Couvent de Yaroun : un attentat de l’armée israélienne contre les chrétiens du Liban
Communiqué de Yann Baly, Président de Chrétienté-Solidarité :
Le vendredi 1er mai dernier, l’armée israélienne a procédé à la destruction volontaire et, sans doute, irrémédiable, du couvent des soeurs melkites salvatoriennes (que nous avions rencontrées à Saïda en 2024) de Yaroun, au sud Liban.
Chrétienté-Solidarité condamne cette atteinte inqualifiable au patrimoine des chrétiens du Liban.
Par cet acte, l’armée israélienne se place au niveau des terroristes qu’elle prétend combattre.
Apprès la mort du père Raï, curé de Qlayaa, tué par un éclat israélien le 9 mars et la profanation du calvaire du village de Debl, fin avril, les troupes israéliennes viennent de porter une nouvelle fois atteinte aux chrétiens du Liban et à leur identité.
Les dénégations mensongères de l’ambassadeur d’Israël en France ne font que renforcer notre colère.
L’armée israélienne veut-elle devenir le meilleur soutien du Hezbollah ?
L’État israélien veut-il se mettre les chrétiens du Liban à dos ?
Ces actions insensées tendraient à nous le faire croire.
La grâce est-elle gratuite ? Un débat théologique.
La « Nouvelle Théologie » encore à la mode !
La double thèse de Mère Marie de l’Assomption (O.P.) s’inscrit dans un climat intellectuel marqué par la relecture lubacienne du rapport entre nature et grâce. Sa thèse, accompagnée de publications dans la revue thomiste, a suscité certains débats, dont une recension critique dans la revue Sedes sapientiae des dominicains de Chémeré (E. Vadillo Romero, « La nature et la grâce chez saint Thomas d’Aquin : un débat aux graves enjeux », dans le n° 175 de Mars 2026, que l’on peut trouver ici : https://revuesedes.fr/).
L’idée centrale du père de Lubac est que l’homme porterait en lui une ouverture au surnaturel si profonde qu’il deviendrait difficile de maintenir nettement la gratuité absolue de l’ordre de la grâce : la nature humaine en devient comme ordonnée à une fin surnaturelle, au point que la frontière entre désir naturel de Dieu et appel surnaturel se trouve fortement accentuée, voire brouillée.
C’est précisément ce type de perspective que les deux thèses de Mère Marie de l’Assomption laissent apparaître, en posant de manière très vive la question d’une inclination naturelle de l’homme vers la vision de Dieu et d’une capacité intrinsèque du naturel à se tendre vers le surnaturel. Cette thèse abstraite n’est pas sans conséquences pratiques. Si l’homme est naturellement ordonné à Dieu, les limbes n’existent plus. En poussant le raisonnement encore plus loin, on justifie la liberté religieuse et l’œcuménisme.
Le dossier du numéro 135 (https://www.seldelaterre.fr/articles/sdt135/la-disparition-du-surnaturel.-a-propos-d%E2%80%99une-double-th%C3%A8se) qui vient de paraître, répond à cette difficulté de fond. Il ne s’agit pas d’une simple controverse secondaire, mais d’un véritable enjeu doctrinal : si l’on confond nature et grâce, on finit par affaiblir la gratuité du salut et par rendre obscur le caractère entièrement donateur de la vocation surnaturelle. Le premier article, celui du Frère Pierre-Marie O.P. sur « la disparition du surnaturel », montre comment certaines formulations modernes ont peu à peu conduit à dissoudre la distinction classique entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, au point de rendre difficile une théologie vraiment fidèle à saint Thomas.
Les articles qui suivent servent d’annexes et d’appuis à l’article du Frère Pierre-Marie pour préciser le débat au niveau le plus proprement thomiste, textes que la dominicaine exclue, puisque selon elle toute la tradition thomiste s’est fourvoyée et seul Henri de Lubac a su faire preuve d’une « extraordinaire lucidité » !
Une étude du Père Jean-Louis Cazelais de 1953 étudie le désir de voir Dieu chez saint Thomas d’Aquin en donnant la réponse de Cajetan, un des plus grands commentateurs thomistes. Il rappelle que l’homme est bien ordonné à Dieu par sa nature rationnelle, sans que cela signifie pour autant une exigence naturelle de la vision béatifique.
Le Sel propose ensuite la lecture de la solution de Jean de Saint-Thomas O.P. Celui-ci reprend la question de l’inclination naturelle à la vision de Dieu en cherchant à distinguer soigneusement l’élan de la nature vers son principe et la fin surnaturelle qui demeure absolument gratuite. Enfin, un article du Frère Ambroise Gardeil O.P. (1859-1931) examine l’idée d’une inclination naturelle innée vers le surnaturel et contribue à refermer la porte à toute lecture qui ferait du don surnaturel une sorte d’achèvement nécessaire de la nature.
L’ensemble du dossier forme ainsi une réponse doctrinale très nette à l’erreur de fond que laisse apparaître la double thèse de Mère Marie de l’Assomption : il réaffirme que l’homme est certes créé pour Dieu, mais non pour posséder par nature ce que seule la grâce peut lui donner. C’est cette distinction, capitale pour toute la théologie catholique, que le numéro entend défendre avec vigueur et précision.
La place est trop brève ici pour donner un juste aperçu de la réponse du Sel de la Terre dans cette controverse philosophique et théologique. Nous encourageons le lecteur intéressé à acheter l’article ou à se procurer le Sel de la Terre 135 :
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Roumanie : la victoire des européistes a été de courte durée
Le Gouvernement roumain européiste vient d’être renversé par le Parlement. Pour mémoire, l’élection présidentielle avait été annulée à la veille du second tour pour empêcher la victoire du candidat souverainiste, l’an dernier.
La motion de censure a recueilli 281 voix sur les 233 nécessaires pour être adoptée, dans un Parlement qui compte 464 sièges. A priori l’urne n’a pas été bourrée par les Russes…
C’est la « fin de dix mois durant lesquels les soi-disant pro-européens n’ont livré rien d’autre que : impôts, guerre et pauvreté », a réagi le patron de l’AUR, George Simion, sur X après le vote de la censure.
L’idéologie du genre remboursée de force par la Sécurité sociale
4 jugements ont été rendus le même jour par le tribunal de Lyon, condamnant la caisse primaire d’assurance maladie du Rhône et la Caisse nationale d’assurance maladie pour avoir refusé de prendre en charge l’ablation des seins de quatre… « plaignants ». Des femmes devenues hommes par charcutage.
Les juges ont décidé qu’il s’agissait « d’une atteinte à la vie privée des requérants et une discrimination en raison de l’identité de genre ».
Les caisses d’assurance maladie ont été condamnées à verser à chacune des femmes amputées entre 2000 à 3000 euros au titre du « préjudice moral »… Et 500 euros pour chaque affaire aux lobbies SOS Homophobie, Centre LGBTI de Lyon, Chrysalide, le Collectif Fiertés en Lutte, Fransgenre, le Planning familial du Rhône et la Fédération LGBTI+…
Don Bux à propos de la « bénédiction » de l’« évêque » anglican à Saint-Pierre
Don Nicola Bux a envoyé une brève note au blog italien Messa in latino concernant la « bénédiction » de l’archevêque de Canterbury, Sarah Mullally, en présence de Mgr Flavio Pace, secrétaire du Dicastère pour le Service de la Promotion de l’Unité des Chrétiens, au sein de la basilique Saint-Pierre :
Il existe une contradiction entre de nombreux pasteurs anglicans devenus prêtres de l’Église catholique et incardinés dans les ordinariats établis ad hoc par Benoît XVI, et le message de bons vœux du pape transmis par le cardinal Koch à Sara Mullaly, qui non seulement n’est pas évêque parce qu’elle est une femme, mais n’est même pas primat de Canterbury.
Sachant que les deux tiers de la Communion anglicane ne la reconnaissent pas comme telle.
Et que dire du secrétaire du Dicastère pour le Service de la Promotion de l’Unité des Chrétiens, Mgr Flavio Pace, qui se signe pendant que l’« évêque » anglican donne la bénédiction dans la chapelle Clémentine, près du tombeau de saint Pierre ?
Koch et Pace n’ont-ils pas conscience de la fausseté de leurs actes ?
Par ignorance ou par mauvaise foi, ils scandalisent et sèment la confusion chez de nombreux catholiques et exigent des éclaircissements du Vatican.
« On ne pourra plus tout à fait mettre dehors l’ancienne forme » de la messe
Extrait de l’entretien de l’abbé-primat de l’ordre de saint Benoît Jeremias Schröder sur Katholoisch.de le 30 avril :
— Observe-t-on une tendance au retour à l’ancienne liturgie dans les monastères bénédictins ? Y a-t-il un conflit entre les traditionalistes et les modernes ?
— Je ne vois pas de conflit à ce sujet. Chez nous, les bénédictins, la liturgie traditionnelle et la liturgie actuelle coexistent en parfaite harmonie. Dans l’ensemble de l’ordre, nous avons une dizaine d’abbayes qui célèbrent selon l’ancien rite, la plupart en France. Celles-ci appartiennent pour la plupart à la Congrégation de Solesmes, où la majorité des monastères a toutefois adopté le nouveau missel. À partir de l’abbaye de Fontgombault, un groupe de monastères célébrant selon l’ancien rite s’est toutefois constitué. Ceux-ci sont pleinement intégrés à leur congrégation. Puis nous avons aussi le monastère du Barroux avec ses fondations filiales, qui était au départ d’orientation lefebvristes. Après les ordinations épiscopales illicites de 1988, l’abbaye est revenue en pleine communion avec Rome et dépend directement de moi en tant qu’abbé primat. Et puis il y a encore la communauté de Norcia. Nous nous traitons tous avec respect, et en tant qu’abbé-primat, je suis également l’abbé-primat de ces communautés, bien que je ne puisse moi-même célébrer la messe qu’avec le nouveau missel. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait lorsque j’ai été invité à Fontgombault pour célébrer l’office conventuel, et cela a bien sûr été accepté.
— Les bénédictins peuvent-ils ainsi servir de modèle à toute l’Église ?
— D’une certaine manière, oui, car nous pratiquons déjà cette coexistence pacifique. Je suis très curieux de voir comment le pape Léon abordera le problème. Maintenant que le pape Benoît a ouvert des portes dans ce domaine, on ne pourra plus tout à fait mettre dehors l’ancienne forme. Nous avons des confrères et aussi des sœurs qui ont fondé leur vie religieuse sur cette forme de prière et de célébration de la messe. Cela a désormais aussi sa place dans l’Église et devrait être autorisé, au moins dans certaines zones.
