une période privilégiée pour les dons. La fiscalité française reste très favorable. Les œuvres catholiques en bénéficient beaucoup. Mais notre effort est-il vraiment à la hauteur des enjeux ? Choisissons-nous de financer ce qui construit (écoles, abbés, blogs !, etc.) ou ce qui détruit (avortement, immigration islamique, etc.) ?
Rappel de ce qui peut (devrait ?) être fait, avec l’impôt sur le revenu (IR), l’impôt sur les sociétés (IS), l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), la taxe d’apprentissage (TA), et le legs avec charge.
IMPOT SUR LE REVENU (IR) : UN TRESOR ENCORE SOUS-EXPLOITE
L’IR représente en moyenne environ 1000 euros par personne. Certes, c’est très inégal, selon les personnes. Mais une paroisse de 1000 personnes (enfants compris) représente donc environ 1 million d’euros d’IR.
RAPPEL DES REGLES FISCALES
Une association (d’intérêt général) donne un reçu fiscal, déduisant 34% du don, si je paie l’IR. Ainsi, pour un don de 1000 euros, je « perds » 340 euros (les 34%), l’Etat « perd » 660 euros, et l’association « gagne » 1000 euros.
Je peux demander à faire baisser mon « prélèvement à la source » : cela simplifiera ma trésorerie.
Enfin, ma « capacité de dons » ne dépend pas des « crédits d’impôt » : ceux-ci seront versés dans tous les cas, même si mon IR est annulé par mes dons. Une simulation sur le site des impôts vous le montrera.
LE FREIN : JE PERDS LES 34 %
Le problème est qu’il faut « perdre » 34%.
C’est un gros effort. Mais il faut en voir les conséquences, en raisonnant en tant que « communauté ». Prenons l’exemple d’une école avec un budget de 100 000 euros par an : sans aide via l’IR, « la communauté » perd 100 000 euros ; avec une aide maximale, elle perd 34 000 euros (via des dons IR), et l’Etat donne 66 000 euros. Cela change tout !
Réfléchissons à cela, dans la durée. Un jeune pro est imposable ? L’école se fortifie, pour ses futurs enfants. Un retraité est imposable ? L’école peut être utile à ses petits-enfants. Ou bien nous viendrons tondre sa pelouse, en remerciement. Les « riches » sont imposables ? euh… peut-être pourront-ils payer les 34% ? ! … Cherchons des équilibres pour aider ceux qui assument ces 34 %.
Tout cela évite que nos familles s’épuisent financièrement avec les scolarités. Et, si cela leur permet une marge, elles pourront aider à leur tour, notamment votre blog préféré !
IMPOT SUR LES SOCIETES (IS) : REDUCTION D’IMPOT DE 60 %
Pour l’IS, le mécanisme est exactement le même, mais avec une réduction d’IS de 60 % au lieu des 66 % pour l’IR.
IMPOT SUR LA FORTUNE IMMOBILIERE (IFI) : REDUCTION DE 75 %
Pour l’IFI, cela concerne moins de monde. Mais la réduction est importante : 75 %.
En revanche, il faut passer par une Fondation d’Utilité Publique, par exemple la Fondation pour l’Ecole (ou ses Fondations abritées), ou bien par la Fondation KAIROS.
TAXE D’APPRENTISSAGE :
La taxe peut être dirigée intégralement, sans frais pour l’entreprise. Nous indiquons 3 destinations (il y en a sans doute d’autres) : la Fondation pour l’Ecole (partie ILFM), le lycée Philbert Vrau à Montierchaume et le Lycée des Métiers d’Art Fra Angelico à Couloutre (proches FSSPX). D’autres, que vous mettrez en commentaires ?
LEGS AVEC CHARGE
Cela concerne les personnes sans héritier direct.
Si je décide de ne rien faire de particulier, 60 % de mon Patrimoine ira à l’État.
Avec un legs avec charge, mes héritiers indirects sont préservés (ils ont toujours les 40 %, et même finalement un peu plus). Concernant le reliquat de 60 %, une bonne moitié peut aller vers une œuvre, et l’État prend le reste.
Par exemple, si je préfère que le fruit du travail de toute ma vie n’aille pas alimenter avortement et islamisation…
Nous suggérons 2 belles œuvres intéressantes à aider : pour les proches Ecclesia Dei, le magnifique projet de développement de l’école Carlo Acutis à Tours (https://www.couventroyaldesminimes.fr/ ) ; pour les proches FSSPX, la magnifique initiative Ecole-Hameau à Bourrou (https://foyernddespauvres.org/ ).
Nous portons tous la responsabilité de la destination de ces impôts.
Nous nous plaignons que l’État en fait un mauvais usage ? Souvent, c’est notre passivité qui lui en donnent les moyens…
Enfin, les Francs-Maçons viennent de désigner leur prochaine cible, après l’euthanasie : les écoles cathos et surtout leur financement. Tant que c’est légal, tirons profit des règles fiscales actuelles, au maximum.
Ils veulent détruire ? Construisons !
Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent [email protected]
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Stanislas Berton publie le Tome V de ses Essais
Après le succès des précédents volumes, Stanislas Berton a publié ce 21 septembre le Volume V de ses Essais.
Dans les textes qui composent ce recueil, Stanislas Berton nous donne les outils pour comprendre les guerres de Cinquième Génération, penser le monde d’après et déjouer les pièges du combat spirituel.
Un livre essentiel pour comprendre les vrais enjeux économiques, politiques et spirituels d’un monde en pleine mutation.
Les lecteurs du Salon Beige apprécieront particulièrement une réflexion sur la place d’une France catholique dans le monde d’après la chute du mondialisme ainsi que les liens constamment rappelés entre la perte de la foi et l’effondrement de notre pays. Notons également qu’un chapitre entier intitulé « la gnose contre la foi » propose une réfutation magistrale de la gnose, sous toute ses formes, en s’appuyant sur les travaux de Jean Vaquié et d’Étienne Couvert.
Comme pour tous les volumes de la série des Essais, cet ouvrage propose plusieurs traductions inédites d’auteurs anglo-saxons, notamment un texte exceptionnel du grand penseur catholique américain EM Jones sur le catholicisme identitaire.
Il était invité dans une émission Ligne Droite:
https://www.youtube.com/watch?v=VCXttV2W_hc&feature=youtu.be
Note : les volumes de la série « L’Homme et la Cité » sont indépendants et peuvent être lus dans n’importe quel ordre.
Le livre peut être commandé en ligne ou dans toutes les bonnes librairies.
Pour acheter en ligne:
https://www.amazon.fr/Essais-LHomme-Cité-Stanislas-Berton/dp/2958490688/
https://direct-livres.fr/boutique/autres-themes/sciences-humaines/essais-lhomme-et-la-cite-volume-v/
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Recherche comparative approfondie concernant les violences sexuelles sur mineurs
Ce tableau présente des estimations chiffrées des violences sexuelles alléguées sur des mineurs en France, pour des faits commis entre le 1er janvier 2022 et le 11 octobre 2026, réparties en quatre cadres : cercle familial, organisations non catholiques, organisations catholiques et autres. Il a été produit par une intelligence artificielle (Claude) à partir de sources publiques citées sous le tableau, en suivant la consigne reproduite intégralement plus bas. Vous pouvez la copier-coller dans l’IA de votre choix pour comparer : les résultats différeront, car les sources retenues et les hypothèses de calcul ne sont pas les mêmes. Ce ne sont pas des statistiques officielles : seules les données de départ sont observées, le reste est modélisé, et seuls les faits déjà signalés sont comptés. Ces chiffres donnent des ordres de grandeur. Ils ne mesurent pas le niveau de danger de chaque cadre, car la part de faits révélés varie fortement de l’un à l’autre.
PROMPT :
Recherche comparative approfondie : violences sexuelles sur mineurs dans le cercle familial, les organisations non catholiques, les organisations catholiques et autres cadres en France
1. Objectif général et date de référence
Effectue une recherche approfondie sur le Web, arrêtée à la date exacte du jour de la recherche, afin de produire les seize meilleures estimations numériques possibles du nombre de violences sexuelles commises sur des mineurs de moins de 18 ans en France entre le 1er janvier 2022 et cette date incluse, et alléguées (signalées, déclarées ou portées à la connaissance d’une autorité, d’un organisme ou d’une institution) pendant cette même période, dans quatre catégories : Cercle familial, Organisations non catholiques, Organisations catholiques et Autres.
Le résultat final doit impérativement contenir seize valeurs numériques centrales (quatre pour chaque catégorie), accompagnées de leurs pourcentages respectifs par rapport au total de chaque ligne. Aucune cellule du tableau comparatif final ne doit contenir « inconnu », « non disponible », « impossible à déterminer », « non estimable », un tiret ou une cellule vide.
Cette obligation porte sur la production d’estimations, et non sur la présentation de chiffres inventés comme des statistiques observées.
Si aucune donnée directe ne permet d’établir un chiffre, applique successivement les méthodes de remplacement définies dans ce prompt jusqu’à obtenir une estimation numérique centrale, une fourchette basse-haute et une explication vérifiable de la méthode utilisée.
Ne prétends jamais qu’une estimation exploratoire constitue un chiffre officiel ou une mesure certaine de la réalité.
2. Période et définition des faits
Un fait n’est retenu que s’il remplit deux conditions cumulatives :
(a) il a été commis à partir du 1er janvier 2022 et au plus tard à la date exacte de la recherche incluse, sur une personne âgée de moins de 18 ans au moment des faits ;
(b) il a été allégué (signalement, plainte, déclaration, révélation consignée par une autorité, un organisme, une association ou une institution) au plus tard à la date exacte de la recherche incluse.
Compter uniquement les faits allégués de violences sexuelles, agressions sexuelles ou viols répondant à ces deux conditions.
Inclure les faits révélés immédiatement ou plusieurs années après leur commission, à condition que le fait ait été commis à partir du 1er janvier 2022 et que la révélation soit intervenue au plus tard à la date de la recherche.
Exclure les faits commis avant le 1er janvier 2022, même s’ils ont été révélés, signalés, jugés ou sanctionnés pendant la période étudiée.
Exclure les faits commis à partir du 1er janvier 2022 mais non alléguées à la date de la recherche. Ne pas estimer ni inclure par extrapolation les faits ou les enfants victimes non révélés (« chiffre noir »).
Exclure les faits commis sur des personnes déjà majeures au moment des faits.
Pour les condamnations, retenir les personnes condamnées à la date de la recherche pour des faits effectivement commis pendant la période étudiée. La date de condamnation peut être postérieure à la date des faits.
Distinguer les faits allégués des faits judiciairement établis. Une allégation, un signalement ou une plainte ne constitue pas en soi une preuve de culpabilité.
Les enquêtes de victimisation rétrospectives (adultes interrogés sur des violences subies dans l’enfance) portent sur des faits majoritairement antérieurs à 2022. Elles ne doivent pas être utilisées pour compter les faits, les enfants, les auteurs ou les situations de la période. Elles peuvent seulement fournir, lorsque c’est justifié, des coefficients (proportions par cadre, taux de révélation, rapports entre faits, victimes et auteurs), sans transformer une incidence ou une prévalence antérieure à 2022 en comptage de la période.
3. Périmètres intrafamiliaux, institutionnalisés et autres
Les définitions de la section 2 s’appliquent à chacun des périmètres suivants.
A. Cercle familial
Inclure :
Le foyer familial principal ou secondaire.
Le cadre intrafamilial élargi (parents, beaux-parents, fratrie, ascendants, collatéraux, famille d’accueil ou cadre domestique direct).
Les violences incestueuses et agressions sexuelles commises par un membre de la famille ou une personne ayant une autorité de droit ou de fait au sein du cercle familial.
B. Organisations non catholiques
Inclure :
Les établissements scolaires publics.
Les activités périscolaires publiques.
Les associations sportives, culturelles et de loisirs.
Les mouvements de jeunesse laïcs ou non catholiques.
Les établissements et organismes privés non catholiques, y compris confessionnels d’autres religions.
Les autres structures organisées d’accueil, d’éducation, d’encadrement ou d’accompagnement de mineurs ne relevant pas d’organisations catholiques.
C. Organisations catholiques
Inclure :
Les établissements scolaires catholiques.
Les mouvements de jeunesse catholiques.
Les institutions catholiques.
Les aumôneries et structures d’encadrement de mineurs relevant d’organisations catholiques.
Les autres structures organisées d’accueil, d’éducation, d’encadrement ou d’accompagnement de mineurs relevant d’organisations catholiques.
D. Autres
Inclure :
Tout fait ne relevant pas des trois catégories précédentes.
Les violences sexuelles commises par des inconnus ou des tiers sans lien institutionnel ou familial (espace public, voie publique, transports, cyberespace/en ligne sans lien institutionnel, etc.).
Ne pas classer automatiquement une personne ou une structure dans une catégorie sur la seule base de son identité personnelle, de ses convictions ou de son appartenance supposée. Le lien institutionnel, familial ou externe doit être documenté ou explicitement traité comme une hypothèse.
Ne pas compter deux fois une même situation parce qu’elle a été prise en charge par plusieurs organismes ou relevée dans plusieurs cadres.
4. Les quatre indicateurs obligatoires
Pour chacun des quatre périmètres, produire une estimation pour les quatre indicateurs suivants :
Indicateur 1 : Enfants mineurs touchés
Nombre estimé d’enfants distincts ayant subi au moins un fait allégué commis pendant la période étudiée dans le périmètre considéré.
Un enfant ayant subi plusieurs faits, dans une même structure/famille ou dans plusieurs cadres, ne doit être compté qu’une seule fois dans la mesure où les recoupements peuvent être identifiés.
Indicateur 2 : Auteurs présumés
Nombre estimé de personnes distinctes soupçonnées d’avoir commis au moins un fait correspondant aux critères de période, d’âge et de périmètre.
Ne pas confondre le nombre de personnes soupçonnées, le nombre de plaintes, le nombre de faits et le nombre de mises en cause.
Les personnes condamnées peuvent également figurer dans cet indicateur si elles répondent aux critères.
Indicateur 3 : Affaires en cours
Nombre estimé de situations distinctes encore prises en charge à la date de la recherche par au moins une autorité compétente : procédure judiciaire, enquête administrative, signalement traité, enquête interne ou autre procédure documentée.
Une situation ne doit être comptée qu’une seule fois, même si elle relève simultanément de plusieurs dispositifs.
Ne pas additionner sans correction les plaintes, enquêtes, signalements et procédures comme s’ils représentaient nécessairement des affaires différentes.
Préciser le sens donné à « en cours » et distinguer, dans la mesure du possible, les procédures encore actives des signalements clôturés.
Indicateur 4 : Condamnations
Nombre estimé de personnes distinctes condamnées à la date de la recherche pour des faits commis pendant la période étudiée et relevant du périmètre considéré.
Compter les personnes et non les décisions, les chefs d’accusation ou les victimes.
Une condamnation portant exclusivement sur des faits antérieurs au 1er janvier 2022 ne doit pas être incluse.
Si une décision porte sur plusieurs périodes, inclure uniquement les personnes pour lesquelles des faits commis pendant la période étudiée sont établis, lorsque les données permettent de l’identifier.
5. Recherche obligatoire des données directes
Rechercher d’abord les données publiques les plus récentes auprès des sources suivantes :
Ministère de l’Intérieur, police nationale, gendarmerie et Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).
Ministère de la Justice et statistiques judiciaires.
Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE).
Ministère de l’Éducation nationale.
Ministère des Sports et dispositifs de signalement des violences sportives.
Services de protection de l’enfance, 119 (Enfance en danger) et CRIP.
Administrations territoriales et organismes publics concernés.
Rapports parlementaires et commissions d’enquête.
Publications scientifiques et études de victimisation (ex. INSERM, INED).
Organismes de contrôle et autorités indépendantes.
Conférence des évêques de France, diocèses, institutions catholiques et organismes de réparation.
Associations de victimes, associations de protection de l’enfance et organisations professionnelles.
Presse nationale et régionale, lorsque les informations sont vérifiables et renvoient à des sources identifiables.
Privilégier les sources primaires, les bases statistiques officielles, les rapports méthodologiques et les documents dont les données peuvent être vérifiées.
Pour chaque chiffre trouvé, vérifier :
La date de publication.
La période réelle des faits (date de commission, et non date de l’enregistrement ou de la décision).
La date de l’allégation.
L’âge des victimes.
La définition des violences.
Le périmètre (familial, non catholique, catholique ou autres).
La nature exacte du décompte.
L’existence possible de doublons.
La distinction entre faits allégués, personnes mises en cause et condamnations.
Ne jamais présenter un total historique comme un total correspondant à la période 2022-date de recherche.
Ne jamais assimiler le nombre de victimes enregistrées par la police à l’ensemble des victimes réelles.
Ne jamais présenter une incidence ou une prévalence issue d’une enquête rétrospective comme un chiffre de la période 2022-date de recherche.
Lorsqu’une source enregistre des faits à leur date de plainte ou de signalement, estimer la part des faits effectivement commis à partir du 1er janvier 2022 (les plaintes tardives portent souvent sur des faits anciens) et appliquer cette part de manière explicite.
6. Protocole obligatoire d’estimation lorsque les données directes sont insuffisantes
Pour chacun des seize indicateurs, suivre les étapes suivantes dans l’ordre :
Étape 1 : Chiffre directement observé
Si une source fournit un chiffre correspondant exactement aux critères, retenir ce chiffre comme donnée observée.
Si plusieurs sources fiables fournissent des chiffres différents, expliquer leur différence et déterminer si elles mesurent des populations ou des phénomènes distincts.
Étape 2 : Estimation à partir de données partielles
Si aucune donnée exacte n’existe, utiliser les chiffres partiels disponibles : signalements, enquêtes, personnes mises en cause, victimes enregistrées, affaires judiciaires, condamnations ou données propres à certaines catégories de structures ou au cadre intrafamilial/externe.
Préciser les parties couvertes et non couvertes.
Ne pas considérer automatiquement le chiffre partiel comme un minimum certain : cette qualification doit être justifiée par la définition et la fiabilité de la source.
Étape 3 : Estimation indirecte
Si les données partielles ne couvrent pas l’ensemble du périmètre, rechercher des coefficients documentés permettant une extrapolation.
Exemples de paramètres utilisables, sous réserve de justification :
Part, parmi les faits commis à partir de 2022 et alléguées à la date de recherche, de ceux enregistrés par chaque canal (police, justice, 119, institutions), afin d’assurer la couverture et d’éviter les doublons.
Part des faits enregistrés dont la date de commission est postérieure au 1er janvier 2022.
Proportion de victimes déclarant des faits commis dans un cadre familial, institutionnel ou externe.
Proportion de victimes ou de personnes mises en cause relevant d’une catégorie de cadre.
Taille de la population de mineurs exposés.
Proportions de faits signalés, transmis à la justice, poursuivis ou ayant donné lieu à condamnation.
Rapports entre signalements et situations distinctes, lorsque ces rapports sont documentés.
Les coefficients issus d’enquêtes de victimisation rétrospectives ne servent qu’à répartir ou à rapprocher des données de la période, jamais à estimer des faits non alléguées.
Ne pas appliquer mécaniquement un taux national sans vérifier sa pertinence et expliquer les différences de définition, de population, de période et de contexte.
Ne pas utiliser un même taux pour les différentes catégories sans justification empirique.
Étape 4 : Estimation exploratoire chiffrée
Si aucune estimation suffisamment documentée n’est possible avec les étapes précédentes, construire un modèle exploratoire.
Le modèle doit reposer sur :
Les données publiques les plus proches du phénomène étudié.
Un ou plusieurs paramètres documentés.
Une ou plusieurs hypothèses explicitement identifiées.
Une formule de calcul complète.
Un scénario bas, un scénario central et un scénario haut.
Si un paramètre indispensable n’est disponible dans aucune source, ne pas inventer une prétendue statistique. Utiliser une hypothèse de modélisation explicitement présentée comme telle, en justifiant sa valeur par une plage plausible, des données de référence ou plusieurs scénarios de sensibilité.
Si plusieurs hypothèses sont possibles, calculer leurs conséquences sur le résultat.
Le scénario central doit correspondre à l’hypothèse que les éléments disponibles rendent la plus plausible, et non automatiquement à la moyenne arithmétique des scénarios extrêmes.
Étape 5 : Valeur centrale obligatoire
À l’issue de ces étapes, retenir une valeur centrale numérique pour chaque indicateur et chaque périmètre.
Ne jamais abandonner une ligne au seul motif que les statistiques exactes n’existent pas.
Si les informations disponibles ne permettent pas de privilégier sérieusement une hypothèse, choisir un scénario central conventionnel clairement identifié comme exploratoire et expliquer pourquoi il est retenu. Ne pas lui attribuer artificiellement un niveau de confiance élevé.
Une valeur exploratoire ne doit jamais être décrite comme un fait constaté, une statistique officielle ou une estimation scientifiquement validée si ce n’est pas le cas.
7. Règles de calcul et de transparence
Pour chaque estimation, présenter obligatoirement :
La valeur centrale retenue.
La fourchette basse-haute.
Le statut de la donnée : observée, estimée à partir de données partielles, estimée indirectement ou exploratoire.
Les sources et leurs liens vérifiables.
Les valeurs numériques utilisées.
La population de référence et la période couverte.
La formule complète, avec les valeurs numériques substituées.
Les hypothèses ajoutées et la justification de chacune.
Les ajustements effectués pour respecter la période (date de commission et date d’allégation) et le périmètre.
Les risques de sous-estimation, de surestimation et de double comptage.
Le degré de confiance : élevé, moyen ou faible, avec justification.
Si une formule ne peut pas être calculée directement faute de données, expliquer précisément le paramètre manquant et le remplacer, si nécessaire, par une hypothèse exploratoire explicitement signalée.
Ne pas produire de formules symboliques sans valeurs numériques. Donner un exemple de calcul chiffré correspondant effectivement à la valeur retenue.
Ne pas confondre :
Une borne basse documentée.
Une estimation centrale.
Une borne haute exploratoire.
Un nombre observé dans une base administrative.