Interdiction de vente de smartphones aux mineurs de moins de 16 ans
Communiqué de Juristes pour l’enfance :
Olivia Sarton, Directrice juridique de Juristes pour l’enfance, a été reçue par Madame Elisa Bazin, Conseillère protection de l’enfance et enjeux de société du numérique auprès de Madame Anne Le Henanff, Ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique.
Lors de cet échange cordial et dense, elle lui a fait part des propositions innovantes de Juristes pour l’enfance pour mettre en place une protection juridique efficace des enfants et adolescents dans le domaine du numérique.
Sans nier l’intérêt de la « Proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » adoptée en première lecture par chaque assemblée, Juristes pour l’enfance souligne que la protection des mineurs doit être à la fois plus large et plus simple.
Elle propose pour cela une solution efficace : l’encadrement de l’accès aux smartphones et objets connectés mis en œuvre par une interdiction de les vendre, les offrir ou les céder à des mineurs de moins de 16 ans.
Une telle régulation assure mieux l’objectif de protection des mineurs.
En effet, les risques liés à l’usage du numérique pour les mineurs ne se limitent pas à l’accès aux réseaux sociaux. La difficulté se situe au niveau de la mise à disposition de smartphones (ou autres objets connectés) qui sont des ordinateurs portables connectés en permanence à internet avec les risques que cela comporte (sites aux contenus nocifs ou illicites pour les mineurs, mésusage de messageries, de l’IA, de jeux vidéos, etc.). A ces risques, s’ajoutent les dommages causés par une utilisation constante et massive des écrans encouragée par l’accès permanent à internet (dégradation de la capacité physique, troubles des interactions, de l’attention, de la concentration, etc.).
En outre, compte-tenu des apparitions rapides des innovations numériques, il est impératif d’envisager une protection générale des mineurs dans ce domaine. A défaut, le risque est certain de toujours « courir » derrière les innovations technologiques et leurs éventuels risques pour les mineurs, et laisser pendant des nombreuses années des mineurs exposés sans défense.
L’interdiction de la vente ou de l’offre gratuite de certains biens et produits à un mineur est une pratique déjà mise en œuvre par la loi française. Les objectifs de protection de la santé et de la vie des mineurs justifient les restrictions qui doivent être apportées à la libre circulation des marchandises par l’encadrement de la vente et de l’offre de smartphones et autres objets connectés à destination des mineurs, c’est-à-dire concrètement par leur interdiction pour les mineurs de moins de 16 ans.
Juristes pour l’enfance n’a pas choisi ce seuil d’âge de 16 ans au hasard. C’est celui retenu par le droit européen pour la protection des mineurs vis-à-vis du numérique et c’est également celui fréquemment retenu par la loi française comme une étape vers l’autonomisation du mineur ou sa responsabilisation (dans le domaine de l’éducation, du droit du travail, de la santé publique, du droit pénal, etc.).
En retardant l’omniprésence du numérique et de l’accès à internet, une telle réglementation participerait au respect du statut de minorité qui implique que c’est aux adultes de protéger les enfants du numérique et non pas aux enfants de se protéger eux-mêmes, comme on peut le lire souvent. Elle participerait également au respect de nombreux droits fondamentaux (santé, sécurité et protection, éducation, respect de la vie privée etc.).
Elle réglerait les difficultés liées au contournement des mesures d’interdiction d’accès aux réseaux sociaux ainsi qu’aux risques liés à la sécurité des données et aux atteintes au respect de la vie privée.
Par ailleurs elle limiterait pour les parents la charge que constituent la mise en œuvre et la supervision du contrôle parental et résoudrait le sujet des écrans dans les établissements scolaires.
Enfin, cet encadrement de la vente de smartphones et autres objets connectés à des mineurs ne les priverait pas de moyens d’expression et de communication. Les moins de 16 ans pourraient disposer d’un téléphone mobile permettant de passer des appels ou envoyer des SMS mais sans possibilité de connexion à internet.
Parallèlement, Juristes pour l’enfance rappelle l’urgence de la préconisation faite par la Commission Enfants et écrans (ici) de mettre en place des « propositions alternatives aux écrans, pour donner envie et possibilité aux enfants et aux adolescents de s’investir autrement. […] : les enfants et les adolescents ont besoin de retrouver l’intérêt que la société leur doit, de renouer avec le contact humain, de voir des aires de jeux, y compris de société, peupler les espaces urbains, les lieux d’attente et de transport. C’est cela faire place aux besoins des enfants. » (Rapport Enfants et écrans A la recherche du temps perdu du 6 avril 2024)
Face à la crise démographique, le haut-commissaire au Plan et à la Stratégie veut plus d’immigration
En 2025, 644.000 bébés sont nés et plus de 250 000 ont été avortés. C’est près d’un quart de naissances en moins qu’en 2010 selon l’Institut national de la statistique (Insee). Ce nombre a même été inférieur à celui des décès, une première depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et une tendance qui devrait perdurer, selon les démographes.
Ce recul démographique en 2025 représente « un choc substantiel » car « toutes les politiques publiques, toute notre économie et notre société, en sont affectées », souligne dans un édito le haut-commissaire au Plan et à la Stratégie, Clément Beaune.
« Il faudra nécessairement, dans les années qui viennent, affronter la courbe du décrochage démographique ».
Travailler plus, augmenter la productivité grâce aux nouvelles technologies, avoir recours à l’immigration économique : Clément Beaune, dont la vie privée est symptomatique de la crise démographique, appelle à « ouvrir le débat » sur les « trois seules réponses concrètes » à ce phénomène. Les auteurs de la note prennent acte de la crise démographique sans apporter de solution pérenne :
Plus largement, cette réalité démographique appelée à durer doit désormais être pleinement intégrée aux débats que nos prochains travaux auront vocation à éclairer, en particulier ceux relatifs à l’augmentation de la productivité, à la progression du taux d’emploi et au recours à l’immigration économique. Il ne s’agit plus de traiter la baisse de la natalité comme une variable conjoncturelle, mais comme une donnée de fond susceptible de reconfigurer durablement les équilibres économiques, sociaux et collectifs.
Une grande neuvaine à sainte Rita proposée à partir du 14 mai sur Hozana
À l’approche de la fête de sainte Rita, le 22 mai, une neuvaine en ligne est proposée du 14 au 22 mai 2026.
Connue comme la sainte des causes difficiles, voire désespérées, sainte Rita est invoquée depuis des siècles pour les situations humaines bloquées : conflits familiaux, maladies, épreuves morales ou spirituelles.
Cette neuvaine, portée par la plateforme de prière Hozana, propose chaque jour un court temps de prière comprenant :
- une méditation à partir de la vie de sainte Rita,
- une prière,
- une intention concrète.
L’objectif est simple : encourager les fidèles à confier au Seigneur, par l’intercession de sainte Rita, des situations qu’ils ne parviennent pas à résoudre par eux-mêmes.
Dans un contexte où beaucoup de familles sont fragilisées et où les épreuves personnelles se multiplient, ce type de démarche rappelle une vérité élémentaire de la foi chrétienne : rien n’est hors de portée de la grâce.
La participation est libre et gratuite, chacun pouvant s’inscrire pour recevoir les méditations quotidiennes.
👉 Inscription : http://urlr.me/usn9k7
« On se risque sur le bizarre » Les Tontons flingueurs reviennent en force chez Livres en Famille !
Nouvelle édition pour cet album en hommage à Georges Lautner, Michel Audiard, aux techniciens du film et tous les comédiens qui apparaissent dans ce chef d’œuvre « On devrait jamais quitter Montauban ! » Un album de caricatures tout à fait exceptionnel et original ! « Yes Sir ». Il faut dire qu’il y a matière pour un artiste tel que Jean-Marc Borot et la plume acérée de Philippe Chanoinat.
Reprenant les moments forts du film, c’est un concentré des meilleures scènes, finesse et humour sont au rendez-vous.
« Faut quand même admettre que c’est plutôt une boisson d’homme », tous les cinéphiles connaissent cette réplique ou celles qui sont les plus mémorables de ce classique de la comédie française au cinéma du regretté Georges Lautner qui nous a quitté le 22 novembre 2013. Film culte aux scènes d’anthologies et dialogues mémorables, Les Tontons Flingueurs est une grande comédie populaire et un des meilleurs films de Lautner – Dialogues de Michel Audiard.
Propriétaire d’une petite usine de tracteurs, Fernand Naudin mène une vie tranquille et sans histoire quand un télégramme l’appelle à Paris. Il arrive à temps pour recueillir le dernier soupir d’un ami de jeunesse, Louis dit « le Mexicain », qui lui confie ses affaires louches en même temps que la garde de sa fille Patricia. Et les ennuis commencent…
Sorti en 1963, Les Tontons Flingueurs a connu un très beau succès en France avec plus de trois millions d’entrées. Certes le film fut assez mal accueilli par la critique de l’époque, aujourd’hui cette parodie des films de gangsters est un film culte du cinéma français et une des meilleures comédies du Septième Art.
L’intrigue n’est certainement pas la force principale de cette désopilante comédie mais ce qui l’emporte sur l’histoire ce sont les incroyables prestations des acteurs, tous déchainés, et les dialogues mémorables de Michel Audiard. Accompagné d’une superbe brochette des stars du cinéma français de l’époque, aujourd’hui des géants du cinéma, le casting des Tontons Flingueurs est juste inouï : Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Claude Rich, Jean Lefebvre, Robert Dalban et Venantino Venantini. Le quatuor Ventura, Blier, Blanche et Lefebvre fonctionne à merveille, dote le film de moments désopilants et offre au cinéma des scènes mythiques – la cuisine-, et enfin la réplique géniale de Jean Lefebvre :
« Ecoute, on te connait pas, mais laisse nous te dire que tu te prépares des nuits blanches, des migraines, des « nervous breakdown » comme on dit de nos jours ».
Il y a aussi certaines situations totalement absurdes comme l’hilarante fusillade avec les bruits des revolvers silencieux qui tourne cette scène d’action au ridicule total et surtout quand le père du personnage de Claude Rich arrive … On retiendra aussi les célèbres coups de poings que se prend Bernard Blier à trois reprises par Lino Ventura. Un film inoubliable. « Yes Sir ».
En 2023 nous fêtions deux anniversaires, soixante ans pour les Tontons et dix ans pour la mort du père des Tontons. En 2026, une nouvelle édition… « Le monocle vous salue bien ! »
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/divers/16579-on-devrait-jamais-quitter-montauban-.html
On devrait jamais quitter Montauban ! Philippe Chanoinat, Illustrations -caricatures de Jean-Marc Borot. Editions Les Livres du Bourre-Pif, album relié de 50 pages, 15 €.
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La fin du Carmel de Compiègne
De Gérard Leclerc dans France catholique :
« L’âge avançant, le nombre diminuant, les vocations se faisant attendre, des renforts extérieurs impossibles à trouver, nos Sœurs carmélites de Compiègne ont décidé la fermeture de leur communauté. » C’est en ces termes que Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, annonçait, le 21 avril dernier, la fin d’une histoire de quatre siècles.
Car c’est en 1641 que fut fondé à Compiègne le Carmel de l’Annonciation, selon la règle de sainte Thérèse d’Avila. De toute évidence, il s’agit pour l’ensemble de l’Église en France d’une épreuve morale et spirituelle, d’autant que cette communauté était forte de la mémoire des seize religieuses guillotinées à Paris, le 17 juillet 1794, en haine de la foi. Leur canonisation avait été approuvée par le pape François le 18 décembre 2024 et l’événement célébré solennellement à Notre-Dame de Paris le 13 septembre dernier.
Leur exemple se réfère à leur acte de consécration prononcé chaque jour de leurs dix-huit mois d’emprisonnement, en faveur de la paix en France et dans l’Église. On se souvient que c’est grâce à Gertrud von Le Fort en Allemagne et à Georges Bernanos que leur souvenir a pu être transmis, et on peut même dire sauvé de l’oubli. Sans doute les deux écrivains ont-ils ajouté au rappel historique des éléments de leur imagination, surtout le personnage de Blanche de La Force, mais c’est pour mieux mettre en lumière un témoignage de foi surnaturelle digne de traverser les siècles.
Quelques mois après la cérémonie à Paris et le pèlerinage au cimetière de Picpus qui attira l’attention sur la continuité et la fécondité de la famille du Carmel, la décision des religieuses de Jonquières (qui avaient succédé à Compiègne) vient apporter une note de tristesse qui s’ajoute au constat d’une déchristianisation et d’une pénurie de vocations. Il faudra en tirer toutes les leçons, notamment sur les sources possibles d’un renouveau qui n’ont rien à voir avec l’alignement sur les idéologies séculières et ce que l’Évangile appelle « l’esprit du monde ». L’actuel essor des baptêmes d’adultes est là pour montrer que c’est une exigence de cohérence intérieure et d’aspiration au surnaturel qui conduit tous ces jeunes gens à demander le baptême. […]
Rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public
Adopté le lundi 27 avril 2026, le rapport de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public a été mise en ligne. Ce rapport de plus de 550 pages liste 40 propositions et 69 recommandations, parmi lesquelles :
- Proposition n° 17 : Confier aux conseils d’administration des entreprises de l’audiovisuel public le pouvoir de nommer les présidents-directeurs généraux, comme c’est la pratique dans la plupart des grandes entreprises, après avis des commissions chargées des affaires culturelles des assemblées. Cette solution présente l’avantage de professionnaliser la procédure de nomination, de l’affranchir du calendrier politique et de responsabiliser les administrateurs.
- Proposition n° 18 : Revoir la composition des conseils d’administration pour renforcer le nombre et le poids des personnalités indépendantes et qualifiées.
- Proposition n° 19 : S’inspirer du modèle de la HATVP, instauré par les lois de 2013 sur la transparence de la vie publique, pour créer au sein des entreprises de l’audiovisuel public des procédures formalisées de déclaration d’intérêts et de déport. Tout salarié de l’audiovisuel public ayant exercé un mandat électif ou des fonctions politiques devrait faire l’objet d’une procédure de déclaration d’intérêts, sur le modèle de ce qui existe pour les hauts fonctionnaires et les responsables publics depuis 2013. Les salariés de l’audiovisuel public qui ont un engagement politique actif seraient soumis également à cette procédure afin de prévenir tout risque de conflits d’intérêts et éviter qu’ils n’utilisent les moyens de l’entreprise au service de leur mandat électif.
- Proposition n°25 : Interdire aux salariés de l’audiovisuel public à temps plein de gérer ou de travailler pour une société de production qui contractualise avec l’audiovisuel public.
- Proposition n° 32 : Publier annuellement, par les entreprises de l’audiovisuel public, un rapport détaillé sur leurs pratiques de rémunération, incluant les écarts entre les plus hautes et les plus basses rémunérations, les éléments de rémunération variable et les avantages en nature. Ce rapport devrait être soumis à l’examen de la Cour des comptes et des commissions parlementaires compétentes.
- Recommandation n° 2 : supprimer France TV Slash dont les contenus militants sont incompatibles avec les missions du service public audiovisuel. Toute offre numérique à destination des jeunes adultes devra être réintégrée dans le périmètre éditorial des antennes existantes, sous le contrôle effectif de l’Arcom.
- Recommandation n° 21 (Parlement) : Soumettre les marchés de programmes audiovisuels aux règles de la commande publique.
- Recommandation n° 29 : interdire aux salariés de l’audiovisuel public d’être, par ailleurs, à la tête d’une société de production.
- Recommandation n° 38 (Radio France) : Supprimer la station Mouv’.
- Recommandation n° 40 (France Télévisions) : réduire de trois quart le budget des jeux et divertissements afin de réaliser 122,1 millions d’euros d’économies par an, et concentrer l’offre de l’audiovisuel public sur les programmes populaires et différenciants par rapport à l’audiovisuel privé.
- Recommandation n° 41 (France Télévisions) : Ne pas diffuser sur le service public d’émissions de télé-réalité.
- Recommandation n° 61 (France Télévisions) : Plafonner à 3 millions d’euros les dépenses annuelles de France Télévisions au Festival de Cannes. Économie estimée : 3 millions d’euros par an.
- Recommandation n° 62 (France Télévisions) : Réévaluer l’utilité de chacun des 53 véhicules de fonction dont bénéficient les cadres dirigeants de France Télévisions, en particulier pour ceux basés dans des villes disposant d’un réseau de transports collectifs particulièrement dense. Évaluer la pertinence financière d’une suppression totale des véhicules de fonction au profit de la mise à disposition des dirigeants en ayant véritablement l’utilité de véhicules de service, à leur disposition exclusivement dans le cadre professionnel.
- Recommandation n° 69 (Parlement) : Utiliser les plus de 1 milliard d’euros d’économies identifiés sur l’audiovisuel public pour augmenter de moitié les crédits du programme budgétaire consacré à l’entretien du patrimoine et affecter les 500 millions d’euros restants au désendettement de l’État.
Bénédictions illégitimes : Rome a prévenu l’épiscopat allemand
Dans une lettre du cardinal Fernández à Mgr Stephen Ackermann, évêque de Trèves, et à travers lui à l’ensemble de l’épiscopat allemand, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a répondu en novembre 2024 par un « NON » clair et sans équivoque à un document allemand qui visait à mettre en œuvre des bénédictions de « couples » de même sexe. La lettre ne sort que maintenant, alors que, visiblement, l’épiscopat allemand a décidé de passer outre. Allons-nous vers un schisme ?

Belgique : la messe télévisée remplacée par la prière musulmane
La chaîne publique belge flamande VRT a remplacé la messe, dimanche à 10h, par un office musulman enregistré précédemment à la nouvelle mosquée turque Mouattar de Gand.
En 2023, le directeur général de la chaîne, Frédéric Delaplace, avait remis en question la nécessité de diffuser la messe, après la diffusion d’une série sur les cas de violence au sein de l’Église catholique.
Les souhaits des Français pour l’école
82% de Français pensent que les familles n’ont pas la possibilité de choisir l’école qui convient le mieux à leur enfant si elles ne sont pas financièrement aisées. Le signe d’une insatisfaction croissante face au système scolaire tel qu’il est organisé ?
A l’approche de la présidentielle, les Français sont sévères sur leur école :
- Manque de communication entre l’école et la maison : seul 1 Français sur 3 est satisfait de la communication entre l’école et les parents…
- Perte de confiance dans l’expertise de l’Éducation nationale : 46% des Français pensent qu’une agence indépendante serait mieux placée que le ministère pour évaluer le niveau des établissements scolaires.
- Inquiétude quant à la perte d’esprit critique des élèves : 66% des Français estiment que l’IA à l’école aura un impact négatif sur la construction de l’esprit critique et l’acquisition des fondamentaux.
A contrario, les Français plébiscitent les modalités expérimentées dans les écoles libres :
- 84% d’entre eux souhaiteraient accorder plus de pouvoir au chef d’établissement (recrutement, pilotage de l’équipe, aménagement des programmes).
- 64% des Français jugent que l’Etat devrait encourager la diversification des pédagogies pour lutter contre l’échec scolaire et sortir du modèle unique.
- 92% des parents d’élèves voudraient voir la communication entre l’école et la maison s’intensifier pour renforcer l’autorité des adultes
- 66% des répondants plébiscitent le chèque éducation, ou tout autre système de financement leur permettant de choisir l’école de leur enfant.
Retrouvez les résultats du sondage réalisé par l’IFOP à la demande de la Fondation pour l’école, et présentés hier lors d’un colloque au Sénat.
L’euthanasie, pour quoi faire ?
De Me Virginie Araujo-Recchia, avocate :
Le Sénat examine les 11, 12 et 13 mai 2026 la proposition de loi Falorni relative au « droit à l’aide à mourir », adoptée en deuxième lecture par l’Assemblée nationale le 25 février 2026 par 299 voix contre 226.
Ce texte n’est pas une loi ordinaire. Il rompt avec une prohibition de vingt-cinq siècles — celle d’Hippocrate interdisant au médecin de remettre du poison, même si on l’en prie. Il instaure simultanément un dispositif pénal sans équivalent mondial, sanctionnant quiconque tenterait de dissuader un proche de mourir.
En convoquant Aristote, Cicéron, Thomas d’Aquin, Platon, Pierre Manent et Nicolas Berdiaeff, cet article démontre que cette loi est philosophiquement illégitime, juridiquement fragile, pratiquement dangereuse — et politiquement imposée contre l’opinion majoritaire des Français.
Le résumé ci-dessous restitue l’intégralité des arguments développés dans l’analyse complète.