Les résultats doivent être arrondis à une précision cohérente avec la qualité des données. Ne pas donner une précision à l’unité lorsque les hypothèses ne permettent qu’un ordre de grandeur. Les valeurs finales doivent néanmoins être des nombres entiers.
8. Règles particulières pour chaque indicateur
Enfants mineurs touchés
Compter uniquement les enfants pour lesquels au moins un fait commis à partir du 1er janvier 2022 a été allégué au plus tard à la date de la recherche. Ne pas inclure les enfants victimes non révélés à cette date.
Ne pas assimiler automatiquement le nombre de faits au nombre de victimes.
Lorsque seule une estimation du nombre de faits est disponible, rechercher un rapport documenté entre faits et victimes. À défaut, utiliser des hypothèses distinctes dans les scénarios bas, central et haut.
Si les données sont issues d’une enquête de victimisation, vérifier que le cadre (familial, institutionnel ou externe), la période des faits et l’âge correspondent suffisamment à la présente recherche. Une enquête rétrospective portant sur des faits majoritairement antérieurs à 2022 ne peut pas servir de comptage direct.
Auteurs présumés
Ne pas assimiler le nombre de victimes au nombre d’auteurs.
Si les données ne portent que sur des victimes ou des faits, rechercher un rapport documenté entre victimes et auteurs distincts. Si ce rapport n’existe pas, établir des scénarios exploratoires explicites et éviter de présenter une hypothèse de multiplicité des victimes par auteur comme une donnée observée.
Affaires en cours
Ne pas assimiler l’ensemble des faits commis pendant la période à des affaires encore actives à la date de recherche.
Estimer séparément, lorsque nécessaire, la proportion des situations ayant donné lieu à un signalement ou une procédure et la proportion encore active à la date de référence.
Utiliser des durées de traitement ou des taux de clôture uniquement si une source permet de les documenter. À défaut, présenter plusieurs hypothèses explicites.
Ne retenir que les situations portant sur des faits commis à partir du 1er janvier 2022 : un stock de procédures en cours mêle généralement des faits récents et anciens, et la part de faits antérieurs à 2022 doit être estimée et retirée.
Condamnations
Ne pas appliquer directement un taux de condamnation aux victimes ou aux faits sans établir ce que mesure le taux utilisé.
Privilégier les statistiques judiciaires concernant les infractions sexuelles sur mineurs et les délais entre les faits, les poursuites et les condamnations.
Lorsque les données ne permettent pas d’isoler les condamnations pour des faits commis entre 2022 et la date de recherche, construire une estimation exploratoire à partir des données judiciaires les plus proches et expliciter les hypothèses de calendrier et de sélection des affaires.
Ne jamais inclure automatiquement toutes les condamnations prononcées depuis 2022, car certaines peuvent porter sur des faits antérieurs à cette période.
9. Prévention des doubles comptes
Distinguer systématiquement :
Les faits allégués.
Les victimes distinctes.
Les auteurs présumés distincts.
Les plaintes et signalements.
Les affaires ou situations suivies.
Les enquêtes administratives, sociales et internes.
Les personnes condamnées.
Une même victime, un même auteur ou une même situation ne doit pas être compté plusieurs fois au sein de son indicateur ou entre plusieurs périmètres.
Lorsque plusieurs sources peuvent décrire les mêmes personnes ou les mêmes affaires, rechercher les possibilités de recoupement.
Si les données ne permettent pas de corriger les doublons, présenter une hypothèse de duplication dans la fourchette d’incertitude et expliquer son effet sur la valeur centrale.
Ne jamais appliquer une correction de doublons arbitraire sans l’identifier comme hypothèse.
10. Comparabilité entre les quatre périmètres
Appliquer au cercle familial, aux organisations non catholiques, aux organisations catholiques et à la catégorie Autres les mêmes exigences de recherche, de définition, de calcul et de transparence.
Lorsque les données directes sont inégales, utiliser des méthodes adaptées à chaque périmètre, tout en signalant les conséquences sur la comparabilité.
Ne pas attribuer arbitrairement à l’un des groupes une fraction du total national des violences sexuelles sans justification empirique.
Ne pas interpréter une différence de signalements comme une différence équivalente de prévalence réelle sans examiner la fréquentation/exposition, les pratiques de signalement, la détection, le tabou intrafamilial/institutionnel, les définitions statistiques et la couverture des données.
Ne pas conclure que les groupes sont équivalents parce que leurs données sont insuffisantes. Ne pas conclure que l’un est plus dangereux sur la seule base d’un nombre brut de signalements.
Si une estimation est beaucoup plus incertaine dans un groupe que dans les autres, le préciser explicitement.
11. Présentation obligatoire des résultats
Rédiger le rapport en français, à la date exacte de la recherche.
Commencer directement par la section « Cercle familial », traiter la section « Organisations non catholiques », la section « Organisations catholiques », puis la section « Autres ».
Pour chacun des quatre périmètres, présenter exactement les quatre indicateurs demandés.
Pour chaque indicateur, utiliser le format suivant :
Nom de l’indicateur : valeur centrale ; fourchette basse-haute ; statut de la donnée ; degré de confiance.
Développer immédiatement sous chaque indicateur :
La méthode retenue.
Les sources utilisées.
Les valeurs de départ.
La formule de calcul complète.
Les hypothèses éventuelles.
Les limites et les risques de biais.
Ne pas développer de considérations générales sur les violences sexuelles qui ne contribuent pas directement à la production ou à l’interprétation des chiffres.
12. Tableau comparatif final obligatoire
Terminer le rapport par un tableau intitulé :
Comparaison des violences sexuelles alléguées sur mineurs dans le cercle familial, les organisations non catholiques, les organisations catholiques et autres cadres en France
Le tableau doit comporter exactement quatre lignes de données (les quatre indicateurs) et six colonnes.
Indicateur | Cercle familial | Organisations non catholiques | Organisations catholiques | Autres | Total (100%)
Enfants mineurs touchés | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Somme des valeurs centrales (100%)
Auteurs présumés | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Somme des valeurs centrales (100%)
Affaires en cours | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Somme des valeurs centrales (100%)
Condamnations | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Valeur centrale (% du total) | Somme des valeurs centrales (100%)
Dans les colonnes de résultats :
Inscrire pour chaque cellule la valeur centrale numérique entière retenue suivie immédiatement entre parenthèses du pourcentage qu’elle représente par rapport à la valeur de la colonne « Total (100%) » de la même ligne (ex. : 860 000 (88,2%)).
Aucune cellule ne doit contenir :
« Inconnu ».
« Non disponible ».
« Impossible à déterminer ».
« Non estimable ».
Un tiret.
Une cellule vide.
Un texte explicatif.
Une fourchette.
Une valeur remplacée par zéro faute de données.
Les seize valeurs centrales ainsi que la colonne de total doivent être cohérentes avec les estimations détaillées dans le corps du rapport.
Si une valeur provient d’un modèle exploratoire, elle doit rester présentée comme telle dans la section explicative correspondante. Le tableau final ne doit contenir que le nombre central retenu et son pourcentage entre parenthèses, sans autre commentaire.
13. Contrôle final avant publication
Avant de terminer, vérifier systématiquement que :
Les seize indicateurs disposent chacun d’une valeur centrale numérique entière.
Chaque valeur est accompagnée d’une fourchette basse-haute dans le corps du rapport.
Chaque valeur possède un statut explicite et un degré de confiance.
Chaque estimation indirecte ou exploratoire comporte une formule chiffrée et des hypothèses explicites.
Aucun chiffre historique n’est présenté comme correspondant automatiquement à la période 2022-date de recherche.
Chaque valeur ne compte que des faits commis à partir du 1er janvier 2022 ET alléguées au plus tard à la date de la recherche, sans estimation de faits non révélés.
Aucune donnée issue d’une enquête de victimisation rétrospective n’est utilisée comme comptage direct de la période.
Aucun nombre de faits, de victimes, d’auteurs, de signalements, d’affaires et de condamnations n’est confondu avec un autre indicateur.
Les limites de comparabilité entre les quatre périmètres sont clairement exposées.
Les sources sont accessibles et les chiffres de départ sont vérifiables.
Les valeurs centrales du tableau final correspondent exactement à celles du corps du rapport.
Chaque cellule des indicateurs comporte bien sa valeur entière ET son pourcentage calculé par rapport à la colonne de Total de la même ligne.
Aucune valeur exploratoire n’est présentée comme une statistique officielle ou une donnée directement observée.
Si une vérification échoue, corriger le rapport avant de le publier.
Instruction finale : produire les seize meilleures estimations numériques possibles à partir des données accessibles, en privilégiant les observations directes, puis les estimations fondées sur des données partielles, les extrapolations documentées et enfin les scénarios exploratoires, en ne comptant que des faits commis à partir du 1er janvier 2022 et alléguées au plus tard à la date de la recherche. Ne jamais arrêter la recherche au seul motif qu’un chiffre exact n’existe pas. Ne jamais inventer une donnée observée. Fournir dans tous les cas les seize valeurs centrales numériques demandées ainsi que le tableau récapitulatif complet avec pourcentages et colonne de Total, avec une transparence complète sur leur niveau réel de fiabilité.

Merci au lecteur du Salon beige qui a réalisé ce travail.
Doctrine de la liberté religieuse : les nouveaux téméraires
Lu dans Perspectives catholiques :
Au lendemain du grand succès médiatique du voyage de Léon XIV en France, on peut s’interroger sur ce qu’il reste de l’argumentation qu’avaient développée les tenants de l’herméneutique de la continuité quant à la juste façon de recevoir la notion de liberté religieuse de Vatican II, principalement Dignitatis humanae. La disputatio étant dans le domaine public au moins depuis 2024 entre le Courrier de Rome et Claves, chacun pourra se faire une idée.
J’ai écouté la plupart des allocutions de Léon XIV : à l’Élysée, à l’UNESCO, à Lourdes, sur la place de la Concorde, à Metz. On pourra me taxer de partialité, et sans doute aura-t-on raison, mais si je devais résumer les choses, il me vient cet extrait de la Marseillaise en tête : «Liberté, liberté chérie, combats avec tes défenseurs…»
Ce qui s’est entendu, de l’Élysée à Metz, c’est la liberté religieuse telle que la reçoivent aujourd’hui la République et le dialogue interreligieux : une liberté de croire ou de ne pas croire, en privé comme en public, dans les limites de la loi, offerte à chacune des «appartenances» sans hiérarchie entre elles.
À l’Élysée, le 25 septembre, le Saint-Père a parlé d’une «juste laïcité» qui «ne consiste pas à exclure la religion de l’espace public», et d’une «véritable laïcité» qui saurait «en tirer parti comme d’une ressource éducative». La formule est habile, et elle n’est pas rien : elle refuse l’expulsion du religieux. Mais elle ne dit pas ce que les herméneuticiens avaient besoin qu’il dît. Elle ne dit pas que les sociétés ont un devoir envers la seule vraie religion. Elle ne dit pas que l’expression publique est un droit de l’Église et une tolérance pour les autres. Elle parle de la religion, au singulier indéterminé, comme d’une ressource parmi d’autres, et juge «urgent» le dialogue entre « personnes de différentes appartenances culturelles et religieuses ». Liberté, égalité, fraternité sont invoquées, avec le souhait que la liberté grandisse dans le souci du bien commun, lequel, ainsi réduit, ne renvoie plus qu’à sa dimension horizontale et matérielle (cf. nos critiques précédentes sur Magnifica Humanitas). On reste dans le lexique de 1789, adouci, non dans celui de Quanta cura.