——————– RÉSUMÉ ———————
La proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir », adoptée en deuxième lecture par l’Assemblée nationale le 25 février 2026 (299 voix pour, 226 contre), sera examinée par le Sénat en séance publique les 11, 12 et 13 mai 2026. Nous présentons dans ce résumé, l’intégralité des arguments développés dans l’article. Il est destiné aux lecteurs qui ne disposent pas du temps nécessaire pour lire le document complet.
Ce texte n’est pas une loi ordinaire. Il rompt avec une prohibition de vingt-cinq siècles — celle d’Hippocrate interdisant au médecin de remettre du poison, même si on l’en prie. Il instaure simultanément un dispositif pénal sans équivalent mondial, sanctionnant quiconque tenterait de dissuader un proche de mourir. L’article qui suit démontre que cette loi est philosophiquement illégitime, juridiquement fragile, pratiquement dangereuse et politiquement imposée contre l’opinion majoritaire des Français.
I. Le contexte et les définitions
La notion d’« aide à mourir » recouvre deux réalités distinctes : l’euthanasie active (administration d’une substance létale par un tiers) et le suicide assisté (fourniture de la substance que le patient s’administre lui-même). Ces deux actes sont fondamentalement différents de la sédation profonde et continue jusqu’au décès (SPCD) prévue par la loi Claeys-Leonetti de 2016, dans laquelle la mort résulte de la maladie et non d’un acte délibéré. Le glissement sémantique consistant à appeler « aide à mourir » ce qui est juridiquement un homicide volontaire, inscrit l’acte de donner la mort dans le registre du soin, préparant une acceptation culturelle que le mot juste ne permettrait pas.
L’enquête Fondapol / OpinionWay de janvier 2026 (3 021 personnes représentatives) démontre que les Français ne réclament pas cette loi. Ils préfèrent que les pouvoirs publics assurent d’abord une offre de soins palliatifs sur tout le territoire plutôt que de légaliser l’euthanasie. Ils sont majoritaires à souhaiter que leurs proches bénéficient de soins palliatifs de qualité plutôt que d’une euthanasie. 73 % d’entre eux exigent l’avis obligatoire d’un psychiatre en cas de doute sur le discernement. Loin d’être la traduction d’un consensus social, cette loi apparaît donc comme une rupture imposée.
II. La philosophie sous-jacente
Les défenseurs de la loi articulent leur propos autour de trois valeurs : l’autonomie individuelle, la compassion et la dignité. La formule « mourir dans la dignité » implique que mourir autrement — dans la dépendance, entouré de soignants et des proches — serait une mort indigne : elle conditionne la dignité humaine à des critères de performance et d’autonomie, contredisant frontalement la tradition des droits fondamentaux issue de l’après-guerre, dans laquelle la dignité est inhérente à toute personne indépendamment de son état de santé.
Ronald Dworkin, dans Life’s Dominion (1993), avait présenté l’interdiction de l’euthanasie comme un paternalisme étatique ; mais cet argument suppose que la personne délibère librement, ce que précisément la légalisation compromet.
L’argument de l’autonomie présuppose une liberté sans conditions. Or la personne qui demande à mourir est dans un état de vulnérabilité extrême. Plus de 600 psychiatres, psychologues et psychanalystes ont rappelé (mai 2025) : « le désir de mort est souvent un symptôme et un appel à l’aide auquel il faut pouvoir répondre ». Habermas a montré que la légalisation de l’euthanasie introduit une pression sociale diffuse — le sentiment de peser sur les proches ou le système de soins — qui mine la liberté réelle du consentement. Les études menées en Oregon le confirment : le sentiment d’être un fardeau (« burden feeling ») est invoqué dans 43 % des demandes en 2023.
La dimension idéologique est documentée : le lien entre l’ADMD et la franc-maçonnerie, le discours du Président de la République au Grand Orient de France (novembre 2023), les déclarations du sénateur Ouzoulias qualifiant ce texte de loi « profondément laïque » car libérant du « tabou religieux du suicide », composent un faisceau d’indices : cette loi est l’expression d’une prescription idéologique et religieuse déterminée. Or l’article 1er de la Constitution prohibe qu’une loi d’inspiration confessionnelle s’impose à l’ensemble des citoyens.
III. Les cinq fragilités juridiques majeures
1. L’indétermination de la « phase avancée ». Sans horizon temporel défini, des malades chroniques non terminaux (SLA, cancers évolutifs) pourraient être éligibles dès l’entrée en phase avancée.
2. La collision de normes. Le délit d’entrave (obligation négative, 2 ans d’emprisonnement) contredit frontalement l’obligation positive de porter secours à une personne en péril (art. 223-6 C. pén.). La proposition de loi ne prévoit aucune règle de résolution de ce conflit dans les situations limites.
3. Le délit d’entrave : un dispositif liberticide sans équivalent mondial. Deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende — peines doublées en deuxième lecture — pour quiconque tente de dissuader le recours à l’aide à mourir, y compris par une conversation familiale ou une visite d’aumônier.
4. L’absence de clause de conscience pour les pharmaciens et l’absence de clause de conscience collective. La France serait le seul pays ayant légalisé l’euthanasie à ne pas protéger la liberté de conscience des pharmaciens tenus de préparer la substance létale. Leur refus pourrait être qualifié d’entrave. Par ailleurs, la clause de conscience collective n’est pas prévue (service, établissement y compris les établissements confessionnels).
5. La violation du principe d’indisponibilité du corps humain (art. 16-1 C. civ.). Le développement des prélèvements d’organes associés à l’euthanasie, illustré par l’affaire concernant Mlle Noelia Castillo Ramos (Espagne, mars 2026), le remet directement en cause.
IV. L’expérience étrangère : l’élargissement structurel
Tous les pays ayant légalisé l’euthanasie confirment sans exception une dynamique d’élargissement progressif des critères. Ce glissement n’est pas accidentel. Il est inscrit dans la logique même du dispositif. Si le critère justificatif est la souffrance insupportable, toute souffrance — physique, psychologique, existentielle — est un motif potentiel. Si le critère est l’autonomie, aucune catégorie ne peut être durablement exclue sans contradiction logique.
Aux Pays-Bas, le nombre annuel d’euthanasies a été multiplié par cinq en vingt ans ; un protocole autorise désormais la pratique pour les enfants de un à douze ans dans des conditions précises. En Belgique, les cas sont passés de 236 en 2003 à 3 423 en 2023 ; l’euthanasie est légale pour les mineurs depuis 2002 et pour les troubles psychiatriques seuls. Au Canada, 3,3 % de la totalité des décès en 2022 résultaient de l’aide médicale à mourir ; des vétérans souffrant de stress post-traumatique se sont vus proposer cette solution. En France, l’ADMD a déclaré vouloir « aller plus loin » après adoption.
L’affaire concernant Mlle Noelia Castillo Ramos (Espagne, mars 2026) illustre la convergence structurelle entre euthanasie et commerce des organes. Cette jeune femme paraplégique de 25 ans, victime d’un viol, a été euthanasiée malgré un recours devant la CEDH. Des investigations postérieures ont révélé un triple conflit d’intérêts du médecin (praticien, certificateur du consentement au don, coordinateur des prélèvements) et des pressions pour accélérer l’acte au motif que les organes avaient déjà été attribués. Une plainte pénale a été déposée.
V. Les fondements philosophiques de l’opposition
La critique philosophique de cette loi représente la convergence de vingt-cinq siècles de raison. Aristote (Éthique à Nicomaque, Politique) enseigne que la cité existe pour le bien vivre de ses membres, non pour organiser leur disparition. Cicéron (De Legibus, De Republica) établit que la loi naturelle — antérieure à tout État — interdit le meurtre de l’innocent. Thomas d’Aquin (Somme théologique) démontre que le meurtre d’un innocent est un malum in se, intrinsèquement mauvais sans exception, et que la demande d’euthanasie relève de la pusillanimitas : abandon de la vertu de force devant la souffrance. Platon (Phédon) affirme que l’homme n’est pas propriétaire de sa vie mais gardien d’une mission qui le dépasse.
Pierre Manent formule la contradiction fondamentale : « Une loi prétendant régler la manière d’enfreindre le commandement le plus universel — ‘Tu ne tueras point’ — est le contraire d’une loi. » Grotius et Vattel, fondateurs du droit international moderne, établissent que les droits de la personne préexistent à l’État et conditionnent la légitimité de toute loi positive. Une loi autorisant la mise à mort d’innocents est, au sens propre, illégitime.
Nicolas Berdiaeff (De la destination de l’homme, 1935) apporte un regard complémentaire concernant la dimension existentielle: la mort est « le fait le plus profond et le plus significatif de la vie », et son sens réside en ce que l’éternité est irréalisable dans le temps. Une société qui réduit la mort à un acte médical programmé ne contrevient pas seulement à des normes, elle détruit la « destination » de l’homme, ce qui seul donne un sens à l’existence.
VI. L’alternative réelle : les soins palliatifs
La France dispose de moins de 0,8 lit de soins palliatifs pour 100 000 habitants, contre 2,5 en Allemagne. Or la morphine à doses titrées, la kétamine, les blocs nerveux et la sédation proportionnée par exemple, permettent de contrôler l’immense majorité des douleurs en fin de vie. Les études sur les unités bien dotées montrent que la demande d’euthanasie disparaît ou diminue fortement lorsque la douleur est correctement prise en charge. La souffrance résiduelle est le plus souvent existentielle et relève de l’accompagnement humain, non de la mort programmée.
Sur le plan économique, les données canadiennes sont éloquentes. Le Bureau du directeur parlementaire du budget a chiffré en 2020 que l’élargissement des critères générerait 149 millions de dollars d’économies « principalement via la diminution des soins palliatifs » (CMAJ, 2017 : 34,7 à 138,8 millions). Dans un système sous tension financière, la mort organisée coûte moins cher que la vie accompagnée : cette structure incitative est irréfutable, quelles que soient les déclarations de principe.
VII. Les voies d’action
Voie parlementaire : le Sénat, en séance du 11au 13 mai 2026, peut modifier ou rejeter le texte. Sa position majoritaire est hostile à la version de l’Assemblée. En cas de désaccord persistant, le gouvernement peut donner le dernier mot à l’Assemblée (art. 45 de la Constitution), mais aucun vote n’est irréversible avant cette étape.
Voie constitutionnelle : plusieurs dispositions — le délit d’entrave, l’absence de clause de conscience pour les pharmaciens, l’obligation potentielle faite aux établissements confessionnels sont susceptibles d’un recours devant le Conseil constitutionnel avec soixante signatures parlementaires.
Voie judiciaire européenne : des recours devant la CEDH sont possibles sur le fondement de l’article 2 (droit à la vie), de l’article 9 (liberté de conscience et protection des convictions religieuses des soignants), de l’article 10 (liberté d’expression, délit d’entrave) et de l’article 8 (inviolabilité du domicile face au délit d’entrave) de la Convention européenne.
Voie culturelle : rappeler que la médecine a pour vocation de soigner, non de supprimer ; exiger un développement massif des soins palliatifs ; nommer la filiation idéologique du texte ; témoigner de ce qu’impose concrètement l’acte d’euthanasie aux soignants. Ce sont là les arguments qui, dans la durée, peuvent faire reculer une loi dont l’acceptation profonde par la société française est loin d’être acquise.
« La loi n’est légitime que si elle est au service du bien commun et de la vie. »
La trisomie 21 bientôt soignable ?
Un mécanisme naturel permet de « désactiver » le fameux chromosome surnuméraire. Une équipe de chercheurs américains est parvenue à « éteindre » le troisième chromosome 21 grâce à une stratégie génétique inédite.
La trisomie 21, ou syndrome de Down, se caractérise par la présence d’une troisième copie du chromosome 21. Cette anomalie provoque une surcharge d’instructions génétiques au cœur des cellules. Pour tenter de neutraliser ce déséquilibre, des scientifiques du Beth Israel Deaconess Medical Center (qui est affilié à Harvard) ont puisé leur inspiration dans le génome féminin. En effet, au début du développement embryonnaire, les femmes possèdent deux chromosomes X. Pour éviter une « double dose » toxique de gènes, leur organisme tout juste conçu utilise un gène spécifique, appelé XIST, qui agit comme un interrupteur naturel pour désactiver l’un des deux chromosomes X.
L’idée de génie des chercheurs a été d’appliquer cet interrupteur biologique au chromosome 21, en utilisant une version modifiée des célèbres ciseaux génétiques CRISPR/Cas9. Leur équipe a réussi à insérer le gène XIST de manière très ciblée sur le chromosome 21 supplémentaire. L’expérience a été menée en laboratoire sur des cellules souches humaines (cellules iPS) porteuses de la trisomie.
Les résultats, publiés dans la prestigieuse revue PNAS, sont encourageants. L’intégration du gène a fonctionné avec une efficacité de 20 à 40 %, et ce, exactement à l’endroit souhaité, sans altérer massivement le reste du génome. Les précédentes tentatives avaient un taux de succès bien plus faible et endommageaient souvent le génome. L’efficacité aurait été améliorée d’environ 30 fois avec cette solution optimisée.
S’il est important de souligner que cette prouesse scientifique n’est pour l’instant réalisée qu’in vitro, elle marque une étape historique. Ce n’est pas encore un traitement immédiat : d’autres études devront s’assurer que l’outil génétique ne coupe pas de manière indésirable d’autres brins d’ADN. Néanmoins, cette preuve de concept ouvre une voie thérapeutique révolutionnaire pour le futur de la recherche sur les pathologies chromosomiques.
L’Etat français incapable de protéger… ses terrains militaires
Il y a quelques jours, nous apprenions que les services de l’Etat pouvaient être hackés par un adolescent de 15 ans.
Ce week-end, les Français ont découvert que 30 000 personnes peuvent envahir un terrain militaire français… sans aucune réaction de l’Etat.
Des milliers de personnes se sont rassemblées vendredi matin près de Bourges pour une free party sur un terrain militaire rendu «très dangereux» par la présence potentielle de munitions non explosées, a déclaré à l’AFP le préfet du Cher ce vendredi matin. Vers 9h, les autorités avaient déjà dénombré 2300 véhicules, soit environ 8000 personnes, réunies sur le Polygone, un champ de tir de la Délégation générale à l’armement, a expliqué Philippe Le Moing Surzur. Les organisateurs de l’événement ont fait savoir à la préfecture «par un contact indirect» attendre 30.000 personnes.
Après l’évènement, le quotidien Le Monde a publié un article titré :
« Free party près de Bourges, l’évènement aux 20 000 participants se poursuit sans incident majeur »
Sauf que 4 personnes se sont retrouvées « en urgence absolue ».
A posteriori, Le Monde a réécrit le titre de l’article :
« Le « teknival de Bourges », une free-party, réunit toujours des milliers de personnes sur un terrain militaire »
Il aurait été plus juste d’écrire un second article informant sur les urgences absolues.
Et l’Etat a finalement réagi : les participants ont été verbalisés à la sortie… 19636 contrôles ont été opérés à la date du lundi 4 mai, au matin, 8776 véhicules contrôlés, 3578 procès-verbaux, neuf interpellations et cinq gardes à vue. 87 personnes ont été prises en charge par les services de secours, dont quatre en urgence absolue. Deux obus ont été découverts au cours du week-end à proximité du rassemblement.
Pour un dialogue entre les autorités épiscopales et le milieu traditionaliste
Mgr Olivier de Cagny, évêque d’Évreux, chargé des questions liturgiques à la Conférence des évêques de France, a été interrogé dans La Nef. Extrait :
Pour vous, les catholiques attachés au Vetus Ordo représentent-ils une richesse pour l’Église?
Oui, bien sûr ! Même s’ils ne sont pas la majorité, ils sont souvent fervents, ont le souci de transmettre la foi et de prier en mettant Dieu au centre. Il me semble néanmoins important d’éviter d’enfermer les fidèles dans des stéréotypes. Beaucoup de jeunes, par exemple, passent aisément d’une forme liturgique à une autre, si bien que les repères sont un peu brouillés et qu’il n’est ni juste ni utile de dire de quelqu’un qu’il est « tradi » ou ne l’est pas. Ce que je constate avec joie dans notre société très laïcisée, c’est qu’il y a un renouveau de la ferveur. On le voit avec les pèlerinages, les dévotions populaires, l’attachement au culte des saints. Il faut soutenir ces initiatives, mais en étant attentif à ce que la foi soit vraiment nourrie intérieurement, et que l’attachement à une forme extérieure du rite ne masque pas l’essentiel: notre participation au sacrifice du Christ, à son mystère pascal, dans la communion de toute l’Église.
N’y a-t-il pas depuis longtemps un déficit d’échanges et de dialogue entre les autorités ecclésiales et le monde « tradi » ? Seriez-vous prêts, par exemple, à inviter le Père Abbé de Fontgombault à Lourdes ? Et pourquoi ne pas intégrer aussi les fidèles à ce dialogue?
Je souhaite vivement que ce dialogue puisse exister sereinement sur des fondements théologiques solides. C’est le seul moyen de dépasser les blocages qui se manifestent ici ou là. Je suis attristé de voir que dans nos discussions sur la liturgie nous donnons trop souvent une image faussée de l’Église, comme si deux camps devaient s’y affronter, avec d’un côté des évêques un peu à la traîne ou trop tièdes, et de l’autre quelques fidèles fervents, défenseurs courageux d’une rigueur ritualiste qui garantirait en soi l’orthodoxie doctrinale. Cette présentation de la question me semble absurde et stérile. Il faut sortir de la logique du marchandage, d’où la nécessité de discussions de fond, et pas seulement sur des aspects affectifs ou réglementaires. Des pères abbés ou des supérieurs de communautés attachées au Vetus Ordo et qui sont en pleine communion avec l’Église peuvent bien sûr nous aider à avancer, et j’aimerais que nous puissions travailler avec eux. […]
Nouveaux sacres d’évêques : un théologien de la FSSPX répond aux jeunes (entretien vidéo)
À l’approche des consécrations épiscopales du 1er juillet à Écône, de nombreux fidèles catholiques s’interrogent : pourquoi cet acte est-il jugé légitime ? Que dit véritablement la théologie catholique sur l’Église, l’autorité, l’unité et l’état de nécessité ? Pour répondre avec clarté à ces questions décisives, M. l’abbé Jean-Michel Gleize, professeur d’ecclésiologie, répond aux interrogations de quatre jeunes fidèles.
Lien youtube vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=nZzEz_nSdRI
Chapitres
Importance des sacres
00:44 Pourquoi ces sacres sont-ils si importants pour la Fraternité ?
01:40 Comment pouvez-vous dire que c’est pour l’Église alors que vous agissez contre Rome ?
02:40 Vous parlez souvent d’« opération survie ». Par quoi passe cette survie
03:40 L’Église est-elle encore en état de « survie » aujourd’hui ?
L’état de nécessité
05:42 L’état de nécessité : que signifie vraiment cet argument de la Fraternité ?
06:55 La Fraternité risque-t-elle la dérive protestante ?
07:57 Pourquoi la Fraternité refuse-t-elle la voie “Ecclesia Dei” malgré son apparente sécurité ?
08:45 Des prêtres ordonnés sans évêques propres : pourquoi cela ne suffit-il pas selon la Fraternité ?
Les erreurs de Vatican II
09:40 Les erreurs de Vatican II sont-elles vraiment décisives pour la survie de la foi ?
11:20 Est-ce qu’il y a pour les fidèles des signes concrets de cet état de nécessité ?
12:29 Indéfectibilité de l’Église : la Fraternité remet-elle ce dogme en cause ?
Quelles lois peuvent souffrir exception ?
14:24 L’état de nécessité justifie-t-il tout ? Quelles sont ses vraies limites ?
17:02 Sacres sans mandat pontifical : opposition au droit divin ou simple loi ecclésiastique ?
Schisme ou désobéissance ?
19:00 Désobéissance grave ou schisme ? Comprendre la différence essentielle
20:47 Les sacres du 1er juillet sont-ils intrinsèquement mauvais ?
21:22 Qu’est-ce qui rendrait réellement une consécration épiscopale schismatique ?
21:57 La Fraternité agit-elle déjà comme si elle avait juridiction ?
24:20 Résister sans quitter l’Église : comment distinguer évêques FSSPX et véritables schismatiques ?
Foi et obéissance
26:26 Foi et obéissance : sur quoi repose d’abord la véritable unité de l’Église ?
27:30 Une Église surnaturelle mais visible : comment comprendre cette unité ?
28:49 Peut-on obéir au détriment de la foi ?
29:56 Le pape comme principe visible d’unité : comment concilier autorité et fidélité à la foi ?
31:19 Comment aimer véritablement le pape en temps de crise dans l’Église ?