À Metz, le 28, devant les représentants des diverses traditions, le même lexique s’épanouit. Metz, ville de frontières ; Schuman, «ambassadeur de l’unité dans la diversité» ; le dialogue qui n’amoindrit pas l’identité mais l’ouvre à «la diversité de l’autre» ; et cette citation de Fratelli tutti selon laquelle le dialogue ne se fait pas «par simple diplomatie, amabilité ou tolérance», son but étant l’amitié, la paix, l’harmonie. Le mot tolérance apparaît donc, mais pour être dépassé, non pour être rétabli comme la mesure du faux. Nulle part le devoir des sociétés. Nulle part le droit propre de la vraie religion. Nulle part la clause de Dignitatis humanae sur le devoir moral des hommes et des sociétés envers l’unique Église du Christ, clause sur laquelle toute l’herméneutique de continuité faisait reposer son équilibre. Le Saint-Père cite François, Jean-Paul II, Ricœur. Il ne cite pas Léon XIII.
On me dira que ce sont des discours de circonstance, diplomatiques, et qu’on ne demande pas à un pape, reçu à l’Élysée, de faire un cours de théologie politique. L’objection vaudrait si les mêmes silences ne se répétaient pas d’une estrade à l’autre, et si le voyage tout entier n’avait pas été reçu, y compris par ceux qui l’accompagnaient, comme un appel à la liberté sans bride. Le cardinal Bustillo en a donné la lecture la plus simple : liberté et espérance. Non pas la liberté de l’Église, la liberté tout court, la liberté des libéraux. Quand le magistère vivant commente le Concile, ce n’est pas dans les notes de Sedes Sapientiae qu’il le fait, c’est à voix haute, devant Macron, devant l’UNESCO, devant les autres cultes. Et cette voix haute ne ratifie aucune des distinctions sur lesquelles les herméneuticiens avaient bâti la licéité de Dignitatis humanae.
C’est ici que l’argument se retourne. Depuis des années, on explique que le Concile ne se lit pas selon la lettre qui scandalise, mais selon l’intention que le magistère postérieur en dégage ; que prétendre fixer soi-même le sens d’un texte conciliaire contre la manière dont les papes le reçoivent, c’est déjà la marque d’un esprit téméraire. Soit. Mais alors la règle vaut pour tout le monde. Les herméneuticiens ont longtemps soutenu que Dignitatis humanae était faible, équivoque, dangereuse, mais non erronée en son affirmation centrale, pourvu qu’on la reçoive avec les distinctions traditionnelles : immunité de contrainte, ordre public juste, devoir subsistant des sociétés, tolérance et non droit du faux. Ces distinctions ne sont pas dans la bouche de Léon XIV. Elles n’y sont même pas à l’état de sous-entendu. Elles sont contredites par le genre même du discours, qui met les confessions côte à côte et fait de la liberté religieuse le bien commun de leur rencontre.
Dès lors, on peut se demander où sont les téméraires. Certains prêtres, religieux et instituts — avec qui nous n’avons pourtant aucun motif sérieux de querelle — se sont drapés dans la vertu de fidélité inconditionnelle et non circonstanciée au Saint-Siège, faiseurs de leçons et distributeurs de bons points au moment des derniers sacres de la FSSPX : devront-ils manger encore leur chapeau ? À ce rythme, les barrettes vont rétrécir : il n’en restera un jour plus que le pompon de docteur en théologie.
Le Parti socialiste, cette peau de chagrin
En 2011, la primaire socialiste mobilisait 2 661 231 électeurs.
En 2017, la primaire socialiste réunissait 1 655 919 votants, soit un million de moins.
Hier, la primaire socialiste devait mobiliser 140 282 électeurs, soit plus d’un million et demi de moins. Seuls 120 587 personnes ont voté. Raphaël Glucksmann a obtenu 79 613 voix (66,17 %). Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a obtenu 14,46 % des suffrages (17 398 voix). Avec 9 165 voix, Ségolène Royal arrive troisième (7,62 %), Emmanuel Maurel obtient 5,92 % des suffrages (7 119 votes en sa faveur) et Jérôme Guedj enregistre 5,83 % (7 012 votes).
Que le dernier socialiste n’oublie pas d’éteindre la lumière.
L’art de la prière
Aymeric Pourbaix reçoit :
📌 𝐌𝐠𝐫 𝐄𝐫𝐢𝐤 𝐕𝐀𝐑𝐃𝐄𝐍, évêque de Trondheim en Norvège
📌 𝐗𝐚𝐯𝐢𝐞𝐫 𝐀𝐂𝐂𝐀𝐑𝐓, journaliste à La Vie, écrivain et essayiste
📌 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬-𝐉𝐨𝐬𝐞𝐩𝐡 𝐀𝐌𝐁𝐑𝐎𝐒𝐄𝐋𝐋𝐈, journaliste et auteur
https://www.dailymotion.com/video/xblhhaq
3000 personnes au pèlerinage Noste Fe en Provence
De Mazaugues (au lieu de Cotignac, inaccessible en raison des incendies de l’été) à Saint-Maximin, en passant par la Sainte-Baume, le pèlerinage provençal Nosto Fe tenait sa troisième édition ce WE.
Départ filmé par Boulevard Voltaire :

Samedi, une messe pontificale a été célébrée par le père abbé de Lagarde, Dom Marc, au pied de la sainte Baume.

Dans Valeurs Actuelles, Jean Rivière, ancien officier de Marine, fondateur de Nosto Fe, expliquait qu’il s’agit d’un pèlerinage qui met en valeurs les traditions provençales
Procession d’arrivée, filmée par Boulevard Voltaire :
La peine de mort est-elle vraiment inadmissible ?
Sur le compte X du pape Léon XIV, on peut lire :
La peine de mort est inadmissible car elle porte atteinte à l’inviolabilité et à la dignité de la personne. Il est possible de préserver le bien commun et de répondre aux exigences de la justice sans recourir à la peine capitale : des systèmes de détention efficaces ont été mis en place, qui protègent les citoyens tout en ne privant pas totalement les coupables de la possibilité d’une rédemption.
Au-delà du fait que les systèmes de détention actuels sont de moins en moins efficaces car l’on voit des criminels poursuivre leurs crimes depuis la prison, cet argument contre la peine de mort pose problème, car ce n’est pas un argument lié aux circonstances (avant, faut de moyens adéquats, il était possible d’être pour la peine capitale, aujourd’hui, en raison des moyens modernes, on ne peut plus y être favorable) mais un argument doctrinal, la peine de mort étant « inadmissible car elle porte atteinte à l’inviolabilité et à la dignité de la personne« .
Nous avons déjà évoqué cette contradiction dans l’enseignement pontifical récent, avec l’ouvrage de Matthieu Lavagna, Ce qu’enseigne vraiment l’Église sur la peine de mort.
Dans cette analyse rigoureuse, l’auteur reprend l’ensemble de la Tradition sur cette question : Écriture sainte, Pères de l’Église, théologiens, papes, aucun n’a condamné la peine de mort.
Alors comment concilier l’ancien § 2267 du Catéchisme de l’Eglise catholique (CEC)
« L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiés, le recours à la peine de mort »
avec le nouveau :
2267 Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée a la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.
Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.
C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne » [François, Discours aux Participants à la Rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation, 11 octobre 2017.] et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde.
Le pape François a même ajouté dans ses discours que la peine de mort est en soi un péché, la comparant même à l’euthanasie et à l’avortement, ce qui est encore en contradiction avec ce que déclarait le cardinal Ratzinger, lequel, bien que personnellement défavorable à la peine de mort, rappelait la légitime diversité des opinions des catholiques en matière de peine capitale, soulignant :
Tous les problèmes moraux n’ont pas le même poids que l’avortement ou l’euthanasie. Par exemple, si un catholique venait à être en opposition avec le Saint Père sur la peine capital ou sur une décision de mener une guerre, il ne serait pas, pour cette raison, considéré comme indigne de se présenter à la Sainte Communion. Bien que l’Eglise exhorte les autorités civiles à rechercher la paix et non la guerre et d’user avec discrétion et pitié dans l’application de la peine capitale aux criminels, il reste néanmoins possible de prendre les armes pour repousser un agresseur et d’avoir recours à la peine capitale. Il peut y avoir une légitime diversité d’opinion parmi les catholique sur l’opportunité de mener une guerre ou de recourir à la peine capitale mais pas sur l’avortement et l’euthanasie.
Dans la postface de ce livre, Mgr Christophe J. Kruijen, docteur en théologie dogmatique, ancien collaborateur de la Congrégation pour la doctrine de la foi (2008-2016), fait remarquer que la modification du CEC en 2018 fut décidée par un simple rescrit pontifical, dont on relève le caractère autoréférentiel puisque la seule source citée est un discours du pape François. Alors que le projet de rédaction du CEC fit l’objet d’une vaste consultation de tous les évêques. Mgr Kruijen souligne l’imprécision théologique du terme « inadmissible », le caractère disruptif de ce néo-Magistère pontifical, qui fragilise la crédibilité et la cohérence de tout le Magistère. Ce qui permet de conclure que ce passage du CEC ne fait pas partie du Magistère infaillible.
Matthieu Lavagna répond également à un certain nombre d’objections, notamment croire qu’il serait incohérent d’être hostile à l’avortement et à l’euthanasie tout en étant favorable à la peine de mort, ce qui rejoint l’article récent de Guillaume de Thieulloy ; l’objection selon laquelle seul Dieu est maître de la vie et de la mort ; ou encore celle du père Basile Valuet, moine au Barroux, qui considère qu’il n’y a pas de contradiction entre l’ancienne et la nouvelle rédaction, le pape François enseignant que la peine de mort est inadmissible aujourd’hui, compte tenu des circonstances actuelles, et non qu’elle est immorale en tous temps et en tous lieux. Le père Basile n’a visiblement pas bien lu le pape François, qui a approuvé la déclaration de la Doctrine de la foi dans Dignitas infinita :
la peine de mort, elle aussi, viole la dignité de tout être humain, inaliénable en toutes circonstances.
Il est même hostile à la prison à perpétuité :
La prison à perpétuité est une peine de mort cachée [Fratelli Tutti n°268]
Au regard de l’enseignement historique de l’Eglise, Matthieu Lavagna interroge :
Doit-on vraiment croire que notre Eglise indéfectible a approuvé une sorte de meurtre contraire au 5e commandement pendant presque deux mille ans jusqu’à ce que la lumière de la vérité illumine enfin l’intellect de François pour rectifier l’affaire ? Non, une telle hypothèse n’est pas crédible et remettrait d’ailleurs en cause l’indéfectibilité de l’Eglise dans son enseignement moral.
Le recours à la peine de mort demeure une question d’ordre prudentielle, légitime, à laquelle il est possible pour un chrétien d’être favorable. A titre personnel, je suis défavorable à sa légalisation dans la France d’aujourd’hui, compte tenu des circonstances politiques, ne voulant pas mettre cet outil judiciaire entre les mains d’un ministre mélenchoniste ou de juges gauchistes, parfois plus sévères avec les honnêtes citoyens en situation de légitime défense qu’avec les criminels.
Dans un entretien au Salon beige, Matthieu Lavagna déclarait :
Autrement dit, il est possible, par définition, que le magistère non-infaillible du Pape puisse se tromper ponctuellement sur tel ou tel enseignement, même si cela ne devrait pas arriver habituellement sur une grande quantité de sujets divers. Les théologiens reconnus par l’Eglise pour leur enseignement doctrinal confirment d’ailleurs cette possibilité de refuser de donner son assentiment au magistère non-infaillible pour des raisons grave :
Franciscus Diekamp, grand théologien catholique allemand (1864-1943), professeur de théologie dogmatique à Münster écrivait par exemple dans son manuel de théologie dogmatique : « Ces actes non-infaillibles du magistère du pontife romain n’obligent pas à croire, et ne postulent pas une soumission absolue et définitive. Mais il est du devoir de chacun d’adhérer d’un assentiment religieux et intérieur à de telles décisions, en tant qu’elles constituent des actes du magistère suprême de l’Eglise, et sont fondées sur de solides raisons naturelles et surnaturelles. L’obligation d’y adhérer ne pourrait prendre fin que dans le cas, rarissime, où un homme, apte à juger cette question, après une analyse répétée et très fouillée de tous les arguments, parvient à la conviction qu’une erreur s’est glissée dans la décision » (Diekamp, Theol. dogm. man., vol. I, p. 72)
Ludwig Ott, Théologien catholique allemand, professeur à Eichstätt, auteur du manuel incontournable « Fundamentals of Catholic Dogma » conclut de manière similaire : « En ce qui concerne l’enseignement doctrinal de l’Église, il faut bien noter que toutes les affirmations de l’Autorité enseignante de l’Église sur les questions de foi et de morale ne sont pas infaillibles et, par conséquent, irrévocables. Ne sont infaillibles que celles qui émanent des conciles généraux représentant l’épiscopat tout entier, ainsi que les décisions pontificales ex cathedra… La forme ordinaire et habituelle de l’activité enseignante du pape n’est pas infaillible. En outre, les décisions des congrégations romaines (Saint-Office, Commission biblique) ne sont pas infaillibles. Néanmoins, elles doivent normalement être acceptées avec un assentiment intérieur fondé sur la haute autorité surnaturelle du Saint-Siège… Le silentium obsequiosum, c’est-à-dire le « silence respectueux », ne suffit généralement pas.
Homélie inédite de Benoit XVI prononcée au moment où commençait le Synode de 2015
L’homme image de Dieu. Homme et femme il les créa
Le 4 octobre 2015 – XXVIIe Dimanche du Temps ordinaire, Année B
Lectures : Genèse 2, 18 – 24 ; Psaume 127 (128) ; Hébreux 2, 9 – 11 ; Marc 10, 2 – 16
Chers amis,
En ce jour même où s’ouvre le Synode, la liturgie nous propose cet Évangile dans lequel le Seigneur clarifie la volonté du Créateur pour l’homme, une volonté qui doit à nouveau garder toute sa valeur dans le monde de la Rédemption. Mais je ne voudrais pas parler maintenant des problèmes aujourd’hui tant discutés, mais plutôt du fondement de tout cela, qui apparaît dans la première lecture ainsi que dans l’Évangile : à savoir, de ce qu’est l’homme.
Cette image de la Création, si simple et si profonde, qui apparaît au début du deuxième chapitre de la Genèse, me paraît très belle : le texte y dit que Dieu modela l’homme de la poussière du sol et qu’il lui donna vie par le souffle de son haleine, de sorte qu’il devint un être vivant (cf. Gn 2, 7). Le fait de modeler ainsi à partir de la poussière du sol un corps appelé à devenir homme englobe tout le processus de l’évolution ; il nous fait comprendre comment Dieu, petit à petit – au cours du processus de la vie naissante –, façonne l’homme, forme l’homme, va vers l’homme, pour ensuite, au moment voulu, insuffler un souffle de vie dans ses narines. C’est aussi une image merveilleuse. Au moment voulu, Dieu donne un nouveau souffle de vie, non pas seulement la vie biologique en tant que telle, mais sa propre vie, dans laquelle Lui-même se rend présent, de sorte que cet être nouveau – cet être vivant – porte en lui le souffle de Dieu.
C’est pourquoi l’homme est l’être capable de connaître Dieu. L’avènement de l’homme, la naissance de la créature humaine, est présentée au moment où cet être devient capable de comprendre et de connaître Dieu. Dieu ne propose pas seulement des tâches utiles à accomplir ; avant tout, il donne la vie à sa source, il se donne lui-même. C’est ainsi que la mission de l’homme apparaît dans toute sa splendeur, en tant que la synthèse de la Création, qui récapitule en lui toute l’évolution matérielle, depuis la matière brute jusqu’au sommet de la vie où Dieu rencontre enfin l’homme. L’homme porte en lui ce souffle : il est précisément la synthèse de la Création, et sa mission consiste à porter le monde en lui vers Dieu, vers la résurrection ; à donner, pour ainsi dire, à la matière la réalité de la présence du Créateur, et à l’Esprit toute la réalité de la Création.
Deuxième considération. Dans l’autre texte sur la Création, celui du premier chapitre de la Genèse, Dieu dit : « Faisons l’homme ! » (Gn 1, 26). C’est là un autre détail d’une action qui semble simple. Dieu ne dit pas seulement : « Que l’homme soit », mais il entre en soliloque avec lui-même ; Dieu se parle à lui-même, il veut cette créature comme une créature voulue d’une manière toute particulière, proche de Lui de manière toute particulière, et il la créa – est-il dit – « à son image, à sa ressemblance ». Que signifie « image de Dieu, ressemblance de Dieu » ? C’est une grande question, qui n’a jamais été tirée au clair de manière définitive parce qu’elle est trop riche, trop profonde. Je voudrais seulement souligner ici deux éléments.
Le premier est que l’essence d’une image est de renvoyer vers un autre. L’image n’est pas une réalité autonome ; elle représente déjà une personne, elle tend vers elle et porte en elle la relation à cette personne. Telle est la nature première de l’image : être relation, aller au-delà de soi vers un autre et porter en soi cette dimension relationnelle. Ainsi, pour l’homme, ce qui est essentiel, c’est précisément qu’il ne subsiste pas en lui-même, qu’il n’est pas fermé sur lui-même, mais qu’il est en chemin vers l’autre, relié à l’autre, appelé à chercher l’autre.
Vient ensuite un second élément, qui renforce le premier. Le texte dit : « Il les créa homme et femme ». L’être humain n’existe jamais à l’état d’abstraction ; il est homme et femme, et n’existe donc que dans cette relation mutuelle. Ici encore, il apparaît clairement que l’être humain est créé comme un être de relation, fait l’un pour l’autre, et jamais comme un être isolé.
Les Pères de l’Église, lorsqu’ils parlaient de l’homme comme image de Dieu, avaient en tête ce passage de la Lettre aux Colossiens où le Christ est appelé « l’icône de Dieu » (Col 1, 15) : ainsi, en formant et en modelant l’homme, le Créateur a déjà les yeux posés sur le Christ Jésus. C’est pourquoi l’homme est façonné sur le modèle du futur Jésus-Christ. Or, ce qui constitue l’essence de Jésus-Christ, c’est qu’il est Fils, qu’il ne subsiste pas en lui-même, mais qu’il est en relation permanente avec le Père ; dans le Christ Jésus, l’essentiel est cet élan hors de soi, tout entier tourné vers l’Autre, vers Dieu.
Dès lors, si l’homme est créé selon l’image du Christ, il est créé comme fils et fille, comme un être qui ne vit qu’en sortant de soi vers le Père, dans la condition permanente d’enfant, de fils. C’est pourquoi nous disons que l’homme est créé, à divers égards, comme un être relationnel — à l’image de Dieu lui-même, qui n’est pas une substance figée en soi, mais qui est relation : la réalité suprême elle-même n’existe que comme relation. L’homme, être de relation, est image de Dieu.
Le nom fondamental de l’être est Amour ; l’homme, être de relation, est créé avant tout par amour, créé pour sortir de lui-même. Et l’essence de la sexualité réside précisément dans ce don suprême : sortir l’homme de lui-même, susciter l’attraction vers l’autre, l’ouverture à l’autre, de sorte que l’homme devienne réellement co-créateur avec Dieu. En d’autres termes, l’amour intègre l’homme en lui-même, et la sexualité ne devient pleinement humaine que lorsqu’elle est personnalisée, lorsqu’elle se met au service de l’amour.
Si nous considérons à présent la situation actuelle, nous voyons que cette vision même de l’homme est fondamentalement niée. Observons un fait sociologique : dans une grande ville comme Munich, on estime à environ 40 % le nombre de personnes vivant seules — des « célibataires » —, c’est-à-dire des personnes qui ne se marient pas, qui ont tendance à demeurer centrées sur elles-mêmes et qui finissent ainsi par nier cette vision. Et les théories du « genre » fournissent un fondement à cette négation : l’homme n’est plus homme et femme ; il est ce qu’il décide d’être, l’homme créateur se façonne lui-même ; l’homme n’est plus la créature de Dieu, il est son propre produit, et c’est à lui de décider qui il veut être. L’homme n’est plus ouvert à la relation, il vit pour lui-même, il ne reconnaît ni n’accepte plus aucun lien permanent. Tout engagement irait à l’encontre de sa liberté, et l’amour même finit par être rejeté, parce qu’il constituerait en réalité un lien contraire à sa liberté ; toute décision définitive serait incompatible avec la liberté de l’homme, censée demeurer libre de tout engagement. Dès lors, la sexualité ne sert plus à s’ouvrir à l’autre, mais, dès l’éducation des enfants, elle est conçue comme un moyen de se procurer du plaisir à soi-même ; c’est-à-dire qu’elle n’est plus ouverture, mais repli sur soi, où l’homme ne vit plus que pour lui-même. Mais ce faisant, l’homme nie sa splendeur divine, il nie précisément l’essence de sa condition de créature en s’appuyant sur un concept de liberté faussé : une liberté qui consisterait à pouvoir toujours faire ce que l’on veut, à ne jamais être lié à quiconque ni à quoi que ce soit. Cela donne l’illusion d’être le cri de la véritable divinisation de l’homme, où l’homme se fait lui-même, absolument libre, dans une autonomie permanente.
Sans vouloir entrer dans ce débat pour le moment, il reste une question à laquelle il nous faut répondre. L’Église, avec le célibat, n’a‑t-elle pas créé le « single » ? Or, le célibat, ce n’est précisément pas cela ; il ne signifie pas que l’homme refuse de se donner à ce lien de l’amour. Non ! C’est tout le contraire.
Avant tout, le célibat n’est pas le refus d’un engagement définitif au nom d’une liberté que l’homme voudrait se garder intacte. Le célibat suppose au contraire l’audace, le courage de l’engagement définitif : une fois pour toutes, je prends une décision, je me donne pour toujours au Seigneur et je reste à sa disposition. Je reconnais ma liberté, mais je sais que c’est dans la seule volonté de Dieu que je me réalise pleinement et pour toujours, et que c’est uniquement dans ce lien éternel que je peux vraiment grandir et mûrir.