32:19 Résister sans dériver : comment éviter le piège du sédévacantisme ?
Pouvoir d’ordre et pouvoir de juridiction
34:18 Pouvoir d’ordre et pouvoir de juridiction : la distinction clé pour comprendre les sacres
37:23 Pouvoir d’ordre et juridiction : pourquoi peuvent-ils être distincts malgré leur union habituelle ?
39:32 Consécration et mission canonique : pourquoi cette distinction est-elle théologiquement décisive ?
40:41 Vatican II a-t-il brouillé la distinction entre pouvoir d’ordre et juridiction ?
42:20 L’autorité croissante des laïcs dans l’Église confirme-t-elle la distinction entre ordre et juridiction ?
43:16 Ordre et juridiction : l’essentiel à comprendre simplement pour les fidèles
Objections des milieux conservateurs et Ecclesia Dei
43:59 Cardinal Sarah : quelle limite fondamentale à sa position ?
44:50 L’évêque se définit-il avant tout par son pouvoir de juridiction ?
47:11 Père de Blignières : son erreur porte-t-elle sur l’état de nécessité ou sur l’unité de l’Église ?
51:41 La liturgie du sacre unit-elle intrinsèquement ordre et juridiction ?
Soutiens extérieurs
54:38 Mgr Strickland et Mgr Schneider confirment-ils l’analyse de la Fraternité ?
55:53 Soutiens extérieurs : renforcent-ils l’argument… ou seulement sa visibilité ?
Excommunication
56:25 Menace d’excommunication : automatique, valide… sans portée réelle ?
1988 et 2026
58:17 1988 et 2026 : qu’est-ce qui a réellement changé ?
1:01:04 1988 et 2026 : le même principe de transmission sans juridiction ?
1:01:47 Le “schisme d’Écône” médiatique masque-t-il le vrai débat théologique ?
Que doit retenir un fidèle ?
1:03:07 À l’approche du 1er juillet : l’essentiel que chaque fidèle doit retenir
1:04:05 À l’approche du 1er juillet : quel danger guette les fidèles ?
1:04:43 Quel acte de foi concret poser pour rester véritablement catholique aujourd’hui ?
1:06:26 L’acte de l’intelligence : quelle distinction essentielle faut-il comprendre pour garder la foi ?
1:07:23 En 30 secondes : pourquoi les sacres de 2026 sont-ils nécessaires ?
Source : FSSPX Actualités
🎥 Video : Siebe van Gaever
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Les miracles eucharistiques, une énigme scientifique ?
Aymeric Pourbaix reçoit :
- 𝐀𝐧𝐭𝐨𝐧𝐢𝐚 𝐀𝐂𝐔𝐓𝐈𝐒, mère de saint Carlo ACUTIS et auteur de « Spiritual Insight : Notes personnelles de Carlo Acutis »
- 𝐌𝐚𝐫𝐢𝐞 𝐌𝐀𝐈𝐋𝐋𝐀𝐑𝐃, auteur de « Les miracles eucharistiques dans le monde »
- 𝐃𝐨𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐨 𝐒𝐄𝐑𝐀𝐅𝐈𝐍𝐈, cardiologue
Non, on n’a pas retrouvé 42 pages perdues du Nouveau Testament
Yves Daoudal corrige le désinformation colportée par les médias, y compris La Croix :
Non, on n’a pas retrouvé 42 pages perdues du Nouveau Testament. Des chercheurs ont réussi à reconstituer 42 pages des épîtres de saint Paul qui manquaient dans le codex H (ou 015). Un manuscrit terriblement mutilé, partiellement conservé au Mont Athos, et dont il y a sept autres morceaux dispersés à Saint-Pétersbourg, Moscou, Kiev, Paris, Turin, mais qui est une des références pour l’établissement du texte. Il date du VIe siècle et c’est un « témoin constant de premier ordre », selon la terminologie de Nestle-Aland, pour huit épîtres de saint Paul et pour l’épître aux Hébreux.
On avait vu que certaines pages portaient des traces de la page opposée qui avait disparu. Des traces souvent presque invisibles. Mais les dernières techniques d’imagerie ont permis de « lire » ces traces, y compris celles qu’on ne voyait pas.
Les spécialistes verront si l’on y trouve d’intéressantes variantes. Mais en tout état de cause cela ne peut être que très marginal. Le codex H n’est que l’un des 33 « témoins constants de premier ordre » pour la première aux Corinthiens, dont voici les versets 19-22 du chapitre 10, retrouvés dans le fragment Coislin 202 conservé à Paris.
79 ans, fracture de la hanche : on lui propose l’euthanasie …
Un prêtre catholique de 79 ans, le P. Larry Holland, qui se remet d’une fracture de la hanche à l’Hôpital de Vancouver au Canada, a déclaré qu’on lui a proposé deux fois l’Aide médicale à mourir (AMM), alors même qu’il avait clairement indiqué qu’il est prêtre catholique et moralement opposé à l’euthanasie.
Le père Holland a déclaré qu’il n’était pas en train de mourir, ni à ce moment-là ni maintenant, et que l’évocation de l’aide médicale à mourir par le médecin l’avait laissé « un peu sans voix » pendant un instant. Le médecin a ensuite abordé à nouveau le sujet, en disant que c’était « une chose dont ils doivent discuter avec une personne ayant reçu un diagnostic terminal ». Le père Holland se souvient avoir dit au médecin qu’il était moralement opposé à l’euthanasie. Le médecin expliqua qu’«il voulait simplement s’assurer que, si un diagnostic [terminal] était posé ou non… je connaisse les différents services auxquels j’avais accès».
Quelques semaines plus tard, une deuxième offre d’aide médicale à mourir est venue d’une infirmière qui, selon le prêtre, semblait mal à l’aise d’aborder le sujet et le faisait probablement par compassion en raison de la douleur qu’il endurait. « C’est une fausse compassion, en réalité », a-t-il déclaré.
Ces deux incidents surviennent alors que le Canada approche les 100 000 décès par aide médicale à mourir.
La commission des affaires sociales du Sénat a adopté une version plus restrictive de la proposition de loi sur l’euthanasie
Lu dans Le JDD :
Réunie le 29 avril, en amont de l’examen du texte en séance publique les 11, 12 et 13 mai prochain, la commission des affaires sociales du Sénat a adopté une version plus restrictive de la proposition de loi initialement portée par Olivier Falorni. Premier infléchissement : le texte ne reconnaît plus un « droit » à l’aide à mourir, mais une « assistance médicale à mourir » strictement limitée à la toute fin de vie, réservée aux patients dont le pronostic vital est engagé « à court terme ». […]
Autre évolution : si les critères de majorité et de discernement sont maintenus, la condition de nationalité ou de résidence en France a été supprimée. Les rapporteurs ont également insisté sur la nécessité de protéger les professionnels de santé, qualifiant la participation à une telle procédure de « rupture fondamentale » avec leur mission. La clause de conscience a été étendue à l’ensemble des intervenants potentiels, y compris les pharmaciens, psychologues et personnels médico-sociaux. Enfin, la commission a supprimé le délit d’entrave à l’aide à mourir. Le cadre général du dispositif reste toutefois inchangé sur un point : le suicide assisté demeure la règle et l’euthanasie l’exception, comme dans la version adoptée par les députés.
Du côté des opposants au texte, les critiques restent vives malgré ce resserrement affiché. « Ce qui est présenté comme un compromis n’en est pas un, a réagi auprès du JDD la présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), Ségolène Perruchio. D’une part, cela valide le principe de l’aide active à mourir. D’autre part, la transformer en assistance médicalisée à mourir l’inscrit encore davantage dans le champ du soin. Cette évolution renforce la confusion entre soigner et donner la mort, alors même que de nombreux soignants rappellent que ces deux actes ne peuvent être assimilés. »
Elle juge par ailleurs « en grande partie illusoire » le resserrement aux seuls patients en toute fin de vie : selon elle, à ce stade, les malades expriment d’abord une demande de soulagement plutôt qu’un désir de mourir. Elle souligne aussi que leurs capacités de décision sont souvent altérées, parfois fortement, et que les demandes émanent plus fréquemment de l’entourage, avec un risque de pressions pour accélérer les choses.
Dans un communiqué, le collectif Les Éligibles dénonce des critères « flous et extensibles », fondés sur des notions médicales « insuffisamment définies » et susceptibles d’évoluer. Il alerte aussi sur une protection du consentement jugée « gravement insuffisante », en l’absence d’évaluation psychologique indépendante. Le collectif pointe enfin une « confusion éthique majeure » : en intégrant la mort provoquée dans le champ du soin et en impliquant les soignants dans un acte létal, le texte risquerait de fragiliser la relation de confiance, dans un contexte où les soins palliatifs restent « largement sous-développés ». […]
Louisiane : interdiction de la vente par correspondance de la pilule abortive
Bonne nouvelle aux Etats-Unis :
Une bonne nouvelle pour la vie aux Etats-Unis : la cour d’appel du cinquième circuit a donné raison à la Louisiane qui contestait la prescription et la délivrance de la mifépristone sans consultation en personne. En clair : cette cour d’appel fédérale interdit la vente par correspondance de la pilule abortive dans tous les Etats où elle est interdite.
Les trois magistrats (deux nommés par Trump et un par Bush ont souligné que la politique permettant l’envoi de la pilule abortive par la poste facilitait « désormais près de 1.000 avortements illégaux par mois en Louisiane ».
On estime actuellement qu’environ deux tiers des avortements aux États-Unis sont pratiqués à l’aide de pilules.
Cette décision est « sans doute le plus grand recul en matière d’accès à l’avortement depuis l’arrêt rendu en 2022 par la Cour suprême annulant l’arrêt Roe v. Wade », a commenté Politico.
L’arrêt sera contesté devant la Cour suprême. Mais il y a toutes les chances qu’elle le confirme.
Les ordinations épiscopales de la FSSPX : une question spirituelle
Dernier article de l’abbé Spriet :
Nous savons que les différends entre Rome et la FSSPX sont essentiellement doctrinaux mais je prétends (peut-être à tort) que la solution est aussi en grande partie spirituelle. Peut-être même est-elle d’abord spirituelle.
Pourquoi ? Parce qu’il existe un lien entre un certain aveuglement du cœur et de l’intelligence et l’action du démon (cf. l’oraison du Vendredi-Saint pour les hérétiques et les schismatiques). Cette tentation peut se présenter à chacun de nous.