Deuxièmement, le célibat n’est pas un renoncement à l’amour, il n’est pas un refus des liens ou des relations, bien au contraire : il consiste en la disponibilité pour le Seigneur d’être pour tous et en l’entrée dans cet « être-pour » pour le Seigneur, dans ce fait d’exister non plus pour soi mais pour les autres, pour toujours, dans une disponibilité absolue. C’est ainsi que sont nés ces véritables dons pour le monde : des personnalités telles que Mère Teresa de Calcutta, et bien d’autres au cours des siècles à la suite de saint Paul, qui vivent en se donnant vraiment aux autres. C’est précisément là que trouve son origine tout le travail auprès des pauvres, des personnes marginalisées et délaissées, tout cet engagement dans l’évangélisation, dans le don et l’abandon de soi ; et c’est de là qu’a jailli cet amour véritable, ce don universel, qui donne corps à cette parole du Seigneur : “En vous donnant, vous recevez, non seulement au ciel, mais déjà sur la terre, le centuple” (cf. Mt 19, 27 – 29).
Chers amis, il est très important de prendre conscience que le célibat n’est pas un repli sur soi, mais exactement le contraire : c’est précisément l’engagement définitif par lequel on se remet entre les mains du Seigneur pour devenir vraiment libres, afin qu’Il dispose de nous selon Sa volonté. Regardons l’histoire de l’amour chrétien, l’histoire des missionnaires chrétiens : comment ils ont tout quitté en se donnant aux autres en Afrique, en Amérique, en Australie, en Asie ! C’est ainsi, et ainsi seulement, qu’a pu se tisser cette union d’amour, de foi et de vérité qui, à travers toutes les obscurités du monde, demeure comme une lumière qui nous incite à aller de l’avant.
En cet instant, nous ne pouvons que prier le Seigneur afin qu’Il ouvre les hommes à cette mission de l’amour des uns envers les autres ; qu’Il nous aide à demeurer fermes dans l’abandon à Sa volonté ; qu’Il nous aide à être véritablement amour, à servir, et à recevoir ainsi la vraie vie en nous donnant. « Aide-nous, Seigneur, à vivre en cette heure de l’histoire ! » Amen !
Opération chirurgicale pour le pape
À la fin de l’Angelus de ce jour, le pape a annoncé :
Chers amis, récemment, à l’occasion de certains examens, les médecins ont trouvé un nodule circonscrit au poumon. Il a été détecté à un stade très précoce et est bien localisé. Les médecins estiment qu’il convient d’intervenir et, suivant leurs conseils, j’ai décidé de subir une intervention chirurgicale pour le retirer. Cette intervention est déjà programmée dans les prochains jours. Je vous remercie pour votre soutien spirituel et je m’en remets à vos prières.
Lire Vatican II à la lumière la Tradition
Le 11 octobre, Terres de mission reçoit l’abbé Michel Viot pour évoquer son nouveau livre: « Les trésors de Vatican II » (Téqui), dont l’objectif est de proposer une lecture de Vatican II conforme à la Tradition et favorisant l’unité des « forces vives » dans l’Eglise.
Puis l’abbé Guy Pagès évoque le dialogue interreligieux et ses dangers pour la mission et pour l’unique vraie religion.
Enfin, Guillaume de Thieulloy propose quelques pistes de lecture:
- « Les travers de la zététique » de Matthieu Lavagna (Marie de Nazareth);
- « Dans le sillage de François et Claire d’Assise » de Michel Sauquet (Cerf);
- « Père, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu’ils font » de Geneviève Vignes (Via Romana);
- « Comment survivre au chaos » de Joseph Martineau (Résiac);
- « Saints et saintes. Les cultes supprimés, interdits et confinés » de Sylvain Roussillon (Via Romana).
L’opportunité de donner à Marie le titre de Corédemptrice
De l’abbé Claude Barthe sur Res Novae :
Les éditions Via Romana ont courageusement publié deux ouvrages traitant de la corédemption de la Vierge Marie, alors que l’étrange note doctrinale du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Mater Populi fidelis, publiée le 4 novembre 2025, avait dénié l’opportunité d’appliquer à la Sainte Vierge le titre de corédemptrice de même que celle du titre équivalent de médiatrice de toutes les grâces.
Le premier livre, de Guy Barrey, Marie Corédemptrice, Mère, Médiatrice et Avocate, avec une préface de Mgr Athanasius Schneider, est une entrée en matière précieuse sur ce sujet. Il fait une présentation théologique de ce titre qui exprime le mystère de la participation de la Mère de Dieu, avec et sous son divin Fils, à l’acquisition par la satisfaction de toutes et chacune des grâces de salut concédées aux hommes, par les mérites de congruo (fondés sur la charité) de sa Compassion, lesquels sont, par la volonté de Dieu, indissolublement unis aux mérites de condigno (fondés sur la justice) de la Passion du Christ.
Guy Barrey attire notamment l’attention sur la dévotion aux Cœurs unis de Jésus et de Marie propagée par saint Jean Eudes, et à sa suite par saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qui écrivait : « Le Cœur de cette glorieuse Marie a contribué à l’œuvre de notre rédemption, parce que Jésus […] est le fruit du Cœur de cette bienheureuse Vierge et que ce même Cœur est aussi le sacrificateur qui a offert cette divine hostie, et l’autel sur lequel elle a été offerte » (saint Jean Eudes, Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu).
Le second livre, sous la direction de Karen Darantière, rassemble les actes d’un colloque qui s’est tenu à Paris les 23 et 24 mai 2025 sous le titre : Les splendeurs de Marie corédemptrice[2]. L’ouvrage, qui contient notamment les contributions de Mgr Athanasius Schneider, du P. Manfred Hauke, de la faculté de théologie de Lugano, du P. Serafino Lanzetta, est agrémenté d’une série de photographies de tableaux commentés théologiquement, tel le triptyque du Buisson ardent de Nicolas Froment, ou la Vierge de l’Apocalypse de Miguel Cabrera.
Le P. de Nadaï, op, membre de la Commission léonine, y montre le rattachement du titre de corédemptrice au fait que le Verbe a voulu assujettir son incarnation rédemptrice à la volonté de Marie. Elle a ainsi droit au titre de corédemptrice parce qu’elle a droit d’abord à celui de Mère de Dieu, qui est au reste d’une force bien plus grande.
Roberto De Mattei traite de « la question mariale lors du Concile Vatican II ». Un schéma spécifique De Beata Maria Virgine avait été préparé, dans lequel le titre de médiatrice de toutes les grâces, comme associée au Christ dans leur acquisition, était clairement énoncé. En revanche, celui de corédemptrice avait été omis au motif qu’il pourrait « être mal compris des protestants ». Ajoutons que, tant dans ce schéma préparatoire que dans les autres, aucun canon de définition infaillible n’était prévu.
Malgré sa prudence, le schéma rencontra une forte opposition devant le Concile, car il lui était reproché de faire obstacle à l’œcuménisme vis-à-vis des protestants. Il fut d’abord fondu dans celui sur l’Église, qui deviendra la constitution Lumen gentium. En outre, les Pères progressistes voulaient que l’on en ôtât le titre de Marie médiatrice de toutes les grâces. Selon un processus habituel lors de Vatican II, on trouva un compromis entre l’aile avancée et les évêques conservateurs : le titre fut inséré au milieu d’autres et privé du génitif « de toutes les grâces » : « La bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice » (n. 62).
Roberto De Mattei remarque que, dans ce domaine comme en d’autres, la minorité progressiste l’emporta grâce aux concessions du front conservateur. Les mariologues de celui-ci tenteront ensuite désespérément de se référer à la mention de Lumen gentium, mais c’est bien la « réinterprétation » minimaliste de la mariologie par le Concile, celle de l’abbé René Laurentin, qui l’emporta.
Dans ce colloque, nous étions pour notre part chargé de parler de « la doctrine de la corédemption dans l’école française de spiritualité », qui a mis en valeur le thème équivalent de Virgo Sacerdos, Vierge Prêtre, qui remonte au Pseudo-Épiphane de Salamine (Ve siècle), et qu’on retrouve ensuite de siècle en siècle jusqu’à Ippolito Marracci (1604-1675). Pour l’école française de spiritualité, dont le cardinal de Bérulle fut le premier de cordée, et spécialement pour Jean-Jacques Olier, l’analogie établie entre la « prêtrise » de Marie et celle des prêtres servait à souligner l’éminence mystique du sacerdoce et à encourager le clergé à la sainteté de sa vie. Le formel du sacerdoce de Marie se trouve dans le fait qu’au pied de la Croix, elle coopérait à l’acte principal du sacerdoce de Jésus-Christ, en donnant, comme l’a voulu le plan divin, son consentement au sacrifice. « Son sexe seul la privait de l’usage et de la dignité de ce ministère, qui était réservé pour les hommes » (J.-J. Olier, L’esprit des cérémonies de la messe).
La contribution de l’abbé Le Troadec rappelle les attestations pontificales de ce titre, et notamment celles répétées de Pie XI. « Le Rédempteur se devait, nécessairement, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour cela que nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice » (allocution de 1933). L’association de Marie à la Passion rédemptrice était nécessaire, d’une nécessité de congruence bien sûr.
La préparation de ce colloque eut lieu dans les derniers jours du pontificat du pape François. Au même moment, à Rome, se tint une réunion au Palais du Saint-Office pour traiter de l’inopportunité des titres mariaux de corédemptrice et de médiatrice de toutes les grâces, à laquelle participait le cardinal Prevost, auquel cette question tenait à cœur, réunion qui faisait le point sur les premiers travaux du Dicastère pour la Doctrine de la Foi qui allaient aboutir à la note Mater populi fidelis.
C’est la demande d’un nouveau dogme marial (par exemple par le cardinal Journet, le P. Réginald Garrigou-Lagrange, récemment par le cardinal Vithayathil, le Dr Mark Miravalle, président de Vox Populi Mariæ Mediatrici,) déclarant solennellement Marie corédemptrice et médiatrice de toutes les grâces, qui exaspère et a exaspéré le plus ceux que Roberto De Mattei qualifie de « minimalistes ». Ceux-ci tel le P. Yves Congar, se plaignaient de ce qu’ils considéraient comme une « inflation » des dogmes mariaux à l’époque contemporaine. En fait, la définition solennelle est demandée parce qu’elle rendrait définitive ce qu’enseigne déjà la doctrine pontificale ordinaire (saint Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII).
En outre, il faut convenir que les dogmes mariaux ont eu une grande portée ecclésiale. La proclamation de l’Immaculée Conception en 1854 était en même temps une affirmation de l’infaillibilité personnelle du pape, que le premier concile du Vatican allait définir en 1870. La proclamation de l’Assomption en 1950 (l’année d’Humani generis, l’encyclique de Pie XII sur les erreurs contemporaines) avait une portée antimoderniste considérable en affirmant que l’entrée au ciel de la Sainte Vierge avait eu lieu non seulement avec son âme, mais aussi avec son corps, ce qui touche à la foi en la résurrection des corps. Et aujourd’hui, un dogme marial sur la corédemption et sur la médiation de toutes grâces correspondrait à une remise en selle de l’infaillibilité, écartée depuis Vatican II, avec d’immenses conséquences pour la proclamation et la défense de la foi catholique.