Depuis le péché originel nous savons qu’il existe un lien funeste entre l’orgueil et les autres péchés. Par exemple : plus une âme est orgueilleuse et plus elle refuse de se soumettre à une autorité, tant en matière d’enseignement que de gouvernement. Orgueil et désobéissance, orgueil et manque de docilité vont de pair (la docilité est la capacité à se laisser instruire cf. IIa IIae q 49 a 3). Non serviam dit Satan.
Il ne faut pas “juger” le Magistère de l’Eglise (extraordinaire et ordinaire) mais bien plutôt être “jugés” par lui. En effet, c’est le Magistère de l’Eglise qui me dit où est la vraie foi, et non mon opinion sur ce que doit être la vraie foi qui me dit où est la vraie Eglise. C’est capital.
Saint Jean-Paul II et la cardinal Joseph Ratzinger avaient pointé le problème de fond en 1988 : “A la racine de cet acte schismatique [i.e des ordinations épiscopales contre l’interdiction pontificale], on trouve une notion incomplète et contradictoire de la Tradition. Incomplète parce qu’elle ne tient pas suffisamment compte du caractère vivant de la Tradition qui, comme l’a enseigné clairement le Concile Vatican II, «tire son origine des apôtres, se poursuit dans l’Eglise sous l’assistance de l’Esprit-Saint: en effet, la perception des choses aussi bien que des paroles transmises s’accroît, soit par la contemplation et l’étude des croyants qui les méditent en leur cœur, soit par l’intelligence intérieure qu’ils éprouvent des choses spirituelles, soit par la prédication de ceux qui, avec la succession épiscopale, reçurent un charisme certain de vérité (Conc. Vatican II. Constitution Dei Verbum, n· 8 ; cf. Conc. Vatican I. Constitution Dei Filius, ch. 4 : DS 3020) ». Mais c’est surtout une notion de la Tradition, qui s’oppose au Magistère universel de l’Eglise lequel appartient à l’évêque de Rome et au corps des évêques, qui est contradictoire. Personne ne peut rester fidèle à la Tradition en rompant le lien ecclésial avec celui à qui le Christ, en la personne de l’apôtre Pierre, a confié le ministère de l’unité dans son Eglise (Cf. Mt. 16. 18 ; Lc. 10. 16 ; Conc. Vatican I, Constitution Pastor æternus, chap. 3 : DS 3060)”.
En d’autres termes, comme vous pouvez le voir dans les références ci-dessus : c’est au nom de la Parole de Dieu et du concile Vatican I en particulier, que la FSSPX devrait revoir sa manière de considérer la Tradition (et le Magistère) et ne pas se prendre pour la Tradition de l’Eglise ou les seuls garants fidèles de la Tradition.
Il n’est pas possible d’être vraiment catholique sans une vraie soumission à l’autorité du successeur de Pierre tant au niveau de la doctrine que du gouvernement (cf. Vatican I).
Que faire ?
Le pape Saint Pie X nous enseigne dans son Catéchisme : “Pouvons-nous être de quelque secours aux excommuniés ? Oui, nous pouvons être de quelque secours aux excommuniés et à tous les autres qui sont hors de la véritable Eglise, par des avis salutaires, par des prières et des bonnes œuvres, suppliant Dieu que, par sa miséricorde, Il leur fasse la grâce de se convertir à la foi et d’entrer dans la communion des Saints”. La question est donc profondément spirituelle.
Un appel à l’unité
Saint Paul exhortait les habitants d’Ephèse à l’unité dans le Corps du Christ qui est l’Eglise : “Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous” (Ep 4, 1-6).
Dans sa lettre accompagnant le motu proprio Summorum Pontificum, Benoit XVI soulignait : “Il me vient à l’esprit une phrase de la seconde épître aux Corinthiens, où Saint Paul écrit : « Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens ; notre cœur s’est grand ouvert. Vous n’êtes pas à l’étroit chez nous ; c’est dans vos cœurs que vous êtes à l’étroit. Payez-nous donc de retour ; … ouvrez tout grand votre cœur, vous aussi ! » (2 Co 6,11-13). Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place”.
Benoit XVI en appelait donc à une solution spirituelle pour trouver un chemin de réconciliation.
Inversement, il y a une fermeture spirituelle du cœur qui fait obstacle à la communion ecclésiale.
Deux années plus tard, lorsque Benoit XVI levait l’excommunication encourue par les quatre évêques de la FSSPX, le décret précisait ceci : “Par cet acte, on désire consolider les relations réciproques de confiance, intensifier et stabiliser les relations de la Fraternité Saint-Pie X avec le Siège Apostolique. Ce don de paix, au terme des célébrations de Noël, veut aussi être un signe pour promouvoir l’unité dans la charité de l’Église universelle et arriver à supprimer le scandale de la division. On souhaite que ce pas soit suivi de la réalisation rapide de la pleine communion avec l’Église de toute la Fraternité Saint-Pie X, témoignant ainsi une vraie fidélité et une vraie reconnaissance du Magistère et de l’autorité du Pape avec la preuve de l’unité visible” (décret du 21 janvier 2009). Le pape avait fait un geste de miséricorde et il en espérait des fruits d’unité.
Saint Thomas d’Aquin nous propose un chemin de vigilance et d’unité
Cette solution spirituelle a été exposée avec clarté par Mgr Augustine Di Noia, vice-président de la Commission pontificale Ecclesia Dei dans une lettre adressée aux prêtres de la FSSPX durant l’avent 2012. Je cite des passages qui sont d’une grande actualité car ils transcendent le temps. Ces conseils valent aussi bien pour les membres de la FSSPX que pour toute personne humaine dans l’Eglise.
“Afin de persévérer dans l’unité de l’Église, saint Thomas d’Aquin remarque que, d’après saint Paul, « il faut cultiver quatre vertus et proscrire les quatre vices qui leur sont opposés » (Commentaire de la Lettre aux Éphésiens, § 191). Que faut-il éviter sur la voie de l’unité ? L’orgueil, la colère, l’impatience et le zèle désordonné. D’après l’Aquinate, « le premier vice rejeté par [saint Paul] est l’orgueil. Quand une personne arrogante décide de diriger les autres, alors que ces autres, dans leur fierté, refusent de se soumettre, des désaccords surgissent dans la société, et la paix disparaît … La colère est le deuxième vice. Car un colérique est porté à l’injustice, verbale ou physique, ce qui provoque la confusion. …Le troisième est l’impatience. Parfois, un homme humble et doux, qui s’interdit de provoquer le trouble, ne supporte pas avec patience les attaques effectives ou projetées qu’on porte contre lui. … Le quatrième vice est le zèle désordonné. Le zèle désordonné peut porter sur n’importe quoi ; à cause de lui, les hommes vont juger de tout ce qu’ils voient, sans attendre le bon moment ou le bon endroit, et c’est une catastrophe pour la société » (ibid.) Comment pouvons-nous agir contre ces vices ? Saint Paul nous dit : « Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour » (Ep 4,2). D’après l’Aquinate, en nous faisant voir la bonté présente chez les autres et reconnaître nos propres forces et nos propres faiblesses, l’humilité nous aide à éviter l’esprit de rivalité dans nos rapports avec autrui. La douceur « aplanit les difficultés et préserve la paix » (Commentaire de la Lettre aux Éphésiens, § 191). Elle nous aide à éviter les manifestations désordonnées de colère en nous donnant la sérénité de faire notre devoir avec égalité d’humeur et dans un esprit de paix. La patience nous rend capables de supporter la souffrance pour obtenir le bien recherché, surtout s’il est difficile à atteindre ou si des circonstances extérieures militent contre la réalisation de l’objectif. La charité fait éviter le zèle désordonné en nous donnant de nous soutenir les uns les autres, « en portant les défauts des autres avec charité » (ibid.). Saint Thomas donne ce conseil : « Quand quelqu’un tombe, il ne faudrait pas immédiatement le corriger, à moins qu’il y ait un temps et un lieu pour cela. Il faudrait attendre avec compassion, puisque la charité supporte tout (1 Co 13, 7). Il ne s’agit pas de tolérer par négligence ou complicité, par familiarité ou amitié charnelle, mais par charité. … Nous qui sommes forts, nous devons porter les infirmités des faibles (Rm 15, 1) » (ibid.). Le prudent conseil de saint Thomas peut nous être utile, si nous acceptons d’être formés par sa sagesse. Au cours des quarante dernières années, nos relations n’ont-elles pas parfois manqué d’humilité, de douceur, de patience et de charité ? (…) Comment les vertus d’humilité, de douceur, de patience et de charité peuvent-elles modeler nos pensées et nos actions. D’abord, si nous cherchons humblement à reconnaître la bonté qui existe chez ceux avec qui nous pouvons être en désaccord sur des points même apparemment fondamentaux, nous sommes capables d’examiner des questions disputées dans un esprit d’ouverture et en toute bonne foi. Deuxièmement, si nous avons une véritable douceur, nous pouvons garder un esprit de sérénité, en évitant de parler sur un ton qui divise ou de développer des considérations imprudentes qui offenseront au lieu de favoriser la paix et la compréhension mutuelle. Troisièmement, si nous gardons une vraie patience, nous reconnaîtrons que, dans la recherche du bien précieux que nous poursuivons, nous devons vouloir, si nécessaire, accepter la souffrance de l’attente. Enfin, si nous sentons encore le besoin de corriger nos frères, ce doit être avec charité, au bon moment et au bon endroit”.
L’heure est à la prière et à la pénitence afin que le Saint-Siège et la FSSPX trouvent un moyen d’éviter un nouvel acte schismatique.
A l’heure actuelle, il ne s’agit pas d’abdiquer le travail de notre intelligence et de demander le silence aux théologiens. Au contraire : il faut former notre conscience car chacun de nous est tenu de chercher la vérité (cf. CEC 1783, 1789, 1791). Les fidèles du Christ, pour former leur conscience, doivent prendre en sérieuse considération la doctrine sainte et certaine de l’Église (cf. Pie XII, Message radioph., 23 mars 1952 : AAS (1952), p. 270-278). Quand nous avons vu la vérité, nous devons l’embrasser et lui conformer nos décisions et nos actions. “L’ignorance du Christ et de son Évangile, les mauvais exemples donnés par autrui, la servitude des passions, la prétention à une autonomie mal entendue de la conscience, le refus de l’autorité de l’Église et de son enseignement, le manque de conversion et de charité peuvent être à l’origine des déviations du jugement dans la conduite morale” (CEC 1792). Les litanies de l’Esprit-Saint disent à merveille : “De la résistance à la vérité connue, délivrez-nous Seigneur”.
C’est la tâche que nous avons tous à accomplir : nous laisser enseigner docilement par l’Eglise pour former notre conscience et ne pas opposer de résistance à la vérité connue et enseignée par l’Eglise.
Sinon : quel gâchis !
Articles précédents :
- Ordinations épiscopales de la FSSPX : quel gâchis !
- Les ordinations épiscopales de la FSSPX : un état de nécessité ?
- Les ordinations épiscopales de la FSSPX : un aspect théologique
- Les ordinations épiscopales de la FSSPX : un aspect ecclésiologique
- Les ordinations épiscopales de la FSSPX : un acte schismatique ?
- Etre excommunié ?
L’Œuvre d’Orient dénonce la destruction d’un couvent à Yaroun
Communiqué :
Ce vendredi, l’armée israélienne a procédé à la destruction d’un couvent à Yaroun, un village du Sud Liban. Ce sanctuaire appartenait aux soeurs Salvatoriennes, un ordre religieux grec-catholique que L’Œuvre d’Orient connaît et soutient régulièrement, en particulier les écoles dont les religieuses s’occupent au Liban.
L’Œuvre d’Orient dénonce cet acte volontaire de destruction d’un lieux de culte et la destruction systématique des habitations du Sud-Liban visant à empêcher le retour des populations civiles.
L’Œuvre d’Orient rappelle que d’autres sanctuaires chrétiens ont également été détruits lors de la guerre en 2024, comme les églises melkites des villages de Yaroun et Derdghaya, toutes deux classées au patrimoine libanais.
Pour soutenir l’action de L’Œuvre d’Orient qui soutient les chrétiens du Liban dans leur mission au service des Libanais déplacés vous pouvez relayer l’appel de fonds vers https://secure.oeuvre-orient.fr/soutenir-liban
Terres de Mission : L’oppression des chrétiens en Algérie
Eglise universelle : Voyage du Pape en Afrique du 13 au 23 avril
Du 13 au 23 avril, le Pape Léon XIV a parcouru 17 700 kms visitant l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée Equatoriale. Journaliste à France catholique, Fabrice Madouas, dresse le bilan de cette rencontre avec un christianisme africain particulièrement dynamique et néanmoins confronté à de nombreux défis dont les relations avec l’Islam et l’émigration en Europe de nombreuses élites africaines.
Eglise en France : l’oppression des chrétiens en Algérie
L’ECLJ (Centre Européen pour le Droit et la Justice) vient de publier un rapport accablant, de 40 pages, sur l’absence de liberté religieuse en Algérie. Thibault van den Bossche, juriste à l’ECLJ, présente la situation des 8 000 catholiques et 150 000 protestants vivant en Algérie dans une situation de citoyens de seconde zone.
Eglise en Marche : Un mauvais rêve – Biopsie d’une meurtrière
Directeur de l’Espace Bernanos, Vianney Mallein, nous présente cette pièce : « Un mauvais rêve – Biopsie d’une meurtrière », adaptée d’un roman policier de Georges Bernanos. Une nouvelle occasion de méditer sur les rapports de Bernanos, et de chacun d’entre nous, avec la vérité et le mensonge.
Ma vie sans moi
« Je suis celui qui n’est personne, et qui est tout le monde, et qui est le ciel même. »
Armand Robin.
Le Monde d’une voix.
« Ma vie sans moi » Editions Gallimard.
Mon ancien patron chez bioMérieux m’a dit quelque chose dans un avion. Il venait d’un monde où tout se mesure. Des charges virales, des seuils, des courbes qui montent ou qui s’infléchissent. Un monde où l’on met des chiffres sur le vivant pour savoir où agir. Il ne me regardait pas. Il regardait les nuages, comme on fixe un point pour ne pas cligner.
Il a dit : en voiture, quand ça part, on peut encore tenter quelque chose. Tourner, freiner, jurer. Ici, non.
J’ai répondu oui. J’ai hoché la tête comme on le fait quand on veut que la phrase passe. Je n’ai rien pris.
Parce que j’aime avoir quelque chose dans les mains. Un volant, une poignée, une phrase qui tient droit. J’aime sentir qu’il y a un endroit où appuyer, même si ça ne change presque rien. Même si c’est faux.
Il y a un endroit où ça ne prend pas.
Si je reste un peu trop longtemps immobile, je le sens : ça cogne dans la poitrine. Pas fort, pas spectaculaire. Juste régulier. Présent. La chemise bouge à peine. Une tension sous les côtes. Aucun capteur. Aucun chiffre. Rien que ce battement sans commande.
Je n’ai rien lancé. Je ne donne aucun ordre. Ça bat sans moi.
Si j’essaie d’imaginer l’arrêter, je ne trouve rien. Aucun levier. Aucun bouton. Même pas une idée crédible. Et pour le faire continuer, pareil. Je suis dedans, et je ne sais rien faire.
Je vis là-dedans depuis toujours, et la plupart du temps, je regarde ailleurs. Je prends quelque chose, n’importe quoi. Un écran, une phrase, une tâche minuscule. Juste de quoi occuper les mains. On s’occupe les mains pour ne pas sentir qu’elles sont vides.
Par moments, ça rate.
Pas longtemps. Une image trop nette. Une seconde qui ne glisse pas. Le bruit autour qui se creuse d’un coup. Et ça revient : il n’y a rien à tenir ici.
Thérèse de Lisieux avait peur. Pas une grande peur. Une peur qui revient, qui s’installe dans les coins, qui fatigue.
Elle disait : je suis trop petite pour monter l’escalier.
Avant l’ascenseur, il y a ça.
Trop petite.
Le dire sans détourner la tête. Sans chercher tout de suite une solution, une image, une sortie. Rester une seconde de plus. Peut-être deux.
Sentir que ça bat sans moi. Que ça tient sans moi.
Au début, ça creuse. Comme si le sol cédait un peu. Comme un léger vertige, pas assez fort pour tomber, mais suffisant pour que le corps hésite.
Puis ça ne tombe pas.
La respiration revient sans qu’on y pense. L’air entre, sort. Rien à décider là non plus.
Je ne sais pas ce que c’est. Ce n’est pas quelque chose que je comprends.
Mais ça tient.
Mon patron regardait les nuages. Peut-être qu’il ne pensait à rien. Peut-être qu’il savait déjà.
Moi, j’aurais cherché autour de moi. Un signe, une consigne, un bouton caché.
Je ne trouve pas.
Alors je reste là, les mains ouvertes. Un peu froides.
Elles ne tiennent rien.
Et pourtant, elles ne lâchent plus.
« Je tiens mon âme en paix et en silence, comme un petit enfant contre sa mère. » — Psaume 131
Illustration: Photo Sergyl Lafont: ciel de Lyon 21 juin 2017
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Mort d’Emile Soleil : les scandaleuses violations du secret de l’instruction
Tribune des parents d’Emile Soleil, parue dans le JDD :
C’est avec gravité que nous nous résignons à prendre la parole. Depuis des mois, malgré notre opposition, nous devons subir d’entendre ceux qui répondent systématiquement et complaisamment à la moindre sollicitation médiatique pour défendre l’image de ceux qui ne sont judiciairement pas mis en cause. Nous devons supporter de les entendre réécrire l’enquête judiciaire, en s’attribuant les mérites d’investigations en réalité programmées depuis de nombreux mois dans le secret de l’instruction, investigations qui rappellent que toutes les pistes ont toujours été explorées parallèlement par les enquêteurs et les juges.
Dans un récent livre, un auteur revendique avoir dû abîmer toute une famille au nom de « la course au buzz ». Il relaye de purs fantasmes, faute d’avoir pu vérifier ce que certains lui disaient. Il ne s’agit pas d’un livre d’enquête, mais d’un livre qui, comme tous les médias, relaye partiellement – et en l’espèce partialement – la seule enquête en cours qui est judiciaire et secrète, et dont il ignore l’essentiel.
Il a fait de la disparition de notre enfant une « affaire personnelle », faisant le parallèle avec sa propre vie familiale, établissant une comparaison indécente entre ses souffrances et les nôtres, et expliquant l’écriture de ce livre comme un besoin de dire « Adieu » à Émile. Il s’agit d’un livre psychothérapeutique pour son auteur.
Cependant, l’auteur de ce livre contribue, comme le font d’autres, à compromettre la manifestation de la vérité, puisqu’il expose, le premier, des informations secrètes en reconnaissant qu’elles sont « déterminantes ». Depuis, ces éléments ont été complaisamment développés dans un récent reportage télévisé, puis désormais dans toute la presse. Après près de trois ans de violation continue du secret de l’instruction, voici désormais la ou les personnes impliquées dûment alertées sur des éléments qu’elles n’auraient jamais dû connaître. Ces innombrables et scandaleuses violations du secret de l’instruction sont gravissimes et aujourd’hui de nature à faire échec à la seule chose qui compte : la manifestation de la vérité pour savoir comment notre petit garçon est mort et a disparu.
Tout n’est pas justifiable par la liberté de la presse et la liberté de parole des uns et des autres. Ceux qui ont violé, divulgué ou commenté ce qui relève du secret de l’instruction concernant la disparition de notre petit garçon portent une responsabilité immense. Si, à cause de l’inconséquence ou de l’ego de certains, l’enquête était compromise, la faute pèserait sur eux.
Au milieu de ce tourbillon médiatique dans lequel certains osent même prétendre qu’Émile ne nous appartient plus, une chose essentielle a été oubliée : c’est nous, Marie et Colomban Soleil, qui avons perdu notre petit garçon. Nous demandons donc à chacun d’avoir la responsabilité et la décence de s’en rappeler, de cesser de divulguer, relayer et commenter des éléments relevant du nécessaire secret de l’instruction, et de cesser d’entretenir la machine médiatique qui ne vit que lorsqu’on la nourrit. Nous demandons à chacun de se souvenir que c’est nous qui souffrons les premiers et qui attendons en premier la vérité.
Nous réitérons plus que jamais nos remerciements aux magistrats instructeurs et aux enquêteurs de la cellule dédiée de la section de recherches de Marseille, et la totale confiance que nous avons en eux.
Ils abattent en toute discrétion un travail remarquable et considérable, mais qui est aujourd’hui entravé et risque d’être anéanti par ceux qui ont perdu de vue le seul objectif de cette instruction judiciaire : la vérité et la justice pour Émile et ses parents.