Le manque d’originalité des arguments en faveur de l’athéisme
De Luke Collins dans The Catholic Herald :
Il y a vingt ans ce mois-ci, Richard Dawkins publiait « Pour en finir avec Dieu » , un livre qui a contribué à faire de moi un athée. J’étais alors élève dans une école catholique et, comme beaucoup de jeunes de ma génération, je me suis rapidement tourné vers les débats athées sur YouTube. Partout, des hommes brillants et éloquents expliquaient pourquoi le christianisme était absurde, et les chrétiens eux-mêmes semblaient incapables de leur répondre.
Dawkins n’était pas seul. Avec Christopher Hitchens, Sam Harris et Daniel Dennett, il formait le groupe communément appelé « les Quatre Cavaliers du Nouvel Athéisme ». Ils étaient accompagnés d’une pléiade d’intellectuels, parmi lesquels Stephen Fry était sans doute le plus divertissant. Tous étaient spirituels, sûrs d’eux et souvent méprisants envers la religion, et pour un adolescent qui n’avait jamais entendu de défense sérieuse de la foi, il était difficile de leur résister.
Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est le manque d’originalité de leurs arguments. Qui a créé Dieu ? Pourquoi Dieu permet-il la souffrance ? Comment un Dieu bon peut-il ordonner des choses apparemment terribles dans l’Ancien Testament ? L’évolution ne rend-elle pas un Créateur superflu ? Difficile d’y voir des découvertes révolutionnaires. Les philosophes et théologiens chrétiens se sont penchés sur la plupart de ces questions pendant des siècles, souvent avec une profondeur bien supérieure à celle que Dawkins a su insuffler à son best-seller.
La nouveauté résidait dans le support. YouTube avait été lancé un an seulement avant la parution de « Pour en finir avec Dieu » , et l’Église y était mal préparée. Les travaux universitaires catholiques sérieux n’ont jamais manqué, mais rares étaient ceux qui atteignaient les adolescents en ligne. Les Nouveaux Athées, quant à eux, étaient à l’aise à la télévision et sur les amphithéâtres, ce qui faisait d’eux des intervenants naturels sur YouTube.
Je me souviens avoir suivi les grands débats de l’époque : Dawkins contre le cardinal George Pell à la télévision australienne en 2012, et le débat d’Intelligence Squared en 2009, où Christopher Hitchens et Stephen Fry affrontaient Ann Widdecombe et l’archevêque John Onaiyekan d’Abuja sur la question de savoir si l’Église catholique est une force positive dans le monde. Le débat d’Intelligence Squared était pénible à regarder. Hitchens était au sommet de son art oratoire, Fry était à la fois charmant et indigné, et les catholiques peinaient à convaincre. Au final, le public avait voté massivement contre l’Église, malgré les nombreux non-sequiturs flagrants d’Hitchens lors de ce même débat.
Cela ne signifie pas que les athées avaient toujours tort, ni que leurs adversaires n’avaient aucun argument valable. Mais un débat public n’est pas un séminaire philosophique. Hitchens pouvait lancer une pique cinglante contre la religion, récolter une ovation et laisser derrière lui une argumentation à laquelle Thomas d’Aquin aurait mis plusieurs pages à répondre. Le public, bien sûr, se souvenait des applaudissements.
Parmi les figures marquantes de cette génération, on trouve Alex O’Connor, philosophe et youtubeur anciennement connu sous le nom de Cosmic Skeptic. Comme moi, il a été élevé dans la religion catholique et a subi l’influence de Dawkins et des Nouveaux Athées durant sa jeunesse. Contrairement à moi, il demeure non-croyant, bien qu’il se définisse de plus en plus comme agnostique.
Ce qui m’intéresse, c’est à quel point il a revu son opinion sur ceux-là mêmes qui l’ont initialement convaincu. Il a reproché à Dawkins de n’accorder que quelques pages aux Cinq Voies de Thomas d’Aquin dans son ouvrage « Pour en finir avec Dieu », sans s’intéresser sérieusement aux arguments. Lors d’une conversation avec l’évêque Robert Barron, il est même allé jusqu’à qualifier le livre de « d’une pauvreté affligeante » à bien des égards.
Il n’est pas devenu chrétien, mais il a compris que le christianisme qu’il avait autrefois rejeté était plus subtil qu’il ne l’avait imaginé. Ses conversations actuelles avec des théologiens, des philosophes et des exégètes bibliques n’ont plus rien à voir avec les anciennes vidéos où Hitchens « démolissait » un malheureux ecclésiastique devant un public conquis.
Je trouve cela encourageant. Internet n’est plus dominé par les opinions de l’atheisme. D’excellents penseurs catholiques et chrétiens maîtrisent désormais ce même média et sont prêts à consacrer des heures aux questions philosophiques que Dawkins traitait avec tant de désinvolture.
Mon propre retour au catholicisme ne se résumait pas à de meilleurs arguments. Il s’agissait aussi de redécouvrir la beauté de la Foi, surtout à travers la liturgie traditionnelle. Ce fut une expérience étrange : j’étais persuadé que le catholicisme n’était qu’un amas irrationnel de superstitions, et puis j’ai découvert une forme de culte qui semblait exprimer une profonde compréhension de Dieu, de l’homme et du monde.
La beauté n’établit pas la vérité, pas plus que l’éloquence n’établit le mensonge. Mais elle peut vous amener à vous demander si vous n’avez pas négligé quelque chose d’important.
Je ne regrette pas d’avoir lu Dawkins. Il m’a poussé à me poser des questions qui méritaient des réponses, et je n’aurais peut-être jamais examiné ma foi avec autant de sérieux s’il ne l’avait pas remise en question. Ce que je regrette, c’est qu’à l’époque, j’ignorais totalement l’existence de ces réponses.
Vingt ans plus tard, j’ai du mal à citer grand-chose de l’héritage des Nouveaux Athées. Hitchens est décédé en 2011 et Dennett en 2024, et Dawkins se qualifie désormais de « chrétien culturel ». Ils ont entrepris de nier l’existence même de la religion en utilisant des arguments éculés et en jetant à peine un coup d’œil aux meilleures réfutations, et je soupçonne qu’un mouvement bâti sur de telles bases était voué à l’échec. Ce qui subsiste, c’est surtout le public : une génération d’adolescents fascinés par la critique du christianisme et qui, depuis, ont eu le temps de constater ses lacunes.
Alex O’Connor et moi étions deux de ces adolescents. Nous sommes partis d’un point de départ similaire et sommes arrivés à des conclusions différentes. Il est resté en dehors de l’Église, tandis que j’y suis retourné. Mais nous avons au moins découvert quelque chose en commun : le catholicisme que nous avons autrefois rejeté n’est pas tout à fait celui que nous pensions rejeter.
Le Saint-Siège et les Ordres équestres
La Secrétairerie d’État a publié une mise au point concernant les Ordres équestres, en précisant que le Saint-Siège ne reconnaît et ne protège que l’Ordre Souverain Militaire de Malte et l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, outre ses propres ordres équestres :
La Secrétairerie d’État, à la suite des nombreuses demandes d’informations reçues concernant la position du Saint-Siège vis-à-vis des ordres équestres liés à des saints ou portant des noms sacrés, estime opportun de rappeler ce qui a déjà été publié par le passé.
Outre ses propres ordres équestres (l’Ordre Suprême du Christ, l’Ordre de l’Éperon d’Or, l’Ordine Piano, l’Ordre de Saint Grégoire le Grand et l’Ordre de Saint Sylvestre Pape), le Saint-Siège ne reconnaît et ne veille que sur l’Ordre Souverain Militaire de Malte — c’est-à-dire l’Ordre Souverain Militaire Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte — et sur l’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, et n’a pas l’intention de modifier cette position.
Tous les autres ordres équestres — qu’ils soient de création récente ou qu’ils se réclament des ordres médiévaux — ne sont pas reconnus par le Saint-Siège, celui-ci ne pouvant se porter garant de leur légitimité historique et juridique, de leurs objectifs et de leurs systèmes d’organisation.
Afin d’éviter tout malentendu malheureusement possible, notamment en raison de la délivrance illicite de documents et de l’utilisation abusive de lieux sacrés, et pour empêcher la poursuite d’abus qui finissent par porter préjudice à nombre de personnes de bonne foi, le Saint-Siège confirme qu’il n’accorde aucune valeur aux diplômes équestres et aux insignes correspondants délivrés par des associations non reconnues, et qu’il ne juge pas appropriée l’utilisation des églises et des chapelles pour les dites “cérémonies d’investiture”.
La politique « religieuse » et sans concession de saint Pie X et du cardinal Merry del Val s’est révélée clairvoyante
Le professeur Roberto de Mattei a publié une biographie du cardinal Merry del Val (1865-1930). Il retrace notamment son combat auprès de Pie X contre la séparation de l’Église et de l’État en France. Interrogé dans France catholique, le Pr de Mattei déclare :
Le pape Pie X a publié trois encycliques contre la politique anticléricale de la République française à cette époque. Pourquoi ?
Le premier test pour Pie X et son secrétaire d’État fut la situation religieuse et politique en France, où l’échec de la politique du Ralliement de Léon XIII [le Pape avait demandé aux catholiques de jouer le jeu de la République nouvellement installée en France, NDLR] avait provoqué des conséquences dévastatrices. Les événements dramatiques en France, culminant avec l’abolition du Concordat et la loi de séparation entre l’État et les Églises en 1905, mirent en évidence la distance entre les positions de Pie X et celles de son secrétaire d’État [qui refusèrent fermement l’application de la loi de 1905, notamment les associations cultuelles qui mettaient l’Église sous dépendance de l’État, NDLR], par rapport à celles de Léon XIII et de son cardinal secrétaire d’État Rampolla del Tindaro.
Dans ce contexte tendu, pourquoi Pie X et Merry del Val ont-ils souhaité placer le débat sur le plan des principes religieux, et non pas politiques ou diplomatiques ?
Constatant l’impossibilité d’un accord honorable et décent pour l’Église, Pie X et son secrétaire d’État ont préféré sortir du terrain diplomatique et politique et déplacer toute la question sur le plan religieux. La politique « religieuse » et sans concession de Pie X et du cardinal Merry del Val s’est révélée, à mon avis, clairvoyante. La loi de séparation n’a jamais été appliquée avec rigueur, et l’appel du Pape a contribué à une grande renaissance du catholicisme en France à la veille de la Première Guerre mondiale.
Vingtième dimanche après la Pentecôte : guérison du fils de l’officier
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Comme ceux du dimanche précédent, les chants du propre de la messe du vingtième dimanche après la Pentecôte sont tirés des psaumes, à l’exception de l’Introït qui est pris cette fois dans un autre livre de l’Ancien Testament, le livre de Daniel, et plus précisément dans la grande prière des trois jeunes hébreux dans la fournaise qui est souvent utilisée dans la liturgie. Nous l’avons trouvée en particulier dans le chant d’Offertoire du septième dimanche après la Pentecôte, et nous avions signalé que le prêtre en récitait également un passage dans les prières de l’Offertoire de la messe. Nous y retrouvons aujourd’hui le thème de la justice et de la miséricorde qu’exposait déjà de façon très concise l’Introït Justus est du dix-septième dimanche, et qui revient souvent en cette fin de l’année liturgique dans la perspective du jugement dernier.
Omnia quæ fecisti nobis, Domine, in vero judicio fecisti, quia peccavimus tibi, et miandatis tuis non obedivimus : sed da gloriam nomini tuo, et fac nobiscum, secundum multitudinem misericordiæ tuæ.
Tout ce que Vous nous avez fait, Seigneur, c’est par un juste jugement que Vous l’avez fait, car nous avons péché contre Vous et nous n’avons pas obéi à vos commandements. Mais glorifiez Votre nom et agissez avec nous selon l’abondance de Votre miséricorde.
On voit que ce texte comprend deux parties : l’humble aveu de nos fautes qui nous ont mérité les châtiments que nous avons subis, puis l’appel suppliant au Seigneur pour qu’il nous sauve en sa miséricorde.
Cela s’applique évidemment à chacun de nous qui sommes tous pécheurs, mais nous pouvons l’appliquer aussi au peuple de Dieu, l’Église et à notre pays la France, pour lesquels cet Introït nous invite à prier avec insistance. La mélodie exprime parfaitement les sentiments de ces deux parties. D’abord une prière humble et contrite, même si le début s’élève vers l’aigu avec une certaine assurance, puis une grande supplication à partir des mots da gloriam, sur lesquels on remarquera les deux montées successives très appuyées. Enfin après un dernier élan très fervent sur le mot misericordiæ, elle s’achève dans la paix. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 118, d’où était tiré l’Introït du dix-septième dimanche dont celui-ci développe le thème et qui revient souvent en cette période de l’année, notamment dans les Communions :
Beati immaculati in via : qui ambulant in lege Domini.
Heureux ceux dont la conduite est sans tache et qui marchent selon la loi du Seigneur.
Graduel : Oculi omnium
Ce Graduel du vingtième dimanche après la Pentecôte a été repris par saint Thomas d’Aquin pour la messe de la fête du Saint Sacrement. Le texte est tiré du psaume 144, encore un chant d’action de grâces pour tous les bienfaits dont le Seigneur nous a comblés, et en particulier la nourriture qu’il nous accorde tous les jours, notre pain quotidien où nous voyons aujourd’hui une figure de l’Eucharistie. Ajoutons qu’en cette période finale de l’année liturgique nous adressons ce chant avec confiance au Seigneur qui nous a tout donné et continue de répandre sur nous ses bénédictions.
Oculi omnium in te sperant, Domine, et tu das illis escam in tempore opportuno. Aperis tu manum tuam, et imples omne animal benedictione.
Les yeux de tous espèrent en vous, Seigneur, et vous leur donnez la nourriture en temps opportun. Vous ouvrez la main et vous comblez tout être vivant de vos bénédictions.
Le mot ” animal “ en latin désigne toutes les créatures vivantes, et en premier lieu les hommes. La mélodie comme c’est généralement le cas dans les Graduels est faite en grande partie de formules que l’on rencontre dans d’autres pièces, avec de grandes vocalises. C’est en particulier la même qui conclut la première et la deuxième partie. Cette mélodie est ample et enthousiaste avec des montées et des descentes bien équilibrées embrassant toute l’étendue de l’octave.
Allelúia : Paratum cor meum
Nous retrouvons dans l’alléluia du vingtième dimanche après la Pentecôte le premier verset d’un psaume, le psaume 107. Mais ce verset figure aussi dans un autre psaume, le psaume 56.
Paratum cor meum, Deus, paratum cor meum : cantabo et psallam tibi, gloria mea.
Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt, je chanterai et jouerai pour Vous dans ma gloire.
Le texte du psautier dit in gloria mea et nous pensons que c’est ainsi qu’il faut l’entendre. C’est un chant d’action de grâces de David après avoir été délivré des embûches de ses ennemis : telle est sa gloire. Et après cette victoire son cœur est affermi dans l’espérance, et il est donc prêt à chanter et jouer de la harpe pour glorifier le Seigneur. En cette fin des temps, si nous avons été fidèles, notre cœur se tient ferme dans la foi et l’espérance, dans l’attente du jugement. Et nous pouvons chanter à pleine voix pour le Seigneur dont les grâces nous ont permis de triompher des embûches de l’ennemi infernal.
Mélodiquement cet Alléluia présente une particularité assez curieuse, c’est que le mot Alleluia et le verset sont très différents et n’ont pas l’air faits l’un pour l’autre. Or l’on retrouve l’assemblage de ces deux mélodies plusieurs fois dans le répertoire, en particulier dans l’alléluia du quatrième dimanche de l’Avent. La mélodie du mot Alléluia est très chantante, ample et lyrique. La première phrase du verset commence dans le grave, puis s’élève progressivement jusqu’à l’aigu en une grande montée, qui pourrait être très suppliante mais qui exprime ici la grande espérance qui soulève notre cœur. La deuxième phrase est marquée par deux vocalises très développées sur les mots gloria et mea, chantant éperdument et d’une façon qui semble ne pas vouloir finir, toutes les victoires que le Seigneur nous a accordées. La dernière vocalise, celle de mea est une formule habituelle de Graduel ample et solennelle, s’enfonçant dans le grave pour s’achever dans la paix. Il faut avouer qu’après cela la reprise du mot Alléluia dans un mode tout à fait différent surprend quelque peu.
Offertoire : Super flumina Babylonis
Le texte de cet offertoire du vingtième dimanche après la Pentecôte est le début du psaume 136, un des plus célèbres du psautier, qui exprime d’une façon poignante la tristesse de l’exil et la nostalgie de la Patrie.
Super flumina Babylonis, illic sedimus, et flevimus, dum recordaremur tui, Sion.
Au bord des fleuves de Babylone, nous sommes assis et nous pleurons en nous souvenant de toi, Sion.
Babylone, la grande ville, la prostituée, est la figure de ce monde de péché où nous sommes exilés, la vallée de larmes dont parle le Salve Regina, et Sion, où est bâti le temple de Jérusalem, est la figure de la patrie céleste à laquelle nous aspirons, plus particulièrement en cette fin des temps où nous sommes à l’approche du grand jugement qui nous fera enfin accéder à la vision béatifique si nous l’avons méritée. D’ailleurs la liturgie nous rappelle sans cesse que notre véritable patrie n’est pas ici-bas et que nous sommes faits pour un monde meilleur. La mélodie de cet Offertoire est une des plus expressives qui soit. Elle exprime la nostalgie et la souffrance de l’exil par de grandes courbes très liées unissant des montées ardentes et des descentes accablées. Les accents des mots sedimus et flevimus sont particulièrement soulignés. A la fin la grande vocalise du mot Sion exprime le désir par une montée qui se répète deux fois, et, avant de s’achever, elle reste suspendue sur deux mots en un balancement expressif comme un sanglot.
Communion : Memento
Comme celle du dimanche précédent et celle du suivant, l’antienne de Communion du vingtième dimanche après la Pentecôte est tirée du psaume 118, longue méditation sur la loi de Dieu et sa volonté désignée par une dizaine de substantifs à peu près synonymes qui reviennent les uns après les autres. Aujourd’hui c’est sur la parole de Dieu qui nous fait connaître sa volonté que porte notre méditation.
Memento verbi tui servo tuo, Domine, in quo mihi spem dedisti : hæc me consolata est in humilitate mea.
Souvenez-vous Seigneur, de votre parole à votre serviteur par laquelle Vous m’avez donné l’espérance : c’est elle qui m’a consolé dans mon humiliation.
Nous sommes humiliés par nos péchés, mais la parole de Dieu nous redonne espérance. Si nous lui sommes fidèles, nous n’aurons rien à craindre au jour du jugement qui approche. La mélodie est légère et joyeuse et en même temps douce et contemplative. Peu ornée, elle met bien en valeur les accents du texte.
Marche pour la vie à Vienne en Autriche : la culture de mort peut bien apparaître toute-puissante, elle a déjà perdu
Aujourd’hui s’est déroulée la Marche pour la vie en Autriche, sur la Karlsplatz à Vienne. Ce matin à 11h00 à la Karlskirche, une messe solennelle a été célébrée par l’évêque auxiliaire Mgr Turnovszky

et en même temps, en l’église Paulaner une messe selon la forme extraordinaire du rite romain ont lancé la journée.

Voici quelques photos :

Quelques antifas sont venus « encourager » les manifestants :

Guillaume de Thieulloy, président de la Marche pour la vie en France, et directeur du Salon beige, a prononcé un discours :
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Chers amis,
Quelle joie de me trouver là avec vous pour défendre la vie innocente – ce qui devrait être la chose la plus banale qui soit et qui semble si difficile à comprendre pour la plupart des politiciens européens !
Eux qui n’entendent que la loi du nombre semblent incapables de comprendre qu’un mensonge partagé par cent personnes ne devient pas pour autant une vérité. Et rien ni personne ne pourra faire que l’avortement ou l’euthanasie ne soient pas des drames qui, non seulement tuent une victime innocente, mais détruisent tout l’entourage et progressivement transforment une société en jungle où chacun piétine son voisin. Comme le disait Mère Teresa : « L’avortement est la plus grande force de destruction de la paix aujourd’hui. »
Mais ces politiciens qui n’entendent que la loi du nombre devraient aussi prêter attention à une réalité que nous voyons nous-mêmes émerger avec émerveillement : la jeunesse d’Europe tourne le dos à la culture de mort. J’ignore de quoi l’avenir de notre continent sera fait (et je dois vous avouer que je ne suis pas très optimiste car des décennies de politiques catastrophiques en tout domaine ont considérablement endommagé cette civilisation qui, naguère encore, rayonnait sur le monde en lui apportant non seulement l’Evangile du Christ, mais aussi le respect de la personne humaine, le droit, la science et tant d’autres bienfaits). Oui, j’ignore ce que sera le futur de l’Europe. Mais il y a une chose qui me semble certaine : nos adversaires ont d’ores et déjà perdu. Les jeunes ne veulent plus de cette pseudo-révolution sexuelle qui a transformé le corps humain en marchandise. Ils veulent un amour durable. Ils veulent des familles stables et heureuses. Regardez nos marches pour la vie : regardez le visage de cette admirable jeunesse. C’est elle qui nous rend l’espoir quand l’avenir semble si sombre.
Alors, n’ayons pas peur : la culture de mort peut bien apparaître toute-puissante. Elle peut nous attaquer en justice. Elle peut nous jeter en prison (car, oui, désormais, en Europe, on peut être emprisonné pour avoir prié pour la vie devant un avortoir !). Elle peut tenter de nous réduire au silence. Mais elle a déjà perdu. Comme tous les totalitarismes, elle s’oppose violemment à la nature humaine et la nature humaine se rebiffe. Alors, courage, tenons bon, disons la vérité et nous verrons l’écroulement de la culture de mort comme nous avons vu naguère celui du nazisme et du communisme !
Que Dieu vous bénisse.
Et qu’il bénisse tout le mouvement pro-vie européen.

